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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ A voir aussi ce soir. Malgré les maladies dont ils souffrent, une bande de patients hospitalisés est bien décidée à vivre à fond leur vie d’adolescent (sur TF1 à 21 heures).
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TV – « Les Bracelets rouges »

A voir aussi ce soir. Malgré les maladies dont ils souffrent, une bande de patients hospitalisés est bien décidée à vivre à fond leur vie d’adolescent (sur TF1 à 21 heures).



Le Monde
 |    05.02.2018 à 17h45
    |

            Véronique Cauhapé








                        


Série sur TF1 à 21 heures



La visite de l’hôpital – scène inaugurale de la nouvelle série de TF1, Les Bracelets rouges – est assurée en voix off. Celle de Côme, 8 ans et demi, dans le coma depuis huit mois : « Hôpital Léonard-de-Vinci à Arcachon. Cinq étages, quatre sections, dont une aile réservée aux enfants malades. » Cette aile, précisément, que nous ne quitterons pas durant six épisodes, accueille, ce jour-là, le jeune Thomas (Audran Cattin), atteint d’une tumeur cancéreuse à la jambe gauche, dont l’amputation est prévue pour le lendemain.
Accompagné de sa future belle-mère, Aurore (Camille Lou), l’adolescent, dont le père renâcle à venir le voir, fait la connaissance de son compagnon de chambre, Clément (Tom Rivoire), atteint de la même maladie, déjà amputé, présent dans l’établissement depuis neuf mois, un moral d’acier et un humour salvateur.
Plus tard, Thomas rencontrera la jolie Roxane (Louna Espinosa), anorexique, hospitalisée depuis cinq semaines ; Medhi (Azize Diabaté Abdoulaye), fracturé de partout après un accident de moto, bon gosse à grande gueule ; Sarah (Esther Valding), petite peste arrogante, peu concernée par ce monde d’« éclopés cancéreux » puisque, à la suite d’un malaise, elle ne fait qu’attendre des résultats d’examens.

   


Et puis, dans cet hôpital, il y a Côme, endormi depuis presque un an, « une institution », dit Clément, que sa mère vient voir tous les jours, auprès duquel les jeunes patients se réfugient, pour parler ou se confier, et dont la voix off nous accompagne durant les six épisodes. A Léonard-de-Vinci passent aussi les parents, malheureux, maladroits, solides, désemparés, culpabilisants, absents ou trop présents. Et médecins, psychologues, aides-soignants, rééducateurs… capables d’opposer leur force au tsunami qui menace d’emporter, à tout instant, les malades et leurs proches.
Dans cette mini-société où les rituels quotidiens sont autant de repères apportés à des jeunes qui, soumis à l’impensable, n’en ont plus guère s’organise une autre vie, en marge de l’extérieur. Et pour autant, malgré l’enfermement, la souffrance et le désespoir qui l’emportent parfois, subsistent les sentiments, les amitiés et les amours – ces liens qui nourrissent l’envie de s’accrocher. C’est cet élan, ou cette lumière, appelons-le comme on veut, que transmettent aux téléspectateurs Les Bracelets rouges, adaptation de la série catalane Polseres Vermelles, dont, fort heureusement, la version française a conservé l’esprit, loin du larmoyant.
En équilibre sur la ligne de crête
Car un tel sujet est du genre à faire glisser n’importe quel scénariste, réalisateur ou acteur sur une mauvaise pente. Or, il n’en est rien. Jamais, dans cette série, l’émotion ne cède le pas au pathos, pas plus que la légèreté, à l’effet empathique forcé. Cette prouesse relève d’un travail collectif, d’une responsabilité à laquelle chacun a répondu avec un égal talent. En premier lieu, les jeunes comédiens qui nous embarquent par une présence dont le jeu semble absent. Mais aussi les autres, tous ceux qui tiennent le rôle des parents (Michaël Youn, Cristiana Reali, Guy Lecluyse, Cécile Rebboah, Pascal Elbé) et des soignants (Lionel Abelanski, Jean-François Cayrey…), bouleversants à ne point trop en faire. En équilibre sur la ligne de crête. Comme le sont le scénario de Marie Roussin et la réalisation de Nicolas Cuche.
Les Bracelets rouges, de Nicolas Cuche. Avec Audran Cattin, Tom Rivoire, Esther Valding, Azize Diabaté Abdoulaye (Fr., 2017, 6 × 52 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Lors de sa première prise de parole devant les salariés après sa révocation par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), le PDG de l’entreprise publique a appelé Radio France à être « offensif » comme il l’a été.
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Pour ses adieux à Radio France, Mathieu Gallet choisit l’apaisement

Lors de sa première prise de parole devant les salariés après sa révocation par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), le PDG de l’entreprise publique a appelé Radio France à être « offensif » comme il l’a été.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 17h42
    |

            Alexandre Piquard et 
François Bougon








                        



   


« Je vais peut-être vous surprendre, mais je suis heureux d’être devant vous cet après-midi. » Alors qu’il ne s’était pas encore exprimé depuis sa révocation, mercredi 31 janvier, le PDG de Radio France, Mathieu Gallet, a choisi la voie de l’apaisement lors de sa première prise de parole devant les salariés, lundi 5 février, dans la grande salle de l’auditorium de la Maison de la radio, entouré de son équipe.

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Le changement de ton est notable, après la première réaction de ses avocats, qui avaient dénoncé une « décision arbitraire » prise sous « la pression de l’Etat », « plus forte que la présomption d’innocence ». Il a finalement préféré soigner sa sortie plutôt que d’aller à l’affrontement. Un discours en forme d’adieu, alors que M. Gallet va rester en poste jusqu’au 1er mars.

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Lundi, M. Gallet n’a pas évoqué sa condamnation en première instance à un an de prison avec sursis pour des faits de favoritisme lors de son passage à l’Institut national de l’audiovisuel (entre 2010 et 2014) ni contesté la décision du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), « institution légitime pour nommer et démettre ».
Cependant, il a souligné sa « détermination » pour que, « jusqu’au dernier moment, l’intérêt de l’entreprise soit préservé au mieux ». Il a également appelé les personnels à rester mobilisés sur les projets en cours face aux « bouleversements qui nous sont promis », sans céder à « l’abattement » et en s’appuyant sur le bilan de ses quatre années de mandat.
Une « trajectoire gagnante »
« Avec le temps, vous aurez compris ma psychologie : quand on est attaqué, il faut être offensif », a-t-il lancé – un clin d’oeil à la résistance dont il a fait preuve lors de la très longue grève de son début de mandat, en 2015. « Votre capacité à être en mouvement sera votre meilleure défense, car vous serez d’attaque », a-t-il également déclaré.
Mathieu Gallet a été longuement applaudi, à son arrivée mais aussi à la fin de son discours, d’une quinzaine de minutes. Un retournement symbolique par rapport aux débuts difficiles de sa présidence. « La culture de Radio France n’est parfois pas évidente à dompter. J’ai mis du temps à la comprendre », a concédé celui qui s’est toujours posé en manageur plus qu’en homme de radio, avant d’ajouter : « Mais vous avez aussi appris à me connaître. Une rencontre s’est faite. »

J’ai soigné ma tristesse et suis pleinement avec vous dit @mathieu_gallet applaudi par les salariés qui se lèvent s… https://t.co/gTrttmeXRp— snj_rf (@SNJ Radio France)


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Après avoir dit que le « bilan » devrait être évalué par d’autres que lui, le PDG a cependant estimé que Radio France était sur une « trajectoire gagnante » : « C’est là la garantie pour l’avenir », a-t-il assuré. Le dirigeant a alterné le « vous » et le « nous » et même eu des accents mystiques en évoquant « un esprit des lieux et un esprit dans ces lieux. Et je ne parle pas seulement de l’auditorium... »

