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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Selon des résultats définitifs, Nicos Anastasiades a remporté le scrutin avec 55,99 % des voix.
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Chypre : le président sortant vainqueur de l’élection présidentielle

Selon des résultats définitifs, Nicos Anastasiades a remporté le scrutin avec 55,99 % des voix.



Le Monde
 |    04.02.2018 à 17h47
 • Mis à jour le
04.02.2018 à 18h48
   





                        



   


Le chef de l’Etat sortant, le conservateur Nicos Anastasiades, a remporté, dimanche 4 février, le deuxième tour de l’élection présidentielle sur l’île divisée de Chypre face au candidat de gauche Stavros Malas, selon des sondages de sortie des urnes.
Selon les résultats définitifs, M. Anastasiades a obtenu 55,99 % contre 44 % pour M. Malas. Le taux de participation s’est élevé à 73 % comparé à 71,88 % au premier tour dimanche dernier, alors que quelque 550 000 électeurs étaient appelés à voter.
D’après plusieurs estimations diffusées par la télévision publique CyBC, M. Anastasiades obtient entre 54,5 % et 59,5 %, et M. Malas entre 40,5 % et 45,5 %, soit un écart nettement supérieur à la marge d’erreur.
Le premier tour, le 28 janvier, avait permis la qualification du président sortant, le conservateur Nicos Anastasiades (avec 35,5 % des voix), opposé, comme en 2013, au candidat soutenu par le Parti communiste, Stavros Malas (30 %).
La « ligne verte »
Dans la dernière ligne droite, l’un comme l’autre ont eu du mal à rallier les soutiens des candidats éliminés au premier tour. Le troisième homme, Nikolas Papadopoulos, a ainsi refusé de prendre parti, après avoir recueilli un peu plus de 25 % des voix sur un programme libéral et nationaliste.

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Deux sujets ont dominé la campagne : l’économie, cinq ans après la mise sous tutelle du pays par la zone euro et le Fonds monétaire international (FMI), après l’implosion de son secteur bancaire. Et la question de la réunification de l’île, dont la partie nord est occupée par l’armée turque depuis 1974. La « ligne verte », qui coupe depuis cette date le pays en deux d’est en ouest, déchire la vieille ville de Nicosie.
Pendant cinq ans, M. Anastasiades s’est employé à relancer les pourparlers pour réunifier l’île. Mais les négociations sous l’égide de l’ONU avec le dirigeant de la RTCN, Mustafa Akinci, ont échoué en 2017 et le processus suscite de plus en plus de scepticisme chez les Chypriotes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Depuis des décennies, la Grèce refuse que le petit pays des Balkans ait le nom de Macédoine, le même que celui de la région de Thessalonique.
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Grèce : manifestation à Athènes pour que la Macédoine abandonne son nom

Depuis des décennies, la Grèce refuse que le petit pays des Balkans ait le nom de Macédoine, le même que celui de la région de Thessalonique.



Le Monde
 |    04.02.2018 à 17h13
 • Mis à jour le
04.02.2018 à 17h33
   





                        



   


Des centaines de milliers de Grecs ont manifesté, dimanche 4 février, devant le siège du Parlement à Athènes pour rejeter l’utilisation du mot « Macédoine » par l’ancienne république yougoslave éponyme dans le cadre d’un compromis visant à mettre fin à des décennies de contentieux entre les deux pays.
Les manifestants défilant à Athènes ont déployé un gigantesque drapeau national à l’aide d’une grue et des banderoles proclamant : « Pas touche à la Macédoine ! » en scandant l’hymne national.
Parmi ceux qui ont pris la parole pendant le rassemblement figurait le compositeur Mikis Theodorakis, qui a déclaré que les huit années de crise économique endurées par la Grèce n’avaient pas effacé la mémoire historique du peuple grec. « Si nous laissons passer cela, nous permettrons à un mensonge historique tragique de se perpétuer », a lancé sous les acclamations le musicien âgé de 93 ans, symbole de la résistance contre la dictature des colonels (1967-1974).
Environ 300 000 personnes avaient déjà manifesté, le 21 janvier à Thessalonique, capitale de la région grecque de Macédoine.

   


« Macédoine du Nord »
Depuis des décennies, la Grèce refuse que le petit pays des Balkans adopte le nom de Macédoine, le même que celui de la région de Thessalonique et de l’ancien royaume d’Alexandre le Grand.
La querelle empêche depuis plus de vingt ans l’ex-république yougoslave, dont l’indépendance a été reconnue en 1993 sous l’appellation provisoire d’« Ancienne République yougoslave de Macédoine », de rejoindre l’OTAN ou l’Union européenne.
Pour trouver un compromis, les gouvernements d’Athènes et Skopje ont décidé de relancer des négociations cette année sous l’égide des Nations unies. Pour désigner l’ancienne république yougoslave, le gouvernement grec d’Alexis Tsipras a proposé un nom composé comme Macédoine du Nord, mais les sondages montrent qu’une majorité de Grecs s’opposent à l’utilisation du mot « Macédoine » dans une quelconque combinaison.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Luca Traini, auteur présumé de l’attaque, était bel et bien lié au parti dirigé par Matteo Salvini, à tel point qu’il avait figuré sur ses listes lors des élections municipales de 2017.
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Attentat de Macerata en Italie : la droite condamne, mais incrimine le gouvernement

Luca Traini, auteur présumé de l’attaque, était bel et bien lié au parti dirigé par Matteo Salvini, à tel point qu’il avait figuré sur ses listes lors des élections municipales de 2017.



Le Monde
 |    04.02.2018 à 16h38
 • Mis à jour le
04.02.2018 à 16h57
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



   


S’il ne s’était agi que d’un sympathisant, il aurait été facile à la Ligue du Nord de nier tout lien avec Luca Traini, auteur présumé de l’attentat commis samedi à la mi-journée, au pied du monument aux morts de Macerata (Marches), durant laquelle six demandeurs d’asile africains ont été blessés.
Aurait-il été simple militant ou colleur d’affiches qu’il aurait été possible de chercher à se désolidariser sans dommages… Mais voilà, le jeune homme de 28 ans, qui s’est laissé interpeller par les forces de l’ordre après avoir affecté un salut fasciste, était bel et bien lié au parti dirigé par Matteo Salvini, à tel point qu’il avait figuré sur les listes de la Ligue du Nord lors des élections municipales du printemps 2017. Et les témoignages sur sa personnalité, tout comme ses tatouages empruntés à l’iconographie nazie (motif de « rune du loup » à la tempe droite, croix celtique, inscriptions en lettres gothiques), donnent plutôt l’impression que Luca Traini n’était pas du genre à garder pour lui ses opinions politiques.

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Responsabilité du gouvernement, selon la droite
Réagissant quelques heures après l’attaque, le chef de file de la Ligue du Nord, Matteo Salvini, qui mène depuis plusieurs semaines une campagne particulièrement radicale, centrée sur l’insécurité et le péril migratoire, en vue des élections du 4 mars, a plus cherché à incriminer le gouvernement qu’à prendre ses distances avec l’attentat. « Qui fait usage d’une arme est un délinquant », a-t-il déclaré, avant de préciser que « la responsabilité morale de chacun des actes de violence qui se produisent en Italie est à ceux qui ont rempli de réfugiés notre pays ».
Selon lui, Luca Traini n’aurait eu que le tort de pallier lui-même l’impuissance de l’Etat. Un raisonnement appuyé sur un fait divers sordide, qui a ému toute l’Italie ces derniers jours : le 31 janvier, le cadavre mutilé et démembré d’une jeune femme de 18 ans avait été retrouvé non loin de Macerata, dans deux valises. Le principal suspect du meurtre serait un migrant sans papiers nigérian, déjà condamné plusieurs fois par la justice italienne.

