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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ D’après les chiffres de l’Insee, en France, treize années d’espérance de vie séparent les 5 % d’hommes les plus aisés des 5 % les plus pauvres.
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Qui veut vivre vieux soigne... son portefeuille

D’après les chiffres de l’Insee, en France, treize années d’espérance de vie séparent les 5 % d’hommes les plus aisés des 5 % les plus pauvres.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 18h13
    |

            Elise Barthet








                        



   


Treize ans d’espérance de vie en plus ou en moins. C’est l’abîme qui sépare, en France, les 5 % d’hommes les plus riches des 5 % les plus pauvres, d’après la dernière enquête de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), publiée mardi 6 février. Pour un niveau de vie moyen de 5 800 euros par mois, un homme peut espérer s’éteindre à 84 ans et quelques. Un seuil qui tombe à moins de 72 ans dès 470 euros par mois. Aux alentours de 1 000 euros, 100 euros supplémentaires représentent un gain de 0,9 an.
L’écart est moins important pour les femmes, mais ne disparaît pas pour autant. L’espérance de vie des plus modestes s’élève à 80 ans, contre un peu plus de 88 ans pour les mieux loties. Il est toutefois intéressant de noter qu’à partir de 1 300 euros mensuels, les femmes dépassent les hommes, même les plus aisés. Cela tient, selon l’Insee, à « des comportements plus favorables à une bonne santé », « un meilleur suivi médical, en particulier pendant la vie féconde », et « une durée de travail plus faible ».
En moyenne, les disparités entre les sexes tendent néanmoins à se réduire. Dans son bilan démographique annuel sorti le 16 janvier, l’Insee faisait remarquer que l’espérance de vie des hommes s’était remise à progresser depuis 2016, alors que celles des femmes accusait une légère baisse. « Elles ont adopté les comportements à risque masculins, le tabagisme en particulier », soulignait alors le géographe Laurent Chalard. Mais les données annuelles peuvent varier sensiblement selon la virulence des épidémies.

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                L’espérance de vie des femmes en léger recul



Le diplôme jouerait peu sur ces écarts, quels que soient les sexes. « Le niveau de vie en lui-même, en facilitant la prévention et l’accès aux soins, peut être la cause directe d’une bonne santé », note l’Insee. D’après une enquête de 2014, un adulte sur dix, parmi les 20 % les plus pauvres, avait renoncé à consulter un médecin pour des raisons financières. Mais causes et conséquences s’entremêlent souvent : une mauvaise santé peut aussi entraîner un faible niveau de vie en pesant sur les études et l’emploi.
Pour finir, l’espérance de vie varie assez nettement d’une région à l’autre. Toutes choses égales par ailleurs, c’est-à-dire en tenant compte du sexe, de l’âge, du niveau de vie et de la catégorie sociale, l’Occitanie et les Pays de la Loire se situent en tête du classement. Ce sont les Hauts-de-France qui finissent en queue de peloton.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Les magistrats critiquent particulièrement le Conseil national des activités privées de sécurité, l’autorité chargée notamment d’autoriser les agents à exercer
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

La régulation du secteur de la sécurité privée étrillée par la Cour des comptes

Les magistrats critiquent particulièrement le Conseil national des activités privées de sécurité, l’autorité chargée notamment d’autoriser les agents à exercer



Le Monde
 |    06.02.2018 à 17h49
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 18h41
    |

            Julia Pascual








                        


C’est un coup de semonce que la Cour des comptes adresse au secteur de la sécurité privée. Alors que l’Etat confère à ces entreprises toujours plus de missions et étend progressivement les pouvoirs de leurs agents, l’institution critique l’absence de pilotage de cette dynamique et s’alarme de la régulation « lacunaire » du secteur face à des risques patents en matière de moralité et de fraude. Dans son rapport annuel, qui doit être rendu public mercredi 7 février, elle tire à boulets rouges sur le Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS), autorité de régulation qui n’est « pas à la hauteur des attentes ».
Le secteur de la sécurité privée jouit d’une croissance forte mais demeure éclaté en une myriade de sociétés peu rentables se livrant une « concurrence sévère ». Celles-ci pratiquent notamment un dumping social grâce à une variable d’ajustement : une main-d’œuvre « volatile, très peu qualifiée et mal rémunérée ». Pourtant, l’Etat n’a eu de cesse de déléguer des missions au privé comme la surveillance de bâtiments publics.
En dix ans, près de 600 équivalents temps plein ont ainsi été externalisés. Lundi 5 février, lors des 5es Assises de la sécurité privée, le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, a réitéré son souhait de poursuivre ce mouvement, citant l’exemple de la loi du 30 octobre 2017 renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme, qui donne aux agents de sécurité des pouvoirs de palpation et de fouilles lors d’événements sportifs ou culturels.
Doutes sur la fiabilité des enquêtes administratives
Pour la Cour des comptes, ce mouvement nécessite la mise en place urgente d’une « doctrine d’emploi ». « Il est aussi de [l]a responsabilité [de l’Etat], en tant qu’acheteur, d’être vigilant sur la qualité des prestations demandées en ne retenant pas le prix comme seul critère d’attribution des marchés publics », écrit la Cour, alors que la commande publique pèse pour un quart du chiffre d’affaires du secteur.
C’est surtout le CNAPS qui reçoit un carton rouge. Mis en place en 2011 et doté d’un pouvoir de police administrative, il est peu investi par l’Etat malgré son statut d’établissement public. « La préfète désignée en 2015 comme personnalité qualifiée n’a jamais siégé, et la présence de certains représentants de l’Etat [au Collège], peu concernés par les missions du CNAPS, manque de régularité », tance la Cour. Ses inquiétudes portent en particulier sur la principale mission du CNAPS de délivrance des cartes professionnelles permettant aux agents du privé d’exercer. Plus de neuf demandes sur dix sont satisfaites, remarque la Cour, qui doute de la fiabilité des enquêtes administratives diligentées au préalable.
L’aptitude professionnelle des demandeurs de la carte ne lui apparaît pas suffisamment enquêtée – malgré des risques de fraude avérés dans le secteur de la formation. La Cour critique en particulier une « appréciation trop indulgente de la moralité » des demandeurs. Des antécédents judiciaires tels que la conduite sans permis, la détention de cannabis, les violences conjugales, l’outrage à personne dépositaire de l’autorité publique ou encore l’escroquerie sont admis.
La Cour a ainsi relevé qu’une personne avait obtenu une carte malgré 31 mentions à son casier dont des faits de violences, d’agression sexuelle ou encore un délit de fuite. Elle s’alarme aussi des risques de fraude pesant sur les agents du CNAPS : en 2017, l’un d’eux aurait ainsi modifié contre rémunération des extractions de fichiers de police d’antécédents judiciaires. Dans sa réponse à la Cour, le CNAPS précise qu’il s’agit d’un cas « unique » parmi les 384 agents recrutés depuis 2012.
« Manquements déontologiques »
Pour compléter la sévérité de son constat, la Cour regrette le faible pouvoir disciplinaire du CNAPS, notamment parce qu’il ne s’applique pas aux entreprises et aux administrations qui passent des marchés avec les sociétés de sécurité privée et qui parfois incitent à des pratiques frauduleuses.
Quant aux prestataires sanctionnés, un tiers des entreprises interdites temporairement d’exercer « poursuivaient leur activité » en 2017 (ce qui pourrait changer, compte tenu de la mise en place d’une incrimination pénale en cas de non-respect de l’interdiction). Et moins d’un tiers des sanctions financières infligées entre 2012 et 2016 ont été recouvertes. En cas de manquement grave relevé, les signalements au parquet demeurent quasi nuls. C’est un « obstacle majeur à [l’]assainissement [du secteur] », assène la Cour.

