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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-1"> ¤ Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a décidé de démettre le PDG de Radio France, condamné pour favoritisme alors qu’il présidait l’INA.
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Mathieu Gallet : « Le CSA a tranché en toute indépendance », assure la ministre de la culture

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a décidé de démettre le PDG de Radio France, condamné pour favoritisme alors qu’il présidait l’INA.



Le Monde
 |    04.02.2018 à 08h42
 • Mis à jour le
04.02.2018 à 12h02
   





                        



   


La ministre de la culture, Françoise Nyssen, est revenue, dimanche 4 février dans une interview au Journal du dimanche (JDD), sur la décision du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), le 31 janvier, de démettre de ses fonctions le PDG de Radio France, Mathieu Gallet, condamné à la mi-janvier en première instance pour favoritisme.
La ministre avait jugé inacceptable le maintien de M. Gallet à la tête du groupe public de radios après sa condamnation. Elle s’était prononcée dans une interview au Monde, avant que le CSA ne rende sa décision sur la question. « Le CSA a tranché en toute indépendance », assure Mme Nyssen, ce qu’avait déjà exprimé le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, jeudi.
« Il a considéré que les conditions n’étaient plus réunies pour que Mathieu Gallet reste à la tête d’une entreprise publique après sa condamnation en première instance. Je ne regrette pas la phrase prononcée. J’ai exprimé une parole politique. Celle que porte une ministre en exercice. Celle qui revient à l’Etat actionnaire. J’ai exprimé l’exigence d’exemplarité absolue à laquelle les dirigeants politiques et les dirigeants d’entreprises publiques doivent se conformer. »
Françoise Nyssen a précisé que le doyen des administrateurs de Radio France assurerait la suppléance à la tête du groupe, le temps que le CSA désigne un nouveau président au terme d’un appel à candidatures.

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Mathieu Gallet a été condamné mi-janvier par le tribunal de Créteil à un an de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende pour des commandes de prestations auprès de sociétés de conseil lorsqu’il présidait l’Institut national de l’audiovisuel (INA). Le dirigeant a réfuté ces accusations et fait appel.

Loi contre les « fake news » : une procédure de référé judiciaire
Dans l’interview de Françoise Nyssen au Journal du dimanche du 4 février, la ministre de la culture annonce que le futur projet de loi sur les fake news, annoncé début janvier par Emmanuel Macron, contraindra les plates-formes à « coopérer avec l’Etat » et comprendra une procédure de référé judiciaire pour suspendre rapidement la diffusion des « fausses nouvelles ».
« Les mesures auxquelles nous travaillons d’ici à mars pour une loi sur “la confiance dans l’information” doivent permettre d’agir très rapidement quand une fausse nouvelle devient virale, particulièrement en période électorale. La loi prévoira des obligations nouvelles pour les plates-formes, qui devront coopérer avec l’Etat et être transparentes sur les contenus sponsorisés. Une procédure de référé judiciaire sera mise en place pour faire cesser rapidement la diffusion d’une fausse nouvelle, lorsque celle-ci est manifeste. S’il y a manquement aux obligations qu’imposera la loi (devoir de coopération, transparence sur les contenus sponsorisés), il y aura des sanctions. »

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La ministre s’est voulue de nouveau rassurante quant au respect de la liberté de la presse, avec un texte qui « protégera contre le risque de censure privée si les plates-formes agissent selon leurs propres règles ». Elle a également annoncé « une action forte en matière d’éducation aux médias », sans plus de détails.






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-3"> ¤ A l’issue de tumultueux débats, l’article 27 de la loi de 1881 sur la liberté de la presse confirmait le délit de fausses nouvelles. Mais le texte se révèle aujourd’hui impuissant. Récit.
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Avant les « fake news », les fausses nouvelles

A l’issue de tumultueux débats, l’article 27 de la loi de 1881 sur la liberté de la presse confirmait le délit de fausses nouvelles. Mais le texte se révèle aujourd’hui impuissant. Récit.



Le Monde
 |    04.02.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
04.02.2018 à 10h13
    |

                            Antoine Flandrin








                        



                                


                            
Comment endiguer le pouvoir de nuisance des « fake news » ? se ­demande, en 2018, le président de la République, Emmanuel ­Macron. Comment empêcher la propagation des fausses nouvelles ? s’interrogent, en 1879, les 22 membres de la commission, élus par la Chambre des députés pour ­légiférer sur les libertés et les responsabilités de la presse. Ces derniers ont alors tous en tête la dépêche d’Ems, cette fausse nouvelle qui a tant coûté à la France.
Moins de dix ans plus tôt, au début de l’été 1870, la France, isolée diplomatiquement, ­entend contenir les ambitions de la Prusse. L’ambassadeur Vincent Benedetti se rend, le 13 juillet, à Ems, près de Coblence, pour obtenir du roi de Prusse, Guillaume Ier, la confirmation que jamais un Hohenzollern ne briguera la couronne d’Espagne. Après deux refus fermes mais courtois, Guillaume Ier repousse une troisième demande d’audience. Informé de l’incident par une dépêche, le chancelier Otto von Bismarck voit le parti qu’il peut en tirer. Il ­réécrit la dépêche, en durcit le ton. La nouvelle dépêche soulève alors l’indignation des Français comme des Allemands. Courroucés, les députés français votent les crédits pour la ­mobilisation, et la déclaration de guerre de la France est notifiée à Berlin le 19 juillet. Moins de deux mois plus tard, le Second Empire ­s’effondre. Le 18 janvier 1871, la France, défaite, perd l’Alsace-Lorraine.
Caractère peu restrictif
Désirant protéger la IIIe République naissante contre les fausses nouvelles, les 22 membres de la commission se penchent sur les législations votées par leurs prédécesseurs. Dès 1810, le code pénal réprime les spéculateurs, qui, par des « bruits faux et calomnieux répandus à dessein dans le public », avaient opéré la hausse ou la baisse des prix des marchandises. La loi du 27 juillet 1849 punit, pour sa part, « la publication ou la reproduction faite de mauvaise foi de nouvelles fausses de nature à troubler la paix...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-4"> ¤ Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.
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Ehpad, Mathieu Gallet, affaire Daval : les infos à retenir de la semaine

Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 06h33
    |

                            Les Décodeurs








                        


Révocation du patron de Radio France par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), aveux de Jonathann Daval qui a reconnu avoir tué son épouse, mobilisation inédite dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) : retour sur les principales actualités des derniers jours.

   


Mathieu Gallet, écarté par le CSA
C’est une première dans l’histoire de l’audiovisuel public : le président de Radio France, Mathieu Gallet, a été démis de ses fonctions seize mois avant la fin de son mandat. Cette décision, prise mercredi 31 janvier par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), est consécutive à la condamnation en justice de M. Gallet à un an de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende pour des faits de favoritisme lors de son précédent mandat, à la tête de l’Institut national de l’audiovisuel (INA).
Le CSA doit désormais nommer un successeur, ce qui prendra au moins six mois. En attendant, c’est le doyen des administrateurs de Radio France nommés par le CSA qui devrait assurer l’intérim à la tête du groupe public. Jean-Luc Vergne, 69 ans, ancien directeur des ressources humaines de PSA Peugeot Citroën, pourrait donc être désigné s’il veut bien accepter cette mission.
> Lire : L’« affaire Gallet », des premières révélations sur l’INA à l’éviction de Radio France
Mobilisation inédite dans les Ehpad
Des membres du personnel des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) étaient en grève, mardi 30 janvier, pour réclamer davantage de moyens afin de s’occuper « dignement » des aînés, une mobilisation nationale inédite, dont l’ampleur est difficile à évaluer. La direction générale de la cohésion sociale a évoqué un taux de mobilisation (grévistes et personnels assignés inclus) de 31,8 %.
» Lire : Les maisons de retraite, « machines à broyer » du personnel soignant
Affaire Daval : retournement de situation
Ce qui était présenté jusqu’à maintenant comme un « meurtre de joggeuse », d’après la version du mari, apparaît désormais sous un tout autre jour. Mis en garde à vue lundi 29 janvier, Jonathann Daval a avoué, mardi, avoir tué son épouse, Alexia, le 27 octobre 2017 ; il a été mis en examen pour « meurtre sur conjoint ». Alors qu’il était suspecté juste après la découverte du corps de sa femme, il avait dissipé nombre de doutes en apparaissant effondré en tête d’une marche blanche à la mémoire de sa défunte épouse qui avait réuni plus de 8 000 personnes, le 5 novembre 2017.


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                Pourquoi sommes-nous fascinés par les faits divers ?



