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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Des faits présumés d’attouchements sexuels remontent à un camp de vacances dans les années 1990. Sans autre plainte, le dossier pourrait être classé, ces faits étant prescrits.
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Nice : un curé suspendu d’activités avec des jeunes en raison d’une plainte

Des faits présumés d’attouchements sexuels remontent à un camp de vacances dans les années 1990. Sans autre plainte, le dossier pourrait être classé, ces faits étant prescrits.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 18h08
   





                        


Un curé de la région de Nice a été suspendu de toute activité auprès de la jeunesse à la suite d’une plainte concernant des faits présumés d’attouchements sexuels remontant à un camp de vacances des années 1990, a-t-on appris du diocèse vendredi 2 février. Le parquet de Nice, interrogé, n’avait pas encore réagi vendredi après-midi.
« L’évêque lui a retiré tout ministère auprès des jeunes, notamment dans l’enseignement catholique car une plainte a été déposée. C’est à titre strictement préventif et c’est à la justice d’enquêter sur cette affaire », a dit un responsable de la communication du diocèse, confirmant une information de France 3 Côte d’Azur. C’est à la rentrée scolaire que le curé a été mis à l’écart des jeunes, autorisé en attendant à officier dans sa paroisse.

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Prescription
Le plaignant, un homme de 41 ans, raconte qu’adolescent, il fut victime d’attouchements par le curé pendant un camp de vacances à la neige. Il n’avait alors rien dit, et le curé était même devenu un ami de la famille.
Selon France 3, plusieurs personnes ont été auditionnées, mais le dossier pourrait être classé sans suite si aucun témoignage ne débouche sur une nouvelle plainte, car les faits dénoncés sont prescrits.
« En l’état, il y a une seule plainte et, du point de vue judiciaire, les faits sont prescrits », a confirmé l’évêché, soulignant que l’évêque André Marceau avait immédiatement répondu au plaignant dès que celui-ci l’avait contacté, l’assurant de sa compassion et des dispositions prises visant le curé.

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Opération transparence
Cette affaire survient deux ans après l’ébranlement sans précédent que fut pour l’Eglise catholique française l’affaire Bernard Preynat — du nom du prêtre qui aurait sexuellement agressé des dizaines de scouts de Sainte-Foy-lès-Lyon (Rhône) dans les années 1970 et 1980.
Un an plus tard, en janvier 2017, la Conférence des évêques de France (CEF) avait publié les premières statistiques depuis six ans sur la pédophilie dans ses rangs.
Selon la CEF, il y aurait neuf prêtres, diacres ou religieux emprisonnés pour des violences sexuelles sur des mineurs (autant qu’en 2010), et trente-sept seraient sortis de prison après l’exécution de leur peine. Le nombre de mis en examen (vingt-six, contre quarante-cinq en 2010) serait en revanche en nette diminution. L’Eglise aurait en outre signalé en six ans cent trente-sept faits au parquet.
Pour la première fois, l’épiscopat avait établi un recensement des victimes qui s’étaient manifestées auprès des institutions ecclésiales. Elles seraient au nombre de deux cent vingt-deux. « Parmi elles, certaines dévoilaient des faits anciens ou très anciens, pour lesquels les auteurs pouvaient être morts », note la CEF. Plus de 60 % des témoignages concernent des faits survenus avant 1970 ; 35 %, des faits survenus entre 1970 et 2000 ; et 4 %, des agressions commises depuis les années 2000.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ L’Université d’hiver de la formation professionnelle s’est tenue du 31 janvier au 2 février. Cette quizième édition aura été marquée par l’attentisme.
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900 acteurs de la formation réunis à Biarritz, unanimes sur le bien-fondé d’une réforme

L’Université d’hiver de la formation professionnelle s’est tenue du 31 janvier au 2 février. Cette quizième édition aura été marquée par l’attentisme.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 18h01
    |

                            Gaëlle Picut (de notre envoyée spéciale à Biarritz)








                        



                                


                            

Neuf cents acteurs de la formation professionnelle se sont réunis du 31 janvier au 2 février 2018 à Biarritz à l’occasion de la 15ème Université d’Hiver de la formation professionnelle organisée par Centre-Inffo. Etaient présents les partenaires sociaux, les OPCA, Pôle emploi, l’Association pour l’emploi des cadres (APEC), les représentants des pouvoirs publics et les entreprises. Un moment particulier pour ce secteur puisque que le gouvernement a enclenché une réforme de la formation professionnelle à l’automne 2017 et que les négociations avec les partenaires sociaux ont pris du retard. En marge des conférences et des ateliers, on sentait les professionnels dans l’attente et l’incertitude.
La ministre du travail, Muriel Pénicaud, a tenu à être présente à la fin de la première journée de cette Université, où elle a justifié la nécessité de réformer. « La connaissance et les compétences sont des armes de paix », indispensables pour répondre aux défis d’aujourd’hui et conserver le niveau de compétitivité de la France, a-t-elle déclaré. Selon elle, la formation qui permet d’augmenter les compétences constitue l’un des principaux leviers contre le chômage de masse. Pour souligner l’urgence à légiférer, elle a rappelé que 50% des métiers allaient être profondément impactés par la révolution numérique et l’automatisation. « L’investissement dans les compétences devient plus que jamais stratégique », a-t-elle martelé.

Estelle Sauvat, nommée en novembre 2017 haut-commissaire à la transformation des compétences, a présenté le Plan investissement en compétences (PIC), qui vise à former en cinq ans un million de demandeurs d’emploi et un million de jeunes décrocheurs. Mais elle est restée assez floue sur son financement (15 milliards d’euros prévus), ainsi que sur son déploiement. Elle sera aussi chargée de mettre en place une application numérique du compte personnel de formation (CPF), amené à évoluer avec la réforme à venir.
Innovation...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Dans le cadre du projet européen « Les nouveaux arrivants », « Le Monde » suit un groupe de réfugiés installés à Vichy. Durant un an, nous racontons l’intégration de ces hommes originaires du Soudan et d’Erythrée.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ La démission de la vice-présidente du CSP et la création en parallèle d’un Conseil scientifique de l’éducation relance le débat autour de l’instance.
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Le rôle et la composition du Conseil supérieur des programmes en question

La démission de la vice-présidente du CSP et la création en parallèle d’un Conseil scientifique de l’éducation relance le débat autour de l’instance.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 16h43
    |

                            Mattea Battaglia








                        



                                


                            
Certains parlent d’un « changement de cap » au sein du Conseil supérieur des programmes (CSP). D’autres s’interrogent sur le rôle de l’instance, son devenir… Jeudi 1er février au soir, à l’issue d’une réunion jugée « conclusive » en interne, les membres du CSP ont semblé souffler. Pas de démission en cascade – en tout cas, pas ce jour-là –, après celle révélée, la veille dans Le Point, de Sylvie Plane, vice-présidente de ce conseil créé par la gauche, il y a bientôt cinq ans, pour tenter de rendre plus transparente la fabrique des programmes scolaires.

