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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Le jeune Italien qui portait une écharpe tricolore et a fait un salut fasciste avant les faits a été arrêté par la police sans opposer de résistance.
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Italie : un sympathisant de l’extrême droite arrêté après avoir tiré sur des étrangers

Le jeune Italien qui portait une écharpe tricolore et a fait un salut fasciste avant les faits a été arrêté par la police sans opposer de résistance.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 14h08
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 17h51
   





                        



   


Un jeune Italien au crâne rasé et sympathisant de l’extrême droite a été arrêté, samedi 3 février, à Macerata, dans le centre de l’Italie, après avoir tiré sur des étrangers et fait « six blessés », selon le maire de la ville, Romano Carancini. L’homme a été interpellé sans opposer de résistance sur les marches de l’immense monument aux morts de la ville, selon des images des télévisions.
Après avoir arrêté sa voiture de sport devant l’édifice, il avait eu le temps d’enlever son blouson, puis d’endosser une écharpe tricolore, de faire un salut fasciste et de hurler « Viva Italia ! », a précisé la presse italienne sur la base de témoignages.
La police a retrouvé un pistolet dans la voiture du tireur présumé, qui, d’après la presse, a reconnu les faits.
« La haine et la violence »
Le suspect, identifié par les médias sous le nom de Luca Traini, âgé de 28 ans, avait été candidat en 2017 sous l’étiquette de la Ligue du Nord (parti souverainiste notoirement xénophobe et anti-européen) à des élections administratives dans une commune de cette région des Marches.
Lees médias affirment que toutes les victimes sont des personnes « de couleur ». « Les blessés confirmés sont de nationalité étrangère », a pour sa part écrit la police dans un tweet.
« Quelqu’un qui tire est un délinquant, abstraction faite de la couleur de la peau », a réagi le patron de la Ligue du Nord, Matteo Salvini, en pleine campagne électorale en vue des législatives du 4 mars, avant de dénoncer l’« invasion » migratoire en Italie. « J’ai hâte d’arriver au gouvernement pour ramener dans toute l’Italie la sécurité, la justice sociale et la sérénité », a-t-il ajouté.
« La haine et la violence ne nous diviseront pas », a de son côté assuré le chef du gouvernement italien, Paolo Gentiloni. Le ministre de l’intérieur, Marco Minniti, devait présider pour sa part un comité provincial de sécurité dans la région des Marches.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Le Comité international olympique a réintégré samedi les athlètes russes initialement suspendus à vie mais blanchis jeudi par le Tribunal arbitral du sport.
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Treize sportifs russes réintégrés aux Jeux olympiques d’hiver 2018

Le Comité international olympique a réintégré samedi les athlètes russes initialement suspendus à vie mais blanchis jeudi par le Tribunal arbitral du sport.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 12h09
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 12h56
   





                        



   


Treize sportifs russes et deux entraîneurs, bannis pour dopage puis blanchis jeudi par le Tribunal arbitral du sport (TAS), pourront participer aux Jeux olympiques 2018 de Pyeongchang (Corée du Sud), a annoncé le Comité international olympique (CIO), samedi 3 février.
A six jours de l’ouverture du rendez-vous coréen (9 au 25 février), ces 15 cas vont désormais être examinés par un panel du CIO présidé par Valérie Fourneyron, ancienne ministre des sports française. Ils complèteront l’effectif des 169 Russes déjà admis à participer aux Jeux sous une bannière olympique.
Sanctions levées pour 28 athlètes
Jeudi, le TAS a levé totalement les sanctions et suspensions à vie infligées par le CIO pour 28 sportifs russes, en raison de leur implication présumée dans un système de dopage d’Etat mis en place par la Russie et qui vaut au pays d’être suspendu des JO d’hiver. Sur ces 28 sportifs, seuls 15, dont deux entraîneurs, sont autorisés à participer, les autres étant soit retraités soit ne remplissant pas les conditions, selon une source proche du dossier.
Une commission de discipline du CIO avait suspendu à vie 43 sportifs russes, dont 42 ont fait appel devant le TAS. Sur ces 42, 28 ont vu leurs sanctions totalement levées. Pour 11 autres, le TAS a levé la suspension à vie, mais maintenu la suspension pour les JO de Pyeongchang.

        Lire aussi :
         

                JO d’hiver 2018 : le programme complet des épreuves


En raison d’un système de dopage institutionnalisé mis en lumière par un rapport de l’Agence mondiale antidopage, le CIO a suspendu la Russie pour les JO d’hiver. Seuls 169 Russes « propres » sont pour le moment admis à y participer mais sous drapeau olympique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Pour l’heure, travaillistes et conservateurs sont opposés à l’idée d’un nouveau vote.
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L’idée d’un deuxième référendum sur le Brexit mobilise des Britanniques proeuropéens

Pour l’heure, travaillistes et conservateurs sont opposés à l’idée d’un nouveau vote.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 12h08
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Le climat politique britannique est si délétère et l’avenir du processus de Brexit si imprévisible que tout paraît possible aux yeux de certains, y compris un deuxième référendum. Assimilant la sortie de l’Union européenne à « un acte d’automutilation qu’il faut faire cesser », Andrew Adonis, lord et ancien ministre travailliste, s’est présenté, vendredi 2 février, comme le champion de cette cause.
La campagne intitulée « Notre avenir, notre choix » qu’il vient de lancer vise à obtenir l’organisation d’un vote populaire sur l’accord que Theresa May doit négocier à partir de mars avec l’UE. « Le Brexit n’est pas une affaire pliée, a expliqué Lord Adonis lors d’une rencontre avec plusieurs journaux européens, dont Le Monde. Nous vivons une situation de crise parlementaire car la première ministre n’a pas de majorité parlementaire pour sa conception du Brexit. La seule issue est un référendum. »
Son idée consiste à déposer un amendement prévoyant une deuxième consultation lors du vote, à l’automne, de la « loi de sortie de l’UE » adoptée en première lecture par la Chambre des communes et en débat à la Chambre des lords. Il assure que les députés conservateurs proeuropéens peuvent s’unir à ceux du Labour pour faire adopter cet amendement qui, d’après lui, n’impliquerait pas la chute du gouvernement conservateur ni de nouvelles élections.
Amateur de symboles, Lord Adonis imagine faire coïncider le vote de l’amendement avec le centenaire de l’armistice du 11 novembre 1918. Alors qu’aucun Allemand ni Français ne participe habituellement à la commémoration britannique, il rêve d’y inviter, aux côtés de la reine d’Angleterre, Angela Merkel et Emmanuel Macron. Le temps presse : la sortie officielle de l’UE est programmée pour le 29 mars 2019. Lord Adonis imagine que le second référendum aurait lieu en février, voire plus tard avec l’accord des Vingt-Sept.
Pour lui, la jeunesse est la clé de la volte-face qu’il attend...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Leurs difficultés de financement rebattent les cartes parmi les grands groupes qui dominent l’économie du pays, ouvrant la porte aux géants du numérique.
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Wanda, HNA... Des conglomérats chinois en crise

Leurs difficultés de financement rebattent les cartes parmi les grands groupes qui dominent l’économie du pays, ouvrant la porte aux géants du numérique.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 11h30
    |

            Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance)








                        



   


Avis de chantier chez les grands groupes chinois. Face à d’importantes difficultés de financement, les groupes Wanda, HNA ou Anbang cherchent du cash désespérément. Certains sont prêts à en profiter : lundi 22 janvier, un groupe de quatre investisseurs menés par Tencent, la première capitalisation boursière chinoise, a annoncé une prise de participation de 14 % chez Wanda. Le groupe de l’ambitieux Wang Jianlin, ex-homme le plus riche de Chine, mis à genoux par les dettes, et par le pouvoir chinois, voit ainsi un géant de la technologie, mené par le discret Pony Ma, devenu la plus grosse fortune du pays, lui tendre la main.
Pour Wanda, l’effet Tencent semble fonctionner. Le jour de l’annonce de l’investissement du géant chinois des médias, le cours de Wanda Commercial Properties à la Bourse de Hongkong a gagné 52 %. Avec 34 milliards de yuans (4,34 milliards d’euros) d’argent frais, le groupe immobilier devrait pouvoir souffler et achever plus sereinement une restructuration entamée cette année. Enchaînant les rachats à l’étranger, dans l’immobilier, le cinéma, le divertissement, le conglomérat avait été mis en garde en juin par les autorités financières chinoises, qui s’inquiétaient du surendettement de cinq grands groupes.
Des investissements « irrationnels »
Dans le même temps, le groupe HNA, qui multipliait lui aussi les acquisitions, dans l’immobilier, le tourisme ou la finance (le groupe est l’actionnaire majoritaire de la Deutsche Bank), peine à rembourser ses créances. Egalement pointé en juin pour ses investissements « irrationnels », HNA présente un bilan plus solide que Wanda, mais cherche aussi de l’argent frais. La maison mère de Hainan Airlines est partie de l’aviation et du tourisme pour s’étendre à des secteurs aussi variés que l’hôtellerie, la logistique, la finance, le stockage de pétrole ou le cloud computing. Depuis 2015, HNA fonctionne presque comme un fonds d’investissement : le groupe a investi à l’étranger pour 40 milliards de dollars (32,1 milliards d’euros), amassant une dette totale de près de 100 milliards de dollars, pour 178 milliards d’actifs, d’après le groupe.