   


Les partenaires de la Ligue du Nord au sein de la coalition de droite, sans s’aligner sur la position de la Ligue du Nord, ont eux aussi cherché à faire porter à l’actuel gouvernement la responsabilité du drame. Sur Twitter, la dirigeante de Fratelli d’Italia, Giorgia Meloni, a ainsi parlé d’une « action criminelle sans justification possible », avant d’ajouter. « Voilà ce à quoi est réduite l’Italie aux mains de la gauche. » Le communiqué publié dans l’après-midi par le chef de file de l’aile modérée de l’alliance de droite, Silvio Berlusconi, parle, lui, de « l’acte d’un déséquilibré », précisant aussitôt que l’attaque « rappelle à tous le problème de l’insécurité dans nos villes ».
Au fond, le message de soutien à Luca Traini envoyé par le dirigeant néofasciste de Forza Nuova, Roberto Fiore (« ce jeune homme s’est sûrement trompé, mais il a vu sa propre ville transformée en enfer »), ne dit pas autre chose.
« Criminel fascistoïde »
Finalement, à droite, la condamnation la plus nette est venue des rangs de la Ligue du Nord, par la voix du très influent Roberto Maroni, actuel président de la région Lombardie. L’ancien ministre de l’intérieur de Silvio Berlusconi, qui ne fait pas mystère du peu de goût qu’il a pour les outrances de Matteo Salvini, a aussitôt qualifié Luca Traini de « criminel fascistoïde » avec lequel la Ligue n’avait « rien à voir ».
Tenant d’une certaine fidélité à la Ligue du Nord des origines, certes autoritaire et xénophobe mais vierge de toute forme de nostalgie fasciste, Roberto Maroni n’a jamais caché son opposition au virage « nationaliste » d’une « Ligue » qui, sous la direction de Matteo Salvini, se démène pour faire oublier que ses racines sont à chercher au Nord, dans l’antagonisme avec le Sud, plutôt que dans l’exaltation de la patrie italienne.
Paradoxalement, le tragique attentat de Macerata aura eu pour effet de remettre en pleine lumière la profondeur de ce désaccord stratégique, qui pourrait bien être lourd de conséquences au lendemain des élections du 4 mars.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Une copie de « Mein Kampf » et un livre d’histoire sur Benito Mussolini ont notamment été découverts chez l’auteur présumé de l’attaque à caractère raciste qui a fait six blessés samedi.
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Italie : ce que l’on sait de l’attaque perpétrée par un militant d’extrême droite à Macerata

Une copie de « Mein Kampf » et un livre d’histoire sur Benito Mussolini ont notamment été découverts chez l’auteur présumé de l’attaque à caractère raciste qui a fait six blessés samedi.



Le Monde
 |    04.02.2018 à 14h51
 • Mis à jour le
04.02.2018 à 15h03
   





                        



   


La commune italienne de Macerata (Marches, centre de l’Italie), 43 000 habitants, non loin de la côte adriatique, a été marquée par une attaque armée perpétrée par un militant d’extrême droite contre des étrangers, samedi 3 février.
Que s’est-il passé ?
Un jeune Italien est accusé d’avoir blessé, samedi, six Africains en tirant des coups de feu à partir d’une voiture qui a sillonné le centre-ville de Macerata pendant deux heures.
Il a été interpellé sans opposer de résistance sur les marches de l’immense monument aux morts de la ville. Après avoir arrêté sa voiture de sport devant l’édifice, il avait eu le temps d’enlever son blouson, puis d’endosser une écharpe tricolore, de faire un salut fasciste et de hurler « Viva Italia ! », a précisé la presse italienne sur la base de témoignages. D’après les policiers, il a vidé deux chargeurs avec un pistolet semi-automatique.
Les médias affirment que toutes les victimes sont des personnes « de couleur ». « Les blessés confirmés sont de nationalité étrangère », a, pour sa part, écrit la police dans un tweet. Selon l’agence de presse Agi, les six blessés, cinq hommes et une femme, sont originaires du Mali, du Ghana et du Nigeria.
Qui est l’auteur de l’attaque ?
Le suspect, identifié par les médias sous le nom de Luca Traini, âgé de 28 ans, crâne rasé et tatouage d’inspiration fasciste sur la tempe, avait été candidat en 2017 sous l’étiquette de la Ligue du Nord (parti souverainiste notoirement xénophobe et antieuropéen) à des élections locales dans une commune de la province de Macerata, Corridonia.
Traditionnellement implanté dans les riches régions du nord de l’Italie, dont il revendiquait naguère le détachement du reste du pays, ce parti a opéré ces dernières années un virage stratégique, impulsé par son porte-drapeau Matteo Salvini, renonçant à son discours régionaliste pour adopter une ligne sécuritaire, anti-impôts et anti-immigrés, susceptible de séduire les électeurs de tout le pays.
Où en est l’enquête ?
Dimanche, les carabiniers italiens ont révélé qu’une copie de Mein Kampf et un livre d’histoire sur Benito Mussolini ont été découverts chez Luca Traini. Ces publications d’extrême droite, ainsi qu’un magazine sur la jeunesse fasciste ou encore des croix celtiques, ont été trouvées dans une chambre au domicile de sa mère, perquisitionné par la police de Macerata.
Les enquêteurs ont également saisi les ordinateurs du tireur, dans le cadre d’une enquête pour tentative de « massacre aggravé par un objectif raciste ». L’homme doit aussi répondre du chef de « port illégal d’arme ».
Selon la presse dominicale italienne, Luca Traini a spontanément expliqué aux enquêteurs que l’assassinat d’une jeune Italienne de la région – pour lequel les premiers éléments de l’enquête semblant désigner un migrant d’origine nigériane déjà condamné par la justice et sans permis de séjour – avait été le « déclencheur » de son action.
La jeune femme assassinée, Pamela Mastropietro, 18 ans, s’était échappée lundi d’un centre de désintoxication situé à Corridonia, la localité où Luca Traini s’était présenté en 2017 aux élections communales.
Luca Traini a passé la nuit dans une prison de la région, où se trouve également le Nigérian demandeur d’asile soupçonné de l’assassinat de la jeune Italienne.
Quelles sont les réactions politiques ?
« Quelqu’un qui tire est un délinquant, abstraction faite de la couleur de la peau », a immédiatement réagi Matteo Salvini, chef de file de la Ligue du Nord, en pleine campagne électorale en vue des législatives du 4 mars. Mais après avoir pris ses distances avec l’auteur présumé des coups de feu, il n’a pas manqué de rejeter la faute sur l’« invasion » migratoire actuellement à l’œuvre, selon lui, en Italie. « J’ai hâte d’arriver au gouvernement pour ramener dans toute l’Italie la sécurité, la justice sociale et la sérénité », a-t-il ajouté. Une « sérénité » à laquelle le dirigeant de la Ligue n’aura pas forcément contribué ces derniers jours, en qualifiant d’« homicide d’Etat » le meurtre de la jeune Italienne.
« Il me semble qu’il s’agit du geste d’un déséquilibré, qui mérite la plus ferme condamnation, mais qui ne peut être considéré comme ayant une connotation politique claire », a, de son côté, jugé Silvio Berlusconi, dont le parti de droite, Forza Italia, est allié à la Ligue de Matteo Salvini.
« La haine et la violence ne nous diviseront pas », a, pour sa part, assuré le chef du gouvernement italien, Paolo Gentiloni. Le ministre de l’intérieur, Marco Minniti, devait présider, quant à lui, un comité provincial de sécurité dans la région des Marches.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Cinq ans après le naufrage du pays, le conservateur Nicos Anastasiades, chef de l’Etat sortant, est opposé dimanche à Stavros Malas, soutenu par le Parti communiste.
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Les Chypriotes votent pour élire leur président

Cinq ans après le naufrage du pays, le conservateur Nicos Anastasiades, chef de l’Etat sortant, est opposé dimanche à Stavros Malas, soutenu par le Parti communiste.