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                Le port d’arme par des agents de sécurité privée encadré par la loi



Les magistrats critiquent enfin « les manquements déontologiques » des commissions disciplinaires du CNAPS, dans lesquelles siègent des représentants du secteur, même en cas de conflit d’intérêts avec les personnes mises en cause. « Trois contrôleurs du CNAPS ont fait l’objet d’un avertissement pour avoir diligenté un contrôle dans un centre de formation (…) afin de régler un différend personnel », s’alarment les magistrats qui, à l’issue de leur rapport, considèrent nécessaire de mener une « réflexion » sur l’avenir du CNAPS.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Le 6 février 1998, Claude Erignac est assassiné en pleine rue à Ajaccio (Corse-du-Sud). Il rejoignait à pied son épouse au théâtre, pour un concert de musique classique, lorsqu'il reçut trois balles de 9 mm dans la tête. Qui l'a tué ? Et pourquoi ? Retour en images sur une affaire d'Etat.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Le procureur a requis une peine de prison ferme contre le logeur, qui avait abrité deux terroristes dans un appartement de Saint-Denis.
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Quatre ans de prison requis contre Jawad Bendaoud, le logeur des terroristes du 13-Novembre

Le procureur a requis une peine de prison ferme contre le logeur, qui avait abrité deux terroristes dans un appartement de Saint-Denis.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 15h24
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 15h57
   





                        



   


Après deux semaines de débats, le procès de Jawad Bendaoud touche à sa fin. Mardi 6 février, le procureur a pris la parole pendant plus d’une heure pour requérir une peine de prison de quatre ans contre l’homme accusé d’avoir abrité deux terroristes ayant pris part aux attentats du 13 novembre 2015. M. Bendaoud, jugé pour « recel de malfaiteurs terroristes », encourt une peine maximale de six ans de prison, et une amende de 90 000 euros.

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                Les parties civiles décortiquent « les mensonges » de Jawad Bendaoud



Les tueurs du 13-Novembre étaient dix : trois au Bataclan, tués sur place ; quatre au Stade de France, dont Salah Abdeslam, actuellement jugé à Bruxelles ; et trois qui avaient tiré sur des terrasses de café au cœur de Paris. Deux hommes de ce dernier commando avaient pu s’enfuir : Abdelhamid Abaaoud – pour les policiers, le cerveau des attentats – et Chakib Akrouh. Ce sont eux que Jawad Bendaoud avait logés à Saint-Denis.
Le jeune homme de 31 ans avait connu une pénible heure de gloire télévisuelle durant le siège de l’appartement de Saint-Denis par le RAID, le 18 novembre 2015.
Une condamnation à quatre ans d’emprisonnement a été requise contre le voisin de box de M. Bendaoud, Mohamed Soumah, qui avait joué les intermédiaires. Le ministère public a également requis cinq ans de prison contre le seul des trois prévenus à ne pas être en détention provisoire, Youssef Aït-Boulahcen, 25 ans, accusé de non-dénonciation d’acte de terrorisme. L’audience est suspendue, elle reprendra plus tard avec les plaidoiries de la défense.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ L’Etat et la Corse devraient signer un « new deal », estime dans une tribune au « Monde » l’investisseur André Loesekrug-Pietri. Les dirigeants corses doivent faire leur aggiornamento en se projetant dans le monde d’aujourd’hui, où l’influence et la crédibilité se conquièrent sur le terrain.
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« La Corse doit rapidement et de manière collective bâtir un projet, positif et dynamique »

L’Etat et la Corse devraient signer un « new deal », estime dans une tribune au « Monde » l’investisseur André Loesekrug-Pietri. Les dirigeants corses doivent faire leur aggiornamento en se projetant dans le monde d’aujourd’hui, où l’influence et la crédibilité se conquièrent sur le terrain.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 15h23
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 17h22
    |

André Loesekrug-Pietri (Investisseur, entrepreneur, ancien membre des cabinets ministériels de Sylvie Goulard et de Florence Parly)







                        



                                


                            

Tribune. Emmanuel Macron est en Corse, les 6 et 7 février. Il y est attendu. Certains diraient qu’il est attendu depuis des décennies, tant le « dossier corse » semble marqué par un nombre innombrable de rendez-vous manqués. Et paradoxalement, c’est d’abord un vrai test pour la République. Le rôle de l’Etat-nation est à réinventer.
Il faut proposer un new deal à la Corse et ne pas se crisper sur des positions de principe qui empêchent d’avancer sur l’essentiel : rappelez-vous les panneaux de signalisation, enfin préservés des projectiles maintenant qu’ils sont bilingues… Il a fallu trente années pour arriver à cette position pragmatique. Que de temps perdu.

Concentrer ses efforts sur l’éducation, sur les infrastructures, sur la cohésion sociale, sur la justice, sur l’environnement – on ne répétera jamais assez le rôle clé qu’a joué le Conservatoire du littoral dans la véritable préservation des côtes corses. Loin de gagner les cœurs et les esprits, l’Etat est défaillant aujourd’hui dans le combat contre les mafias, la spéculation immobilière, les affaires criminelles non résolues, le développement économique.
La Corse, elle aussi, doit faire un grand pas. Vers la modernité. Aller au-delà des revendications idéologiques qui ont rythmé les dizaines d’années d’engagement des nouveaux dirigeants, mais dont certaines n’ont que peu d’impact sur la réalité quotidienne des 330 000 habitants de l’île.
Napoléon
La Corse doit rapidement et de manière collective bâtir un projet, positif et dynamique. C’est cela qui la rendra crédible à Paris et en Europe. L’île ne peut compter que sur elle-même pour s’émanciper, sauf à être en permanence dans un dialogue de sourds : en perpétuant chez les plus jeunes Corses ce sentiment que l’île est abandonnée, au moment où les dirigeants centralisateurs d’un autre siècle, comme Jean-Pierre Chevènement, répondent par le « coût » direct que ferait supporter la Corse à la République.
La...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Le seul survivant des commandos terroristes du 13 novembre 2015 est jugé avec un complice pour avoir tiré sur des policiers à Bruxelles.
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Salah Abdeslam refuse de comparaître à son procès à Bruxelles jeudi

Le seul survivant des commandos terroristes du 13 novembre 2015 est jugé avec un complice pour avoir tiré sur des policiers à Bruxelles.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 14h59
   





                        



   


Au lendemain du premier jour de son procès à Bruxelles, Salah Abdeslam a fait savoir mardi 6 février qu’il ne souhaitait pas comparaître jeudi, selon Luc Hennart, président du tribunal de première instance francophone de Bruxelles. C’est ce magistrat qui a la charge d’organiser l’audience qui s’est ouverte lundi et se poursuivra jeudi, avec comme point d’orgue les plaidoiries de la défense, notamment celle de Me Sven Mary, avocat tout juste rappelé aux côtés de Salah Abdeslam.
M. Abdeslam est le seul membre encore en vie des commandos djihadistes qui ont attaqué Paris le 13 novembre 2015. Le Français d’origine marocaine, âgé de 28 ans, et Sofiane Ayari, un Tunisien de 24 ans, sont accusés d’avoir tiré sur des policiers à Bruxelles le 15 mars 2016. Ils doivent répondre de « tentative d’assassinat sur plusieurs policiers » et « port d’armes prohibées », le tout « dans un contexte terroriste ».
Vingt ans de prison requis
Lundi à l’ouverture du procès, Salah Abdeslam, qui avait pourtant souhaité comparaître, a refusé de répondre aux questions et défié la justice au nom d’Allah.

