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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Le président de la République, Emmanuel Macron, se trouve en Corse mardi et mercredi pour relancer le dialogue avec les dirigeants nationalistes récemment élus.
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Quelles sont les revendications des nationalistes corses ?

Le président de la République, Emmanuel Macron, se trouve en Corse mardi et mercredi pour relancer le dialogue avec les dirigeants nationalistes récemment élus.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 07h54
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 17h50
    |

                            Florian Reynaud








                        



   


Le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, est attendu, mardi 6 et mercredi 7 février, en Corse pour sa première visite sur l’île depuis la victoire des nationalistes aux élections territoriales, en décembre. Les contours du déplacement du chef de l’Etat sont encore flous, quelques jours après une manifestation appelée par les dirigeants nationalistes, visant à faire entendre leurs revendications : de l’amnistie pour les « prisonniers politiques » à l’inscription de la collectivité dans la Constitution. Retour sur les principales propositions.

        Lire l’analyse (en édition abonnés) :
         

          En Corse, les chemins du dialogue



L’amnistie pour les « prisonniers politiques »
Le dossier est sensible, mais il revient régulièrement sur la table. Les nationalistes corses ont longtemps demandé l’amnistie pour les « prisonniers politiques », les détenus corses soupçonnés d’être mêlés à des affaires de terrorisme. Parmi eux, on trouve notamment Pierre Alessandri, Alain Ferrandi et Yvan Colonna, condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité pour l’assassinat du préfet Claude Erignac, en 1998.
« Le terme de prisonnier politique n’apparaît pas juridique, ce sont des personnes condamnées pour une ou des infractions prévues par la loi », rétorque le porte-parole du ministère de la justice, Youssef Badr. Le nombre de détenus corses incarcérés en lien avec des affaires terroristes n’est pas connu, précise par ailleurs la chancellerie.
L’option qui est généralement discutée est celle d’un « rapprochement familial » des détenus corses qui demandent un transfert en Corse. Sur ce sujet, chaque dossier est étudié au cas par cas, « il n’y a pas d’opposition de principe […], mais pas non plus de droit acquis », souligne Youssef Badr.
« Actuellement, la chancellerie examine en effet plusieurs situations individuelles de détenus corses qui ont sollicité leur transfert en Corse », ajoute le porte-parole du ministère de la justice. Dans une tribune publiée jeudi dans Le Monde, le maire d’Ajaccio, Laurent Marcangeli, soutient cette option : « Concernant le sort des détenus, j’ai toujours défendu le principe du rapprochement, dans leur ensemble, lorsque j’étais parlementaire. »

        Lire la tribune de Laurent Marcangeli (en édition abonnés) :
         

          « Oui à un nouveau statut pour la Corse, mais dans la République »



La coofficialité de la langue corse
La langue est l’un des plus grands points de discorde entre Paris et Ajaccio. Les nationalistes demandent la coofficialité de la langue corse sur le territoire insulaire, c’est-à-dire « l’insertion de la langue corse au sein du système juridique, par la création de droits linguistiques territoriaux et d’obligations pour tous les pouvoirs publics sur le territoire », selon un rapport du président du conseil exécutif publié en 2013.
Ce rapport préconisait notamment de « normaliser et encourager l’emploi du corse dans les collectivités locales, l’administration, l’enseignement, les médias, les industries culturelles, le monde socio-économique et sportif ». Une coofficialité signifierait notamment que la langue corse est « employée à parité avec le français par l’Etat et les services publics en Corse, ainsi que par les entreprises et les médias institutionnels ». Les documents d’identité seraient rédigés en français et en corse. Pour Jean-François Poli, docteur en droit et avocat au barreau de Bastia, cette mesure peut être possible tant qu’une égalité est maintenue et que le corse n’est pas préféré au français.
L’enseignement bilingue à l’école deviendrait obligatoire, tout comme l’obtention par les élèves d’un certificat B2 en corse à l’issue de leur scolarité. Le rapport du président du conseil exécutif préconise également une obligation statutaire de formation en langue corse pour le recrutement des fonctionnaires et agents publics. Il en irait de même pour les personnels des médias publics. Si ce certificat introduit une discrimination dans l’accès à la fonction publique, cela posera problème, estime Me Poli. « On peut introduire une discrimination, mais au motif qu’elle servirait l’intérêt général », ajoute-t-il.
Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l’intérieur et « Madame Corse » du gouvernement, l’a récemment répété : « La langue de la République française est le français. » La coofficialité n’est « pas envisageable », pour celle qui fait le lien de discussion entre Paris et Ajaccio.
Le statut de résident corse
Les nationalistes au pouvoir demandent également la création d’un statut de résident, pour lutter contre la spéculation immobilière. Un texte polémique avait été proposé dans ce sens en 2014 : il s’agissait d’instaurer l’obligation d’avoir été résident permanent en Corse pendant au moins cinq ans pour pouvoir devenir propriétaire sur le territoire insulaire. Le groupe Corsica libera, qui milite pour cette mesure, demandait de son côté une période de dix ans de résidence permanente. En cause, une flambée des prix de l’immobilier. En 2013, environ 35 % des logements en Haute-Corse étaient des résidences secondaires ; 37,6 % en Corse-du-Sud, selon l’Insee. « Les Corses sont contraints de quitter la Corse, ils partent sans espoir de retour », avait argué à l’époque Jean-Guy Talamoni.
« Tout près, vous avez une maison en pierre, elle est en vente à 276 000 euros depuis un an et demi, et aucun des jeunes ici n’a les moyens d’acheter. Si demain les prix continuent à monter, tout notre patrimoine sera acheté par des gens de l’extérieur », expliquait sur France Inter, en janvier, le maire du village de Cuttoli-Corticchiato, Jean Biancucci. Pour le maire d’Ajaccio, un statut de résident serait au contraire « une rupture disproportionnée » et « une atteinte inacceptable au droit de propriété ».
Cette mesure a été jugée contraire à la Constitution par de nombreux juristes, puisqu’elle crée une discrimination quant à l’accès à la propriété. Ce statut « ne sera possible qu’avec l’insertion dans la Constitution d’un dispositif pour la Corse », a estimé vendredi Jean-Guy Talamoni dans Corse Matin.
L’inscription dans la Constitution
Dans un rapport remis le 18 janvier à la collectivité de Corse, la professeure de droit public Wanda Mastor, qui avait participé à une précédente étude en 2013, défend l’inscription de la Corse dans la Constitution, et un nouveau statut pour la collectivité, lui donnant plus d’autonomie, mais qui « n’entraverait pas le principe de l’indivisibilité de la République ». « Il est impensable que la Corse en reste à un statut hybride et silencieux », estime-t-elle. Le territoire insulaire reste aujourd’hui encore une collectivité à statut particulier. « Il est indécent, illogique et insultant que la Corse ne soit pas mentionnée dans le texte suprême », estimait le constitutionnaliste Guy Carcassonne dans un précédent rapport, en 2013.

        Lire :
         

          Le statut constitutionnel de la Corse au centre des débats


En inscrivant la Corse dans la Constitution, le rapport plaide pour un élargissement des pouvoirs de la collectivité. Wanda Mastor juge qu’une telle réforme est d’autant plus légitimée par la victoire nationaliste aux dernières élections territoriales. Selon la juriste, le nouveau statut de la Corse pourrait notamment lui attribuer des spécificités dans trois secteurs-clés : « le foncier, la fiscalité et la langue ». En 2013, la collectivité demandait, par exemple, plus de compétences en ce qui concerne la fiscalité des biens situés en Corse, une proposition censurée par le Conseil constitutionnel.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Les magistrats critiquent particulièrement le Conseil national des activités privées de sécurité, l’autorité chargée notamment d’autoriser les agents à exercer
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La régulation du secteur de la sécurité privée étrillée par la Cour des comptes

Les magistrats critiquent particulièrement le Conseil national des activités privées de sécurité, l’autorité chargée notamment d’autoriser les agents à exercer



Le Monde
 |    06.02.2018 à 17h49
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 18h41
    |

            Julia Pascual








                        


C’est un coup de semonce que la Cour des comptes adresse au secteur de la sécurité privée. Alors que l’Etat confère à ces entreprises toujours plus de missions et étend progressivement les pouvoirs de leurs agents, l’institution critique l’absence de pilotage de cette dynamique et s’alarme de la régulation « lacunaire » du secteur face à des risques patents en matière de moralité et de fraude. Dans son rapport annuel, qui doit être rendu public mercredi 7 février, elle tire à boulets rouges sur le Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS), autorité de régulation qui n’est « pas à la hauteur des attentes ».
Le secteur de la sécurité privée jouit d’une croissance forte mais demeure éclaté en une myriade de sociétés peu rentables se livrant une « concurrence sévère ». Celles-ci pratiquent notamment un dumping social grâce à une variable d’ajustement : une main-d’œuvre « volatile, très peu qualifiée et mal rémunérée ». Pourtant, l’Etat n’a eu de cesse de déléguer des missions au privé comme la surveillance de bâtiments publics.
En dix ans, près de 600 équivalents temps plein ont ainsi été externalisés. Lundi 5 février, lors des 5es Assises de la sécurité privée, le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, a réitéré son souhait de poursuivre ce mouvement, citant l’exemple de la loi du 30 octobre 2017 renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme, qui donne aux agents de sécurité des pouvoirs de palpation et de fouilles lors d’événements sportifs ou culturels.
Doutes sur la fiabilité des enquêtes administratives
Pour la Cour des comptes, ce mouvement nécessite la mise en place urgente d’une « doctrine d’emploi ». « Il est aussi de [l]a responsabilité [de l’Etat], en tant qu’acheteur, d’être vigilant sur la qualité des prestations demandées en ne retenant pas le prix comme seul critère d’attribution des marchés publics », écrit la Cour, alors que la commande publique pèse pour un quart du chiffre d’affaires du secteur.
C’est surtout le CNAPS qui reçoit un carton rouge. Mis en place en 2011 et doté d’un pouvoir de police administrative, il est peu investi par l’Etat malgré son statut d’établissement public. « La préfète désignée en 2015 comme personnalité qualifiée n’a jamais siégé, et la présence de certains représentants de l’Etat [au Collège], peu concernés par les missions du CNAPS, manque de régularité », tance la Cour. Ses inquiétudes portent en particulier sur la principale mission du CNAPS de délivrance des cartes professionnelles permettant aux agents du privé d’exercer. Plus de neuf demandes sur dix sont satisfaites, remarque la Cour, qui doute de la fiabilité des enquêtes administratives diligentées au préalable.
L’aptitude professionnelle des demandeurs de la carte ne lui apparaît pas suffisamment enquêtée – malgré des risques de fraude avérés dans le secteur de la formation. La Cour critique en particulier une « appréciation trop indulgente de la moralité » des demandeurs. Des antécédents judiciaires tels que la conduite sans permis, la détention de cannabis, les violences conjugales, l’outrage à personne dépositaire de l’autorité publique ou encore l’escroquerie sont admis.
La Cour a ainsi relevé qu’une personne avait obtenu une carte malgré 31 mentions à son casier dont des faits de violences, d’agression sexuelle ou encore un délit de fuite. Elle s’alarme aussi des risques de fraude pesant sur les agents du CNAPS : en 2017, l’un d’eux aurait ainsi modifié contre rémunération des extractions de fichiers de police d’antécédents judiciaires. Dans sa réponse à la Cour, le CNAPS précise qu’il s’agit d’un cas « unique » parmi les 384 agents recrutés depuis 2012.
« Manquements déontologiques »
Pour compléter la sévérité de son constat, la Cour regrette le faible pouvoir disciplinaire du CNAPS, notamment parce qu’il ne s’applique pas aux entreprises et aux administrations qui passent des marchés avec les sociétés de sécurité privée et qui parfois incitent à des pratiques frauduleuses.
Quant aux prestataires sanctionnés, un tiers des entreprises interdites temporairement d’exercer « poursuivaient leur activité » en 2017 (ce qui pourrait changer, compte tenu de la mise en place d’une incrimination pénale en cas de non-respect de l’interdiction). Et moins d’un tiers des sanctions financières infligées entre 2012 et 2016 ont été recouvertes. En cas de manquement grave relevé, les signalements au parquet demeurent quasi nuls. C’est un « obstacle majeur à [l’]assainissement [du secteur] », assène la Cour.

