<FILE-date="2018/02/05/19">

<article-nb="2018/02/05/19-1">
<filnamedate="20180205"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180205"><AAMMJJHH="2018020519">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ La fermeture des instituts de crédit illégaux, décidée par le président Rohani pour assainir l’économie, est un des ressorts du mouvement de contestation de décembre 2017.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La colère des petits épargnants aux sources de la contestation en Iran

La fermeture des instituts de crédit illégaux, décidée par le président Rohani pour assainir l’économie, est un des ressorts du mouvement de contestation de décembre 2017.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 17h33
    |

            Ghazal Golshiri (Téhéran, correspondance)








                        



                                


                            

Comme beaucoup d’autres Iraniens dans son entourage, Salimeh, 58 ans, n’a pas pu résister au taux d’intérêt très attractif de 24 % par an que proposait l’institut de crédit Fereshtegan, bien supérieur à ceux que pratiquent les banques en Iran. Cette Iranienne a donc placé, il y a cinq ans, 100 millions de tomans (40 000 euros à l’époque) sur un compte d’épargne. « Elle a mis toute sa prime de retraite, plus les 50 millions de tomans que je lui ai donnés », se rappelle l’unique fille de Salimeh, Samira, qui travaillait comme manager dans une société de télécommunications aux Pays-Bas. En retour, Salimeh recevait, tous les mois, de l’institut Fereshtegan, 2 millions de tomans pour payer son loyer et pour vivre. Mais petit à petit, Fereshtegan a commencé à verser les intérêts avec retard. Puis la demande de Salimeh de retirer l’intégralité de son épargne a été rejetée, avant que l’institut ferme pour de bon ses portes, en mars 2016.

Ces derniers mois, la faillite de Fereshtegan et celle de nombreux autres instituts de crédit, créés pour la grande majorité dans la semi-illégalité à l’époque de l’ancien président Mahmoud Ahmadinejad (2005-2013), a suscité un grand émoi dans la société iranienne, précipitant, à en croire de nombreux analystes, le mouvement de contestation au tournant du Nouvel An, inédit depuis 2009 par son ampleur.
Le 28 décembre 2017, une première manifestation a eu lieu à Machhad, la deuxième ville d’Iran, située dans le nord-est du pays, avant de se répandre dans 80 localités. Pour l’ancien diplomate et journaliste Mohammad Hossein Jafarian, il n’y a pas de doute : le déclenchement des manifestations à Machhad est lié au fait que cette ville a été « la plus touchée par la faillite des établissements financiers, dont Padideh Shandiz, Pardisan, Mizan, Fereshtegan et Samenolhojaj ». « La contestation à Machhad avait des racines économiques et pas politiques », croit-il savoir, rejetant la thèse d’une contestation...




                        

                        


<article-nb="2018/02/05/19-2">
<filnamedate="20180205"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180205"><AAMMJJHH="2018020519">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Une note, rendue publique vendredi, accuse le FBI d’abus de pouvoir durant son enquête concernant de possibles liens entre la Russie et l’équipe de Trump.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Si vous n’avez pas suivi l’affaire du « mémo » déclassifié par Donald Trump

Une note, rendue publique vendredi, accuse le FBI d’abus de pouvoir durant son enquête concernant de possibles liens entre la Russie et l’équipe de Trump.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 17h15
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 18h18
    |

            Jérémie Baruch et 
Pierre Bouvier








                        


C’est le sujet politique brûlant du moment aux Etats-Unis. Une note de quatre pages, compilée par la commission du renseignement de la Chambre des représentants et rendue publique, vendredi 2 février, accuse le FBI d’abus de pouvoir concernant la mise sur écoute, en pleine campagne présidentielle, de Carter Page, un membre de la campagne présidentielle républicaine.
C’est le président américain, Donald Trump, qui a donné l’ordre de la levée du secret défense, vendredi, autorisant de facto la publication du mémorandum.

 La note déclassifiée



(function() { var scribd = document.createElement("script");
    scribd.type = "text/javascript";
    scribd.async = true;
    scribd.src = "https://www.scribd.com/javascripts/embed_code/inject.js"; var s = document.getElementsByTagName("script")[0];
    s.parentNode.insertBefore(scribd, s); })();


Qui est Devin Nunes, l’auteur de la note ?

   


Elu républicain de la Californie, Devin Nunes a rédigé cette note. Il a servi dans l’équipe de transition de Donald Trump et préside la commission du renseignement de la Chambre des représentants.
Il ne s’agit pas d’un inconnu. Après le tweet du 4 mars 2017 de Donald Trump accusant Barack Obama d’avoir mis sur écoute la Trump Tower pendant la campagne de 2016, Devin Nunes avait voulu établir si l’administration précédente avait demandé la mise sous surveillance du candidat républicain pendant la campagne. Peu de temps après que la presse eut découvert que la Maison Blanche avait fourni à Devin Nunes des informations en ce sens — donnant le fort sentiment que l’élu californien était en service commandé —, ce dernier s’était momentanément récusé de la commission du renseignement, le temps d’une enquête éthique à son égard.
Lindsey Graham, sénateur républicain de la Caroline du Sud, avait alors comparé son comportement à celui de « l’inspecteur Clouseau » — connu pour accumuler les bourdes et pour s’engouffrer sur de fausses pistes avec une absence de flair qui n’honore ni la gent policière ni la France —, estimant qu’il avait perdu toute crédibilité par sa volonté d’obéir aux ordres de la Maison Blanche.
En janvier, une rumeur persistante, portée par le hashtag #ReleaseTheMemo, évoque l’existence d’une note rédigée par Devin Nunes, note qui prouverait l’absence de liens entre la Russie et Donald Trump. Ne restait à ce dernier qu’à donner l’ordre de déclassifier le mémorandum.
De quoi parle la note ?

   


La note tient en trois pages et demie, compilées par l’équipe de Devin Nunes. Ce dernier l’a remise le 29 janvier à la Maison Blanche, où des juristes l’ont épluchée pour vérifier si elle portait, ou non, atteinte à la sécurité nationale.
Le mémorandum affirme que la surveillance de Carter Page, conseiller aux affaires internationales de Donald Trump durant la campagne présidentielle, était politiquement motivée parce que improprement autorisée par les autorités compétentes. Pour preuve, la prolongation de sa mise sur écoute en mars 2017. Neuf mois plus tôt, ce dernier s’était pourtant rendu à Moscou pour rencontrer des officiels russes, ce qui avait alerté le FBI. Le magasine Time rappelle que Carter Page se vantait en août 2013 d’être conseiller auprès du Kremlin.
Le FBI et le ministère de la justice ont demandé, selon la note, cette mise sur écoute en vertu du Foreign Intelligence Surveillance Act (FISA), qui permet aux autorités fédérales d’espionner des citoyens américains suspectés d’agir comme agents d’un pays étranger.
Mais les deux agences auraient omis de signaler au juge que leur requête se fondait sur le « dossier Steele », établi par un ancien agent du renseignement britannique, à l’époque informateur du FBI et recruté par Fusion GPS. Pour M. Nunes, ce dossier « forme une part essentielle à la demande [de surveillance] de Carter Page ». Or, selon l’élu, l’agent britannique a plusieurs fois exprimé son opposition à Donald Trump, d’autant que « Steele a été rémunéré 160 000 dollars [128 000 euros] par le comité national démocrate et la campagne Clinton ».
En résumé, le mémo de Davin Nunes accuse le FBI de ne pas avoir informé les personnes ayant accepté la surveillance de Carter Page des liens entre les démocrates et le dossier Steele. Ces relations sont pour les soutiens du président Trump la preuve ultime des connivences entre le FBI, le département de la justice et les démocrates, tous supposément montés contre le président des Etats-Unis.
Pourquoi le mémorandum a-t-il été publié ?

   


Cette note a déjà fait une victime : la concorde à laquelle appelait le président américain face au Congrès lors du discours sur l’état de l’Union, mardi 30 janvier. Républicains et Donald Trump d’un côté, démocrates de l’autre, les deux camps se sont écharpés sur les raisons de la levée du secret défense de cette note.
Les républicains ont poussé à la publication du rapport parce qu’ils estiment important d’informer le peuple sur les abus des écoutes que permet le FISA — même s’ils ne prodiguent aucune solution pour amoindrir le problème. Poussés par leur base — et peut-être aussi par des robots — via le hashtag #ReleaseTheMemo, les élus républicains ont vite compris l’intérêt politique à publier un document qui avaliserait l’offensive anti-FBI lancée par Donald Trump depuis le début de l’enquête de Robert Mueller.
Pour Donald Trump, le mémorandum prouverait surtout qu’il n’a rien à voir avec les ingérences russes.
« Ce mémo blanchit complètement Trump dans l’enquête. Mais la chasse aux sorcières russes ne s’arrête jamais. Il n’y a pas eu de collusion et il n’y a pas eu d’obstruction […]. C’est la honte de l’Amérique !

This memo totally vindicates “Trump” in probe. But the Russian Witch Hunt goes on and on. Their was no Collusion an… https://t.co/GPYj4JbKgN— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


require(["twitter/widgets"]);

Pour les élus démocrates, Devin Nunes a rédigé un dossier à charge, à partir d’informations secrètes qui pourraient menacer la sécurité nationale. Pour y répondre, les membres démocrates de la commission ont écrit un contre-rapport de dix pages, mais la commission du renseignement (treize républicains et neuf démocrates) s’est pour l’instant opposée à sa publication.
Dans une lettre à Paul Ryan, président (républicain) de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, chef de groupe de l’opposition démocrate à la Chambre, a écrit :
« On a soumis à notre attention le fait que le membre du Congrès Nunes avait délibérément et matériellement modifié la teneur du mémorandum depuis qu’il a été adopté par les républicains de la Chambre. »
La direction du FBI, qui a d’ores et déjà répliqué en rappelant, mercredi, qu’elle prenait « au sérieux ses obligations [pour obtenir des autorisations d’enquêter] et le respect des procédures », a elle aussi mis en doute le contenu produit par Devin Nunes :
« Comme nous l’avons exprimé lors de notre premier examen, nous sommes très inquiets concernant des omissions matérielles de faits, qui affectent de manière fondamentale l’exactitude du rapport. »
Quelles pourraient être les conséquences de cette note ?