        Lire aussi :
         

                Le groupe chinois HNA peine à rembourser ses dettes



En juin dernier, le régulateur bancaire chinois avait demandé aux grandes banques d’Etat qui financent ces groupes de mener un examen approfondi de leurs finances. HNA et Fosun, le propriétaire du Club Med, s’en sont relativement bien sortis, pouvant continuer à investir à condition de réduire la voilure, là où Wanda et l’assureur Anbang ont été frappés plus durement. Mais le vent tourne pour HNA : fin novembre, l’agence de notation Standard & Poors a abaissé sa note de B + à B (très spéculatif). Pour les filiales de HNA, les taux d’emprunt ont grimpé sur le marché obligataire ces dernières semaines, parfois jusqu’à 9 %, ce qui a obligé certaines d’entre elles à annuler des levées de dettes prévues.
Récemment, l’entreprise a même poussé ses employés à lui prêter de l’argent, contre des taux avantageux. Les salariés ont reçu plusieurs courriels courant janvier leur vantant des projets d’investissements au sein de l’entreprise pouvant rapporter jusqu’à 9,8 % d’intérêts par an. Certains sont modestes, mais d’autres atteignent 80 millions de dollars, rapporte le New York Times. Un système de commissions encourage les employés à recruter des proches pour investir eux aussi.
Une restructuration profonde
Plus classiquement, HNA cherche aussi à vendre ses actifs pour lever des fonds. L’entreprise doit rembourser 65 milliards de yuans (8,2 milliards d’euros) de dettes au premier trimestre. Il lui manque 15 milliards (1,9 milliard d’euros), Dans l’urgence, le groupe vend à perte certaines acquisitions récentes d’immobilier ou d’actions. Le conglomérat espère que la pression sur ses finances se relâchera au second trimestre, quand plus de ventes auront été signées.
L’exemple de Wanda montre qu’il est possible de se relever. Mais c’est au prix d’une restructuration profonde. Début juillet, le groupe a vendu des hôtels et ses participations dans des projets touristiques pour 7,7 milliards d’euros, avant d’abandonner plusieurs projets de rachat. Une transition vers une structure à actifs faibles (asset-light structure) : Wanda assure la gestion de ces hôtels et parcs d’attractions, désormais détenus par d’autres. L’arrivée de Tencent à son capital devrait lui permettre de continuer cette transition avec un endettement allégé.

        Lire aussi :
         

                L’économie chinoise sous la coupe des autorités



Pour Tencent, géant de la technologie chinoise, qui tire l’essentiel de ses revenus de son réseau social Wechat (près d’un milliard d’utilisateurs) et des jeux vidéo, investir dans des centres commerciaux à la peine face au commerce en ligne n’est pas évident. Mais l’entreprise chercher à se diversifier dans tous les domaines, y compris hors du numérique. Or, depuis deux ans, Alibaba, le géant chinois du commerce en ligne, engagé dans une compétition féroce avec Tencent dans la nouvelle économie, se tourne vers le commerce physique. Depuis, les deux entreprises empires font la course pour apporter leurs solutions numériques au commerce traditionnel : paiement en ligne, logistique intelligente grâce au cloud computing, mais surtout connaissance des clients, grâce à une emprise totale sur leurs activités d’achat, en ligne ou hors ligne.
Tencent, et son partenaire JD.com, numéro deux du commerce en ligne en Chine après Alibaba, ont déjà investi dans les supermarchés Yonghui en décembre, et ont annoncé un investissement dans Carrefour en janvier 2018. Avec Wanda, ils étendent leur emprise sur le commerce physique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Les Etats-Unis ont gelé une partie de leur contribution à l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens au Proche-Orient.
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« Les Palestiniens de Syrie sont devenus très vulnérables »

Les Etats-Unis ont gelé une partie de leur contribution à l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens au Proche-Orient.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 11h10
    |

            Laure Stephan (Beyrouth, correspondance)








                        



                                


                            

La guerre qui ravage la Syrie n’a pas épargné les réfugiés palestiniens. Le conflit les a plongés dans la misère, ils côtoient la mort. Plus d’un sur cinq a fui le pays. Parmi ceux restés sur place, 60 % sont des déplacés : certains sont réduits à vivre dans des abris collectifs, d’autres sont parfois retournés s’installer, faute d’alternative, dans des camps en ruine ou exposés à des engins explosifs. Ils risquent d’être parmi les premiers à faire les frais des suppressions de subventions américaines à l’UNRWA, l’agence de l’ONU chargée des réfugiés palestiniens au Proche-Orient.
En décidant de geler plus de la moitié de sa première contribution annuelle, à la mi-janvier, Washington a aussi posé, de façon inédite, des conditions pour l’emploi de la somme dégagée : celle-ci est réservée à des activités de l’UNRWA à Gaza, en Cisjordanie et en Jordanie. L’organisation onusienne n’a reçu aucune assurance que d’autres versements suivront dans les mois à venir, de la part de son plus gros donateur. En 2017, les financements américains avaient couvert à hauteur de 60 % l’action d’urgence pour les Palestiniens de Syrie. Environ 438 000 vivent toujours dans ce pays en guerre.

Mercredi 31 janvier, l’UNRWA a lancé, depuis le Liban, un appel aux dons internationaux, plaidant pour l’octroi de 409 millions de dollars (330 millions d’euros) afin de répondre, en 2018, aux besoins humanitaires de ces réfugiés, restés en Syrie ou vivant un second exil dans les pays voisins. Sans de nouveaux financements, plusieurs aides d’urgence, comme l’allocation d’une somme mensuelle pour payer loyer ou nourriture, pourraient être suspendues dès le mois de mars. Ce serait un scénario catastrophe pour les Palestiniens de Syrie : 95 % d’entre eux sont devenus dépendants du soutien de l’UNRWA, quand moins d’un réfugié sur dix en avait besoin avant 2011.
« Ils sont très vulnérables »
Prenant la parole à Beyrouth, Mohammed Abdi Adar, le directeur de l’UNRWA en Syrie,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ La plupart des 200 VIP détenus par le pouvoir saoudien dans le cadre d’une vaste purge anticorruption ont été libérés, en échange de sommes colossales pour nombre d’entre eux.
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Arabie saoudite : les mystères de la purge du Ritz-Carlton

La plupart des 200 VIP détenus par le pouvoir saoudien dans le cadre d’une vaste purge anticorruption ont été libérés, en échange de sommes colossales pour nombre d’entre eux.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 10h38
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 15h06
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



                                


                            

Le Ritz-Carlton de Riyad s’apprête à rouvrir ses portes. Le palace saoudien aux cinq cents chambres et 20 hectares de jardins, transformé en prison dorée depuis trois mois, devrait accueillir de nouveau des clients d’ici une dizaine de jours. C’est le signe que la purge, entamée début novembre 2017 par le roi Salman et son fils, l’impétueux prince héritier Mohammed Ben Salman, surnommé « MBS », touche à sa fin.

La plupart des deux cents et quelques VIP confinés de force dans les suites de l’hôtel, dans le cadre de ce que le pouvoir présente comme une opération anticorruption, ont été relâchés. Soit après avoir plaidé coupable et accepté un arrangement financier impliquant la restitution de sommes ou de biens supposément mal acquis, soit après avoir été blanchis de toute malversation.
Le plus célèbre de ces prisonniers de luxe, le prince Walid Ben Talal, première fortune du monde arabe (18 milliards de dollars, soit plus de 14 milliards d’euros), a réintégré ses pénates samedi 27 janvier. Dans une interview filmée la veille, dans sa chambre du Ritz-Carlton, l’homme était apparu amaigri et émacié, tout en insistant, une canette de soda à la main, se sentir « comme à la maison ». L’actionnaire de Twitter et propriétaire du George V, un palace parisien, avait aussi assuré que son arrestation était un simple « malentendu » et avait démenti avoir payé pour regagner sa liberté. Sans réellement convaincre.
Selon le magazine Forbes, Walid Ben Talal aurait abandonné une grosse partie de ses actifs, même s’il reste nominalement propriétaire de Kingdom Holding, sa société d’investissement. Au total, selon le procureur général d’Arabie saoudite, cette procédure inédite dans les annales du royaume aurait rapporté 106 milliards de dollars.

Mais qui a été jugé coupable et de quoi ? Qui a payé, combien et comment ? Et de quelle liberté de mouvement disposent désormais les ex-pensionnaires du Ritz-Carlton ?...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ En janvier, le groupe Marriott a provoqué l’ire de Pékin en représentant sur son site Web Hongkong, Macao, le Tibet et Taïwan comme quatre Etats indépendants.
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La géographie, sujet explosif en Chine

En janvier, le groupe Marriott a provoqué l’ire de Pékin en représentant sur son site Web Hongkong, Macao, le Tibet et Taïwan comme quatre Etats indépendants.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 10h28
    |

            Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance)








                        



                                


                            

Vu de Shanghaï. Pas question de dépasser ni d’utiliser la mauvaise couleur ! Les entreprises étrangères qui opèrent sur le sol chinois sont prévenues : les cartes de Chine qu’elles présentent à leurs clients doivent être impeccables, autrement dit correspondre aux revendications territoriales du pays jusqu’au moindre îlot.
En janvier, plusieurs sociétés, dont Zara, Audi, Muji ou Delta Airlines, en ont fait les frais, à la suite d’un scandale impliquant la chaîne d’hôtels de luxe Marriott. Sur son site Internet, Hongkong, Macao, le Tibet et Taïwan étaient représentés comme quatre Etats indépendants, ce qui n’a pas manqué de provoquer l’ire des internautes chinois.

