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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. Une excursion dans la grande révolution musicale qu’a su engendrer la nouvelle génération africaine (sur Arte à 23 heures).
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TV – « Fonko, la révolution musicale africaine »

Notre choix du soir. Une excursion dans la grande révolution musicale qu’a su engendrer la nouvelle génération africaine (sur Arte à 23 heures).



Le Monde
 |    02.02.2018 à 17h45
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 17h51
    |

            Pierre Lepidi








                        


Documentaire sur Arte à 23 heures



La révolution musicale actuelle vient de là, du fond des ruelles sombres de plusieurs bidonvilles africains. A l’origine, un mix des styles traditionnels avec des rythmes et des sons électro urbains. Comme le montre le premier volet de la série documentaire Fonko, la révolution musicale africaine, la fusion des sons et des époques a notamment donné naissance au kuduro et à l’azonto, deux styles qui inspirent des producteurs et des DJ américains tels que Diplo, qui a notamment collaboré avec Beyoncé et Major Lazer. Ils rythment les clubs new-yorkais ou californiens sur des tonalités africaines.
Le kuduro (« cul dur », en portugais) est né au milieu des années 1990 dans les bas-fonds de Luanda, la capitale angolaise. « Il vient des marginaux, des drogués et des moins-que-rien, explique la chanteuse Neneh Cherry, qui commente le documentaire. Les gens avaient besoin de se défouler. » Ce style musical débridé est aussi perçu comme un moyen d’échapper à la délinquance dans un pays où les inégalités sociales sont béantes, et dont la capitale est ­considérée comme la ville la plus chère du monde à cause de milliers d’expatriés travaillant dans des compagnies pétrolières occidentales – l’or noir étant la principale ressource de l’Angola. « Ce style musical est surtout le résultat du manque de matériel causé par la guerre civile [qui a frappé le pays de 1975 à 2002], rappelle le chanteur Sebem, pionnier dans les années 1990. Aujourd’hui, même un fils de ministre chante du kuduro. »

   


Ce style subit un peu plus tard les influences de la house music. On l’appelle alors parfois afro-house. Il va faire le tour du monde en 2006 quand le groupe portugais Buraka Som Sistema, originaire de Buraka, une banlieue dure de Lisbonne dans laquelle vit une forte communauté africaine, sort son premier album : From Buraka to the World.
Le kuduro se fait le porte-parole des sans-voix, principalement dans les pays lusophones, du Mozambique au Cap-Vert en passant par le Brésil. Le message qu’il diffuse est souvent politique. Le documentaire, réalisé en 2014, explique la répression qui frappe les artistes angolais qui critiquent le régime autoritaire de José Eduardo dos Santos, au pouvoir depuis 1979, qui a cédé la main en septembre 2017 à Joao Lourenço. On peut regretter de ne pas connaître la perception des artistes angolais sur ce changement…
« Uncle Obama »
Le Ghana, pays anglophone d’Afrique de l’Ouest, a connu plusieurs alternances politiques et le pays est réputé pour sa stabilité. L’azonto, le deuxième style musical présenté dans le film, use de l’ironie, de la parodie. Il succède au highlife, ancêtre de l’afrobeat, qui a dominé la scène musicale ghanéenne durant le XXe siècle, à base de percussions et de chants, puis au hip-life, auquel on ajoute un soupçon de hip-hop.
Les textes sont parfois légers et drôles. L’un des tubes de l’azonto est signé Sister Deborah, sœur de Wanlov, un célèbre chanteur local. Uncle Obama était destiné au départ à un cercle amical, mais son clip s’est propagé sur les réseaux sociaux jusqu’à être diffusé sur CNN en 2012, pendant un débat entre le président américain et le républicain Mitt Romney. Les paroles : « Uncle Obama, I like the size of your banana… »
Fonko, la révolution musicale africaine, de Lamin Daniel Jadama et Lars Lovén (Suède, 2014, 3×53 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ L’artiste dublinoise présente à Paris ses toiles qui réactualisent la peinture du XVIIIe siècle.
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Sélection galerie : Genieve Figgis chez Almine Rech

L’artiste dublinoise présente à Paris ses toiles qui réactualisent la peinture du XVIIIe siècle.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 16h16
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 16h22
    |

                            Philippe Dagen








                        


La peinture française du XVIIIe siècle n’est pas réputée exercer une grande influence sur l’art actuel. On connaissait une ­exception, le Britannique Yinka Shonibare, ses vidéos et photos en costumes du temps de Hogarth. La Dublinoise Genieve Figgis en est une deuxième. Elle prend ses sujets dans Boucher et Fragonard, hasards de l’escarpolette et conversations galantes – ou plus. De ces tableaux langoureux, elle peint des versions si fluides que l’on dirait que les œuvres originelles sont en train de fondre ou de se dissoudre. Compositions, paysages et figures résistent à ce traitement, mais il emporte les détails. Il emporte aussi parfois les chairs, de sorte que les fêtes galantes tournent aux amours macabres. Les crânes sont à nu, alors que velours et soies résistent. Ses tableaux balancent ainsi ­entre le grotesque et le funèbre, le comique appuyé et le tragique. Ensor se glisse de temps en temps dans ces jeux de ­citations et de travestissements et sans doute aussi quelques plans du Barry Lyndon, de Stanley Kubrick. Cette peinture est moins simple et désinvolte qu’elle ne veut le paraître.

   


« Wish You Were Here », de Genieve Figgis. Galerie Almine Rech, 64, rue de Turenne, Paris 3e. Du mardi au samedi de 11 heures à 19 heures. Jusqu’au 24 février. alminerech.com



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Le site archéologique cambodgien devrait accueillir 10 millions de visiteurs en 2025, au risque de mettre en péril ce joyau, classé par l’Unesco il y a vingt-cinq ans.
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Patrimoine mondial : à Angkor, le défi du tourisme de masse

Le site archéologique cambodgien devrait accueillir 10 millions de visiteurs en 2025, au risque de mettre en péril ce joyau, classé par l’Unesco il y a vingt-cinq ans.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 15h59
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 16h02
    |

            Florence Evin (Angkor (Cambodge), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Jeudi 14 décembre 2017, dans la nuit chaude et moite d’Angkor, le ­Cambodge fête les vingt-cinq ans de l’inscription au Patrimoine mondial de l’Unesco de l’ancienne capitale de l’Empire khmer (IXe-XVe siècle). L’occasion de se réjouir du sauvetage de ses temples, aux danseuses célestes ciselées dans le grès, délivrées de l’étreinte de la jungle. Vingt-cinq ans de succès pour la restauration exemplaire du plus vaste site archéologique de la planète aux quatre cents kilomètres carrés – quatre fois Paris –, dont la densité monumentale n’a pas d’équivalent. Dans la forêt, seuls ses édifices de pierre et de brique ont survécu aux moussons et aux termites qui ont eu raison des maisons et palais de bois.