Des polémiques, le CSP en a connu – sur les programmes d’histoire ou la notion grammaticale de prédicat, pour n’en citer que quelques-unes. Des démissions également : ses deux premiers présidents ont claqué la porte, Alain Boissinot en juin 2014, Michel Lussault en novembre 2017. Les tensions internes ont aussi donné lieu à quelques départs retentissants – comme, à l’été 2015, celui de la députée (LR) Annie Genevard, partie en dénonçant, notamment, la « tutelle ministérielle » de Najat Vallaud-Belkacem et de son cabinet.
Emotion
Depuis, les protagonistes ont changé – à commencer par le locataire de la Rue de Grenelle et la majorité des membres du CSP –, mais l’épisode qui se joue aujourd’hui au sein de l’instance relance, dans le microcosme éducatif, les questions sur son indépendance, même si sa présidente fraîchement nommée, Souâd Ayada, dit « ne pas très bien les comprendre ». « Il faut préciser la raison pour laquelle Sylvie Plane a choisi de démissionner, explique-t-elle. Elle souhaitait retrouver sa liberté de chercheur et de citoyenne sur des points auxquels elle était attachée, la notion de prédicat en grammaire, par exemple. Je ne l’ai pas sommée de démissionner, elle a d’elle-même proposé sa démission. »
Pas sommée, certes, mais pas retenue non plus, murmure-t-on dans des cercles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Abusée à l’âge de 13 ans, l’animatrice Flavie Flament témoignait devant des députés, le 31 janvier, plaidant pour l’allongement du délai de prescription des crimes sexuels sur mineurs.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Les copropriétaires d’un immeuble constatent qu’une personne a acheté, pour une bouchée de pain, un garage dans la cour, et l’a transformé en local d’habitation, afin de le louer. Jaloux, ils décident de le priver de sa boîte aux lettres.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Le meurtre d’une femme ou d’une jeune fille en raison de son sexe n’est pas reconnu dans le code pénal français.
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Qu’est-ce que le « féminicide » ?

Le meurtre d’une femme ou d’une jeune fille en raison de son sexe n’est pas reconnu dans le code pénal français.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 16h06
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 16h27
    |

            Anne-Aël Durand








                        


Alexia Daval n’aurait pas été tuée lors d’une séance de jogging mais étranglée par son mari, qui a reconnu les faits mardi 30 janvier. Un acte qualifié de « féminicide » par la secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa. Ce terme, qui commence à s’imposer dans l’espace public, n’a pas d’existence juridique en France.

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D’où vient le terme « féminicide » ?
Le féminicide, ou « femicide » en anglais, est un mot-valise constitué des termes « female » (ou « féminin ») et « homicide », sur le même modèle que « parricide » ou « infanticide ». Il a été popularisé par deux féministes, Jill Radford et Diana Russell, qui ont publié en 1992 le livre Femicide, The Politics of Woman Killing (en français : « l’aspect politique du meurtre des femmes »). Fréquemment utilisé en Amérique latine et repris par des instances internationales, comme l’Organisation des Nations unies (ONU) ou l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il n’est entré dans le dictionnaire Le Petit Robert français qu’en 2015.
Quelle est sa définition ?
Il s’agit du meurtre de femmes ou de jeunes filles lié au fait qu’elles sont des femmes. Le caractère genré du motif doit être présent. Une femme tuée dans le cambriolage d’une banque ou par un chauffard ne peut pas être de facto considérée comme victime d’un féminicide. Le meurtrier n’est pas nécessairement un homme. L’OMS distingue plusieurs cas :
le féminicide « intime », commis par le conjoint, actuel ou ancien de la victime. Selon une étude citée par l’Organisation mondiale de la santé, plus de 35 % des femmes tuées dans le monde le seraient par leur partenaire, contre 5 % seulement des meurtres concernant les hommes ;les crimes « d’honneur » : lorsqu’une femme accusée d’avoir transgressé des lois morales ou des traditions — commettre un adultère, avoir des relations sexuelles ou une grossesse hors mariage, ou même avoir subi un viol — est tuée pour protéger la réputation de la famille. Le meurtrier peut être un homme ou une femme de la famille ou du clan ;le féminicide lié à la dot, en particulier en Inde, lorsque des jeunes femmes sont tuées par leur belle-famille pour avoir apporté une somme d’argent insuffisante lors du mariage ;le féminicide non intime, crime qui implique une agression sexuelle ou dans lequel les femmes sont explicitement visées. Les exemples les plus fréquemment cités sont les centaines de femmes tuées durant de nombreuses années à Ciudad Juarez, au Mexique, ou la tuerie antiféministe à l’Ecole polytechnique de Montréal en 1989.

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Combien de victimes dans le monde ?
On ne le sait pas. Tout l’enjeu de ce terme est de pouvoir caractériser et mesurer le phénomène, pour le faire sortir de la rubrique générale des faits divers. L’OMS a toutefois évalué qu’au moins 5 000 crimes d’honneur étaient perpétrés chaque année, surtout au Moyen-Orient et en Asie du Sud, et que le féminicide lié à la dot concerne « entre 7 600 et 25 000 jeunes mariées ».
Les féminicides intimes sont souvent décomptés au sein des violences conjugales. En France, cela représentait 109 femmes tuées en 2017 par leur conjoint ou ex-compagnon, de tous âges et tous milieux, comme le détaillent des enquêtes de Slate ou de Libération. En Amérique latine, on comptait en 2016 plus de 1 800 féminicides, dont 466 au Honduras, 371 au Salvador, 254 en Argentine et 211 au Guatemala, selon l’Observatoire de l’égalité des genres pour l’Amérique latine et les Caraïbes.
Quelle reconnaissance juridique ?
C’est en Amérique latine qu’a été adopté le premier texte contraignant sur la violence contre les femmes, la convention de Belem do Para, en 1994. Le Mexique, le Costa Rica, la Bolivie, le Guatemala, le Chili, la Guyane…, au total dix-huit pays du sous-continent ont introduit depuis 2007 le féminicide dans leur code pénal.