Le Monde
 |    04.02.2018 à 08h06
    |

            Philippe Ricard (Nicosie (Chypre), envoyé spécial)








                        



   


Suzanne est décidée à voter au second tour de l’élection présidentielle, dimanche 4 février, dans la République de Chypre. Elle s’était abstenue au premier, voilà une semaine. « L’enthousiasme n’y est pas mais l’enjeu est important », dit cette Libanaise d’origine installée sur l’île depuis plus de vingt ans, qui multiplie les petits boulots depuis le naufrage économique du pays, en 2013.
Le premier tour a permis la qualification du président sortant, le conservateur Nicos Anastasiades (avec 35,5 % des voix), opposé, comme en 2013, au candidat soutenu par le Parti communiste, Stavros Malas (30 %). Le premier reste favori, mais les résultats pourraient être serrés au soir du vote. Dans la dernière ligne droite, l’un comme l’autre ont eu du mal à rallier les soutiens des candidats éliminés au premier tour. Le troisième homme, Nikolas Papadopoulos, a ainsi refusé de prendre parti après avoir recueilli un peu plus de 25 % des voix sur un programme libéral et nationaliste.
Deux sujets ont dominé la campagne : l’économie, cinq ans après la mise sous tutelle du pays par la zone euro et le Fonds monétaire international (FMI), après l’implosion de son secteur bancaire. Et la question de la réunification de l’île, dont la partie nord est occupée par l’armée turque depuis 1974. La « ligne verte », qui coupe depuis cette date le pays en deux d’est en ouest, déchire la vieille ville de Nicosie.
« Rien ne dit qu’il sera possible de relancer les pourparlers »
A la différence de Nikolas Papadopoulos, les deux finalistes sont peu ou prou d’accord pour tenter de relancer les négociations de réunification, après l’échec, en juillet 2017, des pourparlers menés sous l’égide de l’Organisation des Nations unis (ONU). La dérive autoritaire du président turc Recep Tayyip Erdogan n’est pas pour faciliter les tractations, tout comme sa décision d’intervenir en Syrie. « Notre souci concerne la nouvelle politique d’expansion de la Turquie : il paraît difficile de la voir accepter un retrait de Chypre, alors qu’elle envoie ses troupes en Syrie », dit le ministre des affaires étrangères de M. Anastasiades, Ioannis Kasoulides, même si la partie nord, soutenue à bout de bras par Ankara, est elle aussi en train de se doter d’un nouveau gouvernement, favorable aux négociations.
« Rien ne dit qu’il sera possible de relancer les pourparlers », rappelle Hubert Faustmann, le représentant de la Fondation Ebert, proche du SPD allemand. A moins d’une soudaine percée, ce dernier ne croit pas à un accord avant 2019, année d’un scrutin présidentiel crucial pour Erdogan en Turquie. Si l’ONU, dont les casques bleus patrouillent le long de la « ligne verte », perd patience, la population ne se fait pas trop d’illusions.

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                Chypre : le président turc Erdogan complique la réunification



Situation économique encore fragile
Une fois n’est pas coutume, au-delà de la question chypriote, la campagne a laissé une large place à l’économie ; un terrain où les deux candidats en lice ont pu se départager. A peine arrivé au pouvoir, en 2013, Nicos Anastasiades avait été obligé de faire appel à l’aide de la zone euro et du FMI. Il peut se targuer d’avoir amorcé le redressement du pays. Son opposant faisait au contraire partie du gouvernement précédent, qui n’avait pas pu empêcher le naufrage, sous la présidence du communiste Dimitris Christofias. Stavros Malas a critiqué le libéralisme des réformes entreprises par le gouvernement sortant, et plaidé pour des politiques plus sociales, comme la généralisation du salaire minimal.
Chypre a pu se passer de l’aide de ses créanciers internationaux un peu en avance sur le calendrier prévu, contrairement à la Grèce, dont le naufrage avait précipité sa chute. Cinq ans après l’enclenchement du plan d’aide, la croissance devrait atteindre 4 % cette année. Le tourisme, en particulier, bat record sur record. « La reprise est réelle, mais la situation reste fragile », affirme Fiona Mullen, directrice de Sapienta Economics. Le secteur bancaire – encore handicapé par de gros portefeuilles de prêts à risque – a été restructuré en profondeur, avec la fermeture d’une des deux principales banques du pays, en 2013 : les dépôts au-dessus de 100 000 euros ont alors été lourdement ponctionnés, afin de contribuer à l’assainissement du secteur. Une opération restée unique en Europe, qui a laissé des traces dans l’opinion publique. Orienté à la baisse, le chômage dépasse encore 10 % dans la population active, et touche de nombreux jeunes.
Pour attirer les investissements, le gouvernement sortant a mis en place un dispositif de « Golden passport » afin d’attirer les fortunes étrangères en leur offrant permis de résidence et nationalité. Le système connaît un certain succès, surtout auprès des Russes. A Limmasol, où sont installées des dizaines de milliers de Russes, la construction est en plein boom. « Le tourisme et les passeports, c’est bien, mais ce dont nous avons besoin ce sont des résidents qui dépensent, pas des propriétaires d’appartements vides », dit un commerçant de Nicosie.
Après cinq ans de pouvoir, Nicos Anastasiades et Stavros Malas sont confrontés à un réel désenchantement. Le président sortant a perdu un tiers de ses électeurs par rapport à son score du premier tour de 2013. L’abstention a atteint un taux plus haut, autour de 30 %, dans ce pays où le vote a longtemps été obligatoire. Une formation d’extrême droite, Ethniko Laiko Metopo (ELAM – « Front populaire national »), qui se présente comme proche des néonazis grecs d’Aube dorée, a approché 6 %. Aux législatives de 2016, ce tout jeune parti avait recueilli moins de 3 % des voix.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Le jeune Italien, qui portait une écharpe tricolore et a fait un salut fasciste avant les faits, a été arrêté sans opposer de résistance.
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Article sélectionné dans La Matinale du 03/02/2018
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Italie : un militant de la Ligue du Nord arrêté après avoir tiré sur des étrangers

Le jeune Italien, qui portait une écharpe tricolore et a fait un salut fasciste avant les faits, a été arrêté sans opposer de résistance.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 14h08
 • Mis à jour le
04.02.2018 à 12h42
   





                        



   


Un jeune Italien au crâne rasé à été arrêté, samedi 3 février, à Macerata, (Marches, centre de l’Italie), après avoir tiré sur des étrangers et fait « six blessés », selon le maire de la ville, Romano Carancini. L’homme a été interpellé sans opposer de résistance sur les marches de l’immense monument aux morts de la ville, selon des images des télévisions.
Après avoir arrêté sa voiture de sport devant l’édifice, il avait eu le temps d’enlever son blouson, puis d’endosser une écharpe tricolore, de faire un salut fasciste et de hurler « Viva Italia ! », a précisé la presse italienne sur la base de témoignages. La police a retrouvé un pistolet dans la voiture du tireur présumé, qui, d’après la presse, a reconnu les faits.
« Evidente haine raciale »
Dans la soirée, le ministre italien de l’intérieur, Marco Minniti, a réagi en estimant que cette fusillade était empreinte d’une « évidente haine raciale » et marquée par une culture « d’extrémisme de droite avec des références claires au fascisme et au nazisme ».
Le suspect, identifié par les médias sous le nom de Luca Traini, âgé de 28 ans, avait été candidat en 2017 sous l’étiquette de la Ligue du Nord (parti souverainiste notoirement xénophobe et antieuropéen) à des élections locales dans une commune de la province de Macerata. Traditionnellement implanté dans les riches régions du nord de l’italie, dont il revendiquait naguère le détachement du reste du pays, ce parti a opéré ces dernières années un virage stratégique, impulsé par son porte-drapeau Matteo Salvini, renonçant à son discours régionaliste pour adopter une ligne sécuritaire, anti-impôts et anti-immigrés, susceptible de séduire les électeurs de tout le pays.