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                Le port d’arme par des agents de sécurité privée encadré par la loi



Les magistrats critiquent enfin « les manquements déontologiques » des commissions disciplinaires du CNAPS, dans lesquelles siègent des représentants du secteur, même en cas de conflit d’intérêts avec les personnes mises en cause. « Trois contrôleurs du CNAPS ont fait l’objet d’un avertissement pour avoir diligenté un contrôle dans un centre de formation (…) afin de régler un différend personnel », s’alarment les magistrats qui, à l’issue de leur rapport, considèrent nécessaire de mener une « réflexion » sur l’avenir du CNAPS.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Le journaliste Akram Al-Ahmad, habitant d’Idlib, dénonce un « scénario à la Grozny » dans la région du nord de la Syrie encore aux mains de l’opposition.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

« Le régime syrien veut assiéger Idlib comme il l’a fait à Alep »

Le journaliste Akram Al-Ahmad, habitant d’Idlib, dénonce un « scénario à la Grozny » dans la région du nord de la Syrie encore aux mains de l’opposition.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 15h43
    |

            Hélène Sallon








                        



   


Journaliste de profession, Akram Al-Ahmad a fondé le Syrian Press Center (SPC), un centre de formation au journalisme qui a permis de former plus de 450 journalistes en Syrie en sept ans, grâce notamment à des fonds de certains Etats européens. Habitant d’Idlib, une région encore aux mains de l’opposition dans le nord de la Syrie, Akram Al-Ahmad a été témoin de l’offensive lancée par le régime depuis décembre 2017. Un véritable déluge de feu s’abat depuis le 4 février sur la province, avec des bombardements qui ont fait des dizaines de morts. Onze cas de suffocation ont été rapportés à Saraqeb, les habitants et des médecins sur place faisant état d’un « gaz toxique » répandu sur la ville, probablement de la chlorine, une arme utilisée à de multiples reprises par le pouvoir syrien. De passage en France, Akram Al-Ahmad alerte sur la situation à Idlib.
Que cherche à faire le régime syrien dans la région d’Idlib ?
C’est le scénario à la Grozny. Ils veulent tout détruire pour, ensuite seulement, parler du cadre politique. La trêve d’Astana n’a jamais été mise en œuvre. Pendant la conférence de Sotchi aussi, ils ont continué à bombarder, moins, mais ils bombardaient. Puis ça s’est à nouveau intensifié. Le chef de la base militaire russe de Hmeimim a dit, à Sotchi, qu’ils frappaient les « terroristes ». C’est un mensonge. Ils bombardent tout, leurs frappes ne sont pas du tout ciblées. Des gens meurent chaque jour. Certains avaient même passé des trêves locales avec les Russes, qui n’ont pas été respectées.
Depuis le début de leur offensive, en octobre 2017, le régime a avancé depuis Hama en direction d’Idlib, en évitant la zone où se trouve Daech. Il ne les attaque pas. En quelques mois, non seulement le régime, mais aussi Daech, a gagné du terrain sur l’opposition. Daech avance en parallèle du régime, vers le nord également. Dans le mois qui s’est écoulé, le régime a repris 110 villages et Daech 70 villages. Plus de 350 000 personnes ont été expulsées des poches prises par le régime. Chaque jour, des gens affluent vers Idlib. Il n’y a que 5 % de la population présente à Idlib qui en est réellement originaire.

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Quelle est, selon vous, la stratégie du régime ?
Il y a 5 000 soldats loyalistes qui sont encerclés à Kefraya et Foua [deux localités chiites au nord d’Idlib]. Le régime avance en direction de ces deux villages depuis le sud et depuis Lattaquié. Il ne va pas attaquer directement la région d’Idlib, car ce sont des zones montagneuses qui sont difficiles à prendre. Ils cherchent à l’assiéger et à l’isoler de la frontière turque. Trois millions de personnes vont être victimes de ce siège. Le scénario d’Alep va se répéter. En parallèle, Daech avance. Le régime va les utiliser pour faire un passage vers Idlib et les laisser attaquer la ville. S’il y a une trop forte réaction internationale, ils peuvent sortir la carte de l’Etat islamique à Idlib pour justifier leur siège.
Le problème est que les groupes de l’opposition sont divisés. Même au sein de Tahrir Al-Cham, il y a des divisions. Les forces de l’opposition ont 5 500 soldats (un tiers Jabhat Al-Nosra, ancien nom du groupe lié à Al-Qaida, et deux tiers de l’Armée syrienne libre) face à 100 000 hommes du régime. L’Armée syrienne libre a refusé de participer à la bataille, mais plus de 50 000 manifestants sont descendus dans les rues pour leur demander d’intervenir. Ils ont participé aux combats deux jours, puis ont arrêté. Les civils se mobilisent pour constituer des troupes de résistance, comme à Saraqeb, où 3 500 hommes se sont mobilisés, tandis que les familles ont fui vers le nord.

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La région d’Idlib est sous la coupe d’un autre groupe djihadiste lié à Al-Qaida, Tahrir Al-Cham. Quelles sont les relations entre ce groupe et la population ?
Ses soutiens populaires ont diminué, car il n’a pas participé aux combats de manière efficace et a fait des erreurs vis-à-vis des civils. Il y a eu des arrestations et des pressions sur les organisations de la société civile comme les conseils locaux, les journalistes. Il a essayé de créer des institutions parallèles avec un gouvernement provisoire. Les conseils locaux ont refusé d’en dépendre. Il a instauré des « conseils de la choura » dans tous les villages, mais ils n’ont pas été efficaces, ainsi que des écoles, mais ça n’a pas fonctionné. Les gens continuent d’envoyer leurs enfants dans les écoles où les professeurs sont des fonctionnaires payés par le régime. Une partie va même dans les zones du régime pour passer les examens.
Tahrir Al-Cham a essayé de créer un centre médiatique parallèle, mais rares sont les journalistes qui l’ont rejoint. Les autres ne peuvent pas couvrir les zones sous leur contrôle. Tous ceux qui parlent de sujets comme le financement, le pouvoir et les dirigeants sont arrêtés pour actes de trahison. La population manifeste régulièrement contre Tahrir Al-Cham et la corruption. Des manifestations ont encore eu lieu vendredi.
Le régime a aidé Jabhat Al-Nosra et Daech. Il leur a livré des casernes sans se battre. Des transporteurs du régime sont liés au commerce du blé et du pétrole de Tahrir Al-Cham. Depuis le début, l’opposition dit que Daech a été fabriqué par le régime. Il a formé Al-Qaida pour attaquer les Etats-Unis en Irak et en Syrie dans les années 2000. Le premier étage de la prison de Sednaya était réservé aux islamistes qui avaient un traitement de faveur. C’était une pouponnière d’islamistes d’où sont sortis les dirigeants actuels de Daech, de Jaïch Al-Islam, de Jabhat Al-Nosra. Le régime les a libérés au début de la révolution pour faire passer la révolution pour une lutte islamiste. Ces groupes ont reçu des armes lourdes et de l’argent. Le régime leur a laissé Rakka avec des banques remplies d’argent.
Quel message portez-vous au public français que vous rencontrez ?
Je veux faire connaître le mouvement civil et démocratique en Syrie, qui est totalement absent des médias et de la tête des gens. Tous pensent que Idlib, ce n’est que Daech et Tahrir Al-Cham. On ignore qu’il y a une importante société civile : des conseils locaux, des organisations non gouvernementales. Il y a une confrontation permanente avec Tahrir Al-Cham. A Idlib, 600 notables et intellectuels ont constitué le Conseil politique, élu leur direction, qui s’est opposée à Tahrir Al-Cham à de nombreuses reprises. La multiplication des pouvoirs du fait de la guerre fragilise la société civile et la met en danger.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Le 6 février 1918, la loi autorisait les femmes à voter au Royaume-Uni. Avec cet anniversaire, le pays célèbre le mouvement féministe fondé par Emmeline Pankhurst.
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Il y a cent ans, la victoire des suffragettes britanniques

Le 6 février 1918, la loi autorisait les femmes à voter au Royaume-Uni. Avec cet anniversaire, le pays célèbre le mouvement féministe fondé par Emmeline Pankhurst.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 16h08
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 18h23
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            
La célébration du centenaire de la loi donnant le droit de vote aux femmes britanniques devait passer inaperçue : un anniversaire de plus sur un sujet considéré depuis longtemps comme un acquis. Mais le mouvement #metoo, l’immense impact de l’affaire Weinstein et la vague de dénonciations du harcèlement sexuel ont donné une brûlante actualité aux batailles qui ont permis la spectaculaire conquête démocratique arrachée à Westminster voilà tout juste cent ans.
Un acquis partiel
Le 6 février 1918, le roi George V promulgue le « Representation of the People Act », loi ouvrant le droit de vote aux femmes aux élections nationales. Historique, la date ne marque pourtant qu’un acquis partiel : seules sont concernées les femmes âgées de plus de 30 ans, propriétaires ou femmes de propriétaire. Les hommes, eux, jusqu’alors soumis au vote censitaire, obtiennent de pouvoir voter sans condition de statut social à partir de 21 ans, 19 s’ils sont militaires. La loi maintient alors une différence d’âge entre les sexes pour s’assurer que les hommes, à la suite de l’hécatombe de la guerre, ne deviennent pas minoritaires dans le corps électoral. Seules 40 % des femmes britanniques accédèrent alors à la pleine citoyenneté. Elles obtiendront l’égalité électorale en 1928, seize ans avant les Françaises.
La conquête législative de 1918 est-elle une conséquence de l’implication généralisée des femmes dans l’effort de guerre ou une victoire directe des suffragettes ? « La guerre a fourni un argument à opposer aux dinosaures de la politique qui refusaient encore aux femmes le droit de vote : elles avaient été d’une grande utilité, à la fois sur le front domestique et dans les usines d’armement. La preuve était faite qu’elles pouvaient exercer toutes sortes de fonctions, explique Helen Pankhurst, 53 ans, arrière-petite-fille d’Emmeline Pankhurst, fondatrice du mouvement en 1903 et elle-même militante féministe. Le paradoxe est que les femmes qui ont obtenu le vote...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Sony, Microsoft, Blacknut... De plus en plus d’entreprises proposent des services de jeux similaires à Netflix ou Spotify. Ce qui pourrait devenir demain leur principal mode de consommation.
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Après la vidéo et la musique, l’avenir du jeu vidéo promis au streaming

Sony, Microsoft, Blacknut... De plus en plus d’entreprises proposent des services de jeux similaires à Netflix ou Spotify. Ce qui pourrait devenir demain leur principal mode de consommation.





