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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Le président a affirmé que la Corse était au cœur de la République et s’est dit opposé à la création d’un statut de résident.
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Ce qu’il faut retenir du discours de Macron sur l’avenir de la Corse

Le président a affirmé que la Corse était au cœur de la République et s’est dit opposé à la création d’un statut de résident.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 18h40
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 18h44
   





                        



Emmanuel Macron a détaillé, mercredi 7 février, sa stratégie pour l’avenir de la Corse lors d’un long discours à Bastia devant les élus nationalistes. De l’identité locale au bilinguisme, en passant par la fiscalité et le patrimoine naturel, le président a passé en revue de nombreux dossiers et a rejeté plusieurs revendications des nationalistes. Voici ses principales déclarations :

        Relisez :
         

          le direct du discours d’Emmanuel Macron à Bastia




        Lire aussi :
         

                Quelles sont les revendications des nationalistes corses ?



Reconnaissance de l’« identité » corse 
Le président s’est déclaré « favorable à ce que la Corse soit mentionnée dans la Constitution », l’une des principales revendications des nationalistes.
Ce serait « une manière de reconnaître son identité et de l’ancrer dans la République », a-t-il dit. Il a appelé les élus insulaires à débattre de ce projet « dans le mois qui vient », avant sa discussion au printemps dans le cadre du projet de révision constitutionnelle. Il a également affirmé que, « plus que jamais », l’île était « au cœur de la République », mais que cela ne revenait pas pour autant à « faire l’éloge de l’uniformité ».

        Lire la tribune du maire d’Ajaccio :
         

          « Oui à un nouveau statut pour la Corse, mais dans la République »



Pas de statut de résident 
Emmanuel Macron a estimé que « la mise en œuvre d’un statut de résident » en Corse, une exigence des élus nationalistes, n’était « pas la bonne réponse » aux problèmes immobiliers sur l’île.
« Aujourd’hui, quand les prix montent et que les terrains sont vendus, ce sont rarement des gens qui ne sont pas corses qui en profitent », a-t-il déclaré. Il s’est engagé à « favoriser la construction de logements » et à « simplifier les règles d’urbanisme », face à des « contraintes parfois exorbitantes » liées à la spécificité géographique de l’île.
Oui au bilinguisme, non à la « coofficialité » 
Le chef de l’Etat s’est prononcé contre la « coofficialité » de la langue corse en déclarant que « dans la République française, il y a une langue officielle, le français ».
« Le bilinguisme, ce n’est pas la coofficialité », a ajouté le chef de l’Etat, prévenant qu’il n’accepterait « jamais de réserver à celui qui parle corse tel ou tel emploi ».
Renforcement de la fiscalité locale
Emmanuel Macron a dit que si « des formes de fiscalité locale » pouvaient être développées, elles s’accompagneraient de « baisses de dotation parallèles », assurant qu’« il n’y a pas de finances magiques ». « Une liberté pourrait être donnée à la Corse de mettre en œuvre de nouvelles taxes locales. […] Mais on ne peut pas souhaiter que le produit des impôts en Corse reste en Corse, et ne pas garantir la même chose à d’autres régions », a expliqué le président.
« Comment souhaiter une autonomie fiscale et en même temps demander encore plus à la solidarité nationale ? Comment vouloir que la ressource fiscale soit affectée à un territoire et demander la solidarité nationale pour la dotation ? Ça n’existe pas. Je ne connais pas de finances magiques. Il n’y a pas de République magique non plus. »
Une loi littoral « plus intelligente »
Le président a promis de simplifier la réglementation pour mettre fin aux « situations ubuesques » liées à la loi littoral. « La priorité doit porter sur la protection des littoraux et des montagnes. Pour cela, nous mettrons fin aux situations ubuesques », a-t-il expliqué.
Il a cité des situations d’« application totale » de la loi littoral et de la loi montagne, « parfois sur le même terrain ». Il a promis de donner aux élus locaux « la possibilité d’adapter ces réglementations pour qu’elles soient plus intelligentes ».
« Tolérance zéro » envers la délinquance
« Rien ne sera possible si la violence et l’insécurité continuent de perturber l’île. Cette violence, qu’elle soit d’inspiration terroriste ou de droit commun, n’est pas bonne pour la Corse et doit disparaître », a déclaré le chef de l’Etat, prônant une « tolérance zéro » envers la délinquance et le trafic organisé. Plusieurs mesures ont été annoncées afin d’améliorer la sécurité : 
« Il y aura des renforts d’équipement et de la police du quotidien. Un plan de déploiement des brigades et des groupes de contact sera mis en place. »
Améliorer l’offre de santé
Le président a déclaré qu’il voulait installer des maisons de santé sur toute l’île. Concernant les personnes âgées, pour lesquelles le taux d’équipement est deux fois moins élevé que sur l’ensemble du territoire, il a annoncé le lancement d’un plan d’infrastructure et d’équipement, présenté à l’été prochain, afin de permettre un meilleur accès au soins.
Assurer une totale couverture téléphonique 
Emmanuel Macron s’est engagé à garantir la couverture totale en téléphonie mobile d’ici à 2020. Si besoin, « il y aura des sanctions pour les opérateurs ». 
Dans les agglomérations de Bastia et d’Ajaccio, « les déploiements ont commencé pour respecter le plan déjà avalisé par les opérateurs », a-t-il dit. Quelque 38 000 lignes ont été déployées dans ces deux agglomérations.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Depuis mardi soir, les intempéries ont ralenti voire paralysé de nombreux transports dans une moitié de la France. Aéroports, trafic ferroviaire ou routier, comment expliquer et éviter les blocages ?
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Neige : comment s’organisent les transports ?

Depuis mardi soir, les intempéries ont ralenti voire paralysé de nombreux transports dans une moitié de la France. Aéroports, trafic ferroviaire ou routier, comment expliquer et éviter les blocages ?



Le Monde
 |    07.02.2018 à 17h32
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 17h50
   





                        



   


Des déplacements perturbés, une circulation au ralenti. Mercredi 7 février au matin, une partie de la France s’est réveillée sous la neige. La veille, un record de bouchons avait été enregistré en Ile-de-France, avec un pic de 739 kilomètres en soirée.
De manière générale, la plupart des modes de transport franciliens étaient touchés mercredi matin. Les aéroports connaissaient de nombreuses annulations, la circulation des bus restait interrompue à paris, et le trafic des trains sur le réseau SNCF était ralenti. Mais alors, comment s’organisent les transports pour continuer à fonctionner malgré les intempéries ?

        Lire :
         

          Routes, RATP, SNCF… des transports très perturbés par la neige



Aéroports : déneigement et dégivrage
La neige, qui est tombée par endroits sur plus de dix centimètres, a engendré d’importantes perturbations mercredi. Air France prévoyait d’assurer seulement 50 % des vols court-courriers au départ de l’aéroport d’Orly, et deux tiers des vols moyen-courriers au départ de Charles-de-Gaulle. La quasi-totalité des vols long-courriers seront assurés, mais avec des retards.
Déneigement
Le déneigement des pistes des aéroports est nécessaire. Dans un entretien au site spécialisé Air journal en 2013, Régis Lacote, le directeur des aires aéronautiques de Paris-Charles de Gaulle, explique que le déneigement des aéroports est particulier :
« En voiture, lorsqu’une route est enneigée ou verglacée, vous réduisez votre vitesse. Dans l’aérien, le problème est plus complexe, puisque le décollage ou l’atterrissage d’un avion a lieu généralement à plus de 200 kilomètres/heure. Il faut donc intervenir rapidement en utilisant des moyens mécaniques et chimiques pour rendre la piste non glissante. »
Pour ce faire, il n’est pas possible d’utiliser du sel comme sur une route classique, cela endommagerait les avions, précise Régis Lacote. Les services de l’aéroport répandent donc du formiate de potassium, un produit dégivrant sous forme liquide ou solide :
« On compte en moyenne trente minutes pour déneiger une piste longue de 4 200 mètres et vingt minutes pour les pistes courtes de 2 700 mètres. »
Dégivrage
Lorsque la neige se dépose sur les avions, il faut procéder à un dégivrage de leurs ailes et de la carlingue. Le glycol, un produit utilisé pour dégivrer les avions avant le décollage, est mélangé à de l’eau chaude et projeté sur l’appareil en cas de température négative. Cela permet d’éviter qu’il soit trop lourd avant le décollage. En 2010, un hiver très rigoureux avait touché la France, et le stock de dégivrant avait été jugé insuffisant pour dégeler les avions des aéroports parisiens.

        Lire le décryptage :
         

          La neige et le droit : les réponses à vos questions



Trafic ferroviaire : des ralentissements pour éviter la casse
Mardi, le maire de Bordeaux, Alain Juppé, rapportait sur Twitter avoir mis quatre heures pour relier Paris à sa ville, alors que le trajet s’effectue d’habitude en un peu plus de deux heures. Un tweet qui n’a pas échappé à la SNCF, qui s’est empressée de répondre sur le réseau social avec une vidéo explicative.

@alainjuppe Lors d'intempéries, des mesures de sécurité sont prises pour réduire la vitesse sur les lignes. En effe… https://t.co/mUprc76lHC— SNCF (@SNCF)


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« Lors d’intempéries, des mesures de sécurité sont prises pour réduire la vitesse sur les lignes. En effet, la vitesse est réduite à 220 km/h, cela évite les projections de glace sur les TGV. »
La vidéo précise que la neige présente sur les voies ou sous les trains est aspirée et se solidifie en formant des blocs de glace sous et sur les côtés du train. Le danger est que ces blocs de glace se détachent lors du croisement de deux TGV, risquant alors d’endommager les vitres latérales ou le pare-brise du conducteur.
De son côté, la RATP va continuer à faire circuler des trains et des tramways la nuit « afin d’éviter le gel de ses installations », a-t-elle annoncé.
Axes routiers : le salage parfois inutile face aux chutes de neige
Côté routier, la préfecture d’Ile-de-France a rappelé mercredi les conseils déjà exprimés la veille. Ainsi, les Franciliens sont-ils invités à ne pas utiliser leurs voitures, et la circulation a été interdite mardi dès 14 heures aux véhicules de plus de 7,5 tonnes, qui devaient contourner la région ou s’arrêter dans une des quarante-trois zones de stockage de poids lourds.
Les voies rapides ont été salées et déneigées, mais par endroits les chutes de neige ont été trop importantes pour que le salage suffise, a annoncé mercredi la ministre des transports, Elisabeth Borne. Ainsi, les services de la voirie n’ont-ils pas pu empêcher que plus de neuf cents voitures restent bloquées sur la N118 — au sud-ouest de la capitale — « parce que les réseaux secondaires n’étaient pas déneigés », a expliqué Mme Borne.
Selon le ministère de l’intérieur, plus de deux mille cinq cents pompiers, gendarmes et opérateurs routiers étaient mobilisés mercredi matin en Ile-de-France pour dégager les routes.
A Paris, la consigne donnée aux automobilistes a été suivie, mais les perturbations sur les réseaux de transports en commun franciliens ont eu pour résultat une très forte demande de taxis et de véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC). En conséquence, les tarifs proposés par les applications de VTC se sont envolés dès mardi soir.

