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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Cerné par les affaires, le président est poussé à la démission par une frange grandissante de son parti. L’étau se resserre mais l’intéressé s’accroche.
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Décryptage

En Afrique du Sud, un problème nommé Jacob Zuma

Cerné par les affaires, le président est poussé à la démission par une frange grandissante de son parti. L’étau se resserre mais l’intéressé s’accroche.

Jean-Philippe Rémy (Johannesburg, correspondant régional)
    



LE MONDE
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        Le 06.02.2018 à 17h50

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        Mis à jour le 06.02.2018 à 18h35






    
Le président sud-africain, Jacob Zuma, lors de la conférence nationale de l’ANC, le 16 décembre 2017, à Johannesburg.
Crédits : Siphiwe Sibeko / REUTERS


En une après-midi, mardi 6 février, c’est comme si le président sud-africain avait pris deux coups de feu (politiques) en pleine poitrine. Le premier a été tiré par la présidente de l’Assemblée, Baleka Mbete, qui fut l’une de ses fidèles, lorsqu’elle a annoncé in extremis que le discours sur l’état de la nation n’aurait pas lieu, comme prévu, jeudi.
Certes, Jacob Zuma avait semble-t-il décidé lui aussi de jeter le gant et écrit au Parlement pour demander le report, mais il tenait beaucoup à ce discours pour s’agripper à un pouvoir qu’on tente de lui faire lâcher. Il ne pourra pas déployer devant son pupitre les notes qu’il sait si bien donner l’impression de découvrir en même temps que l’auditoire et prononcer d’un ton monocorde la série de lieux communs qu’il réserve aux circonstances similaires.
Entre résistance et nuisance
Ni le fond ni la forme n’ont d’importance pour lui. Ce discours était un défi symbolique à ses ennemis, ceux qui, au sein du Congrès national africain (ANC), s’efforcent de le pousser à la démission. Son adversaire, Cyril Ramaphosa, a déjà pris le contrôle du parti lors de la conférence nationale de décembre 2017. Depuis, on tente de le pousser dehors, avec courtoisie mais fermeté. En pure perte. Mais cette fois, le ton est en train de changer.
Tout autre que lui, du reste, aurait sans doute cédé à la pression, reconnu sa défaite tant qu’il en était encore temps et quitté ses fonctions, dévoyées par d’innombrables scandales, avec encore quelques honneurs et un traitement d’ex-chef d’Etat. Mais Jacob Zuma s’y refuse. Il est devenu un curieux objet politique. Il ne lui reste qu’une seule forme amoindrie de pouvoir, entre résistance et nuisance, et il en use de toutes ses forces.

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Abandonner ? Une délégation émanant des « top six » (les six du sommet), les dirigeants de l’ANC, est venue dimanche soir lui suggérer une forme de départ en souplesse. Elle s’est heurtée à un mur. Le commanditaire de l’opération, Cyril Ramaphosa, le nouveau président de l’ANC, espérait voir se conclure son approche graduelle, visant à pousser sans heurts à la démission le chef de l’Etat en exercice afin de réorganiser le parti, lui redonner espoir et lustre et être fin prêt pour les élections générales de la mi-2019.
Jacob Zuma n’entend pas ce langage-là. Il a assuré à ses visiteurs du dimanche soir que le pays l’« adore ». Puis il a formulé des craintes au sujet d’une menace « contre-révolutionnaire ». C’est la langue de bois qui a fait son retour en force dans les documents de l’ANC, ces dernières années. Les « impérialistes ne désarment pas », est-il gravement précisé dans le dernier document de politique du parti. Pour Jacob Zuma, il ne fait aucun doute que leur agent se nomme Cyril Ramaphosa.
Chaque jour gagné est une victoire
Le président Zuma fait semblant de le combattre. En réalité, il ne se bat que pour lui-même, avec la dague de ses poursuites judiciaires dans le dos. Le jour où il cessera d’être président, son immunité tombera. Il y a les 783 chefs d’accusation dans le cadre du scandale de vente d’armes des années 1990, où est impliquée la société française Thales, alors nommée Thomson-CSF. Il y a une procédure examinant le processus de « capture d’Etat » qui a vu le pillage des sociétés publiques au profit des Gupta, une famille d’origine indienne. Avant fin février, le premier de ces dossiers menace d’avancer et de rapprocher Jacob Zuma de poursuites.
Jusqu’ici, il a tenu bon à son poste grâce à un soutien important au sein de l’ANC. Avec ses alliés en nombre dans les instances du parti et dans les services de renseignement, il pouvait résister. Il avait aussi, pour durer, une forme d’arme sale : diviser autant que possible l’ANC, au risque de lui faire tout perdre, à commencer par les élections de 2019. Plus l’ANC est divisée, chaotique, belliqueuse, plus Jacob Zuma peut s’accrocher à sa fonction. Jusqu’à quand ? Chaque jour gagné est une victoire. Après lui le déluge.

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Cela a fonctionné. L’ANC est séparée entre deux factions et donne désormais en spectacle ses divisions. Des échanges de coups ont eu lieu lundi entre des pro-Zuma et des pro-Ramaphosa, choquant profondément la nation sud-africaine, devant le siège du parti de Nelson Mandela, Walter Sisulu et Oliver Tambo, à Johannesburg. Pour ce genre de militantisme, Jacob Zuma peut compter sur l’organisation Black First Land First, un groupuscule lié à la famille Gupta.
Les pro-Ramaphosa, de leur côté, ont hué, traité de « voleur » et de « vendu » (une insulte de l’époque de la lutte contre l’apartheid, signifiant en somme « collabo », pour désigner les Noirs travaillant en secret pour le pouvoir blanc) Ace Magashule, le secrétaire général de l’ANC. Ce dernier était jusqu’ici le plus imperturbable des soutiens de Jacob Zuma dans le « top six », avec son adjointe, Jessie Duarte. Cette dernière vient de lâcher le chef de l’Etat. C’est deuxième coup de fusil du mardi noir de Jacob Zuma.
Stratégie jusqu’au-boutiste
Depuis l’affront de dimanche fait aux visiteurs du soir, une escalade est en cours. Mercredi, le Comité national exécutif (NEC), l’organe le plus puissant de l’ANC, doit se réunir en urgence pour aborder le cas Zuma et son éventuel « rappel » (demande de démission). « Le NEC est en mesure de rappeler n’importe lequel de ses membres », a déclaré, contre toute attente, Jessie Duarte, avant d’expliquer sa position : « L’incapacité du NEC de prendre une décision [au sujet de M. Zuma] a déjà eu un impact sur les militants de base, créant de la confusion, de l’indécision, et entraînant le genre de scène qu’on a vu dans les rues de Johannesburg hier [la bagarre devant le siège de l’ANC], ce que nous n’accepterons pas. »

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En résumé, les soutiens de Zuma commencent à calculer que sa stratégie jusqu’au-boutiste pourrait les engloutir tous. Si le NEC demande son « rappel », Jacob Zuma obtempérera-t-il ? Placé devant cette situation, son prédécesseur, Thabo Mbeki, avait aussitôt démissionné. Il savait aussi qu’en cas de refus, il serait soumis à une procédure de destitution au Parlement. C’est ce qui guette Jacob Zuma. Une motion de censure contre lui est programmée pour le 22 février. Une autre procédure pourrait être menée au sein du groupe parlementaire ANC. C’est ce dernier qui élit en effet le chef de l’Etat et qui a la capacité légale de le démettre si le NEC le demande.
L’espace se resserre autour de Jacob Zuma. Mais le doute subsiste. En cas d’échec, explique une source interne, les partisans de Cyril Ramaphosa ont pour objectif « de le pousser à la démission avant le mois de juin ». Ils connaissent les ressources de l’homme politique déjà donné pour mort tant de fois qu’il semble presque invincible, politiquement – et insensible aux coups de fusil.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Plusieurs fois reporté, le procès d’« El Chapo » doit se dérouler sur plusieurs semaines à partir d’une date non encore précisée en septembre.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Au procès du narcotrafiquant « El Chapo », les jurés resteront anonymes par sécurité

Plusieurs fois reporté, le procès d’« El Chapo » doit se dérouler sur plusieurs semaines à partir d’une date non encore précisée en septembre.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 16h36
   





                        



   