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                A Bruxelles, Salah Abdeslam refuse les questions mais se livre à un réquisitoire contre la justice



Dans l’après-midi, une peine de vingt ans de prison a été requise contre les deux prévenus. Il s’agit de la peine maximale prévue en correctionnelle pour les faits jugés, selon la représentante du parquet.

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                Procès de Salah Abdeslam à Bruxelles : ce qu’il faut retenir de la première journée


Le procès, qui devait initialement se poursuivre mardi, a été suspendu jusqu’à jeudi pour permettre à Me Mary de préparer sa plaidoirie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Le chef de l’Etat a inauguré une place au nom de Claude Erignac, ancien préfet assassiné le 6 février 1998. Il doit rencontrer dans la soirée les dirigeants nationalistes corses.
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Hommage à Erignac : Macron salue la population corse qui s’est dressée contre « la lâcheté, le sang et la mort »

Le chef de l’Etat a inauguré une place au nom de Claude Erignac, ancien préfet assassiné le 6 février 1998. Il doit rencontrer dans la soirée les dirigeants nationalistes corses.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 14h56
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 18h31
    |

            Patrick Roger (Ajaccio, envoyé spécial)








                        



Un olivier, une plaque gravée au sol « 1 HOMME, 1 PLACE ». « Cette place que nous inaugurons aujourd’hui est un lieu de paix et de fraternité. Je l’ai voulue ainsi », déclare Dominique Erignac, la veuve du préfet Claude Erignac, assassiné vingt ans plus tôt, le 6 février 1998, par un commando indépendantiste. C’est la première fois qu’elle revient sur « ces lieux maudits ». Et, pour elle, il est impossible de tourner la page : « Comment pourrait-elle l’être alors qu’elle est tachée de sang ? »
En présence du président de la République, Emmanuel Macron, elle a dévoilé la plaque de ce qui s’appellera « Place Claude Erignac », au pied de l’immeuble où il a été abattu, fraîchement ravalé dans des couleurs pastel. Si l’Etat, aujourd’hui, rend hommage au préfet, aucune rue ne porte son nom dans les autres communes de l’île. La mémoire charrie encore son lot de cicatrices non refermées.

   


Dans son discours, M. Macron a tenu des mots très durs. « Ce qui s’est passé ici il y a vingt ans ne se justifie pas, ne se plaide pas, ne s’explique pas », commence-t-il alors qu’au premier rang de l’assistance, debout, figure le nationaliste Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de la collectivité de Corse et ancien avocat d’Yvan Colonna, condamné à perpétuité pour l’assassinat du préfet Erignac. « Une infamie qui déshonore à jamais ses auteurs », a affirmé le chef de l’Etat, avant de saluer la population corse qui, alors, a su se dresser contre « la lâcheté, le sang et la mort ».
« Ménager un avenir à la Corse »
« La République n’a pas cédé », a poursuivi M. Macron, rendant hommage, notamment, à l’ancien ministre Jean-Pierre Chevènement, qui l’accompagnait pendant ce voyage, et à son prédécesseur Nicolas Sarkozy. « La justice a été rendue et elle sera suivie, sans oubli, sans complaisance, sans amnistie », a assuré le président de la République, salué par des applaudissements dans l’assistance. Et il a promis vouloir « ménager un avenir à la Corse, sans transiger avec les requêtes qui la feraient sortir du giron républicain ».
La fermeté du propos semble avoir rassuré ceux qui, depuis la large élection des nationalistes à la tête de la collectivité unique, se défient de leur volonté de pousser les feux de l’autonomie. Mais comment les nationalistes, eux, l’ont-ils interprétée ? A l’issue de la cérémonie, M. Simeoni ne s’est pas attardé, se refusant à toute déclaration, mais il a paru marqué. La présence de l’indépendantiste Jean-Guy Talamoni, le président de l’Assemblée de Corse, n’était, quant à elle pas souhaitée.
Discours à Bastia
Les deux hommes vont faire le point à l’issue de cette première matinée pour analyser la teneur de ce discours présidentiel. Une rencontre avec le chef de l’Etat est prévue vers 19 heures. Le ton et les mots employés sont-ils de nature à raidir la position des dirigeants nationalistes ? Voire à les amener à annuler la rencontre ? Ce n’est pas l’hypothèse la plus probable. Un tel refus risquerait de les marginaliser. Mais les relations entre le pouvoir exécutif et le mouvement nationaliste sont coutumières de ces sautes d’humeur.

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                Quelles sont les revendications des nationalistes corses ?



La deuxième journée du chef de l’Etat en Corse, mercredi, sera marquée par un grand discours prononcé à Bastia, devant de nombreux invités. C’est à cette occasion qu’il fera part de ses intentions et de ses propositions. M. Macron restera-t-il dans le même registre ? Ou, comme il en a déjà administré la preuve, après avoir durci le ton et rappelé l’autorité de l’Etat, tiendra-t-il un discours d’ouverture ? Marquera-t-il sa volonté d’ouvrir une nouvelle ère des relations avec la Corse ? Un balancement qui ne lui est pas si étranger, en même temps.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Si l’Etat peut faire beaucoup pour augmenter la rémunération des métiers féminisés et à temps partiel, c’est aux entreprises de corriger leurs pratiques de management et de gestion de carrière, explique dans une tribune au « Monde » Antoine de Gabrielli, dirigeant d’un organisme de formation.
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Entreprises : il faut « faire de l’égalité entre hommes et femmes le moyen d’une nouvelle performance »

Si l’Etat peut faire beaucoup pour augmenter la rémunération des métiers féminisés et à temps partiel, c’est aux entreprises de corriger leurs pratiques de management et de gestion de carrière, explique dans une tribune au « Monde » Antoine de Gabrielli, dirigeant d’un organisme de formation.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 14h30
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 15h03
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Antoine de Gabrielli (Dirigeant de l'organisme de formation Companieros et fondateur du réseau Happy Men Share More)







                        



                                


                            

Tribune. Les inégalités de revenus entre hommes et femmes sont, on le sait, de 25 % environ en moyenne. Elles proviennent de trois facteurs, qui représentent chacun à peu près un tiers de cet écart.
Le premier tiers provient de la surreprésentation des femmes dans une dizaine de métiers dont la rémunération est faible ou très faible. Les infirmiers sont à 90 % des femmes, comme 95 % des orthophonistes et 75 % des personnels de santé. Toutes ces professions sont faiblement rémunérées : une orthophoniste, par exemple, après un concours très sélectif et cinq ans d’études, gagne en moyenne le smic plus 57 euros par mois.
Surreprésentation des femmes dans le temps partiel
Dans la fonction publique, 75 % des employés administratifs sont des femmes. Les nouveaux magistrats le sont aussi à 80 %, dans un contexte de grave paupérisation de la justice. L’enseignement compte 65 % de femmes et 85 % d’institutrices, dont le salaire est aujourd’hui de 1 500 euros net en début de carrière.
Toutes ces professions féminisées ont un point commun : elles dépendent, de près ou de loin, de l’Etat. Or l’Etat les rémunère insuffisamment, et souvent très mal, ce qui a conduit les hommes à les déserter. Parlant des médecins, la sociologue Anne-Chantal Hardy, spécialiste des professions de santé à l’université de Nantes, indique que « les femmes ne sont pas venues concurrencer les hommes, mais tout simplement occuper les places qu’ils avaient laissées vides ».