@uber ou le business de la neige... https://t.co/vqXgX6Tw7w— xlprod (@Xavier Lainé)


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Le Parisien a ainsi relevé que pour un trajet de 6 km dans Paris, « il fallait compter vers 19 h 45 entre 52,10 et 91 euros ». Des prix qui sont retombés dans la journée de mercredi, restant tout de même un peu plus élevés que les tarifs habituellement proposés.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Le Parlement européen est opposé à des listes mélangeant des candidats de plusieurs nationalités européennes.
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Le Parlement européen rejette le principe des listes transnationales pour les européennes

Le Parlement européen est opposé à des listes mélangeant des candidats de plusieurs nationalités européennes.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 15h21
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 18h24
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        


Jusqu’à présent, tout ou presque souriait à Emmanuel Macron à Bruxelles et à Strasbourg. Le président français vient cependant de subir un premier revers symbolique sur la scène européenne, avec, mercredi 7 février, le rejet par le Parlement européen de son idée de créer des listes transnationales aux prochaines élections européennes, en mai 2019.
Le vote n’est que consultatif, car c’est au Conseil (les Etats membres) de se prononcer. Mais comme cette vieille proposition des fédéralistes européens n’enthousiasme pas non plus les dirigeants de l’Union, il paraît désormais improbable que le président français réussira à les convaincre, d’autant que leur unanimité est requise pour ces questions d’ordre constitutionnel.
Les eurodéputés ont rejeté à 368 voix contre 274 le principe de réserver une trentaine de sièges dans le prochain hémicycle strasbourgeois (pris sur les 73 que vont libérer les Britanniques à la suite du Brexit), à des candidats issus de toute l’Union, choisis indépendamment de leur nationalité par les différents partis politiques européens.
« Les gens ne sont pas prêts »
Le président français s’était pourtant fait l’avocat de ces listes, notamment lors de son discours de la Sorbonne sur l’Europe en septembre 2017, disant y voir une avancée démocratique. Sa ministre des affaires européennes, Nathalie Loiseau, n’avait pas ménagé sa peine pour promouvoir l’idée auprès des dirigeants européens ces dernières semaines.
« J’ai reçu un SMS de la ministre, vendredi dernier », révèle Franck Proust, chef de file des LR à Strasbourg, qui, comme une bonne partie de sa famille politique, se délecte du « revers » du président français. L’élu du Sud-Ouest récuse toutefois l’idée que le vote aurait visé davantage à sanctionner le président français que le nouveau mode de scrutin : « Les gens ne sont pas prêts aujourd’hui à cette innovation, on a déjà du mal, nous élus, à créer du lien sur le terrain avec les citoyens. »
« Nous prenons acte de ce vote négatif, mais le débat va se poursuivre au Conseil », souligne Pieyre-Alexandre Anglade, député LRM chargé par son parti de préparer l’atterrissage politique d’Emmanuel Macron à Bruxelles et à Strasbourg (le dirigeant français n’a toujours pas choisi de « chapelle » partisane européenne).
« Spitzenkandidat »
Autre signal négatif pour le président Macron : les eurodéputés se sont aussi prononcés, mercredi, pour des « Spitzenkandidat » (ou « chefs de file », en allemand) aux prochaines européennes. Imposé pour la première fois aux forceps par le Parlement européen au Conseil en 2014, il s’agit d’un mode de désignation du président de la Commission, qui force les dirigeants européens à choisir pour ce poste le chef de file du parti arrivé en tête aux élections européenne. C’est ainsi que Jean-Claude Juncker avait été imposé, y compris à Angela Merkel, par les dirigeants du Parti conservateur européen (PPE).
Ce mode de scrutin donne une prime évidente au PPE, qui a remporté toutes les élections européennes depuis 1999. L’entourage du président Macron n’a pas fait mystère de son peu d’appétence pour les « Spitzenkandidat » ces dernières semaines.
Mais sur ce sujet, le président est moins isolé que sur les listes transnationales. Ses pairs, dirigeants de l’Union, sont aussi très partagés. « J’ai l’impression qu’il y a presque une majorité contre », a prévenu M. Juncker depuis Strasbourg. Les dirigeants redoutent que le Parlement ne tente de leur tordre le bras alors que, d’après les traités, la désignation du président de la Commission continue de leur revenir. Même si, depuis celui de Lisbonne, ils sont censés « tenir compte » du résultat des européennes.
Bataille partisane
« Ce qui se joue, c’est de savoir si aux prochaines élections, ce seront les leaders qui nommeront à huis clos les grands dirigeants de l’Union, ou si ce pouvoir sera donné aux citoyens », souligne l’eurodéputé juppéiste Alain Lamassoure, très en faveur du Spitzenkandidat, et, accessoirement, d’une candidature du Français Michel Barnier pour le poste. « Nous ne dénonçons pas a priori le Spitzenkandidat, nous estimons juste que ce système aurait eu plus de sens avec les listes transnationales », note M. Anglade.

        Lire aussi :
         

                Comment seront élus les eurodéputés en 2019 ?



Au-delà de ces grands débats sur la démocratie, et comment la faire progresser à l’occasion du scrutin de 2019, c’est à une sourde bataille partisane que se livrent dirigeants et élus européens. Que les eurodéputés socialistes français résument assez bien, dans un communiqué publié mercredi : « Une vaste majorité de la droite européenne, en contradiction avec les conditions de construction d’une véritable démocratie européenne, a décidé de rejeter les listes transnationales. Et le président Macron rejette le Spitzenkandidat parce que La République en marche n’est pas organisée à l’échelle européenne et qu’elle sait que ce mode de désignation ne la mettra pas au centre du dispositif. »

        Lire la tribune :
         

          Pour « la création de listes transnationales » aux élections européennes



Le désaveu sur les listes transnationales rend encore plus indispensable l’ancrage politique du président français à Bruxelles et à Strasbourg. Ralliement à l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ALDE, centre) ? Lancement d’un En Marche européen ? Le président français n’a pas encore abattu ses cartes, mais pourrait bien parier sur les fortes divisions internes au sein des grandes écuries européennes. « Ce n’est pas le vote [sur les listes transnationales] de ce mercredi qui empêchera une recomposition politique au niveau européen en 2019 », prévient Pieyre-Alexandre Anglade.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Le social-démocrate Olaf Scholz devrait récupérer le portefeuille des finances, tandis que les conservateurs ont obtenu une inflexion de la politique migratoire.
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Allemagne : les principaux points de l’accord de coalition

Le social-démocrate Olaf Scholz devrait récupérer le portefeuille des finances, tandis que les conservateurs ont obtenu une inflexion de la politique migratoire.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 16h44
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


Quatre mois après les élections législatives du 24 septembre 2017, les conservateurs (CDU-CSU) et les sociaux-démocrates (SDP) allemands ont conclu, mercredi 7 février, un « contrat de coalition ». Intitulé « Un nouvel élan pour l’Europe. Une nouvelle dynamique pour l’Allemagne. Une nouvelle cohésion pour notre pays », ce document de 177 pages servira de feuille de route au prochain gouvernement d’Angela Merkel.
Avant que celui-ci ne soit formé, une condition reste toutefois à remplir : que les 463 723 adhérents du SPD donnent leur feu vert dans le cadre de la consultation interne que le parti va organiser et dont les résultats seront connus début mars.
Voici les principaux points de l’accord :
Répartition des portefeuilles ministériels : le SPD obtient les finances
Par rapport à la « grande coalition » sortante (2013-2017), le poids de la CDU dans le futur gouvernement va reculer. Certes, le parti de Mme Merkel récupère le portefeuille de l’économie, jusqu’alors détenu par le SPD. Mais il lui cède celui des finances, beaucoup plus important, et qui sera confié à Olaf Scholz, le maire social-démocrate de Hambourg. Autre portefeuille-clé que perd la CDU : l’intérieur, dont hérite Horst Seehofer, le président de la CSU bavaroise, dont le périmètre est élargi au secteur de la construction et auquel est associé le terme de « Heimat » (« patrie, terre natale »).
Pour le reste, la répartition des portefeuilles évolue peu. Ainsi, le SPD conserve le travail et les affaires sociales, de même que la justice, la famille, l’environnement et les affaires étrangères, où Martin Schulz va succéder à Sigmar Gabriel. De son côté, la CDU garde la défense, qui reste entre les mains d’Ursula von der Leyen, ainsi que la santé, l’éducation et la recherche. Quant à la CSU, elle conserve notamment les transports et le développement.
L’Europe à l’honneur
C’est par un chapitre intitulé « Un nouvel élan pour l’Europe » que commence le contrat de coalition. Les partenaires s’engagent à « renforcer financièrement l’Union européenne pour qu’elle puisse mieux assurer ses missions ». Ils assurent également vouloir « renforcer durablement » et « réformer » la zone euro.
En écho aux propositions du président français, Emmanuel Macron, le document ouvre la voie à la création d’un budget d’investissement de la zone euro, même si la formulation est prudente et que celui-ci n’est envisagé que comme un point d’aboutissement, la priorité étant mise sur la « stabilisation » et les « réformes structurelles de la zone euro ».
Si le document évoque la mise en place d’un Fonds monétaire européen, il n’est en revanche pas fait mention du ministre des finances de la zone euro que souhaite instituer M. Macron.
Immigration : avantage aux conservateurs
Depuis la crise de 2015, année pendant laquelle 890 000 réfugiés sont arrivés outre-Rhin, la CSU bavaroise n’a cessé de réclamer l’instauration d’un « plafond » (Obergrenze) fixant à 200 000 le nombre maximal de demandeurs d’asile susceptibles d’être accueillis chaque année en Allemagne. Le SPD ne voulait pas en entendre parler, et il a fallu attendre le lendemain des législatives du 24 septembre 2017 pour que Mme Merkel, qui avait jusque-là rejeté l’idée, finisse par l’accepter.
De ce point de vue, même si le terme de « plafond », qui a crispé le débat politique allemand depuis 2015, ne figure pas dans le contrat de coalition, et même si ses rédacteurs ont préféré établir une fourchette comprise entre 180 000 et 220 000 plutôt qu’un nombre fixe, le texte est directement inspiré des revendications de la CSU bavaroise.
Concernant le regroupement familial pour les réfugiés bénéficiant d’un statut temporaire, sujet très présent dans les médias allemands ces dernières semaines, chacun des deux camps se prévaut d’avoir obtenu gain de cause. Alors que les conservateurs souhaitaient pérenniser une loi qui l’interdit et doit arriver à expiration en mars, le SPD a obtenu que ce type de regroupement familial soit réautorisé à partir d’août. Mais le nombre reste symbolique, et les conservateurs sont parvenus à ce que cela ne concerne que 1 000 personnes par mois.
Economie et social : l’art des compromis
Même si le portefeuille des finances passe des mains de la CDU à celles du SPD, l’objectif d’avoir un budget à l’équilibre, ce fameux principe du « zéro noir » (schwarze Null) cher à Wolfgang Schäuble, qui fut le détenteur du poste de 2009 à 2017, doit demeurer.
Les 45 milliards d’euros dont sont remplies les caisses de l’Etat seront répartis entre investissements et baisses d’impôts. Contrairement à ce que réclamait le SPD, le taux d’imposition maximal sur les revenus les plus aisés ne sera pas relevé de 42 à 45 %. En revanche, l’impôt de solidarité (le « Soli »), payé par les Allemands de l’Ouest pour soutenir ceux de l’ancienne RDA – sera progressivement supprimé. Cela correspond à un allégement d’impôt de 10 milliards d’euros d’ici à 2021.
En matière de droit du travail, le SPD a obtenu un plus strict encadrement des contrats à durée déterminée (CDD), afin de rendre plus difficile leur reconduction, parfois systématique, par les employeurs. Dans le secteur de la santé, ils ont également obtenu un rapprochement des tarifs payés aux médecins par les caisses d’assurance-maladie publiques et privées. Afin de mettre fin à la « médecine à deux vitesses » que M. Schulz n’a cessé de dénoncer pendant sa campagne électorale, les sociaux-démocrates souhaitaient également instaurer une « assurance citoyenne » financée par tous les contribuables pour réduire les inégalités en matière de remboursements des soins médicaux. Sur ce point, ils n’ont pas eu gain de cause.
Retraites, climat… : le temps des commissions
Si le niveau des pensions et des cotisations est garanti jusqu’en 2025, leur avenir à plus long terme reste ouvert. Pour cela, sociaux-démocrates et conservateurs se sont mis d’accord pour que soit nommée une commission cette année, dont les travaux devront être rendus en 2020.
Les questions environnementales, enfin, qui avaient été au cœur des discussions engagées au lendemain des élections législatives entre les conservateurs, les libéraux-démocrates et les écologistes, avant d’échouer en novembre 2017, ont occupé une place marginale dans les négociations entre la CDU-CSU et le SPD.
Sans surprise, le « contrat de coalition » confirme que l’Allemagne ne remplira pas ses objectifs prévus pour 2020 de diminution des émissions de gaz à effet de serre. Sur la question économiquement épineuse et politiquement sensible de l’avenir des centrales à charbon, les partenaires ont décidé de s’en remettre à une commission.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Enquête sur la dynastie Kim qui a mis la Corée du Nord en coupe réglée depuis 1948 et la fondation du régime par Kim Il-sung.
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Article sélectionné dans La Matinale du 06/02/2018
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Kim Jong-un, le dictateur le plus énigmatique de la planète

