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Qui veut vivre vieux soigne... son portefeuille

D’après les chiffres de l’Insee, en France, treize années d’espérance de vie séparent les 5 % d’hommes les plus aisés des 5 % les plus pauvres.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 18h13
    |

            Elise Barthet








                        



   


Treize ans d’espérance de vie en plus ou en moins. C’est l’abîme qui sépare, en France, les 5 % d’hommes les plus riches des 5 % les plus pauvres, d’après la dernière enquête de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), publiée mardi 6 février. Pour un niveau de vie moyen de 5 800 euros par mois, un homme peut espérer s’éteindre à 84 ans et quelques. Un seuil qui tombe à moins de 72 ans dès 470 euros par mois. Aux alentours de 1 000 euros, 100 euros supplémentaires représentent un gain de 0,9 an.
L’écart est moins important pour les femmes, mais ne disparaît pas pour autant. L’espérance de vie des plus modestes s’élève à 80 ans, contre un peu plus de 88 ans pour les mieux loties. Il est toutefois intéressant de noter qu’à partir de 1 300 euros mensuels, les femmes dépassent les hommes, même les plus aisés. Cela tient, selon l’Insee, à « des comportements plus favorables à une bonne santé », « un meilleur suivi médical, en particulier pendant la vie féconde », et « une durée de travail plus faible ».
En moyenne, les disparités entre les sexes tendent néanmoins à se réduire. Dans son bilan démographique annuel sorti le 16 janvier, l’Insee faisait remarquer que l’espérance de vie des hommes s’était remise à progresser depuis 2016, alors que celles des femmes accusait une légère baisse. « Elles ont adopté les comportements à risque masculins, le tabagisme en particulier », soulignait alors le géographe Laurent Chalard. Mais les données annuelles peuvent varier sensiblement selon la virulence des épidémies.

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                L’espérance de vie des femmes en léger recul



Le diplôme jouerait peu sur ces écarts, quels que soient les sexes. « Le niveau de vie en lui-même, en facilitant la prévention et l’accès aux soins, peut être la cause directe d’une bonne santé », note l’Insee. D’après une enquête de 2014, un adulte sur dix, parmi les 20 % les plus pauvres, avait renoncé à consulter un médecin pour des raisons financières. Mais causes et conséquences s’entremêlent souvent : une mauvaise santé peut aussi entraîner un faible niveau de vie en pesant sur les études et l’emploi.
Pour finir, l’espérance de vie varie assez nettement d’une région à l’autre. Toutes choses égales par ailleurs, c’est-à-dire en tenant compte du sexe, de l’âge, du niveau de vie et de la catégorie sociale, l’Occitanie et les Pays de la Loire se situent en tête du classement. Ce sont les Hauts-de-France qui finissent en queue de peloton.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Les flux vers les « exchange traded fund » (ETF) ou fonds indiciels cotés en Bourse, ces produits qui reproduisent l’évolution des actions européennes, ont été deux fois supérieurs à ceux ciblant les actions américaines.
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Les ETF ont le vent en poupe

Les flux vers les « exchange traded fund » (ETF) ou fonds indiciels cotés en Bourse, ces produits qui reproduisent l’évolution des actions européennes, ont été deux fois supérieurs à ceux ciblant les actions américaines.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 17h21
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 17h31
    |

            Jérôme Porier








                        



   


Le marché mondial des ETF (exchange traded fund ou fonds indiciels cotés en Bourse) a bondi de 34 % en 2017, avec une collecte record de 595 milliards de dollars (480 milliards d’euros), selon Lyxor International Asset Management, qui a compilé des données de l’agence américaine Bloomberg. Egalement désignés en France (et en Italie) par l’appellation « trackers », ces produits indiciels reproduisent les évolutions d’un indice ou d’un panier d’actions. Ils sont prisés des investisseurs institutionnels, car ils leur permettent de réaliser des arbitrages à moindre coût et presque instantanément.
En Europe, la collecte nette a atteint le niveau record de 94 milliards d’euros. Les actions se taillent la part du lion (67 %) sur ce marché, avec un flux quatre fois supérieur à celui de 2016. Signe d’un début d’essoufflement de Wall Street, où la reprise a été plus précoce qu’en Europe, la collecte des ETF spécialisés dans les actions européennes a été deux fois plus importante que celle des produits ciblant les actions américaines.

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Presque toutes les classes d’actifs progressent : par exemple, les entrées de capitaux ont augmenté de 97 % pour les actions asiatiques et elles ont plus que doublé pour les actions émergentes (49 milliards de dollars). Alors que les taux d’intérêt ont commencé à remonter nettement aux Etats-Unis, la croissance du segment obligataire s’est révélée plus modérée (+ 21 %). Dans l’obligataire, les entrées de capitaux se sont concentrées sur la dette des entreprises (49 milliards de dollars), les emprunts d’Etat des pays développés (20 milliards) et la dette des pays émergents (14 milliards).
Une exception : la collecte des ETF matières premières a chuté à l’échelle mondiale, passant de dix milliards de dollars en 2016 à moins de quatre milliards en 2017. Un repli qui s’explique principalement par la décrue du segment des métaux précieux.
Un « effet Macron » sur les ETF
« Les flux à destination des ETF actions françaises ont culminé à un milliard d’euros sous l’effet des politiques et des réformes mises en œuvre par Emmanuel Macron », déclare Marlène Hassine Konqui, responsable de la recherche ETF chez Lyxor. Les produits centrés sur le secteur financier européen ont aussi établi des records, à l’instar des ETF investis en valeurs décotées et en petites et moyennes capitalisations (respectivement trois milliards et six milliards d’euros de collecte).
Après une décrue de sept milliards d’euros en 2016, les actions européennes ont été plébiscitées par les investisseurs, avec des entrées de capitaux à hauteur de 23 milliards d’euros en 2017. Ce chiffre demeure toutefois en retrait de 39 % par rapport aux sommets de 2015. Sur les indices larges (CAC 40, Footsie 100, Dax 30…), la collecte a été inférieure de onze milliards d’euros à celle de 2015 et le même constat peut être dressé pour les flux sur les produits centrés sur un pays unique, qui ont reculé de six milliards d’euros. « Ce ralentissement peut s’expliquer par une certaine méfiance, quant à la vigueur de la reprise, conjuguée aux incertitudes politiques en Allemagne, en Italie et en Grande-Bretagne », estime Mme Konqui.

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                Coup de froid en Bourse, le doute s’empare des marchés



En 2017, les flux en faveur de la gestion passive ont atteint 890 milliards de dollars (+ 42 %), dépassant ceux captés par la gestion active, à 766 milliards de dollars. La gestion active a pour objectif de battre un indice de référence, alors que la gestion passive ou indicielle cherche à en répliquer fidèlement les performances.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Le juriste Dominique Schmidt, dans une tribune au « Monde », émet des doutes sur la faisabilité juridique d’une prise en compte de « l’intérêt général » dans le statut des sociétés, où les parties prenantes poursuivent des buts divergents.
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Entreprises : « Comment trancher en faveur de l’intérêt commun ? »

Le juriste Dominique Schmidt, dans une tribune au « Monde », émet des doutes sur la faisabilité juridique d’une prise en compte de « l’intérêt général » dans le statut des sociétés, où les parties prenantes poursuivent des buts divergents.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 17h16
    |

Dominique Schmidt (Agrégé des facultés de droit et avocat au barreau de Paris)







                        



                                


                            