Le Monde
 |    06.02.2018 à 15h16
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 18h16
    |

            William Audureau





« Pour 15 euros par mois, on donne accès à 200 jeux. C’est honnête », se félicite Oscar Barda, directeur éditorial de Blacknut. Cette start-up rennaise a inauguré son service de jeu en streaming mi-janvier, et vise 300 000 utilisateurs en France d’ici à 2020.
Blacknut est loin d’être seul sur ce marché émergent : des géants du secteur, comme Sony, Microsoft ou Nvidia, ont lancé ces dernières semaines leurs propres offres en abonnement. Le début d’une révolution ? « D’ici trois ou quatre ans, cela représentera 50 % du marché », pronostique Thomas Grellier, directeur associé et cofondateur de l’Ecole de management des industrices créatives (EMIC).
Le jeu en streaming, sur abonnement, ou « Netflix du jeu vidéo » pour les amateurs de raccourcis, c’est le leitmotiv actuel de l’industrie. Si la réalité virtuelle avait ses évangélistes et ses sceptiques, ce nouveau mode de consommation fait, lui, l’unanimité. Même les éditeurs pour l’instant absents de ce type d’offre y réfléchissent, à l’image du puissant éditeur français Ubisoft, qui possède déjà sa propre plateforme de distribution dématérialisée, Uplay. « Le streaming a un potentiel important de “nouvelle démocratisation” du jeu vidéo, confirme Emmanuel Carré, porte-parole d’Ubisoft, et notre rôle est d’être là où les joueurs sont. »
En retard sur la musique et la vidéo
Forfait mensuel, jeux illimités : ce nouveau type d’offre s’affirme comme une évolution naturelle pour le dixième art. « Aujourd’hui, la tendance n’est plus à la possession mais à l’utilisation, souligne Thomas Grellier. La vidéo à la demande est déjà à l’abandon, la vidéo sur abonnement a pris le relais avec Netflix et OCS, pareil pour la musique avec Deezer et Spotify. Que le jeu vidéo s’y convertisse est tout sauf une surprise : c’est désormais le modèle dominant. »
« Il y a deux ans, c’était inexistant »
Pour l’instant, le marché est encore embryonnaire. Blacknut a recruté 1 000 abonnés en France en quinze jours. Ni Sony ni Microsoft ne communiquent de chiffres, mais l’éditeur indépendant français Focus Home Interactive, qui fait 60 % de son chiffre d’affaires avec le dématérialisé, observe que l’offre de streaming de Sony représente désormais « une part non négligeable, et que l’on voit monter » de ses revenus. Elle est encore marginale, « mais il y a deux ans, c’était inexistant », rappelle Cédric Lagarrigue, son président.
D’habitude avant-gardiste, l’industrie est pour l’instant en retard sur ses cousines. La faute à son actuelle bonne santé. « La musique et la vidéo ont connu la crise, elles ont été obligées de changer de modèle économique. Le jeu vidéo, lui, est en plein pic », assure Thomas Grellier. Les raisons sont également techniques : la taille des fichiers informatiques, l’attachement des consommateurs à la qualité de la définition d’image et l’importance cruciale du temps de réaction ont également fait du jeu vidéo un des produits les plus techniquements exigeants à transvaser en streaming.
Le coup de pouce du big data et de l’IA
Ces dernières années, les infrastructures ont progressé. Côté puissance de calcul, les besoins du big data et de la recherche en intelligence artificielle ont poussé les fournisseurs de serveurs (comme Amazon, Google ou Microsoft) à équiper leur matériel en cartes graphiques pour plus d’efficacité – une évolution qui bénéficie directement au streaming de jeu vidéo, explique Oscar Barda.
Côté tuyaux, les géants des télécoms commencent à évoquer le lancement de la 5G en Occident, la fibre se déploie à vitesse grand V en Asie du Sud-Est, et l’accès à l’Internet mobile en Afrique progresse très vite. « Quand le haut débit sera démocratisé dans le monde, et ça va vite, ce ne sont plus 500 millions de joueurs PC ou consoles que l’on comptera, mais des milliards, que l’on pourra désormais toucher avec une simple télé connectée, » s’enthousiasme Cédric Lagarrigue.  
Les grands groupes savent que la grande heure du jeu vidéo par abonnement n’est pas encore arrivée, mais s’y préparent méticuleusement. Sony a misé dès 2012 sur le streaming en rachetant l’entreprise Gaikai, et attendu 2017 pour lancer en France une première offre commerciale, le PS Now, aux allures de ballon d’essai. « C’est encore les débuts, le balbutiement. Sony et Microsoft essaient de respecter un calendrier, et y vont étape par étape », prévient Cédric Lagarrigue. Microsoft n’en est pas encore à l’étape streaming. « Pour que les consommateurs en profitent, il faut du haut débit, et tout le monde n’est pas encore assez équipé, notamment aux Etats-Unis. Mais on est dans les starting-blocks », explique Hugues Ouvrard, président de Xbox France.
Boycott des boutiques physiques
En coulisses, la plupart des acteurs voient d’un bon œil le passage à un modèle tout dématérialisé.  « C’est très rémunérateur, décrypte Thomas Grellier. Cela fait sauter plein de verrous liés à la distribution physique, comme les coûts de fabrication et de distribution. Et cela permet de réaliser le rêve des éditeurs, qui est de se passer du retail, ce qui augmente immédiatement la marge de 30 à 40 %. »
La possibilité, en passant, de tuer le marché de l’occasion, qui dérange tant les éditeurs. Les gérants de boutiques spécialisées, qui se rémunèrent principalement sur la revente de jeux d’occasion, ont bien compris les dangers de ce type d’offre : en Autriche et en Angleterre, plusieurs magasins ont décidé en janvier de boycotter la Xbox One, après l’intégration des nouveautés dans le Game Pass de Microsoft.
« D’ici deux ou trois ans, il y aura déjà des morts »
Le jeu en streaming préfigure un avenir dans lequel les points de vente seraient inutiles, et même les consoles, facultatives. L’objectif, à terme, devrait moins être d’écouler des machines que de vendre des abonnements. « On envisage le jeu vidéo de la manière la plus large possible, du PC au mobile. A terme, on doit être plateforme-agnostique, sans sacrifier la console, où sont les gameurs », précise Hugues Ouvrard.
A terme, leurs concurrents ne s’appellent plus forcément Nintendo ou Apple, mais Amazon et Facebook, qui ont multiplié ces dernières années les investissements en matière de jeux vidéo. « C’est excitant en ce moment parce qu’il y a beaucoup de mouvement. On assiste à une course pour être le premier, mais d’ici deux ou trois ans, il y aura déjà des morts », prévient Oscar Barda.
Convaincre les éditeurs
Le nerf de la guerre ? Le catalogue. Le monde du streaming repose sur un modèle économique radicalement différent de la vente classique à l’unité, celui du pool split. Le chiffre d’affaires global généré par les abonnements est reversé pour partie au propriétaire du service pour couvrir ses frais de fonctionnement (marketing, serveurs, etc.), pour l’autre aux détenteurs des droits, généralement en fonction du nombre de minutes jouées.
Pour l’instant, difficile de convaincre les éditeurs de rejoindre des offres à l’audience encore limitée, alors que leurs blockbusters génèrent plusieurs millions d’euros de chiffre d’affaires en vente à l’unité. C’est pourquoi leurs services restent pour l’instant surtout composés de jeux déjà sortis depuis un ou deux ans, ou dont le modèle économique repose sur le nombre d’utilisateurs actifs et les microtransactions, comme c’est souvent le cas dans l’e-sport.
Il arrive toutefois que Sony ou Microsoft déboursent une somme rondelette – plusieurs millions d’euros – pour s’assurer l’exclusivité de quelques blockbusters bankables, comme Resident Evil 6 ou Red Dead Redemption, à même de recruter de nouveaux abonnés. Et à terme, les nouveautés des éditeurs telles que FIFA ou Call of Duty pourraient rejoindre ces offres, comme c’est désormais déjà le cas pour les jeux maison de Microsoft. « Les grands éditeurs observent ce qui va se passer au lancement de nos titres. On montre l’exemple », assume Hugues Ouvrard. 
Des offres qui se cherchent
Pour l’industrie, la principale question est celle du prix de l’abonnement. L’offre PS Now a été lancée à 17 euros, 70 % plus cher que les autres services en streaming comme Netflix, Spotify, OCS ou Deezer, qui fonctionnent sur un système quasi identique. Thomas Grellier n’exclut pas l’arrivée, à terme, d’offres premium permettant d’accéder à toutes les dernières nouveautés.
L’objectif est notamment de réussir à financer de grosses productions, comme Netflix s’y emploie. Sauf qu’en jeu vidéo, celles-ci peuvent coûter 50, 70 voire 100 millions d’euros. « Dans le jeu vidéo, les coûts de production sont énormes : faire un jeu, ça coûte bien plus que faire un album, argue le président de Focus. C’est pourquoi il va y avoir du tatonnement pour trouver le bon modèle. » 
A 15 millions de dollars (12 millions d’euros) en moyenne par épisode – un record –, la saison 8 de Game of Thrones devrait coûter environ 90 millions de dollars à la chaîne HBO. A lui seul, le dernier épisode de Grand Theft Auto en a nécessité 265 millions, et la facture augmente à chaque nouvelle console.




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Dans le sillage de Wall Street, les Bourses européennes dans la tourmente, mardi

Après le décrochage de Wall Street lundi, la panique a gagné mardi les places boursières européennes.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 09h56
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 18h22
   





                        


Après le décrochage de Wall Street lundi et des places boursières asiatiques, les principales Bourses européennes ont terminé en forte baisse mardi 6 février. A New York, le marché était très volatil à l’ouverture, la Bourse hésitant sur la direction à prendre.
Les marchés sont rendus nerveux par des craintes d’accélération de l’inflation et de durcissement des politiques monétaires des grandes banques centrales.
Wall Street repasse dans le vert
Mardi, après avoir perdu plus de 2 % à l’ouverture, le Dow Jones est repassé dans le vert en début de séance. Le Nasdaq, à forte coloration technologique, s’appréciait de 0,53 % à 7 004,27 points. Les indices, qui fluctuaient déjà fortement dans les échanges électroniques précédant l’ouverture de la séance officielle, ont continué à alterner entre baisse et hausse à l’ouverture avant de s’ancrer du côté positif.
Forte baisse des Bourses européennes et asiatiques
A Paris, après une ouverture en forte baisse (– 3,43 %), la Bourse a fini la journée dans le rouge (– 2,35 %). L’indice CAC 40 a cédé 124,02 points à 5 161,81 points dans un volume d’échanges particulièrement étoffé de 7,9 milliards d’euros. La veille, il avait déjà fini en nette baisse de 1,48 %, à son plus bas niveau de l’année.
A Francfort, le DAX cédait 3,58 % à l’ouverture et a terminé en net repli (– 2,32%) rectifiant le plongeon matinal mais continuant son mouvement de correction.
Quant au marché britannique, il a aussi terminé en forte baisse de 2,64 % après un démarrage en chute libre de 3,5 %. L’indice FTSE-100 des principales valeurs a perdu 193,58 points à 7 141,40 points, soit une sixième séance de baisse consécutive.
« L’Europe se retrouve face à une vague rouge après le bain de sang sur les marchés américains », et ce « moins de deux semaines après un sommet historique » atteint par Wall Street, avance Jasper Lawler, analyste chez London Capital Group.
L’affolement a aussi gagné les places chinoises. Les pertes, mardi, sont les pires subies depuis août 2015, et la dévaluation du yuan a suscité des craintes sur la solidité de l’économie chinoise.
Le détonateur : lundi, la crainte de l’inflation fait décrocher Wall Street
A Wall Street, l’euphorie boursière de ces derniers mois a, lundi, cédé la place à la crainte d’une spirale baissière. Le Dow Jones a drastiquement chuté après plusieurs mois d’euphorie boursière. L’indice vedette de la place new-yorkaise a chuté de 4,6 % lundi, sa plus forte baisse depuis août 2011.

