<FILE-date="2018/02/04/19">

<article-nb="2018/02/04/19-1">
<filnamedate="20180204"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180204"><AAMMJJHH="2018020419">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Le président du conseil exécutif de Corse est l’invité de France Inter, « Le Monde » et France Télévisions.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ 
<article-nb="2018/02/04/19-2">
<filnamedate="20180204"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180204"><AAMMJJHH="2018020419">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a décidé de démettre le PDG de Radio France, condamné pour favoritisme alors qu’il présidait l’INA.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤                     
                                                

Mathieu Gallet : « Le CSA a tranché en toute indépendance », assure la ministre de la culture

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a décidé de démettre le PDG de Radio France, condamné pour favoritisme alors qu’il présidait l’INA.



Le Monde
 |    04.02.2018 à 08h42
 • Mis à jour le
04.02.2018 à 12h02
   





                        



   


La ministre de la culture, Françoise Nyssen, est revenue, dimanche 4 février dans une interview au Journal du dimanche (JDD), sur la décision du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), le 31 janvier, de démettre de ses fonctions le PDG de Radio France, Mathieu Gallet, condamné à la mi-janvier en première instance pour favoritisme.
La ministre avait jugé inacceptable le maintien de M. Gallet à la tête du groupe public de radios après sa condamnation. Elle s’était prononcée dans une interview au Monde, avant que le CSA ne rende sa décision sur la question. « Le CSA a tranché en toute indépendance », assure Mme Nyssen, ce qu’avait déjà exprimé le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, jeudi.
« Il a considéré que les conditions n’étaient plus réunies pour que Mathieu Gallet reste à la tête d’une entreprise publique après sa condamnation en première instance. Je ne regrette pas la phrase prononcée. J’ai exprimé une parole politique. Celle que porte une ministre en exercice. Celle qui revient à l’Etat actionnaire. J’ai exprimé l’exigence d’exemplarité absolue à laquelle les dirigeants politiques et les dirigeants d’entreprises publiques doivent se conformer. »
Françoise Nyssen a précisé que le doyen des administrateurs de Radio France assurerait la suppléance à la tête du groupe, le temps que le CSA désigne un nouveau président au terme d’un appel à candidatures.

        Lire aussi :
         

                Radio France « sonnée » par la révocation de Mathieu Gallet



Mathieu Gallet a été condamné mi-janvier par le tribunal de Créteil à un an de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende pour des commandes de prestations auprès de sociétés de conseil lorsqu’il présidait l’Institut national de l’audiovisuel (INA). Le dirigeant a réfuté ces accusations et fait appel.

Loi contre les « fake news » : une procédure de référé judiciaire
Dans l’interview de Françoise Nyssen au Journal du dimanche du 4 février, la ministre de la culture annonce que le futur projet de loi sur les fake news, annoncé début janvier par Emmanuel Macron, contraindra les plates-formes à « coopérer avec l’Etat » et comprendra une procédure de référé judiciaire pour suspendre rapidement la diffusion des « fausses nouvelles ».
« Les mesures auxquelles nous travaillons d’ici à mars pour une loi sur “la confiance dans l’information” doivent permettre d’agir très rapidement quand une fausse nouvelle devient virale, particulièrement en période électorale. La loi prévoira des obligations nouvelles pour les plates-formes, qui devront coopérer avec l’Etat et être transparentes sur les contenus sponsorisés. Une procédure de référé judiciaire sera mise en place pour faire cesser rapidement la diffusion d’une fausse nouvelle, lorsque celle-ci est manifeste. S’il y a manquement aux obligations qu’imposera la loi (devoir de coopération, transparence sur les contenus sponsorisés), il y aura des sanctions. »

        Lire aussi :
         

                Légiférer sur les fausses informations en ligne ? Les problèmes que cela soulève




        Lire aussi :
         

                Christophe Bigot : « Le président envoie un signal de méfiance envers la presse »


La ministre s’est voulue de nouveau rassurante quant au respect de la liberté de la presse, avec un texte qui « protégera contre le risque de censure privée si les plates-formes agissent selon leurs propres règles ». Elle a également annoncé « une action forte en matière d’éducation aux médias », sans plus de détails.






                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/04/19-3">

<article-nb="2018/02/04/19-4">
<filnamedate="20180204"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180204"><AAMMJJHH="2018020419">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Pour « La Matinale du Monde », la secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes explique la force d’un engagement envers les femmes, lié à sa maternité.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 03/02/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Marlène Schiappa : « On ne m’a jamais dit : “Ce ne sera pas possible” »

Pour « La Matinale du Monde », la secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes explique la force d’un engagement envers les femmes, lié à sa maternité.



Le Monde
 |    04.02.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
04.02.2018 à 12h00
    |

            Annick Cojean








                        



                                


                            

Au moment où la secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes Marlène Schiappa prépare un projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles, elle publie Le Deuxième Sexe de la démocratie, aux éditions de l’Aube.
Je ne serais pas arrivée là si…
Si je n’avais pas eu d’enfants ! Peut-être même si je n’avais pas eu de filles ! Mon élan, mon moteur, mon inspiration sont nés de cette maternité, que j’ai profondément désirée. C’est elle qui m’a poussée à créer le réseau « Maman travaille », destiné à penser la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle, et qui a fait décoller ma carrière. Car devenir mère à 24 ans, c’était d’emblée affronter deux challenges. L’un, tout à fait personnel : réussir un beau parcours professionnel pour que mes filles soient fières de moi. L’autre, plus global : œuvrer à une amélioration de la condition des femmes afin que mes deux filles vivent plus tard dans un monde agréable.
Aviez-vous déjà une perception très vive des inégalités femmes-hommes ?
Bien sûr ! Mais elles sont encore plus terrifiantes quand on les projette sur ses propres filles. Avoir une petite fille plutôt qu’un petit garçon, c’est intégrer l’idée qu’elle aura une probabilité plus grande d’être battue, harcelée, agressée sexuellement, assassinée. Qu’elle sera davantage humiliée dans sa vie professionnelle, discriminée, moins bien payée, moins bien promue. Et qu’elle passera statistiquement plus de temps à faire des tâches ménagères plutôt que des tâches épanouissantes. Le seul fait de naître fille fait s’abattre sur la tête d’un enfant une tonne d’injustices. J’en ai fait un sujet de combat.
Etre maman était-il essentiel pour vous ?
J’aurais été désespérée si je n’avais pas pu avoir d’enfant ! Tant pis pour le cliché, mais je suis méditerranéenne et je viens d’une famille nombreuse. Avoir des enfants était essentiel. J’y aspirais depuis toute petite....




                        

                        


<article-nb="2018/02/04/19-5">
<filnamedate="20180204"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180204"><AAMMJJHH="2018020419">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ En pleine polémique autour du projet d’installation de l’œuvre, la ministre de la culture, Françoise Nyssen, veut une solution « à la hauteur de l’enjeu symbolique ».
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 03/02/2018
Découvrir l’application


                        

« Bouquet » de Jeff Koons : le gouvernement va « accompagner Paris » pour trouver une solution

En pleine polémique autour du projet d’installation de l’œuvre, la ministre de la culture, Françoise Nyssen, veut une solution « à la hauteur de l’enjeu symbolique ».



Le Monde
 |    04.02.2018 à 04h27
 • Mis à jour le
04.02.2018 à 12h10
   





                        



   


La ministre de la culture, Françoise Nyssen, souhaite trouver une solution à la polémique autour de l’œuvre de Jeff Koons, affirme-t-elle dimanche 4 février dans une interview accordée au Journal du dimanche (JDD).
Le projet d’installation de Bouquet of Tulips, une œuvre de dix mètres de haut de l’artiste américain, fait l’objet d’une polémique. Plusieurs voix ont critiqué le choix du lieu fait par le plasticien (entre le Palais de Tokyo et le Musée d’art moderne de la ville), mais aussi son style et son coût de fabrication. L’artiste, qui avait annoncé en novembre 2016 son intention d’offrir la sculpture à Paris, après les attentats de 2015 et 2016, a été reçu par Mme Nyssen mardi.