Tribune. Les prises de position sur la réforme de « l’objet social » des sociétés gérant une entreprise se sont multipliées. Certaines avancent que les sociétés sont gérées en vue de la maximisation du profit à court terme partagé entre les actionnaires, et demandent que l’entreprise ait désormais pour finalité l’intérêt commun des parties prenant part à son développement ainsi que l’intérêt général, dont la réponse aux défis environnementaux, le respect des droits humains et la préservation des biens communs.
Or, les sociétés prennent déjà en compte l’intérêt de ces parties ainsi que l’intérêt général, et nombre d’entre elles en rendent compte dans leur rapport annuel de gestion. Mais les réformateurs préconisent d’imposer comme finalité première du gouvernement des sociétés non plus le partage du profit mais la satisfaction de l’intérêt commun des parties prenantes et de l’intérêt général.
Notre propos n’est pas ici de discuter cette préconisation ; il s’attache à dégager les principales questions que la mise en œuvre concrète de cette nouvelle finalité soulèverait.
Première question : existe-t-il un intérêt commun des parties prenantes et un intérêt général ? Cette question doit être examinée de manière factuelle, c’est-à-dire à propos d’une décision stratégique à prendre. Un exemple : les actionnaires veulent fermer un site de production non rentable ; les salariés et les fournisseurs s’y opposent ; les créanciers et les ONG approuvent, les premiers parce qu’ils y voient l’extinction d’un foyer de pertes, les seconds parce qu’ils y voient l’arrêt d’un site polluant. Peut-on fondre ces intérêts partisans en un intérêt commun et général ?
Une réponse à caractère indistinct
Les réformateurs répondent que l’intérêt commun et général réside en la pérennité de l’entreprise gérée dans une optique à long terme, seule à même de promouvoir à la fois son développement et l’intérêt général.
Cette réponse repose sur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Analyse. Le plus grand danger, à long terme, estime le journaliste du « Monde » Damien Leloup, est celui de créer des sociétés habituées à la surveillance de masse permanente, dans laquelle tout libre arbitre disparaît dans les bases de données de quelques entreprises géantes.
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Il faut « interdire la collecte de données personnelles en ligne »

Analyse. Le plus grand danger, à long terme, estime le journaliste du « Monde » Damien Leloup, est celui de créer des sociétés habituées à la surveillance de masse permanente, dans laquelle tout libre arbitre disparaît dans les bases de données de quelques entreprises géantes.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 16h32
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 17h06
    |

            Damien Leloup (Journaliste au "Monde")








                        



                                


                            

Analyse. Que se serait-il passé si, la semaine qui a suivi le naufrage de l’Amoco Cadiz, en 1978, on avait annoncé comme solution pour réguler le problème des marées noires le versement de quelques euros par an aux habitants du Finistère ? C’est, en substance, ce que proposent les auteurs d’une tribune publiée le 4 février dans Le Monde (« Nos “données personnelles” nous appartiennent : monétisons-les ! »), qui arguent que face à la captation des données personnelles et à la place grandissante des algorithmes, il est urgent que chacune et chacun puisse « monétiser » librement ses données personnelles.
C’est un cliché qui, une fois n’est pas coutume, est un peu vrai : les données personnelles sont le « nouvel or noir », la clef de la nouvelle économie... Si, par « or noir », vous entendez une substance dangereuse à laquelle notre économie et nous-même sommes devenus accros, tout en sachant pertinemment que des catastrophes sont à venir. Tout en faisant semblant de croire, à chaque catastrophe, que le pire est derrière nous et qu’il n’y en aura probablement pas d’autre.
Or, des Exxon-Valdez [du nom du pétrolier américain qui répandit 38 000 tonnes de pétrole sur 1 300 km de côtes en Alaska en 1989] de données, il y en a tous les jours. Il ne se passe pas 24 heures sans que l’on apprenne le vol d’une gigantesque base de données, la collecte illégale d’informations médicales ou sur des mineurs par une grande société en ligne, ou l’utilisation de ces données pour débusquer des opposants politiques ou vendre des informations ou des produits frelatés.
Risque de s’habituer à la surveillance de masse
Et le pire est à venir. Nous n’en sommes qu’aux balbutiements de notre savoir en matière d’analyse des données. Ce que nous savons déjà faire devrait nous terrifier : on peut, aujourd’hui, déterminer assez précisément l’orientation sexuelle d’une personne en fonction de ses « likes » sur Facebook, ou savoir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Les deux groupes ne sont pas parvenus à trouver un terrain d’entente sur un nouveau contrat de distribution.
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Orange a reçu une assignation en justice de TF1 pour cesser de diffuser ses chaînes

Les deux groupes ne sont pas parvenus à trouver un terrain d’entente sur un nouveau contrat de distribution.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 16h24
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 17h11
   





                        


Orange a reçu le 1er février une assignation en justice du groupe TF1, qui lui intime l’ordre de cesser de diffuser ses chaînes faute d’avoir signé un nouveau contrat de distribution, annonce l’opérateur mardi 6 février. TF1 s’est refusé à tout commentaire et n’a pas voulu confirmer cette assignation.
Au cœur du contentieux entre les deux groupes figurent les montants réclamés par le groupe audiovisuel et jugés disproportionnés par l’opérateur. Faute d’accord, les discussions entre les deux groupes ont été interrompues le 31 janvier.

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                TF1 demande à Orange de cesser de distribuer ses chaînes, faute d’accord financier



La décision technique de couper le signal des chaînes TF1, TMC, TFX (ex-NT1), TF1 Séries Films (ex-HD1) et LCI sur les box de ses clients incombe à Orange, mais l’opérateur n’a pas précisé s’il se préparait à prendre cette mesure.
TF1 avait annoncé, jeudi, avoir suspendu la fourniture à l’opérateur historique de son service de télévision de rattrapage, ou « replay », MYTF1. TF1 exigeait aussi qu’Orange cesse de commercialiser ses chaînes sur les box de ses clients, estimant que l’opérateur se livrerait à de la « contrefaçon » s’il les diffusait sans disposer de contrat.
Accord trouvé avec SFR et Bouygues Telecom
Le groupe de télévision a engagé un bras de fer avec les opérateurs dès 2016 afin d’obtenir une rémunération pour la fourniture de ses chaînes en clair, qu’il fournissait jusque-là gratuitement. Les opérateurs se sont d’abord opposés en chœur à ce changement, puis se sont dit prêts à négocier avec le groupe de télévision la facturation de services additionnels.
Le poids lourd de la télévision française a réussi à trouver un terrain d’entente avec SFR et Bouygues Telecom (avec lesquels il partage la même maison mère), qui ont accepté de payer pour la diffusion de ses programmes en échange d’une offre enrichie.
Mais les négociations n’ont pas abouti avec Orange, ni avec Iliad, maison mère de Free, ni encore avec Canal+ à ce stade.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ L’Etat et la Corse devraient signer un « new deal », estime dans une tribune au « Monde » l’investisseur André Loesekrug-Pietri. Les dirigeants corses doivent faire leur aggiornamento en se projetant dans le monde d’aujourd’hui, où l’influence et la crédibilité se conquièrent sur le terrain.
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« La Corse doit rapidement et de manière collective bâtir un projet, positif et dynamique »

L’Etat et la Corse devraient signer un « new deal », estime dans une tribune au « Monde » l’investisseur André Loesekrug-Pietri. Les dirigeants corses doivent faire leur aggiornamento en se projetant dans le monde d’aujourd’hui, où l’influence et la crédibilité se conquièrent sur le terrain.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 15h23
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 17h22
    |

André Loesekrug-Pietri (Investisseur, entrepreneur, ancien membre des cabinets ministériels de Sylvie Goulard et de Florence Parly)







                        



                                


                            

Tribune. Emmanuel Macron est en Corse, les 6 et 7 février. Il y est attendu. Certains diraient qu’il est attendu depuis des décennies, tant le « dossier corse » semble marqué par un nombre innombrable de rendez-vous manqués. Et paradoxalement, c’est d’abord un vrai test pour la République. Le rôle de l’Etat-nation est à réinventer.
Il faut proposer un new deal à la Corse et ne pas se crisper sur des positions de principe qui empêchent d’avancer sur l’essentiel : rappelez-vous les panneaux de signalisation, enfin préservés des projectiles maintenant qu’ils sont bilingues… Il a fallu trente années pour arriver à cette position pragmatique. Que de temps perdu.