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M. Gallet a jugé qu’avec sa stratégie de « média global » (radio-télévision-Internet), Radio France était « en avance », notamment sur les autres médias publics. Un plaidoyer pro domo qui, au passage, égratigne un peu France Télévisions.
Pour les semaines à venir, le président a donné des précisions sur la période de transition qui s’ouvre. Il rencontrera mardi Jean-Luc Vergne, le doyen des personnalités indépendantes du Conseil d’administration, pressenti pour lui succéder, afin de « discuter avec lui des conditions dans lesquelles cet intérim va se dérouler ».
« Cette équipe, c’est l’une de mes fiertés »
« Pour moi, il y a une conviction forte : cet intérim se déroulera dans les meilleures conditions parce qu’il y a une équipe sur laquelle il peut s’appuyer, une équipe professionnelle et dévouée à même de réussir cette transition », a-t-il affirmé. Mathieu Gallet convoquera également avant la fin du mois un conseil d’administration pour « faire passer un certain nombre d’actes qui sont attendus pour le bon fonctionnement de l’entreprise », a-t-il précisé. « L’occasion pour moi de dire au revoir aussi au conseil d’administration. »
« Cette équipe va rester », a aussi garanti M. Gallet. Les directeurs de France Inter, France Info ou France Culture, ainsi que la secrétaire générale ou les autres directeurs, devraient donc épauler M. Vergne au cours des mois à venir. C’était aussi un souhait du ministère de la culture. « Cette équipe, c’est l’une de mes fiertés. Car bien s’entourer est l’une des qualités qu’on attend d’un leader », s’est félicité M. Gallet. Son équipe est effectivement restée assez stable, notamment par rapport à celle de Delphine Ernotte à France Télévisions.

A l'auditorium de Radio France, Mathieu Gallet, très ému s'exprime devant les salariés pour évoquer l'avenir et not… https://t.co/tv1xuOYSor— NZidane (@Nour Eddine Zidane)


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Enfin, Mathieu Gallet a mentionné les projets de « réforme » de l’exécutif, qui promet de bousculer l’audiovisuel public, soulevant les craintes des personnels. « Je m’y suis pleinement inscrit et je vais continuer, avec une liberté retrouvée », a dit M. Gallet, qui semble vouloir utiliser sa fin de mandat pour poursuivre les rendez-vous avec les parties concernées. « Vous vous dites qu’ensuite, il n’y aura plus d’incarnation pour défendre Radio France dans les discussions. C’est vrai (...), mais nos projets en cours sont tous sur la table », a-t-il rappelé, citant les plates-formes d’information régionale et de contenus pour les 13-30 ans actuellement en préparation avec France Télévisions.

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« Même si vous êtes plein de doutes, que vous ressentez une part de désarroi, voire de colère, même si ce n’est pas facile, restez concentrés sur le travail en cours », a lancé le président de Radio France aux salariés. « C’est ce qui fait qu’à l’avenir, Radio France restera Radio France. » Une façon de tenter d’inscrire son passage, même écourté, dans la longue histoire de la maison. 



                            


                        

                        


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BD : que voir dans les cases noires ?

Sept vignettes monochromes pour montrer toute la richesse narrative de la bande dessinée depuis ses origines.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 16h01
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 16h28
   





                        


Des vignettes en à-plats d’encre de Chine hantent les planches depuis les origines du 9e art. Une fumisterie de dessinateur paresseux ? A vous de voir, à travers ces sept cases noires dessinées entre 1839 et 2006.


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Cliquez sur une case pour voir la planche dont elle est extraite


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Histoire de M. Lajaunisse, de Cham, 1938.Ces cases noires sont probablement les toutes premières de l’histoire de la bande dessinée. Elles ont été tracées par l’illustrateur et caricaturiste Cham, alias Amédée de Noé (1818-1879).",
				"credit": "The Yale University Library catalogue" 
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				'annee': 1854,
				'image': "DORE",
Histoire de la Sainte Russie, de Gustave Doré, 1854.La première page de l’album, qui comporte également une page de cases entièrement blanches pour relater un siècle de « faits incolores »",
				"credit": "Bibliothèque nationale" 
			},{
				'annee': 1967,
				'image': "dingodossiers",
Les Dingodossiers, de Gotlib et Goscinny (Dargaud, 1967).La case noire comme running gag.",
				"credit": "Gotlib et Goscinny/Dargaud" 
			},{
				'annee': 1973,
				'image': "franquin",
Gaston 11. Gaffes, bévues et boulettes, d’André Franquin (Dupuis, 1975).Franquin n’a dessiné aucune case entièrement noire dans ses Idées noires (Audié, 1981-1984), mais on en trouve plusieurs dans les albums de Gaston, notamment chaque fois que le héros aux espadrilles fait sauter les plombs de la rédaction du journal de Spirou. Celle-ci est l’une des plus mémorables.",
				"credit": "André Franquin/Dupuis" 
			},{
				'annee': 1975,
				'image': "luckyluke",
La Guérison des Daltons, de Morris et Goscinny (Dargaud, 1975).La case noire comme running gag.",
				"credit": "Morris et Goscinny/Dargaud" 
			},{
				'annee': 1986,
				'image': "miller",
The Dark Knight Returns, de Frank Miller (Urban Comics, 2014).Ce maître américain du noir et blanc a imaginé cette séquence en 1986. Il faut tourner la page pour comprendre : Batman a écarté les doigts de devant les yeux du méchant qu’il tient, suspendu dans le vide, au-dessus de Gotham City.",
				'credit': "Frank Miller (Urban Comics, 2014)"				 
			},
			{
				'annee': 2006,
				'image': "guibert",
Le Photographe, tome III, d’Emmanuel Guibert  (Dupuis, 2006).Guibert a fait de cette séquence de cases noires un des points culminants de sa trilogie : le photoreporter Didier Lefèvre, abandonné par ses guides en pleine montagne afghane, pense mourir de froid.",
				'credit': "Emmanuel Guibert/Dupuis"
			}
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ A cent jours du festival international des séries qui, du 27 avril au 5 mai, se tiendra pour la première fois à Lille, Laurence Herszberg explique les ambitions qui gouvernent ce projet.
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Dans les préparatifs du festival SériesMania Lille Hauts-de-France

A cent jours du festival international des séries qui, du 27 avril au 5 mai, se tiendra pour la première fois à Lille, Laurence Herszberg explique les ambitions qui gouvernent ce projet.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 15h58
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 18h39
    |

                            Martine Delahaye








                        



   