Des chiffres inédits sur les maternités de France
De 0,3 % à Besançon à 45 % à Limoges : des données inédites sur les maternités de France, obtenues par Le Monde, ont mis en relief des écarts importants sur les pratiques d’épisiotomie et d’autres actes (césarienne, péridurale) dans les établissements. Elles révèlent également un changement dans les pratiques et les perceptions sur la médicalisation de l’accouchement.
> Comparez les maternités : Taux de césariennes, d’épisiotomies… : comparez les maternités près de chez vous
Et aussi
Justice. L’islamologue Tariq Ramadan, accusé de viols, a été mis en examen et placé en détention.Migrants. Plusieurs violentes bagarres ont opposé des Afghans et des Erythréens jeudi à Calais (Pas-de-Calais), faisant au moins 21 blessés.Logement. La Fondation Abbé-Pierre tire la sonnette d’alarme sur le mal-logement en France.Armées. Cinq militaires sont morts, vendredi, après que deux hélicoptères se sont percutés dans le Var lors d’un entraînement.Justice. Au procès de Jawad Bendaoud, la cité, la coke, la prison.Pollution de l’air. La France et les Etats cancres convoqués à Bruxelles.Economie. La croissance française en hausse en 2017, à 1,9 %.
Défense. La France va adapter son « secret-défense » pour mieux échanger avec ses alliés.Economie. L’Insee va intégrer le trafic de drogue dans son calcul du produit intérieur brut.Monkeygate. Des constructeurs automobiles allemands accusés de tests sur des humains et des singes pour mesurer les effets du diesel.Economie. Suisse et Etats-Unis en tête d’un classement sur les paradis fiscaux.Etats-Unis. Lors de son premier discours sur l’état de l’Union, Donald Trump s’est de nouveau essayé à l’unité.Afghanistan. L’Etat impuissant après une nouvelle attaque à Kaboul revendiquée par l’organisation Etat islamique).Espace. Revivez l’éclipse totale de la Lune.
Disparitions
Pierre Godé, vice-président du groupe de luxe LVMH, est mort vendredi à l’âge de 73 ans.Edouard Ferrand, député européen du Front national, est mort jeudi 1er février des suites d’une longue maladie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-5"> ¤ L’hebdomadaire économique a dû retirer un article de son site Internet dans lequel il rapportait les difficultés financières d’une grande entreprise française.
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« Challenges » condamné pour avoir enfreint le secret des affaires

L’hebdomadaire économique a dû retirer un article de son site Internet dans lequel il rapportait les difficultés financières d’une grande entreprise française.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 06h48
    |

            François Bougon








                        



                                


                            
Une grande entreprise qui connaît des difficultés économiques, protégée en France par le secret des affaires, peut-elle échapper au droit de savoir ? Au nom de l’intérêt général et de la liberté d’informer, l’hebdomadaire économique Challenges a répondu par la négative, quitte à en subir les conséquences et être condamné par la justice.
Le 16 janvier, une enseigne française connue a attaqué en référé le journal au tribunal de commerce de Paris, réclamant le retrait du site Internet du journal d’un article publié six jours auparavant, dans lequel il était question d’une procédure de « mandat ad hoc », une action prévue par le code du commerce. La société plaignante demandait également l’interdiction d’évoquer de nouveau cette affaire.
La désignation d’un mandataire ad hoc peut être utilisée par les entreprises en difficulté de manière préventive pour éviter la cessation de paiement. Cependant, elle impose une stricte confidentialité aux acteurs qui y participent, ce qui est nécessaire, selon les professionnels, en ces périodes de crise, pour sauver des sociétés. D’où la décision de l’entreprise mentionnée dans l’article de Challenges d’attaquer l’hebdomadaire après l’avoir informé qu’il allait enfreindre la loi.
Un sujet « d’intérêt général »
Mais ce dernier a mis en avant la liberté d’informer ses lecteurs : « L’entreprise en difficulté n’est pas une petite PME de la visserie boulonnerie en butte à des créanciers voraces. Il s’agit d’un groupe international, présent dans toute la France, avec des centaines de fournisseurs, des milliers de salariés et des millions de clients. C’est pourquoi nous avons plaidé la nécessité de pouvoir informer le public sur un sujet “d’intérêt général”, sans avoir réussi à en convaincre le tribunal », a expliqué Vincent Beaufils, directeur de la rédaction de Challenges, dans un éditorial publié le 25 janvier – intitulé « Le droit de savoir » –, où il a dénoncé la lourdeur du jugement.
Trois...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-6"> ¤ Le PDG de Radio France a envoyé jeudi un courriel aux employés de l’entreprise publique, au lendemain de la décision du CSA de révoquer son mandat.
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Mathieu Gallet s’exprimera lundi devant les salariés de Radio France

Le PDG de Radio France a envoyé jeudi un courriel aux employés de l’entreprise publique, au lendemain de la décision du CSA de révoquer son mandat.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 13h25
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 14h30
    |

            Alexandre Piquard et 
François Bougon








                        


Au lendemain de la décision du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) de révoquer son mandat, le PDG de Radio France, Mathieu Gallet, a rompu son silence, jeudi 1er février, par un courriel envoyé aux salariés de l’entreprise publique, les invitant à une réunion lundi 5 février, à 15 heures, à l’auditorium de la Maison de la Radio. « Il est essentiel, même si cela n’est pas facile au cours de cette période, de rester mobilisés au service de Radio France et de ses publics », indique-t-il dans ce « message aux collaborateurs », dont Le Monde a pu prendre connaissance.

        Lire notre décryptage :
         

          Pourquoi le CSA a révoqué Mathieu Gallet de la présidence de Radio France



Le message a été envoyé au moment de la « traditionnelle cérémonie des vœux » prévue pour ce jeudi matin et annulée. Depuis la décision du CSA, le PDG de Radio France s’était muré dans le silence. Il avait seulement vu ses directeurs en fin de journée, mercredi. L’entreprise publique, qui peut se targuer de bonnes audiences et d’un climat social apaisé, se trouve de nouveau affaiblie, alors que le gouvernement prépare une réforme profonde de l’audiovisuel public.
Réunion au ministère de la culture
Le fauteuil de patron de la radio publique va-t-il devenir une « chaise vide » dans les cruciales discussions à venir ? Symboliquement, cette question va se poser très vite : vendredi 2 février au matin, M. Gallet devait se rendre au ministère de la culture, à l’invitation de Françoise Nyssen, qui a convié tous les dirigeants de l’audiovisuel public. Sera-t-il présent ? Va-t-il se faire représenter, et par qui ? Pour l’heure, aucune information n’a filtré.

        Lire aussi :
         

          la tribune de Xavier Gouyou-Beauchamps, ancien président de France Télévisions




        Lire aussi :
         

          La chronologie de l’« affaire Gallet »


A court terme, le doyen du conseil d’administration de Radio France, Jean-Luc Vergne, est pressenti pour assurer l’intérim dans l’attente de la nomination d’un nouveau PDG par le CSA. A 69 ans, l’ancien DRH de PSA Peugeot-Citroën, nommé au conseil d’administration de Radio France en décembre 2016 par le CSA, devra toutefois d’abord dire s’il accepte cette mission. Selon nos informations, celui-ci réserve sa réponse aux administrateurs. L’entreprise est donc dans une période de flottement, car le CSA a fixé la fin du mandat de M. Gallet à fin février.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-7"> ¤ Sur décision du CSA, le PDG de la radio publique devra quitter son poste. Ce départ ouvre une période d’incertitudes, en pleine réforme de l’audiovisuel.
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Radio France « sonnée » par la révocation de Mathieu Gallet

Sur décision du CSA, le PDG de la radio publique devra quitter son poste. Ce départ ouvre une période d’incertitudes, en pleine réforme de l’audiovisuel.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 12h16
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 12h17
    |

            François Bougon et 
Alexandre Piquard








                        



                                


                            

« Quand la nouvelle est tombée, ce fut comme un coup de grisou traversant le couloir », raconte une journaliste de France Inter. 15 h 14, mercredi 31 janvier : par un court communiqué, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) annonce la fin du mandat du PDG de Radio France, Mathieu Gallet, à partir du 1er mars. Un peu plus de quinze jours après sa condamnation par le tribunal de Créteil pour des faits de favoritisme à l’époque où il présidait l’Institut national de l’audiovisuel (INA), M. Gallet est sacrifié « dans l’intérêt général du service public audiovisuel », argumente, plus tard dans la journée, l’instance de régulation dans l’exposé de ses motivations. Il y est question de maintenir « une relation de confiance entre les pouvoirs publics et l’entreprise publique qu’est Radio France », et aussi de « sérénité » et de « disponibilité », « nécessaires au bon fonctionnement et à la poursuite des missions du service public de l’audiovisuel, dont l’indépendance doit à tous égards être assurée ».
Depuis le matin, les sept conseillers de l’autorité étaient réunis en session plénière pour traiter du cas Gallet. Lundi, l’audition devant eux s’était déroulée « dans un climat serein, calme et respectueux. Pendant trois heures, Mathieu Gallet a répondu aux questions des sept conseillers. Il a vraiment pu exposer sa défense », raconte une source proche du dossier.