Pour Angkor, cet anniversaire est synonyme de nouveaux défis à relever : si elle ne veut pas être victime de son succès, la cité doit maîtriser au plus vite les flux touristiques qui se déversent sur son site. « Cinq millions de visiteurs ont été reçus en 2017, sept millions seraient attendus en 2020, dix millions en 2025 », prévient Sum Map, directeur général de l’Autorité pour la protection du site et l’aménagement de la région d’Angkor (Apsara), chargée du site archéologique.
Aujourd’hui la cohue ternit la visite des trois temples phares – Angkor Vat, le Bayon et le Ta Prohm –, vers lesquels se précipitent, en rangs serrés, des groupes compacts, souvent mobilisés par leurs selfies. Non loin, des dizaines de monuments demeurent déserts. On est ainsi seule à gravir les marches du Baphuon, la plus haute pyramide du site, restaurée par Pascal Royère, de l’Ecole française d’Extrême-Orient (EFEO) ; seule sous les ficus et autres géants de la jungle qui veillent sur le palais royal, juste derrière la terrasse des Eléphants, bondée, elle. Seule encore parmi les danseuses de grès du charmant Banteay Kdei.

Les 120 000 habitants des 112 villages, situés près des temples, sont laissés à l’écart des retombées...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Certains grands sites, classés Patrimoine mondial de l’Unesco, s’y sont préparés. D’autres non.
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De Venise au Machu Picchu, une « déferlante “low cost” » de touristes

Certains grands sites, classés Patrimoine mondial de l’Unesco, s’y sont préparés. D’autres non.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 15h56
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 15h59
    |

            Florence Evin








                        



                                


                            

Un milliard deux cents millions de touristes dans le monde, en 2016. Quatre cents millions de plus, dont la moitié de Chinois, attendus en 2020. Tels sont les chiffres de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT). Et l’explosion n’est pas près de s’arrêter. L’empire du Milieu, le plus peuplé des Etats, affiche 1,4 milliard d’habitants, dont le niveau de vie grimpe et qui prennent goût aux voyages. Comme leurs voisins, les Indiens, à peine moins nombreux (1,324 milliard). Certains grands sites, classés Patrimoine mondial de l’Unesco, s’y sont préparés. D’autres non.

« C’est le problème du siècle », assure Francesco Bandarin, sous-directeur général pour la culture à l’Unesco jusqu’au 31 janvier. « J’ai essayé de mobiliser les Etats membres sur cette question, mais ça n’a pas marché, reconnaît-il. Le problème le plus sérieux est la limitation des accès. » Et de citer deux modèles : « Essayez d’aller à l’improviste au Grand Canyon [Etats-Unis], impossible ! Il n’est plus visitable, comme l’Alhambra, à Grenade [Espagne], sans passer par le service de réservation numérisé qui fonctionne assez bien. »
Directeur du Centre du patrimoine mondial de 2000 à 2010, M. Bandarin ne mâche pas ses mots et égrène les exemples à ne pas suivre, comme les montagnes Jaunes, en Chine. « On est y comme dans le métro, en file indienne pour admirer un paysage d’une beauté exceptionnelle. C’est la même chose sur le mont Fuji, au Japon. Le tourisme a une force énorme, politique et commerciale, un lobby contre ­lequel la conservation du patrimoine a peu de poids. On est au début du phénomène », prévient-il.
Des paquebots à Venise
En Italie, le chiffre de 30 millions de touristes à Venise, qui ne compte plus que 55 000 habitants, laisse le Vénitien Francisco Bandarin « dubitatif ». Mais il ne peut s’empêcher de lancer à la ronde : « A Venise, ils ne font rien. » Ce flot...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Le Musée d’art moderne de la Ville de Paris consacre une riche rétrospective au peintre avec quelque 200 œuvres.
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Arts : l’élégance apprêtée de Jean Fautrier

Le Musée d’art moderne de la Ville de Paris consacre une riche rétrospective au peintre avec quelque 200 œuvres.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 15h53
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 16h03
    |

                            Philippe Dagen








                        



                                


                            

Au nom de Jean Fautrier (1898-1964), son ­principal promoteur, Jean Paulhan, a attaché à demeure un qualificatif : « enragé ». Fautrier l’enragé est paru en 1949 et toute exposition le rappelle, comme s’il suffisait à la légitimer. C’est le cas de la rétrospective venue du musée de Winterthur que le Musée d’art moderne de la Ville de Paris a ­reprise. A l’ensemble venu de Suisse s’ajoutent les Fautrier de l’établissement parisien et d’autres de collections privées françaises, jusqu’à atteindre les 200 œuvres, ce qui est beaucoup. Toute révérence due à Jean ­Paulhan, on n’y voit aucune rage. On y verrait même à l’inverse une élégance apprêtée. Fautrier mord moins qu’il ne fait le beau, pour rester à la métaphore canine.
Son histoire est d’abord celle d’un élève français à la Royal ­Academy of Arts de Londres en 1912 – Londres car son ascendance est partiellement insulaire. Puis la guerre, où il est gazé, et l’installation à Paris en 1922. Sa peinture est alors descriptive, ­voisine de la Nouvelle Objectivité ­allemande. Nus crus, portraits de vieilles femmes, scènes de la vie des humbles. Il intéresse des ­galeristes de renom, Jeanne ­Castel, Paul Guillaume et Léopold Zborowski. De 1927 à 1929, il reçoit de Guillaume un salaire mensuel.

Il peint alors des paysages de montagne et des nus féminins, toiles de moyen format. A la netteté de dessin et de modelé des débuts, il préfère désormais plus de gestualité, une matière plus dense et le ténébrisme, les formes ne se dégageant que partiellement d’un noir légèrement ­luisant. Ces corps simplifiés font l’apologie du désir, de la sexualité et de la fertilité, en style préhistorique. Aussi est-ce à lui qu’en 1942 sont demandées des lithographies pour le poème de Robert Ganzo Lespugue, du nom de la­ ­Vénus paléolithique.
Entre figuration et informel
Sa notoriété n’en reste pas moins alors assez réduite. ­Gallimard refuse en 1930 les illustrations pour L’Enfer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Le Musée national d’art moderne de la Ville de Paris rend hommage à l’un des maîtres de l’informel, jusqu’au 20 mai.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ La chanteuse sort un nouvel album, « Radyo Siwèl », son premier exclusivement en créole.
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Mélissa Laveaux célèbre le patrimoine haïtien

La chanteuse sort un nouvel album, « Radyo Siwèl », son premier exclusivement en créole.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 15h27
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 17h54
    |

                            Patrick Labesse








                        



                                


                            

Mélissa Laveaux reçoit dans un café parisien où elle a ses habitudes. Un endroit tranquille, avant la mise en place des tables pour le déjeuner. Ambiance studieuse. « J’aime l’atmosphère qui règne ici, commente la chanteuse. Ces gens qui sont en train de cogiter, ont des idées. Je me dis que par proximité, j’aurai des bonnes idées aussi en venant ici. »
Mélissa Laveaux n’est pas une taiseuse. La sortie, vendredi 2 février, dix ans après son arrivée à Paris, de Radyo Siwèl, son nouvel album qu’elle présentera à la salle de spectacle Les Etoiles, à Paris le 8 mars, en avant-première du festival Les Femmes s’en mêlent, puis dans une longue tournée qui passera par le Printemps de Bourges en avril, ne lui suffit pas. Elle a beaucoup plus à raconter, au-delà de ce disque, le troisième sous son nom, le premier qu’elle chante uniquement en créole.

