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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Le président des Etats-Unis a autorisé la publication d’une note de quatre pages qui dénoncerait un biais « anti-Trump » dans l’enquête conduite par le FBI.
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Donald Trump annonce avoir déclassifié le mémo critiquant le FBI

Le président des Etats-Unis a autorisé la publication d’une note de quatre pages qui dénoncerait un biais « anti-Trump » dans l’enquête conduite par le FBI.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 18h29
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 18h49
   





                        



   


Le président américain, Donald Trump, a annoncé vendredi 2 février avoir déclassifié le « mémo Nunes », une note confidentielle rédigée par Devin Nunes, un élu républicain, et qui contiendrait de sévères critiques à l’encontre du FBI. La note devrait être publiée par la chambre des représentants, qui doit se prononcer sur le sujet vers 22 h 30 (heure française).

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« Elle a été déclassifiée, nous verrons ce qui se passera », a affirmé Donald Trump depuis le bureau Ovale, ignorant les mises en garde du patron du FBI contre une telle initiative. « Ce qui se passe dans notre pays est une honte (…) Beaucoup de gens devraient avoir honte », a-t-il ajouté.
Interrogé spécifiquement sur le sort du numéro deux du ministère de la justice, Rod Rosenstein, qui joue un rôle crucial dans l’enquête russe, dans la mesure où le ministre Jeff Sessions s’est récusé sur ce dossier, M. Trump a laissé planer le doute.

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                Enquête « russe » : Trump veut rendre public un rapport qui met en cause le travail du FBI



La Maison Blanche annonce que la note sera publiée sans retraits d’information. Le responsable du ministère de la justice chargé de « l’enquête russe », Rod Rosenstein, et le directeur du FBI, Christopher Wray, ont tenté, ces derniers jours, de convaincre la Maison Blanche d’y renoncer, en vain.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Tunisie, où vas-tu ? (6/6). L’émergence d’une société civile combative est l’un des acquis les plus précieux de la révolution de 2011. L’Etat est tenté de reprendre la main mais doit opérer avec prudence.
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Reportage

La jeunesse associative tunisienne, un espoir sous surveillance

Tunisie, où vas-tu ? (6/6). L’émergence d’une société civile combative est l’un des acquis les plus précieux de la révolution de 2011. L’Etat est tenté de reprendre la main mais doit opérer avec prudence.

Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)
    



LE MONDE
              datetime="2018-02-02T18:28:26+01:00"

        Le 02.02.2018 à 18h28






    
Jeunes tunisiens à la terrasse d’un café de l’Avenue Habib Bourguiba, le 6 novembre 2013.
Crédits : FETHI BELAID / AFP


C’est la jeunesse universelle au cœur de Tunis. Un sous-sol où l’on gratte la guitare, bonnet de laine couleur rasta et volutes de fumée. Un escalier aux murs ornés de photos de James Dean, de Marylin Monroe ou des Beatles. Un rez-de-chaussée où les serveurs chaloupent entre grappes de copains attablés, cheveux libres pour les filles, barbe bohème pour les garçons. Et sur le trottoir aux menues tables bancales, il y a Mohamed Guediri, Ghassene Yahyaoui et Hamdi Toukabri, trois jeunes tunisiens qui ont accepté de parler des rêves de leur âge, de leurs inquiétudes aussi.

        Présentation de notre série
         

          Tunisie, où vas-tu ?



Le Ben’s est logé juste en face de la grande synagogue du quartier Lafayette, l’un des plus affairés du centre de la capitale. C’est la fin de l’après-midi. On entend la sirène du tramway, les cris des potaches à la sortie des écoles et bien sûr, s’échappant du soupirail du Ben’s, les vocalises des musiciens du sous-sol. « La jeunesse, c’est l’atout de la Tunisie » sourit Mohamed Guediri. « Toute cette imagination, cette inspiration, cet espoir… Je suis hyper optimiste. »
Foudroyé par une balle de sniper
Cheveux ras et joues mangées d’une fine barbe, le jeune homme de 27 ans n’a pourtant rien d’un candide. Avoir vu un ami foudroyé à ses côtés par une balle de sniper le 13 janvier 2011, la veille de la chute de l’ex-dictateur Ben Ali, l’a définitivement vacciné contre l’ingénuité. Mohamed était alors un rappeur révolutionnaire, aux avant-postes de l’agitation. Sept ans après, il est un militant de la société civile de cette jeune Tunisie démocratique. « Mon engagement, dit-il, c’est pour rendre hommage à mon ami tué en 2011 ».

        Premier épisode
         

          Le consensus politique tunisien, étouffoir des idéaux de la révolution de jasmin



Cité’Ness, l’association qu’il préside, mutliplie les projets d’activités sociales, culturelles et économiques au sein de la jeunesse. Parmi ceux-ci : un atelier de formation au court-métrage pour des jeunes en difficultés dans le quartier populaire de Douar Hicher ; ou des prestations de théâtre de rue sur l’avenue Bourguiba, la principale artère de Tunis qui court de la Médina au bord de mer.
C’est là une des forces de cette Tunisie qui, entre percées audacieuses et tentations du recul, éprouve sa liberté fraîchement conquise. Avec un vivier de près de 20 000 associations – dont 5 000 seulement sont réellement actives – la société civile tunisienne est d’un dynamisme qui n’en finit pas d’étonner les observateurs de passage. Elle est l’une des heureuses nouvelles de la révolution de 2011. « Les temps ont changé, insiste Mohamed. Regardez cette liberté d’expression ! Sous Ben Ali, nous n’aurions pas pu ainsi discuter dans un endroit public. »
Aspirations déçues
Aux côtés de Mohamed sur la terrasse du Ben’s, Hamdi Toukabri, alias « Ryder », est coiffé d’une gigantesque casquette et porte une barbe de hipster. Il est DJ, l’un de fondateurs de Downtown Vibes, un « collectif » qui a commencé à se produire sur les toits d’immeuble, mêlée musicale sous les étoiles, avant de se faire une place dans les boîtes. Le troisième de la bande, Ghassène Yahyaoui, alias « Gaston », bonnet gris enfoncé jusqu’aux oreilles, est aussi un des animateurs de Downtown Vibes.

        Episode 2
         

          En Tunisie, Béji Caïd Essebsi et la tentation du présidentialisme



Le trio porte un jugement plutôt pondéré sur l’évolution de leur pays. Ils brûlent de mille aspirations souvent déçues, sur la question de l’emploi par exemple, mais ils font la part des choses. « Après plus de cinquante ans de dictature, l’arrivée de la démocratie a été un choc, explique Ghassène-Gaston. C’est parti dans tous les sens. Il faut être patient, cela prend du temps. » Mohamed Guediri opine : « Construire quelque chose de solide ne se fait pas du jour au lendemain. » Sont-ils inquiets des fâcheux signaux, ici et là, qui semblent trahir l’intention de certains pans de l’appareil d’Etat de resserrer les vis ? Ces signaux-là ne leur plaisent guère, eux qui bénéficient au premier chef de ces espaces de liberté arrachés après 2011, mais ils ne croient pas au risque d’un retour à l’ancien régime. « Il n’y aura pas de retour en arrière, s’exclame Ghassène-Gaston. Le peuple tunisien s’est réveillé, il n’acceptera jamais un retour de la dictature. »
Reprendre la main sur la société civile
Ces fâcheux signaux, Mohamed les perçoit bien dans la vie associative. Si Cité’Ness ne rencontre aucune difficulté dans ses activités, il revient à ses oreilles qu’il devient de plus en plus difficile de créer de nouvelles associations. « Les candidats se voient objecter par l’administration que d’autres associations travaillent déjà sur le même secteur. » Le climat s’est légèrement brouillé. Depuis deux ans, le gouvernement explore la possibilité d’amender dans un sens restrictif le décret-loi 88 datant de 2011 qui a libéré l’espace associatif en Tunisie. Officiellement, il s’agit de mieux détecter, et donc d’interdire, les associations pouvant servir de canal de financement du terrorisme, une préoccupation qui a gagné en acuité à la suite de la sanglante année 2015 marquée par de nombreux assauts djihadistes.