En mars 2017, Lille et la région Hauts-de-France remportaient l’appel à projets lancé par le Centre national du cinéma afin de créer le festival de séries international souhaité par l’Etat. Nommé SériesMania Lille Hauts-de-France, dirigé par l’équipe qui créa « Séries Mania » en 2010 à Paris, le festival se déroulera à Lille du 27 avril au 5 mai. Entretien avec Laurence Herszberg, sa directrice générale.
Quelle a été votre première décision, en tant que directrice générale du nouveau festival SériesMania ?
L’important était d’abord de reconstituer le noyau qui avait imaginé l’aventure SériesMania avec moi, il y a huit ans à Paris. Impensable de faire sans eux. Il s’agit essentiellement deux personnes : Frédéric Lavigne, le directeur artistique, et Jeffrey Bledsoe, le producteur de l’événement.
Chacun a choisi des personnes avec il avait travaillé depuis plusieurs années, et nous avons tout de suite développé une équipe lilloise forte. Un peu avant l’ouverture du festival, nous serons une cinquantaine, une trentaine de personnes à Lille, une vingtaine à Paris.
Est-ce en raison de sa renommée à l’étranger que vous avez tenu à conserver le nom de la manifestation, SériesMania ?
Oui, il était important de conserver cette marque parce qu’après sept ans d’existence à Paris, « SériesMania » est devenu une référence pour les revues et les professionnels, notamment à l’étranger.
Cette nouvelle localisation change-t-elle quelque chose au contenu du festival ?
La compétition internationale et la présentation de nouvelles séries venues d’un peu partout dans le monde restent identiques. Ce qui change, en revanche, c’est le rapport au public : on va pouvoir s’étendre sur toute la ville, pendant les neuf jours de festival, avec des animations, des concerts et des fêtes dans plusieurs lieux culturels de Lille.
A Paris, il est très difficile d’exister sur l’ensemble de la ville : SériesMania n’avait guère la latitude de sortir de son lieu d’ancrage, le Forum des images. A Lille, nous allons pouvoir créer un village du festival. Il est important qu’en dehors des salles et des moments de projection, il y ait un endroit où tout le monde puisse se retrouver. La mairie de Lille a mis à disposition le Tripostal où le public trouvera information, billetterie, bar, rencontres, dédicaces par des auteurs, une web radio, des expositions, un espace de réalité virtuelle, des webséries expérimentales et, tous les soirs, de la musique, en live ou en DJ set. 
A 100 jours du festival, où en êtes-vous ?
Une partie de la programmation est faite. Nous avons d’ores et déjà vu et analysé quelque 180 ou 200 séries, sur la base de leurs deux premiers épisodes. A terme, nous en aurons visionné 300. Nous n’avons pas encore tout reçu, d’autant que certaines sont encore en production, mais ça s’est accéléré, depuis le début de 2018 : chaînes, producteurs ou agents du monde entier nous envoient des séries.
Pour ce qui concerne le président du jury international que j’ai sollicité, j’attends encore sa réponse.
Ce sera un(e) showrunneur(e) ?
Oui, je trouve bien que ce président soit un grand showrunner, sachant que cette fonction est spécifique au monde des séries.
Comment se passe le cheminement d’une série jusqu’à vous ?
Nous avons tout un réseau de correspondants, que nous avons constitué au fil des ans : les vendeurs internationaux, les diffuseurs (chaînes et plates-formes), des producteurs, des agents, etc. Nous menons une veille toute l’année auprès d’eux pour savoir ce qui se prépare et se tourne. En septembre, quand commence la sélection pour le festival, nous nous inquiétons de savoir où en est chacun, dans les grands pays producteurs de séries. Nous nous y déplaçons, aussi, pour être au courant de tout ce qui s’y passe, amasser des informations. Comme le fait Thierry Frémaux pour le festival de Cannes.
Quelle est l’inquiétude la plus importante, à ce stade ?
En réalité, j’ai presque le sentiment que tout reste à faire, car monter un tel festival en six mois est une gageure. En tout cas, ma toute première inquiétude a disparu : nous sommes rassurés par l’accueil des Lillois, qui se montrent très volontaires pour y participer.
Qu’attend la région, qui y consacre un budget de 3,5 millions ?
Rien de spécifique, surtout en cette première année de lancement. Mais tous les politiques s’accordent pour dire que la culture doit faire preuve d’une forte présence, et dans toute la région, pour ressouder notre société. Certaines populations sont très éloignées de la culture, il y a des jeunes qu’il faut y faire (re) venir, or l’on sait que la série peut être un formidable vecteur dans ce sens. Tout au long de l’année, on instaurera donc des actions, dans le monde éducatif notamment. Des ateliers pédagogiques autour des séries, par exemple.
En fait, SériesMania n’est qu’un élément de l’édifice que la région a commencé de bâtir de manière offensive des années. C’est connu : la ville de Lille a engagé une grande politique culturelle depuis déjà longtemps, pensez à Lille 2004, et nous, nous nous inscrivons dans le cadre de cette politique. Quant à la Métropole européenne de Lille (MEL) et à la région Hauts-de-France, leur objectif, pour dynamiser la région, tient du culturel et de l’économique à la fois : la réindustrialisassions de la région, d’une certaine manière, passe par l’agrégation d’industries créatives, notamment dans le numérique.
Quel est le défi le plus important, avec ce SériesMania nouvelle formule ?
L’enjeu est clair : la France va-t-elle parvenir à construire un festival de séries d’envergure mondiale ? Un festival qui attire suffisamment les Netflix, Amazon, Fox, Apple ou Warner pour qu’ils viennent en France.
Comme pour le cinéma, l’existence d’un grand festival n’empêche pas qu’il en existe d’autres. SériesMania n’est pas en concurrence avec Séries Séries ou le festival de séries de Cannes, des collaborations seront toujours envisageables, mais tout le monde a bien conscience qu’à terme, il n’y aura qu’un, voire deux ou trois festivals, au plus, qui seront de rang mondial.
Dans le cadre d’une concurrence internationale, face à Berlin, Tribeca, et d’autres déjà créés ou à venir, il y va de l’intérêt de tous que ce soit en France que s’impose le grand festival international des séries, que SériesMania devienne la référence, dans ce domaine. C’est cela qui se joue, dans la création de ce nouveau festival dans les Hauts-de-France.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Le PDG de la compagnie a ranimé un empire de Mickey à bout de souffle. Le groupe, qui présente mardi ses résultats trimestriels, s’apprête à racheter la majeure partie de Fox.
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Bob Iger, le patron qui redessine Disney

Le PDG de la compagnie a ranimé un empire de Mickey à bout de souffle. Le groupe, qui présente mardi ses résultats trimestriels, s’apprête à racheter la majeure partie de Fox.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 11h14
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 12h50
    |

                            Jérôme Marin (San Francisco, correspondance)








                        



                                


                            

A bientôt 67 ans, Bob Iger n’est pas prêt à passer la main. Au contraire, le PDG de la Walt Disney Company s’apprête à mener l’une des plus importantes opérations de l’histoire d’Hollywood : le rachat, pour 52 milliards de dollars (42 milliards d’euros), des studios de cinéma 20th Century Fox et d’autres actifs de Fox, le groupe du magnat des médias Rupert Murdoch. Pour la quatrième fois, son départ à la retraite a ainsi été repoussé. Jusqu’alors prévu pour juin 2019, il n’interviendra pas avant la fin de l’année 2021.
A cette date, M. Iger aura passé plus de seize ans à la tête du groupe fondé par le créateur de Mickey, qui devait publier mardi 6 février ses résultats trimestriels. Seize années durant lesquelles il aura transformé et relancé une entreprise à bout de souffle et minée par des conflits internes. Depuis 2005, le chiffre d’affaires a presque doublé et les profits ont été multipliés par 3,5. La capitalisation boursière est passée de 56 milliards à 164 milliards de dollars.

Lorsque M. Iger prend les commandes, « Disney reste sur près de dix années moribondes », rappelle David Collis, professeur à la Harvard Business School. En témoigne une anecdote. Quelques mois après sa nomination, le dirigeant inaugure un parc d’attractions à Hongkong. Parmi les personnages qui défilent lors de la traditionnelle parade, il demande combien ont été créés au cours des dix dernières années. Réponse : un seul. « Et les studios d’animation n’étaient pas l’unique problème », ajoute M. Collis.
Tentative de putsch
Jusqu’au milieu des années 1990, tout réussit pourtant à Disney sous la houlette de Michael Eisner, directeur général depuis 1984. L’entreprise accumule les succès au box-office (Qui veut la peau de Roger Rabbit, La Belle et la Bête, Le Roi Lion), ouvre de nouveaux parcs (dont Disneyland Paris en 1992) et perfectionne son merchandising. Mais la belle mécanique finit par...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Pour échapper à la censure ou déjouer les polémiques, plusieurs films ont changé de nom. Dernier en date, « Padmavati », un film indien qui attise la fureur des fondamentalistes.
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Face au scandale, le cinéma se choisit des sous-titres 
               


Le Monde
 |
                  05.02.2018 à 09h48
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 11h25


Pour échapper à la censure ou déjouer les polémiques, plusieurs films ont changé de nom. Dernier en date, « Padmavati », un film indien qui attise la fureur des fondamentalistes.

