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Pologne : le président Duda approuve la loi controversée sur la Shoah

Le leadeur du parti nationaliste Droit et justice signera ce texte de loi qui menace de prison toute personne accusant l’Etat polonais de participation aux crimes nazis.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 14h12
   





                        



   


Le président Andrzej Duda, leadeur du parti nationaliste Droit et justice, a décidé qu’il signerait la loi controversée sur la Shoah proposée par les conservateurs. Cette loi prévoit trois ans de prison pour les personnes polonaises ou étrangères qui accusent la nation ou l’Etat polonais de participation aux crimes nazis. Son ambition est de protéger l’image de la Pologne à l’étranger, au risque d’aggraver les tensions avec Israël, les Etats-Unis et l’Ukraine.

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« J’ai décidé de signer la loi, et par la suite, de saisir le Tribunal constitutionnel », a déclaré M. Duda à la télévision mardi 6 février. Le président polonais demandera au gardien de la Constitution de vérifier la conformité du texte avec la loi fondamentale. Les articles susceptibles d’entrer en conflit avec la nouvelle loi portent notamment sur la liberté d’expression. M. Andrzej Duda dit :
« C’est une solution qui, d’un côté, préserve les intérêts de la Pologne, notre dignité et la vérité historique, pour que les jugements portés sur nous à travers le monde soient honnêtes, qu’on s’abstienne de nous diffamer en tant qu’Etat et nation. Mais, d’un autre côté, cette décision tient compte de la sensibilité des personnes pour qui la question de la mémoire historique de l’Holocauste reste exceptionnellement importante, et surtout de ceux qui ont survécu et qui, tant qu’ils peuvent, doivent raconter au monde leurs souvenirs de ce passé et leur expérience. »
Protestations israéliennes
La classe politique israélienne voit dans cette loi une tentative de nier la participation de certains Polonais au génocide des Juifs, voire d’empêcher les survivants de la Shoah de raconter leur expérience.
Sans changer leur position sur le fond, les dirigeants polonais ont cherché à minimiser la crise et à l’expliquer par un malentendu. « C’est un affaiblissement temporaire des relations avec Israël et les Etats-Unis, a déclaré le premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki. Mais j’espère qu’elles vont s’améliorer bientôt, lorsque nous expliquerons notre position. » 

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                Un regrettable projet de loi en Pologne


En signe d’apaisement, M. Morawiecki a invité un groupe de journalistes étrangers à l’accompagner à Markowa, un village du sud-est du pays où un musée préserve la mémoire d’une famille polonaise exterminée pour avoir caché des Juifs durant l’occupation allemande.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Le laboratoire pharmaceutique suisse est à l’origine d’un scandale qui pourrait éclabousser une bonne partie de l’opposition grecque.
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Le laboratoire Novartis accusé d’avoir corrompu deux ex-premiers ministres grecs

Le laboratoire pharmaceutique suisse est à l’origine d’un scandale qui pourrait éclabousser une bonne partie de l’opposition grecque.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 13h46
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 15h02
   





                        



   


Le parquet anticorruption grec, qui enquête depuis 2016 sur le laboratoire pharmaceutique suisse Novartis, soupçonne une dizaine de dirigeants politiques grecs d’avoir accepté des pots-de-vin pour aider le laboratoire à commercialiser des médicaments aux vertus curatives discutables, et à gonfler ses prix. Ces hommes politiques ne pouvant être jugés par un tribunal ordinaire, leur dossier va être transféré, mardi 6 février, au Parlement, seul habilité à enquêter sur d’ex-membres du gouvernement.
Saisissante, la liste des politiciens possiblement impliqués inclut une partie du gotha politique grec. Y figurent deux ex-premiers ministres, dont le conservateur Antonis Samaras (Nouvelle Démocratie), huit ex-ministres, dont Adonis Georgiadis, numéro deux de Nouvelle Démocratie, chargé du portefeuille de la santé. L’actuel gouverneur de la Banque centrale, Yannis Stournaras, serait également impliqué, comme le commissaire européen aux migrations, Dimitris Avramopoulos. Le poids lourd socialiste Evangélos Vénizélos est également soupçonné.
Des accusations de « machination » politique
Une bonne partie des figures de l’opposition au gouvernement actuel pourraient être éclaboussées par cette affaire. M. Samaras a dénoncé une « nouvelle diffamation de M. Tsipras », qui lui a succédé au pouvoir il y a trois ans, assurant que ses accusateurs « devront en répondre devant la justice ».
Niant tout rapport avec la politique du médicament, M. Avramapoulos a démenti toute implication, tout comme M. Stournaras. Ce dernier a dénoncé une opération de harcèlement du gouvernement de gauche. La thèse d’une machination politique a aussi été avancée par M. Venizélos, allié de M. Samaras avant l’arrivée au pouvoir de Syriza, le parti de M. Tsipras. 
« L’enquête montrera s’il y a implication ou pas », a rétorqué l’actuel ministre de la justice, Stavros Kontonis, niant toute « intervention politique ». L’affaire « est d’une énorme ampleur », a-t-il ajouté. Il avait estimé en avril que Novartis avait probablement soudoyé « des milliers » de médecins et de fonctionnaires, une affaire d’autant plus sensible que la santé publique a été frappée de plein fouet en Grèce par neuf ans d’austérité. La branche grecque de Novartis a dit lundi « continuer à coopérer » avec les autorités, sans davantage de commentaires.
Novartis déjà épinglé dans d’autres pays
L’enquête semble bien avancée. Le parquet a fait procéder à des perquisitions dans les locaux de Novartis près d’Athènes. Plus d’une centaine de témoins ont été interrogés. Novartis fait face à des enquêtes pour corruption dans d’autres pays. En novembre 2016, le département de la justice américain a condamné le groupe Suisse à une amende de 390 millions de dollars (environ 314 millions de francs) pour avoir incité des chaînes de pharmacies à recommander ses médicaments plutôt que d’autres.

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                Le système politique grec miné par le clientélisme et la corruption



Le volet politique est désormais confié au Parlement. Le parquet anticorruption poursuivra son enquête dans le volet non politique de l’affaire. Des poursuites ont d’ailleurs été engagées contre l’un des dirigeants du parquet.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ La comptabilité du deuxième groupe anglais de BTP et de services semble avoir été conçue pour masquer jusqu’au bout la réalité des dettes, explique le professeur en sciences de gestion Armand Hatchuel dans sa chronique mensuelle.
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Le britannique Carillion « mort par overdose de gestion actionnariale »

La comptabilité du deuxième groupe anglais de BTP et de services semble avoir été conçue pour masquer jusqu’au bout la réalité des dettes, explique le professeur en sciences de gestion Armand Hatchuel dans sa chronique mensuelle.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 13h38
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 15h48
    |

                            Armand Hatchuel (Professeur à MinesParistech/PSL Research University)








                        



                                


                            

L’éclairage. Il y a quelques semaines, Carillion, le deuxième groupe anglais de BTP et de services, a brutalement fait faillite. Cette chute a surpris, d’autant plus que les principaux clients de Carillion sont des services publics, et ses contrats des commandes d’Etat.
L’entreprise gérait les cuisines de centaines d’écoles, construisait des hôpitaux et des systèmes de transport, fournissait de nombreux services à l’armée anglaise. Le groupe n’est donc pas tombé sous les coups de clients versatiles, de la mondialisation ou de la numérisation de la concurrence.
Certes, les métiers du service et de la construction souffrent souvent de chantiers qui dérapent et de retards de paiement, mais ces problèmes sont connus des professionnels et la taille de Carillion aurait dû lui permettre d’absorber ces aléas. Alors, comment expliquer la mort si rapide d’une entreprise aussi importante et indispensable aux services publics britanniques ? Tout porte à croire que l’on se trouve face à un cas « chimiquement pur » de mort par overdose de gestion exclusivement actionnariale, avec toutes les dérives comptables qui accompagnent ce type de gouvernance.
Distribution imposée de dividendes
Carillion est un conglomérat qui s’est construit récemment avec la privatisation massive de nombreux services publics. Au moyen de nombreuses acquisitions, le groupe a connu une croissance rapide, qui l’a conduit à devenir un géant de 40 000 personnes avec, en 2016, 7 milliards de dollars de chiffre d’affaires et un bénéfice de 200 millions de dollars, dont la moitié affectée aux dividendes. Une consolidation qui s’enorgueillissait « d’avoir augmenté constamment ses dividendes depuis sa création ». En 2016, des analystes financiers soulignaient encore cette belle performance. Une activité qui croît et les dividendes qui suivent, quoi de plus satisfaisant ?