Pour le PDG, le contrecoup est rude : M. Gallet se trouvait dans son bureau, à Radio France, quand il a appris sa révocation. Réputé pour son self-control et son humeur égale, il accuse le coup. Sa garde rapprochée encaisse également le choc, déçue. Plus tard, en fin de journée, Mathieu Gallet voit ses directeurs. Mais il ne réagit pas dans les médias, ni ne prend la parole en interne devant les salariés. Jeudi matin, on ne savait pas s’il s’exprimerait dans la journée ou si ses traditionnels vœux, prévus à 11 h 30,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-8"> ¤ L’élue La République en marche coordonne un groupe de travail chargé de formuler des propositions d’ici à fin mars. Sa philosophie : prendre le temps et faire primer la question de la finalité sur celle des moyens.
<filname="PROF-0,2-3236,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Audiovisuel public : la députée Frédérique Dumas plaide pour une refondation concertée

L’élue La République en marche coordonne un groupe de travail chargé de formuler des propositions d’ici à fin mars. Sa philosophie : prendre le temps et faire primer la question de la finalité sur celle des moyens.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 11h48
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 11h49
    |

            Alexandre Piquard








                        



   


Il faut répondre à l’appel du ­président », explique Frédérique Dumas, la coordinatrice du groupe de travail sur l’audiovisuel public formé par les députés de la majorité le 25 janvier. Mi-décembre, sur France 2, Emmanuel Macron avait souhaité associer les parlementaires au « grand travail de réflexion qu’on doit faire en 2018 » sur l’audiovisuel public. La philosophie prônée par Mme Dumas pour ce groupe ? « La question des moyens ne peut précéder celle de la finalité. »
Avec sa quinzaine de collègues, l’élue La République en marche (LRM) des Hauts-de-Seine et vice-présidente de la commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale formulera des propositions d’ici à fin mars.

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Elle travaillera notamment aux côtés du président de ladite commission, Bruno Studer (LRM), mais aussi de Céline Calvez (LRM), Gabriel Attal (LRM) ou encore Aurore Bergé (LRM)… Productrice et femme politique, Frédérique Dumas a été directrice générale d’Orange Studio et secrétaire nationale du Nouveau Centre, chargée des nouveaux médias.
« Nous allons travailler en bonne intelligence avec les autres acteurs de la réflexion », assure Mme Dumas, dont le groupe rencontrera la ministre de la culture, Françoise Nyssen, le 7 février. « Cela n’empêche pas de garder notre liberté de proposition, le cas échéant », précise la députée.
« Sur le fond, il faut réaffirmer le rôle fondamental du service public audiovisuel, avance la coordinatrice. Mais il faut adapter le secteur pour qu’il soit plus attractif et lisible. » « Sur la méthode, il faut redonner du sens et du temps, comme l’a souhaité le président. Il faut fixer d’abord le rôle et les missions de l’audiovisuel public et définir ensuite les moyens pertinents, dont font partie la gouvernance et le financement », précise-t-elle.
« Ne pas être otage de l’actualité »
Le ton tranche avec les polémiques de l’automne à propos des coupes budgétaires imposées au secteur ou des fuites suggérant une possible fusion entre France Télévisions et Radio France.
« Prendre le temps » exclut aussi a priori l’idée, avancée par certains, de faire dès le printemps une « petite » loi afin d’ôter au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) le pouvoir de nommer des dirigeants pour le confier aux conseils d’administration.
A ce sujet, la révocation de Mathieu Gallet « ne modifie pas le timing de la réforme », estime Mme Dumas, qui exhorte à « ne pas être otage de l’actualité ».« C’est important de mettre les moyens au service d’une finalité. Or, la gouvernance, qu’il s’agisse de nominations ou de pilotage, est un moyen. »

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                Eviction de Mathieu Gallet : Radio France dans la tourmente



Quant aux « moyens » budgétaires, Frédérique Dumas, rapporteuse pour avis sur le projet de loi de finances pour 2018, s’est déjà prononcée en faveur d’une réforme de la redevance qui serait « universelle » et non liée à la détention d’un téléviseur ou d’un terminal connecté.
L’élue préconisait de s’inspirer des modèles allemand et finlandais. « Une telle réforme rendrait la consultation des citoyens d’autant plus nécessaire, car la redevance est une taxe affectée : elle repose donc sur un consentement tacite, juge-t-elle. Il faut que la refondation du service public soit partagée par tous. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-9"> ¤ Editorial. En poussant le PDG de Radio France vers la sortie, le gouvernement ne se facilite pas la tâche pour mener une réforme en profondeur de l’audiovisuel public.
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Eviction de Mathieu Gallet : Radio France dans la tourmente

Editorial. En poussant le PDG de Radio France vers la sortie, le gouvernement ne se facilite pas la tâche pour mener une réforme en profondeur de l’audiovisuel public.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 11h35
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 11h57
   





                        


Editorial du « Monde ». Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a donc tranché, mercredi 31 janvier. Quinze jours après la condamnation de Mathieu Gallet à un an de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende pour « favoritisme » dans l’attribution de marchés publics lorsqu’il dirigeait l’Institut national de l’audiovisuel, le CSA a mis fin au mandat du PDG de Radio France.

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Inédite, cette décision était, à bien des égards, inévitable. S’il est garant de l’indépendance de l’audiovisuel public (Radio France et France Télévisions), le CSA l’est aussi du bon fonctionnement de ces entreprises, dont il nomme les présidents. Comme le Conseil l’a précisé, « pour assurer dans de bonnes conditions la gestion d’une société détenue à 100 % par l’Etat, il importe que les relations d’échange et de dialogue entre les représentants de l’Etat et le PDG de la société soient denses, confiantes et permanentes ». Surtout au moment où le gouvernement entend mener une vaste réforme de l’audiovisuel public. Or ce lien de confiance était clairement rompu : au lendemain de la condamnation de M. Gallet, la ministre de la culture avait jugé que cette situation, contraire à l’impératif d’« exemplarité », n’était « pas acceptable ». 
Un coup très dur
Au-delà du sort personnel de M. Gallet, cette révocation est un coup très dur pour Radio France. Sous sa présidence, après un début de mandat tendu, marqué par une longue grève des personnels, les radios publiques ont élaboré une stratégie, et retrouvé une cohésion et des audiences plus qu’encourageantes. Cette dynamique risque fort d’être stoppée net par la période d’apesanteur qui s’ouvre désormais. La procédure de nomination par le CSA, puis d’installation d’un nouveau patron de la Maison de la radio ne peut aboutir avant l’été, et le président intérimaire qui va être nommé ne pourra guère que gérer les affaires courantes.
La « maison ronde » n’est pas la seule victime de cette tempête. Le CSA en ressort évidemment affaibli. Certes, sa décision de mettre un terme prématuré au mandat de M. Gallet, qu’il avait nommé il y a quatre ans à la surprise générale, est logique. Elle n’en a pas moins été prise sous la pression explicite et publique du gouvernement. Cette situation est d’autant plus gênante que le président de la République a exprimé son intention, dans le cadre de la réforme à venir, de remettre en cause le pouvoir de nomination des patrons de France Télévisions et de Radio France par le CSA. Emmanuel Macron entend transférer cette responsabilité aux conseils d’administration de ces entreprises. L’imbroglio des mois à venir n’en est que plus complexe.

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Quant au pouvoir exécutif, chef de l’Etat en tête, il peut se prévaloir d’avoir, sans hésiter, imposé aux entreprises publiques la discipline de la « République irréprochable » qu’il veut faire respecter. Mais il a pris le risque de déstabiliser l’audiovisuel public : après avoir annoncé – sans ménagement, mais sans précision – une réforme en profondeur de ce secteur, il a clairement poussé Mathieu Gallet vers la sortie.
Or cette réforme ne pourra s’élaborer qu’en partenariat avec des responsables capables de mobiliser leurs personnels. Voilà, pour de longs mois, le gouvernement privé d’un tel interlocuteur à Radio France. Il aurait tort de croire que cela lui laissera plus de liberté pour manœuvrer à sa guise. Car il n’échapperait pas, alors, au soupçon de chercher à reprendre en main les médias publics. Vieille et coupable tentation du pouvoir exécutif en France.



                            


                        

                        


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Audiovisuel : l’annonce de la révocation de Mathieu Gallet arrive au plus mauvais moment pour Radio France

L’exécutif a ouvert un vaste chantier de réforme de l’audiovisuel public. Le président Emmanuel Macron veut une loi avant la fin de l’année.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 11h35
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 17h38
    |

            Alexandre Piquard








                        



                                


                            

« Le problème, c’est le timing du départ de Mathieu Gallet. Il y a un an, cela aurait été différent. Là, ce n’est vraiment pas le moment. » Pour ce salarié syndiqué de Radio France, la révocation qui prend effet le 1er mars du président par le CSA, est d’autant plus inquiétante que l’exécutif a ouvert un vaste chantier de réforme de l’audiovisuel public. Le fauteuil du patron de la radio publique va-t-il être une « chaise vide » dans les cruciales discussions à venir ? Symboliquement, cette question va se poser très vite : vendredi 2 février au matin, M. Gallet devait se rendre au ministère de la culture, à l’invitation de Françoise Nyssen, qui a convié tous les dirigeants de l’audiovisuel public. Sera-t-il présent ? Va-t-il se faire représenter, par qui ?