Par                             Clément Ghys





Le film indien Padmavati, qui raconte l’histoire d’amour d’une princesse hindoue et d’un musulman, a dû gommer la référence au personnage historique de son titre pour apaiser la fureur des extrémistes. Ce n’est pas la première fois qu’un long métrage est rebaptisé pour couper court à une polémique.
2018. Trop controversé

   


Padmavati n’était pas encore sorti en Inde qu’il faisait déjà scandale. La saga bollywoodienne décrit l’amour d’une princesse hindoue et d’un musulman et a causé la fureur des extrémistes hindous. Manifestations, menaces de mort sur l’actrice… À sa sortie, le 25 janvier, son titre a été changé en Padmaavat, référence au poème soufi du même nom, et non au personnage historique. Ce qui n’a pas suffi à calmer les esprits.
2016. Trop sexuel

   


Aux Etats-Unis, le cru Disney 2016 s’intitulait Moana, comme l’héroïne, une princesse polynésienne. En Italie, le film est sorti sous le titre d’Oceania, car le nom Moana évoque, pour un public plus adulte que celui ciblé, Moana Pozzi, actrice de films X morte en 1994. En France, comme dans d’autres pays européens, le film s’est cette fois appelé Vaiana, Moana étant un nom de marque déposé.
2015. Trop connoté

   


Le 9 décembre sortait en en France Back Home, du Norvégien Joachim Trier, avec Isabelle Huppert et Gabriel Byrne, sur une famille américaine en deuil. Mais, dans le monde entier, le même film portait le nom de Louder than Bombs, sous lequel il avait été sélectionné à Cannes. Le titre avait été changé en France par le distributeur, Memento, pour éviter toute ambiguïté à la suite des attentats du 13 novembre.
1960. Trop sacrilège

   


En 1959, Roger Vadim est encore auréolé du scandale de Et Dieu… créa la femme (1956). Quand il adapte Les Liaisons dangereuses, avec Jeanne Moreau et Gérard Philipe, c’est la bronca. La Société des gens de lettres estime devoir défendre Choderlos de Laclos. Deux semaines après la sortie, le 9 septembre 1959, la justice rebaptise le film Les Liaisons dangereuses 1960.
1932. Trop violent

   


En 1932, Howard Hawks décrit le destin tragique d’un gangster balafré, Scarface. Mais l’autorité de censure hollywoodienne, chargée du respect du code Hays, estime que le film glorifie la violence. Le film doit être distribué avec ce sous-titre : « La honte de la nation ». Cinquante ans plus tard, la censure n’existe plus et Brian De Palma peut baptiser son remake Scarface, tout simplement.




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Uma Thurman : Harvey Weinstein « m’a poussée, a essayé de se jeter sur moi, de se déshabiller »

L’actrice dénonce les agissements du producteur et le comportement sadique du réalisateur Quentin Tarantino.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 09h41
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 12h50
    |

            Corine Lesnes (San Francisco, correspondante)








                        



                                


                            

« J’attends d’être moins en colère.Quand je serai prête, je dirai ce que j’ai à dire. » En octobre 2017, Uma Thurman avait retenu ses accusations contre Harvey Weinstein. Quatre mois après la chute du producteur, l’actrice a ajouté son témoignage, samedi 3 février, à celui des quelque 80 femmes qui affirment avoir été l’objet de violences sexuelles de la part du fondateur du studio Miramax. Dans une série de confidences à la chroniqueuse du New York Times Maureen Dowd, l’héroïne de Pulp Fiction (1994) détaille l’agression subie dans une chambre d’hôtel à Londres, après la sortie du film. « Il m’a poussée, il a essayé de se jeter sur moi, de se déshabiller », accuse-t-elle. Un premier incident avait eu lieu à Paris quand le producteur avait laissé tomber son peignoir de bain et lui avait demandé de le suivre jusqu’au sauna. Elle affirme qu’il l’a menacée de briser sa carrière si elle relatait la scène.
L’avocat de Weinstein, Benjamin Brafman, a récusé toute violence. Selon lui, il y a eu méprise. Le producteur, qui entretenait avec la comédienne « une relation de flirt et d’amusement dans le travail », a « fait des avances à Mme Thurman après avoir mal interprété son attitude à Paris. Il s’est immédiatement excusé ». Il a fourni six photos montrant le producteur et l’actrice, apparemment dans les meilleurs termes, lors de premières ou de soirées. Selon la presse, Weinstein, qui fait l’objet de plusieurs poursuites criminelles pour viol, à Londres, New York et Los Angeles, est toujours reclus dans une clinique de traitement des addictions sexuelles en Arizona. Il devrait réapparaître pour faire une déposition le 17 avril à New York dans le cadre de la plainte qu’il a lui-même portée contre la Weinstein Company. Le studio l’avait licencié le 8 octobre, trois jours après les premières révélations.

Sadisme sur des tournages
Dans sa conversation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Le compositeur, tête d’affiche du festival Présences, s’épanouit dans l’interprétation.
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Musique classique : Thierry Escaich, académicien sans académisme

Le compositeur, tête d’affiche du festival Présences, s’épanouit dans l’interprétation.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 09h20
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 10h05
    |

                            Pierre Gervasoni








                        



                                


                            

Thierry Escaich reçoit quai de Conti, dans un salon de l’Académie des beaux-arts, pour un échange comme il les affectionne depuis son installation officielle sous la Coupole, en 2015, au fauteuil de Jacques Taddei. Cette fois, il ne s’agit plus de prodiguer des conseils à un ancien président de la République, François Hollande, ou à l’actuelle ministre de la culture, Françoise Nyssen (comme le compositeur l’a fait récemment à l’occasion d’un déjeuner ou d’une séance plénière organisés par l’Académie), mais de commenter les principales étapes du parcours d’un des compositeurs les plus joués au début du XXIe siècle. A ce titre, Thierry Escaich apparaît comme tête d’affiche du festival Présences qui, du 6 au 11 février, programmera une quinzaine de ses œuvres à la Maison de la Radio.

Sans revêtir l’habit de l’académicien, il prouve à chaque réflexion qu’il en a l’étoffe. Compositeur (plutôt prolifique), improvisateur (ouvert à toutes les rencontres), concertiste (au piano ou à l’orgue), pédagogue (au Conservatoire de Paris), le musicien de 52 ans se voit bien à sa place dans cette institution qui « représente l’héritage du passé tout en s’engageant dans une action au présent ». En dehors des propositions faites aux instances dirigeantes, sa mission consiste à aider les jeunes créateurs par le biais de fondations ou par des aides distribuées sur fonds propres. Ce rôle consistant à « aller chercher les artistes sur le terrain pour leur mettre le pied à l’étrier », Thierry Escaich l’endosse avec plaisir, d’autant que personne n’a eu à le faire dans son cas.
« Voyant que je fricotais toute la journée au piano et que j’écrivais des choses, assis par terre, mes parents, se souvient-il, m’ont acheté un petit instrument, un accordéon-jouet. » Dès lors, nul besoin de lui mettre « la main au clavier ». L’enfant en redemande et passe au véritable accordéon. Tout va ensuite très...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Jamais le festival de Radio France n’aura brassé aussi large sur le plan instrumental.
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Présences 2018 : orgues, cornemuses, accordéons et claviers Midi

Jamais le festival de Radio France n’aura brassé aussi large sur le plan instrumental.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 09h18
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 09h22
    |

                            Pierre Gervasoni








                        



                                


                            

De la cornemuse (Erwan Keravec, le 10 février) à l’électro-acoustique (performances du Groupe de recherches musicales, les 9, 10 et 11), de l’accordéon microtonal (Fanny Vicens et Jean-Etienne Sotty, le 11) aux ­claviers Midi (Ensemble Ictus, le 11, pour Michael Levinas), jamais Présences n’aura brassé aussi large sur le plan instrumental, bien que l’orgue (le Grenzing de l’auditorium de Radio France, sous les doigts de son titulaire Thomas Ospital, mais aussi avec John Zorn et Thierry Escaich) se taille la part du lion. L’éventail esthétique semble également très ouvert. De Karol Beffa à Philippe Leroux, de Frédéric Verrières à Wolfgang Mitterer, plus que des points cardinaux pour une programmation à l’écoute des tendances du moment sans oubli des repères fournis par un passé récent (Messiaen, Dutilleux, Kagel, Ligeti, Xenakis).