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En Europe, le mouvement est plus limité. L’Espagne a adopté en 2004 une loi renforçant les sanctions contre les violences faites aux femmes, et, en 2013, l’Italie a voté une loi visant à lutter contre le féminicide. En 2014, un rapport de la commission des droits des femmes au Parlement européen « appel[ait] les Etats membres à qualifier juridiquement de féminicide tout meurtre de femme fondé sur le genre et à élaborer un cadre juridique visant à éradiquer ce phénomène ».
Pourquoi le féminicide n’est-il pas reconnu en France ?
En France, la notion est officiellement entrée en 2014 dans le vocabulaire du droit et des sciences humaines, mais pas dans le code pénal. Un rapport parlementaire de 2016 notait que parmi les circonstances aggravantes inscrites à l’article 221-4 figure le caractère homophobe ou raciste, mais pas le caractère sexiste.
Toutefois, les femmes sont implicitement concernées par d’autres circonstances aggravantes : la vulnérabilité liée à l’« état de grossesse » ou le meurtre perpétré par le conjoint, concubin ou partenaire de PACS, étendue aux anciens partenaires, depuis une loi de 2010.

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Plusieurs voix s’élèvent contre la création d’une catégorie spécifique liée aux crimes commis « à raison du sexe », soit parce qu’ils seraient difficiles à caractériser, soit parce qu’ils risqueraient de rompre l’égalité devant la loi. Inversement, l’association Osons le féminisme espère que la qualification de féminicide « prendra une allure de fait de société » alors que de nombreux meurtres de femmes sont encore qualifiés de « crime passionnels », et relégués au rang de faits divers.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Depuis une décennie, les affaires criminelles jouissent d’une plus grande couverture médiatique. Le moindre de leurs rebondissements est suivi en direct, grâce à Internet et aux chaînes d’info en continu. Et le public en redemande...
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Le fait divers fait monter l’Audimat


                      Depuis une décennie, les affaires criminelles jouissent d’une plus grande couverture médiatique. Le moindre de leurs rebondissements est suivi en direct, grâce à Internet et aux chaînes d’info en continu. Et le public en redemande...



Le Monde
 |    02.02.2018 à 14h49
    |

                            François Rousseaux








                              

                        

Les aveux de Jonathann Daval, trois mois après le meurtre de sa femme Alexia, en ouverture des JT de 20 heures. Patrick Dils sur le canapé rouge de Michel Drucker et le téléfilm inspiré de sa vie en tête des audiences sur France 2. Nordahl Lelandais, suspect présumé de l’enlèvement de Maëlys, en « une » du magazine branché Society. L’affaire Grégory, revenue avec fracas au printemps dernier, au menu de « C dans l’air » sur France 5. L’affaire Troadec en Bretagne, la « Veuve noire de Nice », les quinze ans de la disparition d’Estelle Mouzin, la « maison de l’horreur » de la famille Turpin en Californie, l’énigme Dupont de ­Ligonnès… Lisez, zappez, surfez, zappez encore : les faits divers dans les médias, c’est à la pelle. En 2013, l’Institut national de l’audiovisuel faisait les comptes : + 73 % de faits divers en dix ans dans les JT.

Fort en parts de marché
C’est dire s’il y a un marché, et surtout des parts de marché : au total, plus de vingt émissions télé et radio labellisées « faits div » squattent les antennes. Tandis que le magazine Le Nouveau Détective, 90 ans après sa naissance, écoule chaque semaine 150 000 exemplaires. « Le fait divers, c’est un produit, un peu comme Ricoré : le packaging change, mais on le consomme toujours », sourit le journaliste spécialisé Dominique Rizet.
« Ce qui plaît le plus, ce ne sont pas les grandes affaires criminelles, mais le crime ordinaire et passionnel. C’est : papa a tué maman. C’est quand les gens se demandent : est-ce qu’à moi, cela pourrait arriver ? » Christophe Hondelatte, journaliste
Parmi les valeurs sûres : Christophe Hondelatte. Après la référence du genre, « Faites entrer l’accusé » sur France 2, précurseure en 2000, son émission « Hondelatte raconte » sur Europe 1 – « écrite comme un polar », assure-t-il – est la plus podcastée de la station. Chaque jour à 16 heures, ­Hondelatte raconte, Hondelatte imite, Hondelatte tient en haleine. Un travail...




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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Le dirigeant souhaite « restaurer la confiance » avec les consommateurs après la crise du lait infantile contaminé.
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Le PDG de Lactalis adresse pour la première fois ses excuses

Le dirigeant souhaite « restaurer la confiance » avec les consommateurs après la crise du lait infantile contaminé.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 14h48
   





                        



   


Le PDG du groupe français Lactalis, Emmanuel Besnier, adresse pour la première fois vendredi 2 février ses « plus sincères excuses » aux familles des victimes de la contamination à la salmonelle de ses laits infantiles, dans une lettre ouverte diffusée sur le site du groupe.
« Toute l’entreprise, moi le premier, sommes mobilisés vers un objectif commun : réparer et améliorer ce qui doit nécessairement l’être et restaurer la confiance entre vous et nous. Cette confiance, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour la rétablir : le chemin sera long mais nous y parviendrons, j’en suis persuadé », explique le dirigeant du groupe laitier.

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Sur le plan social concernant le site de Craon, en Mayenne, M. Besnier redit qu’il fera « tout ce qui est nécessaire pour que les salariés concernés puissent bénéficier d’une proposition de mobilité dans l’un des sept sites industriels et logistiques du groupe situés dans un rayon de 50 km ». Saluant la discrétion de ses équipes, Emmanuel Besnier loue l’engagement de l’ensemble des collaborateurs du groupe, des salariés du site de Craon, principal employeur de la ville, « pendant une période de plusieurs semaines de traitement médiatique, qui a profondément impacté la plupart de nos collaborateurs ».

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Plus de 200 nourrissons malades
Emmanuel Besnier avait annoncé dans une interview aux Echos, jeudi, l’arrêt définitif de la tour de séchage no 1 de Craon. Lactalis avait dû stopper le 8 décembre sa production de laits infantiles sortis de l’usine, après avoir découvert des salmonelles dans des laits de marque Picot et Milumel.
Après plusieurs semaines de crise, le groupe a procédé à la mi-janvier au retrait total de tous les laits infantiles sortis de l’usine de Craon – pas moins de 12 millions de boîtes –, pour cause de risque de contamination.