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Les médias affirment que toutes les victimes sont des personnes « de couleur ». « Les blessés confirmés sont de nationalité étrangère », a, pour sa part, écrit la police dans un tweet. Selon l’agence de presse Agi, les six blessés, cinq hommes et une femme, sont originaires du Mali, du Ghana et du Nigeria.
« Quelqu’un qui tire est un délinquant, abstraction faite de la couleur de la peau », a immédiatement réagi Matteo Salvini, chef de file de la Ligue du Nord, en pleine campagne électorale en vue des législatives du 4 mars. Mais après avoir pris ses distances avec l’auteur présumé des coups de feu, il n’a pas manqué de rejeter la faute sur l’« invasion » migratoire actuellement à l’œuvre, selon lui, en Italie. « J’ai hâte d’arriver au gouvernement pour ramener dans toute l’Italie la sécurité, la justice sociale et la sérénité », a-t-il ajouté.
« La haine et la violence ne nous diviseront pas »
Une « sérénité » à laquelle le dirigeant de la Ligue n’aura pas forcément contribué ces derniers jours, en qualifiant d’« homicide d’Etat » le meurtre d’une jeune femme de la région, âgée de 18 ans, dont le cadavre découpé en morceaux a été retrouvé dans deux valises, mercredi 31 janvier, non loin de Macerata. Les premiers éléments de l’enquête semblant désigner un migrant d’origine nigériane, déjà condamné par la justice et sans permis de séjour, Matteo Salvini avait aussitôt dénoncé le laxisme en matière migratoire d’une gauche « aux mains pleines de sang ».
« Il me semble qu’il s’agit du geste d’un déséquilibré, qui mérite la plus ferme condamnation, mais qui ne peut être considéré comme ayant une connotation politique claire », a, de son côté, jugé Silvio Berlusconi, dont le parti de droite, Forza Italia, est allié à la Ligue de Matteo Salvini.
« La haine et la violence ne nous diviseront pas », a, de son côté, assuré le chef du gouvernement italien, Paolo Gentiloni. Le ministre de l’intérieur, Marco Minniti, devait présider, pour sa part, un comité provincial de sécurité dans la région des Marches.



                            


                        

                        


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L’idée d’un deuxième référendum sur le Brexit mobilise des Britanniques proeuropéens

Pour l’heure, travaillistes et conservateurs sont opposés à l’idée d’un nouveau vote.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 12h08
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Le climat politique britannique est si délétère et l’avenir du processus de Brexit si imprévisible que tout paraît possible aux yeux de certains, y compris un deuxième référendum. Assimilant la sortie de l’Union européenne à « un acte d’automutilation qu’il faut faire cesser », Andrew Adonis, lord et ancien ministre travailliste, s’est présenté, vendredi 2 février, comme le champion de cette cause.
La campagne intitulée « Notre avenir, notre choix » qu’il vient de lancer vise à obtenir l’organisation d’un vote populaire sur l’accord que Theresa May doit négocier à partir de mars avec l’UE. « Le Brexit n’est pas une affaire pliée, a expliqué Lord Adonis lors d’une rencontre avec plusieurs journaux européens, dont Le Monde. Nous vivons une situation de crise parlementaire car la première ministre n’a pas de majorité parlementaire pour sa conception du Brexit. La seule issue est un référendum. »
Son idée consiste à déposer un amendement prévoyant une deuxième consultation lors du vote, à l’automne, de la « loi de sortie de l’UE » adoptée en première lecture par la Chambre des communes et en débat à la Chambre des lords. Il assure que les députés conservateurs proeuropéens peuvent s’unir à ceux du Labour pour faire adopter cet amendement qui, d’après lui, n’impliquerait pas la chute du gouvernement conservateur ni de nouvelles élections.
Amateur de symboles, Lord Adonis imagine faire coïncider le vote de l’amendement avec le centenaire de l’armistice du 11 novembre 1918. Alors qu’aucun Allemand ni Français ne participe habituellement à la commémoration britannique, il rêve d’y inviter, aux côtés de la reine d’Angleterre, Angela Merkel et Emmanuel Macron. Le temps presse : la sortie officielle de l’UE est programmée pour le 29 mars 2019. Lord Adonis imagine que le second référendum aurait lieu en février, voire plus tard avec l’accord des Vingt-Sept.
Pour lui, la jeunesse est la clé de la volte-face qu’il attend...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Le chef de la police de la ville portuaire Frank Paauw projette de verbaliser les délinquants qui paradent dans les rues de la ville. Au risque d’un « profilage ethnique ».
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A Rotterdam, la police veut traquer les voyous « frimeurs »


                      Le chef de la police de la ville portuaire Frank Paauw projette de verbaliser les délinquants qui paradent dans les rues de la ville. Au risque d’un « profilage ethnique ».



Le Monde
 |    03.02.2018 à 06h33
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








   


« On va les déshabiller dans la rue » : la formule de Frank Paauw résume bien le projet du commissaire en chef de la police de Rotterdam (Pays-Bas).
Il entend, explique-t-il, s’en prendre aux boefjes, les petites frappes qui paradent dans les rues de la ville au volant de voitures un peu trop voyantes, portent des vêtements de luxe et des Rolex dorées. Ou, parfois, ont dans les poches de leur parka Canada Goose quelques milliers d’euros alors qu’ils ne paient pas d’impôts, n’ont pas de travail déclaré ou ont « oublié » de régler des amendes.
« Je sais déjà qui sera visé. Ceux qui ont la peau foncée ou le Turc qui roule souvent dans la belle voiture de son patron. » Paul Vermeijen, avocat
Comment vont s’y prendre les agents spécialement formés pour appliquer cette « méthode antifrimeurs », comme l’ont vite baptisée les journalistes ? En interrogeant les jeunes suspects, potentiels dealers de drogue, « lover boys » qui séduisent des jeunes femmes, avant de les contraindre à se prostituer, ou membres des cercles de jeu clandestins.
S’ils ne peuvent pas prouver qu’ils ont acquis leurs biens de manière licite, ceux-ci seront confisqués, en l’attente d’une décision de justice. Et les personnes appréhendées seront peut-être expédiées derrière les barreaux avec une inculpation pour blanchiment d’argent.
« Donner le signal que le crime ne paie pas »
Imaginé par un membre de la police de proximité, le projet a été négocié par la police avec le parquet de la Ville. Il systématise et étend les pouvoirs dont disposent déjà les policiers néerlandais depuis 2002 et qui leur ont permis de saisir, en 2016, quelque 400 millions d’euros de biens divers – dont 11,5 dans la ville portuaire.
Outre le commissaire Paauw, l’initiative paraît séduire les habitants de Delfshaven, l’un des quartiers chauds de la ville, où des boefjes ont l’habitude de déambuler. Joep Simmelink, professeur de criminologie à l’université de Maastricht, interrogé par le journal NRC Handelsblad, évoque une mesure intéressante car symbolique : « On donne ainsi le signal que le crime ne paie pas. » 
Lire aussi : Le fichage ethnique en débat aux Pays-Bas
Anne Mieke Zwaneveld, médiatrice de la Ville de Rotterdam, est plus circonspecte. Elle estime que cette chasse aux délinquants comporte un risque de « profilage ethnique ». Jamel, qui travaille au petit magasin du coin et a épargné pour s’acheter sa doudoune matelassée, aura beaucoup plus de (mal) chance de se faire interpeller que Frederik-Jan, qui s’est acheté sa BMW décapotable avec le fruit de ses trafics derrière l’école…
« Plan funeste »
L’avocat pénaliste Paul Vermeijen est, lui aussi, convaincu de l’effet de ce qu’il estime être un « plan funeste ». « Je sais déjà qui sera visé, explique-t-il dans le quotidien Trouw. Ceux qui ont la peau foncée ou le Turc qui roule souvent dans la belle voiture de son patron. »

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                Les Pays-Bas cherchent une utilité à leurs prisons vides



« Qui, bon sang, se balade dans la rue avec le ticket d’achat de son blouson ? », fulmine un autre expert, tandis qu’un dernier souligne que, même aux Pays-Bas, nul n’est soumis à l’obligation de répondre à la question d’un policier sur l’origine d’un bien, sauf si l’agent démontre qu’il agit dans le cadre d’une enquête bien précise.
Vrais contrôles ou roulements de mécaniques ? Le propos du commissaire Frank Paauw ressemble surtout à un ballon d’essai.



