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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ L’Université d’hiver de la formation professionnelle s’est tenue du 31 janvier au 2 février. Cette quizième édition aura été marquée par l’attentisme.
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900 acteurs de la formation réunis à Biarritz, unanimes sur le bien-fondé d’une réforme

L’Université d’hiver de la formation professionnelle s’est tenue du 31 janvier au 2 février. Cette quizième édition aura été marquée par l’attentisme.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 18h01
    |

                            Gaëlle Picut (de notre envoyée spéciale à Biarritz)








                        



                                


                            

Neuf cents acteurs de la formation professionnelle se sont réunis du 31 janvier au 2 février 2018 à Biarritz à l’occasion de la 15ème Université d’Hiver de la formation professionnelle organisée par Centre-Inffo. Etaient présents les partenaires sociaux, les OPCA, Pôle emploi, l’Association pour l’emploi des cadres (APEC), les représentants des pouvoirs publics et les entreprises. Un moment particulier pour ce secteur puisque que le gouvernement a enclenché une réforme de la formation professionnelle à l’automne 2017 et que les négociations avec les partenaires sociaux ont pris du retard. En marge des conférences et des ateliers, on sentait les professionnels dans l’attente et l’incertitude.
La ministre du travail, Muriel Pénicaud, a tenu à être présente à la fin de la première journée de cette Université, où elle a justifié la nécessité de réformer. « La connaissance et les compétences sont des armes de paix », indispensables pour répondre aux défis d’aujourd’hui et conserver le niveau de compétitivité de la France, a-t-elle déclaré. Selon elle, la formation qui permet d’augmenter les compétences constitue l’un des principaux leviers contre le chômage de masse. Pour souligner l’urgence à légiférer, elle a rappelé que 50% des métiers allaient être profondément impactés par la révolution numérique et l’automatisation. « L’investissement dans les compétences devient plus que jamais stratégique », a-t-elle martelé.

Estelle Sauvat, nommée en novembre 2017 haut-commissaire à la transformation des compétences, a présenté le Plan investissement en compétences (PIC), qui vise à former en cinq ans un million de demandeurs d’emploi et un million de jeunes décrocheurs. Mais elle est restée assez floue sur son financement (15 milliards d’euros prévus), ainsi que sur son déploiement. Elle sera aussi chargée de mettre en place une application numérique du compte personnel de formation (CPF), amené à évoluer avec la réforme à venir.
Innovation...



                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Le secrétaire général de la CFDT reproche au gouvernement d’« annoncer une concertation sur toute l’année » sur la réforme de la fonction publique, mais « de donner dès à présent une partie des conclusions ».
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Fonction publique : Laurent Berger dénonce un « gros problème de méthode »

Le secrétaire général de la CFDT reproche au gouvernement d’« annoncer une concertation sur toute l’année » sur la réforme de la fonction publique, mais « de donner dès à présent une partie des conclusions ».



Le Monde
 |    02.02.2018 à 17h40
    |

            Elise Barthet, 
Raphaëlle Besse Desmoulières et 
Audrey Tonnelier








                        


Départs volontaires, davantage de contrats, rénovation du statut de fonctionnaire, rémunération au mérite… Le gouvernement a présenté, jeudi 1er février, ses pistes de réforme de la fonction publique. Dans un entretien au « Monde », Laurent berger, secrétaire général de la Confédération française démocratique du travail (CFDT), « demande des clarifications ».
Comment accueillez-vous les annonces ?
Ils y vont fort. La CFDT demande des clarifications. Il y a un gros problème de méthode : c’est très étonnant d’annoncer une concertation sur toute l’année 2018 et de donner dès à présent une partie des conclusions.
Dans les fonctions publiques, c’est aussi l’état du dialogue social et du corps social qui pose un vrai problème. C’est la démonstration que lorsqu’il n’y a pas de dialogue social, les agents n’ont aucune chance d’être écoutés. Je demande que le gouvernement rencontre très vite les organisations syndicales.
Quelles sont les mesures qui vous heurtent ?
Sur les rémunérations, il faut dire quelle est la part de la rémunération collective et quelle est la part de l’individuel. Cela ne peut pas être un basculement, une décision qui entraînerait des disparités liées aux marges budgétaires des employeurs plus qu’en fonction de l’investissement au travail.
On nous parle du développement du contrat dans les fonctions publiques : ça veut dire quoi ? Pour qui ? Comment ? Tout cela mérite des éclaircissements, car il y a des craintes de profonds bouleversements pour les agents.
La CFDT n’est pas opposée à des évolutions, mais, encore une fois, il est urgent de dire clairement de quoi on parle.
Que pensez-vous de l’idée avancée par le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, d’un « plan de départs volontaires » ?
Le terme est totalement inapproprié. Nous n’avons pas de tabou à construire des dispositifs d’accompagnement à des évolutions professionnelles : formation, montée en compétences, mobilités, et pourquoi pas pour celles et ceux qui en auraient exprimé clairement le souhait, accompagner un départ. Mais sur la seule base du volontariat et de manière sécurisée.
Aujourd’hui, une indemnité de départ volontaire existe déjà. A peine quelques dizaines de fonctionnaires ont souhaité en bénéficier et on les comprend : les conditions sont très risquées, d’autant qu’en plus les fonctionnaires ne cotisent pas à l’assurance-chômage et en sont donc exclus. Les freins au changement ne sont pas toujours du côté où on les croit.
Absence de coup de pouce au pouvoir d’achat, rétablissement du jour de carence, gel du point d’indice… Est-ce que les fonctionnaires sont les mal-aimés de ce gouvernement ?
Des gouvernements successifs. Le problème, c’est qu’on ne parle pas des missions du service public ni de ce que notre pays est prêt à investir pour avoir des politiques publiques de solidarité dignes de ce nom.

        Lire aussi :
         

                Jour de carence, CSG... neuf mois de désamour entre gouvernement et fonctionnaires



On n’écoute pas les fonctionnaires, on ne parle pas du travail réel. Toutes les dernières politiques publiques ont été conduites sous l’angle budgétaire.
Les fonctionnaires souffrent parfois de conditions de travail très dures, mais surtout d’un sentiment de non-reconnaissance, qui est terrible. Etre considéré comme un coût en permanence donne un sentiment de mal-être.
Hurler au loup maintenant n’a aucun sens, mais la CFDT sera attentive et exigeante pour que l’action publique continue de reposer demain sur des agents publics reconnus et respectés.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ La démission de la vice-présidente du CSP et la création en parallèle d’un Conseil scientifique de l’éducation relance le débat autour de l’instance.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤                     
                                                   
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Le rôle et la composition du Conseil supérieur des programmes en question

La démission de la vice-présidente du CSP et la création en parallèle d’un Conseil scientifique de l’éducation relance le débat autour de l’instance.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 16h43
    |

                            Mattea Battaglia








                        



                                


                            
Certains parlent d’un « changement de cap » au sein du Conseil supérieur des programmes (CSP). D’autres s’interrogent sur le rôle de l’instance, son devenir… Jeudi 1er février au soir, à l’issue d’une réunion jugée « conclusive » en interne, les membres du CSP ont semblé souffler. Pas de démission en cascade – en tout cas, pas ce jour-là –, après celle révélée, la veille dans Le Point, de Sylvie Plane, vice-présidente de ce conseil créé par la gauche, il y a bientôt cinq ans, pour tenter de rendre plus transparente la fabrique des programmes scolaires.

Des polémiques, le CSP en a connu – sur les programmes d’histoire ou la notion grammaticale de prédicat, pour n’en citer que quelques-unes. Des démissions également : ses deux premiers présidents ont claqué la porte, Alain Boissinot en juin 2014, Michel Lussault en novembre 2017. Les tensions internes ont aussi donné lieu à quelques départs retentissants – comme, à l’été 2015, celui de la députée (LR) Annie Genevard, partie en dénonçant, notamment, la « tutelle ministérielle » de Najat Vallaud-Belkacem et de son cabinet.
Emotion
Depuis, les protagonistes ont changé – à commencer par le locataire de la Rue de Grenelle et la majorité des membres du CSP –, mais l’épisode qui se joue aujourd’hui au sein de l’instance relance, dans le microcosme éducatif, les questions sur son indépendance, même si sa présidente fraîchement nommée, Souâd Ayada, dit « ne pas très bien les comprendre ». « Il faut préciser la raison pour laquelle Sylvie Plane a choisi de démissionner, explique-t-elle. Elle souhaitait retrouver sa liberté de chercheur et de citoyenne sur des points auxquels elle était attachée, la notion de prédicat en grammaire, par exemple. Je ne l’ai pas sommée de démissionner, elle a d’elle-même proposé sa démission. »
Pas sommée, certes, mais pas retenue non plus, murmure-t-on dans des cercles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Pour que les dirigeants prennent mieux en compte les risques sociaux et environnementaux, les professeurs de gestion Xavier Hollandts et Bertrand Valiorgue préconisent dans une tribune au « Monde » la nomination d’administrateurs chargés de répondre aux questions des acteurs extérieurs à l’entreprise.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤                     
                                                   
