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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Dans une tribune publiée par « Le Monde », plusieurs personnalités plaident pour la propriété des données personnelles. Deux chercheurs, Serge Abiteboul et Gilles Dowek, s’opposent à cette idée et préfèrent miser sur le respect de la vie privée
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« La propriété des données personnelles est une fausse bonne idée »

Dans une tribune publiée par « Le Monde », plusieurs personnalités plaident pour la propriété des données personnelles. Deux chercheurs, Serge Abiteboul et Gilles Dowek, s’opposent à cette idée et préfèrent miser sur le respect de la vie privée



Le Monde
 |    05.02.2018 à 17h33
    |

Serge Abiteboul (Chercheur à l'Inria (Institut National de Recherche en Informatique) et à l'Ecole normale supérieure) et Gilles Dowek (Chercheur à...







                        



                                


                            

Tribune. Pour mieux protéger nos données personnelles, une idée revient souvent : faire que les données numériques appartiennent à ceux qui les produisent. C’est la thèse défendue dans Le Monde (daté du 6 février) par plusieurs signataires, dont le député (LRM) Bruno Bonnell, le philosophe libéral Gaspard Koenig et l’informaticien Jaron Lanier (« Nos données personnelles nous appartiennent : monétisons-les ! »). Cette idée fait écho à une autre, défendue au XIXe siècle par exemple par Pierre-Joseph Proudhon, selon qui un champ doit appartenir à ceux qui le cultivent.
Le cas des données numériques est cependant un peu plus complexe que celle de des champs d’orge ou de blé, car qui cultive les données ? Ceux qui les produisent (vous et moi, les géants du Web, les hôtels…), ou ceux qui les entassent et les analysent pour en tirer du profit (ni vous et moi) ? Dans le cas d’un champ, décider que le champ appartient à ceux qui le cultivent éclaire la question. Dans le cas des données numériques, cela ne fait que la rendre plus confuse.
L’idée d’établir la propriété de chacun sur ses données personnelles part peut-être d’un bon sentiment, mais c’est une fausse bonne idée.
De très faibles profits
Première idée fausse : cela poserait un problème aux géants du Web. C’est loin d’être certain. Une fois notre propriété établie, une clause des contrats qu’ils nous feront signer nous la fera céder pour bénéficier de services. Et pour eux, ce sera open bar.

Une autre idée fausse : nous serions assis sur un trésor qu’il nous suffirait de ramasser. Le fait que les géants du Web tirent une manne considérable de nos données massivement, ne veut pas dire qu’elles ont une vraie valeur individuellement et qu’ils soient prêts à payer pour ces données en réduisant leurs profits. Dans les systèmes de « crowd sourcing » comme Mechanical Turk, des foules d’internautes produisent déjà sur le Web mais pour de très faibles...




                        

                        


<article-nb="2018/02/05/19-2">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Sept vignettes monochromes pour montrer toute la richesse narrative de la bande dessinée depuis ses origines.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
      

BD : que voir dans les cases noires ?

Sept vignettes monochromes pour montrer toute la richesse narrative de la bande dessinée depuis ses origines.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 16h01
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 16h28
   





                        


Des vignettes en à-plats d’encre de Chine hantent les planches depuis les origines du 9e art. Une fumisterie de dessinateur paresseux ? A vous de voir, à travers ces sept cases noires dessinées entre 1839 et 2006.


			#cases-noires-dcdr{
				margin: 10px auto;
				display: flex;
				flex-wrap: wrap;
				justify-content: space-between;
			}
			.case_noire{
				float: left;
				cursor: pointer;
				width: 240px;
				height: 300px;
				display: flex;
				align-items: center;
  				justify-content: center;
  				border: 3px solid black;
  				margin: 5px;
			}
 img{
				width: 200px;
				height: auto;
			}

			#case-expand{
				width: 100%;
				height: auto;
				display: none;
				flex-direction: column;
				align-items: center;
  				border: 3px solid black;
  				z-index: 9999999;
  				background: #FFFFFF;
			}

			#case-expand img{
				max-width: 100%;
				height: auto;
			}

			.close-expand{
				width: 100%;
				height: auto;
				background: black;
				color: white;
				cursor: pointer;
				text-align: center;
				font-weight: bold;
				margin:auto!important;
			}
			#legende-image{
				margin-top: 10px;
			}

			#legende-image p{
				margin: 10px!important;
				float: left!important;
			}

			#legende-image .legende{
				font-size: 16px;
				line-height: 24px;
			}

			.credits{
				display: block;
				width: 100%;
				font-style: italic;
				text-align: right;
				margin-right: 20px;
			}
			.init{
				text-align: center;
				cursor: none;
				float: left;
				cursor: initial;
				width: 240px;
				height: 300px;
				display: flex!important;
				align-items: center;
  				justify-content: center;
  				border: 3px solid black;
  				margin: 5px;
			}



Cliquez sur une case pour voir la planche dont elle est extraite


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	require(['jquery', 'jquery-ui/core', 'jquery-ui/tooltip','//s1.lemde.fr/assets-redaction/js/jquery.cookie/jquery.cookie.1.4.1.js'], function($, jqueryUICore) {
		var assets = 'http://s1.lemde.fr/assets-redaction/data/cases_noires/'
		var data = [
			{
				'annee': 1838,
				'image': "lajaunisse",
Histoire de M. Lajaunisse, de Cham, 1938.Ces cases noires sont probablement les toutes premières de l’histoire de la bande dessinée. Elles ont été tracées par l’illustrateur et caricaturiste Cham, alias Amédée de Noé (1818-1879).",
				"credit": "The Yale University Library catalogue" 
			},{
				'annee': 1854,
				'image': "DORE",
Histoire de la Sainte Russie, de Gustave Doré, 1854.La première page de l’album, qui comporte également une page de cases entièrement blanches pour relater un siècle de « faits incolores »",
				"credit": "Bibliothèque nationale" 
			},{
				'annee': 1967,
				'image': "dingodossiers",
Les Dingodossiers, de Gotlib et Goscinny (Dargaud, 1967).La case noire comme running gag.",
				"credit": "Gotlib et Goscinny/Dargaud" 
			},{
				'annee': 1973,
				'image': "franquin",
Gaston 11. Gaffes, bévues et boulettes, d’André Franquin (Dupuis, 1975).Franquin n’a dessiné aucune case entièrement noire dans ses Idées noires (Audié, 1981-1984), mais on en trouve plusieurs dans les albums de Gaston, notamment chaque fois que le héros aux espadrilles fait sauter les plombs de la rédaction du journal de Spirou. Celle-ci est l’une des plus mémorables.",
				"credit": "André Franquin/Dupuis" 
			},{
				'annee': 1975,
				'image': "luckyluke",
La Guérison des Daltons, de Morris et Goscinny (Dargaud, 1975).La case noire comme running gag.",
				"credit": "Morris et Goscinny/Dargaud" 
			},{
				'annee': 1986,
				'image': "miller",
The Dark Knight Returns, de Frank Miller (Urban Comics, 2014).Ce maître américain du noir et blanc a imaginé cette séquence en 1986. Il faut tourner la page pour comprendre : Batman a écarté les doigts de devant les yeux du méchant qu’il tient, suspendu dans le vide, au-dessus de Gotham City.",
				'credit': "Frank Miller (Urban Comics, 2014)"				 
			},
			{
				'annee': 2006,
				'image': "guibert",
Le Photographe, tome III, d’Emmanuel Guibert  (Dupuis, 2006).Guibert a fait de cette séquence de cases noires un des points culminants de sa trilogie : le photoreporter Didier Lefèvre, abandonné par ses guides en pleine montagne afghane, pense mourir de froid.",
				'credit': "Emmanuel Guibert/Dupuis"
			}
		];