Enquête sur la dynastie Kim qui a mis la Corée du Nord en coupe réglée depuis 1948 et la fondation du régime par Kim Il-sung.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 18h28
    |

            Philippe Pons (Tokyo, correspondant)








                        



                                


                            

Kim Jong-un avait moins de 30 ans lorsqu’il fut propulsé à la tête de la Corée du Nord à la suite de la mort soudaine de son père, en décembre 2011. Bien qu’héritier en titre depuis 2009, il était loin d’avoir en main les leviers du pouvoir dans ce régime monolithique. Bien sûr, les analystes étrangers voyaient en lui un symbole de la continuité de la lignée des Kim – son grand-père, Kim Il-sung, fondateur du pays en 1948, puis son père, Kim Jong-il, qui lui succéda en 1994 –, mais tous pensaient qu’il serait vite manipulé par la vieille garde. Certains reprenaient volontiers les antiennes sur l’effondrement annoncé du régime, jugé « inévitable » voire « imminent » depuis vingt ans.
Six ans plus tard, non seulement celui-ci est toujours en place, mais le jeune dirigeant y a consolidé sa position. Après avoir éliminé avec force toute dissidence potentielle, il s’est même mué en chef de guerre, n’hésitant pas à défier les Etats-Unis. Dernière preuve en date : en dépit de la participation de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) aux Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang, en Corée du Sud, il organise une parade militaire le 8 février – veille de l’ouverture des JO –, jour anniversaire de la création de l’armée populaire. Une parade perçue à Washington comme une manifestation supplémentaire de ses intentions belliqueuses.

Qui est vraiment Kim Jong-un ? Donald Trump, qui se dit prêt à mener contre son pays une attaque préventive, voire à le « réduire en cendres », voit en lui un « rocket man » lunatique. Son homologue russe, Vladimir Poutine, le perçoit plutôt comme « un acteur sagace » de la scène internationale, un leader capable de poursuivre une stratégie lancée il y a plus de vingt ans par ses aïeux pour se doter d’une force de dissuasion crédible. Aux yeux du président russe, il ne fait aucun doute que le leadeur nord-coréen a « objectivement gagné » ce pari en 2017.
De...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Editorial. Le déficit commercial s’est creusé pour atteindre 62,3 milliards d’euros en 2017 en raison du taux de pénétration des produits étrangers dans l’Hexagone et de la faiblesse de l’appareil productif.
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Commerce extérieur : la France n’est toujours pas de retour

Editorial. Le déficit commercial s’est creusé pour atteindre 62,3 milliards d’euros en 2017 en raison du taux de pénétration des produits étrangers dans l’Hexagone et de la faiblesse de l’appareil productif.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 12h15
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 14h02
   





                        


Editorial du « Monde ». Alors que beaucoup d’indicateurs de l’économie française passent au vert, il y en a au moins un qui reste désespérément au rouge : le commerce extérieur. Avec une belle régularité, la France aligne les déficits de sa balance commerciale. En 2017, le déséquilibre a atteint 62,3 milliards d’euros. Pour la quatorzième année d’affilée, la France achète (beaucoup) plus à l’étranger qu’elle n’y vend ses produits.
Pour retrouver un tel chiffre, il faut remonter à 2012, première année du quinquennat de François Hollande. Si Emmanuel Macron récolte dans d’autres domaines ce que son prédécesseur a semé, au contraire, en matière de commerce extérieur, les faits sont têtus. La situation s’est même aggravée sur les douze derniers mois, ce qui nous a coûté environ un demi-point de croissance, soit, grosso modo, ce qu’il nous manque pour progresser au même rythme que le reste de la zone euro.

        L’éclairage :
         

          Pourquoi la France creuse encore un peu plus son déficit commercial



Le décrochage est un phénomène de long terme, qui résulte d’un double mouvement. Sur le plan intérieur, les produits étrangers ne cessent de gagner du terrain. Leur taux de pénétration, qui n’était que de 19 % il y a quinze ans, dépasse désormais les 25 %.
Sur le plan extérieur, la situation est tout aussi critique. Nos exportations progressent deux fois moins vite que la demande mondiale sur les produits que la France est susceptible de vendre. Depuis 2003, celle-ci a doublé, alors que les premières n’ont augmenté que de 50 %. L’argument consistant à faire de l’euro le responsable de la situation ne tient pas : les autres pays de la zone euro ont globalement maintenu leurs performances à l’exportation.
Les secteurs d’excellence se réduisent comme peau de chagrin
Les faiblesses de l’appareil productif français relèvent de l’évidence. Quand l’Allemagne, qui a dégagé de nouveaux excédents record en 2017, est capable d’aligner plus de 331 000 entreprises exportatrices, la France n’en compte qu’un peu plus de 124 000. Même l’Espagne et l’Italie font mieux.

        Lire aussi :
         

                En Allemagne, la fierté des excédents record a fait place au doute



Et nos secteurs d’excellence se réduisent comme peau de chagrin. La force de frappe exportatrice ne repose plus que sur trois piliers : aéronautique, boissons et luxe. L’extrême dépendance de notre commerce extérieur au carnet de commandes d’Airbus constitue une faiblesse inquiétante. La France est désormais en déficit avec plus d’un partenaire commercial sur deux.
La situation résulte globalement d’une mauvaise adaptation de notre appareil productif à la demande. La France paye à la fois les effets de sa désindustrialisation et le retard pris dans la modernisation de ses usines, illustré par un taux de robotisation faible. Elle souffre aussi d’un handicap de compétitivité-coût par rapport à des pays ayant un niveau de gamme similaire comme l’Espagne. Se pose enfin un problème d’amélioration de la compétence de la population active, qui ralentit le processus de montée en gamme de la production, indispensable à la différenciation sur des marchés de plus en plus compétitifs.
Notre déficit extérieur n’a rien d’inéluctable. On a tendance à l’oublier, mais, entre 1980 et 1991, la balance commerciale de la France était structurellement déficitaire avant que le mouvement ne s’inverse au cours de la décennie suivante. Toutefois, la reconquête est œuvre de longue haleine. Elle nécessite constance et opiniâtreté pour ajuster la pertinence et la compétitivité de notre production. « France is back », a proclamé Emmanuel Macron au Forum économique de Davos. Mais il faudra plus que des slogans pour que la France soit vraiment de retour dans le commerce mondial.



                            


                        

                        


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édition abonné


Syrie : l’offensive turque piétine à Afrin

L’armée et ses supplétifs issus de la rébellion anti-Assad ont peu progressé dans l’enclave kurde de Syrie.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 10h54
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 15h03
    |

                            Allan Kaval








                        



                                


                            

A l’image, le corps sans vie d’une femme gît aux pieds d’hommes en armes qu’on devine goguenards. L’un des miliciens a filmé la scène avec son téléphone. Le cadavre désarticulé au visage blême, étendu sur la terre poudreuse, est celui d’une combattante kurde syrienne. Sous les ombres mouvantes de ceux qui se rassemblent alentour, ses vêtements arrachés, en lambeaux, révèlent un corps nu. Mutilé.
Les silhouettes se rapprochent. Elles appartiennent à des membres de groupes armés issus de la rébellion syrienne passés sous le commandement de l’armée turque, lancés par Ankara à l’assaut de l’enclave kurde syrienne d’Afrin. Ils se rassemblent autour de leur victime. Le ventre de la combattante n’est plus qu’une large plaie sombre. De sa poitrine arrachée ne subsiste qu’un amas de chairs éclatées que vient bientôt écraser, puis palper, la botte d’un soudard au visage invisible. « Non, non, les gars… », entend-on. Mais le geste sacrilège est sans retour.
Ces images, publiées samedi par l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), comptent parmi les dernières en date de l’opération « Rameau d’olivier » menée par la Turquie et ses supplétifs syriens. Largement diffusées, elles ont inscrit une nouvelle « martyre » dans la légende du mouvement kurde : Barin Kobane est le nom de guerre de la combattante abattue. Son corps supplicié a suscité l’indignation bien au-delà du cercle des partisans du PYD, le parti kurde syrien auquel elle appartenait.

Lancée le 20 janvier, l’offensive est entrée dans sa troisième semaine avec des airs de sale guerre tandis que les lignes de front semblent s’enliser. Si les assaillants ont rogné l’enclave d’Afrin sur plusieurs axes, les miliciens syriens, estimés à plus de 10 000 hommes armés par Ankara, n’ont réalisé que des percées relativement limitées sur un terrain vallonné où l’on se bat pour le contrôle de collines stratégiques.
Malgré les chiffres officiels d’Ankara,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Les XXIIIe Jeux olympiques d’hiver, qui se déroulent du 9 au 25 février 2018 à Pyeongchang, verront l’attribution d’au moins 306 médailles.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Un chapitre du rapport annuel de la Cour des comptes est consacré au coût de sortie des emprunts toxiques contractés par les collectivités locales au début des années 2000.
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Emprunts toxiques : 2,6 milliards d’euros pour en sortir

Un chapitre du rapport annuel de la Cour des comptes est consacré au coût de sortie des emprunts toxiques contractés par les collectivités locales au début des années 2000.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 14h06
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 17h32
    |

            Mathilde Damgé








                        


Départements, villages, syndicats intercommunaux… pour 579 collectivités, la page des « emprunts toxiques » est en train de se tourner. Le rapport annuel de la Cour des comptes, rendu public, mercredi 7 février, y consacre justement un chapitre, estimant le coût de sortie de ces emprunts pour le fonds dédié à 2,6 milliards d’euros.