Mieux vaut rester discret quand on s’apprête à juger un des plus grands narcotrafiquants de l’histoire. Les jurés qui seront sélectionnés pour juger le Mexicain Joaquin « El Chapo » Guzman resteront anonymes, pour éviter toute intimidation, a annoncé, mardi 6 février, le bureau du procureur fédéral de Brooklyn.
Le juge Brian Cogan, qui doit présider au procès du narcotrafiquant prévu en septembre, a estimé qu’en tant que leader présumé du puissant cartel de Sinaloa, El Chapo, 60 ans, est susceptible d’avoir à sa solde des « hommes de main » ayant conduit des centaines d’agressions, de meurtres et de kidnappings. « Sur la base de l’acte d’accusations et des preuves déjà examinées par la cour », a ajouté le magistrat, « il est probable que les preuves du procès établiront un mode de fonctionnement de l’accusé et de ses associés tel qu’un juré pourrait craindre pour sa sécurité ».
Conditions d’isolement sévères
Le juge a rejeté les arguments de la défense, qui faisait valoir qu’imposer l’anonymat des jurés pourrait nuire à la présomption d’innocence à laquelle sont tenus les jurés. Brian Cogan a d’ailleurs consenti à une protection pour les allers-retours des jurés au tribunal.
Interpellé en janvier 2016 au Mexique et extradé aux Etats-Unis en janvier 2017, Guzman est accusé d’avoir dirigé, vingt-cinq ans durant, le cartel de Sinaloa, l’un des plus puissants que le continent américain ait jamais connu.
En raison de ses précédentes évasions, il est détenu dans des conditions d’isolement particulièrement sévères à Manhattan, avec des visites limitées, des conditions que ses avocats n’ont cessé de dénoncer. Plusieurs fois reporté, le procès d’El Chapo doit se dérouler sur plusieurs semaines à partir d’une date non encore précisée en septembre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Le journaliste Akram Al-Ahmad, habitant d’Idlib, dénonce un « scénario à la Grozny » dans la région du nord de la Syrie encore aux mains de l’opposition.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

« Le régime syrien veut assiéger Idlib comme il l’a fait à Alep »

Le journaliste Akram Al-Ahmad, habitant d’Idlib, dénonce un « scénario à la Grozny » dans la région du nord de la Syrie encore aux mains de l’opposition.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 15h43
    |

            Hélène Sallon








                        



   


Journaliste de profession, Akram Al-Ahmad a fondé le Syrian Press Center (SPC), un centre de formation au journalisme qui a permis de former plus de 450 journalistes en Syrie en sept ans, grâce notamment à des fonds de certains Etats européens. Habitant d’Idlib, une région encore aux mains de l’opposition dans le nord de la Syrie, Akram Al-Ahmad a été témoin de l’offensive lancée par le régime depuis décembre 2017. Un véritable déluge de feu s’abat depuis le 4 février sur la province, avec des bombardements qui ont fait des dizaines de morts. Onze cas de suffocation ont été rapportés à Saraqeb, les habitants et des médecins sur place faisant état d’un « gaz toxique » répandu sur la ville, probablement de la chlorine, une arme utilisée à de multiples reprises par le pouvoir syrien. De passage en France, Akram Al-Ahmad alerte sur la situation à Idlib.
Que cherche à faire le régime syrien dans la région d’Idlib ?
C’est le scénario à la Grozny. Ils veulent tout détruire pour, ensuite seulement, parler du cadre politique. La trêve d’Astana n’a jamais été mise en œuvre. Pendant la conférence de Sotchi aussi, ils ont continué à bombarder, moins, mais ils bombardaient. Puis ça s’est à nouveau intensifié. Le chef de la base militaire russe de Hmeimim a dit, à Sotchi, qu’ils frappaient les « terroristes ». C’est un mensonge. Ils bombardent tout, leurs frappes ne sont pas du tout ciblées. Des gens meurent chaque jour. Certains avaient même passé des trêves locales avec les Russes, qui n’ont pas été respectées.
Depuis le début de leur offensive, en octobre 2017, le régime a avancé depuis Hama en direction d’Idlib, en évitant la zone où se trouve Daech. Il ne les attaque pas. En quelques mois, non seulement le régime, mais aussi Daech, a gagné du terrain sur l’opposition. Daech avance en parallèle du régime, vers le nord également. Dans le mois qui s’est écoulé, le régime a repris 110 villages et Daech 70 villages. Plus de 350 000 personnes ont été expulsées des poches prises par le régime. Chaque jour, des gens affluent vers Idlib. Il n’y a que 5 % de la population présente à Idlib qui en est réellement originaire.

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Quelle est, selon vous, la stratégie du régime ?
Il y a 5 000 soldats loyalistes qui sont encerclés à Kefraya et Foua [deux localités chiites au nord d’Idlib]. Le régime avance en direction de ces deux villages depuis le sud et depuis Lattaquié. Il ne va pas attaquer directement la région d’Idlib, car ce sont des zones montagneuses qui sont difficiles à prendre. Ils cherchent à l’assiéger et à l’isoler de la frontière turque. Trois millions de personnes vont être victimes de ce siège. Le scénario d’Alep va se répéter. En parallèle, Daech avance. Le régime va les utiliser pour faire un passage vers Idlib et les laisser attaquer la ville. S’il y a une trop forte réaction internationale, ils peuvent sortir la carte de l’Etat islamique à Idlib pour justifier leur siège.
Le problème est que les groupes de l’opposition sont divisés. Même au sein de Tahrir Al-Cham, il y a des divisions. Les forces de l’opposition ont 5 500 soldats (un tiers Jabhat Al-Nosra, ancien nom du groupe lié à Al-Qaida, et deux tiers de l’Armée syrienne libre) face à 100 000 hommes du régime. L’Armée syrienne libre a refusé de participer à la bataille, mais plus de 50 000 manifestants sont descendus dans les rues pour leur demander d’intervenir. Ils ont participé aux combats deux jours, puis ont arrêté. Les civils se mobilisent pour constituer des troupes de résistance, comme à Saraqeb, où 3 500 hommes se sont mobilisés, tandis que les familles ont fui vers le nord.

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La région d’Idlib est sous la coupe d’un autre groupe djihadiste lié à Al-Qaida, Tahrir Al-Cham. Quelles sont les relations entre ce groupe et la population ?
Ses soutiens populaires ont diminué, car il n’a pas participé aux combats de manière efficace et a fait des erreurs vis-à-vis des civils. Il y a eu des arrestations et des pressions sur les organisations de la société civile comme les conseils locaux, les journalistes. Il a essayé de créer des institutions parallèles avec un gouvernement provisoire. Les conseils locaux ont refusé d’en dépendre. Il a instauré des « conseils de la choura » dans tous les villages, mais ils n’ont pas été efficaces, ainsi que des écoles, mais ça n’a pas fonctionné. Les gens continuent d’envoyer leurs enfants dans les écoles où les professeurs sont des fonctionnaires payés par le régime. Une partie va même dans les zones du régime pour passer les examens.
Tahrir Al-Cham a essayé de créer un centre médiatique parallèle, mais rares sont les journalistes qui l’ont rejoint. Les autres ne peuvent pas couvrir les zones sous leur contrôle. Tous ceux qui parlent de sujets comme le financement, le pouvoir et les dirigeants sont arrêtés pour actes de trahison. La population manifeste régulièrement contre Tahrir Al-Cham et la corruption. Des manifestations ont encore eu lieu vendredi.
Le régime a aidé Jabhat Al-Nosra et Daech. Il leur a livré des casernes sans se battre. Des transporteurs du régime sont liés au commerce du blé et du pétrole de Tahrir Al-Cham. Depuis le début, l’opposition dit que Daech a été fabriqué par le régime. Il a formé Al-Qaida pour attaquer les Etats-Unis en Irak et en Syrie dans les années 2000. Le premier étage de la prison de Sednaya était réservé aux islamistes qui avaient un traitement de faveur. C’était une pouponnière d’islamistes d’où sont sortis les dirigeants actuels de Daech, de Jaïch Al-Islam, de Jabhat Al-Nosra. Le régime les a libérés au début de la révolution pour faire passer la révolution pour une lutte islamiste. Ces groupes ont reçu des armes lourdes et de l’argent. Le régime leur a laissé Rakka avec des banques remplies d’argent.
Quel message portez-vous au public français que vous rencontrez ?
Je veux faire connaître le mouvement civil et démocratique en Syrie, qui est totalement absent des médias et de la tête des gens. Tous pensent que Idlib, ce n’est que Daech et Tahrir Al-Cham. On ignore qu’il y a une importante société civile : des conseils locaux, des organisations non gouvernementales. Il y a une confrontation permanente avec Tahrir Al-Cham. A Idlib, 600 notables et intellectuels ont constitué le Conseil politique, élu leur direction, qui s’est opposée à Tahrir Al-Cham à de nombreuses reprises. La multiplication des pouvoirs du fait de la guerre fragilise la société civile et la met en danger.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Le seul survivant des commandos terroristes du 13 novembre 2015 est jugé avec un complice pour avoir tiré sur des policiers à Bruxelles.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Salah Abdeslam refuse de comparaître à son procès à Bruxelles jeudi

