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Inondations : un homme meurt intoxiqué par les émanations d’un groupe électrogène

Le quadragénaire est mort intoxiqué par les émanations de monoxyde de carbone de son groupe électrogène, utilisé dans sa maison de Villeneuve-Saint-Georges après la coupure de courant provoquée par les inondations.



Le Monde
 |    04.02.2018 à 16h14
 • Mis à jour le
04.02.2018 à 16h35
   





                        


Un homme d’une quarantaine d’années est mort intoxiqué par les émanations de monoxyde de carbone de son groupe électrogène, utilisé dans sa maison de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne) après la coupure de courant provoquée par les inondations, ont annoncé, dimanche 4 février, source policière et préfecture.
Dans cette commune parmi les plus touchées par la crue depuis une dizaine de jours, au confluent de l’Yerres et de la Seine, ce résident d’un quartier tout proche des berges a été retrouvé mort par un membre de sa famille samedi vers 22 heures, a fait savoir une source policière, confirmant une information du Parisien.

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Sa femme de 41 ans, enceinte, a elle aussi été intoxiquée au monoxyde de carbone. Transportée à l’hôpital, elle est dans un état stable, dimanche, mais a perdu l’enfant qu’elle portait, selon la même source.
L’électricité avait été coupée dans ce quartier proche de l’Yerres, et le couple avait installé un groupe électrogène dans la maison pour avoir du courant. Entre 300 et 400 abonnés – particuliers et professionnels – étaient privés d’électricité dans le département dimanche, a déclaré la préfecture.

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Onze départements en vigilance orange
Onze départements sont toujours en vigilance orange inondations. La Seine, qui avait entamé une décrue, « s’est stabilisée, vendredi, avant d’entamer une légère hausse sous l’effet des apports amont », selon Vigicrues. « En ce dimanche, les niveaux se stabilisent à leur niveau maximal, avant la décrue qui débutera lundi », précise l’organisme de suivi des cours d’eau. La décrue sera toutefois lente, précisait Bruno Janet, de Vigicrues.
Samedi en fin de matinée, la mesure au pont d’Austerlitz indiquait 5,45 mètres. « Cela pourrait monter jusqu’à 5,60 mètres au maximum », précisait Bruno Janet. Ce niveau était redescendu à 5,34 mètres vendredi, après avoir atteint un pic à 5,85 mètres lundi dernier.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Pour éviter « la mort » de cette commune d’Indre-et-Loire, une vingtaine d’habitants bénévoles ont repris la boulangerie, fermée depuis trois mois.
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Dans le village de Jaulnay, le garagiste est aussi boulanger

Pour éviter « la mort » de cette commune d’Indre-et-Loire, une vingtaine d’habitants bénévoles ont repris la boulangerie, fermée depuis trois mois.



Le Monde
 |    04.02.2018 à 11h19
 • Mis à jour le
04.02.2018 à 11h26
    |

            Solène Lhénoret (envoyée spéciale à Jaulnay)








                        



   


Pour la troisième fois de la matinée, Valérie relève patiemment le panneau publicitaire qui repose devant la vitrine de la boulangerie associative de Jaulnay, en Indre-et-Loire. Chaque passage un peu trop rapide d’un camion dans la grande rue envoie valser l’ardoise dans un vacarme métallique.
Ce « village-rue » de 270 habitants, coupé en deux par la départementale 749, ressemble à des dizaines d’autres en France. Ceux que l’on traverse par hasard l’été sans s’arrêter pour éviter un tronçon d’autoroute embouteillé. De Châtellerault à Richelieu, la route est droite, et la vitesse, limitée à 50 km/h dans le bourg, rarement respectée.
Dans les années 1950, Jaulnay avait sa boucherie, sa boulangerie, sa cordonnerie, son garage, son école, ses deux cafés… et même son bourrelier, qui fabriquait les harnais des chevaux. Mais au fil des années, tous les petits commerces ont fermé. Frappée comme tant d’autres par la dévitalisation des cœurs de ville, la commune n’a pas échappé à la concurrence des zones commerciales de périphérie de Châtellerault ou Chinon.
Dépôt de pain associatif
En septembre 2016, c’est le coup de grâce. En un mois, le village perd son bar-tabac et sa boulangerie. Seul rescapé, l’immuable garage, à l’entrée du bourg, installé depuis 1951. Mais même Joël Grignon, un touche-à-tout qui a repris l’entreprise de son père en 1989, n’est pas épargné par la fermeture des deux commerces. « Les gens qui venaient acheter leur cartouche de cigarettes une fois par semaine prenaient de l’essence en même temps », regrette le garagiste de 53 ans.
Pour des raisons diverses, trois boulangers se sont succédé en cinq ans, relate Maurice Talland, le maire – sans étiquette – de Jaulnay qui a rempilé en 2014 pour un second mandat. « Le loyer était trop cher, ils étaient écrasés par les charges », énumère cet ancien cuisinier de 74 ans, rugbyman à ses heures perdues. « Cela ne pouvait plus fonctionner avec un boulanger à demeure », explique l’édile, assis autour de la grande table de réunion de la mairie.
Hors de question pour autant de laisser mourir le dernier commerce de sa commune. Particulièrement engagé dans le milieu associatif depuis sa jeunesse, Maurice Talland a alors l’idée de convertir la boulangerie en dépôt de pain et de la rouvrir sous forme associative. La mairie, propriétaire des locaux, propose même de mettre à disposition le lieu gracieusement.
« Il fallait garder un minimum de tissu social »
Soumise aux habitants en septembre 2016, l’initiative séduit une vingtaine d’entre eux. Trois mois plus tard, l’association Le Débit de pain – qui fait référence au titre d’une pièce de théâtre de Bertolt Brecht – est constituée. Retraité, assistante maternelle, grand-mère ou encore professeuse de sport… chacun s’engage à assurer les permanences à tour de rôle : six jours sur sept, de 7 h 30 à 13 heures.
« La fermeture de la boulangerie, c’était vraiment la mort du village, assure Patrick Cassen, retraité parisien installé à Jaulnay depuis quatre ans et président symbolique de l’association. Il fallait garder un minimum de tissu social. » Dans cette boulangerie atypique, on s’inquiète de la santé de l’un, on parle décodeur TNT avec un autre, on s’enquiert du moral de la chauffeuse du car de ramassage scolaire, on boit un café avec les cantonniers dans l’arrière-boutique… autant de sujets de discussions que de volontaires de permanence.

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Ce mercredi matin, c’est au tour de Valérie Richard, 49 ans, d’accueillir les clients, avec un large sourire. Originaire de Clermont-Ferrand, elle a suivi son conjoint embauché sur le chantier de la ligne à grande vitesse (LGV) Paris-Bordeaux. Pendant deux ans, le village s’est animé, la population a doublé. Même le terrain de foot a été aménagé en camping. Avant de subir de plein fouet l’arrêt des travaux. Valérie Richard et son mari ont toutefois décidé de rester. L’accueil chaleureux qu’ils ont reçu a été déterminant, reconnaît-elle. « Mes problèmes de santé m’empêchent de travailler à plein-temps et mon mari étant souvent en déplacement, je me retrouve régulièrement seule, explique-t-elle. Le soutien des habitants est d’autant plus important pour moi. »

   