Cette réunion rue de Valois est la suite d’un processus enclenché par le ministère de la culture depuis l’automne : M. Gallet, Delphine Ernotte, de France Télévisions, Marie-Christine Saragosse, de France Médias Monde (France 24, RFI…), Véronique Cayla, d’Arte, Laurent Vallée de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) et Yves Bigot, de TV5 Monde, ont été invités à proposer, par écrit, des « synergies » et des projets communs. Depuis, ils ont continué les discussions autour de cinq thématiques : le public jeune, l’international, l’offre de proximité, le numérique, et les fonctions support et techniques.
Les dirigeants de ces structures indépendantes entre elles tentent d’échafauder des schémas de coopérations : France 3 et France Bleu ont ainsi un projet de matinale d’information commune, diffusée localement, pour la rentrée. Est aussi envisagé un rendez-vous d’information politique régional partagé, ainsi que des journées thématiques, précisent Les Echos du 1er février. Les groupes d’audiovisuel public travaillent aussi sur une offre numérique commune pour les 13-30 ans, ajoute le quotidien. Dans le domaine culturel,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-11"> ¤ Au lendemain de l’éviction du président de Radio France, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a mis en avant une « exemplarité » nécessaire.
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Révocation de Gallet : « Le CSA prend ses décisions de manière indépendante »

Au lendemain de l’éviction du président de Radio France, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a mis en avant une « exemplarité » nécessaire.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 11h27
   





                        



   


Au lendemain de l’annonce, mercredi 31 janvier, de la révocation par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) de Mathieu Gallet, le PDG de Radio France, condamné pour « favoritisme » dans l’attribution de marchés publics lorsqu’il dirigeait l’Institut national de l’audiovisuel, les membres du gouvernement sont montés au créneau pour défendre l’indépendance de la décision du CSA.

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                Pourquoi le CSA a révoqué Mathieu Gallet de la présidence de Radio France



Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a assuré jeudi 1er février, sur Europe 1, que « le CSA prend ses décisions de manière indépendante » et il a insisté sur l’« exemplarité » nécessaire à la tête des grandes entreprises publiques.
« Je rappelle que Mathieu Gallet a été condamné en première instance, pour attribution de marchés publics, pour favoritisme dans cette attribution, qu’il a été condamné à un an de prison avec sursis, 20 000 euros d’amende. Il est important d’avoir à la tête des grandes entreprises publiques, ou des grands opérateurs publics, des personnes dont l’exemplarité soit inattaquable. »
Alors que les avocats de Mathieu Gallet, qui a fait appel de cette décision de justice, ont dénoncé « la pression de l’Etat », M. Griveaux a répondu qu’« il n’y a pas eu de demande du gouvernement (…) Le gouvernement a exprimé un souhait, le CSA prend ses décisions de manière indépendante ».

        Lire la tribune de Xavier Gouyou-Beauchamps :
         

          La révocation de Mathieu Gallet appelle « une réforme profonde du CSA »



Relancé sur l’intervention de la ministre de la culture, Françoise Nyssen, qui avait jugé « inacceptable » son maintien et appelé l’intéressé et le CSA à « tirer les conséquences » du jugement, M. Griveaux a jugé « normal que le gouvernement exprime son souhait sur des situations qui occupent et préoccupent beaucoup des salariés d’un groupe important pour l’audiovisuel français ».
« Cette exemplarité est importante »
Pour Christophe Castaner, secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement, invité jeudi matin de France Inter, « la gouvernance de Radio France était fragilisée par la condamnation de Mathieu Gallet ». Il a affirmé qu’il s’agissait d’« une décision indépendante du CSA ». « Cette décision est prise, considérons que c’est la bonne, par contre veillons sur la bonne gouvernance, le plus vite possible, de Radio France », a-t-il ajouté.
Le délégué général de La République en marche a lui aussi insisté sur l’impératif d’exemplarité : « Quand on est PDG d’un grand groupe public, cette exemplarité est importante. » 
Un argument encore repris par la députée Amélie de Montchalin sur LCP : « L’exemplarité c’est quelque chose qu’il faut traduire en actes. Si, quand on a un cas comme ça, on n’en tire pas les conclusions cela pose problème. Le CSA en a tiré les conclusions », estime la députée LRM de l’Essonne. « Quand l’exemplarité n’est plus là on voit que ça crée une sorte de défiance », juge-t-elle.

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                L’« affaire Gallet », des premières révélations sur l’INA à l’éviction de Radio France



A contrario, Rachida Dati a déclaré sur Sud Radio : « C’est le droit souverain du CSA de révoquer. Mais c’est gênant car l’appel n’est pas purgé. » La députée européenne Les Républicains (LR) a cependant estimé que « Mathieu Gallet aurait pu choisir de se mettre en retrait ». Pour elle, « l’exemplarité d’Emmanuel Macron est à géométrie variable », évoquant le cas de Sylvie Goulard.
Le président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau, a quant à lui estimé sur RTL que « Françoise Nyssen est allée trop vite ». Pour lui, « elle a enfermé le CSA dans une tension qui était compliquée. Si il suivait son conseil, on accusait le CSA d’être dépendant, si il ne le suivait pas on l’accusait d’être trop laxiste. C’était trop rapide. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-12"> ¤ Dans « La Méchanceté en actes à l’ère numérique », François Jost passe au crible la foire d’empoigne permanente qui agite la sphère médiatique.
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Médias, réseaux sociaux: mais pourquoi sont-ils aussi méchants ?

Dans « La Méchanceté en actes à l’ère numérique », François Jost passe au crible la foire d’empoigne permanente qui agite la sphère médiatique.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 12h02
    |

                            Gilles Bastin (Sociologue et collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            

Voilà un livre qui n’y va pas par quatre chemins. Du Hara Kiri anticlérical et pornographe des années 1960 aux rudes invectives dont les réseaux sociaux sont parfois le lieu, il dessine à grandes enjambées les contours d’un territoire médiatique en pleine expansion : celui du dégoût des autres et de la passion populiste pour la destruction de l’autorité. En un mot, de la méchanceté.
Stigmate social
François Jost a quelques arguments à faire valoir. Il est un de ces rares veilleurs qui scrutent depuis de longues années, plutôt que de la dénigrer en bloc, la télévision que certains qualifièrent de « compassionnelle » au début des années 1980. La psychologie envahissait les plateaux de ce qui allait devenir la « télé-réalité ». Pour le meilleur, comme on a pu le penser en mettant en avant la libération de la parole qui se produisait ainsi ? Ou pour le pire, comme le dit François Jost en observant la généralisation des programmes fondés sur l’évaluation permanente des candidats et la scénarisation perverse de leurs querelles ?

Le sémiologue voit juste quand il identifie les mécanismes psychologiques de cette foire d’empoigne. « La victime de la maltraitance médiatique a besoin de ses persécuteurs. Sinon, elle (…) perd ce sentiment d’exister qu’elle a tiré des flèches qu’on a décochées contre elle. » Ou lorsqu’il différencie avec Erving Goffman la plaisanterie que peut faire une personne sur son propre stigmate social (l’homosexualité par exemple) de celle qu’un animateur de télévision fera à ses dépens.
Pour autant, le rapprochement entre cette télévision et d’autres formes médiatiques comme les réseaux sociaux ou la presse politique convainc moins. A force de vouloir comparer l’incomparable – un verre d’eau qui vole à la figure d’un des invités d’« Un dîner presque parfait » sur W9 et un président de la République qui subit les moqueries de quelques éditorialistes –, François Jost prend le risque...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-13"> ¤ Taner Kiliç est accusé, sans aucune preuve, d’avoir téléchargé ByLock, une application de messagerie cryptée, décrite par les autorités turques comme celle utilisée par les putschistes la nuit du coup d’Etat manqué.
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Remise en liberté conditionnelle du représentant d’Amnesty International en Turquie

Taner Kiliç est accusé, sans aucune preuve, d’avoir téléchargé ByLock, une application de messagerie cryptée, décrite par les autorités turques comme celle utilisée par les putschistes la nuit du coup d’Etat manqué.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 19h06
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 12h49
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        


Un tribunal d’Istanbul a ordonné, mercredi 31 janvier, la remise en liberté conditionnelle de Taner Kiliç, le directeur de la représentation turque d’Amnesty International, en détention depuis juin 2017. A l’énoncé de la décision, des cris de joie ont éclaté dans la salle, où de nombreux observateurs étrangers étaient présents.
Gauri van Gulik, directrice de l’ONG pour l’Europe, a remercié tous les signataires (plus d’un million de personnes à travers le monde) de la pétition pour la libération de Taner Kiliç : « Elles ont démontré que lorsque nous agissons et parlons à l’unisson, nous sommes entendus. »

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                En Turquie, liberté conditionnelle pour huit militants des droits de l’homme



Mais le procès n’est pas fini. M. Kiliç et des dix autres militants des droits de l’homme qui comparaissaient avec lui, mercredi, au tribunal du palais de justice de Caglayan, à Istanbul, sont toujours poursuivis pour « appartenance à une organisation terroriste ».
Libéré sous contrôle judiciaire, M. Kiliç ne peut pas quitter la Turquie. Dans l’attente de la prochaine audience, il devra se présenter chaque semaine au commissariat.
50 000 personnes condamnées depuis juillet 2016
Les onze militants sont accusés d’avoir entretenu des liens avec le mouvement du prédicateur musulman Fethullah Gülen, que les autorités turques accusent d’avoir fomenté la tentative de coup d’Etat du 15 juillet 2016.
Depuis le putsch manqué, 50 000 personnes ont été arrêtées et 150 000 fonctionnaires ont été démis pour leur appartenance présumée à des organisations « terroristes ». Plus de 50 000 personnes ont été condamnées à des peines de prison pour collusion avec le mouvement güleniste, qui fut longtemps le meilleur allié du Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur, au pouvoir depuis 2002), avant de devenir son pire ennemi.
Comme des dizaines de milliers de personnes, M. Kiliç est accusé de s’être servi de ByLock, une application de messagerie cryptée, décrite par les autorités turques comme celle des partisans de Fethullah Gülen, ce qu’il nie.