        Episode 3
         

          En Tunisie, les anciens bénalistes passent de l’ombre à la lumière



« Le gouvernement reconnaît que la société civile est une richesse pour la pérennité du processus démocratique, rassure Mehdi Ben Gharbia, le ministre en charge des relations avec les instances constitutionnelles, la société civile et les organisations des droits de l’homme. Mais il existe des craintes sur des financements étrangers. Nous demandons juste qu’ils soient rendus publics, nous demandons la transparence. »
Repli tactique
L’argument ne rassure pas complètement les associations, notamment celles qui jouent un rôle de lanceurs d’alerte. A leurs yeux, le projet de réforme du décret-loi 88 semble avant tout motivé par le souci de l’Etat, ou en tout cas de certaines de ses structures, de reprendre la main sur une société civile devenue trop incisive. « Cette histoire de financement du terrorisme est une fausse excuse car il existe déjà des lois contre le blanchiment d’argent, affirme Selim Kharat, président d’Al-Bawsala, une organisation qui milite pour plus de transparence dans la vie publique. Le fond du problème, c’est que cette société civile a pris trop de place aux yeux de certains. »

        Episode 4
         

          Sept ans après la dictature en Tunisie, l’arbitraire policier persiste



Face à la levée de bouclier d’une partie du monde associatif, le gouvernement a opéré un repli tactique. La réforme du décret-loi 88 est provisoirement mise sous le boisseau. « Il faut prendre le temps, y aller doucement pour convaincre les plus réticents », indique Mehdi Ben Gharbia.

        Episode 5
         

          En Tunisie, la démocratie locale en chantier



Sur la terrasse du Ben’s, le trio de copains est maintenant rejoint par Wissal Bettaibi, chevelure de jais lui roulant dans le cou. Professeure d’anglais dans une école privée, Wissal sort juste d’un cours, un peu essoufflée. Quand on l’interroge sur son état d’esprit face à l’évolution de la Tunisie, elle répond : « Optimiste hésitante ». Hésitante ? « L’énergie de la jeunesse tunisienne me donne beaucoup d’espoir, explique-t-elle. Mais la politique m’inquiète. Les choses ne sont pas très claires. » Et il y a ce chômage des jeunes, persistant. « J’ai des amis qui sont au chômage depuis dix ans, précise-t-elle. Il y a eu tant de fausses promesses ». Malgré tout, elle continue d’« y croire ». La preuve : elle avait une occasion de terminer ses études – un master d’anglais – au Canada mais elle a préféré rester au pays. « On est bien ici malgré toutes les difficultés. Et en plus, elle est belle notre Tunisie. »

Sommaire de notre série Tunisie, où vas-tu ?

        Episode 5
         

          En Tunisie, la démocratie locale en chantier



        Episode 4
         

          Sept ans après la dictature en Tunisie, l’arbitraire policier persiste



        Episode 3
         

          Les anciens bénalistes passent de l’ombre à la lumière au sein du gouvernement tunisien



        Episode 2
         

          En Tunisie, Béji Caïd Essebsi et la tentation du présidentialisme



        Premier épisode
         

          Le consensus politique tunisien, étouffoir des idéaux de la révolution de jasmin



        Présentation de notre série
         

          Tunisie, où vas-tu ?


Sept ans après la révolution de 2011 en Tunisie, Le Monde Afrique dresse un bilan de la transition démocratique en six épisodes.










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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Une note, compilée par le président, de la commission du renseignement de la Chambre des représentants, met en cause le FBI et le ministère de la justice.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Enquête russe : cinq questions sur un rapport qui relance l’offensive de Trump contre le FBI

Une note, compilée par le président, de la commission du renseignement de la Chambre des représentants, met en cause le FBI et le ministère de la justice.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 17h30
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 18h55
    |

            Pierre Bouvier








                        



   


Dossier explosif ou pétard mouillé ? Le président Donald Trump a autorisé, vendredi 2 février, la publication d’une note confidentielle de la commission du renseignement de la Chambre des représentants sur la manière dont le FBI, la police fédérale états-unienne, a demandé à la justice la mise sur écoute, en pleine campagne présidentielle, d’un membre de son équipe, accusé d’accointance avec Moscou. La note devrait être publiée par la chambre des représentants, qui doit se prononcer sur le sujet vers 22 h 30 (heure française).
Adepte des formules chocs, Donald Trump a accusé le FBI et le ministère de la justice, instrumentalisés, selon lui, par Hillary Clinton et le Parti démocrate, d’avoir politisé l’enquête sur l’ingérence russe dans la campagne présidentielle de 2016.
« Les plus hauts responsables et enquêteurs du FBI et du ministère de la justice ont politisé le processus sacré d’investigation en faveur des démocrates et contre les républicains, ce qui aurait été impensable il y a peu. Mais la base [du FBI] est constituée de gens très bien. »

The top Leadership and Investigators of the FBI and the Justice Department have politicized the sacred investigativ… https://t.co/xXWIyOvhi0— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


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Qui est Devin Nunes, l’auteur de la note ?
C’est un élu républicain de la Californie, Devin Nunes qui a élaboré cette note. Il a servi dans l’équipe de transition de Donald Trump et préside la commission du renseignement à la Chambre des représentants.
Il ne s’agit pas d’un inconnu. Après le tweet du 4 mars 2017 de Donald Trump accusant Barack Obama d’avoir mis sur écoute la Trump Tower pendant la campagne de 2016, Devin Nunes avait voulu établir si l’administration Obama avait demandé la mise sous surveillance du candidat républicain pendant la campagne, avant d’admettre qu’il n’y avait pas de preuve de ces écoutes.
Lindsey Graham, sénateur républicain de la Caroline du Sud, avait alors comparé son comportement à celui de « l’inspecteur Clouseau », connu pour accumuler les bourdes et pour s’engouffrer dans les fausses pistes avec une absence de flair qui n’honore ni la gent policière ni la France, estimant qu’il avait perdu toute crédibilité par sa volonté d’obéir aux ordres de la Maison Blanche.

   


Que sait-on du contenu de cette note ?
La note tient en quatre pages, compilées par l’équipe de Devin Nunes. Ce dernier l’a remise lundi 29 janvier à la Maison Blanche, où des juristes l’ont épluchée pour vérifier si elle porte, ou non, atteinte à la sécurité nationale.
Ce que l’on sait, à partir d’éléments qui ont filtré dans les médias américains, c’est qu’avec ce rapport, les républicains mettent en doute l’impartialité de l’enquête menée par le FBI sur l’ingérence russe. Elle est censée mettre en évidence que le FBI et le département de la justice sont des viviers d’opposants à Donald Trump.
La preuve en serait la demande de prolongation de la mise sur écoute de Carter Page, le conseiller aux affaires internationales du candidat durant la campagne électorale, en mars 2017. En juillet 2016, ce dernier s’était rendu à Moscou pour rencontrer des officiels russes, ce qui avait alerté le FBI.
Selon cette note, le FBI et le département de la justice ont demandé cette mise sur écoute en vertu du Foreign Intelligence Surveillance Act (FISA), qui permet aux autorités fédérales d’espionner des citoyens américains suspectés d’agir comme agents d’un pays étranger.
Mais les deux agences auraient omis de signaler au juge que leur requête se fondait sur le « dossier » Steele, établi par un ancien agent du renseignement britannique recruté par Fusion GPS.
Quelles réactions la divulgation des éléments de cette note a-t-elle déjà suscitées ?
Pour les élus démocrates, Devin Nunes a rédigé un dossier à charge, à partir d’informations secrètes, qui pourraient menacer la sécurité nationale.
Pour y répondre, les membres démocrates de la commission ont écrit un contre-rapport, mais la commission du renseignement (treize républicains et neuf démocrates) s’est opposée à sa publication.
Dans une lettre à Paul Ryan, président (républicain) de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, chef de groupe de l’opposition démocrate à la Chambre a écrit :
« On a soumis à notre attention le fait que le membre du Congrès Nunes avait délibérément, matériellement modifié la teneur du mémorandum depuis qu’il a été adopté par les républicains de la Chambre. »
La direction du FBI, qui a d’ores et déjà répliqué en rappelant, mercredi, qu’elle prenait « au sérieux ses obligations [pour obtenir des autorisations d’enquêter] et le respect des procédures », a elle aussi mis en doute le contenu produit par Devin Nunes :
« Comme nous l’avons exprimé lors de notre premier examen, nous sommes très inquiets concernant des omissions matérielles de faits, qui affectent de manière fondamentale l’exactitude du rapport. »
Que fera le patron du FBI après la publication de cette note ?
La question qui se pose est désormais de savoir ce que fera Christopher Wray, le directeur du FBI, nommé en juin 2017 par Donald Trump, puis confirmé par le Sénat, après le limogeage de James Comey. La confiance n’étant plus de mise, la Maison Blanche craint qu’il ne mette sa démission dans la balance, rapporte CNN.
Exposant ses craintes dans le Washington Post, Adam Schiff, principal représentant du Parti démocrate au sein de la commission du renseignement, a estimé que cette note était un prétexte fourni à Donald Trump pour faire le ménage au sein du FBI et du ministère de la justice, en limogeant Robert Mueller, procureur spécial chargé de l’enquête sur les liens éventuels entre des membres de l’équipe de campagne de Donald Trump et les responsables des piratages informatiques, imputés à la Russie, et Rod Rosenstein, ministre adjoint de la justice.

BREAKING: Discovered late tonight that Chairman Nunes made material changes to the memo he sent to White House – ch… https://t.co/d3V2N60Cxf— RepAdamSchiff (@Adam Schiff)


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Pourquoi les démocrates évoquent-ils un nouveau « massacre du samedi soir » ?
Les démocrates établissent un parallèle entre l’attaque qu’ils accusent M. Trump de mener contre le procureur spécial Mueller et celle qu’avait menée Richard Nixon contre le procureur spécial Archibald Cox.
Ce dernier fut contraint de démissionner le samedi 20 octobre 1973, alors qu’il enquêtait sur le cambriolage visant le Parti démocrate dans l’immeuble du Watergate, à Washington.
Pour montrer leur opposition, le ministre de la justice, Elliot Richardson, et son adjoint, William Ruckelshaus, choisirent alors de démissionner dans une soirée désormais connue comme le « massacre du samedi soir ». L’affaire coûta finalement son poste au président Nixon.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Dans le cadre du projet européen « Les nouveaux arrivants », « Le Monde » suit un groupe de réfugiés installés à Vichy. Durant un an, nous racontons l’intégration de ces hommes originaires du Soudan et d’Erythrée.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Pour le responsable des programmes Afrique de l’ACAT-France, Clément Boursin, le porte-parole de l’opposition tchadienne mort en 2008 est un symbole des victimes oubliées de l’histoire politique du Tchad.
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Point de vue

« Dix ans sans Ibni Oumar Mahamat Saleh, victime d’un crime d’Etat tombé dans l’oubli »

Pour le responsable des programmes Afrique de l’ACAT-France, Clément Boursin, le porte-parole de l’opposition tchadienne mort en 2008 est un symbole des victimes oubliées de l’histoire politique du Tchad.

Par                                            Clément Boursin




LE MONDE
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        Le 02.02.2018 à 15h37

     •
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        Mis à jour le 02.02.2018 à 15h50






    
La veuve d’Ibni Oumar Mahamat Saleh, Sadia Brahim et son cousin Moussa Mahamat Saleh, posant, le 15 mai 2008, avec le portrait de l’opposant tchadien disparu.
Crédits : PATRICK FORT / AFP


Tribune. Il y a dix ans, le 3 février 2008, l’opposant tchadien et porte-parole de l’opposition Ibni Oumar Mahamat Saleh – président du Parti pour les libertés et le développement (PLD) – était enlevé à son domicile de N’Djamena, devant sa femme et son plus jeune fils, par des militaires de la garde présidentielle. Le même jour, deux autres opposants, Ngarledji Yorongar et Lol Mahamat Choua, étaient également enlevés par les soldats fidèles au président Idriss Déby Itno. Le régime venait de mettre un terme à la tentative de prise de pouvoir par les armes de forces rebelles tchadiennes venues du Soudan voisin et profitait du contexte pour essayer de briser l’opposition pacifique. Après une forte mobilisation internationale, les deux opposants ont recouvré la liberté. Ibni Oumar Mahamat Saleh, lui, n’est jamais réapparu. Il est vraisemblablement mort en détention, dans des circonstances qui restent indéterminées.
La promesse de Nicolas Sarkozy oubliée
Jusqu’en 2013, les autorités tchadiennes, mises ponctuellement sous pression par la communauté internationale, ont mené un simulacre d’enquête, évitant soigneusement que la vérité soit établie et connue. D’année en année, la pression de la communauté internationale a diminué jusqu’à ce que le sujet ne soit plus abordé. La justice tchadienne a prononcé un non-lieu en juillet 2013.

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La France a oublié la promesse faite par le président Nicolas Sarkozy à N’Djamena le 27 février 2008 : « La France veut la vérité et je ne céderai pas sur ce point ». L’Assemblée nationale a pourtant tenté de remobiliser les autorités françaises avec sa résolution du 25 mars 2010, demandant au gouvernement de faire pression sur N’Djamena afin que toute la lumière soit faite sur la disparition d’Ibni Oumar Mahamat Saleh. Mais le sujet était trop délicat, avec une implication possible du président tchadien dans cette affaire et peut être celle de conseillers militaires français présents auprès de Déby au moment des faits. Dans son rapport, la commission d’enquête sur les événements de février 2008, à laquelle la société civile tchadienne a participé, avait écrit en septembre 2008 : « Dans un régime avec une très forte centralisation du pouvoir, un militaire, même de haut rang, pouvait-il, sans l’assentiment du président de la République, organiser la disparition des opposants politiques ? »

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Les autorités tchadiennes ont longtemps pensé que l’affaire Ibni allait être oubliée et enterrée comme bien d’autres disparitions forcées survenues précédemment au Tchad. Or l’absence de vérité et de justice a, au contraire, poussé la famille d’Ibni – installée en France – à se mobiliser encore plus fortement au niveau international, avec l’aide de parlementaires socialistes français et d’associations de défense des droits de l’homme, dont l’ACAT-France, mobilisée dès février 2008.
Le soutien du Parti socialiste s’est dissipé
La famille d’Ibni a déposé une plainte devant le tribunal de grande instance de Paris en février 2012 pour enlèvement, séquestration, torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Bien que le parquet de Paris et le Ministère public aient émis un avis contraire, quatre mois plus tard, la Chambre d’instruction de la Cour d’appel de Paris décidait d’ouvrir une information judiciaire pour faits d’enlèvement et de séquestration accompagnés de tortures et d’actes de barbarie commis sur la personne de l’opposant disparu. Une première victoire, pensait-on.

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Pour appuyer la justice française dans sa quête de vérité, des sénateurs courageux proposaient, en mars 2014, la création d’une « Commission d’enquête sur l’action conduite par les représentants de la France, qu’ils appartiennent à l’armée, la police ou la diplomatie, lors des journées des 30 janvier, 1er, 2, 3 et 4 février 2008 à N’Djamena ». Mais le vent avait déjà tourné en France, notamment au sein de l’appareil politique du Parti socialiste, alors au pouvoir avec François Hollande. Avec l’appui militaire tchadien à l’intervention française au Mali, le président Idriss Déby Itno avait, dès 2013, retrouvé son fauteuil d’allié stratégique de Paris. Le soutien au « camarade » de l’Internationale socialiste porté disparu s’est dissipé. La résolution n’a donc pas été adoptée.

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                Idriss Déby, le choix de Paris



Après avoir longtemps résisté aux sirènes du régime, une partie de la famille de l’opposant disparu s’est rapprochée du pouvoir tchadien, obtenant des postes importants et rémunérateurs dans des entreprises et banques publiques en 2016 et 2017. Comme on pouvait malheureusement s’y attendre, ce ralliement a rendu la famille d’Ibni moins active pour faire progresser la justice dans cette affaire. Il a fortement déstabilisé ses soutiens en France, particulièrement au sein de la diaspora tchadienne, du monde politique et de la société civile.
Aujourd’hui, dix ans après l’enlèvement de l’opposant tchadien par la garde présidentielle tchadienne, force est de constater que ce crime d’Etat est tombé dans l’oubli. La procédure judiciaire en France, dernier espoir dans cette affaire, avance très lentement depuis six ans donnant un sentiment de stagnation. Ibni Oumar Mahamat Saleh reste aujourd’hui un symbole des victimes oubliées de l’histoire politique mouvementée du Tchad.
Clément Boursin est responsable des programmes Afrique de l’ACAT-France (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture)


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Le président Erdogan utilise l’unanimisme patriotique à son profit en vue des élections de 2019, qu’il pourrait anticiper.
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En pleine offensive d’Afrin, le pouvoir turc attise la ferveur nationaliste

Le président Erdogan utilise l’unanimisme patriotique à son profit en vue des élections de 2019, qu’il pourrait anticiper.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 13h31
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            

Médecins, journalistes, internautes, plus de 300 personnes ont été interpellées depuis le 20 janvier en Turquie pour avoir critiqué l’offensive militaire sur l’enclave d’Afrin au nord-ouest de la Syrie. Huit responsables de l’association des médecins de Turquie ont été placés en garde à vue dans plusieurs villes du pays, mardi 30 janvier, à cause d’un communiqué dans lequel l’association évoquait la guerre comme « problème de santé publique ».
L’auteure et journaliste Nurcan Baysal, qui avait publié des Tweet critiques, a vu vingt membres des forces antiterroristes démolir la porte de son domicile à Diyarbakir, dans le sud-est du pays, pour pénétrer dans le salon où elle regardait la télévision avec son mari et ses enfants dans la nuit du 21 au 22 janvier. Après trois jours passés en garde à vue, elle a été relâchée avec interdiction de quitter le pays. « L’Etat veut faire taire les voix opposées à la guerre, tous les segments de la société, les médias au premier chef, doivent soutenir sa guerre », écrit-elle dans un texte publié juste après sa détention sur le site d’informations Ahval.
L’opération militaire ne peut être discutée. Les débats sont proscrits, les manifestations sont interdites, la moindre critique appelle une sanction. Supprimer les derniers espaces de liberté est aisé alors que l’état d’urgence est devenu permanent, prolongé début janvier pour la sixième fois consécutive depuis le putsch raté du 15 juillet 2016.
Le président Erdogan multiplie les imprécations. « Croyez-moi, ils ne sont pas des intellectuels, juste une bande d’esclaves, les domestiques de l’impérialisme », a-t-il déclaré face aux militants de son Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur), réunis la veille à Amasya (région de la mer Noire). Les 170 intellectuels auteurs d’une lettre d’opposition à la guerre envoyée récemment aux députés, toutes tendances confondues ? « Des traîtres. »
Les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Mohamed Nasheed, actuellement en exil, a fait cette annonce au lendemain d’une décision surprise de la Cour suprême cassant sa condamnation à treize ans de prison pour terrorisme.
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L’ancien président des Maldives se présentera à l’élection présidentielle

Mohamed Nasheed, actuellement en exil, a fait cette annonce au lendemain d’une décision surprise de la Cour suprême cassant sa condamnation à treize ans de prison pour terrorisme.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 13h12
   





                        



   


L’ex-président des Maldives Mohamed Nasheed, actuellement en exil, a annoncé vendredi 2 février à l’Agence France-Presse qu’il se présentera à l’élection présidentielle qui doit se tenir cette année, au lendemain d’une décision surprise de la Cour suprême cassant sa condamnation à treize ans de prison pour terrorisme.
Mohamed Nasheed fut en 2008 le premier président démocratiquement élu de cet archipel de l’océan Indien, avant d’être acculé à la démission en 2012. « Nous devons établir des procédures réglementaires pour des élections ouvertes, libres et justes sous observation internationale », a-t-il déclaré depuis le Sri Lanka, où il rencontrait des dissidents maldiviens.
Répression politique
Si Mohamed Nasheed avait précédemment déclaré sa volonté de se présenter à la présidentielle de 2018, cinq ans après sa défaite face à l’actuel président Abdulla Yameen, il était légalement dans l’impossibilité de le faire en raison de sa condamnation judiciaire – considérée par l’ONU comme politiquement motivée.
La Cour suprême des Maldives a ordonné jeudi la libération des prisonniers politiques de haut rang du pays, estimant que « la nature contestable et politiquement motivée des procès des leaders politiques justifie un nouveau procès ».
L’intervention de la plus haute instance judiciaire s’inscrit à contre-courant de la répression de l’opposition politique par le pouvoir en place ces dernières années, qui a terni l’image de ce haut-lieu du tourisme de luxe.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Clôtures, barrières, murs… les Etats renforcent leurs frontières et leur souveraineté face au terrorisme et aux migrations. Dans un monde écartelé entre mondialisation en expansion et repli identitaire, ces remparts  se multiplient comme autant de solutions sécuritaires.
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Les murs dans le monde, en réponse aux nouvelles peurs

Clôtures, barrières, murs… les Etats renforcent leurs frontières et leur souveraineté face au terrorisme et aux migrations. Dans un monde écartelé entre mondialisation en expansion et repli identitaire, ces remparts  se multiplient comme autant de solutions sécuritaires.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 12h20
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 14h42
    |

            Rémy Ourdan








                        



                                


                            
Si l’idée d’ériger un mur ou une clôture entre des pays est aussi ancienne que les concepts de nation et de frontière, l’Europe et le monde occidental ont un peu vite cru que la fin de la guerre froide et l’effondrement du mur de Berlin, en 1989, allaient signifier la disparition des séparations entre les peuples. Près de trente ans plus tard, le nombre de murs et de clôtures a explosé un peu partout sur la planète, et Donald Trump, président de la première puissance mondiale, fait de la prolongation du « mur de Bush », qui sépare les Etats-Unis et le Mexique, un enjeu politique majeur de sa présidence.
Le phénomène concerne, selon les définitions des uns et des autres, la séparation physique pouvant aller d’une clôture grillagée à un véritable mur : il concerne entre 6 % et 18 % des 250 000 kilomètres de frontières terrestres dans le monde. « On compte aujourd’hui soixante-dix à soixante-quinze murs construits ou annoncés dans le monde, les murs existants s’étalant sur environ 40 000 kilomètres », soit autant que la circonférence de la Terre, affirme Elisabeth Vallet, une politologue canadienne de l’université du Québec à Montréal (UQAM). C’est cette estimation haute qui a frappé les esprits ces dernières années.

« Formule politique et médiatique »
Ce chiffre est toutefois contesté par des spécialistes des frontières, notamment par le géographe français Michel Foucher. « Je suis très méfiant à l’égard de la frénésie sur les murs. Le “mur” est une formule politique et médiatique, mais rarement une réalité. La plupart du temps, ce sont des clôtures. Des frontières non pas fermées mais filtrées. » Le géographe conteste d’ailleurs la vision du président américain. « Parler d’un mur, comme Trump le fait, ne correspond pas à la réalité. Cette frontière n’est pas un mur, cela n’a aucun sens. La frontière américano-mexicaine est l’une des plus ouvertes du monde, avec quarante-huit points de passage, des villes jumelles et 1,5 milliard...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Une majorité de Pakistanais feraient partie des migrants portés disparus dans le naufrage d’un bateau au large des côtes libyennes.
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Naufrage près des côtes libyennes : quelque 90 migrants portés disparus

Une majorité de Pakistanais feraient partie des migrants portés disparus dans le naufrage d’un bateau au large des côtes libyennes.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 11h59
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 18h30
   





                        


Selon des survivants du naufrage, environ 90 émigrants, en majorité des Pakistanais, pourraient avoir péri vendredi lorsque leur bateau a coulé au large des côtes libyennes, a indiqué l’agence de l’ONU pour les migrations, l’OIM.
« Dix corps ont échoué sur les côtes libyennes », dont huit Pakistanais et deux Libyens, et il y a trois survivants, a déclaré aux médias à Genève une porte-parole de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), Olivia Headon, lors d’une conférence téléphonique. « Deux des survivants ont nagé jusqu’à la côte », tandis que le troisième a été « secouru par un pêcheur », a-t-elle expliqué.
En 2017, 3 138 Pakistanais sont arrivés en Italie après avoir traversé la Méditerranée depuis la Libye, selon l’OIM. Cette année, les chiffres concernant les Pakistanais sont pour l’instant plus élevés, avec environ 240 arrivés en Italie en janvier contre seulement 9 en janvier de l’an dernier. En 2017, plus de 3 100 migrants sont morts ou ont disparu en tentant de traverser la Méditerranée pour rejoindre l’Europe, dont plus de 2 800 au large de la Libye, selon un décompte de l’OIM.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Les deux Américaines, âgées de 12 ans au moment des faits, avaient voulu prouver l’existence de Slender Man, un personnage fictif.
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Deux jeunes internées après une tentative de meurtre liée à la légende du Web « Slender Man »

Les deux Américaines, âgées de 12 ans au moment des faits, avaient voulu prouver l’existence de Slender Man, un personnage fictif.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 11h51
    |

                            Perrine Signoret








                        



   


Un tribunal du Wisconsin a demandé jeudi 1er février l’internement psychiatrique, pour une durée de quarante ans, d’une adolescente de 15 ans, rapporte la chaîne américaine CNN. Morgan Geyser, originaire du Wisconsin, est accusée d’avoir poignardé une camarade de classe pour prouver l’existence de Slender Man, un personnage fictif dont la légende circule sur Internet.
C’est en juin 2014 que les faits se sont produits. A l’époque, Morgan Geyser n’est âgée que de 12 ans. Un dimanche matin, elle et une amie du même âge, Anissa Weier, font venir une camarade de classe dans un parc. Elles expliquent à cette dernière vouloir jouer à cache-cache. En réalité, elles tentent de la tuer en la poignardant. Touchée à dix-neuf reprises, la victime parvient à contacter les secours, qui lui viennent en aide. Elle s’en sort de justesse. Ses deux agresseuses sont interpellées.
Un personnage inventé sur un forum
Aux enquêteurs, ces dernières racontent la macabre préparation de l’assassinat de leur camarade, plusieurs semaines avant les faits. Elles expliquent aussi ce qui a motivé leur geste : prouver que Slender Man (« l’homme mince ») existe bien. Celui-ci n’est pourtant qu’un personnage de fiction, inventé de toutes pièces sur Internet.
La créature est ainsi née en 2009, sur un forum nommé Something Awful. A l’époque, des internautes s’amusent à réaliser des photomontages, en ajoutant sur des clichés classiques des formes fantomatiques. L’un d’entre eux, Victor Surge, opte pour une silhouette mince, caractérisée par le port d’un costume et l’absence de visage. Il l’intègre à des photos et lui invente des histoires, comme des témoignages de ses victimes présumées, des enfants enlevés ou tués. Le personnage deviendra ensuite une légende du Web, protagoniste de milliers de sites, blogs ou forums, et même de jeux vidéo. Un film est également en préparation, dont la sortie est prévue l’été prochain.

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                Entre « screamers » et « creepypastas », sur Internet, c’est tous les jours Halloween



« Je n’ai jamais voulu ça »
Morgan Geyser et Anissa Weier, elles, croyaient en son existence. La première, qui a été diagnostiquée schizophrène peu de temps après l’attaque, a plaidé coupable en octobre dernier, pour tentative de meurtre au premier degré. L’un de ses avocats a expliqué qu’elle avait des « remords » et que cela signifiait qu’elle n’était pas « sociopathe ». L’adolescente s’est excusée auprès de la victime et de sa famille lors de son procès. « Je n’ai jamais voulu ça, j’espère qu’elle va bien », a-t-elle dit à propos de la jeune fille qu’elle avait poignardée.
Anissa Weier avait également plaidé coupable en août, mais pour tentative d’homicide au deuxième degré, du fait d’« une déficience ou maladie mentale » selon CNN. En décembre, le tribunal l’a contrainte à effectuer vingt-cinq ans en structure psychiatrique. Elle y passera au moins trois ans, avant de pouvoir prétendre à une libération, si les médecins estiment qu’elle est capable de se réinsérer. Anissa Weier resterait alors surveillée par l’Etat, jusqu’à ses trente-sept ans.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Ankara renforce son emprise nationaliste sur la partie nord de l’île divisée depuis 1974.
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Chypre : le président turc Erdogan complique la réunification

Ankara renforce son emprise nationaliste sur la partie nord de l’île divisée depuis 1974.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 11h51
    |

            Philippe Ricard (Nicosie, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Sener Levent est catégorique depuis son bureau enfumé, à deux pas de la ligne « verte » qui coupe Nicosie en deux : tant que Recep Tayyip Erdogan sera au pouvoir à Ankara, le patron du quotidien Afrika n’attend rien de nouvelles négociations en vue de réunifier l’île de Chypre. « Avec Erdogan, trouver un accord n’est pas possible en raison de son ultranationalisme », juge cet inlassable détracteur du président turc, l’une des voix dissidentes dans la partie nord de l’île, occupée par la Turquie depuis 1974.
De l’autre côté des barbelés de la ligne « verte », le ton se veut plus diplomatique pour ne pas obérer les chances d’une incertaine réunification. En République de Chypre, les deux candidats en lice pour le second tour de l’élection présidentielle, dimanche 4 février, se disent favorables à une reprise des tractations sous l’égide de l’ONU, après leur échec de juillet 2017, à Crans-Montana (Suisse).

Le chef de l’Etat sortant, le conservateur Nicos Anastasiades, tout comme son rival de gauche, Stavros Malas, se sont qualifiés aux dépens d’un candidat plus nationaliste, opposé à la relance des tractations. Le second tour s’annonce serré à l’issue d’une campagne dominée par l’économie et par la question nord-chypriote.
« Turquisation » de la partie nord
« Notre souci concerne la nouvelle politique d’expansion de la Turquie : il paraît difficile de la voir accepter un retrait de Chypre, alors qu’elle envoie ses troupes en Syrie », dit Ioannis Kasoulides. Le ministre des affaires étrangères de M. Anastasiades rappelle que M. Erdogan demande le maintien d’une base militaire turque sur l’île. La République de Chypre exige au contraire le départ de l’ensemble des soldats – entre 30 000 et 40 000 – stationnés au nord.
M. Kasoulides se réjouit cependant de la mise en place à Nicosie-Nord d’une coalition ouverte à des discussions, dans la foulée des élections de janvier. Le scrutin avait pourtant vu la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Les entreprises du secteur de la sous-traitance des services publics sont en difficultés : après la faillite de Carillion, Capita alerte sur ses résultats.
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Au Royaume-Uni, les entreprises privées assurant des services publics se portent mal

Les entreprises du secteur de la sous-traitance des services publics sont en difficultés : après la faillite de Carillion, Capita alerte sur ses résultats.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 11h50
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Quand les habitants de Barnet, au nord de Londres, appellent leur mairie, la réponse leur arrive d’un centre d’appels basé à ­Coventry, à 150 kilomètres de là. L’entreprise qui s’en occupe s’appelle Capita, un géant de 73 000 employés, méconnu du grand public, qui exécute une large partie des services publics du Royaume-Uni. C’est elle qui collecte la redevance télévisée, gère le péage urbain de Londres et s’occupe de l’administration des services de santé.
Mardi 31 janvier, Capita a averti que ses résultats seraient moins bons que prévu. Surendettée, l’entreprise a lancé une augmentation de capital et va vendre certains actifs. A cette annonce, l’action a dégringolé de 47 %, portant le recul à 75 % depuis juin 2017.

La secousse se produit deux semaines après la faillite de ­Carillion, un autre géant de la sous-traitance, qui gérait des cantines, des prisons et nettoyait des hôpitaux. Dans l’urgence, l’Etat avait dû intervenir : s’il n’a pas renfloué l’entreprise, laissant les actionnaires et les créditeurs essuyer les pertes, il a dû reprendre le contrôle direct des contrats qu’il sous-traitait.
Une profonde remise en cause
Ces deux événements remettent profondément en cause le modèle britannique de la sous-traitance des services publics, développé par Margaret Thatcher dans les années 1980, mais vraiment accéléré par Tony Blair au début des années 2000. « Le paradigme est en train de changer, estime Jason Moyer-Lee, le secrétaire général du syndicat IWGB. L’idée que “le privé, c’est bien ; le public, c’est mal” s’effondre. »
Le Royaume-Uni est l’un des pays qui sont allés le plus loin dans ce modèle. D’après la Cour des comptes britannique, le tiers de toutes les dépenses publiques vont dans la sous-traitance.
Jeremy Corbyn, le leader du parti travailliste, favorable à la nationalisation de nombreux services, estimait récemment que l’exemple de Carillion prouvait « l’échec de l’idéologie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ La pièce de théâtre de Gilbert Ponté retrace la vie de Saamiya Yusuf, morte noyée en 2012 alors qu’elle tentait de rejoindre l’Europe.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤         

Reportage

« De Pékin à Lampedusa », l’odyssée tragique d’une athlète somalienne morte pour sa passion

La pièce de théâtre de Gilbert Ponté retrace la vie de Saamiya Yusuf, morte noyée en 2012 alors qu’elle tentait de rejoindre l’Europe.

Par                                            Hermann Boko (contributeur Le Monde Afrique, Paris)




LE MONDE
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        Le 02.02.2018 à 11h48

     •
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        Mis à jour le 02.02.2018 à 14h07






    
La jeune comédienne bénino-malgache Malyka Johany interprètait jusqu’au 23 janvier 2018, au théâtre Essaïon de Paris, l’histoire tragique de l’athlète somalienne Saamiya Yusuf.
Crédits : 


La silhouette de Malyka Johany sort de la pénombre de la scène du théâtre Essaïon à Paris, entonnant d’une voix monocorde une chanson en somali. Le ton est mélancolique, en cohérence avec l’histoire racontée. Celle de Saamiya Yusuf. Cette jeune athlète somalienne de 21 ans, morte noyée au large de Lampedusa en 2012 alors qu’elle tentait de rejoindre l’Europe avec des centaines d’autres migrants. « Ce n’est pas la tristesse de l’histoire que le metteur en scène veut mettre en avant, prévient la jeune comédienne bénino-malgache de 26 ans, mais plutôt la vie et la passion que dégageait Saamiya. »

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Pourtant, l’odyssée du « faon » de Mogadiscio, retracée dans la pièce De Pékin à Lampedusa, reste tragique. Aînée de six frères et soeurs, Saamiya fuyait la guerre et les exactions des miliciens islamistes pour vivre pleinement sa passion : l’athlétisme. Elle rêvait de participer aux Jeux olympiques de Londres après une première participation aux Jeux de Pékin, en 2008. « Elle voulait absolument réaliser son idéal et a affronté tous les dangers du voyage. J’ai voulu en faire une pièce. La problématique de l’immigration est peu traitée par les artistes », affirme pour sa part Gilbert Ponté, le metteur en scène et auteur de la pièce.
Espoir d’une nation meurtrie par la guerre
Depuis août 2017, Malyka Johany, seule en scène, a revécu tous les lundis et mardis, pendant 70 minutes, l’histoire de Saamiya Yusuf. Mardi 23 janvier fut sa dernière représentation de la gracile sprinteuse avant une prochaine sortie en juillet au festival d’Avignon.

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A chaque représentation, la comédienne enfile un bandeau anti-sueur, un tee-shirt blanc et un collant noir. Ce même accoutrement peu conventionnel pour une sprinteuse que Saamiya arborait lors des Jeux olympiques en juillet 2008. La seule fois où l’athlète somalienne vivait fièrement son rêve aux côtés des grandes stars du 200 mètres, comme la Jamaicaine Veronica Campbell-Brown. La seule fois aussi où on la voyait publiquement. « J’avais regardé cette course en direct à la télévision. Comme moi, Saamiya avait 17 ans. Mais je ne savais pas que je me serai autant liée à elle », raconte la comédienne.
Ce jour-là, tout le monde avait vu la jeune somalienne franchir difficilement la ligne d’arrivée dans sa série. Bien loin derrière ses adversaires avec un chrono de 32 secondes et 16 centièmes.



Malgré cette piètre prestation, le « Nid d’oiseau », le stade olympique de Beijing, avait salué la ténacité de la jeune athlète physiquement éprouvée mais au regard altier. Saamiya Yusuf venait de loin et représentait à elle seule tout l’espoir d’une nation meurtrie par une guerre qui n’en finit pas.
Dans la pièce, l’histoire de l’athlète débute par sa seule course victorieuse à Djibouti, qui lui permit d’aller à Pékin. Elle s’entraînait dur. Seulement, les djihadistes chababs n’aiment pas « les femmes qui courent ». Et Saamiya Yusuf devait se cacher pour vivre sa passion. En Somalie, être une femme est en soi un combat.
Comme en témoigne cette scène où un chef rebelle fait une descente surprise à la maison, après sa participation aux JO de 2008. « Il paraît qu’une de tes filles court », lance-t-il agressif à la mère de l’athlète. Puis son regard sombre se pose sur Saamiya, trahie par son physique. « Ah, c’est toi ! Qui t’a donné l’autorisation de courir ? Tu es une femme, tu l’as oublié ? Allah a décidé que tu ne devais plus courir », finit-il par lacher dans un grand éclat de rire.
Voyage clandestin
Il faut alors quitter le pays. Ce sera l’Ethiopie où elle est autorisée à s’entraîner avec les étoiles de la course de fond comme Kenenisa Bekele (trois fois médaillé d’or aux JO), après avoir passé plusieurs mois dans le camp de réfugiés d’Afgooye, à 25 kilomètres de Mogadiscio. Mais sans papiers, impossible de courir. Nous sommes en 2010. Saamiya Yusuf décide donc de faire le « buufils », le grand voyage clandestin. Ethiopie, Soudan, puis Libye. La traversée du désert dure deux ans. L’aventure, cruelle, se termine dans « le ventre » de la Méditerranée. Son corps sans vie échoue sur les plages de Lampedusa, en Italie, en avril 2012. Elle était enceinte.

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De retour dans la pénombre de la scène du Théâtre Essaïon, Malyka conquiert de sa prestance le public et jongle entre les personnages et les émotions. Tantôt souriante, quand elle est Saamiya, tantôt colérique, quand elle joue le chef chabab. « C’est une histoire qui m’a beaucoup changée et m’a permis de mieux comprendre les raisons des départs. Mais c’est dur de la porter à cause de toutes ces émotions », dit-elle. La pièce donne aussi l’occasion de s’insurger contre les tergiversations de l’Etat français sur l’accueil des migrants et des réfugiés. « Ce sont des enfants, des personnes qui ont fait des études. Qui veulent juste un meilleur avenir. On voit ce qu’il se passe à Calais dans un pays dit des droits de l’homme ! ».

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Pour le metteur en scène Gilbert Ponté, « le mélange des cultures est une richesse. Depuis que le monde est monde, il y a toujours eu des déplacements de populations. En France, malheureusement, on a un gros problème avec l’Afrique. Quand il s’agit d’autres continents, les choses sont beaucoup plus simples ».
La carrière internationale de Saamiya Yusuf n’aura duré qu’une course. Son histoire reste singulière. Aussi singulière que chacune des 33 000 vies perdues dans la Méditerranée entre 1997 et 2017.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Plusieurs bagarres ont opposé, jeudi, des Afghans et des Erythréens, après une distribution de repas. Le ministre de l’intérieur s’est rendu sur place.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Editorial. Après l’intervention militaire de Riyad, le pays est plus divisé que jamais et doit faire face à la « pire crise humanitaire de la planète », selon l’ONU.
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Guerre au Yémen : le fiasco de l’intervention saoudienne

Editorial. Après l’intervention militaire de Riyad, le pays est plus divisé que jamais et doit faire face à la « pire crise humanitaire de la planète », selon l’ONU.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 11h23
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 13h39
   





                        


Editorial du « Monde ». Les dirigeants des pays du Golfe se sont assez lamentés sur l’incompétence de Washington et le désastre engendré par l’invasion de l’Irak en 2003 pour qu’ils ne fassent pas preuve d’un minimum de lucidité sur leur propre fiasco au Yémen.
Dernier épisode en date de la longue descente aux enfers de l’ancienne « Arabie heureuse » : la prise du port d’Aden par des milices locales apparentées au mouvement séparatiste sudiste. Il y avait déjà deux ­Yémens. Celui contrôlé par les rebelles houthistes, qui tiennent la capitale Sanaa et la plus grande partie des hauts plateaux du Nord. Et celui sous contrôle du gouvernement légitime, qui s’étire le long du littoral sud et ouest, ainsi que dans le désert oriental et quelques poches au nord. Un troisième Yémen émerge désormais, à Aden, mais aussi à Moukalla, à l’extrémité orientale du pays, où les séparatistes sudistes étendent leur emprise. Sans compter les « zones grises » où Al-Qaida prospère.
Ironie de l’affaire, la dislocation du pays, et en particulier l’émergence du mouvement sudiste – qui a des racines profondes dans l’histoire yéménite –, est le fruit des divergences d’approche entre l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, les deux principaux membres de la coalition arabe intervenue en mars 2015 au Yémen pour refouler la menace présentée par les houthistes, soutenus par l’Iran chiite, le grand rival régional des pétromonarchies sunnites. Abou Dhabi, qui n’a pas confiance dans le président en exil Abd Rabbo Mansour Hadi, hébergé et protégé par Riyad en raison de ses liens avec les Frères musulmans, n’a de cesse de saper son autorité, déjà branlante. L’Arabie saoudite laisse faire, par un mélange de nonchalance et d’incompétence.
Plus de 10 000 morts
Cette guerre, l’Arabie saoudite l’a décidée sans concertation avec ses alliés, à commencer par les Etats-Unis. En mars 2015, Barack Obama était encore à la Maison Blanche et ses relations avec Riyad étaient au plus bas. La monarchie saoudienne, prise en mains par les « faucons » entourant Mohammed Ben Salman, le jeune prince héritier et fils du nouveau roi Salman, soupçonnait le président américain de vouloir sacrifier la sécurité de ses alliés traditionnels dans le Golfe à un accord sur le programme nucléaire iranien, alors en cours de négociations. Pour ne pas les compromettre, Obama aurait fermé les yeux sur les menées de Téhéran aux portes du royaume saoudien.

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Avec leur campagne au Yémen, les dirigeants saoudiens voulaient prouver qu’ils étaient capables de mener seuls leur propre politique dans leur pré carré. Le résultat est un fiasco. Les infrastructures du Yémen, le plus pauvre des pays arabes, ont été détruites méthodiquement par les bombardements aériens de la coalition arabe. Le bilan des pertes civiles dépasse les 10 000 morts, le chiffre officiel donné par l’ONU depuis un an et demi. Le blocus du pays par les puissances arabes a provoqué la « pire crise humanitaire de la planète », selon les Nations unies : 7 millions de personnes, soit un quart de la population, sont au bord de la famine ; 1 million ont été touchées par le choléra. Les fronts piétinent et le gouvernement de M. Hadi, toujours en exil à Riyad, où son entourage s’enrichit de juteux trafics, n’a quasiment aucun contrôle sur le pays.

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Il est temps de rappeler à l’Arabie saoudite – et aux Emirats arabes unis – que la guerre au Yémen implique sa reconstruction. Et que Riyad portera, pendant les décennies à venir, le fardeau d’un voisin détruit et de millions de miséreux à sa frontière.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Le chef de l’Etat, Lenin Moreno, convoque un référendum qui pourrait empêcher Rafael Correa de revenir au pouvoir.
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Crise ouverte entre le président équatorien et son ancien mentor

Le chef de l’Etat, Lenin Moreno, convoque un référendum qui pourrait empêcher Rafael Correa de revenir au pouvoir.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 10h49
    |

            Marie Delcas (Bogota, correspondante)








                        



                                


                            

Le président équatorien, Lenin Moreno, n’est pas un Dmitri Medvedev, qui avait accepté un « mandat tampon » pour permettre à Vladimir Poutine de se maintenir au pouvoir. En fonctions depuis mai 2017, il entend bien gouverner. Son mentor et prédécesseur, l’impétueux Rafael Correa, crie à la trahison. Il accuse M. Moreno – qui fut son vice-président de 2007 à 2013 – d’avoir viré à droite et de gouverner pour les banquiers. La tension entre les deux hommes a tourné aux hostilités ouvertes avec l’annonce d’un référendum qui, en cas de victoire du oui, empêcherait à tout jamais M. Correa de briguer un nouveau mandat. Le scrutin a lieu dimanche 4 février. Treize millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour répondre à sept questions.
La première des trois questions qui exaspère M. Correa porte sur la limitation du nombre des mandats. Paradoxalement, c’était une de ses promesses de campagne en 2006. Elle avait été inscrite dans la Constitution en 2008, amendée en 2015 pour permettre à M. Correa de se représenter. Personne ne doute qu’il souhaite être candidat en 2021. La deuxième question concerne la restructuration du Conseil de participation citoyenne. Cet organe qui dispose d’amples prérogatives pour la nomination des postes importants à la tête de l’Etat est actuellement aux mains des partisans de l’ex-président. La troisième question qui fâche porte sur l’abolition de la plus-value immobilière, une loi peu populaire entre les opérateurs de la construction, les épargnants et les spéculateurs. « Moreno nous a fait reculer de vingt ans en six mois », fustige M. Correa.
« Capital politique propre »
L’ancien président qui, de 2007 à 2017, a dirigé le pays d’une main énergique, entend défendre sa « révolution citoyenne ». Lenin Moreno, qui a été élu sous les couleurs du parti de M. Correa, Alianza Pais, ne la renie pas. « Mais il veut maintenant démontrer qu’il dispose d’un capital politique propre », estime le sociologue...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Le pouvoir avait suspendu les antennes qui couvraient une manifestation d’opposants acquis à Raila Odinga.
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Compte rendu

La justice kényane ordonne à l’Etat de rebrancher les télévisions

Le pouvoir avait suspendu les antennes qui couvraient une manifestation d’opposants acquis à Raila Odinga.

Par                                            service international




LE MONDE
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        Le 02.02.2018 à 10h41

     •
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        Mis à jour le 02.02.2018 à 11h10






    
Raila Odinga lors de sa fausse cérémonie d’investiture, à Nairobi, le 30 janvier.
Crédits : LUIS TATO / AFP


La Haute Cour de justice du Kenya a ordonné, jeudi 1er février, le rétablissement de l’antenne des trois principales chaînes de télévision privées, bloquées sur ordre du gouvernement depuis deux jours. Mardi en milieu de matinée, l’Etat avait fait couper net la diffusion des principales chaînes d’informations privées, NTV, KTN News et Citizen TV, qui filmaient une manifestation de l’opposition.
Le rassemblement, dans le centre de Nairobi, de l’opposition kényane pour investir symboliquement « président du Kenya » son leader, Raila Odinga, qui refuse de reconnaître la réélection du président Uhuru Kenyatta en 2017, s’est déroulé sans incidents, alors que les forces de police sont restées à bonne distance. Depuis des semaines, cet événement faisait craindre des affrontements voire des bavures de la police, rendue responsable de la majorité des 92 morts – selon des défenseurs des droits de l’homme – recensés au cours des élections de 2017. Mais le gouvernement s’en est pris aux médias qui, bravant les menaces de perdre leur licence, couvraient l’événement.

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Depuis, ces chaînes de télévision sont restées inaccessibles, sauf sur Internet. Un ordre venu du ministre de l’intérieur, Fred Matiang’i, le temps de procéder à une enquête sur « le rôle de certains éléments de la communauté des médias qui ont participé à la promotion d’une tentative de déstabiliser ou de renverser le gouvernement », a-t-il déclaré mercredi.
Dans le même temps, des journalistes ont fait part de menaces et d’intimations directes. Ainsi, rapporte l’AFP, des salariés de NTV ont passé la nuit retranchés dans leur bureau mercredi soir, ayant été alertés que des policiers en civil les attendaient à l’extérieur pour les arrêter.
Rempart contre les dérives
La coupure brutale des diffusions a créé un choc. Le Kenya se voyait comme un avant-poste de la liberté d’expression dans une région où les régimes autoritaires dominent. « Où va le Kenya ? », s’est ému le célèbre militant Boniface Mwangi dans un Tweet, accompagné d’un dessin de presse où l’on voit un bus aux couleurs du pays se diriger vers un précipice. « Cela nous ramène plus de quinze ans en arrière, à la période Daniel Arap Moi [président de 1978 à 2002], où il n’y avait aucune liberté de la presse, déplore l’avocat Isaac Okero, président de la Law Society of Kenya (LSK). Ironiquement, ce coup est porté par un exécutif [le président Kenyatta et son vice-président William Ruto] qui s’était fait surnommer le “digital duo” pour afficher sa modernité. » 
Saisie en urgence par la société civile, la Haute Cour de justice a ordonné la reprise de la diffusion, le temps que soit menée l’enquête. Le jugement n’était pas encore appliqué vendredi matin, mais cinq mois après la décision historique de la Cour suprême d’invalider le résultat de l’élection présidentielle du mois d’août, il dresse de nouveau la justice kényane en rempart contre les dérives. « C’est une excellente nouvelle. Une fois de plus, notre justice démontre son rôle de garante de la Constitution et de l’Etat de droit », se félicite Isaac Okero. L’avocat note cependant que cette décision ne clôt pas cette inquiétante séquence : si elle ordonne le rétablissement des antennes, elle ne met pas fin à l’enquête en cours contre les médias.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Une rixe entre migrants afghans et africains a fait une vingtaine de blessés, jeudi, dont plusieurs par balles.
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Migrants : à Calais, une explosion de violence

Une rixe entre migrants afghans et africains a fait une vingtaine de blessés, jeudi, dont plusieurs par balles.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 10h41
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 14h28
    |

            Maryline Baumard








                        



Calais rime désormais avec chaos. La « ville frontière », où se massent quelque 800 exilés (500 à 600 selon la préfecture), a vécu, jeudi 1er février, un « degré de violence jamais connu », de l’aveu même du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, qui a passé la nuit sur place. « Je suis venu réaffirmer notre mobilisation face aux passeurs qui nourrissent quotidiennement violences et rixes », a ajouté le ministre, en visitant le commissariat, alors que la communauté migrante comptait une vingtaine de blessés dont plusieurs touchés par balle. Quatre d’entre eux étaient entre la vie et la mort vendredi matin.
De violents affrontements entre migrants afghans et africains ont éclaté en début d’après-midi jeudi sur un lieu voisin d’une distribution de nourriture opérée par les associations. Tout a commencé par les tirs à l’arme à feu d’un ressortissant afghan, précise l’AFP, qui y lit « la thèse de la présence de passeurs sur place ». Les blessures graves de cinq jeunes Erythréens ont entraîné la riposte des Africains en soirée sur le lieu principal de distribution de nourriture, à proximité de l’ancienne jungle. « Les jeunes Oromos sont arrivés avec des barres de fer et des bâtons », observait un associatif choqué par les scènes dont il a été témoin. La police recherchait vendredi matin un ressortissant afghan qui aurait été particulièrement impliqué dans la rixe initiale.
Exacerbation de la tension générale
Depuis la visite, le 16 janvier, du chef de l’Etat, la situation se détériore un peu plus chaque jour. Les déclarations d’Emmanuel Macron ont eu deux conséquences immédiates. D’abord, les organisations humanitaires ont noté un afflux important de migrants. « A Paris et ailleurs, les exilés ont entendu que le chef de l’Etat enchaînait sa visite à Calais avec une rencontre de Theresa May, la première ministre britannique, pour un sommet franco-britannique. Ils sont donc arrivés massivement ici pour bénéficier du regroupement familial et du passage des mineurs, objet de la négociation », observe un humanitaire qui s’était déjà inquiété la semaine passée du changement d’ambiance sur ce territoire où les équilibres entre différentes communautés sont très pré­caires, mais essentiels pour ­éviter les rixes.
L’autre effet immédiat du discours du chef de l’Etat a été une exacerbation de la tension générale. Après les chaleureuses félicitations adressées aux forces de l’ordre et l’annonce de l’octroi d’une prime aux policiers de ­Calais – alors que l’inspection des polices avait souligné comme « plausibles » en octobre 2017 des « manquements à la doctrine d’emploi de la force et à la déontologie policière » –, l’écrivain et chroniqueur Yann Moix a accusé Emmanuel Macron, dans les colonnes de Libération, d’avoir instauré à Calais un « protocole de la bavure ». Dans cette lettre ouverte au président, il affirmait avoir filmé des « actes de barbarie ». Le préfet avait dénoncé des « affirmations infamantes pour les forces de l’ordre », estimant que le réalisateur confond « violences policières » et « opérations de maintien de l’ordre ».

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Dans un contexte où police et gendarmerie sont mandatées pour éviter « tout point de fixation », la frontière entre les deux semble en effet poreuse. « Tous les matins, depuis quatre jours, les forces de l’ordre “désquattent” tout de A à Z », observe ainsi Jean-Claude Lenoir, le président de l’association Salam. Cela signifie qu’ils démantèlent tout semblant d’abri de fortune, confisquant du même coup les biens des migrants, au prétexte qu’ils sont abandonnés, puisque ces derniers fuient rapidement à l’arrivée d’un uniforme.
Plainte d’associations
Le Monde avait été témoin, le 6 décembre 2017, d’une de ces « opérations désquattage » durant laquelle les affaires personnelles d’un groupe de migrants réveillés par les forces de l’ordre avaient été jetées à la benne à ordures, et des associations ont porté plainte pour la destruction d’effets leur appartenant. Depuis, la préfecture a annoncé un dispositif de récupération des sacs, mais jeudi, les exilés devaient « présenter une pièce d’identité pour pouvoir le faire », comme a pu l’observer Vincent de Coninck, du Secours Catholique. En conséquence, « ils sont de plus en plus nombreux à enterrer leurs affaires personnelles, comme des animaux, pour éviter de se retrouver dans cette situation », déplorait jeudi l’humanitaire.
Les migrants qui tentent le passage en Grande-Bretagne refusent en effet le dispositif de mise à l’abri mis en place par l’Etat sous forme de deux centres d’accueil et d’examen des situations, ouverts après injonction du Conseil d’Etat en juillet 2017. Ces lieux se trouvent loin de Calais et l’examen des situations administratives qui aboutirait au renvoi d’une très large part d’entre eux vers un autre pays européen, au nom de l’application des accords de ­Dublin, les dissuade d’y aller.

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Dans ce contexte, rendu plus difficile encore par le froid et la pluie, la population migrante de Calais a atteint un épuisement total qui « redonne du pouvoir aux passeurs », note M. Lenoir, « puisque les jeunes migrants veulent fuir à tout prix » ce lieu invivable. Fort d’une connaissance historique du lieu, cet ancien enseignant estime que l’Etat se fourvoie et rappelle que des politiques purement répressives, « ont déjà été tentées par d’autres gouvernements depuis vingt ans, mais ont toujours fait la preuve de leur échec ».
Le milieu associatif calaisien s’inquiète globalement que la seule réponse apportée au problème soit une nouvelle fois l’augmentation du nombre de forces de l’ordre affectées au lieu etdéjà supérieur au nombre de migrants. Rebondissant sur la promesse de M. Macron le 16 janvier, Gérard Collomb a indiqué vendredi : « Dans les quinze prochains jours, nous serons capables de prendre en charge la distribution des repas. » Ila par ailleurs « fait appel au bon sens des associations : il ne peut y avoir d’organisation sauvage ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Au sein de la commission du renseignement, le républicain Devin Nunes défend bec et ongles le président.
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L’enquête sur la campagne de Trump provoque une guerre d’usure au Congrès

Au sein de la commission du renseignement, le républicain Devin Nunes défend bec et ongles le président.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 10h36
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 13h16
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

Ils sont tous les deux élus de Californie, siègent tous les deux au Congrès, et sont tous les deux les chefs de file de leurs partis respectifs au sein de la commission du renseignement de la Chambre des représentants. Tout le reste, en revanche, sépare le républicain Devin Nunes, qui en est le président, du démocrate Adam Schiff.
La publication des minutes de la réunion qui a débouché le 29 janvier sur un vote, bloc contre bloc, en faveur de la publication d’un rapport à charge contre la police fédérale, rédigé par des assistants de Devin Nunes, a témoigné de l’acrimonie qui teinte désormais leurs échanges. Leurs homologues au Sénat, le républicain Richard Burr (Caroline du Nord) et le démocrate Mark Warner (Virginie), ont su conserver une relation de travail empreinte de courtoisie en dépit de l’hystérie générée par l’enquête « russe ». Eux se livrent au contraire l’une de ces guerres dans laquelle on ne fait pas de prisonniers, une rupture pour une commission dont la nature particulière, l’examen d’informations sensibles, favorisait jusqu’à présent la modération et le souci du consensus.
Le républicain, il est vrai, n’a rien fait au cours des derniers mois pour conserver l’estime du démocrate. En avril, il a même été contraint à prendre du recul, faisant l’objet d’une enquête interne du comité d’éthique de la Chambre pour avoir évoqué publiquement des données classifiées. Devin Nunes, finalement blanchi, s’était porté au secours du président Donald Trump après que ce dernier avait dénoncé sans la moindre preuve une mise sur écoutes le visant, pendant la campagne présidentielle, ordonnée, selon lui, par le président démocrate Barack Obama.

L’agenda de l’élu avait donné à penser qu’il était intervenu en concertation étroite avec la Maison Blanche, sans en informer ses collègues de la Commission du renseignement. Le sénateur républicain Lindsey Graham avait sévèrement critiqué un enquêteur digne, selon lui, du « commissaire...




                        

                        


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En Iran, une trentaine de femmes arrêtées pour avoir enlevé leur voile en public

La loi en vigueur en Iran depuis la révolution islamique de 1979 impose aux femmes de sortir tête voilée et le corps couvert d’un vêtement ample plus ou moins long.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 09h50
   





                        


Une trentaine de femmes, « qui perturbaient l’ordre social » selon les autorités, ont été arrêtées en Iran jeudi 1er février pour avoir enlevé leur voile en public en guise de protestation contre son port obligatoire depuis la révolution islamique de 1979. Elles ont été « remises à la justice », a fait savoir la police de Téhéran, relayée par les agences Fars, ILNA et Tasnim.
Ce mouvement de protestation des femmes iraniennes est partie d’une action menée le 27 décembre dernier par Vida Movahed. Cette Téhéranaise était montée sur un coffret électrique à un croisement d’avenue et avait retiré son voile, restant quelques instants tête nue. Arrêtée sur le champ, elle avait été incarcérée et relâchée quinze jours plus tard.
De nombreuses Iraniennes et quelques Iraniens lui ont emboîté le pas depuis, le phénomène étant largement partagé sur les réseaux sociaux.

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Les autorités minimisent
La loi en vigueur en Iran depuis la révolution islamique de 1979 impose aux femmes de sortir tête voilée et le corps couvert d’un vêtement ample plus ou moins long. Le zèle de la police des mœurs à faire respecter cette loi a nettement diminué ces dernières années et un nombre croissant de Téhéranaises mais aussi des femmes d’autres grandes villes du pays prennent des libertés en laissant apparaître nettement leur chevelure.
L’avocate et militante des droits humains Nassrin Sotoudeh a fait savoir que la justice avait fixé à près de 90 000 euros la caution pour la libération d’une autre contestatrice arrêtée cette semaine, estimant que cela montrait « l’intention » des autorités de la maintenir en détention.
La remise en cause de l’obligation du port du voile par quelques femmes en Iran est « puérile », a déclaré mercredi le procureur général de la République islamique, Mohammad Jafar Montazeri, en minimisant l’importance de cette contestation. « Il s’agit d’une affaire insignifiante qui n’a rien de préoccupant », avait-il déclaré en ajoutant que les manifestantes avaient « agi par ignorance » et qu’« elles pourraient avoir été influencées à partir de l’étranger ».



                            


                        

                        