        Lire aussi :
         

                Contrats aidés, compteur Linky, politique vaccinale... Les préconisations de la Cour des comptes



Contractés dans les années 2000, les emprunts à taux variables de certaines collectivités sont devenus toxiques avec la crise financière de 2008 et la forte variation des monnaies ou des cours de marché sur lesquels ces prêts s’appuyaient.
Un coût supporté en grande partie par l’Etat. La priorité pour ce dernier était d’aider les collectivités les plus dangereusement endettées, celles dont les taux d’intérêt menaçaient d’exploser. Mais aussi d’éviter des procès de la part de ces emprunteurs qui s’estimaient floués par la banque en qui ils avaient toute confiance, Dexia, dont l’Etat est entre-temps devenu actionnaire. Le point sur les enseignements de cette affaire.
1. Les petites communes les plus favorisées
Les petites collectivités sont celles qui ont nécessité le plus de soutien de la part de l’Etat, souligne la Cour des comptes dans son rapport annuel. Les taux d’aide moyens montrent de fait que les collectivités les plus petites ont été favorisées. « Pour les situations les plus critiques et, en particulier, les plus petites collectivités, un taux complémentaire (…) pouvait être attribué », explique la Cour.
Parmi ces collectivités, les communes de moins de 10 000 habitants avaient clairement besoin d’une aide urgente puisque certaines ont encore des indemnités de remboursement anticipé (IRA) de plus de 120 % du capital restant dû. En clair, des coûts de sortie supérieurs à l’emprunt restant.
A cause de l’ampleur et du montant des emprunts contractés, les grandes collectivités utilisent toutefois une part importante de ces aides publiques pour se sortir du mauvais pas dans lequel elles se sont mises. A lui seul, le département de Seine-Saint-Denis, dirigé à l’époque par le socialiste Claude Bartolone, qui avait pris la tête de la guerre contre les banques dans cette affaire, a reçu au total environ 31 millions d’euros en provenance des enveloppes successives.


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Emprunts toxiques : les villes et les départements les plus aidés par l'Etat
Données du service de pilotage du dispositif de sortie des emprunts à risque.

Source : Cour des comptes, rapport annuel 2018



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2. Ceux qui coûtent le plus… bénéficiaient d’une expertise
Le rapport annuel souligne les « risques inconsidérés » pris par certaines collectivités de taille importante : « Les dix plus gros bénéficiaires du fonds (…) disposaient d’une capacité d’expertise liée à leur taille qui aurait dû leur permettre des choix plus éclairés en matière d’emprunt », note la Cour des comptes.


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Le Rhône, la Corse et la ville de Lyon, bonnets d'âne
Ces trois collectivités, qui disposaient pourtant d’une capacité d’expertise liée à leur taille, ont coûté le plus cher à l'Etat dans le cadre du plan d'aide pour sortir des emprunts toxiques.

Source : Cour des comptes



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Les emprunts de Lyon sont à l’origine des emprunts contractés par le département du Rhône, notamment pour financer le Musée des confluences, et qui ont été transférés à la métropole à sa création.
En Corse, bien que l’apport du fonds de soutien ait permis de minimiser le coût de sortie de la dette en le diminuant de 104 millions d’euros (les aides de l’Etat ne couvrent pas tout l’IRA), les opérations de remboursement « continueront de peser durablement sur les capacités financières de la future collectivité », répond cette dernière, qui a hérité des emprunts du conseil départemental de Haute-Corse.
La collectivité unique née début 2018 du rapprochement des deux départements demande au législateur qu’il « revienne sur sa position et permette, comme cela avait été envisagé, aux nouvelles collectivités issues de fusion de pouvoir accéder à un nouveau fonds de soutien pour les emprunts à risque dont elles héritent ».
3. Etat, élus, banques… tous coupables
Sur les quelque 1 600 collectivités ayant souscrit des prêts toxiques auprès de la banque, 676 ont déposé un dossier d’aide auprès du fonds de soutien et 579 collectivités ont bénéficié de l’aide du fonds. Un ratio qui peut sembler faible mais qui est, en réalité, le résultat d’un ciblage de la part de la puissance publique : les aides consenties correspondent à plus des deux tiers de l’encours sensible identifié par la société de financement local (SFIL).
Il faut souligner que les banques contribuent au dispositif pour 36 % et l’Etat pour 19 %, le reste du montant des IRA étant ainsi resté directement à la charge des collectivités locales concernées. Le rôle de l’Etat est toutefois déterminant quand, à partir, de janvier 2013, il devient actionnaire de la SFIL, qui s’engage sur 8,5 milliards d’euros d’encours sensibles des prêts accordés aux collectivités territoriales par Dexia.
La puissance publique avait intérêt à ce que les plaignants acceptent son aide et renoncent à un procès qui aurait pu lui coûter cher à deux titres : en tant qu’actionnaire de la SFIL… et de Dexia. Comme le souligne la Cour des comptes, « de conciliateur, l’Etat est ainsi devenu partie prenante, car il était désormais exposé à toute difficulté de la nouvelle entité bancaire. (…) En outre, le reliquat d’encours sensible commercialisé par Dexia (2 milliards d’euros) demeurait au bilan de la banque franco-belge, dont l’Etat était le deuxième actionnaire. »
Or, une décision de justice donne raison, en février 2013, au département de Seine-Saint-Denis contre Dexia et la SFIL ; pour ces deux derniers, si les autres tribunaux suivaient cette décision, les pertes pouvaient dépasser dix milliards d’euros… C’est cette crainte qui conduit six mois plus tard la puissance publique à engager davantage de fonds : elle mettra au final sur la table trois milliards d’euros.
Soulignant la responsabilité conjointe des élus locaux « qui ont pris des risques inconsidérés (…) sans en informer correctement leur assemblée délibérante », des banques qui « ont conçu ces produits structurés et encouragé leur souscription », la Cour relève enfin celle de l’Etat « qui n’a pas pris la mesure des risques encourus » et a « pendant trop longtemps, maintenu un cadre juridique trop accommodant ».
Au total, le montant pour les finances publiques au sens large (la part de l’Etat dans l’abondement du fonds de soutien et le reliquat des IRA acquittées par les collectivités) ressort à 3 milliards d’euros. En ajoutant la part des banques, l’ardoise se monte à 4,7 milliards d’euros.

   



Les emprunts toxiques en 11 volets
Depuis le début des révélations sur l’endettement « toxique » des collectivités, nous avons tenté de réunir des informations que les acteurs concernés refusaient le plus souvent de communiquer, notamment via notre enquête participative. Voici onze volets de notre suivi pour mieux comprendre l’affaire des emprunts toxiques.

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Athlétisme : les ambitions retrouvées de Lemaitre

Le meeting en salle de Paris est l’occasion de suivre les finales du 60 m, où l’Ivoirienne Marie-Josée Talou et le Français Christophe Lemaitre seront en tête d’affiche.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 13h48
    |

            Anthony Hernandez








                        



   


Paris est sous la neige mais les athlètes du meeting de Paris seront à l’abri, puisqu’ils ont rendez-vous mercredi 7 février à l’ancien Palais omnisports de Paris-Bercy. Si le champion du monde du décathlon, le Français Kévin Mayer, s’aligne sur un triathlon (lancer de poids, saut en longueur et 60 m haies), la soirée de deux heures se clôturera avec les deux finales du 60 m féminin et masculin.
L’Ivoirienne Marie-Josée Ta Lou, double vice-championne du monde du 100 et du 200 mètres, et le Français, Christophe Lemaitre, revenu sur le devant de la scène par la grâce d’une médaille de bronze aux JO de Rio, en seront les principales têtes d’affiche. Le Monde les a rencontrés la veille du meeting.
Lemaitre prépare les championnats d’Europe
Christophe Lemaitre est-il en train de rajeunir ? Le 3 février dernier, il s’est imposé sur le 60 m du meeting de Mondeville en 6 s 57, soit à seulement deux centièmes de son record personnel réalisé en 2010. Pourtant, le médaillé olympique du 200 m à Rio en 2016 n’est pas étonné par sa belle performance : « Ce n’est pas tant surprenant que ça. Je sais que je suis capable de ce genre de chrono. J’ai eu une préparation sans pépins avec de très bonnes sensations. » 
Encore plus que le résultat qui l’a vu dominer son rival Jimmy Vicaut, c’est surtout la manière qui rend le grand blond optimiste. « Le 60 m n’est pas ma spécialité, car cela demande une mise en route immédiate et peu de fautes techniques. A Mondeville, j’ai réussi à mettre en place ma technique », dit, satisfait, celui qui achèvera sa courte saison hivernale lors des championnats de France, à Liévin (17 et 18 février).
« Je reste moi-même et les gens aiment ça »
Car le Haut-Savoyard est déjà entièrement tourné vers son objectif principal, les championnats d’Europe de Berlin (7 au 12 août). Huit ans après son éclosion détonante à Barcelone, où il avait raflé les trois titres des courses sur lesquelles il s’alignait, Lemaitre, « boosté moralement par Rio », a retrouvé la même ambition : « Je veux aller chercher une médaille sur 100, 200 et 4 × 100 m. Si possible en or. Au vu de la grosse concurrence, il faudra être vraiment à un bon niveau et éviter les blessures. J’essaie d’être à l’écoute de mon corps… »
Sprinteur précoce, sur les podiums internationaux à l’âge de 20 ans, longtemps réservé et peu à l’aise dans sa communication, Christophe Lemaitre savoure son statut de chouchou du public. « Je ressens la reconnaissance et le soutien du public. Mes performances m’ont fait connaître, mais ce que les gens regardent aussi c’est ma personnalité. Je ne cours pas après la popularité. Je reste moi-même et on aime ça. C’est cool ! », livre l’athlète de 27 ans, plus épanoui que jamais.
Une nouvelle victoire à Paris, ainsi qu’une bonne performance lors des championnats de France, serait un bon indicateur d’une future saison estivale réussie : « Lors de mes grandes années, en 2010, 2011 et 2012, quand j’étais bon en salle, je l’étais aussi généralement sur 100 et 200 m… »
Ta Lou, en quête d’un nouveau départ

   


