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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Troisième volet de la collection « Archéologie », à la découverte ­des grandes cités antiques telles qu’elles étaient au temps de leur splendeur. A Pompéi, après des années de laxisme, la nouvelle gestion du site italien porte ses fruits.
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Pompéi sur la bonne voie

Troisième volet de la collection « Archéologie », à la découverte ­des grandes cités antiques telles qu’elles étaient au temps de leur splendeur. A Pompéi, après des années de laxisme, la nouvelle gestion du site italien porte ses fruits.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 17h00
    |

            Florence Evin








                        



                                


                            

Collection « Archéologie ». Dans le golfe de Naples, en Italie, Pompéi, la cité ­ensevelie le 24 août 79 sous des mètres de cendres issues de l’éruption du Vésuve, renaît. Après des années de médiocre gestion, ses vestiges seraient tirés d’affaire. En 2010, des pluies torrentielles et un système de drainage inefficace avaient provoqué l’effondrement de plusieurs édifices, dont les célèbres maisons des Gladiateurs et du Moraliste, ce qui révélait le mauvais état du site classé Patrimoine mondial de l’Unesco en 1997.
L’organisation onusienne lista les griefs : « Projets de construction à proximité du site classé ; restaurations et entretien inadéquats ; ­insuffisance de compétences et ­financement inadapté. » Et elle exigea, comme l’impose le « label » Unesco, une bonne gouvernance de ce joyau qui témoigne, comme un arrêt sur image, de l’activité de la « ville mondaine de Campanie » dont parlait Sénèque. Le 29 novembre 2013, un accord était signé par Francesco Bandarin, sous-directeur général pour la culture de l’Unesco, pour qu’une expertise soit établie. Le Grand Projet ­Pompéi a été mis en place avec 100 millions d’euros de contribution de l’Union européenne.
 « Ensembles fragiles »
Aujourd’hui, le sauvetage de la cité antique « est sur la bonne voie », ­assure l’archéologue Stefano de Caro, membre du Conseil scientifique de Pompéi : « Maisons et quartiers singuliers ont été ­restaurés. Sur certains îlots, les ­enduits sont à reprendre. Pompéi a toujours souffert du manque de projets à long terme, d’un contrôle ­continu de l’état des lieux, ­notamment de la condition des murs. Il faudrait un programme sur trente ans. Avec un suivi jour après jour, les choses iraient beaucoup mieux. »
Massimo Osanna, le directeur du site archéologique, indique que, « fin 2018, toute l’emprise de la ville déjà fouillée sera en sûreté ». C’est-à-dire 46 hectares sur les 68 de la cité antique....




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Conductance électrique de la peau, phéromones et coup de foudre : en assistant à un « café sciences » sur la biologie de l’amour, notre chroniqueuse a constaté que les sentiments, c’est du sérieux.
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Les lois de l’attraction amoureuse vues par des scientifiques d’un soir


                      Conductance électrique de la peau, phéromones et coup de foudre : en assistant à un « café sciences » sur la biologie de l’amour, notre chroniqueuse a constaté que les sentiments, c’est du sérieux.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 15h43
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 17h44
    |

                            Guillemette Faure








   