        Lire :
         

          La polémique du « Bouquet of Tulips » de Jeff Koons ne dégonfle pas



« Jeff Koons a souhaité faire un don à la Ville de Paris après les attentats. Je lui ai exprimé notre reconnaissance », a dit la ministre à l’hebdomadaire. « Je reçois la semaine prochaine des représentants de la scène artistique française. Nous allons accompagner la Ville de Paris et trouver ensemble une solution à la hauteur de l’enjeu symbolique », a-t-elle expliqué, sans donner plus de précisions.

   


« Le coût de sa fabrication et de son installation est entièrement pris en charge par des mécènes américains et français », a, pour sa part, assuré la maire (PS) de Paris, Anne Hidalgo, dans une interview pour le site du JDD.

Loi contre les « fake news » : une procédure de référé judiciaire
Dans l’interview de Françoise Nyssen au Journal du dimanche du 4 février, la ministre de la culture annonce que le futur projet de loi sur les fake news, annoncé début janvier par Emmanuel Macron, contraindra les plates-formes à « coopérer avec l’Etat » et comprendra une procédure de référé judiciaire pour suspendre rapidement la diffusion des « fausses nouvelles ».
« Les mesures auxquelles nous travaillons d’ici à mars pour une loi sur “la confiance dans l’information” doivent permettre d’agir très rapidement quand une fausse nouvelle devient virale, particulièrement en période électorale. La loi prévoira des obligations nouvelles pour les plates-formes, qui devront coopérer avec l’Etat et être transparentes sur les contenus sponsorisés. Une procédure de référé judiciaire sera mise en place pour faire cesser rapidement la diffusion d’une fausse nouvelle, lorsque celle-ci est manifeste. S’il y a manquement aux obligations qu’imposera la loi (devoir de coopération, transparence sur les contenus sponsorisés), il y aura des sanctions. »

        Lire aussi :
         

                Légiférer sur les fausses informations en ligne ? Les problèmes que cela soulève




        Lire aussi :
         

                Christophe Bigot : « Le président envoie un signal de méfiance envers la presse »


La ministre s’est voulue de nouveau rassurante quant au respect de la liberté de la presse, avec un texte qui « protégera contre le risque de censure privée si les plates-formes agissent selon leurs propres règles ». Elle a également annoncé « une action forte en matière d’éducation aux médias », sans plus de détails.






                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/04/19-6">
<filnamedate="20180204"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180204"><AAMMJJHH="2018020419">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Le président français a goûté l’accueil fervent que lui ont réservé les habitants de cette ville surpeuplée et rongée par l’océan Atlantique, samedi.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤         

Compte rendu

Sénégal : Macron défend la cause climatique à Saint-Louis

Le président français a goûté l’accueil fervent que lui ont réservé les habitants de cette ville surpeuplée et rongée par l’océan Atlantique, samedi.

Solenn de Royer (Saint-Louis, Sénégal, envoyée spéciale)
    



LE MONDE
              datetime="2018-02-03T18:43:07+01:00"

        Le 03.02.2018 à 18h43

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-02-04T06:35:11+01:00"

        Mis à jour le 04.02.2018 à 06h35






    
Le président français et son homologue sénégalais, Macky Sall, à Saint-Louis, au Sénégal, le 3 février.
Crédits : JEAN CLAUDE COUTAUSSE / FRENCH-POLITICS POUR LE MONDE


Une langue de terre longue de 25 kilomètres, balayée par le vent et encerclée par les eaux. En rouleaux réguliers, les vagues blanches et bleues viennent lécher le béton du quai. Des pans entiers de murs, éventrés, s’enfoncent dans le sable et penchent désormais, désarticulés : encore une maison ou une école perdue pour Guet Ndar, un quartier de pêcheurs de Saint-Louis, ville côtière du Sénégal, surnommée la « Venise africaine », et ex-tête de pont de la conquête coloniale française au sud du Sahara. En cinquante ans, la mer a gagné plusieurs kilomètres sous les effets du réchauffement climatique, dans cette zone située au nord-ouest du pays, l’une des plus peuplées d’Afrique.
Lors du sommet sur le climat (One Planet Summit) qui s’est tenu à Paris le 12 décembre 2017, Emmanuel Macron avait promis de venir à Saint-Louis au maire de l’ancienne capitale sénégalaise Mansour Faye, qui l’avait interpellé sur l’érosion côtière. Chose promise, chose due, a répété le président français en substance à ses interlocuteurs, dont le président du Sénégal Macky Sall, le président de la Banque mondiale Jim Yong Kim (lui aussi contributeur à hauteur de 24 millions d’euros) et le maire de Saint-Louis. M. Macron leur a annoncé que la France verserait 15 millions d’euros qui serviront à la construction d’une nouvelle digue de rochers censée protéger la ville, classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco. Saint-Louis a vu se multiplier les plans de sauvetage, depuis près d’un siècle, pour tenter de ralentir la progression des eaux.
Accueil fervent et pêcheurs en détresse
Acclamé, le convoi d’Emmanuel Macron roule au pas dans la rue principale, le long de laquelle se sont postés plusieurs dizaines de milliers d’habitants de cette langue de Barbarie, bande de terre peuplée de 55 000 personnes, dont 30 000 dans le quartier Guet Ndar. Des nuées d’enfants surexcités agitent des drapeaux tricolores dans la poussière, tandis que leurs aînés sifflent, tambourinent sur des djembés ou dressent des pancartes de bienvenue aux deux présidents français et sénégalais, dans une agitation folle et joyeuse.

    
Le président français et son homologue sénégalais, Macky Sall, à Saint-Louis, au Sénégal, le 3 février.
Crédits : JEAN CLAUDE COUTAUSSE / FRENCH-POLITICS POUR LE MONDE


Le chef de l’Etat, qui soigne une posture avantageuse de « sauveur de la planète », dans les pas de Jacques Chirac – qui s’était également rendu il y a treize ans à Saint-Louis –, salue la foule depuis le toit de sa limousine, aux côtés de son homologue sénégalais, qui en profite pour faire campagne, à un an de la prochaine élection présidentielle. Lui aussi, Emmanuel Macron, qui voit se multiplier les fronts intérieurs et qui commence à chuter dans les sondages, jouit de cet accueil enthousiaste. Comme en écho, l’une de ses affiches bleues de campagne a été placardée contre un mur, vestige d’un temps fervent qui semble manquer au jeune président. Qui quitte d’ailleurs sa voiture officielle dès qu’il le peut, multipliant les bains de foule. « S’il le pouvait, il ne ferait que ça, il adore ! », confie un conseiller.
Seules quelques pancartes demandant l’arrêt « des tueries de pêcheurs » viennent ternir cette belle ferveur populaire. L’un d’eux a été tué il y a quelques jours par les garde-côtes mauritaniens sur fond de conflit récurrent entre les deux pays, dont les zones de pêche se touchent. Après l’érosion côtière, ces tensions liées à la pêche sont le deuxième sujet de préoccupation à Saint-Louis. « A cause du réchauffement climatique, les bancs de poissons migrent et se raréfient », soutient le maire adjoint de la ville, Latyr Fall, qui a grandi dans le quartier Guet Ndar. L’élu se souvient qu’autrefois, « il y avait entre un et trois kilomètres entre les digues et les vagues ». « Aujourd’hui, il n’y a plus d’espace, poursuit-il. Chaque année, l’eau avance, avance, avance, jusqu’à faire énormément de dégâts… Si on ne fait rien, la langue de Barbarie disparaîtra dans dix ans, engloutie. »
« C’est ici que se joue notre responsabilité collective »
Accompagné de son épouse Brigitte et de sa conseillère presse, Sibeth Ndiaye, originaire du Sénégal, Emmanuel Macron fait une halte dans l’école Abdoulaye Mben Khali, au bord de la mer. L’établissement a perdu huit classes du fait de la montée des eaux. Les élèves ont dû trouver refuge dans une autre école, à une cinquantaine de mètres. Au total, plus de 200 familles ont été déplacées ces dernières années, chassées par la mer. A terme, ce sont près de 10 000 qui devront être relogées.