Longtemps restée dans l’ombre de sa compatriote Murielle Ahouré, double médaillée d’argent mondiale en 2013, Marie-José Ta Lou a atteint sa maturité sportive sur le tard. A Rio, elle échouait par deux fois au pied du podium. A Londres cet été, elle imitait la performance réalisée par Ahouré quatre ans plus tôt à Moscou.
Au moment où les footballeurs ivoiriens sont en pleine déconfiture, élimination au premier tour de la dernière CAN et sortis sans gloire des qualifications au Mondial 2018, ses belles médailles ont changé son statut au pays. « Je ne me considère pas comme une star, mais c’est quand même un gros truc : “Ah, c’est elle qui a été vice-championne et qui a raté l’or de peu.” Les gens ont beaucoup misé sur le foot et ils ont eu beaucoup de déceptions. Ils ont vu qu’avec peu de moyens, on arrive à faire de belles choses, déclare la sprinteuse de 29 ans. C’est quand même extraordinaire de voir des personnes qui te soutiennent, prennent des photos et te disent qu’elles vont prier pour toi. »
« J’ai toujours été rapide »
Originaire du quartier de Koumassi, à Abidjan, la jeune femme a commencé par le football, qu’elle pratiquait avec les garçons. Elle n’est venue à l’athlétisme que sur le tard, à l’âge de 17 ans, après qu’un de ses camarades de classe, fils de son premier entraîneur, l’a entraînée à une détection : « Je voulais me démarquer des autres filles en jouant au foot, mais j’ai toujours été rapide et j’aimais courir. Si j’avais connu l’athlétisme plus tôt, aujourd’hui je serais une athlète encore plus grande. Disons que je serais connue depuis fort longtemps. »
Pas réputée pour être une coureuse de 60 m, Marie-Josée Ta Lou vise les championnats d’Afrique, en août, au Nigeria. Mais les meetings indoor, dont celui de Paris, sont une belle répétition pour corriger l’un de ses points faibles : le départ. « J’ai une marge de progression en ce domaine. Je ressens trop le stress du faux départ, qui est directement éliminatoire. C’est dans la tête et je le travaille avec mon coach », confie la championne ivoirienne.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ La trajectoire budgétaire prévue par le président américain et son équipe montre ses priorités : quelques hausses pour le régalien, les infrastructures, et des coupes massives dans les aides sociales.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Aux côtés des fonds Via ID et Inco, ces trois groupes ont décidé d’investir près de 3 millions d’euros dans Klaxit, l’un des leaders du covoiturage courte distance.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

La RATP, Sodexo et la MAIF misent sur le « court-voiturage »

Aux côtés des fonds Via ID et Inco, ces trois groupes ont décidé d’investir près de 3 millions d’euros dans Klaxit, l’un des leaders du covoiturage courte distance.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 18h06
    |

            Philippe Jacqué








                        



   


C’est un petit marché, mais il intéresse au premier chef les agglomérations pour se débarrasser des bouchons et réduire la place des voitures. Le « court voiturage » a le vent en poupe depuis plusieurs années, mais sur la vingtaine d’acteurs présents sur ce créneau prometteur, aucun n’a encore réellement trouvé un modèle d’affaires pérenne.
Klaxit, cependant, estime qu’il a décroché le Graal. L’ancien WayzUp, l’un des pionniers du marché des trajets domicile-travail, a annoncé, mercredi 7 février, une nouvelle levée de fonds de 3 millions d’euros pour se développer. Cette somme apparaît modeste au regard de l’annonce, fin 2017, d’une levée de fonds de 16 millions d’euros par l’entrepreneur Jean-Baptiste Rudelle pour Less, une nouvelle start-up de covoiturage courte distance.

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                Avec Less, le cofondateur de Criteo se lance dans la bataille du covoiturage urbain



Cependant, note Julien Honnart, le cofondateur de la start-up, en 2013, « le plus important, dans ce tour de financement, ce sont avant tout les nouveaux investisseurs qui nous accompagnent. La RATP, Sodexo, la MAIF et le fonds Inco apportent plus que les fonds. Ils vont nous permettre d’accélérer notre développement ». Via ID, fonds historique de Klaxit, participe également à l’augmentation de capital de la jeune pousse.
Pour Klaxit, la clé du système de covoiturage courte distance, ce n’est pas seulement d’ouvrir une plate-forme de mise en relation en temps réel de conducteurs et de passagers, mais de créer également, autour de pôles urbains, une masse critique de conducteurs et de passagers. Cette masse critique sur la plate-forme permettra, à terme, d’ouvrir le service plus largement à l’ensemble du grand public.
Dans le jargon des affaires, au lieu d’offrir un service « B to C » (business to consumer, de l’entreprise au consommateur), Klaxit a mis en place un service « B to B to C » (business to business to consumer). Klaxit vend son service avant tout aux entreprises, surtout celles installées loin des réseaux de transport public. Ces entreprises proposent alors à leurs collaborateurs de se mettre au covoiturage. « Cela nous a permis d’avoir un modèle rentable dès le premier jour », précise M. Honnart.
« Faire nos preuves en France, puis partir à l’international »
« Nous disposons aujourd’hui d’une centaine d’entreprises clientes et nous sommes présents sur neuf agglomérations à travers la France, souligne l’entrepreneur. A moyen terme, nous voulons être présents sur une cinquantaine d’agglomérations dans le pays. » Sodexo devrait pouvoir l’aider à conquérir d’avantage d’entreprises.
« Nous sommes le leader mondial des services de la qualité de vie [restaurants d’entreprise, conciergerie, etc.] et rien qu’en France, nous travaillons pour 2 000 entreprises de plus de 100 salariés. Avec Klaxit, nous serons capables de leur proposer des services de mobilité », confirme Géraldine Delplanque, de Sodexo.
Parallèlement, le rapprochement avec la RATP doit aider la start-up à s’intégrer plus étroitement dans les réseaux de transport urbain. La régie parisienne gère actuellement une cinquantaine de réseaux dans l’Hexagone. « Nous allons répondre aux prochains appels d’offres en proposant une composante covoiturage », confirme Stéphanie Bourgeais, du groupe RATP.

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Les autorités organisatrices des mobilités sont aujourd’hui friandes d’offres complémentaires aux seuls réseaux bus, tramway ou métro. Les tests en cours de financement par les collectivités locales de services de covoiturage ont dopé de manière importante l’activité des start-up. « Tant en Ile-de-France qu’à Orléans, où des financements sont en place pour soutenir le covoiturage, le volume de trajets de covoiturage explose. Nous sommes sur une croissance de 10 % des volumes par semaine depuis six mois », remarque Julien Honnart.
En attendant de savoir si ces financements seront pérennisés par les différentes collectivités locales, Klaxit entend embaucher une dizaine de salariés pour atteindre un effectif de 28 personnes. « Nous voulons faire nos preuves en France, puis partir à l’international, explique M. Honnart. Nous ciblerons d’abord les trajets des transfrontaliers. » 

Cityscoot lève 40 millions d’euros, notamment auprès de la RATP
Le loueur de scooters électriques en libre-service Cityscoot a annoncé, mardi 6 février, l’entrée à son capital du groupe RATP dans le cadre d’une opération de financement de 40 millions d’euros pour développer le service en France et en Europe. La start-up française avait déjà levé 15 millions d’euros en juillet 2016, un mois après le lancement du service à Paris. Elle compte une flotte de 1 600 scooters électriques, déployée en Ile-de-France.
En ce début 2018, la jeune pousse se lance à Nice, avant de démarrer à Lyon, Genève et à Milan. « Le parc sera porté à 5 000 scooters en 2018, constituant ainsi la plus grosse flotte de deux-roues électriques partagés au monde », affirme la start-up, qui compte 120 salariés. Aujourd’hui, les principaux concurrents de Cityscoot sont Coup (Bosch) déployé à Berlin, Paris et bientôt Madrid et l’espagnol eCooltra, à Barcelone, Madrid, Lisbonne et Rome.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Selon les chiffres officiels, celui-ci s’est creusé de 12,1 % en 2017, à 566 milliards de dollars.
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Les Etats-Unis de Donald Trump enregistrent leur plus gros déficit commercial depuis 2008

Selon les chiffres officiels, celui-ci s’est creusé de 12,1 % en 2017, à 566 milliards de dollars.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 17h15
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

« Inacceptable », « intenable ». Ainsi le président Donald Trump a-t-il coutume de qualifier l’état du déficit commercial américain vis-à-vis du reste du monde. Symbole ultime, à ses yeux, de la concurrence déloyale qui s’exercerait vis-à-vis des Etats-Unis.
Depuis son arrivée à la Maison Blanche, en janvier 2017, la réduction de ce déséquilibre a été érigée en priorité. Las, c’est pour l’instant l’inverse qui se produit. Selon les chiffres officiels publiés mardi 6 février, le déficit commercial des Etats-Unis s’est creusé de 12,1 % en 2017, à 566 milliards de dollars (457 milliards d’euros). En soustrayant l’excédent que le pays dégage dans les services, pour se concentrer sur les échanges de biens uniquement, le solde négatif atteint même 796,1 milliards de dollars. Il s’agit du déficit le plus important depuis 2008.

La première puissance économique mondiale a enregistré un niveau record d’importations de marchandises en provenance de 47 pays, dont la Chine et le Mexique, cibles traditionnelles des attaques de M. Trump. Et c’est sans surprise avec le géant asiatique que le déficit est le plus massif : il a atteint le niveau record de 375,2 milliards de dollars pour les seuls biens, en 2017.
Au nom de la lutte contre cette situation « injuste », l’administration Trump a ouvert de multiples fronts : retrait du Partenariat transpacifique, renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain avec le Canada et le Mexique, bras de fer avec l’Organisation mondiale du commerce, imposition de droits de douane sur les panneaux solaires et les machines à laver visant implicitement la Chine et la Corée du Sud… Autant d’initiatives censées rétablir l’équité des échanges entre les Etats-Unis et leurs partenaires.
Appétit de consommation
« Mais en réalité, tout ça n’a aucun effet sur le déficit commercial, insiste Joseph Gagnon, économiste au Peterson Institute for International Economics (PIIE),...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Ankara regrette de voir les Européens préciser la perspective d’intégration de la Serbie ou du Monténégro, alors que son adhésion s’éloigne.
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Elargissement : l’UE envoie un signal aux Balkans, la Turquie s’agace

Ankara regrette de voir les Européens préciser la perspective d’intégration de la Serbie ou du Monténégro, alors que son adhésion s’éloigne.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 12h33
    |

            Cécile Ducourtieux (Strasbourg, Envoyée spéciale) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Des perspectives, mais surtout pas de promesses. La Commission de Bruxelles a rendu publique, mardi 6 février, une proposition – dite « stratégie » – pour relancer le processus d’élargissement de l’Union européenne (UE) aux six pays des Balkans occidentaux (Serbie, Kosovo, Albanie, Monténégro, Bosnie-Herzégovine, Macédoine). Ce processus, censé favoriser l’entrée de certains de ces pays en 2025 au plus tôt, avait été solennellement lancé lors d’un sommet à Thessalonique en Grèce en 2003, mais il est paralysé à ce stade, faute de volonté politique côté européen, et surtout, faute de réformes dans des pays encore gangrenés par la corruption et, parfois, la violence.
La Commission européenne veut avancer dans les négociations d’adhésion, d’ores et déjà ouvertes, en 2012, avec le Monténégro (650 000 habitants) et surtout, depuis 2014, avec la Serbie (7 millions d’habitants). L’Albanie et la Macédoine sont officiellement candidates. La Bosnie-Herzégovine et le Kosovo n’ont pas encore atteint ce stade des discussions avec Bruxelles.
La date de 2025 ne concerne en fait que la Serbie et le Monténégro en vue d’une éventuelle adhésion. Une date « indicative », a souligné le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, devant le Parlement de Strasbourg, mardi 6 février. Il a souligné que cet horizon temporel est surtout « une perspective pour motiver les pays à poursuivre les réformes ».
« Fatigue liée à l’élargissement »
Car son institution marche sur des œufs : en « off », à Bruxelles, personne ne croit au réalisme de cette proposition. Qui peut imaginer que le Kosovo va entrer rapidement dans un processus d’adhésion, alors que cinq pays de l’UE, dont l’Espagne, ne reconnaissent toujours pas son existence ? Idem pour la Macédoine, qui ne parvient toujours pas à résoudre le conflit sur son nom avec la Grèce…