De digressions en rebonds, la chanteuse parle d’Haïti, terre natale de ses parents, terre d’inspiration de Radyo Siwèl, pour lequel elle a magnifiquement « réveillé », avec le savoir-faire astucieux des musiciens-arrangeurs du trio français A.L.B.E.R.T. (Vincent Taurelle, Ludovic Bruni et Vincent Taeger) et du musicien trinidadien canadien Drew Gonsalves (du groupe Kobo Town), des chansons anciennes du patrimoine haïtien. Des chansons colportées autrefois par les Bann Grenn Siwèl, des orchestres champêtres de troubadours que d’autres avaient réveillés avant elle, en particulier pendant l’occupation américaine d’Haïti (1915 à 1934), telle la chanteuse haïtienne, exilée à Cuba, Martha Jean-Claude (1919-2001) ou Emerante de Pradines (décédée le 4 janvier).
Des chansons à double sens qui devenaient des armes de résistance à l’occupant. Après une première visite quand elle avait 12 ans, elle est retournée en Haïti en 2016, pour récolter ces témoignages, parfois juste des bribes de textes et de poèmes. Elle aime aussi évoquer son enfance...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ A écouter cette semaine : un violoniste russe au jeu étourdissant, un duo folk suédois qui perpétue la tradition des familles chantantes , du garage rock émancipé…
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Sélection albums : Andrey Baranov, First Aid Kit, Ty Segall…

A écouter cette semaine : un violoniste russe au jeu étourdissant, un duo folk suédois qui perpétue la tradition des familles chantantes , du garage rock émancipé…



Le Monde
 |    02.02.2018 à 15h09
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 16h16
   





                        


Andrey Baranov The Golden Violin Œuvres de Tartini, Paganini, Tchaikowsky, Rachmaninov, Ravel et Debussy. Andrey Baranov (violon), Maria Baranova (piano)

   


Il est russe, a remporté, en 2012, le concours Reine Elisabeth de Belgique et joue un violon ayant appartenu à son légendaire compatriote et aîné David Oïstrakh. Ces trois « distinctions » suffiraient à présenter Andrey Baranov s’il avait besoin de références. Ce n’est pas le cas. Son jeu parle pour lui, virtuose, certes, mais empreint d’une telle musicalité que les pages les plus étourdissantes (et ce programme n’en manque pas, de Tartini à Paganini) séduisent plus par le naturel de l’expression que par la performance technique. Le son aussi relève du grand art, avec un violon tantôt caressant comme une brise, tantôt sifflant comme un appeau. Sobre dans le ballet de l’archet et des doigts, Andrey Baranov l’est aussi dans la projection du sentiment (Tchaikowsky, Rachmaninov, Debussy). Il sait aussi faire preuve de fantaisie, pour ne pas dire de sauvagerie, dans un numéro de bateleur (Tzigane, de Ravel) magnifiquement exécuté sur les tréteaux pianistiques fournis par sa sœur. Pierre Gervasoni
1CD Muso/Harmonia Mundi.
Ty Segall Freedom’s Goblin

   


En additionnant les sorties annuelles des ultra prolifiques King Gizzard & The Lizard Wizard (cinq albums parus en 2017), du vétéran John Dwyer (Thee Oh Sees) et de Ty Segall, il ne reste guère d’espace au reste de la scène garage psychédélique pour s’imposer. Le nouvel album du Californien Ty Segall, son dixième en dix ans, n’est qu’une partie émergée de l’iceberg, qui compte autant de mini-albums et de projets parallèles. Autant avouer que la lassitude du public pourrait bien pointer, surtout à l’écoute de ce Freedom’s Goblin, quasi double album de 19 titres. Pourtant, aucune baisse d’inspiration ou d’enthousiasme n’est encore à relever sur cet opus enregistré dans cinq studios différents. D’où probablement l’éclectisme qui en ressort, alternant guitares au volume très heavy (She, Alta), pop-folk période Bowie glam (My Lady’s On Fire), étreinte country sur fond de lap steel (Cry Cry Cry), ou encore l’évidence mélodique d’un Paul McCartney (Rain). Le héraut garage se frotte même au disco sur une reprise (Every 1’s A Winner de Hot Chocolate), sans entacher sa crédibilité artistique sur ce remarquable tour de force. Franck Colombani
1 CD Drag City/Modulor.
First Aid Kit Ruins

   


Le folk et même la country ont pris racine dans les pays nordiques, ce dont témoignait en 2006 la compilation Cowboys in Scandinavia : The New Folk Sounds From Northern Europe (Fargo Records). Repérée en 2008 sur les réseaux sociaux grâce à une reprise du groupe américain Fleet Foxes, la « trousse de premiers secours » est un duo composé de deux sœurs suédoises, Klara et Johanna Söderberg, dont les impeccables harmonies vocales et les timbres perpétuent la grande tradition des familles chantantes (Carter Family, Louvin Brothers, Everly Brothers). Ce savoir-faire était le principal atout de leur trois premiers albums, agréables mais quelque peu artificiels. Toute considération cynique à part, il manquait probablement un chagrin d’amour pour donner de la profondeur à ces chansons. Expérience douloureuse qui signe la réussite de ce Ruins au titre non mensonger puisque les dix titres ruminent l’échec sentimental et la séparation, du refrain crève-cœur de Fireworks à la magnifique ballade countrypolitaine Postcard. Ces confessions ne laissent heureusement pas de place à l’autoapitoiement malgré les plaintes de la pedal steel, mêlée à un piano honky-tonk, aux guitares de Peter Buck (R.E.M.) et à la batterie tout en retenue de Glenn Kotche (Wilco). Beau comme du Emmylou Harris, influence première et revendiquée. Bruno Lesprit
1 CD Columbia/Sony Music.
Raphaël Imbert Music Is My Hope

   


Saxophoniste et clarinettiste, Raphaël Imbert, après Music is My Home en 2016, poursuit avec Music Is My Hope son voyage dans le blues, les croisements avec le gospel, la soul music, le jazz. A la fois dans une approche traditionnelle des genres, les cadences harmoniques du blues (Blue Prelude), les développements vocaux du gospel (Didn’t My Lord Deliver Daniel) et des virées solistes d’Imbert vers le free jazz , des accroches rock, élément qui passe par les guitares de Pierre Durand et Thomas Weirich. Si Music Is My Home pouvait plus directement s’entendre comme un portrait du foisonnement musical de La Nouvelle Orleans, la terre d’origine, le très réussi Music Is My Hope élargit son propos. On y trouve ainsi une reprise de Joni Mitchell (The Circle Game) ou un chant occitan Vaqui lo polit mes de mai, qui avance lentement vers ce qui peut rappeler la spiritualité musicienne d’Albert Ayler ou John Coltrane. Sylvain Siclier
1 CD Jazz Village/PIAS.
Japon/Teruhisa Fukuda Musical Offering

   


