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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ A quelques jours de la visite d’Emmanuel Macron dans l’île, les nationalistes entendent convaincre le président d’ouvrir le dialogue.
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A Ajaccio, plusieurs milliers de personnes manifestent à l’appel des nationalistes corses

A quelques jours de la visite d’Emmanuel Macron dans l’île, les nationalistes entendent convaincre le président d’ouvrir le dialogue.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 14h50
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 18h20
    |

            Patrick Roger








                        



   


A trois jours de la venue d’Emmanuel Macron en Corse pour marquer le 20e anniversaire de l’assassinat du préfet Erignac, les dirigeants nationalistes qui avaient appelé à une grande manifestation populaire à Ajaccio pour appuyer leurs revendications ont-ils réussi leur pari ? Pour Gilles Simeoni, le président du conseil exécutif de la collectivité unique, cela ne fait aucun doute.
« Nous avons conscience d’avoir vécu un moment historique, avec une manifestation sans précédent qui a regroupé entre 15 000 et 20 000 personnes », déclarait-il à l’issue de la manifestation qui s’est achevée vers 16 h 30 place du Diamant après avoir remonté le cours Napoléon, artère centrale de la ville. Une estimation un brin surestimée : selon notre propre comptage, de 7 000 à 8 000 personnes ont pris part au cortège (5 600 à 6 000 selon la préfecture).

La banderole de tête #Demucrazia est tenue par des jeunes Corses https://t.co/LB3ghINdS5— ptr4col (@Patrick Roger)


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                En Corse, une visite présidentielle pour raviver le dialogue



Si mobilisation, réelle, il y a eu, elle a cependant peiné à rassembler largement au-delà des franges nationalistes. La population corse, qui a largement accordé ses suffrages à la liste nationaliste conduite par M. Simeoni aux élections territoriales de décembre 2017, se montre sceptique à l’idée de recourir à la rue pour asseoir un rapport de forces. Dans les cafés d’Ajaccio, samedi matin, nombre d’interlocuteurs, tout en affichant leurs sympathies vis-à-vis de la majorité territoriale, faisaient part de leurs doutes sur les conditions de cet appel à manifester.
« Toute la Corse attend une prise de position de Macron »
D’où une impression de flottement dans les rangs d’un cortège qui, au-delà du mot d’ordre unitaire « #Demucrazia » (« Démocratie »), avait du mal à se trouver une dynamique mobilisatrice. Malgré les efforts des dirigeants nationalistes pour expliquer que la reconnaissance de la spécificité de la Corse dans la Constitution aurait des implications très concrètes. « Sur la fiscalité du patrimoine, si on ne débloque pas les choses au niveau constitutionnel, c’est clair qu’on va rentrer dans le droit commun et c’est la dépossession organisée des biens patrimoniaux », explique Jean-Guy Talamoni, le président de l’Assemblée de Corse. « Nous sommes dans une séquence politique extrêmement dense et qui peut conduire à des avancées fondamentales pour les années à venir », estime pour sa part M. Simeoni.

   


Pour que le dialogue avec le président de la République puisse s’engager véritablement, il va donc falloir que, de part et d’autre, s’opère une clarification. De ce point de vue, la résolution adoptée tard dans la nuit de vendredi à samedi à l’Assemblée de Corse, précisant les domaines dans lesquels la nouvelle collectivité unique entend élargir son action, peut constituer une base sérieuse. Celle-ci a été adoptée, au-delà de la majorité nationaliste, par les élus d’Andà per dumane, conduits par le maire de Bonifacio, le macroniste Jean-Charles Orsucci, chez qui le président de la République devrait effectuer une visite mardi après-midi.

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                Simeoni et Talamoni, un duo singulier soudé par la nécessité


« Le président de la République doit prendre la mesure de tous ces signes forts, insistait M. Simeoni à l’issue de la manifestation. Toute la Corse attend une prise de position d’Emmanuel Macron pour sortir par le haut de ces décennies de conflit. Il en a les moyens. » L’heure est venue, à présent, de se parler directement, sans effets de manche.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Celles-ci estiment que leurs arguments sur la cherté, la dangerosité, voire l’inutilité de certains chantiers se trouvent confortés dans le document remis à la ministre des transports, Elisabeth Borne.
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Projets d’infrastructure : le rapport Duron bien accueilli par les associations d’opposants

Celles-ci estiment que leurs arguments sur la cherté, la dangerosité, voire l’inutilité de certains chantiers se trouvent confortés dans le document remis à la ministre des transports, Elisabeth Borne.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 11h14
    |

            Rémi Barroux








                        



                                


                            

Elles veulent y voir comme une petite victoire. Les arguments des associations d’opposants à de nombreux projets d’infrastructure ferroviaire, autoroutière, etc. – nombre de ces chantiers sont onéreux, dangereux pour l’environnement, voire inutiles – se trouveraient, selon elles, confortés par le rapport sur les mobilités du quotidien, remis par Philippe Duron, le président du Conseil d’orientation des infrastructures (COI), jeudi 1er février, à la ministre des transports, Elisabeth Borne.
« La transition écologique, et notamment la réduction des émissions de gaz à effet de serre et des nuisances, n’est pas une option. Elle impose de repenser la mobilité et la hiérarchie des priorités d’investissement », prévient le COI.

Ce constat, renforcé par des contraintes budgétaires fortes et par les priorités données par Emmanuel Macron aux mobilités du quotidien, porte un coup rude à de nombreux dossiers : les lignes à grande vitesse du Sud-Ouest (Bordeaux-Dax, Bordeaux-Toulouse) ou certaines autoroutes, comme l’A45 prévue pour relier Saint-Etienne à Lyon.
L’un des dossiers emblématiques est le projet de tunnel pour la ligne Lyon-Turin, un projet international signé avec l’Italie et financé aussi à hauteur de 40 % par l’Europe. Si les rapporteurs préviennent qu’ils n’ont pas étudié certains grands projets « actés par ailleurs », comme ce tunnel international, ils remettent en question la réalisation des accès français au tunnel. « La démonstration n’a pas été faite de l’urgence d’engager ces aménagements, dont les caractéristiques socio-économiques apparaissent à ce stade clairement défavorables », estime le COI.
« Au milieu du gué »
Daniel Ibanez, porte-parole historique de l’opposition au Lyon-Turin, juge qu’il s’agit d’un succès… partiel. « C’est clair, cette infrastructure est une source de pertes et ne peut être déclarée d’utilité publique. Mais le rapport s’arrête au milieu du gué....




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Emmanuel Macron a renoncé à supprimer le sacro-saint classement de sortie de l’école pour une réforme que les observateurs jugent dérisoire.
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Le gouvernement instaure un détachement de deux ans des meilleurs énarques

Emmanuel Macron a renoncé à supprimer le sacro-saint classement de sortie de l’école pour une réforme que les observateurs jugent dérisoire.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 11h07
    |

                            Soazig Le Nevé








                        



                                


                            

Le classement de sortie de l’Ecole nationle d’administration (ENA) est sauf : l’affectation directe dans les grands corps des meilleurs élèves d’une promotion perdurera. Mais la quinzaine d’énarques sortis dans « la botte » et ayant choisi à ce titre de rejoindre l’Inspection générale des finances, le Conseil d’Etat ou la Cour des comptes, n’y passeront que deux années, avant de se voir affectés en fonction des « priorités gouvernementales », en administration centrale et dans l’administration territoriale. Une mise à disposition d’une durée de deux ans, précise au Monde l’entourage du premier ministre.
Esquissée par Emmanuel Macron le 22 janvier, la mesure a été actée lors du premier comité interministériel de la transformation publique, jeudi 1er février. Et aussitôt mise en œuvre : Edouard Philippe a précisé qu’il avait d’ores et déjà « sollicité les préfets de région et les ministres pour proposer une trentaine de fiches de poste qui permettront, par exemple dès septembre, à de jeunes hauts fonctionnaires d’accompagner en Guyane la réforme du RSA [revenu de solidarité active] qui s’engage sur ce territoire ou d’accompagner le déploiement de Parcoursup [la nouvelle plate-forme pour postuler en 1re année d’études supérieures] auprès des équipes du ministère de l’enseignement supérieur ».