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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Vincent De Coninck, chargé de mission au Secours catholique de Calais, revient sur les événements violents qui ont eu lieu entre migrants jeudi.
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A Calais, « les rixes sont liées à des logiques de passeurs et de territoire »

Vincent De Coninck, chargé de mission au Secours catholique de Calais, revient sur les événements violents qui ont eu lieu entre migrants jeudi.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 18h57
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 19h39
    |

                            Valentin Ehkirch








                        



Au lendemain des rixes qui ont éclaté entre migrants à Calais, jeudi 1er février au soir, faisant vingt-deux blessés, dont cinq par balle, le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, a déclaré que ces violences étaient dues aux passeurs, fustigeant des « chefs de bande qui entraînent autour d’eux ». Ces événements, d’un « degré de violence jamais connu », selon le ministre, sont les plus graves depuis le 1er juillet 2017, lorsque des bagarres interethniques firent seize blessés, dont un grave.

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Vincent De Coninck est chargé de mission au Secours catholique de Calais depuis huit ans. Pour lui, ces événements sont le résultat d’une violence latente au sein des communautés de migrants.
Selon le ministre de l’intérieur, les protagonistes de cette rixe seraient des passeurs. Avez-vous eu les mêmes informations sur place ?
Vincent de Coninck : La première rixe a eu lieu aux abords de l’hôpital [le centre hospitalier de Calais]. Elle est liée à une logique de territoire donc, oui, à des passeurs qui se battent pour le contrôle des voies de passage.
Ces premières violences ont éclaté entre des passeurs ; des Afghans s’en sont pris à des Erythréens et à des Ethiopiens. Ces derniers sont ensuite revenus plus nombreux et certains migrants ont pris part à la bagarre sans savoir pourquoi. Mais toute cette violence est un déversoir, comme si un couvercle sautait d’un coup.
Comment expliquez-vous ces actes ?
La violence, qui est au départ liée à des logiques de territoire, éclate et rassemble beaucoup de monde. Les conditions dans lesquelles ces personnes vivent provoquent aussi beaucoup de tensions. Il y a une logique sécuritaire du gouvernement, et des violences s’exercent quotidiennement contre ces personnes, la destruction des abris est systématique, ce matin encore, j’en ai vu.
Je ne nie pas le rôle des passeurs. Mais si le gouvernement se décidait à mettre en place des voies de passage légales, cela pourrait permettre de casser leur système. C’est le seul moyen de lutter contre les violences. On ne nie pas la violence sur place, ni les réseaux de passeurs, c’est même une priorité pour nous aussi de lutter contre, mais cela doit passer par la création de voies de passage légales.

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La multiplicité des communautés sur place joue-t-elle un rôle également ?
Avant la visite d’Emmanuel Macron [le 16 janvier à Calais], on observait un équilibre dans les communautés présentes sur place, mais cette visite a rompu cet équilibre. A partir de là, de nouveaux migrants sont arrivés à Calais, c’est ce qui a créé un déséquilibre dans les communautés.
Il est difficile de donner un chiffre précis, mais les origines des personnes présentes sont surtout afghane, éthiopienne, érythréenne ou soudanaise. Les personnes provenant de la corne de l’Afrique sont sûrement plus nombreuses que les Afghans. Mais on a vu aussi arriver quelques Kurdes, mais ils ne sont pas très nombreux. Depuis la visite d’Emmanuel Macron, on a vu passer la population de cinq cents à environ huit cents personnes.
Quand on voit arriver autant de personnes en quatre jours, la proportion n’est plus respectée. Ce qui fait que les réseaux cherchent à se réapproprier des territoires.
Comment expliquez-vous ce nouvel afflux ?
A cause du traité de Sandhurst [signé le 18 janvier entre la France et le Royaume-Uni], en partie, et à cause de la mauvaise communication des autorités. Il y a eu un effet combiné de deux facteurs : les annonces faites dans la presse après le passage d’Emmanuel Macron à Calais, qui ont été mal comprises, et la gestion de la préfecture. Des déplacements de mineurs à qui la préfecture promet des possibilités d’étude par exemple, ce qui crée une bouffée d’espoir parmi les mineurs et un appel d’air.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Dans le cadre du projet européen « Les nouveaux arrivants », « Le Monde » suit un groupe de réfugiés installés à Vichy. Durant un an, nous racontons l’intégration de ces hommes originaires du Soudan et d’Erythrée.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ La septième édition de la foire suisse Artgenève se distingue par une montée en gamme des œuvres présentées.
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L’art contemporain a un bel avenir à Genève

La septième édition de la foire suisse Artgenève se distingue par une montée en gamme des œuvres présentées.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 14h56
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 16h26
    |

            Harry Bellet (Genève (Suisse)








                        



                                


                            

La foire d’art de Genève est à taille humaine, se visite sans fatigue, dans une ambiance sérieuse, avec parfois, tout de même, un grain de fantaisie. L’un de ceux-là accueille le visiteur dès qu’il émerge de l’Escalator de Palexpo, le centre des expositions : un Félix le chat géant (9 mètres de haut) et gonflable de l’artiste anglais Mark Leckey. L’œuvre est prêtée par un collectionneur. Un autre a laissé le commissaire d’exposition Samuel Gross puiser dans ses trésors un ensemble de tableaux du peintre suisse Martin Disler (1949-1996). La fondation Max Bill lui a également prêté des sculptures monumentales de ce symbole de l’art abstrait helvète. Comme elles sont habituellement disposées dans un parc du Tessin, actuellement en travaux, Samuel Gross les a placées sur un lit de feuilles mortes du plus bel effet : un grain, vous dit-on…
Il en faut pour faire franchir le Saint-Gothard l’hiver à quelques tonnes de sculptures, déployer dans un bâtiment une grue dont on n’est pas sûr qu’elle ne va pas percer le plafond pour les installer sur un sol dont on n’est pas certain qu’il en supportera le poids. Ou pour planter, au milieu des stands, un arbre de Giuseppe Penone, en bronze et granit, de 10 mètres de haut, lui aussi prêté par des collectionneurs. Tout cela pour trois jours de foire, car c’est aussi d’une foire qu’il s’agit. La cité de Calvin en a connu plusieurs successives, qui n’ont jamais perduré.
La dernière-née, Artgenève, en est à sa septième édition et monte en gamme : outre cette remarquable participation de collectionneurs et d’institutions – une vingtaine sont représentées, dont les fameux ports francs, ces zones hors douanes qui sont les plus grands musées-coffres-forts du monde –, elle s’est aussi associée au Pavillon des arts et du design (PAD), une foire créée par l’antiquaire Patrick Perrin. Là, on trouve de la vaisselle ancienne (celle qu’expose la galerie Phoenix est grecque et âgée de 2 500 ans) aussi bien que du mobilier...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ La Commission européenne veut pousser Berne à renégocier les termes de leurs relations et à accepter un mécanisme permettant de faire évoluer les quelque 120 accords sectoriels bilatéraux.
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La dureté calculée de Bruxelles à l’égard de la Suisse