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L’épidémie de 2005 avait touché 146 nourrissons, tandis que celle de 2017 en a affecté 37 en France, ainsi qu’un autre en Espagne, et un autre probable en Grèce. Le bilan dépasse donc 200 enfants malades à cause d’une souche unique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Les affaires criminelles ont toujours bouleversé l’opinion publique, que ces histoires captivent et révulsent à la fois. Polars, séries, films, médias… Le crime est vendeur.
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Pourquoi sommes-nous fascinés par les faits divers ?


                      Les affaires criminelles ont toujours bouleversé l’opinion publique, que ces histoires captivent et révulsent à la fois. Polars, séries, films, médias… Le crime est vendeur.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 14h46
    |

                            François Rousseaux








                              

                        

Depuis des mois, c’est un peu sa deuxième maison. Trois fois par semaine, Véronique André prend le bus depuis Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis), direction le Palais de justice de Paris. Discrètement, cette retraitée de l’éducation nationale de 63 ans s’assied dans l’une des nombreuses salles d’audience ouvertes au public. Et n’en bouge plus. « J’y vais comme au spectacle, dit-elle de sa voix rauque. C’est mieux qu’une série télé. »
Cet après-midi de janvier, elle assiste aux audiences des comparutions immédiates. Un trafiquant de cocaïne interpellé à Pigalle nie les faits. Un homme arrêté après un accident en état d’ébriété se heurte à la procureure. La retraitée n’en rate pas une miette : « La correctionnelle, c’est ce que je préfère, ça me permet de voir l’état de la société. » Souvent, elle se projette. « J’observe et je me dis : et si ça m’arrivait ? Et si j’avais, moi aussi, un problème avec mes voisins ? Et si, moi aussi, un jour, je pétais un câble ? C’est rassurant de savoir comment ça se passe. Nous, le public, on est là pour se faire notre propre opinion, et pas pour que les médias nous disent quoi penser. »
Une obsession
Approcher le mal au plus près, c’est une obsession pour Christopher Narcisse. A tout juste 30 ans, ce responsable numérique dans une grande entreprise publique voue une fascination pour les affaires criminelles depuis l’enfance. Sur la table du salon familial, à Troyes (Aube), traînait le magazine Le Nouveau Détective avec ses « unes »-chocs. Il y découvre Landru, s’interroge encore sur « ce qui fait basculer le mec ». Et grandit avec, en toile de fond, l’affaire des disparus de Mourmelon (Marne), à moins d’une heure de chez lui. « A 12 ans, quand je rentrais seul du foot le soir. Ma mère me répétait : surtout, si un homme propose de te ramener, fuis. » Il avait peur. Pour exorciser, il dévore toutes les grandes affaires.

Dix-huit ans plus...




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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ L’expert psychiatre Daniel Zagury, spécialiste des tueurs en série, estime que si le fait divers suscite autant d’intérêt auprès du public, c’est qu’il permet un va-et-vient entre identification et rejet, ainsi qu’une fascination pour la mort.
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Fascination pour les faits divers : « L’envie de voir jusqu’où peut aller la veulerie humaine »


                      L’expert psychiatre Daniel Zagury, spécialiste des tueurs en série, estime que si le fait divers suscite autant d’intérêt auprès du public, c’est qu’il permet un va-et-vient entre identification et rejet, ainsi qu’une fascination pour la mort.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 14h42
    |

                            François Rousseaux








                              

                        

Expert psychiatre auprès des cours d’assises, Daniel Zagury publiera le 14 février La Barbarie des hommes ordinaires (Editions de l’Observatoire).
Pourquoi le meurtre d’Alexia Daval, puis les aveux récents de son mari Jonathann, bouleversent-ils l’opinion ?
C’est le type même du fait divers dramatique. D’abord la disparition tragique d’une jeune femme et la douleur de son mari, à la tête d’une marche blanche. Ensuite le doute sur l’innocence du mari, puis ses aveux. Chacun de nous peut passer de la compassion au rejet horrifié, avoir le sentiment d’avoir été trahi, floué, abusé. D’autres affaires récentes ont suscité la même bascule violente, la même implication émotionnelle, de l’identification massive à la contre-identification brutale.
Comment expliquez-vous l’intérêt du public pour les faits divers ?
Quand les lecteurs ouvrent le journal, ils regardent d’abord la rubrique nécrologie et, après, les faits divers. Tous les deux renvoient à la fascination de la mort. J’ai coutume de dire que le fait divers, c’est la tragédie grecque entre la poire et le fromage. Vous êtes à table, en famille, et on vous raconte des histoires ahurissantes. Tout à coup, on plonge dans les fondements même du psychisme, dans des interrogations vertigineuses sur la mort et la nature humaine. Cela nous renvoie directement au tragique de l’existence.
Qu’est-ce que cela éveille en nous ?
Tout le malentendu, c’est que l’on a tous des crimes à se faire pardonner ! La violence est constitutive de chacun de nous. On a tous des fantasmes violents, de parricide, de matricide ! Donc, on conjure notre angoisse et on se dit : « Ouf, ça ne m’est pas arrivé, à moi », comme on parlerait d’un accident d’avion. Le fait divers provoque la jubilation primaire d’être en vie. C’est une façon de conjurer le malheur. On s’identifie, puis on se perd, car nous sommes incapables de trouver la bonne distance,...




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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Vingt ans après, l’avenue du Colonel-Colonna-d’Ornano, à Ajaccio, où fut assassiné le haut fonctionnaire le 6 février 1998, porte encore les stigmates de ce séisme.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤             
A Ajaccio, les fantômes de la rue où a été tué le préfet Erignac 
                  
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Le Monde
 |
                  02.02.2018 à 14h29


Vingt ans après, l’avenue du Colonel-Colonna-d’Ornano, à Ajaccio, où fut assassiné le haut fonctionnaire le 6 février 1998, porte encore les stigmates de ce séisme.

Par                             Antoine Albertini (Bastia, correspondant)





                     
Le 11 janvier 1941, dédaignant les ordres de son supérieur qui estimait qu’un lieutenant-colonel n’a pas à « aller se faire casser la figure avec une trentaine de poilus », Jean Colonna d’Ornano prit la tête d’un convoi d’Ecossais et de Néo-Zélandais du Long Range Desert Group, les fameux « Rats du désert », et fonça à travers les dunes sur l’ancien fort ottoman de Mourzouk, dans le sud-ouest de la Libye. Les Italiens qui défendaient la place qualifièrent eux-mêmes d’« audacieuse » l’attaque dans laquelle ils perdirent un hangar, trois avions, un poste de communication, et qui fit dix blessés et neuf tués, dont le commandant du fort.
Mais le soir même, dans une palmeraie, on enterra Jean Colonna d’Ornano revêtu de sa djellaba d’officier méhariste au revers de laquelle était épinglée une croix de Lorraine. « Sa physionomie était sereine, légèrement moqueuse », écrivit au frère du défunt soldat le futur général Massu, qui avait participé au raid. Le 31 janvier 1941, le général de Gaulle fit de Jean Colonna d’Ornano le premier compagnon de la Libération à titre posthume et, quinze ans plus tard, en décembre 1956, la dépouille du héros fut rapatriée à Ajaccio à bord de l’escorteur d’escadre Guichen pour être ensevelie dans le caveau familial du cimetière du Canicciu, sur la route des Sanguinaires, où l’imposant tombeau passe pour le plus beau de l’endroit.
Rares sont les Ajacciens à connaître la glorieuse épopée de l’officier corse  des Forces françaises libres, et ils sont encore moins nombreux à savoir qu’une avenue, en réalité aux airs de simple rue, porte son nom à l’entrée de la ville. Un commerçant du coin a résolu le problème à sa manière : « Lorsque des clients me téléphonent pour demander où est ma boutique, je leur explique que c’est la rue où on a tué le préfet. »
L’avenue du crime
Le long d’une pente de 1,15 kilomètre orientée d’est en ouest, l’avenue du Colonel-Colonna-d’Ornano...





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A Ajaccio, les fantômes de la rue où a été tué le préfet Erignac
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Jour de carence, CSG... neuf mois de désamour entre gouvernement et fonctionnaires

Le gouvernement multiplie les mesures d’économies dans la fonction publique. Il a annoncé, jeudi, un « plan de départs volontaires ».



Le Monde
 |    02.02.2018 à 14h20
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 15h42
   





                        



   


Les contours de la mesure sont encore flous, mais la volonté, elle, est clairement affichée. Le gouvernement entend « lancer un plan de départs volontaires pour ceux qui souhaiteraient partir, en conséquence des réformes de l’Etat », a annoncé, jeudi 1er février, Gérald Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics.
Aussitôt, les syndicats – avec lesquels une concertation aura lieu au cours de l’année sur le sujet, selon le ministre – ont dénoncé une « attaque » (CGT, UNSA), voire un « dynamitage de la fonction publique » (Solidaires). « Nous avons affaire à un président de la République et à un gouvernement qui sont en train de s’attaquer frontalement à la fonction publique », a réagi Jean-Marc Canon (CGT).
Lors de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait déjà affiché sa volonté de supprimer 120 000 emplois dans la fonction publique. Une annonce qui avait suscité de l’impopularité parmi les rangs des fonctionnaires. Depuis son élection, le chef de l’Etat et son gouvernement multiplient les mesures d’économies et dans la fonction publique.
Jour de carence
M. Macron l’avait promis durant sa campagne. L’Assemblée nationale a voté en novembre 2017 le rétablissement d’un jour de carence dans la fonction publique en cas d’arrêt maladie. Depuis le 1er janvier, l’arrêt maladie des fonctionnaires n’est rémunéré qu’à partir du deuxième jour.
Créé en 2012 sous le mandat de Nicolas Sarkozy, le jour de carence avait été supprimé en 2014 par la gauche. Marylise Lebranchu, la ministre de la fonction publique de l’époque, avait jugé cette mesure « injuste, inutile et inefficace ».
« Il permet de lutter contre le micro-absentéisme qui désorganise les services, alourdit la charge de travail des collègues en poste et coûte environ 170 millions d’euros par an », avait déclaré M. Darmanin, en juillet 2017, pour justifier le rétablissement du jour de carence.
La mesure est jugée « injuste » par les syndicats, alors que dans le privé, où la carence est de trois jours, celle-ci est bien souvent compensée par les mutuelles ou l’employeur.

        Lire aussi :
         

                Le jour de carence fait-il baisser l’absentéisme des fonctionnaires ?



Gel du point d’indice
Un an avant l’élection présidentielle, en mars 2016, François Hollande avait décidé de rompre avec six années de gel du point d’indice, qui sert de base au calcul du traitement des fonctionnaires, actant une hausse de 1,2 %.
Dès juin 2017, M. Darmanin a annoncé qu’il n’y aurait pas de nouvelle augmentation de ce point d’indice. Ce retour au gel a provoqué la colère des syndicats. La FSU a dénoncé un « prisme comptable », fustigeant une décision « aussi injuste qu’inefficace » qui va « bloquer la rémunération de 20 % de la population ». Force ouvrière a déploré des « pertes de pouvoir d’achat ».

        Lire aussi :
         

                A quoi correspond le point d’indice des fonctionnaires ?



Car un indice qui n’augmente pas, c’est une rémunération qui stagne, et c’est aussi équivalant à une baisse de salaire masquée.
La mécanique de l’économie est ainsi faite : les prix augmentent régulièrement. C’est l’inflation. Les revalorisations du point d’indice (ou celle des allocations, des salaires du privé, etc.) accompagnent théoriquement cette hausse globale des prix.
Mais si les prix augmentent alors que les salaires stagnent, comme c’est le cas pour les fonctionnaires, en pratique, c’est une perte de pouvoir d’achat.

        Lire aussi :
         

                « Injustice », « paupérisation »… le désarroi des fonctionnaires face aux mesures du gouvernement



Contribution sociale généralisée (CSG)
Pour les fonctionnaires, la hausse de 1,7 point de la CSG ne s’accompagne pas, comme pour les salariés du privé, d’une suppression des cotisations maladie et chômage. Elle est juste compensée. Ce qui se traduit par aucun gain de pouvoir d’achat.
Or, rappellent les fonctionnaires, pendant la campagne présidentielle, M. Macron s’était engagé à leur faire bénéficier du même avantage que les autres. « J’augmenterai votre pouvoir d’achat, comme celui des salariés des entreprises : vous paierez moins de cotisations et votre salaire net sera augmenté d’autant », écrivait le candidat d’En marche !, en avril 2017.
Le mécanisme de compensation n’est pas encore fixé dans les détails, mais il devrait s’agir, a indiqué l’entourage de M. Darmanin, « d’une prime associée à une baisse des cotisations pour ceux qui en payent ».
Les syndicats en contestent les modalités, telles que le gouvernement les leur a présentées : en l’état, la compensation ne concernerait pas tous les fonctionnaires.