Formidablement apaisante, une musique à mettre dans toutes les oreilles, pour revigorer les esprits et les corps éreintés. C’est celle de la flûte shakuhachi, un simple bout de bambou percé de quelques trous, avec une encoche taillée en biseau en guise d’embouchure. L’instrument a vraisemblablement été introduit au Japon depuis la Chine, à la fin du VIIe siècle ou au début du VIIIe. Teruhisa Fukuda raconte avoir trouvé sa sonorité horrible quand il l’a entendue la première fois à la radio. Il n’est pas resté sur cette première impression. Pour preuve, il en joue depuis près de cinquante ans et en est devenu l’un des maîtres les plus éminents. Il interprète ici des pièces appartenant au répertoire de la secte Fuke du bouddhisme zen, datant du XVIIe siècle (période Edo). Après un album paru sur Ocora Radio France en 2003, celui-ci, publié par le Musée d’ethnographie de Genève, apporte un nouveau témoignage de son talent foudroyant. Patrick Labesse
1 CD MEG-AIMP/VDE-GALLO–DOM Forlane.
Cecilia Bartoli et Sol Gabetta Dolce Duello Airs de Caldara, Albinoni, Gabrielli, Vivaldi, Haendel et Porpora. Concerto pour violoncelle G 483 de Boccherini. Cecilia Bartoli (mezzo-soprano), Sol Gabetta (violoncelle), Cappella Gabetta, Andrés Gabetta (violon et direction)

   


Dix-huit ans après l’album Vivaldi qui fit sa gloire, et après moult enregistrements plus ou moins « scénarisés », généralement pour le meilleur, la diva italienne continue de surprendre, elle qui s’est courageusement illustrée du répertoire baroque au bel canto, en passant par la comédie musicale. Cette fois, c’est avec la violoncelliste Sol Gabetta qu’elle propose un programme remettant au goût du jour les grands duos/duels entre voix et instrument qui fleurissaient au XVIIIe siècle dans les arias d’opéras ou les airs de concerts avec instrument obligé. L’assurance de belles découvertes, comme ces airs de Caldara : deux magnifiques premières mondiales tirées de Nictori (Fortuna e speranza) et Gianguir (Tanto e con si gran pena). Inutile de dire que la Bartoli, qui puise aux styles subtilement variés de la musique d’obédience italienne, est une fois encore à son meilleur – qui possède, comme elle encore aujourd’hui, une capacité aussi étourdissante de nuances, d’articulation et d’affects ? Sol Gabetta sans doute, qui fait ici cause fusionnelle, et rend toute sa vérité à ce lieu commun qui veut que le violoncelle soit le plus proche de la voix. Marie-Aude Roux
1 CD Decca.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Dino Melaye, qui appartient à la coalition présidentielle APC, apparaît dans le clip de « Dino », un tube du chanteur Kach. Ce politicien controversé s’est fait connaître en dénonçant la corruption dans son pays.
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Au Nigeria, un sénateur sachant rapper


                      Dino Melaye, qui appartient à la coalition présidentielle APC, apparaît dans le clip de « Dino », un tube du chanteur Kach. Ce politicien controversé s’est fait connaître en dénonçant la corruption dans son pays.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 14h57
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 16h37
    |

                            Benjamin Augé








   


Depuis le mois de décembre 2017, un tube enflamme les boîtes de Lagos : Dino, du rappeur nigérian Kach. Le morceau est issu d’Afrotrap the mixtape, un sept-titres qui a le son d’une grosse production américaine, sorti en novembre. Mais si la chanson Dino connaît autant le succès, c’est aussi grâce à son clip, où apparaît celui qui a inspiré le morceau : Dino Melaye. Cet homme politique de la coalition présidentielle APC est sénateur de Kogi-Ouest depuis 2015.
Connu de tout le pays, Melaye fait de la corruption et des dysfonctionnements de la politique nigériane son carburant politique. Alors qu’il n’était que député, il avait ainsi qualifié l’administration du président nigérian Goodluck Jonathan (2010-2015) de plus corrompue de l’histoire du Nigeria. Populiste par calcul et provocateur invétéré, il est l’un des 109 sénateurs les plus critiques du pouvoir, n’hésitant pas à attaquer le président Muhammadu Buhari – pourtant du même parti que lui – lorsque ce dernier présente plusieurs fois les mêmes candidats pour se faire confirmer au Sénat.
Culte de l’argent et de la vie facile
Si Dino Melaye est très loquace lors des séances du Sénat ainsi qu’en commission, c’est la première fois qu’il se met en scène dans un clip. Ce dernier ne laisse pas indifférent. Grosses voitures, jeunes femmes pulpeuses dénudées, champagne, liasses de dollars volant et faisant office de faux téléphone ou même de repas que Kach et ses amis font mine de manger avec des couverts : voici la teneur d’un clip comme il en existe déjà des centaines d’autres. Mais il s’en distingue par la présence de Dino Melaye, habillé d’un tee-shirt imprimé « legend » dans le clip, au côté du rappeur Kach, de son vrai nom Uche Kachikwu, qui n’est autre que le fils du très exposé secrétaire d’Etat au pétrole, Emmanuel Ibe Kachikwu.

   


Les élites politiques nigérianes font mine de trouver ce clip scandaleux, dénonçant le double langage de Dino Melaye, figure de la lutte anticorruption dans un pays très pauvre, qui célèbre ici le culte de l’argent et de la vie facile. Une partie des voitures de luxe du clip appartiendrait d’ailleurs au sénateur. Nombre de ses adversaires politiques se demandent comment, à 44 ans et après seulement un mandat de député et deux ans au Sénat, il a les moyens de s’offrir un train de vie si dispendieux. Il est également réputé pour ses fêtes endiablées dans sa maison d’Abuja. La dernière en date, le 8 janvier, jour de son anniversaire, l’a vu déguisé en Jack Sparrow de Pirates des Caraïbes.
Un fin stratège
Quant aux jeunes Nigérians des grandes villes du Sud, ils mettront probablement de côté la politique et danseront sur Dino, fascinés par leurs semblables qui réussissent dans les affaires sans s’en cacher. Très décrié parmi les élites qui le voient comme un dangereux populiste, Dino Melaye a cependant des supporteurs, en particulier parmi la jeune génération. Ancien dirigeant de la National Association of Nigerian Students et du Presidential Advisory Council on Youths sous l’ancien président Olusegun Obasanjo (1999-2007), il a appris à manœuvrer au sein des groupes de pouvoir.


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                Les cinq procès symboliques de la lutte, sans conviction, du Nigeria contre la corruption


Il est considéré comme l’un des sénateurs ayant largement contribué à imposer la victoire du président du Sénat, Bukola Saraki, et de son vice-président, Ike Ekweremadu, alors que le président Buhari avait pesé de tout son poids pour un autre ticket. Un fin stratège, qui a du pouvoir, de l’argent, et aucun complexe à les montrer. Voilà ce que le morceau de Kach résume bien, et il le fait avec un sens du second degré très nigérian.