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Commencée la semaine dernière, la débâcle a été déclenchée par un regain de nervosité des investisseurs face à la hausse des taux d’intérêt. L’annonce d’une augmentation significative des salaires en janvier aux Etats-Unis, si elle est une bonne nouvelle pour l’économie américaine, a en effet ravivé, vendredi 2 février, les craintes d’inflation et la possibilité de voir la banque centrale relever plus rapidement que prévu ses taux.
Cette correction de la Bourse américaine était attendue de longue date par de nombreux observateurs, les indices ayant enchaîné les records ces derniers mois. Donald Trump s’en est souvent félicité dans des tweets ou dans ses interventions publiques et en avait fait un de ses arguments favoris pour séduire les milieux d’affaires lors du dernier forum économique de Davos en Suisse.
Lundi, la Maison Blanche a, dans un communiqué, assuré « être toujours inquiète quand le marché perd de la valeur ». Mais un porte-parole de la présidence, mettant en avant « la fluctuation des marchés à court terme », a un peu plus tard rappelé que l’économie américaine restait « très solide » et « allait dans le bon sens ». Le taux de chômage aux Etats-Unis est actuellement au plus bas depuis dix-sept ans et la croissance du PIB s’est établie en 2017 à 2,3 %.



                            


                        

                        


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« J’ai beau faire de l’immobilier, je reste une ex-actrice porno »

Après plusieurs centaines de scènes, certains acteurs de films X tentent de changer de voie, mais à une époque où le droit à l’oubli leur est encore interdit, leur parcours est souvent tributaire du regard des autres.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 12h40
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 17h12
    |

            Feriel Alouti








                        



                                


                            
Pendant des années, ils se sont dévêtus face caméras. « Comme dans la vie », ils ont joui, ils ont simulé aussi. Ils ont exhibé leur corps et leur sexe. Ils ont joué l’être humilié, violent, masochiste, pervers ou bien candide. Puis un jour, ils ont voulu se « rhabiller », comme ils disent. Pour l’amour d’un homme, plus rarement d’une femme. Parce que l’industrie du porno, bousculée par l’essor du streaming et des vidéos amateurs, n’offre plus les mêmes opportunités – « moins de films, de plus en plus de filles, de moins en moins bien payées », résume une ancienne. Par lassitude, également. Et aussi, parce que passé 40 ans, le carnet d’adresses se réduit inexorablement.
Mais que faire ? Et comment le faire quand l’image est à tout jamais classée X, à l’instar de l’ancienne actrice Clara Morgane ? Elle a eu beau quitter l’industrie du film pour adultes, il y a plus d’une décennie après une carrière éclair, certains univers lui semblent toujours interdits. Si bien qu’il reviendra aux tribunaux de dire, mardi 6 février, si son nom sulfureux peut être associé à une marque de champagne, la maison Charles de Cazanove, son descendant direct estimant cette idée tout à fait « scandaleuse ».
Une affaire qui vient rappeler à quel point « faire du porno est un suicide social », résume, sans ambages, Ovidie, ex-actrice et auteure de « Rhabillage », un reportage sur la reconversion professionnelle des anciens acteurs, diffusé en 2011 dans l’émission « Envoyé spécial ». La réalisatrice se souvient de cette époque révolue du « secret partagé », lorsque les amateurs de porno se sentaient « aussi coupables que nous de nous reconnaître », après avoir loué leur VHS ou profité de leur abonnement Canal+. Aujourd’hui, « avec le streaming, c’est très facile de se transmettre une vidéo », et encore plus difficile de se faire oublier.
Femme de ménage et aide-soignante
Après « un bon millier de films »,...




                        

                        


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Quatre ans de prison requis contre Jawad Bendaoud, le logeur des terroristes du 13-Novembre

Le procureur a requis une peine de prison ferme contre le logeur, qui avait abrité deux terroristes dans un appartement de Saint-Denis.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 15h24
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 15h57
   





                        



   


Après deux semaines de débats, le procès de Jawad Bendaoud touche à sa fin. Mardi 6 février, le procureur a pris la parole pendant plus d’une heure pour requérir une peine de prison de quatre ans contre l’homme accusé d’avoir abrité deux terroristes ayant pris part aux attentats du 13 novembre 2015. M. Bendaoud, jugé pour « recel de malfaiteurs terroristes », encourt une peine maximale de six ans de prison, et une amende de 90 000 euros.

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Les tueurs du 13-Novembre étaient dix : trois au Bataclan, tués sur place ; quatre au Stade de France, dont Salah Abdeslam, actuellement jugé à Bruxelles ; et trois qui avaient tiré sur des terrasses de café au cœur de Paris. Deux hommes de ce dernier commando avaient pu s’enfuir : Abdelhamid Abaaoud – pour les policiers, le cerveau des attentats – et Chakib Akrouh. Ce sont eux que Jawad Bendaoud avait logés à Saint-Denis.
Le jeune homme de 31 ans avait connu une pénible heure de gloire télévisuelle durant le siège de l’appartement de Saint-Denis par le RAID, le 18 novembre 2015.
Une condamnation à quatre ans d’emprisonnement a été requise contre le voisin de box de M. Bendaoud, Mohamed Soumah, qui avait joué les intermédiaires. Le ministère public a également requis cinq ans de prison contre le seul des trois prévenus à ne pas être en détention provisoire, Youssef Aït-Boulahcen, 25 ans, accusé de non-dénonciation d’acte de terrorisme. L’audience est suspendue, elle reprendra plus tard avec les plaidoiries de la défense.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Le cofondateur de WikiLeaks vit reclus dans l’ambassade équatorienne de Londres depuis plus de cinq ans. En cas d’arrestation, il craint d’être extradé aux Etats-Unis.
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La justice britannique maintient son mandat d’arrêt contre Julian Assange

Le cofondateur de WikiLeaks vit reclus dans l’ambassade équatorienne de Londres depuis plus de cinq ans. En cas d’arrestation, il craint d’être extradé aux Etats-Unis.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 15h54
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 18h16
   





                        



   


Julian Assange devra encore rester confiné dans l’ambassade équatorienne de Londres, dans laquelle il vit depuis plus de cinq ans. Mardi 6 février, la justice britannique a écarté le premier des quatre arguments avancés par la défense de Julian Assange pour obtenir la levée du mandat d’arrêt à son encontre. Elle se prononcera à nouveau sur le maintien du mandat d’arrêt mardi 13 février. En attendant, s’il met le pied dehors, le cofondateur de WikiLeaks risque l’arrestation immédiate.
L’Australien, âgé de 46 ans, a trouvé refuge dans cette ambassade en 2012, alors qu’il était recherché par la police suédoise pour des accusations de viol qu’il a toujours niées. L’an dernier, la justice suédoise a classé l’affaire, ce qui n’a pas pour autant suffi à débloquer sa situation. Julian Assange est en effet toujours sous le coup d’un mandat d’arrêt britannique datant de 2012 : à cette époque, il n’avait pas respecté les conditions de sa liberté sous caution. Ses avocats estiment que ce mandat n’a plus lieu d’être, puisqu’il est lié à la procédure suédoise.
Si Julian Assange refuse depuis 2012 de sortir de l’ambassade, ce n’est pas parce qu’il craint de devoir rendre des comptes pour cette affaire de liberté sous caution, relativement mineure. Mais parce qu’il soupçonne les autorités britanniques de vouloir l’extrader vers les Etats-Unis. WikiLeaks avait publié en 2010 des milliers de documents secrets de l’armée américaine. En avril, le ministre de la justice américain, Jeff Sessions, avait assuré qu’arrêter Julian Assange était une « priorité », tandis que le directeur de la CIA avait qualifié WikiLeaks de « service de renseignement non étatique hostile, souvent soutenu par des acteurs étatiques comme la Russie ».
« Si Julian Assange sort de l’ambassade aujourd’hui, il risque une extradition vers les Etats-Unis » a déclaré Jennifer Robinson, une des avocates de WikiLeaks, dans un communiqué :
« Le gouvernement britannique refuse de confirmer ou de nier s’il existe une demande d’extradition, ce qui signifie qu’on ne peut pas être certain qu’il ne sera pas arrêté et extradé s’il sort de l’ambassade. »

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Nationalité équatorienne
En décembre, dans une énième tentative de débloquer la situation, Quito avait octroyé la nationalité équatorienne à Julian Assange, espérant que le Royaume-Uni accepterait de lui reconnaître un statut diplomatique – cela aurait pu lui permettre de quitter l’ambassade sans être arrêté. Ce qui lui a été refusé, et la police britannique en a même profité pour rappeler son intention d’arrêter M. Assange s’il sortait de l’ambassade. En janvier, le président équatorien, Lenin Moreno, a déclaré que la présence de Julian Assange dans l’ambassade était un « problème hérité » de l’ancien président et représentait « plus qu’un tracas ».
Depuis, les avocats de Julian Assange soulignent ses problèmes de santé. Selon eux, le cofondateur de WikiLeaks n’a pas accès aux soins médicaux. Il souffrirait notamment de problèmes aux dents, à l’épaule, mais aussi de dépression.

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                Comprendre la situation de Julian Assange en huit questions


Depuis la création de WikiLeaks et la divulgation des documents secrets de l’armée américaine, Julian Assange est devenu un personnage très controversé. La publication, pendant la campagne présidentielle américaine, de milliers d’e-mails dérobés au Parti démocrate avait déstabilisé une partie de ses soutiens. En diffusant ces documents, M. Assange a en effet été accusé de faire le jeu de Donald Trump et de la Russie, dont les pirates sont soupçonnés d’être derrière le piratage de ces courriels. Julian Assange a toujours nié ces accusations et n’a jamais dévoilé l’origine de ces documents.



                            


                        

                        


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A Nice, l’application sécuritaire Reporty divise les habitants

Testée depuis le 15 janvier, l’appli permet à tout citoyen de dénoncer un délit ou une incivilité en temps réel à la police.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 11h52
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 11h56
    |

                            Paul Barelli (Nice, correspondant)








                        



   


Les Niçois sont particulièrement sensibles aux problèmes d’insécurité. De nombreux habitants demeurent traumatisés par l’attentat du 14 juillet 2016 sur la promenade des Anglais, qui a fait 86 morts. Depuis, l’attente sécuritaire des Niçois reste forte. Christian Estrosi, le maire LR, l’a bien perçu. D’autant que, si la délinquance globale, selon le ministère de l’intérieur, a légèrement diminué à Nice en 2017, les cambriolages ont, eux, augmenté de 17 %.
Depuis 2010, avec la mise en place de 1 000 caméras, le président de la métropole Nice Côte d’Azur multiplie les actions visant à métamorphoser la cinquième ville de France en « laboratoire » de la lutte contre la délinquance. Nice, cité la plus vidéosurveillée de France (1 962 caméras quadrillent les rues, soit 27 au km2), dispose de la plus importante police municipale de France : 414 policiers.