Sauf que l’on sait aujourd’hui que cette distribution imposée de dividendes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Le géant américain de l’e-commerce a scellé un accord à l’amiable avec le fisc français, qui lui réclamait de lourds arriérés d’impôt. Paris veut convaincre ses partenaires européens de mettre fin aux avantages dont bénéficient les entreprises du numérique.
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Fiscalité : Amazon passe à la caisse dans l’Hexagone

Le géant américain de l’e-commerce a scellé un accord à l’amiable avec le fisc français, qui lui réclamait de lourds arriérés d’impôt. Paris veut convaincre ses partenaires européens de mettre fin aux avantages dont bénéficient les entreprises du numérique.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 11h03
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            

Chronique. Les géants américains d’Internet et leurs bataillons d’avocats fiscalistes ont la réputation d’être coriaces dans leurs négociations avec l’administration des pays où ils opèrent. Amazon, Google, eBay, Apple, Facebook, Microsoft, Airbnb… En Europe, tous ont eu droit à des procédures de redressement.
A mesure que la pression politique monte au niveau national ou européen, ils se montrent un peu plus souples, bien conscients des effets négatifs dans l’opinion de leur indécente politique d’optimisation fiscale.
Ainsi Amazon a-t-il annoncé, lundi 5 février, être parvenu à « un accord de règlement d’ensemble » avec le fisc français, qui lui avait notifié en 2012 un redressement de 200 millions d’euros. Bis repetita, puisqu’il a fait de même avec l’Italie, fin 2017.

La société d’e-commerce précise que « l’ensemble des chiffres d’affaires, charges, profits et taxes liés à l’activité de commerce de détail sont désormais comptabilisés en France » et ne transiteront plus par le Luxembourg. On ignore ce qu’il a déboursé – « secret fiscal » oblige, plaide-t-on à Bercy – mais il est certain qu’il a âprement défendu ses intérêts, puisqu’il a fallu cinq ans pour solder un contentieux portant sur la période 2006-2010.
Il y a toujours un petit parfum de chantage à l’emploi dans une guerre économique où les Etats manient l’arme du mieux-disant fiscal. « Nous avons investi plus de 2 milliards d’euros depuis 2010 et créé plus de 5 500 emplois en CDI » dans l’Hexagone, rappelle Amazon.
« Un enjeu essentiel de crédibilité »
Dans sa politique volontariste pour séduire les investisseurs étrangers, Emmanuel Macron ne l’ignore pas. Et les élus locaux n’hésitent pas à dérouler le tapis rouge à Jeff Bezos, le patron-fondateur d’Amazon devenu l’homme le plus riche du monde en 2017.
Fin de partie ? Non, Bercy a encore des litiges à solder. Comme avec Google, à qui le fisc réclamait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Le président des réunions préparatoires de l’Eurogroupe était la bête noire de l’ex-ministre des finances grec Yanis Varoufakis.
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Thomas Wieser, l’Autrichien que les Grecs ont adoré détester

Le président des réunions préparatoires de l’Eurogroupe était la bête noire de l’ex-ministre des finances grec Yanis Varoufakis.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 10h54
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 10h58
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

LETTRE DE BRUXELLES
Une effervescence inhabituelle gagne la salle de presse flambant neuve du nouveau bâtiment du Conseil (des Etats membres), en plein cœur du quartier européen de Bruxelles. Des journalistes agrémentent le pupitre de fanions, y posent des bouteilles d’alcool et fixent un ballon de baudruche en forme de « T » doré. Quelqu’un lance la bande-son de Zorba le Grec, juste au moment où Thomas Wieser franchit le seuil. On est mi-janvier, et il s’apprête à donner le dernier briefing off the record de sa carrière.
L’Autrichien de 64 ans a assuré pendant six ans, non-stop, durant toute la crise de l’euro, la présidence de l’Euroworking group (EWG). Il s’agit d’un groupe d’experts des pays membres de la zone euro (souvent, les directeurs du trésor), qui préparent en amont les réunions bruxelloises de leurs ministres. Bien moins exposé que le président de l’Eurogroupe, le président de l’EWG joue néanmoins un rôle clé dans la gouvernance de la zone euro.
Toujours impeccable, costume en tweed et cravate sobre, M. Wieser marque un temps d’arrêt, salue l’assistance, puis commence à dérouler son « briefing », comme si de rien n’était. Au menu du prochain Eurogroupe : de la Grèce, encore et toujours, une première discussion entre ministres sur les réformes attendues dans la zone euro (Union bancaire, Fonds monétaire européen, etc.), un point sur la situation macro-économique. Rien de passionnant, mais la salle ne pipe mot et prend scrupuleusement des notes.
Club opaque
Avec sa barbe blanche bien taillée, des yeux rieurs derrière ses lunettes en écaille, Thomas Wieser est une petite légende pour tous les journalistes qui, entre 2011 et 2015, ont relaté les soubresauts de la crise grecque. Un des rares à avoir levé un pan du voile de l’Eurogroupe, club aussi puissant qu’opaque. A condition de ne pas être cité nommément (c’est la règle dans les institutions de l’Union, devoir de réserve des fonctionnaires oblige), il distillait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Editorial. En pleine campagne des législatives, l’attentat de Macerata a ressoudé la fragile coalition constituée autour de la droite berlusconienne, des postfascistes et de la Ligue du Nord.
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Italie : l’inquiétante surenchère de la droite

Editorial. En pleine campagne des législatives, l’attentat de Macerata a ressoudé la fragile coalition constituée autour de la droite berlusconienne, des postfascistes et de la Ligue du Nord.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 10h09
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 10h55
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Il n’est jamais bon signe, lorsque des crimes ont été commis, de voir une partie de l’opinion s’acharner sur les victimes. Ce spectacle désolant, c’est celui que donne l’Italie depuis l’attentat commis, samedi 3 février, par un jeune homme, Luca Traini, qui a ouvert le feu sur des migrants africains au pied du monument aux morts de la petite ville de Macerata, dans le centre du pays, blessant six personnes.