Un an plus tard, même si l’équipe de rotation mériterait de s’étoffer un peu pour soulager la charge de travail de tous, l’organisation s’est rodée. Pains et viennoiseries sont désormais livrés chaque matin par Jacqueline, la salariée de la boulangerie de Saint-Gervais-les-Trois-Clochers, une commune plus importante située à quelques kilomètres de Jaulnay. Et le magasin propose maintenant du vin et des produits laitiers de producteurs locaux qui se sont engagés à faire une réduction de 10 % sur la marchandise à l’association. Débit de pain a ainsi pu se constituer une avance de trésorerie de 3 500 euros, une somme qui a notamment permis à l’association d’investir dans un nouveau réfrigérateur.
« Si on ne se rappelle pas qu’on a besoin des autres, c’est foutu »
De la boulangerie à la bibliothèque communale, en passant par le comité d’animation, ce sont toujours un peu les mêmes que l’on croise à Jaulnay, particulièrement investis dans la vie associative de leur village. Et les initiatives pour redynamiser le bourg ne font que commencer.
Après la fermeture du bar-tabac, la mairie a racheté la licence IV et fait une proposition d’acquisition des murs au liquidateur judiciaire dans l’espoir de pouvoir rouvrir un jour le lieu. Une coiffeuse à domicile, déjà implantée sur la commune, va s’installer dans l’ancien fournil de la boulangerie. « L’ouverture du salon est prévue en avril, précise Maurice Talland. Elle continuera à aller chez les personnes âgées qui ne peuvent pas se déplacer et, le reste du temps, elle sera ici. Nous lui avons proposé de fixer elle-même le montant de son loyer. Pour maintenir les commerces dans ces milieux ruraux, il ne faut pas les assommer. » 
Et Joël Grignon, garagiste du lundi au samedi, et bénévole à la boulangerie le dimanche, de résumer : « Comme on est isolés, il nous faut de l’entraide. On se dépanne, c’est notre force de réussite. Si on ne se rappelle pas qu’on a besoin des autres, c’est foutu. »
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            data-slide-description="Dans les années 1950, Jaulnay (Indre-et-Loire) avait sa boucherie, sa boulangerie, sa cordonnerie… Mais au fil des années, tous les petits commerces ont fermé. En septembre 2016, la commune de 270 habitants perd coup sur coup son bar-tabac et sa boulangerie. Trois mois plus tard, une vingtaine d’habitants constituent l’association Le Débit de pain pour rouvrir la boulangerie reconvertie en dépôt de pain."
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            data-slide-description="Pains et viennoiseries sont désormais livrés chaque matin par Jacqueline, la salariée qui assure depuis 1982 les tournées de la boulangerie de Saint-Gervais-les-Trois-Clochers, une commune plus importante située dans la Vienne, à quelques kilomètres de Jaulnay."
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            data-slide-description="Après avoir livré la marchandise à Valérie Richard, qui assure les permanences le mercredi, Jacqueline continue sa tournée en livrant la maison de retraite, puis des particuliers."
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            data-slide-description="C’est Gilles Durand, 57 ans, boulanger à Saint-Gervais-les-Trois-Clochers, qui fournit le pain et les viennoiseries à la boulangerie associative de Jaulnay."
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            data-slide-description="Gilles Durand a repris la boulangerie de ses parents en 1982 et a continué d’assurer les tournées de livraison de pain à domicile sur le canton : « Entre le prix de la porteuse et celui de l’essence, on ne vend pas assez cher pour que ça nous rapporte vraiment. C’est surtout pour le service. »"
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            data-slide-description="A la boulangerie de Jaulnay, les bénévoles assurent les permanences à tour de rôle : six jours sur sept, de 7 h 30 à 13 heures. Ils vendent en moyenne cinquante à soixante pièces par jour. Un an après la réouverture, même si l’équipe de rotation mériterait de s’étoffer un peu pour soulager la charge de travail des uns et des autres, l’organisation s’est rodée."
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            data-slide-description="Jöel Grignon, 53 ans, est garagiste du lundi au samedi et bénévole à la boulangerie le dimanche : « Comme on est isolés, il nous faut de l’entraide. On se dépanne, c’est notre force de réussite. Si on ne se rappelle pas qu’on a besoin des autres, c’est foutu. »"
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            data-slide-description="Originaire de Clermont-Ferrand, Valérie Richard, 49 ans, fait partie des nouveaux habitants de Jaulnay. Elle a suivi son conjoint embauché sur le chantier de la ligne à grande vitesse Paris-Bordeaux. Une fois les travaux terminés, ils ont décidé d’y rester. Le bon accueil qu’ils ont reçu a été déterminant, reconnaît-elle."
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            data-slide-description="Dans cette boulangerie atypique, on s’inquiète de la santé de l’un, on parle décodeur TNT avec un autre, on s’enquiert du moral de la chauffeuse du car de ramassage scolaire, on boit un café avec les cantonniers dans l’arrière-boutique… La discussion n’est jamais la même selon le volontaire au comptoir."
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            data-slide-description="Jöel Grignon a repris le garage de son père en 1989. « Quand la boulangerie et le café ont fermé, on l’a senti ici, reconnaît-il. Les gens qui venaient acheter leur cartouche de cigarettes une fois par semaine prenaient de l’essence en même temps. »"
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            data-slide-description="Ancien cuisinier dans l’éducation nationale, Maurice Talland, 74 ans, est le maire sans étiquette de Jaulnay qui a rempilé en 2014 pour un second mandat. C’est lui qui a eu l’idée, fin 2016, de rouvrir la boulangerie sous forme associative. La mairie, propriétaire des locaux, a proposé de mettre à disposition le lieu gracieusement."
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            data-slide-description="Retraitée, Pierrette Talland, l’épouse du maire, était directrice de l’école maternelle de Richelieu, à une dizaine de kilomètres de Jaulnay. Elle s’occupe bénévolement de la bibliothèque communale depuis plus de dix ans. De la boulangerie à la bibliothèque, en passant par le comité d’animation, ce sont toujours un peu les mêmes que l’on croise, très investis dans la vie associative du village."
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Dans les années 1950, Jaulnay (Indre-et-Loire) avait sa boucherie, sa boulangerie, sa cordonnerie… Mais au fil des années, tous les petits commerces ont fermé. En septembre 2016, la commune de 270 habitants perd coup sur coup son bar-tabac et sa boulangerie. Trois mois plus tard, une vingtaine d’habitants constituent l’association Le Débit de pain pour rouvrir la boulangerie reconvertie en dépôt de pain.

Cyril Chigot / Divergence pour «Le Monde»
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Né à Beyrouth, ce chercheur inspiré par Levi-Strauss porte un regard inattendu sur des problématiques contemporaines telles les migrations ou la laïcité.
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Ghassan Hage, l’anthropologue des identités blanches

Né à Beyrouth, ce chercheur inspiré par Levi-Strauss porte un regard inattendu sur des problématiques contemporaines telles les migrations ou la laïcité.



Le Monde
 |    04.02.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
04.02.2018 à 15h45
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                            Lucie Geffroy








                        



                                


                            

Le discours se déploie dans un français ponctué d’accents beyrouthins et de mouvements des bras qui soulignent la volonté d’être bien compris : le plus souvent, les paumes s’ouvrant vers le ciel – on remarque alors un tatouage sur l’avant-bras gauche, un fragment de phrase impossible à déchiffrer. On lui demanderait bien ce que dit ce tatouage mais ce n’est pas le sujet. Ce jour-là, Ghassan Hage est de passage à Paris pour la sortie de l’un de ses ouvrages, Le Loup et le Musulman (Wildproject, 2017), son premier livre traduit en français. Anthropologue libano-australien qui vit et enseigne à Melbourne, Ghassan Hage est une grande figure intellectuelle en Australie et est considéré, depuis la publication, en 1998, de White Nation, ouvrage ­devenu un classique, comme un des porte-voix des Whiteness Studies.
Surtout implanté dans les universités anglo-saxonnes et nord-américaines, ce champ d’étude est apparu aux Etats-Unis au tournant des années 1980-1990, comme une sorte de contrepoint aux études centrées sur la question des « races » et des minorités : il a pour ­objet la construction sociale, culturelle et historique des identités blanches. « Le ­concept de “race” était jusqu’alors surtout ­associé aux minorités. Avec les Whiteness ­Studies, on admet qu’il existe une catégorie “raciale” blanche, le plus souvent privilégiée ou dominante, qu’on étudie en y appliquant une perspective ­constructiviste », résume la sociologue Mirna Safi. Le livre Wages of Whiteness (Verso, 1991) de l’historien américain David Roediger, souvent cité comme l’un des livres fondateurs des Whiteness Studies, montre, par exemple, ­comment la classe ouvrière américaine se ­définit en termes de classe mais aussi comme une catégorie « blanche » par opposition aux Noirs américains.
 « Capital blanc »
Dans White Nation, Ghassan Hage analyse, quant à lui, les ressorts de la suprématie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Pour « La Matinale du Monde », la secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes explique la force d’un engagement envers les femmes, lié à sa maternité.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 03/02/2018
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Marlène Schiappa : « On ne m’a jamais dit : “Ce ne sera pas possible” »

Pour « La Matinale du Monde », la secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes explique la force d’un engagement envers les femmes, lié à sa maternité.



Le Monde
 |    04.02.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
04.02.2018 à 12h00
    |

            Annick Cojean








                        



                                


                            

Au moment où la secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes Marlène Schiappa prépare un projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles, elle publie Le Deuxième Sexe de la démocratie, aux éditions de l’Aube.
Je ne serais pas arrivée là si…
Si je n’avais pas eu d’enfants ! Peut-être même si je n’avais pas eu de filles ! Mon élan, mon moteur, mon inspiration sont nés de cette maternité, que j’ai profondément désirée. C’est elle qui m’a poussée à créer le réseau « Maman travaille », destiné à penser la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle, et qui a fait décoller ma carrière. Car devenir mère à 24 ans, c’était d’emblée affronter deux challenges. L’un, tout à fait personnel : réussir un beau parcours professionnel pour que mes filles soient fières de moi. L’autre, plus global : œuvrer à une amélioration de la condition des femmes afin que mes deux filles vivent plus tard dans un monde agréable.
Aviez-vous déjà une perception très vive des inégalités femmes-hommes ?
Bien sûr ! Mais elles sont encore plus terrifiantes quand on les projette sur ses propres filles. Avoir une petite fille plutôt qu’un petit garçon, c’est intégrer l’idée qu’elle aura une probabilité plus grande d’être battue, harcelée, agressée sexuellement, assassinée. Qu’elle sera davantage humiliée dans sa vie professionnelle, discriminée, moins bien payée, moins bien promue. Et qu’elle passera statistiquement plus de temps à faire des tâches ménagères plutôt que des tâches épanouissantes. Le seul fait de naître fille fait s’abattre sur la tête d’un enfant une tonne d’injustices. J’en ai fait un sujet de combat.
Etre maman était-il essentiel pour vous ?
J’aurais été désespérée si je n’avais pas pu avoir d’enfant ! Tant pis pour le cliché, mais je suis méditerranéenne et je viens d’une famille nombreuse. Avoir des enfants était essentiel. J’y aspirais depuis toute petite....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Deux jours après le plus violent affrontement entre migrants jamais survenu à Calais, quatre jeunes Erythréens blessés par balle étaient toujours entre la vie et la mort.
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Affrontements à Calais : quatre migrants toujours entre la vie et la mort

Deux jours après le plus violent affrontement entre migrants jamais survenu à Calais, quatre jeunes Erythréens blessés par balle étaient toujours entre la vie et la mort.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 17h09
   





                        


Deux jours après le plus violent affrontement entre migrants jamais survenu à Calais, quatre jeunes Erythréens blessés par balle étaient toujours entre la vie et la mort, samedi 3 février, selon la préfecture du Pas-de-Calais. Vingt-deux migrants ont été blessés, dont cinq par balle, dans ces rixes qui ont éclaté en trois endroits distincts entre l’après-midi et le début de soirée jeudi.
Pour le parquet de Boulogne-sur-Mer, il s’agirait d’un « règlement de comptes » : le ou les individus auteurs des coups de feu « sont arrivés sur la zone de distribution de repas près de l’hôpital où était rassemblée la communauté érythréenne et ont immédiatement ouvert le feu ».
Une douzaine de témoins ont déjà été interrogés, a fait savoir le parquet. Une enquête a été ouverte pour « tentative de meurtre » et un ressortissant afghan de 37 ans est recherché, soupçonné d’être l’auteur de coups de feu sur des Erythréens. La nuit de vendredi à samedi « a été très calme, il n’y a pas eu d’incidents », a affirmé samedi matin la préfecture.

