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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Les réfugiés climatiques de la ville de Saint-Louis se sentent oubliés des autorités et comptent protester lors de la visite d’Emmanuel Macron.
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Reportage

Au Sénégal, la « Venise africaine » menacée par la montée des eaux

Les réfugiés climatiques de la ville de Saint-Louis se sentent oubliés des autorités et comptent protester lors de la visite d’Emmanuel Macron.

Par                                            Matteo Maillard (Saint-Louis, Sénégal, envoyé spécial)




LE MONDE
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        Le 03.02.2018 à 16h19

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        Mis à jour le 03.02.2018 à 16h38






    
Sur la terrasse de Modou Sène, Guet Ndaar, Saint-Louis au Sénégal, le 30 janvier 2018.
Crédits : MATTÉO MAILLARD / « Le Monde »


C’est une histoire vieille comme la mer. Un combat de titans au ralenti. L’inexorable montée des eaux favorisée par le réchauffement climatique vient vague après vague, sac avant ressac, grappiller des mètres de terre. L’urgence et le danger d’un tel phénomène se mesurent mieux à hauteur d’homme. Près de la ville de Saint-Louis au Sénégal, en discutant avec un pêcheur comme Modou Sène. Il se tient droit au milieu de sa chambre à coucher. Enfin, ce qu’il en reste. Autour de lui, les pans des murs se sont effondrés. Ne subsiste qu’un sol carrelé qui dégringole sur la plage en dessous. Modou se rappelle l’époque où devant sa maison, il y en avait deux autres, puis un terrain de football où jouaient les jeunes du quartier, et là-bas, à 100 mètres, accostaient les pirogues colorées des pêcheurs.

    
Des enfants jouent sur d’anciennes fondations à Guet Ndaar, Saint-Louis, Sénégal, le 30 janvier 2018.
Crédits : MATTÉO MAILLARD / « Le Monde »


Désormais les vagues lèchent les flancs de sa maison et ses collègues tirent leurs barques devant sa chambre. Il est loin d’être le seul dans le quartier de Guet Ndar à voir la menace monter jour après jour. Les pertes sont estimées de 5 à 6 mètres de plage chaque année selon une étude d’Egis et de la Banque mondiale datant de 2013. A 50 mètres de là, l’école Cheikh Touré a perdu une salle de classe, effondrée une nuit de forte houle. Les exemples sont nombreux le long de la langue de Barbarie. Ce banc de sable de 25 kilomètres et de 300 mètres de large situé dans l’estuaire du fleuve Sénégal débordant la frontière mauritanienne forme une barrière naturelle entre la ville de Saint-Louis et l’océan Atlantique. Face à la houle marine et aux crues du fleuve, les habitants ont dû fuir ou s’entasser, faisant de Guet Ndar le troisième quartier le plus densément peuplé du monde avec 30 000 habitants par kilomètres carrés. Huit cents familles, soit environ 10 000 personnes, sont menacées.
Réfugiés climatiques
Abdou Gueye est de ceux qui ont dû partir, par une nuit de tempête en août. « Une grosse vague est entrée dans notre maison et a emporté nos affaires, se souvient-il. Nous nous sommes réveillés les pieds dans l’eau. Nous avons eu de la chance ; des voisins ont été blessés, un enfant a pris un pan de mur sur l’épaule. » Quand les autorités se sont rendu compte que l’électricité des maisons risquait d’entrer en contact avec l’eau, elles ont décidé d’évacuer 145 familles de Guet Ndar et Gokhou Mbathie.
D’abord installées deux mois dans la cour d’une école, elles ont ensuite été déplacées dans des tentes bleues sur un terrain vague aux abords de l’aéroport de la ville, à 9 kilomètres de l’océan, le camp de Khaar Yallah. « Ici, c’est mauvais, s’exaspère Léna Diop, 26 ans. Nous n’avons pas de toilettes, pas de couvertures, peu d’eau, peu de nourriture. Il fait trop chaud la journée, trop froid la nuit, et nos enfants font de l’asthme. La terre est salée, nous ne pouvons pas cultiver. Les hommes ont du mal à se rendre à la pêche, nous sommes trop loin de la mer… quatre mois que cela dure. »
Sans école, les enfants jouent et se chamaillent dans les travées entre les tentes. A l’intérieur, deux familles vivent, soit plus de dix personnes pour quelques mètres carrés. « Nous n’avons que le strict minimum pour l’existence, lance Abdou Gueye. Le préfet nous a oubliés, alors nous avons décidé d’agir. Quand le président Macky Sall viendra samedi avec Macron, nous irons protester dans l’eau, là où étaient nos maisons, quitte à s’y noyer. »

    
Abdou Guey, à gauche, et Léna Diop, à droite, réfugiés climatiques dans le camp de Kaar Yallah, à Saint-Louis, au Sénégal, le 31 janvier 2018.
Crédits : MATTÉO MAILLARD / « Le Monde »


Face à la brèche
Les pêcheurs de Saint-Louis savent que de toute façon leur subsistance est menacée. Le problème est ancien mais s’est accéléré en 2003, lorsque le président d’alors, Abdoulaye Wade, décide de creuser une brèche dans la langue de Barbarie, à 10 kilomètres au sud de Saint-Louis, afin d’évacuer les eaux en crues du fleuve Sénégal qui inondent la ville. La brèche est construite à la hâte, en une nuit, par une entreprise marocaine. Ce qui ne devait être qu’un canal de délestage devient rapidement un nouveau bras de mer. L’océan s’engouffre dans l’estuaire. De quatre mètres de large, la brèche s’élargit à 80 mètres en deux jours. Aujourd’hui, elle mesure plus de six kilomètres. Les habitants de la ville la surnomment « le mouroir des pêcheurs ». Mais cette brèche n’a pas compromis que l’activité halieutique. La salinisation du fleuve a aussi bouleversé les nombreux écosystèmes de la lagune du Gandiol, elle a rendu la nappe phréatique impropre à la boisson et les riches maraîchages de la région inexploitables.
Plusieurs villages de la côte ont déjà été engloutis par la montée des eaux. Face à la brèche, il ne subsiste qu’un souvenir de Keur Bernard, hameau de 250 âmes poussées à l’exil. Il y a quelques années encore on voyait les minarets de la petite mosquée émerger des vagues. Aujourd’hui, tout a sombré. Le sort de Doun Baba Dieye, 700 habitants, fut semblable. Mais l’un de ses anciens résidents a décidé d’entrer en résistance. Ahmet Segne Diagne veut reconquérir sa terre et a engagé un ambitieux plan de reboisement.
« Je n’ai pas de diplôme d’ingénieur ou de biologiste mais je connais mon environnement », affirme-t-il. Dès 2012, il décide de planter des filaos, des brise-vent, et reconstitue des mangroves sur les îlots à demi-engloutis. Les plantes réduisent la salinité des sols. Il décroche un microcrédit de 2 millions de francs CFA (3 049 euros) du Fonds pour l’environnement mondial (FEM), renouvelable chaque année. Depuis lors, il a planté 4 000 pieds de filaos à Keur Bernard et a arraché dans tout l’estuaire 400 hectares de terre à la mer. « J’ai expliqué au maire de la ville que quand il y aura plus d’espace, il pourra rétablir des villages. »

    
Ahmet Segne Diagne retire un plastique dans sa plantation de filaos sur la langue de barbarie, Saint-Louis, Sénégal, 31 janvier 2018.
Crédits : MATTÉO MAILLARD / « Le Monde »