Loin de constituer une révolution, cette initiative relève de « la mesurette technique », aux dires du politologue Luc Rouban, chercheur au Cevipof, le centre de recherches politiques de Sciences Po. « On garde le classement, on garde les grands corps, on garde la hiérarchie qui en résulte », résume-t-il. Une fois terminé le détachement, au bout de deux ans, « les grands corps pourront récupérer leurs ouailles. Cela ne change donc pas grand-chose, si ce n’est que le détachement pourra désormais intervenir aussi en début de carrière », analyse-t-il, alors qu’il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Le report à long terme de quelques grands chantiers provoque de vives réactions politiques locales.
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Les gagnants et les perdants des grands projets d’infrastructure de transport

Le report à long terme de quelques grands chantiers provoque de vives réactions politiques locales.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 10h46
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 14h45
    |

                            Manuel Armand (Clermont-Ferrand, correspondant) et 
                            Éric Béziat








                        



                                


                            

Au jeu du « qui-perd-qui-gagne un grand projet de transport dans sa région », le rapport du Conseil d’orientation des infrastructures (COI), également appelé « rapport Duron », du nom de son président, esquisse un paysage pour les vingt prochaines années.
Remis à la ministre des transports, Elisabeth Borne, jeudi 1er février, le document passe en revue plus de quarante projets, dont une demi-douzaine de lignes à grande vitesse (LGV) et une quinzaine de tronçons autoroutiers ou assimilés. Un travail ­considérable.

La méthode mise en place par Philippe Duron a consisté à proposer au gouvernement trois scénarios (à 48 milliards, 60 milliards et 80 milliards d’euros) et à repousser plus ou moins dans le temps les grands travaux, en les découpant, dans certains cas, en phases successives. 

« Ce type de pédagogie n’est pas simple à entendre par des élus qui aiment les annonces compactes et spectaculaires », relève Gilles Dansart, rédacteur en chef de la lettre spécialisée Mobilettre.

Reste que le rapport suggère de laisser sur la touche quelques grands projets, dont certains médiatisés du fait de l’opposition locale qui s’est cristallisée autour d’eux. C’est le cas de l’autoroute A45 entre Saint-Etienne et Lyon ou des voies d’accès au futur tunnel ferroviaire Lyon-Turin. Mais ce ne sont pas les seuls. Ces reports à un horizon tellement lointain qu’ils ressemblent à des abandons ont, sans surprise et sans tarder, fait réagir plusieurs élus locaux.


Laurent Wauquiez politise le débat
En Auvergne, par exemple, l’abandon du projet de ligne à grande ­vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL) provoque de la déception. « L’annonce ne constitue pas une surprise », note toutefois Olivier Bianchi, maire PS de Clermont-Ferrand et président de la communauté urbaine Clermont Auvergne Métropole.
Le projet POCL était en effet présenté comme...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Le président de LR affirme chaque jour un peu plus son commandement. Sans toutefois parvenir à lever les réticences.
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Laurent Wauquiez, une autorité qui s’affirme mais ne s’impose pas

Le président de LR affirme chaque jour un peu plus son commandement. Sans toutefois parvenir à lever les réticences.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 10h05
    |

            Olivier Faye








                        



                                


                            

Laurent Wauquiez est volontiers d’un bloc. Quand il s’oppose à Emmanuel Macron, le président du parti Les Républicains (LR) le fait sans ménagement. Quand il développe ses idées, ce n’est pas pour laisser couler un « filet d’eau tiède ». Et quand il prend en main une formation politique, il ne s’embarrasse pas de compromis tortueux pour rassembler à tout prix. « Je me suis fixé des lignes rouges : je ne cherche pas à retenir ceux qui veulent quitter notre famille politique », a assumé devant son conseil national, le 27 janvier, celui qui a pris la présidence de LR en décembre 2017.
L’expression « lignes rouges » a été empruntée à dessein à Alain Juppé, qui avait balisé des limites au-delà desquelles il déciderait de claquer la porte du parti. « Je ne laisserai aucune chapelle ni aucune écurie affaiblir à nouveau notre famille politique », a encore lancé M. Wauquiez devant ses troupes. Une manière de signifier que, sous son ère, le temps n’est plus aux sarkozystes, fillonistes, juppéistes ou encore lemairistes, mais bien à la seule autorité du chef et de sa direction. « Il y a une droite, une seule droite », affirme-t-il, et tout le monde comprend que le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes ne lui imagine qu’un seul patron.

Un côté « nettoyage »
Cette volonté d’imprimer son leadership s’est manifestée dans la manière qu’il a eue de composer les structures dirigeantes de LR. « Le bureau politique, prévenait son entourage, ce n’est pas une instance représentative. » Exit, donc, les revendications de ses anciens adversaires Florence Portelli et Maël de Calan, qui réclamaient un nombre de sièges proportionnel au score qu’ils avaient obtenu lors de l’élection à la présidence du parti.
Exit, aussi, les demandes de Valérie Pécresse, la présidente de la région Ile-de-France, qui n’est quasiment pas entourée au bureau politique. Exit, enfin, certaines voix critiques comme...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Le directeur de la Fondation Jean-Jaurès, Gilles Finchelstein, et le patron de la CFDT, Laurent Berger, veulent amender la future loi « Pacte ».
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« Ne nous laissons pas confisquer le débat sur l’entreprise par le patronat »

Le directeur de la Fondation Jean-Jaurès, Gilles Finchelstein, et le patron de la CFDT, Laurent Berger, veulent amender la future loi « Pacte ».



Le Monde
 |    03.02.2018 à 09h54
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 15h14
    |

            Audrey Tonnelier, 
Raphaëlle Besse Desmoulières et 
Elise Barthet








                        



                                


                            

La Fondation Jean-Jaurès, un cercle de réflexion social-démocrate, devait publier, samedi 3 février, un rapport sur les relations entre entreprises et citoyens. Alors que le gouvernement prépare son « plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises » (Pacte), ces travaux suggèrent de modifier le code civil pour élargir la définition de l’entreprise à ses obligations sociales et environnementales. Autre proposition : renforcer la place des administrateurs salariés dans les organes de gouvernance. Des positions également défendues par la CFDT et que détaillent son secrétaire général, Laurent Berger, et le directeur général de la Fondation Jean-Jaurès, Gilles Finchelstein.
Pourquoi publier ce rapport maintenant ?
Gilles Finchelstein : Le débat a été relancé par le président de la République lui-même en octobre 2017 [lors d’une interview sur TF1]. C’est un débat difficile parce que conflictuel. Il y a une opposition sourde d’une partie du patronat, plus enthousiaste pour modifier une large part du code du travail qu’un article du code civil. Une partie de la gauche, notamment la gauche radicale, continue, dans sa relation à l’entreprise, à osciller entre ce qu’étaient l’appropriation collective des moyens de production et la confrontation sociale. Il y a enfin une opposition d’une partie de la majorité elle-même pour qui, eu égard à son parcours, ces enjeux sont secondaires.
Laurent Berger : Un des impensés de la réforme du code du travail est cette question de la gouvernance et de la définition des entreprises. La concertation sur le projet de loi Pacte est l’occasion de reposer ces enjeux : il faut rééquilibrer le pouvoir entre travail et capital.

