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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Au CERN, près de Genève, pas moins de six expériences sont en cours pour mieux comprendre les propriétés de l’antimatière, notamment pour savoir si elle tombevers le haut. Et répondre à une question fondamentale : pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?
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A la recherche de l’antimonde

Au CERN, près de Genève, pas moins de six expériences sont en cours pour mieux comprendre les propriétés de l’antimatière, notamment pour savoir si elle tombevers le haut. Et répondre à une question fondamentale : pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?



Le Monde
 |    05.02.2018 à 17h00
    |

            David Larousserie (Meyrin (Suisse), envoyé spécial)








                        



                                


                            
En ce matin du mois de janvier, la brume humide a du mal à se lever sur Genève et sur le célèbre CERN, l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire. Les bâtiments grisâtres, plus longs que hauts, se succèdent, repérables par de simples numéros. Un long cylindre bleu, posé au ras du sol, rappelle le slogan du laboratoire, « l’accélérateur de science ». C’est une pièce identique à celles constituant une partie du célèbre accélérateur de particules qui a permis la découverte du boson de Higgs, une pièce manquante au puzzle de la physique en 2012. Et le CERN a bien l’intention de continuer d’accélérer la connaissance en 2018 dans un autre domaine.
Ce dernier s’épanouit dans un bâtiment qui se ­dévoile, après un virage. Telle une publicité, un grand panneau bleu fend le brouillard : « Antimatter factory ». L’usine à antimatière du CERN est devant nous.
Antimatière ? Cette étrange substance qui fleure bon la science-fiction est comme une sœur jumelle de la matière. Une sorte de monde inversé : même masse, mais une charge électrique opposée. Il existe ainsi des antiélectrons (appelés aussi positrons), des antiprotons (les protons constituent le cœur des noyaux atomiques) ou des antineutrons (dont les constituants internes, les antiquarks, portent une charge opposée à celle des quarks du neutron)… Mais gare aux réunions de famille ! La rencontre entre une antiparticule et une particule est destructrice : les deux membres s’annihilent en émettant un grain de lumière, ou photon, très énergétique. Malgré ce risque, c’est entre les murs de cette usine que, depuis 1995, les physiciens forgent avec succès cette antimatière pour en percer les secrets.
Et c’est dans ces murs, aussi, que la physique vire à la métaphysique. « Pourquoi on existe ? », s’interroge ainsi Chloé Malbrunot, chercheuse du CERN dans cette usine. Elle pose là une des questions les plus fondamentales sur nos origines. Au commencement de l’Univers, il y a 14 milliards d’années,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Positrons ou antiprotons sont utilisés pour sonder les matériaux et y trouver de microscopiques défauts.
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L’antimatière, un outil pour percer la matière

Positrons ou antiprotons sont utilisés pour sonder les matériaux et y trouver de microscopiques défauts.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 17h39
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            
Disparue de l’Univers depuis 14 milliards d’années, l’antimatière, recréée par l’homme, pourrait bien servir à quelque chose sur Terre. En fait, c’est déjà indirectement le cas. Dans les examens par TEP scan ­(tomographie par émission de positrons), le P, pour « positron », signe la ­présence d’antimatière. Un marqueur ­radioactif est introduit dans l’organisme pour cibler une tumeur. Celui-ci, en se ­désintégrant, émet un antiélectron qui, rencontrant rapidement de la matière, s’annihile en émettant un photon lumineux repéré par les détecteurs autour du corps. La tumeur est localisée.
C’est un peu le même principe, mais pour des usages moins grand public, que visent une start-up issue du CEA et un projet européen du conseil européen de la recherche.
Posithôt, entreprise née fin 2015, utilise des positrons pour sonder la matière et y trouver de microscopiques défauts, comme des atomes manquants. « Ce peut être dans des matériaux semi-conducteurs pour l’industrie de la microélectronique, des cellules photovoltaïques, des ­catalyseurs poreux, des pièces aéronautiques… », décrit Jean-Michel Rey, son fondateur, ancien du CEA. Les positrons ­pénètrent dans le matériau, sont repoussés par les électrons, mais s’annihilent dès qu’il y en a moins ; preuve d’un ­défaut dans la structure. L’instrument est sensible à un atome près.
Mille fois plus de positrons
La source de positrons est la même que celle utilisée par GBAR, une des six expériences d’antimatière du CERN, à Meyrin, près de Genève. Cela permet d’avoir mille fois plus de positrons que par la méthode de leurs concurrents qui utilisent de la matière radioactive. L’entreprise espère un premier client cette année et, en attendant, facture des prestations de service pour des mesures dans son laboratoire. « Notre technique pourrait aider à mieux comprendre le vieillissement de certaines pièces et donc à prévoir dans combien de temps un défaut rédhibitoire apparaîtrait », explique Jean-Michel...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Installées tous les dix mètres, les ruches forment une barrière que les éléphants ne franchissent pas. Une solution étudiée par une équipe d’Oxford, qui permet de les tenir à l’écart des zones où ils seraient en danger.
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Les abeilles volent au secours des éléphants