Concentrer ses efforts sur l’éducation, sur les infrastructures, sur la cohésion sociale, sur la justice, sur l’environnement – on ne répétera jamais assez le rôle clé qu’a joué le Conservatoire du littoral dans la véritable préservation des côtes corses. Loin de gagner les cœurs et les esprits, l’Etat est défaillant aujourd’hui dans le combat contre les mafias, la spéculation immobilière, les affaires criminelles non résolues, le développement économique.
La Corse, elle aussi, doit faire un grand pas. Vers la modernité. Aller au-delà des revendications idéologiques qui ont rythmé les dizaines d’années d’engagement des nouveaux dirigeants, mais dont certaines n’ont que peu d’impact sur la réalité quotidienne des 330 000 habitants de l’île.
Napoléon
La Corse doit rapidement et de manière collective bâtir un projet, positif et dynamique. C’est cela qui la rendra crédible à Paris et en Europe. L’île ne peut compter que sur elle-même pour s’émanciper, sauf à être en permanence dans un dialogue de sourds : en perpétuant chez les plus jeunes Corses ce sentiment que l’île est abandonnée, au moment où les dirigeants centralisateurs d’un autre siècle, comme Jean-Pierre Chevènement, répondent par le « coût » direct que ferait supporter la Corse à la République.
La...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Sony, Microsoft, Blacknut... De plus en plus d’entreprises proposent des services de jeux similaires à Netflix ou Spotify. Ce qui pourrait devenir demain leur principal mode de consommation.
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Après la vidéo et la musique, l’avenir du jeu vidéo promis au streaming

Sony, Microsoft, Blacknut... De plus en plus d’entreprises proposent des services de jeux similaires à Netflix ou Spotify. Ce qui pourrait devenir demain leur principal mode de consommation.





Le Monde
 |    06.02.2018 à 15h16
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 18h16
    |

            William Audureau





« Pour 15 euros par mois, on donne accès à 200 jeux. C’est honnête », se félicite Oscar Barda, directeur éditorial de Blacknut. Cette start-up rennaise a inauguré son service de jeu en streaming mi-janvier, et vise 300 000 utilisateurs en France d’ici à 2020.
Blacknut est loin d’être seul sur ce marché émergent : des géants du secteur, comme Sony, Microsoft ou Nvidia, ont lancé ces dernières semaines leurs propres offres en abonnement. Le début d’une révolution ? « D’ici trois ou quatre ans, cela représentera 50 % du marché », pronostique Thomas Grellier, directeur associé et cofondateur de l’Ecole de management des industrices créatives (EMIC).
Le jeu en streaming, sur abonnement, ou « Netflix du jeu vidéo » pour les amateurs de raccourcis, c’est le leitmotiv actuel de l’industrie. Si la réalité virtuelle avait ses évangélistes et ses sceptiques, ce nouveau mode de consommation fait, lui, l’unanimité. Même les éditeurs pour l’instant absents de ce type d’offre y réfléchissent, à l’image du puissant éditeur français Ubisoft, qui possède déjà sa propre plateforme de distribution dématérialisée, Uplay. « Le streaming a un potentiel important de “nouvelle démocratisation” du jeu vidéo, confirme Emmanuel Carré, porte-parole d’Ubisoft, et notre rôle est d’être là où les joueurs sont. »
En retard sur la musique et la vidéo
Forfait mensuel, jeux illimités : ce nouveau type d’offre s’affirme comme une évolution naturelle pour le dixième art. « Aujourd’hui, la tendance n’est plus à la possession mais à l’utilisation, souligne Thomas Grellier. La vidéo à la demande est déjà à l’abandon, la vidéo sur abonnement a pris le relais avec Netflix et OCS, pareil pour la musique avec Deezer et Spotify. Que le jeu vidéo s’y convertisse est tout sauf une surprise : c’est désormais le modèle dominant. »
« Il y a deux ans, c’était inexistant »
Pour l’instant, le marché est encore embryonnaire. Blacknut a recruté 1 000 abonnés en France en quinze jours. Ni Sony ni Microsoft ne communiquent de chiffres, mais l’éditeur indépendant français Focus Home Interactive, qui fait 60 % de son chiffre d’affaires avec le dématérialisé, observe que l’offre de streaming de Sony représente désormais « une part non négligeable, et que l’on voit monter » de ses revenus. Elle est encore marginale, « mais il y a deux ans, c’était inexistant », rappelle Cédric Lagarrigue, son président.
D’habitude avant-gardiste, l’industrie est pour l’instant en retard sur ses cousines. La faute à son actuelle bonne santé. « La musique et la vidéo ont connu la crise, elles ont été obligées de changer de modèle économique. Le jeu vidéo, lui, est en plein pic », assure Thomas Grellier. Les raisons sont également techniques : la taille des fichiers informatiques, l’attachement des consommateurs à la qualité de la définition d’image et l’importance cruciale du temps de réaction ont également fait du jeu vidéo un des produits les plus techniquements exigeants à transvaser en streaming.
Le coup de pouce du big data et de l’IA
Ces dernières années, les infrastructures ont progressé. Côté puissance de calcul, les besoins du big data et de la recherche en intelligence artificielle ont poussé les fournisseurs de serveurs (comme Amazon, Google ou Microsoft) à équiper leur matériel en cartes graphiques pour plus d’efficacité – une évolution qui bénéficie directement au streaming de jeu vidéo, explique Oscar Barda.
Côté tuyaux, les géants des télécoms commencent à évoquer le lancement de la 5G en Occident, la fibre se déploie à vitesse grand V en Asie du Sud-Est, et l’accès à l’Internet mobile en Afrique progresse très vite. « Quand le haut débit sera démocratisé dans le monde, et ça va vite, ce ne sont plus 500 millions de joueurs PC ou consoles que l’on comptera, mais des milliards, que l’on pourra désormais toucher avec une simple télé connectée, » s’enthousiasme Cédric Lagarrigue.  
Les grands groupes savent que la grande heure du jeu vidéo par abonnement n’est pas encore arrivée, mais s’y préparent méticuleusement. Sony a misé dès 2012 sur le streaming en rachetant l’entreprise Gaikai, et attendu 2017 pour lancer en France une première offre commerciale, le PS Now, aux allures de ballon d’essai. « C’est encore les débuts, le balbutiement. Sony et Microsoft essaient de respecter un calendrier, et y vont étape par étape », prévient Cédric Lagarrigue. Microsoft n’en est pas encore à l’étape streaming. « Pour que les consommateurs en profitent, il faut du haut débit, et tout le monde n’est pas encore assez équipé, notamment aux Etats-Unis. Mais on est dans les starting-blocks », explique Hugues Ouvrard, président de Xbox France.
Boycott des boutiques physiques
En coulisses, la plupart des acteurs voient d’un bon œil le passage à un modèle tout dématérialisé.  « C’est très rémunérateur, décrypte Thomas Grellier. Cela fait sauter plein de verrous liés à la distribution physique, comme les coûts de fabrication et de distribution. Et cela permet de réaliser le rêve des éditeurs, qui est de se passer du retail, ce qui augmente immédiatement la marge de 30 à 40 %. »
La possibilité, en passant, de tuer le marché de l’occasion, qui dérange tant les éditeurs. Les gérants de boutiques spécialisées, qui se rémunèrent principalement sur la revente de jeux d’occasion, ont bien compris les dangers de ce type d’offre : en Autriche et en Angleterre, plusieurs magasins ont décidé en janvier de boycotter la Xbox One, après l’intégration des nouveautés dans le Game Pass de Microsoft.
« D’ici deux ou trois ans, il y aura déjà des morts »
Le jeu en streaming préfigure un avenir dans lequel les points de vente seraient inutiles, et même les consoles, facultatives. L’objectif, à terme, devrait moins être d’écouler des machines que de vendre des abonnements. « On envisage le jeu vidéo de la manière la plus large possible, du PC au mobile. A terme, on doit être plateforme-agnostique, sans sacrifier la console, où sont les gameurs », précise Hugues Ouvrard.
A terme, leurs concurrents ne s’appellent plus forcément Nintendo ou Apple, mais Amazon et Facebook, qui ont multiplié ces dernières années les investissements en matière de jeux vidéo. « C’est excitant en ce moment parce qu’il y a beaucoup de mouvement. On assiste à une course pour être le premier, mais d’ici deux ou trois ans, il y aura déjà des morts », prévient Oscar Barda.
Convaincre les éditeurs
Le nerf de la guerre ? Le catalogue. Le monde du streaming repose sur un modèle économique radicalement différent de la vente classique à l’unité, celui du pool split. Le chiffre d’affaires global généré par les abonnements est reversé pour partie au propriétaire du service pour couvrir ses frais de fonctionnement (marketing, serveurs, etc.), pour l’autre aux détenteurs des droits, généralement en fonction du nombre de minutes jouées.
Pour l’instant, difficile de convaincre les éditeurs de rejoindre des offres à l’audience encore limitée, alors que leurs blockbusters génèrent plusieurs millions d’euros de chiffre d’affaires en vente à l’unité. C’est pourquoi leurs services restent pour l’instant surtout composés de jeux déjà sortis depuis un ou deux ans, ou dont le modèle économique repose sur le nombre d’utilisateurs actifs et les microtransactions, comme c’est souvent le cas dans l’e-sport.
Il arrive toutefois que Sony ou Microsoft déboursent une somme rondelette – plusieurs millions d’euros – pour s’assurer l’exclusivité de quelques blockbusters bankables, comme Resident Evil 6 ou Red Dead Redemption, à même de recruter de nouveaux abonnés. Et à terme, les nouveautés des éditeurs telles que FIFA ou Call of Duty pourraient rejoindre ces offres, comme c’est désormais déjà le cas pour les jeux maison de Microsoft. « Les grands éditeurs observent ce qui va se passer au lancement de nos titres. On montre l’exemple », assume Hugues Ouvrard. 
Des offres qui se cherchent
Pour l’industrie, la principale question est celle du prix de l’abonnement. L’offre PS Now a été lancée à 17 euros, 70 % plus cher que les autres services en streaming comme Netflix, Spotify, OCS ou Deezer, qui fonctionnent sur un système quasi identique. Thomas Grellier n’exclut pas l’arrivée, à terme, d’offres premium permettant d’accéder à toutes les dernières nouveautés.
L’objectif est notamment de réussir à financer de grosses productions, comme Netflix s’y emploie. Sauf qu’en jeu vidéo, celles-ci peuvent coûter 50, 70 voire 100 millions d’euros. « Dans le jeu vidéo, les coûts de production sont énormes : faire un jeu, ça coûte bien plus que faire un album, argue le président de Focus. C’est pourquoi il va y avoir du tatonnement pour trouver le bon modèle. » 
A 15 millions de dollars (12 millions d’euros) en moyenne par épisode – un record –, la saison 8 de Game of Thrones devrait coûter environ 90 millions de dollars à la chaîne HBO. A lui seul, le dernier épisode de Grand Theft Auto en a nécessité 265 millions, et la facture augmente à chaque nouvelle console.