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Violentes rixes
Dans cette ville, où vivent entre 550, selon la préfecture, et 800 migrants, d’après les associations, les maraudes menées par les services de l’Etat ont été « intensifiées », avec des départs « renforcés » en bus vers les différents centres d’accueil et d’examen des situations (CAES) de la région, a affirmé vendredi la préfecture.
Un premier départ a eu lieu vendredi matin avec 27 migrants, dont une majorité d’Afghans. Un deuxième bus est parti dans l’après-midi avec quatre migrants à bord et un autre est prévu samedi, selon Nathalie Chomette, directrice départementale de la cohésion sociale du Pas-de-Calais.
Ces violentes bagarres entre migrants s’inscrivent sur fond de tensions récurrentes entre les différentes communautés, aggravées selon les associations par l’extrême âpreté des conditions de vie sur place.
Vendredi soir, à Grande-Synthe, où vivent quelque 300 migrants, deux hommes ont été blessés à l’arme blanche lors d’une rixe entre Kurdes et Irakiens, selon la préfecture du Nord. « Les deux personnes blessées sont sorties de l’hôpital et ont été placées en garde à vue », a annoncé le parquet de Dunkerque.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Depuis plusieurs semaines, partisans et opposants à la vénerie s’affrontent dans l’Oise au nom de la protection animale, du partage du territoire, sur fond de conflit de classes.
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Chasse à courre sous haute tension en forêt de Compiègne

Depuis plusieurs semaines, partisans et opposants à la vénerie s’affrontent dans l’Oise au nom de la protection animale, du partage du territoire, sur fond de conflit de classes.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
04.02.2018 à 06h36
    |

            Audrey Garric (Compiègne (Oise), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Onze heures a sonné, samedi 20 janvier, quand un drôle de ballet se met en place au cœur de la forêt de Compiègne, dans l’Oise. Un cortège où chacun, ou presque, chasse en même temps qu’il est chassé. D’abord, le cerf qui détale, bondit, se tapit, feinte, pour tenter de semer ses poursuivants. Suivi par une cinquantaine de chiens qui traquent son odeur. Suivis par les veneurs, galopant derrière leurs limiers en quête de la proie. Derrière, les « suiveurs » qui les escortent à pied, à vélo ou en voiture, passionnés par cette tradition pluriséculaire. Puis les militants antichasse, qui les talonnent pour gêner le déroulement des opérations et empêcher la mort de l’animal. Enfin, les gendarmes, qui surveillent tout ce petit monde.
Depuis quelques mois, la chasse à courre – aussi appelée vénerie – se déroule dans un climat de grande tension dans ce département des Hauts-de-France. Le 21 octobre 2017, l’abattage d’un cerf réfugié dans un pavillon de Lacroix-Saint-Ouen, à l’orée de la forêt, a provoqué l’émoi des riverains, et plus largement de l’opinion publique. Le 26 décembre, un autre cervidé, terré dans le village de Bonneuil-en-Valois, a été sauvé par les habitants qui ont fait barrage aux chasseurs. Le 6 janvier, des militants ont tenté de s’opposer, en vain, à la mise à mort d’un troisième cerf dans une rivière.
Le point commun de ces événements jusqu’à présent banals : être filmés par le collectif Abolissons la vénerie aujourd’hui (AVA), fer de lance de la lutte contre la chasse à courre, qui parvient à largement les médiatiser et à s’attirer le soutien d’une partie grandissante de la population.
Ce 20 janvier au matin, les militants se tiennent en retrait. Alain Drach, le maître de l’équipage La Futaie des amis, rend hommage à sa mère, la baronne de Rothschild, morte deux jours plus tôt. « Madame Monique », comme tous l’appellent ici, « un génie de la chasse ». Comme la cinquantaine d’autres membres de son équipage...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ La décision de supprimer les jeunes femmes qui portaient les pancartes des grilles de départ en F1 oblige les autres disciplines du sport auto qui en emploient encore à se positionner.
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Sport automobile : les « grid girls » hors course

La décision de supprimer les jeunes femmes qui portaient les pancartes des grilles de départ en F1 oblige les autres disciplines du sport auto qui en emploient encore à se positionner.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 11h18
 • Mis à jour le
04.02.2018 à 06h32
    |

            Catherine Pacary








                        



   


Pour les uns, elles apportaient du glamour à la formule 1 et faisaient partie de la tradition. Pour les autres, ces jeunes femmes sexy, se déhanchant en jupette tout en brandissant des pancartes numérotées sur la grille de départ des Grand Prix, étaient d’un autre temps et offraient une image dégradante de la femme. Chase Carey, patron de la formule 1 depuis un an, a tranché, mercredi 31 janvier. Les grid girls (littéralement « filles de grille ») n’ont plus leur place en F1, et ce dès la course inaugurale de Melbourne, en Australie, le 25 mars. Une décision prise en six semaines, le temps de stigmatiser une habitude qui ne gênait pas grand monde dans le milieu du sport automobile, et qui soudain interroge les autres disciplines.

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« Employer des grid girls a été un élément de base pour les Grands Prix de formule 1 pendant des décennies », a rappelé le patron américain. Jusqu’à leur remise en cause à la mi-décembre 2017. Ross Brawn, directeur sportif de Formula One, saisit le côté épineux de l’affaire, et déclare sur BBC Radio 5 : « Il y a beaucoup de gens qui respectent la tradition des grid girls, et il y a des gens qui pensent que c’est devenu un peu démodé. (…) Nous essayons de respecter tous les points de vue. » 
« Cette coutume est clairement en contradiction avec les normes sociétales modernes » Sean Bratches, directeur général des opérations commerciales de la F1
Pour l’occasion, la BBC effectue un sondage auprès de ses auditeurs. Il en ressort que 60 % sont favorables au maintien des filles sur la grille. Chase Carey ne bronche pas. En tant que dirigeant, il va négocier « avec des équipes, un large écosystème et une large base de fans passionnée. Il ne se dégagera jamais de consensus. Mais une palette de points de vue ». 

   


Le 31 janvier, la sentence américaine est sans appel. « Nous avons le sentiment que cette coutume ne fait pas écho à nos valeurs, et qu’elle est clairement en contradiction avec les normes sociétales modernes », déclare Sean Bratches, directeur général des opérations commerciales de la F1. Une décision qui s’applique aussi à la F2, formule inférieure.
Quelques initiatives avaient anticipé cette évolution de la société. Avec plus ou moins de réussite. Ainsi en 2015, le Grand Prix de Monaco substitue aux grid girls des « garçons de grille »… Une expérience recalée unanimement. De même, la participation d’enfants lors du Grand Prix d’Autriche n’est pas réitérée.
Bernie Ecclestone et Niki Lauda regrettent
Au niveau des dirigeants, un des premiers à « regretter » publiquement la décision de Chase Carey est son prédécesseur, Bernie Ecclestone, 87 ans, évincé en janvier 2017 par les nouveaux propriétaires, Liberty Media, après quarante ans de règne. « Les pilotes aiment [les grid girls], le public les aime, et ça ne pose problème à personne. Il faudra m’expliquer en quoi cela gêne de voir une fille, jolie qui plus est, se tenir avec un panneau devant une voiture avant le départ d’un Grand Prix. »
Le triple champion du monde Niki Lauda, 68 ans, actuel directeur non exécutif chez Mercedes, a dénoncé, jeudi 1er février, dans le quotidien autrichien Der Standard, une « décision contre les femmes » et espéré qu’elle pourrait être revue.
Côté compétitions internationales, en championnat du monde des rallyes (WRC), la communication, jointe jeudi 1er février, ne souhaite ni apporter de commentaire ni dire si elle réfléchit à l’avenir de ses « filles des podiums ».
Supprimées des 24 Heures du Mans depuis 2015
D’autres n’ont pas attendu la F1. Ainsi le championnat du monde d’endurance (WEC), qui inclut les 24 Heures du Mans, a été le premier à supprimer les filles de ses grilles de départ en 2015. Aussi l’Automobile Club de l’Ouest (ACO), promoteur des 24 Heures, organise-t-il régulièrement des conférences-débats sur la place des femmes dans les sports mécaniques – la prochaine se tient fin février.
« Nous sommes heureux d’accueillir la F1 dans le XXIe siècle » Un porte-parole de la Formule E
« Nous sommes heureux d’accueillir la F1 dans le XXIe siècle », a officiellement déclaré, avec un brin d’ironie jeudi, un porte-parole de la formule E, le championnat du monde des monoplaces électriques. La FE a cessé d’utiliser les grid girls en 2017. Les jeunes femmes sont depuis remplacées par de jeunes pilotes, de 10 ans et plus. Une expérience qui fonctionne bien, ces « grid kids » étant très fiers de se retrouver à côté de voitures qu’ils espèrent conduire un jour.

   


Pas de « grid girls » mais des DJ
Autre jeune championnat, en rallycross (WRX), des jeunes filles assistent aux conférences de presse et sont présentes sur les podiums. Idem en championnat du monde des voitures de tourisme (WTCC), rebaptisé à partir de 2018 Coupe du monde des voitures de tourisme (WTCR).
Joint par Le Monde, François Ribeiro, patron d’Eurosport Events, promoteur du WTCC, précise sa position : « Il n’y aura ni “grid girls”, ni “grid boys” sur les circuits en 2018. Nos efforts porteront plutôt à animer les grilles de départ avec des DJ ou des spectacles, pour en faire un moment festif avant les courses pour le public, les invités et les équipes. Nous conserverons deux hôtesses sur les podiums pour assister au protocole. » Une position compatible avec l’image que Chase Carey veut donner de la F1, engageant dans son sillage l’ensemble des sports automobiles.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Des manifestations ont eu lieu samedi à travers la France, à l’appel de la Fédération française des motards en colère et de l’association 40 millions d’automobilistes.
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Sécurité routière : les opposants à l’abaissement à 80 km/h mobilisés

Des manifestations ont eu lieu samedi à travers la France, à l’appel de la Fédération française des motards en colère et de l’association 40 millions d’automobilistes.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 10h26
 • Mis à jour le
04.02.2018 à 06h36
   





                        


L’abaissement de 90 à 80 km/h de la vitesse maximale autorisée sur 400 000 kilomètres de routes ne passe pas. Manifestations, pétitions, lettres ouvertes… cette décision a déclenché une fronde chez les motards et les automobilistes, qui veulent empêcher son entrée en vigueur le 1er juillet.
Samedi 3 février, plusieurs milliers de motards et d’automobilistes en colère ont manifesté à Paris et dans d’autres villes pour dénoncer cette future limitation de la vitesse sur les routes secondaires. Unies pour la première fois dans une action commune, la Fédération française des motards en colère (FFMC) et l’association 40 millions d’automobilistes ont voulu protester à Paris contre la mesure annoncée le 9 janvier par le premier ministre Edouard Philippe pour lutter contre la mortalité routière.