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ La septième édition de la foire suisse Artgenève se distingue par une montée en gamme des œuvres présentées.
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L’art contemporain a un bel avenir à Genève

La septième édition de la foire suisse Artgenève se distingue par une montée en gamme des œuvres présentées.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 14h56
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 16h26
    |

            Harry Bellet (Genève (Suisse)








                        



                                


                            

La foire d’art de Genève est à taille humaine, se visite sans fatigue, dans une ambiance sérieuse, avec parfois, tout de même, un grain de fantaisie. L’un de ceux-là accueille le visiteur dès qu’il émerge de l’Escalator de Palexpo, le centre des expositions : un Félix le chat géant (9 mètres de haut) et gonflable de l’artiste anglais Mark Leckey. L’œuvre est prêtée par un collectionneur. Un autre a laissé le commissaire d’exposition Samuel Gross puiser dans ses trésors un ensemble de tableaux du peintre suisse Martin Disler (1949-1996). La fondation Max Bill lui a également prêté des sculptures monumentales de ce symbole de l’art abstrait helvète. Comme elles sont habituellement disposées dans un parc du Tessin, actuellement en travaux, Samuel Gross les a placées sur un lit de feuilles mortes du plus bel effet : un grain, vous dit-on…
Il en faut pour faire franchir le Saint-Gothard l’hiver à quelques tonnes de sculptures, déployer dans un bâtiment une grue dont on n’est pas sûr qu’elle ne va pas percer le plafond pour les installer sur un sol dont on n’est pas certain qu’il en supportera le poids. Ou pour planter, au milieu des stands, un arbre de Giuseppe Penone, en bronze et granit, de 10 mètres de haut, lui aussi prêté par des collectionneurs. Tout cela pour trois jours de foire, car c’est aussi d’une foire qu’il s’agit. La cité de Calvin en a connu plusieurs successives, qui n’ont jamais perduré.
La dernière-née, Artgenève, en est à sa septième édition et monte en gamme : outre cette remarquable participation de collectionneurs et d’institutions – une vingtaine sont représentées, dont les fameux ports francs, ces zones hors douanes qui sont les plus grands musées-coffres-forts du monde –, elle s’est aussi associée au Pavillon des arts et du design (PAD), une foire créée par l’antiquaire Patrick Perrin. Là, on trouve de la vaisselle ancienne (celle qu’expose la galerie Phoenix est grecque et âgée de 2 500 ans) aussi bien que du mobilier...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Nancy Spector, directrice artistique du Musée Guggenheim de New York, a eu l’audace de proposer de prêter au président américain les toilettes signées Maurizio Cattelan. La blague amuse les musées.
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La curatrice qui envoie Donald Trump au petit coin


                      Nancy Spector, directrice artistique du Musée Guggenheim de New York, a eu l’audace de proposer de prêter au président américain les toilettes signées Maurizio Cattelan. La blague amuse les musées.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 14h55
    |

                            Roxana Azimi








   


Lunettes à monture noire, regard sévère, Nancy Spector n’est pas du genre à aimer les galéjades. La directrice artistique du Musée Guggenheim de New York serait plutôt l’incarnation du sérieux. C’est d’ailleurs très sérieusement – et poliment – qu’elle a répondu en septembre 2017 à une demande de Donald Trump. Ce dernier souhaitait emprunter Paysage enneigé, de Van Gogh, pour la Maison Blanche. Le Washington Post a révélé qu’en lieu et place de ce tableau trop fragile pour bouger Nancy Spector a proposé au président américain une cuvette en or 18 carats au titre éloquent, America, imaginée par l’artiste farceur Maurizio Cattelan. Cette œuvre-manifeste, conçue dans la droite lignée de l’urinoir de Marcel Duchamp, avait servi un an durant comme toilettes publiques au sein du musée.
« Grande conscience politique »
Cattelan a toujours eu le sens de la provocation. Il avait ainsi offert à la Ville de Milan L.O.V.E., une sculpture en forme de doigt d’honneur de onze mètres, installée face au palais de la Bourse. Mais on n’imaginait pas tant d’audace de la part de Nancy Spector, une curatrice bardée d’honneurs, qui œuvre depuis trente ans au Guggenheim. Anne Pasternak, qui l’avait brièvement recrutée comme directrice adjointe entre 2015 et 2016 au Brooklyn Museum, la décrit cependant comme « créative, pionnière, presque révolutionnaire ». Hans Ulrich Obrist, directeur artistique des Serpentine Galleries à Londres, avec qui elle avait coorganisé la première Biennale de Berlin en 1998, insiste sur sa « grande conscience politique ».

        Lire aussi :
         

                Maurizio Cattelan : « Comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer ma rétrospective »



Dès ses débuts, Nancy Spector est sortie du lot en privilégiant des expositions exigeantes. Elle signe en 1995 une rétrospective remarquée de l’artiste cubain Félix González-Torres, orchestre en 2002 la projection du cycle Cremaster de Matthew Barney, puis vide le musée pour proposer tout l’espace à l’artiste Tino Sehgal en 2010. Elle se plie aux désirs des artistes, même les plus fous. Ainsi n’a-t-elle pas bronché quand Maurizio Cattelan a voulu en 2011 accrocher ses œuvres comme des salamis au plafond. « Avec Maurizio, elle a accepté le pari incroyable d’une “anti-rétrospective”, rappelle Catherine Grenier, directrice de la Fondation Giacometti et auteure d’un livre d’entretiens avec Cattelan. On peut donc attendre d’elle une attitude sans complexe et très engagée. »

   


Pour effronté que peut sembler le message de Nancy Spector à Donald Trump, il n’est pas isolé. Depuis plus d’un an, les musées américains rivalisent en répliques au président américain. Le Brooklyn Museum a organisé une lecture du long poème Let America Be America Again de l’écrivain africain-américain Langston Hughes, pied de nez au slogan trumpien « Make America great again ». Le MoMA de New York a riposté à sa politique d’immigration en accrochant sept œuvres d’artistes iraniens, irakiens et soudanais.
« Ce qui est remarquable, c’est qu’elle ose s’exprimer ainsi. En France, les intellectuels sont de moins en moins libres de leur expression. » Catherine Grenier, directrice de la Fondation Giacometti
La réponse du Guggenheim est sans doute la plus inattendue. « Je n’aurais pas imaginé Nancy offrir les toilettes, mais je trouve super qu’elle l’ait fait, j’adore cette histoire », sourit Massimiliano Gioni, malicieux curateur au New Museum de New York. « Si Nancy a osé cette réponse à l’administration Trump, c’est qu’elle a toute la confiance du directeur du Guggenheim, et que c’est un musée privé qui n’a pas de comptes à rendre à l’Etat, ajoute Catherine Grenier. Ce qui est remarquable, c’est qu’elle ose s’exprimer ainsi publiquement. En France, les intellectuels sont de moins en moins libres de leur expression, notamment dans les institutions. » 
Si la blague a fait le tour de la planète, elle ne fait pas rire tout le monde. « Il ne faut pas descendre au niveau de Trump. Sans le vouloir, Nancy Spector donne de l’eau au moulin de ceux qui pensent que l’élite se fiche d’eux, regrette Georgina Adam, éditorialiste au Art Newspaper. Le rôle d’un musée est d’élever le débat culturel. »



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Le 21 août 2015, trois Américains neutralisent un terroriste djihadiste dans le Thalys. Aujourd’hui, ces citoyens ordinaires incarnent leur propre rôle devant la caméra de Clint Eastwood. Une expérience hors norme, cathartique.
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Rencontre avec les « héros du Thalys », portés à l’écran par Clint Eastwood 
                  
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Le Monde
 |
                  02.02.2018 à 14h51
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 16h34


Le 21 août 2015, trois Américains neutralisent un terroriste djihadiste dans le Thalys. Aujourd’hui, ces citoyens ordinaires incarnent leur propre rôle devant la caméra de Clint Eastwood. Une expérience hors norme, cathartique.