Quelle solution ? Mieux payer, beaucoup mieux payer ces professions à la fois très féminisées et socialement essentielles. C’est certainement difficile dans la situation budgétaire actuelle, mais c’est possible, car c’est juste et nécessaire. Nous devons faire un choix de société, qui demandera sans doute une génération pour porter ses fruits. Pour ce tiers-là, c’est d’abord à l’Etat de savoir ce qu’il veut.
Le deuxième tiers des inégalités a pour origine...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Le laboratoire pharmaceutique suisse est à l’origine d’un scandale qui pourrait éclabousser une bonne partie de l’opposition grecque.
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Le laboratoire Novartis accusé d’avoir corrompu deux ex-premiers ministres grecs

Le laboratoire pharmaceutique suisse est à l’origine d’un scandale qui pourrait éclabousser une bonne partie de l’opposition grecque.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 13h46
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 15h02
   





                        



   


Le parquet anticorruption grec, qui enquête depuis 2016 sur le laboratoire pharmaceutique suisse Novartis, soupçonne une dizaine de dirigeants politiques grecs d’avoir accepté des pots-de-vin pour aider le laboratoire à commercialiser des médicaments aux vertus curatives discutables, et à gonfler ses prix. Ces hommes politiques ne pouvant être jugés par un tribunal ordinaire, leur dossier va être transféré, mardi 6 février, au Parlement, seul habilité à enquêter sur d’ex-membres du gouvernement.
Saisissante, la liste des politiciens possiblement impliqués inclut une partie du gotha politique grec. Y figurent deux ex-premiers ministres, dont le conservateur Antonis Samaras (Nouvelle Démocratie), huit ex-ministres, dont Adonis Georgiadis, numéro deux de Nouvelle Démocratie, chargé du portefeuille de la santé. L’actuel gouverneur de la Banque centrale, Yannis Stournaras, serait également impliqué, comme le commissaire européen aux migrations, Dimitris Avramopoulos. Le poids lourd socialiste Evangélos Vénizélos est également soupçonné.
Des accusations de « machination » politique
Une bonne partie des figures de l’opposition au gouvernement actuel pourraient être éclaboussées par cette affaire. M. Samaras a dénoncé une « nouvelle diffamation de M. Tsipras », qui lui a succédé au pouvoir il y a trois ans, assurant que ses accusateurs « devront en répondre devant la justice ».
Niant tout rapport avec la politique du médicament, M. Avramapoulos a démenti toute implication, tout comme M. Stournaras. Ce dernier a dénoncé une opération de harcèlement du gouvernement de gauche. La thèse d’une machination politique a aussi été avancée par M. Venizélos, allié de M. Samaras avant l’arrivée au pouvoir de Syriza, le parti de M. Tsipras. 
« L’enquête montrera s’il y a implication ou pas », a rétorqué l’actuel ministre de la justice, Stavros Kontonis, niant toute « intervention politique ». L’affaire « est d’une énorme ampleur », a-t-il ajouté. Il avait estimé en avril que Novartis avait probablement soudoyé « des milliers » de médecins et de fonctionnaires, une affaire d’autant plus sensible que la santé publique a été frappée de plein fouet en Grèce par neuf ans d’austérité. La branche grecque de Novartis a dit lundi « continuer à coopérer » avec les autorités, sans davantage de commentaires.
Novartis déjà épinglé dans d’autres pays
L’enquête semble bien avancée. Le parquet a fait procéder à des perquisitions dans les locaux de Novartis près d’Athènes. Plus d’une centaine de témoins ont été interrogés. Novartis fait face à des enquêtes pour corruption dans d’autres pays. En novembre 2016, le département de la justice américain a condamné le groupe Suisse à une amende de 390 millions de dollars (environ 314 millions de francs) pour avoir incité des chaînes de pharmacies à recommander ses médicaments plutôt que d’autres.

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                Le système politique grec miné par le clientélisme et la corruption



Le volet politique est désormais confié au Parlement. Le parquet anticorruption poursuivra son enquête dans le volet non politique de l’affaire. Des poursuites ont d’ailleurs été engagées contre l’un des dirigeants du parquet.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Entourée de ses deux enfants, Dominique Erignac, la veuve du préfet assassiné, s’est exprimée à la tribune, juste avant l’hommage du président de la République.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Alors que les universités dévoilent les « attendus » désormais demandés à l’entrée en licence, certains enseignants-chercheurs alertent.
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Universités : des professeurs s’inquiètent du niveau en licence

Alors que les universités dévoilent les « attendus » désormais demandés à l’entrée en licence, certains enseignants-chercheurs alertent.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 13h06
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 13h14
    |

            Camille Stromboni








                        



                                


                            

« Je viens de corriger des copies de deuxième année d’histoire et lettres, je n’ai jamais vu ça. JAMAIS. » Lâchée sur Twitter le 12 janvier, l’exaspération de cet enseignant-chercheur d’une université francilienne n’est pas passée inaperçue. « Un anglais apocalyptique et un français nunuche niveau CE1. J’aimerais exagérer, vraiment. Que de lâchetés et de petites démissions de l’école pour en arriver là », enchaînait-il.
Plusieurs milliers de reprises, des centaines de commentaires… Il n’en fallait pas plus pour relancer l’inflammable débat sur le niveau des étudiants en licence, alors que les enseignants corrigent les copies des premiers partiels de l’année et que les universités sont en train de dévoiler les « attendus » requis pour entrer en licence, dans le cadre de la nouvelle procédure d’admission sur la plate-forme Parcoursup. Le niveau baisse-t-il à l’université ? Est-ce la faute de l’école ? A-t-on rogné sur les exigences du diplôme de licence ? Ces questions, à peine formulées, rouvrent une fois de plus la fracture entre un camp épinglé « réac» et adepte du « c’était mieux avant », et les présumés tenants de « l’angélisme » qui refuseraient d’ouvrir les yeux sur la réalité.
Dans les diverses copies d’examen que Le Monde a pu consulter, c’est avant tout la maîtrise de la langue française qui apparaît déficiente. Florilège extrait de copies de licence d’histoire, de sciences et techniques des activités physiques et sportives (Staps), de sciences de l’éducation ou encore d’administration économique et sociale (AES), de différentes universités et des trois années d’études. « Dès l’âge de sept ans, les enfants aidés les parents, les petites filles aidées leurs mères », « On dis aux appelés », « Ou est ce que tu habitait quand la guerre à commencer ? », « Ce ne serait qu’effleurer le sujet que de dire que la seconde guerre mondial a été le dernier...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Après plusieurs centaines de scènes, certains acteurs de films X tentent de changer de voie, mais à une époque où le droit à l’oubli leur est encore interdit, leur parcours est souvent tributaire du regard des autres.
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« J’ai beau faire de l’immobilier, je reste une ex-actrice porno »

Après plusieurs centaines de scènes, certains acteurs de films X tentent de changer de voie, mais à une époque où le droit à l’oubli leur est encore interdit, leur parcours est souvent tributaire du regard des autres.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 12h40
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 17h12
    |

            Feriel Alouti








                        



                                