Un barrage contre l’Atlantique
C’est aussi lui qui a été, en 2005, l’un des premiers à proposer la construction d’une digue afin de lutter contre l’élévation du niveau de la mer. Il imagine le plan d’une structure en demi-cercle qui créerait des poches d’eau autour de la lagune. « Pour l’instant, je fais le pied de grue devant la mairie, j’attends une audience, mais c’est difficile. » Les autorités se sont penchées tardivement sur un plan de secours. Elles privilégient l’urgence, c’est-à-dire la menace d’effondrement des maisons de la langue de Barbarie. En novembre 2017, les travaux d’une digue de 3,5 km ont été lancés entre les quartiers de Guet Ndar et Gokhou Mbathie. Un projet financé par l’Etat sénégalais à hauteur de 3,7 milliards de francs CFA et réalisé par Eiffage.
« Nous construisons une digue en terrassements composée de geobags de 5 tonnes de sable et des gabions remplis de pierres », explique Frédéric Pinson conducteur des travaux. L’ouvrage fait 1,60 mètre de hauteur et permet d’atténuer l’érosion côtière et de protéger des vagues les fondations des bâtisses. L’enjeu est de taille, on estime que sans protection, la langue de barbarie pourrait disparaître d’ici trente à cinquante ans. Il n’y aurait plus aucun rempart pour protéger Saint-Louis, « la Venise africaine », classée au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2000. « Cette digue n’est pas prévue pour sauver Saint-Louis, lance M. Pinson. C’est une solution d’urgence en attendant l’étude de courantologie menée par Egis International. Leurs résultats devront être publiés d’ici une année, alors nous pourrons imaginer un projet à long terme. »
Si tout se passe bien, la digue d’urgence sera terminée dans une année. Cela ne rassure pas Modou Sène. « Quand nous entendons les vagues la nuit, nous nous disons que demain sera peut-être le jour sinistre où l’océan nous poussera loin de chez nous. »

    
La digue d’urgence contre l’érosion côtière en construction à Gokhu Mbathie, Saint-Louis, Sénégal, le 31 janvier 2018.
Crédits : MATTÉO MAILLARD / « Le Monde »




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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Depuis plusieurs semaines, partisans et opposants à la vénerie s’affrontent dans l’Oise au nom de la protection animale, du partage du territoire, sur fond de conflit de classes.
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Chasse à courre sous haute tension en forêt de Compiègne

Depuis plusieurs semaines, partisans et opposants à la vénerie s’affrontent dans l’Oise au nom de la protection animale, du partage du territoire, sur fond de conflit de classes.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 11h21
    |

            Audrey Garric (Compiègne (Oise), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Onze heures a sonné, samedi 20 janvier, quand un drôle de ballet se met en place au cœur de la forêt de Compiègne, dans l’Oise. Un cortège où chacun, ou presque, chasse en même temps qu’il est chassé. D’abord, le cerf qui détale, bondit, se tapit, feinte, pour tenter de semer ses poursuivants. Suivi par une cinquantaine de chiens qui traquent son odeur. Suivis par les veneurs, galopant derrière leurs limiers en quête de la proie. Derrière, les « suiveurs » qui les escortent à pied, à vélo ou en voiture, passionnés par cette tradition pluriséculaire. Puis les militants antichasse, qui les talonnent pour gêner le déroulement des opérations et empêcher la mort de l’animal. Enfin, les gendarmes, qui surveillent tout ce petit monde.
Depuis quelques mois, la chasse à courre – aussi appelée vénerie – se déroule dans un climat de grande tension dans ce département des Hauts-de-France. Le 21 octobre 2017, l’abattage d’un cerf réfugié dans un pavillon de Lacroix-Saint-Ouen, à l’orée de la forêt, a provoqué l’émoi des riverains, et plus largement de l’opinion publique. Le 26 décembre, un autre cervidé, terré dans le village de Bonneuil-en-Valois, a été sauvé par les habitants qui ont fait barrage aux chasseurs. Le 6 janvier, des militants ont tenté de s’opposer, en vain, à la mise à mort d’un troisième cerf dans une rivière.
Le point commun de ces événements jusqu’à présent banals : être filmés par le collectif Abolissons la vénerie aujourd’hui (AVA), fer de lance de la lutte contre la chasse à courre, qui parvient à largement les médiatiser et à s’attirer le soutien d’une partie grandissante de la population.
Ce 20 janvier au matin, les militants se tiennent en retrait. Alain Drach, le maître de l’équipage La Futaie des amis, rend hommage à sa mère, la baronne de Rothschild, morte deux jours plus tôt. « Madame Monique », comme tous l’appellent ici, « un génie de la chasse ». Comme la cinquantaine d’autres membres de son équipage...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Environ 400 foyers ont été touchés vendredi par des pannes d’électricité ou des inondations en Seine-Saint-Denis. Météo France maintient son niveau de vigilance.
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Inondations : la Marne atteint son pic de crue, 11 départements toujours en alerte orange

Environ 400 foyers ont été touchés vendredi par des pannes d’électricité ou des inondations en Seine-Saint-Denis. Météo France maintient son niveau de vigilance.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 08h34
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 12h33
   





                        



   


Alors que la Seine a commencé sa décrue à Paris, les inondations se poursuivent en amont, et notamment le long d’un de ses affluents, la Marne. La ville de Gournay-sur-Marne, en Seine-Saint-Denis, s’est ainsi retrouvée les pieds dans l’eau dans la nuit de jeudi à vendredi, obligeant l’évacuation de dizaines d’habitants. Environ 400 foyers étaient touchés vendredi par des pannes d’électricité ou des inondations dans la commune ainsi qu’à Noisy-le-Grand, selon la préfecture.

        Lire aussi :
         

                Sept solutions pour se protéger des crues ou les limiter



Le pic de la crue est attendu samedi 3 février dans la journée, à 5,80 mètres – la ville est protégée par un mur anticrues de 5,50 mètres, qui s’est retrouvé submergé. Les habitants avaient été tenus informés de la montée des eaux « depuis une semaine, en temps réel », témoigne Nathalie, une habitante de 45 ans. « J’ai eu le temps de ranger ma cave, mon garage. J’ai tout enlevé ». Mais des questions se posent aujourd’hui sur la régulation en amont de la rivière, la gestion des réservoirs d’eau et la densification urbaine, a déclaré la municipalité à l’Agence France-Presse.
Onze départements sont toujours en vigilance orange : l’Aube, l’Eure, la Marne, Paris, la Seine-Maritime, la Seine-et-Marne, les Yvelines, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne et le Val-d’Oise.

   


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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Des jardins potagers inondés à Elbeuf, au sud de Rouen, jeudi 1er février. La crue de la Seine a provoqué, depuis la nuit de mercredi à jeudi, l’inondation de plusieurs dizaines de maisons, majoritairement dans des caves, selon les autorités."
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            data-slide-description="A Cléon, au sud de Rouen, le 1er février. Près de 150 personnes ont été évacuées mercredi soir en prévision de ces débordements."
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            data-slide-description="Dans une maison inondée à Cléon, le 1er février. Le gouvernement doit « attendre la décrue » avant de pouvoir prendre un arrêté de catastrophe naturelle pour les zones concernées par les récentes inondations, a déclaré, mercredi, la secrétaire d’Etat à la transition écologique, Brune Poirson."
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            data-slide-description="A Cléon, jeudi 1er février. La prévision pour la prochaine marée haute, prévue vendredi entre 15 heures et 16 heures à Rouen, « n’est pas meilleure. On est sur une hauteur équivalente dans le secteur, la boucle amont d’Elbeuf et le secteur de Rouen », a précisé François Bellouard, directeur départemental adjoint des territoires et de la mer sur France Bleu Seine-Maritime et Eure."
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            data-slide-description="A Cléon, le 1er février. « Les seuils atteints sur Elbeuf, quasi autour de 11 mètres, s’approchent d’une période de retour de vingt ans. A Elbeuf, on est à 11,02 mètres tous les vingt ans », a précisé M. Bellouard."
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            data-slide-description="A Cléon, jeudi 1er février."
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            data-slide-description="A Orival, au sud de Rouen, le 1er février."
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            data-slide-description="A Saint-Aubin-lès-Elbeuf, au sud de Rouen, jeudi 1er février : 49 foyers étaient privés d’électricité, et plusieurs routes étaient barrées, selon la préfecture."
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            data-slide-description="A Cléon, jeudi 1er février. Une amélioration est attendue « en fin de semaine, début de semaine prochaine » avec la baisse des coefficients de marée à partir de samedi et la météo « clémente » prévue vendredi, selon le directeur départemental adjoint des territoires et de la mer."
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Des jardins potagers inondés à Elbeuf, au sud de Rouen, jeudi 1er février. La crue de la Seine a provoqué, depuis la nuit de mercredi à jeudi, l’inondation de plusieurs dizaines de maisons, majoritairement dans des caves, selon les autorités.

