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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ La Turquie plaide pour la relance de son processus d’adhésion, commencé en 2004 et totalement arrêté, plusieurs pays s’étant prononcés contre.
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UE-Turquie : un mini-sommet sous la pression d’Ankara

La Turquie plaide pour la relance de son processus d’adhésion, commencé en 2004 et totalement arrêté, plusieurs pays s’étant prononcés contre.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 17h24
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 18h41
    |

            Cécile Ducourtieux (Strasbourg, Envoyée spéciale) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Donald Tusk, le président du Conseil européen, a confirmé, mardi 6 février, la tenue d’un prochain sommet réunissant les responsables des institutions européennes et le président turc Recep Tayyip Erdogan. La rencontre aura lieu le 26 mars à Varna, en Bulgarie, en présence de Boïko Borissov, premier ministre de ce pays qui exerce actuellement la présidence tournante de l’Union.
Cette réunion, jugée impossible il y a quelques semaines encore, ne fait pas l’unanimité au sein des Etats membres. Elle était toutefois devenue inévitable compte tenu des pressions exercées par la diplomatie turque à Bruxelles. Faruk Kaymakci, le représentant permanent de la Turquie auprès de l’UE, plaidait ainsi récemment, devant des journalistes, pour la relance du processus d’adhésion de son pays, commencé en 2005 – et totalement arrêté à ce jour -, même si la dérive du pouvoir à Ankara le rend plus impossible que jamais, et même si la chancelière allemande Angela Merkel et une série de pays (l’Autriche, le Danemark, les Pays-Bas, mais aussi la France) s’y opposent. « L’adhésion n’est pas envisageable, nous devons interrompre le processus d’élargissement. Ce pays s’écarte de nos valeurs européennes, il est sur la mauvaise voie, même s’il y a eu des signaux contradictoires ces dernières semaines », explique Manfred Weber, le président du principal groupe politique à Strasbourg, le PPE.
« Pleine adhésion »
« Nous désirons une pleine adhésion à l’Europe », a répliqué récemment M. Erdogan dans une interview à La Stampa. Au passage, il rejetait le « partenariat » que lui a proposé récemment Emmanuel Macron. « L’UE bloque l’accès à la négociation et laisse entendre que l’absence de progrès dépend de nous. C’est injuste. Tout comme le fait que certains pays de l’UE avancent pour nous d’autres options que l’adhésion », expliquait M. Erdogan.
À Bruxelles, M. Kaymakci enchaîne : « La Turquie est un pays...




                        

                        


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Les Etats-Unis de Donald Trump enregistrent leur plus gros déficit commercial depuis 2008

Selon les chiffres officiels, celui-ci s’est creusé de 12,1 % en 2017, à 566 milliards de dollars.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 17h15
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

« Inacceptable », « intenable ». Ainsi le président Donald Trump a-t-il coutume de qualifier l’état du déficit commercial américain vis-à-vis du reste du monde. Symbole ultime, à ses yeux, de la concurrence déloyale qui s’exercerait vis-à-vis des Etats-Unis.
Depuis son arrivée à la Maison Blanche, en janvier 2017, la réduction de ce déséquilibre a été érigée en priorité. Las, c’est pour l’instant l’inverse qui se produit. Selon les chiffres officiels publiés mardi 6 février, le déficit commercial des Etats-Unis s’est creusé de 12,1 % en 2017, à 566 milliards de dollars (457 milliards d’euros). En soustrayant l’excédent que le pays dégage dans les services, pour se concentrer sur les échanges de biens uniquement, le solde négatif atteint même 796,1 milliards de dollars. Il s’agit du déficit le plus important depuis 2008.

La première puissance économique mondiale a enregistré un niveau record d’importations de marchandises en provenance de 47 pays, dont la Chine et le Mexique, cibles traditionnelles des attaques de M. Trump. Et c’est sans surprise avec le géant asiatique que le déficit est le plus massif : il a atteint le niveau record de 375,2 milliards de dollars pour les seuls biens, en 2017.
Au nom de la lutte contre cette situation « injuste », l’administration Trump a ouvert de multiples fronts : retrait du Partenariat transpacifique, renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain avec le Canada et le Mexique, bras de fer avec l’Organisation mondiale du commerce, imposition de droits de douane sur les panneaux solaires et les machines à laver visant implicitement la Chine et la Corée du Sud… Autant d’initiatives censées rétablir l’équité des échanges entre les Etats-Unis et leurs partenaires.
Appétit de consommation
« Mais en réalité, tout ça n’a aucun effet sur le déficit commercial, insiste Joseph Gagnon, économiste au Peterson Institute for International Economics (PIIE),...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ RÉSONANCE. Alors que certaines écoles publiques catalanes ont proscrit les livres en castillan, l’historienne Valérie Théis rappelle que c’est grâce à ses riches bibliothèques que la région a rayonné au Moyen-Age.
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C’est ainsi que la Catalogne fut grande

RÉSONANCE. Alors que certaines écoles publiques catalanes ont proscrit les livres en castillan, l’historienne Valérie Théis rappelle que c’est grâce à ses riches bibliothèques que la région a rayonné au Moyen-Age.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 16h53
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 16h57
   





                        



                                


                            
Par Valérie Theis, historienne
Ne pas avoir vécu au Moyen Age est plutôt une chance. Pourtant, le quotidien nous donne régulièrement l’occasion d’observer des ­comportements relevant d’une fermeture d’esprit qui aurait été impensable à cette époque. Dans un article du Monde daté du 24 octobre 2017, on apprenait ainsi que certaines écoles publiques catalanes ne proposaient plus aucun livre en castillan dans les rayons de leurs ­bibliothèques. A cette lecture, je ne pus m’empêcher de penser à la bibliothèque de l’abbaye catalane de Ripoll qui, au Xe siècle, avait attiré Gerbert, moine de l’abbaye Saint-Géraud d’Aurillac.
Repéré par son abbé comme l’un de ses plus brillants ­élèves dans le domaine des lettres, Gerbert souhaitait poursuivre son apprentissage dans celui des sciences, mais la bibliothèque de son abbaye ne le permettait pas. Profitant du pèlerinage du comte de Barcelone, Borrell, à Aurillac, en 967, l’abbé Adralde demanda à ce dernier d’emmener le jeune moine avec lui en Catalogne : ­il existait en effet, à Ripoll, une bibliothèque à même de répondre à ses besoins.
Ce n’était pas la taille de cette bibliothèque – elle ne ­comptait alors qu’une centaine d’ouvrages – qui la ­distinguait des autres, mais la richesse de son fonds. Elle était à la fois un conservatoire de la culture classique et le lieu où l’on pouvait accéder à des ouvrages scienti­fiques ­venus ­d’Al-Andalus, ainsi qu’à leur traduction ­en latin pour ceux qui, comme Gerbert, ne savaient pas l’arabe. Quelques ­années plus tard, en 971, Gerbert fut invité à sa cour par l’empereur Otton Ier pour y ­enseigner les mathématiques et l’astronomie, dont il était devenu un des meilleurs ­connaisseurs de son temps. En 999, ce brillant scienti­fique devint pape sous le nom de Sylvestre II, à l’initiative du roi Otton III, dont il avait été le maître.
Nouveaux manuscrits
L’histoire de Gerbert rappelle ainsi qu’il fut un temps où la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Le social-démocrate Olaf Scholz devrait récupérer le portefeuille des finances, tandis que les conservateurs ont obtenu une inflexion de la politique migratoire.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Allemagne : les principaux points de l’accord de coalition

Le social-démocrate Olaf Scholz devrait récupérer le portefeuille des finances, tandis que les conservateurs ont obtenu une inflexion de la politique migratoire.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 16h44
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