« Alors, là, on va mettre le pouce en contact avec la pile… » On est lundi soir et, à l’étage d’un restaurant parisien, une grosse vingtaine de personnes se retrouvent pour un « café sciences ». Le thème – la biologie de l’amour – a fait carton plein. Ils étaient bien moins nombreux à la rencontre autour de la modification du génome. Laurent, animateur de la soirée, a apporté un multimètre pour mesurer la conductance électrique de la peau de chacun. Comme sur l’affichette accrochée à la vitre, il porte un bandana rouge noué dans sa chemise blanche. « La conductance, c’est l’inverse de la résistance, c’est ça ? », demande un homme qui a fait une école d’ingénierie électrique. C’est souvent lui qui pose les questions.
Laurent explique son projet : on va tous prendre une mesure. A 20 h 30, on mangera des chocolats, et, vers 21 heures, on mesurera à nouveau, pour voir si le niveau a bougé. « Si c’est lié à la sudation, comment faire la différence entre une bonne séance de sport et manger du chocolat ? », demande celui qui pose les questions. « Ça ne marchera pas », promet Jean-Pierre, un hyperémotif. Que ses émotions soient positives ou négatives, ça ne fait pas bouger le bidule chez lui.
Coordination d’ondes cérébrales
En attendant, l’appareil tourne autour de la table, en même temps qu’une feuille sur laquelle chacun inscrit son nom. Vanillechoco, Djendjens, Serein… Plutôt qu’un patronyme, on laisse l’identifiant avec lequel on s’est inscrit. Certains sont venus par Meetup (une plate-forme qui nous propose de « partager nos passions »), d’autres, par OVS (On va sortir !). « Quarante-cinq inscrits… On devrait être vingt-deux », estime Laurent. La règle, c’est de diviser par deux le nombre d’inscrits pour avoir le nombre de présents.
Pendant que le multimètre tourne, Pauline raconte sa dernière expérience électrostatique. D’autres discutent des phénomènes de coordination d’ondes cérébrales. Une Allemande est venue parce qu’elle s’intéresse au docteur Robert Schleip, le pape des fascias, ces tissus qui, d’après elle, expliquent pourquoi, « quand on a mal à la cheville, ça fait mal à la nuque ». Un jeune homme, lui, se fiche un peu du sujet. Mais il adore Meetup. « Ce que j’aime, c’est l’interface. »
Il avait commencé par des rencontres de conversation en chinois. La semaine dernière, il a participé à une réunion organisée pour tester un nouveau jeu de société avec son inventeur. Dans ces cafés sciences, certains sont donc là pour le café, d’autres pour la science. D’ailleurs, en fait de café, c’est un milk-shake peanut butter chocolat qui arrive. Les soirées se tiennent dans le quartier du Marais, à Paris, au Breakfast in America, une enseigne de diner à l’américaine.
Les substances odoriférantes du cerf porte-musc
« Vous avez lu les documents que j’ai mis en ligne ? », demande Laurent. « Non », répond quelqu’un. « Les titres », dit un autre. Devant chacun de nous, à côté du menu du resto, un schéma du circuit cérébral du cortex et des ganglions de la base. « Tu peux rappeler ce que sont les phéromones ? », demande celui qui pose toujours les questions. Je n’ai pas l’impression qu’il y ait beaucoup de neuroscientifiques autour de la table, ce qui crée le même type de suspicion que lorsqu’on va dans un resto chinois et qu’il n’y a pas de Chinois en vue.
L’animateur évoque une étude de prélèvements dans « l’atmosphère » de salles de cinéma, qui diffèrent selon les genres de film.
Laurent nous dit avoir fait une thèse de biochimie aux Etats-Unis, étudié les neurosciences comportementales au Canada. Il collecte des articles scientifiques qu’il presse pour en extraire des conférences. Mais revenons à la biologie de l’amour. Il nous parle des substances odoriférantes du cerf porte-musc pendant la période du rut… Il nous explique que, pour plein de raisons, il est difficile de faire financer des études similaires sur les humains. Il évoque aussi une étude de prélèvements dans « l’atmosphère » de salles de cinéma, qui diffèrent selon les genres de film. « Est-ce qu’on aurait pu le détecter avec le changement de pigmentation de la peau ? », demande l’homme qui pose les questions. Laurent nous dit que de toute façon tout cela sera bientôt collecté par nos bracelets connectés et que, comme on aura coché toutes les cases « j’accepte » sans rien lire, toutes nos données finiront chez Google.

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Le truc avec les conversations scientifiques, c’est que ça digresse souvent. On était venu parler d’amour et voilà que l’on se retrouve à se demander si les chances de mourir pendant une anesthésie générale sont supérieures à celles de gagner au Loto. Laurent nous ramène au sujet avec une étude qui démontre que le cerveau se fait une idée d’une personne à partir de son visage en « cent millièmes de seconde ». « Vous voulez dire dix centièmes ? », dit un homme à l’aise avec les déplacements de virgule. « Mais le coup de foudre, c’est quoi ? », demande une participante qui jusque-là pianotait sur son téléphone. L’animateur de la soirée lui répond qu’il ne se traduit pas forcément par une relation durable. Il fallait bien un café sciences pour s’en assurer.



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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Alors que l’inactivité est fréquente pendant la grossesse, de nombreuse études ont montré l’inocuité et les nombreux bienfaits de l’exercice pour la future mère et son enfant.
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L’activité physique, un allié pendant la grossesse

Alors que l’inactivité est fréquente pendant la grossesse, de nombreuse études ont montré l’inocuité et les nombreux bienfaits de l’exercice pour la future mère et son enfant.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 17h48
    |

            Sandrine Cabut








                        




ATTENTION EDITORS - PICTURE 17 OF 25 FOR PACKAGE 'THE OTHER PAKISTAN'
                                
ATTENTION EDITORS - PICTURE 17 OF 25 FOR PACKAGE 'THE OTHER PAKISTAN'



                            
Dix mille pas et plus. Connaissez-vous le point commun entre la joueuse de beach-volley américaine Kerri Walsh Jennings et la tireuse à la carabine ­malaisienne Nur Suryani Mohamed Taibi ? Toutes deux étaient enceintes lors de leur participation aux Jeux olympiques de Londres en 2012. La première, qui y a gagné sa troisième médaille d’or, avait entamé sa grossesse cinq semaines plus tôt. La seconde restera dans les annales de ces Jeux, pas tant pour ses performances sportives (elle n’a même pas atteint la finale), mais comme l’une des athlètes les plus avancées dans sa grossesse lors d’une telle compétition : 8 mois.
La participation de femmes enceintes à des événements sportifs majeurs n’est pas exceptionnelle. Au moins 17 cas sont connus, rien que dans le cadre des Jeux olympiques, selon un éditorial publié en 2015 dans la revue British Journal of Sports Medicine.
Mais, si la question de la pratique intensive d’un sport pendant cette période de la vie est délicate, celle d’une activité physique modérée est beaucoup plus simple et plus universelle. Depuis cinquante ans, de nombreuses études scientifiques ont établi son innocuité et ses bienfaits pour la future mère et son enfant, et bien des pays ont établi des recommandations.
Moins de recours aux césariennes
De fait, l’inactivité physique, qui est fréquente pendant la grossesse, « favorise des complications prénatales comme une fatigue accrue, un gain de poids excessif, ainsi qu’un risque augmenté de diabète gestationnel et d’hypertension, soulignent Gautier Filhol et ses collègues dans la revue Gynécologie obstétrique et fertilité. A l’inverse, l’activité physique diminue les sensations de fatigue et d’essoufflement, permet un meilleur maintien postural et prévient l’apparition de complications. »
Trente minutes d’activité physique (AP) quotidienne améliorent la condition physique respiratoire, musculaire et cardiaque de...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Les agences d’expertise officielles sont prisonnières d’une économie de la connaissance façonnée par les firmes agrochimiques, explique David Demortain, sociologue à l’INRA, dans une tribune au « Monde ».
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Glyphosate : « L’expertise scientifique n’a pas été décisive »