Installées tous les dix mètres, les ruches forment une barrière que les éléphants ne franchissent pas. Une solution étudiée par une équipe d’Oxford, qui permet de les tenir à l’écart des zones où ils seraient en danger.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 12h08
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 14h27
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            
Zoologie. L’éléphant a peur des souris, c’est bien connu. Mais pas seulement : présentez-lui quelques vulgaires abeilles, et le voilà qui tremble, tape des pattes, barrit, secoue la tête et les oreilles, s’asperge de poussière avec la trompe… Sensible, l’animal ? Pas sur sa peau, trop épaisse pour percevoir la piqûre de l’insecte. Mais sur la trompe, les oreilles ou la bouche, l’attaque ciblée d’un essaim d’abeilles fait mouche.
Depuis plusieurs années, les organisations de protection de la nature tentent de détourner cette peur ancestrale au profit de l’animal. Menacé en Afrique par le braconnage et la réduction de son habitat, le géant de la savane subit aussi la colère des fermiers, dont il détruit régulièrement les plantations. Astucieux et puissant, amateur de fruits comme de légumes, il se joue des clôtures pour faire ripaille. Convaincu de son bon droit, le fermier tire et souvent tue.
En Afrique, plusieurs associations, encadrées par des biologistes, ont donc proposé d’installer, tous les dix mètres, des ruches en guise de barrière. L’éléphant a enregistré la menace : selon les études de suivi conduites par Lucy King, de l’université d’Oxford, 80 % des individus se tiendraient à l’écart des champs protégés. Le fermier y trouve aussi son intérêt. Non seulement il ne risque plus de violer la loi en tuant un animal protégé, mais il dispose de pollinisateurs pour ses cultures et peut vendre le miel récolté.

Seulement l’éléphant d’Afrique dispose d’un cousin en Asie. Moins majestueux, affublé d’un dos rond et de petites oreilles, Elephas maximus n’exerce pas le même pouvoir de fascination. Ni les mêmes efforts de protection. Résultat : ses trois sous-espèces sont classées « en danger », celle de Sumatra étant même au bord de l’extinction.
Lucy King et ses collègues ont voulu savoir si les méthodes africaines pouvaient s’appliquer en Asie. Selon une étude publiée dans Current Biology, portant sur 120...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Le lanceur doit décoller mardi de Cap Canaveral en Floride. Principale ambition de la société d’Elon Musk : la conquête spatiale, avec Mars en ligne de mire.
<filname="PROF-env_sciences-4"> ¤                     
                                                   
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Space X s’apprête à lancer la Falcon Heavy, sa fusée ultrapuissante

Le lanceur doit décoller mardi de Cap Canaveral en Floride. Principale ambition de la société d’Elon Musk : la conquête spatiale, avec Mars en ligne de mire.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 11h45
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 17h50
    |

            Dominique Gallois








                        



                                


                            

« La destination est l’orbite de Mars, la voiture restera dans l’espace lointain un milliard d’années, si elle n’explose pas pendant le lancement. » Mardi 6 février, deux mois après la publication de ce Tweet surprenant, Elon Musk devait être fixé sur le sort de son cabriolet Tesla rouge cerise. Ce jour-là, si le calendrier est respecté, devait décoller de Cap Canaveral, en Floride, la Falcon Heavy, présentée comme la fusée la plus puissante du monde depuis le dernier vol, voici quarante-cinq ans, de Saturne V, le lanceur des missions Apollo.
Pour ce vol d’essai, la fusée n’emporte pas de satellites pour un client particulier, mais la voiture électrique du milliardaire américain, au son de Space Oddity, la chanson de David Bowie. Un vol privé en quelque sorte, puisque tant Tesla que SpaceX, qui fabrique le lanceur, ont été fondées par Elon Musk. Celui qui, pendant des années, avait été regardé avec condescendance par le monde spatial est devenu, en cinq ans, incontournable. Avec des financements publics venant de la NASA et du département américain de la défense, sa firme privée a pu développer un lanceur Falcon 9 et casser les prix des mises en orbite de satellites de télécommunications. Sa fusée s’est ainsi substituée au russe Proton dans le duopole formé avec Ariane sur le marché commercial des lanceurs. L’un comme l’autre se disputent la première place mondiale.

Mais l’ambition d’Elon Musk est avant tout la conquête spatiale, et surtout l’installation sur Mars. D’où sa volonté de concevoir des fusées plus puissantes. Pour cela, la Falcon Heavy dispose d’une capacité double de celle du plus gros lanceur actuel, le Delta IV américain de Boeing et Lockheed Martin.
« Une puissance phénoménale, mais pour quoi faire ? »
Dotée de vingt-sept moteurs Merlin, elle pourra propulser en orbite « plus de 54 tonnes, soit une masse équivalente à un Boeing 737 chargé de ses passagers, équipage, bagages et carburant »,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ Un nouveau relevé numérique de la cavité est en cours. L’objectif ? Etudier, conserver et restituer au public une merveille décorée par l’homme il y a 30 000 ans.
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La grotte Cosquer, immergée près des calanques de Marseille, refait surface grâce à la 3D

Un nouveau relevé numérique de la cavité est en cours. L’objectif ? Etudier, conserver et restituer au public une merveille décorée par l’homme il y a 30 000 ans.