En la matière, le droit à l’erreur n’existe pas, surtout quand ladite erreur porte sur des territoires contestés. Si le Tibet et Hongkong sont officiellement des zones chinoises, ils ont un statut particulier. Quant à Taïwan, l’île revendiquée par Pékin possède les caractéristiques d’un Etat, avec un gouvernement indépendant et une armée propre, mais pas de reconnaissance internationale. Le sujet de l’appartenance à la mère patrie provoque des réactions épidermiques chez la plupart des citoyens chinois.
Les risques ne se limitent pas à une très mauvaise publicité. Le 12 janvier, Marriott a reçu l’ordre de fermer tous ses sites et applications ­mobiles en Chine, et ce pendant six jours. La chaîne américaine, dont ce pays a assuré 19 % de la croissance en 2017, a tenté d’apaiser le courroux chinois.
Cartes jugées « problématiques »
« Marriott International respecte et soutient la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Chine. Nous présentons nos plus sincères excuses », a déclaré le directeur général du groupe, Arne Sorenson, dans un communiqué. Peu après, le groupe a publié un « plan de rectification en huit points », afin d’éviter de futures erreurs, dans un vocabulaire qui n’est pas sans rappeler les campagnes de « rectifications »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ De retour de son semestre d’échange à New York, Pierre-Yves Anglès en fait le bilan, sans oublier de raconter la période des examens et un cours sur Tocqueville riche d’enseignements sur la société américaine.
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« J’ai apprécié la grande audace intellectuelle à l’université Columbia »

De retour de son semestre d’échange à New York, Pierre-Yves Anglès en fait le bilan, sans oublier de raconter la période des examens et un cours sur Tocqueville riche d’enseignements sur la société américaine.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 07h30
   





                        



   


Chronique new-yorkaise. Diplômé de Sciences Po et étudiant en master de littérature à l’Ecole normale supérieure et à la Sorbonne, Pierre-Yves Anglès tire le bilan de son semestre d’échange à l’université Columbia, à New York.
Après avoir rendu mes derniers devoirs pour Columbia au début de janvier, j’en reçois les résultats ces derniers jours. Les évaluations américaines se font en lettres, de A à C. Peut-être est-il possible d’aller plus bas, mais avoir moins de « B » serait déjà un très mauvais résultat dans ce système de notation plutôt généreux.
Ce séjour n’a pas manqué de densité intellectuelle et les cours que j’ai suivis me laissent un excellent souvenir. Un de mes séminaires sur Tocqueville proposait notamment une étude comparée des institutions, de la politique et des mœurs françaises et américaines. C’était aussi mon seul cours avec des étudiants en licence et cela m’a rappelé les limites du « tout participatif » assez courant aux Etats-Unis. La posture émotionnelle et politique de nombreux élèves s’est souvent révélée problématique. Elle empêche d’approfondir un sujet et de l’aborder de manière scientifique. La décontextualisation des œuvres me semble tout aussi dommageable. Un étudiant s’est par exemple insurgé que Flaubert ait dit « Madame Bovary, c’est moi », l’accusant d’usurper une identité féminine qui lui est étrangère. Difficile de parler de littérature, de psychologie ou d’un auteur quand on se limite à l’ériger en salaud.
Ce que Tocqueville révèle de l’Amérique
Heureusement, le professeur de ce cours avait quelques talents de chef d’orchestre. Un ami m’a très justement fait remarquer que, comme le judoka utilise la force de son adversaire pour le battre, il se saisissait des remarques les plus creuses pour nourrir et raviver le débat.
La lecture de Tocqueville m’a surtout permis de mieux comprendre les Etats-Unis, notamment son rapport à l’élitisme, très différent du nôtre. Dépositaire d’une culture aristocratique, la France postrévolutionnaire s’est empressée de créer une noblesse d’Etat et affectionne les honneurs. Elle s’est ainsi constituée comme une démocratie de la défiance où un « peuple » chercherait régulièrement à renverser des « élites », au moins symboliquement. La démocratie américaine se serait, elle, davantage construite sur un modèle de coopération au sein de communautés émigrées très homogènes — qui excluaient tout de même les Amérindiens, pratiquaient l’esclavage et marginalisaient les femmes. Au sein de cette petite communauté politique sans passé aristocratique, chacun devait pouvoir accéder à toutes les fonctions conformément au mythe égalitaire au cœur de la Déclaration d’indépendance.
Ces observations ne sont pas déconnectées du présent et justifient beaucoup des différences culturelles entre la France et les Etats-Unis. Il existe évidemment des élites américaines, notamment entrepreneuriales et industrielles, mais les distinctions néoaristocratiques fondées sur l’apparence, le diplôme ou la maîtrise d’une certaine culture semblent moins présentes dans les rapports quotidiens. Cela explique un peu de la sociabilité plutôt joviale aux Etats-Unis et cette idée fallacieuse que « tout le monde peut réussir », que tout le monde jouit de chances égales.
Tocqueville prend les langues antiques comme exemple. En France, avoir étudié le grec ou le latin reste une marque de distinction universitaire, mais Tocqueville pressentait déjà que les Etats-Unis y prêteraient peu d’égards. J’ai ainsi pu constater avec quelle maladresse beaucoup de professeurs abordaient les cultures antiques alors qu’elles revêtent une certaine sacralité dans les cours de lettres et de sciences sociales en France. Là où une professeure américaine s’amusait de confondre le latin et l’italien, un Français aurait certainement jeté un grand voile pudique sur son ignorance.
Des professeurs valorisés et une grande capacité à innover
L’intérêt que j’ai trouvé dans mon cours sur Tocqueville ne doit rien au hasard. Columbia attire quelques-uns des meilleurs professeurs du monde avec des rémunérations et des services imbattables. Certains professeurs sont démarchés comme des footballeurs — même si les montants restent bien inférieurs —, à l’image de l’historien spécialiste des études gays et lesbiennes George Chauncey, qui a quitté Yale pour Columbia. Il renforce ainsi la capacité de recherche de l’université new-yorkaise, alors que Yale s’était fait une spécialité des études de genre.
Les professeurs américains jouissent d’un certain prestige social et le modèle économique des universités privées leur permet d’avoir un bureau, des aides à l’emprunt, des périodes libres d’enseignement pour conduire leurs recherches ou simplement du temps pour leurs étudiants. Les office hours, des plages horaires où les professeurs rencontrent leurs élèves individuellement pour parler de projets universitaires ou personnels, sont courantes aux Etats-Unis et j’en ai beaucoup bénéficié.
La valorisation des professeurs et de la recherche détermine largement l’attractivité universitaire américaine. Elle explique aussi que les Etats-Unis soient souvent à l’avant-garde de la recherche internationale, en sciences sociales et en humanités littéraires au moins. Ce qu’on y découvre a de bonnes chances d’être enseigné en France une décennie plus tard. Cela a notamment été le cas avec les études intersectionnelles et postcoloniales, aussi car elles ont des implications politiques différentes en France. Plus largement, j’ai eu le sentiment qu’il y avait beaucoup d’audace intellectuelle à Columbia. Le fait que les disciplines soient moins rigoureusement cloisonnées qu’en France n’y est pas pour rien. Si une parole plus libre peut induire des bavardages assommants, elle permet aussi de manier les œuvres avec plus de liberté, sans sacraliser les auteurs ni craindre la sentence du professeur.

   


Frénésie de décembre à Columbia
Au-delà des cours dont j’ai largement profité, il a bien fallu que je me confronte aux examens de fin de semestre. Décembre à Columbia a des faux airs de « Koh-Lanta », sauf que vous êtes certain de gagner l’épreuve de confort puisqu’on vous abreuve de chocolat chaud et qu’on vous offre des biscuits à la bibliothèque. Pour le grand éclairage des décorations extérieures, l’université propose même du vin chaud et les chorales sont de sortie. J’étais plus dubitatif quand on a ramené des chiens à caresser et à photographier à la bibliothèque, pour un feed Instagram craquant entre deux sessions de révision.
Les bibliothèques du campus débordent à la fin du semestre. Certains y restent toute la nuit et d’autres ont cours tout le samedi. L’université se fend alors de messages pour rappeler ses étudiants à leurs besoins vitaux : le sommeil et l’alimentation. Je n’ai pas échappé à la frénésie ambiante. La fin du séjour induit une hyperactivité assez désespérée car il est impossible de profiter de tout ce que New York peut offrir en seulement quatre mois.
Je me suis assis dans l’avion pour Paris avec un kilo de cernes sous chaque œil et un profond sentiment de gratitude envers toutes celles et ceux qui m’ont permis de partir ces quelques mois, ainsi que pour les professeurs et les amis que j’ai rencontrés. Et je me suis envolé en repensant à ce texte de Sartre : « Le ciel de New York est beau parce que les gratte-ciel le repoussent très loin au-dessus de nos têtes. Solitaire et pur comme une bête sauvage, il monte la garde et veille sur la cité. » Si l’avenir m’en donne l’occasion, je retrouverai ces paysages entêtants avec plaisir.
Pierre-Yves Anglès



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Le conflit qui oppose le parti du président Michel Aoun au mouvement Amal, du président du Parlement, Nabih Berri ressemble à celui que filme Ziad Doueiri dans « L’Insulte », sorti mercredi en France.
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Au Liban, des hommes politiques chrétiens et chiites jouent un mauvais remake de « L’Insulte »

Le conflit qui oppose le parti du président Michel Aoun au mouvement Amal, du président du Parlement, Nabih Berri ressemble à celui que filme Ziad Doueiri dans « L’Insulte », sorti mercredi en France.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 06h34
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



                                


                            LETTRE DE BEYROUTH
La classe politique libanaise a un sens de l’à-propos remarquable. Quelques jours après que le film L’Insulte a été sélectionné pour représenter le pays du Cèdre à la 90e cérémonie des Oscars, une violente confrontation a éclaté entre deux partis rivaux, suivant un scénario étrangement identique à celui de ce long-métrage, sorti mercredi sur les écrans français.

Réalisé par Ziad Doueiri, L’Insulte raconte le bras de fer entre un garagiste chrétien et un contremaître palestinien, avec les traumatismes de la guerre civile en toile de fond. Née d’une simple invective, l’altercation entre les deux hommes dégénère en affrontements de rue, puis en une affaire d’Etat, emblématique d’un passé qui ne veut pas passer.
Or depuis le début de la semaine, comme en hommage au flair politique de Doueiri, le ministre libanais des affaires étrangères, Gebran Bassil, chef du Courant patriotique libre (CPL), une formation chrétienne, et le président du Parlement, Nabih Berri, patron du mouvement chiite Amal, interprètent leur propre version de L’Insulte. Une querelle d’ego qui menace d’embraser le pays, avec le même arrière-plan (les contentieux de la guerre civile), le même carburant (le réflexe de solidarité communautaire) et surtout, le même point de départ (une injure).

Coup de sang
Tout a commencé, dimanche 28 janvier. Au cours d’une réunion, dans son fief de Batroun, dans le nord du pays, Gebran Bassil s’emporte contre les efforts déployés par Nabih Berri pour torpiller une réunion de la diaspora libanaise, organisée par le ministère à Abidjan (Côte d’Ivoire). « C’est un baltaji », autrement dit un « voyou », lâche le leader chrétien.
Ce coup de sang survient alors que le président Michel Aoun, dont il est le gendre, et qui est le fondateur du CPL, bataille depuis plusieurs semaines avec Amal sur un dossier de promotion d’officiers. Le chef de l’Etat a accordé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Le chef de la police de la ville portuaire Frank Paauw projette de verbaliser les délinquants qui paradent dans les rues de la ville. Au risque d’un « profilage ethnique ».
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A Rotterdam, la police veut traquer les voyous « frimeurs »


                      Le chef de la police de la ville portuaire Frank Paauw projette de verbaliser les délinquants qui paradent dans les rues de la ville. Au risque d’un « profilage ethnique ».