		for(var i=0;i');
			}

		$(".case_noire").on('click', function(){
			console.log('in here')
			var current = parseInt($(this).attr('id').replace('case', ''));
			console.log(current, "			$("#legende-image").html(data[current].legende);
			$("#case-expand span").html('Crédits: ' + data[current].credit);
 img").attr('src', assets + data[current].image + '.jpg').attr('alt', data[current].legende);
			$("#cases-noires-dcdr").hide()
			$("#case-expand").css('display', 'flex'); 
		});

		$(".close-expand").on('click', function(){
			$("#case-expand").hide();
			$("#cases-noires-dcdr").show();
		})
	});





                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/05/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Un collectif de vingt-quatre responsables d’ONG et d’économistes, parmi lesquelsJean-François Julliard, Dominique Méda et Audrey Pulvar, appelle, dans une tribune au « Monde », à légiférer pour réduire les écarts de rémunération dans les entreprises, lutter contre l’évasion fiscale et renforcer la progressivité de l’impôt.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
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« Adoptons une loi contre les inégalités, au service de l’intérêt général »

Un collectif de vingt-quatre responsables d’ONG et d’économistes, parmi lesquelsJean-François Julliard, Dominique Méda et Audrey Pulvar, appelle, dans une tribune au « Monde », à légiférer pour réduire les écarts de rémunération dans les entreprises, lutter contre l’évasion fiscale et renforcer la progressivité de l’impôt.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 18h36
    |

un collectif de responsables d'ONG et d'économistes







                        



                                


                            
Tribune. L’an dernier, la croissance mondiale s’est élevée à 9,3 milliards de dollars. Tandis que près de 850 millions de personnes survivent dans l’extrême pauvreté avec moins de 1,9 dollar par jour, 82 % de cette croissance a bénéficié aux 1 % les plus riches. Les 50 % les plus pauvres n’en ont pas reçu une miette.
e siècle
Le chiffre est accablant, presque irréel. Il symbolise le fossé toujours grandissant entre les plus riches et les plus pauvres. La France n’échappe pas à ce constat : entre 2016 et 2017, les 10 % les plus riches détenaient plus de la moitié des richesses nationales quand les 50 % les plus pauvres ne s’étaient partagé que 5 % du gâteau, et tandis que le nombre de personnes en situation de pauvreté a augmenté de 1,2 million de personnes en 20 ans.
Au rythme actuel, l’explosion des inégalités est en voie de constituer, avec le réchauffement de la planète, l’une des menaces majeures du XXIe siècle. Les inégalités ne sont pourtant pas une fatalité : elles résultent d’une succession de choix politiques et économiques qui ont abouti à la création d’une économie biaisée. Cette économie, dans laquelle le partage, la solidarité et l’intérêt général ont été délaissés au profit d’une logique de court terme, nous mène droit dans le mur.
Un meilleur partage des richesses
Les grandes entreprises, au cœur desquelles une grande partie de la richesse économique est créée, portent une responsabilité lourde dans la situation actuelle et doivent jouer un rôle dans la lutte contre les inégalités. En leur sein, les écarts de salaires entre les employés le long de la chaîne de production, l’évasion fiscale qui atteint des sommets vertigineux ou la rétribution record des actionnaires, dessinent une société où la rémunération de la fortune supplante de très loin celle du travail. Ces injustices ne peuvent plus...




                        

                        


<article-nb="2018/02/05/19-4">
<filnamedate="20180205"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180205"><AAMMJJHH="2018020519">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ La commémoration de l’assassinat du préfet Erignac doit être l’occasion pour les nationalistes et pour le gouvernement de reconnaître les erreurs commises de part et d’autre et d’avoir le courage d’effectuer certains gestes symboliques, importants pour l’autre partie, estime l’historien Ghjiseppu Lavezzi, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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Corse : « Réconcilier les mémoires, c’est possible »

La commémoration de l’assassinat du préfet Erignac doit être l’occasion pour les nationalistes et pour le gouvernement de reconnaître les erreurs commises de part et d’autre et d’avoir le courage d’effectuer certains gestes symboliques, importants pour l’autre partie, estime l’historien Ghjiseppu Lavezzi, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    05.02.2018 à 15h52
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 16h44
    |

Ghjiseppu Lavezzi (Historien)







                        



                                


                            

Tribune. Ce 6 février sera commémoré l’assassinat du préfet Claude Erignac, tombé sous les balles il y a vingt ans. Toute l’île avait été choquée par cet événement : d’importantes manifestations s’étaient déroulées à Ajaccio et à Bastia, regroupant des milliers de Corses, désireux d’exprimer leur tristesse.
L’acte est parfaitement condamnable et a été condamné. Il s’inscrivait dans une longue histoire de drames qu’il faut connaître, non pas pour excuser, mais pour comprendre d’abord et penser l’avenir ensuite.
Revenons un peu en arrière, en 1975. Le 22 août de cette année-là, Valéry Giscard d’Estaing, président de la République, Jacques Chirac, premier ministre, et Michel Poniatowski, ministre de l’intérieur, font le choix d’une fermeté guerrière lors de l’occupation de la cave d’Aléria par des militants régionalistes, mobilisant gendarmes, CRS, blindés et hélicoptères. Ce faisant, ils allument le feu dans un environnement explosif, donnant de solides arguments à ceux qui, en Corse, prônaient la lutte armée et la clandestinité.
Les pendus du Niolu
D’autres épisodes historiques ont marqué durablement la mémoire des Corses. Ainsi, la bataille de Ponte Novu en 1769, qui a sonné la fin de l’indépendance de la Corse, a laissé des traces. Autant que les pendus du Niolu : à l’occasion d’une révolte, l’armée royaliste française choisit au hasard onze personnes parmi plus de soixante prisonniers pour les pendre et servir d’exemple en les laissant exposées au public. Le souvenir des pendus du Niolu ne s’est depuis jamais éteint : en 2012, dans la commune de Corscia, une aghja, une aire à blé, a été construite en leur honneur.
Plus proche de nous, la réponse apportée par l’Etat à l’assassinat du préfet Erignac n’a pas été à la hauteur : on se souvient du préfet Bonnet et de l’affaire des paillotes dans laquelle des gendarmes, obéissant à leur hiérarchie, ont dans la nuit mis le feu à une paillote servant de restaurant,...




