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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Plusieurs personnalités dénoncent les thèses économique ou climatique d’une « élite » de privilégiés qui se considère au-dessus des autres.
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Le cynisme made in USA

Plusieurs personnalités dénoncent les thèses économique ou climatique d’une « élite » de privilégiés qui se considère au-dessus des autres.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 13h00
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            

Depuis novembre, le Prix Nobel d’économie 2008, Paul Krugman, accuse dans ses chroniques du New York Times le Parti républicain de développer une politique « cynique » en soutenant Donald Trump. Pourquoi cynique ? Parce qu’il « ment » ­effrontément en certifiant que la nouvelle réforme fiscale de Trump enrichira les classes moyennes et n’aggravera ni les inégalités ni le déficit de l’Etat. Pourtant, ­rappelle Krugman, le comité mixte d’expertise du Sénat affirmait le contraire : la loi fiscale va favoriser « le 1 % des ménages qui possèdent 40 % des actions », ajouter « 1 milliard de dollars à la dette fédérale tout en sapant les soins de santé pour des millions de gens » et favoriser les seules entreprises et actionnaires ; quant au surcroît de croissance espéré, il ne renflouera qu’un tiers du déficit public creusé. Parlant d’un « compromis cynique » entre le Grand Old Party (surnom traditionnel du Parti républicain) et Trump, il titre sévèrement sa chronique du 30 novembre 2017 : « Les mensonges fiscaux des républicains ­révèlent combien la pourriture gagne en profondeur ».
Dans celle du 18 décembre, « Passage à la corruption », Krugman débusque l’autre versant de ce cynisme : les ­républicains soutiennent la réforme fiscale car, dit-il, elle est bonne « pour eux personnellement ». Il ne parle pas de « corruption brute », mais de « délits d’initiés basés sur des relations étroites avec des entreprises concernées », de futures activités de « lobbying » financées par elles, et rappelle que « les sociétés immobilières » vont profiter des baisses d’impôts : justement, de nombreux sénateurs républicains possèdent des biens immobiliers générateurs de revenus. Dans sa colonne du 25 décembre, puis dans celle du 5 janvier, l’économiste s’emporte, parlant d’un parti « composé d’apparatchiks cyniques, prêts à vendre tous les principes et chaque lambeau de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Dans son nouveau numéro, des contributeurs de la revue « Socio-anthropologie » invoquent le besoin urgent d’inventer des modes de coexistence entre les cultures.
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Dans les revues

Dans son nouveau numéro, des contributeurs de la revue « Socio-anthropologie » invoquent le besoin urgent d’inventer des modes de coexistence entre les cultures.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 13h00
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            
Nous avons, plus que jamais, un ­besoin urgent d’inventer des modes de coexistence entre les cultures, ­rappelle le spécialiste du Japon ­Emmanuel Lozerand, au terme de sa contribution au nouveau numéro de la ­revue Socio-anthropologie. Aussi avons-nous tout intérêt à ne pas cesser d’aller vers l’autre. Pour cela, nous interprétons, nous traduisons, nous comparons. Et là est le piège : comment, en comparant, ne pas tout ramener à soi ? Piège d’autant plus efficace que les sciences humaines ont été construites dans un double mouvement réflexif : « Les concepts des SHS [sciences humaines et sociales] ont été forgés pour “nous” penser nous-mêmes, à partir de nos réalités propres, et pour jauger les autres – “eux” – à cet étalon. (…) Ils impliquent un certain découpage du réel à l’aune duquel ces autres ne peuvent être qu’insuffisants, marginaux ou déviants. »
C’est pourquoi, comme le rappelle l’historien Patrick Boucheron, dans sa contribution « Devenir l’autre de l’autre », le comparatisme est à la fois un humanisme – il nous permet de ­relativiser notre position en comprenant qu’on est toujours l’autre de quelqu’un – et une manière de se rapprocher pour s’évaluer : on le sait bien, la comparaison prépare la compétition.
Montrer comment « nous » croyons, et comment « ils » savent
De là tout l’intérêt du dossier présenté dans la revue, qui, à travers ses multiples contributions, plaide pour un nouvel espace comparatiste qui tente de faire autrement place à l’autre, de « redresser l’asymétrie » de départ (Boucheron).
L’objet sur lequel s’éprouve le programme comparatiste est ici important : ce sont les « manières de croire » que la revue Socio-anthropologie – qui fête ses 20 ans – passe au crible. Or, alors que nous la pensons, à tort ou à raison, omniprésente dans notre ­contemporain, la notion de croyance est délaissée par les sciences sociales, sans doute victime du soupçon qu’ont fait peser...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Le directeur de la Fondation Jean-Jaurès, Gilles Finchelstein, et le patron de la CFDT, Laurent Berger, veulent amender la future loi « Pacte ».
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« Ne nous laissons pas confisquer le débat sur l’entreprise par le patronat »

Le directeur de la Fondation Jean-Jaurès, Gilles Finchelstein, et le patron de la CFDT, Laurent Berger, veulent amender la future loi « Pacte ».



Le Monde
 |    03.02.2018 à 09h54
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 15h14
    |

            Audrey Tonnelier, 
Raphaëlle Besse Desmoulières et 
Elise Barthet








                        



                                


                            

La Fondation Jean-Jaurès, un cercle de réflexion social-démocrate, devait publier, samedi 3 février, un rapport sur les relations entre entreprises et citoyens. Alors que le gouvernement prépare son « plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises » (Pacte), ces travaux suggèrent de modifier le code civil pour élargir la définition de l’entreprise à ses obligations sociales et environnementales. Autre proposition : renforcer la place des administrateurs salariés dans les organes de gouvernance. Des positions également défendues par la CFDT et que détaillent son secrétaire général, Laurent Berger, et le directeur général de la Fondation Jean-Jaurès, Gilles Finchelstein.
Pourquoi publier ce rapport maintenant ?
Gilles Finchelstein : Le débat a été relancé par le président de la République lui-même en octobre 2017 [lors d’une interview sur TF1]. C’est un débat difficile parce que conflictuel. Il y a une opposition sourde d’une partie du patronat, plus enthousiaste pour modifier une large part du code du travail qu’un article du code civil. Une partie de la gauche, notamment la gauche radicale, continue, dans sa relation à l’entreprise, à osciller entre ce qu’étaient l’appropriation collective des moyens de production et la confrontation sociale. Il y a enfin une opposition d’une partie de la majorité elle-même pour qui, eu égard à son parcours, ces enjeux sont secondaires.
Laurent Berger : Un des impensés de la réforme du code du travail est cette question de la gouvernance et de la définition des entreprises. La concertation sur le projet de loi Pacte est l’occasion de reposer ces enjeux : il faut rééquilibrer le pouvoir entre travail et capital.

Ne craignez-vous pas une opposition frontale de la part du patronat ?
L. B. : Concernant la réécriture du code civil, il faut évidemment trouver une formulation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Le mouvement a investi le champ culturel, réveillant le débat sur la distinction entre l’homme et l’œuvre, comme le prouve la polémique autour de Woody Allen.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

#metoo : assiste-t-on à un retour de la censure dans l’art ?

Le mouvement a investi le champ culturel, réveillant le débat sur la distinction entre l’homme et l’œuvre, comme le prouve la polémique autour de Woody Allen.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 09h35
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 15h42
    |

            Faustine Vincent








                        



   


La vague #metoo pourrait emporter Woody Allen à son tour. Accusé d’agression sexuelle par sa fille, le réalisateur américain est lâché par ses actrices alors que son dernier film, Wonder Wheel, sort sur les écrans. La sortie de son prochain long-métrage, A Rainy Day, est également menacée d’annulation par son producteur, Amazon.

        Lire :
         

          Woody Allen dans la tourmente de #metoo



C’est la dernière répercussion en date de l’affaire Weinstein – le producteur américain accusé de viols et agressions sexuelles – sur la production culturelle. La première remonte à la mi-décembre : accusé de harcèlement sexuel, l’acteur Kevin Spacey est effacé en catastrophe du dernier film de Ridley Scott, Tout l’argent du monde, et remplacé au pied levé.
L’humoriste Louis C. K. et l’acteur Ed Westwick, accusés peu après, connaissent le même sort. Suit l’appel, aux Etats-Unis, à retirer un tableau de Balthus, perçu comme un éloge de la pédophilie, et celui, en France, à annuler la rétrospective de Roman Polanski à la Cinémathèque française.
« Vague purificatoire », « censure », « révisionnisme », protestent les signataires de la « tribune des cent femmes », dont Catherine Deneuve. Le débat est lancé. En quelques semaines, le mouvement #metoo, dénonçant les violences sexuelles et le sexisme, a investi le champ artistique.
« La raison est simple », explique Thomas Schlesser, historien de l’art et auteur de L’Art face à la censure :
« Le domaine de l’art est désormais perçu, à tort ou à raison, comme révélateur du degré de liberté d’une société et d’une époque. Dès lors qu’on sent l’art atteint et contraint, des inquiétudes s’expriment. »
Distinction de l’homme et de l’œuvre : deux camps s’affrontent
L’éviction des acteurs incriminés et la polémique autour de Woody Allen relancent un débat classique : la distinction entre l’homme et l’œuvre. Deux camps s’affrontent : d’un côté ceux qui considèrent qu’ils sont indissociables, de l’autre ceux qui déplorent la « confusion » entre les deux, comme l’écrivent les signataires de la « tribune des cent femmes ».
Cette différence de vues recoupe celle, culturelle, qui sépare les Etats-Unis de la France, attachée à cette distinction. « De même qu’une chose représentée n’est pas la chose elle-même, une œuvre d’art n’est pas son auteur, à moins qu’on ne souhaite collectivement en faire notre critère d’appréciation moderne », affirme ainsi Thomas Schlesser, également directeur de la Fondation Hartung Bergman, à Antibes.
Il met en garde contre le jugement d’une œuvre au prisme de la personnalité de son auteur, qui impliquerait que « nos musées soient modifiés de fond en comble » : 
« Pour information, Caravage était un criminel, et Degas un misanthrope exécrable. Dans cette perspective, quelle “police” décrétera qui a droit d’être exposé au Louvre ou non ? »
De l’autre côté de l’Atlantique, au contraire, la distinction entre l’homme et l’œuvre ne va pas de soi. « Cela ne veut pas dire pour autant que la France ne subit pas l’importation de normes américaines », observe Nathalie Heinich, sociologue de l’art au CNRS. Même dans l’Hexagone, cette distinction tend à s’amenuiser.
« Engager un acteur, c’est engager un personnage public »
Un phénomène dû « à la montée en puissance de la culture médiatique », avance Matthieu Letourneux, professeur de littérature et auteur de Fictions à la chaîne : littératures sérielles et culture médiatique (Seuil, 2017). « Engager un acteur, c’est engager un personnage public, une célébrité dont la vie privée est connue. L’image de l’acteur affecte donc l’œuvre ». Tout comme celle de Woody Allen affecte aujourd’hui ses films, comme le prouve la polémique.
Selon le professeur, les débats actuels témoignent d’une « rupture majeure en termes culturels » : la mise en cause de cette séparation entre homme et œuvre, mais aussi la transformation de la définition même d’une œuvre d’art et de son périmètre. « Depuis trente ans, on a vu un énorme élargissement de la notion d’œuvre d’art, qui a été étendue aux industries culturelles – séries télévisées, dessins animés, bande dessinée… Puisque tout devient art, la sacralité de l’œuvre est mise en cause, donc tout est plus facilement contestable », explique-t-il.
L’effacement des acteurs « renvoie à une culture stalinienne »
Le mouvement #metoo se traduit-il par un retour de la censure ? « Le terme est inapproprié », selon Nathalie Heinich. Dans le cas des acteurs « effacés », par exemple, la décision émanait des réalisateurs, et non d’une instance supérieure faisant autorité ou d’un Etat, ce qui justifierait qu’on évoque une censure. Il s’agit donc, éventuellement, d’autocensure.
Or, comme l’explique la chercheuse, les artistes s’y soumettent « en permanence, quel que soit le contexte, car ils savent qu’il y a des lois et qu’ils ne peuvent pas inciter à la haine raciale, la pédophilie ou encore l’antisémitisme ». La polémique ravive l’éternelle question de la liberté créatrice : un artiste peut-il tout dire, tout écrire ? En cas de doute, ce sont les juges qui tranchent.
Si l’effacement des acteurs dérange, c’est avant tout parce qu’il « renvoie à une culture stalinienne », affirme Nathalie Heinich. Les images truquées à l’époque de l’ancien dictateur soviétique, qui avait notamment fait effacer Trotski des photos officielles, sont restées en mémoire. « Il est troublant de voir que dans un pays prônant la liberté, on recourt à des manipulations expérimentées dans un régime totalitaire », poursuit-elle.
Mais cette appréciation divise. « Cela n’a rien à voir, objecte André Gunthert, maître de conférences en histoire visuelle à l’EHESS (Ecole des hautes études en sciences sociales). Dans un cas, il s’agit d’altérer l’histoire à des fins de propagande, et dans l’autre, de la modification d’une production culturelle. »
Modifications fréquentes
Ce type de modifications est « très fréquent dans l’industrie culturelle, y compris pour des œuvres d’art, selon le chercheur. Mais d’habitude, cela passe inaperçu ». Des acteurs de série sont régulièrement remplacés par d’autres pour incarner un même personnage.
A la Renaissance, les feuilles de vignes rajoutées aux statues grecques illustraient, elles aussi, ce phénomène d’adaptation
D’autres changements sont effectués en fonction du contexte dans lequel l’œuvre est montrée. Les exemples sont légion. Les Schtroumpfs noirs, publiés par Peyo en 1963 et décrivant des personnages violents et agressifs, sont ainsi devenus violets lors de la parution aux Etats-Unis, afin de ne pas donner lieu à des interprétations racistes. A la Renaissance, quelques siècles plus tôt, les feuilles de vignes rajoutées aux statues grecques antiques illustraient, elles aussi, ce phénomène d’adaptation culturelle.
Ce qui semble anodin dans certains contextes paraît insupportable dans d’autres. « L’histoire montre que nos valeurs évoluent énormément, dans un sens comme dans l’autre, alors qu’elles sont toujours perçues à l’instant T comme absolues, ou du moins difficiles à transgresser », analyse Nathalie Heinich, qui a étudié cette question dans son essai Des valeurs. Une approche sociologique (Gallimard).
C’est aussi ce qui s’exprime aujourd’hui lorsque des collectifs féministes réclament le retrait de certains tableaux, ou l’éviction d’acteurs accusés de violences sexuelles. Dans le cas de Kevin Spacey, « entre le début du tournage et la fin, le contexte a changé car la perception des violences faites aux femmes a évolué », analyse André Gunthert. D’où le choix de Ridley Scott, davantage guidé, selon lui, par un « calcul commercial » – afin d’éviter tout boycott – que par un « jugement moral ».
Le débat engagé à la faveur du mouvement #metoo revêt en tout cas un « avantage majeur », estime Thomas Schlesser, celui de « restituer aux œuvres contestées leur pouvoir dérangeant, alors que l’indifférence à leur égard est très majoritairement la norme ». Une performance en soi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Editorial. Porteur d’une transformation de l’action publique, le gouvernement semble avoir déjà tout décidé avant même d’ouvrir le dialogue avec les syndicats.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Réforme de l’Etat : une parodie  de concertation

Editorial. Porteur d’une transformation de l’action publique, le gouvernement semble avoir déjà tout décidé avant même d’ouvrir le dialogue avec les syndicats.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 09h21
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 11h29
   





                        


Editorial du « Monde ». Olivier Dussopt va entreprendre de véritables travaux d’Hercule. L’ancien député socialiste, devenu secrétaire d’Etat de l’action et des comptes publics après avoir voté contre le budget 2018, sera en première ligne, sous la houlette du sarkozyste Gérald Darmanin, pour négocier avec les syndicats la réforme de l’Etat. Edouard Philippe a présenté, jeudi 1er février, à l’intention des 5,5 millions de fonctionnaires, le menu de cette transformation de l’action publique « sans totem ni tabou ». Tout y est : rénovation du statut, recours accru aux contractuels, rémunération au mérite, « profonde revue des missions et des dépenses » des administrations. Et, cerise sur le gâteau, mise en œuvre, comme dans les entreprises privées, d’un « plan de départs volontaires » dans le cadre de la réduction de 120 000 postes annoncée par Emmanuel Macron d’ici à 2022.
Quand il était ministre de l’économie, M. Macron avait déjà jeté un pavé dans la mare, en septembre 2015, en jugeant que le statut des fonctionnaires n’était « plus adapté ». Maurice Thorez avait été le père de la loi du 19 octobre 1946 instaurant ce statut. Mais l’œuvre de l’ancien ministre communiste n’a pas été gravée dans le marbre. Elle a été profondément rénovée par l’ordonnance du 4 février 1959. Et un autre ministre communiste, Anicet Le Pors, a, dans la loi du 13 juillet 1983, unifié les trois fonctions publiques – d’Etat, territoriale, hospitalière – et établi un nouveau « statut général de la fonction publique ». Loin d’être rigide, ce code a permis des souplesses, à commencer par le recours à des agents contractuels, aujourd’hui au nombre de 942 000, qui peuvent être de droit public ou de droit privé, avec des contrats à durée déterminée ou indéterminée.
Un langage que ne renierait pas le Medef
M. Macron veut aller plus loin et bousculer la fonction publique, quitte, selon les mots du premier ministre, à « heurter la sensibilité ou les équilibres ». Avec un langage que ne renierait pas le Medef, M. Dussopt veut des administrations « plus véloces, plus agiles et plus armées ». Imaginer un plan de départs volontaires revient à administrer un électrochoc à un patient qui n’est pas prêt à le supporter. Pour autant, une telle innovation n’est pas une hérésie. Mieux vaut un départ volontaire que contraint. Tout dépendra du contenu du dispositif qui sera négocié sur un an. Favorisera-t-il la mobilité entre les trois fonctions publiques ? Les agents désireux de se reconvertir dans le secteur privé pourront-ils passer par la case chômage ? Comment la prime de sortie sera-t-elle calculée ?
Là où le bât blesse, c’est que, à l’opposé de la méthode utilisée pour la formation, l’apprentissage ou l’assurance-chômage, et même la réforme du code du travail, le gouvernement semble avoir déjà tout décidé avant d’ouvrir la concertation. Pour les syndicats, c’est la double peine. On leur a imposé le gel du point d’indice, le retour du jour de carence et inventé une « indemnité compensatrice » à la hausse de la CSG qui nourrit leurs frustrations. Le dialogue social est au point mort. Au régime sec, les fonctionnaires se sentent mal-aimés. Les conflits récents (ou à venir) dans les prisons, les Ehpad ou les hôpitaux ont mis au jour des déficits d’effectifs. Le malaise est profond, alors que des élections professionnelles auront lieu en décembre. Réformer l’Etat est nécessaire. Encore aurait-il fallu au préalable un vrai débat sur le rôle et la place des services publics.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Analyse. Pour le responsable des pages Débats du « Monde » Nicolas Truong, par le biais de tribunes toujours plus nombreuses se dessinent des communautés de pensée et de nouvelles formes de vie.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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Le retour d’un intellectuel collectif

Analyse. Pour le responsable des pages Débats du « Monde » Nicolas Truong, par le biais de tribunes toujours plus nombreuses se dessinent des communautés de pensée et de nouvelles formes de vie.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 09h03
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 13h05
    |

Nicolas Truong







                        



                                


                            
Analyse. Il n’avait pas disparu, mais sa voix ne portait plus. Certes, sa stature apportait toujours une caution à une candidature, sa signature amplifiait l’audience d’une pétition, son prestige lui conférait une précieuse valeur ajoutée. Mais guère plus. Or, voici que l’intellectuel est de nouveau écouté. Sur un champ politique dévasté, il est une boussole recherchée. Dans un paysage idéologique en pleine recomposition, il tient même lieu d’opposition. Prophétique, médiatique, critique, spécifique ou collectif, il réapparaît sous toutes ses formes dans l’espace public. Puisque l’époque est au centrisme, avec une conciliation des contraires – le fameux « Et en même temps » – qui confine parfois au conformisme, l’intellectuel tranche et rompt avec l’unanimisme.

A l’image de Régis Debray et d’André Markowicz, rares écrivains à avoir mis les pieds dans le plat ou la plume dans la plaie lors des célébrations de Johnny Hallyday et de Jean d’Ormesson. Devant le concert de louanges, d’hommages et de numéros spéciaux consacrés au rockeur hexagonal, Régis Debray fut, en effet, l’un des rares à critiquer « l’institutionnalisation du show-biz » (Le Monde, 12 décembre 2017). Quant au traducteur et poète André Markowicz, il fut l’un des seuls à se demander ce qu’avait fait Jean d’Ormesson, mis à part avoir « bien écrit », pour qu’un hommage national lui soit rendu.
L’opposition est à la dérive
Puisque l’opposition est à la dérive, autant la faire vivre dans les tribunes et dans les livres. Exemple parmi tant d’autres, En quel temps vivons-nous ? (La Fabrique, 2017) où le philosophe Jacques Rancière critique le catastrophisme en vogue du côté des nouvelles radicalités, tout comme sa faculté à « voir dans toute situation l’effet de la domination mondiale du capital » qui est devenue sa commode « réponse à tout ».
L’intellectuel critique est celui qui lance quelques fausses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Cent ans après la mort du peintre viennois, il a fallu poser des bandeaux blancs sur les parties intimes de ses modèles pour afficher des reproductions de ses œuvres dans l’espace public.
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Les nus de d’Egon Schiele dérangent la pub

Cent ans après la mort du peintre viennois, il a fallu poser des bandeaux blancs sur les parties intimes de ses modèles pour afficher des reproductions de ses œuvres dans l’espace public.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 08h00
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Une œuvre créée il y a cent ans peut-elle choquer le ­public aujourd’hui ? Des peintures de corps nus ­exposées dans l’espace ­public sont-elles scandaleuses à une époque où la publicité, omniprésente, utilise les codes de la pornographie pour mieux vendre ? La réponse a été donnée à l’occasion de l’importante rétrospective ­qu’organise la capitale autrichienne, en 2018, sur les cent ans du modernisme viennois. En préparant sa campagne de communication, l’agence de tourisme de Vienne ne se doutait pas de la réaction qu’elle susciterait.
Elle avait choisi de mettre en avant des œuvres d’Egon Schiele (1890-1918), l’un des artistes emblématiques de cette ­période, dont une exposition anniversaire se tiendra de fin février à début ­novembre au Musée Leopold. Des peintures de nus représentant des corps fatigués et imparfaits, des parties génitales exhibées dans leur réalité la plus crue. Il y a cent ans, alors que l’Empire austro-hongrois vit ses dernières heures, ces œuvres sont déjà considérées comme une provocation. Et Egon Schiele paie son audace d’un séjour en prison, en 1912, pour outrage à la morale publique.
Sociétés privées
Quel serait l’accueil de ces images dans la rue d’aujourd’hui ? On ne le saura pas. Les reproductions des œuvres qui devaient servir d’affiches publicitaires, parmi lesquelles Homme assis nu (1910) et Fille aux bas orange (1914), n’ont finalement pas été vues dans leur intégralité. Frilosité des pouvoirs publics ? Que nenni. A Hambourg, Cologne et Londres, ce sont des sociétés privées d’affichage publicitaire mandatées par l’organisme viennois qui ont refusé de les diffuser à moins de les censurer. « Nous savions que ces images étaient provocatrices, qu’elles susciteraient des réactions. Notre objectif était de montrer qu’Egon Schiele n’a rien perdu de son avant-gardisme. Mais nous ne nous attendions pas à ce que nos affiches n’atteignent même pas la rue », ­raconte Claudia Wieland, de l’office...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Kristofer Moisan-Sellez, spécialiste du loisir en ligne, préconise, dans une tribune au « Monde », une stratégie de défense des hôteliers contre la domination des géants de la réservation par Internet.
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« Les hôtels doivent retrouver le rôle prescripteur du réceptionniste dans les activités de loisir »

Kristofer Moisan-Sellez, spécialiste du loisir en ligne, préconise, dans une tribune au « Monde », une stratégie de défense des hôteliers contre la domination des géants de la réservation par Internet.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 08h00
    |

Kristofer Moisan-Sellez (Fondateur d’Easyloisirs, plate-forme de gestion et de distribution d’activités de loisirs)







                        



                                


                            
Tribune. Les sites de réservation d’hôtels en ligne, apparus il y a une dizaine d’années, ont fait de belles promesses : un taux d’occupation optimisé même dans les périodes creuses, un apport de chiffre d’affaires et une politique égalitaire pour les établissements.
Mais, en dix ans, les rapports entre les hôteliers et ces intermédiaires ont changé. Les conditions se sont durcies, les taux de commission, originellement autour de 12 %, ont grimpé jusqu’à 15 % voire 25 %. De nombreuses enseignes hôtelières ont donc fait le choix de ne plus être référencées par ces agrégateurs, qui ont construit leur trône sur les vieux os des agences de voyage et des tour-opérateurs.
Mais dans cette lutte déséquilibrée, ces derniers ont Google de leur côté. Nouer un partenariat avec des acteurs des loisirs pourrait en effet être un facteur différenciant pour les hôteliers… à condition qu’ils se saisissent de l’opportunité tant qu’il est encore temps.
Le secteur du loisir représente 200 milliards d’euros dans le monde. Le territoire français en concentre à lui seul 10 %, notamment grâce à la ville de Paris qui reste le plus fort point d’attractivité touristique. Les loisirs représentent entre 9 et 10 milliards de chiffre d’affaires annuel dans l’Hexagone, un marché en pleine croissance.
La question du « quoi faire sur place »
Depuis environ cinq ans, des agrégateurs d’offres de loisirs se positionnent sur ce secteur prometteur. Depuis peu, ils sont rejoints par les mastodontes de la réservation en ligne, qui souhaitent pousser l’expérience client en intégrant l’offre de loisirs dans leur stratégie.
Historiquement, la question du « quoi faire sur place » a toujours été liée au point de chute. Le réflexe était jusqu’alors de s’adresser au réceptionniste : un contact humain, toujours gage de bonnes adresses. Mais, aujourd’hui, la clientèle se renseigne sur le Web avant son séjour. Désormais, plus rien ne passe par eux !
L’hôtel,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ La Fondation de France estime à 5 millions le nombre de personnes vivant dans l’isolement dans notre pays, rappelle, dans sa chronique, Benoît Hopquin.
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« La solitude est partout et nulle part. Cette “garce” avec sa “triste gueule de l’ennui”, si joliment décrite par Barbara »

La Fondation de France estime à 5 millions le nombre de personnes vivant dans l’isolement dans notre pays, rappelle, dans sa chronique, Benoît Hopquin.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 07h07
    |

            Benoît Hopquin








                        



                                


                            
Chronique. Mardi 30 janvier, sous une pluie froide, deux personnes ont accompagné, de l’Institut médico-légal de Paris au cimetière de Thiais, Alain Poux (17 juin 1963-25 décembre 2017), Carmen Chavet (15 mai 1927-1er janvier 2018), Geneviève Bouley (1932-2017) et Serge Vildeuil (1960-2017). Elles ont lu un petit texte devant la tombe de ces défunts dont elles ignoraient jusque-là l’existence. Elles ont déposé une fleur pour réchauffer la pierre. Puis elles se sont rendues dans un café, ont consigné dans un classeur ce sobre cérémonial et publié un hommage sur Facebook.
La veille, l’humble cortège avait suivi Armelle Quentin, Vitor Casaleiro Ribeiro, Cabko Mapkob et Marie-Françoise Rigal. Mots, fleur, café : un protocole sommaire mais un protocole tout de même. Une dernière marque d’humanité adressée à un représentant de ladite humanité. Parce que quelqu’un est mort et un mort c’est quelqu’un. Parce que tout être de notre misérable espèce doit avoir le droit à cette digne sortie, les pauvres comme les riches, les anonymes comme les célébrités, Alain Poux comme Johnny Hallyday.
Une ultime civilité
Ainsi est-il, au moins deux fois par semaine, depuis 2004, car ainsi le veulent cinquante bénévoles du collectif Les Morts de la rue. Ils se relaient pour accorder à des inconnus cette dernière courtoisie, cette ultime civilité : qu’ils ne partent pas seuls, corps et âme. Admirable dévouement que cet In Memoriam ou plutôt ce « Salut l’ami », pour des gens qui avaient perdu la chaleur de l’amitié.
L’administration les appelle pudiquement « les morts isolés ». Ils ne sont pas SDF pour la plupart. Ils avaient un toit, des habitudes. Mais nul parent ou proche ne s’est signalé après l’annonce de leur décès. On sait des registres d’état civil qu’ils sont nés à Rodez, Fort-de-France, Saint-Pourçain-sur-Sioule ou en Bulgarie. On connaît leur dernier domicile, là où bien souvent leur corps a été retrouvé, parfois longtemps après. L’entre-deux,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Ce sociologue de la vie intellectuelle estime que l’onde de choc de l’élection d’Emmanuel Macron explique l’actuelle recomposition idéologique dont les médias sont les vecteurs.
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Laurent Jeanpierre : « L’intellectuel ne retrouvera pas seul sa gloire passée »

Ce sociologue de la vie intellectuelle estime que l’onde de choc de l’élection d’Emmanuel Macron explique l’actuelle recomposition idéologique dont les médias sont les vecteurs.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 06h30
    |

Nicolas Truong







                        



                                


                            
Professeur au département de science politique de l’université Paris-VIII - Vincennes - Saint-Denis, Laurent Jeanpierre est membre du Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris (CNRS- Paris-VIII - Paris-X). Codirectreur avec Christophe Charle de La Vie intellectuelle en France (Seuil, 2016), Laurent Jeanpierre fait une analyse critique de la mobilisation des intellectuels dans l’espace médiatique.
La bataille des tribunes et la soudaine visibilité de la prise de parole des intellectuels sont-elles le signe du regain de l’intervention du penseur « engagé » dans la cité, ou bien celui d’un espace vacant laissé par un champ politique bouleversé ?
Au-delà des effets de conjoncture et d’actualité qui permettraient certainement d’expliquer les prises de parole que vous mentionnez, il faut se demander si l’espace public n’enregistre pas à son tour, depuis quelques mois, les effets de l’élection présidentielle. Par son caractère complètement inattendu il y a encore une année, par la nouveauté au moins apparente qu’elle représente dans le cadre des structures partisanes de la Ve République, qu’elle vient bousculer, l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République entraîne une onde de choc : des recompositions qui dépassent largement la haute administration et le monde politique, et gagnent l’espace public.
« La période actuelle est marquée par des transformations et des réalignements idéologiques aussi intenses qu’incertains »
Cela est sans doute vrai après chaque compétition électorale de ce type, mais l’effet est aujourd’hui amplifié à cause de l’improbabilité du résultat et de l’émergence de nouvelles organisations politiques. La période actuelle est donc marquée par des transformations et des réalignements idéologiques aussi intenses qu’incertains. Les médias et le journalisme, indépendants ou pas, en sont les premiers vecteurs. La place et la visibilité accordées aux professions intellectuelles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Dans un payssage politique bouleversé, où droite et gauche entament à peine leur reconstruction, les interpellations les plus vigoureuses adressées au chef de l’Etat semblent venir de la société civile.
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Emmanuel Macron face à la guerre des tribunes

Dans un payssage politique bouleversé, où droite et gauche entament à peine leur reconstruction, les interpellations les plus vigoureuses adressées au chef de l’Etat semblent venir de la société civile.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 06h27
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 10h45
    |

            Bastien Bonnefous, 
Solenn de Royer et 
Nicolas Truong








                        



                                


                            
Une pluie de tribunes s’est abattue sur Emmanuel Macron et son gouvernement. A tel point que l’on pourrait croire que certains intellectuels sont devenus ses principaux opposants. Et que les débats « impriment » davantage dans les médias qu’au Parlement.
C’est à propos du sort réservé aux réfugiés que le déluge a commencé. Le 11 janvier, dans un numéro de L’Obs, sur la couverture duquel le chef de l’Etat apparaît derrière un chapelet de barbelés, l’écrivain Jean-Marie Gustave Le Clézio dénonce « un déni d’humanité insupportable » dans la volonté du président de vouloir « faire le tri » entre migrants économiques et réfugiés politiques, alors que l’historien Patrick Boucheron s’en prend à l’actuel gouvernement, « qui n’a jamais été aussi loin dans le mépris des droits humains lorsqu’il refuse de porter secours à ceux qui souffrent tout en s’en prenant à ceux qui leur viennent en aide ».
Le 17 janvier, alors que le président est en visite à Calais (Pas-de-Calais), une tribune publiée par Le Monde lui reproche de mener une politique migratoire qui « contredit l’humanisme » qu’il prône officiellement. L’embardée fait mouche car elle est menée par quelques-uns des plus proches partisans et artisans de la campagne victorieuse d’Emmanuel Macron, tels que l’économiste Jean Pisani-Ferry et l’essayiste Thierry Pech. Quelques jours plus tard, c’est au tour de l’écrivain Yann Moix d’accuser le chef de l’Etat d’avoir instauré à Calais un « protocole de la bavure » (Libération, 21 janvier).
Parallèlement, l’immense audience nationale et mondiale rencontrée par la tribune dite des « cent femmes » contre le « puritanisme » et le « révisionnisme » culturel imputés à la dérive, selon elles, du mouvement #metoo donne le ton et le mode d’adresse à l’opinion.
Vide oppositionnel
Les tribunes et les débats s’enchaînent et bousculent le gouvernement. Le 16 janvier, la sociologue...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la conseillère Agathe Cagé rappelle qu’en matière d’éducation que d’économie, des intellectuels ont fait des propositions concrètes et peu contestables. Mais, dans le meilleur des cas, il a fallu dix ans pour qu’elles voient le jour.
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Agathe Cagé : « L’idylle entre intellectuels et politiques est moins que jamais d’actualité »

Dans une tribune au « Monde », la conseillère Agathe Cagé rappelle qu’en matière d’éducation que d’économie, des intellectuels ont fait des propositions concrètes et peu contestables. Mais, dans le meilleur des cas, il a fallu dix ans pour qu’elles voient le jour.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 06h15
    |

Agathe Cagé (Docteure en sciences politiques)







                        



                                


                            
Tribune. La France, championne du monde de la rapidité ? Certainement pas dans le domaine de la mise en pratique politique des bonnes idées. L’action publique française se construit le plus souvent en laissant à distance l’apport potentiel énorme que constitue la recherche en sciences humaines et sociales. Quelques intellectuels vivant de leur exposition médiatique mis à part, cela fait bien longtemps que les universitaires ne courent plus les dîners donnés sous les ors de la République, ministre(s) ou pas à table. Et il est de bon ton pour la plupart de nos hommes politiques, dans ledit « nouveau monde » comme dans l’ancien, d’exprimer leur distance avec les chercheurs.
Situation paradoxale alors que les oppositions doivent affronter le défi de leur reconstruction idéologique
Si idylle il y a eu en France entre intellectuels et politiques, elle est moins que jamais d’actualité. Situation paradoxale alors que les oppositions de droite comme de gauche doivent, depuis mai dernier, affronter le défi de leur reconstruction idéologique avant de pouvoir espérer de futures victoires électorales, et que le gouvernement a fait d’un ministre de l’éducation, grand chantre des neurosciences, sa principale figure médiatique. Mais la France n’est pas à un paradoxe près. Au prix toutefois ici d’importants rendez-vous de progrès économiques et sociaux manqués.
On pourrait croire l’éducation de nos enfants, au regard de son importance fondamentale, préservée de tant d’inconstances. Il n’en est rien. Afin de favoriser la méritocratie scolaire partout sur le territoire, l’historien Patrick Weil a proposé dès avril 2005, dans l’ouvrage La République et sa diversité, l’idée d’un droit d’accès aux classes préparatoires, aux grandes écoles et aux établissements sélectifs pour les meilleurs élèves de chaque lycée, sur le modèle d’une initiative similaire mise en place avec succès au Texas.
Se lançant dans un lobbying intense, il a obtenu...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Brice couturier, journaliste et essayiste, estime qu’en « accusant » le président de la République de mener une politique migratoire qui déshonorerait le pays, l’écrivain Yann Moix confond le rôle de l’intellectuel et celui du politique.
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Brice Couturier : «  L’intellectuel parle au nom de la conviction, le politique agit en fonction de la responsabilité»

Dans une tribune au « Monde », Brice couturier, journaliste et essayiste, estime qu’en « accusant » le président de la République de mener une politique migratoire qui déshonorerait le pays, l’écrivain Yann Moix confond le rôle de l’intellectuel et celui du politique.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 08h17
    |

Brice Couturier (Journaliste et essayiste, auteur de "Macron, un président philosophe", éd. de l'Observatoire, 2017)







                        



                                


                            
Tribune. Dans une lettre ouverte publiée par Libération, Yann Moix interpelle notre président de la République à propos de l’attitude de la police envers les migrants, à Calais. Il le fait en usant de procédés rhétoriques manifestement empruntés au célèbre « J’accuse » d’Emile Zola. D’une part, en dénonçant, la complicité des plus hautes autorités de l’Etat dans ce qu’il considère comme un déni de justice qui déshonore notre pays. De l’autre, en mettant ces mêmes autorités au défi de porter plainte contre lui. Comme on sait, sa lettre valut à Zola une forte amende et une lourde peine de prison. Celle de Moix lui apporte l’approbation du « parti des médias » et de nombreuses invitations sur de prestigieux plateaux.
Emmanuel Macron n’est pas non plus Félix Faure. Celui-ci était un industriel de la tannerie, celui-là un authentique intellectuel, comme j’ai cherché à l’établir dans mon livre, Macron, un président philosophe. Sa formation personnelle en atteste, de même que le type de réflexion qu’il a déployée sur la situation historique que traverse notre pays. Or, c’est à l’intellectuel autant qu’au responsable politique que s’adresse Yann Moix. Mais comme l’a montré Max Weber, la mission du savant et celle du politique sont profondément distinctes. L’intellectuel parle au nom d’une éthique de la conviction. Le politique agit en fonction de l’éthique de la responsabilité. Le premier n’écoute que la voix intérieure de sa croyance. Le second se souvient d’avoir à rendre compte des conséquences prévisibles de ses actes.
Intégration des vagues d’immigration pas satisfaisantes
Une partie importante de nos intellectuels paraît convaincue que l’humanité devrait entrer dans une phase postnationale et qu’elle se porterait mieux si on abolissait les frontières des Etats. Certains semblent vouloir ajouter à la Déclaration des droits de l’homme un droit universel à l’installation en Europe....




                        

                        


<article-nb="2018/02/03/19-14">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Laurent Bourgeon, professeur à l’Essec, fait un parallèle entre l’apparition d’agrégateur de dossiers de candidature aux programmes masters et l’apparition de Netflix dans l’industrie du cinéma.
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« Ce n’est plus qu’une question de temps pour que les grandes écoles ne soient plus maîtresses de leur recrutement »

Dans une tribune au « Monde », Laurent Bourgeon, professeur à l’Essec, fait un parallèle entre l’apparition d’agrégateur de dossiers de candidature aux programmes masters et l’apparition de Netflix dans l’industrie du cinéma.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 19h00
    |

Laurent Bourgeon (Professeur de stratégie à Essec Business School)







                        



                                


                            

Tribune. Mastersbooking.fr sera-t-il aux établissements d’enseignement supérieur français ce que Netflix est aux chaînes de télévision ? Cet agrégateur propose en effet aux étudiants de faciliter la gestion de leur dossier de candidature à de nombreux programmes d’enseignement supérieur (écoles de commerce, écoles d’ingénieurs, universités), qu’il s’agisse de programmes de type Masters ou de programmes post-bac de type Bachelors (Bachelorsbooking.fr).
L’émergence d’un tel agrégateur répond à la fragmentation de l’offre. Un grand nombre d’acteurs propose des cursus multiples et disparates, peu lisibles pour le « client » et difficiles à comparer par ce dernier. Force est de constater que, depuis la conférence de Bologne qui a instauré il y a dix-huit ans la réforme LMD (licence-master-doctorat) visant à harmoniser les systèmes d’enseignement supérieur au niveau européen, l’offre des « business schools », des universités françaises et des écoles d’ingénieurs ne s’est pas simplifiée, loin de là : masters 1 et 2, master « pro » ou de recherche, mastères spécialisés, label Badge [Bilans d’aptitude délivrés par les grandes écoles], diplômes de niveau 1 ou 2 CNCP [commission nationale de la certification professionnelle], DU (pour diplôme universitaire), bachelors en 3 ou 4 ans…

D’une manière générale, la fragmentation de l’offre est le résultat d’un manque de collaboration entre les acteurs d’un secteur, qui se trouvent ainsi dans l’impossibilité d’imposer un standard. C’est cette situation qui a suscité, par exemple, l’émergence de Netflix aux Etats-Unis quand les studios et les « networks » américains étaient collectivement dans l’incapacité de proposer une offre de « vidéo à la demande » (VOD) réunissant leurs catalogues et répondant aux attentes d’un large public.
Le rôle de l’agrégateur va donc consister à défragmenter l’offre en en proposant un inventaire aussi exhaustif que possible, la rendant plus lisible pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Pour que les dirigeants prennent mieux en compte les risques sociaux et environnementaux, les professeurs de gestion Xavier Hollandts et Bertrand Valiorgue préconisent dans une tribune au « Monde » la nomination d’administrateurs chargés de répondre aux questions des acteurs extérieurs à l’entreprise.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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Pour un « comité des parties prenantes spécifiques » au sein des conseils d’administration

Pour que les dirigeants prennent mieux en compte les risques sociaux et environnementaux, les professeurs de gestion Xavier Hollandts et Bertrand Valiorgue préconisent dans une tribune au « Monde » la nomination d’administrateurs chargés de répondre aux questions des acteurs extérieurs à l’entreprise.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 16h30
    |

                            Bertrand Valiorgue (Université d’Auvergne,  Chaire Alter-Gouvernance) et 
                            Xavier Hollandts (KEDGE Business School, Chaire Alter-Gouvernance)








                        



                                


                            

Tribune. Un débat majeur vient de s’ouvrir en France sur la nature et la finalité de l’entreprise. Il oppose deux visions qui semblent irréconciliables.
D’un côté, les partisans d’une refonte de l’entreprise et de sa gouvernance qui appellent à une réécriture de l’article 1833 du code civil afin de pousser les entreprises à mieux prendre en considération les conséquences négatives de leur activité sur l’environnement et les parties prenantes.
Une nuance
De l’autre, les partisans d’un statu quo qui soulignent le risque important de déstabiliser les entreprises françaises en changeant le contenu de cet article.
Ces positions tranchées et les controverses qu’elles génèrent amènent à revenir sur le rôle du conseil d’administration et la notion même de gouvernance. Que font les administrateurs et quels intérêts doivent-ils servir ?
La mission principale des administrateurs est d’assurer le bon fonctionnement de la société qui constitue le support juridique de l’entreprise. Cela passe par un respect des règles du droit des sociétés, essentiellement contenu dans le code civil et le code du commerce. C’est également le conseil d’administration qui nomme et révoque les dirigeants et fixe leurs rémunérations.
Les administrateurs organisent le fonctionnement du conseil et s’investissent dans des comités spécialisés (comité des rémunérations, comité d’éthique, comité d’audit…). Il revient enfin aux administrateurs le soin d’organiser la communication d’informations fiables et sincères aux actionnaires et aux marchés financiers. En droit, la mission principale du conseil d’administration est de gouverner la société.
Face à ces principes juridiques clairs, les différents codes de gouvernance aussi bien français qu’étrangers ont introduit une nuance dont on mesure aujourd’hui les conséquences. Ces codes de gouvernance amènent le conseil d’administration à se prononcer sur les orientations stratégiques de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Pour le responsable des programmes Afrique de l’ACAT-France, Clément Boursin, le porte-parole de l’opposition tchadienne mort en 2008 est un symbole des victimes oubliées de l’histoire politique du Tchad.
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Point de vue

« Dix ans sans Ibni Oumar Mahamat Saleh, victime d’un crime d’Etat tombé dans l’oubli »

Pour le responsable des programmes Afrique de l’ACAT-France, Clément Boursin, le porte-parole de l’opposition tchadienne mort en 2008 est un symbole des victimes oubliées de l’histoire politique du Tchad.

Par                                            Clément Boursin




LE MONDE
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        Le 02.02.2018 à 15h37

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        Mis à jour le 02.02.2018 à 15h50






    
La veuve d’Ibni Oumar Mahamat Saleh, Sadia Brahim et son cousin Moussa Mahamat Saleh, posant, le 15 mai 2008, avec le portrait de l’opposant tchadien disparu.
Crédits : PATRICK FORT / AFP


Tribune. Il y a dix ans, le 3 février 2008, l’opposant tchadien et porte-parole de l’opposition Ibni Oumar Mahamat Saleh – président du Parti pour les libertés et le développement (PLD) – était enlevé à son domicile de N’Djamena, devant sa femme et son plus jeune fils, par des militaires de la garde présidentielle. Le même jour, deux autres opposants, Ngarledji Yorongar et Lol Mahamat Choua, étaient également enlevés par les soldats fidèles au président Idriss Déby Itno. Le régime venait de mettre un terme à la tentative de prise de pouvoir par les armes de forces rebelles tchadiennes venues du Soudan voisin et profitait du contexte pour essayer de briser l’opposition pacifique. Après une forte mobilisation internationale, les deux opposants ont recouvré la liberté. Ibni Oumar Mahamat Saleh, lui, n’est jamais réapparu. Il est vraisemblablement mort en détention, dans des circonstances qui restent indéterminées.
La promesse de Nicolas Sarkozy oubliée
Jusqu’en 2013, les autorités tchadiennes, mises ponctuellement sous pression par la communauté internationale, ont mené un simulacre d’enquête, évitant soigneusement que la vérité soit établie et connue. D’année en année, la pression de la communauté internationale a diminué jusqu’à ce que le sujet ne soit plus abordé. La justice tchadienne a prononcé un non-lieu en juillet 2013.

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La France a oublié la promesse faite par le président Nicolas Sarkozy à N’Djamena le 27 février 2008 : « La France veut la vérité et je ne céderai pas sur ce point ». L’Assemblée nationale a pourtant tenté de remobiliser les autorités françaises avec sa résolution du 25 mars 2010, demandant au gouvernement de faire pression sur N’Djamena afin que toute la lumière soit faite sur la disparition d’Ibni Oumar Mahamat Saleh. Mais le sujet était trop délicat, avec une implication possible du président tchadien dans cette affaire et peut être celle de conseillers militaires français présents auprès de Déby au moment des faits. Dans son rapport, la commission d’enquête sur les événements de février 2008, à laquelle la société civile tchadienne a participé, avait écrit en septembre 2008 : « Dans un régime avec une très forte centralisation du pouvoir, un militaire, même de haut rang, pouvait-il, sans l’assentiment du président de la République, organiser la disparition des opposants politiques ? »

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Les autorités tchadiennes ont longtemps pensé que l’affaire Ibni allait être oubliée et enterrée comme bien d’autres disparitions forcées survenues précédemment au Tchad. Or l’absence de vérité et de justice a, au contraire, poussé la famille d’Ibni – installée en France – à se mobiliser encore plus fortement au niveau international, avec l’aide de parlementaires socialistes français et d’associations de défense des droits de l’homme, dont l’ACAT-France, mobilisée dès février 2008.
Le soutien du Parti socialiste s’est dissipé
La famille d’Ibni a déposé une plainte devant le tribunal de grande instance de Paris en février 2012 pour enlèvement, séquestration, torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Bien que le parquet de Paris et le Ministère public aient émis un avis contraire, quatre mois plus tard, la Chambre d’instruction de la Cour d’appel de Paris décidait d’ouvrir une information judiciaire pour faits d’enlèvement et de séquestration accompagnés de tortures et d’actes de barbarie commis sur la personne de l’opposant disparu. Une première victoire, pensait-on.

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Pour appuyer la justice française dans sa quête de vérité, des sénateurs courageux proposaient, en mars 2014, la création d’une « Commission d’enquête sur l’action conduite par les représentants de la France, qu’ils appartiennent à l’armée, la police ou la diplomatie, lors des journées des 30 janvier, 1er, 2, 3 et 4 février 2008 à N’Djamena ». Mais le vent avait déjà tourné en France, notamment au sein de l’appareil politique du Parti socialiste, alors au pouvoir avec François Hollande. Avec l’appui militaire tchadien à l’intervention française au Mali, le président Idriss Déby Itno avait, dès 2013, retrouvé son fauteuil d’allié stratégique de Paris. Le soutien au « camarade » de l’Internationale socialiste porté disparu s’est dissipé. La résolution n’a donc pas été adoptée.

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Après avoir longtemps résisté aux sirènes du régime, une partie de la famille de l’opposant disparu s’est rapprochée du pouvoir tchadien, obtenant des postes importants et rémunérateurs dans des entreprises et banques publiques en 2016 et 2017. Comme on pouvait malheureusement s’y attendre, ce ralliement a rendu la famille d’Ibni moins active pour faire progresser la justice dans cette affaire. Il a fortement déstabilisé ses soutiens en France, particulièrement au sein de la diaspora tchadienne, du monde politique et de la société civile.
Aujourd’hui, dix ans après l’enlèvement de l’opposant tchadien par la garde présidentielle tchadienne, force est de constater que ce crime d’Etat est tombé dans l’oubli. La procédure judiciaire en France, dernier espoir dans cette affaire, avance très lentement depuis six ans donnant un sentiment de stagnation. Ibni Oumar Mahamat Saleh reste aujourd’hui un symbole des victimes oubliées de l’histoire politique mouvementée du Tchad.
Clément Boursin est responsable des programmes Afrique de l’ACAT-France (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture)


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Dès ses débuts, la théorie économique a réfléchi aux conditions et aux limites de l’exploitation des ressources naturelles. Des enseignements aujourd’hui très précieux pour penser la question climatique, estime Antoine Missemer, du CNRS, dans une tribune au « Monde ».
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« La recherche économique a tout à gagner à explorer le passé »

Dès ses débuts, la théorie économique a réfléchi aux conditions et aux limites de l’exploitation des ressources naturelles. Des enseignements aujourd’hui très précieux pour penser la question climatique, estime Antoine Missemer, du CNRS, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    02.02.2018 à 15h17
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 15h49
    |

Antoine Missemer (Economiste au CNRS)







                        



                                


                            

Tribune. Que la science économique ne soit pas une science exacte, beaucoup en conviennent. Qu’elle ait besoin de s’ouvrir aux autres disciplines, en particulier aux autres sciences sociales, de plus en plus l’admettent et œuvrent en ce sens. Que l’histoire ait toute sa place dans ce dialogue interdisciplinaire, c’est là un défi important. Certes, le temps long nourrit des travaux majeurs, comme ceux de Thomas Piketty sur les inégalités.
Mais beaucoup restent enclins à considérer que les expériences passées sont d’un intérêt heuristique modeste : d’une part, les théories contemporaines tiendraient compte des erreurs du passé ; d’autre part, les expériences d’hier ne nous diraient pas grand-chose sur les problèmes inédits d’aujourd’hui.
Le premier argument suppose un savoir économique cumulatif, ce qui est contestable lorsque l’on connaît les aléas tumultueux de l’histoire de la discipline. Sur le deuxième argument, beaucoup de défis contemporains, comme l’essor des nouvelles technologies ou le changement climatique, ont les traits d’enjeux nouveaux. L’histoire ne mérite pourtant pas d’être mise au ban, même sur ces sujets a priori sans précédent.
Pic charbonnier
L’exemple du développement durable est significatif. Les historiens de l’environnement ont montré combien les questions de pollution et de transition énergétique ont été importantes par le passé. Les discours économiques sur ces sujets sont eux-mêmes anciens et méritent une attention renouvelée dans le ­contexte contemporain.
Lorsque l’économiste britannique William Stanley Jevons (1835-1882) s’est intéressé au risque de pic charbonnier, il a contribué à autonomiser le discours des économistes vis-à-vis de l’expertise des ingénieurs et des géo­logues. Cette émancipation continue aujourd’hui de produire des malentendus. Les uns, les économistes, confient toujours au signal prix le rôle d’indicateur de rareté ; les autres, issus des sciences de la Terre, soulignent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’économiste Xavier Ragot, président de l’OFCE, explique que la crise a renouvelé la recherche économique – plus attentive à l’histoire, à la dialectique du court et du long terme et à l’environnement – traçant ainsi un nouveau cadre pour les politiques publiques.
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« La crise de 2007-2008 a dessillé le regard des économistes »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste Xavier Ragot, président de l’OFCE, explique que la crise a renouvelé la recherche économique – plus attentive à l’histoire, à la dialectique du court et du long terme et à l’environnement – traçant ainsi un nouveau cadre pour les politiques publiques.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 08h40
    |

Xavier Ragot (Directeur de recherche au CNRS et président de l’Observatoire français des conjonctures économiques)







                        



                                


                            
Tribune. La crise économique, la montée des inégalités et la question environnementale ont changé la façon de voir des économistes. Les réorientations intellectuelles d’une discipline sont souvent peu perceptibles avant qu’un vaste ensemble de travaux dessine un nouveau paysage. C’est celui que s’efforce d’esquisser le dernier numéro de la Revue de l’OFCE, qui présente les questions inédites abordées par vingt-sept chercheurs de premier plan et les résultats récents de leurs travaux (n° 153, décembre 2017).
La première tendance qui se dégage est le retour de l’histoire économique, en premier lieu autour du débat sur la croissance. Alors que les technologies numériques sont partout, celle-ci semble s’essouffler. Trois explications s’opposent. La première soutient que l’on mesure mal la croissance et que les principaux changements sont à venir.
La deuxième avance l’idée que la faiblesse des taux d’intérêt facilite le financement d’entreprises peu productives et contribue à une moins bonne allocation du capital : des entreprises zombies, improductives et survivant grâce à un crédit peu coûteux, cacheraient la transformation souterraine de nos économies.
Une troisième insiste sur la mauvaise gestion de la crise depuis dix ans, d’où une trop faible inflation et un déficit de demande qui, malgré la politique monétaire non conventionnelle, empêchent de profiter d’un nouveau potentiel productif.
La question environnementale
Les politiques économiques pertinentes dépendent de la réponse à ces questions : faut-il inciter à mieux allouer l’épargne des ménages, ou faut-il augmenter l’inflation par des politiques fiscales et salariales accommodantes ? Heureusement, ces choix ne sont pas exclusifs : la plupart des pays s’engagent dans ces deux directions.
L’incapacité d’une grande partie des économistes à prévoir ou même à comprendre la crise de 2007-2008 a jeté un discrédit sur la profession
De même, la question environnementale...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Dans sa chronique, la journaliste du « Monde » Annie Kahn pointe que les faiblesses humaines en matière de prise de décision sont confirmées par les neurosciences. Les algorithmes pourraient y remédier, à la condition d’être contrôlés... et humanisés.
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L’art et la manière de décider en connaissance de cause

Dans sa chronique, la journaliste du « Monde » Annie Kahn pointe que les faiblesses humaines en matière de prise de décision sont confirmées par les neurosciences. Les algorithmes pourraient y remédier, à la condition d’être contrôlés... et humanisés.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 15h00
    |

            Annie Kahn








                        



                                


                            
Ma vie en boîte. « Plus l’entreprise est grande, moins les manageurs savent décider », se désolent les auteurs du premier baromètre Décision de l’IFOP, réalisé pour MPI Executive, un cabinet de management de transition, et publié le 22 janvier (lien vers PDF). Le constat a tout l’air d’un truisme. Car plus une entreprise est grande, plus elle est complexe ; plus elle compte de niveaux hiérarchiques et de dirigeants dont il faut, en cascade, attendre l’approbation pour agir. Ne serait-ce que pour se couvrir en cas d’échec. Certes, il n’en serait pas ainsi s’il était davantage admis que l’erreur est humaine, voire formatrice. Mais rares sont ceux qui appliquent la formule.
Gare à l’excès de confiance, que l’accumulation de données ne fait que renforcer
Conséquence : chacun ouvre le parapluie. D’autant que les progrès des neurosciences, avec leur cortège de biais décisionnaires identifiés et expliqués, ne sont guère rassurants pour qui est aux manettes. Chris Bradley, associé du bureau australien de McKinsey, en fait une liste très instructive dans un billet de blog (en anglais) de ce cabinet de conseil en stratégie en date du 18 janvier. Gare à l’excès de confiance, que l’accumulation de données ne fait que renforcer. Car on ne retient souvent que les informations qui confirment son intuition initiale. Ou celles qui consistent à refaire ce que l’on a déjà fait dans le passé. Par habitude.
C’est le biais de confirmation qui nous porte, en réunion, à écouter d’une oreille très attentive l’orateur qui pense comme nous, et à rester sourd aux propos divergents. Sauf ceux émanant d’une personne faisant autorité. Quant au biais de sélection, il survient lorsqu’on décide sur la base de données mal calibrées. En étudiant les avis de clients par exemple, mais pas ceux d’acheteurs potentiels qui ont préféré un concurrent. Enfin, le biais d’attribution conduit à se tromper sur les raisons d’un échec, à incriminer la météo ou la conjoncture...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Trois questions à Valérie Icard, sociologue.
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Prisons : les relations surveillants-détenus se résument-elles au maintien de l’ordre ?

Trois questions à Valérie Icard, sociologue.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 17h44
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            
Le système pénitentiaire vient de connaître un conflit ­social sévère. Au-delà de leurs revendications syndicales, de quoi souffrent les surveillants des prisons françaises ?
De ne pas trouverune identité professionnelle valorisante, ni de sens dans leur travail. La sociologie de la prison le montre : ce métier cristallise la tension entre les missions de sécurité et de réinsertion de l’administration pénitentiaire, qui sont deux missions a priori contradictoires. Or, dans leur pratique quotidienne, les agents de surveillance sont le plus souvent cantonnés à un rôle de garde. Les raisons de ce déséquilibre sont ­nombreuses. Manque de temps, qui découle lui-même de la surpopulation carcérale. Manque de formation adaptée au rôle social d’accompagnement – rôle que les surveillants sont ­pourtant d’autant plus désireux de jouer qu’ils sont de plus en plus diplômés, ce qui augmente le décalage entre leurs attentes et la réalité de leur métier. Absence de valorisation, enfin, de ce rôle de réinsertion dans les discours publics, très ancrés sur les questions sécuritaires.
Pour améliorer le « vivre-ensemble » entre détenus et ­surveillants, le Conseil de l’Europe comme l’Observatoire international des prisons prônent depuis plusieurs années le modèle dit de la « sécurité dynamique ». De quoi s’agit-il ?
Ce modèle s’oppose à la sécurité « passive », basée sur la coercition, la dissuasion, l’isolement, et insiste au contraire sur ­l’approche préventive des conflits et du maintien de l’ordre. L’objectif de la sécurité dynamique est notamment d’instaurer des relations positives entre surveillants et détenus par le dialogue, l’écoute, des formations communes (par exemple sur la prévention du suicide), des médiations en cas de conflit, etc. L’absence d’une bonne communication entre personnel et ­détenus favorise en effet l’animosité réciproque, et donc les risques de conflits. La sécurité ne résout pas tout : dans les ­établissements...




                        

                        