Quatre mois après les élections législatives du 24 septembre 2017, les conservateurs (CDU-CSU) et les sociaux-démocrates (SDP) allemands ont conclu, mercredi 7 février, un « contrat de coalition ». Intitulé « Un nouvel élan pour l’Europe. Une nouvelle dynamique pour l’Allemagne. Une nouvelle cohésion pour notre pays », ce document de 177 pages servira de feuille de route au prochain gouvernement d’Angela Merkel.
Avant que celui-ci ne soit formé, une condition reste toutefois à remplir : que les 463 723 adhérents du SPD donnent leur feu vert dans le cadre de la consultation interne que le parti va organiser et dont les résultats seront connus début mars.
Voici les principaux points de l’accord :
Répartition des portefeuilles ministériels : le SPD obtient les finances
Par rapport à la « grande coalition » sortante (2013-2017), le poids de la CDU dans le futur gouvernement va reculer. Certes, le parti de Mme Merkel récupère le portefeuille de l’économie, jusqu’alors détenu par le SPD. Mais il lui cède celui des finances, beaucoup plus important, et qui sera confié à Olaf Scholz, le maire social-démocrate de Hambourg. Autre portefeuille-clé que perd la CDU : l’intérieur, dont hérite Horst Seehofer, le président de la CSU bavaroise, dont le périmètre est élargi au secteur de la construction et auquel est associé le terme de « Heimat » (« patrie, terre natale »).
Pour le reste, la répartition des portefeuilles évolue peu. Ainsi, le SPD conserve le travail et les affaires sociales, de même que la justice, la famille, l’environnement et les affaires étrangères, où Martin Schulz va succéder à Sigmar Gabriel. De son côté, la CDU garde la défense, qui reste entre les mains d’Ursula von der Leyen, ainsi que la santé, l’éducation et la recherche. Quant à la CSU, elle conserve notamment les transports et le développement.
L’Europe à l’honneur
C’est par un chapitre intitulé « Un nouvel élan pour l’Europe » que commence le contrat de coalition. Les partenaires s’engagent à « renforcer financièrement l’Union européenne pour qu’elle puisse mieux assurer ses missions ». Ils assurent également vouloir « renforcer durablement » et « réformer » la zone euro.
En écho aux propositions du président français, Emmanuel Macron, le document ouvre la voie à la création d’un budget d’investissement de la zone euro, même si la formulation est prudente et que celui-ci n’est envisagé que comme un point d’aboutissement, la priorité étant mise sur la « stabilisation » et les « réformes structurelles de la zone euro ».
Si le document évoque la mise en place d’un Fonds monétaire européen, il n’est en revanche pas fait mention du ministre des finances de la zone euro que souhaite instituer M. Macron.
Immigration : avantage aux conservateurs
Depuis la crise de 2015, année pendant laquelle 890 000 réfugiés sont arrivés outre-Rhin, la CSU bavaroise n’a cessé de réclamer l’instauration d’un « plafond » (Obergrenze) fixant à 200 000 le nombre maximal de demandeurs d’asile susceptibles d’être accueillis chaque année en Allemagne. Le SPD ne voulait pas en entendre parler, et il a fallu attendre le lendemain des législatives du 24 septembre 2017 pour que Mme Merkel, qui avait jusque-là rejeté l’idée, finisse par l’accepter.
De ce point de vue, même si le terme de « plafond », qui a crispé le débat politique allemand depuis 2015, ne figure pas dans le contrat de coalition, et même si ses rédacteurs ont préféré établir une fourchette comprise entre 180 000 et 220 000 plutôt qu’un nombre fixe, le texte est directement inspiré des revendications de la CSU bavaroise.
Concernant le regroupement familial pour les réfugiés bénéficiant d’un statut temporaire, sujet très présent dans les médias allemands ces dernières semaines, chacun des deux camps se prévaut d’avoir obtenu gain de cause. Alors que les conservateurs souhaitaient pérenniser une loi qui l’interdit et doit arriver à expiration en mars, le SPD a obtenu que ce type de regroupement familial soit réautorisé à partir d’août. Mais le nombre reste symbolique, et les conservateurs sont parvenus à ce que cela ne concerne que 1 000 personnes par mois.
Economie et social : l’art des compromis
Même si le portefeuille des finances passe des mains de la CDU à celles du SPD, l’objectif d’avoir un budget à l’équilibre, ce fameux principe du « zéro noir » (schwarze Null) cher à Wolfgang Schäuble, qui fut le détenteur du poste de 2009 à 2017, doit demeurer.
Les 45 milliards d’euros dont sont remplies les caisses de l’Etat seront répartis entre investissements et baisses d’impôts. Contrairement à ce que réclamait le SPD, le taux d’imposition maximal sur les revenus les plus aisés ne sera pas relevé de 42 à 45 %. En revanche, l’impôt de solidarité (le « Soli »), payé par les Allemands de l’Ouest pour soutenir ceux de l’ancienne RDA – sera progressivement supprimé. Cela correspond à un allégement d’impôt de 10 milliards d’euros d’ici à 2021.
En matière de droit du travail, le SPD a obtenu un plus strict encadrement des contrats à durée déterminée (CDD), afin de rendre plus difficile leur reconduction, parfois systématique, par les employeurs. Dans le secteur de la santé, ils ont également obtenu un rapprochement des tarifs payés aux médecins par les caisses d’assurance-maladie publiques et privées. Afin de mettre fin à la « médecine à deux vitesses » que M. Schulz n’a cessé de dénoncer pendant sa campagne électorale, les sociaux-démocrates souhaitaient également instaurer une « assurance citoyenne » financée par tous les contribuables pour réduire les inégalités en matière de remboursements des soins médicaux. Sur ce point, ils n’ont pas eu gain de cause.
Retraites, climat… : le temps des commissions
Si le niveau des pensions et des cotisations est garanti jusqu’en 2025, leur avenir à plus long terme reste ouvert. Pour cela, sociaux-démocrates et conservateurs se sont mis d’accord pour que soit nommée une commission cette année, dont les travaux devront être rendus en 2020.
Les questions environnementales, enfin, qui avaient été au cœur des discussions engagées au lendemain des élections législatives entre les conservateurs, les libéraux-démocrates et les écologistes, avant d’échouer en novembre 2017, ont occupé une place marginale dans les négociations entre la CDU-CSU et le SPD.
Sans surprise, le « contrat de coalition » confirme que l’Allemagne ne remplira pas ses objectifs prévus pour 2020 de diminution des émissions de gaz à effet de serre. Sur la question économiquement épineuse et politiquement sensible de l’avenir des centrales à charbon, les partenaires ont décidé de s’en remettre à une commission.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ L’« expédition punitive » contre des Africains, qui a fait six blessés samedi à Macerata, dans le centre de l’Italie, révèle les divisions du pays.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Le réalisateur américain est revenu, dans une interview au site « Deadline Hollywood », sur les critiques adressées par son actrice phare.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Affaire Weinstein, pratiques sur les tournages... la réponse de Tarantino à Uma Thurman

Le réalisateur américain est revenu, dans une interview au site « Deadline Hollywood », sur les critiques adressées par son actrice phare.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 16h23
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 16h55
   





                        


Depuis la publication, samedi 3 février, d’un article du New York Times (NYT) intitulé « Voilà pourquoi Uma Thurman est en colère », le réalisateur américain Quentin Tarantino fait l’objet d’interrogations sur son silence au sujet d’agressions sexuelles commises par son producteur, Harvey Weinstein, et sur son comportement sur des plateaux de tournage. Quentin Tarantino s’est, finalement, décidé à s’exprimer, lundi, et à « tout expliquer » au magazine en ligne américain Deadline Hollywood.
Dans un entretien au NYT, Uma Thurman, actrice vedette de Pulp Fiction (1994) et Kill Bill (2003), revenait en détail sur les violences sexuelles de Harvey Weinstein, dont elle a été victime. « Il m’a poussée. Il a essayé de se jeter sur moi. Il a essayé de se déshabiller », accusait-elle notamment. Quentin Tarantino, qui avait parlé au début de l’affaire Weinstein de « révélations », avait, finalement, reconnu mi-octobre avoir été au courant depuis de longues années des agissements du producteur. Le réalisateur assure à Deadline Hollywood « avoir demandé à Harvey de s’excuser auprès d’Uma », après avoir appris que la comédienne avait été agressée par le producteur.
Mais, dans cette interview, Uma Thurman dénonce également les pratiques du cinéaste. Il ne s’agit pas ici de violences sexuelles mais, selon elle, du sadisme, dont le réalisateur a fait preuve sur ses tournages.

        Lire aussi :
         

                Uma Thurman : Harvey Weinstein « m’a poussée, a essayé de se jeter sur moi, de se déshabiller »



« Un des plus grands regrets de ma vie »
Dans son interview à Deadline Hollywood, Quentin Tarantino revient longuement sur un épisode du tournage de Kill Bill, au cours duquel Uma Thurman avait eu un accident de voiture. Le réalisateur l’avait, selon elle, obligée à prendre le volant d’une voiture décapotable à la sécurité douteuse pour rouler à plus de 60 km/h sur une route sinueuse, sans doublure. Selon l’actrice, Tarantino lui avait ordonné :
« Atteins plus de 60 km/h, sinon tes cheveux ne voleront pas au vent correctement, et je te la ferai refaire. »
« Aucun de nous ne considérait cette scène comme une cascade, il suffisait de conduire », se défend le réalisateur dans l’interview et ajoute ne pas avoir brusqué l’actrice pour qu’elle accepte de tourner la scène.
A propos de la vitesse de la voiture, Tarantino reconnaît « avoir eu tort » mais dit ne pas avoir forcé Uma Thurman à prendre le volant :
« Je lui ai dit qu’elle pouvait le faire, que c’était une ligne droite, qu’il n’y avait pas de risque. Elle m’a répondu : “OK”. Parce qu’elle croyait en moi et me faisait confiance. (…) Je lui ai dit qu’il n’y avait pas de risque. Alors qu’il y en avait. »
La route n’était, en fait, pas parfaitement droite, elle dessinait un « s », et Uma Thurman perdit le contrôle de la voiture et finit dans un arbre. « C’est l’un des plus grands regrets de ma vie et de ma carrière », confie le réalisateur, expliquant que, par la suite, « la confiance était rompue » avec l’actrice.