Le seul survivant des commandos terroristes du 13 novembre 2015 est jugé avec un complice pour avoir tiré sur des policiers à Bruxelles.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 14h59
   





                        



   


Au lendemain du premier jour de son procès à Bruxelles, Salah Abdeslam a fait savoir mardi 6 février qu’il ne souhaitait pas comparaître jeudi, selon Luc Hennart, président du tribunal de première instance francophone de Bruxelles. C’est ce magistrat qui a la charge d’organiser l’audience qui s’est ouverte lundi et se poursuivra jeudi, avec comme point d’orgue les plaidoiries de la défense, notamment celle de Me Sven Mary, avocat tout juste rappelé aux côtés de Salah Abdeslam.
M. Abdeslam est le seul membre encore en vie des commandos djihadistes qui ont attaqué Paris le 13 novembre 2015. Le Français d’origine marocaine, âgé de 28 ans, et Sofiane Ayari, un Tunisien de 24 ans, sont accusés d’avoir tiré sur des policiers à Bruxelles le 15 mars 2016. Ils doivent répondre de « tentative d’assassinat sur plusieurs policiers » et « port d’armes prohibées », le tout « dans un contexte terroriste ».
Vingt ans de prison requis
Lundi à l’ouverture du procès, Salah Abdeslam, qui avait pourtant souhaité comparaître, a refusé de répondre aux questions et défié la justice au nom d’Allah.

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Dans l’après-midi, une peine de vingt ans de prison a été requise contre les deux prévenus. Il s’agit de la peine maximale prévue en correctionnelle pour les faits jugés, selon la représentante du parquet.

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Le procès, qui devait initialement se poursuivre mardi, a été suspendu jusqu’à jeudi pour permettre à Me Mary de préparer sa plaidoirie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Ce type de visa, qui permet à des employés hautement qualifiés de venir travailler aux Etats-Unis, est très prisé des entreprises de la Silicon Valley. Mais l’administration Trump entend réformer le dispositif.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Le visa H1B, précieux sésame du secteur informatique américain

Ce type de visa, qui permet à des employés hautement qualifiés de venir travailler aux Etats-Unis, est très prisé des entreprises de la Silicon Valley. Mais l’administration Trump entend réformer le dispositif.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 14h20
    |

                            Maxime Mainguet








                        



   


Depuis son arrivée au pouvoir, Donald Trump a maintes fois répété qu’il souhaitait réformer le système d’attribution des visas H1B, ces documents permettant aux employés qualifiés étrangers de venir travailler aux Etats-Unis.
S’il n’a pas entièrement les coudées franches pour faire évoluer les modalités d’attribution (et notamment le nombre de visas octroyés), le président américain a tout de même signé, en avril 2017, un décret ordonnant aux ministères concernés de proposer des pistes de réforme.

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Une volonté qui inquiète la Silicon Valley, le secteur informatique étant de loin le premier bénéficiaire de ces visas, dont rêvent chaque année des dizaines de milliers de salariés dans le monde.
Près de trois fois plus de demandeurs que de lauréats

   


En effet, si les appelés sont nombreux, les élus, eux, sont rares. Chaque année, l’USCIS (l’US Citizenship and Immigration Services), l’organisme chargé d’examiner les dossiers, réserve 85 000 visas H1B à des ressortissants étrangers (dont 20 000 pour ceux ayant obtenu un diplôme universitaire supérieur aux Etats-Unis).
Mais le nombre de requêtes dépasse largement ce chiffre. Ainsi, 236 000 demandes avaient été émises pour la seule année fiscale 2017, qui courait du 1er octobre 2016 au 30 septembre 2017. C’est 2,7 fois plus que le nombre de nouveaux visas accordés effectivement.
Un nombre de dossiers traités en augmentation depuis 2013

   


Outre ces demandes de premiers visas H1B, l’administration américaine traite également celles liées à des renouvellements, à un changement d’employeur ou celles qui émanent d’employeurs non soumis au contingentement (établissements d’enseignement, centres de recherches à but non lucratif, etc.) .
Au total, l’organisme a donc traité plus de 399 349 cas pour la seule année fiscale 2016. Un total qui augmente régulièrement depuis 2013. A l’époque, seuls 299 690 dossiers avaient été examinés.
Les demandes de visas H1B concernent majoritairement des Indiens

   


Les visas H1B peuvent potentiellement profiter aux travailleurs du monde entier. Mais, en pratique, les demandes, qui sont techniquement formulées par le futur employeur, se concentrent sur les travailleurs de quelques pays, notamment asiatiques. Ainsi, sur les 399 349 demandes reçues par l’USCIS au cours de l’année fiscale 2016 (1er octobre 2015-30 septembre 2016), 300 902 concernaient des Indiens, soit un peu plus de 75 % du total.
Par ailleurs, 8,9 % des demandes ont concerné des employés chinois. Pour les autres Etats, le nombre de demandes est encore plus réduit. Troisième pays le plus représenté dans la liste des demandes, la Corée du Sud n’en totalise en effet que 4 547. Les demandes concernant des ressortissants français s’élevaient quant à elles à 1 992.
Les métiers de l’informatique surreprésentés dans les demandes

   


Les travailleurs du secteur informatique sont les plus concernés par ces demandes de visa. Ils étaient 281 017 dans ce cas en 2016, soit 70,3 % du total des demandes.
Les autres domaines d’activité génèrent moins de demandes. Seules 29 822 ont été effectuées pour des travailleurs exerçant des métiers liés à l’architecture ou à l’ingénierie, alors que ceux-ci représentent pourtant le deuxième secteur le plus actif en la matière. Les emplois administratifs ne totalisaient eux que 22 786 requêtes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Le leadeur du parti nationaliste Droit et justice signera ce texte de loi qui menace de prison toute personne accusant l’Etat polonais de participation aux crimes nazis.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Pologne : le président Duda approuve la loi controversée sur la Shoah

Le leadeur du parti nationaliste Droit et justice signera ce texte de loi qui menace de prison toute personne accusant l’Etat polonais de participation aux crimes nazis.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 14h12
   





                        



   


Le président Andrzej Duda, leadeur du parti nationaliste Droit et justice, a décidé qu’il signerait la loi controversée sur la Shoah proposée par les conservateurs. Cette loi prévoit trois ans de prison pour les personnes polonaises ou étrangères qui accusent la nation ou l’Etat polonais de participation aux crimes nazis. Son ambition est de protéger l’image de la Pologne à l’étranger, au risque d’aggraver les tensions avec Israël, les Etats-Unis et l’Ukraine.

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« J’ai décidé de signer la loi, et par la suite, de saisir le Tribunal constitutionnel », a déclaré M. Duda à la télévision mardi 6 février. Le président polonais demandera au gardien de la Constitution de vérifier la conformité du texte avec la loi fondamentale. Les articles susceptibles d’entrer en conflit avec la nouvelle loi portent notamment sur la liberté d’expression. M. Andrzej Duda dit :
« C’est une solution qui, d’un côté, préserve les intérêts de la Pologne, notre dignité et la vérité historique, pour que les jugements portés sur nous à travers le monde soient honnêtes, qu’on s’abstienne de nous diffamer en tant qu’Etat et nation. Mais, d’un autre côté, cette décision tient compte de la sensibilité des personnes pour qui la question de la mémoire historique de l’Holocauste reste exceptionnellement importante, et surtout de ceux qui ont survécu et qui, tant qu’ils peuvent, doivent raconter au monde leurs souvenirs de ce passé et leur expérience. »
Protestations israéliennes
La classe politique israélienne voit dans cette loi une tentative de nier la participation de certains Polonais au génocide des Juifs, voire d’empêcher les survivants de la Shoah de raconter leur expérience.
Sans changer leur position sur le fond, les dirigeants polonais ont cherché à minimiser la crise et à l’expliquer par un malentendu. « C’est un affaiblissement temporaire des relations avec Israël et les Etats-Unis, a déclaré le premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki. Mais j’espère qu’elles vont s’améliorer bientôt, lorsque nous expliquerons notre position. » 