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Le marché de l’occasion, en déclin depuis trois mois, fait les frais de l’incertitude automobile

Confrontés à des signaux contradictoires de la part des pouvoirs publics en matière de mobilité, les acheteurs se montrent de plus en plus attentistes.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 15h09
    |

                            Éric Béziat








                        



   


Diesel ou essence ? Thermique ou électrique ? Les Français ont de plus en plus de mal à savoir à quoi s’en tenir en matière d’achat automobile. Si cette impression de flou n’empêche pas les ventes de voitures neuves de se porter à merveille depuis plusieurs mois, l’incertitude en matière de mobilité a peut-être commencé à affecter le marché de l’occasion – 5,7 millions de véhicules vendus en 2017, soit le double du neuf –, qui est en train de caler sévèrement.

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                Automobile : « Les Français ont besoin d’une feuille de route claire »



En janvier, les ventes de voitures d’occasion en France ont reculé de 7,1 %, selon le baromètre du site de ventes d’occasion AutoScout24, qui fait référence. C’est le troisième mois de chute d’affilée, puisque novembre (- 9,6 %) et décembre 2017 (- 13,3 %) avaient brutalement inversé la tendance d’un marché jusqu’alors orienté à la hausse. 
« Trois mois consécutifs de baisse, ce n’était pas arrivé depuis longtemps, constate Vincent Hancart, directeur général d’AutoScout24 France. On peut désormais parler d’une tendance négative de marché. »
« La baisse existe, mais il faut la replacer dans une perspective plus longue, nuance Guillaume Paoli, cofondateur d’Aramisauto.com, l’un des sites français leader de l’occasion, allié à PSA depuis 2016. Nous avons atteint l’an dernier un record de marché : 5,7 millions de véhicules vendus, à comparer à la moyenne des ventes des sept dernières années, qui était de 5,4 millions. Cela étant dit, la chute de janvier a de quoi surprendre, car elle se produit le premier mois où la prime de conversion pour l’achat d’un véhicule plus propre est étendue aux véhicules d’occasion. »
Rééquilibrage diesel-essence
Cette prime qui, pour la première fois en 2018, peut s’appliquer à l’achat d’un véhicule d’occasion pour peu qu’il réponde à un certain nombre de critères (véhicule électrique ou véhicule thermique classé 1 ou 2), permet de toucher 1 000 à 2 000 euros (selon que vous êtes ou non imposable), à la condition d’avoir mis à la casse votre ancien véhicule polluant.
Manifestement, cette incitation n’a pas eu pour le moment l’effet escompté. Elle pourrait même avoir eu un effet négatif sur la revente des véhicules à forte ancienneté. Les voitures ayant entre 11 et 15 ans d’âge ont accusé une forte chute de leurs ventes en janvier : - 11,2 %.
A peu près toutes les tranches d’âge et tous les types de véhicule étaient en recul le mois dernier. La tendance est particulièrement prégnante pour le diesel. Comme dans le neuf, le marché connaît un rééquiligrage diesel-essence.