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Après avoir décidé d’expérimenter le déploiement de policiers, non armés, dans trois écoles de la cité azuréenne dès le mois de mars, Christian Estrosi a été un cran au-dessus. Baptisée Reporty, cette application pour mobiles développée en Israël par la start-up de l’ancien premier ministre Ehoud Barak permet à tout citoyen d’être en lien audio et vidéo avec le centre de supervision urbain (le CSU) de la police municipale afin de « dénoncer » en temps réel une incivilité, une infraction, un délit, dont il serait témoin.
« Atteinte à la vie privée »
« Dénoncer un délit, ce n’est pas de la délation », a estimé Christian Estrosi, qui envisage le déploiement à grande échelle de cette application, testée pendant deux mois par 2 000 personnes volontaires : des agents de la ville de Nice, des comités de quartier.
« Nous dénonçons un risque de délation généralisée et une atteinte grave à la vie privée », ont martelé les membres du collectif anti-Reporty, lundi 5 février. Les opposants de gauche à l’application – un front qui réunit du PS aux Insoumis en passant par Tous citoyens, la CGT et le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) – ont annoncé leur intention de saisir le Défenseur des droits pour mettre un frein à « la dérive sécuritaire de Christian Estrosi ». La CNIL (Commission nationale informatique et libertés) va être saisie par le collectif.
De leur côté, de nombreux Niçois ne semblent pas être hostiles à cette application : « Avec le terrorisme, toute mesure qui permet de renforcer la sécurité me paraît souhaitable. A condition de ne pas attribuer cette application à n’importe qui », confie un retraité niçois de 72 ans.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Cerné par les affaires, le président est poussé à la démission par une frange grandissante de son parti. L’étau se resserre mais l’intéressé s’accroche.
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Décryptage

En Afrique du Sud, un problème nommé Jacob Zuma

Cerné par les affaires, le président est poussé à la démission par une frange grandissante de son parti. L’étau se resserre mais l’intéressé s’accroche.

Jean-Philippe Rémy (Johannesburg, correspondant régional)
    



LE MONDE
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        Le 06.02.2018 à 17h50

     •
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        Mis à jour le 06.02.2018 à 18h35






    
Le président sud-africain, Jacob Zuma, lors de la conférence nationale de l’ANC, le 16 décembre 2017, à Johannesburg.
Crédits : Siphiwe Sibeko / REUTERS


En une après-midi, mardi 6 février, c’est comme si le président sud-africain avait pris deux coups de feu (politiques) en pleine poitrine. Le premier a été tiré par la présidente de l’Assemblée, Baleka Mbete, qui fut l’une de ses fidèles, lorsqu’elle a annoncé in extremis que le discours sur l’état de la nation n’aurait pas lieu, comme prévu, jeudi.
Certes, Jacob Zuma avait semble-t-il décidé lui aussi de jeter le gant et écrit au Parlement pour demander le report, mais il tenait beaucoup à ce discours pour s’agripper à un pouvoir qu’on tente de lui faire lâcher. Il ne pourra pas déployer devant son pupitre les notes qu’il sait si bien donner l’impression de découvrir en même temps que l’auditoire et prononcer d’un ton monocorde la série de lieux communs qu’il réserve aux circonstances similaires.
Entre résistance et nuisance
Ni le fond ni la forme n’ont d’importance pour lui. Ce discours était un défi symbolique à ses ennemis, ceux qui, au sein du Congrès national africain (ANC), s’efforcent de le pousser à la démission. Son adversaire, Cyril Ramaphosa, a déjà pris le contrôle du parti lors de la conférence nationale de décembre 2017. Depuis, on tente de le pousser dehors, avec courtoisie mais fermeté. En pure perte. Mais cette fois, le ton est en train de changer.
Tout autre que lui, du reste, aurait sans doute cédé à la pression, reconnu sa défaite tant qu’il en était encore temps et quitté ses fonctions, dévoyées par d’innombrables scandales, avec encore quelques honneurs et un traitement d’ex-chef d’Etat. Mais Jacob Zuma s’y refuse. Il est devenu un curieux objet politique. Il ne lui reste qu’une seule forme amoindrie de pouvoir, entre résistance et nuisance, et il en use de toutes ses forces.

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Abandonner ? Une délégation émanant des « top six » (les six du sommet), les dirigeants de l’ANC, est venue dimanche soir lui suggérer une forme de départ en souplesse. Elle s’est heurtée à un mur. Le commanditaire de l’opération, Cyril Ramaphosa, le nouveau président de l’ANC, espérait voir se conclure son approche graduelle, visant à pousser sans heurts à la démission le chef de l’Etat en exercice afin de réorganiser le parti, lui redonner espoir et lustre et être fin prêt pour les élections générales de la mi-2019.
Jacob Zuma n’entend pas ce langage-là. Il a assuré à ses visiteurs du dimanche soir que le pays l’« adore ». Puis il a formulé des craintes au sujet d’une menace « contre-révolutionnaire ». C’est la langue de bois qui a fait son retour en force dans les documents de l’ANC, ces dernières années. Les « impérialistes ne désarment pas », est-il gravement précisé dans le dernier document de politique du parti. Pour Jacob Zuma, il ne fait aucun doute que leur agent se nomme Cyril Ramaphosa.
Chaque jour gagné est une victoire
Le président Zuma fait semblant de le combattre. En réalité, il ne se bat que pour lui-même, avec la dague de ses poursuites judiciaires dans le dos. Le jour où il cessera d’être président, son immunité tombera. Il y a les 783 chefs d’accusation dans le cadre du scandale de vente d’armes des années 1990, où est impliquée la société française Thales, alors nommée Thomson-CSF. Il y a une procédure examinant le processus de « capture d’Etat » qui a vu le pillage des sociétés publiques au profit des Gupta, une famille d’origine indienne. Avant fin février, le premier de ces dossiers menace d’avancer et de rapprocher Jacob Zuma de poursuites.
Jusqu’ici, il a tenu bon à son poste grâce à un soutien important au sein de l’ANC. Avec ses alliés en nombre dans les instances du parti et dans les services de renseignement, il pouvait résister. Il avait aussi, pour durer, une forme d’arme sale : diviser autant que possible l’ANC, au risque de lui faire tout perdre, à commencer par les élections de 2019. Plus l’ANC est divisée, chaotique, belliqueuse, plus Jacob Zuma peut s’accrocher à sa fonction. Jusqu’à quand ? Chaque jour gagné est une victoire. Après lui le déluge.

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Cela a fonctionné. L’ANC est séparée entre deux factions et donne désormais en spectacle ses divisions. Des échanges de coups ont eu lieu lundi entre des pro-Zuma et des pro-Ramaphosa, choquant profondément la nation sud-africaine, devant le siège du parti de Nelson Mandela, Walter Sisulu et Oliver Tambo, à Johannesburg. Pour ce genre de militantisme, Jacob Zuma peut compter sur l’organisation Black First Land First, un groupuscule lié à la famille Gupta.
Les pro-Ramaphosa, de leur côté, ont hué, traité de « voleur » et de « vendu » (une insulte de l’époque de la lutte contre l’apartheid, signifiant en somme « collabo », pour désigner les Noirs travaillant en secret pour le pouvoir blanc) Ace Magashule, le secrétaire général de l’ANC. Ce dernier était jusqu’ici le plus imperturbable des soutiens de Jacob Zuma dans le « top six », avec son adjointe, Jessie Duarte. Cette dernière vient de lâcher le chef de l’Etat. C’est deuxième coup de fusil du mardi noir de Jacob Zuma.
Stratégie jusqu’au-boutiste
Depuis l’affront de dimanche fait aux visiteurs du soir, une escalade est en cours. Mercredi, le Comité national exécutif (NEC), l’organe le plus puissant de l’ANC, doit se réunir en urgence pour aborder le cas Zuma et son éventuel « rappel » (demande de démission). « Le NEC est en mesure de rappeler n’importe lequel de ses membres », a déclaré, contre toute attente, Jessie Duarte, avant d’expliquer sa position : « L’incapacité du NEC de prendre une décision [au sujet de M. Zuma] a déjà eu un impact sur les militants de base, créant de la confusion, de l’indécision, et entraînant le genre de scène qu’on a vu dans les rues de Johannesburg hier [la bagarre devant le siège de l’ANC], ce que nous n’accepterons pas. »

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En résumé, les soutiens de Zuma commencent à calculer que sa stratégie jusqu’au-boutiste pourrait les engloutir tous. Si le NEC demande son « rappel », Jacob Zuma obtempérera-t-il ? Placé devant cette situation, son prédécesseur, Thabo Mbeki, avait aussitôt démissionné. Il savait aussi qu’en cas de refus, il serait soumis à une procédure de destitution au Parlement. C’est ce qui guette Jacob Zuma. Une motion de censure contre lui est programmée pour le 22 février. Une autre procédure pourrait être menée au sein du groupe parlementaire ANC. C’est ce dernier qui élit en effet le chef de l’Etat et qui a la capacité légale de le démettre si le NEC le demande.
L’espace se resserre autour de Jacob Zuma. Mais le doute subsiste. En cas d’échec, explique une source interne, les partisans de Cyril Ramaphosa ont pour objectif « de le pousser à la démission avant le mois de juin ». Ils connaissent les ressources de l’homme politique déjà donné pour mort tant de fois qu’il semble presque invincible, politiquement – et insensible aux coups de fusil.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Les deux groupes ne sont pas parvenus à trouver un terrain d’entente sur un nouveau contrat de distribution.
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Orange a reçu une assignation en justice de TF1 pour cesser de diffuser ses chaînes

Les deux groupes ne sont pas parvenus à trouver un terrain d’entente sur un nouveau contrat de distribution.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 16h24
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 17h11
   





                        


Orange a reçu le 1er février une assignation en justice du groupe TF1, qui lui intime l’ordre de cesser de diffuser ses chaînes faute d’avoir signé un nouveau contrat de distribution, annonce l’opérateur mardi 6 février. TF1 s’est refusé à tout commentaire et n’a pas voulu confirmer cette assignation.
Au cœur du contentieux entre les deux groupes figurent les montants réclamés par le groupe audiovisuel et jugés disproportionnés par l’opérateur. Faute d’accord, les discussions entre les deux groupes ont été interrompues le 31 janvier.