La Commission européenne veut pousser Berne à renégocier les termes de leurs relations et à accepter un mécanisme permettant de faire évoluer les quelque 120 accords sectoriels bilatéraux.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 14h43
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Qui a dit que l’Union européenne (UE) était un partenaire facile ? Les Suisses pourraient témoigner. Ils en font de plus en plus les frais, alors que Bruxelles les presse de renégocier les termes de leurs relations. Les discussions sont très dures, voire « discriminatoires », avait déclaré, le 21 décembre 2017, Doris Leuthard, l’ex-présidente de la Confédération, dans un accès d’humeur très inhabituel de la part des politiques helvètes.
A l’époque, et contre toute attente, l’UE n’avait renouvelé que pour un an « l’équivalence » boursière suisse, qui arrivait à échéance fin 2017. Un véritable sésame : sans elle, les investisseurs européens ne peuvent traiter des titres cotés en Suisse (et vice versa pour les titres helvètes hors du pays). En novembre 2017, des experts nationaux des 28 Etats membres avaient pourtant validé une reconduction illimitée de cette équivalence.
Mardi 30 janvier, Berne a reçu un soutien inattendu, mais précieux, de 11 des experts nationaux (dont l’Allemand, l’Autrichien ou le Luxembourgeois, mais pas le Français) qui avaient validé le sésame suisse et se sont émus du procédé bruxellois. « On ne traite pas les pays comme cela. Ils ont mis le feu à la Suisse », regrette un diplomate européen.
Méthodes peu orthodoxes
La Confédération a également mal vécu d’être placée sur la liste grise des paradis fiscaux de l’UE, ses juridictions n’étant pas tout à fait d’équerre avec les critères européens de lutte contre la fraude et l’évasion fiscale, « alors que Monaco et aucun pays de l’Union n’y est », ajoute ce diplomate.
Bruxelles semble vouloir instrumentaliser les discussions avec Berne pour renforcer sa main dans la négociation du Brexit
« Des questions techniques telles que la reconnaissance de l’équivalence boursière (…) ne devraient pas être traitées par l’UE au niveau politique », a, de nouveau, souligné le Conseil fédéral suisse, l’organe exécutif de la Confédération,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Dans un monde écartelé entre mondialisation en expansion et repli identitaire, ces remparts se multiplient comme autant de solutions sécuritaires.
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Les murs dans le monde, en réponse aux nouvelles peurs

Dans un monde écartelé entre mondialisation en expansion et repli identitaire, ces remparts se multiplient comme autant de solutions sécuritaires.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 12h20
 • Mis à jour le
04.02.2018 à 06h34
    |

            Rémy Ourdan








                        



                                


                            

Si l’idée d’ériger un mur ou une clôture entre des pays est aussi ancienne que les concepts de nation et de frontière, l’Europe et le monde occidental ont un peu vite cru que la fin de la guerre froide et l’effondrement du mur de Berlin, en 1989, allaient signifier la disparition des séparations entre les peuples. Près de trente ans plus tard, le nombre de murs et de clôtures a explosé un peu partout sur la planète, et Donald Trump, président de la première puissance mondiale, fait de la prolongation du « mur de Bush », qui sépare les Etats-Unis et le Mexique, un enjeu politique majeur de sa présidence.
Le phénomène concerne, selon les définitions des uns et des autres, la séparation physique pouvant aller d’une clôture grillagée à un véritable mur : il concerne entre 6 % et 18 % des 250 000 kilomètres de frontières terrestres dans le monde. « On compte aujourd’hui soixante-dix à soixante-quinze murs construits ou annoncés dans le monde, les murs existants s’étalant sur environ 40 000 kilomètres », soit autant que la circonférence de la Terre, affirme Elisabeth Vallet, une politologue canadienne de l’université du Québec à Montréal (UQAM). C’est cette estimation haute qui a frappé les esprits ces dernières années.
« Formule politique et médiatique »
Ce chiffre est toutefois contesté par des spécialistes des frontières, notamment par le géographe français Michel Foucher. « Je suis très méfiant à l’égard de la frénésie sur les murs. Le “mur” est une formule politique et médiatique, mais rarement une réalité. La plupart du temps, ce sont des clôtures. Des frontières non pas fermées mais filtrées. » Le géographe conteste d’ailleurs la vision du président américain. « Parler d’un mur, comme Trump le fait, ne correspond pas à la réalité. Cette frontière n’est pas un mur, cela n’a aucun sens. La frontière américano-mexicaine est l’une des plus ouvertes du monde, avec quarante-huit points de passage, des villes jumelles et 1,5 milliard...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Une majorité de Pakistanais feraient partie des migrants portés disparus dans le naufrage d’un bateau au large des côtes libyennes.
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Naufrage près des côtes libyennes : quelque 90 migrants portés disparus

Une majorité de Pakistanais feraient partie des migrants portés disparus dans le naufrage d’un bateau au large des côtes libyennes.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 11h59
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 11h33
   





                        


Au moins 90 migrants, en majorité pakistanais, seraient morts, vendredi 2 février, dans le naufrage de leur bateau au large des côtes libyennes, a annoncé l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Trois personnes ont survécu à cette nouvelle tragédie en Méditerranée. Deux d’entre elles ont réussi à nager jusqu’à la côte, et un troisième rescapé a été « secouru par un pêcheur », a déclaré une porte-parole de l’OIM, Olivia Headon, à Tunis.
D’après ce que les rescapés ont raconté aux travailleurs humanitaires, au moins 90 migrants se seraient noyés après que leur bateau a chaviré au large des côtes libyennes « très tôt » vendredi matin, a ajouté Mme Headon. D’après l’OIM, le naufrage s’est produit au large de Zouara, dans l’ouest de la Libye.
La Libye, plaque tournante
« Dix corps se sont échoués sur les côtes libyennes », dont ceux de huit Pakistanais et deux Libyens, a-t-elle détaillé. « Ils ont donné une estimation de 90 noyés dans le naufrage, mais nous devons encore vérifier le nombre exact de personnes ayant perdu la vie », a déclaré Mme Headon. L’OIM s’est étonnée de la présence de Libyens sur le bateau, affirmant n’avoir « pas vu cela auparavant, selon un autre porte-parole de l’organisation, Joel Millman. C’était peut-être des passeurs ».
En 2017, un total de 3 138 Pakistanais sont arrivés en Italie après avoir traversé la Méditerranée, selon l’OIM. Un nombre qui ne cesse d’augmenter, passant de seulement neuf pour le mois de janvier 2017 à environ 240 pour janvier 2018.
Plus de 600 000 migrants clandestins ont effectué la traversée entre la Libye et l’Italie depuis 2013 et plus de 16 000 migrants ont disparu en Méditerranée en tentant de gagner les côtes européennes, selon les chiffres de l’OIM. Avant le naufrage de vendredi, 246 personnes sont mortes depuis le début de l’année 2018 en tentant ce très dangereux périple.
Un grand nombre de candidats à la traversée vers l’Europe embarquent de Libye, devenue une plaque tournante pour des centaines de milliers de migrants d’Afrique subsaharienne. Le pays a sombré dans le chaos après la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. Le nombre de migrants arrivés en Italie depuis la Libye a toutefois baissé depuis l’été 2017 à la suite d’accords controversés entre les autorités italiennes et des groupes armés libyens. De ce fait, le nombre de morts en Méditerranée est passé de plus de 5 000 en 2016 à environ 3 100 en 2017.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Ankara renforce son emprise nationaliste sur la partie nord de l’île divisée depuis 1974.
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Chypre : le président turc Erdogan complique la réunification

Ankara renforce son emprise nationaliste sur la partie nord de l’île divisée depuis 1974.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 11h51
    |

            Philippe Ricard (Nicosie, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Sener Levent est catégorique depuis son bureau enfumé, à deux pas de la ligne « verte » qui coupe Nicosie en deux : tant que Recep Tayyip Erdogan sera au pouvoir à Ankara, le patron du quotidien Afrika n’attend rien de nouvelles négociations en vue de réunifier l’île de Chypre. « Avec Erdogan, trouver un accord n’est pas possible en raison de son ultranationalisme », juge cet inlassable détracteur du président turc, l’une des voix dissidentes dans la partie nord de l’île, occupée par la Turquie depuis 1974.
De l’autre côté des barbelés de la ligne « verte », le ton se veut plus diplomatique pour ne pas obérer les chances d’une incertaine réunification. En République de Chypre, les deux candidats en lice pour le second tour de l’élection présidentielle, dimanche 4 février, se disent favorables à une reprise des tractations sous l’égide de l’ONU, après leur échec de juillet 2017, à Crans-Montana (Suisse).