                            
Pendant des années, ils se sont dévêtus face caméras. « Comme dans la vie », ils ont joui, ils ont simulé aussi. Ils ont exhibé leur corps et leur sexe. Ils ont joué l’être humilié, violent, masochiste, pervers ou bien candide. Puis un jour, ils ont voulu se « rhabiller », comme ils disent. Pour l’amour d’un homme, plus rarement d’une femme. Parce que l’industrie du porno, bousculée par l’essor du streaming et des vidéos amateurs, n’offre plus les mêmes opportunités – « moins de films, de plus en plus de filles, de moins en moins bien payées », résume une ancienne. Par lassitude, également. Et aussi, parce que passé 40 ans, le carnet d’adresses se réduit inexorablement.
Mais que faire ? Et comment le faire quand l’image est à tout jamais classée X, à l’instar de l’ancienne actrice Clara Morgane ? Elle a eu beau quitter l’industrie du film pour adultes, il y a plus d’une décennie après une carrière éclair, certains univers lui semblent toujours interdits. Si bien qu’il reviendra aux tribunaux de dire, mardi 6 février, si son nom sulfureux peut être associé à une marque de champagne, la maison Charles de Cazanove, son descendant direct estimant cette idée tout à fait « scandaleuse ».
Une affaire qui vient rappeler à quel point « faire du porno est un suicide social », résume, sans ambages, Ovidie, ex-actrice et auteure de « Rhabillage », un reportage sur la reconversion professionnelle des anciens acteurs, diffusé en 2011 dans l’émission « Envoyé spécial ». La réalisatrice se souvient de cette époque révolue du « secret partagé », lorsque les amateurs de porno se sentaient « aussi coupables que nous de nous reconnaître », après avoir loué leur VHS ou profité de leur abonnement Canal+. Aujourd’hui, « avec le streaming, c’est très facile de se transmettre une vidéo », et encore plus difficile de se faire oublier.
Femme de ménage et aide-soignante
Après « un bon millier de films »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Selon l’OFDT, le niveau de consommation de cannabis des jeunes de 17 ans baisse mais fait toujours partie des plus élevés d’Europe.
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Les jeunes consomment moins de cannabis, de tabac et d’alcool

Selon l’OFDT, le niveau de consommation de cannabis des jeunes de 17 ans baisse mais fait toujours partie des plus élevés d’Europe.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 12h06
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 15h11
   





                        


Tous les indicateurs sont en baisse. Selon l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) qui a mené la neuvième enquête sur la santé et les consommations lors de l’appel de préparation à la défense (Escapad), publiée mardi 6 février, les substances illicites, le tabac et l’alcool sont de moins en moins consommés chez les jeunes de 17 ans.
En 2017, moins de quatre jeunes de 17 ans sur dix affirment avoir déjà fumé du cannabis, soit le niveau de consommation le plus bas enregistré par l’OFDT depuis 2000. Menée en mars 2017 auprès de 46 054 adolescents de 17 ans, cette étude Escapad réalisée tous les trois ans révèle que 39,1 % des jeunes auraient déjà essayé le cannabis, soit près de neuf points de moins qu’en 2014 (47,8 %), année marquée par une forte hausse. Un sur cinq (21 %) indique également avoir fumé dans le mois, contre 25,5% il y a trois ans. La part de consommateurs réguliers (au moins dix fois par mois) est également en repli, de 9,2 à 7,2%.
La consommation, expérimentée en moyenne à 15,3 ans, a davantage baissé depuis 2014 chez les filles (-10 points) que chez les garçons (-7 pts), deux fois plus nombreux à fumer régulièrement. Toutefois, l’OFDT nuance :
« Le niveau de consommation régulière de cannabis demeure supérieur à celui de 2011 (6,5 %) et fait toujours partie des plus élevés d’Europe. »

        Lire l’éditorial du « Monde » :
         

          Cannabis : l’étonnant conservatisme des autorités françaises



Par ailleurs, parmi les jeunes qui ont fumé du cannabis au moins une fois dans l’année, près d’un quart (24,9 %) présente « un risque d’usage problématique ou de dépendance », contre 21,9 % en 2014. Au total, 7,4 % des adolescents de 17 ans ont une consommation problématique.
Les substances illicites autres que le cannabis également en baisse
Le tabac est aussi en net recul, avec un quart de fumeurs quotidiens (25,1 %) chez les jeunes de 17 ans, contre 32,4 % en 2014. Moins de six sur dix affirment avoir déjà goûté à la cigarette (59 %) contre 68,4 % en 2014, une baisse jamais vue depuis près de 20 ans.
L’alcool demeure la substance la plus largement expérimentée par les jeunes de 17 ans (85,7 %) mais sa consommation recule régulièrement depuis 15 ans à chaque nouvelle étude (89,3 % en 2014).
Les buveurs réguliers (dix fois par mois), presque trois fois plus nombreux chez les garçons que les filles, sont aussi en repli (8,4 % contre 12,3 % en 2014) tout comme les « alcoolisations ponctuelles importantes » - au moins cinq verres en une seule occasion - : 44 % des jeunes disent avoir eu ce comportement lors du mois écoulé, contre 48,8 % en 2014.
Enfin, les substances illicites autres que le cannabis (ecstasy, MDMA, cocaïne, amphétamines, crack, champignons hallucinogènes, etc) « ne sont essayées que par une minorité de jeunes », note l’OFDT, avec 6,8 % des adolescents de 17 ans concernés contre 8,8 % en 2014.

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                « Les étudiants sont plus concernés par le “binge drinking” que les autres jeunes »







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ La Cour suprême d’Hongkong a invalidé la peine de prison ferme infligée en seconde instance au leadeur du « mouvement des parapluies ».
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Peine de prison annulée pour Joshua Wong, le militant démocrate hongkongais

La Cour suprême d’Hongkong a invalidé la peine de prison ferme infligée en seconde instance au leadeur du « mouvement des parapluies ».



Le Monde
 |    06.02.2018 à 11h56
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 12h25
   





                        



   


La plus haute cour de justice de Hongkong a annulé mardi 6 février la peine de prison de six mois prononcée contre le leadeur démocrate Joshua Wong pour sa participation « mouvement des parapluies », une série de manifestations qui avaient paralysé plusieurs quartiers de la ville pendant deux mois, à la fin de 2014. Les manifestants réclamaient l’instauration d’un véritable suffrage universel dans cette enclave chinoise semi-autonome.
Pendant la même audience, deux autres figures du mouvement démocratique, Nathan Law et Alex Chow, ont également vu leurs peines de prison annulées. La justice leur reprochait notamment d’avoir escaladé, le 26 septembre 2014, des barrières métalliques pour entrer dans Civic Square, une place située dans un complexe gouvernemental.
Contre l’avis du ministre de la justice
Cette décision est l’aboutissement d’une procédure judiciaire à rebondissements. En première instance, à la mi-2016, Joshua Wong avait été condamné pour rassemblement illégal à une peine clémente : prison avec sursis et travaux d’intérêt général. Mais le ministre de la justice de Hongkong avait utilisé son pouvoir d’appel pour refaire juger cette affaire.

   


En deuxième instance, à la fin de 2017, le militant démocrate avait été condamné à une peine de prison ferme. La Cours suprême de Hongkong a ouvert la voie à un troisième jugement, au début de novembre, en autorisant Joshua Wong et ses compagnons démocrates à déposer un dernier recours. Ce recours a abouti à l’annulation de leur peine de prison ce matin.

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                Hongkong : les militants du « mouvement des parapluies » autorisés à contester leurs peines



En donnant raison aux militants, le juge Ma a cependant estimé que les manifestants devaient être dissuadés de participer à des rassemblements illégaux accompagnés de violences. « En vertu de ce jugement, d’autres militants pourront être enfermés », a réagi M. Wong. « Ce n’est pas l’heure des félicitations ou des célébrations. »
Un test pour la justice
Cette affaire était considérée comme un test pour la justice hongkongaise, jusqu’à présent fort bien classée par le Forum économique mondial dans son étude sur l’indépendance de la justice 2017-2018. Hongkong occupe la 13e position sur 137 Etats, loin devant les Etats-Unis (25) ou la France (28).
La justice hongkongaise continue de juger en anglais selon les traditions de la Common Law. Les juges sont nommés par le chef de l’exécutif sur la recommandation d’un panel constitué du ministre de la justice, de juges en fonctions, d’avocats et de membres de la société civile. Jusqu’à présent, les propositions de ce panel ont toujours été validés par l’exécutif. Cependant, le Comité permanent du Parlement chinois a le pouvoir d’intérprêter les textes de loi hongkongais. Ses décisions doivent être prises en compte par la justice locale, elles font jurisprudence.
Les trois militants sont donc libres. Mais à la mi-2017, ils ont passé deux mois derrière les barreaux, avant d’être libérés sous caution, en novembre. Et le marathon judiciaire de M. Wong n’est pas terminé. Il reste inculpé d’outrage à magistrat ; une charge pour laquelle il a été une condamné à trois mois de prison en janvier, et dont il a fait appel. M. Wong avait refusé d’évacuer un lieu occupé par des manifestants, violant l’injonction d’un juge.

