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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. Philip Rosenthal nous fait découvrir les meilleures tables et cantines de rue aux quatre coins du monde (sur Netflix à la demande).
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TV – « Somebody Feed Phil »

Notre choix du soir. Philip Rosenthal nous fait découvrir les meilleures tables et cantines de rue aux quatre coins du monde (sur Netflix à la demande).



Le Monde
 |    03.02.2018 à 18h15
    |

            Renaud Machart








                        


Documentaire sur Netflix à la demande

Somebody Feed Phil (« Qu’on nourrisse Phil ! ») est la nouvelle série documentaire nord-américaine que Netflix vient d’ajouter à son catalogue culinaire assez fourni, connu ­notamment pour la série Chef’s Table, créée par David Gelb.
Mais autant cette dernière est chic et snob, avec ses séquences de cuisine d’avant-garde illustrées par les quatuors de Beethoven ou les Quatre Saisons de ­Vivaldi « recomposées » par Max Richter, autant Somebody Feed Phil est à la portée de tous les ­publics gastronomes.
Phil, c’est Philip Rosenthal. Un type sympathique, aux yeux bleus et ronds comme des billes, qui joue au globe-trotteur blagueur en proposant une destination par épisode : Bangkok, Saïgon, Tel-Aviv, Lisbonne, La Nouvelle-Orléans, Mexico.
Il n’est ni chef ni critique culinaire : ce gourmand invétéré n’est autre que le créateur, scénariste et producteur de la sitcom Everybody Loves Raymond (1996-2005). Usant des ressorts de la télé-réalité, Phil fait un commentaire face caméra d’un humour assez irrésistible – même si l’accumulation de bons mots peut finir par lasser.

   


L’un des moments les plus drôles de cette série est la conversation par Skype de Phil avec ses ­parents. L’humour juif (souvent revendiqué par le présentateur), dans son état premier, y est plus drôle encore, surtout quand le père rate sa blague sur le mur des Lamentations ou quand son épouse le réprimande. Et aussi quand celle-ci rappelle à Phil de bien nourrir son frère Richard, qui collabore à la série.
Double omelette au crabe
Accompagné de professionnels des métiers de bouche, Phil visite une ou deux grandes tables dans chacune des villes, dont les inévitables maisons avant-gardistes où l’on sert un charbon de légumes (Bangkok) ou une mayonnaise aux fourmis pulvérisées (Mexico). Mais c’est surtout la cuisine de rue, la « Street Food », qui l’intéresse.
On rencontrera ainsi un repris de justice qui, à Tel-Aviv, cuisine les plus incroyables chakchoukas ou, à Bangkok, la légendaire Jay Fai, dont la cantine de rue vient d’obtenir une étoile au guide Michelin. Spécialité de la dame ? Une double omelette – une couche fondante, une couche croustillante – à la chair de crabe, servie en cornet, qui vous donnera envie de prendre le premier vol pour Bangkok.
Somebody Feed Phil, de Philip Rosenthal (Etats-Unis, 6×55 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Si la mise en image de cette série de science-fiction est somptueuse, le scénario laisse de glace (sur Netflix à la demande).
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TV – « Altered Carbon », un blockbuster qui fait pschittt

Si la mise en image de cette série de science-fiction est somptueuse, le scénario laisse de glace (sur Netflix à la demande).



Le Monde
 |    03.02.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 18h34
    |

                            Martine Delahaye








                        


Sur Netflix à la demande

Adaptée du roman de science-fiction Carbone modifié (2002), du Britannique Richard Morgan, la ­série Altered Carbon aligne tous les critères à même de défier les blockbusters hollywoodiens les plus fameux. Un des budgets les plus importants de l’histoire des productions Netflix. Une recréation confiée à Laeta Kalogridis, qui a travaillé sur les films Terminator : Genisys et Avatar. Une réalisation du pilote due à Miguel Sapochnik, qui dirigea le célèbre épisode de Games of Thrones « Battle of the Bastards ».
On a même cru, au vu de ses premières images très stylées et de son côté « pot-pourri », à une série en forme de génial pastiche tissé d’humour noir. Mais pas de clin d’œil ici, pas d’humour, seulement de grossiers emprunts. Du cyberpunk et du space opera, du transhumanisme et du gore, des jeux du cirque et du sexe, du Jedi et du kung-fu, du militaire et du western, du sang et des seins : il y a du pop-corn plein le gobelet pour chacun selon son goût.
Univers galactique
Un beau gâchis, car tout a été pensé pour faire d’Altered Carbon un grandiose spectacle : la mise en images, le travail sur les décors, sur les lumières, la diversité des ambiances, certains combats (dont un de kung-fu en apesanteur). Encore eût-il fallu un scénario à la hauteur des ­images, avec des personnages qui nous embrasent et des enjeux qui empêchent l’ennui de pointer son nez.

   


Comment s’attacher aux personnages, en tant que spectateur, quand on sait que tout un chacun peut renaître, après sa mort, en se glissant dans une nouvelle enveloppe corporelle ? La science a en effet tant progressé, en cette fin des années 2300, que l’on peut dorénavant stocker et copier ses pensées et ses souvenirs dans une sorte de pile : une avancée qui permet de migrer de corps en corps tout en restant soi-même. On a beau voir un jeune héros se démener pour défier une planète inégalitaire, on a beau contempler l’univers galactique de la série, on a beau percevoir les thèmes contemporains que les scénaristes ont tenté de travailler, rien n’y fait : on ne peut s’empêcher de penser à l’histoire d’une grenouille qui voulait se faire aussi grosse qu’un bœuf.
Altered Carbon, saison 1, série créée par Laeta Kalogridis. Avec Joel Kinnaman (EU, 2018, 10 × 52 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Notre chroniqueur a encore frappé : après les vestiaires d’Oprah Winfrey et de David Guetta, Marc Beaugé scrute celui de la chanteuse qui a donné un concert à New York, le 1er février. Et forcément une leçon de style.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Le Syndicat national du spectacle musical et de variété et plusieurs producteurs ont porté plainte au pénal contre le site, accusé de revente illicite de billets de concert.
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Viagogo, l’application qui prend les internautes pour des... gogos

Le Syndicat national du spectacle musical et de variété et plusieurs producteurs ont porté plainte au pénal contre le site, accusé de revente illicite de billets de concert.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 12h15
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 12h15
    |

            Nicole Vulser








                        



   


Echapper aux arnaques des revendeurs de billets de ­concert et lutter contre un marché noir de plus en plus organisé : telle est l’ambition du Prodiss, le syndicat national du spectacle musical et de variété qui, aux côtés de plusieurs producteurs de spectacles, a annoncé, vendredi 2 février, avoir porté plainte au pénal contre Viagogo. Ils constatent sur ce site « de très nombreuses offres illicites de billets pour des ­concerts qu’ils produisent ».
Spéculation sur le prix des places revendues plus de dix fois leur valeur faciale, billets contrefaits, duplicatas d’un même billet revendu ad nauseam… En toute bonne foi, des acheteurs risquent d’être dupés et refoulés d’un concert.