Les agences d’expertise officielles sont prisonnières d’une économie de la connaissance façonnée par les firmes agrochimiques, explique David Demortain, sociologue à l’INRA, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    06.02.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 14h42
    |

David Demortain (Sociologue à l’INRA, au sein du Laboratoire Interdisciplinaire Sciences Innovations Sociétés)







                        



                                


                            
Tribune. La saga sur la réautorisation du glyphosate, principe actif de nombreux désherbants, s’est terminée en novembre 2017 de la plus imprévue des manières. Le revirement de deux Etats membres a permis d’avaliser la proposition de la Commission de réautoriser pour cinq ans le pesticide le plus utilisé au monde.
La fin de la saga est inattendue parce que l’affaire du glyphosate s’était nouée depuis 2015 sur le terrain de l’évaluation de la toxicité de la substance, et notamment de son caractère cancérogène – probable, selon le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Mais elle ne s’est pas dénouée sur ce terrain scientifique.
Comme on le sait, les agences du circuit d’expertise officielle, European Food Safety Authority (EFSA) et European Chemicals Agency (ECHA), n’ont pas abondé dans le sens du CIRC, ce qui leur a valu leur lot d’accusations de complaisance vis-à-vis des données des fabricants de Roundup. C’est ce que les députés européens veulent ­tirer au clair : ils viennent de créer une commission spéciale sur le rôle des agences européennes et les failles ­potentielles dans l’évaluation scientifique des pesticides.

L’avis des agences n’a pourtant pas emporté la décision de la Commission européenne et des Etats membres. Les durées d’autorisation proposées par la Commission (quinze ans, puis dix, puis cinq) n’ont rien à voir avec une mesure de la toxicité du produit ou sa durée de persistance dans les sols. Aucune étude scientifique décisive n’a motivé le changement de position de la Pologne ou de l’Allemagne – plus liée, semble-t-il, au rachat de Monsanto par Bayer qu’à un calcul de risque cancérogène. La contre-expertise de l’avis du CIRC par les agences ne semble pas non plus avoir empêché les gouvernements ­opposés à la réautorisation du glyphosate de continuer à penser que le produit était plus néfaste que bénéfique.
« Contre toute attente, l’expertise scientifique n’a pas été décisive dans...



                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le docteur Pierre Micheletti déplore que la ministre de la santé, Agnès Buzyn, ne prenne pas davantage conscience de l’essoufflement de cette spécialité.
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« La psychiatrie publique est en état de grande fragilité »

Dans une tribune au « Monde », le docteur Pierre Micheletti déplore que la ministre de la santé, Agnès Buzyn, ne prenne pas davantage conscience de l’essoufflement de cette spécialité.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 11h40
    |

Pierre Micheletti (Médecin)







                        



                                


                            

Tribune. La ministre de la santé, Agnès Buzyn, vient d’annoncer la suppression du Conseil national de la santé mentale (CNSM), lui substituant un comité stratégique qu’elle réunira une fois pas an. Mme Buzyn, dans ses propositions, attribue à la psychiatrie hospitalière un rôle largement prépondérant qui remet en cause l’approche décloisonnée du CNSM.
Pourtant, la psychiatrie publique est en état de grande fragilité, comme l’illustrent la difficulté notoire à pourvoir des postes pourtant budgétés (25 % des postes sont vacants, ou octroyés à des médecins non statutaires, selon les données 2010) ainsi que la grogne sociale actuelle des médecins comme de l’ensemble des professionnels du secteur.

Pour comprendre les racines du problème, il est utile de rappeler les particularismes de la psychiatrie hospitalière depuis les ordonnances de 1960. Ces textes, instaurant la sectorisation, ont abouti à répartir les ressources et les professionnels entre des activités intra-hospitalières et un maillage de différentes structures extra-hospitalières (centres médico-psychologiques, hôpitaux de jour…). Ces structures périphériques délivrent la grande majorité des soins en psychiatrie générale adulte et la quasi-totalité en psychiatrie générale infanto-juvénile.
C’est dire l’importance acquise par les dispositifs « hors les murs », car, sur bien des territoires ruraux isolés ou périurbains défavorisés, l’offre de soins libérale est absente.
Sectorisation
Mais la France de 2018 n’est pas celle de 1960. De plus, la sectorisation s’est mise en place sans véritables outils d’aménagement du territoire. Le découpage géographique avait consisté à répartir les moyens de l’époque sur des critères simples : un secteur « adultes » pour 70 000 habitants, un secteur de « psychiatrie infanto-juvénile » pour 150 000 enfants. En raison de l’absence d’outils satisfaisants pour suivre les évolutions et décider des nécessaires adaptations,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Cette étrange substance qui fleure bon la science-fiction est comme une sœur jumelle de la matière. Une sorte de monde inversé.
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Au CERN, près de Genève, des expériences pour mieux comprendre l’antimatière