Etouffées par les mains de Tarantino
Dans le reste de l’interview à Deadline Hollywood, Quentin Tarantino évoque également les scènes de crachat au visage, ou de strangulations auxquelles il a lui-même participé, expliquant que l’idée d’une chaîne autour du cou de l’actrice était « une suggestion d’Uma », et, pragmatique, l’explique par un souci de réalisme : « Si tu veux que mon visage devienne rouge, et que les larmes me montent aux yeux, alors, dans ce cas, il faut m’étrangler. »
Une scène similaire dans un autre film de Tarantino, Inglourious Basterds (2009), impliquait l’actrice d’origine allemande Diane Kruger. Et, cette fois encore, c’est le réalisateur qui avait pris en main la scène et étranglé lui-même la comédienne. Diane Kruger s’était exprimée, en 2009, sur cette scène :
« Je me fais étrangler, ce qui était très bizarre, car on le ressent quand quelqu’un vous étouffe, donc c’était une journée de boulot particulière. Le plus drôle, c’est qu’on voit les mains de Quentin sur le plan serré. (…) Je dois dire que c’était très étrange de me faire étrangler par le réalisateur. »
Tarantino s’est, par le passé, déjà justifié d’avoir voulu jouer la scène lui-même, et il réitère dans l’interview donnée à Deadline Hollywood, mettant, encore une fois en avant le réalisme de la scène : « Quand j’ai réalisé Inglourious Basterds, je suis allé voir Diane et je lui ai dit : “Ecoute, je dois t’étrangler. Si c’est juste un type qui pose ses mains sur ton cou, sans appuyer, (…) ça aura l’air d’un étranglement classique de film, (…) et tu n’aura pas cet air paniqué qui arrive quand on te prive d’air. Je te demande la permission de juste… t’étrangler, avec mes mains, en gros plan.” »
A la suite des propos tenus par Uma Thurman, Diane Kruger est venue sur son compte Instagram apporter son soutien au réalisateur en rappelant à quel point tourner avec lui avait été un moment de « pur bonheur ». « Il m’a traitée avec le plus grand respect et n’a jamais abusé de son pouvoir ni ne m’a forcée à faire quoi que ce soit qui m’aurait mise mal à l’aise », assure l’actrice.
« Combien d’images de femmes qui montrent un abus ? »
Sur son compte Instagram, Uma Thurman est, quant à elle, revenue sur ses accusations lundi et notamment sur l’accident de voiture dont elle a été victime, en affirmant ne pas croire « à un acte intentionnel » du réalisateur qui « a beaucoup regretté et a toujours des remords sur cet événement malheureux ». Elle ajoute qu’il lui a remis les images de l’accident « en sachant bien que cela pourrait lui faire du tort ».
A la suite de l’article du NYT, plusieurs personnalités du milieu du cinéma, ont réagi pour condamner les pratiques de Quentin Tarantino. L’une des premières accusatrices de Harvey Weinstein, Asia Argento, s’était fendue d’un tweet dans lequel elle déclarait notamment : « Weinstein et Tarantino, quel duo ! Un violeur en série et un quasi-meurtrier. » L’actrice américaine Jessica Chastain a déclaré pour sa part : « Je continue de visualiser Tarantino crachant au visage d’Uma et l’étranglant avec une chaîne pour Kill Bill. Combien d’images de femmes dans les médias célébrons-nous qui montrent un abus ? Quand est-ce que c’est devenu la mode dans l’industrie du “divertissement” ? »
Les interrogations autour de Quentin Tarantino ne devraient pas s’interrompre tout de suite. Mercredi 7 février, le réalisateur a été rattrapé par des propos tenus dans une ancienne interview, en 2003. Le site Jezebel a exhumé un échange entre l’animateur de radio Howard Stern et Quentin Tarantino, dans lequel le réalisateur répond à propos du cinéaste Roman Polanski que ce dernier « n’a pas violé une fille de 13 ans. Il a eu un rapport sexuel avec une mineure. Ce n’est pas un viol. » Il ajoute que, selon lui, un viol « implique de la violence ». 
Roman Polanski est accusé d’avoir drogué Samantha Geimer, 13 ans à l’époque des faits, et de l’avoir violée au domicile de l’acteur Jack Nicholson, à Los Angeles, en 1977. Dans cette interview de 2003, Tarantino assure que Samatha Geimer « voulait » cette relation puisqu’elle « sortait » avec lui.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ La trajectoire budgétaire prévue par le président américain et son équipe montre ses priorités : quelques hausses pour le régalien, les infrastructures, et des coupes massives dans les aides sociales.
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<filnamedate="20180207"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180207"><AAMMJJHH="2018020719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Le Parlement européen est opposé à des listes mélangeant des candidats de plusieurs nationalités européennes.
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Le Parlement européen rejette le principe des listes transnationales pour les européennes

Le Parlement européen est opposé à des listes mélangeant des candidats de plusieurs nationalités européennes.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 15h21
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 18h24
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        


Jusqu’à présent, tout ou presque souriait à Emmanuel Macron à Bruxelles et à Strasbourg. Le président français vient cependant de subir un premier revers symbolique sur la scène européenne, avec, mercredi 7 février, le rejet par le Parlement européen de son idée de créer des listes transnationales aux prochaines élections européennes, en mai 2019.
Le vote n’est que consultatif, car c’est au Conseil (les Etats membres) de se prononcer. Mais comme cette vieille proposition des fédéralistes européens n’enthousiasme pas non plus les dirigeants de l’Union, il paraît désormais improbable que le président français réussira à les convaincre, d’autant que leur unanimité est requise pour ces questions d’ordre constitutionnel.
Les eurodéputés ont rejeté à 368 voix contre 274 le principe de réserver une trentaine de sièges dans le prochain hémicycle strasbourgeois (pris sur les 73 que vont libérer les Britanniques à la suite du Brexit), à des candidats issus de toute l’Union, choisis indépendamment de leur nationalité par les différents partis politiques européens.
« Les gens ne sont pas prêts »
Le président français s’était pourtant fait l’avocat de ces listes, notamment lors de son discours de la Sorbonne sur l’Europe en septembre 2017, disant y voir une avancée démocratique. Sa ministre des affaires européennes, Nathalie Loiseau, n’avait pas ménagé sa peine pour promouvoir l’idée auprès des dirigeants européens ces dernières semaines.
« J’ai reçu un SMS de la ministre, vendredi dernier », révèle Franck Proust, chef de file des LR à Strasbourg, qui, comme une bonne partie de sa famille politique, se délecte du « revers » du président français. L’élu du Sud-Ouest récuse toutefois l’idée que le vote aurait visé davantage à sanctionner le président français que le nouveau mode de scrutin : « Les gens ne sont pas prêts aujourd’hui à cette innovation, on a déjà du mal, nous élus, à créer du lien sur le terrain avec les citoyens. »
« Nous prenons acte de ce vote négatif, mais le débat va se poursuivre au Conseil », souligne Pieyre-Alexandre Anglade, député LRM chargé par son parti de préparer l’atterrissage politique d’Emmanuel Macron à Bruxelles et à Strasbourg (le dirigeant français n’a toujours pas choisi de « chapelle » partisane européenne).
« Spitzenkandidat »
Autre signal négatif pour le président Macron : les eurodéputés se sont aussi prononcés, mercredi, pour des « Spitzenkandidat » (ou « chefs de file », en allemand) aux prochaines européennes. Imposé pour la première fois aux forceps par le Parlement européen au Conseil en 2014, il s’agit d’un mode de désignation du président de la Commission, qui force les dirigeants européens à choisir pour ce poste le chef de file du parti arrivé en tête aux élections européenne. C’est ainsi que Jean-Claude Juncker avait été imposé, y compris à Angela Merkel, par les dirigeants du Parti conservateur européen (PPE).
Ce mode de scrutin donne une prime évidente au PPE, qui a remporté toutes les élections européennes depuis 1999. L’entourage du président Macron n’a pas fait mystère de son peu d’appétence pour les « Spitzenkandidat » ces dernières semaines.
Mais sur ce sujet, le président est moins isolé que sur les listes transnationales. Ses pairs, dirigeants de l’Union, sont aussi très partagés. « J’ai l’impression qu’il y a presque une majorité contre », a prévenu M. Juncker depuis Strasbourg. Les dirigeants redoutent que le Parlement ne tente de leur tordre le bras alors que, d’après les traités, la désignation du président de la Commission continue de leur revenir. Même si, depuis celui de Lisbonne, ils sont censés « tenir compte » du résultat des européennes.
Bataille partisane
« Ce qui se joue, c’est de savoir si aux prochaines élections, ce seront les leaders qui nommeront à huis clos les grands dirigeants de l’Union, ou si ce pouvoir sera donné aux citoyens », souligne l’eurodéputé juppéiste Alain Lamassoure, très en faveur du Spitzenkandidat, et, accessoirement, d’une candidature du Français Michel Barnier pour le poste. « Nous ne dénonçons pas a priori le Spitzenkandidat, nous estimons juste que ce système aurait eu plus de sens avec les listes transnationales », note M. Anglade.