Le Monde
 |    04.02.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 18h29
    |

                            Pedro Lima








                        



                                


                            
Depuis le mois de septembre 2017, par mer calme, un ballet aquatique insolite se déroule au large du cap Morgiou, dans le parc national des Calanques, au sud de Marseille. Partis de bon matin du petit port de la Pointe-Rouge, à huit milles marins de là (15 km), des plongeurs lourdement équipés se glissent dans les eaux froides et bleues de la Méditerranée, au pied des falaises d’un blanc immaculé. Ils ne referont surface qu’en fin d’après-midi, après six heures passées hors du temps, dans le silence d’une grotte ornée il y a 30 000 ans. L’objectif de ces journées de travail éprouvantes, une vingtaine au total entre septembre et décembre 2017, est de réaliser un relevé tridimensionnel de haute précision de la grotte Cosquer, qui s’ouvre sous le ­niveau de la mer, à des fins de conservation, de recherche et de partage avec le public.
Il y a urgence, car la lente et inexorable montée du niveau de la mer (2,5 mm par an dans le massif des Calanques) menace d’engloutir les œuvres d’art parvenues miraculeusement jusqu’à nous. Visitée à partir de 1985 par le plongeur Henri ­Cosquer, la grotte ornée sera déclarée aux autorités en 1991. La cavité recèle 500 figures gravées et peintes, dont certaines représentations d’animaux marins (pingouins, phoques et poissons) uniques dans tout l’art pariétal.
Du temps de son ornementation par des groupes de chasseurs-cueilleurs paléolithiques, lors du maximum glaciaire, la Méditerranée se situait 115 mètres plus bas qu’actuellement, et le rivage cinq kilomètres plus loin. Mais, à la fin de la ­dernière glaciation, il y a environ 9 000 ans, la ­remontée du niveau de la mer a englouti l’entrée originelle du site et ennoyé une grande partie du réseau souterrain… avant de s’interrompre et d’épargner une partie du décor orné.
Plongée à 37 mètres de profondeur
Pour atteindre aujourd’hui le sanctuaire sous-marin, les spécialistes chargés du relevé 3D plongent tout d’abord à 37 mètres de profondeur, le long de la falaise calcaire....




                        

                        


<article-nb="2018/02/05/19-6">
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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ La NASA vient de diffuser une spectaculaire vidéo panoramique du cratère Gale vu du flanc du mont Sharp, sur lequel progresse le rover martien.
<filname="PROF-env_sciences-6"> ¤ 
<article-nb="2018/02/05/19-7">
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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la conseillère Agathe Cagé rappelle qu’en matière d’éducation que d’économie, des intellectuels ont fait des propositions concrètes et peu contestables. Mais, dans le meilleur des cas, il a fallu dix ans pour qu’elles voient le jour.
<filname="PROF-env_sciences-7"> ¤                     
                                                   
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Agathe Cagé : « L’idylle entre intellectuels et politiques est moins que jamais d’actualité »

Dans une tribune au « Monde », la conseillère Agathe Cagé rappelle qu’en matière d’éducation que d’économie, des intellectuels ont fait des propositions concrètes et peu contestables. Mais, dans le meilleur des cas, il a fallu dix ans pour qu’elles voient le jour.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 06h15
    |

Agathe Cagé (Docteure en sciences politiques)







                        



                                


                            
Tribune. La France, championne du monde de la rapidité ? Certainement pas dans le domaine de la mise en pratique politique des bonnes idées. L’action publique française se construit le plus souvent en laissant à distance l’apport potentiel énorme que constitue la recherche en sciences humaines et sociales. Quelques intellectuels vivant de leur exposition médiatique mis à part, cela fait bien longtemps que les universitaires ne courent plus les dîners donnés sous les ors de la République, ministre(s) ou pas à table. Et il est de bon ton pour la plupart de nos hommes politiques, dans ledit « nouveau monde » comme dans l’ancien, d’exprimer leur distance avec les chercheurs.
Situation paradoxale alors que les oppositions doivent affronter le défi de leur reconstruction idéologique
Si idylle il y a eu en France entre intellectuels et politiques, elle est moins que jamais d’actualité. Situation paradoxale alors que les oppositions de droite comme de gauche doivent, depuis mai dernier, affronter le défi de leur reconstruction idéologique avant de pouvoir espérer de futures victoires électorales, et que le gouvernement a fait d’un ministre de l’éducation, grand chantre des neurosciences, sa principale figure médiatique. Mais la France n’est pas à un paradoxe près. Au prix toutefois ici d’importants rendez-vous de progrès économiques et sociaux manqués.
On pourrait croire l’éducation de nos enfants, au regard de son importance fondamentale, préservée de tant d’inconstances. Il n’en est rien. Afin de favoriser la méritocratie scolaire partout sur le territoire, l’historien Patrick Weil a proposé dès avril 2005, dans l’ouvrage La République et sa diversité, l’idée d’un droit d’accès aux classes préparatoires, aux grandes écoles et aux établissements sélectifs pour les meilleurs élèves de chaque lycée, sur le modèle d’une initiative similaire mise en place avec succès au Texas.
Se lançant dans un lobbying intense, il a obtenu...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Les cancérologues Fabien Calvo et Dominique Maraninchi reviennent sur le bilan des quinze dernières années de lutte contre le cancer en France.
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Cancers : « L’objectif à l’horizon 2030, c’est 70 % à 80 % de guérisons »

Les cancérologues Fabien Calvo et Dominique Maraninchi reviennent sur le bilan des quinze dernières années de lutte contre le cancer en France.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 17h23
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 20h10
    |

            Paul Benkimoun








                        



                                