Cette étrange substance qui fleure bon la science-fiction est comme une sœur jumelle de la matière. Une sorte de monde inversé.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 20h50
    |

            David Larousserie (Meyrin (Suisse), envoyé spécial)








                        



                                


                            
En ce matin du mois de janvier, la brume humide a du mal à se lever sur Genève et sur le célèbre CERN, l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire. Les bâtiments grisâtres, plus longs que hauts, se succèdent, repérables par de simples numéros. Un long cylindre bleu, posé au ras du sol, rappelle le slogan du laboratoire, « l’accélérateur de science ». C’est une pièce identique à celles constituant une partie du célèbre accélérateur de particules qui a permis la découverte du boson de Higgs, une pièce manquante au puzzle de la physique en 2012. Et le CERN a bien l’intention de continuer d’accélérer la connaissance en 2018 dans un autre domaine.
Ce dernier s’épanouit dans un bâtiment qui se ­dévoile, après un virage. Telle une publicité, un grand panneau bleu fend le brouillard : « Antimatter factory ». L’usine à antimatière du CERN est devant nous.
Antimatière ? Cette étrange substance qui fleure bon la science-fiction est comme une sœur jumelle de la matière. Une sorte de monde inversé : même masse, mais une charge électrique opposée. Il existe ainsi des antiélectrons (appelés aussi positrons), des antiprotons (les protons constituent le cœur des noyaux atomiques) ou des antineutrons (dont les constituants internes, les antiquarks, portent une charge opposée à celle des quarks du neutron)… Mais gare aux réunions de famille ! La rencontre entre une antiparticule et une particule est destructrice : les deux membres s’annihilent en émettant un grain de lumière, ou photon, très énergétique. Malgré ce risque, c’est entre les murs de cette usine que, depuis 1995, les physiciens forgent avec succès cette antimatière pour en percer les secrets.

Et c’est dans ces murs, aussi, que la physique vire à la métaphysique. « Pourquoi on existe ? », s’interroge ainsi Chloé Malbrunot, chercheuse du CERN dans cette usine. Elle pose là une des questions les plus fondamentales sur nos origines. Au commencement de l’Univers, il y a 14 milliards...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Positrons ou antiprotons sont utilisés pour sonder les matériaux et y trouver de microscopiques défauts.
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L’antimatière, un outil pour percer la matière

Positrons ou antiprotons sont utilisés pour sonder les matériaux et y trouver de microscopiques défauts.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 17h39
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            
Disparue de l’Univers depuis 14 milliards d’années, l’antimatière, recréée par l’homme, pourrait bien servir à quelque chose sur Terre. En fait, c’est déjà indirectement le cas. Dans les examens par TEP scan ­(tomographie par émission de positrons), le P, pour « positron », signe la ­présence d’antimatière. Un marqueur ­radioactif est introduit dans l’organisme pour cibler une tumeur. Celui-ci, en se ­désintégrant, émet un antiélectron qui, rencontrant rapidement de la matière, s’annihile en émettant un photon lumineux repéré par les détecteurs autour du corps. La tumeur est localisée.
C’est un peu le même principe, mais pour des usages moins grand public, que visent une start-up issue du CEA et un projet européen du conseil européen de la recherche.
Posithôt, entreprise née fin 2015, utilise des positrons pour sonder la matière et y trouver de microscopiques défauts, comme des atomes manquants. « Ce peut être dans des matériaux semi-conducteurs pour l’industrie de la microélectronique, des cellules photovoltaïques, des ­catalyseurs poreux, des pièces aéronautiques… », décrit Jean-Michel Rey, son fondateur, ancien du CEA. Les positrons ­pénètrent dans le matériau, sont repoussés par les électrons, mais s’annihilent dès qu’il y en a moins ; preuve d’un ­défaut dans la structure. L’instrument est sensible à un atome près.
Mille fois plus de positrons
La source de positrons est la même que celle utilisée par GBAR, une des six expériences d’antimatière du CERN, à Meyrin, près de Genève. Cela permet d’avoir mille fois plus de positrons que par la méthode de leurs concurrents qui utilisent de la matière radioactive. L’entreprise espère un premier client cette année et, en attendant, facture des prestations de service pour des mesures dans son laboratoire. « Notre technique pourrait aider à mieux comprendre le vieillissement de certaines pièces et donc à prévoir dans combien de temps un défaut rédhibitoire apparaîtrait », explique Jean-Michel...




                        

                        


<article-nb="2018/02/06/19-8">
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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Installées tous les dix mètres, les ruches forment une barrière que les éléphants ne franchissent pas. Une solution étudiée par une équipe d’Oxford, qui permet de les tenir à l’écart des zones où ils seraient en danger.
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Les abeilles volent au secours des éléphants

Installées tous les dix mètres, les ruches forment une barrière que les éléphants ne franchissent pas. Une solution étudiée par une équipe d’Oxford, qui permet de les tenir à l’écart des zones où ils seraient en danger.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 12h08
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 06h43
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            