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A Paris, 1 300 motards et 140 voitures, selon un bilan de la préfecture de police, se sont retrouvés devant le Château de Vincennes avant de s’élancer sous la pluie, vers 15 heures, en direction du périphérique puis de la capitale.
« On veut montrer notre mécontentement », a dit Jean-Marc Belotti, coordinateur de la FFMC pour Paris et la petite couronne, selon des propos rapportés par l’Agence France-Presse. « Ce n’est pas en abaissant la vitesse qu’on va sauver des vies, a-t-il estimé. Au contraire, cela va créer des problèmes en cas de dépassement, puisque tous les véhicules seront à la même vitesse. Arrêtons cette répression contre les usagers de la route. »
« Edouard Philippe doit revoir sa feuille de route », a renchéri Pierre Chasseray, délégué général de 40 millions d’automobilistes, appelant à « taper sur les vraies causes des accidents, comme l’alcoolémie ou l’usage du téléphone au volant ».
Des manifestations dans plusieurs villes
Des rassemblements se sont également tenus dans d’autres villes. A Toulouse, quelque 2 200 motards et 300 voitures – selon la police – ont d’abord emprunté, roulant au ralenti, le périphérique avant de traverser le centre-ville, longeant notamment le Canal du Midi. Sur certaines motos, on pouvait apercevoir un panneau de limitation à 80 km/h avec un doigt d’honneur inscrit dessus. Le mot d’ordre, pour Jean-Marc Plana, coordinateur de la FFMC de la Haute-Garonne, était :
« Non à l’inflation sécuritaire, tous les usagers de la route dans la rue. »
Dans le centre du pays, ils étaient environ 2 000 motards et automobilistes, selon les organisateurs et la police, à arriver en convoi à Châteauroux (Indre) depuis Bourges, Tours, Blois, Montluçon ou encore La Châtre.
Les organisateurs ont assuré que le mouvement « ira crescendo » si la mesure est maintenue. Le week-end dernier, des défilés dans plusieurs villes avaient déjà rassemblé des milliers de personnes. D’autres actions sont prévues la semaine prochaine.
L’efficacité de la mesure contestée
Officialisé jeudi, le bilan de la mortalité routière pour 2017 n’a fait que renforcer la conviction des associations de motards et d’automobilistes : le nombre de morts a baissé l’an passé (3 693 tués, – 1,2 %) après trois années consécutives de hausse.

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Au cœur du débat : l’efficacité de la mesure. Selon le gouvernement, qui se base sur une modélisation des chercheurs suédois Nilsson et Elvik, baisser de 10 km/h la limitation de vitesse sur l’essentiel du réseau secondaire permettrait de sauver « 350 à 400 vies » par an. Des chiffres contestés par les opposants.
Une expérimentation a été menée entre 2015 et 2017 sur 86 kilomètres de routes. Ses conclusions montrent que la vitesse moyenne et l’accidentologie ont reculé sur ces axes, mais les échantillons retenus et la durée de l’expérience sont insuffisants pour avoir une valeur scientifique.

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« Le seul résultat concret de l’expérimentation, c’est la multiplication par trois ou quatre des flashs de radars », ironise Didier Renoux, dénonçant une « sécurité rentière » et une « politique tournée vers plus de répression ».
La FFMC a lancé une pétition qui revendique plus de 30 000 signataires. « Cette opposition montre qu’il y a un fort besoin de pédagogie », dédramatise le délégué interministériel à la sécurité routière, Emmanuel Barbe.

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Groupe de travail au Sénat
La grogne est toutefois remontée jusqu’au Parlement. A la demande d’une cinquantaine de sénateurs, un groupe de travail sur la sécurité routière a été créé au Sénat pour « évaluer l’utilité de cette mesure », explique un de ses membres, le sénateur (Les Républicains) de Haute-Saône, Michel Raison.
« Je discute avec mes collègues de tous bords, on n’a jamais vu autant de remontées [d’administrés] allant dans le même sens. Il y a une vraie contestation », souligne-t-il : « Je demande au premier ministre qu’il ne signe pas le décret [instaurant les 80 km/h] tant qu’on n’a pas rendu nos conclusions », attendues courant avril.
Certains élus La République en marche ont également fait part de leur réserve. « C’est mal vécu sur les territoires ruraux. Sur la vitesse, il faut du cas par cas. Pas mal de députés de la majorité sont sur cette ligne et l’ont fait savoir », souligne le député de Gironde, Benoît Simian.

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« On garde les méthodes qui ont permis de changer massivement les comportements ces dernières décennies, mais on les utilise aujourd’hui pour une minorité de conducteurs dangereux, récidivistes qui n’y sont pas sensibles. Ce sera inefficace », déplore de son côté le chef de file de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan. Avec un « front commun » associatif et politique, les opposants espèrent faire plier le gouvernement.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Si certaines entreprises préfèrent ne pas évoquer le sujet, d’autres entreprises ont fait du recrutement de femmes portant un voile une politique.
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Dans beaucoup d’entreprises, la diversité religieuse reste un « sujet tabou »

Si certaines entreprises préfèrent ne pas évoquer le sujet, d’autres entreprises ont fait du recrutement de femmes portant un voile une politique.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 10h25
    |

            Anne Rodier et 
Cécile Chambraud








                        



                                


                            

Lorsqu’elles doivent embaucher, toutes les entreprises n’ont pas les mêmes réflexes à l’égard du voile. « Il y a un rejet de la part de certaines entreprises et d’autres pour lesquelles ça ne pose aucun problème, notamment celles qui travaillent à l’international », témoigne Saïd Hammouche, fondateur du cabinet de recrutement spécialisé dans la diversité Mozaïk RH.

Certaines entreprises ont même fait du recrutement de femmes portant un voile une politique. Dans les deux entreprises suédoises H&M et Ikea, l’affichage des signes religieux est considéré comme un élément de la diversité. « Nos clients d’origine et de culture différentes affichent ces différences. Ils doivent se reconnaître dans nos salariés », explique Majda Vincent, DRH d’Ikea France. Le voile devient ainsi « un accessoire de mode identitaire » qui doit respecter les besoins de l’entreprise en termes d’hygiène, de sécurité et de communication « corporate ».
« Le voile n’est pas un sujet »
Chez Ikea, les modalités du port du voile sont abordées lors de l’entretien d’embauche. « Les salariées sont alors informées que l’entreprise met à disposition un voile “Ikea” pour celles qui le souhaitent, mais la majorité viennent avec le leur. Trois conditions sont posées : que le voile soit sombre, que le visage soit visible, ainsi que le badge au niveau du cou et la tenue jaune d’Ikea. En restauration, elles remplacent le voile par la charlotte pour respecter les règles d’hygiène », précise Mme Vincent. Sur un effectif total de 10 000 personnes, dont la moitié de femmes, 37 % sont en contact avec le client « et le voile n’est pas un sujet. En vente conseil, à la caisse, au service après-vente ou en restauration, chacun vient comme il est ». 
Plus globalement, constate Claire Chevalier, responsable de projets diversité du réseau Les entreprises pour la cité, « la diversité religieuse est encore un sujet tabou...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ La Cour de cassation a jugé qu’un véhicule arrêté était toujours considéré comme « en circulation », sauf s’il se trouve sur un emplacement de parking.
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Téléphoner en voiture est interdit, même arrêté sur la route avec des feux de détresse

La Cour de cassation a jugé qu’un véhicule arrêté était toujours considéré comme « en circulation », sauf s’il se trouve sur un emplacement de parking.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 10h20
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 11h21
   





                        



   


Arrêter sa voiture pour téléphoner ne permet pas d’échapper avec certitude à une verbalisation et un automobiliste peut être sanctionné pour l’usage du téléphone tenu en main alors qu’il serait en stationnement, a jugé la Cour de cassation le 23 janvier.
La Cour de cassation juge en effet qu’il ne faut pas confondre la circulation et le mouvement. Un véhicule arrêté, le moteur à l’arrêt, peut « être regardé comme étant toujours en circulation », juge-t-elle.
Le code de la route précise seulement que « l’usage d’un téléphone tenu en main par le conducteur d’un véhicule en circulation est interdit ». L’infraction est punie d’une amende de 135 euros ainsi que de la perte de trois points de permis de conduire pour trois ans.
Seule une place de parking permet d’être hors de la circulation
Toutefois, pour qu’une voiture arrêtée, moteur coupé, soit considérée comme « en circulation », il faut, selon cette jurisprudence, qu’elle se trouve sur une voie de circulation et non sur une place de parking. En l’espèce, le conducteur qui contestait son amende d’avril 2017 était garé, avec ses feux de détresse, sur la voie de droite d’un rond-point peu passant, ce qui est une voie de circulation, observent les juges.
Il ne suffit donc pas, selon la Cour, de s’arrêter et de couper le moteur pour être sûr de pouvoir téléphoner, l’appareil en main. Il faut vraiment garer sa voiture sur un emplacement prévu.
Les juges font cependant une exception. Ils admettent qu’un automobiliste en panne puisse se servir de son téléphone, même s’il est arrêté sur une voie de circulation.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Accusés d’avoir hébergé des terroristes du 13 novembre, Jawad Bendaoud et Mohamed Soumah sont jugés pour « recel de malfaiteurs terroristes ».
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

Les parties civiles décortiquent « les mensonges » de Jawad Bendaoud

Accusés d’avoir hébergé des terroristes du 13 novembre, Jawad Bendaoud et Mohamed Soumah sont jugés pour « recel de malfaiteurs terroristes ».



Le Monde
 |    03.02.2018 à 09h48
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            Franck Johannès








                        



   


Les parties civiles, victimes et familles des victimes des attentats de Paris et Saint-Denis, continuent à affluer au procès de Jawad Bendaoud et des deux hommes accusés d’avoir hébergé deux des terroristes. Elles étaient déjà 687, vendredi 2 février, représentées par 90 avocats, dont 24 seulement, dans un louable et rare souci d’autodiscipline, ont plaidé depuis mercredi – deux autres ont estimé que leur qualité ne leur permettait pas de plaider avec le flot, et se sont réservés l’audience de lundi.
Les interventions sont nécessairement d’un intérêt divers. Les parties civiles ont déjà à cœur de prouver au tribunal qu’elles sont recevables et qu’elles ont leur place dans le procès : si la question de leur préjudice ne se pose pas pour les attentats, elle est plus épineuse dans le procès des logeurs, qui ne sont pas, pour la justice, des terroristes.

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Sur le fond de l’affaire, trois avocats avaient mercredi dit tout le mal qu’ils pensaient de Youssef Aït Boulahcen, accusé de non-dénonciation de crime et fort suspecté d’être un islamiste plus radical que ce qu’il en convenait.
L’avocate Claire Josserand-Schmidt s’est ensuite attaquée jeudi au cas de Mohamed Soumah, dit « Mouss », qui se présente comme un aimable revendeur de cocaïne de Saint-Denis et a mis en contact Hasna, la sœur de Youssef Aït Boulahcen, avec son copain Jawad Bendaoud pour loger deux des terroristes après les attentats du 13 novembre 2015. Il jure qu’il n’en savait rien, et qu’il essayait surtout de mettre Hasna Aït Boulahcen dans son lit. « M. Soumah fait tout pour échapper à sa responsabilité, a dit Me Josserand-Schmidt, il s’est planqué, ça a été dur de le retrouver quinze jours après. Il a détruit sa puce de téléphone et il a attendu. A l’audience, il donne l’impression de se cacher derrière M. Bendaoud qui, c’est vrai, à un porte-voix à la place de la bouche. »
« L’un des deux ment »
Pour l’avocate, « Mohamed Soumah intervient à chaque étape de l’organisation de la planque, il aide à mettre à exécution les ordres venus de Belgique ». Ce dernier a dit qu’il ne connaissait Hasna Aït Boulahcen que depuis la veille, quand elle lui avait acheté un peu de drogue : Claire Josserand-Schmidt n’en croit rien. Mouss a dit, « Hasna, elle se balade toujours avec des boulettes de coke », et la jeune femme a même assuré au téléphone : « Mouss, c’est mon poteau » – « elle n’avait pas l’air de le connaître depuis un jour », a insisté l’avocate.
Il est invraisemblable, selon elle, que Hasna Aït Boulahcen ait utilisé Mohamed Soumah sans rien lui dire des deux hommes qu’elle voulait cacher, alors « qu’elle est clairement dans une démarche djihadiste, qu’elle a passé la soirée à en parler à tout le monde, y compris à son conseiller Pôle emploi ». Il est ensuite douteux que les hommes qui ont tout organisé depuis la Belgique et envoyé un mandat postal à Hasna Aït Boulahcen aient laissé Mohamed Soumah aider la jeune femme sans le mettre dans la confidence. Troisième point, qui reste un angle mort du procès : Mouss a toujours soutenu qu’Hasna Aït Boulahcen voulait, à cause d’une dispute, trouver un logement pour elle pendant trois semaines ; Jawad Bendaoud a, lui, expliqué qu’Hasna voulait loger « deux frères mus » (musulmans) pendant deux ou trois jours.

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Or, Mouss, Jawad et Hasna se sont retrouvés tous les trois le 16 novembre pour régler les détails. « L’un des deux ment, en conclut Me Josserand-Schmidt. Et ce n’est pas Jawad Bendaoud, qui aurait plutôt eu intérêt à dire qu’il allait loger la seule Hasna. D’ailleurs, le premier truc qu’il dit à ses copains en sortant, c’est “Je vais héberger deux mecs”. Et ses copains rigolent, en lui disant qu’ils espèrent que ce ne sont pas des terroristes. »
Quatrième point, les écoutes. Hasna lui a dit : « Ce que tu as fait, tu es un bon, la vie de ma mère. » Mouss lui a dit aussi : « Dors pas trop, tu as des trucs à faire, n’oublie pas. » Et quand Hasna lui annonce : « T’as vu la gynéco, elle m’a envoyé de l’argent », il ne se demande pas ce qu’une gynéco vient faire là, pas plus qu’il ne pose de questions quand elle lui dit, « tu sais, il m’a appelée hier, il m’a dit il faut acheter des couvertures ». « Mohamed Soumah sait parfaitement que ces démarches sont ordonnées par un tiers, assure l’avocate. Et il lui dit, “tu peux pas te débrouiller toute seule. J’suis obligé de t’aider, jusqu’à la fin”. Mais quelle fin, monsieur Soumah ? »
« Il vendrait des bretelles à un cul-de-jatte »
C’est évidemment sur Jawad Bendaoud que les parties civiles ont insisté. Le jeune homme a toujours soutenu qu’il ne se doutait pas que des terroristes du 13 novembre en avaient réchappé et qu’il n’avait pas regardé la télé. Me Hélèna Christidis en doute : tout le monde ne parlait que de ça, et elle a compté le nombre de contacts téléphoniques qu’il a reçus ou passés, avant l’assaut du RAID : 173 le 15 novembre, 188 le lendemain, 181 le 17 novembre. « Un trafic téléphonique d’une intensité incroyable, a repris Me Georges Holleaux. Comme tous les Français, M. Bendaoud savait que des terroristes s’étaient échappés. » L’avocat a d’ailleurs isolé « trois mensonges » du prévenu, pour lui décisifs.
Le coup de fil de Jawad Bendaoud à Hasna Aït Boulahcen, d’abord, le 16 novembre à 19 h 53, d’une durée inhabituelle, 3 mn 31 secondes. Le jeune homme a d’abord dit qu’Hasna était bavarde (ce qui est avéré) et qu’il avait posé le téléphone sans raccrocher. Me Holleaux admet que lui aussi, quand sa mère l’appelle, il pose le téléphone et ne le reprend que trois minutes plus tard. « Mais Hasna ne fait jamais des phrases de plus de quinze mots ! Comment la conversation peut-elle tenir aussi longtemps ? » Jawad Bendaoud a avancé une deuxième version : il est tombé sur le répondeur de la jeune femme, n’a pas raccroché, et 3 mn 31 : c’est la durée que met un répondeur avant de raccrocher.
« Ce n’est pas ça, tranche Me Holleaux. Les factures détaillées donnent le détail : quand il s’agit d’une conversation, il est noté “voix”, quand c’est un répondeur, “rep”. Et là, il est noté “voix”. Qu’est-ce qui est si gênant pour M. Bendaoud ? » Il croit évidemment tenir la réponse : le téléphone d’Hasna Aït Boulahcen a borné rue de la Bergerie, là où se cachait Abdel Hamid Abaaoud, le cerveau des attentats, et son complice, en attendant de trouver un logement. « Hasna, à ce moment, n’est pas seule, dit l’avocat. Elle est avec Abaaoud. Et elle lui a passé Jawad Bendaoud. C’est pour cela que M. Bendaoud fait un si gros mensonge, si lourd de conséquences. » Preuve pour les parties civiles que Jawad Bendaoud savait pertinemment qui il allait loger.
Deuxième mensonge : le jeune homme prétend avoir été « réveillé en fanfare » de bonne heure le 18 novembre par 50 messages, qui lui disaient que la police tirait sur son squat. Aussitôt, il s’est habillé et a filé sur place, donner notamment la fameuse interview à BFM-TV. Or, observe l’avocat, il n’a eu que six messages avant son réveil, et tous avant 1 heure du matin. Comme l’assaut du RAID n’a commencé qu’à 4 h 30, ils ne pouvaient en faire état. « A son réveil, il n’a donc aucune information, en déduit Me Holleaux. Or il appelle sa mère, alors qu’il est déjà en route, à 6 h 45, et lui dit que c’est chez lui, les coups de feu. Il a compris, et on voit qu’il savait déjà que c’étaient des terroristes. Sinon, comment aurait-il pu le savoir ? »
Troisième mensonge, les deux hommes qu’il hébergeait lui avaient certes dit qu’ils venaient de Belgique, mais Jawad Bendaoud soutient qu’il ne savait pas que les terroristes venaient de là-bas. Or, le procureur de Paris avait dit dès le 14 novembre que les voitures des terroristes étaient immatriculées en Belgique. « Quand sa mère lui dit de tout nier, il répond, “mais tu ne comprends pas, ils viennent de Belgique !”, insiste l’avocat. Il savait à quoi s’en tenir. Jawad Bendaoud a fait ça pour de l’argent, et il a menti comme un arracheur de dents. D’ailleurs, il vendrait des bretelles à un cul-de-jatte. » Réquisitoire du procureur mardi 6 février.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Le mouvement a investi le champ culturel, réveillant le débat sur la distinction entre l’homme et l’œuvre, comme le prouve la polémique autour de Woody Allen.
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#metoo : assiste-t-on à un retour de la censure dans l’art ?

Le mouvement a investi le champ culturel, réveillant le débat sur la distinction entre l’homme et l’œuvre, comme le prouve la polémique autour de Woody Allen.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 09h35
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 15h42
    |

            Faustine Vincent








                        



   


La vague #metoo pourrait emporter Woody Allen à son tour. Accusé d’agression sexuelle par sa fille, le réalisateur américain est lâché par ses actrices alors que son dernier film, Wonder Wheel, sort sur les écrans. La sortie de son prochain long-métrage, A Rainy Day, est également menacée d’annulation par son producteur, Amazon.