Ne craignez-vous pas une opposition frontale de la part du patronat ?
L. B. : Concernant la réécriture du code civil, il faut évidemment trouver une formulation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Editorial. Porteur d’une transformation de l’action publique, le gouvernement semble avoir déjà tout décidé avant même d’ouvrir le dialogue avec les syndicats.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤                     
                                                

Réforme de l’Etat : une parodie  de concertation

Editorial. Porteur d’une transformation de l’action publique, le gouvernement semble avoir déjà tout décidé avant même d’ouvrir le dialogue avec les syndicats.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 09h21
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 11h29
   





                        


Editorial du « Monde ». Olivier Dussopt va entreprendre de véritables travaux d’Hercule. L’ancien député socialiste, devenu secrétaire d’Etat de l’action et des comptes publics après avoir voté contre le budget 2018, sera en première ligne, sous la houlette du sarkozyste Gérald Darmanin, pour négocier avec les syndicats la réforme de l’Etat. Edouard Philippe a présenté, jeudi 1er février, à l’intention des 5,5 millions de fonctionnaires, le menu de cette transformation de l’action publique « sans totem ni tabou ». Tout y est : rénovation du statut, recours accru aux contractuels, rémunération au mérite, « profonde revue des missions et des dépenses » des administrations. Et, cerise sur le gâteau, mise en œuvre, comme dans les entreprises privées, d’un « plan de départs volontaires » dans le cadre de la réduction de 120 000 postes annoncée par Emmanuel Macron d’ici à 2022.
Quand il était ministre de l’économie, M. Macron avait déjà jeté un pavé dans la mare, en septembre 2015, en jugeant que le statut des fonctionnaires n’était « plus adapté ». Maurice Thorez avait été le père de la loi du 19 octobre 1946 instaurant ce statut. Mais l’œuvre de l’ancien ministre communiste n’a pas été gravée dans le marbre. Elle a été profondément rénovée par l’ordonnance du 4 février 1959. Et un autre ministre communiste, Anicet Le Pors, a, dans la loi du 13 juillet 1983, unifié les trois fonctions publiques – d’Etat, territoriale, hospitalière – et établi un nouveau « statut général de la fonction publique ». Loin d’être rigide, ce code a permis des souplesses, à commencer par le recours à des agents contractuels, aujourd’hui au nombre de 942 000, qui peuvent être de droit public ou de droit privé, avec des contrats à durée déterminée ou indéterminée.
Un langage que ne renierait pas le Medef
M. Macron veut aller plus loin et bousculer la fonction publique, quitte, selon les mots du premier ministre, à « heurter la sensibilité ou les équilibres ». Avec un langage que ne renierait pas le Medef, M. Dussopt veut des administrations « plus véloces, plus agiles et plus armées ». Imaginer un plan de départs volontaires revient à administrer un électrochoc à un patient qui n’est pas prêt à le supporter. Pour autant, une telle innovation n’est pas une hérésie. Mieux vaut un départ volontaire que contraint. Tout dépendra du contenu du dispositif qui sera négocié sur un an. Favorisera-t-il la mobilité entre les trois fonctions publiques ? Les agents désireux de se reconvertir dans le secteur privé pourront-ils passer par la case chômage ? Comment la prime de sortie sera-t-elle calculée ?
Là où le bât blesse, c’est que, à l’opposé de la méthode utilisée pour la formation, l’apprentissage ou l’assurance-chômage, et même la réforme du code du travail, le gouvernement semble avoir déjà tout décidé avant d’ouvrir la concertation. Pour les syndicats, c’est la double peine. On leur a imposé le gel du point d’indice, le retour du jour de carence et inventé une « indemnité compensatrice » à la hausse de la CSG qui nourrit leurs frustrations. Le dialogue social est au point mort. Au régime sec, les fonctionnaires se sentent mal-aimés. Les conflits récents (ou à venir) dans les prisons, les Ehpad ou les hôpitaux ont mis au jour des déficits d’effectifs. Le malaise est profond, alors que des élections professionnelles auront lieu en décembre. Réformer l’Etat est nécessaire. Encore aurait-il fallu au préalable un vrai débat sur le rôle et la place des services publics.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Analyse. Pour le responsable des pages Débats du « Monde » Nicolas Truong, par le biais de tribunes toujours plus nombreuses se dessinent des communautés de pensée et de nouvelles formes de vie.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le retour d’un intellectuel collectif

Analyse. Pour le responsable des pages Débats du « Monde » Nicolas Truong, par le biais de tribunes toujours plus nombreuses se dessinent des communautés de pensée et de nouvelles formes de vie.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 09h03
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 13h05
    |

Nicolas Truong







                        



                                


                            
Analyse. Il n’avait pas disparu, mais sa voix ne portait plus. Certes, sa stature apportait toujours une caution à une candidature, sa signature amplifiait l’audience d’une pétition, son prestige lui conférait une précieuse valeur ajoutée. Mais guère plus. Or, voici que l’intellectuel est de nouveau écouté. Sur un champ politique dévasté, il est une boussole recherchée. Dans un paysage idéologique en pleine recomposition, il tient même lieu d’opposition. Prophétique, médiatique, critique, spécifique ou collectif, il réapparaît sous toutes ses formes dans l’espace public. Puisque l’époque est au centrisme, avec une conciliation des contraires – le fameux « Et en même temps » – qui confine parfois au conformisme, l’intellectuel tranche et rompt avec l’unanimisme.

A l’image de Régis Debray et d’André Markowicz, rares écrivains à avoir mis les pieds dans le plat ou la plume dans la plaie lors des célébrations de Johnny Hallyday et de Jean d’Ormesson. Devant le concert de louanges, d’hommages et de numéros spéciaux consacrés au rockeur hexagonal, Régis Debray fut, en effet, l’un des rares à critiquer « l’institutionnalisation du show-biz » (Le Monde, 12 décembre 2017). Quant au traducteur et poète André Markowicz, il fut l’un des seuls à se demander ce qu’avait fait Jean d’Ormesson, mis à part avoir « bien écrit », pour qu’un hommage national lui soit rendu.
L’opposition est à la dérive
Puisque l’opposition est à la dérive, autant la faire vivre dans les tribunes et dans les livres. Exemple parmi tant d’autres, En quel temps vivons-nous ? (La Fabrique, 2017) où le philosophe Jacques Rancière critique le catastrophisme en vogue du côté des nouvelles radicalités, tout comme sa faculté à « voir dans toute situation l’effet de la domination mondiale du capital » qui est devenue sa commode « réponse à tout ».
L’intellectuel critique est celui qui lance quelques fausses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.
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Ehpad, Mathieu Gallet, affaire Daval : les infos à retenir de la semaine

Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 06h33
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                            Les Décodeurs








                        


Révocation du patron de Radio France par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), aveux de Jonathann Daval qui a reconnu avoir tué son épouse, mobilisation inédite dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) : retour sur les principales actualités des derniers jours.