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                Comment seront élus les eurodéputés en 2019 ?



Au-delà de ces grands débats sur la démocratie, et comment la faire progresser à l’occasion du scrutin de 2019, c’est à une sourde bataille partisane que se livrent dirigeants et élus européens. Que les eurodéputés socialistes français résument assez bien, dans un communiqué publié mercredi : « Une vaste majorité de la droite européenne, en contradiction avec les conditions de construction d’une véritable démocratie européenne, a décidé de rejeter les listes transnationales. Et le président Macron rejette le Spitzenkandidat parce que La République en marche n’est pas organisée à l’échelle européenne et qu’elle sait que ce mode de désignation ne la mettra pas au centre du dispositif. »

        Lire la tribune :
         

          Pour « la création de listes transnationales » aux élections européennes



Le désaveu sur les listes transnationales rend encore plus indispensable l’ancrage politique du président français à Bruxelles et à Strasbourg. Ralliement à l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ALDE, centre) ? Lancement d’un En Marche européen ? Le président français n’a pas encore abattu ses cartes, mais pourrait bien parier sur les fortes divisions internes au sein des grandes écuries européennes. « Ce n’est pas le vote [sur les listes transnationales] de ce mercredi qui empêchera une recomposition politique au niveau européen en 2019 », prévient Pieyre-Alexandre Anglade.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Les accusés doivent répondre de dépenses de plus de 2,7 millions d’euros prélevés, selon la justice, dans les caisses de la mairie à des fins politiques.
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Compte rendu

Procès Khalifa Sall : les collaborateurs du maire de Dakar en difficulté

Les accusés doivent répondre de dépenses de plus de 2,7 millions d’euros prélevés, selon la justice, dans les caisses de la mairie à des fins politiques.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 07.02.2018 à 13h43

     •
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        Mis à jour le 07.02.2018 à 16h20






    
Des personnes se pressent près du palais de justice de Dakar, le 14 décembre 2017, pour assister au procès de Khalifa Sall et de ses collaborateurs.
Crédits : SEYLLOU / AFP


Des collaborateurs du maire de Dakar, Khalifa Sall, jugés à ses côtés pour « détournements de fonds publics », ont été mis en difficulté, lundi 5 février, devant le tribunal correctionnel de Dakar, où l’édile dakarois a une nouvelle fois dénoncé un procès à visées « politiques ». « Il faut cesser de malmener nos clients comme des canards sauvages », a fini par lancer, excédé, un avocat de la défense, après plusieurs questions du président du tribunal, de l’agent financier et des avocats de l’Etat, qui s’est porté partie civile.

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Khalifa Sall, maire de Dakar depuis 2009, et sept de ses collaborateurs doivent répondre de dépenses de plus de 2,7 millions d’euros prélevés sur plusieurs années, selon la justice, dans les caisses de la mairie de Dakar. Cet argent aurait notamment servi à payer des « réceptions » et des « cérémonies », a rappelé le procureur.
« Il s’agissait de fonds politiques », a expliqué l’un des prévenus, le directeur administratif et financier de la mairie, Mbaye Touré. Il a reconnu avoir signé des procès-verbaux accusant la réception et le paiement de riz et de mil, tous deux fictifs. « L’objectif n’était pas de réceptionner du riz et du mil », a-t-il déclaré, expliquant que les fonds politiques étaient « à la disposition discrétionnaire » des élus, mais qu’il fallait néanmoins trouver un moyen d’inscrire ces dépenses dans la comptabilité.
« Un combat politique »
« Tous les acteurs étaient au courant de ce mécanisme », qui existait bien avant l’élection de Khalifa Sall, a avancé M. Touré, qui est, comme le maire et une demi-douzaine d’autres prévenus, en détention provisoire depuis mars 2017. Il a refusé de dire si Khalifa Sall était lui-même au courant de ce mécanisme, mais il l’a désigné comme le gestionnaire réel de ces fonds.
Yaya Bodian, un comptable de la mairie, a reconnu avoir réalisé de fausses factures avec le tampon d’une société disparue depuis des années. « C’était juste pour régler un problème comptable », a-t-il dit à au moins vingt-six reprises.

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Khalifa Sall n’a pas été invité à répondre aux questions du tribunal. Mais, en début d’audience, il a assuré n’avoir « commis aucune malversation » : « Nous n’avons détourné aucun sou. Nous n’avons touché aucun franc de l’Etat », a-t-il dit dans une déclaration liminaire. « Je ne suis pas quelqu’un qui prend et je n’ai jamais pris. (...) L’objet de ce procès est de mener un combat politique contre un adversaire », a accusé le maire de Dakar.
Les partisans de Khalifa Sall, un socialiste dissident, imputent ses déboires judiciaires à sa fronde contre la majorité du président Macky Sall, dont fait partie le Parti socialiste, et à sa volonté de se présenter à la présidentielle en 2019. Des soupçons rejetés par les responsables du pouvoir.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Depuis 2002, c’est la quatrième fois qu’une équipe de pom-pom girls passe la frontière de la dictature nord-coréenne. Un encadrement sévère assure le retour au pays de ces jeunes supportrices.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Le Forum urbain mondial de Kuala Lumpur est l’occasion pour l’ONU Habitat de mettre en œuvre et de suivre les engagements de la communauté internationale.
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L’heure de vérité pour l’agence des Nations unies sur les villes

Le Forum urbain mondial de Kuala Lumpur est l’occasion pour l’ONU Habitat de mettre en œuvre et de suivre les engagements de la communauté internationale.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 13h01
    |

            Grégoire Allix








                        



                                


                            
Pour l’ONU Habitat, la petite agence des Nations unies spécialisée dans les villes, qui fête ses 40 ans en 2018, le Forum urbain mondial de Kuala Lumpur, du 7 au 13 février, est la chance d’un nouveau départ. Parce que la Malaisienne Maimunah Mohd Sharif, nommée directrice exécutive de l’agence le 22 décembre 2017, y prendra la parole pour la première fois. Mais surtout en raison de l’enjeu de ce rendez-vous : mettre sur pied le suivi de l’Objectif du développement durable consacré à la ville, adopté en 2015, et du Nouvel agenda urbain, approuvé lors de la conférence des Nations unies Habitat III, à Quito, en 2016.
« C’est une occasion pour l’ONU Habitat de s’affirmer comme une véritable organisation de suivi et de mise en œuvre des engagements de la communauté internationale », analyse Maryse Gautier, qui fut vice-présidente française du comité préparatoire à la conférence de Quito. Car l’agence, confrontée à l’urbanisation anarchique des pays du Sud, a traversé des zones de turbulence : ligne flottante, efficacité contestée, moyens d’action limités…
Obtenir des moyens
Le Programme des Nations unies pour les établissements humains – le nom officiel de l’ONU Habitat – a été créé en 1978, dans le sillage de la première conférence Habitat, qui marqua une prise de conscience internationale sur les enjeux de l’urbanisation de la planète. Mais le programme, dont le siège se trouve à Nairobi, a parfois des hésitations de focale. Très marqué par le contexte africain, il s’intéresse aussi au monde rural, dont l’exode nourrit les bidonvilles en pleine explosion. Surtout, ses détracteurs reprochent à l’agence des recrutements locaux hasardeux et une gestion opaque.

L’Espagnol Joan Clos, ancien maire de Barcelone, est nommé directeur en 2010, avec pour mandat d’apurer le programme, au cœur d’une lutte d’influence entre Etats européens et africains. Le nouveau directeur recentre alors l’ONU Habitat sur la question des villes. Sans faire l’unanimité....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Elu en décembre 2017 à la faveur d’une démission, l’ex-militant de 36 ans, personnalité de la société civile controversée, a prêté serment au palais de Bardo.
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Portrait

Yassine Ayari, un ancien blogueur de la révolution tunisienne devient député

Elu en décembre 2017 à la faveur d’une démission, l’ex-militant de 36 ans, personnalité de la société civile controversée, a prêté serment au palais de Bardo.