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En signe d’apaisement, M. Morawiecki a invité un groupe de journalistes étrangers à l’accompagner à Markowa, un village du sud-est du pays où un musée préserve la mémoire d’une famille polonaise exterminée pour avoir caché des Juifs durant l’occupation allemande.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Des bombes au chlore auraient été lancées par l’armée syrienne contre des localités tenues par les rebelles.
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Syrie : l’ONU ouvre une enquête sur des attaques chimiques présumées du régime

Des bombes au chlore auraient été lancées par l’armée syrienne contre des localités tenues par les rebelles.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 16h01
   





                        



   


La Commission internationale d’enquête sur la Syrie mandatée par les Nations unies a fait savoir, mardi 6 février, que l’ONU avait ouvert une enquête sur des attaques chimiques présumées du régime syrien contre des localités contrôlées par des rebelles. « La Commission a reçu de multiples informations – qui sont actuellement en cours d’investigation – selon lesquelles des bombes contenant apparemment du chlore auraient été utilisées dans la ville de Saraqeb, dans la province d’Idlib, et à Douma, dans la Ghouta orientale », a-t-elle annoncé dans un communiqué publié à Genève.
Lundi, l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, déclarait disposer « de preuves provenant de dizaines de victimes » confirmant l’usage de chlore dans les attaques menées par le régime syrien.

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Le ministère des affaires étrangères français s’est montré, de son côté, plus prudent mardi sur la nature des attaques perpétrées en Syrie. « La France est préoccupée par les informations répétées selon lesquelles du chlore aurait été employé à plusieurs reprises contre des populations civiles en Syrie au cours de ces dernières semaines », a déclaré la porte-parole du ministère, Agnès von der Mühll. « Il est encore tôt à ce stade pour confirmer la nature chimique et la portée de ces attaques », a-t-elle toutefois souligné.

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La Commission d’enquête internationale, présidée par le Brésilien Paulo Pinheiro, avait conclu l’an dernier à la responsabilité de Damas dans l’attaque meurtrière au gaz sarin le 4 avril 2017, qui avait tué plus de 80 personnes. Depuis le début de la guerre en Syrie en 2011, le régime Assad a été accusé plusieurs fois par l’ONU d’avoir eu recours au gaz de chlore ou au gaz sarin lors d’attaques chimiques parfois meurtrières. En janvier, il a démenti recourir à des armes chimiques, une position réaffirmée lundi par son représentant à l’ONU.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Le laboratoire pharmaceutique suisse est à l’origine d’un scandale qui pourrait éclabousser une bonne partie de l’opposition grecque.
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Le laboratoire Novartis accusé d’avoir corrompu deux ex-premiers ministres grecs

Le laboratoire pharmaceutique suisse est à l’origine d’un scandale qui pourrait éclabousser une bonne partie de l’opposition grecque.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 13h46
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 15h02
   





                        



   


Le parquet anticorruption grec, qui enquête depuis 2016 sur le laboratoire pharmaceutique suisse Novartis, soupçonne une dizaine de dirigeants politiques grecs d’avoir accepté des pots-de-vin pour aider le laboratoire à commercialiser des médicaments aux vertus curatives discutables, et à gonfler ses prix. Ces hommes politiques ne pouvant être jugés par un tribunal ordinaire, leur dossier va être transféré, mardi 6 février, au Parlement, seul habilité à enquêter sur d’ex-membres du gouvernement.
Saisissante, la liste des politiciens possiblement impliqués inclut une partie du gotha politique grec. Y figurent deux ex-premiers ministres, dont le conservateur Antonis Samaras (Nouvelle Démocratie), huit ex-ministres, dont Adonis Georgiadis, numéro deux de Nouvelle Démocratie, chargé du portefeuille de la santé. L’actuel gouverneur de la Banque centrale, Yannis Stournaras, serait également impliqué, comme le commissaire européen aux migrations, Dimitris Avramopoulos. Le poids lourd socialiste Evangélos Vénizélos est également soupçonné.
Des accusations de « machination » politique
Une bonne partie des figures de l’opposition au gouvernement actuel pourraient être éclaboussées par cette affaire. M. Samaras a dénoncé une « nouvelle diffamation de M. Tsipras », qui lui a succédé au pouvoir il y a trois ans, assurant que ses accusateurs « devront en répondre devant la justice ».
Niant tout rapport avec la politique du médicament, M. Avramapoulos a démenti toute implication, tout comme M. Stournaras. Ce dernier a dénoncé une opération de harcèlement du gouvernement de gauche. La thèse d’une machination politique a aussi été avancée par M. Venizélos, allié de M. Samaras avant l’arrivée au pouvoir de Syriza, le parti de M. Tsipras. 
« L’enquête montrera s’il y a implication ou pas », a rétorqué l’actuel ministre de la justice, Stavros Kontonis, niant toute « intervention politique ». L’affaire « est d’une énorme ampleur », a-t-il ajouté. Il avait estimé en avril que Novartis avait probablement soudoyé « des milliers » de médecins et de fonctionnaires, une affaire d’autant plus sensible que la santé publique a été frappée de plein fouet en Grèce par neuf ans d’austérité. La branche grecque de Novartis a dit lundi « continuer à coopérer » avec les autorités, sans davantage de commentaires.
Novartis déjà épinglé dans d’autres pays
L’enquête semble bien avancée. Le parquet a fait procéder à des perquisitions dans les locaux de Novartis près d’Athènes. Plus d’une centaine de témoins ont été interrogés. Novartis fait face à des enquêtes pour corruption dans d’autres pays. En novembre 2016, le département de la justice américain a condamné le groupe Suisse à une amende de 390 millions de dollars (environ 314 millions de francs) pour avoir incité des chaînes de pharmacies à recommander ses médicaments plutôt que d’autres.

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Le volet politique est désormais confié au Parlement. Le parquet anticorruption poursuivra son enquête dans le volet non politique de l’affaire. Des poursuites ont d’ailleurs été engagées contre l’un des dirigeants du parquet.



                            


                        

                        


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Le britannique Carillion « mort par overdose de gestion actionnariale »

La comptabilité du deuxième groupe anglais de BTP et de services semble avoir été conçue pour masquer jusqu’au bout la réalité des dettes, explique le professeur en sciences de gestion Armand Hatchuel dans sa chronique mensuelle.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 13h38
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 15h48
    |

                            Armand Hatchuel (Professeur à MinesParistech/PSL Research University)








                        



                                


                            

L’éclairage. Il y a quelques semaines, Carillion, le deuxième groupe anglais de BTP et de services, a brutalement fait faillite. Cette chute a surpris, d’autant plus que les principaux clients de Carillion sont des services publics, et ses contrats des commandes d’Etat.
L’entreprise gérait les cuisines de centaines d’écoles, construisait des hôpitaux et des systèmes de transport, fournissait de nombreux services à l’armée anglaise. Le groupe n’est donc pas tombé sous les coups de clients versatiles, de la mondialisation ou de la numérisation de la concurrence.
Certes, les métiers du service et de la construction souffrent souvent de chantiers qui dérapent et de retards de paiement, mais ces problèmes sont connus des professionnels et la taille de Carillion aurait dû lui permettre d’absorber ces aléas. Alors, comment expliquer la mort si rapide d’une entreprise aussi importante et indispensable aux services publics britanniques ? Tout porte à croire que l’on se trouve face à un cas « chimiquement pur » de mort par overdose de gestion exclusivement actionnariale, avec toutes les dérives comptables qui accompagnent ce type de gouvernance.
Distribution imposée de dividendes
Carillion est un conglomérat qui s’est construit récemment avec la privatisation massive de nombreux services publics. Au moyen de nombreuses acquisitions, le groupe a connu une croissance rapide, qui l’a conduit à devenir un géant de 40 000 personnes avec, en 2016, 7 milliards de dollars de chiffre d’affaires et un bénéfice de 200 millions de dollars, dont la moitié affectée aux dividendes. Une consolidation qui s’enorgueillissait « d’avoir augmenté constamment ses dividendes depuis sa création ». En 2016, des analystes financiers soulignaient encore cette belle performance. Une activité qui croît et les dividendes qui suivent, quoi de plus satisfaisant ?