                            
« Quinze ans de recherches sur le cancer en France ». Ainsi s’intitule un rapport en forme de bilan réalisé à la demande de l’Institut national du cancer (INCa), mis en ligne vendredi 2 février, deux jours avant la Journée mondiale de lutte contre le cancer. Ses deux auteurs, le Pr Fabien Calvo, directeur scientifique du consortium Cancer Core (Institut Gustave-Roussy, Villejuif) et ancien directeur scientifique de l’INCa, et le Pr Dominique Maraninchi (Institut Paoli-Calmettes, Marseille), ancien président de l’INCa, reviennent pour Le Monde sur l’état de la lutte contre le cancer et les défis à relever.
Comment a évolué la situation du cancer en France depuis le début des années 2000 ?
Fabien Calvo : L’incidence du cancer s’est stabilisée plus ou moins en plateau pour les hommes et à un moindre degré pour les femmes [400 000 nouveaux cas de cancer au total en 2017]. La mortalité [150 000 décès] a connu une réduction majeure par rapport à 1980 si l’on tient compte de l’accroissement de la population et de son vieillissement, avec une diminution plus rapide chez les hommes. Du fait des facteurs démographiques, l’incidence devrait rester stable et nous pouvons espérer voir une diminution de la mortalité.

Dominique Maraninchi : L’accroissement de la survie à cinq ans après le diagnostic d’un cancer reflète bien cette évolution. Elle était de 30 % en 1970 et de 50 % en 2000. Les projections pour 2030 la situent aux environs de 70 % à 80 %. Nous vivons une période révolutionnaire avec un changement de l’image de la maladie, de sa compréhension scientifique, mais c’est aussi une révolution sociétale. Les choses ont bougé ces vingt dernières années, à l’instar du VIH-sida, où le courage politique, l’intervention sur tous les aspects liés à la maladie et l’organisation des soins en fonction des patients l’ont permis.

FC :...




                        

                        


<article-nb="2018/02/05/19-9">
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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Des scientifiques ont réussi à faire imiter des mots à une orque du Marineland d’Antibes, selon des recherches publiées en janvier. L’expérience illustre la capacité d’adaptation et d’imitation des orques.
<filname="PROF-env_sciences-9"> ¤ 
<article-nb="2018/02/05/19-10">
<filnamedate="20180205"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180205"><AAMMJJHH="2018020519">
<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Dès ses débuts, la théorie économique a réfléchi aux conditions et aux limites de l’exploitation des ressources naturelles. Des enseignements aujourd’hui très précieux pour penser la question climatique, estime Antoine Missemer, du CNRS, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-env_sciences-10"> ¤                     
                                                   
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« La recherche économique a tout à gagner à explorer le passé »

Dès ses débuts, la théorie économique a réfléchi aux conditions et aux limites de l’exploitation des ressources naturelles. Des enseignements aujourd’hui très précieux pour penser la question climatique, estime Antoine Missemer, du CNRS, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    02.02.2018 à 15h17
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 15h49
    |

Antoine Missemer (Economiste au CNRS)







                        



                                


                            

Tribune. Que la science économique ne soit pas une science exacte, beaucoup en conviennent. Qu’elle ait besoin de s’ouvrir aux autres disciplines, en particulier aux autres sciences sociales, de plus en plus l’admettent et œuvrent en ce sens. Que l’histoire ait toute sa place dans ce dialogue interdisciplinaire, c’est là un défi important. Certes, le temps long nourrit des travaux majeurs, comme ceux de Thomas Piketty sur les inégalités.
Mais beaucoup restent enclins à considérer que les expériences passées sont d’un intérêt heuristique modeste : d’une part, les théories contemporaines tiendraient compte des erreurs du passé ; d’autre part, les expériences d’hier ne nous diraient pas grand-chose sur les problèmes inédits d’aujourd’hui.
Le premier argument suppose un savoir économique cumulatif, ce qui est contestable lorsque l’on connaît les aléas tumultueux de l’histoire de la discipline. Sur le deuxième argument, beaucoup de défis contemporains, comme l’essor des nouvelles technologies ou le changement climatique, ont les traits d’enjeux nouveaux. L’histoire ne mérite pourtant pas d’être mise au ban, même sur ces sujets a priori sans précédent.
Pic charbonnier
L’exemple du développement durable est significatif. Les historiens de l’environnement ont montré combien les questions de pollution et de transition énergétique ont été importantes par le passé. Les discours économiques sur ces sujets sont eux-mêmes anciens et méritent une attention renouvelée dans le ­contexte contemporain.
Lorsque l’économiste britannique William Stanley Jevons (1835-1882) s’est intéressé au risque de pic charbonnier, il a contribué à autonomiser le discours des économistes vis-à-vis de l’expertise des ingénieurs et des géo­logues. Cette émancipation continue aujourd’hui de produire des malentendus. Les uns, les économistes, confient toujours au signal prix le rôle d’indicateur de rareté ; les autres, issus des sciences de la Terre, soulignent...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Au menu : les arbres transpirent sous la canicule, la part du hasard dans les découvertes scientifiques, l’orque qui imite la voix humaine, etc.
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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Des oncologues japonais décrivent le cas d’un patient qui, en l’espace de six ans, a développé plusieurs cancers, dont sept de l’appareil digestif. Dont il a guéri.
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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Humanity Star, gigantesque boule à facettes mise en orbite le 21 janvier, est un « projet humaniste », selon la start-up aérospatiale Rocket Lab. Une aberration, selon la communauté scientifique.
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Article sélectionné dans La Matinale du 01/02/2018
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Une boule polluante dans l’espace


                      Humanity Star, gigantesque boule à facettes mise en orbite le 21 janvier, est un « projet humaniste », selon la start-up aérospatiale Rocket Lab. Une aberration, selon la communauté scientifique.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 10h41
    |

                            Isabelle Dellerba (Sydney, correspondance)








                              

                        
« Gadget à la con », « déchet spatial », « acte de vandalisme environnemental », le drôle de cadeau offert à l’humanité par Peter Beck, PDG et fondateur de l’entreprise aérospatiale Rocket Lab, a provoqué un « bad buzz » international. Le 21 janvier, la start-up américano-néozélandaise a mis en orbite un satellite surprise : une boule à facettes géante.