   


Mathieu Gallet, écarté par le CSA
C’est une première dans l’histoire de l’audiovisuel public : le président de Radio France, Mathieu Gallet, a été démis de ses fonctions seize mois avant la fin de son mandat. Cette décision, prise mercredi 31 janvier par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), est consécutive à la condamnation en justice de M. Gallet à un an de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende pour des faits de favoritisme lors de son précédent mandat, à la tête de l’Institut national de l’audiovisuel (INA).
Le CSA doit désormais nommer un successeur, ce qui prendra au moins six mois. En attendant, c’est le doyen des administrateurs de Radio France nommés par le CSA qui devrait assurer l’intérim à la tête du groupe public. Jean-Luc Vergne, 69 ans, ancien directeur des ressources humaines de PSA Peugeot Citroën, pourrait donc être désigné s’il veut bien accepter cette mission.
> Lire : L’« affaire Gallet », des premières révélations sur l’INA à l’éviction de Radio France
Mobilisation inédite dans les Ehpad
Des membres du personnel des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) étaient en grève, mardi 30 janvier, pour réclamer davantage de moyens afin de s’occuper « dignement » des aînés, une mobilisation nationale inédite, dont l’ampleur est difficile à évaluer. La direction générale de la cohésion sociale a évoqué un taux de mobilisation (grévistes et personnels assignés inclus) de 31,8 %.
» Lire : Les maisons de retraite, « machines à broyer » du personnel soignant
Affaire Daval : retournement de situation
Ce qui était présenté jusqu’à maintenant comme un « meurtre de joggeuse », d’après la version du mari, apparaît désormais sous un tout autre jour. Mis en garde à vue lundi 29 janvier, Jonathann Daval a avoué, mardi, avoir tué son épouse, Alexia, le 27 octobre 2017 ; il a été mis en examen pour « meurtre sur conjoint ». Alors qu’il était suspecté juste après la découverte du corps de sa femme, il avait dissipé nombre de doutes en apparaissant effondré en tête d’une marche blanche à la mémoire de sa défunte épouse qui avait réuni plus de 8 000 personnes, le 5 novembre 2017.


        Lire aussi :
         

                Pourquoi sommes-nous fascinés par les faits divers ?



Des chiffres inédits sur les maternités de France
De 0,3 % à Besançon à 45 % à Limoges : des données inédites sur les maternités de France, obtenues par Le Monde, ont mis en relief des écarts importants sur les pratiques d’épisiotomie et d’autres actes (césarienne, péridurale) dans les établissements. Elles révèlent également un changement dans les pratiques et les perceptions sur la médicalisation de l’accouchement.
> Comparez les maternités : Taux de césariennes, d’épisiotomies… : comparez les maternités près de chez vous
Et aussi
Justice. L’islamologue Tariq Ramadan, accusé de viols, a été mis en examen et placé en détention.Migrants. Plusieurs violentes bagarres ont opposé des Afghans et des Erythréens jeudi à Calais (Pas-de-Calais), faisant au moins 21 blessés.Logement. La Fondation Abbé-Pierre tire la sonnette d’alarme sur le mal-logement en France.Armées. Cinq militaires sont morts, vendredi, après que deux hélicoptères se sont percutés dans le Var lors d’un entraînement.Justice. Au procès de Jawad Bendaoud, la cité, la coke, la prison.Pollution de l’air. La France et les Etats cancres convoqués à Bruxelles.Economie. La croissance française en hausse en 2017, à 1,9 %.
Défense. La France va adapter son « secret-défense » pour mieux échanger avec ses alliés.Economie. L’Insee va intégrer le trafic de drogue dans son calcul du produit intérieur brut.Monkeygate. Des constructeurs automobiles allemands accusés de tests sur des humains et des singes pour mesurer les effets du diesel.Economie. Suisse et Etats-Unis en tête d’un classement sur les paradis fiscaux.Etats-Unis. Lors de son premier discours sur l’état de l’Union, Donald Trump s’est de nouveau essayé à l’unité.Afghanistan. L’Etat impuissant après une nouvelle attaque à Kaboul revendiquée par l’organisation Etat islamique).Espace. Revivez l’éclipse totale de la Lune.
Disparitions
Pierre Godé, vice-président du groupe de luxe LVMH, est mort vendredi à l’âge de 73 ans.Edouard Ferrand, député européen du Front national, est mort jeudi 1er février des suites d’une longue maladie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Ce sociologue de la vie intellectuelle estime que l’onde de choc de l’élection d’Emmanuel Macron explique l’actuelle recomposition idéologique dont les médias sont les vecteurs.
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Laurent Jeanpierre : « L’intellectuel ne retrouvera pas seul sa gloire passée »

Ce sociologue de la vie intellectuelle estime que l’onde de choc de l’élection d’Emmanuel Macron explique l’actuelle recomposition idéologique dont les médias sont les vecteurs.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 06h30
    |

Nicolas Truong







                        



                                


                            
Professeur au département de science politique de l’université Paris-VIII - Vincennes - Saint-Denis, Laurent Jeanpierre est membre du Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris (CNRS- Paris-VIII - Paris-X). Codirectreur avec Christophe Charle de La Vie intellectuelle en France (Seuil, 2016), Laurent Jeanpierre fait une analyse critique de la mobilisation des intellectuels dans l’espace médiatique.
La bataille des tribunes et la soudaine visibilité de la prise de parole des intellectuels sont-elles le signe du regain de l’intervention du penseur « engagé » dans la cité, ou bien celui d’un espace vacant laissé par un champ politique bouleversé ?
Au-delà des effets de conjoncture et d’actualité qui permettraient certainement d’expliquer les prises de parole que vous mentionnez, il faut se demander si l’espace public n’enregistre pas à son tour, depuis quelques mois, les effets de l’élection présidentielle. Par son caractère complètement inattendu il y a encore une année, par la nouveauté au moins apparente qu’elle représente dans le cadre des structures partisanes de la Ve République, qu’elle vient bousculer, l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République entraîne une onde de choc : des recompositions qui dépassent largement la haute administration et le monde politique, et gagnent l’espace public.
« La période actuelle est marquée par des transformations et des réalignements idéologiques aussi intenses qu’incertains »
Cela est sans doute vrai après chaque compétition électorale de ce type, mais l’effet est aujourd’hui amplifié à cause de l’improbabilité du résultat et de l’émergence de nouvelles organisations politiques. La période actuelle est donc marquée par des transformations et des réalignements idéologiques aussi intenses qu’incertains. Les médias et le journalisme, indépendants ou pas, en sont les premiers vecteurs. La place et la visibilité accordées aux professions intellectuelles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Dans un payssage politique bouleversé, où droite et gauche entament à peine leur reconstruction, les interpellations les plus vigoureuses adressées au chef de l’Etat semblent venir de la société civile.
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Article sélectionné dans La Matinale du 02/02/2018
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Emmanuel Macron face à la guerre des tribunes

Dans un payssage politique bouleversé, où droite et gauche entament à peine leur reconstruction, les interpellations les plus vigoureuses adressées au chef de l’Etat semblent venir de la société civile.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 06h27
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 10h45
    |

            Bastien Bonnefous, 
Solenn de Royer et 
Nicolas Truong








                        



                                