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                Bylock, la messagerie cryptée au cœur de la traque des opposants en Turquie



Les analyses de son téléphone commandées par Amnesty n’ont trouvé aucune trace d’un chargement de Bylock. Son dossier d’accusation est vide.
Il lui est aussi reproché d’avoir eu un compte à la banque Asya (güleniste, mais légale). Et d’avoir placé sa fille dans une des nombreuses écoles que le prédicateur avait créées en Turquie, avec les encouragements de l’AKP. Ces écoles étaient tellement prisées que la plupart des enfants des cadres de l’AKP les ont fréquentées.
Amnesty déplore que, « jusqu’à présent, le ministère public n’ait fourni aucune preuve venant étayer son affirmation [sur l’application], ni démontrer une quelconque infraction pénale ». 
Etrange application que Bylock, dont on vient d’apprendre qu’elle peut être installée sur un téléphone portable sans le consentement de son propriétaire. « Le groupe terroriste FETÖ [nom donné par le gouvernement au mouvement Gülen] a installé Bylock sur 11 480 téléphones portables à l’insu des utilisateurs », a fait savoir le bureau du procureur général en chef d’Ankara, le 27 décembre. Taner Kiliç n’est pas sur la liste.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-14"> ¤ Ex-haut dirigeant de PSA Peugeot-Citroën, ex-DRH converti au macronisme, M. Vergne, 69 ans, pourrait remplacer Mathieu Gallet dès le début de mars.
<filname="PROF-0,2-3236,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Qui est Jean-Luc Vergne, pressenti pour devenir président par intérim de Radio France ?

Ex-haut dirigeant de PSA Peugeot-Citroën, ex-DRH converti au macronisme, M. Vergne, 69 ans, pourrait remplacer Mathieu Gallet dès le début de mars.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 16h27
 • Mis à jour le
31.01.2018 à 17h37
    |

            François Bougon








                        



   


Jean-Luc Vergne a passé une grande partie de sa vie professionnelle à négocier et à résoudre des conflits. Un passé bien utile pour cet amateur de rugby – au poste de troisième ligne – qui, à 69 ans, pourrait assurer la présidence par intérim de Radio France, après la décision, mercredi 31 janvier, du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) de mettre fin au mandat de Mathieu Gallet.
En tant que doyen des membres du conseil d’administration de la société publique, où il a été nommé en décembre 2016 par le CSA, l’ancien DRH peut désormais le remplacer. Jean-Luc Vergne n’a cependant pas encore dit s’il accepterait cette mission. Il réservera la primeur de sa décision au conseil d’administration de Radio France.

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« Socialiste light »
Le CSA souhaitait un homme issu de l’industrie, afin de contrôler l’évolution du chantier de la réhabilitation de la Maison de la radio. Jean-Luc Vergne a commencé sa carrière en 1973, après un mémoire de maîtrise sur la formation professionnelle, aux Laboratoires Labaz, puis il a poursuivi chez Sanofi lorsque Elf a pris le contrôle des laboratoires.
En 1999, il intègre le groupe PSA Peugeot Citroën. Après un passage à l’Association nationale pour la formation professionnelle des adultes (AFPA), il a rejoint BPCE, issu du rapprochement entre les Banques populaires et les Caisses d’épargne. Avant une retraite active comme président de BGE, réseau national d’appui aux entrepreneurs.
Dans l’univers des DRH, Jean-Luc Vergne, qui se revendique de gauche – « socialiste light », dit-il – a détonné en raison de son profil atypique. En réunion, ce volubile à l’accent du Sud-Ouest assure le « show ».
Fils d’ouvrier, titulaire d’une maîtrise de droit et de sociologie, il a pris « l’escalier social », explique-t-il lors de la parution de son livre Itinéraires d’un DRH gâté (Eyrolles, 2013). A ses débuts, le directeur des ressources humaines a un rôle purement administratif et gère les fiches de paie… Puis, à mesure que la France entre en crise, il faut gérer départs et plans sociaux. Sa place devient stratégique.
« Méthode Vergne »
Dans ce contexte, il revendique une « méthode Vergne », dans un entretien à Libération, en 2009 : des baisses d’effectif « sans traumatisme, sans conflit du travail, en aidant ceux qui le pouvaient à se reconvertir, plutôt qu’en ayant recours à des licenciements secs ».
Dans son ouvrage, il dit son admiration pour un certain nombre de syndicalistes qu’il a côtoyés, notamment Nicole Notat, de la CFDT, et Bernard Thibault, de la CGT. Et les joutes oratoires avec les représentants du syndicat SUD à la BPCE « ne sont pas que des mauvais souvenirs », écrit-il.
Pendant la campagne présidentielle, Jean-Luc Vergne s’est engagé en faveur de l’actuel président, dans un texte collectif publié sur le site HuffPost et intitulé : « La politique d’Emmanuel Macron, c’est celle que ni la droite ni la gauche n’assument depuis trente ans. »
« Dans un pays malade des rentes, des conflits et des promesses non tenues, le choix de se mettre en mouvement est un défi jeté à la face d’une caste politique qui s’enferme dans l’entre-soi et le conservatisme », y écrivaient les signataires.
Jean-Luc Vergne est également membre de la commission des conflits de La République en marche. La gestion des différends, une déformation professionnelle…
Aujourd’hui, s’il accepte le poste à Radio France, il devra gérer une maison dans le doute, paradoxalement au plus haut en matière d’audiences, mais inquiète des projets du gouvernement et orpheline de son PDG.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-15"> ¤ Le CSA a décidé, mercredi, de révoquer le président de Radio France, après sa condamnation le 15 janvier à un an de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende.
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L’« affaire Gallet », des premières révélations sur l’INA à l’éviction de Radio France

Le CSA a décidé, mercredi, de révoquer le président de Radio France, après sa condamnation le 15 janvier à un an de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 16h07
 • Mis à jour le
31.01.2018 à 21h13
   





                        


Presque deux ans après les premières révélations sur les dépenses de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) sous la direction de Mathieu Gallet, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a décidé, mercredi 31 janvier, de « retirer son mandat au président de Radio France », à compter du 1er mars 2018. Retour sur les événements.
Avril 2015 : le « Canard enchaîné » épingle les dépenses de l’INA
Le 1er avril, le Canard enchaîné publie des révélations sur les dépenses de Mathieu Gallet, ancien directeur général de l’INA et patron de Radio France (depuis 2014).
L’hebdomadaire avance que le dirigeant a engagé entre 2010 et 2014 (durée de son passage à l’INA) six cabinets de consultants pour près de 800 000 euros de contrats passés sans mise en concurrence. Le Canard enchaîné dit s’appuyer sur les premières conclusions d’une mission de l’Inspection générale des finances, saisie par le ministère de la culture.

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          A l'INA, Mathieu Gallet se serait également montré dépensier



L’intéressé répond immédiatement aux révélations de l’hebdomadaire, assurant que les contrats cités ont « fait l’objet de procédures de mise en concurrence, conformément à la législation applicable et aux règles internes de l’Institut ». Il demande à « l’INA, qui dispose de tous les éléments à ce sujet, de bien vouloir apporter le démenti le plus ferme à ces allégations ».
Mai 2015 : Anticor porte plainte
L’association d’élus et de citoyens luttant contre la corruption Anticor porte plainte contre X au parquet de Créteil (Val-de-Marne) pour « favoritisme », à la suite de ces révélations. La plainte concerne également l’ancienne PDG de l’institut, Agnès Saal, épinglée pour ses dépenses de taxi. Selon l’avocat d’Anticor, Jérôme Karsenti :
« Pour un établissement financé en majeure partie par le contribuable, il y a une totale désinvolture, voire plus, sur la gestion de l’argent public à un moment où l’Etat se doit d’être exemplaire. »

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          Deux ex-PDG de l’INA visés par une plainte d’Anticor