Cette sphère disco kitsch d’un mètre de diamètre, dotée de soixante-cinq panneaux réfléchissants, tourne désormais sur elle-même et autour de la planète à une vitesse vingt-sept fois supérieure à celle du son. Baptisée Humanity Star et présentée comme un projet humaniste visant à tracer un trait d’union entre tous les hommes, elle a été conçue pour devenir l’un des objets les plus lumineux de la voûte céleste afin d’être visible par tous.
Ce satellite incongru a surtout offert une visibilité mondiale à l’entreprise qui, en polluant inutilement un espace déjà très encombré, n’en finit pas depuis de susciter l’ire de la communauté scientifique, vent debout contre un précédent déplorable dans une industrie en pleine évolution.
L’espace devient commercialement accessible
Car, derrière ce gadget, se cache un exploit technologique qui inaugure une nouvelle ère de la conquête spatiale : celle où des opérateurs privés, dotés de fonds très inférieurs à ceux qui étaient jusqu’à présent nécessaires, s’invitent dans le juteux business du lancement des microsatellites et rendent l’espace commercialement accessible.
Rocket Lab, fondé en 2006, a en effet été le premier Petit Poucet du secteur à parvenir, en à peine quelques années, à produire de toutes pièces et sans aucun financement public une fusée low cost (construite entièrement en carbone composite, propulsée par des moteurs imprimés en 3D, reproductible à l’infini) et à l’envoyer dans l’espace depuis un pas de tir privé situé dans le nord-est de la Nouvelle-Zélande, en mai 2017. Elle a en outre réussi la prouesse d’expédier...




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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Proche, grosse, et « sanguine » : une éclipse lunaire totale particulièrement rare par sa taille offrait mercredi un spectacle impressionnant et visible d’une bonne partie du globe.
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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ L’hygiène n’est pas un ensemble de gestes rituels ou obsessionnels, mais une partie de la médecine qui nécessite de la connaissance et de la réflexion, explique dans une tribune au « Monde » le médecin infectiologue et hygiéniste.
<filname="PROF-env_sciences-15"> ¤                     
                                                   
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Stéphane Gayet: « Il faut retrouver le sens de l’hygiène »

L’hygiène n’est pas un ensemble de gestes rituels ou obsessionnels, mais une partie de la médecine qui nécessite de la connaissance et de la réflexion, explique dans une tribune au « Monde » le médecin infectiologue et hygiéniste.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 13h38
    |

Stéphane Gayet (Médecin infectiologue et hygiéniste, Hôpitaux universitaires de Strasbourg)







                        



                                


                            
Tribune. Le terme « hygiène » est aujourd’hui dévoyé, car mal compris. Son mésusage actuel est à l’origine d’un fourvoiement langagier et d’erreurs comportementales préjudiciables.
Le mot « hygiène » provient d’un terme grec signifiant « sain », « bien portant ». L’hygiène est la partie de la médecine qui vise à conserver et à améliorer la santé. Dans la mythologie gréco-romaine, Hygie est la déesse de la santé, fille d’Esculape, dieu de la médecine.
On peut affirmer que toute mesure que l’on appelle en langage courant « hygiène » et qui ne concourt pas à notre santé ne relève pas de l’hygiène, mais d’autre chose qu’il faut appeler par son nom. Il existe en réalité plusieurs hygiènes : alimentaire, sexuelle, mentale…
Eviter les infections
Quand le mot « hygiène » est employé sans adjectif, il signifie généralement hygiène microbienne. C’est un ensemble de mesures visant à éviter les infections. L’hygiène, ainsi, intervient principalement en faisant obstacle à la contamination microbienne – c’est-à-dire à l’apport de bactéries ou de virus – et a pour objectif d’en écarter le danger.
Prenons deux exemples. Lorsque nous nous trouvons face à une personne malade de la grippe et qui tousse, nous sommes en présence d’un danger. Une mesure d’hygiène utile consiste à s’écarter à plus d’un mètre cinquante. Une autre, concernant la personne malade, à porter un masque antiprojection ou à défaut à mettre sa main devant sa bouche en toussant.
En période d’épidémie de gastro-entérite virale, après avoir serré la main d’une personne, il faut avoir conscience que notre main peut être contaminée par le virus pathogène circulant. Une mesure d’hygiène efficace consiste à se laver ou à se désinfecter les mains avant de toucher notre bouche ou tout élément susceptible d’entrer en contact avec elle (c’est simple en théorie, mais, en pratique, cela demandeun effort).
Se laver les mains à longueur de journée n’est pas de l’hygiène ;...