Sauf que l’on sait aujourd’hui que cette distribution imposée de dividendes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Trois géants de l’économie américaine ont annoncé la création de leur propre structure pour assurer la couverture médicale de leurs salariés américains, explique le correspondant du « Monde » à New York, Arnaud Leparmentier.
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« Amazon, JPMorgan et Berkshire Hathaway font chuter les valeurs de la santé » à Wall Street

Trois géants de l’économie américaine ont annoncé la création de leur propre structure pour assurer la couverture médicale de leurs salariés américains, explique le correspondant du « Monde » à New York, Arnaud Leparmentier.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 13h16
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

Lettre de Wall Street. Il y a les grincheux, qui expliquent que l’entreprise est vouée à l’échec, et les marchés financiers, qui prennent l’initiative très au sérieux. Les valeurs de la santé ont décroché à Wall Street, après que trois géants américains, Amazon, JPMorgan et Berkshire Hathaway, la firme du milliardaire Warren Buffett, ont annoncé, mardi 30 janvier, la création de leur propre structure pour assurer la couverture médicale de leurs salariés américains.
Les trois géants employant plus d’un million de personnes dans le monde, la nouvelle a fait l’effet d’une bombe, alors que le système de santé américain est hors de contrôle. Les dépenses médicales y atteignent 3 300 milliards de dollars par an (10 000 dollars par personne environ), soit 17,2 % du produit intérieur brut selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), un record toutes catégories (la France est à 11 %, les pays membres de l’OCDE à 9 %). Et le coût d’une assurance d’entreprise couvrant une famille a triplé depuis le début du siècle, pour atteindre environ 19 000 dollars (6 700 pour une personne seule).
Si les Etats-Unis n’ont jamais adopté de système de sécurité sociale universelle, c’est que la pression politique a vite disparu. Dans les années 1940, alors que les salaires étaient bloqués et l’impôt sur le revenu considérable, les entreprises ont commencé à offrir à leurs salariés une assurance médicale non imposable : 150 millions d’Américains en profitent aujourd’hui.
En 1965, ce système a été complété par la création, par le président démocrate Lyndon B. Johnson, de Medicaid, pour les mères pauvres et seules, et surtout de Medicare pour les seniors. « Avec la classe moyenne, plutôt bien traitée grâce aux assurances d’entreprise, et les plus âgés, pris en charge par Medicare, les deux électorats les plus puissants étaient choyés : c’est cela qui a rendu plus difficile la marche vers une couverture universelle »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Plusieurs institutions, dont le FBI, vont devoir rendre des comptes après les dysfonctionnements qui ont assuré à l’ancien ostéopathe des années d’impunité.
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L’affaire Larry Nassar n’est pas close

Plusieurs institutions, dont le FBI, vont devoir rendre des comptes après les dysfonctionnements qui ont assuré à l’ancien ostéopathe des années d’impunité.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 12h15
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 15h13
    |

            Stéphanie Le Bars (Washington, correspondance)








                        



                                


                            

Après avoir occupé les écrans de télévision durant plusieurs semaines, Larry Nassar, le médecin de l’équipe américaine de gymnastique, a retrouvé, lundi 5 février, l’anonymat de la cellule où il devrait finir ses jours. Après la dernière audience, qui s’est tenue devant un tribunal de Charlotte (Michigan), l’ancien ostéopathe a de nouveau été condamné à une peine minimale de quarante ans d’emprisonnement. Déjà poursuivi pour détention d’images pédopornographiques et agressions sexuelles sur des jeunes filles, le quinquagénaire purge une sentence de plusieurs dizaines d’années de prison.
Sur le plan judiciaire, l’affaire Nassar est donc terminée. Mais ce scandale d’attouchements sexuels, menés durant plus de vingt ans sur au moins 265 jeunes filles et fillettes, n’a sans doute pas fini de secouer le monde du sport et de l’olympisme américain. Elle ne devrait pas non plus laisser intactes plusieurs institutions et personnalités aujourd’hui mises en cause pour leur silence complice, leur aveuglement ou leur inaptitude à agir contre le prédateur. Les responsables de la fédération de gymnastique, du Comité olympique, de l’université du Michigan, où ce médecin du sport exerçait, mais aussi les services de police, dont le FBI, vont devoir rendre des comptes.
Rachael Denhollander, la gymnaste devenue avocate, dont le témoignage a été crucial dans la dénonciation des crimes de Nassar, a promis, lundi, peu après le verdict, de se tourner désormais « avec plus de force encore contre la dynamique institutionnelle qui a mené au plus grand scandale d’abus sexuels de l’Histoire ». Lors de l’audience en fin de semaine, des responsables du commissariat local où une jeune athlète avait déposé plainte en 2004 pour attouchements se sont excusés auprès des victimes devant le tribunal. A l’époque, un officier de police avait certes interrogé Nassar sur ces pratiques. Mais, convaincu par l’assurance de l’ostéopathe internationalement reconnu, il avait conclu...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ La chute vertigineuse de l’indice boursier américain semble avoir fait tourner la tête de certains usagers de Twitter, qui ont pris une plaisanterie au premier degré.
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Des milliers d’internautes trompés par un prétendu tweet de Trump sur la chute du « Dow Joans »

La chute vertigineuse de l’indice boursier américain semble avoir fait tourner la tête de certains usagers de Twitter, qui ont pris une plaisanterie au premier degré.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 12h14
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 12h55
    |

            Anne-Aël Durand








                        


« Si le Dow Joans baissait de plus de 1 000 “points” en une Seule Journée, le président en exercice devrait être “chargé” dans un très gros canon et Envoyé vers le soleil à une VITESSE PRODIGIEUSE ! Pas d’excuses ! »
Ce tweet de Donald Trump exhumé par l’écrivain britannique Shaun Usher a été partagé plus de 18 000 fois et a suscité plus de 1 700 commentaires sur Twitter. Le problème ? C’est un faux. Ce n’est qu’une plaisanterie qui a fait boule de neige en se nourrissant de la colère des internautes et de l’inquiétude réelle suscitée par la plongée de Wall Street, qui a vécu sa pire séance depuis 2011.

There's *always* a tweet https://t.co/dmrmzoRwP1— ShaunUsher (@Shaun Usher)


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Rédiger un prétendu tweet de Donald Trump, c’est très simple, et plusieurs sites (ici ou là) proposent de le faire en deux clics. Mais le canular de Shaun Usher était particulièrement réussi. Ton menaçant et péremptoire, points d’exclamation et majuscules, tout était calibré pour ressembler à la syntaxe idiosyncratique du président américain sur Twitter.
Une faute d’orthographe a même été ajoutée à l’indice boursier Dow Jones (du nom de ses deux créateurs, Charles Dow et Edward Jones) devenu « Dow Joans », ce qui attire encore davantage de commentaires sur Twitter. La mise en scène a aussi été soignée, en faisant croire en commentaire (« There is always a tweet ») que cette publication datait de 2015. D’anciens tweets, authentiques, parmi les 37 000 publications de Donald Trump (@realdonaldtrump) ont à plusieurs reprises été exhumés et abondamment commentés depuis qu’il est devenu président.

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                Donald Trump sur Twitter : matinal, critique et impulsif



Shaun Usher, qui n’avait écrit que 52 tweets jusqu’à présent, ne s’attendait pas à ce que sa blague soit prise au premier degré et connaisse un tel succès. « Mon dieu, c’est partout, qu’ai-je fait ? » a-t-il immédiatement réagi, avant d’assumer avec humour (« Siri, puis-je être arrêté pour avoir écrit un faux tweet ? ») et d’expliquer qu’il n’allait pas le retirer. L’histoire a rapidement été reprise par plusieurs médias britanniques (The Sun) et américains (Huffington Post, Business Insider), y compris par le site de fact-checking Snopes.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ La Cour suprême d’Hongkong a invalidé la peine de prison ferme infligée en seconde instance au leadeur du « mouvement des parapluies ».
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Peine de prison annulée pour Joshua Wong, le militant démocrate hongkongais

La Cour suprême d’Hongkong a invalidé la peine de prison ferme infligée en seconde instance au leadeur du « mouvement des parapluies ».