S’il ne s’était agi que du coup de folie d’un simple désaxé, l’attaque aurait été sans doute condamnée sans tergiversation. Mais voilà, l’auteur des faits était militant de la Ligue du Nord, il avait même été présenté aux élections municipales sous les couleurs de ce parti, au printemps 2017. Et, en se ceignant d’une écharpe tricolore avant d’effectuer un salut fasciste en criant « Viva Italia ! », il a clairement cherché à donner à son geste de vengeance – quelques jours plus tôt, un migrant nigérian avait été interpellé pour le meurtre sordide d’une italienne de 18 ans – une dimension politique. De ce point de vue, à moins d’un mois des élections législatives du 4 mars, Luca Traini a réussi au-delà de toute espérance.
Appel à la haine
Depuis samedi, la droite italienne dans son ensemble s’est livrée à une inquiétante surenchère. Dans un bel unanimisme, après avoir dénoncé de façon expéditive le geste d’un « déséquilibré », ses chefs s’en sont pris au gouvernement de centre-gauche, l’accusant d’avoir favorisé ces dernières années une véritable invasion migratoire. Le dirigeant de la Ligue, Matteo Salvini, dont les appels à la haine n’ont rien fait pour apaiser le climat, a ainsi claironné son impatience d’entrer au gouvernement pour « ramener la sécurité, la justice sociale et la sérénité » en Italie, tandis que Silvio Berlusconi ­promettait d’expulser 600 000 migrants ­illégaux, tous « prêts », selon lui, à commettre des crimes.

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                Attentat de Macerata en Italie : la droite condamne, mais incrimine le gouvernement



Ainsi donc, « grâce » à Luca Traini, la fragile coalition constituée autour de la droite berlusconienne, des postfascistes et de la Ligue du Nord, qui peinait depuis des mois à masquer ses dissensions sur la politique économique ou l’Europe, s’est soudain ressoudée, face à un bouc émissaire facile.
Devant cette dérive, les appels à la raison du premier ministre, Paolo Gentiloni, semblent inaudibles. Il faut dire que, ces derniers mois, les attaques du ministre de l’intérieur, Marco Minniti, contre les ONG humanitaires opérant en Méditerranée ont largement contribué à alourdir le climat en accentuant le rejet des candidats à l’asile.
L’Europe, de son côté, pourra difficilement éviter un examen de conscience, tant son incapacité à aider l’Italie, laissée seule face à l’urgence migratoire depuis plusieurs années, aura contribué à attiser une colère sur laquelle ont prospéré la Ligue du Nord et le Mouvement 5 étoiles.

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                En Italie, l’attentat de Macerata bouscule la campagne des législatives


Quant à Silvio Berlusconi, qui a pris le parti de s’aligner sur les positions de Matteo Salvini, sans doute pour mieux garder le contrôler de cet allié encombrant, il pourrait bien avoir perdu dans l’opération les bénéfices de la campagne que ses partisans avaient entreprise ces derniers mois pour restaurer sa crédibilité auprès des instances européennes. Affaiblissant du même coup l’hypothèse de constituer au lendemain du vote une « grande coalition » allant de la gauche à la droite modérée, dernière planche de salut de ceux qui cherchent à éviter des secousses susceptibles, au lendemain du 4 mars, d’ébranler l’Europe entière.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Pavel Groudinine, candidat à la présidentielle russe du 18 mars, est le patron non encarté d’un sovkhoze.
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Russie : le candidat surprise du Parti communiste

Pavel Groudinine, candidat à la présidentielle russe du 18 mars, est le patron non encarté d’un sovkhoze.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 10h08
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Pour une surprise, ce fut une surprise, peut-être la seule, jusqu’ici, dans une élection présidentielle à faible suspense. Candidat à quatre reprises depuis 1996, l’indéboulonnable chef du Parti communiste russe, Guennadi Ziouganov, 73 ans, s’est résigné à céder sa place à un parfait inconnu aux yeux d’une majeure partie de la population. Malgré les apparences, Pavel Groudinine, 57 ans, patron du bien nommé sovkhoze Lénine, dans la grande banlieue de Moscou, va porter les couleurs communistes lors du scrutin du 18 mars, sans même être adhérent du parti. Une révolution.

« Nous avons un nouveau candidat communiste, ce qui n’est pas arrivé depuis longtemps », relevait il y a peu la politologue Ekaterina Schulmann, ajoutant : « Groudinine, c’est le Navalny de la gauche. » Un candidat neuf en somme, chargé de dépoussiérer l’image d’un parti en déclin et de porter la critique contre le Kremlin sur la corruption du pouvoir – en mode bien moins virulent cependant que le principal opposant, Alexeï Navalny, écarté de la course présidentielle. « Je n’aurais pas d’allergie si Navalny devenait président de la Chambre des comptes », lançait, un brin provocateur, Pavel Groudinine, début janvier.
Programme d’abord « social et socialiste »
Numéro un de la fraise en Russie, le candidat communiste qui n’en est pas un dirige une vaste exploitation agricole de 2 000 hectares, dont il possède 42 % des parts. Fondée en 1918, privatisée en 1995, cette ancienne ferme d’Etat soviétique, qui produit aussi des jus de fruits, des légumes et du lait, lui permet de se présenter comme un « directeur rouge » parfaitement au fait des lois du capitalisme. En juin 2016, déjà, il expliquait au Monde les erreurs de pilotage économique du gouvernement en faisant visiter son domaine robotisé avec ses machines d’importation. Désormais en campagne, il y a convié le 26 janvier l’ensemble de la presse étrangère en Russie afin d’y promouvoir le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Le seul survivant du commando du 13 novembre 2015 a refusé de s’exprimer. Il comparaît avec Sofien Ayari pour leur participation présumée à une fusillade avec des policiers en mars 2016.
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Procès de Salah Abdeslam à Bruxelles : ce qu’il faut retenir de la première journée

Le seul survivant du commando du 13 novembre 2015 a refusé de s’exprimer. Il comparaît avec Sofien Ayari pour leur participation présumée à une fusillade avec des policiers en mars 2016.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 19h17
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 10h12
   





                        


L’essentiel
Salah Abdeslam et son complice Sofien Ayari comparaissaient, lundi 5 février, devant la 90e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles pour leur participation présumée à une fusillade avec des policiers en mars 2016, dans la commune bruxelloise de Forest.« Je ne souhaite pas répondre… à aucune question », a très vite clarifié le seul membre encore vivant des commandos djihadistes des attentats du 13 novembre 2015.La procureure fédérale Kathleen Grosjean a requis une même peine de vingt ans de prison contre les deux prévenus. Le procès reprendra jeudi.
Le contexte
Salah Abdeslam et son complice doivent répondre devant le tribunal correctionnel de Bruxelles de « tentative d’assassinat sur plusieurs policiers » et « port d’armes prohibées », le tout « dans un contexte terroriste ».
Si tous deux sont impliqués dans les attentats du 13 novembre 2015 – Sofien Ayari est apparu dans l’enquête sur les attentats parisiens sous plusieurs fausses identités –, le procès de Bruxelles porte sur des faits remontant au 15 mars 2016 en Belgique. Ce jour-là, des enquêteurs français et belges sont surpris par des tirs pendant une perquisition de routine dans une des planques bruxelloises du groupe terroriste, située rue du Dries à Forest. Trois policiers sont alors blessés et un djihadiste algérien de 35 ans, Mohamed Belkaïd, tué en leur faisant face avec une kalachnikov pour couvrir la fuite de Salah Abdeslam et de Sofien Ayari.
Cet épisode précipite la fin de la cavale de celui qui est alors l’homme le plus recherché d’Europe et dont l’empreinte ADN a été découverte dans la planque. Les deux fugitifs sont, en effet, capturés soixante-douze heures plus tard.
Salah Abdeslam est placé depuis la fin avril 2016 en détention à Fleury-Mérogis, en France, où il est maintenu à l’isolement, sous vidéosurveillance 24 heures sur 24. Pendant le procès, il est hébergé dans une prison du nord de la France, à Vendin-le-Vieil, permettant de « dupliquer » ces conditions de détention. Pour effectuer le trajet de 150 kilomètres vers Bruxelles, le prévenu est escorté par des unités d’élite, du GIGN français et de la police judiciaire fédérale belge alternativement.
La citation
A son arrivée au palais de justice, lundi matin, Salah Abdeslam a immédiatement prévenu qu’il ne « [souhaitait] pas répondre… à aucune question ». 
« Je n’ai pas peur de vous, je n’ai pas peur de vos alliés, de vos associés, je place ma confiance en Allah et c’est tout. »
Pas d’image
L’avocat d’Abdeslam, Sven Mary, a fait savoir que son client ne souhaitait qu’aucune image de lui ne soit prise par les médias.