Par                Mohamed Haddad (contributeur Le Monde Afrique, Tunis)



LE MONDE
              datetime="2018-02-07T12:47:51+01:00"

        Le 07.02.2018 à 12h47






    
Yassine Ayari prête serment de député au palais du Bardo, siège du Parlement tunisien, le 7 février 2018. (Photo tirée du Facebook de M. Ayari).
Crédits : Facebook


Une foule de supporters enthousiastes, drapeaux tunisiens en main et scandant des chants militants attendait Yassine Ayari, samedi, à l’aéroport de Tunis. De retour au pays après presque huit ans d’exil, le frais émoulu député a prêté serment, mercredi 7 février, au palais du Bardo, siège de l’Assemblée des représentants du peuple.
C’est à la mi-décembre 2017 que l’ancien blogueur de la révolution tunisienne installé en région parisienne a été élu député pour la circonscription « Allemagne » avec à peine 284 voix, soit 21 % des suffrages exprimés, et un taux d’abstention frôlant les 95 %. Une élection en pleine législature rendue possible par la démission du député Hatem Ferjani, nommé en septembre à la faveur du dernier remaniement ministériel au poste, créé sur mesure, de secrétaire d’Etat chargé de diplomatie économique.

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C’est donc à la surprise générale que cet ingénieur de 36 ans a coiffé au poteau les partis dominants. Une pilule qui aurait du mal à passer. Hasard du calendrier ou manœuvre politique, à peine élu à l’Assemblée des représentants du peuple, le 217e député Ayari « découvre » que la justice militaire le poursuit pour « offense au président de la République et atteinte à la dignité de l’armée nationale ». Le procureur général de la justice militaire affirme que ces poursuites étaient engagées dès le début de 2017, l’intéressé jure n’en avoir jamais été informé. L’affaire est aussitôt dénoncée par ses partisans comme un acharnement et une instrumentalisation de la justice militaire puisque celle-ci est placée sous l’autorité du ministre de la défense. Les avocats de M. Ayari indiquent par ailleurs n’avoir jamais reçu le dossier de l’instruction militaire contre leur client. On ignore donc ce qui a pu motiver une telle poursuite.
Coups d’éclat polémiques
Ce n’est pas la première fois que Yassine Ayari a des démêlés judiciaires avec l’armée. Le conflit remonte à juillet 2014 quand quatorze soldats tunisiens sont tués lors d’un affrontement avec un groupe djihadiste sur le mont Chaambi, près de Kasserine (centre ouest). Yassine Ayari est particulièrement sensible au drame car son propre père, Tahar Ayari, un colonel de l’armée, avait été tué dans des circonstances analogues en mai 2011 dans le nord-ouest du pays. Au lendemain de la tuerie du mont Chaambi, Yassine Ayari met en cause sur sa page Facebook la responsabilité du ministre de la défense de l’époque, Ghazi Jeribi, provoquant la colère de l’institution militaire. Alors qu’il résidait en France, il est arrêté en décembre 2014 lors d’un déplacement à Tunis. Le tribunal militaire lui inflige aussitôt une condamnation à trois ans de prison pour « atteinte au moral de l’armée ». Trois mois plus tard, la peine est réduite en appel à six mois d’emprisonnement. Yassine Ayari finit toutefois par bénéficier d’une libération conditionnelle en avril 2015. Il aura passé trois mois et trois semaines de détention.

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Après une telle bataille judiciaire, le blogueur revient de loin. Un détail juridique qui a aujourd’hui toute son importance : la condamnation de 2015 « ne comprenait pas de mesure de privation des droits civiques », précise-t-il. « C’est ce qui m’a permis de me porter candidat à la députation », ajoute-t-il. Il ironise sur « l’acharnement » dont il fait l’objet. L’épreuve l’a cuirassé. Aujourd’hui, il bénéficie de l’immunité parlementaire que lui confère son nouveau statut de député.
Sa taille de basketteur et son regard déterminé contrastent avec sa voix légèrement aiguë et son sourire discret. Contraint à l’exil après avoir participé en mai 2010 à une manifestation exigeant la levée de la censure sur Internet, l’ancien blogueur est aujourd’hui père de deux enfants. Sa notoriété grandit sur les réseaux sociaux – plus de 200 000 personnes le suivent – et il met un point d’honneur à répondre aux messages qu’il reçoit sur sa page Facebook, allant même jusqu’à afficher son numéro de téléphone portable.
Mais parmi tous ses compagnons « blogueurs de la révolution », Yassine Ayari est sans doute le plus conservateur sur les sujets de société. Par exemple, les homosexuels : « Je ne les aime pas », lâche-t-il ouvertement. Il précise toutefois être « contre le test anal et l’immixtion de l’Etat dans les chambres à coucher des citoyens ». 

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Le député cultive les contradictions. Il alterne discours argumentés et des coups d’éclat polémiques. Yassine Ayari a l’insulte facile et la justification rapide. En 2012, il avait attaqué Moncef Marzouki, le président de la République de l’époque, le qualifiant d’homme « dépourvu de virilité ». Pourtant, durant la récente campagne, il accepte le soutien de ce même M. Marzouki, pas rancunier. « J’assume toutes mes positions passées, se justifie-t-il. C’est ce que je pensais avec les éléments dont je disposais. Après, je peux toujours changer d’avis ». 
En 2013, quand il voit des Femen devant la Grande Mosquée de Paris brûler le drapeau du tawhid, la profession de foi musulmane inscrite en blanc sur noir, il réagit en postant sur les réseaux sociaux une photo de lui brandissant le même drapeau au même endroit. Cet étendard deviendra des mois plus tard celui de l’organisation de l’Etat islamique (EI). Un épisode qui lui vaudra par la suite d’être accusé de sympathies djihadistes. « Mon père est mort sous les balles des terroristes, qu’on ne vienne pas me dire que je soutiens ceux qui lui ont ôté la vie ! », rétorque-t-il sans ménagement. Il ajoute que l’EI « n’existait pas à l’époque et n’avait pas encore instrumentalisé ce symbole. Avec cette image, j’entendais simplement répondre à la profanation de la profession de foi ».
Crainte d’un virage dynastique
Son élection, sa communication, son passé militant en font un individu en décalage avec ses futurs collègues parlementaires. Yassine Ayari détonne dans un paysage politique bien établi et verrouillé par le discours du « consensus » promu par la coalition au pouvoir forgée autour de l’alliance entre Nidaa Tounès (« moderniste ») et Ennahda (« islamiste »).
Mais qu’est-ce qui a poussé le trentenaire à sortir de son exil parisien pour entrer en politique à Tunis ? « Je ne pensais pas me présenter à ces élections jusqu’à ce que la rumeur circule que Hafedh Caïd Essebsi, le fils du président de la République, allait se présenter à la députation », explique-t-il. Cette hypothèse, relayée en septembre 2017 par les journaux dans un contexte de présidentialisation du régime, avait provoqué un choc dans une partie de l’opinion. L’idée de voir le fils Caïd Essebsi, « héritier » propulsé à la tête du parti Nidaa Tounès fondé par son père, entrer au Parlement – et peut-être à partir de là briguer les plus hautes fonctions – avait jugée irrecevable par Yassine Ayari. Le fils du président finalement n’entra pas en lice mais Yassine Ayari, lui, était lancé.

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          Tunisie, où vas-tu ?



Que fera-t-il maintenant sous les ors du palais du Bardo ? « Le député est l’arme du citoyen contre le pouvoir exécutif », clame-t-il. Pour relever le défi, Yassine Ayari aura besoin d’un programme. Le député assure qu’un site web est en cours de finalisation « pour que les Tunisiens [lui] envoient documents, questions, critiques » à relayer dans l’enceinte parlementaire. Pour l’heure, hormis sa volonté affichée de « défendre les intérêts fiscaux des Tunisiens de l’étranger », ses propositions concrètes manquent à l’appel.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Ankara regrette de voir les Européens préciser la perspective d’intégration de la Serbie ou du Monténégro, alors que son adhésion s’éloigne.
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Elargissement : l’UE envoie un signal aux Balkans, la Turquie s’agace

Ankara regrette de voir les Européens préciser la perspective d’intégration de la Serbie ou du Monténégro, alors que son adhésion s’éloigne.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 12h33
    |