Le Monde
 |    06.02.2018 à 11h56
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 12h25
   





                        



   


La plus haute cour de justice de Hongkong a annulé mardi 6 février la peine de prison de six mois prononcée contre le leadeur démocrate Joshua Wong pour sa participation « mouvement des parapluies », une série de manifestations qui avaient paralysé plusieurs quartiers de la ville pendant deux mois, à la fin de 2014. Les manifestants réclamaient l’instauration d’un véritable suffrage universel dans cette enclave chinoise semi-autonome.
Pendant la même audience, deux autres figures du mouvement démocratique, Nathan Law et Alex Chow, ont également vu leurs peines de prison annulées. La justice leur reprochait notamment d’avoir escaladé, le 26 septembre 2014, des barrières métalliques pour entrer dans Civic Square, une place située dans un complexe gouvernemental.
Contre l’avis du ministre de la justice
Cette décision est l’aboutissement d’une procédure judiciaire à rebondissements. En première instance, à la mi-2016, Joshua Wong avait été condamné pour rassemblement illégal à une peine clémente : prison avec sursis et travaux d’intérêt général. Mais le ministre de la justice de Hongkong avait utilisé son pouvoir d’appel pour refaire juger cette affaire.

   


En deuxième instance, à la fin de 2017, le militant démocrate avait été condamné à une peine de prison ferme. La Cours suprême de Hongkong a ouvert la voie à un troisième jugement, au début de novembre, en autorisant Joshua Wong et ses compagnons démocrates à déposer un dernier recours. Ce recours a abouti à l’annulation de leur peine de prison ce matin.

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                Hongkong : les militants du « mouvement des parapluies » autorisés à contester leurs peines



En donnant raison aux militants, le juge Ma a cependant estimé que les manifestants devaient être dissuadés de participer à des rassemblements illégaux accompagnés de violences. « En vertu de ce jugement, d’autres militants pourront être enfermés », a réagi M. Wong. « Ce n’est pas l’heure des félicitations ou des célébrations. »
Un test pour la justice
Cette affaire était considérée comme un test pour la justice hongkongaise, jusqu’à présent fort bien classée par le Forum économique mondial dans son étude sur l’indépendance de la justice 2017-2018. Hongkong occupe la 13e position sur 137 Etats, loin devant les Etats-Unis (25) ou la France (28).
La justice hongkongaise continue de juger en anglais selon les traditions de la Common Law. Les juges sont nommés par le chef de l’exécutif sur la recommandation d’un panel constitué du ministre de la justice, de juges en fonctions, d’avocats et de membres de la société civile. Jusqu’à présent, les propositions de ce panel ont toujours été validés par l’exécutif. Cependant, le Comité permanent du Parlement chinois a le pouvoir d’intérprêter les textes de loi hongkongais. Ses décisions doivent être prises en compte par la justice locale, elles font jurisprudence.
Les trois militants sont donc libres. Mais à la mi-2017, ils ont passé deux mois derrière les barreaux, avant d’être libérés sous caution, en novembre. Et le marathon judiciaire de M. Wong n’est pas terminé. Il reste inculpé d’outrage à magistrat ; une charge pour laquelle il a été une condamné à trois mois de prison en janvier, et dont il a fait appel. M. Wong avait refusé d’évacuer un lieu occupé par des manifestants, violant l’injonction d’un juge.

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                Le Hongkongais prodémocratie Joshua Wong condamné



Le parti de M. Wong relancé
La décision de la Cour suprême apporte une bouffée d’oxygène au mouvement politique créé par M. Wong, Demosisto. Le mois dernier, l’administration chargée d’organiser les élections a refusé la candidature d’Agnes Chow, membre du parti âgée de 21 ans, soulignant l’inconstitutionnalité de son programme. La plate-forme politique de Demosisto appelle à l’autodétermination et à l’indépendance de Hongkong.

   


D’après les termes de l’accord sino-britannique sur la rétrocession, Hongkong jouit de libertés inconnues ailleurs en Chine continentale – en vertu du principe « Un pays, deux systèmes » – ; et ce jusqu’en 2047… en théorie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, héraut de « l’Amérique d’abord », les conditions d’octroi des permis de travail se sont durcies. Une tendance au repli qui profite d’abord au Canada.
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Aux Etats-Unis, l’attribution des visas, un système kafkaïen

Depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, héraut de « l’Amérique d’abord », les conditions d’octroi des permis de travail se sont durcies. Une tendance au repli qui profite d’abord au Canada.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 11h55
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 11h57
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

Série « L’Amérique citadelle » (1/5). C’était à la fin du printemps 2017, peu après que Donald Trump eut signé son décret présidentiel « acheter et embaucher américain ». Un inspecteur fédéral se présente à l’accueil de trueEX, une jeune pousse financière de 70 personnes sise au cœur de Manhattan. Il demande à vérifier les visas des salariés étrangers.
La directrice générale, Karen O’Connor, 61 ans, le conduit dans son bureau, lui présente les quatre visas étrangers, tous en règle. L’inspecteur repart. Les salariés sont sous le choc, tout comme Karen O’Connor. « J’étais vraiment stressée », confie-t-elle, en se remémorant cette visite à brûle-pourpoint. Cet incident la conforte dans l’idée d’ouvrir un bureau d’une dizaine de personnes à Montréal plutôt qu’à New York.

Il y a beau temps qu’elle nourrit ce projet. Pour son entreprise, elle a besoin d’une main-d’œuvre étrangère spécialisée, les ­fameux visas H1B. Las ! Ceux-ci sont limités à 85 000 par an et profitent très largement à la Silicon Valley (Californie). En obtenir s’annonce de plus en plus difficile.
Dès 2016, Karen O’Connor avait pris langue avec les responsables économiques du Québec, qui lui avaient vanté les attraits de la Belle Province. « J’avais le sentiment d’être la reine Elizabeth. Tout le pays m’attendait », se souvient-elle. Après avoir hésité entre Québec et Montréal, elle a opté pour Montréal – moins exclusivement francophone – en 2018. Dix embauches et 1 million de dollars d’économies par an (environ 800 000 euros), sans les aléas du « trumpisme ».
Les Canadiens s’appuient sur des arguments bien affûtés : une entrée facilitée sur le grand marché nord-américain grâce à l’accord de libre-échange avec les Etats-Unis et le Mexique (Alena), un accès de choix aux talents et des coûts en moyenne inférieurs de 15 % à ceux des grandes métropoles nord-américaines, selon une étude du cabinet d’audit KPMG....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Pékin disposerait, selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm, d’environ 270 ogives nucléaires, contre environ 6 800 pour les Etats-Unis.
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Nucléaire : l’arsenal chinois loin derrière la dissuasion américaine

Pékin disposerait, selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm, d’environ 270 ogives nucléaires, contre environ 6 800 pour les Etats-Unis.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 11h52
    |

            Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)








                        



                                


                            

La nouvelle posture nucléaire américaine a été vivement critiquée à Pékin. Le porte-parole du ministère des affaires étrangères, Geng Shuang, a rappelé, lundi 5 février, que la Chine militait pour « l’interdiction complète et la destruction totale des armes nucléaires » et n’allait pas dévier de sa doctrine de recours aux armes nucléaires pour la seule riposte. Le ministère de la défense chinois a, quant à lui, dénoncé les « suppositions outrancières » du rapport américain.
Un débat ne s’en fait pas moins jour dans l’ensemble des médias liés à l’armée chinoise sur la nécessité pour la Chine de renforcer ses capacités en réponse au programme de modernisation envisagé par Washington. Une tribune publiée le 30 janvier dans Le Quotidien de l’Armée populaire de libération appelait ainsi à « muscler » la dissuasion chinoise.