                        

                        


<article-nb="2018/02/05/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Editorial. Le texte mémoriel sur la Shoah participe de la volonté du gouvernement polonais, dirigé par le parti nationaliste Droit et Justice (PiS), de réécrire l’Histoire de la Pologne.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Un regrettable projet de loi en Pologne

Editorial. Le texte mémoriel sur la Shoah participe de la volonté du gouvernement polonais, dirigé par le parti nationaliste Droit et Justice (PiS), de réécrire l’Histoire de la Pologne.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 11h17
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 11h26
   





                        


Editorial du « Monde ». Soyons clairs : il n’y a pas eu de camps de la mort polonais pendant la deuxième guerre mondiale, il y a eu des camps d’extermination allemands en Pologne. Ces camps, dans lesquels ont été tués des millions de juifs et des centaines de milliers de non-juifs ont été créés et dirigés par l’Allemagne nazie sur le territoire de la Pologne occupée. Contrairement à d’autres pays de l’Europe occupée, comme la France, l’Etat polonais n’a pas collaboré avec le IIIe Reich. Il n’y a pas eu de participation de l’Etat polonais à la Shoah.
Voilà pour les vérités historiques. La situation géographique des camps d’Auschwitz-Birkenau ou de Majdanek a souvent conduit à cette confusion sémantique d’autant plus blessante pour les Polonais que leur pays a perdu près de 30 % de sa population dans la deuxième guerre mondiale – proportionnellement plus que toute autre nation engagée dans le conflit : 6 millions de Polonais, dont la moitié étaient juifs, ont disparu. Barack Obama lui-même a dû s’excuser, en 2012, pour avoir employé l’expression « camps de la mort polonais » en décorant à titre posthume le résistant polonais Jan Karski qui avait, en vain, tenté d’alerter les Alliés de l’existence de ces camps et de l’extermination systématique des juifs qui s’y déroulait. Ni Roosevelt ni Churchill ne voulurent l’entendre.
Emotion
Pourquoi, alors, le projet de loi adopté la semaine dernière par le Parlement polonais, punissant d’une peine allant jusqu’à trois ans de prison toute personne qui « attribue à la République de Pologne et à la nation polonaise, publiquement et contrairement à la réalité des faits, la responsabilité ou la coresponsabilité de crimes nazis perpétrés par le IIIe Reich allemand », suscite-t-il tant d’émotion ? Ce vote a provoqué de fortes réactions en Israël, et l’administration américaine, pourtant solide alliée du gouvernement polonais actuel, a demandé à Varsovie de reconsidérer le texte « au vu de l’impact qu’il pourrait avoir sur le principe de liberté d’expression » et sur les relations polono-américaines.
Ce projet de loi est condamnable parce qu’il limite le travail des historiens et des journalistes, ainsi dissuadés de s’intéresser à ce qui pourrait les emmener sur le terrain d’une participation de Polonais aux crimes de l’Occupation. Au-delà de l’utilisation de l’expression « camps de la mort polonais », la formulation des chefs d’accusation est suffisamment large pour permettre une interprétation extensive et abusive de toute discussion du rôle, par exemple, de citoyens polonais dans des pogroms commis pendant la guerre.
Le texte participe de la volonté du gouvernement polonais, dirigé par le parti nationaliste Droit et Justice (PiS) de Jaroslaw Kaczynski, de réécrire l’Histoire en un récit dans lequel la Pologne ne serait qu’héroïque et martyre. Cette même tentation est à l’origine du détournement, en 2017, de la mission du Musée de la deuxième guerre mondiale, à Gdansk, jugé trop universaliste et pas assez polonais.
Il rompt, enfin, avec une évolution notable, depuis une douzaine d’années, qui a conduit les Polonais à regarder en face la longue et complexe histoire des juifs en Pologne, consacrée par l’ouverture en 2013 d’un remarquable musée à Varsovie, saluée en Israël. Le projet de loi attend la signature du président Andrzej Duda pour être promulgué. M. Duda rendrait un grand service à la Pologne en résistant aux injonctions de M. Kaczynski et en refusant de le signer.



                            


                        

                        


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<filnamedate="20180205"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180205"><AAMMJJHH="2018020519">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Le professeur de gestion Bernard Colasse propose, dans une tribune au « Monde », la création d’un organisme international chargé de normaliser l’information sociale et environnementale, comme on le fait déjà pour l’information comptable
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Enoncer de nouveaux objectifs pour l’entreprise ne suffit pas, il faut quantifier les indicateurs de performance correspondants »

Le professeur de gestion Bernard Colasse propose, dans une tribune au « Monde », la création d’un organisme international chargé de normaliser l’information sociale et environnementale, comme on le fait déjà pour l’information comptable



Le Monde
 |    05.02.2018 à 10h54
    |

Bernard Colasse (Professeur de sciences de gestion à l’Université Paris-Dauphine)







                        



                                


                            
Tribune. Actuellement, l’entreprise se voit assigner pour principal objectif la réalisation d’un profit pour ses associés. L’article 1833 du Code Civil français ne dit-il pas, de façon très lapidaire, que « Toute société doit avoir un objet licite et être constituée dans l’intérêt commun des associés » – donc des actionnaires dans le cas d’une société anonyme ?
De plus en plus de voix se font entendre pour remettre en cause cette conception de l’entreprise et demander une redéfinition de ses objectifs et l’adjonction à son objectif financier de profit d’objectifs sociaux et environnementaux qui répondent aux préoccupations des parties autres que les associés mais concernées par ses activités. A commencer par celle du président de la République, qui souhaite ouvrir un débat sur ce qu’est l’entreprise.
Un débat pas nouveau, relancé par la crise et les défis écologiques
Ce débat n’est pas nouveau, et a déjà fait couler beaucoup d’encre. Mais la crise et les défis écologiques l’ont relancé. Au cours des dernières années, de très nombreuses propositions ont été faites pour renouveler les objectifs de l’entreprise, notamment par des universitaires et des cabinets spécialisés dans la notation des entreprises (Voir Armand Hatchuel et Blanche Segrestin, Refonder l’entreprise (Seuil, 2012) ; Baudoin Roger, Blanche Segrestin et Stéphane Vernac, L’entreprise, point aveugle du savoir (Sciences Humaines, 2014) ; ainsi que les travaux du Collège des Bernardins). Certaines sociétés se sont d’ailleurs lancées dans l’application de ces propositions.
« Déclaration de performance extra-financière »
Par ailleurs, le législateur français n’est pas resté inerte : récemment encore, l’ordonnance n° 2017-1180 du 19 juillet 2017 et le décret n° 2017-1265 du 9 août 2017 exigeaient des sociétés, cotées ou non mais au-delà de certains seuils, qu’elles intègrent dans leur rapport de gestion une « déclaration de performance extra-financière »....




                        

                        


<article-nb="2018/02/05/19-7">
<filnamedate="20180205"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180205"><AAMMJJHH="2018020519">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Analyse. Grâce à son intervention en Syrie, la Russie a retrouvé son rang d’acteur majeur au Proche-Orient. Mais le fiasco des pourparlers de Sotchi ont rappelé que si « Moscou est la clé de toute solution, elle n’est pas la seule ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les limites de la stratégie syrienne du Kremlin

Analyse. Grâce à son intervention en Syrie, la Russie a retrouvé son rang d’acteur majeur au Proche-Orient. Mais le fiasco des pourparlers de Sotchi ont rappelé que si « Moscou est la clé de toute solution, elle n’est pas la seule ».