                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ L’ancienneté de ces pierres taillées de « type Levallois » pose la question de leur origine : qui les a façonnées, sachant qu’aucun fossile n’a été retrouvé sur le site ?
<filname="PROF-env_sciences-16"> ¤                     
                                                

Des outils sophistiqués vieux de 385 000 ans découverts en Inde

L’ancienneté de ces pierres taillées de « type Levallois » pose la question de leur origine : qui les a façonnées, sachant qu’aucun fossile n’a été retrouvé sur le site ?



Le Monde
 |    31.01.2018 à 19h52
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 13h06
    |

            Hervé Morin








                        


Une énigme de plus, dans une discipline qui en regorge, la préhistoire. Pourquoi a-t-on retrouvé en Inde des pierres taillées sophistiquées, vieilles de 385 000 ans (avec une fourchette de plus ou moins 64 000 ans), alors que les plus anciens de ces outils dits de « type Levallois », en Afrique et en Europe, datent plutôt d’environ 300 000 ans ? Et qui les a façonnées ?
La découverte, présentée dans la revue Nature, jeudi 1er février, par une équipe indo-française, repose la question épineuse de l’origine de ce type d’innovation technique.

   


Les pierres taillées de type Levallois ont été ainsi nommées d’après la ville des Hauts-de-Seine où elles ont d’abord été retrouvées, au XIXe siècle. Elles sont caractérisées par un mode de débitage bien plus complexe que celui qui a auparavant donné naissance aux bifaces acheuléens (une dénomination liée à un quartier d’Amiens).
Une « évolution technologique locale sur plus d’un million d’années »
L’industrie lithique acheuléenne, documentée à partir de 1,7 million d’années en Afrique de l’Est, et à 600 000 ans environ en Europe, est attribuée à des espèces du genre Homo (comme erectus) plus anciennes que la nôtre, sorties d’Afrique bien plus tôt. Elle précède partout celle du Levallois, généralement considérée comme une invention d’Homo sapiens.
Cet enchaînement a été observé sur le site d’Attirampakkam, près de Madras. En 2011, une partie de l’équipe qui signe l’article dans Nature avait déjà annoncé dans la revue Science la découverte de bifaces acheuléens vieux de 1,5 million d’années, lors de fouilles conduites entre 1999 et 2009.
Cette fois, Kumar Akhilesh et Shanti Pappu, du Sharma Centre for Heritage Education de Chennai (l’ancienne Madras), et leurs collègues ont daté et étudié les couches sédimentaires plus récentes. « Nous avons donc un aperçu de l’évolution technologique locale sur plus d’un million d’années », note le géomorphologue Yanni Gunnell, professeur à l’université Lumière Lyon-II et rattaché au laboratoire environnement, ville, société (EVS), qui a participé aux deux études.
Cette longue série a permis d’observer une inflexion dans les objets produits : le passage à la technologie Levallois serait donc intervenu il y 385 000 ans et se serait poursuivi jusqu’à 172 000 ans. Les bifaces ont laissé place à des outils plus petits, avant que le site ne soit abandonné, il y a environ 74 000 ans — peut-être en lien avec l’éruption massive du volcan Toba, à Sumatra.
« En bordure d’une petite rivière, moins dangereuse que les grands cours d’eau débordant lors des moussons, [le site] devait offrir de l’ombre et des opportunités de chasse », avance Yanni Gunnell, qui a étudié l’évolution des sédiments ayant emprisonné les outils. Il ne s’agissait pas d’une usine de fabrication de type « fordiste » (industriel), mais plutôt d’un atelier de débitage occasionnel, avance-t-il.
Aucun fossile trouvé sur place
Qui donc s’est mis à tailler ces pierres de façon plus subtile ? Impossible de le déterminer, car aucun fossile n’a été trouvé sur place. Dans l’article de Nature, les chercheurs restent prudents, mais leur titre suggère de « reformuler les modèles de type “out of Africa” ». Ceux-ci postulent que la technique Levallois se serait répandue sur la planète à la faveur de la sortie d’Afrique de notre espèce, Homo sapiens.
On pensait que celle-ci était intervenue il y a quelque 120 000 ans, mais deux découvertes récentes ouvrent la possibilité qu’elle ait été beaucoup plus ancienne : des Homo sapiens de 315 000 ans retrouvés au Maroc ont considérablement « vieilli » notre espèce ; la présence d’un de ses représentants en Israël il y a 180 000 ans, annoncée il y a quelques jours, a aussi repoussé dans le temps nos velléités d’expansion territoriale.

        Lire aussi :
         

                La découverte qui bouleverse l’histoire d’« Homo sapiens »



Yanni Gunnell et ses collègues ne vont pas jusqu’à écrire qu’Homo sapiens était le fabricant des Levallois d’Attirampakkam. « Cela relèverait plus du sentiment que de la preuve », admet-il. L’équipe veut aussi éviter des récupérations nationalistes, la tentation pour chaque pays de se revendiquer comme berceau de l’humanité étant toujours présente.