        Lire aussi :
         

                La revente illicite des places de spectacle prospère



Selon le Prodiss, ces sites arrivent en première position sur les moteurs de recherche, sans que l’internaute parvienne à les différencier des sites officiels. Les fraudeurs utilisent des « botnets » pour aspirer en moins d’une minute des centaines de places dès leur mise en place sur le marché. Et les revendre bien plus cher…
« L’étau se resserre »
La loi de mars 2012 permet en France de lutter contre le marché noir en cas de revente « habituelle » des billets, mais pas de revente « occasionnelle ». Viagogo a déjà été attaqué plusieurs fois, par l’Opéra de Paris ou l’association des Vieilles Charrues, pour avoir revendu des billets à un prix supérieur à leur valeur faciale. Il a été condamné pour avoir vendu sans autorisation des places de concert des BB Brunes, de Lana Del Rey ou de Mylène Farmer.
« L’étau se resserre autour de Viagogo », observe le Prodiss. La législation s’est durcie en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis pour interdire les « botnets ». En 2017, 7,1 millions de dollars de dommages et intérêts (5,7 millions d’euros) ont été infligés par le procureur général de New York à quinze opérateurs impliqués dans la vente illégale de billets de concert.
Le Prodiss met en garde les amateurs de concerts contre d’autres sites comme Ticket Rocket, Live Booker, TicketSwap et Next Concert, tout en lançant son propre site www.fanpasgogo.fr. Le but ? Trouver les sites officiels, éviter les pièges et porter plainte en cas de problème…



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ La chanteuse américaine souffre de douleurs chroniques dues à une fibromyalgie.
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Lady Gaga annule ses dix derniers concerts en Europe, dont celui de Paris

La chanteuse américaine souffre de douleurs chroniques dues à une fibromyalgie.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 11h22
   





                        



   


La chanteuse américaine Lady Gaga a annulé, samedi 3 février, les dix derniers concerts de sa tournée européenne en mettant en avant des « douleurs aiguës ».
Dans un message posté sur Twitter, la chanteuse se dit « effondrée » et explique s’être rangée à l’avis des médecins.
« Mon équipe médicale souhaite que je récupère chez moi, a-t-elle déclaré. Je dois faire passer mon bien-être en premier. »

https://t.co/w5mTZsSb0X— ladygaga (@Lady Gaga)


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Parmi les concerts annulés, des dates étaient prévues à Paris, Londres, Berlin, Stockholm, Zurich et Copenhague, ainsi que Cologne (Allemagne) et Manchester (Royaume-Uni).
Lady Gaga, qui a été propulsée sur le devant de la scène musicale pop en 2008 avec le single Just Dance, a confié par le passé qu’elle souffrait de douleurs chroniques dues à une fibromyalgie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Le mouvement a investi le champ culturel, réveillant le débat sur la distinction entre l’homme et l’œuvre, comme le prouve la polémique autour de Woody Allen.
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#metoo : assiste-t-on à un retour de la censure dans l’art ?

Le mouvement a investi le champ culturel, réveillant le débat sur la distinction entre l’homme et l’œuvre, comme le prouve la polémique autour de Woody Allen.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 09h35
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 15h42
    |

            Faustine Vincent








                        



   


La vague #metoo pourrait emporter Woody Allen à son tour. Accusé d’agression sexuelle par sa fille, le réalisateur américain est lâché par ses actrices alors que son dernier film, Wonder Wheel, sort sur les écrans. La sortie de son prochain long-métrage, A Rainy Day, est également menacée d’annulation par son producteur, Amazon.

        Lire :
         