            Cécile Ducourtieux (Strasbourg, Envoyée spéciale) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Des perspectives, mais surtout pas de promesses. La Commission de Bruxelles a rendu publique, mardi 6 février, une proposition – dite « stratégie » – pour relancer le processus d’élargissement de l’Union européenne (UE) aux six pays des Balkans occidentaux (Serbie, Kosovo, Albanie, Monténégro, Bosnie-Herzégovine, Macédoine). Ce processus, censé favoriser l’entrée de certains de ces pays en 2025 au plus tôt, avait été solennellement lancé lors d’un sommet à Thessalonique en Grèce en 2003, mais il est paralysé à ce stade, faute de volonté politique côté européen, et surtout, faute de réformes dans des pays encore gangrenés par la corruption et, parfois, la violence.
La Commission européenne veut avancer dans les négociations d’adhésion, d’ores et déjà ouvertes, en 2012, avec le Monténégro (650 000 habitants) et surtout, depuis 2014, avec la Serbie (7 millions d’habitants). L’Albanie et la Macédoine sont officiellement candidates. La Bosnie-Herzégovine et le Kosovo n’ont pas encore atteint ce stade des discussions avec Bruxelles.
La date de 2025 ne concerne en fait que la Serbie et le Monténégro en vue d’une éventuelle adhésion. Une date « indicative », a souligné le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, devant le Parlement de Strasbourg, mardi 6 février. Il a souligné que cet horizon temporel est surtout « une perspective pour motiver les pays à poursuivre les réformes ».
« Fatigue liée à l’élargissement »
Car son institution marche sur des œufs : en « off », à Bruxelles, personne ne croit au réalisme de cette proposition. Qui peut imaginer que le Kosovo va entrer rapidement dans un processus d’adhésion, alors que cinq pays de l’UE, dont l’Espagne, ne reconnaissent toujours pas son existence ? Idem pour la Macédoine, qui ne parvient toujours pas à résoudre le conflit sur son nom avec la Grèce…

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Les Etats membres n’ont en réalité pas envie d’évoquer l’élargissement de l’Union, alors que la France, pour ne parler que d’elle, déplore déjà qu’une Europe à 28 (27 bientôt avec le Brexit) soit difficilement gouvernable. Et surtout, alors que la Pologne et la Hongrie, pourtant membres de club, prennent des libertés avec l’Etat de droit, voire le violent.
De nombreux diplomates estiment aussi que le processus d’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie, entrées en 2007, a été beaucoup trop rapide. La Bulgarie souffre encore d’une corruption endémique, et, en Roumanie, le Parti socialiste au pouvoir tente de réformer le parquet anticorruption national, au mépris de l’Etat de droit. Les deux Etats n’ont toujours pas été intégrés dans l’espace sans passeports Schengen. Johannes Hahn, le commissaire à l’intégration, a lui-même reconnu la situation, mardi, parlant de « fatigue liée à l’élargissement » dans l’UE.
Après avoir passablement négligé les Balkans occidentaux, la Commission fait face à un défi géopolitique, avec six pays encore très instables à ses portes. Bruxelles espère les soustraire aux influences grandissantes de la Russie, mais aussi de la Chine, de l’Arabie saoudite ou de la Turquie.
« Exporter de la stabilité »
Moscou diffuse dans la zone sa propagande antieuropéenne et soutient les mouvements nationalistes. Les pays du Golfe ou Riyad inquiètent le Service d’action extérieure que dirige Federica Mogherini, la haute représentante de l’UE, parce qu’ils tentent d’instiller une vision radicale de l’islam dans les sociétés balkaniques, d’où sont d’ailleurs partis de nombreux djihadistes vers les zones de combat irakiennes et syriennes.
« Je ne voudrais pas que, dans cinq, dix ou vingt ans, on nous dise que nous avons trahi une région qui voulait vraiment entrer dans l’UE », a souligné, mardi, Mme Mogherini. Le premier ministre albanais, Edi Rama, indiquait, il y a quelques semaines, que, « si la perspective [d’une adhésion] s’éteint ou devient une illusion, les choses pourraient tourner mal » dans la région.
La « perspective » plutôt vague de Bruxelles et les moyens modestes alloués à sa nouvelle politique – 500 millions d’euros du budget de l’UE seront réorientés vers des projets spécifiques, notamment la baisse des coûts du roaming (« itinérance ») téléphonique dans la région –, suffiront-ils à tirer les Balkans vers le haut ?
D’ici là, le retour de l’élargissement risque de s’inviter rapidement dans la campagne pour les élections européennes de 2019. Surtout si la Turquie en profite pour réclamer que le processus lié à sa propre adhésion soit relancé, alors qu’il est complètement gelé depuis des mois, à la suite des multiples dérives autoritaires du président Recep Tayyip Erdogan. Et que plus personne parmi les pays membres ne soutient ce processus. « L’UE parle de la relance de l’élargissement dans les Balkans occidentaux, mais la Turquie est également un sujet », argue Faruk Kaymakci, le représentant permanent de la Turquie auprès de l’UE.
« Nous désirons une pleine adhésion à l’Europe. D’autres options ne nous satisfont pas », a assuré le président Erdogan dans le journal italien La Stampa, dimanche 4 février, balayant la proposition du président Macron, qui a récemment suggéré qu’il fallait repenser la relation avec Ankara, « non pas dans le cadre du processus d’intégration, mais d’une coopération, d’un partenariat ».
Mardi soir, le Conseil européen a confirmé la tenue, le 26 mars, d’une rencontre avec son président, Donald Tusk, M. Juncker, le président Erdogan et le premier ministre bulgare, Boïko Borissov. L’occasion pour Ankara de jouer à nouveau cette carte de l’adhésion pour avancer sur d’autres sujets lui tenant à cœur : la libéralisation des visas vers l’UE ou la modernisation d’un accord d’union douanière vieux de plus de 15 ans.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Le redressement de l’île, frappée par le naufrage de ses banques en 2013, est spectaculaire. Le gouvernement a créé un dispositif pour retenir les plus riches investisseurs étrangers en leur offrant soit un droit de résidence, soit la nationalité.
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Chypre offre des « passeports en or » aux investisseurs étrangers

Le redressement de l’île, frappée par le naufrage de ses banques en 2013, est spectaculaire. Le gouvernement a créé un dispositif pour retenir les plus riches investisseurs étrangers en leur offrant soit un droit de résidence, soit la nationalité.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 12h04
    |

            Philippe Ricard (Nicosie, envoyé spécial)








                        



                                


                            

L’annonce parue dans un quotidien chypriote offre une vue plongeante sur les arcanes du redressement de l’île. « Idéal pour ceux qui cherchent la nationalité chypriote », est-il indiqué, afin de vanter les charmes de ce terrain à bâtir, proche de la mer et éligible au dispositif mis en place pour attirer les investisseurs russes, chinois ou autres en contrepartie d’un précieux sésame : le passeport de la République de Chypre, porte d’entrée dans l’Union européenne.

Cinq ans après son naufrage économique, ce pays méditerranéen a bel et bien amorcé une reprise spectaculaire, qui a permis à son président, le conservateur Nicos Anastasiades, d’être réélu avec plus de 55 % des voix, dimanche 4 février, face à Stavros Malas, soutenu par le Parti communiste. La croissance devrait atteindre 4 % cette année. L’île, dont la Turquie occupe la partie Nord, s’est passée, dès 2016, de la tutelle de ses créanciers de la zone euro.

Son redressement est plus tangible que celui de la Grèce, à l’origine d’une grande partie de ses déboires. Le chômage baisse, même s’il touche encore plus de 10 % de la population active, dont de nombreux jeunes. La deuxième ville du pays, Limassol, où résident près de 30 000 Russes, connaît même un boom immobilier.
Boom immobilier et touristique
En arrivant au pouvoir, en 2013, Nicos Anastasiades avait pourtant été contraint de négocier un plan d’aide auprès de la zone euro et du Fonds monétaire international, en échange d’une restructuration draconienne d’un secteur bancaire alors aux abois. L’un des enjeux du programme négocié au forceps à l’époque : assainir les banques, gorgées des dépôts d’épargnants russes soucieux de faire fructifier leur patrimoine à l’abri des revers de fortune de leur pays d’origine.
« Les Russes ne sont pas les seuls à être présents. Des Américains, des Européens ou des Chinois sont là aussi et participent à la progression des investissements étrangers. » Harris Georgiades,...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ En Malaisie, plus de 25 000 participants au Forum urbain mondial vont plancher sur l’essor des agglomérations du 7 au 13 février.
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A Kuala Lumpur, les acteurs de la ville au chevet de l’urbanisation de la planète

En Malaisie, plus de 25 000 participants au Forum urbain mondial vont plancher sur l’essor des agglomérations du 7 au 13 février.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 11h59
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 13h03
    |

            Grégoire Allix








                        



                                


                            

Ils veulent éviter que l’urbanisation rapide de la planète tourne à la catastrophe, mais doivent encore se mettre d’accord sur la manière d’administrer le remède et de mesurer ses effets. Venus du monde entier, plus de 25 000 acteurs des villes (gouvernements, élus locaux, associations, urbanistes, chercheurs, entreprises…) sont attendus à Kuala Lumpur, en Malaisie, du 7 au 13 février, pour le Forum urbain mondial, organisé tous les deux ans par l’agence des Nations unies spécialisée dans les villes, l’ONU Habitat.
L’équation est connue : la population urbaine va doubler d’ici à 2050, pour atteindre 6,5 milliards d’habitants. Les deux tiers de l’humanité vivront alors dans les villes, contre la moitié aujourd’hui. Or 95 % de cette croissance aura lieu dans des pays en développement, mal armés pour l’anticiper et l’accompagner.
A la clé, des risques sociaux : près de 900 millions de personnes vivent dans des bidonvilles, et ce chiffre pourrait bien doubler d’ici à la moitié du siècle. Des périls humanitaires : les villes mal conçues sont particulièrement exposées aux catastrophes naturelles. Mais aussi un enjeu climatique : les villes n’occupent que 3 % de la surface terrestre, mais elles produisent plus de 70 % des émissions de CO2 et consomment les deux tiers de l’énergie mondiale. « Si on laisse faire une urbanisation anarchique, avec un fort étalement urbain, les villes sont des bombes à retardement en termes d’émissions de CO2 », résume Clément Larrue, de la division Collectivités locales et développement urbain de l’Agence française de développement.