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Pour un « comité des parties prenantes spécifiques » au sein des conseils d’administration

Pour que les dirigeants prennent mieux en compte les risques sociaux et environnementaux, les professeurs de gestion Xavier Hollandts et Bertrand Valiorgue préconisent dans une tribune au « Monde » la nomination d’administrateurs chargés de répondre aux questions des acteurs extérieurs à l’entreprise.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 16h30
    |

                            Bertrand Valiorgue (Université d’Auvergne,  Chaire Alter-Gouvernance) et 
                            Xavier Hollandts (KEDGE Business School, Chaire Alter-Gouvernance)








                        



                                


                            

Tribune. Un débat majeur vient de s’ouvrir en France sur la nature et la finalité de l’entreprise. Il oppose deux visions qui semblent irréconciliables.
D’un côté, les partisans d’une refonte de l’entreprise et de sa gouvernance qui appellent à une réécriture de l’article 1833 du code civil afin de pousser les entreprises à mieux prendre en considération les conséquences négatives de leur activité sur l’environnement et les parties prenantes.
Une nuance
De l’autre, les partisans d’un statu quo qui soulignent le risque important de déstabiliser les entreprises françaises en changeant le contenu de cet article.
Ces positions tranchées et les controverses qu’elles génèrent amènent à revenir sur le rôle du conseil d’administration et la notion même de gouvernance. Que font les administrateurs et quels intérêts doivent-ils servir ?
La mission principale des administrateurs est d’assurer le bon fonctionnement de la société qui constitue le support juridique de l’entreprise. Cela passe par un respect des règles du droit des sociétés, essentiellement contenu dans le code civil et le code du commerce. C’est également le conseil d’administration qui nomme et révoque les dirigeants et fixe leurs rémunérations.
Les administrateurs organisent le fonctionnement du conseil et s’investissent dans des comités spécialisés (comité des rémunérations, comité d’éthique, comité d’audit…). Il revient enfin aux administrateurs le soin d’organiser la communication d’informations fiables et sincères aux actionnaires et aux marchés financiers. En droit, la mission principale du conseil d’administration est de gouverner la société.
Face à ces principes juridiques clairs, les différents codes de gouvernance aussi bien français qu’étrangers ont introduit une nuance dont on mesure aujourd’hui les conséquences. Ces codes de gouvernance amènent le conseil d’administration à se prononcer sur les orientations stratégiques de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Le Parti communiste veut faire « converger » les luttes de terrain et créer des « fronts sociaux » face à Emmanuel Macron.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤                     
                                                

Le PCF lance, en solitaire, ses Etats généraux du progrès social

Le Parti communiste veut faire « converger » les luttes de terrain et créer des « fronts sociaux » face à Emmanuel Macron.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 15h27
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 16h52
    |

            Abel Mestre








                        



   


Les ambitions étaient hautes. « Nous voulons nous reconstruire sur un projet ancré dans les mobilisations sociales. Nous visons une construction par le bas, avec des forces sociales et de gauche disponibles. » Lorsque Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a annoncé fin 2017 la tenue d’Etats généraux du progrès social, l’idée était de réunir tous les acteurs de gauche pour bâtir une opposition à Emmanuel Macron, ancrée dans les luttes avec le Parti communiste comme pivot. L’objectif du PCF est de rendre visible les luttes du quotidien, celles que l’on ne voit pas dans les médias, pour construire « des fronts de lutte », en proposant des initiatives communes à toutes les forces de gauche.

        Lire aussi :
         

                Congrès : le PCF ne sait à quelle stratégie se vouer



Deux mois après, alors que ces Etats généraux se tiennent samedi 3 février dans plusieurs villes de la petite couronne parisienne, le PCF apparaît solitaire dans sa démarche. En effet, les intervenants prévus sont dans leur très grande majorité des figures du parti, de la CGT et des compagnons de route. Ce qui tarit l’aspect unitaire de la démarche.
Le PS pas invité
« On a invité les partis politiques courant janvier. On les a relancés récemment, explique Igor Zamichiei, chef d’orchestre de l’événement. De toute façon, on les invitait à assister aux débats, pas à intervenir. On veut valoriser les mobilisations, les mettre en confrontation avec nos propositions. » Le PCF a envoyé des invitations à La France insoumise, Europe Ecologie-Les Verts, Génération.s et Ensemble. Mais pas au Parti socialiste, en raison de l’absence de premier secrétaire.
De la même manière, il n’y aura pas d’aréopage de confédérations syndicales. « On ne s’est pas adressé aux confédérations, mais aux syndicalistes locaux. On ne veut pas tirer la couverture à nous », continue M. Zamichiei.
Les Etats généraux du progrès social ont été organisés sous une forme décentralisée. Le matin les différents ateliers (travail et emploi ; industrie ; service public et protection sociale ; logement) se tiendront dans le 19e arrondissement de Paris, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), Malakoff (Hauts-de-Seine). Tous les ateliers convergeront l’après-midi vers Montreuil (Seine-Saint-Denis) où se tiendra la séance plénière, durant laquelle Pierre Laurent interviendra.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Le député chargé de gérer le budget annuel de l’Assemblée nationale déclarait dans la presse, en novembre, tabler sur 15 millions d’économies par an. Une annonce qui a surpris les parlementaires…
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Florian Bachelier, l’homme qui veut mettre les députés à la diète


                      Le député chargé de gérer le budget annuel de l’Assemblée nationale déclarait dans la presse, en novembre, tabler sur 15 millions d’économies par an. Une annonce qui a surpris les parlementaires…



Le Monde
 |    02.02.2018 à 14h53
    |

                            Laurent Telo








                              

                        

Il a un buste de Jean Monnet dans son bureau de député (d’Ille-et-Vilaine) et en même temps il adore Friedrich Nietzsche. Il est jeune, 38 ans, svelte et En marche !, bien coiffé-décoiffé, hardi, sagace, il possède l’étoffe des chevaliers du Nouveau Monde et en même temps il est disruptif, sûr de lui et de sa logique : « Il faut que l’Assemblée nationale se transforme profondément. Il faut rétablir le lien de confiance entre les citoyens et leurs représentants. Il y a urgence à respecter cette promesse. Je ne veux pas être responsable d’un scénario du pire et retrouver Marine Le Pen au second tour de la présidentielle. Les efforts qui sont demandés à tout le monde, on doit se les appliquer à nous-mêmes. »
En six mois, pour son premier mandat parlementaire, Florian Bachelier a fait tellement de publicité à sa fonction jusqu’ici sans grande postérité, premier questeur de l’Assemblée, qu’il donnerait presque l’impression de l’avoir inventée. Pourtant, la questure, composée de trois membres, est, depuis 1803, chargée de gérer les deniers – 550 millions d’euros de budget annuel – et l’administration intérieure de la Chambre haute. Le budget, l’immobilier, les ressources humaines, etc.
Du coworking au Palais-Bourbon
Et pour être – enfin – exemplaire, il a pensé à tout. Il veut faire 10 millions d’euros d’économie en 2018, puis 15 millions par an. Généraliser les tablettes numériques dans l’Hémicycle pour économiser 55 000 euros annuels de papier ; embaucher un directeur des achats pour rationaliser les dépenses sur la téléphonie, le ménage, les transports ; supprimer les avantages des anciens parlementaires, etc. Et aussi téléporter, enfin, l’AN dans ce fameux nouveau monde : casser des cloisons du Palais-Bourbon pour privilégier les espaces de coworking, installer Internet à tous les étages… La liste est longue car il a pensé à tout. Sauf à prévenir ses collègues du bureau de l’AN qu’il déballerait tout cela à la « une » et sur trois pages...




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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Vingt ans après, l’avenue du Colonel-Colonna-d’Ornano, à Ajaccio, où fut assassiné le haut fonctionnaire le 6 février 1998, porte encore les stigmates de ce séisme.
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A Ajaccio, les fantômes de la rue où a été tué le préfet Erignac 
                  
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Le Monde
 |
                  02.02.2018 à 14h29


Vingt ans après, l’avenue du Colonel-Colonna-d’Ornano, à Ajaccio, où fut assassiné le haut fonctionnaire le 6 février 1998, porte encore les stigmates de ce séisme.