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Cependant, les véhicules à gazole constituent encore les deux tiers des parts de marché en occasion (63 % en janvier), en baisse de deux points de pourcentage par rapport à la même période de l’an dernier. Seules les ventes de voitures hybrides et électriques d’occasion sont en hausse, mais elles représentent moins de 2% du marché.
Offre en décalage avec la demande
Pour ne rien arranger, l’offre est en complet décalage avec la demande « Nous nous battons pour proposer à nos clients des véhicules essence, mais c’est compliqué car les occasions d’aujourd’hui sont les neuves d’il y a deux ou trois ou quatre ans, quand le diesel représentait plus de 60 % des ventes, explique M. Paoli. Les occasions essence partent de plus en plus vite et à un prix élevé. Les diesel se vendent bien plus lentement. » « Sur notre site français, les diesel représentent 78 % de l’offre, mais 51% seulement des demandes des acheteurs », confirme Vincent Hancart.
Les ventes de véhicules essence d’occasion ont aussi reculé ce mois-ci (- 3,8 % par rapport à janvier 2017). « C’est bien le signe d’une incertitude généralisée, analyse M. Hancart. Confrontés à des signaux contradictoires, les acheteurs de voiture sont de plus en plus attentistes. »

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                Le marché des voitures d’occasion menacé



« Nous attendons de l’ensemble des pouvoirs publics une feuille de route claire et lisible, poursuit Guillaume Paoli. Pour de très nombreux ménages français, l’automobile est indispensable. Impossible de s’en passer quand on vit à la campagne ou dans une petite ville. Ce n’est pas un luxe. Le luxe, c’est de vivre au centre de Paris. Actuellement, nous voyons beaucoup de nos clients décaler leur achat, qui, il faut le rappeler, constitue le deuxième poste de dépenses d’un foyer. Ils ont souvent un budget contraint et ne veulent pas se retrouver avec un véhicule qu’ils ne pourront pas utiliser. »



                            


                        

                        


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Entreprises : il faut « faire de l’égalité entre hommes et femmes le moyen d’une nouvelle performance »

Si l’Etat peut faire beaucoup pour augmenter la rémunération des métiers féminisés et à temps partiel, c’est aux entreprises de corriger leurs pratiques de management et de gestion de carrière, explique dans une tribune au « Monde » Antoine de Gabrielli, dirigeant d’un organisme de formation.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 14h30
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 15h03
    |

Antoine de Gabrielli (Dirigeant de l'organisme de formation Companieros et fondateur du réseau Happy Men Share More)







                        



                                


                            

Tribune. Les inégalités de revenus entre hommes et femmes sont, on le sait, de 25 % environ en moyenne. Elles proviennent de trois facteurs, qui représentent chacun à peu près un tiers de cet écart.
Le premier tiers provient de la surreprésentation des femmes dans une dizaine de métiers dont la rémunération est faible ou très faible. Les infirmiers sont à 90 % des femmes, comme 95 % des orthophonistes et 75 % des personnels de santé. Toutes ces professions sont faiblement rémunérées : une orthophoniste, par exemple, après un concours très sélectif et cinq ans d’études, gagne en moyenne le smic plus 57 euros par mois.
Surreprésentation des femmes dans le temps partiel
Dans la fonction publique, 75 % des employés administratifs sont des femmes. Les nouveaux magistrats le sont aussi à 80 %, dans un contexte de grave paupérisation de la justice. L’enseignement compte 65 % de femmes et 85 % d’institutrices, dont le salaire est aujourd’hui de 1 500 euros net en début de carrière.
Toutes ces professions féminisées ont un point commun : elles dépendent, de près ou de loin, de l’Etat. Or l’Etat les rémunère insuffisamment, et souvent très mal, ce qui a conduit les hommes à les déserter. Parlant des médecins, la sociologue Anne-Chantal Hardy, spécialiste des professions de santé à l’université de Nantes, indique que « les femmes ne sont pas venues concurrencer les hommes, mais tout simplement occuper les places qu’ils avaient laissées vides ».

Quelle solution ? Mieux payer, beaucoup mieux payer ces professions à la fois très féminisées et socialement essentielles. C’est certainement difficile dans la situation budgétaire actuelle, mais c’est possible, car c’est juste et nécessaire. Nous devons faire un choix de société, qui demandera sans doute une génération pour porter ses fruits. Pour ce tiers-là, c’est d’abord à l’Etat de savoir ce qu’il veut.
Le deuxième tiers des inégalités a pour origine...




                        

                        


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Le visa H1B, précieux sésame du secteur informatique américain

Ce type de visa, qui permet à des employés hautement qualifiés de venir travailler aux Etats-Unis, est très prisé des entreprises de la Silicon Valley. Mais l’administration Trump entend réformer le dispositif.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 14h20
    |

                            Maxime Mainguet








                        



   


Depuis son arrivée au pouvoir, Donald Trump a maintes fois répété qu’il souhaitait réformer le système d’attribution des visas H1B, ces documents permettant aux employés qualifiés étrangers de venir travailler aux Etats-Unis.
S’il n’a pas entièrement les coudées franches pour faire évoluer les modalités d’attribution (et notamment le nombre de visas octroyés), le président américain a tout de même signé, en avril 2017, un décret ordonnant aux ministères concernés de proposer des pistes de réforme.

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                Aux Etats-Unis, l’attribution des visas, un système kafkaïen



Une volonté qui inquiète la Silicon Valley, le secteur informatique étant de loin le premier bénéficiaire de ces visas, dont rêvent chaque année des dizaines de milliers de salariés dans le monde.
Près de trois fois plus de demandeurs que de lauréats

   


En effet, si les appelés sont nombreux, les élus, eux, sont rares. Chaque année, l’USCIS (l’US Citizenship and Immigration Services), l’organisme chargé d’examiner les dossiers, réserve 85 000 visas H1B à des ressortissants étrangers (dont 20 000 pour ceux ayant obtenu un diplôme universitaire supérieur aux Etats-Unis).
Mais le nombre de requêtes dépasse largement ce chiffre. Ainsi, 236 000 demandes avaient été émises pour la seule année fiscale 2017, qui courait du 1er octobre 2016 au 30 septembre 2017. C’est 2,7 fois plus que le nombre de nouveaux visas accordés effectivement.
Un nombre de dossiers traités en augmentation depuis 2013

   


Outre ces demandes de premiers visas H1B, l’administration américaine traite également celles liées à des renouvellements, à un changement d’employeur ou celles qui émanent d’employeurs non soumis au contingentement (établissements d’enseignement, centres de recherches à but non lucratif, etc.) .
Au total, l’organisme a donc traité plus de 399 349 cas pour la seule année fiscale 2016. Un total qui augmente régulièrement depuis 2013. A l’époque, seuls 299 690 dossiers avaient été examinés.
Les demandes de visas H1B concernent majoritairement des Indiens

   


Les visas H1B peuvent potentiellement profiter aux travailleurs du monde entier. Mais, en pratique, les demandes, qui sont techniquement formulées par le futur employeur, se concentrent sur les travailleurs de quelques pays, notamment asiatiques. Ainsi, sur les 399 349 demandes reçues par l’USCIS au cours de l’année fiscale 2016 (1er octobre 2015-30 septembre 2016), 300 902 concernaient des Indiens, soit un peu plus de 75 % du total.
Par ailleurs, 8,9 % des demandes ont concerné des employés chinois. Pour les autres Etats, le nombre de demandes est encore plus réduit. Troisième pays le plus représenté dans la liste des demandes, la Corée du Sud n’en totalise en effet que 4 547. Les demandes concernant des ressortissants français s’élevaient quant à elles à 1 992.
Les métiers de l’informatique surreprésentés dans les demandes

   


Les travailleurs du secteur informatique sont les plus concernés par ces demandes de visa. Ils étaient 281 017 dans ce cas en 2016, soit 70,3 % du total des demandes.
Les autres domaines d’activité génèrent moins de demandes. Seules 29 822 ont été effectuées pour des travailleurs exerçant des métiers liés à l’architecture ou à l’ingénierie, alors que ceux-ci représentent pourtant le deuxième secteur le plus actif en la matière. Les emplois administratifs ne totalisaient eux que 22 786 requêtes.