        Lire aussi :
         

                Découverte en Israël du plus ancien « Homo sapiens » hors d’Afrique



L’hypothèse de la convergence technologique
Reste l’alternative : qu’une technologie comme le débitage Levallois ait été « inventée » de façon indépendante dans diverses régions du monde, par des espèces tout aussi diverses. « Cette hypothèse de la convergence technologique correspond à l’opinion dominante, commente Jean-Jacques Hublin (Collège de France, Institut Max-Planck, Leipzig), découvreur des fossiles marocains de Djebel Irhoud. Mais est-ce qu’il n’y a pas pu avoir diffusion d’une telle invention, au gré des déplacements des populations humaines ? »
Les fourchettes très larges des datations pourraient rendre un tel scénario envisageable : si l’on prend la marge haute de la datation des fossiles marocains (315 000 ans + 34 000 ans) et la plage basse pour le site indien (385 000 ans – 64 000 ans), les incompatibilités temporelles s’effacent.
Sachant qu’à la même époque, on a enregistré un épisode de « Sahara vert », le tableau se complète : « Les chasseurs-cueilleurs auraient ainsi rencontré entre l’Afrique et l’Asie du Sud un continuum d’écosystèmes de steppe et de savane sans interruption majeure par une barrière désertique, favorable à la dispersion des faunes cynégétiques avec lesquelles ils ont co-évolué », écrit Yanni Gunnell dans le communiqué de presse qui accompagne la publication dans Nature.
« Une simple recherche de tranchant »
Ce scénario ne convainc par Eric Boëda, spécialiste de la taille des outils lithiques (université Paris-X Nanterre). Pour la simple raison que, selon lui, les pierres taillées présentées « ne sont pas du Levallois ». Il estime qu’elles correspondent à « une analogie non contrôlée » avec cette méthode de taille, à « un début de production normalisée, un débitage même pas suivi de façonnage, une simple recherche de tranchant ». Mais pas au fruit de l’anticipation subtile qui permet de débiter une série d’outils à partir d’un bloc initial.
« C’est tout le problème de la définition de ce qu’est du Levallois, répond Yanni Gunnell. Chacun a vu le sien dans son pré-carré. Il y a des variantes locales. Ce n’est pas une production de masse comme le dernier Samsung. » L’objection d’Eric Boëda ne le surprend pas : « C’est bon pour le débat scientifique. Les outils peuvent être consultés sur place au Sharma Centre de Chennai. »
Lui aussi spécialiste de la production des industries lithiques, Vincent Mourre (Institut national des recherches archéologiques préventives) estime que les doutes émis par Eric Boëda « ne sont pas justifiés » - même si la qualification de « laminaires » de certaines production « pourrait sans doute être tempérée ». La critique de son confrère « ne tient pas compte de la variabilitié des méthodes Levallois dans le temps et dans l’espace ni de la nécessaire adaptation aux matières première locales, en l’occurrence, du quartzite ». Une des planches présentant des « nucléus », ces noyaux de pierre dont sont tirées les lames, lui semble « particulièrement convaincante ».  « En l’absence de fossile humain ancien bien daté dans le sous-continent indien, les retombées immédiates sont peut-être un peu plus modestes que ce que laisse entendre le titre de l’article de Nature », tempère cependant le chercheur.
« Le drame de l’Inde, c’est qu’il n’y a pas de fossiles », constate aussi Jean-Jacques Hublin. Une géologie défavorable n’a pas permis la préservation des restes des hominidés qui l’ont arpentée jadis. Une absence qui laisse la place à l’imagination.
---- Cet article a été modifié pour préciser que la dénomination « acheuléen » provient d’un quartier d’Amiens et non de la ville voisine de Saint-Acheul (Somme), et pour ajouter les commentaires de Vincent Mourre, non disponibles au moment de sa première publication.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Des études montrent que l’activité physique modifie favorablement la composition et l’activité des quelque 100 000 milliards de bactéries qui peuplent notre appareil digestif.
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Faire de l’exercice stimule aussi notre microbiote intestinal

Des études montrent que l’activité physique modifie favorablement la composition et l’activité des quelque 100 000 milliards de bactéries qui peuplent notre appareil digestif.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
31.01.2018 à 14h49
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
Dix mille pas et plus. On sait que le sport, c’est bon pour la santé… pour le cœur, le moral, etc. Mais savez-vous que lorsque vous courrez, nagez, jouez au football… cela stimule le microbiote intestinal, et plus particulièrement la diversité de ses bactéries ?
De quoi parle-t-on ? Des quelque 100 000 milliards de bactéries, dix fois plus nombreuses que nos propres cellules, qui peuplent nos entrailles. Pesant entre 1,5 et 2 kilogrammes, cet organe est un allié. Qualifié de « deuxième cerveau », il est doté de qualités nutritives, métaboliques, immunitaires… et interviendrait dans l’obésité. Vaste sujet de recherche, la flore intestinale suscite un intérêt croissant pour mieux comprendre, au-delà de la nutrition, quels autres facteurs liés au mode de vie peuvent moduler sa composition.
Des chercheurs ont donc fait l’hypothèse que l’activité physique pouvait avoir un effet positif. C’est ce qu’ont montré deux études récentes, publiées le 5 janvier dans la revue Medicine & Science in Sports & Exercises, l’une chez la souris, l’autre chez l’homme. L’équipe de Jeffrey Woods (université de l’Illinois, Urbana-Champaign) a transplanté de la matière fécale de souris sédentaires ou actives chez des rongeurs exempts de germes. Sans surprise, les souris ayant reçu du microbiote de sportifs étaient mieux à même de résister à des dommages tissulaires et de réduire l’inflammation que celles dont les microbes provenaient de leurs congénères sédentaires. De même, leur flore contenait plus de butyrate, un acide gras à chaîne courte, important pour le métabolisme, qui participe à une meilleure absorption intestinale. Elles étaient aussi plus résistantes aux colites ulcéreuses.
Flore intestinale modifiée
Deuxième étude, cette fois sur des humains : on a prélevé des échantillons de sang et de selles de 18 adultes maigres et 14 obèses sédentaires. Ensuite, ces hommes et femmes ont commencé des séances d’entraînement cardio-vasculaire, en...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ Cet événement céleste était invisible depuis l’Europe, mais observable en Amérique du Nord, en Océanie et en Asie.
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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ Des signalements d’effets indésirables ont été effectués par 17 310 patients traités avec la nouvelle formule, selon le rapport. « Une fréquence totalement inattendue ».
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Levothyrox : le rapport de l’Agence du médicament soulève encore de nombreuses questions