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                Le Hongkongais prodémocratie Joshua Wong condamné



Le parti de M. Wong relancé
La décision de la Cour suprême apporte une bouffée d’oxygène au mouvement politique créé par M. Wong, Demosisto. Le mois dernier, l’administration chargée d’organiser les élections a refusé la candidature d’Agnes Chow, membre du parti âgée de 21 ans, soulignant l’inconstitutionnalité de son programme. La plate-forme politique de Demosisto appelle à l’autodétermination et à l’indépendance de Hongkong.

   


D’après les termes de l’accord sino-britannique sur la rétrocession, Hongkong jouit de libertés inconnues ailleurs en Chine continentale – en vertu du principe « Un pays, deux systèmes » – ; et ce jusqu’en 2047… en théorie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Testée depuis le 15 janvier, l’appli permet à tout citoyen de dénoncer un délit ou une incivilité en temps réel à la police.
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A Nice, l’application sécuritaire Reporty divise les habitants

Testée depuis le 15 janvier, l’appli permet à tout citoyen de dénoncer un délit ou une incivilité en temps réel à la police.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 11h52
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 11h56
    |

                            Paul Barelli (Nice, correspondant)








                        



   


Les Niçois sont particulièrement sensibles aux problèmes d’insécurité. De nombreux habitants demeurent traumatisés par l’attentat du 14 juillet 2016 sur la promenade des Anglais, qui a fait 86 morts. Depuis, l’attente sécuritaire des Niçois reste forte. Christian Estrosi, le maire LR, l’a bien perçu. D’autant que, si la délinquance globale, selon le ministère de l’intérieur, a légèrement diminué à Nice en 2017, les cambriolages ont, eux, augmenté de 17 %.
Depuis 2010, avec la mise en place de 1 000 caméras, le président de la métropole Nice Côte d’Azur multiplie les actions visant à métamorphoser la cinquième ville de France en « laboratoire » de la lutte contre la délinquance. Nice, cité la plus vidéosurveillée de France (1 962 caméras quadrillent les rues, soit 27 au km2), dispose de la plus importante police municipale de France : 414 policiers.

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                A Nice, un policier dans certaines écoles dès septembre



Après avoir décidé d’expérimenter le déploiement de policiers, non armés, dans trois écoles de la cité azuréenne dès le mois de mars, Christian Estrosi a été un cran au-dessus. Baptisée Reporty, cette application pour mobiles développée en Israël par la start-up de l’ancien premier ministre Ehoud Barak permet à tout citoyen d’être en lien audio et vidéo avec le centre de supervision urbain (le CSU) de la police municipale afin de « dénoncer » en temps réel une incivilité, une infraction, un délit, dont il serait témoin.
« Atteinte à la vie privée »
« Dénoncer un délit, ce n’est pas de la délation », a estimé Christian Estrosi, qui envisage le déploiement à grande échelle de cette application, testée pendant deux mois par 2 000 personnes volontaires : des agents de la ville de Nice, des comités de quartier.
« Nous dénonçons un risque de délation généralisée et une atteinte grave à la vie privée », ont martelé les membres du collectif anti-Reporty, lundi 5 février. Les opposants de gauche à l’application – un front qui réunit du PS aux Insoumis en passant par Tous citoyens, la CGT et le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) – ont annoncé leur intention de saisir le Défenseur des droits pour mettre un frein à « la dérive sécuritaire de Christian Estrosi ». La CNIL (Commission nationale informatique et libertés) va être saisie par le collectif.
De leur côté, de nombreux Niçois ne semblent pas être hostiles à cette application : « Avec le terrorisme, toute mesure qui permet de renforcer la sécurité me paraît souhaitable. A condition de ne pas attribuer cette application à n’importe qui », confie un retraité niçois de 72 ans.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Dix-huit mois de prison avec sursis ont été requis contre le médecin qui nie les faits.
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A Dunkerque, un chirurgien soupçonné d’agressions sexuelles devant la justice

Dix-huit mois de prison avec sursis ont été requis contre le médecin qui nie les faits.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 11h24
    |

                            Laurie Moniez (Lille, correspondance)








                        


Elles sont infirmières, agent d’entretien ou médecin de garde aux urgences. Entre 2009 et 2012, une dizaine de femmes ont accusé le docteur F. K. de harcèlement ou d’agression sexuelle. Lundi 5 février, lors de son procès à Dunkerque (Nord), ce chirurgien du centre hospitalier de la ville n’a reconnu aucun des faits qui lui étaient reprochés. Sa ligne de défense : la parole des victimes aurait été « travestie ou manipulée » pour permettre l’éviction du praticien d’origine togolaise au casier judiciaire vierge.
L’affaire a éclaté bien avant le scandale Harvey Weinstein. A l’été 2013, une altercation a lieu au bloc opératoire entre le docteur F. K. et un cadre de santé. « Il a des sautes d’humeur coutumiers, et un jour il en viendra aux mains », lance un cadre administratif. « Il en est déjà venu aux mains », répond une infirmière.
Le groupement de coopération sanitaire du centre hospitalier transmet un rapport au commissariat de Grande-Synthe qui ouvre une enquête préliminaire. Une infirmière raconte la drague, lourde, et ses propositions de « palpation de seins ». Une autre, elle, s’est retrouvée seule avec le médecin dans le vestiaire mixte. « Il est arrivé derrière moi, il a voulu m’embrasser, je l’ai violemment repoussé. » Une dernière évoque des « frôlements de mains, de bras », cette insistance pour « aller plus loin » et les appels téléphoniques. Alors elle l’a menacé d’aller voir la direction et tout est rentré dans l’ordre.
Les plaintes de ces femmes ont abouti à un non-lieu partiel pour prescription. Mais comme ­celles-ci concernaient des faits survenus entre juin 2010 et ­décembre 2012, elles ont permis le placement sous contrôle judiciaire du chirurgien dès août 2013. Après plus de quatre longues années d’enquête, le procès pour agression sexuelle par personne abusant de l’autorité que lui confère sa fonction s’est ouvert en correctionnelle.
Une réputation de « chaud lapin »
Malheureusement, il n’y a pas eu de confrontation lundi entre ces cinq femmes et ce professionnel du service traumatologie, spécialisé en orthopédie et dont personne n’a contesté le professionnalisme. « Vous n’avez rien dans ce dossier, à part les déclarations des plaignantes, dit Me Jérôme Pianezza, l’un des deux avocats de la défense. Vous allez confronter un morceau de papier, un procès-verbal, à ce monsieur. » Réponse du conseil de la partie civile, Me François Rosseel : « Difficile pour elles de vivre à nouveau ces confrontations, je suis là pour les représenter. »
La présidente a donc déroulé les faits. Une infirmière anesthésiste qui se souvient des mains aux fesses. Le praticien lui a aussi « attrapé les deux seins ». Sur le parking de l’hôpital ou à l’Interphone du domicile de l’infirmière, il a tenu des propos salaces. « J’ai envie de toi, je vais te baiser. » En mars 2011, son comportement déplacé a cessé après deux relations sexuelles consenties avec lui. « Après ça, il m’a laissée tranquille mais il m’a demandé d’arranger le coup avec une collègue. » Derrière la barre, le chirurgien de 47 ans reconnaît uniquement « une liaison consentie ». Cet athlétique Togolais, veste bleue et pantalon noir, détaille calmement « ce jeu de séduction réciproque ».
Pour le cas d’une autre victime de caresses sur les fesses et de doigts plongés dans le décolleté, il conteste. « Je n’entretiens que des relations professionnelles avec elle ». L’infirmière s’est sentie « offensée » mais attendait d’être titularisée pour évoquer les faits auprès de sa hiérarchie. Elle, comme toutes les autres, a pensé être un cas isolé. D’autant que F. K. a une réputation de « chaud lapin ».
Ambiance particulière
Dans la salle de repos des infirmières, l’une d’elles avait entendu qu’il ne fallait pas rester seule avec lui dans les vestiaires mixtes mais, ce soir-là, c’est dans la salle de réveil du bloc opératoire qu’il est venu l’enlacer pour l’embrasser. « J’ai soulevé sa blouse pour verser de l’eau et mon bras s’est retrouvé à l’enlacer », se défend le prévenu. Des jeux d’eau, il y en a souvent dans le bloc opératoire. Les avocats de F. K. insistent sur cette ambiance particulière de l’hôpital.
« C’est un monde à part où l’on côtoie la mort, où l’on sauve des vies, où l’urgence est quotidienne et ça explique la tension perceptible, déclare Me Pianezza. Ces tensions expliquent parfois une forme de surréalisme du mode de détente de ce personnel qui, pour se décharger de cette extrême lourdeur, est compréhensible. C’est la vie. »
Pour le conseil, draguer, blaguer ou dessiner des sexes en érection n’a jamais été une infraction.
En l’absence des parties civiles, il n’y aura pas de débats sur cette question. « C’est vrai qu’il y a une ambiance particulière au bloc. Un humour potache, oui, déclare dans sa plaidoirie Me Rosseel. Mais cependant, on sait faire la différence. Ce qu’elles ont dit, c’est que c’est allé loin. C’était des gestes qui “enfreignaient notre intimité”. »
La procureure a requis une peine de dix-huit mois d’emprisonnement avec sursis avec inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuels, mais pas d’obligation de soins. Les avocats de la défense ont demandé la relaxe au bénéfice du doute. Le jugement a été mis en délibéré au 21 mars.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ La ministre de l’enseignement supérieur a jusqu’à présent évité les remous avec la réforme de l’université qui modifie les règles d’entrée dans l’enseignement supérieur. Le texte est examiné au Sénat mercredi et jeudi.
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Frédérique Vidal, une novice adroite