Multiplier les voyages
Face à Thierry Escaich, tête d’affiche du festival, une autre figure inclassable, née comme lui, en 1965 : Thierry Pécou (avec son ensemble, Variances, le 10). L’espèce du « compositeur-interprète », assez rare de nos jours, sera aussi à l’honneur avec le pianiste Jean-Frédéric Neuburger (le 9) et le chef d’orchestre Laurent Cuniot (les 8 et 11). Justifiant le pluriel de son enseigne, la 28e édition du festival de la création musicale de Radio France fera connaître de nouveaux noms. Dans l’entourage de Thierry Escaich – Camille Pepin (la benjamine de la sélection, née en 1990), Grégoire Rolland et Jean-Charles Grandrille, qui furent ses élèves au Conservatoire de Paris – ou avec le Néo-Zélandais John Psathas et l’Autrichienne Eva Reiter. Plus resserrée dans le temps qu’à l’accoutumée (19 concerts en moins d’une semaine), l’offre permettra au festivalier assidu de multiplier les voyages dans l’espace, y compris dans un lieu insolite, l’agora de la Maison de la radio.
Présences 2018, du 6 au 11 février. Maison de la radio, 116, avenue du Président-Kennedy, Paris...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Le groupe psychédélico-oriental est à l’affiche des Nuits de l’alligator, festival itinérant, pour présenter l’album « On ».
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Rock : les envoûtants métissages d’Altin Gün

Le groupe psychédélico-oriental est à l’affiche des Nuits de l’alligator, festival itinérant, pour présenter l’album « On ».



Le Monde
 |    05.02.2018 à 08h39
    |

                            Stéphane Davet








                        



                                


                            

Après avoir triomphé, en décembre 2017, aux Trans Musicales de Rennes, le groupe Altin Gün devrait enthousiasmer le public des Nuits de l’alligator, festival itinérant consacré aux déviances du blues, où l’envoûtant sextette psychédélico-oriental se produira, du 11 au 17 février, à Paris et en province.

On pourrait croire ce groupe turcophone originaire d’Istanbul. Il a, en fait, été fondé à Amsterdam, fin 2016, par un bassiste néerlandais, Jasper Verhulst – officiant habituellement avec le ­rétro-futuriste Jacco Gardner –, tombé amoureux de l’âge d’or (altin gün, en turc) de la scène rock anatolienne.
Si le patrimoine psychédélique anglo-saxon a nourri de réguliers revivals, une nouvelle génération de « diggers » (ces passionnés d’archéologie discographique) et de labels archivistes révèle aujourd’hui des territoires oubliés, pouvant devenir, à leur tour, des sources d’inspiration.Publiée par le label allemand ­Normal Records, la collection « Peace, Love & Poetry » présente ainsi des compilations consacrées aux pépites du rock psychédélique brésilien, africain, japonais, mexicain ou… turc. A l’instar du groupe californien Dengue ­Fever, ayant choisi de réinventer un rock psyché khmer après avoir redécouvert la scène cambodgienne de la fin des années 1960, Altin Gün fantasme sur les trésors cachés du Bosphore.
Leur répertoire est constitué de standards de rock anatolien et d’adaptations de chansons traditionnelles
« Je suis d’abord tombé sur la réédition d’un album de la Joan Baez turque, Selda Bagcan, publié par le label anglais Finders Keepers, se souvient Jasper Verhulst. Cela m’a donné envie d’en savoir plus, à travers des compilations publiées récemment. » Des recueils comme Anatolia Rocks ou Turkish Freakout font découvrir au bassiste d’envoûtants mélanges entre mélodies traditionnelles et arrangements acid rock. Jusqu’à ce que la passion du collectionneur recoupe celle de l’instrumentiste.
« J’avais...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Aventure, voyage et exotisme… L’exposition parisienne présente plus de 200 toiles et œuvres sur papier.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Le Musée du quai Branly-Jacques Chirac montre l’évolution du regard occidental sur les territoires lointains.
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Article sélectionné dans La Matinale du 04/02/2018
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Exposition : l’art au temps des colonies

Le Musée du quai Branly-Jacques Chirac montre l’évolution du regard occidental sur les territoires lointains.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 06h44
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 10h54
    |

                            Philippe Dagen








                        



                                


                            

La peinture s’appelle L’Officier topographe et fait trois mètres de long. Au centre, l’officier, en blanc immaculé, casque compris, a l’œil à son théodolite, et un autre, tout aussi propre, observe on ne sait quoi avec une paire de jumelles. Autour d’eux, des terrassiers noirs, eux aussi en blanc impeccable, travaillent. Au fond, trois d’entre eux remplissent de terre un wagonnet. Ils ont des chapeaux de paille et des poses de jardiniers paisibles. C’est le chantier idéal, que survole un biplan, blanc. La toile fait partie d’un ensemble commandé à l’artiste André Herviault (1884-1969) pour l’Exposition coloniale de 1931. Elle est exposée au Quai Branly en compagnie de deux autres, de mêmes dimensions, et aussi idylliques, L’Officier constructeur et L’Officier administrateur, dans une exposition pudiquement intitulée « Peintures des lointains » qui devrait s’appeler « Exotisme et colonialisme dans la peinture française ».
Herviault est un spécialiste, Prix de l’Afrique-Equatoriale française, Prix de l’Afrique-Occidentale française. Il fait de nombreux séjours en Afrique. Il connaît son sujet et ne peut ignorer que l’image qu’il donne de la vie dans les colonies est fausse. Il le peut d’autant moins qu’en 1928, le journaliste Albert Londres suscite un scandale en publiant dans Le Petit ­ Parisien le récit d’un voyage, « Quatre mois parmi nos Noirs d’Afrique », repris en volume, en 1929, sous le titre Terre d’ébène. Londres y décrit les épouvantables conditions dans lesquelles est construite la voie de chemin de fer Congo-Océan, de Brazzaville à Pointe-Noire. Il dénonce le principe du « travail forcé » qui autorise la Société de construction des Batignolles, chargée du chantier, à rafler des hommes dans les villages et à les réduire à un esclavage qui ne dit pas son nom. Les travaux, qui durent de 1921 à 1934, tuent 17 000 d’entre eux.

Le reportage de Londres met en rage les milieux politiques...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Le ministère de la culture va créer un observatoire afin de centraliser les données sur les arts de la scène.
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Article sélectionné dans La Matinale du 04/02/2018
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Le spectacle vivant en observation

Le ministère de la culture va créer un observatoire afin de centraliser les données sur les arts de la scène.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 08h06
    |

            Sandrine Blanchard








                        



                                


                            

« Nous sommes incapables de dire combien il y a de créations de spectacles par an en France. » Cet aveu de Régine Hatchondo, directrice générale de la création artistique au ministère de la culture, lors d’un débat, le 17 janvier, aux Biennales internationales du spectacle de Nantes, consacré à la diffusion des œuvres théâtrales, n’a étonné aucun des participants. D’autant que d’autres interrogations restent sans réponse. Combien de personnes assistent-elles chaque année à des spectacles ? Quel est le nombre d’entrées payantes et gratuites ? Quels publics se déplacent ? Combien de représentations sont données et quelle est l’évolution de la diffusion ? Sur tous ces points, la Rue de Valois n’est pas en mesure d’apporter des chiffres actualisés et précis.