« Travailler sur la question du financement »
Face à cet enjeu, la communauté internationale s’est dotée d’une double feuille de route. Les dix-sept objectifs de développement durable (ODD) pour 2030, adoptés en 2015, comptent pour la première fois un objectif consacré à l’urbanisation, le onzième, qui vise, en listant dix « cibles », à « faire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Ankara assure que les échanges sur PTT Messenger, mis au point par un organisme gouvernemental, ne seront pas stockés, sans dissiper les doutes des internautes, dont près de 500 ont été arrêtés ces derniers jours.
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La Turquie développe son propre réseau de messagerie WhatsApp tout en arrêtant les internautes

Ankara assure que les échanges sur PTT Messenger, mis au point par un organisme gouvernemental, ne seront pas stockés, sans dissiper les doutes des internautes, dont près de 500 ont été arrêtés ces derniers jours.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 11h46
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            

La Turquie a développé sa propre messagerie de type WhatsApp, « 100 % nationale et authentique », et qui plus est, « bien plus sécurisée » que l’original, a vanté Bekir Bozdag, le porte-parole du gouvernement, mardi 6 février.
Baptisée PTT Messenger, l’application, qui a été développée par la direction de la poste, une entreprise étatique, n’est pas encore accessible au public. A terme, elle devrait permettre aux utilisateurs de communiquer en toute liberté, car les conversations et les données « ne seront pas stockées », a-t-il précisé.
Un tel souci de confidentialité de la part du gouvernement islamo-conservateur, occupé à traquer sans relâche la liberté d’expression sur les réseaux sociaux, est inédit. L’annonce est intervenue alors que le ministère de l’intérieur déclarait avoir interpellé, durant la seule journée de lundi 5 février, 573 personnes, parmi lesquelles 449 internautes. Accusés de « propagande terroriste », ils risquent au mieux une amende, au pire une peine de prison. En cause, les critiques formulées sur leurs comptes Twitter, Instagram ou Facebook, à propos de l’offensive armée turque dans l’enclave d’Afrin, en Syrie, pour en déloger les milices kurdes des Unités de protection du peuple (YPG).

Pour le moment, l’offre de confidentialité est limitée : seuls les hauts fonctionnaires sont à même de charger l’application. L’accès à un large public viendra plus tard. Premier à l’essayer, le chef du gouvernement, Binali Yildirim, en a fait la démonstration lundi sous l’œil des médias, le temps d’un briefing sur les opérations militaires à Afrin avec le général Ismail Metin Temel, qui dirige l’offensive depuis le centre opérationnel situé dans la région du Hatay, dans le sud du pays.
Blocages
De l’échange, plutôt convenu – « l’opération se poursuit selon les plans », dit le général ; « notre but est d’éradiquer les terroristes », répond le premier ministre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Les ONG constatent que les fonds européens profitent aux Syriens mais s’inquiètent du renforcement des contrôles par Ankara.
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A Gaziantep, l’accord controversé entre UE et Turquie améliore le sort des réfugiés

Les ONG constatent que les fonds européens profitent aux Syriens mais s’inquiètent du renforcement des contrôles par Ankara.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 11h33
    |

            Jean-Baptiste Chastand (Gaziantep (Turquie)








                        



                                


                            

Vues du modeste appartement de Nahla, trois pièces mal chauffées en sous-sol d’un immeuble situé dans un quartier populaire de Gaziantep, les arrière-pensées politiques de l’accord Union européenne (UE)-Turquie sur les migrants semblent bien loin. « Mon loyer est de 400 livres turques [85 euros] par mois et les charges de 200 », explique cette veuve syrienne, qui, avec ses neuf enfants, a fui Alep, dans le nord de la Syrie, pour la Turquie en 2013.
Pour payer ces frais et « nourrir ses enfants », elle ne pouvait compter, jusqu’au début de 2017, que sur le salaire au noir de son fils aîné comme plâtrier, les quelques dizaines de livres que lui verse une usine locale pour assembler des pièces de pantoufle depuis son salon et les heures de travail de son fils de 12 ans dans un supermarché après l’école… Tout cela complété par les dons de voisins.

Très contesté, l’accord signé entre Bruxelles et Ankara en mars 2016 a conduit à un renforcement drastique des contrôles en Turquie et autorisé le renvoi de tout Syrien arrivant sur les côtes grecques. Mais en échange de chaque renvoi, l’UE s’est engagée à relocaliser un Syrien sur son territoire – un point qui a finalement été à peine appliqué faute de renvois effectifs – et a débloqué 3 milliards d’euros (dont 300 millions par la France) pour soutenir les réfugiés en Turquie. Un tiers de cette somme sert à financer le plus grand programme humanitaire de l’histoire de l’UE : la distribution massive d’argent à près de 1,2 million de réfugiés. Ce qui a changé la vie de Nahla.
Depuis mars 2017, elle et ses enfants ont ainsi droit à 720 livres par mois. Auxquels s’ajoutent des versements chaque trimestre et des bonus si ses enfants vont bien à l’école. « Je n’ai plus à me préoccuper du loyer, se réjouit-elle. Je veux rentrer en Syrie dès que la situation sera plus sûre, Gaziantep est très proche de la frontière et ressemble en plus beaucoup...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Le certificat de détachement remis au travailleur détaché par le pays d’envoi pourra être écarté par le pays d’accueil en cas de fraude, a décidé mardi la Cour de justice de l’Union européenne.
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Travail détaché : la Cour de justice de l’Union européenne fait « tomber un dogme »

Le certificat de détachement remis au travailleur détaché par le pays d’envoi pourra être écarté par le pays d’accueil en cas de fraude, a décidé mardi la Cour de justice de l’Union européenne.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 11h29
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 11h40
    |

            Bertrand Bissuel








                        



   


C’est une décision qui écorne la thèse selon laquelle Europe rime nécessairement avec moins-disant social. Mardi 6 février, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a estimé que le certificat remis à un travailleur détaché pouvait être écarté, en cas de fraude, par une juridiction du pays accueillant ce même salarié.

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Il s’agit d’une première, dont se félicite le ministère du travail français. Elle peut avoir un impact, en matière de lutte contre le travail illégal et de recouvrement de cotisations sociales, mais sa portée reste, à ce stade, malaisée à cerner.
Au cœur de l’arrêt rendu mardi, il y a donc le certificat de détachement : le salarié envoyé pour une mission à l’étranger se voit octroyer ce document par les autorités du pays où est implantée son entreprise ; le formulaire prouve qu’il est affilié à la Sécurité sociale de son Etat d’origine et que c’est à elle qu’il paiera ses cotisations, et non pas à celle du pays d’accueil.
« Une vraie inflexion »
La décision de la CJUE résulte d’une procédure pénale contre une entreprise de construction belge qui avait fait appel à des salariés détachés par des sociétés bulgares. Une enquête, conduite par un juge d’instruction belge, avait démontré que celles-ci n’exerçaient aucune activité significative en Bulgarie ; dès lors, elles n’avaient pas le droit de détacher de la main-d’œuvre dans un pays tiers. Elles avaient néanmoins obtenu des autorités bulgares que soit délivré à leurs personnels un certificat de détachement, ce qui permettait de les faire travailler en Belgique tout en les affiliant à la Sécurité sociale bulgare. L’inspection sociale belge avait demandé à la Bulgarie de retirer ces certificats. Requête infructueuse.
Parallèlement, les dirigeants de l’entreprise de construction, poursuivis par la justice pénale belge, avaient été condamnés en appel : les magistrats avaient considéré que les certificats de détachement ne s’appliquaient pas car ils avaient été obtenus frauduleusement.
Saisie de l’affaire, la Cour de cassation du royaume avait, avant de se prononcer, préféré demander l’avis de la CJUE, en lui posant la « question préjudicielle » suivante : un juge du pays d’accueil peut-il « écarter » le certificat si celui-ci a été remis frauduleusement ?
La réponse n’était pas évidente car les règles de l’Union européenne prévoient que ce document est présumé régulier et qu’il s’impose, par conséquent, aux autorités de l’Etat d’accueil. Si celles-ci veulent le remettre en question, elles doivent engager un dialogue avec le pays d’envoi, lui seul pouvant décider le retrait du formulaire incriminé.