                            
Une pluie de tribunes s’est abattue sur Emmanuel Macron et son gouvernement. A tel point que l’on pourrait croire que certains intellectuels sont devenus ses principaux opposants. Et que les débats « impriment » davantage dans les médias qu’au Parlement.
C’est à propos du sort réservé aux réfugiés que le déluge a commencé. Le 11 janvier, dans un numéro de L’Obs, sur la couverture duquel le chef de l’Etat apparaît derrière un chapelet de barbelés, l’écrivain Jean-Marie Gustave Le Clézio dénonce « un déni d’humanité insupportable » dans la volonté du président de vouloir « faire le tri » entre migrants économiques et réfugiés politiques, alors que l’historien Patrick Boucheron s’en prend à l’actuel gouvernement, « qui n’a jamais été aussi loin dans le mépris des droits humains lorsqu’il refuse de porter secours à ceux qui souffrent tout en s’en prenant à ceux qui leur viennent en aide ».
Le 17 janvier, alors que le président est en visite à Calais (Pas-de-Calais), une tribune publiée par Le Monde lui reproche de mener une politique migratoire qui « contredit l’humanisme » qu’il prône officiellement. L’embardée fait mouche car elle est menée par quelques-uns des plus proches partisans et artisans de la campagne victorieuse d’Emmanuel Macron, tels que l’économiste Jean Pisani-Ferry et l’essayiste Thierry Pech. Quelques jours plus tard, c’est au tour de l’écrivain Yann Moix d’accuser le chef de l’Etat d’avoir instauré à Calais un « protocole de la bavure » (Libération, 21 janvier).
Parallèlement, l’immense audience nationale et mondiale rencontrée par la tribune dite des « cent femmes » contre le « puritanisme » et le « révisionnisme » culturel imputés à la dérive, selon elles, du mouvement #metoo donne le ton et le mode d’adresse à l’opinion.
Vide oppositionnel
Les tribunes et les débats s’enchaînent et bousculent le gouvernement. Le 16 janvier, la sociologue...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la conseillère Agathe Cagé rappelle qu’en matière d’éducation que d’économie, des intellectuels ont fait des propositions concrètes et peu contestables. Mais, dans le meilleur des cas, il a fallu dix ans pour qu’elles voient le jour.
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Agathe Cagé : « L’idylle entre intellectuels et politiques est moins que jamais d’actualité »

Dans une tribune au « Monde », la conseillère Agathe Cagé rappelle qu’en matière d’éducation que d’économie, des intellectuels ont fait des propositions concrètes et peu contestables. Mais, dans le meilleur des cas, il a fallu dix ans pour qu’elles voient le jour.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 06h15
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Agathe Cagé (Docteure en sciences politiques)







                        



                                


                            
Tribune. La France, championne du monde de la rapidité ? Certainement pas dans le domaine de la mise en pratique politique des bonnes idées. L’action publique française se construit le plus souvent en laissant à distance l’apport potentiel énorme que constitue la recherche en sciences humaines et sociales. Quelques intellectuels vivant de leur exposition médiatique mis à part, cela fait bien longtemps que les universitaires ne courent plus les dîners donnés sous les ors de la République, ministre(s) ou pas à table. Et il est de bon ton pour la plupart de nos hommes politiques, dans ledit « nouveau monde » comme dans l’ancien, d’exprimer leur distance avec les chercheurs.
Situation paradoxale alors que les oppositions doivent affronter le défi de leur reconstruction idéologique
Si idylle il y a eu en France entre intellectuels et politiques, elle est moins que jamais d’actualité. Situation paradoxale alors que les oppositions de droite comme de gauche doivent, depuis mai dernier, affronter le défi de leur reconstruction idéologique avant de pouvoir espérer de futures victoires électorales, et que le gouvernement a fait d’un ministre de l’éducation, grand chantre des neurosciences, sa principale figure médiatique. Mais la France n’est pas à un paradoxe près. Au prix toutefois ici d’importants rendez-vous de progrès économiques et sociaux manqués.
On pourrait croire l’éducation de nos enfants, au regard de son importance fondamentale, préservée de tant d’inconstances. Il n’en est rien. Afin de favoriser la méritocratie scolaire partout sur le territoire, l’historien Patrick Weil a proposé dès avril 2005, dans l’ouvrage La République et sa diversité, l’idée d’un droit d’accès aux classes préparatoires, aux grandes écoles et aux établissements sélectifs pour les meilleurs élèves de chaque lycée, sur le modèle d’une initiative similaire mise en place avec succès au Texas.
Se lançant dans un lobbying intense, il a obtenu...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Brice couturier, journaliste et essayiste, estime qu’en « accusant » le président de la République de mener une politique migratoire qui déshonorerait le pays, l’écrivain Yann Moix confond le rôle de l’intellectuel et celui du politique.
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Brice Couturier : «  L’intellectuel parle au nom de la conviction, le politique agit en fonction de la responsabilité»

Dans une tribune au « Monde », Brice couturier, journaliste et essayiste, estime qu’en « accusant » le président de la République de mener une politique migratoire qui déshonorerait le pays, l’écrivain Yann Moix confond le rôle de l’intellectuel et celui du politique.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 08h17
    |

Brice Couturier (Journaliste et essayiste, auteur de "Macron, un président philosophe", éd. de l'Observatoire, 2017)







                        



                                


                            
Tribune. Dans une lettre ouverte publiée par Libération, Yann Moix interpelle notre président de la République à propos de l’attitude de la police envers les migrants, à Calais. Il le fait en usant de procédés rhétoriques manifestement empruntés au célèbre « J’accuse » d’Emile Zola. D’une part, en dénonçant, la complicité des plus hautes autorités de l’Etat dans ce qu’il considère comme un déni de justice qui déshonore notre pays. De l’autre, en mettant ces mêmes autorités au défi de porter plainte contre lui. Comme on sait, sa lettre valut à Zola une forte amende et une lourde peine de prison. Celle de Moix lui apporte l’approbation du « parti des médias » et de nombreuses invitations sur de prestigieux plateaux.
Emmanuel Macron n’est pas non plus Félix Faure. Celui-ci était un industriel de la tannerie, celui-là un authentique intellectuel, comme j’ai cherché à l’établir dans mon livre, Macron, un président philosophe. Sa formation personnelle en atteste, de même que le type de réflexion qu’il a déployée sur la situation historique que traverse notre pays. Or, c’est à l’intellectuel autant qu’au responsable politique que s’adresse Yann Moix. Mais comme l’a montré Max Weber, la mission du savant et celle du politique sont profondément distinctes. L’intellectuel parle au nom d’une éthique de la conviction. Le politique agit en fonction de l’éthique de la responsabilité. Le premier n’écoute que la voix intérieure de sa croyance. Le second se souvient d’avoir à rendre compte des conséquences prévisibles de ses actes.
Intégration des vagues d’immigration pas satisfaisantes
Une partie importante de nos intellectuels paraît convaincue que l’humanité devrait entrer dans une phase postnationale et qu’elle se porterait mieux si on abolissait les frontières des Etats. Certains semblent vouloir ajouter à la Déclaration des droits de l’homme un droit universel à l’installation en Europe....