Le Monde
 |    03.02.2018 à 06h33
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








   


« On va les déshabiller dans la rue » : la formule de Frank Paauw résume bien le projet du commissaire en chef de la police de Rotterdam (Pays-Bas).
Il entend, explique-t-il, s’en prendre aux boefjes, les petites frappes qui paradent dans les rues de la ville au volant de voitures un peu trop voyantes, portent des vêtements de luxe et des Rolex dorées. Ou, parfois, ont dans les poches de leur parka Canada Goose quelques milliers d’euros alors qu’ils ne paient pas d’impôts, n’ont pas de travail déclaré ou ont « oublié » de régler des amendes.
« Je sais déjà qui sera visé. Ceux qui ont la peau foncée ou le Turc qui roule souvent dans la belle voiture de son patron. » Paul Vermeijen, avocat
Comment vont s’y prendre les agents spécialement formés pour appliquer cette « méthode antifrimeurs », comme l’ont vite baptisée les journalistes ? En interrogeant les jeunes suspects, potentiels dealers de drogue, « lover boys » qui séduisent des jeunes femmes, avant de les contraindre à se prostituer, ou membres des cercles de jeu clandestins.
S’ils ne peuvent pas prouver qu’ils ont acquis leurs biens de manière licite, ceux-ci seront confisqués, en l’attente d’une décision de justice. Et les personnes appréhendées seront peut-être expédiées derrière les barreaux avec une inculpation pour blanchiment d’argent.
« Donner le signal que le crime ne paie pas »
Imaginé par un membre de la police de proximité, le projet a été négocié par la police avec le parquet de la Ville. Il systématise et étend les pouvoirs dont disposent déjà les policiers néerlandais depuis 2002 et qui leur ont permis de saisir, en 2016, quelque 400 millions d’euros de biens divers – dont 11,5 dans la ville portuaire.
Outre le commissaire Paauw, l’initiative paraît séduire les habitants de Delfshaven, l’un des quartiers chauds de la ville, où des boefjes ont l’habitude de déambuler. Joep Simmelink, professeur de criminologie à l’université de Maastricht, interrogé par le journal NRC Handelsblad, évoque une mesure intéressante car symbolique : « On donne ainsi le signal que le crime ne paie pas. » 
Lire aussi : Le fichage ethnique en débat aux Pays-Bas
Anne Mieke Zwaneveld, médiatrice de la Ville de Rotterdam, est plus circonspecte. Elle estime que cette chasse aux délinquants comporte un risque de « profilage ethnique ». Jamel, qui travaille au petit magasin du coin et a épargné pour s’acheter sa doudoune matelassée, aura beaucoup plus de (mal) chance de se faire interpeller que Frederik-Jan, qui s’est acheté sa BMW décapotable avec le fruit de ses trafics derrière l’école…
« Plan funeste »
L’avocat pénaliste Paul Vermeijen est, lui aussi, convaincu de l’effet de ce qu’il estime être un « plan funeste ». « Je sais déjà qui sera visé, explique-t-il dans le quotidien Trouw. Ceux qui ont la peau foncée ou le Turc qui roule souvent dans la belle voiture de son patron. »

        Lire aussi :
         

                Les Pays-Bas cherchent une utilité à leurs prisons vides



« Qui, bon sang, se balade dans la rue avec le ticket d’achat de son blouson ? », fulmine un autre expert, tandis qu’un dernier souligne que, même aux Pays-Bas, nul n’est soumis à l’obligation de répondre à la question d’un policier sur l’origine d’un bien, sauf si l’agent démontre qu’il agit dans le cadre d’une enquête bien précise.
Vrais contrôles ou roulements de mécaniques ? Le propos du commissaire Frank Paauw ressemble surtout à un ballon d’essai.



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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.
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Ehpad, Mathieu Gallet, affaire Daval : les infos à retenir de la semaine

Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 06h33
    |

                            Les Décodeurs








                        


Révocation du patron de Radio France par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), aveux de Jonathann Daval qui a reconnu avoir tué son épouse, mobilisation inédite dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) : retour sur les principales actualités des derniers jours.

   


Mathieu Gallet, écarté par le CSA
C’est une première dans l’histoire de l’audiovisuel public : le président de Radio France, Mathieu Gallet, a été démis de ses fonctions seize mois avant la fin de son mandat. Cette décision, prise mercredi 31 janvier par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), est consécutive à la condamnation en justice de M. Gallet à un an de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende pour des faits de favoritisme lors de son précédent mandat, à la tête de l’Institut national de l’audiovisuel (INA).
Le CSA doit désormais nommer un successeur, ce qui prendra au moins six mois. En attendant, c’est le doyen des administrateurs de Radio France nommés par le CSA qui devrait assurer l’intérim à la tête du groupe public. Jean-Luc Vergne, 69 ans, ancien directeur des ressources humaines de PSA Peugeot Citroën, pourrait donc être désigné s’il veut bien accepter cette mission.
> Lire : L’« affaire Gallet », des premières révélations sur l’INA à l’éviction de Radio France
Mobilisation inédite dans les Ehpad
Des membres du personnel des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) étaient en grève, mardi 30 janvier, pour réclamer davantage de moyens afin de s’occuper « dignement » des aînés, une mobilisation nationale inédite, dont l’ampleur est difficile à évaluer. La direction générale de la cohésion sociale a évoqué un taux de mobilisation (grévistes et personnels assignés inclus) de 31,8 %.
» Lire : Les maisons de retraite, « machines à broyer » du personnel soignant
Affaire Daval : retournement de situation
Ce qui était présenté jusqu’à maintenant comme un « meurtre de joggeuse », d’après la version du mari, apparaît désormais sous un tout autre jour. Mis en garde à vue lundi 29 janvier, Jonathann Daval a avoué, mardi, avoir tué son épouse, Alexia, le 27 octobre 2017 ; il a été mis en examen pour « meurtre sur conjoint ». Alors qu’il était suspecté juste après la découverte du corps de sa femme, il avait dissipé nombre de doutes en apparaissant effondré en tête d’une marche blanche à la mémoire de sa défunte épouse qui avait réuni plus de 8 000 personnes, le 5 novembre 2017.


        Lire aussi :
         

                Pourquoi sommes-nous fascinés par les faits divers ?



Des chiffres inédits sur les maternités de France
De 0,3 % à Besançon à 45 % à Limoges : des données inédites sur les maternités de France, obtenues par Le Monde, ont mis en relief des écarts importants sur les pratiques d’épisiotomie et d’autres actes (césarienne, péridurale) dans les établissements. Elles révèlent également un changement dans les pratiques et les perceptions sur la médicalisation de l’accouchement.
> Comparez les maternités : Taux de césariennes, d’épisiotomies… : comparez les maternités près de chez vous
Et aussi
Justice. L’islamologue Tariq Ramadan, accusé de viols, a été mis en examen et placé en détention.Migrants. Plusieurs violentes bagarres ont opposé des Afghans et des Erythréens jeudi à Calais (Pas-de-Calais), faisant au moins 21 blessés.Logement. La Fondation Abbé-Pierre tire la sonnette d’alarme sur le mal-logement en France.Armées. Cinq militaires sont morts, vendredi, après que deux hélicoptères se sont percutés dans le Var lors d’un entraînement.Justice. Au procès de Jawad Bendaoud, la cité, la coke, la prison.Pollution de l’air. La France et les Etats cancres convoqués à Bruxelles.Economie. La croissance française en hausse en 2017, à 1,9 %.
Défense. La France va adapter son « secret-défense » pour mieux échanger avec ses alliés.Economie. L’Insee va intégrer le trafic de drogue dans son calcul du produit intérieur brut.Monkeygate. Des constructeurs automobiles allemands accusés de tests sur des humains et des singes pour mesurer les effets du diesel.Economie. Suisse et Etats-Unis en tête d’un classement sur les paradis fiscaux.Etats-Unis. Lors de son premier discours sur l’état de l’Union, Donald Trump s’est de nouveau essayé à l’unité.Afghanistan. L’Etat impuissant après une nouvelle attaque à Kaboul revendiquée par l’organisation Etat islamique).Espace. Revivez l’éclipse totale de la Lune.
Disparitions
Pierre Godé, vice-président du groupe de luxe LVMH, est mort vendredi à l’âge de 73 ans.Edouard Ferrand, député européen du Front national, est mort jeudi 1er février des suites d’une longue maladie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ L’ancien président avait été empêché de quitter le Brésil en fin de semaine dernière alors qu’il s’apprêtait à partir pour l’Ethiopie pour participer à une conférence.
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Un juge brésilien rend son passeport à Lula

L’ancien président avait été empêché de quitter le Brésil en fin de semaine dernière alors qu’il s’apprêtait à partir pour l’Ethiopie pour participer à une conférence.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 06h29
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 11h48
   





                        



   