          Woody Allen dans la tourmente de #metoo



C’est la dernière répercussion en date de l’affaire Weinstein – le producteur américain accusé de viols et agressions sexuelles – sur la production culturelle. La première remonte à la mi-décembre : accusé de harcèlement sexuel, l’acteur Kevin Spacey est effacé en catastrophe du dernier film de Ridley Scott, Tout l’argent du monde, et remplacé au pied levé.
L’humoriste Louis C. K. et l’acteur Ed Westwick, accusés peu après, connaissent le même sort. Suit l’appel, aux Etats-Unis, à retirer un tableau de Balthus, perçu comme un éloge de la pédophilie, et celui, en France, à annuler la rétrospective de Roman Polanski à la Cinémathèque française.
« Vague purificatoire », « censure », « révisionnisme », protestent les signataires de la « tribune des cent femmes », dont Catherine Deneuve. Le débat est lancé. En quelques semaines, le mouvement #metoo, dénonçant les violences sexuelles et le sexisme, a investi le champ artistique.
« La raison est simple », explique Thomas Schlesser, historien de l’art et auteur de L’Art face à la censure :
« Le domaine de l’art est désormais perçu, à tort ou à raison, comme révélateur du degré de liberté d’une société et d’une époque. Dès lors qu’on sent l’art atteint et contraint, des inquiétudes s’expriment. »
Distinction de l’homme et de l’œuvre : deux camps s’affrontent
L’éviction des acteurs incriminés et la polémique autour de Woody Allen relancent un débat classique : la distinction entre l’homme et l’œuvre. Deux camps s’affrontent : d’un côté ceux qui considèrent qu’ils sont indissociables, de l’autre ceux qui déplorent la « confusion » entre les deux, comme l’écrivent les signataires de la « tribune des cent femmes ».
Cette différence de vues recoupe celle, culturelle, qui sépare les Etats-Unis de la France, attachée à cette distinction. « De même qu’une chose représentée n’est pas la chose elle-même, une œuvre d’art n’est pas son auteur, à moins qu’on ne souhaite collectivement en faire notre critère d’appréciation moderne », affirme ainsi Thomas Schlesser, également directeur de la Fondation Hartung Bergman, à Antibes.
Il met en garde contre le jugement d’une œuvre au prisme de la personnalité de son auteur, qui impliquerait que « nos musées soient modifiés de fond en comble » : 
« Pour information, Caravage était un criminel, et Degas un misanthrope exécrable. Dans cette perspective, quelle “police” décrétera qui a droit d’être exposé au Louvre ou non ? »
De l’autre côté de l’Atlantique, au contraire, la distinction entre l’homme et l’œuvre ne va pas de soi. « Cela ne veut pas dire pour autant que la France ne subit pas l’importation de normes américaines », observe Nathalie Heinich, sociologue de l’art au CNRS. Même dans l’Hexagone, cette distinction tend à s’amenuiser.
« Engager un acteur, c’est engager un personnage public »
Un phénomène dû « à la montée en puissance de la culture médiatique », avance Matthieu Letourneux, professeur de littérature et auteur de Fictions à la chaîne : littératures sérielles et culture médiatique (Seuil, 2017). « Engager un acteur, c’est engager un personnage public, une célébrité dont la vie privée est connue. L’image de l’acteur affecte donc l’œuvre ». Tout comme celle de Woody Allen affecte aujourd’hui ses films, comme le prouve la polémique.
Selon le professeur, les débats actuels témoignent d’une « rupture majeure en termes culturels » : la mise en cause de cette séparation entre homme et œuvre, mais aussi la transformation de la définition même d’une œuvre d’art et de son périmètre. « Depuis trente ans, on a vu un énorme élargissement de la notion d’œuvre d’art, qui a été étendue aux industries culturelles – séries télévisées, dessins animés, bande dessinée… Puisque tout devient art, la sacralité de l’œuvre est mise en cause, donc tout est plus facilement contestable », explique-t-il.
L’effacement des acteurs « renvoie à une culture stalinienne »
Le mouvement #metoo se traduit-il par un retour de la censure ? « Le terme est inapproprié », selon Nathalie Heinich. Dans le cas des acteurs « effacés », par exemple, la décision émanait des réalisateurs, et non d’une instance supérieure faisant autorité ou d’un Etat, ce qui justifierait qu’on évoque une censure. Il s’agit donc, éventuellement, d’autocensure.
Or, comme l’explique la chercheuse, les artistes s’y soumettent « en permanence, quel que soit le contexte, car ils savent qu’il y a des lois et qu’ils ne peuvent pas inciter à la haine raciale, la pédophilie ou encore l’antisémitisme ». La polémique ravive l’éternelle question de la liberté créatrice : un artiste peut-il tout dire, tout écrire ? En cas de doute, ce sont les juges qui tranchent.
Si l’effacement des acteurs dérange, c’est avant tout parce qu’il « renvoie à une culture stalinienne », affirme Nathalie Heinich. Les images truquées à l’époque de l’ancien dictateur soviétique, qui avait notamment fait effacer Trotski des photos officielles, sont restées en mémoire. « Il est troublant de voir que dans un pays prônant la liberté, on recourt à des manipulations expérimentées dans un régime totalitaire », poursuit-elle.
Mais cette appréciation divise. « Cela n’a rien à voir, objecte André Gunthert, maître de conférences en histoire visuelle à l’EHESS (Ecole des hautes études en sciences sociales). Dans un cas, il s’agit d’altérer l’histoire à des fins de propagande, et dans l’autre, de la modification d’une production culturelle. »
Modifications fréquentes
Ce type de modifications est « très fréquent dans l’industrie culturelle, y compris pour des œuvres d’art, selon le chercheur. Mais d’habitude, cela passe inaperçu ». Des acteurs de série sont régulièrement remplacés par d’autres pour incarner un même personnage.
A la Renaissance, les feuilles de vignes rajoutées aux statues grecques illustraient, elles aussi, ce phénomène d’adaptation
D’autres changements sont effectués en fonction du contexte dans lequel l’œuvre est montrée. Les exemples sont légion. Les Schtroumpfs noirs, publiés par Peyo en 1963 et décrivant des personnages violents et agressifs, sont ainsi devenus violets lors de la parution aux Etats-Unis, afin de ne pas donner lieu à des interprétations racistes. A la Renaissance, quelques siècles plus tôt, les feuilles de vignes rajoutées aux statues grecques antiques illustraient, elles aussi, ce phénomène d’adaptation culturelle.
Ce qui semble anodin dans certains contextes paraît insupportable dans d’autres. « L’histoire montre que nos valeurs évoluent énormément, dans un sens comme dans l’autre, alors qu’elles sont toujours perçues à l’instant T comme absolues, ou du moins difficiles à transgresser », analyse Nathalie Heinich, qui a étudié cette question dans son essai Des valeurs. Une approche sociologique (Gallimard).
C’est aussi ce qui s’exprime aujourd’hui lorsque des collectifs féministes réclament le retrait de certains tableaux, ou l’éviction d’acteurs accusés de violences sexuelles. Dans le cas de Kevin Spacey, « entre le début du tournage et la fin, le contexte a changé car la perception des violences faites aux femmes a évolué », analyse André Gunthert. D’où le choix de Ridley Scott, davantage guidé, selon lui, par un « calcul commercial » – afin d’éviter tout boycott – que par un « jugement moral ».
Le débat engagé à la faveur du mouvement #metoo revêt en tout cas un « avantage majeur », estime Thomas Schlesser, celui de « restituer aux œuvres contestées leur pouvoir dérangeant, alors que l’indifférence à leur égard est très majoritairement la norme ». Une performance en soi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Mohsin Hamid a commencé « Exit West » au début de la crise des réfugiés. La littérature jeunesse lui a donné les clés pour écrire ce roman d’exil et d’amour.
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édition abonné


Ecrire pour les jeunes sur les migrants

Mohsin Hamid a commencé « Exit West » au début de la crise des réfugiés. La littérature jeunesse lui a donné les clés pour écrire ce roman d’exil et d’amour.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 09h00
    |

            Raphaëlle Leyris








                        



                                


                            
Exit west, de Mohsid Hamid, traduit de l’anglais par Bernard Cohen, Grasset, « En lettres d’encre », 208 p., 19 €.

Le lendemain, il part pour Londres. Trois jours plus tôt, il était chez lui, ­à Lahore. Fin janvier, Mohsin Hamid passait une demi-semaine à Paris, pour défendre Exit West. Il s’agit du quatrième roman de cet écrivain pakistanais pas (encore) très connu en France, mais tenu pour une star de la littérature presque partout ailleurs – et ce, bien avant que ­Barack Obama ne déclare que cet ouvrage était l’une de ses lectures favorites de 2017.
Ecrivain pakistanais, disions-nous ? L’expression semble un brin réductrice pour cet homme né en 1971 qui possède aussi un passeport britannique et a vécu une dizaine d’années aux Etats-Unis, enfant (quand son père faisait sa thèse à l’université Stanford) et adulte (il a étudié la littérature à Princeton, avec Toni Morrison, et le droit à Harvard), avant de revenir au Pakistan en 2009, à la naissance de sa fille aînée. « Ecrivain pakistanais globalisé serait plus précis, et encore… s’amuse-t-il. Mettons : éternel étranger – c’est ainsi que je me sens partout, et ça me va. » A cette condition de « bâtard », Exit West doit beaucoup – à l’image de ses trois romans précédents (Partir en fumée, Stock, 2001, L’Intégriste malgré lui, Denoël, 2007, Comment s’en mettre plein les poches en Asie mutante, Grasset, 2014), mais de manière « plus directement évidente ».
« La grande question de l’humanité »
Ce livre d’exil et d’amour, ce roman de la perte, Mohsin ­Hamid a commencé à y penser en 2013, « alors que s’annonçait la crise des réfugiés et, avec elle, la montée de l’hostilité à l’égard des migrants ». Il poursuit : « Pour avoir été un migrant toute ma vie, je prends très mal le sentiment antimigrants. La nature de l’humanité est “diasporique”, vouée au mouvement,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ L’Américain, qui allait fêter ses 75 ans, était notamment connu pour un des morceaux les plus emblématiques des années 1970.
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Mort du chanteur Dennis Edwards, voix de « Papa Was a Rolling Stone », des Temptations