Le chef de l’Etat sortant, le conservateur Nicos Anastasiades, tout comme son rival de gauche, Stavros Malas, se sont qualifiés aux dépens d’un candidat plus nationaliste, opposé à la relance des tractations. Le second tour s’annonce serré à l’issue d’une campagne dominée par l’économie et par la question nord-chypriote.
« Turquisation » de la partie nord
« Notre souci concerne la nouvelle politique d’expansion de la Turquie : il paraît difficile de la voir accepter un retrait de Chypre, alors qu’elle envoie ses troupes en Syrie », dit Ioannis Kasoulides. Le ministre des affaires étrangères de M. Anastasiades rappelle que M. Erdogan demande le maintien d’une base militaire turque sur l’île. La République de Chypre exige au contraire le départ de l’ensemble des soldats – entre 30 000 et 40 000 – stationnés au nord.
M. Kasoulides se réjouit cependant de la mise en place à Nicosie-Nord d’une coalition ouverte à des discussions, dans la foulée des élections de janvier. Le scrutin avait pourtant vu la...




                        

                        


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Au Royaume-Uni, les entreprises privées assurant des services publics se portent mal

Les entreprises du secteur de la sous-traitance des services publics sont en difficultés : après la faillite de Carillion, Capita alerte sur ses résultats.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 11h50
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Quand les habitants de Barnet, au nord de Londres, appellent leur mairie, la réponse leur arrive d’un centre d’appels basé à ­Coventry, à 150 kilomètres de là. L’entreprise qui s’en occupe s’appelle Capita, un géant de 73 000 employés, méconnu du grand public, qui exécute une large partie des services publics du Royaume-Uni. C’est elle qui collecte la redevance télévisée, gère le péage urbain de Londres et s’occupe de l’administration des services de santé.
Mardi 31 janvier, Capita a averti que ses résultats seraient moins bons que prévu. Surendettée, l’entreprise a lancé une augmentation de capital et va vendre certains actifs. A cette annonce, l’action a dégringolé de 47 %, portant le recul à 75 % depuis juin 2017.

La secousse se produit deux semaines après la faillite de ­Carillion, un autre géant de la sous-traitance, qui gérait des cantines, des prisons et nettoyait des hôpitaux. Dans l’urgence, l’Etat avait dû intervenir : s’il n’a pas renfloué l’entreprise, laissant les actionnaires et les créditeurs essuyer les pertes, il a dû reprendre le contrôle direct des contrats qu’il sous-traitait.
Une profonde remise en cause
Ces deux événements remettent profondément en cause le modèle britannique de la sous-traitance des services publics, développé par Margaret Thatcher dans les années 1980, mais vraiment accéléré par Tony Blair au début des années 2000. « Le paradigme est en train de changer, estime Jason Moyer-Lee, le secrétaire général du syndicat IWGB. L’idée que “le privé, c’est bien ; le public, c’est mal” s’effondre. »
Le Royaume-Uni est l’un des pays qui sont allés le plus loin dans ce modèle. D’après la Cour des comptes britannique, le tiers de toutes les dépenses publiques vont dans la sous-traitance.
Jeremy Corbyn, le leader du parti travailliste, favorable à la nationalisation de nombreux services, estimait récemment que l’exemple de Carillion prouvait « l’échec de l’idéologie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ L’homme qui risquait la torture en Algérie n’avait pas pu bénéficier de son droit de recours.
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La CEDH condamne la France pour l’expulsion d’un Algérien

L’homme qui risquait la torture en Algérie n’avait pas pu bénéficier de son droit de recours.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 11h38
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 11h39
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        


La France a fait l’objet jeudi 1er février d’une double condamnation par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) qui vient assombrir un tableau pourtant honorable. En 2017 en effet, la cour de Strasbourg a condamné son pays hôte à six reprises, quand l’Allemagne était condamnée sept fois, l’Italie vingt-huit fois mais le Royaume-Uni seulement deux fois. Sans comparaison avec la Russie et ses 293 condamnations.
L’affaire jugée ici est cependant embarrassante. Il s’agit d’un ressortissant algérien, condamné en France pour association de malfaiteurs terroristes, qui a été expulsé vers l’Algérie dans des conditions contestables. Selon la CEDH, la France a violé l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme sur l’interdiction de la torture, en expulsant le 20 février 2015 cet homme alors âgé de 39 ans vers un pays où sont signalés des « cas de torture et d’autres mauvais traitements dans des lieux de détention, en particulier dans le cadre de la lutte contre le terrorisme ». Les juges de Strasbourg notent que le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture n’a obtenu d’Alger « aucune suite favorable à ses demandes de visite dont la première a été formulée en 1997 ».
De plus, la CEDH accuse les services français d’avoir organisé l’expulsion de façon à empêcher cet homme de faire valoir ses droits au regard de l’article bannissant la torture. La France est donc également condamnée pour avoir entravé ce droit au recours protégé par l’article 34 de la Convention.
Demande d’asile rejetée
Le déroulé des événements ne laisse guère de doute sur les intentions du ministère de l’intérieur, un mois après les attentats de Charlie et de l’Hyper Cacher. L’OFPRA avait rejeté le 17 février 2015 la demande d’asile de cet homme frappé d’une peine d’interdiction définitive du territoire français. La préfecture de Charente, la brigade de gendarmerie et les autorités algériennes ont été informées sans attendre de la décision pour préparer l’expulsion.
L’intéressé, lui, ne se voit notifier la décision que le 20 février à 9 h 20. Il saisit alors en urgence la CEDH qui demande immédiatement à la France de suspendre l’expulsion. Paris a argué avoir reçu la décision à 16 h 18 alors que l’avion avait décollé à 16 h 14… Cet homme qui avait été condamné en France à sept ans de prison ferme pour avoir projeté avec la « filière tchétchène » des attentats en France en 2001 et 2002 est aujourd’hui toujours en Algérie.
La cour de Strasbourg répète qu’elle ne remet pas en cause le droit des pays à expulser des ressortissants étrangers dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Mais sans violer pour autant les droits de l’homme.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Plusieurs bagarres ont opposé, jeudi, des Afghans et des Erythréens, après une distribution de repas. Le ministre de l’intérieur s’est rendu sur place.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Une rixe entre migrants afghans et africains a fait une vingtaine de blessés, jeudi, dont plusieurs par balles.
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Migrants : à Calais, une explosion de violence

Une rixe entre migrants afghans et africains a fait une vingtaine de blessés, jeudi, dont plusieurs par balles.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 10h41
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 14h28
    |

            Maryline Baumard








                        