                            


                        

                        


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La banque d’affaires Rothschild rêve de séduire Google

L’établissement français a ouvert un bureau dans la Silicon Valley, où il compte recruter quinze personnes. Et dispose déjà de 50 banquiers entièrement consacrés aux technologies.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 14h17
    |

            Sandrine Cassini








                        



                                


                            

La vieille dame s’est transportée dans le berceau de la technologie. A plus de 200 ans, Rothschild a décidé de conquérir les fleurons, comme Google, HP ou Symantec. En 2017, la banque d’affaires française a commencé à constituer une équipe transversale et mondiale consacrée aux technologies. Elle l’a installée à Palo Alto, dans la Silicon Valley, en Californie.
« Nous avons comme objectif d’embaucher quinze personnes d’ici un an », annonce le banquier Walid Khiari. Recruté en septembre 2017, ce Français a fait toute sa carrière aux Etats-Unis, d’abord chez Bank of America, puis Merrill Lynch et, dernièrement, chez Credit Suisse. Celui qui vit dans la baie de San Francisco depuis 2007 a participé au rachat de Blue Coat Systems par Symantec pour 4,7 milliards de dollars (3,8 milliards d’euros), et à l’acquisition de Hybris par SAP pour 1,5 milliard de dollars.

« Nous voulons à la fois développer une activité domestique et créer un think tank dévolu à ces thématiques », poursuit M. Khiari. Pour se démarquer, Rothschild rappelle qu’elle n’intervient pas sur les marchés financiers et que, de ce fait, ne peut être soupçonnée de conflit d’intérêts. La banque a déjà participé à une opération de taille, avec le rachat par Intel, un client de longue date, de l’israélien Mobileye pour 15 milliards de dollars.
Etendre le portefeuille de clients
Elle rêve désormais d’étendre son portefeuille de clients, grâce à ces nouveaux banquiers. Embauché en 2017 pour diriger ce grand pôle consacré aux technologies, Chris Gaertner, un autre transfuge de Credit Suisse et de Merrill Lynch, avait conseillé Google au moment de son introduction en Bourse, en 2004. « Nous connaissons bien Google, nous leur parlons », explique Walid Khairi, qui met en avant le nouveau carnet d’adresses de l’établissement français, mais admet ne pas encore avoir été mandaté dans aucune opération.
L’équipe « tech » constituée par Rothschild compte...




                        

                        


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Le laboratoire Novartis accusé d’avoir corrompu deux ex-premiers ministres grecs

Le laboratoire pharmaceutique suisse est à l’origine d’un scandale qui pourrait éclabousser une bonne partie de l’opposition grecque.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 13h46
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 15h02
   





                        



   


Le parquet anticorruption grec, qui enquête depuis 2016 sur le laboratoire pharmaceutique suisse Novartis, soupçonne une dizaine de dirigeants politiques grecs d’avoir accepté des pots-de-vin pour aider le laboratoire à commercialiser des médicaments aux vertus curatives discutables, et à gonfler ses prix. Ces hommes politiques ne pouvant être jugés par un tribunal ordinaire, leur dossier va être transféré, mardi 6 février, au Parlement, seul habilité à enquêter sur d’ex-membres du gouvernement.
Saisissante, la liste des politiciens possiblement impliqués inclut une partie du gotha politique grec. Y figurent deux ex-premiers ministres, dont le conservateur Antonis Samaras (Nouvelle Démocratie), huit ex-ministres, dont Adonis Georgiadis, numéro deux de Nouvelle Démocratie, chargé du portefeuille de la santé. L’actuel gouverneur de la Banque centrale, Yannis Stournaras, serait également impliqué, comme le commissaire européen aux migrations, Dimitris Avramopoulos. Le poids lourd socialiste Evangélos Vénizélos est également soupçonné.
Des accusations de « machination » politique
Une bonne partie des figures de l’opposition au gouvernement actuel pourraient être éclaboussées par cette affaire. M. Samaras a dénoncé une « nouvelle diffamation de M. Tsipras », qui lui a succédé au pouvoir il y a trois ans, assurant que ses accusateurs « devront en répondre devant la justice ».
Niant tout rapport avec la politique du médicament, M. Avramapoulos a démenti toute implication, tout comme M. Stournaras. Ce dernier a dénoncé une opération de harcèlement du gouvernement de gauche. La thèse d’une machination politique a aussi été avancée par M. Venizélos, allié de M. Samaras avant l’arrivée au pouvoir de Syriza, le parti de M. Tsipras. 
« L’enquête montrera s’il y a implication ou pas », a rétorqué l’actuel ministre de la justice, Stavros Kontonis, niant toute « intervention politique ». L’affaire « est d’une énorme ampleur », a-t-il ajouté. Il avait estimé en avril que Novartis avait probablement soudoyé « des milliers » de médecins et de fonctionnaires, une affaire d’autant plus sensible que la santé publique a été frappée de plein fouet en Grèce par neuf ans d’austérité. La branche grecque de Novartis a dit lundi « continuer à coopérer » avec les autorités, sans davantage de commentaires.
Novartis déjà épinglé dans d’autres pays
L’enquête semble bien avancée. Le parquet a fait procéder à des perquisitions dans les locaux de Novartis près d’Athènes. Plus d’une centaine de témoins ont été interrogés. Novartis fait face à des enquêtes pour corruption dans d’autres pays. En novembre 2016, le département de la justice américain a condamné le groupe Suisse à une amende de 390 millions de dollars (environ 314 millions de francs) pour avoir incité des chaînes de pharmacies à recommander ses médicaments plutôt que d’autres.

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                Le système politique grec miné par le clientélisme et la corruption



Le volet politique est désormais confié au Parlement. Le parquet anticorruption poursuivra son enquête dans le volet non politique de l’affaire. Des poursuites ont d’ailleurs été engagées contre l’un des dirigeants du parquet.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ La comptabilité du deuxième groupe anglais de BTP et de services semble avoir été conçue pour masquer jusqu’au bout la réalité des dettes, explique le professeur en sciences de gestion Armand Hatchuel dans sa chronique mensuelle.
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Le britannique Carillion « mort par overdose de gestion actionnariale »

La comptabilité du deuxième groupe anglais de BTP et de services semble avoir été conçue pour masquer jusqu’au bout la réalité des dettes, explique le professeur en sciences de gestion Armand Hatchuel dans sa chronique mensuelle.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 13h38
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 15h48
    |

                            Armand Hatchuel (Professeur à MinesParistech/PSL Research University)








                        



                                


                            

L’éclairage. Il y a quelques semaines, Carillion, le deuxième groupe anglais de BTP et de services, a brutalement fait faillite. Cette chute a surpris, d’autant plus que les principaux clients de Carillion sont des services publics, et ses contrats des commandes d’Etat.
L’entreprise gérait les cuisines de centaines d’écoles, construisait des hôpitaux et des systèmes de transport, fournissait de nombreux services à l’armée anglaise. Le groupe n’est donc pas tombé sous les coups de clients versatiles, de la mondialisation ou de la numérisation de la concurrence.
Certes, les métiers du service et de la construction souffrent souvent de chantiers qui dérapent et de retards de paiement, mais ces problèmes sont connus des professionnels et la taille de Carillion aurait dû lui permettre d’absorber ces aléas. Alors, comment expliquer la mort si rapide d’une entreprise aussi importante et indispensable aux services publics britanniques ? Tout porte à croire que l’on se trouve face à un cas « chimiquement pur » de mort par overdose de gestion exclusivement actionnariale, avec toutes les dérives comptables qui accompagnent ce type de gouvernance.
Distribution imposée de dividendes
Carillion est un conglomérat qui s’est construit récemment avec la privatisation massive de nombreux services publics. Au moyen de nombreuses acquisitions, le groupe a connu une croissance rapide, qui l’a conduit à devenir un géant de 40 000 personnes avec, en 2016, 7 milliards de dollars de chiffre d’affaires et un bénéfice de 200 millions de dollars, dont la moitié affectée aux dividendes. Une consolidation qui s’enorgueillissait « d’avoir augmenté constamment ses dividendes depuis sa création ». En 2016, des analystes financiers soulignaient encore cette belle performance. Une activité qui croît et les dividendes qui suivent, quoi de plus satisfaisant ?