   


Seule la publication intégrale des documents présentés pour obtenir l’autorisation de surveillance FISA, sans doute classifiés pour la majorité d’entre eux, permettrait de mesurer la pertinence du rapport Nunes. Néanmoins, les répercussions peuvent — même sans publication nouvelle — être de plusieurs ordres.
La question qui se pose est désormais de savoir ce que fera Christopher Wray, le directeur du FBI, nommé en juin par Donald Trump, puis confirmé par le Sénat, après le limogeage de James Comey. La confiance n’étant plus de mise, la Maison Blanche craint qu’il ne mette sa démission dans la balance, rapporte CNN.
Exposant ses craintes dans le Washington Post, Adam Schiff, principal représentant du Parti démocrate au sein de la commission du renseignement, a estimé que cette note était un prétexte fourni à Donald Trump pour faire le ménage au sein du FBI et du ministère de la justice. Il pourrait ainsi limoger Rod Rosenstein, ministre adjoint à la justice, nommément présent dans le mémorandum et que le président n’estime pas assez loyal. Robert Mueller pourrait alors être chapeauté par quelqu’un de plus fidèle à Donald Trump, ce qui pourrait nuire à l’enquête. Plus prosaïquement, Donald Trump pourrait simplement en profiter pour renvoyer Robert Mueller, ce qui ne manquerait pas de provoquer encore plus de remous politiques.
Par ailleurs, Chuck Grassley, le président de la commission judiciaire du Sénat, a lui aussi déclaré que la version expurgée d’un second mémorandum pourrait être déclassifiée et donc accessible au public. Cette nouvelle note devrait à nouveau porter sur l’agent britannique Christopher Steele et sur ses liens avec le FBI.
En attendant, des sources républicaines proches de Devin Nunes ont assuré à plusieurs médias avoir trouvé d’autres exemples d’irrégularités à motif politique, entre autres au FBI, au ministère de la justice et au département d’Etat.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/05/19-3">
<filnamedate="20180205"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180205"><AAMMJJHH="2018020519">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ L’ancien médecin de l’équipe féminine de gymnastique américaine est accusé d’au moins 265 agressions sexuelles en deux décennies.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Agressions sexuelles : au moins 140 années de prison pour le médecin Larry Nassar

L’ancien médecin de l’équipe féminine de gymnastique américaine est accusé d’au moins 265 agressions sexuelles en deux décennies.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 17h15
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 17h24
   





                        



   


C’était le troisième et dernier procès pour Larry Nassar, l’ancien médecin de l’équipe féminine de gymnastique américaine, à l’origine du plus grand scandale sexuel de l’histoire du sport. Accusé d’au moins 265 agressions sexuelles en deux décennies, l’homme a été condamné à une peine de quarante à cent vingt-cinq années de prison, lundi 5 février à Charlotte (Michigan).
Le thérapeute avait déjà été condamné à soixante ans de prison pour possession d’images pédopornographiques, puis d’une peine allant de quarante à cent soixante-quinze ans de réclusion. Le thérapeute devra ainsi passer la fin de sa vie en prison.

        Lire aussi :
         

                Agressions sexuelles : le docteur Nassar et les silences complices de la gymnastique américaine



Sept chefs d’inculpation
« Ceci conclut les procédures judiciaires pénales concernant Larry Nassar. Je réalise que cela ne met pas un terme aux souffrances physiques et émotionnelles qu’il a causées », a déclaré la juge, Janice Cunningham, en prononçant le verdict. L’accusé avait plaidé coupable des sept chefs d’inculpation.
Cette ultime audience dans le petit tribunal de Charlotte (nord-est) avait connu un rebondissement quand le père de trois jeunes victimes, submergé par la rage et la douleur, s’était jeté vendredi sur l’accusé après avoir demandé à la juge de pouvoir passer cinq minutes seul avec lui pour se faire justice lui-même.
M. Nassar, médecin ostéopathe de 54 ans, a soigné pendant près de trente ans des gymnastes américaines à la clinique sportive de l’université du Michigan et au sein de la Fédération américaine de gymnastique. Mais durant toutes ces années, il s’est livré à des attouchements et à des agressions sexuelles sur des jeunes filles, en prétextant des massages pour soigner des blessures au dos ou aux hanches.
Démissions dans la fédération
Les trois procès ont ébranlé le monde de la gymnastique et du sport américain. Plusieurs responsables de la Fédération ont été accusés, malgré plusieurs plaintes, d’avoir laissé faire le praticien. La Fédération américaine de gymnastique a annoncé à la fin du mois de janvier la démission de plusieurs hauts dirigeants à la suite de ce scandale.

        Lire aussi :
         

                Jusqu’où iront les retombées après la condamnation de Larry Nassar pour agressions sexuelles ?



L’entraîneur de l’équipe féminine américaine championne olympique de gymnastique en 2012 a, pour sa part, été suspendu à titre conservatoire par la fédération. Il a été mis à l’écart dans l’attente des résultats de l’enquête en cours en vertu du règlement interne de la fédération, a fait savoir celle-ci dans un communiqué, se refusant à tout autre commentaire. Il s’est retrouvé au centre de l’attention en raison des relations personnelles et professionnelles qu’il entretenait avec Larry Nassar.




                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/05/19-4">
<filnamedate="20180205"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180205"><AAMMJJHH="2018020519">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Les démocrates veulent publier un document répondant à la note de Devin Nunes qui met en cause le FBI et le ministère de la justice dans l’enquête russe.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Regain de tension entre Donald Trump et les élus démocrates

Les démocrates veulent publier un document répondant à la note de Devin Nunes qui met en cause le FBI et le ministère de la justice dans l’enquête russe.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 16h06
   





                        



   


Le président Donald Trump a accusé, lundi 5 février, le représentant Adam Schiff, figure démocrate qui siège à la commission du renseignement de la Chambre des représentants, d’avoir fait fuiter des informations confidentielles. Cette commission est responsable d’une des enquêtes en cours sur l’ingérence supposée de la Russie dans la campagne présidentielle américaine de 2016 pour influencer le scrutin dans un sens favorable au candidat républicain.
Sur Twitter, Donald Trump a publié un message vindicatif :
« Adam (Schiff) quitte les réunions à huis clos de la commission pour divulguer illégalement des informations confidentielles. Il faut l’arrêter ! ».
Adam Schiff a répliqué du tac au tac :
« Monsieur le Président, je vois que votre matinée de “temps exécutif” a été occupée. Au lieu de tweeter des calomnies, les Américains apprécieraient que vous éteigniez la télévision et aidiez à résoudre la question du financement [du budget fédéral], celle des Dreamers [jeunes gens entrés illégalement sur le sol américain avec leurs parents] ou… vraiment tout autre chose. »

Mr. President, I see you’ve had a busy morning of “Executive Time.” Instead of tweeting false smears, the American… https://t.co/hVHLbjrvPF— RepAdamSchiff (@Adam Schiff)


require(["twitter/widgets"]);

Donald Trump a nié à plusieurs reprises qu’il y ait eu collusion entre lui et son équipe de campagne d’un côté, et la Russie de l’autre.
Le président a autorisé, vendredi 2 février, la publication d’une note confidentielle de cette commission sur la manière dont le FBI a demandé à la justice la mise sur écoute, en pleine campagne présidentielle, d’un membre de son équipe, accusé d’accointance avec Moscou.

        Lire aussi :
         

                Donald Trump attaque frontalement le ministère de la justice et le FBI



En conséquence, la commission du renseignement de la Chambre se réunit lundi en fin d’après-midi pour décider de publier ou pas un document démocrate en forme de réfutation de la note républicaine publiée vendredi.

        Lire aussi :
         

                Enquête russe : cinq questions sur un rapport qui relance l’offensive de Trump contre le FBI



Certains républicains ont minimisé la signification du mémo républicain et disent que l’enquête menée par le procureur spécial Robert Mueller, nommé par M. Trump après le limogeage du directeur du FBI James Comey, doit continuer.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/05/19-5">
<filnamedate="20180205"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180205"><AAMMJJHH="2018020519">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Selon la loi polonaise, le chef de l’Etat dispose d’un délai de 21 jours pour décider de promulguer une loi, d’y mettre son veto ou de saisir le Tribunal constitutionnel.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Varsovie estime que la réaction d’Israël à sa loi mémorielle repose sur un malentendu

Selon la loi polonaise, le chef de l’Etat dispose d’un délai de 21 jours pour décider de promulguer une loi, d’y mettre son veto ou de saisir le Tribunal constitutionnel.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 15h44
   





                        



   


Le chef de la diplomatie polonaise, Jacek Czaputowicz, estime que la réaction d’Israël à la loi polonaise controversée sur la Shoah est due à « un malentendu ».
Lundi 5 février, M. Czaputowicz, à la radio polonaise publique PR3, a exclu la possibilité de poursuivre des survivants de la Shoah qui évoqueraient des persécutions de la part de Polonais. « Selon la loi polonaise et le système juridique, cela est impossible. Nous voulons partager ces connaissances avec nos partenaires israéliens », a-t-il ajouté. « C’est un problème d’interprétation, de surinterprétation » par la partie israélienne, a-t-il encore dit.
Aux yeux des conservateurs polonais, la loi doit rendre impossible l’attribution à « l’Etat ou à la nation polonaises » de crimes nazis et empêcher l’utilisation de l’expression erronée de « camps de la mort polonais » à propos de ceux installés par les nazis allemands en Pologne occupée. En vertu du texte voté par les deux chambres du Parlement, enfreindre ces nouvelles règles pourrait même rendre passible d’une peine de prison pouvant aller jusqu’à trois ans.