La ministre de l’enseignement supérieur a jusqu’à présent évité les remous avec la réforme de l’université qui modifie les règles d’entrée dans l’enseignement supérieur. Le texte est examiné au Sénat mercredi et jeudi.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 11h14
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 13h33
    |

            Camille Stromboni








                        



                                


                            
« Sans la crise APB de cet été et la réforme Parcoursup, personne ne connaîtrait son nom. » La phrase est lâchée sans animosité par un ancien membre de cabinet du précédent quinquennat. Mais elle a le mérite de la franchise. Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, fait partie de ces « techniciens issus de la société civile » nommés au gouvernement en mai 2017, alors qu’ils étaient bien souvent inconnus du grand public. A 53 ans, l’ancienne présidente de l’université de Nice se retrouve pourtant à mener une des réformes les plus sensibles, politiquement : celle des règles d’admission à l’université.

En effet, depuis le projet de loi Devaquet, balayé en 1986 par des manifestations étudiantes massives contre la sélection promise à l’entrée des facs, personne ne s’était plus risqué à remettre le doigt dans la machine. Elle avance sans dévier de sa ligne déjà largement tracée par Emmanuel Macron. Le candidat d’En marche ! avait promis de mettre en place des « prérequis », baptisés depuis « attendus », à l’entrée des universités. Ce sera chose faite d’ici quelques semaines. Le texte de loi arrive devant le Sénat les 7 et 8 février.
Déjà, les quelque 800 000 lycéens et étudiants en réorientation commencent à émettre leurs vœux d’orientation sur la nouvelle plate-forme, Parcoursup. Et, depuis l’annonce de cette réforme, cette professeure de génétique et de biologie moléculaire n’a rencontré aucune mobilisation d’ampleur, malgré plusieurs appels de syndicats de personnels et d’organisations étudiantes et lycéennes.
« Habileté politique »
Surtout ne lui dites pas que sa réforme instaure la sélection à l’université, comme le dénoncent plusieurs syndicats d’enseignants, d’étudiants ou de lycéens. « L’université reste ouverte à tous, le bac reste le passeport d’entrée dans le supérieur », répète comme un mantra Frédérique Vidal à ceux qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ François aurait eu connaissance du témoignage d’une victime dès 2015, selon une lettre révélée lundi par l’agence Associated Press.
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Pédophilie au Chili : une lettre met en doute les affirmations du pape

François aurait eu connaissance du témoignage d’une victime dès 2015, selon une lettre révélée lundi par l’agence Associated Press.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 11h12
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 11h29
    |

            Cécile Chambraud








                        



   


Les révélations mettant le pape François chaque fois plus en difficulté se succèdent dans le scandale de pédophilie qui secoue le clergé chilien. L’agence Associated Press a révélé, lundi 5 février, que le chef de l’Eglise catholique aurait eu entre les mains, dès 2015, la lettre d’une victime du père Fernando Karadima témoignant des agressions sexuelles commises par ce prêtre de Santiago, reconnu coupable par l’Eglise au terme d’un procès canonique en 2011.
Cette victime, Juan Carlos Cruz, a précisé dans sa lettre que l’évêque Juan Barros, à l’époque l’un des protégés de Fernando Karadima, avait été à de nombreuses reprises témoin de ces agressions sans jamais tenter de s’y opposer. C’est sa nomination comme évêque d’Osorno par le pape, en janvier 2015, que de nombreux catholiques de ce diocèse du sud du pays reprochent à François aujourd’hui.
Or, lors de la conférence de presse qu’il a tenue dans l’avion qui le ramenait de sa visite au Chili et au Pérou, le 22 janvier, le pontife argentin avait affirmé à la journaliste de l’agence qui l’interrogeait : « Vous, avec bonne volonté, vous me dites qu’il y a des victimes, mais moi je ne les ai pas vues, parce qu’elles ne se sont pas présentées. » « Elles n’ont pas apporté d’éléments à charge », avait-il insisté.

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                La visite du pape au Chili entachée par les affaires de pédophilie



Il avait longuement pris la défense de Mgr Barros, qui nie avoir été au courant des faits reprochés à Fernando Karadima : « Moi aussi je suis convaincu qu’il est innocent. » Il avait révélé avoir par deux fois refusé sa démission, une fois en 2014 et une autre après la bronca soulevée au Chili par sa nomination au siège épiscopal d’Osorno. Les révélations concernant la lettre rendent difficiles à comprendre ces déclarations.
« Calomnies »
En 2015, Juan Carlos Cruz a rédigé cette lettre de « huit pages » et aurait demandé à des membres de la commission pontificale pour la protection des mineurs de la faire parvenir au Vatican. Quatre membres de cet organisme créé par François en 2014 se seraient rendus à Rome en avril 2015 pour la confier à leur président, le cardinal américain Sean O’Malley. Celui-ci leur aurait assuré plus tard qu’il l’avait transmise au pape. L’archevêque de Boston aurait aussi confirmé à Juan Carlos Cruz, après la visite du pape à Philadelphie, en septembre 2015, avoir donné sa lettre au pape en main propre.
Rejoignant ceux d’autres victimes, le témoignage de Juan Carlos Cruz décrit comment, dans le groupe de prêtres et d’adolescents fédérés par le charismatique père Karadima, les attouchements sexuels auraient été monnaie courante, le prêtre réclamant des jeunes qu’ils se plient à ses demandes. Quatre évêques, dont Juan Barros, et de nombreux prêtres chiliens sont issus de ce groupe.