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Diminution du nombre de fonctionnaires, rémunération au mérite…, tour d’horizon des pistes de réforme de la fonction publique présentées par le gouvernement.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤                     
                                                

Cinq questions à propos de la réforme de l’Etat voulue par le gouvernement

Diminution du nombre de fonctionnaires, rémunération au mérite…, tour d’horizon des pistes de réforme de la fonction publique présentées par le gouvernement.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 18h59
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 09h18
    |

            Benoît Floc'h








                        


Départs volontaires, davantage de contrats, rénovation du statut de fonctionnaire, rémunération au mérite… Le gouvernement a présenté, jeudi 1er février, ses pistes de réforme de la fonction publique. Tour d’horizon, en cinq questions, de ce plan à propos duquel le premier ministre, Edouard Philippe, a prévenu : « Nous n’avons aucun doute sur le fait que nous puissions heurter la sensibilité ou les équilibres auxquels certains se sont habitués. »
Pourquoi continuer à réduire le nombre de fonctionnaires ?
Pour contribuer à réduire la dépense publique. C’est l’argument avancé, depuis plusieurs années, par plusieurs gouvernements successifs. Alors que la France a laissé filer sa dette — elle atteint presque 100 % de la richesse produite (PIB) —, le niveau de la dépense publique est très élevé : 56 % du PIB, dont une grande part consacrée au traitement des agents publics.
L’organisme de réflexion France Stratégie, dans une étude publiée à la fin de décembre, a montré que la France, avec un taux de 90 emplois publics pour 1 000 habitants, se situe dans la moyenne haute. Selon les derniers chiffres officiels, de 2014, la France compte 5,5 millions de fonctionnaires.
De 2007 à 2012, la droite a réduit leur nombre de quelque 150 000 personnes. Le mouvement a été freiné par François Hollande. Vainqueur de l’élection présidentielle de 2017, Emmanuel Macron a annoncé qu’il voulait supprimer 120 000 emplois publics et baisser la part de la dépense publique dans le PIB de trois points d’ici à 2022.
A droite, on considère que « supprimer 120 000 emplois publics sur le quinquennat est bien trop peu pour alléger la dépense publique », comme l’a déclaré Eric Woerth, président (LR) de la commission des finances de l’Assemblée nationale, le 2 février. A gauche, on juge que c’est trop : « On a besoin de fonctionnaires. […] On ne peut pas gérer le service public comme une entreprise ! », a déclaré Patrick Kanner, président du groupe PS au Sénat, naguère ministre de François Hollande.
Quel statut le gouvernement veut-il pour la fonction publique ?
Le premier ministre considère qu’il faut « adapter le statut de la fonction publique », « l’assouplir », « faire en sorte qu’il puisse redevenir un cadre efficace pour l’action publique, pas une fin en soi ». « Il faut rendre nos administrations plus véloces, plus agiles et plus armées », a abondé le secrétaire d’Etat Olivier Dussopt, vendredi sur Franceinfo.
Le constat n’est pas unanime. Les syndicats sont attachés au statut général de la fonction publique. Les bases en furent posées en 1946. Mais le statut a souvent été retouché. Les dernières grandes lois furent adoptées de 1983 à 1986.
« Le statut des fonctionnaires n’est pas l’ensemble monolithique et figé que l’on nous dépeint trop souvent », souligne Arnaud Freyder, haut fonctionnaire, dans La Fonction publique (LGDJ, 2013). Conseiller de François Fillon entre 2009 et 2012, il considère que le statut est « un instrument de souplesse » qui « exprime un équilibre nécessaire entre des droits et des obligations particuliers, qui s’attachent inévitablement aux métiers publics ».
Dans l’esprit du gouvernement, assouplir le statut passera par la simplification des instances représentatives du personnel, le renforcement de l’évaluation des agents et du développement de leur rémunération au mérite. Il est aussi question d’accompagner la mobilité et de recourir plus fréquemment à des contrats.
Augmenter la place du contrat, pour quoi faire ?
« Les possibilités de recourir aux contrats seront largement étendues, a précisé le premier ministre, notamment pour les métiers qui ne relèvent pas d’une spécificité propre au service public. » Dans le domaine du numérique notamment. Le gouvernement souhaite permettre aux directeurs de recruter les meilleurs candidats, indépendamment de leur situation et pour une durée déterminée.
« Il faut admettre que les administrations ne sauraient fonctionner avec leurs seuls agents titulaires, considère Arnaud Freyder. Les processus de recrutement sont souvent longs, les fonctions concernées ne nécessitent pas toujours le recrutement d’un agent pour plus de quarante ans de carrière, et les administrations doivent pouvoir faire face à des besoins temporaires. »
La CGT, elle, estime qu’il y a déjà « trop de contrats ». Selon les derniers chiffres officiels, la part des agents publics recrutés sur contrat était de 17,3 % en 2014, soit 940 000 personnes. « On estime qu’en 1946, la proportion des non-titulaires s’élevait déjà à 36 % », selon Arnaud Freyder.
Comment le plan de départs volontaires sera-t-il mis en place ?
A ce stade, on ne le sait pas. Gérald Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics, a dit que ce plan serait « imaginé avec les agents publics » : « Il ne s’agit pas de faire un plan de départs volontaires pour tout le monde, bien évidemment. Il s’agit d’adapter nos services publics et de le faire avec et pour les agents publics. »
Ce sont les concertations avec les syndicats, qui s’engageront ce mois-ci et dureront toute l’année, qui permettront de fixer les modalités de l’opération, a dit le gouvernement.
Le risque de ces plans est de faire partir des agents qui n’auront aucun mal à trouver un poste dans le privé, ou des cadres, moins bien payés dans le public.
Olivier Dussopt a cherché à temporiser, le 2 février : « Là où il y aura des restructurations, des rapprochements, là où la numérisation, l’évolution des métiers, des technologies, nous amènent à constater qu’il y aurait des sureffectifs, on pourrait proposer aux agents publics concernés cette formule de départs volontaires, mais circonscrits. Ce ne sont pas des plans massifs. »
Comment les syndicats réagiront-ils ?
Mal. Les syndicats sont déjà sur les nerfs. Le contexte est tendu, qu’il s’agisse du mouvement social dans les maisons de retraite ou dans les prisons. Ils n’ont toujours pas digéré le gel du point d’indice et le rétablissement du jour de carence. Par ailleurs, les réponses apportées par le gouvernement à la journée de mobilisation du 10 octobre les ont déçus.
Les neuf confédérations de fonctionnaires se retrouveront le 6 février : CGT, FO et Solidaires veulent une nouvelle journée d’action à la fin de mars ou au début d’avril. La CFDT est plus prudente. Dans un entretien au Monde, Laurent Berger, son secrétaire général, dénonce « un gros problème de méthode », reprochant au gouvernement d’« annoncer une concertation sur toute l’année », mais « de donner dès à présent une partie des conclusions ».
« Il va falloir discuter, encore discuter, et trouver ensemble les points d’atterrissage », dit M. Dussopt, lucide.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ L’université d’hiver de la formation professionnelle s’est tenue du 31 janvier au 2 février. Cette quinzième édition aura été marquée par l’attentisme.
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Neuf cents acteurs de la formation réunis à Biarritz, unanimes sur le bien-fondé d’une réforme

L’université d’hiver de la formation professionnelle s’est tenue du 31 janvier au 2 février. Cette quinzième édition aura été marquée par l’attentisme.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 18h01
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 23h18
    |

                            Gaëlle Picut (Envoyée spéciale à Biarritz)








                        



                                


                            

Neuf cents acteurs de la formation professionnelle se sont réunis du 31 janvier au 2 février à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques) à l’occasion de la 15e université d’hiver de la formation professionnelle, organisée par Centre Inffo, une association sous la tutelle du ministère du travail. Etaient présents les partenaires sociaux, les OPCA [organismes paritaires collecteurs agréés, chargés de collecter les fonds de la formation professionnelle], Pôle emploi, l’Association pour l’emploi des cadres (APEC), les représentants des pouvoirs publics et les entreprises.
Un moment particulier pour ce secteur, puisque le gouvernement a enclenché une réforme de la formation professionnelle à l’automne 2017 et que les négociations avec les partenaires sociaux ont pris du retard. En marge des conférences et des ateliers, on sentait les professionnels dans l’attente et l’incertitude.
La ministre du travail, Muriel Pénicaud, a tenu à être présente à la fin de la première journée de cette université, où elle a justifié la nécessité de réformer. « La connaissance et les compétences sont des armes de paix », indispensables pour répondre aux défis d’aujourd’hui et conserver le niveau de compétitivité de la France, a-t-elle déclaré.
Selon elle, la formation qui permet d’augmenter les compétences constitue l’un des principaux leviers contre le chômage de masse. Pour souligner l’urgence à légiférer, elle a rappelé que 50 % des métiers allaient être profondément impactés par la révolution numérique et l’automatisation. « L’investissement dans les compétences devient plus que jamais stratégique », a-t-elle martelé.