Sauf que l’on sait aujourd’hui que cette distribution imposée de dividendes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Trois géants de l’économie américaine ont annoncé la création de leur propre structure pour assurer la couverture médicale de leurs salariés américains, explique le correspondant du « Monde » à New York, Arnaud Leparmentier.
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« Amazon, JPMorgan et Berkshire Hathaway font chuter les valeurs de la santé » à Wall Street

Trois géants de l’économie américaine ont annoncé la création de leur propre structure pour assurer la couverture médicale de leurs salariés américains, explique le correspondant du « Monde » à New York, Arnaud Leparmentier.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 13h16
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

Lettre de Wall Street. Il y a les grincheux, qui expliquent que l’entreprise est vouée à l’échec, et les marchés financiers, qui prennent l’initiative très au sérieux. Les valeurs de la santé ont décroché à Wall Street, après que trois géants américains, Amazon, JPMorgan et Berkshire Hathaway, la firme du milliardaire Warren Buffett, ont annoncé, mardi 30 janvier, la création de leur propre structure pour assurer la couverture médicale de leurs salariés américains.
Les trois géants employant plus d’un million de personnes dans le monde, la nouvelle a fait l’effet d’une bombe, alors que le système de santé américain est hors de contrôle. Les dépenses médicales y atteignent 3 300 milliards de dollars par an (10 000 dollars par personne environ), soit 17,2 % du produit intérieur brut selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), un record toutes catégories (la France est à 11 %, les pays membres de l’OCDE à 9 %). Et le coût d’une assurance d’entreprise couvrant une famille a triplé depuis le début du siècle, pour atteindre environ 19 000 dollars (6 700 pour une personne seule).
Si les Etats-Unis n’ont jamais adopté de système de sécurité sociale universelle, c’est que la pression politique a vite disparu. Dans les années 1940, alors que les salaires étaient bloqués et l’impôt sur le revenu considérable, les entreprises ont commencé à offrir à leurs salariés une assurance médicale non imposable : 150 millions d’Américains en profitent aujourd’hui.
En 1965, ce système a été complété par la création, par le président démocrate Lyndon B. Johnson, de Medicaid, pour les mères pauvres et seules, et surtout de Medicare pour les seniors. « Avec la classe moyenne, plutôt bien traitée grâce aux assurances d’entreprise, et les plus âgés, pris en charge par Medicare, les deux électorats les plus puissants étaient choyés : c’est cela qui a rendu plus difficile la marche vers une couverture universelle »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Le constructeur automobile allemand est soupçonné d’avoir manipulé les émissions polluantes de 210 000 de ses voitures diesel.
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Dieselgate : la justice allemande perquisitionne à nouveau des sites d’Audi

Le constructeur automobile allemand est soupçonné d’avoir manipulé les émissions polluantes de 210 000 de ses voitures diesel.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 12h06
   





                        


Nouvel épisode dans le scandale du diesel qui bouleverse l’industrie automobile depuis deux ans. La justice allemande a de nouveau perquisitionné, mardi 6 février, des sites du constructeur Audi, filiale du groupe Volkswagen, soupçonné d’avoir manipulé les émissions polluantes de plus de 200 000 de ses voitures diesel.
Plusieurs membres des parquets et de la police judiciaire des Etats régionaux de Bavière et du Bade-Wurtemberg « ont perquisitionné mardi un domicile privé dans le Bade-Wurtemberg ainsi que des bureaux et locaux commerciaux d’Audi sur les sites d’Ingolstadt et de Neckarsulm », dans le sud du pays, a annoncé dans un communiqué le parquet de Munich. Les enquêteurs s’intéressent à l’installation par le constructeur d’un logiciel utilisé pour « manipuler les émissions polluantes de moteurs diesel 3 litres V6 destinés au marché européen », a-t-il ajouté. « Nous coopérons pleinement avec les autorités », a réagi par écrit un porte-parole d’Audi sollicité par l’AFP, sans donner davantage de détails.
La justice allemande enquête sur des soupçons de fraude et de publicité mensongère concernant au moins 210 000 véhicules diesel mis en circulation à partir de 2009 sur les marchés européen et américain. Dans le volet américain de ses investigations, le parquet de Munich a désormais quatorze suspects. « Aucun d’eux n’est un membre actuel ou passé du directoire d’Audi », précise-t-il.
Deux salariés arrêtés
La justice avait déjà perquisitionné des locaux d’Audi en mars 2017, et notamment son siège d’Ingolstadt, alors que plusieurs parquets en Allemagne cherchent à déterminer les responsabilités dans le scandale des moteurs diesel truqués qui a éclaté chez Volkswagen et a ensuite fait tache d’huile dans l’industrie automobile.
A la fin de janvier, le parquet de Munich a également ordonné la perquisition de six appartements privés de « salariés ou d’ex-salariés » d’Audi. Ces derniers mois, deux salariés avaient été arrêtés. Un ancien responsable du développement des moteurs d’Audi est toujours en détention provisoire tandis qu’un ingénieur a été remis en liberté en novembre.

        Lire aussi :
         

                En deux ans, le scandale du diesel a bouleversé l’industrie



A la fin de 2015, le groupe Volkswagen, propriétaire entre autres de Porsche et d’Audi, avait reconnu avoir équipé onze millions de ses voitures diesel, dont environ 600 000 aux Etats-Unis, d’un logiciel capable de fausser le résultat des tests antipollution et dissimulant des émissions dépassant parfois jusqu’à quarante fois les normes autorisées.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, héraut de « l’Amérique d’abord », les conditions d’octroi des permis de travail se sont durcies. Une tendance au repli qui profite d’abord au Canada.
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Aux Etats-Unis, l’attribution des visas, un système kafkaïen

Depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, héraut de « l’Amérique d’abord », les conditions d’octroi des permis de travail se sont durcies. Une tendance au repli qui profite d’abord au Canada.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 11h55
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 11h57
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

Série « L’Amérique citadelle » (1/5). C’était à la fin du printemps 2017, peu après que Donald Trump eut signé son décret présidentiel « acheter et embaucher américain ». Un inspecteur fédéral se présente à l’accueil de trueEX, une jeune pousse financière de 70 personnes sise au cœur de Manhattan. Il demande à vérifier les visas des salariés étrangers.
La directrice générale, Karen O’Connor, 61 ans, le conduit dans son bureau, lui présente les quatre visas étrangers, tous en règle. L’inspecteur repart. Les salariés sont sous le choc, tout comme Karen O’Connor. « J’étais vraiment stressée », confie-t-elle, en se remémorant cette visite à brûle-pourpoint. Cet incident la conforte dans l’idée d’ouvrir un bureau d’une dizaine de personnes à Montréal plutôt qu’à New York.