L’Américain, qui allait fêter ses 75 ans, était notamment connu pour un des morceaux les plus emblématiques des années 1970.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 08h08
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 10h41
   





                        



   


Le chanteur Dennis Edwards, qui a fait partie du groupe américain The Temptations durant plus d’une décennie et interprété notamment le tube Papa Was a Rolling Stone, est mort le 1er février, a annoncé à l’Agence France-Presse un membre de son encadrement, vendredi 2 février, sans donner de précision sur les causes du décès.
Dennis Edwards, qui se trouvait à Chicago et qui allait fêter ses 75 ans samedi, avait rejoint en 1968 les Temptations, l’un des groupes emblématiques lancés par le promoteur Berry Gordy et son label Motown, qui existaient depuis 1961 et avaient déjà connu une série de succès. Issu de la chorale et du gospel, le natif de l’Alabama remplaçait David Ruffin, qui avait propulsé le groupe au sommet avec notamment My Girl, dans un rôle de chanteur principal, avant son départ houleux.
Son arrivée aura correspondu à l’évolution du style des Temptations, moins marqué par le gospel et davantage par les musiques émergentes de l’époque, le funk notamment. Leur titre le plus emblématique de cette nouvelle époque restera Papa Was a Rolling Stone, morceau de sept minutes sur la version single et douze minutes pour la version intégrale.

Porté par des guitares, des cuivres, des violons et une ligne de basse obsédante, le titre se hissa au sommet des ventes de disques aux Etats-Unis en décembre 1972. Evoquant un père absent, le morceau témoignait également d’une évolution vers des textes plus en phase avec l’époque et les grands sujets sociaux.
Dennis Edwards quitta une première fois le groupe en 1977, pour tenter une carrière en solo, avant d’effectuer, plus tard, plusieurs autres passages au sein de la formation, le dernier de 1987 à 1989. Otis Williams, l’un des membres fondateurs des Temptations, s’est dit « très triste » d’apprendre la mort de « notre frère ». « Nous sommes conscients de son extraordinaire contribution à l’héritage des Temptations. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Cent ans après la mort du peintre viennois, il a fallu poser des bandeaux blancs sur les parties intimes de ses modèles pour afficher des reproductions de ses œuvres dans l’espace public.
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Les nus de d’Egon Schiele dérangent la pub

Cent ans après la mort du peintre viennois, il a fallu poser des bandeaux blancs sur les parties intimes de ses modèles pour afficher des reproductions de ses œuvres dans l’espace public.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 08h00
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Une œuvre créée il y a cent ans peut-elle choquer le ­public aujourd’hui ? Des peintures de corps nus ­exposées dans l’espace ­public sont-elles scandaleuses à une époque où la publicité, omniprésente, utilise les codes de la pornographie pour mieux vendre ? La réponse a été donnée à l’occasion de l’importante rétrospective ­qu’organise la capitale autrichienne, en 2018, sur les cent ans du modernisme viennois. En préparant sa campagne de communication, l’agence de tourisme de Vienne ne se doutait pas de la réaction qu’elle susciterait.
Elle avait choisi de mettre en avant des œuvres d’Egon Schiele (1890-1918), l’un des artistes emblématiques de cette ­période, dont une exposition anniversaire se tiendra de fin février à début ­novembre au Musée Leopold. Des peintures de nus représentant des corps fatigués et imparfaits, des parties génitales exhibées dans leur réalité la plus crue. Il y a cent ans, alors que l’Empire austro-hongrois vit ses dernières heures, ces œuvres sont déjà considérées comme une provocation. Et Egon Schiele paie son audace d’un séjour en prison, en 1912, pour outrage à la morale publique.
Sociétés privées
Quel serait l’accueil de ces images dans la rue d’aujourd’hui ? On ne le saura pas. Les reproductions des œuvres qui devaient servir d’affiches publicitaires, parmi lesquelles Homme assis nu (1910) et Fille aux bas orange (1914), n’ont finalement pas été vues dans leur intégralité. Frilosité des pouvoirs publics ? Que nenni. A Hambourg, Cologne et Londres, ce sont des sociétés privées d’affichage publicitaire mandatées par l’organisme viennois qui ont refusé de les diffuser à moins de les censurer. « Nous savions que ces images étaient provocatrices, qu’elles susciteraient des réactions. Notre objectif était de montrer qu’Egon Schiele n’a rien perdu de son avant-gardisme. Mais nous ne nous attendions pas à ce que nos affiches n’atteignent même pas la rue », ­raconte Claudia Wieland, de l’office...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Le conflit qui oppose le parti du président Michel Aoun au mouvement Amal, du président du Parlement, Nabih Berri ressemble à celui que filme Ziad Doueiri dans « L’Insulte », sorti mercredi en France.
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Au Liban, des hommes politiques chrétiens et chiites jouent un mauvais remake de « L’Insulte »

Le conflit qui oppose le parti du président Michel Aoun au mouvement Amal, du président du Parlement, Nabih Berri ressemble à celui que filme Ziad Doueiri dans « L’Insulte », sorti mercredi en France.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 06h34
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



                                


                            LETTRE DE BEYROUTH
La classe politique libanaise a un sens de l’à-propos remarquable. Quelques jours après que le film L’Insulte a été sélectionné pour représenter le pays du Cèdre à la 90e cérémonie des Oscars, une violente confrontation a éclaté entre deux partis rivaux, suivant un scénario étrangement identique à celui de ce long-métrage, sorti mercredi sur les écrans français.