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                TF1 demande à Orange de cesser de distribuer ses chaînes, faute d’accord financier



La décision technique de couper le signal des chaînes TF1, TMC, TFX (ex-NT1), TF1 Séries Films (ex-HD1) et LCI sur les box de ses clients incombe à Orange, mais l’opérateur n’a pas précisé s’il se préparait à prendre cette mesure.
TF1 avait annoncé, jeudi, avoir suspendu la fourniture à l’opérateur historique de son service de télévision de rattrapage, ou « replay », MYTF1. TF1 exigeait aussi qu’Orange cesse de commercialiser ses chaînes sur les box de ses clients, estimant que l’opérateur se livrerait à de la « contrefaçon » s’il les diffusait sans disposer de contrat.
Accord trouvé avec SFR et Bouygues Telecom
Le groupe de télévision a engagé un bras de fer avec les opérateurs dès 2016 afin d’obtenir une rémunération pour la fourniture de ses chaînes en clair, qu’il fournissait jusque-là gratuitement. Les opérateurs se sont d’abord opposés en chœur à ce changement, puis se sont dit prêts à négocier avec le groupe de télévision la facturation de services additionnels.
Le poids lourd de la télévision française a réussi à trouver un terrain d’entente avec SFR et Bouygues Telecom (avec lesquels il partage la même maison mère), qui ont accepté de payer pour la diffusion de ses programmes en échange d’une offre enrichie.
Mais les négociations n’ont pas abouti avec Orange, ni avec Iliad, maison mère de Free, ni encore avec Canal+ à ce stade.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Analyse. Le plus grand danger, à long terme, estime le journaliste du « Monde » Damien Leloup, est celui de créer des sociétés habituées à la surveillance de masse permanente, dans laquelle tout libre arbitre disparaît dans les bases de données de quelques entreprises géantes.
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édition abonné


Il faut « interdire la collecte de données personnelles en ligne »

Analyse. Le plus grand danger, à long terme, estime le journaliste du « Monde » Damien Leloup, est celui de créer des sociétés habituées à la surveillance de masse permanente, dans laquelle tout libre arbitre disparaît dans les bases de données de quelques entreprises géantes.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 16h32
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 17h06
    |

            Damien Leloup (Journaliste au "Monde")








                        



                                


                            

Analyse. Que se serait-il passé si, la semaine qui a suivi le naufrage de l’Amoco Cadiz, en 1978, on avait annoncé comme solution pour réguler le problème des marées noires le versement de quelques euros par an aux habitants du Finistère ? C’est, en substance, ce que proposent les auteurs d’une tribune publiée le 4 février dans Le Monde (« Nos “données personnelles” nous appartiennent : monétisons-les ! »), qui arguent que face à la captation des données personnelles et à la place grandissante des algorithmes, il est urgent que chacune et chacun puisse « monétiser » librement ses données personnelles.
C’est un cliché qui, une fois n’est pas coutume, est un peu vrai : les données personnelles sont le « nouvel or noir », la clef de la nouvelle économie... Si, par « or noir », vous entendez une substance dangereuse à laquelle notre économie et nous-même sommes devenus accros, tout en sachant pertinemment que des catastrophes sont à venir. Tout en faisant semblant de croire, à chaque catastrophe, que le pire est derrière nous et qu’il n’y en aura probablement pas d’autre.
Or, des Exxon-Valdez [du nom du pétrolier américain qui répandit 38 000 tonnes de pétrole sur 1 300 km de côtes en Alaska en 1989] de données, il y en a tous les jours. Il ne se passe pas 24 heures sans que l’on apprenne le vol d’une gigantesque base de données, la collecte illégale d’informations médicales ou sur des mineurs par une grande société en ligne, ou l’utilisation de ces données pour débusquer des opposants politiques ou vendre des informations ou des produits frelatés.
Risque de s’habituer à la surveillance de masse
Et le pire est à venir. Nous n’en sommes qu’aux balbutiements de notre savoir en matière d’analyse des données. Ce que nous savons déjà faire devrait nous terrifier : on peut, aujourd’hui, déterminer assez précisément l’orientation sexuelle d’une personne en fonction de ses « likes » sur Facebook, ou savoir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ L’immunité de l’élu d’extrême droite a été levée à la demande du parquet de Douai qui veut l’entendre dans une affaire d’injures publiques envers un particulier.
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Front national : le Parlement de l’UE lève l’immunité parlementaire de Steeve Briois

L’immunité de l’élu d’extrême droite a été levée à la demande du parquet de Douai qui veut l’entendre dans une affaire d’injures publiques envers un particulier.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 13h31
   





                        


Le Parlement européen a levé, mardi 6 février, l’immunité parlementaire de Steeve Briois, secrétaire général du Front national et maire d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), à la demande du parquet de Douai, qui veut l’entendre dans une affaire d’injures publiques envers un particulier.
L’élu d’extrême droite est visé par une plainte avec constitution de partie civile déposée par un conseiller municipal d’opposition qui s’estime injurié par des commentaires postés et non supprimés sur la page Facebook du maire en décembre 2015.
L’affaire a, en toile de fond, le recours pour atteinte au principe de laïcité introduit devant le tribunal administratif par David Noël, conseiller municipal communiste, contre la crèche de Noël que Steeve Briois avait fait installer dans le hall de l’hôtel de ville.

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                Steeve Briois et David Rachline visés par une enquête pour des messages haineux



« Le Parlement européen se ridiculise »
Les élus strasbourgeois ont estimé que la demande de levée de l’immunité de l’eurodéputé n’était pas liée « à un avis ou à un vote émis par lui dans l’exercice de ses fonctions comme député au Parlement européen ».
« Le Parlement européen se ridiculise », a réagi Steeve Briois sur Twitter. « On vote la levée de mon immunité parlementaire pour des commentaires sur un Facebook dont je ne suis ni le rédacteur ni le directeur de la publication. »
Le Front national fait l’objet d’une enquête sur les conditions dans lesquelles les assistants parlementaires de ses députés à Strasbourg accomplissent leur mission, la justice soupçonnant qu’ils ont en réalité travaillé pour la formation d’extrême droite au niveau national.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Le plan grand froid pour l’hébergement des personnes sans abri a été activé dans une vingtaine de départements, de l’Ile-de-France au Nord.
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Article sélectionné dans La Matinale du 05/02/2018
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Météo : vigilance orange neige et verglas dans trente-deux départements

Le plan grand froid pour l’hébergement des personnes sans abri a été activé dans une vingtaine de départements, de l’Ile-de-France au Nord.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 06h11
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 17h07
   





                        



   


L’assaut de l’hiver va s’intensifier, mardi 6 février, affectant presque la moitié de la France, avec verglas et neige en plaine jusqu’en région parisienne et des températures glaciales. Trente-deux départements, de l’Est au Centre en passant par les Pays de la Loire et l’Ile-de-France, ont été placés en vigilance orange jusqu’à mercredi 6 heures. Six d’entre eux sont également en vigilance orange crues sur la Marne aval et les boucles de la Seine : l’Aisne, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne, Seine-et-Marne, les Yvelines, le Val-d’Oise. L’Eure est en vigilance orange crues uniquement.
C’est autour d’un axe allant des Pays de Loire et du Poitou aux Ardennes en passant par l’Ile-de-France que les quantités de neige à venir seront les plus importantes, selon Météo France. « Ce sera une vraie incursion de l’hiver, tardive mais bien réelle, avec la rencontre d’un air froid venu des pays scandinaves et d’une perturbation remontant du sud », a expliqué le prévisionniste Sébastien Léas, annonçant « le premier épisode neigeux remarquable de la saison ».

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                Vingt-deux départements activent « l’alerte grand froid » pour l’hébergement d’urgence



Vingt-deux départements — dont les huit d’Ile-de-France, le Nord et le Rhône — ont également activé leur plan grand froid pour l’hébergement des personnes sans abri. Ce qui signifie l’ouverture d’un millier de places d’hébergement d’urgence, en plus des 13 000 déjà prévues pour l’hiver : 649 places supplémentaires en Ile-de-France, 110 dans un gymnase de Lyon. En région parisienne, le préfet a installé une « cellule de crise », et les équipes de maraudes seront renforcées. A Calais, des conteneurs et deux hangars devaient être ouverts aux migrants dès dimanche.
Des conditions de circulation difficiles en Ile-de-France
« On attend le plus souvent de 3 à 10 centimètres sur les départements placés en vigilance orange, et même jusqu’à 15 à 20 centimètres localement des Pays de Loire à l’ouest de la région Centre et à l’Ile-de-France. En Lorraine, ce sont les pluies ou bruines verglaçantes qui présentent un risque particulier », précise l’institut dans son dernier bulletin, publié à 3 h 30.
Dans la nuit, des chutes de neige ont déjà été observées, depuis le Limousin, l’ouest de la Bourgogne et le Centre-Val-de-Loire jusqu’à l’Ile-de-France, l’est des Hauts-de-France et le Grand-Est. Des précipitations neigeuses plus éparses se produisent également sur les Pays de Loire. La vigilance orange a été levée en Meurthe-et-Moselle (54), Moselle (57) et Vosges (88).
Dans le Nord-Est, ce sont les pluies et bruines verglaçantes qui présentent un risque, plus que les cumuls neigeux, habituels pour ces régions.
Météo France met en garde contre un risque de « conditions de circulation très difficiles » dans les départements concernés par les précipitations. En Ile-de-France, la circulation sera interdite dès 14 heures sur les axes principaux aux véhicules de plus de 7,5 tonnes qui devront contourner la région ou s’arrêter sur une des 43 zones de stockage des poids lourds.
Alors que la neige devrait progressivement tenir au sol dans la région, avec des cumuls prévus entre 5 et 10 cm, la société d’exploitation de la tour Eiffel a annoncé la fermeture du monument, mardi, en raison des conditions météo.

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Des gelées attendues mercredi
Les chutes de neige pourront se prolonger mercredi, notamment sur le Centre-Ouest, la Nouvelle-Aquitaine. Mais surtout, les sols enneigés contribueront à faire chuter les températures, et Météo France s’attend à des « gelées généralisées » dès mercredi, hors région méditerranéenne. Le thermomètre pourrait ainsi descendre localement à – 10 °C, notamment sur le Centre Val de Loire, le Berry.
Après un jeudi plus calme, vendredi devrait voir l’arrivée d’une nouvelle perturbation, venue cette fois du nord-ouest, touchant tout un pan des Hauts-de-France jusqu’au Limousin, en passant par l’Ile-de-France.


La tour Eiffel est fermée
La tour Eiffel a été fermée aux visiteurs mardi, en raison des conditions météorologiques, a annoncé la société d’exploitation sur le compte Twitter du monument, alors que Paris et la petite couronne ont été placées en vigilance orange neige-verglas par Météo-France. « En raison des conditions météorologiques, la tour Eiffel est fermée pour tous nos visiteurs », indique le tweet, invitant à suivre « l’évolution de la situation » sur les réseaux sociaux.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Ce type de visa, qui permet à des employés hautement qualifiés de venir travailler aux Etats-Unis, est très prisé des entreprises de la Silicon Valley. Mais l’administration Trump entend réformer le dispositif.
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Le visa H1B, précieux sésame du secteur informatique américain

Ce type de visa, qui permet à des employés hautement qualifiés de venir travailler aux Etats-Unis, est très prisé des entreprises de la Silicon Valley. Mais l’administration Trump entend réformer le dispositif.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 14h20
    |

                            Maxime Mainguet








                        



   


Depuis son arrivée au pouvoir, Donald Trump a maintes fois répété qu’il souhaitait réformer le système d’attribution des visas H1B, ces documents permettant aux employés qualifiés étrangers de venir travailler aux Etats-Unis.
S’il n’a pas entièrement les coudées franches pour faire évoluer les modalités d’attribution (et notamment le nombre de visas octroyés), le président américain a tout de même signé, en avril 2017, un décret ordonnant aux ministères concernés de proposer des pistes de réforme.