Par                             Antoine Albertini (Bastia, correspondant)





                     
Le 11 janvier 1941, dédaignant les ordres de son supérieur qui estimait qu’un lieutenant-colonel n’a pas à « aller se faire casser la figure avec une trentaine de poilus », Jean Colonna d’Ornano prit la tête d’un convoi d’Ecossais et de Néo-Zélandais du Long Range Desert Group, les fameux « Rats du désert », et fonça à travers les dunes sur l’ancien fort ottoman de Mourzouk, dans le sud-ouest de la Libye. Les Italiens qui défendaient la place qualifièrent eux-mêmes d’« audacieuse » l’attaque dans laquelle ils perdirent un hangar, trois avions, un poste de communication, et qui fit dix blessés et neuf tués, dont le commandant du fort.
Mais le soir même, dans une palmeraie, on enterra Jean Colonna d’Ornano revêtu de sa djellaba d’officier méhariste au revers de laquelle était épinglée une croix de Lorraine. « Sa physionomie était sereine, légèrement moqueuse », écrivit au frère du défunt soldat le futur général Massu, qui avait participé au raid. Le 31 janvier 1941, le général de Gaulle fit de Jean Colonna d’Ornano le premier compagnon de la Libération à titre posthume et, quinze ans plus tard, en décembre 1956, la dépouille du héros fut rapatriée à Ajaccio à bord de l’escorteur d’escadre Guichen pour être ensevelie dans le caveau familial du cimetière du Canicciu, sur la route des Sanguinaires, où l’imposant tombeau passe pour le plus beau de l’endroit.
Rares sont les Ajacciens à connaître la glorieuse épopée de l’officier corse  des Forces françaises libres, et ils sont encore moins nombreux à savoir qu’une avenue, en réalité aux airs de simple rue, porte son nom à l’entrée de la ville. Un commerçant du coin a résolu le problème à sa manière : « Lorsque des clients me téléphonent pour demander où est ma boutique, je leur explique que c’est la rue où on a tué le préfet. »
L’avenue du crime
Le long d’une pente de 1,15 kilomètre orientée d’est en ouest, l’avenue du Colonel-Colonna-d’Ornano...





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A Ajaccio, les fantômes de la rue où a été tué le préfet Erignac
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A Ajaccio, les fantômes de la rue où a été tué le préfet Erignac
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Le gouvernement multiplie les mesures d’économies dans la fonction publique. Il a annoncé, jeudi, un « plan de départs volontaires ».
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Jour de carence, CSG... neuf mois de désamour entre gouvernement et fonctionnaires

Le gouvernement multiplie les mesures d’économies dans la fonction publique. Il a annoncé, jeudi, un « plan de départs volontaires ».



Le Monde
 |    02.02.2018 à 14h20
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 15h42
   





                        



   


Les contours de la mesure sont encore flous, mais la volonté, elle, est clairement affichée. Le gouvernement entend « lancer un plan de départs volontaires pour ceux qui souhaiteraient partir, en conséquence des réformes de l’Etat », a annoncé, jeudi 1er février, Gérald Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics.
Aussitôt, les syndicats – avec lesquels une concertation aura lieu au cours de l’année sur le sujet, selon le ministre – ont dénoncé une « attaque » (CGT, UNSA), voire un « dynamitage de la fonction publique » (Solidaires). « Nous avons affaire à un président de la République et à un gouvernement qui sont en train de s’attaquer frontalement à la fonction publique », a réagi Jean-Marc Canon (CGT).
Lors de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait déjà affiché sa volonté de supprimer 120 000 emplois dans la fonction publique. Une annonce qui avait suscité de l’impopularité parmi les rangs des fonctionnaires. Depuis son élection, le chef de l’Etat et son gouvernement multiplient les mesures d’économies et dans la fonction publique.
Jour de carence
M. Macron l’avait promis durant sa campagne. L’Assemblée nationale a voté en novembre 2017 le rétablissement d’un jour de carence dans la fonction publique en cas d’arrêt maladie. Depuis le 1er janvier, l’arrêt maladie des fonctionnaires n’est rémunéré qu’à partir du deuxième jour.
Créé en 2012 sous le mandat de Nicolas Sarkozy, le jour de carence avait été supprimé en 2014 par la gauche. Marylise Lebranchu, la ministre de la fonction publique de l’époque, avait jugé cette mesure « injuste, inutile et inefficace ».
« Il permet de lutter contre le micro-absentéisme qui désorganise les services, alourdit la charge de travail des collègues en poste et coûte environ 170 millions d’euros par an », avait déclaré M. Darmanin, en juillet 2017, pour justifier le rétablissement du jour de carence.
La mesure est jugée « injuste » par les syndicats, alors que dans le privé, où la carence est de trois jours, celle-ci est bien souvent compensée par les mutuelles ou l’employeur.

        Lire aussi :
         

                Le jour de carence fait-il baisser l’absentéisme des fonctionnaires ?



Gel du point d’indice
Un an avant l’élection présidentielle, en mars 2016, François Hollande avait décidé de rompre avec six années de gel du point d’indice, qui sert de base au calcul du traitement des fonctionnaires, actant une hausse de 1,2 %.
Dès juin 2017, M. Darmanin a annoncé qu’il n’y aurait pas de nouvelle augmentation de ce point d’indice. Ce retour au gel a provoqué la colère des syndicats. La FSU a dénoncé un « prisme comptable », fustigeant une décision « aussi injuste qu’inefficace » qui va « bloquer la rémunération de 20 % de la population ». Force ouvrière a déploré des « pertes de pouvoir d’achat ».

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                A quoi correspond le point d’indice des fonctionnaires ?



Car un indice qui n’augmente pas, c’est une rémunération qui stagne, et c’est aussi équivalant à une baisse de salaire masquée.
La mécanique de l’économie est ainsi faite : les prix augmentent régulièrement. C’est l’inflation. Les revalorisations du point d’indice (ou celle des allocations, des salaires du privé, etc.) accompagnent théoriquement cette hausse globale des prix.
Mais si les prix augmentent alors que les salaires stagnent, comme c’est le cas pour les fonctionnaires, en pratique, c’est une perte de pouvoir d’achat.

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                « Injustice », « paupérisation »… le désarroi des fonctionnaires face aux mesures du gouvernement



Contribution sociale généralisée (CSG)
Pour les fonctionnaires, la hausse de 1,7 point de la CSG ne s’accompagne pas, comme pour les salariés du privé, d’une suppression des cotisations maladie et chômage. Elle est juste compensée. Ce qui se traduit par aucun gain de pouvoir d’achat.
Or, rappellent les fonctionnaires, pendant la campagne présidentielle, M. Macron s’était engagé à leur faire bénéficier du même avantage que les autres. « J’augmenterai votre pouvoir d’achat, comme celui des salariés des entreprises : vous paierez moins de cotisations et votre salaire net sera augmenté d’autant », écrivait le candidat d’En marche !, en avril 2017.
Le mécanisme de compensation n’est pas encore fixé dans les détails, mais il devrait s’agir, a indiqué l’entourage de M. Darmanin, « d’une prime associée à une baisse des cotisations pour ceux qui en payent ».
Les syndicats en contestent les modalités, telles que le gouvernement les leur a présentées : en l’état, la compensation ne concernerait pas tous les fonctionnaires.

        Lire aussi :
         

                Les fonctionnaires en ont assez d’être « stigmatisés comme des enfants gâtés »



Suppressions de postes
Sous Nicolas Sarkozy, 150 000 postes avaient disparu dans la fonction publique d’Etat. Le gouvernement d’Edouard Philippe se défend d’être dans « une approche comptable ». Pour preuve, l’entourage de M. Darmanin rappelle que seuls 1 600 postes seront supprimés en 2018.
Mais Emmanuel Macron, durant la campagne présidentielle, a annoncé sa volonté de supprimer 120 000 postes dans la fonction publique.
Le gouvernement a prévu une enveloppe de 700 millions d’euros sur le quinquennat pour accompagner la transformation de l’action publique, dont 200 millions d’euros dès 2018. Cette somme servira notamment à financer ce plan inédit de « départs volontaires » dans la fonction publique.
De leur côté, les organisations syndicales doivent se retrouver mardi 6 février. La question d’une nouvelle mobilisation des fonctionnaires sera posée. La dernière journée de grève remonte au 10 octobre 2017.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Sur Twitter, des équipes pédagogiques ont critiqué allègrement les conclusions du texte remis mercredi à Jean-Michel Blanquer.
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Des professeurs moquent le #RapportBergé sur les « relations école-parents »

Sur Twitter, des équipes pédagogiques ont critiqué allègrement les conclusions du texte remis mercredi à Jean-Michel Blanquer.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 14h16
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 16h17
    |

                            Brice Laemle








                        



   


Parler de l’école peut conduire à s’exposer à de sévères retours de bâton. En témoigne, s’il le fallait, la promptitude avec laquelle a émergé, mercredi 31 janvier, le mot-clé #RapportBergé sur lequel des enseignants et des enseignantes se sont « appuyés » pour réagir aux préconisations de deux députées.
Une compétition de saillies ironiques entre personnes qui se disent professeurs dans leur bio a eu lieu sur le réseau social Twitter.

Lorsque le monsieur de la maintenance prend congé après avoir changé le néon grillé du tableau.