        Lire aussi :
         

                Mobilisation massive à Athènes pour que la Macédoine change de nom



Les Etats membres n’ont en réalité pas envie d’évoquer l’élargissement de l’Union, alors que la France, pour ne parler que d’elle, déplore déjà qu’une Europe à 28 (27 bientôt avec le Brexit) soit difficilement gouvernable. Et surtout, alors que la Pologne et la Hongrie, pourtant membres de club, prennent des libertés avec l’Etat de droit, voire le violent.
De nombreux diplomates estiment aussi que le processus d’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie, entrées en 2007, a été beaucoup trop rapide. La Bulgarie souffre encore d’une corruption endémique, et, en Roumanie, le Parti socialiste au pouvoir tente de réformer le parquet anticorruption national, au mépris de l’Etat de droit. Les deux Etats n’ont toujours pas été intégrés dans l’espace sans passeports Schengen. Johannes Hahn, le commissaire à l’intégration, a lui-même reconnu la situation, mardi, parlant de « fatigue liée à l’élargissement » dans l’UE.
Après avoir passablement négligé les Balkans occidentaux, la Commission fait face à un défi géopolitique, avec six pays encore très instables à ses portes. Bruxelles espère les soustraire aux influences grandissantes de la Russie, mais aussi de la Chine, de l’Arabie saoudite ou de la Turquie.
« Exporter de la stabilité »
Moscou diffuse dans la zone sa propagande antieuropéenne et soutient les mouvements nationalistes. Les pays du Golfe ou Riyad inquiètent le Service d’action extérieure que dirige Federica Mogherini, la haute représentante de l’UE, parce qu’ils tentent d’instiller une vision radicale de l’islam dans les sociétés balkaniques, d’où sont d’ailleurs partis de nombreux djihadistes vers les zones de combat irakiennes et syriennes.
« Je ne voudrais pas que, dans cinq, dix ou vingt ans, on nous dise que nous avons trahi une région qui voulait vraiment entrer dans l’UE », a souligné, mardi, Mme Mogherini. Le premier ministre albanais, Edi Rama, indiquait, il y a quelques semaines, que, « si la perspective [d’une adhésion] s’éteint ou devient une illusion, les choses pourraient tourner mal » dans la région.
La « perspective » plutôt vague de Bruxelles et les moyens modestes alloués à sa nouvelle politique – 500 millions d’euros du budget de l’UE seront réorientés vers des projets spécifiques, notamment la baisse des coûts du roaming (« itinérance ») téléphonique dans la région –, suffiront-ils à tirer les Balkans vers le haut ?
D’ici là, le retour de l’élargissement risque de s’inviter rapidement dans la campagne pour les élections européennes de 2019. Surtout si la Turquie en profite pour réclamer que le processus lié à sa propre adhésion soit relancé, alors qu’il est complètement gelé depuis des mois, à la suite des multiples dérives autoritaires du président Recep Tayyip Erdogan. Et que plus personne parmi les pays membres ne soutient ce processus. « L’UE parle de la relance de l’élargissement dans les Balkans occidentaux, mais la Turquie est également un sujet », argue Faruk Kaymakci, le représentant permanent de la Turquie auprès de l’UE.
« Nous désirons une pleine adhésion à l’Europe. D’autres options ne nous satisfont pas », a assuré le président Erdogan dans le journal italien La Stampa, dimanche 4 février, balayant la proposition du président Macron, qui a récemment suggéré qu’il fallait repenser la relation avec Ankara, « non pas dans le cadre du processus d’intégration, mais d’une coopération, d’un partenariat ».
Mardi soir, le Conseil européen a confirmé la tenue, le 26 mars, d’une rencontre avec son président, Donald Tusk, M. Juncker, le président Erdogan et le premier ministre bulgare, Boïko Borissov. L’occasion pour Ankara de jouer à nouveau cette carte de l’adhésion pour avancer sur d’autres sujets lui tenant à cœur : la libéralisation des visas vers l’UE ou la modernisation d’un accord d’union douanière vieux de plus de 15 ans.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Pour son premier long-métrage, Xavier Legrand montre la destruction d’une famille par l’un des siens.
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« Jusqu’à la garde » : un foyer réduit en cendres

Pour son premier long-métrage, Xavier Legrand montre la destruction d’une famille par l’un des siens.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 07h52
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 15h55
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
D’habitude, ce sont deux continents séparés : l’ima­ginaire, la réalité. Shining (puisque le film de Kubrick vient forcément à la mémoire quand on découvre Jusqu’à la garde) fait trembler, sans que l’on doute jamais que Jack et Wendy Torrance sont sortis de l’imagination de Stephen King, de la vision de Kubrick, du travail de Jack Nicholson et Shelley Duvall. Aussi bouleversé que l’on soit par leur sort, on situe clairement leur parcours sur les terres de l’imaginaire.
Xavier Legrand, qui signe ici un premier long-métrage hors du commun, jette les fondations de Jusqu’à la garde en édifiant avec un luxe infini de détails la plus ordinaire des situations : le règlement d’un divorce entre une femme et un homme. Une heure et demie plus tard, le film aura cheminé le long d’un mystérieux passage du Nord-Ouest, qui mène de la vie de tous les jours jusqu’aux figures les plus terrifiantes, les plus ­profondément ancrées dans nos mémoires et nos imaginations – du quotidien à la tragédie.

        Lire le portrait :
         

          Xavier Legrand, un tragédien derrière la caméra



Le premier acte (Xavier Legrand est aussi comédien au théâtre et le découpage de son récit garde la trace de cette expérience) de ­Jusqu’à la garde est confiné dans la salle de réunion d’un palais de justice. Il y a là un homme et cinq femmes. L’homme, Antoine Besson (Denis Ménochet) vient d’emménager dans la région pour se rapprocher de ses enfants. C’est ce qu’explique son avocate qui répond à sa consœur, représentante de Miriam Besson (Léa Drucker). Par sa voix, la mère fait valoir que Julien et Joséphine, le petit garçon et l’adolescente issus de cette union en ruine, ne veulent plus voir leur père.
Une part de dissimulation
La magistrate donne lecture de la déposition de Julien qui « n’a plus rien à dire » à son père, et la greffière consigne les propos de chacun. Tout est précis, convaincant, aussi bien la monopolisation de la parole par les professionnels de la justice que le silence tétanisé des ex-époux que ces derniers ne parviennent à briser que par quelques banalités (« Je veux que tout se passe bien »).
Il y a une part de dissimulation dans la façon dont le cinéaste expose la situation. Si bien qu’au sortir de l’audience, on peut hésiter sur la réalité du rapport de force. Denis Ménochet ne cache rien de la douleur qui travaille ce père ­rejeté par ses enfants, Léa Drucker pourrait être aussi bien indif­férente que terrorisée – elle est tendue par une volonté intérieure qui lui interdit de s’exprimer.
La juge accorde à Antoine le droit de visite dont son fils (sa fille sera bientôt majeure et libre de décider si elle voit son père ou non) ne veut pas. Thomas Gioria, qui incarne le petit Julien, oppose une opacité épuisante (tout, dans la façon dont l’enfant est dirigé, montre que la fréquentation de son père le force à puiser dans ses dernières forces) à la masse de ­Denis Ménochet.
La menace du père
Ces deux rencontres entre père et fils constituent la partie centrale du film. C’est là que Xavier ­Legrand opère avec autant d’habileté que de sensibilité le basculement qui force le regard du spectateur à faire le point sur ce qui se passe à l’écran. Les ambiguïtés que l’on pouvait discerner laissent place à des contours très nettement dessinés : comme dans les contes, comme dans les tragédies, il y a la maison et ceux qu’elle abrite, la femme et les enfants, et – au dehors – une menace qui se fait de plus en plus oppressante, l’homme qui ne veut pas renoncer à sa puissance.
Ce processus est un peu ralenti par une digression consacrée à ­Joséphine, la fille, qui veut à tout prix échapper à la cellule familiale, au risque de reconstruire le piège qui s’est refermé sur sa mère. C’est la seule occasion où Jusqu’à la garde perd son caractère d’épure.
Xavier Legrand a mis en scène l’aveuglement et ses conséquences
Au cours des deux moments que Julien et son père passent ensemble, l’enchaînement des présages de la catastrophe à venir se fait inexorable. Le dernier acte se joue autour de la fête d’anniversaire de Joséphine, une célébration entachée par la présence, à l’extérieur de la salle, de celui dont on ne peut plus ignorer la capacité de destruction. Le malaise du début, qui ressemblait à celui que l’on peut éprouver à observer la souffrance d’inconnus, s’est transformé en l’une des formes de terreur que peut produire le ­cinéma : celle qui fait espérer la déflagration – pour qu’on en finisse – tout en tremblant pour ceux et celles à qui la conduite du récit nous a attachés.
Cette habileté ne relève pas de la manipulation. Une seconde vision de Jusqu’à la garde (et le film en vaut vraiment la peine) révèle que, si l’on a été surpris, on n’aurait pas dû l’être. On voit alors les indices que – à l’instar de la magistrate du premier acte – l’on peut avoir négligés. On se rend compte alors que Xavier Legrand a mis en scène l’aveuglement et ses conséquences.