        Lire aussi :
         

                Un regrettable projet de loi en Pologne



Les responsables israéliens s’émeuvent surtout d’un passage de la loi dans lequel ils voient une tentative de nier la participation de certains Polonais à l’extermination des juifs. Le texte a également fait l’objet de sérieux avertissements ou inquiétudes de Washington et de Kiev, ainsi que de nombreuses organisations juives et du Conseil international d’Auschwitz.
Le premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, s’est rendu vendredi à Markowa, au musée de la famille Ulma, dont huit membres, parmi lesquels six enfants, furent abattus par des Allemands dans la nuit du 23 au 24 mars 1944, ainsi que les huit juifs qu’ils cachaient. « Tous les crimes commis entre 1939 et 1945 [époque de l’occupation nazie] sont de la responsabilité des Allemands, et après 1945, jusqu’à la fin du communisme, c’était la responsabilité des communistes et de la Russie soviétique », a-t-il dit.

        Lire aussi :
         

                Pologne : le vote d’une loi mémorielle sur la Shoah suscite incompréhension et inquiétude



Berlin rappelle la responsabilité allemande
Ce week-end, le ministre des affaires étrangères allemand, Sigmar Gabriel, a déclaré qu’il n’y avait « pas le moindre doute sur la question de savoir qui est responsable des camps d’extermination, qui les a fait fonctionner pour tuer des millions de juifs européens : à savoir les Allemands ».
Dimanche, lors d’une émission de Radio J, le commissaire européen Pierre Moscovici a dit espérer que le président polonais Andrzej Duda « aurait la sagesse » de « ne pas promulguer » la loi. Selon la loi polonaise, le chef de l’Etat dispose d’un délai de vingt et un jours pour décider de promulguer une loi, d’y mettre son veto ou de saisir le Tribunal constitutionnel.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/05/19-6">
<filnamedate="20180205"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180205"><AAMMJJHH="2018020519">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ La ville de Lombardie à forte population immigrée ne cède pas aux discours xénophobes.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Brescia, ville modèle de l’Italie multiculturelle

La ville de Lombardie à forte population immigrée ne cède pas aux discours xénophobes.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 14h01
    |

            Jérôme Gautheret (Brescia (Lombardie), envoyé spécial)








                        



                                


                            
Pour lui, il n’y a pas eu de traversée périlleuse, d’exil déchirant ou d’odyssée tragique. Rashid Md Shamual est arrivé en Italie en 1998, de la façon la plus simple qui soit : il a débarqué à l’aéroport de Rome-Fiumicino un beau jour, depuis le Bangladesh, avec en poche un simple visa de tourisme. Puis en quelques mois, il a appris l’italien, qu’il parle désormais sans accent, et il n’est jamais reparti. Ce jeune quadragénaire raconte son histoire simplement, sans pathos, devant une assiette de plats indiens, dans une échoppe déserte du centre historique de Brescia, au cœur de la prospère et industrieuse Lombardie.
A Brescia, où il est arrivé en 2005 après avoir passé sept ans dans les Pouilles, près de Bari, Rashid Md Shamual gère une agence d’aide aux arrivants, et se démène pour eux dans les méandres infinis du droit administratif italien. Il est souvent requis pour servir d’interprète lors des auditions de ses concitoyens arrivant de Libye (en 2017, le Bangladesh était le deuxième pays d’origine des migrants secourus en Méditerranée). Il a même été désigné pour siéger au sein d’un des conseils de quartier du centre-ville – faute de disposer de la nationalité italienne, il n’est pas éligible, même à l’échelon local. Bref, à force d’efforts, il est devenu ici une sorte de notable.

Mais sa vraie fierté, ce sont ses deux garçons de 17 et 9 ans, nés en Italie. Et c’est en parlant d’eux que son regard se fait tout à coup malicieux. « Ils vont à l’école, vous savez, et ils ont de très bonnes notes. D’ailleurs, si vous posez la question, vous vous en apercevrez très vite : dans les écoles de la région, ceux qui sont les mieux classés, ce sont presque toujours les enfants d’immigrés ! »
Dans l’Italie de 2018, le parcours de Rashid Md Shamuel n’a rien d’extraordinaire. A sa manière, il est pourtant emblématique d’une révolution : la mue de l’Italie, terre d’émigration depuis des temps immémoriaux, en pays d’immigration économique,...




                        

                        


<article-nb="2018/02/05/19-7">
<filnamedate="20180205"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180205"><AAMMJJHH="2018020519">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Le seul membre encore vivant des djihadistes qui ont attaqué Paris le 13 novembre 2015 comparaît pour la première fois publiquement lundi dans la capitale belge.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Cinq questions sur le procès à Bruxelles de Salah Abdeslam

Le seul membre encore vivant des djihadistes qui ont attaqué Paris le 13 novembre 2015 comparaît pour la première fois publiquement lundi dans la capitale belge.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 12h55
   





                        


Salah Abdeslam, seul membre encore vivant des commandos djihadistes qui ont attaqué Paris le 13 novembre 2015, comparaît pour la première fois publiquement lundi 5 février à Bruxelles. Ce Français d’origine marocaine, âgé de 28 ans, est jugé en correctionnelle jusqu’à vendredi. Le point sur les questions qui entourent ce procès.
Pour quels faits Salah Abdeslam est-il jugé à Bruxelles ?
Il n’est jugé ni pour les attentats du 13-Novembre à Paris, ni pour ceux du 22 mars 2016 à Bruxelles, mais pour sa participation présumée à une fusillade avec des policiers à la fin de sa cavale.
Les faits remontent au 15 mars 2016. Des enquêteurs français et belges avaient été la cible de tirs pendant une perquisition de routine dans une des planques bruxelloises de la cellule, située rue du Dries à Forest.
Trois policiers avaient été blessés, et un djihadiste algérien de 35 ans, Mohamed Belkaïd, avait été tué en leur faisant face armé d’une kalachnikov pour couvrir la fuite d’Abdeslam et d’un complice, Sofiane Ayari, un Tunisien de 24 ans. Cet épisode avait précipité la fin de la cavale de celui qui était alors l’homme le plus recherché d’Europe.
Qui comparaît avec lui ?
Salah Abdeslam n’est pas le seul prévenu. Son complice Sofiane Ayari, qui avait réussi à prendre la fuite avec lui, est également jugé. Les deux hommes avaient été interpellés ensemble le 18 mars, à Molenbeek. Cette arrestation a été considérée par les enquêteurs comme l’élément déclencheur des attentats du 22 mars 2016, quand trois kamikazes se sont fait exploser à l’aéroport et dans le métro de la capitale belge, faisant 35 morts et 340 blessés.
Salah Abdeslam et Sofiane Ayari, jugés pour « tentative d’assassinat sur plusieurs policiers » et « port d’armes prohibées », le tout « dans un contexte terroriste », encourent jusqu’à quarante ans de prison.
Quelles sont les mesures de sécurité encadrant ce procès ?
Un dispositif de sécurité hors norme a été mis en place dans le Palais de justice et ses abords. Des véhicules blindés de la police et de l’armée ont été positionnés à proximité, et l’on pouvait voir des militaires armés et cagoulés. Un hélicoptère équipé d’un projecteur survolait l’imposant bâtiment du XIXe siècle. Des dizaines de journalistes spécialement accrédités faisaient la queue dès les premières heures de la matinée.
Abdeslam avait été transféré à la fin d’avril 2016 à Fleury-Mérogis, en région parisienne, où il a toujours été maintenu à l’isolement, sous vidéosurveillance 24 heures sur 24. Dès lundi soir et pendant la durée du procès à Bruxelles, il doit être hébergé dans une prison du nord de la France, à Vendin-le-Vieil, permettant de « dupliquer » ces conditions de détention. Il fera quotidiennement le trajet de 150 kilomètres vers Bruxelles, escorté par des unités d’élite, du GIGN français et de la police judiciaire fédérale belge alternativement.
Quelle est la défense de Salah Abdeslam ?
Dès l’ouverture du procès à Bruxelles, lundi, il a exprimé son refus de répondre aux questions de la présidente du tribunal. « Mon silence ne fait pas de moi un criminel, c’est ma défense, a-t-il lancé. C’est en mon Seigneur que je place ma confiance […]. Ce que je constate, c’est que les musulmans sont jugés et traités de la pire des manières. » « Je n’ai pas peur de vous, je place ma confiance en Allah », a-t-il ajouté.
Depuis son arrestation, le 18 mars 2016, Salah Abdeslam n’a pas lâché un mot, ou presque, aux enquêteurs. Il avait confirmé être allé chercher Sofiane Ayari en Hongrie et l’avoir ramené jusqu’à Schaerbeek, où il s’est finalement caché, tout en assurant « tout ignorer » de lui.
Son avocat, Sven Mary, a fait savoir lundi à l’ouverture du procès que son client souhaitait qu’aucune image de lui ne soit diffusée par les médias.
Quand sera-t-il jugé pour les attentats du 13-Novembre à Paris ?
La date de ce procès, autrement plus lourd, n’a pas encore été fixée, mais il aura lieu en France.
Sofiane Ayari est lui aussi suspecté dans l’enquête concernant ces attentats parisiens, où il apparaît sous plusieurs fausses identités. La justice française le réclame, vraisemblablement pour l’inculper à son tour.
Le procès en correctionnelle qui se tient à Bruxelles n’est qu’un préambule à celui qui aura lieu en France pour les attentats qui y ont fait 130 morts. Mais il est très attendu pour savoir si le petit délinquant devenu « ennemi public numéro un » sortira du mutisme qu’il observe face aux enquêteurs français.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/05/19-8">
<filnamedate="20180205"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180205"><AAMMJJHH="2018020519">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Ce « Modicare » doit être financé sur fonds publics mais les commentateurs se demandent comment l’Etat va trouver cet argent.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le gouvernement Modi promet une assurance-maladie à 500 millions d’Indiens défavorisés