Le Monde
 |    05.02.2018 à 10h30
    |

            Marc Semo








                        



                                


                            
Analyse. Le fiasco du congrès du dialogue national syrien organisé par le Kremlin à Sotchi, mardi 30 janvier, montre l’impuissance de la Russie à trouver une solution politique à la tragédie syrienne. Elle avait été aussi incapable de forcer le régime à discuter avec l’opposition lors d’un neuvième round de pourparlers sous l’égide de l’ONU. Le processus diplomatique est au point mort, alors que le conflit est en train de muter dangereusement.
Le régime contrôle certes la Syrie dite « utile », au centre du pays, mais guère plus de 50 % du territoire et à peine la moitié de la population, le reste étant déplacé ou exilé
« La lutte contre Daech et la résistance de l’opposition contre le régime avaient relégué au second plan les autres guerres syriennes qui, attisées par les rivalités régionales, apparaissent maintenant dans toute leur évidence », s’inquiète-t-on à Paris. En ­témoignent l’offensive turque contre l’enclave kurde d’Afrin, les tensions croissantes entre le Hezbollah et Israël, entre l’Arabie saoudite et l’Iran, mais aussi entre la Russie et les Etats-Unis, décidés à éviter une totale victoire du régime syrien et une projection stratégique de l’Iran vers la Méditerranée.
L’engagement de l’aviation russe et le déploiement de quelque cinq mille hommes à l’automne 2015 avaient sauvé le régime. Mais, malgré ses efforts, le Kremlin ne réussit pas à transformer l’essai. « La Russie a fait ses preuves depuis quinze ans avec les interventions militaires dans l’ex-espace soviétique, mais pas sur le plan diplomatique, souligne Bruno Tertrais, de la Fondation pour la recherche stratégique. Or la Syrie n’est pas un conflit que l’on peut geler, à cause de la multiplicité des acteurs régionaux, à la différence de la Géorgie ou de l’Ukraine. »

Les risques d’enlisement sont d’autant plus réels que la victoire de ­Damas est en bonne part un trompe-l’œil. Le régime contrôle certes la Syrie dite « utile »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Avant le début des Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang, Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde », analyse dans sa chronique les conséquences de la hausse des températures pour les villes de montagne.
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Réchauffement climatique : « Une armada de stations de sports d’hiver devront fermer ou se réinventer »

Avant le début des Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang, Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde », analyse dans sa chronique les conséquences de la hausse des températures pour les villes de montagne.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 10h14
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            

Chronique. Qu’elle était blanche, ma vallée ! Mais voilà que la neige fond inexorablement et que les glaciers se racornissent comme peau de chagrin. Parfois, comme dans les Alpes italiennes, des zones de moyenne altitude se muent en d’étranges paysages : les squelettes des pylônes des téléskis s’accrochent aux pistes désertées, et les nacelles vides se balancent au vent. Les abondantes chutes de poudreuse du début de saison sont trompeuses, la hausse des températures fait son travail de sape. La montagne n’est plus magique.
Alors à quoi bon s’obstiner à en faire un business, qui pèse encore 120 000 emplois (souvent saisonniers) et 9 milliards d’euros en France ? Et à organiser de coûteux Jeux olympiques (JO) d’hiver, comme ceux qui se dérouleront du 9 au 25 février à Pyeongchang (Corée du Sud) ? Les chiffres sont aussi parlants qu’inquiétants. Huit des vingt et une villes hôtes de ces joutes hivernales seraient trop chaudes en 2050 pour les accueillir de nouveau, estiment des chercheurs des universités d’Innsbruck (Autriche) et de Waterloo (Canada). Elles seront treize à la fin du siècle si la dérive climatique s’accentue.
Exit Chamonix, site de la première compétition en 1924, Garmisch-Partenkirchen (1936), Squaw Valley (1960), Grenoble (1968), Sarajevo (1984) ou Sotchi (2014). En 2010, à Vancouver, la température supérieure à zéro avait empêché le recours aux canons à neige et imposé le transport d’énormes quantités de la précieuse matière première… par hélicoptère. A Sotchi, où Vladimir Poutine s’est offert des réjouissances à 37 milliards de dollars (soit 30 milliards d’euros, les plus onéreuses de l’histoire), on en a stocké et réfrigéré des tonnes et des tonnes à grands frais.
Les Alpes particulièrement vulnérables
Et s’il n’y avait que les JO ! C’est toute une économie de l’or blanc qui est désormais menacée, toute une armada de stations qui devront fermer ou se réinventer pour affronter les + 3 °C à + 4 °C attendus...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Pascal Demurger, directeur général de la MAIF, explique dans une tribune au « Monde » qu’il faut concevoir de nouveaux modèles d’affaires qui maximisent l’impact social et environnemental, et ce faisant, maximisent le profit. Il préconise d’inscrire dans le code civil une nouvelle définition de la finalité de l’entreprise.
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« Une meilleure prise en compte de l’intérêt général peut être un avantage concurrentiel majeur »

Pascal Demurger, directeur général de la MAIF, explique dans une tribune au « Monde » qu’il faut concevoir de nouveaux modèles d’affaires qui maximisent l’impact social et environnemental, et ce faisant, maximisent le profit. Il préconise d’inscrire dans le code civil une nouvelle définition de la finalité de l’entreprise.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 10h07
    |

Pascal Demurger (Directeur général de la MAIF)







                        



                                


                            

Tribune. A quoi sert l’entreprise et qui doit-elle prioritairement servir ? La question se pose aujourd’hui avec une acuité nouvelle. Nos clients demandent plus de transparence et des engagements clairs, nos collaborateurs désirent partager le sens et être mieux associés aux choix les concernant, notre jeunesse veut se sentir utile et contribuer à améliorer la vie des gens. Mais, sommée par ailleurs d’être encore plus performante et rentable, l’entreprise semble prisonnière d’une injonction de plus en plus contradictoire.
Dans le cadre du futur projet de loi sur la croissance et la transformation des entreprises (Pacte), le gouvernement envisage d’inscrire l’intérêt de ces parties prenantes aux côtés du seul intérêt des associés dans la définition de l’objet social de l’entreprise. Les réactions d’une large partie du patronat ont été prudentes, quand elles n’étaient pas ouvertement hostiles. La prise en compte de l’intérêt général serait un nouveau boulet réglementaire dans la lutte acharnée que mènent nos entreprises face à leurs concurrentes étrangères.