    
La Langue de Barbarie, touchée par l’érosion côtière, le 3 février à Saint-Louis (Sénégal).
Crédits : JEAN CLAUDE COUTAUSSE / FRENCH-POLITICS POUR LE MONDE


Juste à côté, sur le quai de pêche de Guet Ndar, des paniers tressés, des caisses et des filets sont entreposés sous l’ancien marché couvert, en partie dévasté par la mer. « Je ne suis pas seulement venu pour voir, mais pour dire que la France va investir à vos côtés », lance plus tard le président, sous un chapiteau dressé sur la place Faidherbe, dans le centre historique de Saint-Louis. « Nous avons vu l’érosion côtière, la peur, les murs qui tombent, l’activité économique détruite et la ville qui peu à peu recule devant ce que certains parfois veulent encore nier », a-t-il résumé. Plus tôt dans l’école, il a évoqué devant ses interlocuteurs « Donald » (Trump), semblant souhaiter que le président américain, climatosceptique, vienne à Saint-Louis se rendre compte par lui-même de la réalité des enjeux. « C’est ici que se joue notre responsabilité collective, celle de gagner cette bataille contre les réchauffements et les dérèglements climatiques », a-t-il résumé, un brin exalté, dans la chaleur soudaine de cette journée d’hiver.

        Lire notre reportage à Saint-Louis :
         

          Au Sénégal, la « Venise africaine » menacée par la montée des eaux



Le chef de l’Etat, qui a repris l’avion pour Paris en milieu d’après-midi après une visite de deux jours au Sénégal, devait revenir sur terre dès mardi, avec un déplacement délicat en Corse.


<article-nb="2018/02/04/19-7">
<filnamedate="20180204"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180204"><AAMMJJHH="2018020419">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ A quelques jours de la visite d’Emmanuel Macron dans l’île, les nationalistes entendent convaincre le président d’ouvrir le dialogue.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 03/02/2018
Découvrir l’application


                        

A Ajaccio, plusieurs milliers de personnes ont manifesté à l’appel des nationalistes corses

A quelques jours de la visite d’Emmanuel Macron dans l’île, les nationalistes entendent convaincre le président d’ouvrir le dialogue.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 14h50
 • Mis à jour le
04.02.2018 à 06h30
    |

            Patrick Roger








                        



   


A trois jours de la venue d’Emmanuel Macron en Corse pour marquer le 20e anniversaire de l’assassinat du préfet Erignac, les dirigeants nationalistes, qui avaient appelé à une grande manifestation populaire à Ajaccio pour appuyer leurs revendications, ont-ils réussi leur pari ? Pour Gilles Simeoni, le président du conseil exécutif de la collectivité unique, cela ne fait aucun doute.
« Nous avons conscience d’avoir vécu un moment historique, avec une manifestation sans précédent qui a regroupé entre 15 000 et 20 000 personnes », déclarait-il à l’issue de la manifestation qui s’est achevée vers 16 h 30 place du Diamant, après avoir remonté le cours Napoléon, artère centrale de la ville. Une estimation un brin surestimée : selon notre propre comptage, de 7 000 à 8 000 personnes ont pris part au cortège (de 5 600 à 6 000 selon la préfecture).

La banderole de tête #Demucrazia est tenue par des jeunes Corses https://t.co/LB3ghINdS5— ptr4col (@Patrick Roger)


require(["twitter/widgets"]);


        Lire aussi :
         

                En Corse, une visite présidentielle pour raviver le dialogue



Si mobilisation, réelle il y a eu, elle a cependant peiné à rassembler au-delà des franges nationalistes. La population corse, qui a largement accordé ses suffrages à la liste nationaliste conduite par M. Simeoni aux élections territoriales de décembre 2017, se montre sceptique à l’idée de recourir à la rue pour asseoir un rapport de forces. Dans les cafés d’Ajaccio, samedi matin, nombre d’interlocuteurs, tout en affichant leurs sympathies vis-à-vis de la majorité territoriale, faisaient part de leurs doutes sur les conditions de cet appel à manifester.
« Toute la Corse attend une prise de position de Macron »
D’où une impression de flottement dans les rangs d’un cortège qui, au-delà du mot d’ordre unitaire « #demucrazia » (« Démocratie »), avait du mal à se trouver une dynamique mobilisatrice. Malgré les efforts des dirigeants nationalistes pour expliquer que la reconnaissance de la spécificité de la Corse dans la Constitution aurait des implications très concrètes. « Sur la fiscalité du patrimoine, si on ne débloque pas les choses au niveau constitutionnel, c’est clair qu’on va rentrer dans le droit commun et c’est la dépossession organisée des biens patrimoniaux », explique Jean-Guy Talamoni, le président de l’Assemblée de Corse. « Nous sommes dans une séquence politique extrêmement dense et qui peut conduire à des avancées fondamentales pour les années à venir », estime pour sa part M. Simeoni.

   


Pour que le dialogue avec le président de la République puisse s’engager véritablement, il va donc falloir que, de part et d’autre, s’opère une clarification. De ce point de vue, la résolution adoptée tard dans la nuit de vendredi à samedi à l’Assemblée de Corse, précisant les domaines dans lesquels la nouvelle collectivité unique entend élargir son action, peut constituer une base sérieuse. Celle-ci a été adoptée, au-delà de la majorité nationaliste, par les élus d’Andà per dumane, conduits par le maire de Bonifacio, le macroniste Jean-Charles Orsucci, chez qui le président de la République devrait effectuer une visite mardi après-midi.

        Lire aussi :
         

                Simeoni et Talamoni, un duo singulier soudé par la nécessité



« Le président de la République doit prendre la mesure de tous ces signes forts, insistait M. Simeoni à l’issue de la manifestation. Toute la Corse attend une prise de position d’Emmanuel Macron pour sortir par le haut de ces décennies de conflit. Il en a les moyens. » L’heure est venue, à présent, de se parler directement, sans effets de manche.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/04/19-8">
<filnamedate="20180204"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180204"><AAMMJJHH="2018020419">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Celles-ci estiment que leurs arguments sur la cherté, la dangerosité, voire l’inutilité de certains chantiers se trouvent confortés dans le document remis à la ministre des transports, Elisabeth Borne.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Projets d’infrastructure : le rapport Duron bien accueilli par les associations d’opposants

Celles-ci estiment que leurs arguments sur la cherté, la dangerosité, voire l’inutilité de certains chantiers se trouvent confortés dans le document remis à la ministre des transports, Elisabeth Borne.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 11h14
    |

            Rémi Barroux








                        



                                


                            

Elles veulent y voir comme une petite victoire. Les arguments des associations d’opposants à de nombreux projets d’infrastructure ferroviaire, autoroutière, etc. – nombre de ces chantiers sont onéreux, dangereux pour l’environnement, voire inutiles – se trouveraient, selon elles, confortés par le rapport sur les mobilités du quotidien, remis par Philippe Duron, le président du Conseil d’orientation des infrastructures (COI), jeudi 1er février, à la ministre des transports, Elisabeth Borne.
« La transition écologique, et notamment la réduction des émissions de gaz à effet de serre et des nuisances, n’est pas une option. Elle impose de repenser la mobilité et la hiérarchie des priorités d’investissement », prévient le COI.