L’éléphant a peur des souris, c’est bien connu. Mais pas seulement : présentez-lui quelques vulgaires abeilles, et le voilà qui tremble, tape des pattes, barrit, secoue la tête et les oreilles, s’asperge de poussière avec la trompe… Sensible, l’animal ? Pas sur sa peau, trop épaisse pour percevoir la piqûre de l’insecte. Mais sur la trompe, les oreilles ou la bouche, l’attaque ciblée d’un essaim d’abeilles fait mouche.
Depuis plusieurs années, les organisations de protection de la nature tentent de détourner cette peur ancestrale au profit de l’animal. Menacé en Afrique par le braconnage et la réduction de son habitat, le géant de la savane subit aussi la colère des fermiers, dont il détruit régulièrement les plantations. Astucieux et puissant, amateur de fruits comme de légumes, il se joue des clôtures pour faire ripaille. Convaincu de son bon droit, le fermier tire et souvent tue.
En Afrique, plusieurs associations, encadrées par des biologistes, ont donc proposé d’installer, tous les dix mètres, des ruches en guise de barrières. L’éléphant a enregistré la menace : selon les études de suivi conduites par Lucy King, de l’université d’Oxford, 80 % des individus se tiendraient à l’écart des champs protégés. Le fermier y trouve aussi son intérêt. Non seulement il ne risque plus de violer la loi en tuant un animal protégé, mais il dispose de pollinisateurs pour ses cultures et peut vendre le miel récolté.

Seulement, l’éléphant d’Afrique dispose d’un cousin en Asie. Moins majestueux, affublé d’un dos rond et de petites oreilles, Elephas maximus n’exerce pas le même pouvoir de fascination. Ni les mêmes efforts de protection. Résultat : ses trois sous-espèces sont classées « en danger », celle de Sumatra étant même au bord de l’extinction.
Un animal « particulièrement malin »
Lucy King et ses collègues ont voulu savoir si les méthodes africaines pouvaient s’appliquer en Asie. Selon une étude publiée dans Current Biology,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Le lanceur doit décoller mardi de Cap Canaveral en Floride. Principale ambition de la société d’Elon Musk : la conquête spatiale, avec Mars en ligne de mire.
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Article sélectionné dans La Matinale du 05/02/2018
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SpaceX s’apprête à lancer la Falcon Heavy, sa fusée ultrapuissante

Le lanceur doit décoller mardi de Cap Canaveral en Floride. Principale ambition de la société d’Elon Musk : la conquête spatiale, avec Mars en ligne de mire.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 11h45
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 07h29
    |

            Dominique Gallois








                        



                                


                            

« La destination est l’orbite de Mars, la voiture restera dans l’espace lointain un milliard d’années, si elle n’explose pas pendant le lancement. » Mardi 6 février, deux mois après la publication de ce tweet surprenant, Elon Musk devait être fixé sur le sort de son cabriolet Tesla rouge cerise. Ce jour-là, si le calendrier est respecté, devait décoller de Cap Canaveral, en Floride, la Falcon Heavy, présentée comme la fusée la plus puissante du monde depuis le dernier vol, voici quarante-cinq ans, de Saturne V, le lanceur des missions Apollo.
Pour ce vol d’essai, la fusée n’emporte pas de satellites pour un client particulier, mais la voiture électrique du milliardaire américain, au son de Space Oddity, la chanson de David Bowie. Un vol privé en quelque sorte, puisque tant Tesla que SpaceX, qui fabrique le lanceur, ont été fondées par Elon Musk. Celui qui, pendant des années, avait été regardé avec condescendance par le monde spatial est devenu, en cinq ans, incontournable. Avec des financements publics venant de la NASA et du département américain de la défense, sa firme privée a pu développer un lanceur Falcon 9 et casser les prix des mises en orbite de satellites de télécommunications. Sa fusée s’est ainsi substituée au russe Proton dans le duopole formé avec Ariane sur le marché commercial des lanceurs. L’un comme l’autre se disputent la première place mondiale.

Mais l’ambition d’Elon Musk est avant tout la conquête spatiale, et surtout l’installation sur Mars. D’où sa volonté de concevoir des fusées plus puissantes. Pour cela, la Falcon Heavy dispose d’une capacité double de celle du plus gros lanceur actuel, le Delta IV américain de Boeing et Lockheed Martin.
« Une puissance phénoménale, mais pour quoi faire ? »
Dotée de vingt-sept moteurs Merlin, elle pourra propulser en orbite « plus de 54 tonnes, soit une masse équivalente à un Boeing 737 chargé de ses passagers, équipage, bagages et carburant »,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Un nouveau relevé numérique de la cavité est en cours pour étudier et restituer au public une merveille décorée par l’homme il y a 30 000 ans.
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La grotte Cosquer, immergée près des calanques de Marseille, refait surface grâce à la 3D

Un nouveau relevé numérique de la cavité est en cours pour étudier et restituer au public une merveille décorée par l’homme il y a 30 000 ans.



Le Monde
 |    04.02.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 06h42
    |

                            Pedro Lima








                        



                                


                            

Depuis le mois de septembre 2017, par mer calme, un ballet aquatique insolite se déroule au large du cap Morgiou, dans le parc national des Calanques, au sud de Marseille. Partis de bon matin du petit port de la Pointe-Rouge, à huit milles marins de là (15 km), des plongeurs lourdement équipés se glissent dans les eaux froides et bleues de la Méditerranée, au pied des falaises d’un blanc immaculé. Ils ne referont surface qu’en fin d’après-midi, après six heures passées hors du temps, dans le silence d’une grotte ornée il y a 30 000 ans. L’objectif de ces journées de travail éprouvantes, une vingtaine au total entre septembre et décembre 2017, est de réaliser un relevé tridimensionnel de haute précision de la grotte Cosquer, qui s’ouvre sous le ­niveau de la mer, à des fins de conservation, de recherche et de partage avec le public.
Il y a urgence, car la lente et inexorable montée du niveau de la mer (2,5 mm par an dans le massif des Calanques) menace d’engloutir les œuvres d’art parvenues miraculeusement jusqu’à nous. Visitée à partir de 1985 par le plongeur Henri ­Cosquer, la grotte ornée sera déclarée aux autorités en 1991. La cavité recèle 500 figures gravées et peintes, dont certaines représentations d’animaux marins (pingouins, phoques et poissons) uniques dans tout l’art pariétal.
Du temps de son ornementation par des groupes de chasseurs-cueilleurs paléolithiques, lors du maximum glaciaire, la Méditerranée se situait 115 mètres plus bas qu’actuellement, et le rivage cinq kilomètres plus loin. Mais, à la fin de la ­dernière glaciation, il y a environ 9 000 ans, la ­remontée du niveau de la mer a englouti l’entrée originelle du site et ennoyé une grande partie du réseau souterrain… avant de s’interrompre et d’épargner une partie du décor orné.
Plongée à 37 mètres de profondeur
Pour atteindre aujourd’hui le sanctuaire sous-marin, les spécialistes chargés du relevé 3D plongent tout d’abord à 37 mètres de profondeur, le long de la falaise...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ La NASA vient de diffuser une spectaculaire vidéo panoramique du cratère Gale vu du flanc du mont Sharp, sur lequel progresse le rover martien.
<filname="PROF-env_sciences-11"> ¤ 
<article-nb="2018/02/06/19-12">
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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la conseillère Agathe Cagé rappelle qu’en matière d’éducation que d’économie, des intellectuels ont fait des propositions concrètes et peu contestables. Mais, dans le meilleur des cas, il a fallu dix ans pour qu’elles voient le jour.
<filname="PROF-env_sciences-12"> ¤                     
                                                   
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Agathe Cagé : « L’idylle entre intellectuels et politiques est moins que jamais d’actualité »

Dans une tribune au « Monde », la conseillère Agathe Cagé rappelle qu’en matière d’éducation que d’économie, des intellectuels ont fait des propositions concrètes et peu contestables. Mais, dans le meilleur des cas, il a fallu dix ans pour qu’elles voient le jour.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 06h15
    |

Agathe Cagé (Docteure en sciences politiques)







                        



                                


                            
Tribune. La France, championne du monde de la rapidité ? Certainement pas dans le domaine de la mise en pratique politique des bonnes idées. L’action publique française se construit le plus souvent en laissant à distance l’apport potentiel énorme que constitue la recherche en sciences humaines et sociales. Quelques intellectuels vivant de leur exposition médiatique mis à part, cela fait bien longtemps que les universitaires ne courent plus les dîners donnés sous les ors de la République, ministre(s) ou pas à table. Et il est de bon ton pour la plupart de nos hommes politiques, dans ledit « nouveau monde » comme dans l’ancien, d’exprimer leur distance avec les chercheurs.
Situation paradoxale alors que les oppositions doivent affronter le défi de leur reconstruction idéologique
Si idylle il y a eu en France entre intellectuels et politiques, elle est moins que jamais d’actualité. Situation paradoxale alors que les oppositions de droite comme de gauche doivent, depuis mai dernier, affronter le défi de leur reconstruction idéologique avant de pouvoir espérer de futures victoires électorales, et que le gouvernement a fait d’un ministre de l’éducation, grand chantre des neurosciences, sa principale figure médiatique. Mais la France n’est pas à un paradoxe près. Au prix toutefois ici d’importants rendez-vous de progrès économiques et sociaux manqués.
On pourrait croire l’éducation de nos enfants, au regard de son importance fondamentale, préservée de tant d’inconstances. Il n’en est rien. Afin de favoriser la méritocratie scolaire partout sur le territoire, l’historien Patrick Weil a proposé dès avril 2005, dans l’ouvrage La République et sa diversité, l’idée d’un droit d’accès aux classes préparatoires, aux grandes écoles et aux établissements sélectifs pour les meilleurs élèves de chaque lycée, sur le modèle d’une initiative similaire mise en place avec succès au Texas.
Se lançant dans un lobbying intense, il a obtenu...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Les cancérologues Fabien Calvo et Dominique Maraninchi reviennent sur le bilan des quinze dernières années de lutte contre le cancer en France.
<filname="PROF-env_sciences-13"> ¤                     
                                                   
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Cancers : « L’objectif à l’horizon 2030, c’est 70 % à 80 % de guérisons »

Les cancérologues Fabien Calvo et Dominique Maraninchi reviennent sur le bilan des quinze dernières années de lutte contre le cancer en France.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 17h23
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 20h10
    |

            Paul Benkimoun








                        



                                


                            
« Quinze ans de recherches sur le cancer en France ». Ainsi s’intitule un rapport en forme de bilan réalisé à la demande de l’Institut national du cancer (INCa), mis en ligne vendredi 2 février, deux jours avant la Journée mondiale de lutte contre le cancer. Ses deux auteurs, le Pr Fabien Calvo, directeur scientifique du consortium Cancer Core (Institut Gustave-Roussy, Villejuif) et ancien directeur scientifique de l’INCa, et le Pr Dominique Maraninchi (Institut Paoli-Calmettes, Marseille), ancien président de l’INCa, reviennent pour Le Monde sur l’état de la lutte contre le cancer et les défis à relever.
Comment a évolué la situation du cancer en France depuis le début des années 2000 ?
Fabien Calvo : L’incidence du cancer s’est stabilisée plus ou moins en plateau pour les hommes et à un moindre degré pour les femmes [400 000 nouveaux cas de cancer au total en 2017]. La mortalité [150 000 décès] a connu une réduction majeure par rapport à 1980 si l’on tient compte de l’accroissement de la population et de son vieillissement, avec une diminution plus rapide chez les hommes. Du fait des facteurs démographiques, l’incidence devrait rester stable et nous pouvons espérer voir une diminution de la mortalité.

Dominique Maraninchi : L’accroissement de la survie à cinq ans après le diagnostic d’un cancer reflète bien cette évolution. Elle était de 30 % en 1970 et de 50 % en 2000. Les projections pour 2030 la situent aux environs de 70 % à 80 %. Nous vivons une période révolutionnaire avec un changement de l’image de la maladie, de sa compréhension scientifique, mais c’est aussi une révolution sociétale. Les choses ont bougé ces vingt dernières années, à l’instar du VIH-sida, où le courage politique, l’intervention sur tous les aspects liés à la maladie et l’organisation des soins en fonction des patients l’ont permis.

FC :...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Des scientifiques ont réussi à faire imiter des mots à une orque du Marineland d’Antibes, selon des recherches publiées en janvier. L’expérience illustre la capacité d’adaptation et d’imitation des orques.
<filname="PROF-env_sciences-14"> ¤ 
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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Dès ses débuts, la théorie économique a réfléchi aux conditions et aux limites de l’exploitation des ressources naturelles. Des enseignements aujourd’hui très précieux pour penser la question climatique, estime Antoine Missemer, du CNRS, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-env_sciences-15"> ¤                     
                                                   
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« La recherche économique a tout à gagner à explorer le passé »

Dès ses débuts, la théorie économique a réfléchi aux conditions et aux limites de l’exploitation des ressources naturelles. Des enseignements aujourd’hui très précieux pour penser la question climatique, estime Antoine Missemer, du CNRS, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    02.02.2018 à 15h17
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 15h49
    |

Antoine Missemer (Economiste au CNRS)







                        



                                


                            

Tribune. Que la science économique ne soit pas une science exacte, beaucoup en conviennent. Qu’elle ait besoin de s’ouvrir aux autres disciplines, en particulier aux autres sciences sociales, de plus en plus l’admettent et œuvrent en ce sens. Que l’histoire ait toute sa place dans ce dialogue interdisciplinaire, c’est là un défi important. Certes, le temps long nourrit des travaux majeurs, comme ceux de Thomas Piketty sur les inégalités.
Mais beaucoup restent enclins à considérer que les expériences passées sont d’un intérêt heuristique modeste : d’une part, les théories contemporaines tiendraient compte des erreurs du passé ; d’autre part, les expériences d’hier ne nous diraient pas grand-chose sur les problèmes inédits d’aujourd’hui.
Le premier argument suppose un savoir économique cumulatif, ce qui est contestable lorsque l’on connaît les aléas tumultueux de l’histoire de la discipline. Sur le deuxième argument, beaucoup de défis contemporains, comme l’essor des nouvelles technologies ou le changement climatique, ont les traits d’enjeux nouveaux. L’histoire ne mérite pourtant pas d’être mise au ban, même sur ces sujets a priori sans précédent.
Pic charbonnier
L’exemple du développement durable est significatif. Les historiens de l’environnement ont montré combien les questions de pollution et de transition énergétique ont été importantes par le passé. Les discours économiques sur ces sujets sont eux-mêmes anciens et méritent une attention renouvelée dans le ­contexte contemporain.
Lorsque l’économiste britannique William Stanley Jevons (1835-1882) s’est intéressé au risque de pic charbonnier, il a contribué à autonomiser le discours des économistes vis-à-vis de l’expertise des ingénieurs et des géo­logues. Cette émancipation continue aujourd’hui de produire des malentendus. Les uns, les économistes, confient toujours au signal prix le rôle d’indicateur de rareté ; les autres, issus des sciences de la Terre, soulignent...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Au menu : les arbres transpirent sous la canicule, la part du hasard dans les découvertes scientifiques, l’orque qui imite la voix humaine, etc.
<filname="PROF-env_sciences-16"> ¤ 
<article-nb="2018/02/06/19-17">
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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Des oncologues japonais décrivent le cas d’un patient qui, en l’espace de six ans, a développé plusieurs cancers, dont sept de l’appareil digestif. Dont il a guéri.
<filname="PROF-env_sciences-17"> ¤ 
<article-nb="2018/02/06/19-18">
<filnamedate="20180206"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180206"><AAMMJJHH="2018020619">
<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ Humanity Star, gigantesque boule à facettes mise en orbite le 21 janvier, est un « projet humaniste », selon la start-up aérospatiale Rocket Lab. Une aberration, selon la communauté scientifique.
<filname="PROF-env_sciences-18"> ¤                


Article sélectionné dans La Matinale du 01/02/2018
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Une boule polluante dans l’espace


                      Humanity Star, gigantesque boule à facettes mise en orbite le 21 janvier, est un « projet humaniste », selon la start-up aérospatiale Rocket Lab. Une aberration, selon la communauté scientifique.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 10h41
    |

                            Isabelle Dellerba (Sydney, correspondance)








                              

                        
« Gadget à la con », « déchet spatial », « acte de vandalisme environnemental », le drôle de cadeau offert à l’humanité par Peter Beck, PDG et fondateur de l’entreprise aérospatiale Rocket Lab, a provoqué un « bad buzz » international. Le 21 janvier, la start-up américano-néozélandaise a mis en orbite un satellite surprise : une boule à facettes géante.