Nous savons, pourtant, que nous ne nous imposerons pas durablement dans la compétition internationale par la seule stratégie du moins-disant. Il y aura toujours un pays prêt à offrir un taux d’imposition plus faible, une main-d’œuvre plus corvéable ou un environnement réglementaire plus laxiste. Au contraire, une meilleure prise en compte de l’intérêt général peut devenir un facteur de différenciation et s’imposer demain comme un avantage concurrentiel majeur pour notre économie.
Une nouvelle définition de la finalité de l’entreprise
Pour cela, nous devons changer de paradigme en matière de responsabilité sociétale des entreprises : le sujet n’est plus de faire du profit pour pouvoir réinvestir dans des actions à impact positif, mais bien de concevoir de nouveaux modèles d’affaires qui maximisent l’impact social et environnemental, et ce faisant, maximisent le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Le Musée du quai Branly-Jacques Chirac montre l’évolution du regard occidental sur les territoires lointains.
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Exposition : l’art au temps des colonies

Le Musée du quai Branly-Jacques Chirac montre l’évolution du regard occidental sur les territoires lointains.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 06h44
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 10h54
    |

                            Philippe Dagen








                        



                                


                            

La peinture s’appelle L’Officier topographe et fait trois mètres de long. Au centre, l’officier, en blanc immaculé, casque compris, a l’œil à son théodolite, et un autre, tout aussi propre, observe on ne sait quoi avec une paire de jumelles. Autour d’eux, des terrassiers noirs, eux aussi en blanc impeccable, travaillent. Au fond, trois d’entre eux remplissent de terre un wagonnet. Ils ont des chapeaux de paille et des poses de jardiniers paisibles. C’est le chantier idéal, que survole un biplan, blanc. La toile fait partie d’un ensemble commandé à l’artiste André Herviault (1884-1969) pour l’Exposition coloniale de 1931. Elle est exposée au Quai Branly en compagnie de deux autres, de mêmes dimensions, et aussi idylliques, L’Officier constructeur et L’Officier administrateur, dans une exposition pudiquement intitulée « Peintures des lointains » qui devrait s’appeler « Exotisme et colonialisme dans la peinture française ».
Herviault est un spécialiste, Prix de l’Afrique-Equatoriale française, Prix de l’Afrique-Occidentale française. Il fait de nombreux séjours en Afrique. Il connaît son sujet et ne peut ignorer que l’image qu’il donne de la vie dans les colonies est fausse. Il le peut d’autant moins qu’en 1928, le journaliste Albert Londres suscite un scandale en publiant dans Le Petit ­ Parisien le récit d’un voyage, « Quatre mois parmi nos Noirs d’Afrique », repris en volume, en 1929, sous le titre Terre d’ébène. Londres y décrit les épouvantables conditions dans lesquelles est construite la voie de chemin de fer Congo-Océan, de Brazzaville à Pointe-Noire. Il dénonce le principe du « travail forcé » qui autorise la Société de construction des Batignolles, chargée du chantier, à rafler des hommes dans les villages et à les réduire à un esclavage qui ne dit pas son nom. Les travaux, qui durent de 1921 à 1934, tuent 17 000 d’entre eux.

Le reportage de Londres met en rage les milieux politiques...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Pour Patrick Artus, responsable des études économiques chez Natixis, « la dynamique du capitalisme est aujourd’hui bien celle qu’avait prévue » le penseur allemand.
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Et si Karl Marx avait tout prévu (c’est une banque qui le dit) ?

Pour Patrick Artus, responsable des études économiques chez Natixis, « la dynamique du capitalisme est aujourd’hui bien celle qu’avait prévue » le penseur allemand.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 06h43
    |

            Denis Cosnard








                        



                                


                            

Le 5 mai 1818 naissait à Trèves (en Rhénanie), le deuxième enfant d’un couple de bourgeois juifs en train de se convertir au protestantisme : Karl Heinrich Marx. Deux cents ans plus tard, après avoir été tour à tour adulé, honni, puis classé au rayon des auteurs dépassés, l’intellectuel allemand reste une référence clé. « Depuis plusieurs années, la pensée de Karl Marx fait un retour fracassant, ressuscitant de son enterrement programmé après l’effondrement du système soviétique », assurait même en janvier Patrick Le Hyaric, le directeur de L’Humanité.
Marx, le retour ? Ses défenseurs viennent de recevoir un renfort inattendu, celui d’une des grandes banques françaises. « La dynamique du capitalisme est aujourd’hui bien celle qu’avait prévue Karl Marx » : tel est le titre, explicite, d’une note publiée vendredi 2 février par Natixis. Patrick Artus, son auteur, n’a rien d’un militant rouge. Responsable des études économiques de la banque, membre du conseil d’administration de Total, c’est de l’intérieur qu’il scrute les évolutions du capitalisme. Et ce qu’il voit lui paraît d’une « logique implacable ».
Le mouvement se déroule en trois temps, explique-t-il. Un, il constate une « baisse de l’efficacité des entreprises des pays de l’OCDE », qui risque de réduire le rendement du capital. Deux, pour éviter ce possible recul de leurs profits, les sociétés concernées font en sorte de capter une plus grande part de la valeur ajoutée, au détriment des salariés, dont la rémunération diminue. Cependant, cette compression a une limite : « l’impossibilité de réduire les salaires en dessous d’un certain niveau », correspondant au « salaire de subsistance ». D’où un troisième temps : pour soutenir malgré tout le rendement du capital, les capitalistes recourent à la spéculation. Ils misent sur le Bitcoin ou l’immobilier, les entreprises rachètent leurs propres actions, etc.
Simple menace
« Cette...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Ministre de l’intérieur lors de l’assassinat du préfet Erignac, Jean-Pierre Chevènement se montre hostile à la quasi-totalité des demandes des actuels dirigeants corses.
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Jean-Pierre Chevènement : « La victoire des nationalistes couronne quatre décennies de reculades de la droite et de la gauche »

Ministre de l’intérieur lors de l’assassinat du préfet Erignac, Jean-Pierre Chevènement se montre hostile à la quasi-totalité des demandes des actuels dirigeants corses.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 10h59
    |

            Gaïdz Minassian et 
Frédéric Lemaître








                        



                                


                            

Longtemps membre du Parti socialiste, Jean-Pierre Chevènement, 78 ans, a été l’une des figures marquantes de la gauche après la victoire de François Mitterrand en 1981. Plusieurs fois membre d’un gouvernement, il est notamment le ministre de l’intérieur, de juin 1997 à août 2000, de Lionel Jospin, sous la présidence de Jacques Chirac. C’est sous ce gouvernement qu’a été assassiné, à Ajaccio, le préfet Erignac. Aujourd’hui, Jean-Pierre Chevènement, souvent présenté comme jacobin et souverainiste, préside la Fondation Res Publica.
Qu’attendez-vous de la visite sur l’île d’Emmanuel Macron, les 6 et 7 février ?
La visite en Corse du président de la République répond d’abord, me semble-t-il, au souci justifié de rendre hommage à la mémoire du préfet Erignac, lâchement assassiné par un commando nationaliste dans la nuit du 6 février 1998. Assassinat dont nul n’a perdu le souvenir, perpétré contre un homme qui refusait toute protection, alors qu’il symbolisait l’Etat dans l’île. A l’époque, une majorité de Corses avaient désapprouvé ce crime.
Aujourd’hui, les nationalistes appellent à manifester dans la rue à l’occasion de la venue du président de la République en Corse. Cet appel, particulièrement déplacé eu égard aux circonstances, est révélateur d’une méthode qui, depuis le début, c’est-à-dire depuis la fin des années 1970, n’a pas changé : exercer la pression maximale sur les autorités de la République pour les amener à reculer.
Que vous inspire la victoire des nationalistes en décembre 2017 et comment jugez-vous leur attitude depuis lors ?
La victoire des nationalistes en décembre 2017 couronne quatre décennies de reculades de la droite et de la gauche, des élus locaux (tels José Rossi et Paul Giacobbi, qui n’ont jamais hésité à s’allier aux nationalistes pour se faire élire), mais aussi des gouvernements. Ainsi, le statut de collectivité unique, faisant disparaître les deux départements, véritable...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le président de l’Assemblée de Corse plaide pour un dialogue sans « tabou » avec Paris et insiste pour « lever le verrou constitutionnel », avant la visite, mardi 6 et mercredi 7 février, d’Emmanuel Macron sur l’île.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤                     