Des signalements d’effets indésirables ont été effectués par 17 310 patients traités avec la nouvelle formule, selon le rapport. « Une fréquence totalement inattendue ».



Le Monde
 |    31.01.2018 à 11h01
 • Mis à jour le
31.01.2018 à 11h07
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
Un nombre d’effets secondaires inédit. C’est ainsi que l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) qualifie les signalements d’effets indésirables de la nouvelle formule du Levothyrox (laboratoire Merck), sur le marché depuis mars 2017. Touchée par cette crise, l’Agence a rendu public mardi 30 janvier le deuxième rapport de pharmacovigilance. Qui soulève encore de nombreuses questions.
Si la grande majorité des quelque 2,6 millions de personnes, principalement des femmes, prenant ce médicament, destiné à soigner l’hypothyroïdie ou après une opération de cancer de la thyroïde, ne sentent pas de modification, 0,75 % des patients ont signalé des effets indésirables, souligne ce rapport.
A fin novembre 2017, 17 310 personnes avaient déclaré des effets indésirables : 12 248 cas signalés du 15 septembre au 20 novembre 2017 se sont ajoutés aux 5 062 cas de fin mars à mi-septembre. « Une fréquence de signalement totalement inattendue », note l’ANSM, avec un pic en juin-juillet. Elle l’attribue à « l’effet amplificateur des réseaux sociaux » et au fait que, depuis le 13 mars 2017, les patients peuvent eux-mêmes déclarer ces effets indésirables sur la base nationale de pharmacovigilance (signalement.gouv.fr), alors qu’auparavant seuls les médecins pouvaient le faire.

Symptômes connus avec l’ancienne formule
Au total, cela représente environ 68 000 effets indésirables recensés par les Centres régionaux de pharmacovigilance. Fatigue, maux de tête, insomnies, vertiges, dépression, douleurs articulaires et musculaires, chute de cheveux… sont les symptômes les plus fréquemment rapportés. Des symptômes « déjà connus avec l’ancienne formule du Levothyrox », précise l’ANSM. L’analyse de ces données « ne met pas en évidence d’effets nouveaux depuis la première enquête, en termes de nature et de gravité des cas », ajoute le rapport, qui exonère à ce stade la nouvelle formule, rappelant que la prise au long cours...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ Cette maladie auto-immune, qui touche à 90 % les femmes, semble favorisée par l’expression d’un gène par les deux chromosomes sexuels féminins.
<filname="PROF-env_sciences-20"> ¤                     
                                                   
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Le lupus et la piste des chromosomes X

Cette maladie auto-immune, qui touche à 90 % les femmes, semble favorisée par l’expression d’un gène par les deux chromosomes sexuels féminins.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 11h00
    |

            Paul Benkimoun








                        



                                


                            
Certaines maladies sont très inégalitaires. Si dans le monde il y a environ 5 millions de personnes souffrant de lupus érythémateux disséminé, 90 % des malades sont des femmes. Un déséquilibre entre les sexes qui paraît associé au nombre de chromosomes X de l’individu. Une équipe de chercheurs toulousains a attesté le rôle déterminant du gène codant pour une protéine antivirale située sur le chromosome X. Leur étude a été publiée vendredi 26 janvier dans Science Immunology.
Le lupus érythémateux disséminé (LED) est une maladie auto-immune : alors qu’il fait normalement la différence entre le soi et le non-soi, le système immunitaire produit des anticorps dirigés contre des cellules du tissu conjonctif. Maladie parfois sévère voire mortelle, le lupus peut se traduire par une polyarthrite, un érythème du visage, mais aussi par des atteintes rénales, cardiaques ou neurologiques.
Pour comprendre la raison de cette réponse immunitaire déréglée de manière prédominante chez les femmes, différentes hypothèses ont été émises : facteurs génétiques, influence des hormones féminines… L’inégalité est déjà présente chez des enfants : « Le rapport est de 3 filles pour un garçon avant la puberté, il passe à 9 pour 1 après la puberté », précise Jean-Charles Guéry (Inserm UMR1043, université de Toulouse), responsable de l’équipe à l’origine de la publication.
Anticorps dirigés contre le soi
Les soupçons se sont portés sur le chromosome sexuel X – en double exemplaire chez la femme, alors que le génome masculin compte un X et un Y – et plus particulièrement un gène qui y est situé, appelé TLR7. « Des études chez la souris nous ont appris qu’une surexpression de ce gène induisait la maladie lupique. A l’inverse, l’invalidation du gène TLR7 dans des lymphocytes B de souris les empêche de produire des anticorps dirigés contre le soi », résume Jean-Charles Guéry. Les lymphocytes B sont des globules blancs qui fabriquent des...




                        

                        