— Dona_Sol (@DonaSol)


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#RapportBergé 
— soplaur (@sophie laurent)


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Quand c'est la fin de la récréation et que les profs vont chercher leurs élèves dans la cour.
— MxPaad (@Colonel Berthier)


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Prof d'éco dans le RER pour se rendre en cours
— Undercoverhist (@Beatrice Cherrier)


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Enseignante en réunion parents-profs. #RapportBergé https://t.co/8dv7hqubhG— MarieLaureGB (@Marie-Laure GB ✨)


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Image rare d'un prof arrivant au collège pour dispenser son savoir à la plèbe... #RapportBergé https://t.co/C18nSXaTO8— MarcusTullius_ (@Marcus T)


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La cause de ces analogies avec Marie-Antoinette, Sissi, les personnages de La Folie des grandeurs, ou encore la reine Elisabeth II ? Un rapport « sur les relations école-parents » rendu public mercredi et qui a passablement énervé des enseignants, notamment ceux qui travaillent dans des quartiers populaires.
Pour la députée (La République en marche, LRM) Aurore Bergé et pour Béatrice Descamp, de l’Union des démocrates et indépendants (UDI), il y aurait un décalage entre les professeurs et les quartiers dans lesquels ils peuvent être affectés. « Les enseignants sont, plus qu’auparavant, issus des classes les plus favorisées de la population française », diagnostiquent-elles.
Aussi, la « masterisation des études d’enseignant » conduirait « à un éloignement croissant entre enseignants et parents qui ne facilite pas la compréhension des uns et des autres et un traitement d’adulte à adulte », notent les deux parlementaires.
« Lorsqu’ils sont affectés dans des quartiers difficiles, ils n’en sont le plus souvent pas originaires, ils n’en connaissent pas les spécificités et vivent de moins en moins là où ils enseignent. »
Des mots qui ont choqué les professeurs. Mis à part les réactions et détournements humoristiques qu’ont suscités leurs déclarations, jugées caricaturales, certains n’ont pas ri du tout. A l’image de cette suite de tweets, rassemblés dans un texte, partagée plus de 2 300 fois. L’utilisateur de Twitter dit être professeur de français en collège. Il s’est surnommé « M. Piekielny » sur le réseau social, clin d’œil au roman Un certain M. Piekielny, de François-Henri Désérable (2017, prix Renaudot des lycéens). Cette personne raconte son quotidien et dresse le portrait en quelques signes de trois de ses élèves.
« Lundi, il fallait faire cours pour la dernière fois à M. (6e B) sans pour autant lui dire au revoir. Sa mère et les gendarmes viendraient le chercher à l’interclasse. (…) M. ne savait pas qu’il ne reverrait sans doute plus jamais ses copains ni ses professeurs et il levait la main pour participer, souriant comme d’habitude, ses lunettes de la Sécurité sociale sur le nez. »
L’utilisateur livre son attachement à ses élèves et raconte aussi l’histoire d’une entre elles, qu’il surnomme « S. », qui est arrivée en France à l’âge de 6 ans. Celle-ci a de grandes difficultés en orthographe, notamment lors des dictées.

Alors, elle y travaille. Elle travaille même très dur et il faut mettre les bouchées doubles car le temps ridicule… https://t.co/ui8JLjUlEa— Karenine2 (@M. Piekielny)


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J'espère que demain, quand je vais lui rendre son 5, je pourrai passer 20 minutes avec elle pour reprendre 2 points… https://t.co/3WY0s6Rr4m— Karenine2 (@M. Piekielny)


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Dans l'immédiat, gardez vos leçons de dame patronesse pour vous et croyez bien que les enseignants, tout comme les… https://t.co/qmwG3HZCku— Karenine2 (@M. Piekielny)


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Cette mission « flash » avait pour but de restaurer la confiance entre les parents d’élèves et l’école, vaste programme. Pour cela, elles ont auditionné plus de trente personnes afin de mettre à jour les préconisations d’une précédente mission d’information qui datait, elle, de 2014.
Pour les deux députées, tout enseignant qui prend ses fonctions dans un nouvel établissement devrait aussi pouvoir être « formé à la communication à destination des parents ». « Les familles ne peuvent plus être considérées comme suspectes », ajoutent-elles en guise de conclusion de leur rapport.
Contactée par nos soins, Aurore Bergé semble surprise par l’émotion que cela a suscité sur Twitter. « Je ne m’y attendais pas du tout. Nous avons dressé un constat avec ce rapport, il ne s’agit pas d’un jugement », explique la députée LRM. « Je ne suis pas certaine que tous aient lu ou écouté notre audition », doute tout de même l’élue.
Ce qui est certain, c’est que le site parodique Le Gorafi a — un brin — détourné les propos de l’élue pour la tourner en ridicule. L’article a été retweeté plus de mille fois.

Aurore Bergé : « Les profs doivent s'inspirer des politiques pour être moins déconnectés des réalités » https://t.co/Wisos8xO2O— le_gorafi (@Le Gorafi)


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Les professeurs « doivent, comme nous, vivre avec les parents d’élèves dans les zones difficiles et les côtoyer au quotidien pour s’approprier leurs codes. On ne peut pas vivre dans les beaux quartiers et comprendre ses contemporains », caricature le média humoristique, avant de moquer les députés LRM du « nouveau monde ».
« Enfin, il faut que leur langage soit plus accessible, Il n’est pas nécessairement adéquat de multiplier les termes inusités de la “oldspeak” qui renforcent le sentiment de relégation socioculturelle, l’appartenance communautaire fantasmée et à terme le “minority-shaming” voire le burn-out. »
Sans ce hashtag, pas sûr que ce rapport aurait eu un quelconque écho. Mais avec les critiques et moqueries qu’il a suscitées, les réseaux sociaux n’ont pas fini d’en parler.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’économiste Xavier Ragot, président de l’OFCE, explique que la crise a renouvelé la recherche économique – plus attentive à l’histoire, à la dialectique du court et du long terme et à l’environnement – traçant ainsi un nouveau cadre pour les politiques publiques.
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« La crise de 2007-2008 a dessilé le regard des économistes »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste Xavier Ragot, président de l’OFCE, explique que la crise a renouvelé la recherche économique – plus attentive à l’histoire, à la dialectique du court et du long terme et à l’environnement – traçant ainsi un nouveau cadre pour les politiques publiques.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 15h19
    |

Xavier Ragot (Directeur de recherche au CNRS et président de l’Observatoire français des conjonctures économiques)







                        



                                


                            
Tribune. La crise économique, la montée des inégalités et la question environnementale ont changé la façon de voir des économistes. Les réorientations intellectuelles d’une discipline sont souvent peu perceptibles avant qu’un vaste ensemble de travaux dessine un nouveau paysage. C’est celui que s’efforce d’esquisser le dernier numéro de la Revue de l’OFCE, qui présente les questions inédites abordées par vingt-sept chercheurs de premier plan et les résultats récents de leurs travaux (n° 153, décembre 2017).
La première tendance qui se dégage est le retour de l’histoire économique, en premier lieu autour du débat sur la croissance. Alors que les technologies numériques sont partout, celle-ci semble s’essouffler. Trois explications s’opposent. La première soutient que l’on mesure mal la croissance et que les principaux changements sont à venir.
La deuxième avance l’idée que la faiblesse des taux d’intérêt facilite le financement d’entreprises peu productives et contribue à une moins bonne allocation du capital : des entreprises zombies, improductives et survivant grâce à un crédit peu coûteux, cacheraient la transformation souterraine de nos économies.
Une troisième insiste sur la mauvaise gestion de la crise depuis dix ans, d’où une trop faible inflation et un déficit de demande qui, malgré la politique monétaire non conventionnelle, empêchent de profiter d’un nouveau potentiel productif.
La question environnementale
Les politiques économiques pertinentes dépendent de la réponse à ces questions : faut-il inciter à mieux allouer l’épargne des ménages, ou faut-il augmenter l’inflation par des politiques fiscales et salariales accommodantes ? Heureusement, ces choix ne sont pas exclusifs : la plupart des pays s’engagent dans ces deux directions.
L’incapacité d’une grande partie des économistes à prévoir ou même à comprendre la crise de 2007-2008 a jeté un discrédit sur la profession
De même, la question environnementale...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ En amont de la visite d’Emmanuel Macron au Sénégal, du 1er au 3 février, ses équipes annonçaient la présence de la chanteuse Rihanna à Dakar.
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Emmanuel Macron, Rihanna et « le monde païen de l’Olympe »

En amont de la visite d’Emmanuel Macron au Sénégal, du 1er au 3 février, ses équipes annonçaient la présence de la chanteuse Rihanna à Dakar.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 12h15
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 13h20
    |

            Solenn de Royer (envoyée spéciale à Dakar)








                        



   


L’happening politico-people aura-t-il lieu ? En amont de la visite d’Emmanuel Macron au Sénégal, du 1er au 3 février, ses équipes annonçaient la présence de la chanteuse Rihanna à Dakar et évoquaient même l’hypothèse d’un déplacement avec le président. Mais, jeudi 1er février, l’Elysée ne savait toujours pas si la star visiterait un collège au côté de M. Macron, le 2 février.
Quoi qu’il en soit, la chanteuse et le président, qui se connaissent déjà, se croiseront au Partenariat mondial pour l’éducation, le 2 février. Rihanna, qui défend plusieurs ONG œuvrant pour l’éducation, avait été reçue à l’Elysée fin juillet. Celle qui a fait danser la planète en fredonnant « nous sommes comme des diamants dans le ciel » (Diamonds, 2012) était sortie extatique du palais, se disant « très inspirée par (le) leadership » de M. Macron.
Depuis son élection, le chef de l’Etat s’est à plusieurs reprises affiché aux côtés de personnalités du showbiz. Cette semaine, l’actrice Angelina Jolie, ambassadrice de bonne volonté du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, a été reçue à l’Elysée. En juillet, le chanteur de U2, Bono, était venu parler aux Macron de son association d’aide à l’éducation.