Ce constat, renforcé par des contraintes budgétaires fortes et par les priorités données par Emmanuel Macron aux mobilités du quotidien, porte un coup rude à de nombreux dossiers : les lignes à grande vitesse du Sud-Ouest (Bordeaux-Dax, Bordeaux-Toulouse) ou certaines autoroutes, comme l’A45 prévue pour relier Saint-Etienne à Lyon.
L’un des dossiers emblématiques est le projet de tunnel pour la ligne Lyon-Turin, un projet international signé avec l’Italie et financé aussi à hauteur de 40 % par l’Europe. Si les rapporteurs préviennent qu’ils n’ont pas étudié certains grands projets « actés par ailleurs », comme ce tunnel international, ils remettent en question la réalisation des accès français au tunnel. « La démonstration n’a pas été faite de l’urgence d’engager ces aménagements, dont les caractéristiques socio-économiques apparaissent à ce stade clairement défavorables », estime le COI.
« Au milieu du gué »
Daniel Ibanez, porte-parole historique de l’opposition au Lyon-Turin, juge qu’il s’agit d’un succès… partiel. « C’est clair, cette infrastructure est une source de pertes et ne peut être déclarée d’utilité publique. Mais le rapport s’arrête au milieu du gué....




                        

                        


<article-nb="2018/02/04/19-9">
<filnamedate="20180204"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180204"><AAMMJJHH="2018020419">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Emmanuel Macron a renoncé à supprimer le sacro-saint classement de sortie de l’école pour une réforme que les observateurs jugent dérisoire.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le gouvernement instaure un détachement de deux ans des meilleurs énarques

Emmanuel Macron a renoncé à supprimer le sacro-saint classement de sortie de l’école pour une réforme que les observateurs jugent dérisoire.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 11h07
    |

                            Soazig Le Nevé








                        



                                


                            

Le classement de sortie de l’Ecole nationle d’administration (ENA) est sauf : l’affectation directe dans les grands corps des meilleurs élèves d’une promotion perdurera. Mais la quinzaine d’énarques sortis dans « la botte » et ayant choisi à ce titre de rejoindre l’Inspection générale des finances, le Conseil d’Etat ou la Cour des comptes, n’y passeront que deux années, avant de se voir affectés en fonction des « priorités gouvernementales », en administration centrale et dans l’administration territoriale. Une mise à disposition d’une durée de deux ans, précise au Monde l’entourage du premier ministre.
Esquissée par Emmanuel Macron le 22 janvier, la mesure a été actée lors du premier comité interministériel de la transformation publique, jeudi 1er février. Et aussitôt mise en œuvre : Edouard Philippe a précisé qu’il avait d’ores et déjà « sollicité les préfets de région et les ministres pour proposer une trentaine de fiches de poste qui permettront, par exemple dès septembre, à de jeunes hauts fonctionnaires d’accompagner en Guyane la réforme du RSA [revenu de solidarité active] qui s’engage sur ce territoire ou d’accompagner le déploiement de Parcoursup [la nouvelle plate-forme pour postuler en 1re année d’études supérieures] auprès des équipes du ministère de l’enseignement supérieur ».

Loin de constituer une révolution, cette initiative relève de « la mesurette technique », aux dires du politologue Luc Rouban, chercheur au Cevipof, le centre de recherches politiques de Sciences Po. « On garde le classement, on garde les grands corps, on garde la hiérarchie qui en résulte », résume-t-il. Une fois terminé le détachement, au bout de deux ans, « les grands corps pourront récupérer leurs ouailles. Cela ne change donc pas grand-chose, si ce n’est que le détachement pourra désormais intervenir aussi en début de carrière », analyse-t-il, alors qu’il...




                        

                        


<article-nb="2018/02/04/19-10">
<filnamedate="20180204"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180204"><AAMMJJHH="2018020419">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Le report à long terme de quelques grands chantiers provoque de vives réactions politiques locales.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les gagnants et les perdants des grands projets d’infrastructure de transport

Le report à long terme de quelques grands chantiers provoque de vives réactions politiques locales.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 10h46
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 14h45
    |

                            Manuel Armand (Clermont-Ferrand, correspondant) et 
                            Éric Béziat








                        



                                


                            

Au jeu du « qui-perd-qui-gagne un grand projet de transport dans sa région », le rapport du Conseil d’orientation des infrastructures (COI), également appelé « rapport Duron », du nom de son président, esquisse un paysage pour les vingt prochaines années.
Remis à la ministre des transports, Elisabeth Borne, jeudi 1er février, le document passe en revue plus de quarante projets, dont une demi-douzaine de lignes à grande vitesse (LGV) et une quinzaine de tronçons autoroutiers ou assimilés. Un travail ­considérable.

La méthode mise en place par Philippe Duron a consisté à proposer au gouvernement trois scénarios (à 48 milliards, 60 milliards et 80 milliards d’euros) et à repousser plus ou moins dans le temps les grands travaux, en les découpant, dans certains cas, en phases successives. 

« Ce type de pédagogie n’est pas simple à entendre par des élus qui aiment les annonces compactes et spectaculaires », relève Gilles Dansart, rédacteur en chef de la lettre spécialisée Mobilettre.

Reste que le rapport suggère de laisser sur la touche quelques grands projets, dont certains médiatisés du fait de l’opposition locale qui s’est cristallisée autour d’eux. C’est le cas de l’autoroute A45 entre Saint-Etienne et Lyon ou des voies d’accès au futur tunnel ferroviaire Lyon-Turin. Mais ce ne sont pas les seuls. Ces reports à un horizon tellement lointain qu’ils ressemblent à des abandons ont, sans surprise et sans tarder, fait réagir plusieurs élus locaux.


Laurent Wauquiez politise le débat
En Auvergne, par exemple, l’abandon du projet de ligne à grande ­vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL) provoque de la déception. « L’annonce ne constitue pas une surprise », note toutefois Olivier Bianchi, maire PS de Clermont-Ferrand et président de la communauté urbaine Clermont Auvergne Métropole.
Le projet POCL était en effet présenté comme...




                        

                        


<article-nb="2018/02/04/19-11">
<filnamedate="20180204"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180204"><AAMMJJHH="2018020419">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Le président de LR affirme chaque jour un peu plus son commandement. Sans toutefois parvenir à lever les réticences.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Laurent Wauquiez, une autorité qui s’affirme mais ne s’impose pas

Le président de LR affirme chaque jour un peu plus son commandement. Sans toutefois parvenir à lever les réticences.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 10h05
    |

            Olivier Faye








                        



                                


                            

Laurent Wauquiez est volontiers d’un bloc. Quand il s’oppose à Emmanuel Macron, le président du parti Les Républicains (LR) le fait sans ménagement. Quand il développe ses idées, ce n’est pas pour laisser couler un « filet d’eau tiède ». Et quand il prend en main une formation politique, il ne s’embarrasse pas de compromis tortueux pour rassembler à tout prix. « Je me suis fixé des lignes rouges : je ne cherche pas à retenir ceux qui veulent quitter notre famille politique », a assumé devant son conseil national, le 27 janvier, celui qui a pris la présidence de LR en décembre 2017.
L’expression « lignes rouges » a été empruntée à dessein à Alain Juppé, qui avait balisé des limites au-delà desquelles il déciderait de claquer la porte du parti. « Je ne laisserai aucune chapelle ni aucune écurie affaiblir à nouveau notre famille politique », a encore lancé M. Wauquiez devant ses troupes. Une manière de signifier que, sous son ère, le temps n’est plus aux sarkozystes, fillonistes, juppéistes ou encore lemairistes, mais bien à la seule autorité du chef et de sa direction. « Il y a une droite, une seule droite », affirme-t-il, et tout le monde comprend que le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes ne lui imagine qu’un seul patron.

Un côté « nettoyage »
Cette volonté d’imprimer son leadership s’est manifestée dans la manière qu’il a eue de composer les structures dirigeantes de LR. « Le bureau politique, prévenait son entourage, ce n’est pas une instance représentative. » Exit, donc, les revendications de ses anciens adversaires Florence Portelli et Maël de Calan, qui réclamaient un nombre de sièges proportionnel au score qu’ils avaient obtenu lors de l’élection à la présidence du parti.
Exit, aussi, les demandes de Valérie Pécresse, la présidente de la région Ile-de-France, qui n’est quasiment pas entourée au bureau politique. Exit, enfin, certaines voix critiques comme...