Réalisé par Ziad Doueiri, L’Insulte raconte le bras de fer entre un garagiste chrétien et un contremaître palestinien, avec les traumatismes de la guerre civile en toile de fond. Née d’une simple invective, l’altercation entre les deux hommes dégénère en affrontements de rue, puis en une affaire d’Etat, emblématique d’un passé qui ne veut pas passer.
Or depuis le début de la semaine, comme en hommage au flair politique de Doueiri, le ministre libanais des affaires étrangères, Gebran Bassil, chef du Courant patriotique libre (CPL), une formation chrétienne, et le président du Parlement, Nabih Berri, patron du mouvement chiite Amal, interprètent leur propre version de L’Insulte. Une querelle d’ego qui menace d’embraser le pays, avec le même arrière-plan (les contentieux de la guerre civile), le même carburant (le réflexe de solidarité communautaire) et surtout, le même point de départ (une injure).

Coup de sang
Tout a commencé, dimanche 28 janvier. Au cours d’une réunion, dans son fief de Batroun, dans le nord du pays, Gebran Bassil s’emporte contre les efforts déployés par Nabih Berri pour torpiller une réunion de la diaspora libanaise, organisée par le ministère à Abidjan (Côte d’Ivoire). « C’est un baltaji », autrement dit un « voyou », lâche le leader chrétien.
Ce coup de sang survient alors que le président Michel Aoun, dont il est le gendre, et qui est le fondateur du CPL, bataille depuis plusieurs semaines avec Amal sur un dossier de promotion d’officiers. Le chef de l’Etat a accordé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose des programmes à voir ou à écouter en différé.
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Article sélectionné dans La Matinale du 02/02/2018
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De Rita Hayworth à l’électro africaine : nos idées de replays

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose des programmes à voir ou à écouter en différé.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 06h29
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 18h15
    |

            Renaud Machart








                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Un documentaire sur l’égérie hollywoodienne Rita Hayworth, un autre sur la révolution musicale à l’œuvre en Afrique et un reportage sur le lucratif business des mariages au Nigeria : voilà notre sélection hebdomadaire de replays.
Envoûtante Rita Hayworth

Plus qu’à sa carrière cinématographique, c’est à la vie, passablement malheureuse, de Rita Hayworth (1918-1987), qu’est consacré ce documentaire de 1990 – illustré hélas d’une épouvantable musique sur synthétiseur. Margarita Carmen Cansino était une enfant de la balle, travaillant très jeune sous la houlette de ses parents danseurs (père espagnol, mère américaine) dont les shows proposaient des espagnolades chorégraphiques. Elle débute sous le nom de Rita Cansino, mais ce patronyme sonnant trop « hispanique » et « exotique », son agent le lui fait changer en 1937, après quelques premiers films : naît alors la légendaire Rita Hayworth (le nom de jeune fille de sa mère).
Tous les témoins (Kim Novak, Glenn Ford, Jack Lemon, etc.) qui s’expriment dans ce documentaire émouvant insistent sur la gentillesse sans façon de cette femme qui, pourtant, deviendra une très grande vedette et l’égérie façon pin-up de tant d’hommes – et de soldats pendant la guerre. Elle se mariera cinq fois : cinq échecs.
Se réfugiant volontiers dans l’alcool, l’actrice sera diagnostiquée en 1980 comme souffrant de la maladie d’Alzheimer, à laquelle elle succombera sept ans plus tard, pas encore septuagénaire. Sa fille, la princesse Yasmin Aga Khan, qu’elle eut en 1949 avec le prince Ali Khan, raconte les dernières années cruelles et pénibles de sa mère. Le chorégraphe Hermes Pan rappelle une chose qui est peu sue : Rita Hayworth était la partenaire préférée de Fred Astaire, avec laquelle il tourna deux films. Renaud Machart
« Rita Hayworth : Dancing Into the Dream », d’Arthur Barron (Etats-Unis, 1990, 52 minutes) A la demande sur OCS Go.
« Fonko… » : Rythmes, époques et sons en fusion

La révolution musicale actuelle vient de là, du fond des ruelles sombres de plusieurs bidonvilles africains. A l’origine, un mix des styles traditionnels avec des rythmes et des sons électro urbains. Comme le montre le premier volet de la série documentaire Fonko, la révolution musicale africaine, la fusion des sons et des époques a donné naissance au kuduro et à l’azonto, deux styles qui inspirent des producteurs et des DJ américains tels que Diplo.
Le kuduro (« cul dur », en portugais) est né au milieu des années 1990 dans les bas-fonds de Luanda, la capitale angolaise. « Il vient des marginaux, des drogués et des moins-que-rien », explique la chanteuse Neneh Cherry, qui commente le documentaire. Le style subit un peu plus tard les influences de la house music et va faire le tour du monde en 2006 grâce au groupe Buraka Som Sistema, originaire de Buraka, une banlieue dure de Lisbonne dans laquelle vit une forte communauté africaine.
Le Ghana est le berceau de l’azonto. L’un des tubes de ce style musical est signé par Sister Deborah, sœur de Wanlov, célèbre chanteur local. Uncle Obama s’est propagé sur les réseaux sociaux jusqu’à être diffusé sur CNN en 2012, pendant un débat entre le président américain et Mitt Romney. Les paroles : « Uncle Obama, I like the size of your banana… » Pierre Lepidi
« Fonko, la révolution musicale africaine », de Lamin Daniel Jadama et Lars Lovén (Suède, 2014, 3 × 53 minutes). Sur Arte + 7.
Folie nuptiale au Nigeria

   


On connaît le Nigeria pour son pétrole. Moins sans doute pour ces fastueuses cérémonies de mariage dont on découvre dans « L’Effet papillon », le magazine de reportages de Canal+, qu’elles accueillent rarement moins de 400 invités.
Et pour l’intimité, on repassera : car de la demande en mariage jusqu’au jour « J », les futurs mariés partagent sur les réseaux sociaux tout le cheminement du plus beau jour de leur vie. Et c’est celui qui affichera le mariage le plus fou qui l’emportera. Pour cela, certains vont même jusqu’à offrir des voitures et de l’électroménager à leurs invités.
Afin de mieux comprendre le phénomène, la journaliste Nathalie Gros est allée à la rencontre de Nofeesat, jeune organisatrice de 24 ans dont elle suit les débuts à l’occasion du mariage d’Olamide et d’Anuoluwapo. Pour cet événement où sont conviés 1 600 invités, les tourtereaux ont prévu un budget de 80 000 euros, soit dix fois plus que le prix moyen d’un mariage en France. Ce business de plusieurs millions de dollars profite à l’ensemble de l’économie nigériane. Pour preuve, Taryor, tailleur de costumes à Lagos, a vu son activité prendre de l’ampleur, au point que les mariages représentent désormais 75 % de son chiffre d’affaires. Mathieu Ait Lachkar
« L’Effet papillon » : « Mariage à la nigériane », de Nathalie Gros (France, 2017, 23 minutes). Sur MyCanal.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Pour les cinq membres du groupe britannique, « le moment est venu d’étudier de nouvelles opportunités de faire des choses ensemble ».
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Les Spice Girls annoncent vouloir à nouveau travailler ensemble

Pour les cinq membres du groupe britannique, « le moment est venu d’étudier de nouvelles opportunités de faire des choses ensemble ».