   


Et après ?
Dans l’après-midi, une peine de vingt ans de prison a été requise contre les deux prévenus. Il s’agit de la peine maximale prévue en correctionnelle pour les faits jugés, selon la représentante du parquet.
Le procès, qui devait initialement se poursuivre mardi, a été suspendu jusqu’à jeudi pour permettre à Me Mary de préparer sa plaidoirie.
Deux des quatre avocats des parties civiles doivent encore plaider jeudi matin. S’ensuivront les plaidoiries de la défense de Salah Abdeslam et de Sofien Ayari. Le procès qui devait s’étendre sur quatre jours jusqu’à vendredi – avec relâche le mercredi – pourrait se terminer dès jeudi. Une accélération qui s’explique en partie par le refus de Salah Abdeslam de répondre aux questions.

Pour aller plus loin
Le récit du premier jour du procès de Salah Abdeslam à BruxellesCinq questions sur le procèsHaute sécurité pour le procès du seul membre encore vivant du commando du 13 novembre





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Selon la loi polonaise, le chef de l’Etat dispose d’un délai de 21 jours pour décider de promulguer une loi, d’y mettre son veto ou de saisir le Tribunal constitutionnel.
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Varsovie estime que la réaction d’Israël à sa loi mémorielle repose sur un malentendu

Selon la loi polonaise, le chef de l’Etat dispose d’un délai de 21 jours pour décider de promulguer une loi, d’y mettre son veto ou de saisir le Tribunal constitutionnel.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 15h44
   





                        



   


Le chef de la diplomatie polonaise, Jacek Czaputowicz, estime que la réaction d’Israël à la loi polonaise controversée sur la Shoah est due à « un malentendu ».
Lundi 5 février, M. Czaputowicz, à la radio polonaise publique PR3, a exclu la possibilité de poursuivre des survivants de la Shoah qui évoqueraient des persécutions de la part de Polonais. « Selon la loi polonaise et le système juridique, cela est impossible. Nous voulons partager ces connaissances avec nos partenaires israéliens », a-t-il ajouté. « C’est un problème d’interprétation, de surinterprétation » par la partie israélienne, a-t-il encore dit.
Aux yeux des conservateurs polonais, la loi doit rendre impossible l’attribution à « l’Etat ou à la nation polonaises » de crimes nazis et empêcher l’utilisation de l’expression erronée de « camps de la mort polonais » à propos de ceux installés par les nazis allemands en Pologne occupée. En vertu du texte voté par les deux chambres du Parlement, enfreindre ces nouvelles règles pourrait même rendre passible d’une peine de prison pouvant aller jusqu’à trois ans.

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                Un regrettable projet de loi en Pologne



Les responsables israéliens s’émeuvent surtout d’un passage de la loi dans lequel ils voient une tentative de nier la participation de certains Polonais à l’extermination des juifs. Le texte a également fait l’objet de sérieux avertissements ou inquiétudes de Washington et de Kiev, ainsi que de nombreuses organisations juives et du Conseil international d’Auschwitz.
Le premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, s’est rendu vendredi à Markowa, au musée de la famille Ulma, dont huit membres, parmi lesquels six enfants, furent abattus par des Allemands dans la nuit du 23 au 24 mars 1944, ainsi que les huit juifs qu’ils cachaient. « Tous les crimes commis entre 1939 et 1945 [époque de l’occupation nazie] sont de la responsabilité des Allemands, et après 1945, jusqu’à la fin du communisme, c’était la responsabilité des communistes et de la Russie soviétique », a-t-il dit.

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                Pologne : le vote d’une loi mémorielle sur la Shoah suscite incompréhension et inquiétude



Berlin rappelle la responsabilité allemande
Ce week-end, le ministre des affaires étrangères allemand, Sigmar Gabriel, a déclaré qu’il n’y avait « pas le moindre doute sur la question de savoir qui est responsable des camps d’extermination, qui les a fait fonctionner pour tuer des millions de juifs européens : à savoir les Allemands ».
Dimanche, lors d’une émission de Radio J, le commissaire européen Pierre Moscovici a dit espérer que le président polonais Andrzej Duda « aurait la sagesse » de « ne pas promulguer » la loi. Selon la loi polonaise, le chef de l’Etat dispose d’un délai de vingt et un jours pour décider de promulguer une loi, d’y mettre son veto ou de saisir le Tribunal constitutionnel.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ La ville de Lombardie à forte population immigrée ne cède pas aux discours xénophobes.
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Brescia, ville modèle de l’Italie multiculturelle

La ville de Lombardie à forte population immigrée ne cède pas aux discours xénophobes.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 14h01
    |

            Jérôme Gautheret (Brescia (Lombardie), envoyé spécial)








                        



                                


                            
Pour lui, il n’y a pas eu de traversée périlleuse, d’exil déchirant ou d’odyssée tragique. Rashid Md Shamual est arrivé en Italie en 1998, de la façon la plus simple qui soit : il a débarqué à l’aéroport de Rome-Fiumicino un beau jour, depuis le Bangladesh, avec en poche un simple visa de tourisme. Puis en quelques mois, il a appris l’italien, qu’il parle désormais sans accent, et il n’est jamais reparti. Ce jeune quadragénaire raconte son histoire simplement, sans pathos, devant une assiette de plats indiens, dans une échoppe déserte du centre historique de Brescia, au cœur de la prospère et industrieuse Lombardie.
A Brescia, où il est arrivé en 2005 après avoir passé sept ans dans les Pouilles, près de Bari, Rashid Md Shamual gère une agence d’aide aux arrivants, et se démène pour eux dans les méandres infinis du droit administratif italien. Il est souvent requis pour servir d’interprète lors des auditions de ses concitoyens arrivant de Libye (en 2017, le Bangladesh était le deuxième pays d’origine des migrants secourus en Méditerranée). Il a même été désigné pour siéger au sein d’un des conseils de quartier du centre-ville – faute de disposer de la nationalité italienne, il n’est pas éligible, même à l’échelon local. Bref, à force d’efforts, il est devenu ici une sorte de notable.