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La CJUE a jugé, mardi, qu’il pouvait en aller différemment, dès l’instant où il y a fraude et où le pays d’envoi n’en tient pas compte alors même que le pays d’accueil lui a signalé les manœuvres irrégulières.
Pour Jean-Philippe Lhernould, professeur de droit à l’université de Poitiers, cette décision « correspond à une vraie inflexion de la jurisprudence de la CJUE car elle fait tomber un dogme ». « Jusqu’à présent, poursuit-il, le juge du pays d’accueil n’avait pas la possibilité d’écarter un certificat de détachement. »
« Coopération loyale entre Etats membres »
« Cet arrêt est d’une importance considérable car il vient utilement préciser le sens de la jurisprudence européenne au sujet du caractère opposable des certificats de détachement, enchaîne Me Jean-Victor Borel, un avocat qui avait représenté l’Urssaf dans un dossier ayant valu à la compagnie irlandaise Ryanair d’être condamnée à 8,1 millions d’euros de dommages et intérêts. La Cour réaffirme ici le principe général selon lequel un ressortissant d’un Etat membre ne saurait frauduleusement se prévaloir du droit de l’Union, dans la lignée de sa jurisprudence antérieure. Elle confirme que le principe de coopération loyale entre Etats membres de l’UE oblige les autorités compétentes de l’Etat d’accueil à tenter d’obtenir le retrait ou l’invalidation de certificats de détachement obtenus frauduleusement auprès de l’Etat d’envoi. Mais elle dit aussi que ce même principe de coopération loyale ne saurait empêcher l’autorité judiciaire de l’Etat d’accueil de sanctionner une telle fraude si le pays d’envoi s’abstient de procéder au retrait ou à l’invalidation de ces certificats de détachement. »

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L’arrêt rendu mardi « ouvre des perspectives très favorables à l’aboutissement de [certaines] procédures engagées pour travail dissimulé », réagit-on dans l’entourage de la ministre du travail, Muriel Pénicaud.
« La décision de la CJUE apporte des précisions importantes pour des dossiers, portés devant des juridictions françaises, dans lesquels sont mises en cause des compagnies aériennes low cost, qui ont rattaché leurs personnels navigants au système de Sécurité sociale des pays d’envoi, abonde Etienne Pataut, professeur à l’Ecole de droit de la Sorbonne. L’arrêt de mardi donne aussi une marche à suivre pour les services des Urssaf qui veulent recouvrer des cotisations non payées. »
« Des incidences pratiques difficiles à évaluer »
M. Lhernould, lui, se montre prudent sur « les incidences pratiques » de la décision de la CJUE : elles « sont difficiles à évaluer car plusieurs conditions doivent être remplies pour que la justice du pays d’accueil ne s’estime pas liée par le certificat ». « Il faut notamment établir des éléments de fraude, ce qui implique de mettre en évidence des éléments objectifs mais aussi subjectifs – c’est-à-dire l’intention de se soustraire au paiement de cotisations sociales du pays de détachement », souligne-t-il.
« Avec cet arrêt, difficile de soutenir que l’on veut construire une Europe sociale et lutter contre la fraude transnationale », confie Hervé Guichaoua, un « vieux routier » du ministère du travail qui connaît très bien la problématique. A ses yeux, la CJUE procède à « une analyse purement administrative, voire technocratique, des textes » qui bride le pouvoir de contrôle et de sanction du juge français.
Pour que les certificats puissent être écartés, « l’institution de Sécurité sociale de l’Etat d’envoi doit être saisie par son homologue de l’Etat d’accueil et il faut, de surcroît, que cette même institution de l’Etat d’envoi n’ait pas répondu dans un délai raisonnable ou n’ait pas tenu compte des éléments d’information transmis par le pays d’accueil », rappelle-t-il. En d’autres termes, toutes ces conditions ne sont guère favorables à la lutte contre la fraude au détachement.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Le président Abdulla Yameen a décrété l’état d’urgence afin d’empêcher la libération d’opposants qui risquaient de lui faire de l’ombre à l’approche des élections.
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Les Maldives s’enfoncent dans la crise politique

Le président Abdulla Yameen a décrété l’état d’urgence afin d’empêcher la libération d’opposants qui risquaient de lui faire de l’ombre à l’approche des élections.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 11h27
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 14h41
    |

            Julien Bouissou (New Delhi, correspondant régional)








                        



                                


                            

L’archipel des Maldives s’enfonce dans le despotisme. Quelques heures après l’annonce, lundi 5 février, de l’instauration de l’état d’urgence pour une durée de quinze jours, deux juges de la Cour suprême, dont son président, ont été arrêtés. Le Parlement, où l’opposition au président Abdulla Yameen était devenue majoritaire, a été suspendu samedi. Plusieurs médias ont été menacés de fermeture s’ils mettaient en danger la « sécurité nationale ».
Dans un communiqué de presse envoyé par l’agence britannique de relations publiques BTP Advisers, spécialiste des « campagnes qui changent les cœurs et les esprits », le gouvernement des Maldives a justifié l’état d’urgence par « des manifestations dans le pays au sujet d’une décision controversée de la Cour suprême ».

Le 1er février, la plus haute juridiction avait annulé les condamnations de neuf opposants politiques et la suspension de douze députés qui avaient rejoint l’opposition en 2017, au grand dam du chef de l’Etat. « J’étais dans l’obligation de déclarer l’état d’urgence car il n’y avait aucun autre moyen d’enquêter sur ces juges. Nous devions d’abord suspendre leur autorité et leur immunité », a expliqué dans une allocution télévisée le président, qui a accusé les hauts magistrats de participer à « un coup d’Etat ». Après l’arrestation des deux juges, la Cour suprême est revenue mardi sur sa décision qui menaçait d’affaiblir M. Yameen à quelques mois des élections générales, prévues en septembre.
« M. Yameen ne partage pas le pouvoir »
La même Cour suprême avait protégé le président d’une motion de censure en juillet 2017 en disqualifiant douze députés frondeurs qui venaient d’offrir à l’opposition une majorité au Parlement. Cette décision des juges était toutefois assortie d’une condition : l’organisation d’élections sous six mois pour les remplacer. Le scrutin n’a jamais eu lieu. En ordonnant la libération de neuf opposants...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Dans la ville où un militant de la Ligue du Nord a tiré samedi sur des migrants, le traumatisme reflète les divisions du pays.
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En Italie, la petite ville de Macerata frappée de sidération après l’attentat

Dans la ville où un militant de la Ligue du Nord a tiré samedi sur des migrants, le traumatisme reflète les divisions du pays.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 11h13
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 12h40
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            Jérôme Gautheret (Macerata (Marches) envoyé spécial)








                        



                                


                            

Tout a commencé comme un mauvais rêve, dont personne, à Macerata, n’est encore sorti. Samedi 3 février, quelques minutes avant midi, tous les téléphones de la ville se sont mis à sonner. Dans un message vocal prononcé d’une voix blanche, le maire de la ville, Romano Carancini (Parti démocrate [PD], centre-gauche), demandait à ses administrés de ne sortir de chez eux sous aucun prétexte : « Il y a actuellement en ville un homme armé qui circule, et il tire. » 
Quatre jours plus tard, le maire semble encore sonné par ces instants dramatiques. « J’étais à une réunion quand j’ai reçu un appel des carabiniers me demandant de faire tout de suite une annonce, en utilisant la chaîne de diffusion que nous avions mise en place lors des tremblements de terre de 2016, se souvient-il. Je suis sorti en courant, j’ai croisé un groupe de jeunes qui se rendaient au théâtre, je leur ai demandé de se barricader… et j’ai attendu. »
Pendant plus d’une heure, la confusion règne. Les pires rumeurs circulent : il y aurait plusieurs tireurs, des morts… Puis en début d’après-midi, Luca Traini s’est arrêté devant le gigantesque monument aux morts de Macerata, un mastodonte de pierre typique de l’époque mussolinienne, qui écrase de sa présence le centre de la ville. Il a revêtu un drapeau italien, a tendu le bras pour faire un salut fasciste, a crié « Viva Italia ! » et s’est laissé interpeller par les forces de l’ordre.
Aux environs de 14 heures, l’alerte était levée et ce qui venait de se passer prenait soudain tout son sens : réagissant à la mort horrible d’une jeune toxicomane de 18 ans, Pamela Mastropietro, dont le corps démembré avait été retrouvé trois jours plus tôt dans deux valises abandonnées, dans la zone industrielle voisine de Pollenza, et pour laquelle un sans-papiers nigérian avait été interpellé, ce militant de la Ligue du Nord avait décidé de faire justice lui-même, tirant, au hasard, sur des migrants africains qui avaient...




                        

                        