Le Monde
 |    03.02.2018 à 06h07
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 11h41
   





                        



   


Les Spice Girls se sont réunies, vendredi 2 février, pour la première fois depuis 2012 et ont annoncé vouloir à nouveau travailler ensemble. Les cinq membres du groupe britannique – Victoria Beckham, Melanie Brown, Emma Bunton, Melanie Chisholm et Geri Horner – qui a connu le succès dans les années 1990, se sont réunies au nord de Londres, chez Geri Horner en présence de leur ancien manageur, Simon Fuller.

    Love u all so much!!! X Such a great day!! Thank u Simon! X VB Une publication partagée par  Victoria Beckham (@victoriabeckham) le 2 Févr. 2018 à 10 :49 PST 

Le groupe de pop créé par casting en 1994, et qui a connu un succès international dès son premier single Wannabe, a publié des photos de cette rencontre.
« Nous avons passé un après-midi merveilleux à rattraper le temps et à nous souvenir des moments extraordinaires passés ensemble », ont-elles déclaré dans un communiqué diffusé par leur agent.
« Nous sommes toujours dépassées par l’intérêt que suscite The Spice Girls à travers le monde entier », affirme le groupe d’interprètes féminines qui a vendu 85 millions d’albums à travers le monde, record de la catégorie.
« Le futur sera “spicy” »
Selon elles, « le moment est venu d’étudier de nouvelles opportunités de faire des choses ensemble ». « Nous sommes toutes d’accord pour dire qu’il y a encore beaucoup de possibilités excitantes correspondant à ce qu’étaient à l’origine les Spice Girls, tout en renforçant notre message d’émancipation féminine pour les générations futures », ont ajouté les ex-membres du groupe pop.
Emma Bunton promet que « le futur sera spicy [“épicé”] », alors que Geri Horner affirme que le girl power (le « pouvoir des femmes ») est « vivant et en bonne santé ».
Selon le quotidien britannique The Sun, elles ont des projets pour la télévision en Chine, des contrats publicitaires ainsi que des compilations de leurs plus grands succès.
Les cinq membres du groupe se sont séparées en 2000 avant de se réunir à nouveau le temps d’une tournée mondiale en 2007-2008, puis lors de la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Londres en 2012 ainsi qu’à l’occasion du lancement de la comédie musicale Viva Forever !. Un retour annoncé en 2016 avec Melanie Brown, Emma Bunton et Geri Horner ne s’est jamais concrétisé.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Le ministère a chargé l’équipe de Théâtre Ouvert de succéder à Valérie Baran sur cette « scène internationale francophone ».
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Francophonie : micmac au Tarmac

Le ministère a chargé l’équipe de Théâtre Ouvert de succéder à Valérie Baran sur cette « scène internationale francophone ».



Le Monde
 |    02.02.2018 à 19h06
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 19h32
    |

            Laurent Carpentier








                        



                                


                            

Voilà deux ans que le ministère cherchait une solution à la crise de logement de Théâtre Ouvert. Le fameux Centre national des dramaturgies contemporaines, lieu emblématique consacré aux « nouvelles écritures », avait en effet été mis à la porte de ses locaux de la Cité Véron, à Paris, par son propriétaire, le Moulin-Rouge. Le 31 janvier, la décision a enfin été prise d’accorder à sa directrice, Caroline Marcilhac, Le Tarmac, « scène internationale francophone », avenue Gambetta, à Paris. Alléluia.

Hélas, un problème chasse l’autre. Valérie Baran qui, depuis 2004, dirige cette institution, sonne l’alarme et se dit aujourd’hui « sacrifiée sur l’autel d’une politique gestionnaire de réduction des coûts ». Pour les équipes du Tarmac actuel, l’opération se résume en effet à une sortie de route, purement et simplement. « Jusqu’au 31 janvier, il y avait deux théâtres, Le Tarmac et Théâtre Ouvert ; aujourd’hui, objectivement l’un des deux disparaît », s’insurge un de ses membres.
Il est vrai que Valérie Baran – dont on dit en sourdine qu’elle entretient des relations difficiles avec Régine Hatchondo, la directrice générale de la création artistique au ministère, son autorité de tutelle – a beau jeu de souligner que la mission de « lieu emblématique de la création francophone », que, rue de Valois, on dit vouloir conserver, n’a jamais été une spécificité des équipes de Théâtre Ouvert, pourtant chargées « de donner un nouvel élan à l’établissement ».
Querelles de personnes
Caroline Marcilhac n’est en effet pas une spécialiste des réseaux scéniques de la sphère francophone, mais c’est une pragmatique. Formée à HEC, ex-directrice de production au Festival d’Avignon de 2003 à 2011, ex-codirectrice du festival international des arts et écritures contemporaines (Actoral) à Marseille, elle a quelques atouts dans son jeu, à commencer par la présidente de Théâtre Ouvert : Catherine Tasca, l’ancienne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Propriété de l’Etat, le château de Champs-sur-Marne fait l’objet, après sa réouverture au public en 2013, d’une riche monographie.
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Sélection livre : Champs, un château de l’aristocratie financière

Propriété de l’Etat, le château de Champs-sur-Marne fait l’objet, après sa réouverture au public en 2013, d’une riche monographie.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 18h26
    |

            Lucien Jedwab








                        


Les amateurs de demeures et de jardins historiques seront comblés par le beau livre consacré au château de Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne) par Renaud Serrette. Historien d’art, celui-ci a suivi, en 2013, la restauration et le remeublement de cette maison de plaisance exceptionnelle, qui a appartenu, depuis le XVIIIe siècle, à une succession de financiers. Dernière dynastie de banquiers à en être les propriétaires, les Cahen d’Anvers y ont fait d’importants aménagements intérieurs au tournant de la Belle Epoque. Et c’est Henri Duchêne, un paysagiste renommé, nous rappelle l’auteur, qui s’est vu confier le réagencement du parc et des jardins, à partir d’un canevas préexistant dû à un successeur de Le Nôtre. Les parterres de broderies, bassins, vasques et statues y cohabiteront harmonieusement avec les larges pelouses ou les prairies du « jardin anglais ». Un treillage spectaculaire, le « salon de Madame » – qui attend aujourd’hui sa restauration –, évoquera le Trianon. Cédé à l’Etat en 1935, le domaine sera ouvert au public jusqu’en 1962, avant que le château serve, sous de Gaulle, de résidence à… Bokassa, au chah d’Iran ou à Hassan II. Des tournages pour le cinéma y auront également lieu – notamment en raison d’une certaine similitude avec le palais de l’Elysée. Aujourd’hui, le parc et le château, qui a retrouvé tout son éclat, sont entièrement accessibles aux visiteurs.