Ce « Modicare » doit être financé sur fonds publics mais les commentateurs se demandent comment l’Etat va trouver cet argent.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 12h34
   





                        



                                


                            

La comparaison avec l’Obamacare était inévitable. En dévoilant, jeudi 1er février, un projet d’assurance-maladie pour les familles les plus défavorisées, le ministre indien des finances, Arun Jaitley, a parlé d’un « Modicare », en référence au chef du gouvernement, Narendra Modi. Inscrit dans le projet de loi de finances pour l’année fiscale 2018-2019 qui démarrera en avril, le dispositif a été calibré pour bénéficier à 100 millions de foyers, soit un demi-milliard d’individus environ, ce qui en fera « le plus important au monde », a souligné le ministre.
Il sera financé sur fonds publics et permettra notamment une prise en charge des traitements médicaux jusqu’à 500 000 roupies (6 265 euros) par an et par personne, en cas de maladie grave. Une révolution quand on sait que l’argent public consacré à la santé en Inde représentait 214 euros par personne en 2014 (contre 7 551 euros aux Etats-Unis), d’après les calculs de la Banque mondiale.
Globalement, ce Modicare représente un besoin de financement annuel de 110 milliards de roupies (1,4 milliard d’euros), mais les commentateurs se demandent où le gouvernement va bien pouvoir trouver cet argent. Aucun crédit n’a été orienté sur ce projet dans le budget de l’année à venir et l’Etat fédéral fait d’ores et déjà savoir que sa contribution ne pourra pas dépasser 70 milliards de roupies par an, ce qui laisse à la charge des 29 Etats fédérés de l’union indienne une ardoise de 40 milliards de roupies.
« Une folie »
« L’intention est admirable », a expliqué dans The Indian Express Pratap Bhanu Mehta, vice-doyen de l’université privée Ashoka. Selon une étude publiée fin 2017 par le ministère de la santé, seules 20 % des femmes et 23 % des hommes de la tranche d’âge 15-49 ans jouissent actuellement de l’un des rares systèmes de couverture maladie existant à l’échelle régionale. Pour autant, prévient-il, le Modicare est « une folie », car « il engage...




                        

                        


<article-nb="2018/02/05/19-9">
<filnamedate="20180205"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180205"><AAMMJJHH="2018020519">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ L’auteur de la fusillade est proche de la Ligue du Nord, le mouvement d’extrême droite dont la campagne électorale est centrée sur les migrants.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


En Italie, l’attentat de Macerata bouscule la campagne des législatives

L’auteur de la fusillade est proche de la Ligue du Nord, le mouvement d’extrême droite dont la campagne électorale est centrée sur les migrants.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 11h58
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 14h52
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Luca Traini avait prévenu deux amis, croisés vendredi 2 février au soir dans les rues de la petite ville de Macerata (région des Marches) : la mort de Pamela Mastropietro, 18 ans, dont les restes ont été retrouvés mercredi dans deux valises abandonnées sur le bas-côté d’une route de la zone industrielle voisine de Pollenza, ne restera pas impunie, et le suspect, Innocent Oseghale, un Nigérian sans papiers, ne sera pas le seul à payer les conséquences de son crime. « Demain, je prendrai mon pistolet et je ferai justice », avait-il annoncé.
Mais ils ne l’avaient pas pris au sérieux : après tout, Luca Traini ne connaissait pas cette jeune fille échappée d’un centre de désintoxication, dont la mort sordide fait les gros titres de la presse nationale depuis plusieurs jours, en pleine campagne électorale. Et de toute façon, quel crédit accorder aux vantardises d’un camarade de salle de sport ?

Pourtant, le lendemain, en fin de matinée, Luca Traini a ouvert le feu depuis sa voiture de sport sur un groupe de migrants qui attendaient un bus, au pied du monument aux morts de la ville. Puis, descendant de son véhicule, il a enlevé son blouson, s’est ceint d’une écharpe tricolore, et a exécuté un salut fasciste en criant « Viva Italia ! », avant de se livrer aux forces de l’ordre, sans opposer de résistance.
Six demandeurs d’asile originaires d’Afrique ont été hospitalisés, et l’auteur de l’attentat a été aussitôt placé à l’isolement, dans la prison voisine de Montaculto. Tentant de cerner la personnalité du jeune homme, âgé de 28 ans, les carabiniers ont perquisitionné son domicile, et y ont trouvé tout l’attirail du militant néonazi, notamment des armes et un exemplaire de Mein Kampf. Mais ils se sont vite aperçus d’un fait rendant le profil de Luca Traini plus atypique : celui-ci avait des liens assez poussés avec la Ligue du Nord, le parti d’extrême droite qui a décidé depuis plusieurs semaines d’axer sa campagne...




                        

                        


<article-nb="2018/02/05/19-10">
<filnamedate="20180205"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180205"><AAMMJJHH="2018020519">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Le défenseur des droits fondamentaux a été arrêté pour avoir appelé à des réformes démocratiques.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

L’avocat chinois des droits humains Yu Wensheng détenu au secret

Le défenseur des droits fondamentaux a été arrêté pour avoir appelé à des réformes démocratiques.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 11h40
    |

            Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)








                        



   


Le sort de l’avocat chinois Yu Wensheng, dont l’épouse a informé le 27 janvier de la « disparition » et de sa détention aux mains de la police chinoise, inquiète sa famille et ses confrères. M. Yu semble subir aujourd’hui des représailles pour une lettre ouverte rédigée lors de l’ouverture du 19e Congrès du Parti communiste en octobre 2017 et appelant à la démission du président Xi Jinping. Il a été placé en « résidence surveillée sur un lieu désigné » (RSDL en anglais) pour six mois, sous prétexte « d’incitation à la subversion ».
Depuis 2012, cette mesure rend légale la pratique des « disparitions forcées » organisées par la police politique chinoise. « Le transfert de Yu Wensheng en RSDL loin de Pékin, à Xuzhou [province du Jiangsu, à l’est] est une tournure inquiétante », confie par courriel Peter Dahlin, un Suédois qui dirigea en Chine une association d’aide aux avocats avant d’être lui-même arrêté début 2016 puis expulsé.
« Il n’y a pas de moyens légaux de combattre cette mesure. M. Yu n’aura pas accès à un avocat. C’est en fait une punition, des gens peuvent y rester des mois mais ne sont parfois jamais jugés. On sait avec quasi-certitude qu’il subira des formes de tortures, physiques ou mentales », poursuit M. Dahlin, qui a contribué à un livre récent de témoignages sur la RSDL en Chine, The People’s Republic of the Disappeared (CreateSpace Independent Publishing Platform, non traduit), publié à l’étranger.
La RSDL est l’arme répressive la plus utilisée contre les avocats depuis la rafle du 9 juillet 2015, responsable de dizaines de détentions prolongées et de condamnations. « Lorsque vous vous trouvez en RSDL, vous n’avez aucun contact avec l’extérieur, vous êtes surveillé 24 heures sur 24, vous subissez toutes sortes de vexations », explique au Monde l’avocate Wang Yu, la plus célèbre cible de cette campagne.
Mme Wang a passé six mois dans une geôle secrète. Elle fut soumise à toutes sortes de mesures coercitives, fut déshabillée de force ou dut par exemple rester des journées entières dans un carré tracé sur le sol, avant d’être déférée à un centre de détention. Libérée à l’été 2016, elle demeure, avec son époux, sous surveillance constante et a été invitée à quitter Pékin cette semaine pour des « vacances au soleil sous escorte ». L’objectif est de l’empêcher de venir en aide à ses confrères : outre Yu Wensheng, une autre figure clé de cette communauté de défenseurs des droits fondamentaux, Sui Muqing, a vu sa licence révoquée le 23 janvier. Une « sanction », a-t-il expliqué sur Twitter, en réponse à son obstination à défendre des « dossiers sensibles ».
« L’Etat de droit a régressé »
Yu Wensheng avait vu, lui, sa licence révoquée quelques jours avant son arrestation le 19 janvier. Ce jour-là, à 6 h 30 du matin, il conduisait son fils à l’école dans la lointaine banlieue ouest de Pékin quand un commando de policiers, dont certains encagoulés comme pour une opération antiterroriste, l’ont fait sortir de voiture. Le seul témoin, son fils de 13 ans, est retourné dire à sa mère ce qu’il avait vu.
Une vidéo prise par les policiers et dont le montage a été mis en ligne par ceux-ci, montrera M. Yu crier à un officier qu’il n’obéira pas, puis tenter de lui décocher un coup de poing. L’arrestation fut d’abord présentée à la famille comme une réponse au délit de « querelles et trouble à l’ordre public ».