Contrairement au secteur du cinéma qui livre chaque année, par le Centre national de la cinématographie et de l’image animée (CNC), des chiffres détaillés de fréquentation, le spectacle vivant apparaît comme le parent pauvre des études statistiques. « Actuellement, nous disposons de peu d’éléments, nous n’avons pas de vision claire et exhaustive », reconnaît-on au cabinet de Françoise Nyssen. « Mais une petite révolution est en marche », assure l’entourage de la ministre de la ­culture. Cette « petite révolution » a pour nom l’« observatoire du spectacle vivant ». Il s’agit de créer une sorte de « CNC de la scène ».
Inscrite dans la loi « liberté de la création, architecture et ­patrimoine » votée en juil­let 2016, l’obligation, pour tous les entrepreneurs de spectacles vivants de faire remonter leurs données de billetterie (prix, nom et auteur de l’œuvre, localisation et type de lieu pour chaque représentation), est désormais sur les rails.
A la suite d’un appel d’offres, l’entreprise Capgemini vient d’être choisie pour créer l’interface informatique permettant de collecter ces chiffres et de constituer un référent national d’informations fiables...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals ou de clips.
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Article sélectionné dans La Matinale du 04/02/2018
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Jazz, rap et classique : notre sélection musicale

Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals ou de clips.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 07h29
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
La voix chaude de Léonard Lasry, James Blake de plus en plus abstrait, un chef-d’œuvre de Francis Poulenc de retour dans une mise en scène d’Olivier Py, et un nouveau festival rap à Nanterre, sont dans notre sélection musicale hebdomadaire.
DEUX CONCERTS :
Daniel Humair Quartet au Théâtre 71, à Malakoff, mardi 6 février

   


Batteur, compositeur, peintre, Daniel Humair, né à Genève en 1938, est entré en jazz vingt ans plus tard, d’abord accompagnateur des musiciens américains venant jouer en Europe, devenant l’un des plus demandés par tous les musiciens européens et américains, à la tête ou participant à des groupes d’importance (l’European Rhythm Machine du saxophoniste Phil Woods, le trio HUM avec le pianiste René Urtreger et le contrebassiste Pierre Michelot, formations avec Michel Portal, Jean-François Jenny-Clark, Martial Solal…). Attentif aussi, comme le contrebassiste Henri Texier, avec qui il a souvent joué, aux nouveaux venus du jazz et à des renouvellements par des formes orchestrales variées, certaines inhabituelles. Ainsi en est-il du quartette qui sera au Théâtre 71, à Malakoff (Hauts-de-Seine), mardi 6 février, réunissant le saxophoniste Matthieu Donarier, le violoniste Régis Huby et le contrebassiste Bruno Chevillon. Sylvain Siclier
Théâtre 71, 3 place du 11-Novembre, Malakoff (Hauts-de-Seine) Tél. : 01-55-48-91-00. Mardi 6 février, à 20 h 30. De 5 € à 27 €.
Léonard Lasry au Café de la danse, à Paris, jeudi 8 février

   


Rencontré en novembre 2017, au moment de la publication de son album Avant la première fois (29 Music/Kuroneko), le chanteur, pianiste et compositeur Léonard Lasry nous avait précisé qu’il considérait les concerts non comme un décalque de ses enregistrements, mais comme une autre manière de présenter ses chansons, la majeure partie écrite par Elisa Point. Au disque des arrangements sophistiqués, un déploiement orchestral, à la scène une approche plus dépouillée – que l’on peut entendre par endroits dans Avant la première fois. Lui au piano et au chant, en compagnie du guitariste Sébastien Adam, pour « des ponctuations, des nuages », des climats par des effets. Ils seront au Café de la danse, à Paris, jeudi 8 février. L’occasion d’aller apprécier la voix chaude de Léonard Lasry, la clarté mélodique de ses compositions et les finesses pop de son univers. S. Si.
Café de la danse, 5, passage Louis-Philippe, Paris 11e. Mo Bastille. Tél. : 01-47-00-57-59. Jeudi 8 février, à 19 h 30. 31,90 €.
DEUX VIDÉOS : 
« Cinéma », de Malik Djoudi

Repéré sur une compilation du collectif de défricheurs La Souterraine, Malik Djoudi, originaire de Poitiers, a publié l’année dernière UN, son premier album huit titres, sur le label Cinq 7. Cet auteur, compositeur et interprète âgé de 38 ans a navigué par le passé dans diverses formations rock en anglais, avant d’adopter sa langue natale en solo. Pour un virage électro pop aux influences flirtant aussi bien avec les mélodies d’un William Sheller et l’onirisme cold wave d’un Blonde Redhead. Le second single extrait de l’album, Cinéma, est un hommage au 7e art. Dans la charmante vidéo qui l’illustre, réalisée par l’acteur Clément Sibony et le photographe Marcel Hartmann, le chanteur y partage la vedette avec la comédienne Cécile de France. Le très élégant duo nous transporte dans une romance parisienne en technicolor, ponctuée de nombreux clins d’œil hitchcockiens, dont une scène finale sur les toits de la capitale qui donne le vertige. Franck Colombani
« If The Car Beside You Moves Ahead », de James Blake

A trois semaines de son concert à l’AccorHotels Arena, à Paris, en première partie du rappeur victorieux des Grammy Awards Kendrick Lamar, le Britannique James Blake dévoile un morceau inédit, If The Car Beside You Moves Ahead. Il s’agit de sa première composition originale depuis l’album The Colour in Anything sorti en 2016, en omettant ses récentes collaborations avec Jay Rock et Mount Kimbie. Sur ce titre, le crooner de l’electronica nous plonge encore dans sa mélancolie sophistiquée teintée de gospel soul, où s’interfèrent de spectaculaires triturages vocaux.
Le vidéaste Alexander Brown, qui avait déjà réalisé le clip du single The Wilhelm Scream en 2010, met en scène une virée urbaine et nocturne en voiture, se transformant en expérience de plus en plus abstraite au contact des néons de lumière et de la vitesse, manifestement sous l’influence psychédélique de 2001 l’Odyssée de l’espace, de Kubrick. En décembre 2017, le musicien anglais remontait pourtant le temps, en diffusant sur YouTube une reprise étonnamment sobre de la chanson folk Vincent de Don McLean, dans une version recueillie au piano et à fleur de peau. F. C. 
UN OPÉRA : la reprise de « Dialogues des carmélites », de Poulenc, au Théâtre des Champs-Elysées

   


Le chef-d’œuvre présenté par Olivier Py en décembre 2013 provoquera-t-il le même choc qu’à sa création au Théâtre des Champs-Elysées ? Il n’y a pas à en douter tant le metteur en scène français a réalisé avec Dialogues des carmélites, de Francis Poulenc, l’un de ses meilleurs spectacles lyriques. La distribution, majoritairement francophone, était l’une des meilleures qui se puisse rêver. La plupart sont à nouveau sur le plateau, à commencer par Patricia Petibon, Sœur Blanche de l’Agonie du Christ d’une humanité déchirante, qui n’a jamais aussi bien porté l’entièreté de son nom. A ses côtés, la magnifique Mme Lidoine de Véronique Gens, toute de droiture et de générosité, la mère Marie assoiffée de martyre de Sophie Koch. Nouvelle venue, Sabine Devieilhe campera à n’en pas douter une Sœur Constance fine et oiseleuse, sainte naïve et profonde, comme avertie des mystères de l’autre monde. Le Chevalier de la Force de Stanislas de Barbeyrac devrait s’avérer inoubliable, de même la Madame de Croissy d’Anne Sofie von Otter.
Dans la fosse, le flamboyant Jérémie Rhorer, cette fois à la tête de l’Orchestre national de France. Peu de signes ostentatoires – la croix, l’Agneau pascal, l’enfant Jésus, dont la tête roulera au chant révolutionnaire du « Ah ! ça ira ! ça ira ! ça ira ! », le rituel très doux d’une Cène féminine. Une grande pièce vide trouée de rais de lumière, des chaises vite enlevées, des panneaux coulissants ouvrant sur un jardin d’hiver aux arbres dépouillés de feuilles et d’oiseaux pour une longue altercation du doute et de la foi déroulée dans un dénuement ardent et monacal. Marie-Aude Roux
Théâtre des Champs-Elysées, 15 avenue Montaigne, Paris 8e. Mo Alma-Marceau. Du 7 au 16 février. Tél. : 01-49-52-50-50. De 5 € à 145 €.
À RÉSERVER : Paris Summer Jam, à la U Arena, à Nanterre, le 24 août

   


Annoncée mercredi 31 janvier, la première édition de Paris Summer Jam, festival pour amateurs de R’n’B et de rap, aura lieu à la U Arena de Nanterre (Hauts-de-Seine), vendredi 24 août, à partir de 16 heures. Les places viennent d’être mises en vente avec en tête d’affiche Kendrick Lamar, qui aura déjà rempli deux fois l’AccorHotels Arena, à Paris, les 25 et 26 février, le groupe N.E.R.D (Pharrell Williams, Chad Hugo et Shay Haley) et IAM, programmé dans plusieurs festivals d’été. D’autres formations sont prévues, mais ne sont, pour l’heure, pas encore connues. S. Si.
U Arena, 99 Jardins de l’Arche, Nanterre (Hauts-de-Seine). De 50,50 € à 99,40 €.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Notre choix du soir. Un récit analytique aussi éclairant que captivant sur l’ascension et la chute du candidat des Républicains à la présidentielle (sur France 5 à 20 h 50).
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TV – « François Fillon, l’homme qui ne pouvait pas être président »

Notre choix du soir. Un récit analytique aussi éclairant que captivant sur l’ascension et la chute du candidat des Républicains à la présidentielle (sur France 5 à 20 h 50).