        Lire aussi :
         

                Les trop belles promesses d’Emmanuel Macron à l’Afrique ?



Les présidents français n’abusent pas de l’exercice, contrairement aux Etats-Unis où les liens entre monde politique et show business sont plus étroits et assumés. En France, M. Macron n’est toutefois pas le premier à se montrer avec des people. Ses prédécesseurs n’avaient pas résisté non plus au plaisir gourmand de se faire photographier aux côtés de stars mondiales. Nicolas Sarkozy – qui a épousé une chanteuse – avait reçu Arnold Schwarzenegger et Tom Cruise, tandis que François Hollande – qui vit avec une actrice – avait rencontré l’acteur Sean Penn, défenseur de la cause climatique. Il avait emmené l’actrice Marion Cotillard dans un déplacement en Asie.
Des rencontres qui peuvent permettre de faire avancer une cause. Mais qui soignent aussi l’image et flattent l’ego des présidents sensibles au plaisir narcissique de se mirer dans l’aura glorieuse de l’autre. Un ami de M. Macron ironise : « Nous avons quitté le monde du salut. Avec Jeanne d’Arc et tante Yvonne. Nous sommes entrés dans le monde païen de l’Olympe avec ses déesses, dont Rihanna… Jupiter doit vivre environné de déesses. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ L’institution de la rue Montpensier a rendu ses dernières décisions sur le contentieux des législatives de juin. Huit élections ont été annulées en tout.
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Le Conseil constitutionnel invalide l’élection de deux députés élus en juin 2017

L’institution de la rue Montpensier a rendu ses dernières décisions sur le contentieux des législatives de juin. Huit élections ont été annulées en tout.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 12h11
   





                        


Le Conseil constitutionnel a annulé vendredi 2 février l’élection de deux députés élus lors des législatives de juin 2017, Samantha Cazebonne, députée La République en marche des Français de l’étranger, et Napole Polutele, élu de Wallis-et-Futuna.
Samantha Cazebonne avait été élue dans la 5e circonscription des Français établis hors de France. Le Conseil constitutionnel a notamment estimé que « compte tenu du faible écart de voix entre les candidats arrivés deuxième et troisième au premier tour », le scrutin devait être annulé, selon la décision diffusée sur le site de l’institution.
Huit élections annulées
Napole Polutele (apparenté au groupe UDI, Agir et indépendants) avait été élu de la 1re circonscription de Wallis-et-Futuna dès le premier tour. Le Conseil a décidé d’annuler son élection en raison de l’invalidation d’une soixantaine de suffrages qui ne lui permettait plus d’avoir la majorité absolue nécessaire pour être élu.
Le Conseil constitutionnel a rendu vendredi ses dernières décisions sur le contentieux des législatives de juin. Il avait reçu au total 297 recours, soit trois fois plus qu’en 2012. Huit élections ont au total été annulées, ouvrant la voie à autant de législatives partielles, dont les deux premières sont en cours (28 janvier, 4 février) dans le Val-d’Oise et le Territoire de Belfort.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Le gouvernement a confirmé la promesse de campagne d’Emmanuel Macron de supprimer 120 000 postes de fonctionnaires et de réduire de trois points la part de la dépense publique dans le PIB d’ici à 2022.
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En France, 24 % du PIB consacrés aux dépenses de fonctionnement

Le gouvernement a confirmé la promesse de campagne d’Emmanuel Macron de supprimer 120 000 postes de fonctionnaires et de réduire de trois points la part de la dépense publique dans le PIB d’ici à 2022.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 15h51
    |

            Benoît Floc'h








                        



                                


                            
La France compte-t-elle trop de fonctionnaires ? A l’occasion de la présentation de ses premières pistes pour réformer l’Etat, jeudi 1er février, le gouvernement a confirmé la promesse de campagne d’Emmanuel Macron de supprimer 120 000 postes de fonctionnaires et de réduire de trois points la part de la dépense publique dans le PIB d’ici à 2022.
Une étude de France Stratégie, parue en toute fin d’année dernière, aborde la question de savoir si la France est, oui ou non, suradministrée par rapport aux autres pays développés. La campagne présidentielle avait, de fait, accordé une large part à ce thème, François Fillon proposant notamment de supprimer 500 000 postes dans la fonction publique. L’organisme de réflexion et d’expertise placé auprès du premier ministre a utilisé les données de l’OCDE et d’Eurostat. « La France se situe parmi les pays où la proportion de l’emploi public dans la population comme dans l’emploi total est élevée, écrivent les auteurs. Mais sans excès : son taux d’administration de 89 emplois publics pour 1 000 habitants la place dans la moyenne haute, devant le Royaume-Uni et les Etats-Unis, mais bien en deçà des pays scandinaves. »
« Emplois indirects »
Le « taux d’administration » du Royaume-Uni est de 79 pour 1 000. Il est de 76 pour 1 000 en Belgique, de 68 pour 1 000 aux Etats-Unis. On ne compte, au Japon, que 40 emplois publics pour 1 000 habitants. A l’autre bout du spectre, la Norvège en fournit 159 pour 1 000 habitants.
Mais le taux d’administration est-il toujours le plus pertinent ? Pas forcément, estime France Stratégie. Car tout est question de définition et de périmètre. « Une approche par les dépenses, écrivent les rapporteurs, permet d’intégrer ces emplois publics “indirects”, qui sont des emplois privés mais financés par l’impôt. » Ainsi, l’Allemagne a beau avoir un système de santé très proche de celui de la France, elle affiche un très faible...




                        

                        


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Souâd Ayada, une philosophe au conservatisme assumé

La nouvelle présidente du Conseil des programmes traverse une période mouvementée.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 11h32
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 14h14
    |

            Violaine Morin








                        



                                


                            
De l’école, Souâd Ayada garde un bon souvenir. Elle parlera peu de sa vie privée, si ce n’est pour dire que, pour elle, « aller à l’école, grandir, vivre, c’était une seule et même chose ». Cette fille d’ouvrier au parcours exemplaire, agrégée de philosophie, doyenne de l’inspection générale dans cette discipline, a été nommée présidente du Conseil supérieur des programmes (CSP) par le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, le 23 novembre 2017, après le départ fracassant du géographe Michel Lussault.
Deux mois après son arrivée, nouvelle démission, celle de Sylvie Plane, le 26 janvier. L’universitaire était vice-présidente du CSP et membre du conseil depuis sa création, en 2013. Y a-t-il une crise au CSP ? « Cette instance a pris l’habitude de médiatiser ses démissions, répond posément Souâd Ayada. Je me sens parfaitement à ma place. »
Souriante, un brin crispée, la présidente du CSP aime prendre le temps de choisir ses mots pour parler de ses nouvelles attributions, dans son petit bureau sans charme de la rue de Grenelle. « Le CSP propose des programmes. Il revient à l’autorité politique de décider de les retenir et de les diffuser. C’est là un signe clair de l’indépendance du CSP », rappelle-t-elle, lorsqu’on évoque les craintes de ceux qui ont claqué la porte craignant pour l’indépendance de l’instance qu’elle dirige.
Choix iconoclaste
Spécialiste de spiritualité islamique, Souâd Ayada est philosophe et pas théologienne, distinction à laquelle elle tient. L’idéalisme allemand est au cœur de sa formation philosophique, et c’est par le biais des textes de Hegel qu’elle a d’abord appréhendé les « systèmes métaphysiques » de l’islam. Sa connaissance du sujet trouve néanmoins écho dans le chantier de refonte de l’enseignement du fait religieux. 
Le 24 janvier, devant la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, elle n’hésite pas à critiquer des manuels scolaires...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Plusieurs bagarres ont opposé, jeudi, des Afghans et des Erythréens, après une distribution de repas. Le ministre de l’intérieur s’est rendu sur place.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Docteur en sciences politiques, écrivain, historien, et « passionné par le Liban » selon le Front national, Edouard Ferrand était père de cinq enfants et député au Parlement européen depuis 2014.
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Edouard Ferrand, député européen FN, est mort