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La contestation autour de Mgr Barros a totalement dominé la visite du pape au Chili, du 15 au 18 janvier. Avant de quitter le pays, François avait encore attisé la tension en affirmant qu’il n’y avait « pas une seule preuve » contre le prélat, victime selon lui de « calomnies ». Ses propos dans l’avion du retour n’ont rien arrangé. A tel point que, une fois à Rome, le pontife a dû décider, le 30 janvier, d’envoyer prochainement à Santiago un représentant pour écouter les accusateurs de Mgr Barros.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ En 2016, les Nations unies dénombraient 200 millions de filles et de femmes ayant subi une forme de mutilation génitale dans les pays les plus concernés.
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L’excision touche des millions de femmes dans le monde, des milliers en France

En 2016, les Nations unies dénombraient 200 millions de filles et de femmes ayant subi une forme de mutilation génitale dans les pays les plus concernés.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 10h44
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 11h12
   





                        


A l’occasion de la Journée mondiale contre l’excision, le point sur cette pratique rituelle interdite en France qui touche des millions de femmes et de fillettes dans le monde.
Qu’est-ce que l’excision ?
L’excision est une forme de mutilation sexuelle qui vise à retirer le clitoris, ou du moins une partie, d’une enfant ou d’une adolescente. Cette mutilation est pratiquée de manière rituelle dans de nombreux pays d’Afrique (Egypte, Soudan, Somalie, Guinée, Mali, Mauritanie, Sénégal…), mais aussi en Indonésie et en Malaisie. Elle existe aussi au Pérou, en Colombie, en Inde… En 2016, les Nations unies dénombraient 200 millions de filles et de femmes ayant subi une forme de mutilation génitale dans les pays les plus concernés.

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                Aminata : « Face à l’excision, il faut dire pas moi, pas mes sœurs, pas mes cousines »



Quel est le but ?
De nombreuses raisons sont invoquées pour justifier cette mutilation, comme l’interdiction de l’accès à l’orgasme des femmes, considéré comme malsain, l’amélioration du plaisir sexuel masculin, des raisons hygiéniques (démenties à l’unanimité par les médecins) ou des croyances anciennes (initiation à l’état de femme, peur que le clitoris n’empoisonne l’homme, l’enfant à la naissance…).
L’excision est de fait une expression particulièrement violente de la domination masculine exercée sur les femmes là où elle est pratiquée. Pour Isabelle Gillette-Faye, directrice du Groupe pour l’abolition des mutilations sexuelles et du mariage forcé :
« Le clitoris est un organe qui ne sert qu’au plaisir. Si on en coupe une partie, c’est pour empêcher les femmes d’en avoir. »
Cela concerne-t-il la France ?
Oui. En France, on estime à environ 53 000 le nombre de femmes excisées. Pas moins de trois adolescentes sur dix dont les parents viennent de pays pratiquant l’excision sont menacées d’être excisées, à l’occasion d’un séjour à l’étranger le plus souvent. Parmi elles, une sur dix sera finalement excisée.
Quelles sont les conséquences pour les femmes excisées ?
Elles sont lourdes :
douleur ;hémorragie ;infections ;problèmes urinaires ;diminution du plaisir sexuel ;complications lors de grossesses ou d’accouchements ;traumatismes psychologiques…
Des techniques médicales ont été développées pour soigner les femmes mutilées. La gynécologue Ghada Hatem, fondatrice de la Maison des femmes de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), propose par exemple une chirurgie réparatrice.
C’est aussi la spécialité du docteur Mukwege, célèbre gynécologue et militant des droits de l’homme en République démocratique du Congo, qui a voué sa carrière à la lutte contre l’excision. Un engagement qui lui a valu des menaces de mort.

        Lire l’entretien avec le docteur Mukwege :
         

          « Mon combat et ma franchise dérangent »



Est-ce puni par la loi ?
En France, oui ; des peines de prisons allant de dix à vingt ans d’emprisonnement peuvent être prononcées à l’encontre des auteurs selon l’âge de la victime, voire jusqu’à trente ans d’emprisonnement si celle ci est morte des suites de cette mutilation. Depuis 2013, sont également punis d’une peine de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende le fait d’inciter quelqu’un à se faire exciser ou à pratiquer l’excision sur une tierce personne.
La victime peut porter plainte jusqu’à vingt ans après sa majorité, soit jusqu’à l’âge de 38 ans, pour condamner ces violences devant la justice française.
La première campagne de prévention à destination des adolescentes de 12 à 18 ans, lancée par le réseau associatif Excision, parlons-en !, a été lancée en mars 2017. Cette année, l’association met à disposition sur son site Internet un tchat numérique pour permettre « aux jeunes de s’informer de façon anonyme et gratuite auprès de professionnelles ».

[Journée mondiale de lutte contre l' #excision] La loi 🇨🇵 protège toutes les filles qui vivent en France, quel que… https://t.co/i2LzkYmPY3— Egal_FH (@Egalité FH)


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ La visite du président sur l’île de Beauté après la victoire des nationalistes est à quitte ou double, estime l’éditorialiste du « Monde » Gérard Courtois dans sa chronique.
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Corse : « Macron se trouve désormais sommé de passer des paroles aux actes »

La visite du président sur l’île de Beauté après la victoire des nationalistes est à quitte ou double, estime l’éditorialiste du « Monde » Gérard Courtois dans sa chronique.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 09h49
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 11h06
   





                        



                                


                            

Chronique. C’est un rude défi qui attend le président de la République lors de son déplacement en Corse, mardi 6 et mercredi 7 février. Un de ces moments où les mots et les gestes façonnent l’Histoire. Mais où ils peuvent, tout aussi bien, la brusquer, la braquer et la faire déraper.
Durant sa campagne, en avril 2017 à Furiani, la dialectique du « en même temps » avait permis au candidat Macron de passer sans encombre l’obstacle corse. « La place de la Corse est dans la République parce que la République est suffisamment forte pour accueillir des particularités en son sein. S’il apparaît que le cadre actuel ne permet pas à la Corse de développer ses potentialités, alors nous pourrons envisager d’aller plus loin et de réviser la Constitution », avait-il promis. Cette ouverture avait été jugée encourageante par tous ceux qui, précisément, revendiquent depuis des lustres la reconnaissance de la spécificité de l’île.
Des leaders légitimes
Depuis, M. Macron a été élu et se trouve désormais sommé de passer des paroles aux actes. D’autant plus vigoureusement que la coalition menée par le tandem Gilles Simeoni (autonomiste) et Jean-Guy Talamoni (nationaliste) a remporté une victoire historique en décembre 2017. Lors des élections organisées pour désigner les représentants de la nouvelle collectivité territoriale unique (instituée par une loi d’août 2015), leur liste a raflé plus de 56 % des voix et 41 des 63 élus de la nouvelle Assemblée.
Impensable, il y a peu, après les quatre décennies de soubresauts violents qui ont accompagné l’émergence du nationalisme corse, plus impensable encore il y a vingt ans après l’assassinat du préfet Claude Erignac (à qui le chef de l’Etat devait rendre un hommage solennel mardi matin), cette victoire électorale a doté les deux leaders corses d’une légitimité sans précédent. Ils n’ont donc eu de cesse, depuis deux mois, de demander aimablement, puis de réclamer fermement à « Paris » l’ouverture...




                        

                        