        Lire aussi :
         

                Les fonctionnaires en ont assez d’être « stigmatisés comme des enfants gâtés »



Suppressions de postes
Sous Nicolas Sarkozy, 150 000 postes avaient disparu dans la fonction publique d’Etat. Le gouvernement d’Edouard Philippe se défend d’être dans « une approche comptable ». Pour preuve, l’entourage de M. Darmanin rappelle que seuls 1 600 postes seront supprimés en 2018.
Mais Emmanuel Macron, durant la campagne présidentielle, a annoncé sa volonté de supprimer 120 000 postes dans la fonction publique.
Le gouvernement a prévu une enveloppe de 700 millions d’euros sur le quinquennat pour accompagner la transformation de l’action publique, dont 200 millions d’euros dès 2018. Cette somme servira notamment à financer ce plan inédit de « départs volontaires » dans la fonction publique.
De leur côté, les organisations syndicales doivent se retrouver mardi 6 février. La question d’une nouvelle mobilisation des fonctionnaires sera posée. La dernière journée de grève remonte au 10 octobre 2017.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Sur Twitter, des équipes pédagogiques ont critiqué allègrement les conclusions du texte remis mercredi à Jean-Michel Blanquer.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Des professeurs moquent le #RapportBergé sur les « relations école-parents »

Sur Twitter, des équipes pédagogiques ont critiqué allègrement les conclusions du texte remis mercredi à Jean-Michel Blanquer.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 14h16
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 16h17
    |

                            Brice Laemle








                        



   


Parler de l’école peut conduire à s’exposer à de sévères retours de bâton. En témoigne, s’il le fallait, la promptitude avec laquelle a émergé, mercredi 31 janvier, le mot-clé #RapportBergé sur lequel des enseignants et des enseignantes se sont « appuyés » pour réagir aux préconisations de deux députées.
Une compétition de saillies ironiques entre personnes qui se disent professeurs dans leur bio a eu lieu sur le réseau social Twitter.

Lorsque le monsieur de la maintenance prend congé après avoir changé le néon grillé du tableau.

— Dona_Sol (@DonaSol)


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#RapportBergé 
— soplaur (@sophie laurent)


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Quand c'est la fin de la récréation et que les profs vont chercher leurs élèves dans la cour.
— MxPaad (@Colonel Berthier)


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Prof d'éco dans le RER pour se rendre en cours
— Undercoverhist (@Beatrice Cherrier)


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Enseignante en réunion parents-profs. #RapportBergé https://t.co/8dv7hqubhG— MarieLaureGB (@Marie-Laure GB ✨)


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Image rare d'un prof arrivant au collège pour dispenser son savoir à la plèbe... #RapportBergé https://t.co/C18nSXaTO8— MarcusTullius_ (@Marcus T)


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La cause de ces analogies avec Marie-Antoinette, Sissi, les personnages de La Folie des grandeurs, ou encore la reine Elisabeth II ? Un rapport « sur les relations école-parents » rendu public mercredi et qui a passablement énervé des enseignants, notamment ceux qui travaillent dans des quartiers populaires.
Pour la députée (La République en marche, LRM) Aurore Bergé et pour Béatrice Descamp, de l’Union des démocrates et indépendants (UDI), il y aurait un décalage entre les professeurs et les quartiers dans lesquels ils peuvent être affectés. « Les enseignants sont, plus qu’auparavant, issus des classes les plus favorisées de la population française », diagnostiquent-elles.
Aussi, la « masterisation des études d’enseignant » conduirait « à un éloignement croissant entre enseignants et parents qui ne facilite pas la compréhension des uns et des autres et un traitement d’adulte à adulte », notent les deux parlementaires.
« Lorsqu’ils sont affectés dans des quartiers difficiles, ils n’en sont le plus souvent pas originaires, ils n’en connaissent pas les spécificités et vivent de moins en moins là où ils enseignent. »
Des mots qui ont choqué les professeurs. Mis à part les réactions et détournements humoristiques qu’ont suscités leurs déclarations, jugées caricaturales, certains n’ont pas ri du tout. A l’image de cette suite de tweets, rassemblés dans un texte, partagée plus de 2 300 fois. L’utilisateur de Twitter dit être professeur de français en collège. Il s’est surnommé « M. Piekielny » sur le réseau social, clin d’œil au roman Un certain M. Piekielny, de François-Henri Désérable (2017, prix Renaudot des lycéens). Cette personne raconte son quotidien et dresse le portrait en quelques signes de trois de ses élèves.
« Lundi, il fallait faire cours pour la dernière fois à M. (6e B) sans pour autant lui dire au revoir. Sa mère et les gendarmes viendraient le chercher à l’interclasse. (…) M. ne savait pas qu’il ne reverrait sans doute plus jamais ses copains ni ses professeurs et il levait la main pour participer, souriant comme d’habitude, ses lunettes de la Sécurité sociale sur le nez. »
L’utilisateur livre son attachement à ses élèves et raconte aussi l’histoire d’une entre elles, qu’il surnomme « S. », qui est arrivée en France à l’âge de 6 ans. Celle-ci a de grandes difficultés en orthographe, notamment lors des dictées.

Alors, elle y travaille. Elle travaille même très dur et il faut mettre les bouchées doubles car le temps ridicule… https://t.co/ui8JLjUlEa— Karenine2 (@M. Piekielny)


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J'espère que demain, quand je vais lui rendre son 5, je pourrai passer 20 minutes avec elle pour reprendre 2 points… https://t.co/3WY0s6Rr4m— Karenine2 (@M. Piekielny)


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Dans l'immédiat, gardez vos leçons de dame patronesse pour vous et croyez bien que les enseignants, tout comme les… https://t.co/qmwG3HZCku— Karenine2 (@M. Piekielny)


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Cette mission « flash » avait pour but de restaurer la confiance entre les parents d’élèves et l’école, vaste programme. Pour cela, elles ont auditionné plus de trente personnes afin de mettre à jour les préconisations d’une précédente mission d’information qui datait, elle, de 2014.
Pour les deux députées, tout enseignant qui prend ses fonctions dans un nouvel établissement devrait aussi pouvoir être « formé à la communication à destination des parents ». « Les familles ne peuvent plus être considérées comme suspectes », ajoutent-elles en guise de conclusion de leur rapport.
Contactée par nos soins, Aurore Bergé semble surprise par l’émotion que cela a suscité sur Twitter. « Je ne m’y attendais pas du tout. Nous avons dressé un constat avec ce rapport, il ne s’agit pas d’un jugement », explique la députée LRM. « Je ne suis pas certaine que tous aient lu ou écouté notre audition », doute tout de même l’élue.
Ce qui est certain, c’est que le site parodique Le Gorafi a — un brin — détourné les propos de l’élue pour la tourner en ridicule. L’article a été retweeté plus de mille fois.