Par             Samuel Blumenfeld





                     
En découvrant la version finale de Le 15 h 17 pour Paris, les trois hommes se sont retrouvés pour la première fois dans la position de spectateurs. L’histoire du film de Clint Eastwood, en salle le 7 février, est inscrite dans leur corps. Ils en ont été deux fois les acteurs. En vrai, d’abord, pendant quelques minutes de vie en accéléré. Puis en tant qu’apprentis comédiens, devant la caméra de Clint Eastwood. Le trajet du Thalys 9364 du 21 août 2015, ils le connaissent pas cœur.
En arrivant en gare de Bruxelles, ce TGV avait accueilli ses derniers passagers, dont un certain Ayoub El-Khazzani, monté avec une valise à roulettes et un sac à dos. Dans ses bagages : un cutter, une bouteille d’essence de 50 cl, un pistolet automatique Luger, un fusil d’assaut AKM, et neuf chargeurs de 30 cartouches.
Spencer Stone, 23 ans, ambulancier dans l’US Air Force en poste aux Açores, Alek Skarlatos, 22 ans, membre de la Garde nationale de l’Oregon, et Anthony Sadler, 23 ans, étudiant à l’université d’Etat de Sacramento, trois amis d’enfance, originaires de la banlieue de Sacramento, dans le nord de la Californie, ont neutralisé à mains nues ce terroriste djihadiste marocain de 26 ans, ayant grandi à Molenbeek, et qui s’apprêtait à massacrer les passagers.
Ils en ont fait un livre, The 15 : 17 to Paris : The True Story of a Terrorist, a Train and Three American Heroes, sorti en janvier 2017 et rédigé avec le journaliste et auteur Jeffrey E. Stern, dans lequel ils racontent l’avant, le pendant et l’après. « Il se peut que vos souvenirs vous paraissent aussi précis qu’une découpe au laser, écrivent-ils. Il vous suffit de fermer les yeux pour les visualiser dans les moindres détails. Vous en mettriez la main au feu, et pourtant tout est faux. »
Ressusciter l’événement pour comprendre
Mais revivre cet épisode devant une caméra, c’était encore différent. Alex Skarlatos, Spencer Stone et Anthony Sadler ont hésité à...





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Rencontre avec les « héros du Thalys », portés à l’écran par Clint Eastwood
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Des enchères d’exception portent Christie’s

Après deux années consécutives de baisse, le chiffre d’affaires de la maison britannique s’envole de 26 %, à 5,1 milliards de livres.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 11h40
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 16h29
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            

Un vif rebond après le creux de la vague. Christie’s a annoncé vendredi 2 février un chiffre d’affaires mondial 2017 en forte hausse, de 26 %, à 5,1 milliards de livres (5,8 milliards d’euros). Ce bon résultat tient beaucoup au prix stratosphérique atteint par le Léonard de Vinci, Salvator Mundi vendu, en novembre, à 450,3 millions de dollars (360 millions d’euros) à New York au prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed Ben Salmane. Cette peinture sur bois de noyer a crevé le plafond des œuvres les plus chères jamais vendues. Avant le prochain record. Et elle a indéniablement redonné des couleurs à Christie’s. « Mais ce n’est pas la seule », affirme au Monde Edouard Boccon-Gibod, directeur général de Christie’s France : sept des dix enchères les plus hautes atteintes en 2017 l’ont été sous le marteau de l’une des salles de ventes de la maison britannique dont François Pinault est l’unique actionnaire.

Qu’il s’agisse de Red Skull, une toile de Jean-Michel Basquiat adjugée 16,5 millions de livres à Londres, de la longiligne sculpture Grande femme II d’Alberto Giacometti qui a trouvé preneur à Paris pour 24,9 millions d’euros ou encore d’une lettre d’Albert Einstein à un ami vendue en ligne à plus de 106 000 dollars, les ventes médiatiques n’ont pas manqué. M. Boccon-Gibod se félicite aussi d’« une augmentation de la part de marché de Christie’s dans toutes les catégories d’œuvres ». De l’art contemporain aux tableaux anciens, en passant par la photographie ou les dessins…
Dans la compétition « assez féroce » qui se joue avec son grand rival, l’Américain Sotheby’s, « où aucun cadeau n’est fait » à l’autre, selon M. Boccon-Gibod, « nous sommes fiers d’avoir réalisé 1 milliard de livres de plus qu’eux l’an dernier ». Les premières estimations de Sotheby’s qui publiera ses comptes début mars, font état de 4,68 milliards de dollars enregistrés lors des ventes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Agé de 95 ans, le cinéaste et poète, figure de l’underground new-yorkais, publie ses souvenirs.
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Jonas Mekas : « Il faut voler les films qu’on aime ! »

Agé de 95 ans, le cinéaste et poète, figure de l’underground new-yorkais, publie ses souvenirs.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 08h49
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02.02.2018 à 16h11
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            Isabelle Regnier








                        



                                


                            

Le poète et cinéaste Jonas Mekas était à Paris à la fin janvier, invité par la Cinémathèque française dans le cadre de la programmation consacrée au centième anni­versaire de l’indépendance de la Lituanie. Il a profité de son séjour parisien pour promouvoir son nouveau livre, A Dance With Fred Astaire (Anthology Editions, 2017). Recueil de souvenirs illustré par une brassée d’archives personnelles, ce beau pavé se présente comme un voyage intimiste, tout en malice et en légèreté, au cœur de la scène artistique new-yorkaise des années 1960 et 1970 dont il fut, au côté de son ami Andy Warhol, le gourou discret. Du haut de ses 95 ans, ce vieux sage évoque le passé, tout en devisant sur le présent, dans lequel il reste solidement ancré.
Avec la Cinémathèque ­française, vous avez une longue histoire. Vous avez créé à New York la Film Makers’Cinematheque, qui allait devenir l’Anthology Film Archives. Dans votre livre, vous racontez comment Henri Langlois, le fondateur de la Cinémathèque française, vous a appris qu’il fallait voler les films que vous aimiez…
Oui ! Il nous avait envoyé tous les films de Jean Epstein pour une rétrospective que nous étions en train d’organiser. A la fin de celle-ci, nous lui avons renvoyé les copies, et, peu de temps après, j’ai voulu lui en emprunter deux à nouveau. Ma demande l’a mis dans une colère noire ! Il a accepté, mais non sans nous traiter au passage d’imbéciles : nous aurions dû profiter de son premier prêt pour copier les films ! Il faut voler les films qu’on aime : c’est une leçon très profonde. Le nombre de films qui doivent leur survie à des amoureux du cinéma qui ont fait des copies sans demander l’autorisation est considérable.
Vous-même vous êtes initié à l’art en pirate. Quand vous êtes arrivé à New York à la fin des années 1940, après des ­années passées dans des camps de déplacés en Europe, vous vous êtes débrouillé pour suivre des cours à l’université,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Chorégraphies, performances, vidéos… Les trois trentenaires du collectif (La)Horde évoluent sur de multiples terrains. Dans « To Da Bone », en tournée en France, ils mettent à l’honneur le jumpstyle, avec des danseurs recrutés sur Facebook.
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(La)Horde, bande de performeurs 
                  
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Le Monde
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                  02.02.2018 à 08h40


Chorégraphies, performances, vidéos… Les trois trentenaires du collectif (La)Horde évoluent sur de multiples terrains. Dans « To Da Bone », en tournée en France, ils mettent à l’honneur le jumpstyle, avec des danseurs recrutés sur Facebook.