Juin 2015 : ouverture d’une enquête pour « favoritisme »
Après un début de présidence mouvementé à Radio France, et deux mois après les révélations du Canard enchaîné sur les contrats passés à l’INA, la justice s’empare du dossier. Le 2 juin 2015, le parquet de Créteil ouvre une enquête préliminaire pour « favoritisme » sur « des contrats passés entre 2010 et 2014 » par M. Gallet lorsqu’il était en charge de l’INA.
Selon les informations du Monde, le ministère de la culture a enquêté et transmis au parquet une « série d’éléments (…) susceptibles d’être irréguliers ». Ces éléments recoupent ceux déjà publiés par Le Canard enchaîné et d’autres révélés par une note du Contrôle général économique et financier (CGEFI), un service de Bercy, datée du 10 avril, et pointant des « dysfonctionnements et irrégularités ».
Novembre 2017 : le procès
Le procès de Mathieu Gallet s’ouvre le 16 novembre 2017. Deux contrats sont visés par la justice : l’un avec le cabinet Roland Berger (2013), l’autre avec la société Balises (septembre 2012-juin 2014).
Pour le premier, un appel d’offres a été passé, mais le marché a été suivi d’un avenant puis d’un « marché complémentaire », pour une somme totale de 290 000 euros, qui aurait pu justifier une procédure « d’appel d’offres européen ». 
Selon l’accusation, l’INA a « saucissonné » le marché (en le découpant par lots ne dépassant pas le seuil requérant un appel d’offres européen) pour éviter cette procédure plus contraignante, et le confier à Roland Berger, qui avait déjà travaillé pour l’INA en 2010.
Le second contrat, passé pour un total de 130 000 euros, de janvier 2012 à juin 2014, avec Balises, la société du consultant Denis Pingaud, n’a pas fait l’objet d’un appel d’offres.
A l’issue de l’audience, le parquet requiert dix-huit mois de prison avec sursis et 40 000 euros d’amende. M. Gallet plaide la méconnaissance des « questions de marché public ». La défense tente également d’obtenir la nullité de la procédure, accusant la procureure de s’être montrée « partiale », et mettant en avant des erreurs. Les avocats portent par ailleurs plainte contre le parquet de Créteil pour violation du secret de l’enquête.

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          Dix-huit mois de prison avec sursis requis contre Mathieu Gallet



Janvier 2018 : Mathieu Gallet, condamné, exclut de démissionner
Le tribunal condamne Mathieu Gallet, lundi 15 janvier, à un an de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende. La défense de M. Gallet, Me Christophe Ingrain, annonce immédiatement sa volonté de faire appel du jugement, et souligne la « présomption d’innocence (…) jusqu’à la décision de la cour d’appel ».
« Nous faisons immédiatement appel pour que la cour examine ce dossier avec sérénité et dans le respect des droits de la défense. Compte tenu des conditions dans lesquelles l’enquête et l’audience se sont déroulées, la décision du tribunal n’est pas une surprise. »

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          Sous pression de l’exécutif, Mathieu Gallet « exclut de démissionner »



La question de la démission du président de Radio France se pose alors. La ministre de la culture, Françoise Nyssen, mentionne le « devoir d’exemplarité » des dirigeants d’entreprises publiques et en appelle au CSA. L’avocat de Mathieu Gallet assure que ce dernier « exclut de démissionner ».
Selon la loi de novembre 2013 sur l’indépendance de l’audiovisuel public, « le mandat des présidents […] peut leur être retiré, par décision motivée » du CSA, « à la majorité ».



                            


                        

                        


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Xavier Gouyou-Beauchamps : la révocation de Mathieu Gallet appelle « une réforme profonde du CSA »

Dans une tribune au « Monde », l’ancien président de France Télévisions estime que l’autorité de régulation ne devrait plus nommer les présidents.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 15h28
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 11h01
    |

Xavier Gouyou-Beauchamps (Ancien président de France Télévisions 1996-1999)







                        



                                


                            

Tribune. La décision prise par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) sur le cas du président de Radio France est une première. Depuis sa naissance, en 1989, le CSA n’avait jamais révoqué formellement un président d’une société publique de radio ou de télévision. Il avait procédé autrement.
Deux fois, il avait, en liaison avec le gouvernement, poussé le président de France Télévisions à la démission. Cinq fois, il avait attendu la fin du mandat du président, ce qui est une forme de révocation avec différé. Il avait fait la même chose pour les présidents successifs de Radio France, à une exception près.

Le comportement de l’Etat dans l’affaire Mathieu Gallet [condamné le 15 janvier pour favoritisme lorsqu’il était président de l’Institut national de l’audiovisuel] constitue aussi une première. Jusqu’à maintenant, le gouvernement était intervenu dans les nominations et dans les révocations déguisées, mais en coulisse, pas de façon transparente et explicite.
Ces deux premières ne contribuent pas au redressement de l’image du CSA, entachée notamment par les conditions dans lesquelles il a procédé à la nomination de l’actuelle présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte [des modalités de vote inédites], et celles dans lesquelles il a réglé le cas de la chaîne de télévision Numéro 23 [le CSA, qui a donné son accord, en juillet 2017, au rachat de la chaîne par le groupe maison mère de BFM-TV et RMC, l’avait d’abord refusé en 2015, avant d’être désavoué par le Conseil d’Etat].
Un recul du crédit d’indépendance
Il apparaît donc de plus en plus clairement que le CSA doit être déchargé de la nomination des présidents. C’est nécessaire pour la restauration de son crédit comme autorité de régulation. Ce sera la fin de son vice structurel : imagine-t-on une autorité de régulation des télécommunications responsable de la nomination (et de la révocation éventuelle) de la principale...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-17"> ¤ Les sept membres du Conseil ont pour la première fois révoqué le mandat d’un président de l’audiovisuel public, après la condamnation de M. Gallet pour favoritisme le 15 janvier.
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Article sélectionné dans La Matinale du 31/01/2018
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Pourquoi le CSA a révoqué Mathieu Gallet de la présidence de Radio France

Les sept membres du Conseil ont pour la première fois révoqué le mandat d’un président de l’audiovisuel public, après la condamnation de M. Gallet pour favoritisme le 15 janvier.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 15h22
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 08h48
    |

            Alexandre Piquard et 
François Bougon








                        



   


Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a décidé, mercredi 31 janvier, de retirer à Mathieu Gallet son mandat de président de Radio France. A la question « Mathieu Gallet est-il en capacité de continuer à diriger pleinement Radio France ? », les sept conseillers ont répondu par la négative. La décision prendra effet le 1er mars 2018.
Comment le CSA motive-t-il sa décision ?
Le CSA a motivé sa décision, mercredi, par le fait qu’il « importe » que les relations entre l’Etat et le président de Radio France soient « denses, confiantes et permanentes, dans un contexte de réforme majeure de l’audiovisuel public annoncée par le pouvoir exécutif », ajoutant que « le Conseil est particulièrement sensible aux questions de déontologie, de prévention des conflits d’intérêts et de moralisation de la vie publique ».
Les conseillers ont apparemment estimé que la condamnation de Mathieu Gallet l’empêchait de poursuivre son mandat sereinement. Ils n’ont donc pas été sensibles aux arguments du président en place, longuement auditionné lundi 29 janvier.
Celui-ci soulignait qu’il restait innocent car il avait fait appel de la décision en première instance. Ses partisans mettaient aussi en avant son bilan à Radio France et les bonnes audiences de France Inter, de France Culture… « Le révoquer crée plus de trouble pour l’entreprise que son maintien car il faut mener des discussions cruciales avec le gouvernement, qui veut réformer profondément l’audiovisuel public », avancent ses partisans.
M. Gallet n’a pas encore fait savoir s’il contestait la décision du CSA devant le Conseil d’Etat.
Pourquoi le CSA a-t-il dû se saisir du « cas Gallet » ?
Une procédure inédite avait été ouverte à l’encontre de M. Gallet le 17 janvier après sa condamnation, le 15 janvier, à un an d’emprisonnement avec sursis et à 20 000 euros d’amende pour favoritisme lorsqu’il était à la tête de l’Institut national de l’audiovisuel (INA), entre 2010 et 2014. L’intéressé, qui avait « exclu de démissionner », a fait appel du jugement.