Un juge fédéral brésilien a ordonné, vendredi 2 février, que le passeport de Luiz Inácio Lula da Silva, confisqué par la justice la semaine dernière à la suite de sa condamnation en appel à une peine de prison, soit rendu à l’ancien président.
Alors qu’il s’apprêtait à partir pour l’Ethiopie pour participer à une conférence de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) en fin de semaine dernière, Lula avait été empêché de quitter le Brésil par un juge fédéral ayant ordonné la confiscation de son passeport. Lula – candidat favori de l’élection présidentielle d’octobre – avait annulé son voyage prévu quelques heures plus tard et ses avocats avaient remis son passeport à la justice le lendemain.
« Nous ne pouvons pas conclure qu’il avait l’intention de fuir le pays dans le but d’échapper à l’application de notre loi pénale », a expliqué le juge fédéral Bruno Apolinário, à Brasília. Au contraire, « sa sortie du pays était justifiée par un engagement professionnel déjà pris ». « C’est seulement avec beaucoup d’imagination qu’on aurait pu parvenir à la conclusion » du juge de première instance ayant ordonné la confiscation de son passeport, ajoute le juge dans une décision obtenue par l’Agence France-Presse (AFP).
Ses chances de candidature gravement compromises
Le 24 janvier, un tribunal de Porto Alegre avait confirmé que Lula était coupable de corruption passive et de blanchiment d’argent pour avoir accepté un triplex en bord de mer de la part d’une entreprise de construction. La cour d’appel avait également aggravé sa peine de prison d’un tiers, à douzens et un mois, tout en le laissant libre en attendant l’issue des recours de sa défense.
Avec la perte de son procès en appel, Lula ne semble pas être dans l’immédiat menacé de prison, mais voit ses chances de se présenter pour un troisième mandat gravement compromises.
Mais les juges qui l’ont condamné avaient expliqué que la figure de proue de la gauche brésilienne, favori des sondages à l’élection présidentielle d’octobre, commencerait à purger sa peine dès que tous les recours de seconde instance auraient été épuisés. Cela signifie potentiellement la prison pour Lula dans quelques semaines ou quelques mois, une fois épuisés les recours devant les instances supérieures, Tribunal supérieur de justice du Brésil (STJ), ou Cour suprême.
Demande d’Habeas Corpus préventif
Vendredi, ses avocats ont déposé une demande d’Habeas Corpus préventif devant la Cour suprême afin de lui éviter la prison, trois jours après le rejet par le STJ d’une demande similaire. Cette requête vise à « contrer toute menace de suppression [immédiate ou à moyen terme] de la liberté de circulation due à une illégalité ou un abus de pouvoir », selon cette demande écrite signée par 11 avocats et auquel l’AFP a eu accès.
Parallèlement, les avocats de Lula ont également saisi mardi le Conseil des droits de l’homme des Nations unies à Genève pour dénoncer la partialité, selon eux, de la justice brésilienne.
La défense de Lula avait déjà saisi le Conseil des droits de l’homme de l’ONU en 2016 après le début de ses démêlés judiciaires, sans avancée notable. Le Conseil n’a pas encore décidé s’il accepte de se saisir de ce dossier ; ce qui peut prendre jusqu’à cinq ans.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Cet homme est accusé d’avoir « vendu sans permis des munitions capables de percer un blindage » à l’auteur de la plus grave fusillade de l’histoire des Etats-Unis.
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Fusillade de Las Vegas : un Américain poursuivi pour avoir vendu des munitions à Stephen Paddock

Cet homme est accusé d’avoir « vendu sans permis des munitions capables de percer un blindage » à l’auteur de la plus grave fusillade de l’histoire des Etats-Unis.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 03h09
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 11h44
   





                        



   


Un Américain vivant dans l’Arizona a été inculpé pour avoir vendu illégalement de puissantes munitions au sniper de Las Vegas, Stephen Paddock, auteur en octobre de la pire fusillade de l’histoire récente des Etats-Unis, a annoncé vendredi 2 février le ministère de la justice américain.
Douglas Haig, 55 ans, originaire de la ville de Mesa, s’est vu signifier ses poursuites au tribunal fédéral de Phoenix, accusé d’avoir « fabriqué et vendu sans permis des munitions capables de percer un blindage » à Stephen Paddock, d’après le communiqué.
M. Haig a été arrêté puis relâché sous caution avant une audition préliminaire le 15 février au tribunal de Phoenix, dans le Sud-Ouest américain. Il risque jusqu’à cinq ans de prison et une amende de 250 000 dollars.
58 morts
M. Paddock avait ouvert le feu lors d’un concert de musique country en plein air à Las Vegas le 1er octobre depuis la fenêtre de son hôtel surplombant l’événement, tuant 58 personnes et en blessant plus de 800 autres, selon un rapport policier.
La police dit avoir trouvé les empreintes digitales du vendeur de munitions sur certains chargeurs dans la suite située au 32e étage de l’hôtel Mandalay Bay, où s’était barricadé M. Paddock avec un arsenal.
Le tireur, qui selon les autorités avait méticuleusement planifié son attaque, s’est suicidé avant que les policiers n’accèdent à cette suite.
D’après la plainte du gouvernement, M. Haig a vu M. Paddock plusieurs fois chez lui en septembre 2017. Il gérait un site Internet spécialisé dans la vente de munitions explosives capables de percer des blindages et en a expédié à travers les Etats-Unis.
Le 19 janvier, le shérif de Las Vegas avait annoncé que la police fédérale (FBI) avait ouvert une enquête sur une deuxième personne qui pourrait avoir été liée au massacre de Las Vegas.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Les rémunérations ont augmenté de 2,9 % sur un an, laissant craindre une hausse des taux d’intérêts.
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La hausse tant attendue des salaires américains fait chuter Wall Street

Les rémunérations ont augmenté de 2,9 % sur un an, laissant craindre une hausse des taux d’intérêts.



Le Monde
 |    03.02.2018 à 01h33
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 06h30
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        


Enfin, la hausse des salaires s’accélère aux Etats-Unis. Ceux-ci ont augmenté en janvier de 2,9 % sur un an, selon les statistiques révélées vendredi 2 février par le département américain du travail, contre 2,5 % un mois plus tôt. Il s’agit de la plus forte hausse depuis juin 2009, lorsque le pays est sorti de la récession.
Ce rebond s’explique sans doute par les tensions sur le marché du travail. Pour le 88e mois consécutif, le pays a créé des emplois, 200 000 en janvier, plus que les 180 000 attendus tandis que le taux de chômage se situe depuis quatre mois à 4,1 % de la population active, son plus bas niveau depuis le début du siècle.
La participation à l’emploi est stable, avec un taux de 62,7 %, très en deçà toutefois des 67 % de l’an 2000. Jason Furman, ancien conseiller économique de Barack Obama a jugé ces chiffres « assez médusants » : « à ce stade du cycle économique, nous devrions être contents si nous avions une moyenne de 150 000 créations par mois cette année », a-t-il déclaré, saluant la hausse des salaires tant attendue.
« La chose la plus importante que j’aie vue, c’est la croissance des salaires », a renchéri le président de la Réserve fédérale (Fed) de Minneapolis (Minnesota), Neel Kashkari. « C’est un des premiers signes de croissance de salaire que nous voyons, c’est bon pour le public, c’est bon pour l’économie. »
« 2018 fait un démarrage en fanfare »
Les Etats-Unis avaient connu jusqu’à présent une reprise sans hausse des salaires, qui a donné lieu à de nombreuses tentatives d’explications : menace de délocalisation, recours à la sous-traitance et « ubérisation » des salariés, gains de productivité insuffisants en dépit de la révolution numérique, désyndicalisation, concentration excessive des secteurs empêchant les travailleurs de faire jouer la concurrence, poids de la main-d’œuvre clandestine, etc.
Quoi qu’il arrive, ce phénomène conduisait à une stagnation du pouvoir d’achat et à un creusement des inégalités, socialement de plus en plus inacceptable et ayant conduit à l’élection de Donald Trump par la classe moyenne blanche déclassée.
Le président américain s’est aussitôt félicité des chiffres de l’emploi et de la hausse des salaires sur Twitter, qu’il a attribués à sa réforme fiscale : « avec 3,5 millions d’Américains recevant des bonus et autres primes de leurs employeurs grâce aux baisses d’impôts, 2018 fait un démarrage en fanfare ».

With 3.5 million Americans receiving bonuses or other benefits from their employers as a result of TAX CUTS, 2018 i… https://t.co/cxo1rxdDsj— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


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La hausse des salaires peut aussi être attribuée au salaire minimum qui a été relevé dans dix-huit Etats au 1er janvier. Cette reprise devra être confirmée et elle continue d’alimenter la perplexité. Le New York Times avait fait, vendredi, toute sa « une » économique sur cette inexplicable stagnation.
Wall Street dévisse
Comme toujours aux Etats-Unis, l’homme de la rue n’est pas en phase avec les banquiers, Main Street ne fait pas les affaires de Wall Street, qui craint un resserrement du crédit. Le banquier central Neel Kashkari n’a pas tempéré ces craintes : « Je pense que si la croissance des salaires se poursuit, cela pourrait avoir un impact sur les taux d’intérêts ».
La Fed a augmenté ses taux en décembre 2017 et annoncé le même mois qu’elle procéderait à trois augmentations d’un quart de points du loyer de l’argent en 2018. Elle pourrait accélérer si des tendances inflationnistes – dont la hausse des salaires pourrait être un signe précurseur – apparaissent.
Logiquement, craignant inflation et hausse des taux, les marchés obligataires se sont tendus. Les taux d’intérêt à dix ans sur les obligations d’Etat américaines se sont établis, vendredi, à 2,845 %, leur plus haut niveau depuis janvier 2014, alors qu’ils n’étaient que de 2 % en septembre 2017.
De même, Wall Street a connu une de ses plus mauvaises semaines depuis deux ans. Vendredi, l’indice Dow Jones a dévissé de 665 points à 25 520 points, en recul de 2,54 %, son plus fort recul depuis juin 2016, tandis que le Nasdaq perdait près de 2 %.
Cette chute n’a pas été commentée par Donald Trump. Il faut dire que le mois de janvier a été exceptionnel sur les marchés, avec une hausse de 5,8 % sur l’indice phare de la Bourse de New York, les investisseurs qui avaient raté la hausse de 2017 investissant 100 milliards de dollars (80 milliards d’euros) en actions. Outre les taux d’intérêts, les performances mitigées des valeurs technologiques ainsi que les résultats un peu décevants des compagnies pétrolières, en dépit de l’envolée des cours du brut, ont pesé sur la tendance.
Janet Yellen, dont c’était la dernière journée de travail à la présidence de la Fed, a cherché à rassurer. « Je ne veux pas caractériser ce que nous voyons actuellement sur les marchés de bulle. Mais je dirais que les valorisations sont en général élevées », a-t-elle estimé en incitant les investisseurs américains à « rester prudents dans leurs placements ».
Même en l’absence de correction plus rude, l’enjeu est de savoir si ce décrochage marque la fin d’un cycle haussier et un retour à la normale de l’économie, avec des hausses de salaire alignés sur les gains de productivité.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Le chef de l’Etat vénézuélien a été investi vendredi par le parti au pouvoir pour être son candidat lors de la présidentielle anticipée qui doit se tenir avant le 30 avril.
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Venezuela : le président Maduro est candidat à sa réélection