   


Le Château de Champs, de Renaud Serrette, Editions du Patrimoine/Centre des monuments nationaux, 216 pages, 39 €.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Notre choix du soir. Une excursion dans la grande révolution musicale qu’a su engendrer la nouvelle génération africaine (sur Arte à 23 heures).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

TV – « Fonko, la révolution musicale africaine »

Notre choix du soir. Une excursion dans la grande révolution musicale qu’a su engendrer la nouvelle génération africaine (sur Arte à 23 heures).



Le Monde
 |    02.02.2018 à 17h45
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 17h51
    |

            Pierre Lepidi








                        


Documentaire sur Arte à 23 heures



La révolution musicale actuelle vient de là, du fond des ruelles sombres de plusieurs bidonvilles africains. A l’origine, un mix des styles traditionnels avec des rythmes et des sons électro urbains. Comme le montre le premier volet de la série documentaire Fonko, la révolution musicale africaine, la fusion des sons et des époques a notamment donné naissance au kuduro et à l’azonto, deux styles qui inspirent des producteurs et des DJ américains tels que Diplo, qui a notamment collaboré avec Beyoncé et Major Lazer. Ils rythment les clubs new-yorkais ou californiens sur des tonalités africaines.
Le kuduro (« cul dur », en portugais) est né au milieu des années 1990 dans les bas-fonds de Luanda, la capitale angolaise. « Il vient des marginaux, des drogués et des moins-que-rien, explique la chanteuse Neneh Cherry, qui commente le documentaire. Les gens avaient besoin de se défouler. » Ce style musical débridé est aussi perçu comme un moyen d’échapper à la délinquance dans un pays où les inégalités sociales sont béantes, et dont la capitale est ­considérée comme la ville la plus chère du monde à cause de milliers d’expatriés travaillant dans des compagnies pétrolières occidentales – l’or noir étant la principale ressource de l’Angola. « Ce style musical est surtout le résultat du manque de matériel causé par la guerre civile [qui a frappé le pays de 1975 à 2002], rappelle le chanteur Sebem, pionnier dans les années 1990. Aujourd’hui, même un fils de ministre chante du kuduro. »

   


Ce style subit un peu plus tard les influences de la house music. On l’appelle alors parfois afro-house. Il va faire le tour du monde en 2006 quand le groupe portugais Buraka Som Sistema, originaire de Buraka, une banlieue dure de Lisbonne dans laquelle vit une forte communauté africaine, sort son premier album : From Buraka to the World.
Le kuduro se fait le porte-parole des sans-voix, principalement dans les pays lusophones, du Mozambique au Cap-Vert en passant par le Brésil. Le message qu’il diffuse est souvent politique. Le documentaire, réalisé en 2014, explique la répression qui frappe les artistes angolais qui critiquent le régime autoritaire de José Eduardo dos Santos, au pouvoir depuis 1979, qui a cédé la main en septembre 2017 à Joao Lourenço. On peut regretter de ne pas connaître la perception des artistes angolais sur ce changement…
« Uncle Obama »
Le Ghana, pays anglophone d’Afrique de l’Ouest, a connu plusieurs alternances politiques et le pays est réputé pour sa stabilité. L’azonto, le deuxième style musical présenté dans le film, use de l’ironie, de la parodie. Il succède au highlife, ancêtre de l’afrobeat, qui a dominé la scène musicale ghanéenne durant le XXe siècle, à base de percussions et de chants, puis au hip-life, auquel on ajoute un soupçon de hip-hop.
Les textes sont parfois légers et drôles. L’un des tubes de l’azonto est signé Sister Deborah, sœur de Wanlov, un célèbre chanteur local. Uncle Obama était destiné au départ à un cercle amical, mais son clip s’est propagé sur les réseaux sociaux jusqu’à être diffusé sur CNN en 2012, pendant un débat entre le président américain et le républicain Mitt Romney. Les paroles : « Uncle Obama, I like the size of your banana… »
Fonko, la révolution musicale africaine, de Lamin Daniel Jadama et Lars Lovén (Suède, 2014, 3×53 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ L’artiste dublinoise présente à Paris ses toiles qui réactualisent la peinture du XVIIIe siècle.
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Sélection galerie : Genieve Figgis chez Almine Rech

L’artiste dublinoise présente à Paris ses toiles qui réactualisent la peinture du XVIIIe siècle.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 16h16
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 16h22
    |

                            Philippe Dagen








                        


La peinture française du XVIIIe siècle n’est pas réputée exercer une grande influence sur l’art actuel. On connaissait une ­exception, le Britannique Yinka Shonibare, ses vidéos et photos en costumes du temps de Hogarth. La Dublinoise Genieve Figgis en est une deuxième. Elle prend ses sujets dans Boucher et Fragonard, hasards de l’escarpolette et conversations galantes – ou plus. De ces tableaux langoureux, elle peint des versions si fluides que l’on dirait que les œuvres originelles sont en train de fondre ou de se dissoudre. Compositions, paysages et figures résistent à ce traitement, mais il emporte les détails. Il emporte aussi parfois les chairs, de sorte que les fêtes galantes tournent aux amours macabres. Les crânes sont à nu, alors que velours et soies résistent. Ses tableaux balancent ainsi ­entre le grotesque et le funèbre, le comique appuyé et le tragique. Ensor se glisse de temps en temps dans ces jeux de ­citations et de travestissements et sans doute aussi quelques plans du Barry Lyndon, de Stanley Kubrick. Cette peinture est moins simple et désinvolte qu’elle ne veut le paraître.

   


« Wish You Were Here », de Genieve Figgis. Galerie Almine Rech, 64, rue de Turenne, Paris 3e. Du mardi au samedi de 11 heures à 19 heures. Jusqu’au 24 février. alminerech.com



                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 02/02/2018
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Patrimoine mondial : à Angkor, le défi du tourisme de masse

Le site archéologique cambodgien devrait accueillir 10 millions de visiteurs en 2025, au risque de mettre en péril ce joyau, classé par l’Unesco il y a vingt-cinq ans.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 15h59
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 16h56
    |

            Florence Evin (Angkor (Cambodge), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Jeudi 14 décembre 2017, dans la nuit chaude et moite d’Angkor, le ­Cambodge fête les vingt-cinq ans de l’inscription au Patrimoine mondial de l’Unesco de l’ancienne capitale de l’Empire khmer (IXe-XVe siècle).
L’occasion de se réjouir du sauvetage de ses temples, aux danseuses célestes ciselées dans le grès, délivrées de l’étreinte de la jungle. Vingt-cinq ans de succès pour la restauration exemplaire du plus vaste site archéologique de la planète aux quatre cents kilomètres carrés – quatre fois Paris –, dont la densité monumentale n’a pas d’équivalent. Dans la forêt, seuls ses édifices de pierre et de brique ont survécu aux moussons et aux termites qui ont eu raison des maisons et palais de bois.