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                L’« affaire Gallet », des premières révélations sur l’INA à l’éviction de Radio France



C’est la première fois de son histoire que le CSA, créé en janvier 1989, utilise son pouvoir de démettre l’un des présidents de l’audiovisuel public, un pouvoir qui lui est conféré par l’article 47-5 de la loi du 30 septembre 1986. Celui-ci exige que la décision de révocation d’un mandat soit fondée « sur des critères de compétence et d’expérience ».
C’est aussi probablement la dernière fois que le CSA utilise ce pouvoir de révocation, puisque le gouvernement souhaite donner aux conseils d’administration des groupes concernés le droit de nommer et de démettre leur président. La mesure devrait figurer dans un projet de loi qui sera présenté d’ici à la fin de l’année.
Etait-ce au CSA de prendre une telle décision ?
En révoquant Mathieu Gallet, le CSA évite de se voir reprocher d’être trop indulgent avec un dirigeant qu’il a lui-même nommé, en 2014, à l’unanimité. Mais il risque d’être accusé de se plier à la volonté du gouvernement.
En effet, l’intervention de la ministre de la culture, Françoise Nyssen, qui a jugé la situation de M. Gallet « inacceptable », a politisé le dossier. L’exécutif n’a pas ensuite réitéré sa demande adressée au PDG de Radio France et au CSA de « tirer les conséquences » de la condamnation.
Mais le dimanche précédant l’audition du dirigeant devant le Conseil, la ministre de la justice l’a de nouveau appelé à se poser la question d’une démission. « Mathieu Gallet a la réponse à cette question et c’est à lui de mesurer à quel point, ou à quel moment, les questions éthiques doivent l’emporter, ou pas, sur les questions juridiques », a déclaré Nicole Belloubet sur RTL.
Pour éviter que le successeur de M. Gallet ne soit désigné selon « l’ancien » système, certains dans l’exécutif plaidaient ces dernières semaines pour le vote rapide d’une « petite loi » qui règle ces questions de gouvernance, dès le printemps idéalement.
Mais, plus récemment, cette option a été battue en brèche. Lors de ses vœux, le 23 janvier, la ministre de la culture ne l’a pas évoquée, parlant uniquement de la « refonte » à venir de la loi de 1986 qui régit tout l’audiovisuel.

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                Mathieu Gallet, le retranché de Radio France



Comment l’éviction de M. Gallet est-elle accueillie ?
Les avocats de M. Gallet, Christophe Ingrain et Rémi Lorrain, ont dénoncé la « pression de l’Etat », « plus forte que la présomption d’innocence ». Ils devraient rapidement rendre public leur décision sur un éventuel recours devant le Conseil d’Etat.
Françoise Nyssen, qui avait demandé au CSA de « tirer toutes les conséquences » de la condamnation de M. Gallet, « prend acte » de la décision du Conseil et « remercie Mathieu Gallet de son engagement à la tête de Radio France », tout en rappelant la nécessité de « l’exemplarité des dirigeants des entreprises », « condition absolue de bonne gouvernance ».
Pour les syndicats et le personnel de Radio France, le coup est rude et il y a un sentiment d’injustice. « Dans tous les cas, la décision du CSA était très mauvaise pour nous. Dans le cas de la révocation, vous imaginez une boîte sans PDG ? Nous n’aurons plus personne pour nous protéger, explique un salarié syndiqué. Or, il y a des discussions très importantes à mener avec le gouvernement, qui veut une réforme très profonde de l’audiovisuel public. Le problème, c’est le timing de son départ. Il y a un an, cela aurait été différent. Ce n’est pas le moment. »
« On dit que Radio France, ce sont ses directeurs, mais un nouveau PDG en remplacerait forcément certains, commente un autre salarié syndiqué. Que le nouveau PDG soit bon ou mauvais, on repart de zéro alors que les choses allaient plutôt bien à Radio France. Le changement, l’instabilité, c’est le problème de l’audiovisuel public. »
« Quand la nouvelle est tombée, un coup de grisou fou a traversé le couloir, on est complètement sonnés, confie un journaliste de France Inter. Pourtant, tout le monde ici s’attendait à cette possibilité… Ça reste un choc. Une incertitude horrible sur l’avenir. »
Le Front national, par la voix de son porte-parole Sébastien Chenu, a concentré sa réaction sur Françoise Nyssen, l’accusant d’un « autoritarisme qu’on avait jamais connu ». Eric Coquerel, député (La France insoumise) de la Seine-Saint-Denis, a lui aussi visé les propos que la ministre avait eus, estimant qu’il aurait « mieux valu [qu’elle] ne s’exprime pas avant parce que ça peut aussi ressembler à une reprise en main du secteur public de l’audiovisuel ».
Le SNJ (Syndicat national des journalistes) de Radio France a lui fait part de la « forte inquiétude » des personnels et demande « l’interruption des discussions sur l’avenir de l’audiovisuel public jusqu’à ce que Radio France ait retrouvé un dirigeant légitime ».
Qui succédera à M. Gallet à la tête de Radio France ?
Le CSA doit désormais nommer un successeur, un processus qui prendra au moins six mois. En 2014, pour M. Gallet, il avait fallu environ deux mois et demi au Conseil pour susciter et pour examiner les candidatures, plus « trois à quatre mois » de « tuilage » prévus par la loi avant l’entrée en fonctions.
En attendant, c’est le doyen des administrateurs de Radio France nommés par le CSA qui devrait assurer l’intérim à la tête du groupe public.
Jean-Luc Vergne, 69 ans, ancien directeur des ressources humaines de PSA Peugeot Citroën, pourrait donc être désigné. L’administrateur, nommé en décembre 2016, devra d’abord dire s’il accepte cette mission.

        Lire aussi :
         

                Qui est Jean-Luc Vergne, pressenti pour devenir président par intérim de Radio France ?



Après le départ de M. Gallet, quel scénario pour Radio France ? Le président intérimaire pourra-t-il diriger l’entreprise de façon satisfaisante, dans un moment de dialogue important avec l’exécutif ?
Certains au sein de celui-ci espèrent que l’équipe de direction en place, stable et soudée jusqu’ici, reste en poste pour épauler M. Vergne. Ils imaginent même que cet intérim puisse éventuellement se prolonger jusqu’à la fin théorique du mandat de M. Gallet, en mai 2019. Mais on ne sait pas si les directeurs actuels souhaiteront rester après le départ de ce dernier.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-18"> ¤ Veille du Web et second degré inspiré de Twitter étaient les maîtres mots de ce média consacré à l’actualité politique. Il ferme ses portes jeudi 1er février.
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GIF, LOL, petites phrases… « Le Lab » d’Europe 1 ne se résumait pas qu’à cela

Veille du Web et second degré inspiré de Twitter étaient les maîtres mots de ce média consacré à l’actualité politique. Il ferme ses portes jeudi 1er février.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 14h58
 • Mis à jour le
31.01.2018 à 15h27
    |

                            Brice Laemle








                        


Le site de la radio Europe 1 consacré à scruter les soubresauts de l’actualité politique française et à ses coulisses n’existera plus jeudi 1er février. Lancé peu avant la campagne présidentielle 2012, Le Lab avait pour but de mettre en avant des déclarations de responsables politiques français présents dans la presse ou sur le Web. Et surtout celles qui avaient pu passer inaperçues dans le flux du reste de l’actualité ou même négligées par Twitter.

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          Europe 1 annonce la fermeture du « Lab », son site consacré à la politique



« Une revue de presse permanente, qui te fait gagner du temps, t’apprend des trucs que tu ne savais pas, et que tu vas avoir envie de raconter à la machine à café (enfin, sa version moderne, sur Twitter quoi) », décrivait le rédacteur en chef de l’époque Antoine Bayet, en novembre 2012.
Le Lab avait aussi pour vocation d’intéresser un public jeune à la politique avec son ton décalé : pour cela, plusieurs artifices étaient mobilisés.
Des clins d’œil « Twitter friendly »
Pour l’avant-dernier jour avant sa fermeture, le compte Twitter du média a partagé un extrait vidéo de la comédie La Classe américaine. « Le train de tes injures roule sur le rail de mon indifférence. Je préfère partir, plutôt que d’entendre ça, plutôt que d’être sourd », rétorque le personnage Georges Abitbol lors d’un échange culte avec José.

Salut Twitter. Pardon mais l'honnêteté nous oblige à te dire qu'on aimerait que tu te souviennes de nous comme d'un… https://t.co/XlQhjlXQig— leLab_E1 (@Le Lab)


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Autre référence, postée vingt-quatre heures plus tard le 31 janvier, mais même esprit. « Ça va couper chérie », dit le projectionniste dans La Cité de la peur, le film écrit par Les Nuls et réalisé par Alain Berberian. Une manière de rappeler que même si Le Lab n’existera bientôt plus, les utilisateurs de Twitter n’ont pas fini de rire des politiques.

Salut Twitter. Attention, ça va couper https://t.co/SyoDmdazbV— leLab_E1 (@Le Lab)


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Les commentaires dénonçant cette disparition s’enchaînent et les hommages en GIF ou avec des images détournées en mèmes pleuvent à l’image de ce tweet du journaliste d’Europe 1, Jean-Philippe Balasse.

Je crois aux forces de l’esprit. @leLab_E1 ne nous quittera pas. Faites du bruit pour @amarcireau @sychazot… https://t.co/XuVvaKCPEd— balasseE1 (@JeanPhilippe Balasse)


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Cet ancien stagiaire du Lab, Jules Darmanin, devenu journaliste à BuzzFeed France, déplore lui aussi la mort du site d’Europe 1.

Mon stage à @leLab_E1 m'a appris que quand quelqu'un te répond "ce n'est pas un sujet d'article", c'est à peu près… https://t.co/ADibbaxSth— JulesDrmnn (@Jules Darmanin)


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Ou encore, Cécile Duflot, l’ancienne ministre du logement sous François Hollande, qui s’est fendue de deux hommages appuyés.