CHARLY TRIBALLEAU / AFP
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Pendant cinq ans, sur l’île Mana, l’oiseau Nigel a vécu avec pour seule compagnie 80 statues de congénères en béton. L’objectif initial était d’attirer une vraie colonie de fous de Bassan.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Des scientifiques ont réussi à faire imiter des mots à une orque du Marineland d’Antibes, selon des recherches publiées en janvier. L’expérience illustre la capacité d’adaptation et d’imitation des orques.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Depuis quelques mois, la chasse à courre se déroule dans un climat de grande tension dans le département de l’Oise, où les militants hostiles à cette pratique s’attirent le soutien d’une partie grandissante de la population.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Dès ses débuts, la théorie économique a réfléchi aux conditions et aux limites de l’exploitation des ressources naturelles. Des enseignements aujourd’hui très précieux pour penser la question climatique, estime Antoine Missemer, du CNRS, dans une tribune au « Monde ».
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« La recherche économique a tout à gagner à explorer le passé »

Dès ses débuts, la théorie économique a réfléchi aux conditions et aux limites de l’exploitation des ressources naturelles. Des enseignements aujourd’hui très précieux pour penser la question climatique, estime Antoine Missemer, du CNRS, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    02.02.2018 à 15h17
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 15h49
    |

Antoine Missemer (Economiste au CNRS)







                        



                                


                            

Tribune. Que la science économique ne soit pas une science exacte, beaucoup en conviennent. Qu’elle ait besoin de s’ouvrir aux autres disciplines, en particulier aux autres sciences sociales, de plus en plus l’admettent et œuvrent en ce sens. Que l’histoire ait toute sa place dans ce dialogue interdisciplinaire, c’est là un défi important. Certes, le temps long nourrit des travaux majeurs, comme ceux de Thomas Piketty sur les inégalités.
Mais beaucoup restent enclins à considérer que les expériences passées sont d’un intérêt heuristique modeste : d’une part, les théories contemporaines tiendraient compte des erreurs du passé ; d’autre part, les expériences d’hier ne nous diraient pas grand-chose sur les problèmes inédits d’aujourd’hui.
Le premier argument suppose un savoir économique cumulatif, ce qui est contestable lorsque l’on connaît les aléas tumultueux de l’histoire de la discipline. Sur le deuxième argument, beaucoup de défis contemporains, comme l’essor des nouvelles technologies ou le changement climatique, ont les traits d’enjeux nouveaux. L’histoire ne mérite pourtant pas d’être mise au ban, même sur ces sujets a priori sans précédent.
Pic charbonnier
L’exemple du développement durable est significatif. Les historiens de l’environnement ont montré combien les questions de pollution et de transition énergétique ont été importantes par le passé. Les discours économiques sur ces sujets sont eux-mêmes anciens et méritent une attention renouvelée dans le ­contexte contemporain.
Lorsque l’économiste britannique William Stanley Jevons (1835-1882) s’est intéressé au risque de pic charbonnier, il a contribué à autonomiser le discours des économistes vis-à-vis de l’expertise des ingénieurs et des géo­logues. Cette émancipation continue aujourd’hui de produire des malentendus. Les uns, les économistes, confient toujours au signal prix le rôle d’indicateur de rareté ; les autres, issus des sciences de la Terre, soulignent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Les eaux n’ont pas suffisamment baissé pour permettre la reprise du trafic lundi 5 février comme annoncé précédemment par la SNCF.
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Inondations : à Paris, le RER C interrompu au moins jusqu’au 10 février

Les eaux n’ont pas suffisamment baissé pour permettre la reprise du trafic lundi 5 février comme annoncé précédemment par la SNCF.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 13h38
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 14h54
   





                        



   


La SNCF annonce, vendredi 2 février, que le tronçon central de la ligne C du RER dans Paris rouvrira samedi 10 février « au plus tôt », en raison de la crue de la Seine.
Les eaux n’ont pas suffisamment baissé pour permettre la reprise du trafic lundi 5 février comme annoncé précédemment, ajoute l’entreprise ferroviaire. Un nouveau point sera fait mercredi.
Le RER C circule le long de la Seine, sous le niveau du fleuve, dans la traversée de Paris. Sept gares intra-muros – Saint-Michel-Notre-Dame, Musée-d’Orsay, Invalides, Pont-de-l’Alma, Champ-de-Mars, Avenue-du-Président-Kennedy et Boulainvilliers – sont fermées depuis le 24 janvier.
Des pompes activées
Les trains venus de banlieue ont pour terminus provisoires Avenue-Henri-Martin depuis le nord, Javel depuis le sud-ouest et Gare-d’Austerlitz depuis le sud-est.
À Javel, des pompes sont en action pour faire baisser le niveau de l’eau. La SNCF prévoit d’y faire partir quatre trains par heure vers Versailles-Château à partir de samedi et deux trains par heure vers Saint-Quentin-en-Yvelines à partir de lundi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ A Elbeuf, la Seine a atteint 10,97 mètres dans la nuit de jeudi à vendredi, selon la préfecture de la Seine-Maritime.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Après avoir promu le Make in India, le gouvernement Modi déclare vouloir aider le secteur agricole, qui emploie la moitié des Indiens.
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L’agriculture, nouvelle priorité du budget indien

Après avoir promu le Make in India, le gouvernement Modi déclare vouloir aider le secteur agricole, qui emploie la moitié des Indiens.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 10h04
    |

            Julien Bouissou (New Delhi, correspondance)








                        



                                


                            

Le gouvernement indien a dévoilé, jeudi 1er février, un budget annuel consacré au développement des zones rurales dans un pays frappé par la crise agricole. Le ministre des finances, Arun Jaitley, a promis aux agriculteurs « qu’ils toucheraient 1,5 fois le prix de la production de leurs denrées ». Une promesse qui figurait déjà dans le programme du Parti du peuple indien (BJP ; nationaliste hindou) en 2014, mais qui n’avait jamais été mise en œuvre.
Partant du constat que le malaise paysan va bien au-delà de la crise agricole, M. Jaitley a privilégié les investissements dans les infrastructures rurales. Il a annoncé la construction de 50 000 kilomètres de routes pour désenclaver les villages reculés. Il a réitéré la promesse du gouvernement de raccorder 40 millions de foyers à l’électricité et de subventionner la vente de bonbonnes de gaz pour remplacer la cuisson au charbon de bois, dont les fumées toxiques provoquent la mort prématurée de millions de femmes.
Les ruraux forment la majorité des 10 millions d’Indiens qui, chaque année, tombent au-dessous du seuil de pauvreté lorsqu’ils doivent se soigner. Les malades ont souvent le choix entre des hôpitaux publics décrépis, où règne la corruption, et des cliniques privées aux traitements coûteux. M. Jaitley a promis de mettre en place une couverture santé annuelle de 500 000 roupies (6 270 euros) par an pour 100 millions de familles.
« Les promesses plutôt que le bilan »