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          Woody Allen dans la tourmente de #metoo



C’est la dernière répercussion en date de l’affaire Weinstein – le producteur américain accusé de viols et agressions sexuelles – sur la production culturelle. La première remonte à la mi-décembre : accusé de harcèlement sexuel, l’acteur Kevin Spacey est effacé en catastrophe du dernier film de Ridley Scott, Tout l’argent du monde, et remplacé au pied levé.
L’humoriste Louis C. K. et l’acteur Ed Westwick, accusés peu après, connaissent le même sort. Suit l’appel, aux Etats-Unis, à retirer un tableau de Balthus, perçu comme un éloge de la pédophilie, et celui, en France, à annuler la rétrospective de Roman Polanski à la Cinémathèque française.
« Vague purificatoire », « censure », « révisionnisme », protestent les signataires de la « tribune des cent femmes », dont Catherine Deneuve. Le débat est lancé. En quelques semaines, le mouvement #metoo, dénonçant les violences sexuelles et le sexisme, a investi le champ artistique.
« La raison est simple », explique Thomas Schlesser, historien de l’art et auteur de L’Art face à la censure :
« Le domaine de l’art est désormais perçu, à tort ou à raison, comme révélateur du degré de liberté d’une société et d’une époque. Dès lors qu’on sent l’art atteint et contraint, des inquiétudes s’expriment. »
Distinction de l’homme et de l’œuvre : deux camps s’affrontent
L’éviction des acteurs incriminés et la polémique autour de Woody Allen relancent un débat classique : la distinction entre l’homme et l’œuvre. Deux camps s’affrontent : d’un côté ceux qui considèrent qu’ils sont indissociables, de l’autre ceux qui déplorent la « confusion » entre les deux, comme l’écrivent les signataires de la « tribune des cent femmes ».
Cette différence de vues recoupe celle, culturelle, qui sépare les Etats-Unis de la France, attachée à cette distinction. « De même qu’une chose représentée n’est pas la chose elle-même, une œuvre d’art n’est pas son auteur, à moins qu’on ne souhaite collectivement en faire notre critère d’appréciation moderne », affirme ainsi Thomas Schlesser, également directeur de la Fondation Hartung Bergman, à Antibes.
Il met en garde contre le jugement d’une œuvre au prisme de la personnalité de son auteur, qui impliquerait que « nos musées soient modifiés de fond en comble » : 
« Pour information, Caravage était un criminel, et Degas un misanthrope exécrable. Dans cette perspective, quelle “police” décrétera qui a droit d’être exposé au Louvre ou non ? »
De l’autre côté de l’Atlantique, au contraire, la distinction entre l’homme et l’œuvre ne va pas de soi. « Cela ne veut pas dire pour autant que la France ne subit pas l’importation de normes américaines », observe Nathalie Heinich, sociologue de l’art au CNRS. Même dans l’Hexagone, cette distinction tend à s’amenuiser.
« Engager un acteur, c’est engager un personnage public »
Un phénomène dû « à la montée en puissance de la culture médiatique », avance Matthieu Letourneux, professeur de littérature et auteur de Fictions à la chaîne : littératures sérielles et culture médiatique (Seuil, 2017). « Engager un acteur, c’est engager un personnage public, une célébrité dont la vie privée est connue. L’image de l’acteur affecte donc l’œuvre ». Tout comme celle de Woody Allen affecte aujourd’hui ses films, comme le prouve la polémique.
Selon le professeur, les débats actuels témoignent d’une « rupture majeure en termes culturels » : la mise en cause de cette séparation entre homme et œuvre, mais aussi la transformation de la définition même d’une œuvre d’art et de son périmètre. « Depuis trente ans, on a vu un énorme élargissement de la notion d’œuvre d’art, qui a été étendue aux industries culturelles – séries télévisées, dessins animés, bande dessinée… Puisque tout devient art, la sacralité de l’œuvre est mise en cause, donc tout est plus facilement contestable », explique-t-il.
L’effacement des acteurs « renvoie à une culture stalinienne »
Le mouvement #metoo se traduit-il par un retour de la censure ? « Le terme est inapproprié », selon Nathalie Heinich. Dans le cas des acteurs « effacés », par exemple, la décision émanait des réalisateurs, et non d’une instance supérieure faisant autorité ou d’un Etat, ce qui justifierait qu’on évoque une censure. Il s’agit donc, éventuellement, d’autocensure.
Or, comme l’explique la chercheuse, les artistes s’y soumettent « en permanence, quel que soit le contexte, car ils savent qu’il y a des lois et qu’ils ne peuvent pas inciter à la haine raciale, la pédophilie ou encore l’antisémitisme ». La polémique ravive l’éternelle question de la liberté créatrice : un artiste peut-il tout dire, tout écrire ? En cas de doute, ce sont les juges qui tranchent.
Si l’effacement des acteurs dérange, c’est avant tout parce qu’il « renvoie à une culture stalinienne », affirme Nathalie Heinich. Les images truquées à l’époque de l’ancien dictateur soviétique, qui avait notamment fait effacer Trotski des photos officielles, sont restées en mémoire. « Il est troublant de voir que dans un pays prônant la liberté, on recourt à des manipulations expérimentées dans un régime totalitaire », poursuit-elle.
Mais cette appréciation divise. « Cela n’a rien à voir, objecte André Gunthert, maître de conférences en histoire visuelle à l’EHESS (Ecole des hautes études en sciences sociales). Dans un cas, il s’agit d’altérer l’histoire à des fins de propagande, et dans l’autre, de la modification d’une production culturelle. »
Modifications fréquentes
Ce type de modifications est « très fréquent dans l’industrie culturelle, y compris pour des œuvres d’art, selon le chercheur. Mais d’habitude, cela passe inaperçu ». Des acteurs de série sont régulièrement remplacés par d’autres pour incarner un même personnage.
A la Renaissance, les feuilles de vignes rajoutées aux statues grecques illustraient, elles aussi, ce phénomène d’adaptation
D’autres changements sont effectués en fonction du contexte dans lequel l’œuvre est montrée. Les exemples sont légion. Les Schtroumpfs noirs, publiés par Peyo en 1963 et décrivant des personnages violents et agressifs, sont ainsi devenus violets lors de la parution aux Etats-Unis, afin de ne pas donner lieu à des interprétations racistes. A la Renaissance, quelques siècles plus tôt, les feuilles de vignes rajoutées aux statues grecques antiques illustraient, elles aussi, ce phénomène d’adaptation culturelle.
Ce qui semble anodin dans certains contextes paraît insupportable dans d’autres. « L’histoire montre que nos valeurs évoluent énormément, dans un sens comme dans l’autre, alors qu’elles sont toujours perçues à l’instant T comme absolues, ou du moins difficiles à transgresser », analyse Nathalie Heinich, qui a étudié cette question dans son essai Des valeurs. Une approche sociologique (Gallimard).
C’est aussi ce qui s’exprime aujourd’hui lorsque des collectifs féministes réclament le retrait de certains tableaux, ou l’éviction d’acteurs accusés de violences sexuelles. Dans le cas de Kevin Spacey, « entre le début du tournage et la fin, le contexte a changé car la perception des violences faites aux femmes a évolué », analyse André Gunthert. D’où le choix de Ridley Scott, davantage guidé, selon lui, par un « calcul commercial » – afin d’éviter tout boycott – que par un « jugement moral ».
Le débat engagé à la faveur du mouvement #metoo revêt en tout cas un « avantage majeur », estime Thomas Schlesser, celui de « restituer aux œuvres contestées leur pouvoir dérangeant, alors que l’indifférence à leur égard est très majoritairement la norme ». Une performance en soi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ L’entreprise agroalimentaire a recruté une centaine de personnes, dont une dizaine de réfugiés statutaires accompagnés vers l’emploi.
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A Lorient, Cité marine a embauché des réfugiés après un parcours de formation intégrée

L’entreprise agroalimentaire a recruté une centaine de personnes, dont une dizaine de réfugiés statutaires accompagnés vers l’emploi.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 09h30
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 09h51
    |

            Anne Guillard








                        



                                


                            
Amjad, 22 ans, est arrivé d’Afghanistan il y a deux ans. Depuis octobre, il est opérateur de production en contrat à durée indéterminée chez Cité marine, entreprise spécialisée dans le poisson enrobé et les légumes élaborés. L’entreprise emploie 1 200 personnes réparties sur six sites, dont plus de 840 à Kervignac, à une dizaine de kilomètres de Lorient (Morbihan). Entre ces deux dates, le jeune Afghan, passé par Calais puis arrivé en Bretagne après le démantèlement de la « jungle » fin octobre 2016, a obtenu son statut de réfugié. Il a surtout appris le français et été accompagné vers l’emploi.
A l’issue de cours de langue, dispensés à l’Institut breton d’éducation permanente (IBEP) dans le cadre des 200 heures maximum offertes aux nouveaux venus par l’Office français de l’immigration et de l’intégration, il a bénéficié d’une formation professionnalisante en alternance : 420 heures en centre de formation, dont la moitié de français, et 140 heures de stage en entreprise. Il a ainsi pu hausser son niveau de langue et le tester dans un environnement professionnel.
« L’avenir est plus clair »
Un précieux sésame. « L’avenir est plus clair », dit le jeune homme dans les locaux de l’IBEP où un reliquat d’heures de formation lui permet, en compagnie de Handal, un Soudanais, et Sarmad, un jeune Irakien, de questionner ce qu’ils n’ont pas compris dans le cadre de leur nouvelle vie chez Cité marine.
Leur formatrice mesure le chemin parcouru par ces jeunes hommes dont le niveau de français usuel, parti de zéro à leur arrivée, a bondi depuis leur intégration. Ce mercredi, « c’est l’expression “ramène-toi” qui les soucie », explique-t-elle dans un large sourire.