                        

                        


<article-nb="2018/02/04/19-12">
<filnamedate="20180204"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180204"><AAMMJJHH="2018020419">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Le directeur de la Fondation Jean-Jaurès, Gilles Finchelstein, et le patron de la CFDT, Laurent Berger, veulent amender la future loi « Pacte ».
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Ne nous laissons pas confisquer le débat sur l’entreprise par le patronat »

Le directeur de la Fondation Jean-Jaurès, Gilles Finchelstein, et le patron de la CFDT, Laurent Berger, veulent amender la future loi « Pacte ».



Le Monde
 |    03.02.2018 à 09h54
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 15h14
    |

            Audrey Tonnelier, 
Raphaëlle Besse Desmoulières et 
Elise Barthet








                        



                                


                            

La Fondation Jean-Jaurès, un cercle de réflexion social-démocrate, devait publier, samedi 3 février, un rapport sur les relations entre entreprises et citoyens. Alors que le gouvernement prépare son « plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises » (Pacte), ces travaux suggèrent de modifier le code civil pour élargir la définition de l’entreprise à ses obligations sociales et environnementales. Autre proposition : renforcer la place des administrateurs salariés dans les organes de gouvernance. Des positions également défendues par la CFDT et que détaillent son secrétaire général, Laurent Berger, et le directeur général de la Fondation Jean-Jaurès, Gilles Finchelstein.
Pourquoi publier ce rapport maintenant ?
Gilles Finchelstein : Le débat a été relancé par le président de la République lui-même en octobre 2017 [lors d’une interview sur TF1]. C’est un débat difficile parce que conflictuel. Il y a une opposition sourde d’une partie du patronat, plus enthousiaste pour modifier une large part du code du travail qu’un article du code civil. Une partie de la gauche, notamment la gauche radicale, continue, dans sa relation à l’entreprise, à osciller entre ce qu’étaient l’appropriation collective des moyens de production et la confrontation sociale. Il y a enfin une opposition d’une partie de la majorité elle-même pour qui, eu égard à son parcours, ces enjeux sont secondaires.
Laurent Berger : Un des impensés de la réforme du code du travail est cette question de la gouvernance et de la définition des entreprises. La concertation sur le projet de loi Pacte est l’occasion de reposer ces enjeux : il faut rééquilibrer le pouvoir entre travail et capital.

Ne craignez-vous pas une opposition frontale de la part du patronat ?
L. B. : Concernant la réécriture du code civil, il faut évidemment trouver une formulation...




                        

                        


<article-nb="2018/02/04/19-13">
<filnamedate="20180204"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180204"><AAMMJJHH="2018020419">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Editorial. Porteur d’une transformation de l’action publique, le gouvernement semble avoir déjà tout décidé avant même d’ouvrir le dialogue avec les syndicats.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤                     
                                                

Réforme de l’Etat : une parodie  de concertation

Editorial. Porteur d’une transformation de l’action publique, le gouvernement semble avoir déjà tout décidé avant même d’ouvrir le dialogue avec les syndicats.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 09h21
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 11h29
   





                        


Editorial du « Monde ». Olivier Dussopt va entreprendre de véritables travaux d’Hercule. L’ancien député socialiste, devenu secrétaire d’Etat de l’action et des comptes publics après avoir voté contre le budget 2018, sera en première ligne, sous la houlette du sarkozyste Gérald Darmanin, pour négocier avec les syndicats la réforme de l’Etat. Edouard Philippe a présenté, jeudi 1er février, à l’intention des 5,5 millions de fonctionnaires, le menu de cette transformation de l’action publique « sans totem ni tabou ». Tout y est : rénovation du statut, recours accru aux contractuels, rémunération au mérite, « profonde revue des missions et des dépenses » des administrations. Et, cerise sur le gâteau, mise en œuvre, comme dans les entreprises privées, d’un « plan de départs volontaires » dans le cadre de la réduction de 120 000 postes annoncée par Emmanuel Macron d’ici à 2022.
Quand il était ministre de l’économie, M. Macron avait déjà jeté un pavé dans la mare, en septembre 2015, en jugeant que le statut des fonctionnaires n’était « plus adapté ». Maurice Thorez avait été le père de la loi du 19 octobre 1946 instaurant ce statut. Mais l’œuvre de l’ancien ministre communiste n’a pas été gravée dans le marbre. Elle a été profondément rénovée par l’ordonnance du 4 février 1959. Et un autre ministre communiste, Anicet Le Pors, a, dans la loi du 13 juillet 1983, unifié les trois fonctions publiques – d’Etat, territoriale, hospitalière – et établi un nouveau « statut général de la fonction publique ». Loin d’être rigide, ce code a permis des souplesses, à commencer par le recours à des agents contractuels, aujourd’hui au nombre de 942 000, qui peuvent être de droit public ou de droit privé, avec des contrats à durée déterminée ou indéterminée.
Un langage que ne renierait pas le Medef
M. Macron veut aller plus loin et bousculer la fonction publique, quitte, selon les mots du premier ministre, à « heurter la sensibilité ou les équilibres ». Avec un langage que ne renierait pas le Medef, M. Dussopt veut des administrations « plus véloces, plus agiles et plus armées ». Imaginer un plan de départs volontaires revient à administrer un électrochoc à un patient qui n’est pas prêt à le supporter. Pour autant, une telle innovation n’est pas une hérésie. Mieux vaut un départ volontaire que contraint. Tout dépendra du contenu du dispositif qui sera négocié sur un an. Favorisera-t-il la mobilité entre les trois fonctions publiques ? Les agents désireux de se reconvertir dans le secteur privé pourront-ils passer par la case chômage ? Comment la prime de sortie sera-t-elle calculée ?
Là où le bât blesse, c’est que, à l’opposé de la méthode utilisée pour la formation, l’apprentissage ou l’assurance-chômage, et même la réforme du code du travail, le gouvernement semble avoir déjà tout décidé avant d’ouvrir la concertation. Pour les syndicats, c’est la double peine. On leur a imposé le gel du point d’indice, le retour du jour de carence et inventé une « indemnité compensatrice » à la hausse de la CSG qui nourrit leurs frustrations. Le dialogue social est au point mort. Au régime sec, les fonctionnaires se sentent mal-aimés. Les conflits récents (ou à venir) dans les prisons, les Ehpad ou les hôpitaux ont mis au jour des déficits d’effectifs. Le malaise est profond, alors que des élections professionnelles auront lieu en décembre. Réformer l’Etat est nécessaire. Encore aurait-il fallu au préalable un vrai débat sur le rôle et la place des services publics.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/04/19-14">
<filnamedate="20180204"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180204"><AAMMJJHH="2018020419">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Analyse. Pour le responsable des pages Débats du « Monde » Nicolas Truong, par le biais de tribunes toujours plus nombreuses se dessinent des communautés de pensée et de nouvelles formes de vie.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le retour d’un intellectuel collectif

Analyse. Pour le responsable des pages Débats du « Monde » Nicolas Truong, par le biais de tribunes toujours plus nombreuses se dessinent des communautés de pensée et de nouvelles formes de vie.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 09h03
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 13h05
    |

Nicolas Truong







                        



                                


                            
Analyse. Il n’avait pas disparu, mais sa voix ne portait plus. Certes, sa stature apportait toujours une caution à une candidature, sa signature amplifiait l’audience d’une pétition, son prestige lui conférait une précieuse valeur ajoutée. Mais guère plus. Or, voici que l’intellectuel est de nouveau écouté. Sur un champ politique dévasté, il est une boussole recherchée. Dans un paysage idéologique en pleine recomposition, il tient même lieu d’opposition. Prophétique, médiatique, critique, spécifique ou collectif, il réapparaît sous toutes ses formes dans l’espace public. Puisque l’époque est au centrisme, avec une conciliation des contraires – le fameux « Et en même temps » – qui confine parfois au conformisme, l’intellectuel tranche et rompt avec l’unanimisme.