Dotée du deuxième budget militaire de la planète derrière les Etats-Unis, la Chine s’est lancée dans un effort spectaculaire de modernisation technologique et organisationnelle de son armée. Sa marine se dote de porte-avions et aligne désormais des navires de combat aussi sophistiqués que ses homologues occidentales. Pékin développe également toutes sortes d’armes nouvelles – des engins hypersoniques aux canons électromagnétiques.
Des sous-marins réputés bruyants
Toutefois la Chine demeure très loin derrière les Etats-Unis en matière d’armement nucléaire. Pékin disposerait, selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm, d’environ 270 ogives nucléaires, contre environ 6 800 pour les Etats-Unis, du fait qu’elle est restée à l’écart de la course à l’armement durant la guerre froide.
Selon un rapport publié en janvier par l’Union of Concerned Scientists, un regroupement indépendant de scientifiques américains, la Chine aurait en stock la matière fissile nécessaire à produire de 380 à 880 ogives nucléaires supplémentaires, contre 5 000 pour les Etats-Unis....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Des traces d’hydrocarbures ont été retrouvées sur les côtes et pourraient provenir du « Sanchi », un pétrolier iranien échoué en mer de Chine après une collision avec un autre navire.
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Le Japon face à la menace d’une marée noire

Des traces d’hydrocarbures ont été retrouvées sur les côtes et pourraient provenir du « Sanchi », un pétrolier iranien échoué en mer de Chine après une collision avec un autre navire.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 11h21
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 11h22
    |

            Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)








                        



                                


                            

Les découvertes de dépôts pétroliers sur les îles du sud du Japon s’enchaînent, faisant craindre une marée noire provoquée par le Sanchi, un pétrolier ayant coulé le 14 janvier en mer de Chine orientale. Depuis les premières découvertes, vendredi 2 février, de substances échouées sur 7 km le long de la côte de Takarajima, une île du petit archipel des Tokara (sud du Japon), les signalements se multiplient sur les îles voisines de Tokunoshima, Amami-Oshima ou encore Kikaijima.
Lundi 5 février, les autorités locales ont dévoilé des mesures pour nettoyer les plages, appelant la population à ne pas le faire elle-même, une mauvaise gestion des produits pouvant provoquer d’autres problèmes environnementaux. Elles ont aussi fait savoir que les coopératives locales de pêche n’avaient rien signalé d’anormal.
Ces îles japonaises sont connues pour la richesse de leur flore et de leur faune. Amami-Oshima et Tokunoshima sont inscrites sur la liste du Patrimoine mondial naturel de l’Unesco. Sur Tokunoshima, des dépôts ont été trouvés dans une frayère de tortues de mer.
111 000 tonnes de condensat
La présence de ces traces d’hydrocarbures a incité le gouvernement à mettre en place, le 2 février, une équipe chargée du suivi de la situation et de déterminer l’origine de la pollution, toujours inconnue. « Nous n’avons aucune confirmation officielle disant que le pétrole vient du navire coulé », ont fait savoir les gardes-côtes du département de Kagoshima, dont dépendent les îles. « Il faudrait réaliser une comparaison avec les produits toujours dans le “Sanchi” », explique Paul Johnston, du laboratoire de recherche de Greenpeace de l’université d’Exeter (Royaume-Uni) qui n’exclut pas un dégazage sauvage d’un autre navire pour expliquer la pollution des îles.
Le Sanchi, pétrolier iranien immatriculé au Panama, faisait route vers la Corée du Sud quand il a été victime, le 6 janvier, d’une collision...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ François aurait eu connaissance du témoignage d’une victime dès 2015, selon une lettre révélée lundi par l’agence Associated Press.
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Pédophilie au Chili : une lettre met en doute les affirmations du pape

François aurait eu connaissance du témoignage d’une victime dès 2015, selon une lettre révélée lundi par l’agence Associated Press.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 11h12
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 11h29
    |

            Cécile Chambraud








                        



   


Les révélations mettant le pape François chaque fois plus en difficulté se succèdent dans le scandale de pédophilie qui secoue le clergé chilien. L’agence Associated Press a révélé, lundi 5 février, que le chef de l’Eglise catholique aurait eu entre les mains, dès 2015, la lettre d’une victime du père Fernando Karadima témoignant des agressions sexuelles commises par ce prêtre de Santiago, reconnu coupable par l’Eglise au terme d’un procès canonique en 2011.
Cette victime, Juan Carlos Cruz, a précisé dans sa lettre que l’évêque Juan Barros, à l’époque l’un des protégés de Fernando Karadima, avait été à de nombreuses reprises témoin de ces agressions sans jamais tenter de s’y opposer. C’est sa nomination comme évêque d’Osorno par le pape, en janvier 2015, que de nombreux catholiques de ce diocèse du sud du pays reprochent à François aujourd’hui.
Or, lors de la conférence de presse qu’il a tenue dans l’avion qui le ramenait de sa visite au Chili et au Pérou, le 22 janvier, le pontife argentin avait affirmé à la journaliste de l’agence qui l’interrogeait : « Vous, avec bonne volonté, vous me dites qu’il y a des victimes, mais moi je ne les ai pas vues, parce qu’elles ne se sont pas présentées. » « Elles n’ont pas apporté d’éléments à charge », avait-il insisté.

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                La visite du pape au Chili entachée par les affaires de pédophilie



Il avait longuement pris la défense de Mgr Barros, qui nie avoir été au courant des faits reprochés à Fernando Karadima : « Moi aussi je suis convaincu qu’il est innocent. » Il avait révélé avoir par deux fois refusé sa démission, une fois en 2014 et une autre après la bronca soulevée au Chili par sa nomination au siège épiscopal d’Osorno. Les révélations concernant la lettre rendent difficiles à comprendre ces déclarations.
« Calomnies »
En 2015, Juan Carlos Cruz a rédigé cette lettre de « huit pages » et aurait demandé à des membres de la commission pontificale pour la protection des mineurs de la faire parvenir au Vatican. Quatre membres de cet organisme créé par François en 2014 se seraient rendus à Rome en avril 2015 pour la confier à leur président, le cardinal américain Sean O’Malley. Celui-ci leur aurait assuré plus tard qu’il l’avait transmise au pape. L’archevêque de Boston aurait aussi confirmé à Juan Carlos Cruz, après la visite du pape à Philadelphie, en septembre 2015, avoir donné sa lettre au pape en main propre.
Rejoignant ceux d’autres victimes, le témoignage de Juan Carlos Cruz décrit comment, dans le groupe de prêtres et d’adolescents fédérés par le charismatique père Karadima, les attouchements sexuels auraient été monnaie courante, le prêtre réclamant des jeunes qu’ils se plient à ses demandes. Quatre évêques, dont Juan Barros, et de nombreux prêtres chiliens sont issus de ce groupe.

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                Au Chili, le pape François déçoit les victimes de prêtres pédophiles



La contestation autour de Mgr Barros a totalement dominé la visite du pape au Chili, du 15 au 18 janvier. Avant de quitter le pays, François avait encore attisé la tension en affirmant qu’il n’y avait « pas une seule preuve » contre le prélat, victime selon lui de « calomnies ». Ses propos dans l’avion du retour n’ont rien arrangé. A tel point que, une fois à Rome, le pontife a dû décider, le 30 janvier, d’envoyer prochainement à Santiago un représentant pour écouter les accusateurs de Mgr Barros.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Les bombardements russes et loyalistes s’intensifient, tandis que l’armée turque renforce sa présence à Idlib.
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Syrie : acharnement contre les dernières zones rebelles

Les bombardements russes et loyalistes s’intensifient, tandis que l’armée turque renforce sa présence à Idlib.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 13h24
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant) et 
Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



   