Docteur en sciences politiques, écrivain, historien, et « passionné par le Liban » selon le Front national, Edouard Ferrand était père de cinq enfants et député au Parlement européen depuis 2014.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 11h23
   





                        



   


Le Front national annonce la mort à 52 ans, jeudi 1er février, du député européen Edouard Ferrand, des suites d’une longue maladie. Dans un communiqué, le parti d’extrême droite salue un « ardent défenseur des valeurs traditionnelles et de la ruralité », un « parlementaire exemplaire, dévoué et [qui] menait avec énergie la délégation française du groupe ENF (Europe des nations et des libertés) au Parlement européen ».
Docteur en sciences politiques, écrivain, historien, et « passionné par le Liban », selon le FN, Edouard Ferrand était père de cinq enfants et député au Parlement européen depuis 2014. M. Ferrand sera remplacé au Parlement européen par Jacques Colombier, président du groupe des élus FN au conseil régional de Nouvelle Aquitaine.
17 eurodéputés FN
Le FN compte 17 députés sous son étiquette au Parlement européen, et deux autres députés proches, non inscrits, qui sont le cofondateur du FN Jean-Marie Le Pen et Bruno Gollnisch.
Aux élections européennes de 2014, le FN avait obtenu 24 sièges, mais cinq députés ont quitté depuis le parti, dont trois (Mireille d’Ornano, Sophie Montel et Florian Philippot) sous la bannière des Patriotes, rattachée désormais au groupe EFDD (Europe de la liberté et de la démocratie directe).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Une rixe entre migrants afghans et africains a fait une vingtaine de blessés, jeudi, dont plusieurs par balles.
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Migrants : à Calais, une explosion de violence

Une rixe entre migrants afghans et africains a fait une vingtaine de blessés, jeudi, dont plusieurs par balles.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 10h41
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 14h28
    |

            Maryline Baumard








                        



Calais rime désormais avec chaos. La « ville frontière », où se massent quelque 800 exilés (500 à 600 selon la préfecture), a vécu, jeudi 1er février, un « degré de violence jamais connu », de l’aveu même du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, qui a passé la nuit sur place. « Je suis venu réaffirmer notre mobilisation face aux passeurs qui nourrissent quotidiennement violences et rixes », a ajouté le ministre, en visitant le commissariat, alors que la communauté migrante comptait une vingtaine de blessés dont plusieurs touchés par balle. Quatre d’entre eux étaient entre la vie et la mort vendredi matin.
De violents affrontements entre migrants afghans et africains ont éclaté en début d’après-midi jeudi sur un lieu voisin d’une distribution de nourriture opérée par les associations. Tout a commencé par les tirs à l’arme à feu d’un ressortissant afghan, précise l’AFP, qui y lit « la thèse de la présence de passeurs sur place ». Les blessures graves de cinq jeunes Erythréens ont entraîné la riposte des Africains en soirée sur le lieu principal de distribution de nourriture, à proximité de l’ancienne jungle. « Les jeunes Oromos sont arrivés avec des barres de fer et des bâtons », observait un associatif choqué par les scènes dont il a été témoin. La police recherchait vendredi matin un ressortissant afghan qui aurait été particulièrement impliqué dans la rixe initiale.
Exacerbation de la tension générale
Depuis la visite, le 16 janvier, du chef de l’Etat, la situation se détériore un peu plus chaque jour. Les déclarations d’Emmanuel Macron ont eu deux conséquences immédiates. D’abord, les organisations humanitaires ont noté un afflux important de migrants. « A Paris et ailleurs, les exilés ont entendu que le chef de l’Etat enchaînait sa visite à Calais avec une rencontre de Theresa May, la première ministre britannique, pour un sommet franco-britannique. Ils sont donc arrivés massivement ici pour bénéficier du regroupement familial et du passage des mineurs, objet de la négociation », observe un humanitaire qui s’était déjà inquiété la semaine passée du changement d’ambiance sur ce territoire où les équilibres entre différentes communautés sont très pré­caires, mais essentiels pour ­éviter les rixes.
L’autre effet immédiat du discours du chef de l’Etat a été une exacerbation de la tension générale. Après les chaleureuses félicitations adressées aux forces de l’ordre et l’annonce de l’octroi d’une prime aux policiers de ­Calais – alors que l’inspection des polices avait souligné comme « plausibles » en octobre 2017 des « manquements à la doctrine d’emploi de la force et à la déontologie policière » –, l’écrivain et chroniqueur Yann Moix a accusé Emmanuel Macron, dans les colonnes de Libération, d’avoir instauré à Calais un « protocole de la bavure ». Dans cette lettre ouverte au président, il affirmait avoir filmé des « actes de barbarie ». Le préfet avait dénoncé des « affirmations infamantes pour les forces de l’ordre », estimant que le réalisateur confond « violences policières » et « opérations de maintien de l’ordre ».

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                Méthodes policières à Calais : le préfet du Pas-de-Calais réplique à Yann Moix



Dans un contexte où police et gendarmerie sont mandatées pour éviter « tout point de fixation », la frontière entre les deux semble en effet poreuse. « Tous les matins, depuis quatre jours, les forces de l’ordre “désquattent” tout de A à Z », observe ainsi Jean-Claude Lenoir, le président de l’association Salam. Cela signifie qu’ils démantèlent tout semblant d’abri de fortune, confisquant du même coup les biens des migrants, au prétexte qu’ils sont abandonnés, puisque ces derniers fuient rapidement à l’arrivée d’un uniforme.
Plainte d’associations
Le Monde avait été témoin, le 6 décembre 2017, d’une de ces « opérations désquattage » durant laquelle les affaires personnelles d’un groupe de migrants réveillés par les forces de l’ordre avaient été jetées à la benne à ordures, et des associations ont porté plainte pour la destruction d’effets leur appartenant. Depuis, la préfecture a annoncé un dispositif de récupération des sacs, mais jeudi, les exilés devaient « présenter une pièce d’identité pour pouvoir le faire », comme a pu l’observer Vincent de Coninck, du Secours Catholique. En conséquence, « ils sont de plus en plus nombreux à enterrer leurs affaires personnelles, comme des animaux, pour éviter de se retrouver dans cette situation », déplorait jeudi l’humanitaire.
Les migrants qui tentent le passage en Grande-Bretagne refusent en effet le dispositif de mise à l’abri mis en place par l’Etat sous forme de deux centres d’accueil et d’examen des situations, ouverts après injonction du Conseil d’Etat en juillet 2017. Ces lieux se trouvent loin de Calais et l’examen des situations administratives qui aboutirait au renvoi d’une très large part d’entre eux vers un autre pays européen, au nom de l’application des accords de ­Dublin, les dissuade d’y aller.

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Dans ce contexte, rendu plus difficile encore par le froid et la pluie, la population migrante de Calais a atteint un épuisement total qui « redonne du pouvoir aux passeurs », note M. Lenoir, « puisque les jeunes migrants veulent fuir à tout prix » ce lieu invivable. Fort d’une connaissance historique du lieu, cet ancien enseignant estime que l’Etat se fourvoie et rappelle que des politiques purement répressives, « ont déjà été tentées par d’autres gouvernements depuis vingt ans, mais ont toujours fait la preuve de leur échec ».
Le milieu associatif calaisien s’inquiète globalement que la seule réponse apportée au problème soit une nouvelle fois l’augmentation du nombre de forces de l’ordre affectées au lieu etdéjà supérieur au nombre de migrants. Rebondissant sur la promesse de M. Macron le 16 janvier, Gérard Collomb a indiqué vendredi : « Dans les quinze prochains jours, nous serons capables de prendre en charge la distribution des repas. » Ila par ailleurs « fait appel au bon sens des associations : il ne peut y avoir d’organisation sauvage ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Réseaux sociaux, cars, covoiturages... Les organisateurs de la manifestation du 3 février utilisent tous les moyens pour rassembler.
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Face à l’exécutif, les nationalistes corses jouent la mobilisation populaire

Réseaux sociaux, cars, covoiturages... Les organisateurs de la manifestation du 3 février utilisent tous les moyens pour rassembler.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 09h00
    |

                            Antoine Albertini (Bastia, correspondant)








                        


En optant pour le recours à la rue, Jean-Guy Talamoni et Gilles Simeoni espèrent retrouver l’élan qui les a portés pour la deuxième fois au pouvoir en décembre 2017 à l’occasion des élections territoriales. A l’époque, 65 000 électeurs corses avaient porté leurs suffrages sur la liste d’union entre autonomistes et indépendantistes, baptisée Pè a Corsica (« Pour la Corse »). Le pari est risqué et la mobilisation au cœur des attentes du duo qui dirige la nouvelle collectivité unique de la Corse, mise en place le 1er janvier. « Nous sommes conscients que nous ne pourrons faire descendre des dizaines de milliers de personnes dans la rue, souffle un membre de l’état-major de Corsica Libera, le principal mouvement indépendantiste. Mais nous battons le rappel au maximum : c’est le programme pour lequel la population a voté, il est normal qu’elle fasse entendre sa voix. »