Il y a beau temps qu’elle nourrit ce projet. Pour son entreprise, elle a besoin d’une main-d’œuvre étrangère spécialisée, les ­fameux visas H1B. Las ! Ceux-ci sont limités à 85 000 par an et profitent très largement à la Silicon Valley (Californie). En obtenir s’annonce de plus en plus difficile.
Dès 2016, Karen O’Connor avait pris langue avec les responsables économiques du Québec, qui lui avaient vanté les attraits de la Belle Province. « J’avais le sentiment d’être la reine Elizabeth. Tout le pays m’attendait », se souvient-elle. Après avoir hésité entre Québec et Montréal, elle a opté pour Montréal – moins exclusivement francophone – en 2018. Dix embauches et 1 million de dollars d’économies par an (environ 800 000 euros), sans les aléas du « trumpisme ».
Les Canadiens s’appuient sur des arguments bien affûtés : une entrée facilitée sur le grand marché nord-américain grâce à l’accord de libre-échange avec les Etats-Unis et le Mexique (Alena), un accès de choix aux talents et des coûts en moyenne inférieurs de 15 % à ceux des grandes métropoles nord-américaines, selon une étude du cabinet d’audit KPMG....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Dénonçant la « brutalité » de l’exécutif, les organisations syndicales se préparent à une longue bataille.
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Fonction publique : la veillée d’armes des syndicats

Dénonçant la « brutalité » de l’exécutif, les organisations syndicales se préparent à une longue bataille.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 11h23
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 15h26
    |

            Benoît Floc'h








                        



                                


                            

Comment faire reculer le gouvernement ? C’est la question à laquelle les syndicats de la fonction publique devaient tenter d’apporter une réponse, mardi 6 février en fin de journée. Cette réunion pourrait ressembler à une veillée d’armes, débouchant sur l’organisation d’une nouvelle journée de mobilisation associant grève et manifestations.
Les fonctionnaires sont toujours sous le choc des annonces du 1er février. Plan de départs volontaires, recours accru aux contractuels, rénovation du statut du fonctionnaire, rémunération au mérite… La pilule ne passe pas. D’autant moins, d’ailleurs, que les agents publics n’ont toujours pas digéré le gel du point d’indice et le rétablissement du jour de carence.

Pour la CGT, majoritaire dans la fonction publique (avec 23,1 % des voix aux élections professionnelles de 2014), « on a franchi la ligne jaune. Le gouvernement choisit la confrontation ». La CFDT, syndicat réformiste arrivé deuxième avec 19,3 % des voix, juste devant FO (18,6 %), dénonce « un mauvais signal », fustigeant « un mépris, une brutalité, un manque de considération pour le travail des agents publics ».
C’est le « plan de départs volontaires » annoncé par Gérald Darmanin qui irrite le plus. Et ce, même si le ministre de l’action et des comptes publics a pris le soin de préciser qu’« il ne s’agit pas de faire un plan de départs volontaires pour tout le monde, bien évidemment. Il s’agit d’adapter nos services publics et de le faire avec et pour les agents publics ». Pour la CFDT, cela discrédite toute l’action du gouvernement. « Les annonces autour de cette histoire de plan de départs faussent toute la concertation et le chantier sur la fonction publique, estime Mylène Jacquot, secrétaire générale de la CFDT-Fonctions publiques. Il était question que l’on s’intéresse d’abord aux missions du service public avant d’aborder l’ajustement des moyens, ce qui n’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Le patron du groupe pétrolier estime que les investissements dans les hydrocarbures ne sont pas repartis depuis le pic de 2014.
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Patrick Pouyanné, PDG de Total : « Après 2020, on risque de manquer de pétrole »

Le patron du groupe pétrolier estime que les investissements dans les hydrocarbures ne sont pas repartis depuis le pic de 2014.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 11h19
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 15h33
    |

            Jean-Michel Bezat et 
                                Nabil Wakim








                        



                                


                            

A la veille de la publication des résultats 2017 du groupe pétrolier, jeudi 8 février, le PDG de Total, Patrick Pouyanné, annonce un bénéfice supérieur à 10 milliards de dollars.
Le prix du baril a fortement augmenté. Comment cela se traduira-t-il dans les résultats 2017 de Total ?
Le résultat net sera de près de 30 % supérieur à celui de 2016 [qui était de 8,3 milliards de dollars]. Ces bons résultats sont le fruit de trois éléments : discipline sur les dépenses, croissance de la production et hausse des prix du brut. Le plus important, c’est l’avenir. Depuis deux ans, Total a profité de prix bas pour regonfler ses réserves de 5 milliards de barils payés 2,5 dollars [2 euros] le baril, avec l’acquisition du danois Maersk Oil, la concession ADCO à Abou Dhabi ou l’alliance stratégique avec Petrobras au Brésil.
Ces opérations assureront une hausse moyenne de la production de 5 % par an jusqu’en 2022. Nous nous sommes aussi renforcés dans le gaz naturel liquéfié [GNL] en rachetant l’activité d’Engie, ce qui place Total au deuxième rang mondial, avec 10 % du marché.

Après avoir beaucoup investi, le groupe verra son cash-flow augmenter tout en conservant sa discipline d’investissement, parce qu’on ne maîtrise pas les prix du pétrole. Enfin, nous allons continuer d’investir dans les énergies renouvelables avec la volonté de plus en plus affirmée de produire de l’électricité à partir du gaz et des renouvelables, et de la vendre, sur la base d’un constat simple : la demande en électricité croît plus vite que la demande moyenne en énergie.
Y a-t-il un risque de pénurie à l’horizon 2020 – et donc de flambée des prix du pétrole –, faute d’investissements suffisants en 2015-2017 ?
Les grands investissements de l’industrie « oil & gas » n’ont pas encore repris. On est autour de 400 milliards de dollars dans l’exploration-production [plus de 750 milliards au...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Manille soupçonne que 14 décès soient liés à la prise du Dengvaxia.
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Vaccin contre la dengue : la justice philippine attaque Sanofi

Manille soupçonne que 14 décès soient liés à la prise du Dengvaxia.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 11h19
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 12h11
    |

            Philippe Jacqué








                        



                                


                            

C’est l’hallali pour Dengvaxia, le vaccin contre la dengue de Sanofi. Lundi 5 février, les autorités judiciaires philippines ont engagé des poursuites contre le laboratoire pharmaceutique français pour réclamer une compensation financière de quelque 4,2 millions de pesos, soit 65 300 euros, pour les parents d’une fillette de 10 ans, décédée après avoir reçu une dose de Dengvaxia.

L’Etat philippin, qui soupçonne que 14 décès soient liés à la prise du vaccin, a également demandé au groupe français de rembourser l’intégralité du coût, de quelque 60 millions d’euros, du programme de vaccination contre la dengue lancé en 2015 auprès de 870 000 enfants.
Dans un communiqué, Sanofi a fermement rejeté les accusations des autorités philippines, rappelant que l’hôpital général des Philippines avait assuré qu’il n’y avait « aucune preuve liant directement la prise du Dengvaxia à la mort de 14 personnes. En dix ans d’essais cliniques, et près d’un million de doses injectées, aucune mort liée au vaccin n’a été observée. Au contraire, l’administration du vaccin a réduit les risques liés à la prévalence de la dengue dans le pays. » Chaque année, entre 500 et 1 000 Philippins meurent à la suite de l’infection de la dengue.
Le groupe français ajoute cependant que « s’il devait y avoir des atteintes à la santé dues à la dengue et qu’un lien avec la vaccination soit scientifiquement démontré, nous assumerions nos responsabilités. » Sanofi a également rejeté l’idée d’un remboursement du coût du programme de vaccination. « Cela signifierait que la formule n’est pas efficace, ce qui n’est pas le cas », indique le laboratoire français
Un véritable fiasco commercial
En janvier 2018, la société pharmaceutique avait cependant accepté le rachat des stocks de vaccins non utilisés après la suspension du plan de vaccination. En effet, Sanofi et l’Organisation mondiale de la santé s’étaient rendu compte que le vaccin n’était...




                        

                        