Tous trois font partie d’un premier groupe de onze stagiaires formés de juin à octobre 2017, dont neuf occupent désormais un poste chez Cité marine (6 en CDD, 3 en CDI). Un second groupe a terminé, le 26 janvier, sa dernière période de stage, préfigurant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ L’enquête « s’oriente vers un règlement de comptes », selon le procureur de Marseille, une ville qui connaît régulièrement des homicides.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Un homme tué par balle à Marseille, le quatrième en un mois

L’enquête « s’oriente vers un règlement de comptes », selon le procureur de Marseille, une ville qui connaît régulièrement des homicides.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 09h15
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 11h26
   





                        



   


Un homme d’une trentaine d’années a été abattu de deux balles dans la tête alors qu’il se trouvait au volant de sa voiture, dans la soirée du vendredi 2 février à Marseille.
L’homme, né en 1988, a été abattu par un ou plusieurs tireurs, chemin des Escourtines, dans le 11e arrondissement, dans les quartiers est, a déclaré le procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux, confirmant une information du quotidien régional La Provence. « L’homme a des antécédents judiciaires et l’enquête s’oriente vers un règlement de comptes », ce qui serait le quatrième depuis le début de l’année, a-t-il ajouté, en précisant qu’un véhicule brûlé avait été retrouvé près des lieux du drame, sans qu’il soit encore possible de déterminer s’il s’agit de celui du ou des tireurs.
14 homicides en 2017, 29 en 2016
La liste des homicides 2018 à Marseille a débuté le 11 janvier avec une fusillade à la kalachnikov qui a fait un mort et un blessé grave dans le secteur de la Plaine, un quartier très festif au cœur de la ville. Le jeune homme de 25 ans abattu dans sa voiture avait apparemment une dette considérable, dans le cadre d’un réseau de stupéfiants.
Puis c’est un adolescent de 17 ans qui est abattu d’une balle en pleine poitrine, trois jours plus tard, dans un appartement qu’il squattait dans le 10e arrondissement, dans les quartiers est de la ville. Selon la police, il ne s’agirait pas d’un règlement de comptes, même si la victime était connue pour des infractions à la législation sur les stupéfiants.
Le troisième homicide 2018 a eu lieu le 23 janvier, avec la mort d’un homme de 30 ans, tué par balle au pied d’un immeuble de la cité Campagne-Larousse (14e arrondissement), dans les quartiers nord cette fois. Le corps avait été retrouvé partiellement calciné. Lui aussi était connu pour des affaires de stupéfiants remontant à cinq ans.

        Lire aussi :
         

                Dans les quartiers Nord de Marseille, le meurtre comme solution à tous les conflits


En 2017, 14 personnes avaient perdu la vie dans des règlements de comptes à Marseille, selon un décompte de la préfecture de police, contre 29 en 2016.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Analyse. Pour le responsable des pages Débats du « Monde » Nicolas Truong, par le biais de tribunes toujours plus nombreuses se dessinent des communautés de pensée et de nouvelles formes de vie.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le retour d’un intellectuel collectif

Analyse. Pour le responsable des pages Débats du « Monde » Nicolas Truong, par le biais de tribunes toujours plus nombreuses se dessinent des communautés de pensée et de nouvelles formes de vie.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 09h03
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 13h05
    |

Nicolas Truong







                        



                                


                            
Analyse. Il n’avait pas disparu, mais sa voix ne portait plus. Certes, sa stature apportait toujours une caution à une candidature, sa signature amplifiait l’audience d’une pétition, son prestige lui conférait une précieuse valeur ajoutée. Mais guère plus. Or, voici que l’intellectuel est de nouveau écouté. Sur un champ politique dévasté, il est une boussole recherchée. Dans un paysage idéologique en pleine recomposition, il tient même lieu d’opposition. Prophétique, médiatique, critique, spécifique ou collectif, il réapparaît sous toutes ses formes dans l’espace public. Puisque l’époque est au centrisme, avec une conciliation des contraires – le fameux « Et en même temps » – qui confine parfois au conformisme, l’intellectuel tranche et rompt avec l’unanimisme.

A l’image de Régis Debray et d’André Markowicz, rares écrivains à avoir mis les pieds dans le plat ou la plume dans la plaie lors des célébrations de Johnny Hallyday et de Jean d’Ormesson. Devant le concert de louanges, d’hommages et de numéros spéciaux consacrés au rockeur hexagonal, Régis Debray fut, en effet, l’un des rares à critiquer « l’institutionnalisation du show-biz » (Le Monde, 12 décembre 2017). Quant au traducteur et poète André Markowicz, il fut l’un des seuls à se demander ce qu’avait fait Jean d’Ormesson, mis à part avoir « bien écrit », pour qu’un hommage national lui soit rendu.
L’opposition est à la dérive
Puisque l’opposition est à la dérive, autant la faire vivre dans les tribunes et dans les livres. Exemple parmi tant d’autres, En quel temps vivons-nous ? (La Fabrique, 2017) où le philosophe Jacques Rancière critique le catastrophisme en vogue du côté des nouvelles radicalités, tout comme sa faculté à « voir dans toute situation l’effet de la domination mondiale du capital » qui est devenue sa commode « réponse à tout ».
L’intellectuel critique est celui qui lance quelques fausses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Environ 400 foyers ont été touchés vendredi par des pannes d’électricité ou des inondations en Seine-Saint-Denis. Météo France maintient son niveau de vigilance.
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Inondations : la Marne atteint son pic de crue, 11 départements toujours en alerte orange

Environ 400 foyers ont été touchés vendredi par des pannes d’électricité ou des inondations en Seine-Saint-Denis. Météo France maintient son niveau de vigilance.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 08h34
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 12h33
   





                        



   


Alors que la Seine a commencé sa décrue à Paris, les inondations se poursuivent en amont, et notamment le long d’un de ses affluents, la Marne. La ville de Gournay-sur-Marne, en Seine-Saint-Denis, s’est ainsi retrouvée les pieds dans l’eau dans la nuit de jeudi à vendredi, obligeant l’évacuation de dizaines d’habitants. Environ 400 foyers étaient touchés vendredi par des pannes d’électricité ou des inondations dans la commune ainsi qu’à Noisy-le-Grand, selon la préfecture.

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Le pic de la crue est attendu samedi 3 février dans la journée, à 5,80 mètres – la ville est protégée par un mur anticrues de 5,50 mètres, qui s’est retrouvé submergé. Les habitants avaient été tenus informés de la montée des eaux « depuis une semaine, en temps réel », témoigne Nathalie, une habitante de 45 ans. « J’ai eu le temps de ranger ma cave, mon garage. J’ai tout enlevé ». Mais des questions se posent aujourd’hui sur la régulation en amont de la rivière, la gestion des réservoirs d’eau et la densification urbaine, a déclaré la municipalité à l’Agence France-Presse.
Onze départements sont toujours en vigilance orange : l’Aube, l’Eure, la Marne, Paris, la Seine-Maritime, la Seine-et-Marne, les Yvelines, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne et le Val-d’Oise.

   


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            data-slide-description="Des jardins potagers inondés à Elbeuf, au sud de Rouen, jeudi 1er février. La crue de la Seine a provoqué, depuis la nuit de mercredi à jeudi, l’inondation de plusieurs dizaines de maisons, majoritairement dans des caves, selon les autorités."
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            data-slide-description="A Cléon, au sud de Rouen, le 1er février. Près de 150 personnes ont été évacuées mercredi soir en prévision de ces débordements."
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            data-slide-description="Dans une maison inondée à Cléon, le 1er février. Le gouvernement doit « attendre la décrue » avant de pouvoir prendre un arrêté de catastrophe naturelle pour les zones concernées par les récentes inondations, a déclaré, mercredi, la secrétaire d’Etat à la transition écologique, Brune Poirson."
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            data-slide-description="A Cléon, jeudi 1er février. La prévision pour la prochaine marée haute, prévue vendredi entre 15 heures et 16 heures à Rouen, « n’est pas meilleure. On est sur une hauteur équivalente dans le secteur, la boucle amont d’Elbeuf et le secteur de Rouen », a précisé François Bellouard, directeur départemental adjoint des territoires et de la mer sur France Bleu Seine-Maritime et Eure."
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            data-slide-description="A Cléon, le 1er février. « Les seuils atteints sur Elbeuf, quasi autour de 11 mètres, s’approchent d’une période de retour de vingt ans. A Elbeuf, on est à 11,02 mètres tous les vingt ans », a précisé M. Bellouard."
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            data-slide-description="A Cléon, jeudi 1er février."
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            data-slide-description="A Orival, au sud de Rouen, le 1er février."
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            data-slide-description="A Saint-Aubin-lès-Elbeuf, au sud de Rouen, jeudi 1er février : 49 foyers étaient privés d’électricité, et plusieurs routes étaient barrées, selon la préfecture."
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            data-slide-description="A Cléon, jeudi 1er février. Une amélioration est attendue « en fin de semaine, début de semaine prochaine » avec la baisse des coefficients de marée à partir de samedi et la météo « clémente » prévue vendredi, selon le directeur départemental adjoint des territoires et de la mer."
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Des jardins potagers inondés à Elbeuf, au sud de Rouen, jeudi 1er février. La crue de la Seine a provoqué, depuis la nuit de mercredi à jeudi, l’inondation de plusieurs dizaines de maisons, majoritairement dans des caves, selon les autorités.