Film français de Xavier Legrand. Avec Léa Drucker, Denis Ménochet, Thomas Gioria, Mathilde Auneveux (1 h 30). Sur le Web : www.hautetcourt.com/film/fiche/309/jusqua-la-garde

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 7 février)
Jusqu’à la garde, film français de Xavier Legrand (à ne pas manquer)Atelier de conversation, documentaire autrichien, français et liechtensteinois de Bernhard Braunstein (à voir)Human Flow, documentaire allemand et américain d’Ai Weiwei (à voir)Le Voyage de Ricky, film d’animation allemand, belge, luxembourgeois et norvégien de Toby Genkel et Reza Memari (à voir)The Ride, documentaire français et américain de Stéphanie Gillard (à voir)Vivir y otras ficciones, film espagnol de Jo Sol (à voir)Cro Man, film d’animation britannique de Nick Park (pourquoi pas)England Is Mine. Steven Before Morrissey, film britannique de Mark Gill (pourquoi pas)Ni juge, ni soumise, documentaire français et belge de Jean Libon et Yves Hinant (pourquoi pas)Revenge, film français de Coralie Fargeat (pourquoi pas)Le Labyrinthe : Le Remède mortel, film américain de Wes Ball (on peut éviter)Stronger, film américain de David Gordon Green (on peut éviter)
Nous n’avons pas pu voir :
Agatha, ma voisine détective, film d’animation danois de Karla von BengtsonBrodre : Markus et Lukas, documentaire norvégien et français d’Aslaug HolmCinquante nuances plus claires, film américain de James FoleyLa Sculpture vivante, film français de Nguyen Tuong HungLe 15 h 17 pour Paris, film américain de Clint EastwoodRita & Crocodile, film d’animation danois et britannique de Siri MelchiorRosa & Darla, leur fabuleux voyage, film d’animation tchèque et français de Martin Duda, Natalia Chernysheva et Katerina Karhankova





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Le réalisateur américain est revenu, dans une interview au site « Deadline Hollywood », sur les critiques adressées par son actrice phare.
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Affaire Weinstein, pratiques sur les tournages... la réponse de Tarantino à Uma Thurman

Le réalisateur américain est revenu, dans une interview au site « Deadline Hollywood », sur les critiques adressées par son actrice phare.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 16h23
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 16h55
   





                        


Depuis la publication, samedi 3 février, d’un article du New York Times (NYT) intitulé « Voilà pourquoi Uma Thurman est en colère », le réalisateur américain Quentin Tarantino fait l’objet d’interrogations sur son silence au sujet d’agressions sexuelles commises par son producteur, Harvey Weinstein, et sur son comportement sur des plateaux de tournage. Quentin Tarantino s’est, finalement, décidé à s’exprimer, lundi, et à « tout expliquer » au magazine en ligne américain Deadline Hollywood.
Dans un entretien au NYT, Uma Thurman, actrice vedette de Pulp Fiction (1994) et Kill Bill (2003), revenait en détail sur les violences sexuelles de Harvey Weinstein, dont elle a été victime. « Il m’a poussée. Il a essayé de se jeter sur moi. Il a essayé de se déshabiller », accusait-elle notamment. Quentin Tarantino, qui avait parlé au début de l’affaire Weinstein de « révélations », avait, finalement, reconnu mi-octobre avoir été au courant depuis de longues années des agissements du producteur. Le réalisateur assure à Deadline Hollywood « avoir demandé à Harvey de s’excuser auprès d’Uma », après avoir appris que la comédienne avait été agressée par le producteur.
Mais, dans cette interview, Uma Thurman dénonce également les pratiques du cinéaste. Il ne s’agit pas ici de violences sexuelles mais, selon elle, du sadisme, dont le réalisateur a fait preuve sur ses tournages.

        Lire aussi :
         

                Uma Thurman : Harvey Weinstein « m’a poussée, a essayé de se jeter sur moi, de se déshabiller »



« Un des plus grands regrets de ma vie »
Dans son interview à Deadline Hollywood, Quentin Tarantino revient longuement sur un épisode du tournage de Kill Bill, au cours duquel Uma Thurman avait eu un accident de voiture. Le réalisateur l’avait, selon elle, obligée à prendre le volant d’une voiture décapotable à la sécurité douteuse pour rouler à plus de 60 km/h sur une route sinueuse, sans doublure. Selon l’actrice, Tarantino lui avait ordonné :
« Atteins plus de 60 km/h, sinon tes cheveux ne voleront pas au vent correctement, et je te la ferai refaire. »
« Aucun de nous ne considérait cette scène comme une cascade, il suffisait de conduire », se défend le réalisateur dans l’interview et ajoute ne pas avoir brusqué l’actrice pour qu’elle accepte de tourner la scène.
A propos de la vitesse de la voiture, Tarantino reconnaît « avoir eu tort » mais dit ne pas avoir forcé Uma Thurman à prendre le volant :
« Je lui ai dit qu’elle pouvait le faire, que c’était une ligne droite, qu’il n’y avait pas de risque. Elle m’a répondu : “OK”. Parce qu’elle croyait en moi et me faisait confiance. (…) Je lui ai dit qu’il n’y avait pas de risque. Alors qu’il y en avait. »
La route n’était, en fait, pas parfaitement droite, elle dessinait un « s », et Uma Thurman perdit le contrôle de la voiture et finit dans un arbre. « C’est l’un des plus grands regrets de ma vie et de ma carrière », confie le réalisateur, expliquant que, par la suite, « la confiance était rompue » avec l’actrice.

Etouffées par les mains de Tarantino
Dans le reste de l’interview à Deadline Hollywood, Quentin Tarantino évoque également les scènes de crachat au visage, ou de strangulations auxquelles il a lui-même participé, expliquant que l’idée d’une chaîne autour du cou de l’actrice était « une suggestion d’Uma », et, pragmatique, l’explique par un souci de réalisme : « Si tu veux que mon visage devienne rouge, et que les larmes me montent aux yeux, alors, dans ce cas, il faut m’étrangler. »
Une scène similaire dans un autre film de Tarantino, Inglourious Basterds (2009), impliquait l’actrice d’origine allemande Diane Kruger. Et, cette fois encore, c’est le réalisateur qui avait pris en main la scène et étranglé lui-même la comédienne. Diane Kruger s’était exprimée, en 2009, sur cette scène :
« Je me fais étrangler, ce qui était très bizarre, car on le ressent quand quelqu’un vous étouffe, donc c’était une journée de boulot particulière. Le plus drôle, c’est qu’on voit les mains de Quentin sur le plan serré. (…) Je dois dire que c’était très étrange de me faire étrangler par le réalisateur. »
Tarantino s’est, par le passé, déjà justifié d’avoir voulu jouer la scène lui-même, et il réitère dans l’interview donnée à Deadline Hollywood, mettant, encore une fois en avant le réalisme de la scène : « Quand j’ai réalisé Inglourious Basterds, je suis allé voir Diane et je lui ai dit : “Ecoute, je dois t’étrangler. Si c’est juste un type qui pose ses mains sur ton cou, sans appuyer, (…) ça aura l’air d’un étranglement classique de film, (…) et tu n’aura pas cet air paniqué qui arrive quand on te prive d’air. Je te demande la permission de juste… t’étrangler, avec mes mains, en gros plan.” »
A la suite des propos tenus par Uma Thurman, Diane Kruger est venue sur son compte Instagram apporter son soutien au réalisateur en rappelant à quel point tourner avec lui avait été un moment de « pur bonheur ». « Il m’a traitée avec le plus grand respect et n’a jamais abusé de son pouvoir ni ne m’a forcée à faire quoi que ce soit qui m’aurait mise mal à l’aise », assure l’actrice.
« Combien d’images de femmes qui montrent un abus ? »
Sur son compte Instagram, Uma Thurman est, quant à elle, revenue sur ses accusations lundi et notamment sur l’accident de voiture dont elle a été victime, en affirmant ne pas croire « à un acte intentionnel » du réalisateur qui « a beaucoup regretté et a toujours des remords sur cet événement malheureux ». Elle ajoute qu’il lui a remis les images de l’accident « en sachant bien que cela pourrait lui faire du tort ».
A la suite de l’article du NYT, plusieurs personnalités du milieu du cinéma, ont réagi pour condamner les pratiques de Quentin Tarantino. L’une des premières accusatrices de Harvey Weinstein, Asia Argento, s’était fendue d’un tweet dans lequel elle déclarait notamment : « Weinstein et Tarantino, quel duo ! Un violeur en série et un quasi-meurtrier. » L’actrice américaine Jessica Chastain a déclaré pour sa part : « Je continue de visualiser Tarantino crachant au visage d’Uma et l’étranglant avec une chaîne pour Kill Bill. Combien d’images de femmes dans les médias célébrons-nous qui montrent un abus ? Quand est-ce que c’est devenu la mode dans l’industrie du “divertissement” ? »
Les interrogations autour de Quentin Tarantino ne devraient pas s’interrompre tout de suite. Mercredi 7 février, le réalisateur a été rattrapé par des propos tenus dans une ancienne interview, en 2003. Le site Jezebel a exhumé un échange entre l’animateur de radio Howard Stern et Quentin Tarantino, dans lequel le réalisateur répond à propos du cinéaste Roman Polanski que ce dernier « n’a pas violé une fille de 13 ans. Il a eu un rapport sexuel avec une mineure. Ce n’est pas un viol. » Il ajoute que, selon lui, un viol « implique de la violence ». 
Roman Polanski est accusé d’avoir drogué Samantha Geimer, 13 ans à l’époque des faits, et de l’avoir violée au domicile de l’acteur Jack Nicholson, à Los Angeles, en 1977. Dans cette interview de 2003, Tarantino assure que Samatha Geimer « voulait » cette relation puisqu’elle « sortait » avec lui.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ L’« expédition punitive » contre des Africains, qui a fait six blessés samedi à Macerata, dans le centre de l’Italie, révèle les divisions du pays.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Le milliardaire de 76 ans, fervent soutien de Donald Trump, est le premier patron d’une grande entreprise américaine pris dans la tourmente de l’affaire Weinstein.
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Accusé d’agressions sexuelles, le magnat américain Steve Wynn quitte son empire de casinos

Le milliardaire de 76 ans, fervent soutien de Donald Trump, est le premier patron d’une grande entreprise américaine pris dans la tourmente de l’affaire Weinstein.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 17h06
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 17h08
   





                        



   


De la gloire à la vindicte populaire. Steve Wynn, le magnat américain des casinos de Las Vegas a démissionné de la présidence de son empire, la Wynn Resorts, mardi 6 février. Une décision qui fait suite à des accusations d’agressions sexuelles révélées le 25 janvier par le Wall Street Journal. 
Le quotidien économique s’appuie sur des dizaines de témoignages accusant le milliardaire de 76 ans d’avoir créé au fil des ans un environnement de travail hostile aux femmes et de les avoir régulièrement soumises à des avances sexuelles. Au moins trois femmes accusent également le tycoon, proche de Donald Trump, d’agressions sexuelles, notamment une masturbation exigée d’une masseuse.
7,5 millions de dollars contre le silence
Steve Wynn a démenti les allégations « absurdes » publiées par le Wall Street Journal et se dit victime de manœuvres ourdies par son ex-femme, Elaine Farrell Wynn, dans le cadre de leur procédure de divorce. Celle-ci a rejeté ses accusations, et le Wall Street Journal a précisé qu’aucune des cent cinquante personnes contactées pour cette enquête n’était entrée en contact de sa propre initiative avec la rédaction.
D’après le quotidien américain, Steve Wynn a pourtant déjà eu des démêlés avec la justice pour son comportement agressif. Le milliardaire a ainsi versé 7,5 millions de dollars à une ancienne esthéticienne de son casino de Las Vegas, le navire amiral de son groupe, qui l’accusait de l’avoir contrainte à des relations sexuelles dans son bureau en 2005. Cette somme devait permettre à l’homme d’affaires de garder le silence sur cette affaire.
Ces dernières semaines, les soutiens politiques de celui qui fut un fervent supporteur du président américain et soutien financier de taille de sa campagne prenaient tour à tour leurs distances : la Bourse se détournait de la Wynn Resorts... Anticipant cette chute annoncée, Steve Wynn avait déjà quitté à la fin de janvier son poste de responsable des finances du comité national du Parti républicain (RNC).
« Avalanche de publicité négative »
L’enquête sur cette personnalité est la dernière manifestation des accusations d’abus sexuels portées contre des hommes de pouvoir depuis la chute du producteur hollywoodien Harvey Weinstein, en octobre. Premier patron d’une grande entreprise américaine pris dans la tourmente de ces scandales sexistes, Steve Wynn sera remplacé à son poste par Matt Maddox, son bras droit depuis 2013. M. Wynn a déclaré qu’il avait renoncé à poursuivre ses fonctions en raison d’« une avalanche de publicité négative » qui a créé, selon lui, un environnement prompt à le condamner avant de le juger.