Le chef de l’Etat vénézuélien a été investi vendredi par le parti au pouvoir pour être son candidat lors de la présidentielle anticipée qui doit se tenir avant le 30 avril.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 20h45
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 22h46
   





                        



   


Le très impopulaire chef de l’Etat vénézuélien, Nicolas Maduro, a été investi vendredi 2 février par le Parti socialiste au pouvoir pour être son candidat « logique » à la présidentielle anticipée qui doit se tenir avant le 30 avril, dans un pays en pleine crise économique. « Approuvé par acclamation. Vous êtes officiellement le candidat du Parti socialiste uni du Venezuela », (PSUV), a déclaré le numéro deux du camp présidentiel, Diosdado Cabello, lors d’une réunion politique en présence de Nicolas Maduro.
Accompagné de sa femme, Cilia Flores, vêtue comme lui d’une chemise rouge vif, le président a reçu l’étendard du PSUV sous les acclamations d’un demi-millier de délégués du parti qui scandaient « oui ! ». « Nous allons vers une grande victoire », a assuré le président Maduro lors de son discours.
« Il était logique, absolument logique, que le candidat de la révolution bolivarienne pour ces élections soit Nicolas Maduro. Un frère, un camarade à la conduite révolutionnaire irréprochable (…). On va gagner, je n’en doute pas… et haut la main », a ajouté M. Cabello. Reconnaissable à sa haute stature et à son épaisse moustache brune, M. Maduro, 55 ans, n’a ni le charisme ni l’éloquence de son mentor, Hugo Chavez.
Impopularité
Si sa cote de popularité est légèrement remontée ces derniers temps, le taux de Vénézuéliens insatisfaits reste important, à 70 %, selon l’institut de sondage Delphos. Une grande partie de la population lui reproche l’hyperinflation, attendue à 13 000 % en 2018 par le Fonds monétaire international, et la pénurie d’aliments et de médicaments qui frappent ce pays assis pourtant sur d’immenses richesses pétrolières.
Mais le chef de l’Etat, dont le mandat se termine en janvier 2019, exerce avec son camp un contrôle institutionnel sur tous les organes du pouvoir, à l’exception du Parlement contrôlé par l’opposition. Et l’armée lui a de nouveau juré fidélité vendredi.
Soutenu par la Russie et la Chine alors que l’économie du Venezuela a été déclarée en défaut, M. Maduro fait face à un isolement international croissant et aux sanctions des Etats-Unis et de l’Union européenne, qui dénoncent la « dérive autocratique » du pouvoir vénézuélien.

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L’Assemblée constituante a convoqué des élections anticipées, mais le Conseil national électoral n’a pas encore annoncé de date précise pour le scrutin. La semaine dernière, la justice a écarté la coalition de l’opposition de la course à la présidentielle, dégageant la voie pour la réélection de Nicolas Maduro, et obligeant ses adversaires à se réorganiser.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Une centaine de journalistes s’est rassemblée vendredi pour dénoncer les pressions policières et gouvernementales.
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Reportage

Journée de colère de la presse tunisienne

Une centaine de journalistes s’est rassemblée vendredi pour dénoncer les pressions policières et gouvernementales.

Par                                            Mohamed Haddad (contributeur Le Monde Afrique, Tunis)




LE MONDE
              datetime="2018-02-02T18:53:35+01:00"

        Le 02.02.2018 à 18h53






    
Manifestation de journalistes tunisiens et de la presse internationale devant les locaux du Syndicat national des journalistes tunisiens, à Tunis, le 2 février 2018.
Crédits : Mohamed Haddad


« En 2012, les menaces se faisaient sous couvert de la religion. Aujourd’hui, en 2018, c’est sous couvert de la sécurité. » Brassard rouge au bras, Néji Bghouri, président du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) sonne l’alarme d’un « retour de l’état policier : les écoutes, les attaques contre les journalistes ». Vendredi 2 février a été décrété « jour de colère pour la presse tunisienne ». Une centaine de journalistes et correspondants de médias étrangers s’est rassemblée devant le syndicat.

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A l’origine de cette vague de mécontentement, la déclaration, le 29 janvier, du ministre de l’intérieur Lotfi Brahem devant une commission parlementaire, où il a affirmé que durant les émeutes de janvier 2018, des communications entre des journalistes et des manifestants ont été interceptées. Cette mise en cause a provoqué un tollé auprès des journalistes. Puis, la situation a encore empiré avec les attaques venant de certains syndicats de police, notamment, la branche régionale de Sfax du Syndicat National des Forces de sécurité intérieures. Leur porte-parole a même appelé au viol des journalistes.

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Une plainte a été déposée par le SNJT, a affirmé Mohamed Yassine Jelassi, membre du bureau exécutif du syndicat. L’ordre des avocats s’est étonné jeudi de l’absence d’auto-saisine du parquet contre les syndicats de police. « Les procureurs, le parquet, les médecins légistes, ont tous peur des syndicats de police, ils sont dans l’impunité », a relevé Halim Meddeb, avocat engagé qui a assisté des victimes de torture et de violence policière dans les procédures judiciaires. Une information judiciaire a finalement été ouverte, vendredi, à la demande du ministère public.
Les correspondants de RFI et Libération interpellés
Interdits sous le régime du président déchu Ben Ali, les syndicats de police ont été créés le 25 mai 2011. Leur rôle ne se limite pas aux revendications salariales, mais ils s’expriment sur des questions de politique et de société en général. « Ils ont pris une place qui va au-delà de leur rôle, ils sont devenus presque des patrons de la police nationale » a estimé Rafik Chelly, ancien Secrétaire d’Etat chargé des affaires de sécurité. Un projet de loi donnant plus de pouvoir aux policiers est par ailleurs en discussion au parlement. Il a été jugé liberticide par des organisations de défense des droits de l’homme tunisiennes et internationales.

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Les pressions policières ont non seulement touché les journalistes travaillant pour les médias tunisiens, mais aussi ceux des médias étrangers. Ala Zaatour, correspondant d’Al-Araby, une chaîne d’informations arabophone basée à Londres, raconte qu’il a reçu des appels du poste de police d’une localité au sud de la Tunisie alors qu’il y était pour un reportage. Ils lui auraient demandé des renseignements sur le contenu de son travail et sur ses contacts. Le correspondant de Radio France Internationale à Tunis, Michel Picard, a été emmené au poste le 14 janvier en marge d’une cérémonie officielle. Le correspondant de Libération a quant à lui été interpellé chez lui et maintenu au poste de police de son quartier pendant plusieurs heures, sans qu’aucun motif ne lui soit signifié.
Accumulation des critiques
Depuis son élection en 2014, le président Béji Caïd Essebsi a accumulé les critiques contre les médias étrangers, qui nuiraient selon lui à l’image de la Tunisie. Sa dernière sortie portait sur la couverture des mouvements sociaux de janvier : il a estimé qu’il y avait de l’exagération et de l’amplification de la part des médias étrangers.
Néji Bghouri, qui n’exclut pas la grève générale dans le secteur des médias, devrait être reçu par le président de la République en début de semaine prochaine.
La manifestation de vendredi intervient au lendemain d’une visite d’Emmanuel Macron en Tunisie. Lors d’une conférence de presse commune, les chefs d’Etats tunisien et français ont minimisé les critiques formulées par Human Rights Watch (HRW) contre les abus policiers, notamment les arrestations arbitraires et multiples violations contre les détenus arrêtés lors des mouvements sociaux qui ont secoué la Tunisie en janvier.

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Dix ONG, pour la plupart tunisiennes, ont critiqué le président français, jugeant qu’il n’avait pas entendu la société civile sur un climat « de plus en plus tendu » en matière de droits humains lors de sa visite d’Etat à Tunis. Ils mentionnent également « la menace pesant sur la liberté d’expression et de la presse ainsi que la diabolisation des mouvements de revendications sociales, économiques et environnementales ». Amna Guellali, représentante de HRW à Tunis venue soutenir les journalistes vendredi, y voit un renforcement de l’impunité des policiers.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Le président des Etats-Unis a autorisé la publication d’une note qui dénoncerait un biais « anti-Trump » dans l’enquête « russe » conduite par le FBI.
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Donald Trump attaque frontalement le ministère de la justice et le FBI

Le président des Etats-Unis a autorisé la publication d’une note qui dénoncerait un biais « anti-Trump » dans l’enquête « russe » conduite par le FBI.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 18h29
 • Mis à jour le
03.02.2018 à 06h36
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



   


Un rapport à charge, un président à l’attaque. Donald Trump a autorisé, vendredi 2 février, la publication d’un rapport controversé rédigé par le président républicain de la commission du renseignement de la Chambre des représentants, Devin Nunes (Californie), mettant en cause l’intégrité de la police fédérale (FBI) dans l’enquête consacrée aux piratages informatiques pendant la campagne présidentielle de 2016. Ces cyber-attaques ont été prêtées à la Russie par le renseignement américain.
Confirmant les informations déjà publiées, le rapport – en fait une note de trois pages et demie –, se concentre pour l’essentiel sur un point de l’enquête « russe » : l’utilisation d’un dossier controversé rédigé par un ancien agent secret britannique, Michael Steele, pour obtenir, en octobre 2016, soit quelques semaines seulement avant l’élection présidentielle, une autorisation de surveillance qui a ensuite été renouvelée à trois reprises. Ces autorisations visent notamment les personnes soupçonnées de travailler pour des puissances étrangères.

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                Enquête « russe » : Trump veut rendre public un rapport qui met en cause le travail du FBI



La cible en question était un lobbyiste prorusse identifié de longue date et contacté par le FBI dès 2013, Carter Page, qui avait brièvement participé à l’équipe de campagne de Donald Trump. L’entourage du président américain n’a cessé de relativiser son rôle au cours des derniers mois. Il n’a pas été poursuivi jusqu’à présent par le procureur spécial chargé des investigations, Robert Mueller.
Des républicains embarrassés
Le président de la commission du renseignement affirme que le FBI, a masqué à l’autorité administrative l’origine partisane du dossier, commandité initialement par une faction républicaine, puis par un groupe lié au Parti démocrate. La note cite également le numéro deux de la police fédérale, selon lequel ce dossier a été essentiel pour l’obtention de cette autorisation. Le document controversé a été rendu public en janvier 2017.