Mais sa vraie fierté, ce sont ses deux garçons de 17 et 9 ans, nés en Italie. Et c’est en parlant d’eux que son regard se fait tout à coup malicieux. « Ils vont à l’école, vous savez, et ils ont de très bonnes notes. D’ailleurs, si vous posez la question, vous vous en apercevrez très vite : dans les écoles de la région, ceux qui sont les mieux classés, ce sont presque toujours les enfants d’immigrés ! »
Dans l’Italie de 2018, le parcours de Rashid Md Shamuel n’a rien d’extraordinaire. A sa manière, il est pourtant emblématique d’une révolution : la mue de l’Italie, terre d’émigration depuis des temps immémoriaux, en pays d’immigration économique,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ L’auteur de la fusillade est proche de la Ligue du Nord, le mouvement d’extrême droite dont la campagne électorale est centrée sur les migrants.
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En Italie, l’attentat de Macerata bouscule la campagne des législatives

L’auteur de la fusillade est proche de la Ligue du Nord, le mouvement d’extrême droite dont la campagne électorale est centrée sur les migrants.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 11h58
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 14h52
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Luca Traini avait prévenu deux amis, croisés vendredi 2 février au soir dans les rues de la petite ville de Macerata (région des Marches) : la mort de Pamela Mastropietro, 18 ans, dont les restes ont été retrouvés mercredi dans deux valises abandonnées sur le bas-côté d’une route de la zone industrielle voisine de Pollenza, ne restera pas impunie, et le suspect, Innocent Oseghale, un Nigérian sans papiers, ne sera pas le seul à payer les conséquences de son crime. « Demain, je prendrai mon pistolet et je ferai justice », avait-il annoncé.
Mais ils ne l’avaient pas pris au sérieux : après tout, Luca Traini ne connaissait pas cette jeune fille échappée d’un centre de désintoxication, dont la mort sordide fait les gros titres de la presse nationale depuis plusieurs jours, en pleine campagne électorale. Et de toute façon, quel crédit accorder aux vantardises d’un camarade de salle de sport ?

Pourtant, le lendemain, en fin de matinée, Luca Traini a ouvert le feu depuis sa voiture de sport sur un groupe de migrants qui attendaient un bus, au pied du monument aux morts de la ville. Puis, descendant de son véhicule, il a enlevé son blouson, s’est ceint d’une écharpe tricolore, et a exécuté un salut fasciste en criant « Viva Italia ! », avant de se livrer aux forces de l’ordre, sans opposer de résistance.
Six demandeurs d’asile originaires d’Afrique ont été hospitalisés, et l’auteur de l’attentat a été aussitôt placé à l’isolement, dans la prison voisine de Montaculto. Tentant de cerner la personnalité du jeune homme, âgé de 28 ans, les carabiniers ont perquisitionné son domicile, et y ont trouvé tout l’attirail du militant néonazi, notamment des armes et un exemplaire de Mein Kampf. Mais ils se sont vite aperçus d’un fait rendant le profil de Luca Traini plus atypique : celui-ci avait des liens assez poussés avec la Ligue du Nord, le parti d’extrême droite qui a décidé depuis plusieurs semaines d’axer sa campagne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Le texte sera présenté aux adhérents du SPD. Une consultation à haut risque pour le chef du parti Martin Schulz.
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Allemagne : sociaux-démocrates et conservateurs sur le point de conclure un « contrat de coalition »

Le texte sera présenté aux adhérents du SPD. Une consultation à haut risque pour le chef du parti Martin Schulz.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 11h24
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 15h32
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


Enfin. Plus de quatre mois après les élections législatives du 24 septembre 2017, les conservateurs (CDU-CSU) et les sociaux-démocrates (SPD) allemands pourraient achever, lundi 5 février, la rédaction d’un « contrat de coalition ». Ils avaient initialement prévu de le sceller dimanche soir. Par précaution, des chambres d’hôtels ont été réservées jusqu’à mardi à Berlin pour les négociateurs, au cas où les discussions ne seraient pas terminées lundi soir. « On ne peut pas prédire le temps que ça va prendre, il reste des points importants à régler », a prudemment reconnu, dimanche, la chancelière Angela Merkel, présidente de la CDU.
Au menu de ces ultimes tractations, qui doivent reprendre lundi à 10 heures : l’encadrement des contrats de travail à durée déterminée (CDD) et la réforme du système de santé, deux points sur lesquels les partenaires peinent à s’entendre mais sur lesquels les sociaux-démocrates ont promis qu’ils se montreraient particulièrement fermes vis-à-vis des conservateurs.
Pour le SPD, l’enjeu est en effet de taille. Contrairement à ce qui avait été le cas en 2013, quand ils avaient obtenu des conservateurs l’introduction du salaire minimum dans le contrat de coalition, les sociaux-démocrates ne peuvent pas, pour l’instant, se prévaloir d’avoir arraché une grande réforme emblématique. Au contraire : par exemple, sur la très symbolique question du regroupement familial pour les réfugiés, qui a fait l’objet de vifs débats la semaine dernière, le compromis qui a été trouvé correspond largement à ce que réclamaient les conservateurs.

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                En Allemagne, entre Angela Merkel et Martin Schulz, une coalition par défaut



Or Martin Schulz, le président du SPD, doit absolument convaincre sa base qu’il a obtenu des concessions significatives de la part de la CDU-CSU : les 440 000 adhérents du parti devront dire, dans les prochaines semaines, s’ils approuvent ou non l’accord trouvé entre les partenaires. Un vote dont l’issue est très incertaine, comme le laisse présager le déroulement du congrès du SPD, à Bonn, le 21 janvier : ce jour-là, à la question de savoir s’ils acceptaient de négocier la rédaction d’un contrat de coalition avec la CDU-CSU, seuls 56 % des 600 délégués du parti avaient répondu « oui ».
Les mauvais sondages du SPD
L’accord qui devrait être trouvé dans les prochaines heures ne signifie donc pas la fin de l’interminable feuilleton politique qui a commencé au soir des législatives. Une fois celui-ci rendu public commencera en effet une intense campagne interne au SPD entre partisans et opposants d’une « grande coalition », ces derniers étant emmenés en particulier par Kevin Kühnert, le président des « Jusos » (jeunes socialistes), le leader des « anti GroKo ».
Si le SPD approuve l’accord, un nouveau gouvernement pourrait être constitué au mois de mars, sous la direction d’Angela Merkel. S’il s’y oppose, deux possibilités sont envisageables : la formation d’un gouvernement minoritaire, avec uniquement des ministres conservateurs en son sein, ou la tenue de nouvelles élections, ce qui serait une première en Allemagne.

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                Accord de gouvernement en Allemagne : visualisez soixante-huit ans de coalitions dans le pays


Cette perspective d’un nouveau scrutin législatif est d’ailleurs ce qui pourrait inciter une partie des adhérents du SPD à approuver, malgré leurs réticences, l’entrée de leur parti au gouvernement : dans les plus récents sondages, les sociaux-démocrates ne sont en effet crédités que de 18 % à 20 % des intentions de vote, soit encore moins que les 20,5 % qu’ils ont obtenus aux législatives du 24 septembre 2017, leur plus mauvais résultat depuis la fin de la seconde guerre mondiale. En cas de nouvelles élections, l’extrême droite pourrait à l’inverse se renforcer : dans les sondages le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) est crédité de 13 % à 14 % des voix. En septembre 2017, il avait obtenu 12,6 % des suffrages exprimés.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Editorial. Le texte mémoriel sur la Shoah participe de la volonté du gouvernement polonais, dirigé par le parti nationaliste Droit et Justice (PiS), de réécrire l’Histoire de la Pologne.
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Un regrettable projet de loi en Pologne

Editorial. Le texte mémoriel sur la Shoah participe de la volonté du gouvernement polonais, dirigé par le parti nationaliste Droit et Justice (PiS), de réécrire l’Histoire de la Pologne.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 11h17
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 11h26
   





                        