A l’image de Régis Debray et d’André Markowicz, rares écrivains à avoir mis les pieds dans le plat ou la plume dans la plaie lors des célébrations de Johnny Hallyday et de Jean d’Ormesson. Devant le concert de louanges, d’hommages et de numéros spéciaux consacrés au rockeur hexagonal, Régis Debray fut, en effet, l’un des rares à critiquer « l’institutionnalisation du show-biz » (Le Monde, 12 décembre 2017). Quant au traducteur et poète André Markowicz, il fut l’un des seuls à se demander ce qu’avait fait Jean d’Ormesson, mis à part avoir « bien écrit », pour qu’un hommage national lui soit rendu.
L’opposition est à la dérive
Puisque l’opposition est à la dérive, autant la faire vivre dans les tribunes et dans les livres. Exemple parmi tant d’autres, En quel temps vivons-nous ? (La Fabrique, 2017) où le philosophe Jacques Rancière critique le catastrophisme en vogue du côté des nouvelles radicalités, tout comme sa faculté à « voir dans toute situation l’effet de la domination mondiale du capital » qui est devenue sa commode « réponse à tout ».
L’intellectuel critique est celui qui lance quelques fausses...




                        

                        


<article-nb="2018/02/04/19-15">
<filnamedate="20180204"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180204"><AAMMJJHH="2018020419">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤                     
                                                

Ehpad, Mathieu Gallet, affaire Daval : les infos à retenir de la semaine

Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 06h33
    |

                            Les Décodeurs








                        


Révocation du patron de Radio France par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), aveux de Jonathann Daval qui a reconnu avoir tué son épouse, mobilisation inédite dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) : retour sur les principales actualités des derniers jours.

   


Mathieu Gallet, écarté par le CSA
C’est une première dans l’histoire de l’audiovisuel public : le président de Radio France, Mathieu Gallet, a été démis de ses fonctions seize mois avant la fin de son mandat. Cette décision, prise mercredi 31 janvier par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), est consécutive à la condamnation en justice de M. Gallet à un an de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende pour des faits de favoritisme lors de son précédent mandat, à la tête de l’Institut national de l’audiovisuel (INA).
Le CSA doit désormais nommer un successeur, ce qui prendra au moins six mois. En attendant, c’est le doyen des administrateurs de Radio France nommés par le CSA qui devrait assurer l’intérim à la tête du groupe public. Jean-Luc Vergne, 69 ans, ancien directeur des ressources humaines de PSA Peugeot Citroën, pourrait donc être désigné s’il veut bien accepter cette mission.
> Lire : L’« affaire Gallet », des premières révélations sur l’INA à l’éviction de Radio France
Mobilisation inédite dans les Ehpad
Des membres du personnel des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) étaient en grève, mardi 30 janvier, pour réclamer davantage de moyens afin de s’occuper « dignement » des aînés, une mobilisation nationale inédite, dont l’ampleur est difficile à évaluer. La direction générale de la cohésion sociale a évoqué un taux de mobilisation (grévistes et personnels assignés inclus) de 31,8 %.
» Lire : Les maisons de retraite, « machines à broyer » du personnel soignant
Affaire Daval : retournement de situation
Ce qui était présenté jusqu’à maintenant comme un « meurtre de joggeuse », d’après la version du mari, apparaît désormais sous un tout autre jour. Mis en garde à vue lundi 29 janvier, Jonathann Daval a avoué, mardi, avoir tué son épouse, Alexia, le 27 octobre 2017 ; il a été mis en examen pour « meurtre sur conjoint ». Alors qu’il était suspecté juste après la découverte du corps de sa femme, il avait dissipé nombre de doutes en apparaissant effondré en tête d’une marche blanche à la mémoire de sa défunte épouse qui avait réuni plus de 8 000 personnes, le 5 novembre 2017.


        Lire aussi :
         

                Pourquoi sommes-nous fascinés par les faits divers ?



Des chiffres inédits sur les maternités de France
De 0,3 % à Besançon à 45 % à Limoges : des données inédites sur les maternités de France, obtenues par Le Monde, ont mis en relief des écarts importants sur les pratiques d’épisiotomie et d’autres actes (césarienne, péridurale) dans les établissements. Elles révèlent également un changement dans les pratiques et les perceptions sur la médicalisation de l’accouchement.
> Comparez les maternités : Taux de césariennes, d’épisiotomies… : comparez les maternités près de chez vous
Et aussi
Justice. L’islamologue Tariq Ramadan, accusé de viols, a été mis en examen et placé en détention.Migrants. Plusieurs violentes bagarres ont opposé des Afghans et des Erythréens jeudi à Calais (Pas-de-Calais), faisant au moins 21 blessés.Logement. La Fondation Abbé-Pierre tire la sonnette d’alarme sur le mal-logement en France.Armées. Cinq militaires sont morts, vendredi, après que deux hélicoptères se sont percutés dans le Var lors d’un entraînement.Justice. Au procès de Jawad Bendaoud, la cité, la coke, la prison.Pollution de l’air. La France et les Etats cancres convoqués à Bruxelles.Economie. La croissance française en hausse en 2017, à 1,9 %.
Défense. La France va adapter son « secret-défense » pour mieux échanger avec ses alliés.Economie. L’Insee va intégrer le trafic de drogue dans son calcul du produit intérieur brut.Monkeygate. Des constructeurs automobiles allemands accusés de tests sur des humains et des singes pour mesurer les effets du diesel.Economie. Suisse et Etats-Unis en tête d’un classement sur les paradis fiscaux.Etats-Unis. Lors de son premier discours sur l’état de l’Union, Donald Trump s’est de nouveau essayé à l’unité.Afghanistan. L’Etat impuissant après une nouvelle attaque à Kaboul revendiquée par l’organisation Etat islamique).Espace. Revivez l’éclipse totale de la Lune.
Disparitions
Pierre Godé, vice-président du groupe de luxe LVMH, est mort vendredi à l’âge de 73 ans.Edouard Ferrand, député européen du Front national, est mort jeudi 1er février des suites d’une longue maladie.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/04/19-16">
<filnamedate="20180204"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180204"><AAMMJJHH="2018020419">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Ce sociologue de la vie intellectuelle estime que l’onde de choc de l’élection d’Emmanuel Macron explique l’actuelle recomposition idéologique dont les médias sont les vecteurs.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Laurent Jeanpierre : « L’intellectuel ne retrouvera pas seul sa gloire passée »

Ce sociologue de la vie intellectuelle estime que l’onde de choc de l’élection d’Emmanuel Macron explique l’actuelle recomposition idéologique dont les médias sont les vecteurs.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 06h30
    |

Nicolas Truong







                        



                                


                            
Professeur au département de science politique de l’université Paris-VIII - Vincennes - Saint-Denis, Laurent Jeanpierre est membre du Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris (CNRS- Paris-VIII - Paris-X). Codirectreur avec Christophe Charle de La Vie intellectuelle en France (Seuil, 2016), Laurent Jeanpierre fait une analyse critique de la mobilisation des intellectuels dans l’espace médiatique.
La bataille des tribunes et la soudaine visibilité de la prise de parole des intellectuels sont-elles le signe du regain de l’intervention du penseur « engagé » dans la cité, ou bien celui d’un espace vacant laissé par un champ politique bouleversé ?
Au-delà des effets de conjoncture et d’actualité qui permettraient certainement d’expliquer les prises de parole que vous mentionnez, il faut se demander si l’espace public n’enregistre pas à son tour, depuis quelques mois, les effets de l’élection présidentielle. Par son caractère complètement inattendu il y a encore une année, par la nouveauté au moins apparente qu’elle représente dans le cadre des structures partisanes de la Ve République, qu’elle vient bousculer, l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République entraîne une onde de choc : des recompositions qui dépassent largement la haute administration et le monde politique, et gagnent l’espace public.
« La période actuelle est marquée par des transformations et des réalignements idéologiques aussi intenses qu’incertains »
Cela est sans doute vrai après chaque compétition électorale de ce type, mais l’effet est aujourd’hui amplifié à cause de l’improbabilité du résultat et de l’émergence de nouvelles organisations politiques. La période actuelle est donc marquée par des transformations et des réalignements idéologiques aussi intenses qu’incertains. Les médias et le journalisme, indépendants ou pas, en sont les premiers vecteurs. La place et la visibilité accordées aux professions intellectuelles...