Estelle Sauvat, nommée en novembre 2017 haut-commissaire à la transformation des compétences, a présenté le Plan investissement en compétences (PIC), qui vise à former en cinq ans un million de demandeurs d’emploi et un million de jeunes décrocheurs. Mais elle est restée assez floue sur son financement (15 milliards d’euros...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Le secrétaire général de la CFDT reproche au gouvernement d’« annoncer une concertation sur toute l’année » mais « de donner déjà une partie des conclusions ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 02/02/2018
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Fonction publique : Laurent Berger (CFDT) dénonce un « gros problème de méthode »

Le secrétaire général de la CFDT reproche au gouvernement d’« annoncer une concertation sur toute l’année » mais « de donner déjà une partie des conclusions ».



Le Monde
 |    02.02.2018 à 17h40
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 10h22
    |

            Elise Barthet, 
Raphaëlle Besse Desmoulières et 
Audrey Tonnelier








                        



   


Plan de départs volontaires, davantage de contractuels, développement de la rémunération au mérite… Le gouvernement a présenté, jeudi 1er février, ses pistes de réforme de la fonction publique.

        Lire :
         

          Cinq questions à propos de la réforme de l’Etat voulue par le gouvernement



Dans un entretien au Monde, Laurent Berger, secrétaire général de la Confédération française démocratique du travail (CFDT), « demande des clarifications ».
Comment accueillez-vous les annonces ?
Ils y vont fort. La CFDT demande des clarifications. Il y a un gros problème de méthode : c’est très étonnant d’annoncer une concertation sur toute l’année 2018 et de donner dès à présent une partie des conclusions.
Dans les fonctions publiques, c’est aussi l’état du dialogue social et du corps social qui pose un vrai problème. C’est la démonstration que lorsqu’il n’y a pas de dialogue social, les agents n’ont aucune chance d’être écoutés. Je demande que le gouvernement rencontre très vite les organisations syndicales.
Quelles sont les mesures qui vous heurtent ?
Sur les traitements des agents de l’Etat, il faut dire quelle est la part de la rémunération collective et quelle est la part de l’individuel. Cela ne peut pas être un basculement, une décision qui entraînerait des disparités liées aux marges budgétaires des employeurs plus qu’en fonction de l’investissement au travail.
On nous parle du développement du contrat dans les fonctions publiques : ça veut dire quoi ? Pour qui ? Comment ? Tout cela mérite des éclaircissements, car il y a des craintes de profonds bouleversements pour les agents.
La CFDT n’est pas opposée à des évolutions, mais, encore une fois, il est urgent de dire clairement de quoi on parle.
Que pensez-vous de l’idée avancée par le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, d’un « plan de départs volontaires » ?
Le terme est totalement inapproprié. Nous n’avons pas de tabou à construire des dispositifs d’accompagnement à des évolutions professionnelles : formation, montée en compétences, mobilités, et pourquoi pas pour celles et ceux qui en auraient exprimé clairement le souhait, accompagner un départ. Mais sur la seule base du volontariat et de manière sécurisée.
Aujourd’hui, une indemnité de départ volontaire existe déjà. A peine quelques dizaines de fonctionnaires ont souhaité en bénéficier et on les comprend : les conditions sont risquées, d’autant qu’en plus les fonctionnaires ne cotisent pas à l’assurance-chômage et en sont donc exclus. Les freins au changement ne sont pas toujours du côté où on les croit.
Absence de coup de pouce au pouvoir d’achat, rétablissement du jour de carence, gel du point d’indice… Est-ce que les fonctionnaires sont les mal-aimés de ce gouvernement ?
Des gouvernements successifs. Le problème, c’est qu’on ne parle pas des missions du service public ni de ce que notre pays est prêt à investir pour avoir des politiques publiques de solidarité dignes de ce nom.

        Lire aussi :
         

                Jour de carence, CSG... neuf mois de désamour entre gouvernement et fonctionnaires



On n’écoute pas les fonctionnaires, on ne parle pas du travail réel. Toutes les dernières politiques publiques ont été conduites sous l’angle budgétaire.
Les agents de l’Etat souffrent parfois de conditions de travail très dures, mais surtout d’un sentiment de non-reconnaissance, qui est terrible. Etre considéré comme un coût en permanence donne un sentiment de mal-être.
Hurler au loup maintenant n’a aucun sens, mais la CFDT sera attentive et exigeante pour que l’action publique continue de reposer demain sur des agents publics reconnus et respectés.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ La démission de la vice-présidente du CSP et la création en parallèle d’un Conseil scientifique de l’éducation relance le débat autour de l’instance.
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Le rôle et la composition du Conseil supérieur des programmes en question

La démission de la vice-présidente du CSP et la création en parallèle d’un Conseil scientifique de l’éducation relance le débat autour de l’instance.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 16h43
    |

                            Mattea Battaglia








                        



                                


                            
Certains parlent d’un « changement de cap » au sein du Conseil supérieur des programmes (CSP). D’autres s’interrogent sur le rôle de l’instance, son devenir… Jeudi 1er février au soir, à l’issue d’une réunion jugée « conclusive » en interne, les membres du CSP ont semblé souffler. Pas de démission en cascade – en tout cas, pas ce jour-là –, après celle révélée, la veille dans Le Point, de Sylvie Plane, vice-présidente de ce conseil créé par la gauche, il y a bientôt cinq ans, pour tenter de rendre plus transparente la fabrique des programmes scolaires.

Des polémiques, le CSP en a connu – sur les programmes d’histoire ou la notion grammaticale de prédicat, pour n’en citer que quelques-unes. Des démissions également : ses deux premiers présidents ont claqué la porte, Alain Boissinot en juin 2014, Michel Lussault en novembre 2017. Les tensions internes ont aussi donné lieu à quelques départs retentissants – comme, à l’été 2015, celui de la députée (LR) Annie Genevard, partie en dénonçant, notamment, la « tutelle ministérielle » de Najat Vallaud-Belkacem et de son cabinet.
Emotion
Depuis, les protagonistes ont changé – à commencer par le locataire de la Rue de Grenelle et la majorité des membres du CSP –, mais l’épisode qui se joue aujourd’hui au sein de l’instance relance, dans le microcosme éducatif, les questions sur son indépendance, même si sa présidente fraîchement nommée, Souâd Ayada, dit « ne pas très bien les comprendre ». « Il faut préciser la raison pour laquelle Sylvie Plane a choisi de démissionner, explique-t-elle. Elle souhaitait retrouver sa liberté de chercheur et de citoyenne sur des points auxquels elle était attachée, la notion de prédicat en grammaire, par exemple. Je ne l’ai pas sommée de démissionner, elle a d’elle-même proposé sa démission. »
Pas sommée, certes, mais pas retenue non plus, murmure-t-on dans des cercles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Pour que les dirigeants prennent mieux en compte les risques sociaux et environnementaux, les professeurs de gestion Xavier Hollandts et Bertrand Valiorgue préconisent dans une tribune au « Monde » la nomination d’administrateurs chargés de répondre aux questions des acteurs extérieurs à l’entreprise.
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Pour un « comité des parties prenantes spécifiques » au sein des conseils d’administration