Par                             Rosita Boisseau





                     
Malgré son nom, le collectif (La)Horde ne rassemble que trois personnes. Marine Brutti, Jonathan Debrouwer et Arthur Harel sont des artistes multimédia tout juste trentenaires, qui se jouent des étiquettes et jouent sur plusieurs terrains : chorégraphie (avec To Da Bone à la Maison des arts de Créteil), performances, mises en scène, réalisations de films ou installations. Un collectif que la planète arty scrute, notamment pour son éclectisme affiché. D’où ce sobriquet de « horde ».
« Nous avons choisi ce nom parce qu’il est assez vaste pour évoquer plein de choses différentes », expliquent-ils. Leurs projets débordent dans tous les sens, tous les domaines. Ils sont repérés en 2013 avec une vidéo à la Biennale internationale du design de Saint-Étienne. L’année suivante, à l’École de danse contemporaine de Montréal, leur spectacle, Avant les gens mouraient, fait sensation.

L’instinct de meute
En octobre 2017, pendant la Nuit blanche à Paris, ils organisent un faux tournage de nuit, avec danseurs et machines de manutention, attirant 10 000 spectateurs. S’ils ne sont que trois, le groupe cultive l’instinct de meute. À bon escient. Depuis ses débuts, en 2011, il entraîne dans son élan une foule de collaborateurs. « Parce que (La)Horde, c’est d’abord une énergie, notre maison aussi, et ceux qui travaillent avec nous en font naturellement partie. Elle est inclusive et n’a pas de nombre fixe. »
Le spectacle To Da Bone, à la Maison des arts de Créteil, et qui partira ensuite en tournée, est la preuve de cette approche tous azimuts. Le trio a rassemblé onze danseurs-performeurs venus de toute l’Europe (Ukraine, Italie, Pologne) et rencontrés, pour la plupart, par le biais de Facebook. Sur scène, en bombers colorés, jeans et baskets, ils font du jumpstyle, une danse aux levers de jambes rapides sur une musique électro, née à la fin des années 1990 en Belgique, au Pays-Bas, au Royaume-Uni et dans le nord...





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Musique classique : Renaud Capuçon, artiste multipiste

Le violoniste français assure depuis 2016 la direction artistique des Sommets musicaux de Gstaad, en Suisse.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 08h24
    |

                            Marie-Aude Roux (Gstaad (Suisse), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

C’est une lune à la Fantasio, de Musset, blanche et ronde, qui semble ponctuer d’un point laiteux le « i » majuscule du clocher de l’église de Rougemont (canton de Vaud, en Suisse). Ce 30 janvier, le violoniste Renaud Capuçon, qui a repris les rênes artistiques des Sommets musicaux de Gstaad en 2016, deux ans après la disparition de leur fondateur, Thierry Scherz, est en concert avec le pianiste Guillaume Bellom. Au programme, la Sonate n° 7 op. 30 n° 2, de Beethoven et la Sonate op. 18, de Richard Strauss, encadrant une pièce pour violon seul de Benjamin Attahir : Swimming Is Not Swing.
« Je connaissais l’endroit pour y avoir été invité en 2013, explique Renaud Capuçon, qui avait aussi participé il y a plus de dix ans au festival d’été Yehudi Menuhin. Au-delà de mes affinités natives avec les Alpes, j’ai aimé l’atmosphère intimiste du festival et la douceur de cette vallée entourée de montagnes protectrices. » A 42 ans, le violoniste français, qui mène une carrière internationale depuis plus de vingt ans, s’est affirmé comme un créateur de projets depuis qu’il a fondé en 2013 le Festival de Pâques d’Aix-en-Provence. Il a par ailleurs renforcé son ancrage helvétique en intégrant comme professeur, depuis septembre 2014, la Haute Ecole de musique de Lausanne.

Au fil d’années de compagnonnage avec son Guarnerius del Gesù, le fameux « Panette » de 1737 qui appartint à Isaac Stern, Renaud Capuçon a forgé un son à la virilité lumineuse. Son Beethoven, joué l’archet à la corde, déploie une plénitude sonore amoureuse de la ligne, que soutient l’autorité du piano de Guillaume Bellom. Cinq pupitres alignés devant l’autel de la petite chapelle de Gstaad annoncent le passage à la catégorie « contemporaine ». La musique de Benjamin Attahir est immédiate pour l’oreille, dense, concentrée. Elle se nourrit de séduisantes clausules mélodiques infiniment reprises et variées. Hybride...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Le film « Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin » (1986) revient en salle.
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Reprise : quand John Carpenter explorait le cinéma chinois

Le film « Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin » (1986) revient en salle.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 08h02
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


La mode reste l’un des obstacles les plus infranchissables lorsque l’on envisage le voyage dans le temps. Comment accepter de revenir au temps des épaulettes, des édifices capillaires montés à l’aide de tonnes de gel ? Comment accepter de revenir aux années 1980 ? On se pose la question le temps des premières séquences des Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin, de John Carpenter, en découvrant la mise des actrices (Kim Cattrall, Kate Burton, Suzee Pai), sans parler de la chanson du film, très MTV (signée Carpenter). Et puis, elle s’évapore, parce que la magie millénaire (il est question d’un fantôme surgi de l’Antiquité chinoise) du film opère. Avec son héros qui n’en est pas un, et l’entrain magnifique que met l’au­teur de The Thing à s’immerger dans un genre – le film de sabre et de fantômes chinois – alors méconnu aux Etats-Unis, Les Aventures de Jack Burton… déploie les saveurs d’un cocktail de burlesque, de fantastique et d’action.
Aux Etats-Unis, le film est sorti, en 1986, sous le titre de Big Trouble in Little China (« de gros ennuis dans la petite Chine »). C’est que Jack Burton n’en est pas vraiment le héros. Le rôle est revenu à Kurt Russell, que Carpenter avait dirigé dans New York 1997 et The Thing. Mais son personnage de routier esseulé (pas solitaire), qui assomme ses collègues de platitudes, ne prend jamais d’autre place que celle d’« un acolyte qui s’ignore », selon son interprète.
Jack Burton, qui livre des camions de cochons vivants aux restaurants du Chinatown de San Francisco, croit d’abord être plongé dans une affaire de pros­titution lorsque Miao Yin (Suzee Pai), la fiancée de son ami Wang Chi (Dennis Dun), est enlevée. Les deux hommes reçoivent le renfort d’une journaliste atteinte de logorrhée (Kim Cattrall) et d’Egg Shen (Victor Wong), vieillard versé dans les sciences occultes qui conduit un bus dans Chinatown. Ce dernier apprend à Burton que la disparue est la proie de David Lo Pan, mort-vivant doué de pouvoirs surnaturels.
Triades et guerriers monstrueux
Le film bascule alors dans le règne des esprits. Alors que le camion de Burton est coincé dans une ruelle par un affrontement entre triades, le combat est interrompu par l’irruption de guerriers surnaturels. Burton n’est plus alors qu’un ballot hébété par les croyances et les phénomènes d’un monde plus ancien et plus compliqué que le sien. La présence de Kurt Russell et de Kim Cattrall ne sert que de contrepoint comique à la progression des héros sino-américains qui doivent défaire monstres belliqueux et guerriers monstrueux.
L’esthétique clinquante des premières séquences laisse la place à une chorégraphie rigoureuse et vigoureuse, inspirée du cinéma de Hongkong. On jouit d’autant plus du spectacle que le film est antérieur à l’avènement des effets spéciaux numériques. L’œil baladeur de Lo Pan, amas orga­nique et indiscret, est animé par des mécanismes de précision. Quant aux combats, ils sont le ­résultat d’entraînements intensifs, les interprètes, pour la plupart originaires de la communauté sino-américaine de San Francisco, n’ayant guère d’expérience des arts martiaux.
Cette synthèse du burlesque américain et de l’action chinoise annonçait les aventures de Quentin Tarantino ou des Wachowski au pays des sabres et des poings d’acier. Hélas pour Carpenter, il était arrivé trop tôt. Avec un budget confortable – pour l’époque – de 25 millions de dollars, le réalisateur espérait rééditer le succès de New York 1997. Mais Les Aventures de Jack Burton… ne rapportèrent que 11 millions de dollars de recettes. Comble d’injustice, des organisations communautaires reprochèrent au film de mettre en avant des acteurs blancs dans une histoire ­essentiellement chinoise. La critique valait sans doute pour la campagne de marketing de la Fox, mais le film lui-même aurait dû en être exempté.