   


Sans attendre la publication du document, en milieu de journée, Donald Trump est passé à l’offensive sur son compte Twitter, vendredi matin. « Les plus hauts responsables et enquêteurs du FBI et du ministère de la justice ont politisé le processus sacré d’investigation en faveur des démocrates et contre les républicains », a-t-il assuré. Une attaque virulente sans précédent, même selon les critères du président. « Ce qui se passe dans notre pays est une honte », a-t-il insisté plus tard dans la journée. « Beaucoup de gens devraient avoir honte, et même plus que cela », a-t-il grondé.
Ces critiques visent paradoxalement des responsables classés comme républicains et qui ont tous été nommés sous son autorité. Est concerné au premier chef Rod Rosenstein, le numéro deux du ministère de la justice, chargé de ce dossier depuis que son supérieur, Jeff Sessions, proche de Donald Trump, s’est récusé pour cette enquête pour avoir passé sous silence des contacts pendant la campagne avec des responsables russes. Christopher Wray, qui a remplacé à la tête du FBI James Comey, limogé en mai par M. Trump pour son opiniâtreté dans l’enquête « russe », est également en ligne de mire.
MM. Rosenstein et Wray s’étaient vivement opposés à la publication du document. Dans un communiqué très inhabituel, le FBI avait déploré mercredi « les omissions matérielles de faits qui affectent de manière fondamentale l’exactitude du rapport ». Son contenu a d’ailleurs été vivement critiqué par le plus haut responsable démocrate de la commission du renseignement de la Chambre, Adam Schiff (Californie), qui a contesté point par point les affirmations de Devin Nunes. Ce dernier a bloqué pour l’instant la publication d’un contre-rapport défendu par les démocrates.
Surveillance dès 2016
Seule la publication intégrale des documents présentés pour obtenir l’autorisation de surveillance, sans doute classifiés pour la majorité d’entre eux, permettrait de mesurer la pertinence du rapport Nunes. Ce dernier contient cependant un point qui relativise déjà la centralité du dossier Steele : il mentionne en effet un autre conseiller de l’équipe de campagne de Donald Trump lié à la Russie, George Papadopoulos, dans des termes qui donnent à penser que ce dernier était déjà sous surveillance en octobre 2016.
Inculpé par le procureur spécial, qui en a fait l’annonce en octobre 2017, George Papadopoulos, qui a plaidé coupable, coopère avec les enquêteurs de Robert Mueller. Le FBI n’avait pas dévoilé pendant la campagne présidentielle qu’il avait ouvert une enquête sur l’entourage de Donald Trump.

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                Enquête russe : cinq questions sur un rapport qui relance l’offensive de Trump contre le FBI



Le sénateur républicain de l’Arizona John McCain, contempteur infatigable du président, a tiré sa leçon de la crise en cours. « Les attaques récentes contre le FBI et le département de la justice ne servent aucun intérêt américain, ni celui du Parti [républicain] ni celui du président. Seulement l’intérêt de Poutine », a-t-il déploré sur Twitter.
La publication du rapport et les attaques de Donald Trump ont coïncidé avec un plongeon de Wall Street après plus d’un an de hausse continue. Cette chute est la plus importante depuis l’arrivée à la Maison Blanche de M. Trump, qui n’a cessé d’en faire le baromètre de son action.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Tunisie, où vas-tu ? (6/6). L’émergence d’une société civile combative est l’un des acquis les plus précieux de la révolution de 2011. L’Etat est tenté de reprendre la main mais doit opérer avec prudence.
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Reportage

La jeunesse associative tunisienne, un espoir sous surveillance

Tunisie, où vas-tu ? (6/6). L’émergence d’une société civile combative est l’un des acquis les plus précieux de la révolution de 2011. L’Etat est tenté de reprendre la main mais doit opérer avec prudence.

Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)
    



LE MONDE
              datetime="2018-02-02T18:28:26+01:00"

        Le 02.02.2018 à 18h28






    
Jeunes tunisiens à la terrasse d’un café de l’Avenue Habib Bourguiba, le 6 novembre 2013.
Crédits : FETHI BELAID / AFP


C’est la jeunesse universelle au cœur de Tunis. Un sous-sol où l’on gratte la guitare, bonnet de laine couleur rasta et volutes de fumée. Un escalier aux murs ornés de photos de James Dean, de Marylin Monroe ou des Beatles. Un rez-de-chaussée où les serveurs chaloupent entre grappes de copains attablés, cheveux libres pour les filles, barbe bohème pour les garçons. Et sur le trottoir aux menues tables bancales, il y a Mohamed Guediri, Ghassene Yahyaoui et Hamdi Toukabri, trois jeunes tunisiens qui ont accepté de parler des rêves de leur âge, de leurs inquiétudes aussi.

        Présentation de notre série
         

          Tunisie, où vas-tu ?



Le Ben’s est logé juste en face de la grande synagogue du quartier Lafayette, l’un des plus affairés du centre de la capitale. C’est la fin de l’après-midi. On entend la sirène du tramway, les cris des potaches à la sortie des écoles et bien sûr, s’échappant du soupirail du Ben’s, les vocalises des musiciens du sous-sol. « La jeunesse, c’est l’atout de la Tunisie » sourit Mohamed Guediri. « Toute cette imagination, cette inspiration, cet espoir… Je suis hyper optimiste. »
Foudroyé par une balle de sniper
Cheveux ras et joues mangées d’une fine barbe, le jeune homme de 27 ans n’a pourtant rien d’un candide. Avoir vu un ami foudroyé à ses côtés par une balle de sniper le 13 janvier 2011, la veille de la chute de l’ex-dictateur Ben Ali, l’a définitivement vacciné contre l’ingénuité. Mohamed était alors un rappeur révolutionnaire, aux avant-postes de l’agitation. Sept ans après, il est un militant de la société civile de cette jeune Tunisie démocratique. « Mon engagement, dit-il, c’est pour rendre hommage à mon ami tué en 2011 ».

        Premier épisode
         

          Le consensus politique tunisien, étouffoir des idéaux de la révolution de jasmin



Cité’Ness, l’association qu’il préside, mutliplie les projets d’activités sociales, culturelles et économiques au sein de la jeunesse. Parmi ceux-ci : un atelier de formation au court-métrage pour des jeunes en difficultés dans le quartier populaire de Douar Hicher ; ou des prestations de théâtre de rue sur l’avenue Bourguiba, la principale artère de Tunis qui court de la Médina au bord de mer.
C’est là une des forces de cette Tunisie qui, entre percées audacieuses et tentations du recul, éprouve sa liberté fraîchement conquise. Avec un vivier de près de 20 000 associations – dont 5 000 seulement sont réellement actives – la société civile tunisienne est d’un dynamisme qui n’en finit pas d’étonner les observateurs de passage. Elle est l’une des heureuses nouvelles de la révolution de 2011. « Les temps ont changé, insiste Mohamed. Regardez cette liberté d’expression ! Sous Ben Ali, nous n’aurions pas pu ainsi discuter dans un endroit public. »
Aspirations déçues
Aux côtés de Mohamed sur la terrasse du Ben’s, Hamdi Toukabri, alias « Ryder », est coiffé d’une gigantesque casquette et porte une barbe de hipster. Il est DJ, l’un de fondateurs de Downtown Vibes, un « collectif » qui a commencé à se produire sur les toits d’immeuble, mêlée musicale sous les étoiles, avant de se faire une place dans les boîtes. Le troisième de la bande, Ghassène Yahyaoui, alias « Gaston », bonnet gris enfoncé jusqu’aux oreilles, est aussi un des animateurs de Downtown Vibes.

        Episode 2
         

          En Tunisie, Béji Caïd Essebsi et la tentation du présidentialisme



Le trio porte un jugement plutôt pondéré sur l’évolution de leur pays. Ils brûlent de mille aspirations souvent déçues, sur la question de l’emploi par exemple, mais ils font la part des choses. « Après plus de cinquante ans de dictature, l’arrivée de la démocratie a été un choc, explique Ghassène-Gaston. C’est parti dans tous les sens. Il faut être patient, cela prend du temps. » Mohamed Guediri opine : « Construire quelque chose de solide ne se fait pas du jour au lendemain. » Sont-ils inquiets des fâcheux signaux, ici et là, qui semblent trahir l’intention de certains pans de l’appareil d’Etat de resserrer les vis ? Ces signaux-là ne leur plaisent guère, eux qui bénéficient au premier chef de ces espaces de liberté arrachés après 2011, mais ils ne croient pas au risque d’un retour à l’ancien régime. « Il n’y aura pas de retour en arrière, s’exclame Ghassène-Gaston. Le peuple tunisien s’est réveillé, il n’acceptera jamais un retour de la dictature. »
Reprendre la main sur la société civile
Ces fâcheux signaux, Mohamed les perçoit bien dans la vie associative. Si Cité’Ness ne rencontre aucune difficulté dans ses activités, il revient à ses oreilles qu’il devient de plus en plus difficile de créer de nouvelles associations. « Les candidats se voient objecter par l’administration que d’autres associations travaillent déjà sur le même secteur. » Le climat s’est légèrement brouillé. Depuis deux ans, le gouvernement explore la possibilité d’amender dans un sens restrictif le décret-loi 88 datant de 2011 qui a libéré l’espace associatif en Tunisie. Officiellement, il s’agit de mieux détecter, et donc d’interdire, les associations pouvant servir de canal de financement du terrorisme, une préoccupation qui a gagné en acuité à la suite de la sanglante année 2015 marquée par de nombreux assauts djihadistes.