Editorial du « Monde ». Soyons clairs : il n’y a pas eu de camps de la mort polonais pendant la deuxième guerre mondiale, il y a eu des camps d’extermination allemands en Pologne. Ces camps, dans lesquels ont été tués des millions de juifs et des centaines de milliers de non-juifs ont été créés et dirigés par l’Allemagne nazie sur le territoire de la Pologne occupée. Contrairement à d’autres pays de l’Europe occupée, comme la France, l’Etat polonais n’a pas collaboré avec le IIIe Reich. Il n’y a pas eu de participation de l’Etat polonais à la Shoah.
Voilà pour les vérités historiques. La situation géographique des camps d’Auschwitz-Birkenau ou de Majdanek a souvent conduit à cette confusion sémantique d’autant plus blessante pour les Polonais que leur pays a perdu près de 30 % de sa population dans la deuxième guerre mondiale – proportionnellement plus que toute autre nation engagée dans le conflit : 6 millions de Polonais, dont la moitié étaient juifs, ont disparu. Barack Obama lui-même a dû s’excuser, en 2012, pour avoir employé l’expression « camps de la mort polonais » en décorant à titre posthume le résistant polonais Jan Karski qui avait, en vain, tenté d’alerter les Alliés de l’existence de ces camps et de l’extermination systématique des juifs qui s’y déroulait. Ni Roosevelt ni Churchill ne voulurent l’entendre.
Emotion
Pourquoi, alors, le projet de loi adopté la semaine dernière par le Parlement polonais, punissant d’une peine allant jusqu’à trois ans de prison toute personne qui « attribue à la République de Pologne et à la nation polonaise, publiquement et contrairement à la réalité des faits, la responsabilité ou la coresponsabilité de crimes nazis perpétrés par le IIIe Reich allemand », suscite-t-il tant d’émotion ? Ce vote a provoqué de fortes réactions en Israël, et l’administration américaine, pourtant solide alliée du gouvernement polonais actuel, a demandé à Varsovie de reconsidérer le texte « au vu de l’impact qu’il pourrait avoir sur le principe de liberté d’expression » et sur les relations polono-américaines.
Ce projet de loi est condamnable parce qu’il limite le travail des historiens et des journalistes, ainsi dissuadés de s’intéresser à ce qui pourrait les emmener sur le terrain d’une participation de Polonais aux crimes de l’Occupation. Au-delà de l’utilisation de l’expression « camps de la mort polonais », la formulation des chefs d’accusation est suffisamment large pour permettre une interprétation extensive et abusive de toute discussion du rôle, par exemple, de citoyens polonais dans des pogroms commis pendant la guerre.
Le texte participe de la volonté du gouvernement polonais, dirigé par le parti nationaliste Droit et Justice (PiS) de Jaroslaw Kaczynski, de réécrire l’Histoire en un récit dans lequel la Pologne ne serait qu’héroïque et martyre. Cette même tentation est à l’origine du détournement, en 2017, de la mission du Musée de la deuxième guerre mondiale, à Gdansk, jugé trop universaliste et pas assez polonais.
Il rompt, enfin, avec une évolution notable, depuis une douzaine d’années, qui a conduit les Polonais à regarder en face la longue et complexe histoire des juifs en Pologne, consacrée par l’ouverture en 2013 d’un remarquable musée à Varsovie, saluée en Israël. Le projet de loi attend la signature du président Andrzej Duda pour être promulgué. M. Duda rendrait un grand service à la Pologne en résistant aux injonctions de M. Kaczynski et en refusant de le signer.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Depuis des décennies, la Grèce refuse que le petit pays des Balkans ait le même nom que celui de la région de Thessalonique.
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Mobilisation massive à Athènes pour que la Macédoine change de nom

Depuis des décennies, la Grèce refuse que le petit pays des Balkans ait le même nom que celui de la région de Thessalonique.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 11h03
    |

                            Intérim (Athènes, correspondance)








                        



   


« Il n’y a qu’une Macédoine et elle est grecque », scandaient, des drapeaux grecs à la main, les opposants à un compromis avec Skopje, dimanche 4 février, place Syntagma, à Athènes. Dans le défilé, des députés de droite et des membres de l’Eglise grecque côtoient des militants du parti néonazi Aube dorée, mais aussi des citoyens lambda venus des quatre coins de la Grèce en bus. Vingt-cinq ans après le début de la crise diplomatique entre les deux pays, l’appellation de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine continue de créer des remous en Grèce. Car la Macédoine est aussi le nom de la région de Thessalonique. Et les Grecs refusent que leur voisin des Balkans conserve le même nom.
Selon les organisateurs de la manifestation – principalement des représentants de la diaspora et des membres d’associations religieuses se voulant « apolitiques » –, plus d’un million de personnes étaient présentes, contre 140 000 d’après la police. Deux semaines auparavant, 90 000 personnes selon la police (500 000 selon les organisateurs) avaient défilé à Thessalonique, capitale de la région grecque de Macédoine, terre de Philippe II et de son fils Alexandre le Grand.
Alors que Skopje et Athènes se disaient optimistes, début janvier, et que l’émissaire des Nations unies sur cette question, Matthew Nimetz, affirmait, mardi 30 janvier, à Athènes, que « le moment « [était] venu » de trouver une solution, les partis d’opposition et même les Grecs indépendants, pourtant alliés d’Alexis Tsipras au sein du gouvernement de gauche, ne sont pas prêts à un accord qui comprendrait le mot « Macédoine » dans le futur nom du pays voisin. Et 71,5 % des Grecs s’y opposent aussi, selon un sondage publié samedi par l’université de Thessalonique. Or, le gouvernement grec et le premier ministre macédonien social-démocrate, Zoran Zaev, se dirigeraient vers un nom composé comme « Haute Macédoine » ou « Macédoine du Nord ».
« L’Eglise a un rôle obscur »
Pour Vassiliki Georgiadou, professeure de sciences politiques à l’université Panteion d’Athènes, plusieurs acteurs compromettent une avancée des négociations alors que « le récent changement politique à Skopje, avec un nouveau gouvernement progressiste, était une occasion à saisir pour résoudre ce conflit ». Tout d’abord, estime l’analyste, la Nouvelle Démocratie (parti conservateur), qui « répond à l’appel de son aile droite et pense que sa base électorale veut qu’elle prenne position fermement sur cette question ». En 1992, elle avait déjà divisé le parti puisque Antonis Samaras, premier ministre entre 2012 et 2015, avait formé un parti dissident à cette occasion.
« L’Eglise aussi a un rôle obscur, estime Vassiliki Georgiadou. Au début des négociations, elle avait déclaré qu’elle ne devait pas se mêler des affaires politiques alors que plusieurs métropolites [titre religieux porté par certains évêques] ont ensuite annoncé participer au rassemblement et pris position. »
Reste l’allié au gouvernement Tsipras, le parti nationaliste des Grecs indépendants, qui s’oppose à tout compromis avec Skopje. « Alexis Tsipras devra faire voter un accord par le Parlement. Les Grecs indépendants ne voteront pas pour. Seuls les centristes peuvent lui donner des voix, mais cela paraît très compliqué », constate Mme Georgiadou.
Mais la nouvelle appellation devra aussi être ratifiée à Skopje. « Le premier ministre doit obtenir deux tiers des voix au Parlement pour que le nom soit validé, une mission presque impossible ! », souligne Miltiadis Sarigiannidis, professeur de droit international à l’université Aristote de Thessalonique. Mais même en cas de non-résolution du « conflit du nom », Alexis Tsipras devrait ressortir gagnant. « Pour le gouvernement Syriza, soulever cette question et tenter de la régler, c’est se montrer comme un parti uni et capable de négocier, contrairement à l’image que donne actuellement la Nouvelle Démocratie, son principal adversaire, pour les prochaines élections », constate Ioannis Armakolas, chercheur sur les Balkans à la Fondation hellénique pour la politique européenne et étrangère.
Le soir du rassemblement de dimanche, le cabinet Tsipras publiait un communiqué : « La grande majorité des Grecs, quelles que soient leurs opinions (…), conviennent que les grands problèmes de politique étrangère ne doivent pas se régler par le fanatisme et l’intolérance. » A dix-huit mois des législatives, la campagne semble déjà lancée sur une question d’identité nationale.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Liviu Dragnea, le chef de file des sociaux-démocrates au pouvoir, est en froid avec Bruxelles, qui s’inquiète de ses projets de réforme judiciaire.
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En Roumanie, la tentation eurosceptique de la majorité sociale-démocrate