        Lire notre analyse
         

          sur les droits humains : les Chinois abandonnés à leur sort



Pour son entourage, M. Yu est détenu pour la lettre ouverte du 18 octobre 2017 dans laquelle il demandait l’instauration d’un système démocratique et jugeait que, sous cinq années au pouvoir de M. Xi, « les droits humains se sont détériorés, l’Etat de droit a régressé, la torture s’est répandue et les erreurs judiciaires se sont installées ».
« Nous pensons que la vraie raison, c’est la lettre ouverte qu’il a diffusée pour appeler à cinq réformes de la Constitution chinoise, dont l’organisation d’élections présidentielles avec des candidats multiples », explique au Monde Huang Hanzhong, l’avocat engagé par l’épouse de Yu Wensheng.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/05/19-11">
<filnamedate="20180205"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180205"><AAMMJJHH="2018020519">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Deuxième ville du Liban, Tripoli, dans le nord du pays, est directement affectée par le conflit qui ravage la Syrie voisine.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

Deux morts lors d’une opération de l’armée libanaise à Tripoli

Deuxième ville du Liban, Tripoli, dans le nord du pays, est directement affectée par le conflit qui ravage la Syrie voisine.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 11h24
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 12h32
   





                        


Un soldat libanais et un combattant armé ont été tués lors d’une opération antiterroriste à Tripoli, grande ville du nord du pays.
Les faits. Les échanges de tirs se sont déroulés dans la soirée du dimanche 4 février, dans le quartier sunnite de Bab Al-Tebbané. Plusieurs autres soldats ont été blessés, précise l’armée sur son site Internet. Un des assaillants, Hajer Al-Abdallah, présenté comme un « terroriste », a été tué, tandis que son frère a été arrêté. « Des armes et des munitions ont été retrouvées », a ajouté l’armée, sans autre précision sur les hommes visés par le raid.Le contexte. Deuxième ville du Liban, Tripoli est directement affectée par le conflit qui ravage la Syrie voisine depuis 2011, où le régime du président Bachar Al-Assad, issu de la minorité alaouite, lutte depuis 2011 contre une rébellion majoritairement sunnite. Des affrontements violents ont opposé à plusieurs reprises le quartier sunnite de Bab Al-Tebbané au quartier voisin à majorité alaouite de Djabal Mohsen, entraînant le déploiement de l’armée en 2014. Pendant plusieurs années, les djihadistes du groupe Etat islamique ou de l’ex-branche syrienne d’Al-Qaida ont, en outre, maintenu une présence à la frontière entre la Syrie et le Liban. Plusieurs attentats meurtriers ont été menés dans le pays. Les autorités libanaises disent avoir démantelé plusieurs cellules et déjoué un certain nombre de complots islamistes depuis le dernier grand attentat en date, en 2015 à Beyrouth.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/05/19-12">
<filnamedate="20180205"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180205"><AAMMJJHH="2018020519">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Le texte sera présenté aux adhérents du SPD. Une consultation à haut risque pour le chef du parti Martin Schulz.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Allemagne : sociaux-démocrates et conservateurs sur le point de conclure un « contrat de coalition »

Le texte sera présenté aux adhérents du SPD. Une consultation à haut risque pour le chef du parti Martin Schulz.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 11h24
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 15h32
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


Enfin. Plus de quatre mois après les élections législatives du 24 septembre 2017, les conservateurs (CDU-CSU) et les sociaux-démocrates (SPD) allemands pourraient achever, lundi 5 février, la rédaction d’un « contrat de coalition ». Ils avaient initialement prévu de le sceller dimanche soir. Par précaution, des chambres d’hôtels ont été réservées jusqu’à mardi à Berlin pour les négociateurs, au cas où les discussions ne seraient pas terminées lundi soir. « On ne peut pas prédire le temps que ça va prendre, il reste des points importants à régler », a prudemment reconnu, dimanche, la chancelière Angela Merkel, présidente de la CDU.
Au menu de ces ultimes tractations, qui doivent reprendre lundi à 10 heures : l’encadrement des contrats de travail à durée déterminée (CDD) et la réforme du système de santé, deux points sur lesquels les partenaires peinent à s’entendre mais sur lesquels les sociaux-démocrates ont promis qu’ils se montreraient particulièrement fermes vis-à-vis des conservateurs.
Pour le SPD, l’enjeu est en effet de taille. Contrairement à ce qui avait été le cas en 2013, quand ils avaient obtenu des conservateurs l’introduction du salaire minimum dans le contrat de coalition, les sociaux-démocrates ne peuvent pas, pour l’instant, se prévaloir d’avoir arraché une grande réforme emblématique. Au contraire : par exemple, sur la très symbolique question du regroupement familial pour les réfugiés, qui a fait l’objet de vifs débats la semaine dernière, le compromis qui a été trouvé correspond largement à ce que réclamaient les conservateurs.

        Lire aussi :
         

                En Allemagne, entre Angela Merkel et Martin Schulz, une coalition par défaut



Or Martin Schulz, le président du SPD, doit absolument convaincre sa base qu’il a obtenu des concessions significatives de la part de la CDU-CSU : les 440 000 adhérents du parti devront dire, dans les prochaines semaines, s’ils approuvent ou non l’accord trouvé entre les partenaires. Un vote dont l’issue est très incertaine, comme le laisse présager le déroulement du congrès du SPD, à Bonn, le 21 janvier : ce jour-là, à la question de savoir s’ils acceptaient de négocier la rédaction d’un contrat de coalition avec la CDU-CSU, seuls 56 % des 600 délégués du parti avaient répondu « oui ».
Les mauvais sondages du SPD
L’accord qui devrait être trouvé dans les prochaines heures ne signifie donc pas la fin de l’interminable feuilleton politique qui a commencé au soir des législatives. Une fois celui-ci rendu public commencera en effet une intense campagne interne au SPD entre partisans et opposants d’une « grande coalition », ces derniers étant emmenés en particulier par Kevin Kühnert, le président des « Jusos » (jeunes socialistes), le leader des « anti GroKo ».
Si le SPD approuve l’accord, un nouveau gouvernement pourrait être constitué au mois de mars, sous la direction d’Angela Merkel. S’il s’y oppose, deux possibilités sont envisageables : la formation d’un gouvernement minoritaire, avec uniquement des ministres conservateurs en son sein, ou la tenue de nouvelles élections, ce qui serait une première en Allemagne.

        Lire aussi :
         

                Accord de gouvernement en Allemagne : visualisez soixante-huit ans de coalitions dans le pays


Cette perspective d’un nouveau scrutin législatif est d’ailleurs ce qui pourrait inciter une partie des adhérents du SPD à approuver, malgré leurs réticences, l’entrée de leur parti au gouvernement : dans les plus récents sondages, les sociaux-démocrates ne sont en effet crédités que de 18 % à 20 % des intentions de vote, soit encore moins que les 20,5 % qu’ils ont obtenus aux législatives du 24 septembre 2017, leur plus mauvais résultat depuis la fin de la seconde guerre mondiale. En cas de nouvelles élections, l’extrême droite pourrait à l’inverse se renforcer : dans les sondages le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) est crédité de 13 % à 14 % des voix. En septembre 2017, il avait obtenu 12,6 % des suffrages exprimés.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/05/19-13">
<filnamedate="20180205"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180205"><AAMMJJHH="2018020519">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ La « Caravane pour la dignité », arrivée dimanche à Mexico, a dénoncé les malversations du PRI au pouvoir.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Au Mexique, une marche anticorruption rebat les cartes de la présidentielle

La « Caravane pour la dignité », arrivée dimanche à Mexico, a dénoncé les malversations du PRI au pouvoir.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 11h22
    |

            Frédéric Saliba (Mexico, correspondance)








                        



   


« Nous exigeons la fin du pacte d’impunité au Mexique », a martelé, dimanche 4 février, Javier Corral, gouverneur de l’Etat de Chihuahua (nord), en terminant à Mexico une marche anticorruption qui a traversé, depuis seize jours, le pays. Issu de l’opposition, M. Corral dénonce les malversations financières du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI, centre) au pouvoir. Sa croisade, inédite de la part d’un gouverneur, rebat les cartes de l’élection présidentielle du 1er juillet.
Plusieurs milliers de manifestants ont scandé « No estas solo ! » (« tu n’es pas seul ! ») aux côtés de M. Corral qui brandissait un drapeau mexicain en tête de cortège. Membre du Parti d’action nationale (PAN, droite), le gouverneur a remporté, en 2016, l’Etat de Chihuahua au PRI, découvrant alors un système de triangulation de fonds fédéraux monté par son prédécesseur, César Duarte (2010-2016), au profit des campagnes électorales du parti présidentiel.

        Lire aussi :
         

                Au Mexique, une marche anticorruption ébranle la présidence



Depuis, cet ancien journaliste exige la détention et l’extradition de M. Duarte, en fuite aux Etats-Unis. Sa marche, baptisée « Caravane pour la dignité », est partie, le 20 janvier, de la frontière avec les Etats-Unis, s’arrêtant dans une quinzaine de villes. A chaque fois, M. Corral a accusé le président Enrique Peña Nieto de « protéger » son prédécesseur et de bloquer 900 millions de pesos (39 millions d’euros) destinés à Chihuahua comme moyen de pression.
« Mafia au pouvoir »
L’affaire place la corruption électorale au cœur du débat public à cinq mois du plus grand scrutin de l’histoire du Mexique. Outre la présidence, 3 400 mandats locaux ou nationaux sont en jeu, dont 500 députés, 128 sénateurs et huit gouverneurs. La campagne ne débute officiellement que le 30 mars. « M. Corral a révélé le modus operandi du PRI, qui s’étend bien au-delà de Chihuahua », s’est félicitée l’analyste politique Denise Dresser, venue soutenir le gouverneur.
Le coup de projecteur sur les dérives profite aux candidats présidentiels de l’opposition
L’ancien parti hégémonique, qui a dirigé le pays de 1929 à 2000, avant de revenir au pouvoir en 2012, concentre 32 % des 8 843 plaintes pour délits électoraux déposés de janvier 2014 à août 2017. D’autant que deux autres anciens gouverneurs du PRI semblent avoir mis en place le même système de détournement de fonds publics. Javier Duarte (2010-2016), de l’Etat de Veracruz (est) et Roberto Borge (2010-2016), du Quintana Roo (sud-est), sont tous deux derrière les barreaux pour corruption.
Le coup de projecteur sur ces dérives profite aux candidats présidentiels de l’opposition, Andres Manuel Lopez Obrador, du Mouvement de régénération nationale (Morena, gauche), et Ricardo Anaya, du PAN. Le premier est donné favori dans tous les sondages. A 64 ans, celui qu’on surnomme par ses initiales, « AMLO », se présente pour la troisième fois consécutive à une présidentielle. Taxé de populiste par ses détracteurs, l’ancien maire de Mexico (2000-2005) dénonce « la mafia au pouvoir », promettant de « laver le gouvernement de la corruption, de haut en bas ».
Jeudi 1er février, des dirigeants du PRI ont porté plainte contre M. Corral pour « prosélytisme électoral » au bénéfice du candidat du PAN, M. Anaya. L’ancien président du Parti conservateur, âgé de 38 ans, a noué une surprenante coalition avec deux formations de gauche, le Parti de la révolution démocratique et le Mouvement citoyen. Il milite pour des « procureurs indépendants, nommés par le Congrès et non plus par le président ». L’affiliation de M. Corral au PAN dope par ricochet la cote de M. Anaya, pourtant soupçonné d’enrichissement illicite. Un sondage, publié le 29 janvier par le quotidien El Universal, le créditait de 26 %, derrière AMLO (32 %) et devant José Antonio Meade (16 %), candidat d’une coalition menée par le PRI.
« Le mouvement ira jusqu’à ses ultimes conséquences »
« Il faut en finir une fois pour toutes avec la corruption », répète M. Meade, proposant de durcir les peines contre les corrompus et de récupérer leurs biens mal acquis. Mais l’ancien ministre des finances du gouvernement Peña Nieto peine à convaincre. Pourtant, son profil semblait insuffler un vent nouveau au sein du PRI qui a choisi pour la première fois un champion non issu de ses rangs.
D’autant que M. Meade, qui n’est membre d’aucun parti, a aussi été le ministre de l’énergie puis des finances de l’ancien président Felipe Calderon (2006-2012), issu des rangs du PAN. Ce haut fonctionnaire de 48 ans semblait pouvoir ratisser large auprès des électeurs des deux partis. Mais il ne parvient pas à se détacher de l’ombre de M. Peña Nieto qui l’a imposé comme candidat.
Dimanche, M. Corral s’est réjoui de la signature d’un accord avec le gouvernement, qui s’est engagé à débloquer les fonds réclamés et à solliciter l’extradition de son prédécesseur. Il a néanmoins précisé que sa marche « s’achève à Mexico, mais pas le mouvement, qui ira jusqu’à ses ultimes conséquences ». Le gouverneur prévoit de lancer un appel national contre la corruption politique. Quel impact aura-t-il sur les 20 % à 28 % d’électeurs indécis qui pourraient faire basculer l’élection ?



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/05/19-14">
<filnamedate="20180205"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180205"><AAMMJJHH="2018020519">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Editorial. Le texte mémoriel sur la Shoah participe de la volonté du gouvernement polonais, dirigé par le parti nationaliste Droit et Justice (PiS), de réécrire l’Histoire de la Pologne.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Un regrettable projet de loi en Pologne

Editorial. Le texte mémoriel sur la Shoah participe de la volonté du gouvernement polonais, dirigé par le parti nationaliste Droit et Justice (PiS), de réécrire l’Histoire de la Pologne.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 11h17
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 11h26
   





                        


Editorial du « Monde ». Soyons clairs : il n’y a pas eu de camps de la mort polonais pendant la deuxième guerre mondiale, il y a eu des camps d’extermination allemands en Pologne. Ces camps, dans lesquels ont été tués des millions de juifs et des centaines de milliers de non-juifs ont été créés et dirigés par l’Allemagne nazie sur le territoire de la Pologne occupée. Contrairement à d’autres pays de l’Europe occupée, comme la France, l’Etat polonais n’a pas collaboré avec le IIIe Reich. Il n’y a pas eu de participation de l’Etat polonais à la Shoah.
Voilà pour les vérités historiques. La situation géographique des camps d’Auschwitz-Birkenau ou de Majdanek a souvent conduit à cette confusion sémantique d’autant plus blessante pour les Polonais que leur pays a perdu près de 30 % de sa population dans la deuxième guerre mondiale – proportionnellement plus que toute autre nation engagée dans le conflit : 6 millions de Polonais, dont la moitié étaient juifs, ont disparu. Barack Obama lui-même a dû s’excuser, en 2012, pour avoir employé l’expression « camps de la mort polonais » en décorant à titre posthume le résistant polonais Jan Karski qui avait, en vain, tenté d’alerter les Alliés de l’existence de ces camps et de l’extermination systématique des juifs qui s’y déroulait. Ni Roosevelt ni Churchill ne voulurent l’entendre.
Emotion
Pourquoi, alors, le projet de loi adopté la semaine dernière par le Parlement polonais, punissant d’une peine allant jusqu’à trois ans de prison toute personne qui « attribue à la République de Pologne et à la nation polonaise, publiquement et contrairement à la réalité des faits, la responsabilité ou la coresponsabilité de crimes nazis perpétrés par le IIIe Reich allemand », suscite-t-il tant d’émotion ? Ce vote a provoqué de fortes réactions en Israël, et l’administration américaine, pourtant solide alliée du gouvernement polonais actuel, a demandé à Varsovie de reconsidérer le texte « au vu de l’impact qu’il pourrait avoir sur le principe de liberté d’expression » et sur les relations polono-américaines.
Ce projet de loi est condamnable parce qu’il limite le travail des historiens et des journalistes, ainsi dissuadés de s’intéresser à ce qui pourrait les emmener sur le terrain d’une participation de Polonais aux crimes de l’Occupation. Au-delà de l’utilisation de l’expression « camps de la mort polonais », la formulation des chefs d’accusation est suffisamment large pour permettre une interprétation extensive et abusive de toute discussion du rôle, par exemple, de citoyens polonais dans des pogroms commis pendant la guerre.
Le texte participe de la volonté du gouvernement polonais, dirigé par le parti nationaliste Droit et Justice (PiS) de Jaroslaw Kaczynski, de réécrire l’Histoire en un récit dans lequel la Pologne ne serait qu’héroïque et martyre. Cette même tentation est à l’origine du détournement, en 2017, de la mission du Musée de la deuxième guerre mondiale, à Gdansk, jugé trop universaliste et pas assez polonais.
Il rompt, enfin, avec une évolution notable, depuis une douzaine d’années, qui a conduit les Polonais à regarder en face la longue et complexe histoire des juifs en Pologne, consacrée par l’ouverture en 2013 d’un remarquable musée à Varsovie, saluée en Israël. Le projet de loi attend la signature du président Andrzej Duda pour être promulgué. M. Duda rendrait un grand service à la Pologne en résistant aux injonctions de M. Kaczynski et en refusant de le signer.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/05/19-15">
<filnamedate="20180205"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180205"><AAMMJJHH="2018020519">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Depuis des décennies, la Grèce refuse que le petit pays des Balkans ait le même nom que celui de la région de Thessalonique.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Mobilisation massive à Athènes pour que la Macédoine change de nom

Depuis des décennies, la Grèce refuse que le petit pays des Balkans ait le même nom que celui de la région de Thessalonique.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 11h03
    |

                            Intérim (Athènes, correspondance)








                        



   