        Episode 3
         

          En Tunisie, les anciens bénalistes passent de l’ombre à la lumière



« Le gouvernement reconnaît que la société civile est une richesse pour la pérennité du processus démocratique, rassure Mehdi Ben Gharbia, le ministre en charge des relations avec les instances constitutionnelles, la société civile et les organisations des droits de l’homme. Mais il existe des craintes sur des financements étrangers. Nous demandons juste qu’ils soient rendus publics, nous demandons la transparence. »
Repli tactique
L’argument ne rassure pas complètement les associations, notamment celles qui jouent un rôle de lanceurs d’alerte. A leurs yeux, le projet de réforme du décret-loi 88 semble avant tout motivé par le souci de l’Etat, ou en tout cas de certaines de ses structures, de reprendre la main sur une société civile devenue trop incisive. « Cette histoire de financement du terrorisme est une fausse excuse car il existe déjà des lois contre le blanchiment d’argent, affirme Selim Kharat, président d’Al-Bawsala, une organisation qui milite pour plus de transparence dans la vie publique. Le fond du problème, c’est que cette société civile a pris trop de place aux yeux de certains. »

        Episode 4
         

          Sept ans après la dictature en Tunisie, l’arbitraire policier persiste



Face à la levée de bouclier d’une partie du monde associatif, le gouvernement a opéré un repli tactique. La réforme du décret-loi 88 est provisoirement mise sous le boisseau. « Il faut prendre le temps, y aller doucement pour convaincre les plus réticents », indique Mehdi Ben Gharbia.

        Episode 5
         

          En Tunisie, la démocratie locale en chantier



Sur la terrasse du Ben’s, le trio de copains est maintenant rejoint par Wissal Bettaibi, chevelure de jais lui roulant dans le cou. Professeure d’anglais dans une école privée, Wissal sort juste d’un cours, un peu essoufflée. Quand on l’interroge sur son état d’esprit face à l’évolution de la Tunisie, elle répond : « Optimiste hésitante ». Hésitante ? « L’énergie de la jeunesse tunisienne me donne beaucoup d’espoir, explique-t-elle. Mais la politique m’inquiète. Les choses ne sont pas très claires. » Et il y a ce chômage des jeunes, persistant. « J’ai des amis qui sont au chômage depuis dix ans, précise-t-elle. Il y a eu tant de fausses promesses ». Malgré tout, elle continue d’« y croire ». La preuve : elle avait une occasion de terminer ses études – un master d’anglais – au Canada mais elle a préféré rester au pays. « On est bien ici malgré toutes les difficultés. Et en plus, elle est belle notre Tunisie. »

Sommaire de notre série Tunisie, où vas-tu ?

        Episode 5
         

          En Tunisie, la démocratie locale en chantier



        Episode 4
         

          Sept ans après la dictature en Tunisie, l’arbitraire policier persiste



        Episode 3
         

          Les anciens bénalistes passent de l’ombre à la lumière au sein du gouvernement tunisien



        Episode 2
         

          En Tunisie, Béji Caïd Essebsi et la tentation du présidentialisme



        Premier épisode
         

          Le consensus politique tunisien, étouffoir des idéaux de la révolution de jasmin



        Présentation de notre série
         

          Tunisie, où vas-tu ?


Sept ans après la révolution de 2011 en Tunisie, Le Monde Afrique dresse un bilan de la transition démocratique en six épisodes.










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<filnamedate="20180203"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180203"><AAMMJJHH="2018020319">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Une note, compilée par le président, de la commission du renseignement de la Chambre des représentants, met en cause le FBI et le ministère de la justice.
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Enquête russe : cinq questions sur un rapport qui relance l’offensive de Trump contre le FBI

Une note, compilée par le président, de la commission du renseignement de la Chambre des représentants, met en cause le FBI et le ministère de la justice.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 17h30
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 18h55
    |

            Pierre Bouvier








                        



   


Dossier explosif ou pétard mouillé ? Le président Donald Trump a autorisé, vendredi 2 février, la publication d’une note confidentielle de la commission du renseignement de la Chambre des représentants sur la manière dont le FBI, la police fédérale états-unienne, a demandé à la justice la mise sur écoute, en pleine campagne présidentielle, d’un membre de son équipe, accusé d’accointance avec Moscou. La note devrait être publiée par la chambre des représentants, qui doit se prononcer sur le sujet vers 22 h 30 (heure française).
Adepte des formules chocs, Donald Trump a accusé le FBI et le ministère de la justice, instrumentalisés, selon lui, par Hillary Clinton et le Parti démocrate, d’avoir politisé l’enquête sur l’ingérence russe dans la campagne présidentielle de 2016.
« Les plus hauts responsables et enquêteurs du FBI et du ministère de la justice ont politisé le processus sacré d’investigation en faveur des démocrates et contre les républicains, ce qui aurait été impensable il y a peu. Mais la base [du FBI] est constituée de gens très bien. »

The top Leadership and Investigators of the FBI and the Justice Department have politicized the sacred investigativ… https://t.co/xXWIyOvhi0— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


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Qui est Devin Nunes, l’auteur de la note ?
C’est un élu républicain de la Californie, Devin Nunes qui a élaboré cette note. Il a servi dans l’équipe de transition de Donald Trump et préside la commission du renseignement à la Chambre des représentants.
Il ne s’agit pas d’un inconnu. Après le tweet du 4 mars 2017 de Donald Trump accusant Barack Obama d’avoir mis sur écoute la Trump Tower pendant la campagne de 2016, Devin Nunes avait voulu établir si l’administration Obama avait demandé la mise sous surveillance du candidat républicain pendant la campagne, avant d’admettre qu’il n’y avait pas de preuve de ces écoutes.
Lindsey Graham, sénateur républicain de la Caroline du Sud, avait alors comparé son comportement à celui de « l’inspecteur Clouseau », connu pour accumuler les bourdes et pour s’engouffrer dans les fausses pistes avec une absence de flair qui n’honore ni la gent policière ni la France, estimant qu’il avait perdu toute crédibilité par sa volonté d’obéir aux ordres de la Maison Blanche.

   


Que sait-on du contenu de cette note ?
La note tient en quatre pages, compilées par l’équipe de Devin Nunes. Ce dernier l’a remise lundi 29 janvier à la Maison Blanche, où des juristes l’ont épluchée pour vérifier si elle porte, ou non, atteinte à la sécurité nationale.
Ce que l’on sait, à partir d’éléments qui ont filtré dans les médias américains, c’est qu’avec ce rapport, les républicains mettent en doute l’impartialité de l’enquête menée par le FBI sur l’ingérence russe. Elle est censée mettre en évidence que le FBI et le département de la justice sont des viviers d’opposants à Donald Trump.
La preuve en serait la demande de prolongation de la mise sur écoute de Carter Page, le conseiller aux affaires internationales du candidat durant la campagne électorale, en mars 2017. En juillet 2016, ce dernier s’était rendu à Moscou pour rencontrer des officiels russes, ce qui avait alerté le FBI.
Selon cette note, le FBI et le département de la justice ont demandé cette mise sur écoute en vertu du Foreign Intelligence Surveillance Act (FISA), qui permet aux autorités fédérales d’espionner des citoyens américains suspectés d’agir comme agents d’un pays étranger.
Mais les deux agences auraient omis de signaler au juge que leur requête se fondait sur le « dossier » Steele, établi par un ancien agent du renseignement britannique recruté par Fusion GPS.
Quelles réactions la divulgation des éléments de cette note a-t-elle déjà suscitées ?
Pour les élus démocrates, Devin Nunes a rédigé un dossier à charge, à partir d’informations secrètes, qui pourraient menacer la sécurité nationale.
Pour y répondre, les membres démocrates de la commission ont écrit un contre-rapport, mais la commission du renseignement (treize républicains et neuf démocrates) s’est opposée à sa publication.
Dans une lettre à Paul Ryan, président (républicain) de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, chef de groupe de l’opposition démocrate à la Chambre a écrit :
« On a soumis à notre attention le fait que le membre du Congrès Nunes avait délibérément, matériellement modifié la teneur du mémorandum depuis qu’il a été adopté par les républicains de la Chambre. »
La direction du FBI, qui a d’ores et déjà répliqué en rappelant, mercredi, qu’elle prenait « au sérieux ses obligations [pour obtenir des autorisations d’enquêter] et le respect des procédures », a elle aussi mis en doute le contenu produit par Devin Nunes :
« Comme nous l’avons exprimé lors de notre premier examen, nous sommes très inquiets concernant des omissions matérielles de faits, qui affectent de manière fondamentale l’exactitude du rapport. »
Que fera le patron du FBI après la publication de cette note ?
La question qui se pose est désormais de savoir ce que fera Christopher Wray, le directeur du FBI, nommé en juin 2017 par Donald Trump, puis confirmé par le Sénat, après le limogeage de James Comey. La confiance n’étant plus de mise, la Maison Blanche craint qu’il ne mette sa démission dans la balance, rapporte CNN.
Exposant ses craintes dans le Washington Post, Adam Schiff, principal représentant du Parti démocrate au sein de la commission du renseignement, a estimé que cette note était un prétexte fourni à Donald Trump pour faire le ménage au sein du FBI et du ministère de la justice, en limogeant Robert Mueller, procureur spécial chargé de l’enquête sur les liens éventuels entre des membres de l’équipe de campagne de Donald Trump et les responsables des piratages informatiques, imputés à la Russie, et Rod Rosenstein, ministre adjoint de la justice.

BREAKING: Discovered late tonight that Chairman Nunes made material changes to the memo he sent to White House – ch… https://t.co/d3V2N60Cxf— RepAdamSchiff (@Adam Schiff)


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Pourquoi les démocrates évoquent-ils un nouveau « massacre du samedi soir » ?
Les démocrates établissent un parallèle entre l’attaque qu’ils accusent M. Trump de mener contre le procureur spécial Mueller et celle qu’avait menée Richard Nixon contre le procureur spécial Archibald Cox.
Ce dernier fut contraint de démissionner le samedi 20 octobre 1973, alors qu’il enquêtait sur le cambriolage visant le Parti démocrate dans l’immeuble du Watergate, à Washington.
Pour montrer leur opposition, le ministre de la justice, Elliot Richardson, et son adjoint, William Ruckelshaus, choisirent alors de démissionner dans une soirée désormais connue comme le « massacre du samedi soir ». L’affaire coûta finalement son poste au président Nixon.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Dans le cadre du projet européen « Les nouveaux arrivants », « Le Monde » suit un groupe de réfugiés installés à Vichy. Durant un an, nous racontons l’intégration de ces hommes originaires du Soudan et d’Erythrée.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ 