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<article-nb="2018/02/02/19-1">
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Des scientifiques ont réussi à faire imiter des mots à une orque du Marineland d’Antibes, selon des recherches publiées en janvier. L’expérience illustre la capacité d’adaptation et d’imitation des orques.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Depuis quelques mois, la chasse à courre se déroule dans un climat de grande tension dans le département de l’Oise, où les militants hostiles à cette pratique s’attirent le soutien d’une partie grandissante de la population.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Dès ses débuts, la théorie économique a réfléchi aux conditions et aux limites de l’exploitation des ressources naturelles. Des enseignements aujourd’hui très précieux pour penser la question climatique, estime Antoine Missemer, du CNRS, dans une tribune au « Monde ».
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« La recherche économique a tout à gagner à explorer le passé »

Dès ses débuts, la théorie économique a réfléchi aux conditions et aux limites de l’exploitation des ressources naturelles. Des enseignements aujourd’hui très précieux pour penser la question climatique, estime Antoine Missemer, du CNRS, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    02.02.2018 à 15h17
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 15h49
    |

Antoine Missemer (Economiste au CNRS)







                        



                                


                            

Tribune. Que la science économique ne soit pas une science exacte, beaucoup en conviennent. Qu’elle ait besoin de s’ouvrir aux autres disciplines, en particulier aux autres sciences sociales, de plus en plus l’admettent et œuvrent en ce sens. Que l’histoire ait toute sa place dans ce dialogue interdisciplinaire, c’est là un défi important. Certes, le temps long nourrit des travaux majeurs, comme ceux de Thomas Piketty sur les inégalités.
Mais beaucoup restent enclins à considérer que les expériences passées sont d’un intérêt heuristique modeste : d’une part, les théories contemporaines tiendraient compte des erreurs du passé ; d’autre part, les expériences d’hier ne nous diraient pas grand-chose sur les problèmes inédits d’aujourd’hui.
Le premier argument suppose un savoir économique cumulatif, ce qui est contestable lorsque l’on connaît les aléas tumultueux de l’histoire de la discipline. Sur le deuxième argument, beaucoup de défis contemporains, comme l’essor des nouvelles technologies ou le changement climatique, ont les traits d’enjeux nouveaux. L’histoire ne mérite pourtant pas d’être mise au ban, même sur ces sujets a priori sans précédent.
Pic charbonnier
L’exemple du développement durable est significatif. Les historiens de l’environnement ont montré combien les questions de pollution et de transition énergétique ont été importantes par le passé. Les discours économiques sur ces sujets sont eux-mêmes anciens et méritent une attention renouvelée dans le ­contexte contemporain.
Lorsque l’économiste britannique William Stanley Jevons (1835-1882) s’est intéressé au risque de pic charbonnier, il a contribué à autonomiser le discours des économistes vis-à-vis de l’expertise des ingénieurs et des géo­logues. Cette émancipation continue aujourd’hui de produire des malentendus. Les uns, les économistes, confient toujours au signal prix le rôle d’indicateur de rareté ; les autres, issus des sciences de la Terre, soulignent...




                        

                        


<article-nb="2018/02/02/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Les eaux n’ont pas suffisamment baissé pour permettre la reprise du trafic lundi 5 février comme annoncé précédemment par la SNCF.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Inondations : à Paris, le RER C interrompu au moins jusqu’au 10 février

Les eaux n’ont pas suffisamment baissé pour permettre la reprise du trafic lundi 5 février comme annoncé précédemment par la SNCF.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 13h38
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 14h54
   





                        



   


La SNCF annonce, vendredi 2 février, que le tronçon central de la ligne C du RER dans Paris rouvrira samedi 10 février « au plus tôt », en raison de la crue de la Seine.
Les eaux n’ont pas suffisamment baissé pour permettre la reprise du trafic lundi 5 février comme annoncé précédemment, ajoute l’entreprise ferroviaire. Un nouveau point sera fait mercredi.
Le RER C circule le long de la Seine, sous le niveau du fleuve, dans la traversée de Paris. Sept gares intra-muros – Saint-Michel-Notre-Dame, Musée-d’Orsay, Invalides, Pont-de-l’Alma, Champ-de-Mars, Avenue-du-Président-Kennedy et Boulainvilliers – sont fermées depuis le 24 janvier.
Des pompes activées
Les trains venus de banlieue ont pour terminus provisoires Avenue-Henri-Martin depuis le nord, Javel depuis le sud-ouest et Gare-d’Austerlitz depuis le sud-est.
À Javel, des pompes sont en action pour faire baisser le niveau de l’eau. La SNCF prévoit d’y faire partir quatre trains par heure vers Versailles-Château à partir de samedi et deux trains par heure vers Saint-Quentin-en-Yvelines à partir de lundi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ A Elbeuf, la Seine a atteint 10,97 mètres dans la nuit de jeudi à vendredi, selon la préfecture de la Seine-Maritime.
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<article-nb="2018/02/02/19-6">
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Après avoir promu le Make in India, le gouvernement Modi déclare vouloir aider le secteur agricole, qui emploie la moitié des Indiens.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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L’agriculture, nouvelle priorité du budget indien

Après avoir promu le Make in India, le gouvernement Modi déclare vouloir aider le secteur agricole, qui emploie la moitié des Indiens.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 10h04
    |

            Julien Bouissou (New Delhi, correspondance)








                        



                                


                            

Le gouvernement indien a dévoilé, jeudi 1er février, un budget annuel consacré au développement des zones rurales dans un pays frappé par la crise agricole. Le ministre des finances, Arun Jaitley, a promis aux agriculteurs « qu’ils toucheraient 1,5 fois le prix de la production de leurs denrées ». Une promesse qui figurait déjà dans le programme du Parti du peuple indien (BJP ; nationaliste hindou) en 2014, mais qui n’avait jamais été mise en œuvre.
Partant du constat que le malaise paysan va bien au-delà de la crise agricole, M. Jaitley a privilégié les investissements dans les infrastructures rurales. Il a annoncé la construction de 50 000 kilomètres de routes pour désenclaver les villages reculés. Il a réitéré la promesse du gouvernement de raccorder 40 millions de foyers à l’électricité et de subventionner la vente de bonbonnes de gaz pour remplacer la cuisson au charbon de bois, dont les fumées toxiques provoquent la mort prématurée de millions de femmes.
Les ruraux forment la majorité des 10 millions d’Indiens qui, chaque année, tombent au-dessous du seuil de pauvreté lorsqu’ils doivent se soigner. Les malades ont souvent le choix entre des hôpitaux publics décrépis, où règne la corruption, et des cliniques privées aux traitements coûteux. M. Jaitley a promis de mettre en place une couverture santé annuelle de 500 000 roupies (6 270 euros) par an pour 100 millions de familles.
« Les promesses plutôt que le bilan »

Mais, dans son budget, il n’a alloué que 250 millions d’euros à cet ambitieux projet, qui devrait coûter des milliards d’euros. « Il est frappant de constater que, dans le secteur agricole, un gouvernement qui en est à sa quatrième année de mandat mise sur les promesses plutôt que sur son bilan », souligne l’ancien président du think tank Centre for Policy Research, Pratap Bhanu Mehta, dans les colonnes du quotidien The Indian Express. Malgré cette série d’annonces...




                        

                        


<article-nb="2018/02/02/19-7">
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Le document, que « Le Monde » a pu consulter, est l’un des premiers textes officiels décrivant en langage non technique les problèmes posés par ces substances, qui interfèrent avec le système hormonal des êtres vivants.
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Perturbateurs endocriniens : le rapport-choc de l’IGAS

Le document, que « Le Monde » a pu consulter, est l’un des premiers textes officiels décrivant en langage non technique les problèmes posés par ces substances, qui interfèrent avec le système hormonal des êtres vivants.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 18h27
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            
L’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), le Conseil général de l’environnement et du développement durable et le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux ont remis à leurs ministères de tutelle, courant janvier, un rapport d’évaluation de la stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens commandé en août 2017 par le gouvernement.
Très attendu, le texte, que Le Monde a pu consulter, n’est pas encore rendu public ; il est singulièrement percutant. S’il dresse un bilan positif de l’action de l’Etat engagée depuis 2014 dans ce domaine, il en souligne de nombreuses limites au regard des enjeux, qualifiés de « majeurs pour la santé et l’environnement ». Les rapporteurs se montrent aussi, en creux, très critiques vis-à-vis de l’action conduite au niveau européen, notamment par la Commission de Bruxelles, et s’interrogent sur la « crédibilité » de l’action communautaire.
Incidemment, le rapport des trois institutions forme l’un des premiers documents officiels résumant, dans un langage non technique, l’étendue des problèmes posés par les perturbateurs endocriniens (PE), décrits comme sources de « très fortes externalités négatives », c’est-à-dire de dégâts collatéraux très importants. Ces substances – pesticides, plastifiants, solvants, etc. – sont présentes dans une grande diversité d’objets ou de produits du quotidien et dans la chaîne alimentaire. Elles ont en commun d’interférer avec le système hormonal des humains et des animaux.
Tarissement des financements
« Un certain nombre d’affections de la santé humaine sont aujourd’hui suspectées d’être la conséquence d’une exposition aux PE : baisse de la qualité du sperme, augmentation de la fréquence d’anomalies du développement des organes ou de la fonction de reproduction, abaissement de l’âge de la puberté, détaille le rapport. Le rôle des PE est aussi suspecté dans la survenue de certains cancers hormonodépendants,...




                        

                        


<article-nb="2018/02/02/19-8">
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Humanity Star, gigantesque boule à facettes mise en orbite le 21 janvier, est un « projet humaniste », selon la start-up aérospatiale Rocket Lab. Une aberration, selon la communauté scientifique.
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Une boule polluante dans l’espace


                      Humanity Star, gigantesque boule à facettes mise en orbite le 21 janvier, est un « projet humaniste », selon la start-up aérospatiale Rocket Lab. Une aberration, selon la communauté scientifique.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 10h41
    |

                            Isabelle Dellerba (Sydney, correspondance)








                              

                        
« Gadget à la con », « déchet spatial », « acte de vandalisme environnemental », le drôle de cadeau offert à l’humanité par Peter Beck, PDG et fondateur de l’entreprise aérospatiale Rocket Lab, a provoqué un « bad buzz » international. Le 21 janvier, la start-up américano-néozélandaise a mis en orbite un satellite surprise : une boule à facettes géante.

Cette sphère disco kitsch d’un mètre de diamètre, dotée de soixante-cinq panneaux réfléchissants, tourne désormais sur elle-même et autour de la planète à une vitesse vingt-sept fois supérieure à celle du son. Baptisée Humanity Star et présentée comme un projet humaniste visant à tracer un trait d’union entre tous les hommes, elle a été conçue pour devenir l’un des objets les plus lumineux de la voûte céleste afin d’être visible par tous.
Ce satellite incongru a surtout offert une visibilité mondiale à l’entreprise qui, en polluant inutilement un espace déjà très encombré, n’en finit pas depuis de susciter l’ire de la communauté scientifique, vent debout contre un précédent déplorable dans une industrie en pleine évolution.
L’espace devient commercialement accessible
Car, derrière ce gadget, se cache un exploit technologique qui inaugure une nouvelle ère de la conquête spatiale : celle où des opérateurs privés, dotés de fonds très inférieurs à ceux qui étaient jusqu’à présent nécessaires, s’invitent dans le juteux business du lancement des microsatellites et rendent l’espace commercialement accessible.
Rocket Lab, fondé en 2006, a en effet été le premier Petit Poucet du secteur à parvenir, en à peine quelques années, à produire de toutes pièces et sans aucun financement public une fusée low cost (construite entièrement en carbone composite, propulsée par des moteurs imprimés en 3D, reproductible à l’infini) et à l’envoyer dans l’espace depuis un pas de tir privé situé dans le nord-est de la Nouvelle-Zélande, en mai 2017. Elle a en outre réussi la prouesse d’expédier...




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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Selon une étude, ces mammifères dépensent plus d’énergie qu’ils n’en stockent. Les chercheurs s’interrogent sur leur capacité de survie.
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Les besoins énergétiques des ours polaires menacés par la fonte de la banquise

Selon une étude, ces mammifères dépensent plus d’énergie qu’ils n’en stockent. Les chercheurs s’interrogent sur leur capacité de survie.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 20h00
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 10h25
    |

            Audrey Garric








                        



   


On les a vus hagards, faméliques, errant à la recherche de nourriture sur des confettis de banquise. On a perçu, derrière ces ours polaires, l’effet dramatique du changement climatique. Une nouvelle étude confirme que ce dernier met en danger cette espèce emblématique de l’Arctique, d’une manière plus critique que ce que l’on pensait jusqu’alors.
Les travaux, issus de scientifiques américains et canadiens et parus dans la revue Science vendredi 2 février, montrent que ces mammifères dépensent beaucoup plus d’énergie qu’ils n’en stockent, interrogeant de fait leur capacité de reproduction et de survie.
Partout la banquise se réduit comme peau de chagrin. Sa superficie pérenne décroît à un taux de 14 % par décennie, la débâcle printanière se produisant plus tôt tandis que l’englacement automnal débute plus tard. Or, cet environnement constitue à la fois l’habitat des ours polaires, leur lieu de reproduction et de chasse. La disparition de la glace de mer et sa fragmentation réduisent l’accès des prédateurs à leurs proies favorites, les phoques, qui constituent 90 % de leur alimentation. Les plantigrades doivent dorénavant marcher et nager davantage, sans garantie de succès car, dans certaines régions, l’abondance de la nourriture décline en même temps que la banquise.
En 2010, des travaux avaient montré que, chez les adultes, la mortalité due à la famine augmenterait de 6 % à 48 % si le jeûne qu’ils observent durant l’été s’allongeait de 120 à 180 jours. Un an plus tard, une autre étude révélait que les oursons forcés de nager sur de plus grandes distances avec leur mère succombaient 2,5 fois plus que ceux parcourant moins de kilomètres.
La situation semble si inquiétante que l’Union internationale pour la conservation de la nature a classé en 2015 le changement climatique comme la menace la plus importante pour les 26 000 ours polaires du monde. Les chercheurs estiment comme « hautement probable » une diminution de 30 % de la population d’Ursus maritimus d’ici à 2050, en raison des changements dans leur habitat – même si la réalité n’est pas la même dans tous les territoires qu’ils occupent ni pour l’ensemble des dix-neuf sous-espèces.
Colliers GPS, caméras et capteurs de pointe
Cette fois, les scientifiques se sont intéressés aux mécanismes physiologiques pouvant être à l’origine des déclins observés dans les populations ursines. Ils ont mesuré le bilan énergétique (dépenses et apports) d’ours sur le terrain pendant la saison critique du printemps, celle où ils chassent le plus et font des réserves de graisse pour l’année.
Pour cela, ils ont capturé neuf femelles adultes en mer de Beaufort, au large de l’Alaska (Etats-Unis), en avril 2014, 2015 et 2016. Les auteurs ont ensuite évalué les taux métaboliques de chaque mammifère en analysant des échantillons de sang et d’urine au moment de la capture, puis lors d’une nouvelle capture huit à onze jours plus tard. De plus, les animaux ont été munis de colliers GPS équipés de caméras et de capteurs de pointe afin d’enregistrer leur activité, leurs mouvements et leur comportement.

   


Les chercheurs ont ainsi découvert que les besoins énergétiques des ours polaires sur la banquise sont plus de 50 % plus élevés (1,6 fois) qu’on ne le pensait. Chaque femelle devrait ainsi manger, au choix, un phoque annelé adulte, trois subadultes ou dix-neuf nouveau-nés tous les dix à douze jours pour garder son équilibre, situé à 12 000 kcal par jour.
« Leur métabolisme avait été sous-estimé parce que ces mammifères ont une technique de chasse qui consiste souvent à s’asseoir et à attendre la proie, et qu’ils jeûnent une partie de l’année. Mais, en réalité, ils dépensent beaucoup d’énergie », explique Anthony Pagano, biologiste de la faune à l’Institut d’études géologiques des Etats-Unis, qui a mené l’étude dans le cadre de sa thèse de doctorat à l’université de Californie à Santa Cruz.
Or, dans le même temps, leur chasse ne suffit plus à compenser ces dépenses énergétiques. Les résultats montrent que quatre ours ont perdu 10 % ou plus de leur masse corporelle sur la période de huit à onze jours, soit quatre fois la masse perdue chez d’autres de leurs congénères qui jeûnaient sur la terre ferme – dont le poids se réduit naturellement puisqu’ils ne se nourrissent plus.
Selon les auteurs, la disparition et la fragmentation croissantes de la banquise déséquilibreront encore davantage ce ratio entre besoins et apports énergétiques. « Cela va être de plus en plus difficile pour les ours de gérer à la fois des besoins énergétiques supérieurs, en raison de déplacements accrus, et des sources d’énergie plus faibles, liées au déclin de la disponibilité en proies, anticipe Anthony Pagano. Cela aura probablement des effets négatifs en cascade sur leurs succès reproductifs et donc sur leur survie. »

   


Des ours plus vulnérables
« Cette étude fournit des informations nouvelles et importantes sur les besoins énergétiques élevés des ours polaires, montrant qu’ils vont être plus vulnérables aux changements de leur environnement », décrypte Jon Aars.
Ce chercheur à l’Institut polaire norvégien et spécialiste du suivi des ours blancs au Svalbard, qui n’a pas participé à l’étude, appelle toutefois à la « prudence » quant aux résultats sur la perte de poids des animaux, en raison de la « faible taille de l’échantillon » et de la « courte période d’étude ». « Les variations entre les ours sont importantes, de même que d’une région arctique à l’autre », prévient-il.
S’il vante également l’« exploit scientifique » de cette étude, qui permet d’« améliorer notre compréhension de l’écologie de l’ours blanc », le spécialiste canadien Andrew Derocher met aussi en garde au sujet de l’extrapolation de telles données.
« Si un ours ne répond pas à ses besoins énergétiques, il mourra. Mais ce n’est pas ce que montre cette étude, qui n’offre qu’un aperçu de quelques individus dans une région pendant environ une semaine. Pour déterminer le sort à long terme des ours, nous avons besoin d’une surveillance sur plusieurs années, assure ce professeur de biologique à l’université d’Alberta. On sait toutefois que la population de la mer de Beaufort a diminué de 25 % à 50 % au cours de la dernière décennie, et la perte semble associée à l’évolution des conditions de la banquise. »



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/02/19-10">
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Des résidents d’un lotissement de béton à Villers-lès-Nancy se sont regroupés pour entreprendre la rénovation énergétique de leur quartier. La ville et l’habitat durables seront au centre d’une rencontre du « Monde » organisée à Nancy, mardi 13 février.
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Près de Nancy, des habitants organisent la rénovation énergétique de leur quartier

Des résidents d’un lotissement de béton à Villers-lès-Nancy se sont regroupés pour entreprendre la rénovation énergétique de leur quartier. La ville et l’habitat durables seront au centre d’une rencontre du « Monde » organisée à Nancy, mardi 13 février.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 18h06
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 11h15
    |

            Laetitia Van Eeckhout








                        



   


Une entreprise de rénovation créée par les habitants pour les habitants. Il y a huit ans, les résidents du lotissement de Clairlieu, à Villers-lès-Nancy, ont décidé de se regrouper afin d’entreprendre, ensemble, la rénovation des pavillons de leur quartier.

Les 1 328 pavillons de ce lotissement sis dans la banlieue ouest de Nancy ont été construits au début des années 1970, avant les premières réglementations thermiques. Conçus en béton, « ce sont de véritables passoires énergétiques, lâche Marie-France, 67 ans, qui habite le quartier depuis quarante-cinq ans. L’hiver, on a beau chauffer, une humidité froide vous tombe en permanence sur les épaules ». 
Marie-France Robert et son mari sont un des premiers ménages du lotissement à s’être lancés dans une rénovation de fond en comble de leur pavillon. Un investissement de plusieurs dizaines de milliers d’euros qu’ils ne regrettent pas. Ils apprécient d’avoir désormais une température agréable et homogène dans toute leur maison et en toute saison. Et d’avoir divisé par un peu moins de sept leur facture énergétique (passée de plus de 2 000 € à 300 € par an).
Car, à Clairlieu, on ne fait pas les choses à moitié. Portes et fenêtres, façades, toiture, système de chauffage et de ventilation : les pavillons sont entièrement rénovés, avec l’objectif d’atteindre la norme BBC, bâtiment basse consommation.
Matériaux biosourcés
Tout a commencé à la fin de 2009 lors de conférences sur le solaire et les économies d’énergie organisées par la commune de Villers. Alors que, pour la troisième année de suite, le prix du gaz avait augmenté de 10 %, les habitants comprennent vite l’intérêt de la rénovation. Une petite centaine se regroupe en association, baptisée « Clairlieu Eco Défi », et se met à plancher sur les meilleures solutions pour rendre leurs demeures – toutes identiques ou presque – moins énergivores.

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« Les discussions ont donné lieu à des débats animés, souvent houleux. Atteindre la norme BBC signifiait un investissement non négligeable, on s’est évidemment demandé si on pouvait procéder par étapes », ne cache pas Christiane Beuvelot, autre retraitée. Hormis quelques désistements, le groupe résiste et finit par être convaincu que, pour qu’un pavillon consomme le moins possible, il faut qu’il soit parfaitement isolé. Les associés vont même jusqu’à choisir des matériaux d’isolation biosourcés, générant le moins d’énergies grises possible : pour les façades, de la ouate de cellulose, fabriquée à partir de journaux recyclés, et, pour la toiture, de la laine de bois, qui stocke le CO2.
Sauf que, au terme d’un an de réflexion, les premiers devis refroidissent les ardeurs. « Là, on s’est dit qu’on allait le faire nous-mêmes, résume Francis Lacour, habitant de Clairlieu et professionnel de l’optimisation énergétique. Et nous avons créé une société coopérative d’intérêts collectifs », la SCIC Clairlieu Eco Rénovation Solidaire.
En août 2011, la quarantaine d’habitants ayant décidé d’investir dans la SCIC se lancent alors dans la rénovation d’un premier bâtiment, aidés d’un charpentier et d’un architecte. Un chantier qu’ils mènent de bout en bout, et qui leur prend… deux ans. « C’est énorme, reconnaît Francis Lacour. Mais cela nous a permis de mettre tout le processus au point. Aujourd’hui, nous sommes capables de faire une rénovation en huit semaines. »

   


Chantier participatif
Désormais, l’enveloppe isolante des pavillons rénovés arrive en kit sur le chantier, sous forme de caissons préfabriqués qu’il suffit d’assembler. Les sociétaires ont fini par trouver un industriel qui les leur fabrique, et une petite dizaine d’entreprises, locales – « pour que les retombées en termes d’emplois profitent au territoire » – qui se chargent de la partie technique de la rénovation. Pour autant, les chantiers restent participatifs : des bénévoles prennent part aux travaux.
A ce jour, 11 pavillons ont été rénovés selon les règles définies par la coopérative. Quatre sont en projet. De son côté, l’association organise, en partenariat avec l’agence locale de l’énergie et du climat (ALEC), des balades thermographiques, très suivies par les habitants du quartier.
Mais tous ne franchissent pas le pas. S’engager dans une rénovation complète revient aujourd’hui entre 100 000 et 150 000 euros. « C’est un investissement sur dix ou quinze ans, reconnaît Marie-France Robert. Mais le gain en confort est immédiat. Et on ne paie quasiment plus rien après en chauffage. » Et Francis Lacour d’insister : « Le fait de se regrouper nous permet de mutualiser les études de conception et les achats de matériaux. Et, avec la SCIC, nous maîtrisons toute la chaîne des travaux, nous pouvons ainsi garantir le résultat. » 
Acte militant
Il n’est pas donné à tous de pouvoir débourser une telle somme, même si l’association Clairlieu Eco Défi accompagne les postulants dans l’élaboration de leur plan financier. « Aujourd’hui, s’engager dans une rénovation complète de son pavillon, c’est vraiment un acte militant, avoue Christiane Beuvelot. Nous cherchons à baisser le coût. »
L’initiative de Clairlieu est pour l’instant unique et encore fragile. Ce n’est pas un projet facilement reproductible. Mais la coopérative Eco Rénovation Solidaire a acquis un savoir-faire dans la rénovation des pavillons de béton. Elle est d’ailleurs sollicitée par des collectivités de la région dotées d’un parc de ces maisons énergivores.

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                Habiter durablement les villes : une rencontre du « Monde » à Nancy le 13 février


La ville et l’habitat durables seront au centre d’une rencontre du Monde organisée à Nancy, mardi 13 février, de 8 h 30 à 10 h 30. Inscriptions ici.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Chronique. A 62 ans, le ministre de l’environnement a enfin remporté une victoire avec l’abandon de la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.
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Il est comme ça… Nicolas Hulot


                      Chronique. A 62 ans, le ministre de l’environnement a enfin remporté une victoire avec l’abandon de la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 15h15
    |

            Philippe Ridet








   


Une victoire, enfin, nette et sans bavure. Avec l’abandon de la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, Nicolas Hulot, ministre de l’environnement et numéro 3 du gouvernement, peut triompher. Opposé à ce projet, sans en faire la condition de sa participation à l’exécutif, il s’est bien gardé de se mettre en avant. Mais on se demande ce qu’il aurait continué à faire dans la team Philippe s’il avait été désavoué. A part peut-être composer des menus bio à l’Elysée et à Matignon. Déjà qu’il avait dû avaler la couleuvre du renouvellement de la licence du glyphosate par la Commission européenne, le report au-delà de 2025 de la baisse à 50 % de la part du nucléaire dans la production électrique et l’autorisation d’abattre 40 loups gris prédateurs de brebis (#balancetonloupgris). Pour un peu, on lui aurait reproché de posséder neuf véhicules à moteur, trois maisons et 7,3 millions d’euros de patrimoine…

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N’était sa nature discrète, Nicolas Hulot pourrait faire le tour du terrain la tête cachée dans son maillot et les bras écartés. N’était sa nature renfrognée, il pourrait même sourire. Mais son dab préféré ne ressemble à aucun autre. Avec son air de Droopy (« You know what ? I’m happy »), il garde les mains croisées sur sa veste, le regard ailleurs (inaptitude au bonheur ? blessures d’enfance ?). Bref, jamais content !
« C’est un boxeur qui n’aime pas prendre des coups et répugne à en donner. » Noël Mamère
Ses ennemis – il en a malgré sa popularité – étaient déjà prêts à instruire un nouveau procès. « Le passe-plat des lobbies », avait commenté début novembre le porte-parole des Verts. Ah, Les Verts, qui lui ont préféré la juge Eva Joly en 2012 ! Ah, Les Verts, qu’il n’a pas voulu affronter en 2007, alors qu’il était plus populaire que l’abbé Pierre et Zidane, préférant soumettre un pacte écologique aux candidats qui se sont empressés de l’accepter pour mieux l’oublier. « L’escrologiste », « le télécologiste », « l’hélicologiste », disait-on alors de Nicolas Hulot, dont la notoriété devait tout à la télévision et à son émission « Ushuaïa », où on le voyait nager avec des baleines et survoler la cordillère des Andes en ULM.

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Daniel Cohn-Bendit confiait alors : « Nicolas a un léger problème de refus d’obstacle. » Et Noël Mamère de préciser : « C’est un boxeur qui n’aime pas prendre des coups et répugne à en donner. » En 2011, dans une version antédiluvienne du magazine du Monde, Nicolas Hulot avait déclaré : « Pour faire avancer les choses, j’ai usé jusqu’à la corde la position de privilégié qui était la mienne. » On le sentait prêt à essayer autre chose.

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Depuis qu’il a opté pour le port de la chemise à col officier et l’exercice des responsabilités, le voilà rentré dans le rang. Adulte presque. En tout cas patient et prêt à assumer de petites défaites pour obtenir de plus grands succès. Après avoir refusé d’être le ministre de Chirac, Sarkozy et d’Hollande, qui voulaient s’attribuer son image d’écologiste préféré des Français (mais pas des Verts !), il a cédé à Macron, conscient qu’on ne peut dire « non » tout le temps au risque de passer pour un allumeur. A 62 ans, c’est ridicule. Devenu grand, il a appris à composer avec ses désirs. « Je me donne un an pour voir si je suis utile », confiait-il après sa prise de fonctions. Sans Notre-Dame-des-Landes, encore cinq mois à prendre des râteaux, et il aurait eu une réponse claire.



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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Malgré les crues de janvier, le fleuve souffre de sécheresse et d’un moindre apport à la fonte des neiges. Son débit moyen a diminué de 30 % depuis vingt ans.
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Climat : le Rhône pourrait baisser de moitié d’ici un siècle

Malgré les crues de janvier, le fleuve souffre de sécheresse et d’un moindre apport à la fonte des neiges. Son débit moyen a diminué de 30 % depuis vingt ans.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 11h05
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 15h04
    |

                            Richard Schittly (Lyon, correspondant)








                        



                                


                            

En crue depuis plusieurs semaines, le Rhône donne l’impression d’un fleuve abondant. Il traverse Lyon en rasant ses quais. Des parkings sur berges sont fermés, quelques terrasses ont été emportées par les flots. Le débit de 4 400 mètres cubes par seconde a été atteint mi-janvier, au sud de la ville, soit le niveau d’une crue décennale.
Les apparences sont trompeuses, car cette montée des eaux cache une réalité inverse : le Rhône souffre plus souvent de sécheresse. Son débit annuel moyen en 2017 est inférieur de 30 % à celui des vingt dernières années. Et les prévisions sont inquiétantes : ce débit moyen pourrait baisser de 10 % à 40 % dans les prochaines années. Si le phénomène se poursuit, le Rhône risque de diminuer de moitié d’ici un siècle.
Alimenté par le lac Léman en Suisse et par plusieurs affluents, il dépend en grande partie de la neige et des glaciers de montagne. Leur fonte progressive touche directement la santé du cours d’eau qui traverse tout le sud-est de la France. Autre indicateur, son pic printanier, généralement enregistré à la fonte des neiges, a avancé de vingt-deux jours en un siècle. En 2017, le fleuve a connu son étiage en décembre – un phénomène de basses eaux jamais vu en période hivernale. Et si le Rhône reste le fleuve le plus puissant de France, avec un niveau moyen de 1 700 mètres cubes par seconde – ce qui correspond à la Seine actuellement en pleine crue –, son avenir préoccupe.
« Extrême variabilité des phénomènes »
« Le dérèglement climatique est une réalité, une certitude qui ne concerne pas seulement les îles Fidji », a prévenu Elisabeth Ayrault, la dirigeante de la Compagnie générale du Rhône (CNR), dans un discours annuel de vœux au ton alarmiste, jeudi 25 janvier. « Notre modèle est basé sur des conditions climatiques raisonnables, nos habitudes doivent changer, nous avons besoin que les fleuves soient entendus par le monde politique », a-t-elle déclaré. Dramatisation ?...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ En août 2006, le cargo avait déchargé dans la métropole ivoirienne plus de 500 mètres cubes de déchets hautement toxiques issus d’hydrocarbures.
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Compte rendu

« Probo-Koala » : l’ONU affirme que les sites pollués d’Abidjan ne sont plus dangereux

En août 2006, le cargo avait déchargé dans la métropole ivoirienne plus de 500 mètres cubes de déchets hautement toxiques issus d’hydrocarbures.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 01.02.2018 à 11h04

     •
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        Mis à jour le 01.02.2018 à 12h32






    
Moustapha Sangaré, ancien travailleur à la décharge d’Akouédo et son fils, au bord du caniveau où a été déversée une partie des déchets.
Crédits : Judith Kormann


Un rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), dont l’AFP a eu connaissance mercredi 31 janvier, a conclu que les sites pollués par les déchets toxiques du cargo Probo Koala à Abidjan en 2006 ne sont plus dangereux.
« Aucun des sites où les déchets issus du Probo Koala ont effectivement été déversés ne présente une contamination supérieure aux seuils établis par le gouvernement de la Côte d’Ivoire pour la dépollution. Par conséquent, aucun de ces sites ne nécessite une intervention complémentaire, même au regard de normes internationales », affirme l’audit environnemental.

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                « Probo-Koala » : drame écologique et bonnes affaires



En août 2006, le cargo Probo Koala, affrété par la société de courtage pétrolier suisso-néerlandaise Trafigura, avait débarqué à Abidjan plus de 500 mètres cubes de déchets hautement toxiques issus d’hydrocarbures.
Un sous-traitant ivoirien, la société Tommy, les avait transférés dans des camions-citernes puis déversés de façon sauvage dans une douzaine d’endroits de la capitale économique ivoirienne. Au moins 17 personnes étaient mortes et des dizaines de milliers d’autres avaient été intoxiquées. L’affaire avait provoqué un scandale international, mais Trafigura n’a jamais été condamnée par la justice.

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La santé des communautés affectée
Pour établir le rapport, 130 échantillons de sol, d’eau, d’air, de sédiments, de mollusques, de fruits et de légumes ont été prélevés en 2016 et 2017 sur 18 sites à travers la ville par des experts environnementaux du PNUE, missionnés à la demande du gouvernement ivoirien.
Si les conclusions du rapport apparaissent « rassurantes », les experts cependant « n’excluent pas que la santé des communautés soit encore affectée par leur exposition initiale aux déchets en 2006 ».
« La question de savoir si ceux qui ont été affectés au moment du déversement continuent de souffrir de troubles physiologiques ou psychosomatiques est d’autant plus cruciale qu’un suivi systématique des populations affectées n’a pas eu lieu au cours de cette dernière décennie », avertissent les experts, recommandant donc au gouvernement ivoirien la mise en place d’un vaste programme de suivi médical.
« Ces conclusions sont un soulagement pour ceux qui vivent ou travaillent près des sites de déversement », mais « onze ans après, les victimes demeurent dans le flou quant aux éventuelles conséquences à long terme sur leur santé », a estimé Amnesty International dans un communiqué.

    
Kalandjibo Balo, 23 ans, vit du recyclage plastique dans le décharge d’Akouedo, près d’Abidjan (le 25 février 2016).
Crédits : Thierry Gouegnon/Reuters


Trafigura a toujours démenti que les déchets du Probo Koala aient pu causer décès, blessures et maladies graves.
Des victimes ont lancé en septembre 2017 une nouvelle procédure judiciaire aux Pays-Bas contre Trafigura, après l’échec d’une première action en 2016.

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                Nouvelle action en justice aux Pays-Bas des victimes ivoiriennes du « Probo-Koala »



La société avait signé deux accords, en 2007 en Côte d’Ivoire et 2009 au Royaume-Uni, qui prévoyaient au total 185 millions d’euros d’indemnisations. Un montant jugé dérisoire étant donné le nombre de personnes touchées. Sur les 152 millions d’euros versés à l’Etat ivoirien, 33 millions d’euros d’indemnisation devaient être versés à près de 30 000 victimes. Mais une partie a été détournée par des responsables ivoiriens. Des dizaines de milliers de personnes se battent toujours pour percevoir leurs 1 150 euros de dédommagement.
Le directeur du sous-traitant Tommy a lui été condamné à 20 ans de prison par la justice ivoirienne.


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Les communautés amérindiennes sont les plus exposées à la fois au mercure et au plomb.
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édition abonné


Pollution : un enfant guyanais sur cinq est atteint de saturnisme

Les communautés amérindiennes sont les plus exposées à la fois au mercure et au plomb.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 10h49
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 18h35
    |

                            Laurent Marot (Cayenne)








                        



                                


                            

La première alerte remonte à juin 2011. Une plombémie sévère est dépistée chez une fillette de 3 ans vivant à Mana, dans l’ouest de la Guyane. Son sang contient 1 724 microgrammes de plomb par litre (µg/L), alors que le seuil du saturnisme est atteint à partir de 50 µg/L. Une enquête sanitaire menée par l’Agence régionale de santé révèle alors que la moitié des personnes vivant dans l’entourage de la fillette – dont la plupart des enfants – se situe au-dessus des normes. « A partir de 50 µg/L, il peut y avoir chez le fœtus et l’enfant des troubles neurologiques avec des troubles cognitifs, des petites anomalies rénales, un peu d’hypertension », précise Paul Brousse, coordonnateur des Centres délocalisés de prévention et de soins (CDPS) au centre hospitalier Andrée-Rosemon de Cayenne. 
La Guyane ne dispose pas de données sur l’imprégnation de l’ensemble de la population au plomb, faute de figurer dans les enquêtes nationales. Cependant, le Centre hospitalier de l’ouest Guyanais (CHOG) a mené une étude sur 531 femmes enceintes. Publiée en 2017, celle-ci révèle que 25 % d’entre elles ont une plombémie hors norme. Deux autres recherches, encore non publiées, précisent l’ampleur de la contamination. Elles font état d’une recrudescence du problème du plomb dans l’ensemble du territoire et du maintien de l’intoxication au mercure dans les villages de l’intérieur.
Enfant « agité, fatigué »
La première a été conduite par Santé publique France de 2015 à 2017 auprès de 590 enfants âgés de 1 à 6 ans. « La proportion d’enfants en Guyane au-dessus de la norme est aux alentours de 20 % », explique l’épidémiologiste Audrey Andrieu, de la Cellule interrégionale d’épidémiologie (CIRE). C’est treize fois plus que la prévalence nationale. Ce sont ainsi 14,4 % des enfants de Guyane qui sont au-delà de 100 µg/L, l’ancien seuil officiel du saturnisme, contre 0,1 % en France.
Les communautés amérindiennes du sud sont les plus touchées....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ La députée LRM de la Somme explique au « Monde » les enjeux de la commission d’enquête sur « la sûreté et la sécurité » des installations nucléaires, votée mercredi.
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Article sélectionné dans La Matinale du 31/01/2018
Découvrir l’application


                        

Barbara Pompili : « Il faut sortir de l’opacité sur le nucléaire »

La députée LRM de la Somme explique au « Monde » les enjeux de la commission d’enquête sur « la sûreté et la sécurité » des installations nucléaires, votée mercredi.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 18h18
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 13h51
    |

                            Nabil Wakim et 
Alexandre Lemarié








                        



   


L’Assemblée nationale a voté, mercredi 31 janvier, la création d’une commission d’enquête sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires en France. Barbara Pompili, députée (LRM) de la Somme et présidente de la commission du développement durable, explique au Monde qu’« il serait absurde de ne pas envisager les risques que pourrait causer un attentat terroriste sur une centrale ».
L’ex-secrétaire d’Etat de François Hollande, à l’initiative de cette commission, souhaite par ailleurs que le président de la République, Emmanuel Macron, respecte ses engagements de campagne de réduire à 50 % la part du nucléaire dans la production d’électricité.
Pourquoi mobiliser une commission d’enquête parlementaire sur le nucléaire ?
Un certain nombre de problèmes se posent concernant la sûreté et la sécurité de nos installations : des intrusions de Greenpeace ont eu lieu dans différentes centrales, des anomalies ont été repérées à l’usine Areva du Creusot [Saône-et-Loire]. A ces deux éléments médiatiques s’ajoutent des incidents, qui se multiplient sur des centrales : c’est notamment le cas avec l’arrêt des quatre réacteurs de la centrale du Tricastin (Drôme), fin septembre-début octobre 2017, ou l’explosion à Flamanville [Manche] en février 2017.
En outre, la question de la prolongation des réacteurs au-delà de quarante ans se pose de manière accrue. Le président de l’Autorité de sûreté nucléaire [ASN], Pierre-Franck Chevet, a d’ailleurs estimé récemment qu’en termes de sûreté, le parc n’est pas à un niveau suffisant pour permettre de prolonger.
Ces éléments se combinent avec la mise en place de la programmation pluriannuelle de l’énergie [PPE], qui développera, à la fin de l’année, les objectifs de la France en matière énergétique pour les cinq prochaines années.
Pour quelle raison se pencher à la fois sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires ?
Vu la menace terroriste, isoler ces deux questions est très artificiel. Un contrôle efficace suppose de veiller à la fois à la prévention des accidents nucléaires, qui concerne la sûreté, et de travailler à la résistance des installations aux attaques extérieures, qui relève de la sécurité. L’exemple des piscines d’entreposage de combustible usagé le prouve : les bâtiments ont été testés sous l’angle de la sûreté, pour voir s’ils résisteraient à des séismes ou à des inondations.
Mais cet examen n’englobe pas le fait qu’ils puissent résister à des bombes. Or, quand un tel bâtiment est conçu, tous les critères doivent être pris en compte. L’ASN considère d’ailleurs qu’à terme, il faudrait réunir ces deux critères lors des contrôles.
A l’heure actuelle, il serait absurde de ne pas envisager les risques que pourrait causer un attentat terroriste sur une centrale.
Notre parc nucléaire est-il préparé à une telle attaque ?
A ma connaissance, la sécurité des centrales – qui relève des ministères de l’énergie et de la défense – n’a jamais été vérifiée par des parlementaires. Il y a eu un travail sur les intrusions, sur les survols par des aéronefs, mais nous n’avons toujours pas les informations qui nous prouveraient qu’un site serait protégé d’une attaque terroriste si, par exemple, un avion était le vecteur de l’attaque comme ce fut le cas lors du 11-Septembre.
Vous dites vouloir sortir de l’« opacité » sur le nucléaire. Comment cette commission va-t-elle procéder ?
L’intérêt d’une telle commission, c’est que nous avons de réels moyens pour enquêter. Nous procédons à des auditions sous serment des lanceurs d’alerte, des exploitants, comme EDF, des organismes de contrôle. Nous allons également inspecter des sites.
La commission va-t-elle également enquêter sur les coûts du nucléaire français ?
En s’intéressant à la sûreté, la commission d’enquête pourrait identifier là où les coûts du grand carénage [chantier engagé par EDF après la catastrophe de Fukushima pour renforcer la sûreté pour un coût de 46 milliards d’euros] sont très importants. Cela peut permettre d’identifier les cas où prolonger la durée de vie d’une centrale ne servirait pas à grand-chose, par exemple. Est ce que cela vaut le coup de se lancer dans des travaux coûteux pour fermer peu de temps après ?
Il ne s’agit pas de mettre en difficulté EDF ou Areva. Ce qui peut mettre en difficulté ces entreprises, c’est de se mettre la tête dans le sable et de ne pas regarder la réalité en face.
Il faut sortir de l’opacité sur le nucléaire. Certes, on peut être fiers de la manière dont ont été gérées les questions de sûreté et de sécurité jusqu’à aujourd’hui. Mais, maintenant, il y a des mesures à prendre.
Nicolas Hulot dit qu’il faudra préciser avant la fin de l’année quels seront les réacteurs qui vont fermer et quand. Ce n’est pas ce que dit l’Elysée…
Je pense qu’il faudra nommer dans la PPE les noms des réacteurs à fermer. Ne pas préciser ce qu’on va fermer, ce serait repousser et ne pas prendre de décision. Ce n’est pas l’état d’esprit du président de la République.
Ce qui mine le débat, c’est le fait de ne pas savoir, pour certains territoires, comment ils vont être traités. Notre commission d’enquête peut justement permettre d’identifier, de manière pragmatique, les centrales souffrant de problèmes structurels.
Pendant la campagne, M. Macron a désigné le nucléaire comme « une énergie d’avenir ». Partagez-vous ce point de vue ?
Je ne suis pas d’accord avec lui sur ce point. Cela étant, notre engagement commun de mettre en œuvre la loi de transition énergétique est toujours le même. M. Macron n’a jamais remis en cause l’objectif de descendre en dessous de 50 % de production d’électricité d’origine nucléaire, même si nous sommes revenus sur la date de 2025.
A titre personnel, j’aimerais que cet objectif ne soit qu’un début et qu’on réduise encore plus, à l’avenir, la part d’électricité venant du nucléaire. Mais ce n’est pas le contrat sur lequel nous nous sommes engagés pendant la campagne. Je suis opposée de longue date au nucléaire mais je n’oublie pas que dans la majorité, il y a des pronucléaires, des antinucléaires, et même des agnostiques !



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ L’homme d’affaires investit dans des techniques d’élevage sélectif, pour obtenir des animaux plus adaptés au réchauffement climatique et capables de produire plus de lait.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Les résultats des tests menés sur des singes en 2015 montraient que les émissions des véhicules diesel récents étaient « plus nocives » que celles des anciens, affirme mercredi le quotidien « Bild ».
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« Monkeygate » : Volkswagen a voulu dissimuler des résultats « trop dévastateurs »

Les résultats des tests menés sur des singes en 2015 montraient que les émissions des véhicules diesel récents étaient « plus nocives » que celles des anciens, affirme mercredi le quotidien « Bild ».



Le Monde
 |    31.01.2018 à 15h37
 • Mis à jour le
31.01.2018 à 15h52
   





                        


Volkswagen a cherché à dissimuler les résultats des tests mesurant sur des singes les conséquences des émissions du diesel, car ils montraient que celles des véhicules récents étaient « plus nocives » que celles des anciens, affirme mercredi 31 janvier le quotidien Bild.
Les résultats de ces expérimentations « ne devaient jamais sortir », car ils étaient « trop dévastateurs », affirme le quotidien allemand, qui publie des documents internes du laboratoire américain les ayant menés.

        Lire aussi :
         

                Ce qu’il faut retenir du « monkeygate », nouveau scandale automobile allemand



« Nous avons adressé ce rapport final il y a plusieurs mois et [les responsables de Volkswagen] l’ont contesté parce qu’il ne correspondait pas à leurs attentes », écrivait ainsi en août 2016 Jacob McDonald, dont le laboratoire avait été mandaté par le Groupe européen de recherche sur l’environnement et la santé dans le secteur du transport (EUGT), organisme de recherche financé par Volkswagen, ses concurrents Daimler et BMW et l’équipementier Bosch.
Mauvais résultats
Ces tests, initialement révélés par le journal américain New York Times, ont eu lieu en 2015. Les animaux étaient enfermés dans des cages de verre où ils inhalaient quatre heures durant les gaz d’échappements d’une Beetle, successeure de la Coccinelle et modèle phare de Volkswagen, et d’un pick-up Ford plus ancien.
Les essais devaient démontrer l’innocuité des nouveaux moteurs diesel, mais ont au contraire mis en évidence que les animaux ayant inhalé les émanations d’un diesel supposé plus propre « présentaient plus de signes inflammatoires que ceux qui ont respiré l’ancien », a rapporté un expert à Bild.
Dans un courriel, Jacob McDonald proposait de ne pas évoquer dans le rapport final les mauvais résultats obtenus par les moteurs récents et d’insister sur l’absence de danger de « l’ancienne technologie ». Le rapport avait été adressé en juin 2017 à l’EUGT, en liquidation depuis le scandale du « dieselgate » en 2015, et qui ne l’a jamais publié,explique Bild.

        Lire l’éditorial du « Monde » :
         

          Volkswagen entre arrogance et éthique dévoyée



Le numéro un mondial de l’automobile Volkswagen avait réagi au scandale en suspendant mardi de ses fonctions son lobbyiste en chef Thomas Steg pour son rôle dans l’organisation des tests. Mercredi, son concurrent Daimler a lui aussi suspendu son représentant au sein du directoire de l’EUGT, et a annoncé mener une enquête interne sur les tests. Selon le quotidien Handelsblatt, il s’agit d’Udo Hartmann, responsable de la protection de l’environnement pour le constructeur.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Le texte destiné à équilibrer les relations entre agriculteurs, industriels et distributeurs prévoit aussi des dispositions en faveur d’une alimentation « saine et durable ».
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Bien-être animal, phytosanitaires et gaspillage : les autres mesures du projet de loi agroalimentaire

Le texte destiné à équilibrer les relations entre agriculteurs, industriels et distributeurs prévoit aussi des dispositions en faveur d’une alimentation « saine et durable ».



Le Monde
 |    31.01.2018 à 12h02
    |

            Cécile Prudhomme et 
Laurence Girard








                        



   


Le second temps des Etats généraux de l’alimentation, qui se sont achevés fin 2017, avait été consacré à l’objectif d’une alimentation saine et durable, accessible à tous. Trois mesures issues de ces discussions sont intégrées au projet de loi « pour l’équilibre des relations commerciales dans la filière agroalimentaire », présenté en conseil des ministres mercredi 31 janvier.
Bien-être animal
Le texte donne l’autorisation aux associations de défense des animaux de se constituer partie civile. De plus, le délit de maltraitance est étendu aux entreprises de transport d’animaux vivants et aux abattoirs. Les sanctions sont doublées et passent à un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende. Enfin, les personnes qui dénoncent des mauvais traitements peuvent bénéficier des dispositions relatives aux lanceurs d’alerte. Toutefois, l’installation de la vidéosurveillance dans les abattoirs, promise par le précédent gouvernement et jamais mise en application, n’est pas retenue.
Usage des produits phytosanitaires
La loi souhaite éviter toute incitation commerciale pouvant conduire à l’utilisation inappropriée des produits phytosanitaires. Les rabais, remises et ristournes seront donc interdits dans les contrats de vente (sauf pour les produits de biocontrôle), sous peine d’une amende pouvant atteindre 75 000 euros. Elle donne au gouvernement la possibilité de légiférer par ordonnance, dans un délai de six mois, afin de séparer l’activité de conseil et de vente des produits phytosanitaires. Une séparation capitalistique des deux activités sera imposée. Le dispositif de certificat d’économie de produits phytosanitaires mis en place par le précédent gouvernement sera pérennisé, avec un nouveau calendrier.
Restauration collective et gaspillage
Le texte évoque l’amélioration de la qualité des repas dans la restauration collective. L’objectif politique annoncé est d’atteindre 50 % de produits bio, locaux ou sous signe de qualité d’ici à 2022. Un objectif qui ne sera pas inscrit dans la loi, mais fixé par décret en Conseil d’Etat. La notion de produits locaux n’existant pas dans le code des marchés publics, elle est remplacée par celle du coût du cycle de vie. Il donne au gouvernement la possibilité de prendre par ordonnance, dans un délai d’un an après publication de la loi, des mesures concernant le gaspillage alimentaire comme imposer à la restauration collective un diagnostic obligatoire ou étendre aux industries agroalimentaires et à la restauration collective l’obligation de don à des associations sous conditions.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Dans un rapport remis jeudi à la maire socialiste, des élus s’inquiètent du manque de moyens pour la propreté.
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Article sélectionné dans La Matinale du 31/01/2018
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Anne Hidalgo priée de mieux nettoyer Paris

Dans un rapport remis jeudi à la maire socialiste, des élus s’inquiètent du manque de moyens pour la propreté.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 11h07
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 06h31
    |

            Patricia Jolly








                        



   