« Il n’y a qu’une Macédoine et elle est grecque », scandaient, des drapeaux grecs à la main, les opposants à un compromis avec Skopje, dimanche 4 février, place Syntagma, à Athènes. Dans le défilé, des députés de droite et des membres de l’Eglise grecque côtoient des militants du parti néonazi Aube dorée, mais aussi des citoyens lambda venus des quatre coins de la Grèce en bus. Vingt-cinq ans après le début de la crise diplomatique entre les deux pays, l’appellation de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine continue de créer des remous en Grèce. Car la Macédoine est aussi le nom de la région de Thessalonique. Et les Grecs refusent que leur voisin des Balkans conserve le même nom.
Selon les organisateurs de la manifestation – principalement des représentants de la diaspora et des membres d’associations religieuses se voulant « apolitiques » –, plus d’un million de personnes étaient présentes, contre 140 000 d’après la police. Deux semaines auparavant, 90 000 personnes selon la police (500 000 selon les organisateurs) avaient défilé à Thessalonique, capitale de la région grecque de Macédoine, terre de Philippe II et de son fils Alexandre le Grand.
Alors que Skopje et Athènes se disaient optimistes, début janvier, et que l’émissaire des Nations unies sur cette question, Matthew Nimetz, affirmait, mardi 30 janvier, à Athènes, que « le moment « [était] venu » de trouver une solution, les partis d’opposition et même les Grecs indépendants, pourtant alliés d’Alexis Tsipras au sein du gouvernement de gauche, ne sont pas prêts à un accord qui comprendrait le mot « Macédoine » dans le futur nom du pays voisin. Et 71,5 % des Grecs s’y opposent aussi, selon un sondage publié samedi par l’université de Thessalonique. Or, le gouvernement grec et le premier ministre macédonien social-démocrate, Zoran Zaev, se dirigeraient vers un nom composé comme « Haute Macédoine » ou « Macédoine du Nord ».
« L’Eglise a un rôle obscur »
Pour Vassiliki Georgiadou, professeure de sciences politiques à l’université Panteion d’Athènes, plusieurs acteurs compromettent une avancée des négociations alors que « le récent changement politique à Skopje, avec un nouveau gouvernement progressiste, était une occasion à saisir pour résoudre ce conflit ». Tout d’abord, estime l’analyste, la Nouvelle Démocratie (parti conservateur), qui « répond à l’appel de son aile droite et pense que sa base électorale veut qu’elle prenne position fermement sur cette question ». En 1992, elle avait déjà divisé le parti puisque Antonis Samaras, premier ministre entre 2012 et 2015, avait formé un parti dissident à cette occasion.
« L’Eglise aussi a un rôle obscur, estime Vassiliki Georgiadou. Au début des négociations, elle avait déclaré qu’elle ne devait pas se mêler des affaires politiques alors que plusieurs métropolites [titre religieux porté par certains évêques] ont ensuite annoncé participer au rassemblement et pris position. »
Reste l’allié au gouvernement Tsipras, le parti nationaliste des Grecs indépendants, qui s’oppose à tout compromis avec Skopje. « Alexis Tsipras devra faire voter un accord par le Parlement. Les Grecs indépendants ne voteront pas pour. Seuls les centristes peuvent lui donner des voix, mais cela paraît très compliqué », constate Mme Georgiadou.
Mais la nouvelle appellation devra aussi être ratifiée à Skopje. « Le premier ministre doit obtenir deux tiers des voix au Parlement pour que le nom soit validé, une mission presque impossible ! », souligne Miltiadis Sarigiannidis, professeur de droit international à l’université Aristote de Thessalonique. Mais même en cas de non-résolution du « conflit du nom », Alexis Tsipras devrait ressortir gagnant. « Pour le gouvernement Syriza, soulever cette question et tenter de la régler, c’est se montrer comme un parti uni et capable de négocier, contrairement à l’image que donne actuellement la Nouvelle Démocratie, son principal adversaire, pour les prochaines élections », constate Ioannis Armakolas, chercheur sur les Balkans à la Fondation hellénique pour la politique européenne et étrangère.
Le soir du rassemblement de dimanche, le cabinet Tsipras publiait un communiqué : « La grande majorité des Grecs, quelles que soient leurs opinions (…), conviennent que les grands problèmes de politique étrangère ne doivent pas se régler par le fanatisme et l’intolérance. » A dix-huit mois des législatives, la campagne semble déjà lancée sur une question d’identité nationale.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/05/19-16">
<filnamedate="20180205"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180205"><AAMMJJHH="2018020519">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Liviu Dragnea, le chef de file des sociaux-démocrates au pouvoir, est en froid avec Bruxelles, qui s’inquiète de ses projets de réforme judiciaire.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
édition abonné


En Roumanie, la tentation eurosceptique de la majorité sociale-démocrate

Liviu Dragnea, le chef de file des sociaux-démocrates au pouvoir, est en froid avec Bruxelles, qui s’inquiète de ses projets de réforme judiciaire.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 11h01
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 11h27
    |

            Mirel Bran (Bucarest, correspondant)








                        



                                


                            

Après la Pologne et la Hongrie, la Roumanie joue à son tour le rapport de force avec les instances européennes. Liviu Dragnea, le chef de file des sociaux-démocrates au pouvoir depuis décembre 2016, a décidé de durcir le ton pour mener son offensive contre le parquet anticorruption, qui le met en cause. « La Roumanie est un Etat souverain, a-t-il déclaré, lundi 29 janvier, devant les députés à l’occasion de l’investiture du nouveau gouvernement. C’est notre devoir de défendre cette souveraineté tant qu’on est en vie. »
La Roumanie a rejoint l’Union européenne en 2007, en s’engageant à renforcer la lutte contre la corruption tout en réformant l’appareil judiciaire, afin de respecter les critères d’adhésion. Les progrès dans ces domaines ont été appréciés à Bruxelles, mais la campagne anticorruption lancée par les procureurs et les magistrats depuis quelques années est aujourd’hui menacée par des dirigeants passibles de prison.
Abus de pouvoir
En décembre dernier, le Parlement de Bucarest a voté plusieurs lois qui diminuent drastiquement le pouvoir et les marges de manœuvre des enquêteurs anticorruption. Objectif : protéger les numéros deux et trois de l’Etat roumain, les présidents du Sénat et de la Chambre des députés, qui font l’objet d’enquêtes pénales.
Calin Popescu-Tariceanu, le président du Sénat et l’allié des sociaux-démocrates au gouvernement, est poursuivi pour fausses déclarations. Surtout, Liviu Dragnea, le chef du Parti social-démocrate (PSD) et président de la Chambre des députés, a été condamné en 2016 à deux ans de prison avec sursis pour fraude électorale. Il est actuellement jugé pour abus de pouvoir dans une affaire d’emplois fictifs, et fait l’objet d’une autre enquête pénale pour le détournement présumé de 20 millions d’euros de fonds européens.

« Depuis 2001, le suspect Liviu Dragnea a mis en place un groupe criminel dont le but était de détourner les fonds publics et les fonds...




                        

                        


<article-nb="2018/02/05/19-17">
<filnamedate="20180205"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180205"><AAMMJJHH="2018020519">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Droite et gauche ménagent leurs alliés les plus radicaux venus de l’Est.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Au Parlement européen, petits arrangements avec les populistes

Droite et gauche ménagent leurs alliés les plus radicaux venus de l’Est.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 10h43
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Dans les couloirs du labyrinthique siège bruxellois du Parlement européen, des élus du Parti populaire européen (PPE, droite), du Parti socialiste européen (PES, gauche), ou de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ALDE, centre) s’activaient, jeudi 1er février, pour savoir s’il fallait inscrire à l’agenda de la plénière à Strasbourg, quelques jours plus tard, une nouvelle résolution condamnant les violations à l’Etat de droit du gouvernement polonais. Et une autre dénonçant les tentatives du Parti socialiste au pouvoir en Roumanie d’affaiblir le parquet anticorruption du pays.

Résultat des courses : pas de résolution sur la Pologne, mais la démission programmée d’un vice-président de l’hémicycle, le Polonais Ryszard Czarnecki, membre du parti Droit et justice (PiS), le parti réactionnaire aux manettes à Varsovie (associé aux tories britanniques au sein des Conservateurs et réformistes européens, ECR), pour avoir insulté une compatriote PPE. Pas davantage de résolution contre Bucarest : les conservateurs n’ont pas rangé leurs couteaux face aux sociaux-démocrates, mais veulent ménager leurs partenaires locaux de l’Alliance démocratique des Hongrois de Roumanie, alliés de circonstance du gouvernement socialiste roumain.
Cette cuisine politique complexe échappe largement au grand public, la notoriété des partis paneuropéens chutant brutalement hors des cercles bruxello-strasbourgeois. Pour autant, elle contribue à largement les affaiblir.
Limiter les dérives
Ces formations, qui n’ont acquis un véritable statut qu’avec le traité de Maastricht, en 1992, ont toujours été divisées : « Leur cohérence politique et idéologique est problématique », souligne le socialiste belge Paul Magnette, professeur à l’Université libre de Bruxelles (ULB). Mais aujourd’hui, elles sont au bord de la rupture, gangrenées par la montée des mouvements populistes, surtout dans l’est de l’Europe. « Le PPE a Viktor Orban...




                        

                        


<article-nb="2018/02/05/19-18">
<filnamedate="20180205"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180205"><AAMMJJHH="2018020519">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Une peine de vingt ans de prison a été requise lundi après-midi à l’encontre du membre des commandos djihadistes de novembre 2015.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

A Bruxelles, Salah Abdeslam refuse les questions mais livre un réquisitoire contre la justice

Une peine de vingt ans de prison a été requise lundi après-midi à l’encontre du membre des commandos djihadistes de novembre 2015.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 10h37
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 17h11
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Il a refusé de se lever à l’arrivée du tribunal, de décliner son identité et de répondre aux questions de la présidente Marie-France Keutgen sur la fusillade survenue le 15 mars 2016, rue du Dries, à Forest. Ceux qui tablaient, lundi 5 février, sur un revirement complet de Salah Abdeslam au premier jour de son procès devant la 90e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles en sont pour leurs frais. Le seul survivant des commandos qui frappèrent Paris le 13 novembre 2015 ne sortira pas du mutisme dans lequel il s’est muré depuis sa mise en détention en France, en avril 2016.
Alors que le tribunal souhaitait pourtant qu’il détaille la version des événements de Forest, le jeune Franco-Marocain de Molenbeek, veste claire, barbe fournie et cheveux plus longs que sur les dernières photos connues de lui, a invoqué son état de fatigue. Avant de prononcer, quand même, quelques propos hostiles à la justice et aux médias. « Jugez-moi, je n’ai pas peur de vous et de vos associés. Je ne mets ma confiance qu’en Allah », a-t-il dit, ajoutant : « Mon silence ne fait pas de moi un criminel et un coupable. »
« Il y a des preuves tangibles dans cette affaire, je veux qu’on me juge pour ça. Pas pour satisfaire l’opinion publique et les médias. (...) Les musulmans sont jugés et traités de la pire des manières, impitoyablement, sans présomption d’innocence. »
« Vous pouvez vous défendre, nous n’avons pas de préjugés », lui a objecté la présidente, sans convaincre le prévenu, qui lui a répliqué qu’il n’existait pas « d’autre divinité qu’Allah ». 
A la fin de cette première journée, le parquet a requis une peine de vingt ans de prison assortie d’une période de sûreté des deux tiers contre M. Abdeslam et son complice Sofien Ayari.