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Depuis près d’une semaine, les nationalistes peuvent compter sur leur redoutable machine logistique et un savoir-faire en matière de communication que leur envient leurs adversaires politiques. Sitôt après la première réunion de « cadrage » à Corte, dimanche dernier, les réseaux sociaux ont été mis à contribution à travers le hashtag #Demucrazia (« démocratie »), un collectif créé pour l’occasion, et toutes les bonnes volontés sollicitées, depuis les entreprises de transports « amies » jusqu’aux appels au covoiturage sur Internet. Pour acheminer les manifestants à Ajaccio, des autocars ont notamment été affrétés au départ de Bastia et d’autres localités de l’île, de Porto-Vecchio (Corse-du-Sud) à Calvi (Haute-Corse). « Il y a déjà pas mal de réservations, les deux bus qui partiront de Bastia sont pratiquement complets et d’autres ont été programmés », explique Françoise, une militante bastiaise chargée de superviser les déplacements.
« Populaire et pacifique »
Fait plutôt rare, la crainte d’éventuels débordements a entraîné la mise en place d’un service d’ordre dès l’annonce de la manifestation. Ce dernier a été confié, entre autres, au Syndicat des travailleurs corses (STC, nationaliste). « Nous ne serons pas les seuls, précise Jean Brignole, responsable de l’organisation syndicale : le principe d’assurer la sécurité a été acté, toutes les forces vives de notre famille de pensée vont s’activer pour que ce rassemblement se déroule sous ces deux mots d’ordre : populaire et pacifique. » Le risque redouté par les promoteurs de la « manif » est que des éléments incontrôlables, en particulier parmi les plus jeunes des manifestants, affrontent les forces de l’ordre. « Compte tenu des mots d’ordre lancés par les organisateurs, nous avons décidé d’assurer une sécurisation habituelle en cas d’afflux de population mais pas de dispositif renforcé de maintien de l’ordre », précise le cabinet du préfet de la Corse. Dans l’île, l’administration préfectorale a déjà fort à faire avec la visite annoncée du président de la République, le 6 février à Ajaccio, dans le cadre des cérémonies commémorant le vingtième anniversaire de l’assassinat du préfet Claude Erignac.

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Pour les nationalistes, l’enjeu consiste surtout à mobiliser au-delà de leur cercle d’influence afin de prouver le large consensus autour des revendications portées par leur majorité : co-officialité de la langue corse, rapprochement des détenus « politiques », statut de résident, fiscalité spécifique et reconnaissance de la spécificité de la Corse dans la Constitution. Mais les élus de l’opposition ont d’ores et déjà annoncé leur intention de ne pas rejoindre le cortège. A l’instar de Valérie Bozzi, présidente du groupe de droite associé au parti Les Républicains à l’Assemblée de Corse, Jean-Martin Mondoloni, le chef de file de la « droite régionaliste », a estimé que le temps « d’engager un bras de fer » n’était pas venu, préférant « privilégier un dialogue fertile et serein » avec le gouvernement. Sur son compte Twitter, le maire de Bonifacio (Corse-du-Sud) et élu d’opposition LRM Jean Charles Orsucci a annoncé qu’il ne participerait pas non plus à la manifestation de samedi. « Nous attendons avec sérénité la venue du président de la République qui, nous croyons, sera à la hauteur des enjeux de notre île », a-t-il écrit.
« Il y a un mois et demi, nous avons totalisé 20 000 voix de plus que ces trois-là réunis, estime un proche de Jean-Guy Talamoni, et il n’est pas sûr que leurs propres partisans suivent leurs consignes. Ce que nous attendons samedi, c’est que le peuple affirme que nos revendications sont justes et qu’il les partage. » 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Pour le président de la République, qui effectuait une visite en Tunisie, « l’idée qu’on règle la situation d’un pays de façon unilatérale et militaire est une fausse idée ».
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Compte rendu

A Tunis, Macron critique l’intervention militaire de l’OTAN en Libye en 2011

Pour le président de la République, qui effectuait une visite en Tunisie, « l’idée qu’on règle la situation d’un pays de façon unilatérale et militaire est une fausse idée ».

Cédric Pietralunga (Tunis, envoyé spécial) et 
Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)
    



LE MONDE
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        Le 01.02.2018 à 19h54

     •
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        Mis à jour le 02.02.2018 à 16h41






    
Le président français, Emmanuel Macron, à la tribune de l’Assemblée des représentants du peuple, à Tunis, le 1er février.
Crédits : ZOUBEIR SOUISSI / REUTERS


Au second jour de sa visite d’Etat à Tunis, Emmanuel Macron s’est livré, jeudi 1er février, à une critique sans détour – la plus vive qu’il a jusqu’alors prononcée – de l’intervention de l’OTAN, en 2011, en Libye, à laquelle la France avait participé, à l’initiative de Nicolas Sarkozy, pour mettre fin au régime de Mouammar Kadhafi.
S’exprimant devant l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), le président français a déclaré que « l’Europe, les Etats-Unis et quelques autres ont une responsabilité dans la situation actuelle en Libye », déclenchant les applaudissements des députés tunisiens. « Je n’oublie pas que plusieurs ont décidé qu’il fallait en finir avec le dirigeant libyen sans qu’il y ait pour autant de projet pour la suite », a dit M. Macron, qui passait en revue les dangers sécuritaires pesant sur la Tunisie.

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« Quoi qu’on pense d’un dirigeant », a-t-il poursuivi, cette responsabilité a consisté à « imaginer qu’on pouvait se substituer à la souveraineté d’un peuple pour décider de son futur ». « Nous avons collectivement plongé la Libye, depuis ces années, dans l’anomie, sans pouvoir régler la situation », a-t-il ajouté.
M. Macron loue la « démocratie inédite » en Tunisie
Avant de s’envoler pour Dakar, en fin d’après-midi, M. Macron est revenu, une nouvelle fois, sur ce dossier libyen. S’il a admis que « la situation actuelle est d’abord due à des années de tyrannie », il a rappelé que « l’idée qu’on règle la situation d’un pays de façon unilatérale et militaire est une fausse idée ».

    
Le président français, Emmanuel Macron, apporte son soutien à la démocratie tunisienne à la tribune de l’Assemblée des représentants du peuple, à Tunis, le 1er février.
Crédits : ERIC FEFERBERG / AFP


Temps fort de sa visite à Tunis, son intervention devant l’ARP lui a aussi fourni l’occasion de louer avec lyrisme la « démocratie inédite » en chantier en Tunisie. « Le monde arabe et toutes les rives de la Méditerranée vous regardent et ont besoin que vous réussissiez », a lancé M. Macron aux députés, ajoutant que « la page du “printemps arabe” et tunisien n’est pas tournée ». « Vous êtes en train de la faire vivre », a-t-il dit.

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A l’heure où la transition démocratique semble marquer le pas en Tunisie, sept ans après la révolution de 2011, sous l’effet conjugué du marasme socio-économique et de velléités autoritaires de certains pans de l’appareil d’Etat, le président français a reconnu la « fragilité » et la « difficulté » du processus, tout en accordant sa confiance aux dirigeants tunisiens.
« Vous avez réussi à installer un Etat civil, là où beaucoup pensaient que c’était impossible, a-t-il déclaré. Et, par cette révolution culturelle et démocratique, vous avez fait mentir ceux qui, partout dans le monde, encore aujourd’hui, disent que les sociétés où l’islam est présent ne sont pas compatibles avec la démocratie. »
« La francophonie vous appartient au moins autant qu’elle appartient à la France »
La visite du chef de l’Etat à Tunis lui a également donné l’occasion de promouvoir la francophonie. « La francophonie vous appartient au moins autant qu’elle appartient à la France », a-t-il déclaré à l’adresse des députés tunisiens.
Avant de se rendre à l’Assemblée, M. Macron avait d’ailleurs inauguré l’Alliance française de l’Ariana, un gouvernorat près de Tunis. Cinq autres antennes seront ouvertes en 2018 à travers le pays, notamment à Gabès et à Kairouan, amorçant le retour de ces structures dans le pays.
La France, premier investisseur étranger en Tunisie
L’économie était aussi au programme de la visite du président français. Devant un parterre de patrons réunis au palais des congrès de Tunis, à l’occasion du premier Forum économique Tunisie-France, M. Macron a regretté la perte de vitesse des entreprises de l’Hexagone dans le pays. Si près de 1 400 sociétés tricolores sont présentes en Tunisie, représentant quelque 140 000 emplois, la France a perdu, en 2017, sa place de premier fournisseur du pays, au profit de l’Italie. « Nous devons faire mieux et plus, a dit le chef de l’Etat, au côté du premier ministre tunisien, Youssef Chahed. J’attends la pleine mobilisation des entreprises. »
M. Macron a annoncé l’objectif d’un « doublement » du montant des investissements français dans le pays d’ici à la fin de son quinquennat. Actuellement, ce montant est d’environ 100 millions d’euros par an, ce qui place déjà la France au premier rang des investisseurs étrangers en Tunisie. Le président français était accompagné de plusieurs chefs d’entreprise, comme Stéphane Richard (Orange), Xavier Niel (vice-président du groupe Iliad et actionnaire à titre individuel du Monde) ou Alain Mérieux (BioMérieux).
Soutien à la société civile
Désireux de rencontrer des représentants de la société tunisienne, M. Macron s’est également rendu à l’Institut français de Tunis, où se déroulait le Journée franco-tunisienne de la société civile. Le chef de l’Etat a circulé parmi les stands des associations, actives pour la défense des droits civils ou pour la promotion des femmes. Il s’est notamment vu offrir l’ouvrage Etre homosexuel au Maghreb, de la sociologue Monia Lachheb. Le président français a remercié les personnes présentes pour leur « mobilisation » et pour leur « engagement ».