Le Monde
 |    04.02.2018 à 18h00
    |

            Christine Rousseau








                        


Documentaire sur France 5 à 20 h 50



« La victoire me revient. Depuis trois ans, je trace ma route à l’écoute des Français, avec mon projet et mes valeurs. Progressivement, j’ai senti cette vague qui a brisé tous les scénarios écrits d’avance », lançait François Fillon, le 27 novembre 2016, au soir de sa tonitruante victoire aux primaires de la droite et du centre. Celui pour qui l’Elysée semblait alors promis ne mesurait pas encore qu’une autre vague – celle des affaires – se préparait, qui allait fracturer l’image du « candidat de la vérité », avant de l’exclure de la course présidentielle.
Un an après les débuts du « Penelopegate », deux documentaires reviennent en détail sur un désastre électoral dont la droite peine à se relever. Si celui de BMF-TV(multirediffusé le 3 février) est circonscrit au temps de la campagne et le propos résumé par son titre (Qui a tué François Fillon ?), celui de Bruce Toussaint se révèle plus ample et fouillé, grâce, entre autres, à la richesse des témoignages. Notamment ceux de Patrick Stefanini, son directeur de campagne, qui finit par démissionner peu avant l’échéance électorale, de Thierry Solère, porte-parole de la campagne, également démissionnaire, ou encore de François Baroin.
Un homme « secret et insondable »
Avec ce film,le matinalier de Franceinfo et le producteur Alexandre Amiel inaugurent « C’était écrit » : une nouvelle collection documentaire qui entend décrypter « la mécanique cachée » des moments forts de l’histoire récente. De ce point de vue, François Fillon, homme « secret et insondable » (Xavier Bertrand), ne pouvait offrir meilleure dramaturgie aux journalistes, lui qui disait d’ailleurs, lors de ses vœux à la presse, en janvier 2017 : « Méfiez-vous des scénarios écrits d’avance. » Ni meilleur exercice d’analyse rétrospective.
Bien que les faits nous soient connus, on revisite avec d’autant plus d’intérêt chaque épisode de cette calamiteuse campagne que Bruce Toussaint sait les éclairer de multiple flash-back, mettant en évidence les motifs cachés de cette défaite. Ainsi, de sa jeunesse turbulente à sa discrète ascension en politique, de ses cinq ans à Matignon dans l’ombre d’un président pour lequel il n’est qu’un « collaborateur » à son combat fratricide avec Jean-François Copé en 2012 pour la présidence de l’UMP – deux épisodes majeurs qui alimenteront les dissensions futures –, rien n’est omis pour comprendre les ressorts politiques.
Mais aussi pour tenter de cerner ceux, humains, d’un homme qui commence sa campagne en prenant des vacances, là où il aurait dû rassembler ses troupes ; se garde d’informer son équipe des révélations du Canard enchaîné ; qui multiplie aussi les déclarations maladroites voire imprudentes comme celle faite au JT de TF1, le 26 janvier, où il annonce qu’il ne se retirera qu’en cas de mise en examen. Déclaration qui demeura sans suite, même après que le couperet judiciaire fut tombé.

   


« D’une élection gagnable, on est maintenant dans une candidature indéfendable », commente François Baroin, qui reconnaît également que tous, au sein de sa famille politique, portent une part de responsabilité. Au-delà même de la personnalité complexe, forte et jusqu’au-boutiste de François Fillon.
Tout au long, on savoure ce récit analytique aussi éclairant que captivant, pimenté de petites phrases aigres-douces voire assassines et de révélations, comme celle de Patrick Stefanini confiant n’avoir voté, lors du premier tour, ni pour Fillon ni pour Macron.
François Fillon, l’homme qui ne pouvait pas être président, de Félix Seger et Bruce Toussaint (Fr., 2018, 90 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ A voir aussi ce soir. Philippe Kohly trace le portrait intime d’un acteur demeuré fidèle à ses valeurs durant toute sa vie (sur Arte à 22 h 50).
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TV – « Lino Ventura, la part intime »

A voir aussi ce soir. Philippe Kohly trace le portrait intime d’un acteur demeuré fidèle à ses valeurs durant toute sa vie (sur Arte à 22 h 50).



Le Monde
 |    04.02.2018 à 17h45
    |

            Alain Constant








                        


Documentaire sur Arte à 22 h 50



Sa silhouette massive, ses soixante-dix films, son bagout, sa présence à l’écran et sa droiture en ont fait une icône du cinéma français. Un mec bien, dans son métier comme dans la vie. Mais le plus passionnant dans ce documentaire consacré à Lino Ventura (1919-1987), au-delà des témoignages de prestigieux camarades de plateau, qu’ils soient réalisateurs ou acteurs, concerne sa vie d’avant le cinéma, un métier qu’il ne débutera qu’à 34 ans.
Avant que Jacques Becker ne le repère et que Jean Gabin ne l’adoube dans Touchez pas au grisbi (1954), le petit « macaroni » débarqué d’Italie en France à 7 ans connaît plusieurs vies. Fils unique élevé par une mère dont le mari a fui le foyer conjugal, Angiolino connaît la faim, les brimades, le racisme dans la France des années 1920 et 1930. « La cruauté des enfants est effrayante », se rappelle-t-il, face caméra.
De Montreuil à Pigalle en passant par le 10e arrondissement de Paris, Lino découvre la vie, travaillant dès l’âge de 9 ans comme vendeur de journaux, groom, mécanicien ou représentant. « J’étais une petite bête sauvage », dit-il. Passionné de cinéma, il peut enchaîner huit séances en une journée. Mais, avant le septième art, c’est la lutte qui lui permettra de sortir de la précarité et de canaliser sa violence.

   


A 17 ans, il intègre un club, devient champion de lutte gréco-romaine. Et rencontre la femme de sa vie, Odette Lecomte, avec laquelle il aura quatre enfants. Pendant la guerre, il est incorporé dans l’armée italienne, transporte du matériel dans le Monténégro avant de déserter au bout de dix-huit mois. Il rentre à Paris, se réfugie dans le Maine-et-Loire. Sa vie est déjà un film. Après la guerre, le voilà représentant en layette le jour, catcheur le soir. Mais, à 30 ans, une jambe fracturée met un terme à sa carrière.
La suite, ce sont ses rencontres avec Becker, Melville, Gabin, Audiard, Lautner, Bourvil, Belmondo, Bardot et tout le gratin du cinéma français. Des films à succès, un talent fou, une timidité inattendue. Et un refus de jouer des rôles de salaud. Pourquoi cette autocensure ? « Ventura part du principe qu’il connaît ses limites. C’est faux, il ne les connaît pas. Je suis absolument persuadé qu’on peut lui demander beaucoup », disait de lui Jean-Pierre Melville.
Lino Ventura, la part intime, de Philippe Kohly (France, 2017, 52 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Présent partout dans nos villes, le graffiti inspiré des romans d’anticipation joue comme un signal d’alarme face à l’état de nos sociétés. Chez le passant, il crée le sentiment d’appartenance à une communauté, celle des citoyens qui veillent et résistent.
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Le futur va dans le mur

Présent partout dans nos villes, le graffiti inspiré des romans d’anticipation joue comme un signal d’alarme face à l’état de nos sociétés. Chez le passant, il crée le sentiment d’appartenance à une communauté, celle des citoyens qui veillent et résistent.



