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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Les magistrats critiquent particulièrement le Conseil national des activités privées de sécurité, l’autorité chargée notamment d’autoriser les agents à exercer
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La régulation du secteur de la sécurité privée étrillée par la Cour des comptes

Les magistrats critiquent particulièrement le Conseil national des activités privées de sécurité, l’autorité chargée notamment d’autoriser les agents à exercer



Le Monde
 |    06.02.2018 à 17h49
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 18h41
    |

            Julia Pascual








                        


C’est un coup de semonce que la Cour des comptes adresse au secteur de la sécurité privée. Alors que l’Etat confère à ces entreprises toujours plus de missions et étend progressivement les pouvoirs de leurs agents, l’institution critique l’absence de pilotage de cette dynamique et s’alarme de la régulation « lacunaire » du secteur face à des risques patents en matière de moralité et de fraude. Dans son rapport annuel, qui doit être rendu public mercredi 7 février, elle tire à boulets rouges sur le Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS), autorité de régulation qui n’est « pas à la hauteur des attentes ».
Le secteur de la sécurité privée jouit d’une croissance forte mais demeure éclaté en une myriade de sociétés peu rentables se livrant une « concurrence sévère ». Celles-ci pratiquent notamment un dumping social grâce à une variable d’ajustement : une main-d’œuvre « volatile, très peu qualifiée et mal rémunérée ». Pourtant, l’Etat n’a eu de cesse de déléguer des missions au privé comme la surveillance de bâtiments publics.
En dix ans, près de 600 équivalents temps plein ont ainsi été externalisés. Lundi 5 février, lors des 5es Assises de la sécurité privée, le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, a réitéré son souhait de poursuivre ce mouvement, citant l’exemple de la loi du 30 octobre 2017 renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme, qui donne aux agents de sécurité des pouvoirs de palpation et de fouilles lors d’événements sportifs ou culturels.
Doutes sur la fiabilité des enquêtes administratives
Pour la Cour des comptes, ce mouvement nécessite la mise en place urgente d’une « doctrine d’emploi ». « Il est aussi de [l]a responsabilité [de l’Etat], en tant qu’acheteur, d’être vigilant sur la qualité des prestations demandées en ne retenant pas le prix comme seul critère d’attribution des marchés publics », écrit la Cour, alors que la commande publique pèse pour un quart du chiffre d’affaires du secteur.
C’est surtout le CNAPS qui reçoit un carton rouge. Mis en place en 2011 et doté d’un pouvoir de police administrative, il est peu investi par l’Etat malgré son statut d’établissement public. « La préfète désignée en 2015 comme personnalité qualifiée n’a jamais siégé, et la présence de certains représentants de l’Etat [au Collège], peu concernés par les missions du CNAPS, manque de régularité », tance la Cour. Ses inquiétudes portent en particulier sur la principale mission du CNAPS de délivrance des cartes professionnelles permettant aux agents du privé d’exercer. Plus de neuf demandes sur dix sont satisfaites, remarque la Cour, qui doute de la fiabilité des enquêtes administratives diligentées au préalable.
L’aptitude professionnelle des demandeurs de la carte ne lui apparaît pas suffisamment enquêtée – malgré des risques de fraude avérés dans le secteur de la formation. La Cour critique en particulier une « appréciation trop indulgente de la moralité » des demandeurs. Des antécédents judiciaires tels que la conduite sans permis, la détention de cannabis, les violences conjugales, l’outrage à personne dépositaire de l’autorité publique ou encore l’escroquerie sont admis.
La Cour a ainsi relevé qu’une personne avait obtenu une carte malgré 31 mentions à son casier dont des faits de violences, d’agression sexuelle ou encore un délit de fuite. Elle s’alarme aussi des risques de fraude pesant sur les agents du CNAPS : en 2017, l’un d’eux aurait ainsi modifié contre rémunération des extractions de fichiers de police d’antécédents judiciaires. Dans sa réponse à la Cour, le CNAPS précise qu’il s’agit d’un cas « unique » parmi les 384 agents recrutés depuis 2012.
« Manquements déontologiques »
Pour compléter la sévérité de son constat, la Cour regrette le faible pouvoir disciplinaire du CNAPS, notamment parce qu’il ne s’applique pas aux entreprises et aux administrations qui passent des marchés avec les sociétés de sécurité privée et qui parfois incitent à des pratiques frauduleuses.
Quant aux prestataires sanctionnés, un tiers des entreprises interdites temporairement d’exercer « poursuivaient leur activité » en 2017 (ce qui pourrait changer, compte tenu de la mise en place d’une incrimination pénale en cas de non-respect de l’interdiction). Et moins d’un tiers des sanctions financières infligées entre 2012 et 2016 ont été recouvertes. En cas de manquement grave relevé, les signalements au parquet demeurent quasi nuls. C’est un « obstacle majeur à [l’]assainissement [du secteur] », assène la Cour.

        Lire aussi :
         

                Le port d’arme par des agents de sécurité privée encadré par la loi



Les magistrats critiquent enfin « les manquements déontologiques » des commissions disciplinaires du CNAPS, dans lesquelles siègent des représentants du secteur, même en cas de conflit d’intérêts avec les personnes mises en cause. « Trois contrôleurs du CNAPS ont fait l’objet d’un avertissement pour avoir diligenté un contrôle dans un centre de formation (…) afin de régler un différend personnel », s’alarment les magistrats qui, à l’issue de leur rapport, considèrent nécessaire de mener une « réflexion » sur l’avenir du CNAPS.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Le juriste Dominique Schmidt, dans une tribune au « Monde », émet des doutes sur la faisabilité juridique d’une prise en compte de « l’intérêt général » dans le statut des sociétés, où les parties prenantes poursuivent des buts divergents.
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Entreprises : « Comment trancher en faveur de l’intérêt commun ? »

Le juriste Dominique Schmidt, dans une tribune au « Monde », émet des doutes sur la faisabilité juridique d’une prise en compte de « l’intérêt général » dans le statut des sociétés, où les parties prenantes poursuivent des buts divergents.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 17h16
    |

Dominique Schmidt (Agrégé des facultés de droit et avocat au barreau de Paris)







                        



                                


                            

Tribune. Les prises de position sur la réforme de « l’objet social » des sociétés gérant une entreprise se sont multipliées. Certaines avancent que les sociétés sont gérées en vue de la maximisation du profit à court terme partagé entre les actionnaires, et demandent que l’entreprise ait désormais pour finalité l’intérêt commun des parties prenant part à son développement ainsi que l’intérêt général, dont la réponse aux défis environnementaux, le respect des droits humains et la préservation des biens communs.
Or, les sociétés prennent déjà en compte l’intérêt de ces parties ainsi que l’intérêt général, et nombre d’entre elles en rendent compte dans leur rapport annuel de gestion. Mais les réformateurs préconisent d’imposer comme finalité première du gouvernement des sociétés non plus le partage du profit mais la satisfaction de l’intérêt commun des parties prenantes et de l’intérêt général.
Notre propos n’est pas ici de discuter cette préconisation ; il s’attache à dégager les principales questions que la mise en œuvre concrète de cette nouvelle finalité soulèverait.
Première question : existe-t-il un intérêt commun des parties prenantes et un intérêt général ? Cette question doit être examinée de manière factuelle, c’est-à-dire à propos d’une décision stratégique à prendre. Un exemple : les actionnaires veulent fermer un site de production non rentable ; les salariés et les fournisseurs s’y opposent ; les créanciers et les ONG approuvent, les premiers parce qu’ils y voient l’extinction d’un foyer de pertes, les seconds parce qu’ils y voient l’arrêt d’un site polluant. Peut-on fondre ces intérêts partisans en un intérêt commun et général ?
Une réponse à caractère indistinct
Les réformateurs répondent que l’intérêt commun et général réside en la pérennité de l’entreprise gérée dans une optique à long terme, seule à même de promouvoir à la fois son développement et l’intérêt général.
Cette réponse repose sur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Le député Les Républicains du Loir-et-Cher a cité une consultation Internet à la méthodologie douteuse, tout en se trompant dans ses résultats.
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Quand Guillaume Peltier ressort une vieille intox sur « les journalistes tous de gauche »