    
Emmanuel Macron dans la médina de Tunis, le 1er février.
Crédits : POOL / REUTERS


Avant de s’envoler pour Dakar, M. Macron s’est enfin octroyé une « déambulation » sous haute protection dans la médina de Tunis, accompagné de sa femme, Brigitte. Il a promis aux commerçants croisés de tout faire pour que les touristes français reviennent –la fréquentation touristique a connu une chute importante – et a également visité la mosquée Zitouna, où il a plaidé pour un meilleur dialogue entre les religions.


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Passe Navigo en Ile-de-France : les exagérations à droite sur les « clandestins » et la « gratuité »

Marine Le Pen et Valérie Pécresse s’indignent d’une prétendue incitation à l’illégalité envers les étrangers qui bénéficient de la « solidarité transport » en Ile-de-France.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 18h50
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 18h51
    |

            Mathilde Damgé








                        



   


Le rétablissement, le 25 janvier par le tribunal administratif de Paris, de l’aide aux transports pour les personnes en dessous d’un certain niveau de ressources, même s’ils sont en situation irrégulière, continue de faire réagir… parfois au mépris de la vérité.
La présidente du Front national, Marine Le Pen, s’est insurgée jeudi 31 janvier contre ce qu’elle considère être une « préférence à l’illégalité » en faveur des « clandestins », une expression peu ou proue reprise par la présidente de la région Ile-de-France (Les Républicains) Valérie Pécresse qui évoque, elle, une « prime à l’illégalité ». Le point sur les différentes exagérations que recouvrent ces affirmations.
1. Les « clandestins » ne sont pas concernés par cette aide
Si on comprend le terme « clandestin » comme une personne n’ayant aucune existence administrative, on peut affirmer que cette dernière est exclue du dispositif Solidarité transport. Il faut, au minimum, donner la preuve de sa résidence en Ile-de-France et justifier de son identité, condition pour être bénéficiaire de l’Aide médicale d’Etat (AME), l’une des catégories pouvant demander l’aide à la mobilité.
Tous les étrangers en situation irrégulière ne sont donc pas des clandestins. Les bénéficiaires de l’AME, certes le plus souvent des demandeurs d’asile, peuvent profiter du dispositif mais ne représentent qu’une minorité (17 %).


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Les bénéficiaires de l'AME, une catégorie minoritaire du dispositif Solidarité transport
Répartition des bénéficiaires de la tarification Solidarité en Ile-de-France en 2014

Source : STIF



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Trois autres possibilités existent pour bénéficier de cette aide, mais elles exigent toutes d’être en situation régulière :
être bénéficiaire de la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) ;ou être chômeur titulaire de l’allocation de solidarité spécifique (ASS) ;ou être allocataire du revenu de solidarité active (RSA), sous certaines conditions de ressources.
On voit au passage que cette aide ne bénéficie pas seulement aux migrants mais avant tout aux précaires – les deux situations pouvant coïncider. C’est d’ailleurs l’esprit de la décision du tribunal administratif, qui a insisté sur le fait que « les dispositions de l’article L. 1113-1 du code des transports ne subordonnent le bénéfice de la réduction tarifaire dans les transports qu’à la seule condition de disposer de ressources égales ou inférieures au plafond prévu par l’article L. 861-1 du code de la Sécurité sociale ».

        Lire aussi :
         

                Les « sans-papiers » sont-ils les seuls à bénéficier d’une réduction sur le passe Navigo ?



Par ailleurs, rappelle la Cimade, une association d’aide aux migrants, le terme « clandestins », empreint d’un caractère péjoratif et criminalisant, laisse penser que ces personnes ont franchi irrégulièrement la frontière du pays où elles se trouvent, pour y rester dans l’illégalité. Ce qui ne correspond pas vraiment à la réalité…
« La plupart des étrangers en situation irrégulière sont entrés régulièrement sur le territoire européen : avec un visa de touriste, d’étudiant ou autre, ou encore en déposant une demande d’asile à leur arrivée. C’est le fait de demeurer dans le pays où ils se trouvent une fois leur visa expiré, parce qu’ils n’ont pas pu obtenir le droit d’y séjourner durablement, ou après le rejet de leur demande d’asile, qui les fait basculer dans la catégorie des “sans-papiers”. »
2. Une réduction de 50 % et non une gratuité
Comme le décrit la plaquette 2017 du dispositif Solidarité transport, seules deux situations ouvrent le droit à la gratuité : être allocataire du RSA sous certaines conditions de ressources, ou être chômeur titulaire à la fois de l’ASS et de la CMU-C. Des situations inaccessibles à un étranger en situation irrégulière.
Ce dernier pourra, selon la loi, prétendre à une réduction de moitié des tarifs de transport. En effet, l’article du code des transports que cite le tribunal impose aux « autorités organisatrices de la mobilité » en France de mettre en place des réductions tarifaires d’au minimum 50 % pour les personnes dont les revenus sont inférieurs à ceux de la complémentaire CMU, soit 720 euros par an pour une personne seule.
Précisons en outre que le jugement n’annule que la suppression de la réduction de 50 %, votée par le Syndicat des transports d’Ile-de-France (STIF) et non celle de 25 %, qui relève du conseil régional. Contrairement à ce qu’elle affirme, Valérie Pécresse ne devra donc pas revenir à une « réduction tarifaire de 75 % », dont le « coût annuel en 2015 se montait à 43 millions d’euros », mais de 50 %, soit un peu moins 30 millions d’euros par an.
3. Une aide que n’avait pas contestée la droite à sa création
Sur son site, la région Ile-de-France attribue l’aménagement des tarifs en faveur des migrants à la gauche, Valérie Pécresse dénonçant cette « réduction tarifaire de 75 % dans les transports en commun franciliens, attribuée sous la précédente mandature, aux étrangers en situation irrégulière et à leur famille ».
Comme le rappellent nombre de ses opposants, cette aide a été votée, certes pendant le mandat du socialiste Jean-Paul Huchon, mais sans que Valérie Pécresse ou la droite se soient élevées contre. Et pour cause, il s’agit d’une obligation légale depuis la loi solidarité et renouvellement urbain (SRU), qui rend obligatoire une politique de tarification sociale dans les réseaux de transports en commun – votée en 2000 sous le gouvernement de Lionel Jospin.
En 2004, le STIF, alors directement administré par l’Etat, a accordé la tarification sociale aux bénéficiaires de minima sociaux, dont l’AME et la CMU. Parmi les critères figure le revenu, avec un plafond défini.
« Cette aide au transport date de 2001 et a été introduite au STIF en 2001 et 2004 (donc avant la gestion du STIF par la gauche), et vous avez voté à la région et au STIF ces aides jusqu’en 2014, pendant dix ans donc, sans rien trouver à redire ni parler de “prime à l’illégalité”… », a répondu à Mme Pécresse le conseiller régional Alternative écologiste et sociale Pierre Serne.
Valérie Pécresse a affirmé qu’elle ferait appel et appelé le gouvernement « à clarifier sans délai la législation pour lever l’ambiguïté relevée par le tribunal administratif ». Elisabeth Borne, la ministre des transports, a estimé que la décision du tribunal n’enlevait « rien à la fermeté du gouvernement dans la lutte contre l’immigration illégale, dont la politique de mobilité ne [lui] semble pas être le meilleur levier ».

        Lire aussi :
         

                A quoi les migrants ont-ils vraiment droit en France ?


En attendant, la décision n’est pas appliquée et le STIF refuse, sur son site Internet et sur son standard téléphonique, les droits de réduction aux bénéficiaires de l’AME.



                            


                        

                        