Le Monde
 |    04.02.2018 à 13h00
    |

                            Marion Dupont








                        



                                


                            

Descriptions de sociétés ayant déraillé sur le chemin du progrès collectif, les dystopies prennent d’assaut des cinémas et les libraires. Elles mettent le plus souvent en scène un personnage principal aux prises avec un Etat totalitaire contre lequel, aidé de camarades de lutte, il va se rebeller. Presque à chaque fois – dans L’ Armée des 12 singes, The Hunger Games, Les Fils de l’homme, ou encore Watchmen, pour ne citer que ces quatre films-là –, c’est le graffiti qui est utilisé pour rassembler les opposants et déclencher la révolte. Yannick Rumpala, professeur en sciences politiques et auteur de Hors des ­décombres du monde. Ecologie, science-fiction et éthique du futur (Champ Vallon, à paraître au printemps 2018), explique que « les graffitis sont l’intermédiair e visuel d’une dissidence ou d’une résistance ». Pour lui, « ils permettent de signaler que, quelque part, clandestinement, des groupes d’opposition existent et aident à garder l’espoir de renverser la situation subie ». Elément de décor ou dispositif ­scénaristique, le graffiti fait progresser la narration en ralliant les énergies rebelles.

Son pouvoir fédérateur ne se cantonne d’ailleurs pas à la fiction – car, en retour, les références ­dystopiques font irruption sur les murs bien réels de nos villes. Le célèbre « Big Brother is watching you », ­extrait du roman 1984, de George Orwell, en est presque ­devenu un classique. Sa transposition de la fiction vers le réel est chargée de sens. « Sous forme d’affiches dans le roman d’Orwell, ce slogan est la marque du pouvoir et de son omniprésence ; sous forme de graffitis, sur nos murs, il devient symbole de résistance diffuse et presque insaisissable », poursuit Yannick Rumpala. « Ainsi exposés à la vue des potentiels passants, ces graffitis viennent comme prolonger la fonction d’avertissement ou d’alerte portée par les fictions dystopiques. »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a décidé de démettre le PDG de Radio France, condamné pour favoritisme alors qu’il présidait l’INA.
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Mathieu Gallet : « Le CSA a tranché en toute indépendance », assure la ministre de la culture

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a décidé de démettre le PDG de Radio France, condamné pour favoritisme alors qu’il présidait l’INA.



Le Monde
 |    04.02.2018 à 08h42
 • Mis à jour le
04.02.2018 à 12h02
   





                        



   


La ministre de la culture, Françoise Nyssen, est revenue, dimanche 4 février dans une interview au Journal du dimanche (JDD), sur la décision du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), le 31 janvier, de démettre de ses fonctions le PDG de Radio France, Mathieu Gallet, condamné à la mi-janvier en première instance pour favoritisme.
La ministre avait jugé inacceptable le maintien de M. Gallet à la tête du groupe public de radios après sa condamnation. Elle s’était prononcée dans une interview au Monde, avant que le CSA ne rende sa décision sur la question. « Le CSA a tranché en toute indépendance », assure Mme Nyssen, ce qu’avait déjà exprimé le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, jeudi.
« Il a considéré que les conditions n’étaient plus réunies pour que Mathieu Gallet reste à la tête d’une entreprise publique après sa condamnation en première instance. Je ne regrette pas la phrase prononcée. J’ai exprimé une parole politique. Celle que porte une ministre en exercice. Celle qui revient à l’Etat actionnaire. J’ai exprimé l’exigence d’exemplarité absolue à laquelle les dirigeants politiques et les dirigeants d’entreprises publiques doivent se conformer. »
Françoise Nyssen a précisé que le doyen des administrateurs de Radio France assurerait la suppléance à la tête du groupe, le temps que le CSA désigne un nouveau président au terme d’un appel à candidatures.

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Mathieu Gallet a été condamné mi-janvier par le tribunal de Créteil à un an de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende pour des commandes de prestations auprès de sociétés de conseil lorsqu’il présidait l’Institut national de l’audiovisuel (INA). Le dirigeant a réfuté ces accusations et fait appel.

Loi contre les « fake news » : une procédure de référé judiciaire
Dans l’interview de Françoise Nyssen au Journal du dimanche du 4 février, la ministre de la culture annonce que le futur projet de loi sur les fake news, annoncé début janvier par Emmanuel Macron, contraindra les plates-formes à « coopérer avec l’Etat » et comprendra une procédure de référé judiciaire pour suspendre rapidement la diffusion des « fausses nouvelles ».
« Les mesures auxquelles nous travaillons d’ici à mars pour une loi sur “la confiance dans l’information” doivent permettre d’agir très rapidement quand une fausse nouvelle devient virale, particulièrement en période électorale. La loi prévoira des obligations nouvelles pour les plates-formes, qui devront coopérer avec l’Etat et être transparentes sur les contenus sponsorisés. Une procédure de référé judiciaire sera mise en place pour faire cesser rapidement la diffusion d’une fausse nouvelle, lorsque celle-ci est manifeste. S’il y a manquement aux obligations qu’imposera la loi (devoir de coopération, transparence sur les contenus sponsorisés), il y aura des sanctions. »

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La ministre s’est voulue de nouveau rassurante quant au respect de la liberté de la presse, avec un texte qui « protégera contre le risque de censure privée si les plates-formes agissent selon leurs propres règles ». Elle a également annoncé « une action forte en matière d’éducation aux médias », sans plus de détails.






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Né à Beyrouth, ce chercheur inspiré par Levi-Strauss porte un regard inattendu sur des problématiques contemporaines telles les migrations ou la laïcité.
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Ghassan Hage, l’anthropologue des identités blanches

Né à Beyrouth, ce chercheur inspiré par Levi-Strauss porte un regard inattendu sur des problématiques contemporaines telles les migrations ou la laïcité.



Le Monde
 |    04.02.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 09h37
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                            Lucie Geffroy








                        



                                


                            

Le discours se déploie dans un français ponctué d’accents beyrouthins et de mouvements des bras qui soulignent la volonté d’être bien compris : le plus souvent, les paumes s’ouvrant vers le ciel – on remarque alors un tatouage sur l’avant-bras gauche, un fragment de phrase impossible à déchiffrer. On lui demanderait bien ce que dit ce tatouage mais ce n’est pas le sujet. Ce jour-là, Ghassan Hage est de passage à Paris pour la sortie de l’un de ses ouvrages, Le Loup et le Musulman (Wildproject, 2017), son premier livre traduit en français. Anthropologue libano-australien qui vit et enseigne à Melbourne, Ghassan Hage est une grande figure intellectuelle en Australie et est considéré, depuis la publication, en 1998, de White Nation, ouvrage ­devenu un classique, comme un des porte-voix des Whiteness Studies.
Surtout implanté dans les universités anglo-saxonnes et nord-américaines, ce champ d’étude est apparu aux Etats-Unis au tournant des années 1980-1990, comme une sorte de contrepoint aux études centrées sur la question des « races » et des minorités : il a pour ­objet la construction sociale, culturelle et historique des identités blanches. « Le ­concept de “race” était jusqu’alors surtout ­associé aux minorités. Avec les Whiteness ­Studies, on admet qu’il existe une catégorie “raciale” blanche, le plus souvent privilégiée ou dominante, qu’on étudie en y appliquant une perspective ­constructiviste », résume la sociologue Mirna Safi.
Le livre Wages of Whiteness (Verso, 1991) de l’historien américain David Roediger, souvent cité comme l’un des livres fondateurs des Whiteness Studies, montre, par exemple, ­comment la classe ouvrière américaine se ­définit en termes de classe mais aussi comme une catégorie « blanche » par opposition aux Noirs américains.
 « Capital blanc »
Dans White Nation, Ghassan Hage analyse, quant à lui, les ressorts de...




                        

                        