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                Aux Etats-Unis, l’attribution des visas, un système kafkaïen



Une volonté qui inquiète la Silicon Valley, le secteur informatique étant de loin le premier bénéficiaire de ces visas, dont rêvent chaque année des dizaines de milliers de salariés dans le monde.
Près de trois fois plus de demandeurs que de lauréats

   


En effet, si les appelés sont nombreux, les élus, eux, sont rares. Chaque année, l’USCIS (l’US Citizenship and Immigration Services), l’organisme chargé d’examiner les dossiers, réserve 85 000 visas H1B à des ressortissants étrangers (dont 20 000 pour ceux ayant obtenu un diplôme universitaire supérieur aux Etats-Unis).
Mais le nombre de requêtes dépasse largement ce chiffre. Ainsi, 236 000 demandes avaient été émises pour la seule année fiscale 2017, qui courait du 1er octobre 2016 au 30 septembre 2017. C’est 2,7 fois plus que le nombre de nouveaux visas accordés effectivement.
Un nombre de dossiers traités en augmentation depuis 2013

   


Outre ces demandes de premiers visas H1B, l’administration américaine traite également celles liées à des renouvellements, à un changement d’employeur ou celles qui émanent d’employeurs non soumis au contingentement (établissements d’enseignement, centres de recherches à but non lucratif, etc.) .
Au total, l’organisme a donc traité plus de 399 349 cas pour la seule année fiscale 2016. Un total qui augmente régulièrement depuis 2013. A l’époque, seuls 299 690 dossiers avaient été examinés.
Les demandes de visas H1B concernent majoritairement des Indiens

   


Les visas H1B peuvent potentiellement profiter aux travailleurs du monde entier. Mais, en pratique, les demandes, qui sont techniquement formulées par le futur employeur, se concentrent sur les travailleurs de quelques pays, notamment asiatiques. Ainsi, sur les 399 349 demandes reçues par l’USCIS au cours de l’année fiscale 2016 (1er octobre 2015-30 septembre 2016), 300 902 concernaient des Indiens, soit un peu plus de 75 % du total.
Par ailleurs, 8,9 % des demandes ont concerné des employés chinois. Pour les autres Etats, le nombre de demandes est encore plus réduit. Troisième pays le plus représenté dans la liste des demandes, la Corée du Sud n’en totalise en effet que 4 547. Les demandes concernant des ressortissants français s’élevaient quant à elles à 1 992.
Les métiers de l’informatique surreprésentés dans les demandes

   


Les travailleurs du secteur informatique sont les plus concernés par ces demandes de visa. Ils étaient 281 017 dans ce cas en 2016, soit 70,3 % du total des demandes.
Les autres domaines d’activité génèrent moins de demandes. Seules 29 822 ont été effectuées pour des travailleurs exerçant des métiers liés à l’architecture ou à l’ingénierie, alors que ceux-ci représentent pourtant le deuxième secteur le plus actif en la matière. Les emplois administratifs ne totalisaient eux que 22 786 requêtes.



                            


                        

                        


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Les jeunes consomment moins de cannabis, de tabac et d’alcool

Selon l’OFDT, le niveau de consommation de cannabis des jeunes de 17 ans baisse mais fait toujours partie des plus élevés d’Europe.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 12h06
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 15h11
   





                        


Tous les indicateurs sont en baisse. Selon l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) qui a mené la neuvième enquête sur la santé et les consommations lors de l’appel de préparation à la défense (Escapad), publiée mardi 6 février, les substances illicites, le tabac et l’alcool sont de moins en moins consommés chez les jeunes de 17 ans.
En 2017, moins de quatre jeunes de 17 ans sur dix affirment avoir déjà fumé du cannabis, soit le niveau de consommation le plus bas enregistré par l’OFDT depuis 2000. Menée en mars 2017 auprès de 46 054 adolescents de 17 ans, cette étude Escapad réalisée tous les trois ans révèle que 39,1 % des jeunes auraient déjà essayé le cannabis, soit près de neuf points de moins qu’en 2014 (47,8 %), année marquée par une forte hausse. Un sur cinq (21 %) indique également avoir fumé dans le mois, contre 25,5% il y a trois ans. La part de consommateurs réguliers (au moins dix fois par mois) est également en repli, de 9,2 à 7,2%.
La consommation, expérimentée en moyenne à 15,3 ans, a davantage baissé depuis 2014 chez les filles (-10 points) que chez les garçons (-7 pts), deux fois plus nombreux à fumer régulièrement. Toutefois, l’OFDT nuance :
« Le niveau de consommation régulière de cannabis demeure supérieur à celui de 2011 (6,5 %) et fait toujours partie des plus élevés d’Europe. »

        Lire l’éditorial du « Monde » :
         

          Cannabis : l’étonnant conservatisme des autorités françaises



Par ailleurs, parmi les jeunes qui ont fumé du cannabis au moins une fois dans l’année, près d’un quart (24,9 %) présente « un risque d’usage problématique ou de dépendance », contre 21,9 % en 2014. Au total, 7,4 % des adolescents de 17 ans ont une consommation problématique.
Les substances illicites autres que le cannabis également en baisse
Le tabac est aussi en net recul, avec un quart de fumeurs quotidiens (25,1 %) chez les jeunes de 17 ans, contre 32,4 % en 2014. Moins de six sur dix affirment avoir déjà goûté à la cigarette (59 %) contre 68,4 % en 2014, une baisse jamais vue depuis près de 20 ans.
L’alcool demeure la substance la plus largement expérimentée par les jeunes de 17 ans (85,7 %) mais sa consommation recule régulièrement depuis 15 ans à chaque nouvelle étude (89,3 % en 2014).
Les buveurs réguliers (dix fois par mois), presque trois fois plus nombreux chez les garçons que les filles, sont aussi en repli (8,4 % contre 12,3 % en 2014) tout comme les « alcoolisations ponctuelles importantes » - au moins cinq verres en une seule occasion - : 44 % des jeunes disent avoir eu ce comportement lors du mois écoulé, contre 48,8 % en 2014.
Enfin, les substances illicites autres que le cannabis (ecstasy, MDMA, cocaïne, amphétamines, crack, champignons hallucinogènes, etc) « ne sont essayées que par une minorité de jeunes », note l’OFDT, avec 6,8 % des adolescents de 17 ans concernés contre 8,8 % en 2014.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Plusieurs fois reporté, le procès d’« El Chapo » doit se dérouler sur plusieurs semaines à partir d’une date non encore précisée en septembre.
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Au procès du narcotrafiquant « El Chapo », les jurés resteront anonymes par sécurité

Plusieurs fois reporté, le procès d’« El Chapo » doit se dérouler sur plusieurs semaines à partir d’une date non encore précisée en septembre.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 16h36
   





                        



   


Mieux vaut rester discret quand on s’apprête à juger un des plus grands narcotrafiquants de l’histoire. Les jurés qui seront sélectionnés pour juger le Mexicain Joaquin « El Chapo » Guzman resteront anonymes, pour éviter toute intimidation, a annoncé, mardi 6 février, le bureau du procureur fédéral de Brooklyn.
Le juge Brian Cogan, qui doit présider au procès du narcotrafiquant prévu en septembre, a estimé qu’en tant que leader présumé du puissant cartel de Sinaloa, El Chapo, 60 ans, est susceptible d’avoir à sa solde des « hommes de main » ayant conduit des centaines d’agressions, de meurtres et de kidnappings. « Sur la base de l’acte d’accusations et des preuves déjà examinées par la cour », a ajouté le magistrat, « il est probable que les preuves du procès établiront un mode de fonctionnement de l’accusé et de ses associés tel qu’un juré pourrait craindre pour sa sécurité ».
Conditions d’isolement sévères
Le juge a rejeté les arguments de la défense, qui faisait valoir qu’imposer l’anonymat des jurés pourrait nuire à la présomption d’innocence à laquelle sont tenus les jurés. Brian Cogan a d’ailleurs consenti à une protection pour les allers-retours des jurés au tribunal.
Interpellé en janvier 2016 au Mexique et extradé aux Etats-Unis en janvier 2017, Guzman est accusé d’avoir dirigé, vingt-cinq ans durant, le cartel de Sinaloa, l’un des plus puissants que le continent américain ait jamais connu.
En raison de ses précédentes évasions, il est détenu dans des conditions d’isolement particulièrement sévères à Manhattan, avec des visites limitées, des conditions que ses avocats n’ont cessé de dénoncer. Plusieurs fois reporté, le procès d’El Chapo doit se dérouler sur plusieurs semaines à partir d’une date non encore précisée en septembre.



                            


                        

                        


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Le marché de l’occasion, en déclin depuis trois mois, fait les frais de l’incertitude automobile

Confrontés à des signaux contradictoires de la part des pouvoirs publics en matière de mobilité, les acheteurs se montrent de plus en plus attentistes.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 15h09
    |

                            Éric Béziat








                        



   


Diesel ou essence ? Thermique ou électrique ? Les Français ont de plus en plus de mal à savoir à quoi s’en tenir en matière d’achat automobile. Si cette impression de flou n’empêche pas les ventes de voitures neuves de se porter à merveille depuis plusieurs mois, l’incertitude en matière de mobilité a peut-être commencé à affecter le marché de l’occasion – 5,7 millions de véhicules vendus en 2017, soit le double du neuf –, qui est en train de caler sévèrement.

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En janvier, les ventes de voitures d’occasion en France ont reculé de 7,1 %, selon le baromètre du site de ventes d’occasion AutoScout24, qui fait référence. C’est le troisième mois de chute d’affilée, puisque novembre (- 9,6 %) et décembre 2017 (- 13,3 %) avaient brutalement inversé la tendance d’un marché jusqu’alors orienté à la hausse. 
« Trois mois consécutifs de baisse, ce n’était pas arrivé depuis longtemps, constate Vincent Hancart, directeur général d’AutoScout24 France. On peut désormais parler d’une tendance négative de marché. »
« La baisse existe, mais il faut la replacer dans une perspective plus longue, nuance Guillaume Paoli, cofondateur d’Aramisauto.com, l’un des sites français leader de l’occasion, allié à PSA depuis 2016. Nous avons atteint l’an dernier un record de marché : 5,7 millions de véhicules vendus, à comparer à la moyenne des ventes des sept dernières années, qui était de 5,4 millions. Cela étant dit, la chute de janvier a de quoi surprendre, car elle se produit le premier mois où la prime de conversion pour l’achat d’un véhicule plus propre est étendue aux véhicules d’occasion. »
Rééquilibrage diesel-essence
Cette prime qui, pour la première fois en 2018, peut s’appliquer à l’achat d’un véhicule d’occasion pour peu qu’il réponde à un certain nombre de critères (véhicule électrique ou véhicule thermique classé 1 ou 2), permet de toucher 1 000 à 2 000 euros (selon que vous êtes ou non imposable), à la condition d’avoir mis à la casse votre ancien véhicule polluant.
Manifestement, cette incitation n’a pas eu pour le moment l’effet escompté. Elle pourrait même avoir eu un effet négatif sur la revente des véhicules à forte ancienneté. Les voitures ayant entre 11 et 15 ans d’âge ont accusé une forte chute de leurs ventes en janvier : - 11,2 %.
A peu près toutes les tranches d’âge et tous les types de véhicule étaient en recul le mois dernier. La tendance est particulièrement prégnante pour le diesel. Comme dans le neuf, le marché connaît un rééquiligrage diesel-essence.