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Le créateur des plus célèbres hôtels-casinos de Las Vegas, le Bellagio et sa fontaine musicale, ou encore le Mirage et son volcan nocturne, pourrait encore tomber plus bas. Son ex-femme, Elaine Farrell Wynn, souffle ardemment sur les braises car elle demande à récupérer les droits de vote de ses 9 % d’actions de Wynn Resorts, qu’elle a perdus avec le divorce.

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Mais la fortune de Steve Wynn reste évaluée à 3,5 milliards de dollars par le magazine Forbes. Malgré son départ de la présidence, Steve Wynn, qui a lancé son groupe en ouvrant des petites salles de bingo dans le nord-est des Etats-Unis, possède toujours 12 % de sa société, cotée à Wall Street.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le philosophe Yves Charles Zarka estime que les thèses de Stanislas Dehaene, président du nouveau conseil scientifique de l’éducation nationale, sur la science de la conscience, sont fausses et dangereuses.
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édition abonné


Yves Charles Zarka: « La neurologie cognitive relève d’un scientisme non dénué de dangers »

Dans une tribune au « Monde », le philosophe Yves Charles Zarka estime que les thèses de Stanislas Dehaene, président du nouveau conseil scientifique de l’éducation nationale, sur la science de la conscience, sont fausses et dangereuses.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 11h44
    |

Yves Charles Zarka (Philosophe, professeur à l’université Paris-Descartes-Sorbonne)







                        



                                


                            

[ Le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a porté en début d’année sur les fonts baptismaux un nouvel organisme : le conseil scientifique de l’éducation nationale, dont il a confié la présidence à Stanislas Dehaene, professeur de psychologie cognitive au Collège de France. Objectif de ce scientifique : « Tenter de dégager des facteurs qui ont prouvé leur effet bénéfique sur l’apprentissage des enfants ». Même si les chercheurs en sciences cognitives n’occupent que six des vingt et un sièges dudit conseil, cette nouvelle orientation du ministère de l’éducation nationale suscite de vives polémiques. Tant les syndicats que des chercheurs renommés craignent que les sciences cognitives prennent le pas sur les sciences de l’éducation. Pour eux, enseigner est un art et non une science. De plus, les sciences cognitives sous-estimeraient l’influence de l’environnement social de l’élève dans ses performances. Au contraire, les partisans des neurosciences affirment que leurs thèses sont trop souvent caricaturées et qu’ils sont tout à fait conscients de cette influence.]
Tribune. La création par le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, d’un conseil scientifique de l’éducation nationale et la nomination, très médiatisée, pour le présider, de Stanislas Dehaene, professeur de psychologie cognitive expérimentale au Collège de France, sont certainement pleines de bonnes intentions.
Je voudrais examiner deux thèses de Stanislas Dehaene, reprises dans un article du Monde du 10 janvier. La première consiste à affirmer qu’« enseigner est une science » ; la seconde que la démarche des neurosciences cognitives serait orientée par « l’idée d’agir pour l’éducation des jeunes, indépendamment de toute idéologie ».

La première est d’une prétention aussi exorbitante que fausse. Enseigner n’est pas une science, mais un art. Un art qui exige un sens des relations, de...




                        

                        


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Françoise Nyssen dévoile son plan en faveur de l’égalité femmes-hommes

La ministre de la culture n’exclut pas des « malus » pour les lieux labellisés qui ne respecteraient pas les objectifs chiffrés.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 15h52
    |

            Clarisse Fabre








                        



   


Françoise Nyssen se donne quatre ans, soit d’ici à la fin du mandat d’Emmanuel Macron, en 2022, pour tendre vers la parité dans le monde de la culture. « Il faut reprendre la barre », déclare-t-elle au Monde, mercredi 7 février, alors qu’avait lieu le matin un comité pour l’égalité femmes-hommes, rue de Valois. Même si le nombre de femmes à la tête de lieux labellisés par le ministère de la culture progresse, et même si l’on voit davantage de metteuses en scène à l’affiche des grands théâtres, les progrès sont lents et ne permettent pas d’entrevoir, même à moyen terme, une situation paritaire – en attestent les statistiques de l’Observatoire du ministère de la culture sur les inégalités femmes-hommes.
La ministre veut agir sur différents fronts. « Tout d’abord, le ministère de la culture se doit d’être exemplaire. Il y a des inégalités salariales au sein du personnel de la rue de Valois, de l’ordre de 10 % entre les femmes et les hommes », explique Mme Nyssen. Une enveloppe de 500 000 euros, prise sur le montant du budget du ministère de la culture, va être utilisée pour rattraper ces inégalités salariales », annonce-t-elle.
Par ailleurs, la rue de Valois a sollicité auprès du ministère du budget de nouveaux crédits –dont le montant ne nous pas été communiqué – afin de remédier aux inégalités salariales au sein des 75 établissements publics de la culture, lesquelles s’élèveraient à 18 % entre les femmes et les hommes.
La parité à la tête des 75 établissements publics culturels
L’autre annonce majeure vise à atteindre la parité à la tête des 75 établissements publics culturels (Philharmonie, Opéra…) à l’horizon 2022. On en est loin : aujourd’hui, seules 33 % de femmes occupent la fonction de directrice de ces vaisseaux dotés de gros budgets. « Sur les trois ans à venir, un certain nombre de mandats vont arriver à terme. Il y a donc la possibilité d’agir par le biais des nominations », ajoute la ministre.
La ministre et son cabinet – très féminin – comptent enfin s’attaquer à la programmation des 351 lieux labellisés par le ministère : scènes nationales, fonds régionaux d’art contemporain, etc. Françoise Nyssen va fixer des objectifs chiffrés, avec obligation de résultat. Les taux de progression seront variables : il sera de 10 % par an dans les lieux où la programmation est peu féminisée (moins de 25 % de femmes à l’affiche). Et il sera limité à 5 % par an dans les lieux plus paritaires. Françoise Nyssen envisage des  « malus »  à l’encontre de scènes qui ne respecteraient pas ces objectifs. L’intervention de l’Etat pourrait être revue à la baisse, ou du moins certains crédits de la rue de Valois pourront être « fléchés » en fonction de critères d’égalité femmes-hommes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Pour lutter contre leur disparition, sept départements de la région Ile-de-France ont prévu la fermeture totale ou partielle leurs services, mercredi.
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Grand Paris : les départements mettent Macron sous pression

Pour lutter contre leur disparition, sept départements de la région Ile-de-France ont prévu la fermeture totale ou partielle leurs services, mercredi.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 11h26
 • Mis à jour le
07.02.2018 à 11h52
    |

            Béatrice Jérôme








                        



   


La majorité des habitants d’Ile-de-France, hormis les Parisiens, devraient trouver portes closes, mercredi 7 février, dans la plupart des bureaux et des services de leurs départements. Pour dissuader Emmanuel Macron de supprimer les départements limitrophes de la capitale au prétexte d’alléger « le millefeuille » territorial au sein de la Métropole du Grand Paris, les sept grands barons départementaux de la région ont prévu de prendre les habitants à témoin des conséquences négatives sur leur vie quotidienne de la disparition de cet échelon local.
« C’est comme l’air qu’on respire. C’est lorsqu’il vient à manquer qu’on s’aperçoit combien il est indispensable », observe Patrick Devedjian, président (Les Républicains) des Hauts-de-Seine.
Avec pour mot d’ordre « fermer un jour pour vous servir toujours », cinq départements ont prévu la fermeture totale ou partielle de leurs services. Les crèches du Val-de-Marne, les centres sociaux de la Seine-Saint-Denis, les consultations infantiles des Yvelines, des cantines des collèges du Val-d’Oise, les musées des Hauts-de-Seine… Aucune de ces structures ne fonctionnera. Seuls les services d’urgence – tel le déneigement des routes – seront assurés. Ceux de Seine-et-Marne et l’Essonne seront ouverts au public mais comme leurs voisins, ils appellent leurs agents et les habitants à manifester devant leur siège ou devant la préfecture.
Cette journée dite « sans département » vient amplifier une mobilisation pendant laquelle les élus ont multiplié les conférences de presse, les réunions publiques et même financé une campagne d’affichage dans les journaux pour créer un rapport de force politique avec l’exécutif. Dans leur bras de fer avec le chef de l’Etat, les départements s’en prennent particulièrement au préfet d’Ile-de-France, Michel Cadot.
Une « coalition du non »
Missionné par M. Macron pour tracer, en concertation avec les élus franciliens, les pistes d’une réforme institutionnelle du Grand Paris, M. Cadot, a, dans les différents scénarios qu’il a transmis jusqu’ici à l’exécutif, prôné la suppression des départements. Si le chef de l’Etat ne veut pas « se tirer une balle dans le pied », il ne devrait pas laisser « ses commensaux jouer avec la même vieille boîte de Meccano, démontant et remontant les mêmes pièces, dans un ordre différent sans y ajouter aucune idée nouvelle », prévient Pierre Bédier, président (LR) des Yvelines.
Dans le « millefeuille » de l’Ile-de-France, « les couches rassies sont la métropole et les intercommunalités. Le département, c’est l’échelon qui marche et qui investit », martèle M. Devedjian. Alors que la France s’apprête à organiser les Jeux olympiques, « nul n’a intérêt à détruire ce qui fonctionne plutôt bien en Ile-de-France », renchérit Christian Favier, président (FdG) du Val-de-Marne.
La vision défendue par M. Cadot est soutenue par certains élus détracteurs des départements. « La position des départements est dictée par la défense de leur fauteuil. C’est une coalition du non qui ne propose aucune solution pour faire avancer la métropole », déplore Philippe Dallier, sénateur (LR) de Seine-Saint-Denis auteur d’un rapport en 2008 qui préconise la fin des départements de la petite couronne, le transfert d’une partie de leurs compétences sociales aux communes et la création d’une métropole.
Deux nouveaux scénarios à l’étude
Mais les départements ont l’espoir que le temps joue en leur faveur. L’Elysée indique que les annonces du chef de l’Etat ne se feront pas dans l’immédiat. L’exécutif se penche depuis quelques jours sur deux nouveaux scénarios étudiés par M. Cadot.
L’un d’eux prévoit le maintien du périmètre actuel du Val-de-Marne, des Hauts-de-Seine et de la Seine-Saint-Denis. Sauf qu’ils ne seraient plus des départements mais deviendraient des collectivités à statut particulier. Ils remplaceraient les onze établissements publics territoriaux créés en 2016 pour fédérer les 130 communes sur leurs trois territoires. Ce schéma propose la création d’une collectivité du Grand Paris à l’échelle de l’Ile-de-France. Autrement dit la fin de l’actuelle métropole. « Nous pourrions tomber d’accord sur un tel scénario », réagit M. Devedjian.

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« Là où il y a métropole, les départements ont vocation à disparaître », expliquait pourtant M. Macron pendant sa campagne présidentielle. En réponse à ce rappel, le patron des Hauts-de-Seine s’empresse de citer Chateaubriand : « On arrive au pouvoir par ce qu’on a de pire, on y reste par ce qu’on a de meilleur », glisse-t-il. Avec l’espoir que M. Macron entende le message.



                            


                        

                        