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Jean-Guy Talamoni : « Une chance unique de résoudre la question corse »

Dans une tribune au « Monde », le président de l’Assemblée de Corse plaide pour un dialogue sans « tabou » avec Paris et insiste pour « lever le verrou constitutionnel », avant la visite, mardi 6 et mercredi 7 février, d’Emmanuel Macron sur l’île.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 07h08
    |

Jean-Guy Talamoni (président de l’Assemblée de Corse)







                        



                                


                            

Tribune. « Le vrai, le seul problème est là : celui du refus de voir cette situation se dégrader au point de mettre en péril de mort une communauté originale, spécifique et qui avait résisté durant des siècles à tous les assauts. Résoudre ce problème difficile, c’est résoudre la question corse. » Pour n’avoir entendu ni cet avertissement prononcé par Nicolas Alfonsi devant l’Assemblée nationale le 3 avril 1975, ni bien d’autres ayant été formulés à l’époque, les autorités parisiennes ont contribué à ouvrir un cycle conflictuel de quatre décennies : au mois d’août 1975 éclatait l’affaire d’Aléria, et un an plus tard naissait le Front de libération nationale de la Corse (FLNC).
Le député Alfonsi poursuivra pour sa part sa carrière politique et fera bientôt volte-face pour devenir l’un des plus farouches adversaires des nationalistes. En 2014, presque quarante ans plus tard, il reconnaîtra loyalement la défaite de son camp en déclarant que les nationalistes avaient « gagné la bataille des idées ». La même année, le FLNC annoncera sa sortie de la clandestinité et, en décembre 2015, les deux courants du nationalisme – autonomiste et indépendantiste –, désormais unis sous la bannière Per a Corsica (« Pour la Corse »), accéderont aux responsabilités territoriales. En 2017, les élections législatives donneront lieu à une large victoire des nationalistes, avec trois députés sur quatre pour la coalition Per a Corsica. Enfin, en décembre 2017, de nouvelles élections territoriales constitueront un véritable raz-de-marée, assurant aux nationalistes une majorité de 56 % des suffrages exprimés.
« Le message des Corses est clair. Ils ont voté – à la majorité absolue – pour une liste entièrement composée de nationalistes »
Voilà les faits, brièvement résumés. Pour les responsables parisiens, ces quatre décennies – et singulièrement les évolutions de ces dernières années – semblent constituer une énigme. Ils auraient certainement...




                        

                        


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<filnamedate="20180205"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180205"><AAMMJJHH="2018020519">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Un collectif, parmi lesquelles la dirigeante d’entreprise Laurence Parisot et l’écrivain Alexandre Jardin, plaide dans une tribune au « Monde » pour que chaque personne puisse monnayer ses données personnelles qui, actuellement, enrichissent les géants de l’Internet.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     


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Nos « données personnelles » nous appartiennent : monétisons-les !

Un collectif, parmi lesquelles la dirigeante d’entreprise Laurence Parisot et l’écrivain Alexandre Jardin, plaide dans une tribune au « Monde » pour que chaque personne puisse monnayer ses données personnelles qui, actuellement, enrichissent les géants de l’Internet.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 15h14
    |

Jaron Lanier (Informaticien, créateur de start-up), Gaspard Koenig (Philosophe), Bruno Bonnell (Député LRM), Manuel Carcassonne (Editeur), Alexandr...







                        



                                


                            
Tribune. Par quel étrange renoncement sommes-nous devenus de la chair à algorithmes ? Tous les jours, nous abandonnons une partie de nous-mêmes à des plates-formes numériques, appâtés par l’illusion de la gratuité. Nos données personnelles les plus intimes, concernant nos goûts, nos déplacements ou nos amours, sont passées à la moulinette, collectées, agrégées, souvent revendues, et ultimement utilisées pour orienter et contrôler nos comportements.
En cliquant sur des conditions d’utilisation léonines, que nous n’avons pas le temps ni la capacité de lire, encore moins de comprendre ou de négocier, nous courons vers notre servitude volontaire. Les géants du Web bâtissent leur fortune sur les dépouilles de notre identité.
Parce qu’il est urgent de rétablir nos valeurs les plus fondamentales, nous plaidons pour instaurer une patrimonialité des données personnelles. En dépit des idées reçues, le droit de propriété a toujours été une conquête sociale permettant de rééquilibrer les rapports de pouvoir au profit de l’individu et de ses libertés.
Du cadastre aux brevets, la propriété garantit, selon l’adage romain, l’usus, l’abusus et le fructus, nous rendant pleinement maîtres de nous-mêmes et de nos actions, protégés de l’arbitraire des puissants. Voilà pourquoi Proudhon pouvait écrire dans la Théorie de la propriété, en revenant sur ses propos de jeunesse, que « la propriété est la plus grande force révolutionnaire qui existe ». Après la terre et les idées, le temps est venu d’étendre cette force révolutionnaire à nos data.
Concevoir des contrats intelligents et adaptés
Cette simple adjonction juridique, qui n’existe aujourd’hui ni en Europe ni aux Etats-Unis, suffirait à bouleverser l’écosystème du numérique. Chacun pourrait choisir en toute autonomie l’usage qu’il souhaite faire de ses données, selon leur nature et leur finalité. On pourrait ainsi accéder à certains services sans partager ses propres données,...