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Cependant, les véhicules à gazole constituent encore les deux tiers des parts de marché en occasion (63 % en janvier), en baisse de deux points de pourcentage par rapport à la même période de l’an dernier. Seules les ventes de voitures hybrides et électriques d’occasion sont en hausse, mais elles représentent moins de 2% du marché.
Offre en décalage avec la demande
Pour ne rien arranger, l’offre est en complet décalage avec la demande « Nous nous battons pour proposer à nos clients des véhicules essence, mais c’est compliqué car les occasions d’aujourd’hui sont les neuves d’il y a deux ou trois ou quatre ans, quand le diesel représentait plus de 60 % des ventes, explique M. Paoli. Les occasions essence partent de plus en plus vite et à un prix élevé. Les diesel se vendent bien plus lentement. » « Sur notre site français, les diesel représentent 78 % de l’offre, mais 51% seulement des demandes des acheteurs », confirme Vincent Hancart.
Les ventes de véhicules essence d’occasion ont aussi reculé ce mois-ci (- 3,8 % par rapport à janvier 2017). « C’est bien le signe d’une incertitude généralisée, analyse M. Hancart. Confrontés à des signaux contradictoires, les acheteurs de voiture sont de plus en plus attentistes. »

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« Nous attendons de l’ensemble des pouvoirs publics une feuille de route claire et lisible, poursuit Guillaume Paoli. Pour de très nombreux ménages français, l’automobile est indispensable. Impossible de s’en passer quand on vit à la campagne ou dans une petite ville. Ce n’est pas un luxe. Le luxe, c’est de vivre au centre de Paris. Actuellement, nous voyons beaucoup de nos clients décaler leur achat, qui, il faut le rappeler, constitue le deuxième poste de dépenses d’un foyer. Ils ont souvent un budget contraint et ne veulent pas se retrouver avec un véhicule qu’ils ne pourront pas utiliser. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Conçues pour être utilisées sur smartphone, Orange Bank, C-Zam ou N26 coûtent moins cher, mais leur offre reste étroite.
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Les néobanques poussent les établissements traditionnels à innover

Conçues pour être utilisées sur smartphone, Orange Bank, C-Zam ou N26 coûtent moins cher, mais leur offre reste étroite.



Le Monde
 |    06.02.2018 à 14h47
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 16h46
    |

                            Agnès Lambert








                        



   


Démarrage en flèche : tout juste un an après son lancement en France en janvier 2017, la banque allemande N26 revendique 200 000 clients dans l’Hexagone, sur un total de 500 000 en Europe. Beau succès également pour la britannique Revolut, qui affiche 150 000 clients en France, et 1 million d’utilisateurs en Europe. Quant à Compte Nickel, distribué par les buralistes depuis 2014, il totalise déjà 805 000 clients, auxquels s’ajoutent les adeptes de ­C-Zam, Orange Bank, Morning ou encore Anytime.

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Certes, elles sont encore loin des 27 millions de clients des Caisses d’épargne, mais elles se sont bel et bien installées dans le paysage, et il est impossible de faire comme si elles n’existaient pas. Point commun de ces établissements : ils proposent au client de piloter leur compte par mobile. « Les néobanques sont pleinement pensées pour le mobile, alors que les banques en ligne historiques comme Boursorama ou Fortuneo ont conçu leur application bien après le lancement de l’activité sur Internet », explique Julien Maldonato, associé conseil innovation chez Deloitte.
Grands groupes ou start-up
Les néobanques constituent cependant un ensemble hétéroclite. Certaines comme Orange Bank et C-Zam (Carrefour Banque) sont issues de grands groupes, bancaires ou non, d’autres sont de pures start-up, à l’instar de N26, ­Revolut et Compte Nickel. Leur histoire ne laisse pas les réseaux bancaires historiques indifférents. Ainsi, BNP Paribas a racheté Compte Nickel en juillet 2017, ­tandis que BPCE a repris l’allemande Fidor en août 2016 et devrait lancer l’offre en France dans les prochains mois.
Contrairement aux banques en ligne historiques qui fixent des conditions de revenus ou d’épargne pour délivrer leur carte bancaire (gratuite), les néobanques s’adressent à tous, sans condition. Mais attention, elles proposent des cartes bancaires soumises à autorisation systématique : l’opération (retrait ou paiement) n’est autorisée qu’à condition que le compte soit suffisamment approvisionné. Amateurs de carte Gold, passez votre chemin.
Côté tarifs, plusieurs écoles s’affrontent. Certaines d’entre elles comme N26, Orange Bank et Revolut proposent gratuitement la carte bancaire. Il faut cependant réaliser au minimum trois opérations par mois chez Orange Bank et neuf transactions par trimestre chez N26. Les autres facturent la carte, à l’instar de C-Zam, Compte Nickel, Morning et Anytime, pour un coût compris entre 17 euros et 30 euros la première année.
En retard
Ces offres ont poussé le marché à réagir. Boursorama Banque a repositionné en septembre 2017 son offre de carte bancaire à autorisation systématique sans condition de revenu ou de dépôt. Baptisée « Welcome », elle est gratuite, àcondition que le client réalise au minimum un paiement par mois. Une offre comparable à celle des ­néobanques.
« Les néobanques présentent le pilotage de la carte bancaire par mobile comme une révolution, mais ce sont des fonctionnalités que nous proposons le plus souvent depuis des années » Benoît Grisoni, directeur général de Boursorama.
Le Crédit agricole a lancé EKO en décembre 2017 : il s’agit d’un compte, d’une carte à autorisation systématique et d’une application proposée pour 2 euros par mois, là encore sans conditions de revenu. Au-delà de la carte pour tous, sans condition, les néobanques mettent en avant la gestion du compte par mobile. Avec son application, le client peut activer ou désactiver les paiements en ligne, bloquer temporairement sa carte, faire opposition et être notifié en temps réel après chaque opération.
« Les néobanques présentent le pilotage de la carte bancaire par mobile comme une révolution, mais ce sont des fonctionnalités que nous proposons le plus souvent depuis des années, et que nous enrichissons régulièrement », tempère Benoît Grisoni, directeur général de Boursorama.
Les réseaux sont, en revanche, en retard sur ce point. « Les banques de réseaux se mettent progressivement au paramétrage des cartes bancaires par mobile. Toutes ne le proposent pas encore, mais cette fonctionnalité est en développement », indique ­Julien Maldonato chez Deloitte.
Pas de découvert autorisé
Mais les réseaux ont encore un atout de taille face aux néobanques : la largeur de leur offre. Placement, crédit, assurance : ces produits sont quasiment absents du catalogue des banques de nouvelle génération. « Les néobanques ne proposent pas de chéquier ou de découvert autorisé. Ce sont des éléments importants pour devenir la banque principale des clients, de même que le crédit immobilier », commente Grégory Guermonprez, directeur France de Fortuneo. Orange Bank promet d’étendre son offre, mais ne propose pour l’instant qu’un livret bancaire fiscalisé rémunéré à 1 %. Un chéquier est cependant disponible sur demande.
De son côté, N26 a largement commencé à se diversifier. « Nous travaillons à proposer un découvert autorisé en France, comme nous le faisons déjà en Allemagne », précise Jéremie Rosselli, directeur général de N26 pour la France, qui offre déjà un crédit à la consommation en partenariat avec Younited Crédit et des virements en devises à bas coût avec TransferWise. Quant à Revolut, elle propose à ses clients d’acheter des cryptomonnaies (bitcoin, litecoin et ethereum) depuis décembre 2017. « Nous obtiendrons notre licence bancaire européenne d’ici la fin du premier trimestre 2018. Cela nous permettra d’élargir notre offre en proposant des produits de découvert, de crédit et de placements », indique Benjamin Belais, directeur général France et Suisse de Revolut.

Les néobanques hors concours
Inutile de chercher : vous ne trouverez pas les néobanques comme Compte Nickel, N26, Morning ou Revolut dans notre enquête. « Nous avons choisi de ne pas les intégrer à nos classements car, en l’absence de chéquier et de découvert, ces offres ne conviennent pas à l’usage bancaire quotidien de la plupart des Français », précise Maxime Chipoy, du comparateur Meilleurebanque.com. En revanche, Orange Bank a intégré la base de données de Meilleurebanque.com dès son lancement en ­novembre 2017. La banque mobile de l’opérateur télécom propose en effet un chéquier (sur demande) et un découvert autorisé. Orange Bank fait d’ailleurs une entrée remarquée dans nos classements puisqu’elle se place en troisième position du profil Employé (le seul dans lequel l’établissement concourt, compte tenu de nos profils) derrière BforBank et Boursorama, ex-aequo à la première place.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Le lanceur doit décoller mardi de Cap Canaveral en Floride. Principale ambition de la société d’Elon Musk : la conquête spatiale, avec Mars en ligne de mire.
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Article sélectionné dans La Matinale du 05/02/2018
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SpaceX s’apprête à lancer la Falcon Heavy, sa fusée ultrapuissante

Le lanceur doit décoller mardi de Cap Canaveral en Floride. Principale ambition de la société d’Elon Musk : la conquête spatiale, avec Mars en ligne de mire.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 11h45
 • Mis à jour le
06.02.2018 à 07h29
    |

            Dominique Gallois








                        



                                


                            

« La destination est l’orbite de Mars, la voiture restera dans l’espace lointain un milliard d’années, si elle n’explose pas pendant le lancement. » Mardi 6 février, deux mois après la publication de ce tweet surprenant, Elon Musk devait être fixé sur le sort de son cabriolet Tesla rouge cerise. Ce jour-là, si le calendrier est respecté, devait décoller de Cap Canaveral, en Floride, la Falcon Heavy, présentée comme la fusée la plus puissante du monde depuis le dernier vol, voici quarante-cinq ans, de Saturne V, le lanceur des missions Apollo.
Pour ce vol d’essai, la fusée n’emporte pas de satellites pour un client particulier, mais la voiture électrique du milliardaire américain, au son de Space Oddity, la chanson de David Bowie. Un vol privé en quelque sorte, puisque tant Tesla que SpaceX, qui fabrique le lanceur, ont été fondées par Elon Musk. Celui qui, pendant des années, avait été regardé avec condescendance par le monde spatial est devenu, en cinq ans, incontournable. Avec des financements publics venant de la NASA et du département américain de la défense, sa firme privée a pu développer un lanceur Falcon 9 et casser les prix des mises en orbite de satellites de télécommunications. Sa fusée s’est ainsi substituée au russe Proton dans le duopole formé avec Ariane sur le marché commercial des lanceurs. L’un comme l’autre se disputent la première place mondiale.

Mais l’ambition d’Elon Musk est avant tout la conquête spatiale, et surtout l’installation sur Mars. D’où sa volonté de concevoir des fusées plus puissantes. Pour cela, la Falcon Heavy dispose d’une capacité double de celle du plus gros lanceur actuel, le Delta IV américain de Boeing et Lockheed Martin.
« Une puissance phénoménale, mais pour quoi faire ? »
Dotée de vingt-sept moteurs Merlin, elle pourra propulser en orbite « plus de 54 tonnes, soit une masse équivalente à un Boeing 737 chargé de ses passagers, équipage, bagages et carburant »,...




                        

                        