Liviu Dragnea, le chef de file des sociaux-démocrates au pouvoir, est en froid avec Bruxelles, qui s’inquiète de ses projets de réforme judiciaire.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 11h01
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 11h27
    |

            Mirel Bran (Bucarest, correspondant)








                        



                                


                            

Après la Pologne et la Hongrie, la Roumanie joue à son tour le rapport de force avec les instances européennes. Liviu Dragnea, le chef de file des sociaux-démocrates au pouvoir depuis décembre 2016, a décidé de durcir le ton pour mener son offensive contre le parquet anticorruption, qui le met en cause. « La Roumanie est un Etat souverain, a-t-il déclaré, lundi 29 janvier, devant les députés à l’occasion de l’investiture du nouveau gouvernement. C’est notre devoir de défendre cette souveraineté tant qu’on est en vie. »
La Roumanie a rejoint l’Union européenne en 2007, en s’engageant à renforcer la lutte contre la corruption tout en réformant l’appareil judiciaire, afin de respecter les critères d’adhésion. Les progrès dans ces domaines ont été appréciés à Bruxelles, mais la campagne anticorruption lancée par les procureurs et les magistrats depuis quelques années est aujourd’hui menacée par des dirigeants passibles de prison.
Abus de pouvoir
En décembre dernier, le Parlement de Bucarest a voté plusieurs lois qui diminuent drastiquement le pouvoir et les marges de manœuvre des enquêteurs anticorruption. Objectif : protéger les numéros deux et trois de l’Etat roumain, les présidents du Sénat et de la Chambre des députés, qui font l’objet d’enquêtes pénales.
Calin Popescu-Tariceanu, le président du Sénat et l’allié des sociaux-démocrates au gouvernement, est poursuivi pour fausses déclarations. Surtout, Liviu Dragnea, le chef du Parti social-démocrate (PSD) et président de la Chambre des députés, a été condamné en 2016 à deux ans de prison avec sursis pour fraude électorale. Il est actuellement jugé pour abus de pouvoir dans une affaire d’emplois fictifs, et fait l’objet d’une autre enquête pénale pour le détournement présumé de 20 millions d’euros de fonds européens.

« Depuis 2001, le suspect Liviu Dragnea a mis en place un groupe criminel dont le but était de détourner les fonds publics et les fonds...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Droite et gauche ménagent leurs alliés les plus radicaux venus de l’Est.
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Au Parlement européen, petits arrangements avec les populistes

Droite et gauche ménagent leurs alliés les plus radicaux venus de l’Est.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 10h43
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Dans les couloirs du labyrinthique siège bruxellois du Parlement européen, des élus du Parti populaire européen (PPE, droite), du Parti socialiste européen (PES, gauche), ou de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ALDE, centre) s’activaient, jeudi 1er février, pour savoir s’il fallait inscrire à l’agenda de la plénière à Strasbourg, quelques jours plus tard, une nouvelle résolution condamnant les violations à l’Etat de droit du gouvernement polonais. Et une autre dénonçant les tentatives du Parti socialiste au pouvoir en Roumanie d’affaiblir le parquet anticorruption du pays.

Résultat des courses : pas de résolution sur la Pologne, mais la démission programmée d’un vice-président de l’hémicycle, le Polonais Ryszard Czarnecki, membre du parti Droit et justice (PiS), le parti réactionnaire aux manettes à Varsovie (associé aux tories britanniques au sein des Conservateurs et réformistes européens, ECR), pour avoir insulté une compatriote PPE. Pas davantage de résolution contre Bucarest : les conservateurs n’ont pas rangé leurs couteaux face aux sociaux-démocrates, mais veulent ménager leurs partenaires locaux de l’Alliance démocratique des Hongrois de Roumanie, alliés de circonstance du gouvernement socialiste roumain.
Cette cuisine politique complexe échappe largement au grand public, la notoriété des partis paneuropéens chutant brutalement hors des cercles bruxello-strasbourgeois. Pour autant, elle contribue à largement les affaiblir.
Limiter les dérives
Ces formations, qui n’ont acquis un véritable statut qu’avec le traité de Maastricht, en 1992, ont toujours été divisées : « Leur cohérence politique et idéologique est problématique », souligne le socialiste belge Paul Magnette, professeur à l’Université libre de Bruxelles (ULB). Mais aujourd’hui, elles sont au bord de la rupture, gangrenées par la montée des mouvements populistes, surtout dans l’est de l’Europe. « Le PPE a Viktor Orban...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Un mois après le décès de la fille unique du dictateur (1892-1975), le patrimoine de ses riches descendants, en partie amassé dans des conditions troubles par le Caudillo, suscite de nombreuses polémiques.
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Article sélectionné dans La Matinale du 04/02/2018
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Le mystère entourant le magot de Franco agite l’Espagne

Un mois après le décès de la fille unique du dictateur (1892-1975), le patrimoine de ses riches descendants, en partie amassé dans des conditions troubles par le Caudillo, suscite de nombreuses polémiques.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 08h45
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



                                


                            

Un vieux torero, une duchesse, une cousine du roi Felipe VI, une starlette de la télévision, un banquier véreux… Le 11 janvier, les obsèques de Carmen Franco y Polo, la fille unique du dictateur, décédée le 29 décembre 2017 à l’âge de 91 ans, ont réuni plus de 1 200 personnes, dont quelques membres défraîchis de la jet-set et ses sept enfants, dans l’église San Francisco de Borja, à Madrid. La messe, célébrée par deux cardinaux, s’est achevée au son de l’hymne espagnol. Les cendres de la défunte ont ensuite été transférées dans la crypte de la cathédrale de l’Almudena, où seuls de riches privilégiés reposent pour l’éternité.
Son décès est venu confirmer la position sociale et économique qu’a su conserver la famille du Caudillo depuis le retour de la démocratie. Sans résoudre un mystère : quel héritage Carmen a-t-elle laissé à ses enfants ? Le testament a été ouvert le 25 janvier. Rien n’en a fuité. C’est ainsi : dans l’Espagne de 2018, la fortune des Franco reste une histoire de famille, au grand dam de ceux qui demandent que les propriétés captées durant la guerre civile et les quarante ans de dictature reviennent à l’Etat.