Aurore Bergé : « Les profs doivent s'inspirer des politiques pour être moins déconnectés des réalités » https://t.co/Wisos8xO2O— le_gorafi (@Le Gorafi)


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Les professeurs « doivent, comme nous, vivre avec les parents d’élèves dans les zones difficiles et les côtoyer au quotidien pour s’approprier leurs codes. On ne peut pas vivre dans les beaux quartiers et comprendre ses contemporains », caricature le média humoristique, avant de moquer les députés LRM du « nouveau monde ».
« Enfin, il faut que leur langage soit plus accessible, Il n’est pas nécessairement adéquat de multiplier les termes inusités de la “oldspeak” qui renforcent le sentiment de relégation socioculturelle, l’appartenance communautaire fantasmée et à terme le “minority-shaming” voire le burn-out. »
Sans ce hashtag, pas sûr que ce rapport aurait eu un quelconque écho. Mais avec les critiques et moqueries qu’il a suscitées, les réseaux sociaux n’ont pas fini d’en parler.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Trois questions à Valérie Icard, sociologue.
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Prisons : les relations surveillants-détenus se résument-elles au maintien de l’ordre ?

Trois questions à Valérie Icard, sociologue.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 13h00
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            
Le système pénitentiaire vient de connaître un conflit ­social sévère. Au-delà de leurs revendications syndicales, de quoi souffrent les surveillants des prisons françaises ?
De ne pas trouverune identité professionnelle valorisante, ni de sens dans leur travail. La sociologie de la prison le montre : ce métier cristallise la tension entre les missions de sécurité et de réinsertion de l’administration pénitentiaire, qui sont deux missions a priori contradictoires. Or, dans leur pratique quotidienne, les agents de surveillance sont le plus souvent cantonnés à un rôle de garde. Les raisons de ce déséquilibre sont ­nombreuses. Manque de temps, qui découle lui-même de la surpopulation carcérale. Manque de formation adaptée au rôle social d’accompagnement – rôle que les surveillants sont ­pourtant d’autant plus désireux de jouer qu’ils sont de plus en plus diplômés, ce qui augmente le décalage entre leurs attentes et la réalité de leur métier. Absence de valorisation, enfin, de ce rôle de réinsertion dans les discours publics, très ancrés sur les questions sécuritaires.
Pour améliorer le « vivre-ensemble » entre détenus et ­surveillants, le Conseil de l’Europe comme l’Observatoire international des prisons prônent depuis plusieurs années le modèle dit de la « sécurité dynamique ». De quoi s’agit-il ?
Ce modèle s’oppose à la sécurité « passive », basée sur la coercition, la dissuasion, l’isolement, et insiste au contraire sur ­l’approche préventive des conflits et du maintien de l’ordre. L’objectif de la sécurité dynamique est notamment d’instaurer des relations positives entre surveillants et détenus par le dialogue, l’écoute, des formations communes (par exemple sur la prévention du suicide), des médiations en cas de conflit, etc. L’absence d’une bonne communication entre personnel et ­détenus favorise en effet l’animosité réciproque, et donc les risques de conflits. La sécurité ne résout pas tout : dans les ­établissements...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ A Elbeuf, la Seine a atteint 10,97 mètres dans la nuit de jeudi à vendredi, selon la préfecture de la Seine-Maritime.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ L’homme qui risquait la torture en Algérie n’avait pas pu bénéficier de son droit de recours.
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La CEDH condamne la France pour l’expulsion d’un Algérien

L’homme qui risquait la torture en Algérie n’avait pas pu bénéficier de son droit de recours.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 11h38
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 11h39
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        


La France a fait l’objet jeudi 1er février d’une double condamnation par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) qui vient assombrir un tableau pourtant honorable. En 2017 en effet, la cour de Strasbourg a condamné son pays hôte à six reprises, quand l’Allemagne était condamnée sept fois, l’Italie vingt-huit fois mais le Royaume-Uni seulement deux fois. Sans comparaison avec la Russie et ses 293 condamnations.
L’affaire jugée ici est cependant embarrassante. Il s’agit d’un ressortissant algérien, condamné en France pour association de malfaiteurs terroristes, qui a été expulsé vers l’Algérie dans des conditions contestables. Selon la CEDH, la France a violé l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme sur l’interdiction de la torture, en expulsant le 20 février 2015 cet homme alors âgé de 39 ans vers un pays où sont signalés des « cas de torture et d’autres mauvais traitements dans des lieux de détention, en particulier dans le cadre de la lutte contre le terrorisme ». Les juges de Strasbourg notent que le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture n’a obtenu d’Alger « aucune suite favorable à ses demandes de visite dont la première a été formulée en 1997 ».
De plus, la CEDH accuse les services français d’avoir organisé l’expulsion de façon à empêcher cet homme de faire valoir ses droits au regard de l’article bannissant la torture. La France est donc également condamnée pour avoir entravé ce droit au recours protégé par l’article 34 de la Convention.
Demande d’asile rejetée
Le déroulé des événements ne laisse guère de doute sur les intentions du ministère de l’intérieur, un mois après les attentats de Charlie et de l’Hyper Cacher. L’OFPRA avait rejeté le 17 février 2015 la demande d’asile de cet homme frappé d’une peine d’interdiction définitive du territoire français. La préfecture de Charente, la brigade de gendarmerie et les autorités algériennes ont été informées sans attendre de la décision pour préparer l’expulsion.
L’intéressé, lui, ne se voit notifier la décision que le 20 février à 9 h 20. Il saisit alors en urgence la CEDH qui demande immédiatement à la France de suspendre l’expulsion. Paris a argué avoir reçu la décision à 16 h 18 alors que l’avion avait décollé à 16 h 14… Cet homme qui avait été condamné en France à sept ans de prison ferme pour avoir projeté avec la « filière tchétchène » des attentats en France en 2001 et 2002 est aujourd’hui toujours en Algérie.
La cour de Strasbourg répète qu’elle ne remet pas en cause le droit des pays à expulser des ressortissants étrangers dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Mais sans violer pour autant les droits de l’homme.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ L’agence régionale de santé a enregistré près de 200 cas d’infection depuis décembre. Les derniers se sont déclarés sur le campus universitaire de Bordeaux.
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La multiplication de cas de rougeole inquiète la Nouvelle-Aquitaine

L’agence régionale de santé a enregistré près de 200 cas d’infection depuis décembre. Les derniers se sont déclarés sur le campus universitaire de Bordeaux.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 11h36
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 12h33
    |

                            Florence Moreau (Bordeaux, correspondance)








                        