        Lire aussi :
         

                Cinq questions sur le procès à Bruxelles de Salah Abdeslam



Sven Mary à nouveau à la défense
Manifestement, si Salah Abdeslam avait demandé expressément à comparaître à Bruxelles, c’était uniquement pour formuler ces propos. Son avocat, Sven Mary, a ensuite demandé une suspension d’audience pour s’entretenir avec son client. Jusque-là, le prévenu, surveillé de très près par des agents encagoulés des forces spéciales de la police fédérale, n’avait pas échangé trois mots avec ses conseillers.
Me Mary avait accepté de défendre le jeune terroriste au lendemain de son arrestation, à Molenbeek, le 18 mars 2016. Trois jours après la fusillade qui opposa trois occupants de la rue du Dries à une équipe belgo-française de policiers, quatre jours avant les attentats de Bruxelles.
S’il avait d’abord dit que son client pourrait collaborer avec les enquêteurs, le pénaliste avait pris ses distances d’avec ce dernier, comparant notamment son intelligence à celle d’un « cendrier vide ». Me Mary a cependant accepté d’assumer à nouveau sa défense avant le procès de Bruxelles, estimant que cette affaire était « un procès pénal comme un autre ». 
Quels sont les liens de Sofien Ayari avec les terroristes ?
L’autre prévenu, le Tunisien Sofien Ayari, arrêté en même temps qu’Abdeslam et actuellement incarcéré à Liège, s’est montré un peu plus loquace. Il a confirmé qu’il avait passé « plusieurs semaines » dans la planque de Forest, avec son complice et un troisième, l’Algérien Mohamed Belkaïd, abattu à l’issue d’un siège de plusieurs heures.
Sofien Ayari a donné, lundi, quelques autres détails sur son arrivée et sur son séjour en Belgique, tentant d’expliquer que son seul but était de trouver de l’aide pour retourner en Syrie, où il avait déjà séjourné durant un an. Il affirme n’avoir été mêlé à aucun attentat et être « parfois en désaccord » avec l’organisation Etat islamique. Il n’aurait, en outre, pas tiré sur les policiers, même si son ADN a été retrouvé sur un fusil d’assaut. Quand la présidente lui demande ce qu’il pense des attentats commis au nom de l’EI, il est évasif, refusant tout « jugement » et estimant que les auteurs doivent avoir « leurs raisons ».
Aux interrogations précises sur ses liens avec Abdeslam et avec d’autres terroristes impliqués dans les attentats de Paris et de Bruxelles, Sofien Ayari répond qu’il ne se souvient plus, qu’il n’a rien à déclarer ou qu’il a déjà « tout dit » aux enquêteurs. Il confirme cependant qu’Ibrahim El Bakraoui, l’un des kamikazes de l’aéroport de Zaventem, passait régulièrement rue du Dries. Et que, dans les flots de migrants arrivant en Allemagne, il aurait rencontré « par hasard » Osama Krayem, soupçonné d’avoir acheté des sacs utilisés pour les attentats de Bruxelles.
Palais de justice encombré
De quoi apporter de l’eau au moulin de V-Europe, une association de victimes des attaques du 22 mars à Bruxelles. Elle s’est constituée partie civile, évoquant les liens évidents, à ses yeux, entre les attentats de Paris, de Bruxelles et la fusillade de Forest. La défense d’Abdeslam conteste sa démarche.

        Lire aussi :
         

                Le procès de Salah Abdeslam s’ouvre à Bruxelles sous haute sécurité


La présidente a mis l’affaire en continuation, ce qui a permis au procès de commencer normalement. Le tribunal n’entendait manifestement pas décider d’un nouveau report alors que les débats, déjà reportés en décembre dernier, mobilisent un impressionnant dispositif sécuritaire et perturbent toute la vie du palais de justice de Bruxelles. Les contrôles renforcés à l’entrée entraînaient, lundi matin, une attente de près d’une heure.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/05/19-19">
<filnamedate="20180205"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180205"><AAMMJJHH="2018020519">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Analyse. Grâce à son intervention en Syrie, la Russie a retrouvé son rang d’acteur majeur au Proche-Orient. Mais le fiasco des pourparlers de Sotchi ont rappelé que si « Moscou est la clé de toute solution, elle n’est pas la seule ».
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les limites de la stratégie syrienne du Kremlin

Analyse. Grâce à son intervention en Syrie, la Russie a retrouvé son rang d’acteur majeur au Proche-Orient. Mais le fiasco des pourparlers de Sotchi ont rappelé que si « Moscou est la clé de toute solution, elle n’est pas la seule ».



Le Monde
 |    05.02.2018 à 10h30
    |

            Marc Semo








                        



                                


                            
Analyse. Le fiasco du congrès du dialogue national syrien organisé par le Kremlin à Sotchi, mardi 30 janvier, montre l’impuissance de la Russie à trouver une solution politique à la tragédie syrienne. Elle avait été aussi incapable de forcer le régime à discuter avec l’opposition lors d’un neuvième round de pourparlers sous l’égide de l’ONU. Le processus diplomatique est au point mort, alors que le conflit est en train de muter dangereusement.
Le régime contrôle certes la Syrie dite « utile », au centre du pays, mais guère plus de 50 % du territoire et à peine la moitié de la population, le reste étant déplacé ou exilé
« La lutte contre Daech et la résistance de l’opposition contre le régime avaient relégué au second plan les autres guerres syriennes qui, attisées par les rivalités régionales, apparaissent maintenant dans toute leur évidence », s’inquiète-t-on à Paris. En ­témoignent l’offensive turque contre l’enclave kurde d’Afrin, les tensions croissantes entre le Hezbollah et Israël, entre l’Arabie saoudite et l’Iran, mais aussi entre la Russie et les Etats-Unis, décidés à éviter une totale victoire du régime syrien et une projection stratégique de l’Iran vers la Méditerranée.
L’engagement de l’aviation russe et le déploiement de quelque cinq mille hommes à l’automne 2015 avaient sauvé le régime. Mais, malgré ses efforts, le Kremlin ne réussit pas à transformer l’essai. « La Russie a fait ses preuves depuis quinze ans avec les interventions militaires dans l’ex-espace soviétique, mais pas sur le plan diplomatique, souligne Bruno Tertrais, de la Fondation pour la recherche stratégique. Or la Syrie n’est pas un conflit que l’on peut geler, à cause de la multiplicité des acteurs régionaux, à la différence de la Géorgie ou de l’Ukraine. »

Les risques d’enlisement sont d’autant plus réels que la victoire de ­Damas est en bonne part un trompe-l’œil. Le régime contrôle certes la Syrie dite « utile »,...




                        

                        


<article-nb="2018/02/05/19-20">
<filnamedate="20180205"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180205"><AAMMJJHH="2018020519">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Quelque 38 000 migrants en Israël sont censés, à terme, partir « volontairement » avec un pécule vers l’Ouganda ou le Rwanda, sous peine d’être arrêtés.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Israël veut expulser les « infiltrés » africains

Quelque 38 000 migrants en Israël sont censés, à terme, partir « volontairement » avec un pécule vers l’Ouganda ou le Rwanda, sous peine d’être arrêtés.



Le Monde
 |    05.02.2018 à 10h06
 • Mis à jour le
05.02.2018 à 15h37
    |

            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



                                


                            

Parfois, un visage résume mieux une politique qu’un discours. Habtom Mehari a 38 ans. Statisticien de formation, il a une tête bien faite. Il a quitté l’Erythrée en 2006, fuyant un service national terrible à durée indéterminée, et pris le chemin d’un exil chaotique. Sans papiers, l’angoisse au ventre. « Au Soudan, j’ai entendu parler du parcours des gens partant en Israël. J’ai payé 1 000 dollars [800 euros] à des passeurs pour entrer en Egypte, puis encore 1 000 pour traverser le Sinaï. » 
En 2007, le voilà en Israël. Il y reçoit un permis de travail, suit des études supérieures, épouse une compatriote avec laquelle il a deux enfants inscrits dans une crèche israélienne et parlant hébreu. Habtom prépare un doctorat de sociologie sur la diaspora de son pays. Un drame, celui de l’exil, semble donc muer en épanouissement. Mais aujourd’hui, le gouvernement israélien veut se débarrasser de lui et de ses semblables. Soit les 38 000 « infiltrés » africains, comme les désigne l’expression généralement utilisée en Israël. Depuis le dimanche 4 février, tous ceux qui cherchent à renouveler leur visa de résidence, valable deux mois, reçoivent une note administrative. Ils ont jusqu’au 1er avril pour quitter Israël, sous peine d’être emprisonnés.
« Ligne rouge franchie »
Longtemps, leur sort a indifféré la société israélienne. Ces Africains étaient les petites mains dans les restaurants, les silhouettes fuyantes dans les rues du sud de Tel-Aviv. Tout cela vient de changer. Depuis que le gouvernement de Benyamin Nétanyahou a annoncé l’expulsion de tous les hommes seuls – dans un premier temps – vers des pays africains tiers non nommés, une vague de protestations sans précédent est montée. Médecins, écrivains, pilotes de ligne, survivants de la Shoah, anciens diplomates : les appels se multiplient. « On assiste à un réveil incroyable et inespéré de l’opinion publique, se réjouit Jean-Marc Liling, directeur du...




                        

                        