Pour que les dirigeants prennent mieux en compte les risques sociaux et environnementaux, les professeurs de gestion Xavier Hollandts et Bertrand Valiorgue préconisent dans une tribune au « Monde » la nomination d’administrateurs chargés de répondre aux questions des acteurs extérieurs à l’entreprise.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 16h30
    |

                            Bertrand Valiorgue (Université d’Auvergne,  Chaire Alter-Gouvernance) et 
                            Xavier Hollandts (KEDGE Business School, Chaire Alter-Gouvernance)








                        



                                


                            

Tribune. Un débat majeur vient de s’ouvrir en France sur la nature et la finalité de l’entreprise. Il oppose deux visions qui semblent irréconciliables.
D’un côté, les partisans d’une refonte de l’entreprise et de sa gouvernance qui appellent à une réécriture de l’article 1833 du code civil afin de pousser les entreprises à mieux prendre en considération les conséquences négatives de leur activité sur l’environnement et les parties prenantes.
Une nuance
De l’autre, les partisans d’un statu quo qui soulignent le risque important de déstabiliser les entreprises françaises en changeant le contenu de cet article.
Ces positions tranchées et les controverses qu’elles génèrent amènent à revenir sur le rôle du conseil d’administration et la notion même de gouvernance. Que font les administrateurs et quels intérêts doivent-ils servir ?
La mission principale des administrateurs est d’assurer le bon fonctionnement de la société qui constitue le support juridique de l’entreprise. Cela passe par un respect des règles du droit des sociétés, essentiellement contenu dans le code civil et le code du commerce. C’est également le conseil d’administration qui nomme et révoque les dirigeants et fixe leurs rémunérations.
Les administrateurs organisent le fonctionnement du conseil et s’investissent dans des comités spécialisés (comité des rémunérations, comité d’éthique, comité d’audit…). Il revient enfin aux administrateurs le soin d’organiser la communication d’informations fiables et sincères aux actionnaires et aux marchés financiers. En droit, la mission principale du conseil d’administration est de gouverner la société.
Face à ces principes juridiques clairs, les différents codes de gouvernance aussi bien français qu’étrangers ont introduit une nuance dont on mesure aujourd’hui les conséquences. Ces codes de gouvernance amènent le conseil d’administration à se prononcer sur les orientations stratégiques de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Le Parti communiste veut faire « converger » les luttes de terrain et créer des « fronts sociaux » face à Emmanuel Macron.
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Le PCF lance, en solitaire, ses Etats généraux du progrès social

Le Parti communiste veut faire « converger » les luttes de terrain et créer des « fronts sociaux » face à Emmanuel Macron.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 15h27
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 16h52
    |

            Abel Mestre








                        



   


Les ambitions étaient hautes. « Nous voulons nous reconstruire sur un projet ancré dans les mobilisations sociales. Nous visons une construction par le bas, avec des forces sociales et de gauche disponibles. » Lorsque Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a annoncé fin 2017 la tenue d’Etats généraux du progrès social, l’idée était de réunir tous les acteurs de gauche pour bâtir une opposition à Emmanuel Macron, ancrée dans les luttes avec le Parti communiste comme pivot. L’objectif du PCF est de rendre visible les luttes du quotidien, celles que l’on ne voit pas dans les médias, pour construire « des fronts de lutte », en proposant des initiatives communes à toutes les forces de gauche.

        Lire aussi :
         

                Congrès : le PCF ne sait à quelle stratégie se vouer



Deux mois après, alors que ces Etats généraux se tiennent samedi 3 février dans plusieurs villes de la petite couronne parisienne, le PCF apparaît solitaire dans sa démarche. En effet, les intervenants prévus sont dans leur très grande majorité des figures du parti, de la CGT et des compagnons de route. Ce qui tarit l’aspect unitaire de la démarche.
Le PS pas invité
« On a invité les partis politiques courant janvier. On les a relancés récemment, explique Igor Zamichiei, chef d’orchestre de l’événement. De toute façon, on les invitait à assister aux débats, pas à intervenir. On veut valoriser les mobilisations, les mettre en confrontation avec nos propositions. » Le PCF a envoyé des invitations à La France insoumise, Europe Ecologie-Les Verts, Génération.s et Ensemble. Mais pas au Parti socialiste, en raison de l’absence de premier secrétaire.
De la même manière, il n’y aura pas d’aréopage de confédérations syndicales. « On ne s’est pas adressé aux confédérations, mais aux syndicalistes locaux. On ne veut pas tirer la couverture à nous », continue M. Zamichiei.
Les Etats généraux du progrès social ont été organisés sous une forme décentralisée. Le matin les différents ateliers (travail et emploi ; industrie ; service public et protection sociale ; logement) se tiendront dans le 19e arrondissement de Paris, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), Malakoff (Hauts-de-Seine). Tous les ateliers convergeront l’après-midi vers Montreuil (Seine-Saint-Denis) où se tiendra la séance plénière, durant laquelle Pierre Laurent interviendra.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Le député chargé de gérer le budget annuel de l’Assemblée nationale déclarait dans la presse, en novembre, tabler sur 15 millions d’économies par an. Une annonce qui a surpris les parlementaires…
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Florian Bachelier, l’homme qui veut mettre les députés à la diète


                      Le député chargé de gérer le budget annuel de l’Assemblée nationale déclarait dans la presse, en novembre, tabler sur 15 millions d’économies par an. Une annonce qui a surpris les parlementaires…



Le Monde
 |    02.02.2018 à 14h53
    |

                            Laurent Telo








                              

                        

Il a un buste de Jean Monnet dans son bureau de député (d’Ille-et-Vilaine) et en même temps il adore Friedrich Nietzsche. Il est jeune, 38 ans, svelte et En marche !, bien coiffé-décoiffé, hardi, sagace, il possède l’étoffe des chevaliers du Nouveau Monde et en même temps il est disruptif, sûr de lui et de sa logique : « Il faut que l’Assemblée nationale se transforme profondément. Il faut rétablir le lien de confiance entre les citoyens et leurs représentants. Il y a urgence à respecter cette promesse. Je ne veux pas être responsable d’un scénario du pire et retrouver Marine Le Pen au second tour de la présidentielle. Les efforts qui sont demandés à tout le monde, on doit se les appliquer à nous-mêmes. »
En six mois, pour son premier mandat parlementaire, Florian Bachelier a fait tellement de publicité à sa fonction jusqu’ici sans grande postérité, premier questeur de l’Assemblée, qu’il donnerait presque l’impression de l’avoir inventée. Pourtant, la questure, composée de trois membres, est, depuis 1803, chargée de gérer les deniers – 550 millions d’euros de budget annuel – et l’administration intérieure de la Chambre haute. Le budget, l’immobilier, les ressources humaines, etc.
Du coworking au Palais-Bourbon
Et pour être – enfin – exemplaire, il a pensé à tout. Il veut faire 10 millions d’euros d’économie en 2018, puis 15 millions par an. Généraliser les tablettes numériques dans l’Hémicycle pour économiser 55 000 euros annuels de papier ; embaucher un directeur des achats pour rationaliser les dépenses sur la téléphonie, le ménage, les transports ; supprimer les avantages des anciens parlementaires, etc. Et aussi téléporter, enfin, l’AN dans ce fameux nouveau monde : casser des cloisons du Palais-Bourbon pour privilégier les espaces de coworking, installer Internet à tous les étages… La liste est longue car il a pensé à tout. Sauf à prévenir ses collègues du bureau de l’AN qu’il déballerait tout cela à la « une » et sur trois pages...