Un déluge de feu et de fer s’abat depuis dimanche 4 février sur les zones rebelles syriennes d’Idlib et de la Ghouta orientale, la banlieue de Damas. Ces deux secteurs sont avec la région de Deraa, au sud, et la petite poche de Rastan, au nord de Homs, les derniers territoires encore aux mains des insurgés. Lundi, 31 civils, dont sept enfants, ont péri dans des raids aériens et des tirs d’artillerie du régime visant des localités de la périphérie est de Damas, a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Mardi, de nouvelles attaques aériennes du régime ont entraîné la mort d’au moins 35 civils, dont trois enfants. Le bilan pourrait s’alourdir, des dizaines de blessés, dont certains dans un état critique, étaient bloqués dans les décombres.
Près de quarante bombardements aériens ont été recensés durant cette seule journée. Deux marchés ont notamment été pilonnés, à Arbin et Beit Sawa, où dix personnes ont été tuées. En représailles, des groupes rebelles ont lancé des mortiers sur la capitale et ses environs, causant deux morts.
Dans la province d’Idlib, dans le nord-ouest du pays, deux hôpitaux ont été attaqués par l’aviation du régime syrien et celle de son allié russe. Celui de Maarat Al-Nouman, frappé à trois reprises dimanche soir, est désormais hors service. Un immeuble de six étages a également été soufflé par une énorme explosion. Seize civils ont péri dans cette attaque, dont huit personnes d’une même famille.
Intensification des attaques
Onze cas de suffocation ont également été rapportés dans la ville de Saraqeb, les habitants et des médecins sur place faisant état d’un « gaz toxique » répandu sur la ville, probablement de la chlorine, une arme utilisée à de multiples reprises par le pouvoir syrien. « C’est comme la fin du monde », s’est exclamé Raëd Saleh, le chef des casques blancs, le service de secouristes mis en place dans les régions sous contrôle de la rébellion.
Cette intensification des attaques est survenue après la destruction en vol, samedi 3 février, dans le ciel d’Idlib, d’un avion de chasse russe. Une action menée au moyen d’un missile sol-air portatif par les djihadistes de Hayat Tahrir Al-Cham, la force dominante dans la région d’Idlib, qui est proche d’Al-Qaida.
L’état-major russe a reconnu les faits, expliquant que le pilote, qui était parvenu à s’éjecter, « est mort dans un accrochage avec les terroristes ». C’est la première fois qu’un appareil russe est détruit en Syrie par un tir de missile. A Moscou, la presse a eu beau assurer que le projectile était de fabrication turque, le Kremlin n’a pas réagi, le ministère de la défense se contentant d’ordonner à ses pilotes de voler plus haut, à plus de 5 000 mètres d’altitude.
Rien ne semble pouvoir troubler l’entente entre le président russe, Vladimir Poutine, et son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, sur la Syrie. Lundi, à la suite d’une discussion téléphonique entre les deux hommes, l’armée turque a entamé la construction d’un nouveau poste d’observation dans la province d’Idlib, où elle est présente depuis octobre 2017.
Les accords d’Astana, conclus au printemps entre la Russie, la Turquie et l’Iran, prévoient qu’Ankara établisse douze positions militaires dans cette région, le long d’une ligne Nord-Sud, non loin de la frontière. Pour le moment, trois ont été érigées, à proximité du canton d’Afrin, où l’armée turque tente depuis le 20 janvier de déloger les milices kurdes YPG (unités de protection du peuple), une émanation du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), l’ennemi numéro un d’Ankara. Lundi soir, des renforts sont parvenus à Afrin, avec la probable complicité du régime de Bachar Al-Assad, qui semble les avoir laissés traverser des territoires sous son contrôle.

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                Erdogan promet d’élargir l’offensive turque en Syrie



Le processus d’Astana visait à entraîner une « désescalade » dans les quatre régions encore tenues par les insurgés anti-Assad. Même si les bombardements n’y ont jamais cessé, ils ont baissé d’intensité les premiers mois. Mais depuis que l’armée syrienne et ses supplétifs ont achevé leur offensive dans la région de Deir ez-Zor, à l’est, contre l’organisation Etat islamique, les régions rebelles de l’ouest sont de nouveau dans leur collimateur.
Couverture aérienne russe
En décembre, arguant du fait que le groupe Hayat Tahrir Al-Cham, labellisé « terroriste » par la communauté internationale, n’est pas inclu dans l’accord d’Astana, les forces loyalistes ont lancé une offensive terrestre contre la région d’Idlib. Grâce à la couverture aérienne russe, ces troupes progressent par le sud et par l’est, lentement mais sûrement, poussant des dizaines de milliers de civils à prendre la fuite vers le nord de la province. Le 20 janvier, les pro-régime se sont notamment emparés de l’aéroport d’Abou Douhour, une position clé, que les rebelles détenaient depuis 2015.

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L’offensive des loyalistes se déroule sur fond de donnant-donnant tacite entre Moscou et Ankara. Maître du ciel dans l’ouest de la Syrie, la Russie a autorisé l’aviation turque à bombarder Afrin. En échange, Ankara regarde ailleurs pendant que ses alliés syriens reculent à Idlib. Le quatrième poste d’observation créé par les militaires turcs pourrait leur assurer, tout au mieux, une zone de repli temporaire. Le régime Assad est déterminé à remettre la main sur la totalité des territoires conquis par ses adversaires, en forçant la main, au besoin, de son parrain russe. Un soldat turc a été tué la veille de la mise en place du nouveau poste d’observation par un tir d’origine inconnue.
Un signe qui ne trompe pas : les attaques à l’arme chimique sont en pleine recrudescence. Le 22 janvier, l’OSDH avait déjà rapporté 21 cas de suffocation dans la Ghouta orientale. Lundi, les Etats-Unis ont accusé la Russie de retarder l’adoption par le Conseil de sécurité de l’ONU d’une résolution condamnant ces attaques au chlore. Dénonçant de son côté une « campagne de propagande » visant à « accuser le gouvernement syrien » d’actes dont « les auteurs ne sont pas identifiés », Moscou a proposé des amendements au texte afin qu’il ne fasse plus mention de la Ghouta orientale.

        Lire notre analyse :
         

          Les limites de la stratégie syrienne du Kremlin



Selon des diplomates, les Etats-Unis ont rejeté les amendements russes, laissant présager un enterrement de la résolution. Vendredi, le ministre américain de la défense, James Mattis, s’était aussi dit inquiet que du gaz sarin, un agent beaucoup plus mortel que le chlore, ait été utilisé, précisant que les Etats-Unis n’avaient pour le moment pas de preuves pour étayer cette hypothèse. Au mois d’avril 2017, en représailles à un bombardement au sarin contre la localité rebelle de Khan Cheikhoun, fatal à 83 Syriens, les Etats-Unis avaient tiré une salve de missiles de croisière contre un aéroport syrien.

L’ONU réclame une trêve humanitaire d’un mois en Syrie
L’Organisation des nations unies (ONU) a réclamé, mardi 6 février, une « cessation immédiate des hostilités » en Syrie, pour au moins un mois, afin de « permettre la distribution d’aide humanitaire, l’évacuation des blessés et des malades dans un état critique, et d’alléger la souffrance » des civils.
Ces derniers mois, le régime de Bachar Al-Assad mène des frappes aériennes meurtrières contre deux bastions rebelles, la Ghouta orientale, aux portes de Damas, et la province d’Idlib, dans le Nord-Ouest.
L’ONU déplore la difficulté d’accès aux zones assiégées par les belligérants. Les localités encerclées par les forces du régime ne peuvent pas recevoir d’aide humanitaire sans l’autorisation de Damas. « Si l’accès était donné, trois convois pourraient être envoyés chaque semaine, permettant d’atteindre en deux mois 700 000 personnes dans ces zones », dit le communiqué.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Le président des réunions préparatoires de l’Eurogroupe était la bête noire de l’ex-ministre des finances grec Yanis Varoufakis.
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Thomas Wieser, l’Autrichien que les Grecs ont adoré détester

Le président des réunions préparatoires de l’Eurogroupe était la bête noire de l’ex-ministre des finances grec Yanis Varoufakis.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 10h54
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 10h58
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            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

LETTRE DE BRUXELLES
Une effervescence inhabituelle gagne la salle de presse flambant neuve du nouveau bâtiment du Conseil (des Etats membres), en plein cœur du quartier européen de Bruxelles. Des journalistes agrémentent le pupitre de fanions, y posent des bouteilles d’alcool et fixent un ballon de baudruche en forme de « T » doré. Quelqu’un lance la bande-son de Zorba le Grec, juste au moment où Thomas Wieser franchit le seuil. On est mi-janvier, et il s’apprête à donner le dernier briefing off the record de sa carrière.
L’Autrichien de 64 ans a assuré pendant six ans, non-stop, durant toute la crise de l’euro, la présidence de l’Euroworking group (EWG). Il s’agit d’un groupe d’experts des pays membres de la zone euro (souvent, les directeurs du trésor), qui préparent en amont les réunions bruxelloises de leurs ministres. Bien moins exposé que le président de l’Eurogroupe, le président de l’EWG joue néanmoins un rôle clé dans la gouvernance de la zone euro.
Toujours impeccable, costume en tweed et cravate sobre, M. Wieser marque un temps d’arrêt, salue l’assistance, puis commence à dérouler son « briefing », comme si de rien n’était. Au menu du prochain Eurogroupe : de la Grèce, encore et toujours, une première discussion entre ministres sur les réformes attendues dans la zone euro (Union bancaire, Fonds monétaire européen, etc.), un point sur la situation macro-économique. Rien de passionnant, mais la salle ne pipe mot et prend scrupuleusement des notes.
Club opaque
Avec sa barbe blanche bien taillée, des yeux rieurs derrière ses lunettes en écaille, Thomas Wieser est une petite légende pour tous les journalistes qui, entre 2011 et 2015, ont relaté les soubresauts de la crise grecque. Un des rares à avoir levé un pan du voile de l’Eurogroupe, club aussi puissant qu’opaque. A condition de ne pas être cité nommément (c’est la règle dans les institutions de l’Union, devoir de réserve des fonctionnaires oblige), il distillait...




                        

                        