Calais rime désormais avec chaos. La « ville frontière », où se massent quelque 800 exilés (500 à 600 selon la préfecture), a vécu, jeudi 1er février, un « degré de violence jamais connu », de l’aveu même du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, qui a passé la nuit sur place. « Je suis venu réaffirmer notre mobilisation face aux passeurs qui nourrissent quotidiennement violences et rixes », a ajouté le ministre, en visitant le commissariat, alors que la communauté migrante comptait une vingtaine de blessés dont plusieurs touchés par balle. Quatre d’entre eux étaient entre la vie et la mort vendredi matin.
De violents affrontements entre migrants afghans et africains ont éclaté en début d’après-midi jeudi sur un lieu voisin d’une distribution de nourriture opérée par les associations. Tout a commencé par les tirs à l’arme à feu d’un ressortissant afghan, précise l’AFP, qui y lit « la thèse de la présence de passeurs sur place ». Les blessures graves de cinq jeunes Erythréens ont entraîné la riposte des Africains en soirée sur le lieu principal de distribution de nourriture, à proximité de l’ancienne jungle. « Les jeunes Oromos sont arrivés avec des barres de fer et des bâtons », observait un associatif choqué par les scènes dont il a été témoin. La police recherchait vendredi matin un ressortissant afghan qui aurait été particulièrement impliqué dans la rixe initiale.
Exacerbation de la tension générale
Depuis la visite, le 16 janvier, du chef de l’Etat, la situation se détériore un peu plus chaque jour. Les déclarations d’Emmanuel Macron ont eu deux conséquences immédiates. D’abord, les organisations humanitaires ont noté un afflux important de migrants. « A Paris et ailleurs, les exilés ont entendu que le chef de l’Etat enchaînait sa visite à Calais avec une rencontre de Theresa May, la première ministre britannique, pour un sommet franco-britannique. Ils sont donc arrivés massivement ici pour bénéficier du regroupement familial et du passage des mineurs, objet de la négociation », observe un humanitaire qui s’était déjà inquiété la semaine passée du changement d’ambiance sur ce territoire où les équilibres entre différentes communautés sont très pré­caires, mais essentiels pour ­éviter les rixes.
L’autre effet immédiat du discours du chef de l’Etat a été une exacerbation de la tension générale. Après les chaleureuses félicitations adressées aux forces de l’ordre et l’annonce de l’octroi d’une prime aux policiers de ­Calais – alors que l’inspection des polices avait souligné comme « plausibles » en octobre 2017 des « manquements à la doctrine d’emploi de la force et à la déontologie policière » –, l’écrivain et chroniqueur Yann Moix a accusé Emmanuel Macron, dans les colonnes de Libération, d’avoir instauré à Calais un « protocole de la bavure ». Dans cette lettre ouverte au président, il affirmait avoir filmé des « actes de barbarie ». Le préfet avait dénoncé des « affirmations infamantes pour les forces de l’ordre », estimant que le réalisateur confond « violences policières » et « opérations de maintien de l’ordre ».

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                Méthodes policières à Calais : le préfet du Pas-de-Calais réplique à Yann Moix



Dans un contexte où police et gendarmerie sont mandatées pour éviter « tout point de fixation », la frontière entre les deux semble en effet poreuse. « Tous les matins, depuis quatre jours, les forces de l’ordre “désquattent” tout de A à Z », observe ainsi Jean-Claude Lenoir, le président de l’association Salam. Cela signifie qu’ils démantèlent tout semblant d’abri de fortune, confisquant du même coup les biens des migrants, au prétexte qu’ils sont abandonnés, puisque ces derniers fuient rapidement à l’arrivée d’un uniforme.
Plainte d’associations
Le Monde avait été témoin, le 6 décembre 2017, d’une de ces « opérations désquattage » durant laquelle les affaires personnelles d’un groupe de migrants réveillés par les forces de l’ordre avaient été jetées à la benne à ordures, et des associations ont porté plainte pour la destruction d’effets leur appartenant. Depuis, la préfecture a annoncé un dispositif de récupération des sacs, mais jeudi, les exilés devaient « présenter une pièce d’identité pour pouvoir le faire », comme a pu l’observer Vincent de Coninck, du Secours Catholique. En conséquence, « ils sont de plus en plus nombreux à enterrer leurs affaires personnelles, comme des animaux, pour éviter de se retrouver dans cette situation », déplorait jeudi l’humanitaire.
Les migrants qui tentent le passage en Grande-Bretagne refusent en effet le dispositif de mise à l’abri mis en place par l’Etat sous forme de deux centres d’accueil et d’examen des situations, ouverts après injonction du Conseil d’Etat en juillet 2017. Ces lieux se trouvent loin de Calais et l’examen des situations administratives qui aboutirait au renvoi d’une très large part d’entre eux vers un autre pays européen, au nom de l’application des accords de ­Dublin, les dissuade d’y aller.

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                Migrants : la charge de Macron à Calais contre les associations



Dans ce contexte, rendu plus difficile encore par le froid et la pluie, la population migrante de Calais a atteint un épuisement total qui « redonne du pouvoir aux passeurs », note M. Lenoir, « puisque les jeunes migrants veulent fuir à tout prix » ce lieu invivable. Fort d’une connaissance historique du lieu, cet ancien enseignant estime que l’Etat se fourvoie et rappelle que des politiques purement répressives, « ont déjà été tentées par d’autres gouvernements depuis vingt ans, mais ont toujours fait la preuve de leur échec ».
Le milieu associatif calaisien s’inquiète globalement que la seule réponse apportée au problème soit une nouvelle fois l’augmentation du nombre de forces de l’ordre affectées au lieu etdéjà supérieur au nombre de migrants. Rebondissant sur la promesse de M. Macron le 16 janvier, Gérard Collomb a indiqué vendredi : « Dans les quinze prochains jours, nous serons capables de prendre en charge la distribution des repas. » Ila par ailleurs « fait appel au bon sens des associations : il ne peut y avoir d’organisation sauvage ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Le syndicat IG Metall réclame une hausse des salaires de 8 % sur vingt-sept mois pour 3,9 millions d’ouvriers et menace de prolonger le mouvement social.
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Troisième journée de grèves dans l’industrie allemande

Le syndicat IG Metall réclame une hausse des salaires de 8 % sur vingt-sept mois pour 3,9 millions d’ouvriers et menace de prolonger le mouvement social.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 09h45
   





                        


Les salariés de l’industrie ont entamé, vendredi 2 février, une troisième grève de vingt-quatre heures en Allemagne, dans de grandes entreprises comme Mercedes-Benz et Porsche ou chez le constructeur aéronautique Airbus, à l’appui de revendications portant sur les salaires et la durée du temps de travail. Ces débrayages, qui doivent prendre fin vendredi soir, sont les dernières grèves d’avertissement lancées par le puissant syndicat IG Metall avant un vote sur une prolongation du mouvement social.
Invoquant la robuste croissance économique actuelle en Allemagne et le taux de chômage remarquablement bas, IG Metall réclame une hausse des salaires de 8 % sur vingt-sept mois pour 3,9 millions d’ouvriers. Le syndicat demande aussi à ce que les ouvriers puissent réduire leur temps de travail hebdomadaire de 35 à 28 heures s’ils ont à s’occuper d’enfants, de personnes âgées ou de parents malades, et reprendre à plein temps au bout de deux ans.
Il s’agit de la première offensive de taille d’IG Metall sur le temps de travail depuis les sept semaines de grèves de 1984, qui avaient contribué à une réduction de la durée hebdomadaire de travail de 40 à 35 heures.

        Lire aussi :
         

                En Allemagne, le syndicat IG Metall appelle à la grève pour les 28 heures de travail



Première grève d’avertissement chez Volkswagen
Le patronat a proposé une hausse de 6,8 % des salaires mais rejette les revendications sur la baisse du temps de travail tant que les salariés n’accepteront pas aussi de pouvoir travailler plus lorsque ce sera nécessaire.

        Lire aussi :
         

                Pourquoi la question de la réduction du temps de travail ressurgit en Allemagne



Près de 200 000 salariés de plus de cent entreprises, dont le constructeur de machines et véhicules industriels MAN et le constructeur automobile Ford, ont observé des grèves tournantes de 24 heures mercredi et jeudi, selon IG Metall. Vendredi en fin de journée, le nombre d’entreprises touchées devrait passer à 260.
Dans un autre conflit social, IG Metall a menacé de paralyser la production automobile du constructeur Volkswagen si la direction continue de s’opposer à des hausses de salaires conséquentes. Plus de 20 000 ouvriers de l’usine de Wolfsburg ont débrayé pendant deux heures, jeudi, ce qui était la première grève d’avertissement chez VW depuis 2004.



                            


                        

                        