                        

                        


<article-nb="2018/02/05/19-15">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Dans leur ouvrage, les sociologues Christian Baudelot et Roger Establet reviennent sur un sujet délicat et mystérieux : le suicide. Avec un constat surprenant : le taux de suicide en France est au plus bas depuis le début du XXe siècle. Extraits.
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« Suicide - L’envers de notre monde », le livre qui analyse un étonnant déclin

Dans leur ouvrage, les sociologues Christian Baudelot et Roger Establet reviennent sur un sujet délicat et mystérieux : le suicide. Avec un constat surprenant : le taux de suicide en France est au plus bas depuis le début du XXe siècle. Extraits.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 12h30
   





                        



                                


                            

Le suicide est l’un des sujets les plus délicats et mystérieux d’une société. Dans leur livre, les sociologues français Christian Baudelot et Roger Establet dressent un constat étonnamment positif : en trente ans, le taux de suicide en France est passé du niveau maximum au niveau le plus faible connu depuis le début du XXe siècle. Et le mouvement s’observe dans le monde entier, mis à part dans les pays les moins développés. L’explication ? Probablement l’effet de la transformation de la perception sociale des maladies mentales, mieux acceptées. Plus sûrement encore, la conséquence de la démocratisation des antidépresseurs. Extraits.
Bonnes feuilles. Depuis 2006, des changements importants sont intervenus dans l’évolution du suicide, dans notre pays et dans une grande partie du monde. Un rapide coup d’œil sur la courbe d’évolution du suicide en France depuis le début du XIXe siècle suffit pour constater une tendance à la baisse à partir de 1985. Depuis plus de trente ans, le mouvement est net, régulier et de grande ampleur. Le taux de suicide s’établissait au cours des années 1985 et 1986 à 22,5 pour 100 000 habitants, soit un niveau voisin des années précédant la première guerre mondiale, très proche du maximum jamais enregistré une seule fois dans notre pays (25 en 1908). Il est tombé en 2013 à 15,1 et à 13,8 en 2014, soit un niveau identique ou légèrement inférieur à celui que la France a connu dans les années 1950, dans l’immédiat après-guerre et au tout début des années de forte croissance : l’un des plus faibles qui ait jamais été enregistré au cours du XXe siècle, à l’exception des années de guerre. En résumé, au cours des trente dernières années, le taux de suicide est passé du niveau maximum au niveau minimum !
Il ne s’agit pas d’un effet de structure provoqué par la fonte au cours de la période des effectifs de catégories particulièrement suicidaires, comme les agriculteurs ou les ouvriers....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Dans un entretien au « Monde », l’ancien premier secrétaire du PS tire un bilan sévère du quinquennat Hollande et estime que « la gauche doit en finir avec le jacobinisme »
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Cambadélis : « La dégénérescence des socialistes les a amenés à abandonner les exclus »

Dans un entretien au « Monde », l’ancien premier secrétaire du PS tire un bilan sévère du quinquennat Hollande et estime que « la gauche doit en finir avec le jacobinisme »



Le Monde
 |    05.02.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 10h48
    |

            Françoise Fressoz et 
Abel Mestre








                        



                                


                            
Il se définit comme un « vieux sage ». Jean-Christophe Cambadélis l’assure : depuis qu’il a quitté, à l’été 2017, le poste de premier secrétaire du Parti socialiste, il ne s’occupe plus des batailles de Solférino. Il préfère se replonger dans les écrits de François Mitterrand et puiser dans l’affrontement de ce dernier face au général de Gaulle des éléments pour proposer une solution de survie à la gauche sociale-démocrate désemparée face à Emmanuel Macron.
Depuis l’échec de François Hollande, le vice-président du Parti socialiste européen écrit beaucoup. Un premier livre, paru en septembre 2017, revenait sur la responsabilité des uns et des autres dans la débâcle de la présidentielle (Chronique d’une débâcle. 2012-2017, L’Archipel, 2017). Aujourd’hui, M. Cambadélis esquisse un projet global dans l’espoir de transcender les clivages et d’éviter la guerre des gauches. C’est l’objet de son essai La gauche de demain sera girondine (Fondation Jean-Jaurès, 80 pages, 6 euros), dans lequel il prône une décentralisation accrue en se revendiquant plus que jamais progressiste.
Un score d’à peine 3 % dans le territoire de Belfort et d’à peine 7 % dans le Val-d’Oise lors des deux élections législatives partielles qui viennent de se dérouler, le Parti socialiste est-il mort ?
Comme vous y allez ! Non, le Parti socialiste n’est pas mort, du moins en tant que structure. La fonte des militants est stoppée, il reste la première formation de gauche à l’Assemblée nationale et au Sénat. Hormis Gérard Collomb et Jean-Yves Le Drian, les grands élus ne l’ont pas quitté et son autonomie financière est assurée jusqu’à la prochaine élection présidentielle, au prix d’un double sacrifice : la vente de son siège et un plan social sans précédent. Mais si la structure demeure, le Parti socialiste est nu, il n’a plus de doctrine.
Quatre candidats se disputent malgré tout votre succession. Cela ne vous fait-il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Présent partout dans nos villes, le graffiti inspiré des romans d’anticipation joue comme un signal d’alarme face à l’état de nos sociétés. Chez le passant, il crée le sentiment d’appartenance à une communauté, celle des citoyens qui veillent et résistent.
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Le futur va dans le mur

Présent partout dans nos villes, le graffiti inspiré des romans d’anticipation joue comme un signal d’alarme face à l’état de nos sociétés. Chez le passant, il crée le sentiment d’appartenance à une communauté, celle des citoyens qui veillent et résistent.



Le Monde
 |    04.02.2018 à 13h00
    |

                            Marion Dupont








                        



                                


                            

Descriptions de sociétés ayant déraillé sur le chemin du progrès collectif, les dystopies prennent d’assaut des cinémas et les libraires. Elles mettent le plus souvent en scène un personnage principal aux prises avec un Etat totalitaire contre lequel, aidé de camarades de lutte, il va se rebeller. Presque à chaque fois – dans L’ Armée des 12 singes, The Hunger Games, Les Fils de l’homme, ou encore Watchmen, pour ne citer que ces quatre films-là –, c’est le graffiti qui est utilisé pour rassembler les opposants et déclencher la révolte. Yannick Rumpala, professeur en sciences politiques et auteur de Hors des ­décombres du monde. Ecologie, science-fiction et éthique du futur (Champ Vallon, à paraître au printemps 2018), explique que « les graffitis sont l’intermédiair e visuel d’une dissidence ou d’une résistance ». Pour lui, « ils permettent de signaler que, quelque part, clandestinement, des groupes d’opposition existent et aident à garder l’espoir de renverser la situation subie ». Elément de décor ou dispositif ­scénaristique, le graffiti fait progresser la narration en ralliant les énergies rebelles.

Son pouvoir fédérateur ne se cantonne d’ailleurs pas à la fiction – car, en retour, les références ­dystopiques font irruption sur les murs bien réels de nos villes. Le célèbre « Big Brother is watching you », ­extrait du roman 1984, de George Orwell, en est presque ­devenu un classique. Sa transposition de la fiction vers le réel est chargée de sens. « Sous forme d’affiches dans le roman d’Orwell, ce slogan est la marque du pouvoir et de son omniprésence ; sous forme de graffitis, sur nos murs, il devient symbole de résistance diffuse et presque insaisissable », poursuit Yannick Rumpala. « Ainsi exposés à la vue des potentiels passants, ces graffitis viennent comme prolonger la fonction d’avertissement ou d’alerte portée par les fictions dystopiques. »...




                        

                        


<article-nb="2018/02/05/19-18">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Né à Beyrouth, ce chercheur inspiré par Levi-Strauss porte un regard inattendu sur des problématiques contemporaines telles les migrations ou la laïcité.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
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Ghassan Hage, l’anthropologue des identités blanches

Né à Beyrouth, ce chercheur inspiré par Levi-Strauss porte un regard inattendu sur des problématiques contemporaines telles les migrations ou la laïcité.