Les chiffres donnent le vertige. Depuis le mois de décembre 2017, l’agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine, qui a émis plusieurs bulletins d’alerte, enregistre tous les jours six nouveaux cas de rougeole. Déjà près de 200 au total. Un épisode épidémique inédit. « La rougeole est une infection virale extrêmement contagieuse qui peut avoir de graves complications pulmonaires et neurologiques, définit Annie Burbaud, médecin de l’ARS. Un seul malade infecté peut contaminer jusqu’à vingt personnes. »
Le foyer de l’épidémie est girondin. Quelques malades isolés ont bien été recensés au printemps dans la Vienne, en Haute-Vienne ou en septembre dans l’agglomération bordelaise, au sein de la communauté des gens du voyage. Mais c’est dans différents sites du campus universitaire de Bordeaux que se sont déclarés les derniers cas. Juste avant les vacances scolaires qui ont vu les étudiants retourner dans leurs familles.
« A cette époque, l’Hexagone était touché par la grippe qui a sans doute retardé le bon diagnostic », souligne Annie Burbaud. « La rougeole avait disparu de nos radars, elle ne fait pas partie du top 10 des maladies à chercher », justifie Paul-Henry Rocca, médecin généraliste à Bordeaux. Il admet « avoir laissé passer un cas », il y a quelques semaines. Car les premiers symptômes ressemblent à s’y méprendre à ceux d’une grippe : température élevée, écoulement nasal persistant, yeux larmoyants et état de fatigue générale. « Mais dès que des boutons apparaissent, le doute n’est plus permis. » 
La vaccination seule parade
« C’est loin d’être la psychose, explique le docteur Bernard Plédran, président régional du syndicat MG France. Plutôt la recrudescence de cas d’une maladie qu’on espérait à tort éradiquée. »
La seule parade contre la propagation est préventive et passe par la vaccination, obligatoire depuis le 1er janvier 2018 sur les nouveau-nés et seulement recommandée depuis 1980. La Nouvelle-Aquitaine fait figure de mauvais élève avec une couverture vaccinale de 60 à 81 % selon les départements, quand l’Organisation mondiale de la santé en préconise 95 % pour éradiquer la rougeole. C’est ce qui explique que le virus continue à circuler. « Il est toujours là. Dans l’air. C’est pourquoi nous devons être vigilants et réactifs dès qu’un cas est déclaré pour repérer les personnes qui ont été à son contact », explique Annie Burbaud.
Au standard du groupe médical dans lequel exerce Paul-Henry Rocca, « c’est la folie ». La secrétaire raccroche pour mieux prendre appel sur appel. « Depuis lundi, nous avons une flambée des demandes d’information sur la rougeole, a constaté le docteur Rocca. Faire peur avec les alertes sanitaires c’est bien, mais c’est à nous, derrière, de rassurer. Il y a nettement une “réinquiétude” de patients, souvent âgés de plus de 50 ans, qui se font du souci pour leurs petits-enfants, qui ne savent plus s’ils ont eu la rougeole ce qui les immuniserait à vie, s’ils sont vaccinés ni où tout cela est écrit. »
« C’est le problème du vagabondage médical », remarque Bernard Plédran qui reçoit, lui aussi, des patients en demande de revaccination. « Et puis, historiquement, c’était un vaccin à une dose. Puis à deux. Donc, il y a toute une frange de la population qui est passée à l’as de la deuxième vaccination et qui se croit protégée sans l’être contre une maladie sévère. » Selon l’ARS, 80 % des cas de cet hiver concernent des jeunes adultes qui n’étaient pas vaccinés du tout. Les autres n’avaient effectivement reçu qu’une injection du vaccin. 28 % ont dû être hospitalisés.
Et la rougeole a frappé à l’intérieur même de l’hôpital suite à la venue aux urgences de personnes contaminées. « C’est une des pathologies infectieuses les plus contagieuses », rappelle Agnès Lasheras, médecin au service d’hygiène hospitalière du CHU de Bordeaux. « Les professionnels n’avaient pas tous eu le vaccin complet. D’importantes mesures ont été prises comme le port du masque, le rattrapage vaccinal, l’envoi de courriers à des patients. » « Mais compte tenu de l’information donnée, nous sommes dans une phase où on devrait contenir l’épidémie », conclut Annie Burbaud.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ La nouvelle présidente du Conseil des programmes traverse une période mouvementée.
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Souâd Ayada, une philosophe au conservatisme assumé

La nouvelle présidente du Conseil des programmes traverse une période mouvementée.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 11h32
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 14h14
    |

            Violaine Morin








                        



                                


                            
De l’école, Souâd Ayada garde un bon souvenir. Elle parlera peu de sa vie privée, si ce n’est pour dire que, pour elle, « aller à l’école, grandir, vivre, c’était une seule et même chose ». Cette fille d’ouvrier au parcours exemplaire, agrégée de philosophie, doyenne de l’inspection générale dans cette discipline, a été nommée présidente du Conseil supérieur des programmes (CSP) par le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, le 23 novembre 2017, après le départ fracassant du géographe Michel Lussault.
Deux mois après son arrivée, nouvelle démission, celle de Sylvie Plane, le 26 janvier. L’universitaire était vice-présidente du CSP et membre du conseil depuis sa création, en 2013. Y a-t-il une crise au CSP ? « Cette instance a pris l’habitude de médiatiser ses démissions, répond posément Souâd Ayada. Je me sens parfaitement à ma place. »
Souriante, un brin crispée, la présidente du CSP aime prendre le temps de choisir ses mots pour parler de ses nouvelles attributions, dans son petit bureau sans charme de la rue de Grenelle. « Le CSP propose des programmes. Il revient à l’autorité politique de décider de les retenir et de les diffuser. C’est là un signe clair de l’indépendance du CSP », rappelle-t-elle, lorsqu’on évoque les craintes de ceux qui ont claqué la porte craignant pour l’indépendance de l’instance qu’elle dirige.
Choix iconoclaste
Spécialiste de spiritualité islamique, Souâd Ayada est philosophe et pas théologienne, distinction à laquelle elle tient. L’idéalisme allemand est au cœur de sa formation philosophique, et c’est par le biais des textes de Hegel qu’elle a d’abord appréhendé les « systèmes métaphysiques » de l’islam. Sa connaissance du sujet trouve néanmoins écho dans le chantier de refonte de l’enseignement du fait religieux. 
Le 24 janvier, devant la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, elle n’hésite pas à critiquer des manuels scolaires...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Plusieurs bagarres ont opposé, jeudi, des Afghans et des Erythréens, après une distribution de repas. Le ministre de l’intérieur s’est rendu sur place.
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