CHARLY TRIBALLEAU / AFP
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ De Gandhi à Stéphane Gatignon, l’histoire compte de nombreux cas de grèves de la faim visant à défendre une cause. Mais est-ce un moyen d’action vraiment efficace ? Réponse en vidéo.
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Les jeunes moins inquiets de la précarité professionnelle que leurs aînés

« Tout se passe comme si les jeunes avaient intériorisé la situation durablement dégradée du marché du travail », selon une étude du Cereq.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 07h54
    |

            Eric Nunès








                        



   


Les jeunes Français se seraient-ils habitués à la précarité ? C’est une hypothèse que soulève le Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Cereq) dans un rapport publié jeudi 1er février. Alors qu’ils sont entrés sur le marché du travail dans un contexte économique dégradé avec un taux de chômage record, les femmes et les hommes de la génération 2010, entrés cette année-là sur le marché du travail, sont pourtant moins inquiets que leurs aînés.
« Comment voyez-vous votre avenir professionnel ? » La question a été posée par le Cereq aux jeunes de la génération 1998 pendant les dix premières années de leur vie professionnelle ainsi qu’à la génération 2010, après trois puis cinq années de vie active. Premier enseignement : une large majorité des deux générations se déclare « optimiste » ; néanmoins, après trois ans de vie professionnelle, ils sont 28 % à se dire inquiets pour la génération 2010, alors que ce n’était le cas que de 16 % pour celle de 1998.
Evolution du sentiment d’insécurité
Mais ce que soulignent les auteurs, c’est l’évolution opposée du sentiment d’insécurité au sein des générations 1998 et 2010 : en effet, l’inquiétude de la génération 1998 ne cesse de croître depuis leur entrée sur le marché du travail, alors qu’ils l’ont intégré dans une période où le taux de chômage des jeunes était relativement bas et décroissant.
Comparativement, la génération sortie en 2010 s’est retrouvée en quête d’un emploi dans un contexte économique plus dur, mais le taux d’inquiets baisse significativement, de 28 % trois ans après leur entrée dans la vie active, à 23 % deux ans plus tard. « Tout se passe comme si les jeunes avaient intériorisé la situation durablement dégradée du marché du travail, et ne s’inquiétaient pas outre mesure de l’absence de perspectives professionnelles qu’elle pourrait impliquer », analysent les auteurs.
Ensuite, la sécurité professionnelle serait une notion relative. Certains jeunes de la génération 2010 « conçoivent l’enchaînement de stages, de contrats aidés et précaires comme un mode » normal « d’intégration au marché du travail », poursuit l’étude. Une situation qui n’est pas acceptée par leurs aînés. Par conséquent, pour la génération 2010, le fait de travailler, même sans contrat stable, pourrait suffire à rassurer nombre d’entre eux.
Les femmes toujours plus inquiètes
Les jeunes sans diplôme sont, sans surprise, les plus inquiets quant à leur avenir, alors que les diplômés d’école d’ingénieurs ou de management sont particulièrement confiants. Toutefois, le diplôme « ne constitue pas (ou plus), la garantie d’un avenir professionnel rassurant », notent les auteurs. « Le sentiment d’insécurité est plus fort chez les docteurs et plus faible chez les titulaires d’un CAP ou d’un BEP que chez les bacheliers technologiques ou professionnels. »
Un certain nombre de facteurs personnels expliquent également « une prédisposition plus ou moins forte à l’inquiétude » vis-à-vis de son avenir professionnel. Ainsi, ceux qui souffrent d’une mauvaise santé ou d’un handicap ou encore ceux qui déclarent avoir vécu une expérience de discrimination à l’embauche sont plus inquiets. Comme les femmes qui se montrent « toujours, quelle que soit leur situation, plus inquiètes que les hommes pour leur avenir professionnel », constatent les chercheurs.
Enfin, l’ancienneté dans une entreprise n’est pas forcément un facteur de sérénité. Une situation stabilisée peut entraîner la crainte de perdre une « situation privilégiée, ou vécue comme telle ». Pour les jeunes, une durée longue passée au même poste peut être également vécue comme une stagnation, sans perspectives : « L’ancienneté refléterait une détérioration progressive des conditions de travail », analysent les auteurs.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.
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Ehpad, Mathieu Gallet, affaire Daval : les infos à retenir de la semaine

Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 06h33
    |

                            Les Décodeurs








                        


Révocation du patron de Radio France par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), aveux de Jonathann Daval qui a reconnu avoir tué son épouse, mobilisation inédite dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) : retour sur les principales actualités des derniers jours.

   


Mathieu Gallet, écarté par le CSA
C’est une première dans l’histoire de l’audiovisuel public : le président de Radio France, Mathieu Gallet, a été démis de ses fonctions seize mois avant la fin de son mandat. Cette décision, prise mercredi 31 janvier par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), est consécutive à la condamnation en justice de M. Gallet à un an de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende pour des faits de favoritisme lors de son précédent mandat, à la tête de l’Institut national de l’audiovisuel (INA).
Le CSA doit désormais nommer un successeur, ce qui prendra au moins six mois. En attendant, c’est le doyen des administrateurs de Radio France nommés par le CSA qui devrait assurer l’intérim à la tête du groupe public. Jean-Luc Vergne, 69 ans, ancien directeur des ressources humaines de PSA Peugeot Citroën, pourrait donc être désigné s’il veut bien accepter cette mission.
> Lire : L’« affaire Gallet », des premières révélations sur l’INA à l’éviction de Radio France
Mobilisation inédite dans les Ehpad
Des membres du personnel des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) étaient en grève, mardi 30 janvier, pour réclamer davantage de moyens afin de s’occuper « dignement » des aînés, une mobilisation nationale inédite, dont l’ampleur est difficile à évaluer. La direction générale de la cohésion sociale a évoqué un taux de mobilisation (grévistes et personnels assignés inclus) de 31,8 %.
» Lire : Les maisons de retraite, « machines à broyer » du personnel soignant
Affaire Daval : retournement de situation
Ce qui était présenté jusqu’à maintenant comme un « meurtre de joggeuse », d’après la version du mari, apparaît désormais sous un tout autre jour. Mis en garde à vue lundi 29 janvier, Jonathann Daval a avoué, mardi, avoir tué son épouse, Alexia, le 27 octobre 2017 ; il a été mis en examen pour « meurtre sur conjoint ». Alors qu’il était suspecté juste après la découverte du corps de sa femme, il avait dissipé nombre de doutes en apparaissant effondré en tête d’une marche blanche à la mémoire de sa défunte épouse qui avait réuni plus de 8 000 personnes, le 5 novembre 2017.


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                Pourquoi sommes-nous fascinés par les faits divers ?



Des chiffres inédits sur les maternités de France
De 0,3 % à Besançon à 45 % à Limoges : des données inédites sur les maternités de France, obtenues par Le Monde, ont mis en relief des écarts importants sur les pratiques d’épisiotomie et d’autres actes (césarienne, péridurale) dans les établissements. Elles révèlent également un changement dans les pratiques et les perceptions sur la médicalisation de l’accouchement.
> Comparez les maternités : Taux de césariennes, d’épisiotomies… : comparez les maternités près de chez vous
Et aussi
Justice. L’islamologue Tariq Ramadan, accusé de viols, a été mis en examen et placé en détention.Migrants. Plusieurs violentes bagarres ont opposé des Afghans et des Erythréens jeudi à Calais (Pas-de-Calais), faisant au moins 21 blessés.Logement. La Fondation Abbé-Pierre tire la sonnette d’alarme sur le mal-logement en France.Armées. Cinq militaires sont morts, vendredi, après que deux hélicoptères se sont percutés dans le Var lors d’un entraînement.Justice. Au procès de Jawad Bendaoud, la cité, la coke, la prison.Pollution de l’air. La France et les Etats cancres convoqués à Bruxelles.Economie. La croissance française en hausse en 2017, à 1,9 %.
Défense. La France va adapter son « secret-défense » pour mieux échanger avec ses alliés.Economie. L’Insee va intégrer le trafic de drogue dans son calcul du produit intérieur brut.Monkeygate. Des constructeurs automobiles allemands accusés de tests sur des humains et des singes pour mesurer les effets du diesel.Economie. Suisse et Etats-Unis en tête d’un classement sur les paradis fiscaux.Etats-Unis. Lors de son premier discours sur l’état de l’Union, Donald Trump s’est de nouveau essayé à l’unité.Afghanistan. L’Etat impuissant après une nouvelle attaque à Kaboul revendiquée par l’organisation Etat islamique).Espace. Revivez l’éclipse totale de la Lune.
Disparitions
Pierre Godé, vice-président du groupe de luxe LVMH, est mort vendredi à l’âge de 73 ans.Edouard Ferrand, député européen du Front national, est mort jeudi 1er février des suites d’une longue maladie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ De nombreuses diplômées témoignent de leurs difficultés à trouver un emploi en portant un voile. Et se tournent vers l’entrepreneuriat musulman féminin.
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Article sélectionné dans La Matinale du 02/02/2018
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Garder ou ôter son voile, le dilemme des jeunes musulmanes en recherche d’emploi

De nombreuses diplômées témoignent de leurs difficultés à trouver un emploi en portant un voile. Et se tournent vers l’entrepreneuriat musulman féminin.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 06h31
 • Mis à jour le
04.02.2018 à 14h42
    |

            Cécile Chambraud








                        



                                


                            

Elles y vont le plus souvent avec la boule au ventre. Pour tout demandeur d’emploi, l’entretien d’embauche est une épreuve. Lorsqu’on est une femme et que l’on porte un voile, il devient vite un tourment. « Parfois, c’était plus le foulard que moi-même qu’on regardait », témoigne Myriam (les femmes interrogées ont souhaité préserver leur anonymat), une Parisienne de 23 ans titulaire d’un BTS d’assistant manageur.
Il arrive que, pendant l’entretien, le recruteur glisse une question à ce sujet. « On m’a déjà demandé : lorsque vous viendrez travailler, enlèverez-vous votre voile ? », se souvient la Toulousaine Samira, 24 ans, titulaire d’un DUT de techniques de commercialisation. Mais souvent, il demeure un non-dit.
Pourtant, c’est bien à ce moment-là que se referme, pour nombre de ces diplômées, la porte entre-ouverte de l’entreprise recruteuse que leur CV avait pourtant intéressée. Dans le huis clos de l’entretien d’embauche, les femmes voilées ressentent durement l’obstacle invisible qui leur est réservé sur la voie de l’emploi salarié, en particulier de l’emploi qualifié auxquels les ont préparées leurs diplômes.
C’est une réalité impossible à quantifier, difficile à saisir. « Le refus d’embauche est assez peu visible car il est très difficile de le démontrer », souligne Lila Charef, directrice exécutive du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF). C’est pourtant une pratique bien réelle, dont le caractère insidieux n’empêche pas qu’elle soit contraire à la loi, qui interdit aux entreprises de discriminer lors de l’embauche, que ce soit en fonction de la religion, du sexe, de l’âge ou de tout critère autre que les compétences. « Elle a pour conséquence que le secteur privé devient une peau de chagrin pour ces femmes », ajoute Lila Charef.
« Vous correspondez au poste, mais... »
De nombreuses femmes témoignent de cette difficulté par leur parcours. Elle surgit parfois avant même la fin...




                        

                        