                        

                        


<article-nb="2018/02/04/19-17">
<filnamedate="20180204"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180204"><AAMMJJHH="2018020419">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Dans un payssage politique bouleversé, où droite et gauche entament à peine leur reconstruction, les interpellations les plus vigoureuses adressées au chef de l’Etat semblent venir de la société civile.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 02/02/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Emmanuel Macron face à la guerre des tribunes

Dans un payssage politique bouleversé, où droite et gauche entament à peine leur reconstruction, les interpellations les plus vigoureuses adressées au chef de l’Etat semblent venir de la société civile.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 06h27
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 10h45
    |

            Bastien Bonnefous, 
Solenn de Royer et 
Nicolas Truong








                        



                                


                            
Une pluie de tribunes s’est abattue sur Emmanuel Macron et son gouvernement. A tel point que l’on pourrait croire que certains intellectuels sont devenus ses principaux opposants. Et que les débats « impriment » davantage dans les médias qu’au Parlement.
C’est à propos du sort réservé aux réfugiés que le déluge a commencé. Le 11 janvier, dans un numéro de L’Obs, sur la couverture duquel le chef de l’Etat apparaît derrière un chapelet de barbelés, l’écrivain Jean-Marie Gustave Le Clézio dénonce « un déni d’humanité insupportable » dans la volonté du président de vouloir « faire le tri » entre migrants économiques et réfugiés politiques, alors que l’historien Patrick Boucheron s’en prend à l’actuel gouvernement, « qui n’a jamais été aussi loin dans le mépris des droits humains lorsqu’il refuse de porter secours à ceux qui souffrent tout en s’en prenant à ceux qui leur viennent en aide ».
Le 17 janvier, alors que le président est en visite à Calais (Pas-de-Calais), une tribune publiée par Le Monde lui reproche de mener une politique migratoire qui « contredit l’humanisme » qu’il prône officiellement. L’embardée fait mouche car elle est menée par quelques-uns des plus proches partisans et artisans de la campagne victorieuse d’Emmanuel Macron, tels que l’économiste Jean Pisani-Ferry et l’essayiste Thierry Pech. Quelques jours plus tard, c’est au tour de l’écrivain Yann Moix d’accuser le chef de l’Etat d’avoir instauré à Calais un « protocole de la bavure » (Libération, 21 janvier).
Parallèlement, l’immense audience nationale et mondiale rencontrée par la tribune dite des « cent femmes » contre le « puritanisme » et le « révisionnisme » culturel imputés à la dérive, selon elles, du mouvement #metoo donne le ton et le mode d’adresse à l’opinion.
Vide oppositionnel
Les tribunes et les débats s’enchaînent et bousculent le gouvernement. Le 16 janvier, la sociologue...




                        

                        


<article-nb="2018/02/04/19-18">
<filnamedate="20180204"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180204"><AAMMJJHH="2018020419">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la conseillère Agathe Cagé rappelle qu’en matière d’éducation que d’économie, des intellectuels ont fait des propositions concrètes et peu contestables. Mais, dans le meilleur des cas, il a fallu dix ans pour qu’elles voient le jour.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Agathe Cagé : « L’idylle entre intellectuels et politiques est moins que jamais d’actualité »

Dans une tribune au « Monde », la conseillère Agathe Cagé rappelle qu’en matière d’éducation que d’économie, des intellectuels ont fait des propositions concrètes et peu contestables. Mais, dans le meilleur des cas, il a fallu dix ans pour qu’elles voient le jour.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 06h15
    |

Agathe Cagé (Docteure en sciences politiques)







                        



                                


                            
Tribune. La France, championne du monde de la rapidité ? Certainement pas dans le domaine de la mise en pratique politique des bonnes idées. L’action publique française se construit le plus souvent en laissant à distance l’apport potentiel énorme que constitue la recherche en sciences humaines et sociales. Quelques intellectuels vivant de leur exposition médiatique mis à part, cela fait bien longtemps que les universitaires ne courent plus les dîners donnés sous les ors de la République, ministre(s) ou pas à table. Et il est de bon ton pour la plupart de nos hommes politiques, dans ledit « nouveau monde » comme dans l’ancien, d’exprimer leur distance avec les chercheurs.
Situation paradoxale alors que les oppositions doivent affronter le défi de leur reconstruction idéologique
Si idylle il y a eu en France entre intellectuels et politiques, elle est moins que jamais d’actualité. Situation paradoxale alors que les oppositions de droite comme de gauche doivent, depuis mai dernier, affronter le défi de leur reconstruction idéologique avant de pouvoir espérer de futures victoires électorales, et que le gouvernement a fait d’un ministre de l’éducation, grand chantre des neurosciences, sa principale figure médiatique. Mais la France n’est pas à un paradoxe près. Au prix toutefois ici d’importants rendez-vous de progrès économiques et sociaux manqués.
On pourrait croire l’éducation de nos enfants, au regard de son importance fondamentale, préservée de tant d’inconstances. Il n’en est rien. Afin de favoriser la méritocratie scolaire partout sur le territoire, l’historien Patrick Weil a proposé dès avril 2005, dans l’ouvrage La République et sa diversité, l’idée d’un droit d’accès aux classes préparatoires, aux grandes écoles et aux établissements sélectifs pour les meilleurs élèves de chaque lycée, sur le modèle d’une initiative similaire mise en place avec succès au Texas.
Se lançant dans un lobbying intense, il a obtenu...




                        

                        


<article-nb="2018/02/04/19-19">
<filnamedate="20180204"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180204"><AAMMJJHH="2018020419">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Brice couturier, journaliste et essayiste, estime qu’en « accusant » le président de la République de mener une politique migratoire qui déshonorerait le pays, l’écrivain Yann Moix confond le rôle de l’intellectuel et celui du politique.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Brice Couturier : «  L’intellectuel parle au nom de la conviction, le politique agit en fonction de la responsabilité»

Dans une tribune au « Monde », Brice couturier, journaliste et essayiste, estime qu’en « accusant » le président de la République de mener une politique migratoire qui déshonorerait le pays, l’écrivain Yann Moix confond le rôle de l’intellectuel et celui du politique.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 08h17
    |

Brice Couturier (Journaliste et essayiste, auteur de "Macron, un président philosophe", éd. de l'Observatoire, 2017)







                        



                                


                            
Tribune. Dans une lettre ouverte publiée par Libération, Yann Moix interpelle notre président de la République à propos de l’attitude de la police envers les migrants, à Calais. Il le fait en usant de procédés rhétoriques manifestement empruntés au célèbre « J’accuse » d’Emile Zola. D’une part, en dénonçant, la complicité des plus hautes autorités de l’Etat dans ce qu’il considère comme un déni de justice qui déshonore notre pays. De l’autre, en mettant ces mêmes autorités au défi de porter plainte contre lui. Comme on sait, sa lettre valut à Zola une forte amende et une lourde peine de prison. Celle de Moix lui apporte l’approbation du « parti des médias » et de nombreuses invitations sur de prestigieux plateaux.
Emmanuel Macron n’est pas non plus Félix Faure. Celui-ci était un industriel de la tannerie, celui-là un authentique intellectuel, comme j’ai cherché à l’établir dans mon livre, Macron, un président philosophe. Sa formation personnelle en atteste, de même que le type de réflexion qu’il a déployée sur la situation historique que traverse notre pays. Or, c’est à l’intellectuel autant qu’au responsable politique que s’adresse Yann Moix. Mais comme l’a montré Max Weber, la mission du savant et celle du politique sont profondément distinctes. L’intellectuel parle au nom d’une éthique de la conviction. Le politique agit en fonction de l’éthique de la responsabilité. Le premier n’écoute que la voix intérieure de sa croyance. Le second se souvient d’avoir à rendre compte des conséquences prévisibles de ses actes.
Intégration des vagues d’immigration pas satisfaisantes
Une partie importante de nos intellectuels paraît convaincue que l’humanité devrait entrer dans une phase postnationale et qu’elle se porterait mieux si on abolissait les frontières des Etats. Certains semblent vouloir ajouter à la Déclaration des droits de l’homme un droit universel à l’installation en Europe....