Anne Hidalgo doit désormais balayer plus méticuleusement devant sa porte. C’est, en substance, la conclusion du rapport de 225 pages qui devrait être remis à la maire socialiste de Paris, jeudi 1er février, par les membres d’une mission d’information et d’évaluation (MIE) réclamée il y a un an par la droite, et intitulé : « La politique parisienne en matière de propreté ».
En tête de l’ordre du jour du prochain Conseil de Paris, du 5 au 7 février, figurent 45 préconisations pour une capitale « enfin propre ». Elles ont été adoptées à l’unanimité par la quinzaine d’élus parisiens de tout bord qui, durant sept mois, ont passé au crible la gestion actuelle de la propreté sous la présidence de Florence Berthout, maire Les Républicains (LR) du 5e arrondissement et présidente du groupe Républicains et Indépendants. Le 5 février, ces pistes de travail seront débattues avant d’être soumises au vote.
« Nous sommes à peu près d’accord sur le constat de défaillance, mais nous ne le serons pas sur le dimensionnement des moyens à déployer pour que cela s’améliore, prédit Florence Berthout. La gauche a considéré pendant des années la propreté comme une exigence bourgeoise et, aujourd’hui, force est de constater que le compte n’y est pas et qu’il faut un plan d’urgence. »
« Moins salir », « mieux nettoyer » et « mieux évaluer et organiser les ressources », tels sont les trois axes de travail fixés par la MIE. Ils se déclinent en une série de propositions suggérant aussi bien de « responsabiliser » les Parisiens en affirmant le principe du « salisseur-payeur », que d’intensifier la répression des comportements inciviques en instaurant la vidéo-verbalisation pour lutter contre les dépôts sauvages, ou de dépénaliser les amendes de propreté afin de permettre à la Ville d’en augmenter le montant, notamment en cas de récidive.
Reconnaître la pénibilité
Il est également question d’adapter le nettoyage aux rythmes de vie des Parisiens en élargissant les horaires d’après-midi et de soirées en fonction de l’utilisation de l’espace public, notamment en été ou le week-end. La MIE avance encore la nécessité de réorganiser les ressources humaines en simplifiant la chaîne managériale tout en assurant une meilleure coordination entre les services de la Ville par l’entremise d’un service.
Cette orientation permettrait de lutter contre l’absentéisme au sein de la direction de la propreté et de l’eau qui s’élève à 13,3 % chez les éboueurs – et jusqu’à 20 % dans les 5e et 6e arrondissements – et de remobiliser les agents en valorisant leur travail et en leur proposant des plans de carrière prenant en compte la pénibilité.
La MIE insiste enfin sur la nécessité d’améliorer les moyens matériels en augmentant le budget dévolu à la mécanisation, en acquérant du matériel « testé par les agents » et respectant la « spécificité géographique » de chaque arrondissement.
La présentation – médiatisée – par Anne Hidalgo, le 23 janvier, d’un échantillon des quelque 170 véhicules de nettoyage flambant neufs et fonctionnant à l’électricité ou au gaz naturel, en renouvellement de la flotte vieillissante d’engins diesel, a laissé Mme Berthout sceptique.
« Il faudra voir à la fin de l’année si toutes les machines promises ont bien été commandées, si elles ont été livrées, et comment elles seront réparties, dit la maire du 5e arrondissement. La lutte contre le réchauffement climatique est une priorité absolue, mais quand on annonce la fin de l’utilisation du diesel pour 2020 puis pour 2024, il faut tirer les conséquences financières que cela impose, ce qui n’a pas été fait. » Et de rappeler que, depuis 2010, le nombre d’aspiratrices de trottoirs a chuté de 275 à 248, soit d’environ 10 %, et qu’un quart du vétuste parc des véhicules de propreté était immobilisé en permanence par des opérations de maintenance ces dernières années.
« Absence d’anticipation »
Dénonçant une « baisse récurrente » des moyens financiers et humains, Mme Berthout décoche une implacable arithmétique : « Depuis 2001, l’espace public parisien a augmenté de près de 30 %, ce qui multiplie les surfaces à nettoyer, et plus de 100 000 personnes supplémentaires y circulent, alors que le budget consacré à la propreté est passé de 149 millions d’euros en 2001 à 133 millions d’euros en 2016, soit une diminution de 11 % en euros constants. »
Et les renforts de 200 agents de propreté entre 2016 et 2017 sont « loin de compenser » les 1 111 emplois du secteur disparus depuis 2001. « Dans le même temps, les effectifs de la Ville ont augmenté de 50 %, ce qui démontre que la propreté n’a pas été une priorité », conclut Mme Berthout, pour qui « la caricature de l’absence d’anticipation de la maire s’illustre dans le grave problème de prolifération des rats dans Paris ».

        Lire aussi l’entretien :
         

          « Il n’est pas nécessaire d’éradiquer les rats »



Le thème de la propreté revient comme une antienne dans la liste des griefs adressés à Mme Hidalgo depuis son arrivée à l’Hôtel de Ville en 2014. Ses adversaires politiques ironisent sur le fait qu’elle a, depuis, soumis pas moins de « trois plans de propreté » au vote du Conseil de Paris. Le 5 février, avant de laisser les groupes politiques faire leurs observations sur les préconisations de la MIE, la maire effectuera une communication pour défendre sa gestion.
Mao Péninou, son adjoint (La République en marche) à la propreté, invoque des « restructurations » de l’administration de la Ville et des questions de « nomenclatures ». Il considère les calculs de la MIE inexacts : « On a davantage d’éboueurs qu’en 2001 mais beaucoup moins d’égoutiers », affirme-t-il.
Corbeilles et PV
Il concède en revanche qu’il y a « trois ou quatre points à gagner » sur le taux d’absentéisme des agents « grâce à la modernisation des outils, à la modification des rythmes de travail et à une meilleure formation de l’encadrement ».
Il reconnaît aussi une « vraie question “rats” » liée à la nourriture disponible dans l’espace public, en dépit de la dotation de 1,5 million d’euros votée en 2017 pour lutter contre leur prolifération. Il promet, d’ici à la fin 2018, le remplacement d’une partie des corbeilles de rue situées sur les quais, dans les parcs et près des marchés alimentaires par des poubelles opaques, fermées et inaccessibles aux rongeurs.
La verbalisation des incivilités semble également porter ses fruits. Environ 110 000 PV à 68 euros ont été dressés en 2017 pour jets de mégots, déjections canines et autres épanchements d’urine – en hausse de 149 % en un an.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Pour le spécialiste Pierre Falgayrac, le rongeur autorégule sa population et rend des services aux humains, notamment en mangeant leurs déchets.
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Propreté à Paris : « Il n’est pas nécessaire d’éradiquer les rats »

Pour le spécialiste Pierre Falgayrac, le rongeur autorégule sa population et rend des services aux humains, notamment en mangeant leurs déchets.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 11h05
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 07h35
    |

            Patricia Jolly








                        



                                


                            

Expert en hygiène et sécurité, consultant et formateur en lutte raisonnée contre les nuisibles urbains, et auteur du Grand Guide de lutte raisonnée contre les nuisibles ou bio-agresseurs humains (Lexitis, 2017), Pierre Falgayrac explique pourquoi le rat n’est pas l’ennemi de l’homme.
La crue de la Seine et la diffusion d’une vidéo montrant un conteneur d’ordures parisien grouillant de rats font redouter une recrudescence des surmulots dans la capitale. Cette crainte est-elle fondée ?
Non, au contraire. Les crues déciment les rats en noyant leurs terriers, un phénomène auquel les individus les plus vieux et les plus faibles ne résistent pas. La raison pour laquelle on voit alors davantage de rats en surface, c’est que les survivants se retrouvent sans domicile fixe et qu’ils migrent immédiatement, à la recherche d’un nouvel abri, et vers des points de nourriture où les dirige leur odorat particulièrement discriminant.
Les quelques dizaines de rats filmés par l’agent de propreté sont très jeunes – ils ont moins de 3 mois, alors que la durée de vie moyenne d’un rat urbain est d’un an. Le trou d’évacuation de liquide du conteneur dans lequel ils se trouvent a le diamètre d’un terrier. Ils ont tout simplement été attirés par l’odeur de nourriture qui en émanait, puis ils sont restés s’y abriter car ils sont nyctalopes. Sur les images, ils semblent d’ailleurs bien plus effrayés que le vidéaste.
Où les rats urbains nichent-ils ?
Entre 75 % et 80 % des rats urbains vivent dans les égouts ou dans les souterrains. De l’eau en abondance, une température agréable et l’absence de prédateurs : toutes les conditions qui leur conviennent y sont réunies. Ils s’installent dans les parties non bétonnées qu’ils peuvent attaquer avec leurs dents. Le seul souci est qu’il n’y a quasiment rien à manger dans ces endroits. Ils doivent donc aller et venir pour chercher de la nourriture. C’est là qu’ils se...




                        

                        