Ecrivain et journaliste, Mariano Sanchez Soler, auteur de l’essai Los Franco S.A. (Ed. Oberon, non traduit), a recensé 22 propriétés et sociétés de la famille. Selon lui, le montant total de ces biens dépasserait 500 millions d’euros. Dans le lot, des sociétés immobilières, des parkings, des demeures en Galice, la propriété de Valdefuentes, dans la banlieue de Madrid, achetée au comte de Romanones par le biais de prête-noms… Sans oublier l’immeuble bourgeois du 8, rue Hermanos-Bécquer, dans un quartier huppé de la capitale : sept étages divisés en appartements, dont le plus spacieux est loué 7 000 euros par mois. Au fil des années, les Franco ont en revanche vendu une demeure à Marbella, offerte autrefois par un constructeur dévoué, ainsi que le Palacio del Canto del Pico, un château des environs de Madrid,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Le constructeur italien a annoncé, vendredi soir, la signature de l’accord définitif concernant le rachat de 50 % du capital du chantier naval français.
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Fincantieri prend le contrôle du chantier naval STX

Le constructeur italien a annoncé, vendredi soir, la signature de l’accord définitif concernant le rachat de 50 % du capital du chantier naval français.



Le Monde
 |    04.02.2018 à 20h05
   





                        


Après plusieurs mois de négociations et moult tensions, le constructeur italien Fincantieri a annoncé, dans la soirée du vendredi 2 février, la signature de l’accord définitif concernant le rachat de 50 % du capital du chantier naval français STX. Il doit désormais débourser 59,7 millions d’euros pour conclure l’opération.
« Il a fallu surmonter quelques difficultés pour parvenir à cet accord entre STX et Fincantieri (…) et je suis heureux de vous annoncer aujourd’hui à Rome que l’accord définitif sera signé dans les prochains jours », avait annoncé, la veille, le ministre français des finances, Bruno Le Maire. Le chantier italien aura finalement la majorité du capital de STX, mais l’Etat français gardera une minorité de blocage.
1 % prêté par l’APE
L’an dernier, Paris et Rome ont connu un net refroidissement dans leurs relations après la nationalisation du chantier naval STX alors qu’un accord de vente avait été trouvé par le précédent gouvernement français avec l’italien Fincantieri. Après des semaines de discussions, les deux gouvernements étaient finalement parvenus à trouver un accord.

        Lire aussi :
         

                Le montage subtil de l’Elysée pour céder le contrôle des chantiers STX à Fincantieri



Fincantieri précise dans son communiqué la future répartition du capital de STX France : le groupe italien détiendra 50 % des actions tandis qu’un 1 % supplémentaire lui sera prêté par l’Agence des participations de l’Etat français (APE).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Selon des résultats définitifs, Nicos Anastasiades a remporté le scrutin avec 55,99 % des voix.
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Chypre : le président sortant vainqueur de l’élection présidentielle

Selon des résultats définitifs, Nicos Anastasiades a remporté le scrutin avec 55,99 % des voix.



Le Monde
 |    04.02.2018 à 17h47
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 07h11
   





                        



   


Le chef de l’Etat sortant, le conservateur Nicos Anastasiades, a remporté, dimanche 4 février, le deuxième tour de l’élection présidentielle sur l’île divisée de Chypre face au candidat de gauche, Stavros Malas, selon des sondages effectués à la sortie des urnes.
Selon les résultats définitifs, M. Anastasiades a obtenu 55,99 % des voix, contre 44 % pour M. Malas. Le taux de participation s’est élevé à 73 %, si l’on compare aux 71,88 % du premier tour, dimanche dernier, alors que quelque 550 000 électeurs étaient appelés à voter.
D’après plusieurs estimations diffusées par la télévision publique CyBC, M. Anastasiades obtient entre 54,5 % et 59,5 % des voix, et M. Malas entre 40,5 % et 45,5 %, soit un écart nettement supérieur à la marge d’erreur.
Le premier tour, le 28 janvier, avait permis la qualification du président sortant, le conservateur Nicos Anastasiades (avec 35,5 % des voix), opposé, comme en 2013, au candidat soutenu par le Parti communiste, Stavros Malas (30 %).
La « ligne verte »
Dans la dernière ligne droite, l’un comme l’autre ont eu du mal à rallier les soutiens des candidats éliminés au premier tour. Le troisième homme, Nikolas Papadopoulos, a ainsi refusé de prendre parti, après avoir recueilli un peu plus de 25 % des voix sur un programme libéral et nationaliste.

        Lire aussi :
         

                Les Chypriotes votent pour élire leur président



Deux sujets ont dominé la campagne : l’économie, cinq ans après la mise sous tutelle du pays par la zone euro et le Fonds monétaire international (FMI), après l’implosion de son secteur bancaire ; et la question de la réunification de l’île, dont la partie nord est occupée par l’armée turque depuis 1974. La « ligne verte », qui coupe depuis cette date le pays en deux d’est en ouest, déchire la vieille ville de Nicosie.
Pendant cinq ans, M. Anastasiades s’est employé à relancer les pourparlers pour réunifier l’île. Mais les négociations sous l’égide de l’ONU avec le dirigeant de la RTCN, Mustafa Akinci, ont échoué en 2017, et le processus suscite de plus en plus de scepticisme chez les Chypriotes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Depuis des décennies, la Grèce refuse que le petit pays des Balkans ait le nom de Macédoine, le même que celui de la région de Thessalonique.
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Grèce : manifestation à Athènes pour que la Macédoine abandonne son nom

Depuis des décennies, la Grèce refuse que le petit pays des Balkans ait le nom de Macédoine, le même que celui de la région de Thessalonique.



Le Monde
 |    04.02.2018 à 17h13
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 07h00
   





                        



   


Des centaines de milliers de Grecs ont manifesté, dimanche 4 février, devant le siège du Parlement à Athènes pour rejeter l’utilisation du mot « Macédoine » par l’ancienne république yougoslave qui porte ce nom, dans le cadre d’un compromis visant à mettre fin à des décennies de contentieux entre les deux pays.
Les manifestants défilant à Athènes ont déployé un gigantesque drapeau national à l’aide d’une grue et des banderoles proclamant : « Pas touche à la Macédoine ! » en scandant l’hymne national.
Parmi ceux qui ont pris la parole pendant le rassemblement figurait le compositeur Mikis Theodorakis, qui a déclaré que les huit années de crise économique endurées par la Grèce n’avaient pas effacé la mémoire historique du peuple grec. « Si nous laissons passer cela, nous permettrons à un mensonge historique tragique de se perpétuer », a lancé sous les acclamations le musicien, âgé de 93 ans, symbole de la résistance contre la dictature des colonels (1967-1974).
La police a estimé à 140 000 le nombre de manifestants, les organisateurs à 1, 5 million, soit dix fois plus. Environ 300 000 personnes avaient déjà manifesté, le 21 janvier à Thessalonique, capitale de la région grecque de Macédoine.

   


« Macédoine du Nord »
Depuis l’indépendance de l’ancienne république yougoslave, en 1991, la Grèce refuse que le petit pays des Balkans adopte le nom de Macédoine, le même que celui de la région de Thessalonique et de l’ancien royaume d’Alexandre le Grand.
La querelle empêche depuis plus de vingt ans l’ex-république yougoslave, dont l’indépendance a été reconnue en 1993 sous l’appellation provisoire d’« Ancienne République yougoslave de Macédoine », de rejoindre l’OTAN ou l’Union européenne.
Pour trouver un compromis, les gouvernements d’Athènes et Skopje ont décidé de relancer des négociations cette année sous l’égide des Nations unies. Pour désigner l’ancienne république yougoslave, le gouvernement grec d’Alexis Tsipras a proposé un nom composé, comme Macédoine du Nord, mais les sondages montrent qu’une majorité de Grecs s’opposent à l’utilisation du mot « Macédoine » dans une quelconque combinaison.
La manifestation était en grande partie organisée et financée par des groupes de la diaspora grecque, des associations de militaires à la retraite, des groupes religieux et des associations culturelles de la Macédoine grecque.




                            


                        

                        