                        

                        


<article-nb="2018/02/04/19-20">
<filnamedate="20180204"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180204"><AAMMJJHH="2018020419">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Diminution du nombre de fonctionnaires, rémunération au mérite…, tour d’horizon des pistes de réforme de la fonction publique présentées par le gouvernement.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤                     
                                                

Cinq questions à propos de la réforme de l’Etat voulue par le gouvernement

Diminution du nombre de fonctionnaires, rémunération au mérite…, tour d’horizon des pistes de réforme de la fonction publique présentées par le gouvernement.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 18h59
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 09h18
    |

            Benoît Floc'h








                        


Départs volontaires, davantage de contrats, rénovation du statut de fonctionnaire, rémunération au mérite… Le gouvernement a présenté, jeudi 1er février, ses pistes de réforme de la fonction publique. Tour d’horizon, en cinq questions, de ce plan à propos duquel le premier ministre, Edouard Philippe, a prévenu : « Nous n’avons aucun doute sur le fait que nous puissions heurter la sensibilité ou les équilibres auxquels certains se sont habitués. »
Pourquoi continuer à réduire le nombre de fonctionnaires ?
Pour contribuer à réduire la dépense publique. C’est l’argument avancé, depuis plusieurs années, par plusieurs gouvernements successifs. Alors que la France a laissé filer sa dette — elle atteint presque 100 % de la richesse produite (PIB) —, le niveau de la dépense publique est très élevé : 56 % du PIB, dont une grande part consacrée au traitement des agents publics.
L’organisme de réflexion France Stratégie, dans une étude publiée à la fin de décembre, a montré que la France, avec un taux de 90 emplois publics pour 1 000 habitants, se situe dans la moyenne haute. Selon les derniers chiffres officiels, de 2014, la France compte 5,5 millions de fonctionnaires.
De 2007 à 2012, la droite a réduit leur nombre de quelque 150 000 personnes. Le mouvement a été freiné par François Hollande. Vainqueur de l’élection présidentielle de 2017, Emmanuel Macron a annoncé qu’il voulait supprimer 120 000 emplois publics et baisser la part de la dépense publique dans le PIB de trois points d’ici à 2022.
A droite, on considère que « supprimer 120 000 emplois publics sur le quinquennat est bien trop peu pour alléger la dépense publique », comme l’a déclaré Eric Woerth, président (LR) de la commission des finances de l’Assemblée nationale, le 2 février. A gauche, on juge que c’est trop : « On a besoin de fonctionnaires. […] On ne peut pas gérer le service public comme une entreprise ! », a déclaré Patrick Kanner, président du groupe PS au Sénat, naguère ministre de François Hollande.
Quel statut le gouvernement veut-il pour la fonction publique ?
Le premier ministre considère qu’il faut « adapter le statut de la fonction publique », « l’assouplir », « faire en sorte qu’il puisse redevenir un cadre efficace pour l’action publique, pas une fin en soi ». « Il faut rendre nos administrations plus véloces, plus agiles et plus armées », a abondé le secrétaire d’Etat Olivier Dussopt, vendredi sur Franceinfo.
Le constat n’est pas unanime. Les syndicats sont attachés au statut général de la fonction publique. Les bases en furent posées en 1946. Mais le statut a souvent été retouché. Les dernières grandes lois furent adoptées de 1983 à 1986.
« Le statut des fonctionnaires n’est pas l’ensemble monolithique et figé que l’on nous dépeint trop souvent », souligne Arnaud Freyder, haut fonctionnaire, dans La Fonction publique (LGDJ, 2013). Conseiller de François Fillon entre 2009 et 2012, il considère que le statut est « un instrument de souplesse » qui « exprime un équilibre nécessaire entre des droits et des obligations particuliers, qui s’attachent inévitablement aux métiers publics ».
Dans l’esprit du gouvernement, assouplir le statut passera par la simplification des instances représentatives du personnel, le renforcement de l’évaluation des agents et du développement de leur rémunération au mérite. Il est aussi question d’accompagner la mobilité et de recourir plus fréquemment à des contrats.
Augmenter la place du contrat, pour quoi faire ?
« Les possibilités de recourir aux contrats seront largement étendues, a précisé le premier ministre, notamment pour les métiers qui ne relèvent pas d’une spécificité propre au service public. » Dans le domaine du numérique notamment. Le gouvernement souhaite permettre aux directeurs de recruter les meilleurs candidats, indépendamment de leur situation et pour une durée déterminée.
« Il faut admettre que les administrations ne sauraient fonctionner avec leurs seuls agents titulaires, considère Arnaud Freyder. Les processus de recrutement sont souvent longs, les fonctions concernées ne nécessitent pas toujours le recrutement d’un agent pour plus de quarante ans de carrière, et les administrations doivent pouvoir faire face à des besoins temporaires. »
La CGT, elle, estime qu’il y a déjà « trop de contrats ». Selon les derniers chiffres officiels, la part des agents publics recrutés sur contrat était de 17,3 % en 2014, soit 940 000 personnes. « On estime qu’en 1946, la proportion des non-titulaires s’élevait déjà à 36 % », selon Arnaud Freyder.
Comment le plan de départs volontaires sera-t-il mis en place ?
A ce stade, on ne le sait pas. Gérald Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics, a dit que ce plan serait « imaginé avec les agents publics » : « Il ne s’agit pas de faire un plan de départs volontaires pour tout le monde, bien évidemment. Il s’agit d’adapter nos services publics et de le faire avec et pour les agents publics. »
Ce sont les concertations avec les syndicats, qui s’engageront ce mois-ci et dureront toute l’année, qui permettront de fixer les modalités de l’opération, a dit le gouvernement.
Le risque de ces plans est de faire partir des agents qui n’auront aucun mal à trouver un poste dans le privé, ou des cadres, moins bien payés dans le public.
Olivier Dussopt a cherché à temporiser, le 2 février : « Là où il y aura des restructurations, des rapprochements, là où la numérisation, l’évolution des métiers, des technologies, nous amènent à constater qu’il y aurait des sureffectifs, on pourrait proposer aux agents publics concernés cette formule de départs volontaires, mais circonscrits. Ce ne sont pas des plans massifs. »
Comment les syndicats réagiront-ils ?
Mal. Les syndicats sont déjà sur les nerfs. Le contexte est tendu, qu’il s’agisse du mouvement social dans les maisons de retraite ou dans les prisons. Ils n’ont toujours pas digéré le gel du point d’indice et le rétablissement du jour de carence. Par ailleurs, les réponses apportées par le gouvernement à la journée de mobilisation du 10 octobre les ont déçus.
Les neuf confédérations de fonctionnaires se retrouveront le 6 février : CGT, FO et Solidaires veulent une nouvelle journée d’action à la fin de mars ou au début d’avril. La CFDT est plus prudente. Dans un entretien au Monde, Laurent Berger, son secrétaire général, dénonce « un gros problème de méthode », reprochant au gouvernement d’« annoncer une concertation sur toute l’année », mais « de donner dès à présent une partie des conclusions ».
« Il va falloir discuter, encore discuter, et trouver ensemble les points d’atterrissage », dit M. Dussopt, lucide.



                            


                        

                        