Film américain de John Carpenter (1986). Avec Kurt Russell, Kim Cattrall, Dennis Dun, Victor Wong (1 h 40). Sur le Web : www.splendor-films.com/items/item/522



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ L’historienne de l’art contemporain considère que le « Bouquet de tulipes », offert à la Ville de Paris par le plasticien américain de Jeff Koons, est un « don compassionnel » lié à une géopolitique douteuse.
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Béatrice Joyeux-Prunel : « L’art de Koons, c’est la philosophie du jus de carotte »

L’historienne de l’art contemporain considère que le « Bouquet de tulipes », offert à la Ville de Paris par le plasticien américain de Jeff Koons, est un « don compassionnel » lié à une géopolitique douteuse.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 09h53
    |

Béatrice ­ Joyeux-Prunel (Historienne de l’art)







                        



                                


                            

Non au “cadeau” de Jeff Koons », signé ce 21 janvier dans Libération, a relancé la polémique contre le Bouquet of Tulips offert par l’artiste new-yorkais à la Ville de Paris. Touché par les attentats terroristes de 2015, le plasticien, inspiré par l’ancienne ambassadrice des Etats-Unis à Paris, Mme Jane D. Hartley, veut offrir son monument « au peuple de France et à la Ville de Paris ». Les vingt-cinq personnalités de la culture signataires déploient des arguments convaincants. On peut ajouter que le cadeau de Jeff Koons, avec ­l’innocence qu’on prête à la création artistique, est aussi l’exploitation de l’innocence des victimes des attentats de Paris au profit d’une géopolitique états-unienne qui a structuré la création culturelle depuis les années 1960.
Ce bouquet de tulipes/ballons aux couleurs acidulées ­devrait être installé sur le parvis du Palais de Tokyo. La main qui le tient rappelle la statue de la Liberté, donc l’amitié franco-américaine. L’ambassadrice des Etats-Unis déclarait avoir envisagé un cadeau dans un esprit de communion. ­11-Septembre, 13-Novembre : voici donc la France aux côtés des Etats-Unis dans le camp des victimes éprises de liberté, de culture et de démocratie contre la barbarie. Mais l’opération transmute ce qui est un acte économique, voire vénal, lié à une géopolitique douteuse, en don compassionnel.

Du point de vue d’un historien, l’« affaire du bouquet » s’inscrit dans un récit canonique qui accorde aux Etats-Unis une position centrale dans la culture et le marché de l’art mondiaux depuis les années 1960. Cette lecture en termes de centre/périphéries a pris pour argent comptant le discours conquérant qui accompagnait le développement du pop art new-yorkais et son exportation vers l’Europe après 1964.
Oubliant que cette exportation s’appuyait déjà sur des moyens financiers et diplomatiques considérables, elle a contribué à lire l’histoire mondiale de l’art depuis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ TVA, part des exploitants, rémunération des acteurs… « Dessine moi l’éco » décortique les différents éléments qui entrent en compte dans la définition du prix d’un ticket de cinéma.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ 
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<filnamedate="20180202"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180202"><AAMMJJHH="2018020219">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde » relie la polémique sur Charles Maurras et celle sur le « cadeau » de Koons à Paris. Au cœur de ces deux conflits culturels, la subtile frontière entre commémoration et célébration.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 01/02/2018
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« Jeff Koons donne l’impression de vouloir célébrer son œuvre et sa personne »

Dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde » relie la polémique sur Charles Maurras et celle sur le « cadeau » de Koons à Paris. Au cœur de ces deux conflits culturels, la subtile frontière entre commémoration et célébration.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 16h13
    |

            Michel Guerrin








                        



                                


                            
Chronique. Commémorer ou célébrer ? La nuance est ténue. Et délicate. Elle est au centre de deux ­conflits qui agitent la culture depuis quelques jours. Une œuvre de Jeff Koons et l’œuvre de Charles Maurras (1868-1952).
Commençons par l’artiste américain qui souhaite offrir à Paris, en hommage aux victimes des attentats de 2015, une sculpture de 12 mètres de haut et de 33 tonnes, nommée Bouquet of Tulips, avec le soutien de l’ambassade des Etats-Unis, de la maire socialiste Anne Hidalgo et de mécènes qui en paieront l’installation. Cette main tenant un bouquet de fleurs colorées serait installée entre le Musée d’art moderne de la Ville de Paris et le ­Palais de Tokyo, dans le 16e arrondissement de la capitale. Embarrassé, le ministère de la culture dira oui ou non.
Le problème, c’est que ce cadeau, beaucoup d’acteurs du monde de l’art et de la culture, et non des moindres, n’en veulent pas. Ils le disent et ils l’écrivent. Koons réalise ainsi un petit exploit dont il se serait sans doute passé. Car il fut un temps où l’art contemporain était défendu par une tribu qui faisait bloc. La moindre critique contre ses pratiques, ses acteurs, ses artistes, ses expositions, était vécue comme un procès mené par des hurluberlus réactionnaires ou ringards. Koons a fissuré ce monolithe. Et c’est inédit.
Les arguments contre lui sont multiples – esthétique, coût, etc. Ajoutons celui-ci : la famille de l’art se sent en danger avec cette affaire Koons. Car, si l’art contemporain a largement remporté sa bataille de légitimité, tant il a ­contaminé les expositions, la mode, la musique, l’entreprise, les revues branchées, la publicité, les festivals et les ventes aux enchères, il traîne aussi une sale réputation, à cause d’une poignée d’artistes mondialisés qui pourraient fragiliser l’édifice.
Un univers « sans foi ni loi »
Ces noms mondialisés sont au cœur du livre de Jean-Gabriel ­Fredet Requins, caniches et autres...




                        

                        