Le député Les Républicains du Loir-et-Cher a cité une consultation Internet à la méthodologie douteuse, tout en se trompant dans ses résultats.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 15h46
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 16h02
    |

            Samuel Laurent








                        


« Tous de gauche » ou « tous de droite », les journalistes ? La question est sans doute aussi ancienne que la profession, et il n’est pas rare que des politiques reprennent ce vieux cliché pour mieux défendre leurs positions.
C’est ce qu’a fait, mardi 6 février, le député et vice-président des Républicains, Guillaume Peltier, sur RMC, pour justifier son idée d’imposer des « quotas politiques » parmi les journalistes de l’audiovisuel public, c’est-à-dire un certain nombre de journalistes identifiés comme étant « de gauche ou de droite ». A l’appui de son raisonnement, M. Peltier évoque une « étude ». Problème : la méthodologie de celle-ci est douteuse et la conclusion du député n’est pas en phase avec l’étude qu’il cite.
Ce qu’il a dit : 
« Vous savez, il y a eu cette étude au lendemain de l’élection de François Hollande qui démontrait que 96 % des journalistes avaient voté à gauche. »
Pourquoi c’est faux
Guillaume Peltier manque rarement une occasion de s’appuyer sur les clichés prisés d’une partie de son électorat, dont celui-ci : la presse serait, en France, constituée entièrement de « gauchistes ». Pour le prouver, il évoque une « étude » de 2012 qui en aurait fait le constat.
En fait « d’étude », le député fait référence à une « consultation » menée par l’institut Harris Interactive en 2012. « Consultation » plutôt que « sondage », car la méthodologie de cette enquête était des plus surprenantes et empêchait d’utiliser ce second terme.
Une étude à la méthodologie douteuse
Pour mener cette enquête, commandée par la revue Médias, alors dirigée par Robert Ménard (maire apparenté Front national de Béziers) et son épouse, Emmanuelle Duverger (à la tête du site d’extrême droite Boulevard Voltaire), l’institut Harris a en effet eu recours au réseau social Twitter. Deux membres de l’institut y ont partagé un questionnaire à destination des journalistes, auquel 105 membres de la profession ont répondu.
Nul besoin d’être un spécialiste en statistiques pour le savoir : 105 répondants ne constitue pas un panel suffisant pour un sondage, car les « marges d’erreur » (intervalles de confiance en l’espèce) sont bien trop importantes, de l’ordre de dix points.
En outre, un échantillon doit être représentatif pour être pertinent. Or ce n’est pas le cas ici : en 2012, les journalistes étaient loin d’être tous sur Twitter, qui concernait essentiellement les plus jeunes et ceux travaillant sur le Web ou dans la presse « parisienne ». Les journalistes de presse magazine, spécialisée ou régionale, de très loin plus nombreux au sein de la profession, étaient donc très probablement sous-représentés.
52 % de vote à gauche et pas 96 %
Mais même compte tenu des très nombreux biais de cette « consultation », Guillaume Peltier cite un chiffre totalement faux. Voici les résultats de cette étude :

   


En additionnant les voix « de gauche » (Arthaud, Poutou, Mélenchon, Hollande, Joly), on parvient à un total de 52 % et non 96 %. Sachant que 13 % « ne se prononcent pas ». On est donc bien loin du score dictatorial allégué par M. Peltier. D’ailleurs cette même « consultation » indique que 55 % – des 105 interrrogés toujours – ont voté Hollande au second tour, 19 % Sarkozy, 12 % abstention, blanc ou nul, et 15 % qui ne se prononcent pas.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ L’Etat et la Corse devraient signer un « new deal », estime dans une tribune au « Monde » l’investisseur André Loesekrug-Pietri. Les dirigeants corses doivent faire leur aggiornamento en se projetant dans le monde d’aujourd’hui, où l’influence et la crédibilité se conquièrent sur le terrain.
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« La Corse doit rapidement et de manière collective bâtir un projet, positif et dynamique »

L’Etat et la Corse devraient signer un « new deal », estime dans une tribune au « Monde » l’investisseur André Loesekrug-Pietri. Les dirigeants corses doivent faire leur aggiornamento en se projetant dans le monde d’aujourd’hui, où l’influence et la crédibilité se conquièrent sur le terrain.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 15h23
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 17h22
    |

André Loesekrug-Pietri (Investisseur, entrepreneur, ancien membre des cabinets ministériels de Sylvie Goulard et de Florence Parly)







                        



                                


                            

Tribune. Emmanuel Macron est en Corse, les 6 et 7 février. Il y est attendu. Certains diraient qu’il est attendu depuis des décennies, tant le « dossier corse » semble marqué par un nombre innombrable de rendez-vous manqués. Et paradoxalement, c’est d’abord un vrai test pour la République. Le rôle de l’Etat-nation est à réinventer.
Il faut proposer un new deal à la Corse et ne pas se crisper sur des positions de principe qui empêchent d’avancer sur l’essentiel : rappelez-vous les panneaux de signalisation, enfin préservés des projectiles maintenant qu’ils sont bilingues… Il a fallu trente années pour arriver à cette position pragmatique. Que de temps perdu.

Concentrer ses efforts sur l’éducation, sur les infrastructures, sur la cohésion sociale, sur la justice, sur l’environnement – on ne répétera jamais assez le rôle clé qu’a joué le Conservatoire du littoral dans la véritable préservation des côtes corses. Loin de gagner les cœurs et les esprits, l’Etat est défaillant aujourd’hui dans le combat contre les mafias, la spéculation immobilière, les affaires criminelles non résolues, le développement économique.
La Corse, elle aussi, doit faire un grand pas. Vers la modernité. Aller au-delà des revendications idéologiques qui ont rythmé les dizaines d’années d’engagement des nouveaux dirigeants, mais dont certaines n’ont que peu d’impact sur la réalité quotidienne des 330 000 habitants de l’île.
Napoléon
La Corse doit rapidement et de manière collective bâtir un projet, positif et dynamique. C’est cela qui la rendra crédible à Paris et en Europe. L’île ne peut compter que sur elle-même pour s’émanciper, sauf à être en permanence dans un dialogue de sourds : en perpétuant chez les plus jeunes Corses ce sentiment que l’île est abandonnée, au moment où les dirigeants centralisateurs d’un autre siècle, comme Jean-Pierre Chevènement, répondent par le « coût » direct que ferait supporter la Corse à la République.
La...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Le chef de l’Etat a inauguré une place au nom de Claude Erignac, ancien préfet assassiné le 6 février 1998. Il doit rencontrer dans la soirée les dirigeants nationalistes corses.
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Hommage à Erignac : Macron salue la population corse qui s’est dressée contre « la lâcheté, le sang et la mort »

Le chef de l’Etat a inauguré une place au nom de Claude Erignac, ancien préfet assassiné le 6 février 1998. Il doit rencontrer dans la soirée les dirigeants nationalistes corses.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 14h56
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 18h31
    |

            Patrick Roger (Ajaccio, envoyé spécial)








                        



Un olivier, une plaque gravée au sol « 1 HOMME, 1 PLACE ». « Cette place que nous inaugurons aujourd’hui est un lieu de paix et de fraternité. Je l’ai voulue ainsi », déclare Dominique Erignac, la veuve du préfet Claude Erignac, assassiné vingt ans plus tôt, le 6 février 1998, par un commando indépendantiste. C’est la première fois qu’elle revient sur « ces lieux maudits ». Et, pour elle, il est impossible de tourner la page : « Comment pourrait-elle l’être alors qu’elle est tachée de sang ? »
En présence du président de la République, Emmanuel Macron, elle a dévoilé la plaque de ce qui s’appellera « Place Claude Erignac », au pied de l’immeuble où il a été abattu, fraîchement ravalé dans des couleurs pastel. Si l’Etat, aujourd’hui, rend hommage au préfet, aucune rue ne porte son nom dans les autres communes de l’île. La mémoire charrie encore son lot de cicatrices non refermées.

   


Dans son discours, M. Macron a tenu des mots très durs. « Ce qui s’est passé ici il y a vingt ans ne se justifie pas, ne se plaide pas, ne s’explique pas », commence-t-il alors qu’au premier rang de l’assistance, debout, figure le nationaliste Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de la collectivité de Corse et ancien avocat d’Yvan Colonna, condamné à perpétuité pour l’assassinat du préfet Erignac. « Une infamie qui déshonore à jamais ses auteurs », a affirmé le chef de l’Etat, avant de saluer la population corse qui, alors, a su se dresser contre « la lâcheté, le sang et la mort ».
« Ménager un avenir à la Corse »
« La République n’a pas cédé », a poursuivi M. Macron, rendant hommage, notamment, à l’ancien ministre Jean-Pierre Chevènement, qui l’accompagnait pendant ce voyage, et à son prédécesseur Nicolas Sarkozy. « La justice a été rendue et elle sera suivie, sans oubli, sans complaisance, sans amnistie », a assuré le président de la République, salué par des applaudissements dans l’assistance. Et il a promis vouloir « ménager un avenir à la Corse, sans transiger avec les requêtes qui la feraient sortir du giron républicain ».
La fermeté du propos semble avoir rassuré ceux qui, depuis la large élection des nationalistes à la tête de la collectivité unique, se défient de leur volonté de pousser les feux de l’autonomie. Mais comment les nationalistes, eux, l’ont-ils interprétée ? A l’issue de la cérémonie, M. Simeoni ne s’est pas attardé, se refusant à toute déclaration, mais il a paru marqué. La présence de l’indépendantiste Jean-Guy Talamoni, le président de l’Assemblée de Corse, n’était, quant à elle pas souhaitée.
Discours à Bastia
Les deux hommes vont faire le point à l’issue de cette première matinée pour analyser la teneur de ce discours présidentiel. Une rencontre avec le chef de l’Etat est prévue vers 19 heures. Le ton et les mots employés sont-ils de nature à raidir la position des dirigeants nationalistes ? Voire à les amener à annuler la rencontre ? Ce n’est pas l’hypothèse la plus probable. Un tel refus risquerait de les marginaliser. Mais les relations entre le pouvoir exécutif et le mouvement nationaliste sont coutumières de ces sautes d’humeur.

        Lire aussi :
         

                Quelles sont les revendications des nationalistes corses ?



La deuxième journée du chef de l’Etat en Corse, mercredi, sera marquée par un grand discours prononcé à Bastia, devant de nombreux invités. C’est à cette occasion qu’il fera part de ses intentions et de ses propositions. M. Macron restera-t-il dans le même registre ? Ou, comme il en a déjà administré la preuve, après avoir durci le ton et rappelé l’autorité de l’Etat, tiendra-t-il un discours d’ouverture ? Marquera-t-il sa volonté d’ouvrir une nouvelle ère des relations avec la Corse ? Un balancement qui ne lui est pas si étranger, en même temps.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ L’immunité de l’élu d’extrême droite a été levée à la demande du parquet de Douai qui veut l’entendre dans une affaire d’injures publiques envers un particulier.
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Front national : le Parlement de l’UE lève l’immunité parlementaire de Steeve Briois

L’immunité de l’élu d’extrême droite a été levée à la demande du parquet de Douai qui veut l’entendre dans une affaire d’injures publiques envers un particulier.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 13h31
   





                        


Le Parlement européen a levé, mardi 6 février, l’immunité parlementaire de Steeve Briois, secrétaire général du Front national et maire d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), à la demande du parquet de Douai, qui veut l’entendre dans une affaire d’injures publiques envers un particulier.
L’élu d’extrême droite est visé par une plainte avec constitution de partie civile déposée par un conseiller municipal d’opposition qui s’estime injurié par des commentaires postés et non supprimés sur la page Facebook du maire en décembre 2015.
L’affaire a, en toile de fond, le recours pour atteinte au principe de laïcité introduit devant le tribunal administratif par David Noël, conseiller municipal communiste, contre la crèche de Noël que Steeve Briois avait fait installer dans le hall de l’hôtel de ville.

        Lire aussi :
         

                Steeve Briois et David Rachline visés par une enquête pour des messages haineux



« Le Parlement européen se ridiculise »
Les élus strasbourgeois ont estimé que la demande de levée de l’immunité de l’eurodéputé n’était pas liée « à un avis ou à un vote émis par lui dans l’exercice de ses fonctions comme député au Parlement européen ».
« Le Parlement européen se ridiculise », a réagi Steeve Briois sur Twitter. « On vote la levée de mon immunité parlementaire pour des commentaires sur un Facebook dont je ne suis ni le rédacteur ni le directeur de la publication. »
Le Front national fait l’objet d’une enquête sur les conditions dans lesquelles les assistants parlementaires de ses députés à Strasbourg accomplissent leur mission, la justice soupçonnant qu’ils ont en réalité travaillé pour la formation d’extrême droite au niveau national.



                            


                        

                        


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<filnamedate="20180206"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180206"><AAMMJJHH="2018020619">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Entourée de ses deux enfants, Dominique Erignac, la veuve du préfet assassiné, s’est exprimée à la tribune, juste avant l’hommage du président de la République.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Testée depuis le 15 janvier, l’appli permet à tout citoyen de dénoncer un délit ou une incivilité en temps réel à la police.
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A Nice, l’application sécuritaire Reporty divise les habitants

Testée depuis le 15 janvier, l’appli permet à tout citoyen de dénoncer un délit ou une incivilité en temps réel à la police.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 11h52
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 11h56
    |

                            Paul Barelli (Nice, correspondant)








                        



   


Les Niçois sont particulièrement sensibles aux problèmes d’insécurité. De nombreux habitants demeurent traumatisés par l’attentat du 14 juillet 2016 sur la promenade des Anglais, qui a fait 86 morts. Depuis, l’attente sécuritaire des Niçois reste forte. Christian Estrosi, le maire LR, l’a bien perçu. D’autant que, si la délinquance globale, selon le ministère de l’intérieur, a légèrement diminué à Nice en 2017, les cambriolages ont, eux, augmenté de 17 %.
Depuis 2010, avec la mise en place de 1 000 caméras, le président de la métropole Nice Côte d’Azur multiplie les actions visant à métamorphoser la cinquième ville de France en « laboratoire » de la lutte contre la délinquance. Nice, cité la plus vidéosurveillée de France (1 962 caméras quadrillent les rues, soit 27 au km2), dispose de la plus importante police municipale de France : 414 policiers.

        Lire aussi :
         

                A Nice, un policier dans certaines écoles dès septembre



Après avoir décidé d’expérimenter le déploiement de policiers, non armés, dans trois écoles de la cité azuréenne dès le mois de mars, Christian Estrosi a été un cran au-dessus. Baptisée Reporty, cette application pour mobiles développée en Israël par la start-up de l’ancien premier ministre Ehoud Barak permet à tout citoyen d’être en lien audio et vidéo avec le centre de supervision urbain (le CSU) de la police municipale afin de « dénoncer » en temps réel une incivilité, une infraction, un délit, dont il serait témoin.
« Atteinte à la vie privée »
« Dénoncer un délit, ce n’est pas de la délation », a estimé Christian Estrosi, qui envisage le déploiement à grande échelle de cette application, testée pendant deux mois par 2 000 personnes volontaires : des agents de la ville de Nice, des comités de quartier.
« Nous dénonçons un risque de délation généralisée et une atteinte grave à la vie privée », ont martelé les membres du collectif anti-Reporty, lundi 5 février. Les opposants de gauche à l’application – un front qui réunit du PS aux Insoumis en passant par Tous citoyens, la CGT et le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) – ont annoncé leur intention de saisir le Défenseur des droits pour mettre un frein à « la dérive sécuritaire de Christian Estrosi ». La CNIL (Commission nationale informatique et libertés) va être saisie par le collectif.
De leur côté, de nombreux Niçois ne semblent pas être hostiles à cette application : « Avec le terrorisme, toute mesure qui permet de renforcer la sécurité me paraît souhaitable. A condition de ne pas attribuer cette application à n’importe qui », confie un retraité niçois de 72 ans.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Le parti d’extrême droite multiplie les appels pour reconquérir ses adhérents.
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Avant le congrès, la direction du FN tente de remobiliser la base

Le parti d’extrême droite multiplie les appels pour reconquérir ses adhérents.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 11h36
    |

            Lucie Soullier








                        



                                


                            

« Renouvellement des adhérents – Mobilisation générale ! » La ponctuation est à l’urgence au Front national. Dans un courriel envoyé le 23 janvier, le secrétariat général a lancé un appel à l’ensemble de ses secrétaires départementaux et chargés de mission. Objet : battre le rappel des retardataires « par tous les moyens ». Et le filet est large pour ramener les déserteurs : tout adhérent en retard de cotisation depuis le 1er  janvier 2016 doit être rappelé.

Le siège a déjà envoyé un premier courrier. Aux fédérations locales d’assurer le service après-vente téléphonique, en s’appuyant sur une liste d’anciens adhérents fournie par leurs « coordinateurs de zone ». « Vous devrez insister sur l’urgence de la démarche », presse l’état-major dans son mail, recommandant « une campagne d’appels téléphoniques », en gras souligné.
Obstacle supplémentaire ajouté entre parenthèses : « malheureusement la possibilité de payer par carte bancaire n’est pas encore rétablie ». Après la clôture de ses comptes par la Société générale, la nouvelle banque du FN l’empêche en effet de recevoir dons et adhésions par carte bancaire. Un risque supplémentaire de déperdition en ces temps de disette post-électorale.
Démontrer sa capacité de rassembler
Cette opération de la dernière chance débutée dix jours avant le 2 février – date limite d’adhésion pour pouvoir voter au congrès des 10 et 11 mars, à Lille – témoigne de l’enjeu du grand rendez-vous de mars pour le parti d’extrême droite : démontrer qu’il peut encore rassembler, et tenter de légitimer par le nombre la réélection de sa leadeuse affaiblie.
A force de relativiser son échec par un score jamais atteint à la présidentielle, une salle vide serait du plus mauvais effet, moins d’un an après. D’autant que la défiance et les interrogations s’immiscent dans les sections locales. « Les militants sont toujours là, dans les fédérations,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ A un mois du congrès du Front national, les troupes s’interrogent sur l’avenir de leur mouvement et n’hésitent plus à évoquer leurs doutes, voire leur désarroi.
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Au cœur du FN, la flamme militante vacille

A un mois du congrès du Front national, les troupes s’interrogent sur l’avenir de leur mouvement et n’hésitent plus à évoquer leurs doutes, voire leur désarroi.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 11h28
    |

            Lucie Soullier (Envoyée spéciale à Caudry, Belfort, Béziers, Le Crest)








                        



                                


                            

« Marine, elle fait de son mieux. » Face au comptoir débordant d’affiches « Je défends mon drapeau », Philippe Perol soutient le sien. 43 ans, 25 de vote frontiste, 7 cartes d’adhérent : le Front national, il n’a connu que ça. « Pas question de voter Sarkozy ou je sais pas qui au second tour. » Si le parti d’extrême droite ne se qualifie pas, le Clermontois ne se déplace tout simplement pas.
Alors, évidemment, il n’allait pas manquer le déjeuner de famille organisé, dimanche 4 février, à une dizaine de kilomètres de chez lui, dans le Puy-de-Dôme. La dixième étape de la « tournée de refondation » de Marine Le Pen. « Freiner l’immigration et priorité aux Français, c’est tout » ce que Philippe Perol attend de son parti. « Le premier problème en France, c’est que les musulmans ne sont pas compatibles avec les Européens », poursuit-il, gorgée de bière à la volée. Son ami, sympathisant dégustant un verre de blanc, le reprend : « J’en connais quand même beaucoup qui votent FN, tu sais. » L’encarté sourit. « Je dis pas, y en a qui sont hyper bien intégrés. »
Les deux compères se pressent pour rejoindre leur rond de serviette à l’effigie de Marine Le Pen. Leur favorite est annoncée. « Nous savons que la route vers le pouvoir est longue », entonne la présidente du mouvement, appelant ses troupes auvergnates à « l’analyse » et au « recul » quant au résultat de la présidentielle. Près de neuf mois après l’échec, la déception est toujours vive parmi les militants. Michel se dit même « bien trop critique pour donner [son] nom de famille ici ». Il s’écarte, baisse la tête et le ton avant de passer en revue les « catastrophes » de l’année écoulée : le débat de l’entre-deux-tours, la défaite, le départ bruyant de Florian Philippot – « J’étais pas pour lui, mais c’est un peu facile de taper dessus maintenant. » 
« J’espère que ce sera...



                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Dénonçant la « brutalité » de l’exécutif, les organisations syndicales se préparent à une longue bataille.
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Fonction publique : la veillée d’armes des syndicats

Dénonçant la « brutalité » de l’exécutif, les organisations syndicales se préparent à une longue bataille.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 11h23
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 15h26
    |

            Benoît Floc'h








                        



                                


                            

Comment faire reculer le gouvernement ? C’est la question à laquelle les syndicats de la fonction publique devaient tenter d’apporter une réponse, mardi 6 février en fin de journée. Cette réunion pourrait ressembler à une veillée d’armes, débouchant sur l’organisation d’une nouvelle journée de mobilisation associant grève et manifestations.
Les fonctionnaires sont toujours sous le choc des annonces du 1er février. Plan de départs volontaires, recours accru aux contractuels, rénovation du statut du fonctionnaire, rémunération au mérite… La pilule ne passe pas. D’autant moins, d’ailleurs, que les agents publics n’ont toujours pas digéré le gel du point d’indice et le rétablissement du jour de carence.

Pour la CGT, majoritaire dans la fonction publique (avec 23,1 % des voix aux élections professionnelles de 2014), « on a franchi la ligne jaune. Le gouvernement choisit la confrontation ». La CFDT, syndicat réformiste arrivé deuxième avec 19,3 % des voix, juste devant FO (18,6 %), dénonce « un mauvais signal », fustigeant « un mépris, une brutalité, un manque de considération pour le travail des agents publics ».
C’est le « plan de départs volontaires » annoncé par Gérald Darmanin qui irrite le plus. Et ce, même si le ministre de l’action et des comptes publics a pris le soin de préciser qu’« il ne s’agit pas de faire un plan de départs volontaires pour tout le monde, bien évidemment. Il s’agit d’adapter nos services publics et de le faire avec et pour les agents publics ». Pour la CFDT, cela discrédite toute l’action du gouvernement. « Les annonces autour de cette histoire de plan de départs faussent toute la concertation et le chantier sur la fonction publique, estime Mylène Jacquot, secrétaire générale de la CFDT-Fonctions publiques. Il était question que l’on s’intéresse d’abord aux missions du service public avant d’aborder l’ajustement des moyens, ce qui n’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde », revient sur l’affirmation du fait régional, tant à droite qu’à gauche, afin de faire émerger un contre-pouvoir face au chef de l’Etat.
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Face à Macron, le retour des Girondins

Dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde », revient sur l’affirmation du fait régional, tant à droite qu’à gauche, afin de faire émerger un contre-pouvoir face au chef de l’Etat.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 11h17
    |

            Françoise Fressoz








                        



                                


                            
Chronique. Il y a les nationalistes corses, bien sûr, qui réclament l’autonomie de leur île, militent pour sa reconnaissance dans la Constitution, se battent pour la co-officialité de leur langue au prix de fortes tensions avec le pouvoir central, mais il y a aussi tous les autres. Tous ceux qui voient dans l’affirmation du fait régional une façon de faire de la politique autrement et de favoriser l’émergence d’un contre-pouvoir après le rapt pratiqué par Emmanuel Macron sur le vieux système.

A droite, ceux qui rêvent de concourir à la prochaine présidentielle sont tous présidents de région. Dans les Hauts-de-France, Xavier Bertrand fait le pari que la lutte contre le Front national se mènera au plus près du terrain, en combinant revitalisation industrielle et mesures pour le pouvoir d’achat. En Ile-de-France, Valérie Pécresse se proclame « présidente de la vie quotidienne » et fait de la question des transports sa grande priorité. En Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, devenu président du parti Les Républicains, trouve matière à alimenter son ode à « la France enracinée » pour mieux combattre Emmanuel Macron, dépeint comme « un président hors sol », incarnation « d’une élite mondialisée ».
Nains politiques
Les socialistes ne sont pas en reste. Dans un essai publié par la Fondation Jean-Jaurès intitulé La gauche de demain sera girondine, l’ancien patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis voit dans l’affirmation du pouvoir régional la possibilité de faire émerger un contre-modèle global : à la verticalité du pouvoir incarnée par Emmanuel Macron, il s’agit d’opposer l’énergie des territoires.

Il n’est pas sur que François Hollande ait eu tous ces calculs en tête lorsqu’il a redessiné la carte des régions en juin 2014 depuis le salon vert de l’Elysée : même agrandies, les régions restent en effet des nains politiques. Elles sont en concurrence frontale avec les métropoles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ La visite du président sur l’île de Beauté après la victoire des nationalistes est à quitte ou double, estime l’éditorialiste du « Monde » Gérard Courtois dans sa chronique.
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Corse : « Macron se trouve désormais sommé de passer des paroles aux actes »

La visite du président sur l’île de Beauté après la victoire des nationalistes est à quitte ou double, estime l’éditorialiste du « Monde » Gérard Courtois dans sa chronique.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 09h49
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 11h06
   





                        



                                


                            

Chronique. C’est un rude défi qui attend le président de la République lors de son déplacement en Corse, mardi 6 et mercredi 7 février. Un de ces moments où les mots et les gestes façonnent l’Histoire. Mais où ils peuvent, tout aussi bien, la brusquer, la braquer et la faire déraper.
Durant sa campagne, en avril 2017 à Furiani, la dialectique du « en même temps » avait permis au candidat Macron de passer sans encombre l’obstacle corse. « La place de la Corse est dans la République parce que la République est suffisamment forte pour accueillir des particularités en son sein. S’il apparaît que le cadre actuel ne permet pas à la Corse de développer ses potentialités, alors nous pourrons envisager d’aller plus loin et de réviser la Constitution », avait-il promis. Cette ouverture avait été jugée encourageante par tous ceux qui, précisément, revendiquent depuis des lustres la reconnaissance de la spécificité de l’île.
Des leaders légitimes
Depuis, M. Macron a été élu et se trouve désormais sommé de passer des paroles aux actes. D’autant plus vigoureusement que la coalition menée par le tandem Gilles Simeoni (autonomiste) et Jean-Guy Talamoni (nationaliste) a remporté une victoire historique en décembre 2017. Lors des élections organisées pour désigner les représentants de la nouvelle collectivité territoriale unique (instituée par une loi d’août 2015), leur liste a raflé plus de 56 % des voix et 41 des 63 élus de la nouvelle Assemblée.
Impensable, il y a peu, après les quatre décennies de soubresauts violents qui ont accompagné l’émergence du nationalisme corse, plus impensable encore il y a vingt ans après l’assassinat du préfet Claude Erignac (à qui le chef de l’Etat devait rendre un hommage solennel mardi matin), cette victoire électorale a doté les deux leaders corses d’une légitimité sans précédent. Ils n’ont donc eu de cesse, depuis deux mois, de demander aimablement, puis de réclamer fermement à « Paris » l’ouverture...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Le président de la République, Emmanuel Macron, se trouve en Corse mardi et mercredi pour relancer le dialogue avec les dirigeants nationalistes récemment élus.
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Quelles sont les revendications des nationalistes corses ?

Le président de la République, Emmanuel Macron, se trouve en Corse mardi et mercredi pour relancer le dialogue avec les dirigeants nationalistes récemment élus.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 07h54
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 17h50
    |

                            Florian Reynaud








                        



   


Le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, est attendu, mardi 6 et mercredi 7 février, en Corse pour sa première visite sur l’île depuis la victoire des nationalistes aux élections territoriales, en décembre. Les contours du déplacement du chef de l’Etat sont encore flous, quelques jours après une manifestation appelée par les dirigeants nationalistes, visant à faire entendre leurs revendications : de l’amnistie pour les « prisonniers politiques » à l’inscription de la collectivité dans la Constitution. Retour sur les principales propositions.

        Lire l’analyse (en édition abonnés) :
         

          En Corse, les chemins du dialogue



L’amnistie pour les « prisonniers politiques »
Le dossier est sensible, mais il revient régulièrement sur la table. Les nationalistes corses ont longtemps demandé l’amnistie pour les « prisonniers politiques », les détenus corses soupçonnés d’être mêlés à des affaires de terrorisme. Parmi eux, on trouve notamment Pierre Alessandri, Alain Ferrandi et Yvan Colonna, condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité pour l’assassinat du préfet Claude Erignac, en 1998.
« Le terme de prisonnier politique n’apparaît pas juridique, ce sont des personnes condamnées pour une ou des infractions prévues par la loi », rétorque le porte-parole du ministère de la justice, Youssef Badr. Le nombre de détenus corses incarcérés en lien avec des affaires terroristes n’est pas connu, précise par ailleurs la chancellerie.
L’option qui est généralement discutée est celle d’un « rapprochement familial » des détenus corses qui demandent un transfert en Corse. Sur ce sujet, chaque dossier est étudié au cas par cas, « il n’y a pas d’opposition de principe […], mais pas non plus de droit acquis », souligne Youssef Badr.
« Actuellement, la chancellerie examine en effet plusieurs situations individuelles de détenus corses qui ont sollicité leur transfert en Corse », ajoute le porte-parole du ministère de la justice. Dans une tribune publiée jeudi dans Le Monde, le maire d’Ajaccio, Laurent Marcangeli, soutient cette option : « Concernant le sort des détenus, j’ai toujours défendu le principe du rapprochement, dans leur ensemble, lorsque j’étais parlementaire. »

        Lire la tribune de Laurent Marcangeli (en édition abonnés) :
         

          « Oui à un nouveau statut pour la Corse, mais dans la République »



La coofficialité de la langue corse
La langue est l’un des plus grands points de discorde entre Paris et Ajaccio. Les nationalistes demandent la coofficialité de la langue corse sur le territoire insulaire, c’est-à-dire « l’insertion de la langue corse au sein du système juridique, par la création de droits linguistiques territoriaux et d’obligations pour tous les pouvoirs publics sur le territoire », selon un rapport du président du conseil exécutif publié en 2013.
Ce rapport préconisait notamment de « normaliser et encourager l’emploi du corse dans les collectivités locales, l’administration, l’enseignement, les médias, les industries culturelles, le monde socio-économique et sportif ». Une coofficialité signifierait notamment que la langue corse est « employée à parité avec le français par l’Etat et les services publics en Corse, ainsi que par les entreprises et les médias institutionnels ». Les documents d’identité seraient rédigés en français et en corse. Pour Jean-François Poli, docteur en droit et avocat au barreau de Bastia, cette mesure peut être possible tant qu’une égalité est maintenue et que le corse n’est pas préféré au français.
L’enseignement bilingue à l’école deviendrait obligatoire, tout comme l’obtention par les élèves d’un certificat B2 en corse à l’issue de leur scolarité. Le rapport du président du conseil exécutif préconise également une obligation statutaire de formation en langue corse pour le recrutement des fonctionnaires et agents publics. Il en irait de même pour les personnels des médias publics. Si ce certificat introduit une discrimination dans l’accès à la fonction publique, cela posera problème, estime Me Poli. « On peut introduire une discrimination, mais au motif qu’elle servirait l’intérêt général », ajoute-t-il.
Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l’intérieur et « Madame Corse » du gouvernement, l’a récemment répété : « La langue de la République française est le français. » La coofficialité n’est « pas envisageable », pour celle qui fait le lien de discussion entre Paris et Ajaccio.
Le statut de résident corse
Les nationalistes au pouvoir demandent également la création d’un statut de résident, pour lutter contre la spéculation immobilière. Un texte polémique avait été proposé dans ce sens en 2014 : il s’agissait d’instaurer l’obligation d’avoir été résident permanent en Corse pendant au moins cinq ans pour pouvoir devenir propriétaire sur le territoire insulaire. Le groupe Corsica libera, qui milite pour cette mesure, demandait de son côté une période de dix ans de résidence permanente. En cause, une flambée des prix de l’immobilier. En 2013, environ 35 % des logements en Haute-Corse étaient des résidences secondaires ; 37,6 % en Corse-du-Sud, selon l’Insee. « Les Corses sont contraints de quitter la Corse, ils partent sans espoir de retour », avait argué à l’époque Jean-Guy Talamoni.
« Tout près, vous avez une maison en pierre, elle est en vente à 276 000 euros depuis un an et demi, et aucun des jeunes ici n’a les moyens d’acheter. Si demain les prix continuent à monter, tout notre patrimoine sera acheté par des gens de l’extérieur », expliquait sur France Inter, en janvier, le maire du village de Cuttoli-Corticchiato, Jean Biancucci. Pour le maire d’Ajaccio, un statut de résident serait au contraire « une rupture disproportionnée » et « une atteinte inacceptable au droit de propriété ».
Cette mesure a été jugée contraire à la Constitution par de nombreux juristes, puisqu’elle crée une discrimination quant à l’accès à la propriété. Ce statut « ne sera possible qu’avec l’insertion dans la Constitution d’un dispositif pour la Corse », a estimé vendredi Jean-Guy Talamoni dans Corse Matin.
L’inscription dans la Constitution
Dans un rapport remis le 18 janvier à la collectivité de Corse, la professeure de droit public Wanda Mastor, qui avait participé à une précédente étude en 2013, défend l’inscription de la Corse dans la Constitution, et un nouveau statut pour la collectivité, lui donnant plus d’autonomie, mais qui « n’entraverait pas le principe de l’indivisibilité de la République ». « Il est impensable que la Corse en reste à un statut hybride et silencieux », estime-t-elle. Le territoire insulaire reste aujourd’hui encore une collectivité à statut particulier. « Il est indécent, illogique et insultant que la Corse ne soit pas mentionnée dans le texte suprême », estimait le constitutionnaliste Guy Carcassonne dans un précédent rapport, en 2013.

        Lire :
         

          Le statut constitutionnel de la Corse au centre des débats


En inscrivant la Corse dans la Constitution, le rapport plaide pour un élargissement des pouvoirs de la collectivité. Wanda Mastor juge qu’une telle réforme est d’autant plus légitimée par la victoire nationaliste aux dernières élections territoriales. Selon la juriste, le nouveau statut de la Corse pourrait notamment lui attribuer des spécificités dans trois secteurs-clés : « le foncier, la fiscalité et la langue ». En 2013, la collectivité demandait, par exemple, plus de compétences en ce qui concerne la fiscalité des biens situés en Corse, une proposition censurée par le Conseil constitutionnel.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la présidente du Secours catholique, Véronique Fayet, estime qu’à force de nier la réalité à laquelle sont confrontés les migrants à Calais, le ministre de l’intérieur aggrave la situation sur place.
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Migrants : « La politique menée à Calais par Gérard Collomb mène au chaos »

Dans une tribune au « Monde », la présidente du Secours catholique, Véronique Fayet, estime qu’à force de nier la réalité à laquelle sont confrontés les migrants à Calais, le ministre de l’intérieur aggrave la situation sur place.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 07h16
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 10h14
    |

Véronique Fayet (Présidente nationale du Secours catholique – Caritas France)







                        



                                


                            

Tribune. Les violents affrontements de ces derniers jours à Calais sont de la responsabilité des passeurs : c’est un fait et c’est inacceptable ! Mais ils sont aussi la conséquence directe de la politique absurde que mène le ministre de l’intérieur.
La situation à Calais est complexe, l’analyse en a cependant été faite depuis des années. Plusieurs diagnostics – notamment celui réalisé en 2016 par Jean Aribaud et Jérôme Vignon à la demande de Bernard Cazeneuve, alors ministre de l’intérieur – ont clairement posé quelques données incontournables que toute politique doit prendre en compte si elle veut apporter des solutions réalistes. Le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, est malheureusement aveugle et sourd à ce pragmatisme.

Premier aveuglement : inspiré par Natacha Bouchart, maire de Calais, M. Collomb vise l’objectif « zéro migrant » à Calais. Autant promettre que demain on rase gratis ! La présence d’exilés à Calais est permanente depuis plus de vingt ans et les faits sont têtus : cela durera aussi longtemps que la France et la Grande-Bretagne effectueront un contrôle des personnes à leur frontière.

La présence de migrants à Calais est donc une donnée à prendre en compte, pour y apporter une première réponse pragmatique. Eviter un phénomène de ghettoïsation, en organisant et en offrant un abri temporaire, un accueil a minima pour que les exilés puissent être traités humainement, mis en sécurité, en confiance, et être orientés utilement. La chasse quotidienne qui leur est faite actuellement, l’absence de tout dispositif humanitaire les plongent dans une totale précarité : elle les jette dans les mains des passeurs. Logique absurde et à rebours de tout bon sens !
Vingt ans que cela dure !
Deuxième aveuglement : ­­­M. Collomb prétend que Calais n’est plus le lieu de passage pour la Grande-Bretagne. Alors qu’il nous dise : où se trouve ce lieu ? Tout le monde reconnaît qu’une partie de ces exilés...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’écrivain Jacques Attali et la députée LRM Bénédicte Peyrol proposent dix actions pour accueillir dignement les réfugiés.
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Article sélectionné dans La Matinale du 05/02/2018
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Migrants : « La politique de la France ne peut se résumer à la poursuite d’adolescents dans nos rues »

Dans une tribune au « Monde », l’écrivain Jacques Attali et la députée LRM Bénédicte Peyrol proposent dix actions pour accueillir dignement les réfugiés.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 09h54
    |

Bénédicte Peyrol (députée LRM de l’Allier) et Jacques Attali (écrivain et président de la Fondation Positive Planet)







                        



                                


                            

Tribune. L’accueil des exilés, qu’il faut bien distinguer des autres enjeux liés à l’immigration, mérite mieux que l’image qu’on en donne d’une simple gestion policière et de ses bavures, mieux que les invectives, les fantasmes et les jeux de rôles. Plus précisément, la politique de la France ne peut se résumer à la poursuite d’adolescents abandonnés dans les rues de nos villes, par des policiers qui auraient bien mieux à faire et dont l’image ne peut qu’être dégradée par la mission qu’on leur donne ainsi à remplir.
D’abord, il doit être clair qu’on ne parle pas ici de l’immigration et de son éventuelle nécessité. Ni de l’identité française, qui serait menacée par « un grand remplacement » : le sujet ne se pose pas aussi longtemps que les exilés resteront de l’ordre d’un ou de deux pour mille de la population française, et se pose encore moins si la politique à leur endroit passe d’abord, et avant tout, comme on le verra plus loin, par leur intégration dans la nation française.
Une telle politique se décline, à notre sens, en dix actions, qui méritent d’être mises en œuvre simultanément, et qui supposent une collaboration ouverte, sincère et dépassionnée de tous les acteurs : l’Etat (dans toutes ses dimensions, qui doivent être cohérentes, de la police aux services sociaux), les associations et les territoires.
1. Cette politique doit commencer par une pédagogie auprès des Français. Il est essentiel d’avoir un grand débat national sur notre rapport aux étrangers et à l’accueil. Il est urgent d’expliquer ce qu’est la France, ce pays dont la langue emploie moins de mots gaulois que de mots celtes, latins ou arabes ; la France, dont le nom vient d’un envahisseur, et dont la culture s’est sans cesse enrichie de celle de ceux qui sont venus s’y installer et qui ont fait l’effort humble de parler et de vivre notre langue et notre culture en l’enrichissant. La France, qui envoie elle-même des millions de ses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Six mois après la démission brutale du chef d’état-major Pierre de Villiers, le président de la République s’attache à regagner la confiance des armées. Presque séduits, les militaires attendent des actes.
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Macron et l’armée : la paix des braves

Six mois après la démission brutale du chef d’état-major Pierre de Villiers, le président de la République s’attache à regagner la confiance des armées. Presque séduits, les militaires attendent des actes.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 06h38
    |

            Nathalie Guibert








                        



                                


                            

Ils sont 1 500, debout devant lui en uniforme. L’effet de masse joue magnifiquement : ils apparaissent serrés comme un seul homme dans le vaste hangar du navire, et leur Marseillaise déploie l’énergie requise, à l’issue de l’interminable discours présidentiel. Voilà une heure et six minutes qu’Emmanuel Macron parle. « Reconnaissance et fierté », vient, enfin, de conclure le chef de l’Etat. A bord du porte-hélicoptères Dixmude stationné à Toulon, ce 19 janvier, pour ses premiers vœux du quinquennat, le chef des armées vient fermer une parenthèse.
Six mois jour pour jour après la démission choc du chef d’état-major Pierre de Villiers en raison d’un différend sur le budget des armées, la démonstration doit réussir, il va montrer qu’il a tout compris : ce qu’est un chef, ce que vaut son armée, ce qu’en exige un grand pays, la France.
En mai, tout avait bien commencé. Un président élu de 39 ans impeccablement accroché à un command car de l’armée de terre pour sa remontée des Champs-Elysées, et par beau temps ! Comme aurait pu le dire le général de Villiers, qui est entré à l’école spéciale militaire de Saint-Cyr alors que Macron n’était pas né : « Ça avait de la gueule ! » Il y eut la rencontre des soldats blessés à l’hôpital militaire de Percy, la mise à l’honneur des troupes de l’opération « Barkhane » à Gao, au Mali, le show éclaboussé sur le hors-bord des commandos-marine de Lorient, la visite « dissuasion nucléaire » dans le sous-marin lanceurs d’engins Le Terrible.
« Je suis votre chef ! »
Puis, c’est le crash. Le : « Je suis votre chef ! », lancé d’une voix trop perchée à la tête du chef d’état-major, le 13 juillet 2017 au soir, devant les soldats réunis lors de la réception traditionnelle à la veille du défilé, dans les jardins du ministère. Le 14, sur les Champs-Elysées, l’air est si électrique entre les deux hommes que seul l’invité de marque, le président américain Donald Trump,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Camille Putois, fondatrice d’une start-up de simplification administrative, propose dans une tribune au « Monde » d’ouvrir les systèmes d’information des services publics aux associations et aux entreprises qui proposent des solutions numériques.
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« La conception française du service public doit changer et s’adapter au numérique »

Camille Putois, fondatrice d’une start-up de simplification administrative, propose dans une tribune au « Monde » d’ouvrir les systèmes d’information des services publics aux associations et aux entreprises qui proposent des solutions numériques.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 06h00
    |

Camille Putois (Fondatrice d’une start-up de simplification administrative et ancienne directrice adjointe du cabinet du premier ministre de 2012 à...







                        



                                


                            

Tribune. Le président de la République a fixé l’objectif de dématérialiser 100 % des démarches administratives d’ici 2022. C’est un excellent objectif, que le premier ministre vient de réaffirmer lors du premier comité interministériel de la transformation publique (CITP). Mais la transformation numérique des services publics suppose aussi la transformation du modèle de collaboration entre public et privé, et des modes de régulation du second par le premier.
On utilise souvent le concept d’Etat plate-forme pour expliquer la transformation numérique de l’Etat. L’Etat plate-forme, c’est d’une part une véritable coordination entre les systèmes d’information des administrations, et d’autre part une infrastructure technologique ouverte sur les partenaires extérieurs. La coordination des systèmes d’information se traduit par le « dites-le nous une fois » dans nos démarches administratives : inutile de répéter les mêmes informations à chaque administration.
La France au 4e rang mondial de l’Open Data Index
Ce chantier est engagé. Si la volonté politique est à la hauteur des annonces, le mouvement devrait s’accélérer. Il y aura probablement des frictions de la part d’administrations jalouses de leur indépendance, mais la raison budgétaire et l’intérêt de chacun devraient l’emporter.
En revanche, tout reste à faire dans la construction de la plate-forme qui invitera les partenaires extérieurs, entreprises ou associations, à participer à la transformation numérique des services publics. Cette évolution est pourtant clé pour tenir l’objectif de 2022, garantir une qualité comparable aux autres usages du web, et réduire le coût de la dématérialisation pour les administrations.

La France est désormais au quatrième rang mondial de l’Open Data Index. C’est bien, mais l’ouverture des données publiques (« open data ») n’est qu’une étape. Il faut aller plus loin, et multiplier les interfaces de programmation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le docteur Pierre Micheletti déplore que la ministre de la santé, Agnès Buzyn, ne prenne pas davantage conscience de l’essoufflement de cette spécialité.
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« La psychiatrie publique est en état de grande fragilité »

Dans une tribune au « Monde », le docteur Pierre Micheletti déplore que la ministre de la santé, Agnès Buzyn, ne prenne pas davantage conscience de l’essoufflement de cette spécialité.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 11h40
    |

Pierre Micheletti (Médecin)







                        



                                


                            

Tribune. La ministre de la santé, Agnès Buzyn, vient d’annoncer la suppression du Conseil national de la santé mentale (CNSM), lui substituant un comité stratégique qu’elle réunira une fois pas an. Mme Buzyn, dans ses propositions, attribue à la psychiatrie hospitalière un rôle largement prépondérant qui remet en cause l’approche décloisonnée du CNSM.
Pourtant, la psychiatrie publique est en état de grande fragilité, comme l’illustrent la difficulté notoire à pourvoir des postes pourtant budgétés (25 % des postes sont vacants, ou octroyés à des médecins non statutaires, selon les données 2010) ainsi que la grogne sociale actuelle des médecins comme de l’ensemble des professionnels du secteur.

Pour comprendre les racines du problème, il est utile de rappeler les particularismes de la psychiatrie hospitalière depuis les ordonnances de 1960. Ces textes, instaurant la sectorisation, ont abouti à répartir les ressources et les professionnels entre des activités intra-hospitalières et un maillage de différentes structures extra-hospitalières (centres médico-psychologiques, hôpitaux de jour…). Ces structures périphériques délivrent la grande majorité des soins en psychiatrie générale adulte et la quasi-totalité en psychiatrie générale infanto-juvénile.
C’est dire l’importance acquise par les dispositifs « hors les murs », car, sur bien des territoires ruraux isolés ou périurbains défavorisés, l’offre de soins libérale est absente.
Sectorisation
Mais la France de 2018 n’est pas celle de 1960. De plus, la sectorisation s’est mise en place sans véritables outils d’aménagement du territoire. Le découpage géographique avait consisté à répartir les moyens de l’époque sur des critères simples : un secteur « adultes » pour 70 000 habitants, un secteur de « psychiatrie infanto-juvénile » pour 150 000 enfants. En raison de l’absence d’outils satisfaisants pour suivre les évolutions et décider des nécessaires adaptations,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Lors de son premier déplacement officiel sur l’île, le président de la République a rendu hommage au préfet Erignac, assassiné il y a vingt ans.
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Hommage à Claude Erignac : en Corse, Emmanuel Macron plaide pour une justice « sans oubli, sans complaisance, sans amnistie »

Lors de son premier déplacement officiel sur l’île, le président de la République a rendu hommage au préfet Erignac, assassiné il y a vingt ans.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 04h53
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 18h30
   





                        



Sa première visite officielle en Corse était pour le moins attendue. Emmanuel Macron est arrivé mardi 6 février en fin de matinée à Ajaccio, où il a commencé son séjour de deux jours sur l’île en rendant hommage au préfet de la Corse Claude Erignac, tué par un commando nationaliste le 6 février 1998 à Ajaccio.
L’assassinat du haut fonctionnaire « ne se justifie pas, ne se plaide pas, ne s’explique pas », a déclaré le président de la République à Ajaccio, lors d’une cérémonie d’hommage, vingt ans jour pour jour après l’assassinat.
« La Corse, terre de fierté et de dignité, a été salie par ce crime », a ajouté le chef de l’Etat, qui s’est exprimé après une allocution de Dominique Erignac, la veuve du préfet, et en présence notamment du dirigeant autonomiste de l’exécutif corse, Gilles Simeoni, qui fut l’un des avocats d’Yvan Colonna, condamné à la perpétuité pour l’assassinat de Claude Erignac.
En inaugurant une place Claude-Erignac, « nous scellons notre union indéfectible dans la République », a poursuivi le chef de l’Etat, qui a rappelé que la justice avait été rendue et qu’elle serait suivie « sans oubli, sans complaisance, sans amnistie ». 
Jusqu’à présent discret sur le dossier corse, Emmanuel Macron a dévoilé quelque peu sa pensée mardi en assurant vouloir « ménager un avenir à la Corse » sans la faire sortir du « giron républicain ».
Suivez en direct les commémorations avec notre envoyé spécial Patrick Roger :

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Le président de la République devrait rappeler sa position lors d’une rencontre avec Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, le président indépendantiste de l’Assemblée territoriale, mardi en fin de journée, à Ajaccio. « Il y a une fenêtre historique pour sortir de la logique de conflit », a reconnu, lundi, Gilles Simeoni. Mais « pour un dialogue, il faut être deux. Et pour l’instant, nous avons été les seuls à avoir donné des signes tangibles que nous voulions ce dialogue. »
Discours mercredi sur sa vision de la Corse

   


Le nationalisme corse a tourné la page de la clandestinité et des attentats, et a triomphé dans les urnes, obtenant une majorité absolue aux élections territoriales de décembre. Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni se sentent ainsi en position de force pour accueillir Emmanuel Macron, trois jours seulement après une manifestation massive pour la reconnaissance de la spécificité de l’île.

        Lire aussi :
         

                Jean-Guy Talamoni : « Une chance unique de résoudre la question corse »



Alors que les deux élus ont retiré le drapeau français de leurs bureaux, où ne subsistent que les bannières européenne et corse, ils se plieront au protocole pour l’occasion. « La France est un pays voisin avec lequel nous partageons un ensemble de choses, dont la francophonie, a déclaré Jean-Guy Talamoni à l’agence de presse Reuters. Quand on reçoit un chef d’Etat, on met son drapeau. »
Le mystère persiste autour du programme d’Emmanuel Macron, dévoilé seulement lundi soir par l’Elysée. Gilles Simeoni a également déclaré ignorer quelles étaient « les intentions » d’Emmanuel Macron, qui a très peu évoqué publiquement la Corse depuis son élection.
« On part pratiquement d’une feuille blanche avec lui. Si demain, les portes du dialogue restaient fermées, nous serions dans une situation de crise, de blocage politique. »

        Lire aussi :
         

                Quelles sont les revendications des nationalistes corses ?



Gilles Simeoni souligne que « les planètes sont alignées » compte tenu des marges de manœuvre d’Emmanuel Macron d’un côté et, de l’autre, de la majorité dont disposent les nationalistes à l’assemblée locale. Pour le responsable autonomiste, « aujourd’hui, il faut trancher (et) ouvrir un nouveau chemin ».
Le chef de l’Etat devrait attendre la dernière étape de sa visite dans l’île, à Bastia, mercredi après-midi, pour prononcer un discours sur sa vision de la Corse. Un discours qui sera très suivi à Paris, notamment dans le cadre du débat sur la révision de la Constitution souhaitée par Emmanuel Macron, qui porte sur les institutions mais pourrait inclure la Corse, comme le réclament les nationalistes.
Parmi leurs autres demandes figurent la création d’un statut de résident pour l’accès à la propriété, un statut fiscal dérogatoire, la reconnaissance du peuple corse et l’officialisation de sa langue, ainsi que le rapprochement puis l’amnistie des prisonniers dits « politiques ».




                            


                        

                        