Le Monde
 |    04.02.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 09h37
    |

                            Lucie Geffroy








                        



                                


                            

Le discours se déploie dans un français ponctué d’accents beyrouthins et de mouvements des bras qui soulignent la volonté d’être bien compris : le plus souvent, les paumes s’ouvrant vers le ciel – on remarque alors un tatouage sur l’avant-bras gauche, un fragment de phrase impossible à déchiffrer. On lui demanderait bien ce que dit ce tatouage mais ce n’est pas le sujet. Ce jour-là, Ghassan Hage est de passage à Paris pour la sortie de l’un de ses ouvrages, Le Loup et le Musulman (Wildproject, 2017), son premier livre traduit en français. Anthropologue libano-australien qui vit et enseigne à Melbourne, Ghassan Hage est une grande figure intellectuelle en Australie et est considéré, depuis la publication, en 1998, de White Nation, ouvrage ­devenu un classique, comme un des porte-voix des Whiteness Studies.
Surtout implanté dans les universités anglo-saxonnes et nord-américaines, ce champ d’étude est apparu aux Etats-Unis au tournant des années 1980-1990, comme une sorte de contrepoint aux études centrées sur la question des « races » et des minorités : il a pour ­objet la construction sociale, culturelle et historique des identités blanches. « Le ­concept de “race” était jusqu’alors surtout ­associé aux minorités. Avec les Whiteness ­Studies, on admet qu’il existe une catégorie “raciale” blanche, le plus souvent privilégiée ou dominante, qu’on étudie en y appliquant une perspective ­constructiviste », résume la sociologue Mirna Safi.
Le livre Wages of Whiteness (Verso, 1991) de l’historien américain David Roediger, souvent cité comme l’un des livres fondateurs des Whiteness Studies, montre, par exemple, ­comment la classe ouvrière américaine se ­définit en termes de classe mais aussi comme une catégorie « blanche » par opposition aux Noirs américains.
 « Capital blanc »
Dans White Nation, Ghassan Hage analyse, quant à lui, les ressorts de...




                        

                        


<article-nb="2018/02/05/19-19">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ A l’issue de tumultueux débats, l’article 27 de la loi de 1881 sur la liberté de la presse confirmait le délit de fausses nouvelles. Mais le texte se révèle aujourd’hui impuissant. Récit.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
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Avant les « fake news », les fausses nouvelles

A l’issue de tumultueux débats, l’article 27 de la loi de 1881 sur la liberté de la presse confirmait le délit de fausses nouvelles. Mais le texte se révèle aujourd’hui impuissant. Récit.



Le Monde
 |    04.02.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
04.02.2018 à 10h13
    |

                            Antoine Flandrin








                        



                                


                            
Comment endiguer le pouvoir de nuisance des « fake news » ? se ­demande, en 2018, le président de la République, Emmanuel ­Macron. Comment empêcher la propagation des fausses nouvelles ? s’interrogent, en 1879, les 22 membres de la commission, élus par la Chambre des députés pour ­légiférer sur les libertés et les responsabilités de la presse. Ces derniers ont alors tous en tête la dépêche d’Ems, cette fausse nouvelle qui a tant coûté à la France.
Moins de dix ans plus tôt, au début de l’été 1870, la France, isolée diplomatiquement, ­entend contenir les ambitions de la Prusse. L’ambassadeur Vincent Benedetti se rend, le 13 juillet, à Ems, près de Coblence, pour obtenir du roi de Prusse, Guillaume Ier, la confirmation que jamais un Hohenzollern ne briguera la couronne d’Espagne. Après deux refus fermes mais courtois, Guillaume Ier repousse une troisième demande d’audience. Informé de l’incident par une dépêche, le chancelier Otto von Bismarck voit le parti qu’il peut en tirer. Il ­réécrit la dépêche, en durcit le ton. La nouvelle dépêche soulève alors l’indignation des Français comme des Allemands. Courroucés, les députés français votent les crédits pour la ­mobilisation, et la déclaration de guerre de la France est notifiée à Berlin le 19 juillet. Moins de deux mois plus tard, le Second Empire ­s’effondre. Le 18 janvier 1871, la France, défaite, perd l’Alsace-Lorraine.
Caractère peu restrictif
Désirant protéger la IIIe République naissante contre les fausses nouvelles, les 22 membres de la commission se penchent sur les législations votées par leurs prédécesseurs. Dès 1810, le code pénal réprime les spéculateurs, qui, par des « bruits faux et calomnieux répandus à dessein dans le public », avaient opéré la hausse ou la baisse des prix des marchandises. La loi du 27 juillet 1849 punit, pour sa part, « la publication ou la reproduction faite de mauvaise foi de nouvelles fausses de nature à troubler la paix...




                        

                        


<article-nb="2018/02/05/19-20">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Pour « La Matinale du Monde », la secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes explique la force d’un engagement envers les femmes, lié à sa maternité.
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Article sélectionné dans La Matinale du 03/02/2018
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Marlène Schiappa : « On ne m’a jamais dit : “Ce ne sera pas possible” »

Pour « La Matinale du Monde », la secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes explique la force d’un engagement envers les femmes, lié à sa maternité.



Le Monde
 |    04.02.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 08h45
    |

            Annick Cojean








                        



                                


                            

Au moment où la secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes Marlène Schiappa prépare un projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles, elle publie Le Deuxième Sexe de la démocratie, aux éditions de l’Aube.
Je ne serais pas arrivée là si…
Si je n’avais pas eu d’enfants ! Peut-être même si je n’avais pas eu de filles ! Mon élan, mon moteur, mon inspiration sont nés de cette maternité, que j’ai profondément désirée. C’est elle qui m’a poussée à créer le réseau « Maman travaille », destiné à penser la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle, et qui a fait décoller ma carrière. Car devenir mère à 24 ans, c’était d’emblée affronter deux challenges. L’un, tout à fait personnel : réussir un beau parcours professionnel pour que mes filles soient fières de moi. L’autre, plus global : œuvrer à une amélioration de la condition des femmes afin que mes deux filles vivent plus tard dans un monde agréable.
Aviez-vous déjà une perception très vive des inégalités femmes-hommes ?
Bien sûr ! Mais elles sont encore plus terrifiantes quand on les projette sur ses propres filles. Avoir une petite fille plutôt qu’un petit garçon, c’est intégrer l’idée qu’elle aura une probabilité plus grande d’être battue, harcelée, agressée sexuellement, assassinée. Qu’elle sera davantage humiliée dans sa vie professionnelle, discriminée, moins bien payée, moins bien promue. Et qu’elle passera statistiquement plus de temps à faire des tâches ménagères plutôt que des tâches épanouissantes. Le seul fait de naître fille fait s’abattre sur la tête d’un enfant une tonne d’injustices. J’en ai fait un sujet de combat.
Etre maman était-il essentiel pour vous ?
J’aurais été désespérée si je n’avais pas pu avoir d’enfant ! Tant pis pour le cliché, mais je suis méditerranéenne et je viens d’une famille nombreuse. Avoir des enfants était essentiel. J’y aspirais depuis toute petite....




                        

                        