Cher @leLab_E1 au tout début c’était compliqué avec vous 😉 mais au fil du temps vous êtes devenus bcq moins buzz et… https://t.co/TRPOfeqZ16— CecileDuflot (@Cécile Duflot)


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pensées à l’équipe du @leLab_E1 qui a fait des choses sérieuses mais à qui on pouvait aussi faire des blagues via T… https://t.co/LeP9leTIbh— CecileDuflot (@Cécile Duflot)


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Léger de prime abord, mais du sérieux à l’intérieur
A l’opposé, Nadine Morano disait il y a peu au site Slate ne pas « regretter » la disparition du Lab. Régulièrement passée sur le gril par le site, elle dénonçait par ailleurs « une recherche du buzz permanente par les organes de presse (…) en utilisant la caricature plus que le réel objectif d’informer ».
Les titres en page d’accueil du site, les captures d’écran lors des questions au gouvernement, les accroches sur les réseaux sociaux, les sujets parfois légers ont été régulièrement critiqués, surtout par les politiques mis en cause.

   


Mais derrière sa mise en forme facile d’accès, de jeunes journalistes mettaient en avant des informations ignorées par les autres médias.
Un constat amer fait par Vincent Glad sur le site de Libération : « Avec la mort du Lab, ce sont des centaines d’informations qui vont se perdre dans le flux quotidien des médias, des dizaines de polémiques qui ne naîtront jamais. »

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En l’espace de sept ans, les journalistes du Lab ont fait émerger bien d’autres choses que des « petites phrases », tout cela (et bien d’autres), ce sont eux : la proposition sur la dépénalisation du cannabis lancée par Vincent Peillon, alors ministre de l’éducation ; la campagne de François Fillon aux frais de l’Assemblée ; la « fournée » de Jean-Marie Le Pen, ou encore la révélation de l’emploi de la femme de Claude Bartolone au cabinet de son mari.
Un vide que tentera de combler l’émission de TMC « Quotidien », avec son regard acerbe sur le personnel politique, leurs éléments de langage, ou encore leurs lapsus.

Pour Bruno Le Maire, "la France va mieux". Sauf que les politiques nous disent que "ça va mieux" depuis… plus de 30… https://t.co/IN1CX21hms— Qofficiel (@Quotidien)


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-19"> ¤ L’accord de distribution des chaînes de TF1 sur les box d’Orange arrive à échéance le 31 janvier à minuit.
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Négociations compliquées entre Orange et TF1

L’accord de distribution des chaînes de TF1 sur les box d’Orange arrive à échéance le 31 janvier à minuit.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 18h28
    |

            Sandrine Cassini








                        



   


Dernière ligne droite entre Orange et TF1. Entamées il y a vingt-deux mois, les négociations sur le renouvellement du contrat de distribution entre l’opérateur télécoms et la une n’ont toujours pas abouti, et ce alors que le contrat liant les deux parties arrive à échéance le 31 janvier à minuit.
Pour mémoire, le nouveau patron du groupe de télévision, Gilles Pélisson, avait décidé de revoir profondément les contrats de ses chaînes jugeant que les opérateurs télécoms devaient payer cher la diffusion de ses chaînes au motif qu’elles constituaient des produits d’appel forts pour les abonnés. Mais le PDG de TF1 s’était attiré une levée de boucliers de la part des opérateurs. Ces derniers jugeant qu’ils apportaient à la une une audience importante.
Au cœur du bras de fer entre Orange et TF1, les montants réclamés par le groupe audiovisuel, et jugés disproportionnés par l’opérateur. Depuis le début de bataille, la filiale de Bouygues a pourtant convaincu deux autres acteurs, SFR et Bouygues Telecom. Cette autre filiale de Bouygues a officialisé cet accord le 30 janvier.
Les deux contrats signés prévoient pour TF1 la rémunération de la diffusion de ses chaînes dans les box des opérateurs et de nouveaux services et de contenus à valeur ajoutée pour les clients des deux opérateurs. Le groupe TF1 fournira à Bouygues Telecom et à SFR des avant-premières, la diffusion en 4K de certains programmes comme la Coupe du monde ou des services tels que le start over (possibilité de revenir au début du programme). Combien pour l’ensemble ? De bonne source, SFR a accepté de débourser un peu plus de 10 millions d’euros pour l’ensemble des services acquis.
Demandes jugées déraisonnables par Orange
Pourquoi Orange refuse-t-il de signer ? Selon nos informations, TF1 proposerait le même type d’accord. Mais en étant assises sur le nombre d’abonnés de l’opérateur, les sommes réclamées à l’opérateur historique sont supérieures aux montants déboursés par SFR et Bouygues Telecom. D’autant que chez TF1, on considère que le premier opérateur français, qui dispose d’une trésorerie importante, a les moyens de ses ambitions.
Les demandes sont déraisonnables, juge-t-on chez Orange, où l’on rappelle pourtant avoir réussi à obtenir un accord de M6 et de Nicolas Tavernost, réputé être un dur négociateur. Selon nos informations, l’opérateur historique, pour une série de services et de contenus inédits, a accepté de débourser une somme inférieure à 20 millions d’euros par an à l’ex- « petite chaîne qui monte ».
Jusqu’où ira ce bras de fer ? Chez TF1, on n’exclut pas de demander à Orange l’arrêt de la transmission des chaînes sur les box si aucun accord n’est trouvé. Le ton est moins corrosif chez l’opérateur historique, où l’on préférerait signer la paix des braves. Une chose est sûre, TF1 a besoin d’Orange pour être diffusé, et Orange peut difficilement se passer de la première chaîne française.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-20"> ¤ La société des auteurs et compositeurs dramatiques a saisi le Conseil supérieur de l’audiovisuel pour que Canal+ respecte la réglementation en la matière.
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Droits d’auteur : le conflit repart entre Canal+ et la SACD

La société des auteurs et compositeurs dramatiques a saisi le Conseil supérieur de l’audiovisuel pour que Canal+ respecte la réglementation en la matière.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 17h51
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 18h17
    |

            Nicole Vulser








                        



   


La paix armée entre Canal+ et la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) n’a pas duré. « Depuis le 1er janvier 2018, la chaîne premium Canal+ et C8 [filiale du groupe de Vincent Bolloré] diffusent sans autorisation et au mépris de la réglementation française, des droits d’auteur », a expliqué mardi 30 janvier Pascal Rogard, directeur général de la SACD.
Ce dernier a saisi le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) voici quinze jours sur ces deux cas, et a saisi les responsables des commissions de l’Assemblée nationale et du Sénat. Il a par ailleurs écrit à la ministre de la culture, Françoise Nyssen, pour lui demander « de faire cesser des pratiques que l’on n’a jamais vu dans l’audiovisuel » – hormis une seule fois avec la chaîne Numéro 23 de Pascal Houzelot.
Selon M. Rogard, la ministre « estime que le président du CSA est compétent pour infliger des sanctions à Canal+ s’il ne respecte pas le droit d’auteur » et Mme Nyssen l’a assuré qu’« elle étudierait si besoin avec les parlementaires un renforcement de la législation en la matière ». La prochaine échéance de Canal+ est fixée en avril. « Si Canal+ ne paie pas on ira au tribunal », a déclaré M. Rogard.
Un sérieux conflit avait déjà opposé en 2017 la SACD ainsi que les autres sociétés de gestion de droits à Canal+ puisque le groupe de Vincent Bolloré voulait revoir à la baisse – d’abord de 30 % puis de 20 % – ses contrats avec les sociétés d’auteur en 2017. « Michel Siboni [qui négocie pour le compte de Canal+] applique les méthodes de la grande distribution », affirme M. Rogard. « Cela revenait à abaisser les droits des auteurs de la SACD de 40 % », dit-il. En raison de la chute du nombre d’abonnés, ces droits dont le montant est corrélé au chiffre d’affaires de Canal+, se sont en effet déjà érodés de 20 % entre 2015 et 2017, a rappelé M. Rogard.
« Affameur »
Il a tenu bon et poursuivi en justice le groupe de Vincent Bolloré. Juste avant que ce litige ne soit tranché par le Tribunal de grande instance de Nanterre (Hauts-de-Seine) Canal+ a finalement réglé à la SACD l’intégralité des droits d’auteur dus au titre de 2017. Aussi bien pour la chaîne « premium » que pour les chaînes satellites. Soit un peu moins de 30 millions d’euros au total.
« Nous renégocions seuls avec Canal+ les contrats avec les chaînes satellites qui étaient auparavant conclus en commun avec la Sacem (musique) et la SCAM (documentaires) », explique M. Rogard.
Ce dernier a eu beau jeu de rappeler que les salaires fixes des cinq membres du directoire de la maison mère de Canal+ avaient progressé de 41 % en 2016 et que le résultat opérationnel ajusté (Ebitda) de Groupe Canal (hors restructurations) devrait croître de plus de 30 % en 2017 pour atteindre 365 millions d’euros. Tout en traitant Vincent Bolloré « d’affameur » puisque le droit d’auteur est considéré comme « une créance alimentaire », M. Rogard s’est dit « confiant dans le droit », et a promis que les avances versées aux auteurs par la SACD le seraient le temps que Canal+ verse ce qui est dû.



                            


                        

                        