Mais, dans son budget, il n’a alloué que 250 millions d’euros à cet ambitieux projet, qui devrait coûter des milliards d’euros. « Il est frappant de constater que, dans le secteur agricole, un gouvernement qui en est à sa quatrième année de mandat mise sur les promesses plutôt que sur son bilan », souligne l’ancien président du think tank Centre for Policy Research, Pratap Bhanu Mehta, dans les colonnes du quotidien The Indian Express. Malgré cette série d’annonces...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Le document, que « Le Monde » a pu consulter, est l’un des premiers textes officiels décrivant en langage non technique les problèmes posés par ces substances, qui interfèrent avec le système hormonal des êtres vivants.
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Perturbateurs endocriniens : le rapport-choc de l’IGAS

Le document, que « Le Monde » a pu consulter, est l’un des premiers textes officiels décrivant en langage non technique les problèmes posés par ces substances, qui interfèrent avec le système hormonal des êtres vivants.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 18h27
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            
L’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), le Conseil général de l’environnement et du développement durable et le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux ont remis à leurs ministères de tutelle, courant janvier, un rapport d’évaluation de la stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens commandé en août 2017 par le gouvernement.
Très attendu, le texte, que Le Monde a pu consulter, n’est pas encore rendu public ; il est singulièrement percutant. S’il dresse un bilan positif de l’action de l’Etat engagée depuis 2014 dans ce domaine, il en souligne de nombreuses limites au regard des enjeux, qualifiés de « majeurs pour la santé et l’environnement ». Les rapporteurs se montrent aussi, en creux, très critiques vis-à-vis de l’action conduite au niveau européen, notamment par la Commission de Bruxelles, et s’interrogent sur la « crédibilité » de l’action communautaire.
Incidemment, le rapport des trois institutions forme l’un des premiers documents officiels résumant, dans un langage non technique, l’étendue des problèmes posés par les perturbateurs endocriniens (PE), décrits comme sources de « très fortes externalités négatives », c’est-à-dire de dégâts collatéraux très importants. Ces substances – pesticides, plastifiants, solvants, etc. – sont présentes dans une grande diversité d’objets ou de produits du quotidien et dans la chaîne alimentaire. Elles ont en commun d’interférer avec le système hormonal des humains et des animaux.
Tarissement des financements
« Un certain nombre d’affections de la santé humaine sont aujourd’hui suspectées d’être la conséquence d’une exposition aux PE : baisse de la qualité du sperme, augmentation de la fréquence d’anomalies du développement des organes ou de la fonction de reproduction, abaissement de l’âge de la puberté, détaille le rapport. Le rôle des PE est aussi suspecté dans la survenue de certains cancers hormonodépendants,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Humanity Star, gigantesque boule à facettes mise en orbite le 21 janvier, est un « projet humaniste », selon la start-up aérospatiale Rocket Lab. Une aberration, selon la communauté scientifique.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤                


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Une boule polluante dans l’espace


                      Humanity Star, gigantesque boule à facettes mise en orbite le 21 janvier, est un « projet humaniste », selon la start-up aérospatiale Rocket Lab. Une aberration, selon la communauté scientifique.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 10h41
    |

                            Isabelle Dellerba (Sydney, correspondance)








                              

                        
« Gadget à la con », « déchet spatial », « acte de vandalisme environnemental », le drôle de cadeau offert à l’humanité par Peter Beck, PDG et fondateur de l’entreprise aérospatiale Rocket Lab, a provoqué un « bad buzz » international. Le 21 janvier, la start-up américano-néozélandaise a mis en orbite un satellite surprise : une boule à facettes géante.

Cette sphère disco kitsch d’un mètre de diamètre, dotée de soixante-cinq panneaux réfléchissants, tourne désormais sur elle-même et autour de la planète à une vitesse vingt-sept fois supérieure à celle du son. Baptisée Humanity Star et présentée comme un projet humaniste visant à tracer un trait d’union entre tous les hommes, elle a été conçue pour devenir l’un des objets les plus lumineux de la voûte céleste afin d’être visible par tous.
Ce satellite incongru a surtout offert une visibilité mondiale à l’entreprise qui, en polluant inutilement un espace déjà très encombré, n’en finit pas depuis de susciter l’ire de la communauté scientifique, vent debout contre un précédent déplorable dans une industrie en pleine évolution.
L’espace devient commercialement accessible
Car, derrière ce gadget, se cache un exploit technologique qui inaugure une nouvelle ère de la conquête spatiale : celle où des opérateurs privés, dotés de fonds très inférieurs à ceux qui étaient jusqu’à présent nécessaires, s’invitent dans le juteux business du lancement des microsatellites et rendent l’espace commercialement accessible.
Rocket Lab, fondé en 2006, a en effet été le premier Petit Poucet du secteur à parvenir, en à peine quelques années, à produire de toutes pièces et sans aucun financement public une fusée low cost (construite entièrement en carbone composite, propulsée par des moteurs imprimés en 3D, reproductible à l’infini) et à l’envoyer dans l’espace depuis un pas de tir privé situé dans le nord-est de la Nouvelle-Zélande, en mai 2017. Elle a en outre réussi la prouesse d’expédier...




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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Selon une étude, ces mammifères dépensent plus d’énergie qu’ils n’en stockent. Les chercheurs s’interrogent sur leur capacité de survie.
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Les besoins énergétiques des ours polaires menacés par la fonte de la banquise

Selon une étude, ces mammifères dépensent plus d’énergie qu’ils n’en stockent. Les chercheurs s’interrogent sur leur capacité de survie.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 20h00
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 10h25
    |

            Audrey Garric








                        



   


On les a vus hagards, faméliques, errant à la recherche de nourriture sur des confettis de banquise. On a perçu, derrière ces ours polaires, l’effet dramatique du changement climatique. Une nouvelle étude confirme que ce dernier met en danger cette espèce emblématique de l’Arctique, d’une manière plus critique que ce que l’on pensait jusqu’alors.
Les travaux, issus de scientifiques américains et canadiens et parus dans la revue Science vendredi 2 février, montrent que ces mammifères dépensent beaucoup plus d’énergie qu’ils n’en stockent, interrogeant de fait leur capacité de reproduction et de survie.
Partout la banquise se réduit comme peau de chagrin. Sa superficie pérenne décroît à un taux de 14 % par décennie, la débâcle printanière se produisant plus tôt tandis que l’englacement automnal débute plus tard. Or, cet environnement constitue à la fois l’habitat des ours polaires, leur lieu de reproduction et de chasse. La disparition de la glace de mer et sa fragmentation réduisent l’accès des prédateurs à leurs proies favorites, les phoques, qui constituent 90 % de leur alimentation. Les plantigrades doivent dorénavant marcher et nager davantage, sans garantie de succès car, dans certaines régions, l’abondance de la nourriture décline en même temps que la banquise.
En 2010, des travaux avaient montré que, chez les adultes, la mortalité due à la famine augmenterait de 6 % à 48 % si le jeûne qu’ils observent durant l’été s’allongeait de 120 à 180 jours. Un an plus tard, une autre étude révélait que les oursons forcés de nager sur de plus grandes distances avec leur mère succombaient 2,5 fois plus que ceux parcourant moins de kilomètres.
La situation semble si inquiétante que l’Union internationale pour la conservation de la nature a classé en 2015 le changement climatique comme la menace la plus importante pour les 26 000 ours polaires du monde. Les chercheurs estiment comme « hautement probable » une diminution de 30 % de la population d’Ursus maritimus d’ici à 2050, en raison des changements dans leur habitat – même si la réalité n’est pas la même dans tous les territoires qu’ils occupent ni pour l’ensemble des dix-neuf sous-espèces.
Colliers GPS, caméras et capteurs de pointe
Cette fois, les scientifiques se sont intéressés aux mécanismes physiologiques pouvant être à l’origine des déclins observés dans les populations ursines. Ils ont mesuré le bilan énergétique (dépenses et apports) d’ours sur le terrain pendant la saison critique du printemps, celle où ils chassent le plus et font des réserves de graisse pour l’année.
Pour cela, ils ont capturé neuf femelles adultes en mer de Beaufort, au large de l’Alaska (Etats-Unis), en avril 2014, 2015 et 2016. Les auteurs ont ensuite évalué les taux métaboliques de chaque mammifère en analysant des échantillons de sang et d’urine au moment de la capture, puis lors d’une nouvelle capture huit à onze jours plus tard. De plus, les animaux ont été munis de colliers GPS équipés de caméras et de capteurs de pointe afin d’enregistrer leur activité, leurs mouvements et leur comportement.

   


Les chercheurs ont ainsi découvert que les besoins énergétiques des ours polaires sur la banquise sont plus de 50 % plus élevés (1,6 fois) qu’on ne le pensait. Chaque femelle devrait ainsi manger, au choix, un phoque annelé adulte, trois subadultes ou dix-neuf nouveau-nés tous les dix à douze jours pour garder son équilibre, situé à 12 000 kcal par jour.
« Leur métabolisme avait été sous-estimé parce que ces mammifères ont une technique de chasse qui consiste souvent à s’asseoir et à attendre la proie, et qu’ils jeûnent une partie de l’année. Mais, en réalité, ils dépensent beaucoup d’énergie », explique Anthony Pagano, biologiste de la faune à l’Institut d’études géologiques des Etats-Unis, qui a mené l’étude dans le cadre de sa thèse de doctorat à l’université de Californie à Santa Cruz.
Or, dans le même temps, leur chasse ne suffit plus à compenser ces dépenses énergétiques. Les résultats montrent que quatre ours ont perdu 10 % ou plus de leur masse corporelle sur la période de huit à onze jours, soit quatre fois la masse perdue chez d’autres de leurs congénères qui jeûnaient sur la terre ferme – dont le poids se réduit naturellement puisqu’ils ne se nourrissent plus.
Selon les auteurs, la disparition et la fragmentation croissantes de la banquise déséquilibreront encore davantage ce ratio entre besoins et apports énergétiques. « Cela va être de plus en plus difficile pour les ours de gérer à la fois des besoins énergétiques supérieurs, en raison de déplacements accrus, et des sources d’énergie plus faibles, liées au déclin de la disponibilité en proies, anticipe Anthony Pagano. Cela aura probablement des effets négatifs en cascade sur leurs succès reproductifs et donc sur leur survie. »

   


Des ours plus vulnérables
« Cette étude fournit des informations nouvelles et importantes sur les besoins énergétiques élevés des ours polaires, montrant qu’ils vont être plus vulnérables aux changements de leur environnement », décrypte Jon Aars.
Ce chercheur à l’Institut polaire norvégien et spécialiste du suivi des ours blancs au Svalbard, qui n’a pas participé à l’étude, appelle toutefois à la « prudence » quant aux résultats sur la perte de poids des animaux, en raison de la « faible taille de l’échantillon » et de la « courte période d’étude ». « Les variations entre les ours sont importantes, de même que d’une région arctique à l’autre », prévient-il.
S’il vante également l’« exploit scientifique » de cette étude, qui permet d’« améliorer notre compréhension de l’écologie de l’ours blanc », le spécialiste canadien Andrew Derocher met aussi en garde au sujet de l’extrapolation de telles données.
« Si un ours ne répond pas à ses besoins énergétiques, il mourra. Mais ce n’est pas ce que montre cette étude, qui n’offre qu’un aperçu de quelques individus dans une région pendant environ une semaine. Pour déterminer le sort à long terme des ours, nous avons besoin d’une surveillance sur plusieurs années, assure ce professeur de biologique à l’université d’Alberta. On sait toutefois que la population de la mer de Beaufort a diminué de 25 % à 50 % au cours de la dernière décennie, et la perte semble associée à l’évolution des conditions de la banquise. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Des résidents d’un lotissement de béton à Villers-lès-Nancy se sont regroupés pour entreprendre la rénovation énergétique de leur quartier. La ville et l’habitat durables seront au centre d’une rencontre du « Monde » organisée à Nancy, mardi 13 février.
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Près de Nancy, des habitants organisent la rénovation énergétique de leur quartier

Des résidents d’un lotissement de béton à Villers-lès-Nancy se sont regroupés pour entreprendre la rénovation énergétique de leur quartier. La ville et l’habitat durables seront au centre d’une rencontre du « Monde » organisée à Nancy, mardi 13 février.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 18h06
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 11h15
    |

            Laetitia Van Eeckhout








                        



   


Une entreprise de rénovation créée par les habitants pour les habitants. Il y a huit ans, les résidents du lotissement de Clairlieu, à Villers-lès-Nancy, ont décidé de se regrouper afin d’entreprendre, ensemble, la rénovation des pavillons de leur quartier.

Les 1 328 pavillons de ce lotissement sis dans la banlieue ouest de Nancy ont été construits au début des années 1970, avant les premières réglementations thermiques. Conçus en béton, « ce sont de véritables passoires énergétiques, lâche Marie-France, 67 ans, qui habite le quartier depuis quarante-cinq ans. L’hiver, on a beau chauffer, une humidité froide vous tombe en permanence sur les épaules ». 
Marie-France Robert et son mari sont un des premiers ménages du lotissement à s’être lancés dans une rénovation de fond en comble de leur pavillon. Un investissement de plusieurs dizaines de milliers d’euros qu’ils ne regrettent pas. Ils apprécient d’avoir désormais une température agréable et homogène dans toute leur maison et en toute saison. Et d’avoir divisé par un peu moins de sept leur facture énergétique (passée de plus de 2 000 € à 300 € par an).
Car, à Clairlieu, on ne fait pas les choses à moitié. Portes et fenêtres, façades, toiture, système de chauffage et de ventilation : les pavillons sont entièrement rénovés, avec l’objectif d’atteindre la norme BBC, bâtiment basse consommation.
Matériaux biosourcés
Tout a commencé à la fin de 2009 lors de conférences sur le solaire et les économies d’énergie organisées par la commune de Villers. Alors que, pour la troisième année de suite, le prix du gaz avait augmenté de 10 %, les habitants comprennent vite l’intérêt de la rénovation. Une petite centaine se regroupe en association, baptisée « Clairlieu Eco Défi », et se met à plancher sur les meilleures solutions pour rendre leurs demeures – toutes identiques ou presque – moins énergivores.

        Lire aussi :
         

                Une « chaîne de solidarité citoyenne en faveur d’une énergie renouvelable »



« Les discussions ont donné lieu à des débats animés, souvent houleux. Atteindre la norme BBC signifiait un investissement non négligeable, on s’est évidemment demandé si on pouvait procéder par étapes », ne cache pas Christiane Beuvelot, autre retraitée. Hormis quelques désistements, le groupe résiste et finit par être convaincu que, pour qu’un pavillon consomme le moins possible, il faut qu’il soit parfaitement isolé. Les associés vont même jusqu’à choisir des matériaux d’isolation biosourcés, générant le moins d’énergies grises possible : pour les façades, de la ouate de cellulose, fabriquée à partir de journaux recyclés, et, pour la toiture, de la laine de bois, qui stocke le CO2.
Sauf que, au terme d’un an de réflexion, les premiers devis refroidissent les ardeurs. « Là, on s’est dit qu’on allait le faire nous-mêmes, résume Francis Lacour, habitant de Clairlieu et professionnel de l’optimisation énergétique. Et nous avons créé une société coopérative d’intérêts collectifs », la SCIC Clairlieu Eco Rénovation Solidaire.
En août 2011, la quarantaine d’habitants ayant décidé d’investir dans la SCIC se lancent alors dans la rénovation d’un premier bâtiment, aidés d’un charpentier et d’un architecte. Un chantier qu’ils mènent de bout en bout, et qui leur prend… deux ans. « C’est énorme, reconnaît Francis Lacour. Mais cela nous a permis de mettre tout le processus au point. Aujourd’hui, nous sommes capables de faire une rénovation en huit semaines. »

   


Chantier participatif
Désormais, l’enveloppe isolante des pavillons rénovés arrive en kit sur le chantier, sous forme de caissons préfabriqués qu’il suffit d’assembler. Les sociétaires ont fini par trouver un industriel qui les leur fabrique, et une petite dizaine d’entreprises, locales – « pour que les retombées en termes d’emplois profitent au territoire » – qui se chargent de la partie technique de la rénovation. Pour autant, les chantiers restent participatifs : des bénévoles prennent part aux travaux.
A ce jour, 11 pavillons ont été rénovés selon les règles définies par la coopérative. Quatre sont en projet. De son côté, l’association organise, en partenariat avec l’agence locale de l’énergie et du climat (ALEC), des balades thermographiques, très suivies par les habitants du quartier.
Mais tous ne franchissent pas le pas. S’engager dans une rénovation complète revient aujourd’hui entre 100 000 et 150 000 euros. « C’est un investissement sur dix ou quinze ans, reconnaît Marie-France Robert. Mais le gain en confort est immédiat. Et on ne paie quasiment plus rien après en chauffage. » Et Francis Lacour d’insister : « Le fait de se regrouper nous permet de mutualiser les études de conception et les achats de matériaux. Et, avec la SCIC, nous maîtrisons toute la chaîne des travaux, nous pouvons ainsi garantir le résultat. » 
Acte militant
Il n’est pas donné à tous de pouvoir débourser une telle somme, même si l’association Clairlieu Eco Défi accompagne les postulants dans l’élaboration de leur plan financier. « Aujourd’hui, s’engager dans une rénovation complète de son pavillon, c’est vraiment un acte militant, avoue Christiane Beuvelot. Nous cherchons à baisser le coût. »
L’initiative de Clairlieu est pour l’instant unique et encore fragile. Ce n’est pas un projet facilement reproductible. Mais la coopérative Eco Rénovation Solidaire a acquis un savoir-faire dans la rénovation des pavillons de béton. Elle est d’ailleurs sollicitée par des collectivités de la région dotées d’un parc de ces maisons énergivores.

        Lire aussi :
         

                Habiter durablement les villes : une rencontre du « Monde » à Nancy le 13 février


La ville et l’habitat durables seront au centre d’une rencontre du Monde organisée à Nancy, mardi 13 février, de 8 h 30 à 10 h 30. Inscriptions ici.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Chronique. A 62 ans, le ministre de l’environnement a enfin remporté une victoire avec l’abandon de la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤                
                                    

Il est comme ça… Nicolas Hulot


                      Chronique. A 62 ans, le ministre de l’environnement a enfin remporté une victoire avec l’abandon de la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 15h15
    |

            Philippe Ridet








   


Une victoire, enfin, nette et sans bavure. Avec l’abandon de la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, Nicolas Hulot, ministre de l’environnement et numéro 3 du gouvernement, peut triompher. Opposé à ce projet, sans en faire la condition de sa participation à l’exécutif, il s’est bien gardé de se mettre en avant. Mais on se demande ce qu’il aurait continué à faire dans la team Philippe s’il avait été désavoué. A part peut-être composer des menus bio à l’Elysée et à Matignon. Déjà qu’il avait dû avaler la couleuvre du renouvellement de la licence du glyphosate par la Commission européenne, le report au-delà de 2025 de la baisse à 50 % de la part du nucléaire dans la production électrique et l’autorisation d’abattre 40 loups gris prédateurs de brebis (#balancetonloupgris). Pour un peu, on lui aurait reproché de posséder neuf véhicules à moteur, trois maisons et 7,3 millions d’euros de patrimoine…

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N’était sa nature discrète, Nicolas Hulot pourrait faire le tour du terrain la tête cachée dans son maillot et les bras écartés. N’était sa nature renfrognée, il pourrait même sourire. Mais son dab préféré ne ressemble à aucun autre. Avec son air de Droopy (« You know what ? I’m happy »), il garde les mains croisées sur sa veste, le regard ailleurs (inaptitude au bonheur ? blessures d’enfance ?). Bref, jamais content !
« C’est un boxeur qui n’aime pas prendre des coups et répugne à en donner. » Noël Mamère
Ses ennemis – il en a malgré sa popularité – étaient déjà prêts à instruire un nouveau procès. « Le passe-plat des lobbies », avait commenté début novembre le porte-parole des Verts. Ah, Les Verts, qui lui ont préféré la juge Eva Joly en 2012 ! Ah, Les Verts, qu’il n’a pas voulu affronter en 2007, alors qu’il était plus populaire que l’abbé Pierre et Zidane, préférant soumettre un pacte écologique aux candidats qui se sont empressés de l’accepter pour mieux l’oublier. « L’escrologiste », « le télécologiste », « l’hélicologiste », disait-on alors de Nicolas Hulot, dont la notoriété devait tout à la télévision et à son émission « Ushuaïa », où on le voyait nager avec des baleines et survoler la cordillère des Andes en ULM.

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Daniel Cohn-Bendit confiait alors : « Nicolas a un léger problème de refus d’obstacle. » Et Noël Mamère de préciser : « C’est un boxeur qui n’aime pas prendre des coups et répugne à en donner. » En 2011, dans une version antédiluvienne du magazine du Monde, Nicolas Hulot avait déclaré : « Pour faire avancer les choses, j’ai usé jusqu’à la corde la position de privilégié qui était la mienne. » On le sentait prêt à essayer autre chose.

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Depuis qu’il a opté pour le port de la chemise à col officier et l’exercice des responsabilités, le voilà rentré dans le rang. Adulte presque. En tout cas patient et prêt à assumer de petites défaites pour obtenir de plus grands succès. Après avoir refusé d’être le ministre de Chirac, Sarkozy et d’Hollande, qui voulaient s’attribuer son image d’écologiste préféré des Français (mais pas des Verts !), il a cédé à Macron, conscient qu’on ne peut dire « non » tout le temps au risque de passer pour un allumeur. A 62 ans, c’est ridicule. Devenu grand, il a appris à composer avec ses désirs. « Je me donne un an pour voir si je suis utile », confiait-il après sa prise de fonctions. Sans Notre-Dame-des-Landes, encore cinq mois à prendre des râteaux, et il aurait eu une réponse claire.



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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Malgré les crues de janvier, le fleuve souffre de sécheresse et d’un moindre apport à la fonte des neiges. Son débit moyen a diminué de 30 % depuis vingt ans.
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Climat : le Rhône pourrait baisser de moitié d’ici un siècle

Malgré les crues de janvier, le fleuve souffre de sécheresse et d’un moindre apport à la fonte des neiges. Son débit moyen a diminué de 30 % depuis vingt ans.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 11h05
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 15h04
    |

                            Richard Schittly (Lyon, correspondant)








                        



                                


                            

En crue depuis plusieurs semaines, le Rhône donne l’impression d’un fleuve abondant. Il traverse Lyon en rasant ses quais. Des parkings sur berges sont fermés, quelques terrasses ont été emportées par les flots. Le débit de 4 400 mètres cubes par seconde a été atteint mi-janvier, au sud de la ville, soit le niveau d’une crue décennale.
Les apparences sont trompeuses, car cette montée des eaux cache une réalité inverse : le Rhône souffre plus souvent de sécheresse. Son débit annuel moyen en 2017 est inférieur de 30 % à celui des vingt dernières années. Et les prévisions sont inquiétantes : ce débit moyen pourrait baisser de 10 % à 40 % dans les prochaines années. Si le phénomène se poursuit, le Rhône risque de diminuer de moitié d’ici un siècle.
Alimenté par le lac Léman en Suisse et par plusieurs affluents, il dépend en grande partie de la neige et des glaciers de montagne. Leur fonte progressive touche directement la santé du cours d’eau qui traverse tout le sud-est de la France. Autre indicateur, son pic printanier, généralement enregistré à la fonte des neiges, a avancé de vingt-deux jours en un siècle. En 2017, le fleuve a connu son étiage en décembre – un phénomène de basses eaux jamais vu en période hivernale. Et si le Rhône reste le fleuve le plus puissant de France, avec un niveau moyen de 1 700 mètres cubes par seconde – ce qui correspond à la Seine actuellement en pleine crue –, son avenir préoccupe.
« Extrême variabilité des phénomènes »
« Le dérèglement climatique est une réalité, une certitude qui ne concerne pas seulement les îles Fidji », a prévenu Elisabeth Ayrault, la dirigeante de la Compagnie générale du Rhône (CNR), dans un discours annuel de vœux au ton alarmiste, jeudi 25 janvier. « Notre modèle est basé sur des conditions climatiques raisonnables, nos habitudes doivent changer, nous avons besoin que les fleuves soient entendus par le monde politique », a-t-elle déclaré. Dramatisation ?...




                        

                        


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Compte rendu

« Probo-Koala » : l’ONU affirme que les sites pollués d’Abidjan ne sont plus dangereux

En août 2006, le cargo avait déchargé dans la métropole ivoirienne plus de 500 mètres cubes de déchets hautement toxiques issus d’hydrocarbures.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 01.02.2018 à 11h04

     •
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        Mis à jour le 01.02.2018 à 12h32






    
Moustapha Sangaré, ancien travailleur à la décharge d’Akouédo et son fils, au bord du caniveau où a été déversée une partie des déchets.
Crédits : Judith Kormann


Un rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), dont l’AFP a eu connaissance mercredi 31 janvier, a conclu que les sites pollués par les déchets toxiques du cargo Probo Koala à Abidjan en 2006 ne sont plus dangereux.
« Aucun des sites où les déchets issus du Probo Koala ont effectivement été déversés ne présente une contamination supérieure aux seuils établis par le gouvernement de la Côte d’Ivoire pour la dépollution. Par conséquent, aucun de ces sites ne nécessite une intervention complémentaire, même au regard de normes internationales », affirme l’audit environnemental.

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                « Probo-Koala » : drame écologique et bonnes affaires



En août 2006, le cargo Probo Koala, affrété par la société de courtage pétrolier suisso-néerlandaise Trafigura, avait débarqué à Abidjan plus de 500 mètres cubes de déchets hautement toxiques issus d’hydrocarbures.
Un sous-traitant ivoirien, la société Tommy, les avait transférés dans des camions-citernes puis déversés de façon sauvage dans une douzaine d’endroits de la capitale économique ivoirienne. Au moins 17 personnes étaient mortes et des dizaines de milliers d’autres avaient été intoxiquées. L’affaire avait provoqué un scandale international, mais Trafigura n’a jamais été condamnée par la justice.

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La santé des communautés affectée
Pour établir le rapport, 130 échantillons de sol, d’eau, d’air, de sédiments, de mollusques, de fruits et de légumes ont été prélevés en 2016 et 2017 sur 18 sites à travers la ville par des experts environnementaux du PNUE, missionnés à la demande du gouvernement ivoirien.
Si les conclusions du rapport apparaissent « rassurantes », les experts cependant « n’excluent pas que la santé des communautés soit encore affectée par leur exposition initiale aux déchets en 2006 ».
« La question de savoir si ceux qui ont été affectés au moment du déversement continuent de souffrir de troubles physiologiques ou psychosomatiques est d’autant plus cruciale qu’un suivi systématique des populations affectées n’a pas eu lieu au cours de cette dernière décennie », avertissent les experts, recommandant donc au gouvernement ivoirien la mise en place d’un vaste programme de suivi médical.
« Ces conclusions sont un soulagement pour ceux qui vivent ou travaillent près des sites de déversement », mais « onze ans après, les victimes demeurent dans le flou quant aux éventuelles conséquences à long terme sur leur santé », a estimé Amnesty International dans un communiqué.

    
Kalandjibo Balo, 23 ans, vit du recyclage plastique dans le décharge d’Akouedo, près d’Abidjan (le 25 février 2016).
Crédits : Thierry Gouegnon/Reuters


Trafigura a toujours démenti que les déchets du Probo Koala aient pu causer décès, blessures et maladies graves.
Des victimes ont lancé en septembre 2017 une nouvelle procédure judiciaire aux Pays-Bas contre Trafigura, après l’échec d’une première action en 2016.

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                Nouvelle action en justice aux Pays-Bas des victimes ivoiriennes du « Probo-Koala »



La société avait signé deux accords, en 2007 en Côte d’Ivoire et 2009 au Royaume-Uni, qui prévoyaient au total 185 millions d’euros d’indemnisations. Un montant jugé dérisoire étant donné le nombre de personnes touchées. Sur les 152 millions d’euros versés à l’Etat ivoirien, 33 millions d’euros d’indemnisation devaient être versés à près de 30 000 victimes. Mais une partie a été détournée par des responsables ivoiriens. Des dizaines de milliers de personnes se battent toujours pour percevoir leurs 1 150 euros de dédommagement.
Le directeur du sous-traitant Tommy a lui été condamné à 20 ans de prison par la justice ivoirienne.


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Les communautés amérindiennes sont les plus exposées à la fois au mercure et au plomb.
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édition abonné


Pollution : un enfant guyanais sur cinq est atteint de saturnisme

Les communautés amérindiennes sont les plus exposées à la fois au mercure et au plomb.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 10h49
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 18h35
    |

                            Laurent Marot (Cayenne)








                        



                                


                            

La première alerte remonte à juin 2011. Une plombémie sévère est dépistée chez une fillette de 3 ans vivant à Mana, dans l’ouest de la Guyane. Son sang contient 1 724 microgrammes de plomb par litre (µg/L), alors que le seuil du saturnisme est atteint à partir de 50 µg/L. Une enquête sanitaire menée par l’Agence régionale de santé révèle alors que la moitié des personnes vivant dans l’entourage de la fillette – dont la plupart des enfants – se situe au-dessus des normes. « A partir de 50 µg/L, il peut y avoir chez le fœtus et l’enfant des troubles neurologiques avec des troubles cognitifs, des petites anomalies rénales, un peu d’hypertension », précise Paul Brousse, coordonnateur des Centres délocalisés de prévention et de soins (CDPS) au centre hospitalier Andrée-Rosemon de Cayenne. 
La Guyane ne dispose pas de données sur l’imprégnation de l’ensemble de la population au plomb, faute de figurer dans les enquêtes nationales. Cependant, le Centre hospitalier de l’ouest Guyanais (CHOG) a mené une étude sur 531 femmes enceintes. Publiée en 2017, celle-ci révèle que 25 % d’entre elles ont une plombémie hors norme. Deux autres recherches, encore non publiées, précisent l’ampleur de la contamination. Elles font état d’une recrudescence du problème du plomb dans l’ensemble du territoire et du maintien de l’intoxication au mercure dans les villages de l’intérieur.
Enfant « agité, fatigué »
La première a été conduite par Santé publique France de 2015 à 2017 auprès de 590 enfants âgés de 1 à 6 ans. « La proportion d’enfants en Guyane au-dessus de la norme est aux alentours de 20 % », explique l’épidémiologiste Audrey Andrieu, de la Cellule interrégionale d’épidémiologie (CIRE). C’est treize fois plus que la prévalence nationale. Ce sont ainsi 14,4 % des enfants de Guyane qui sont au-delà de 100 µg/L, l’ancien seuil officiel du saturnisme, contre 0,1 % en France.
Les communautés amérindiennes du sud sont les plus touchées....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ La députée LRM de la Somme explique au « Monde » les enjeux de la commission d’enquête sur « la sûreté et la sécurité » des installations nucléaires, votée mercredi.
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Article sélectionné dans La Matinale du 31/01/2018
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Barbara Pompili : « Il faut sortir de l’opacité sur le nucléaire »

La députée LRM de la Somme explique au « Monde » les enjeux de la commission d’enquête sur « la sûreté et la sécurité » des installations nucléaires, votée mercredi.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 18h18
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 13h51
    |

                            Nabil Wakim et 
Alexandre Lemarié








                        



   


L’Assemblée nationale a voté, mercredi 31 janvier, la création d’une commission d’enquête sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires en France. Barbara Pompili, députée (LRM) de la Somme et présidente de la commission du développement durable, explique au Monde qu’« il serait absurde de ne pas envisager les risques que pourrait causer un attentat terroriste sur une centrale ».
L’ex-secrétaire d’Etat de François Hollande, à l’initiative de cette commission, souhaite par ailleurs que le président de la République, Emmanuel Macron, respecte ses engagements de campagne de réduire à 50 % la part du nucléaire dans la production d’électricité.
Pourquoi mobiliser une commission d’enquête parlementaire sur le nucléaire ?
Un certain nombre de problèmes se posent concernant la sûreté et la sécurité de nos installations : des intrusions de Greenpeace ont eu lieu dans différentes centrales, des anomalies ont été repérées à l’usine Areva du Creusot [Saône-et-Loire]. A ces deux éléments médiatiques s’ajoutent des incidents, qui se multiplient sur des centrales : c’est notamment le cas avec l’arrêt des quatre réacteurs de la centrale du Tricastin (Drôme), fin septembre-début octobre 2017, ou l’explosion à Flamanville [Manche] en février 2017.
En outre, la question de la prolongation des réacteurs au-delà de quarante ans se pose de manière accrue. Le président de l’Autorité de sûreté nucléaire [ASN], Pierre-Franck Chevet, a d’ailleurs estimé récemment qu’en termes de sûreté, le parc n’est pas à un niveau suffisant pour permettre de prolonger.
Ces éléments se combinent avec la mise en place de la programmation pluriannuelle de l’énergie [PPE], qui développera, à la fin de l’année, les objectifs de la France en matière énergétique pour les cinq prochaines années.
Pour quelle raison se pencher à la fois sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires ?
Vu la menace terroriste, isoler ces deux questions est très artificiel. Un contrôle efficace suppose de veiller à la fois à la prévention des accidents nucléaires, qui concerne la sûreté, et de travailler à la résistance des installations aux attaques extérieures, qui relève de la sécurité. L’exemple des piscines d’entreposage de combustible usagé le prouve : les bâtiments ont été testés sous l’angle de la sûreté, pour voir s’ils résisteraient à des séismes ou à des inondations.
Mais cet examen n’englobe pas le fait qu’ils puissent résister à des bombes. Or, quand un tel bâtiment est conçu, tous les critères doivent être pris en compte. L’ASN considère d’ailleurs qu’à terme, il faudrait réunir ces deux critères lors des contrôles.
A l’heure actuelle, il serait absurde de ne pas envisager les risques que pourrait causer un attentat terroriste sur une centrale.
Notre parc nucléaire est-il préparé à une telle attaque ?
A ma connaissance, la sécurité des centrales – qui relève des ministères de l’énergie et de la défense – n’a jamais été vérifiée par des parlementaires. Il y a eu un travail sur les intrusions, sur les survols par des aéronefs, mais nous n’avons toujours pas les informations qui nous prouveraient qu’un site serait protégé d’une attaque terroriste si, par exemple, un avion était le vecteur de l’attaque comme ce fut le cas lors du 11-Septembre.
Vous dites vouloir sortir de l’« opacité » sur le nucléaire. Comment cette commission va-t-elle procéder ?
L’intérêt d’une telle commission, c’est que nous avons de réels moyens pour enquêter. Nous procédons à des auditions sous serment des lanceurs d’alerte, des exploitants, comme EDF, des organismes de contrôle. Nous allons également inspecter des sites.
La commission va-t-elle également enquêter sur les coûts du nucléaire français ?
En s’intéressant à la sûreté, la commission d’enquête pourrait identifier là où les coûts du grand carénage [chantier engagé par EDF après la catastrophe de Fukushima pour renforcer la sûreté pour un coût de 46 milliards d’euros] sont très importants. Cela peut permettre d’identifier les cas où prolonger la durée de vie d’une centrale ne servirait pas à grand-chose, par exemple. Est ce que cela vaut le coup de se lancer dans des travaux coûteux pour fermer peu de temps après ?
Il ne s’agit pas de mettre en difficulté EDF ou Areva. Ce qui peut mettre en difficulté ces entreprises, c’est de se mettre la tête dans le sable et de ne pas regarder la réalité en face.
Il faut sortir de l’opacité sur le nucléaire. Certes, on peut être fiers de la manière dont ont été gérées les questions de sûreté et de sécurité jusqu’à aujourd’hui. Mais, maintenant, il y a des mesures à prendre.
Nicolas Hulot dit qu’il faudra préciser avant la fin de l’année quels seront les réacteurs qui vont fermer et quand. Ce n’est pas ce que dit l’Elysée…
Je pense qu’il faudra nommer dans la PPE les noms des réacteurs à fermer. Ne pas préciser ce qu’on va fermer, ce serait repousser et ne pas prendre de décision. Ce n’est pas l’état d’esprit du président de la République.
Ce qui mine le débat, c’est le fait de ne pas savoir, pour certains territoires, comment ils vont être traités. Notre commission d’enquête peut justement permettre d’identifier, de manière pragmatique, les centrales souffrant de problèmes structurels.
Pendant la campagne, M. Macron a désigné le nucléaire comme « une énergie d’avenir ». Partagez-vous ce point de vue ?
Je ne suis pas d’accord avec lui sur ce point. Cela étant, notre engagement commun de mettre en œuvre la loi de transition énergétique est toujours le même. M. Macron n’a jamais remis en cause l’objectif de descendre en dessous de 50 % de production d’électricité d’origine nucléaire, même si nous sommes revenus sur la date de 2025.
A titre personnel, j’aimerais que cet objectif ne soit qu’un début et qu’on réduise encore plus, à l’avenir, la part d’électricité venant du nucléaire. Mais ce n’est pas le contrat sur lequel nous nous sommes engagés pendant la campagne. Je suis opposée de longue date au nucléaire mais je n’oublie pas que dans la majorité, il y a des pronucléaires, des antinucléaires, et même des agnostiques !



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ L’homme d’affaires investit dans des techniques d’élevage sélectif, pour obtenir des animaux plus adaptés au réchauffement climatique et capables de produire plus de lait.
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