Cette sphère disco kitsch d’un mètre de diamètre, dotée de soixante-cinq panneaux réfléchissants, tourne désormais sur elle-même et autour de la planète à une vitesse vingt-sept fois supérieure à celle du son. Baptisée Humanity Star et présentée comme un projet humaniste visant à tracer un trait d’union entre tous les hommes, elle a été conçue pour devenir l’un des objets les plus lumineux de la voûte céleste afin d’être visible par tous.
Ce satellite incongru a surtout offert une visibilité mondiale à l’entreprise qui, en polluant inutilement un espace déjà très encombré, n’en finit pas depuis de susciter l’ire de la communauté scientifique, vent debout contre un précédent déplorable dans une industrie en pleine évolution.
L’espace devient commercialement accessible
Car, derrière ce gadget, se cache un exploit technologique qui inaugure une nouvelle ère de la conquête spatiale : celle où des opérateurs privés, dotés de fonds très inférieurs à ceux qui étaient jusqu’à présent nécessaires, s’invitent dans le juteux business du lancement des microsatellites et rendent l’espace commercialement accessible.
Rocket Lab, fondé en 2006, a en effet été le premier Petit Poucet du secteur à parvenir, en à peine quelques années, à produire de toutes pièces et sans aucun financement public une fusée low cost (construite entièrement en carbone composite, propulsée par des moteurs imprimés en 3D, reproductible à l’infini) et à l’envoyer dans l’espace depuis un pas de tir privé situé dans le nord-est de la Nouvelle-Zélande, en mai 2017. Elle a en outre réussi la prouesse d’expédier...




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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ Proche, grosse, et « sanguine » : une éclipse lunaire totale particulièrement rare par sa taille offrait mercredi un spectacle impressionnant et visible d’une bonne partie du globe.
<filname="PROF-env_sciences-19"> ¤ 
<article-nb="2018/02/06/19-20">
<filnamedate="20180206"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180206"><AAMMJJHH="2018020619">
<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ L’hygiène n’est pas un ensemble de gestes rituels ou obsessionnels, mais une partie de la médecine qui nécessite de la connaissance et de la réflexion, explique dans une tribune au « Monde » le médecin infectiologue et hygiéniste.
<filname="PROF-env_sciences-20"> ¤                     
                                                   
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Stéphane Gayet: « Il faut retrouver le sens de l’hygiène »

L’hygiène n’est pas un ensemble de gestes rituels ou obsessionnels, mais une partie de la médecine qui nécessite de la connaissance et de la réflexion, explique dans une tribune au « Monde » le médecin infectiologue et hygiéniste.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 13h38
    |

Stéphane Gayet (Médecin infectiologue et hygiéniste, Hôpitaux universitaires de Strasbourg)







                        



                                


                            
Tribune. Le terme « hygiène » est aujourd’hui dévoyé, car mal compris. Son mésusage actuel est à l’origine d’un fourvoiement langagier et d’erreurs comportementales préjudiciables.
Le mot « hygiène » provient d’un terme grec signifiant « sain », « bien portant ». L’hygiène est la partie de la médecine qui vise à conserver et à améliorer la santé. Dans la mythologie gréco-romaine, Hygie est la déesse de la santé, fille d’Esculape, dieu de la médecine.
On peut affirmer que toute mesure que l’on appelle en langage courant « hygiène » et qui ne concourt pas à notre santé ne relève pas de l’hygiène, mais d’autre chose qu’il faut appeler par son nom. Il existe en réalité plusieurs hygiènes : alimentaire, sexuelle, mentale…
Eviter les infections
Quand le mot « hygiène » est employé sans adjectif, il signifie généralement hygiène microbienne. C’est un ensemble de mesures visant à éviter les infections. L’hygiène, ainsi, intervient principalement en faisant obstacle à la contamination microbienne – c’est-à-dire à l’apport de bactéries ou de virus – et a pour objectif d’en écarter le danger.
Prenons deux exemples. Lorsque nous nous trouvons face à une personne malade de la grippe et qui tousse, nous sommes en présence d’un danger. Une mesure d’hygiène utile consiste à s’écarter à plus d’un mètre cinquante. Une autre, concernant la personne malade, à porter un masque antiprojection ou à défaut à mettre sa main devant sa bouche en toussant.
En période d’épidémie de gastro-entérite virale, après avoir serré la main d’une personne, il faut avoir conscience que notre main peut être contaminée par le virus pathogène circulant. Une mesure d’hygiène efficace consiste à se laver ou à se désinfecter les mains avant de toucher notre bouche ou tout élément susceptible d’entrer en contact avec elle (c’est simple en théorie, mais, en pratique, cela demandeun effort).
Se laver les mains à longueur de journée n’est pas de l’hygiène ;...



                        

                        