Pour Angkor, cet anniversaire est synonyme de nouveaux défis à relever : si elle ne veut pas être victime de son succès, la cité doit maîtriser au plus vite les flux touristiques qui se déversent sur son site. « Cinq millions de visiteurs ont été reçus en 2017, sept millions seraient attendus en 2020, dix millions en 2025 », prévient Sum Map, directeur général de l’Autorité pour la protection du site et l’aménagement de la région d’Angkor (Apsara), chargée du site archéologique.
Embouteillages et pollution
Aujourd’hui la cohue ternit la visite des trois temples phares – Angkor Vat, le Bayon et le Ta Prohm –, vers lesquels se précipitent, en rangs serrés, des groupes compacts, souvent mobilisés par leurs selfies. Non loin, des dizaines de monuments demeurent déserts.
On est ainsi seule à gravir les marches du Baphuon, la plus haute pyramide du site, restaurée par Pascal Royère, de l’Ecole française d’Extrême-Orient (EFEO) ; seule sous les ficus et autres géants de la jungle qui veillent sur le palais royal, juste derrière la terrasse des Eléphants, bondée, elle. Seule encore parmi les danseuses de grès du charmant Banteay Kdei.

Les 120 000 habitants des 112 villages, situés près des temples,...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Un milliard deux cents millions de touristes dans le monde, en 2016. Certains grands sites, classés Patrimoine mondial de l’Unesco, s’y sont préparés. D’autres non.
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De Venise au Machu Picchu, une « déferlante “low cost” » de touristes

Un milliard deux cents millions de touristes dans le monde, en 2016. Certains grands sites, classés Patrimoine mondial de l’Unesco, s’y sont préparés. D’autres non.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 15h56
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 15h06
    |

            Florence Evin








                        



                                


                            

Un milliard deux cents millions de touristes dans le monde, en 2016. Quatre cents millions de plus, dont la moitié de Chinois, attendus en 2020. Tels sont les chiffres de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT). Et l’explosion n’est pas près de s’arrêter. L’empire du Milieu, le plus peuplé des Etats, affiche 1,4 milliard d’habitants, dont le niveau de vie grimpe et qui prennent goût aux voyages. Comme leurs voisins, les Indiens, à peine moins nombreux (1,324 milliard). Certains grands sites, classés Patrimoine mondial de l’Unesco, s’y sont préparés. D’autres non.

« C’est le problème du siècle », assure Francesco Bandarin, sous-directeur général pour la culture à l’Unesco jusqu’au 31 janvier. « J’ai essayé de mobiliser les Etats membres sur cette question, mais ça n’a pas marché, reconnaît-il. Le problème le plus sérieux est la limitation des accès. » Et de citer deux modèles : « Essayez d’aller à l’improviste au Grand Canyon [Etats-Unis], impossible ! Il n’est plus visitable, comme l’Alhambra, à Grenade [Espagne], sans passer par le service de réservation numérisé qui fonctionne assez bien. »
Directeur du Centre du patrimoine mondial de 2000 à 2010, M. Bandarin ne mâche pas ses mots et égrène les exemples à ne pas suivre, comme les montagnes Jaunes, en Chine. « On y est comme dans le métro, en file indienne pour admirer un paysage d’une beauté exceptionnelle. C’est la même chose sur le mont Fuji, au Japon. Le tourisme a une force énorme, politique et commerciale, un lobby contre ­lequel la conservation du patrimoine a peu de poids. On est au début du phénomène », prévient-il.
Des paquebots à Venise
En Italie, le chiffre de 30 millions de touristes à Venise, qui ne compte plus que 55 000 habitants, laisse le Vénitien Francisco Bandarin « dubitatif ». Mais il ne peut s’empêcher de lancer à la ronde : « A Venise, ils ne font rien. » Ce flot...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Le Musée d’art moderne de la Ville de Paris consacre une riche rétrospective au peintre avec quelque 200 œuvres.
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Arts : l’élégance apprêtée de Jean Fautrier

Le Musée d’art moderne de la Ville de Paris consacre une riche rétrospective au peintre avec quelque 200 œuvres.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 15h53
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 16h03
    |

                            Philippe Dagen








                        



                                


                            

Au nom de Jean Fautrier (1898-1964), son ­principal promoteur, Jean Paulhan, a attaché à demeure un qualificatif : « enragé ». Fautrier l’enragé est paru en 1949 et toute exposition le rappelle, comme s’il suffisait à la légitimer. C’est le cas de la rétrospective venue du musée de Winterthur que le Musée d’art moderne de la Ville de Paris a ­reprise. A l’ensemble venu de Suisse s’ajoutent les Fautrier de l’établissement parisien et d’autres de collections privées françaises, jusqu’à atteindre les 200 œuvres, ce qui est beaucoup. Toute révérence due à Jean ­Paulhan, on n’y voit aucune rage. On y verrait même à l’inverse une élégance apprêtée. Fautrier mord moins qu’il ne fait le beau, pour rester à la métaphore canine.
Son histoire est d’abord celle d’un élève français à la Royal ­Academy of Arts de Londres en 1912 – Londres car son ascendance est partiellement insulaire. Puis la guerre, où il est gazé, et l’installation à Paris en 1922. Sa peinture est alors descriptive, ­voisine de la Nouvelle Objectivité ­allemande. Nus crus, portraits de vieilles femmes, scènes de la vie des humbles. Il intéresse des ­galeristes de renom, Jeanne ­Castel, Paul Guillaume et Léopold Zborowski. De 1927 à 1929, il reçoit de Guillaume un salaire mensuel.

Il peint alors des paysages de montagne et des nus féminins, toiles de moyen format. A la netteté de dessin et de modelé des débuts, il préfère désormais plus de gestualité, une matière plus dense et le ténébrisme, les formes ne se dégageant que partiellement d’un noir légèrement ­luisant. Ces corps simplifiés font l’apologie du désir, de la sexualité et de la fertilité, en style préhistorique. Aussi est-ce à lui qu’en 1942 sont demandées des lithographies pour le poème de Robert Ganzo Lespugue, du nom de la­ ­Vénus paléolithique.
Entre figuration et informel
Sa notoriété n’en reste pas moins alors assez réduite. ­Gallimard refuse en 1930 les illustrations pour L’Enfer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Le Musée national d’art moderne de la Ville de Paris rend hommage à l’un des maîtres de l’informel, jusqu’au 20 mai.
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