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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Le gouvernement multiplie les mesures d’économies dans la fonction publique. Il a annoncé, jeudi, un « plan de départs volontaires ».
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Jour de carence, CSG... neuf mois de désamour entre gouvernement et fonctionnaires

Le gouvernement multiplie les mesures d’économies dans la fonction publique. Il a annoncé, jeudi, un « plan de départs volontaires ».



Le Monde
 |    02.02.2018 à 14h20
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 15h42
   





                        



   


Les contours de la mesure sont encore flous, mais la volonté, elle, est clairement affichée. Le gouvernement entend « lancer un plan de départs volontaires pour ceux qui souhaiteraient partir, en conséquence des réformes de l’Etat », a annoncé, jeudi 1er février, Gérald Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics.
Aussitôt, les syndicats – avec lesquels une concertation aura lieu au cours de l’année sur le sujet, selon le ministre – ont dénoncé une « attaque » (CGT, UNSA), voire un « dynamitage de la fonction publique » (Solidaires). « Nous avons affaire à un président de la République et à un gouvernement qui sont en train de s’attaquer frontalement à la fonction publique », a réagi Jean-Marc Canon (CGT).
Lors de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait déjà affiché sa volonté de supprimer 120 000 emplois dans la fonction publique. Une annonce qui avait suscité de l’impopularité parmi les rangs des fonctionnaires. Depuis son élection, le chef de l’Etat et son gouvernement multiplient les mesures d’économies et dans la fonction publique.
Jour de carence
M. Macron l’avait promis durant sa campagne. L’Assemblée nationale a voté en novembre 2017 le rétablissement d’un jour de carence dans la fonction publique en cas d’arrêt maladie. Depuis le 1er janvier, l’arrêt maladie des fonctionnaires n’est rémunéré qu’à partir du deuxième jour.
Créé en 2012 sous le mandat de Nicolas Sarkozy, le jour de carence avait été supprimé en 2014 par la gauche. Marylise Lebranchu, la ministre de la fonction publique de l’époque, avait jugé cette mesure « injuste, inutile et inefficace ».
« Il permet de lutter contre le micro-absentéisme qui désorganise les services, alourdit la charge de travail des collègues en poste et coûte environ 170 millions d’euros par an », avait déclaré M. Darmanin, en juillet 2017, pour justifier le rétablissement du jour de carence.
La mesure est jugée « injuste » par les syndicats, alors que dans le privé, où la carence est de trois jours, celle-ci est bien souvent compensée par les mutuelles ou l’employeur.

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Gel du point d’indice
Un an avant l’élection présidentielle, en mars 2016, François Hollande avait décidé de rompre avec six années de gel du point d’indice, qui sert de base au calcul du traitement des fonctionnaires, actant une hausse de 1,2 %.
Dès juin 2017, M. Darmanin a annoncé qu’il n’y aurait pas de nouvelle augmentation de ce point d’indice. Ce retour au gel a provoqué la colère des syndicats. La FSU a dénoncé un « prisme comptable », fustigeant une décision « aussi injuste qu’inefficace » qui va « bloquer la rémunération de 20 % de la population ». Force ouvrière a déploré des « pertes de pouvoir d’achat ».

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Car un indice qui n’augmente pas, c’est une rémunération qui stagne, et c’est aussi équivalant à une baisse de salaire masquée.
La mécanique de l’économie est ainsi faite : les prix augmentent régulièrement. C’est l’inflation. Les revalorisations du point d’indice (ou celle des allocations, des salaires du privé, etc.) accompagnent théoriquement cette hausse globale des prix.
Mais si les prix augmentent alors que les salaires stagnent, comme c’est le cas pour les fonctionnaires, en pratique, c’est une perte de pouvoir d’achat.

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Contribution sociale généralisée (CSG)
Pour les fonctionnaires, la hausse de 1,7 point de la CSG ne s’accompagne pas, comme pour les salariés du privé, d’une suppression des cotisations maladie et chômage. Elle est juste compensée. Ce qui se traduit par aucun gain de pouvoir d’achat.
Or, rappellent les fonctionnaires, pendant la campagne présidentielle, M. Macron s’était engagé à leur faire bénéficier du même avantage que les autres. « J’augmenterai votre pouvoir d’achat, comme celui des salariés des entreprises : vous paierez moins de cotisations et votre salaire net sera augmenté d’autant », écrivait le candidat d’En marche !, en avril 2017.
Le mécanisme de compensation n’est pas encore fixé dans les détails, mais il devrait s’agir, a indiqué l’entourage de M. Darmanin, « d’une prime associée à une baisse des cotisations pour ceux qui en payent ».
Les syndicats en contestent les modalités, telles que le gouvernement les leur a présentées : en l’état, la compensation ne concernerait pas tous les fonctionnaires.

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Suppressions de postes
Sous Nicolas Sarkozy, 150 000 postes avaient disparu dans la fonction publique d’Etat. Le gouvernement d’Edouard Philippe se défend d’être dans « une approche comptable ». Pour preuve, l’entourage de M. Darmanin rappelle que seuls 1 600 postes seront supprimés en 2018.
Mais Emmanuel Macron, durant la campagne présidentielle, a annoncé sa volonté de supprimer 120 000 postes dans la fonction publique.
Le gouvernement a prévu une enveloppe de 700 millions d’euros sur le quinquennat pour accompagner la transformation de l’action publique, dont 200 millions d’euros dès 2018. Cette somme servira notamment à financer ce plan inédit de « départs volontaires » dans la fonction publique.
De leur côté, les organisations syndicales doivent se retrouver mardi 6 février. La question d’une nouvelle mobilisation des fonctionnaires sera posée. La dernière journée de grève remonte au 10 octobre 2017.



                            


                        

                        


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Reportage

Au Maroc, le ras-le-bol des « gueules noires » de Jerada

L’éclatement d’un mouvement de contestation dans cette ville minière illustre la montée en puissance des revendications sociales dans le royaume.

Charlotte Bozonnet (Jerada (Maroc), envoyée spéciale)
    



LE MONDE
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        Le 31.01.2018 à 15h58

     •
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        Mis à jour le 02.02.2018 à 17h34






                        

Crédits : FADEL SENNA / AFP


                    
Ils sont là presque chaque jour depuis un mois. Des femmes, des enfants, des jeunes et des pères de famille. Organisés par quartier, ils brandissent en tête de cortège le portrait du roi Mohammed VI, puis très vite, les pancartes de leurs revendications : du pain, du travail, de l’eau et de l’électricité.
« Je participe chaque fois que je peux, les gens souffrent ici », explique une jeune femme, voile noir et yeux rehaussés de khôl, tandis que les slogans retentissent devant les portes de la municipalité. Houcine et Yahyia, deux quadragénaires, en jean et baskets, sont aussi venus : « Les habitants n’ont plus confiance, ils ne s’arrêteront pas tant qu’ils n’auront pas vu de solutions concrètes. »

Jerada, localité de 43 000 habitants située dans l’est du Maroc, est en ébullition. Le 21 décembre 2017, des manifestations contre la cherté des factures d’eau et d’électricité y avaient éclaté avant d’être rattrapées par un drame : deux frères, âgés de 23 et 30 ans, sont morts noyés dans une mine clandestine de charbon.
Dans cette région de « gueules noires », frontalière de l’Algérie, ce n’est pas la première fois qu’une telle tragédie se produit mais elle a été celle de trop. « Vingt ans de souffrance, de chômage et de promesses non tenues », résume un syndicaliste de la ville. Un nouvel accident a eu lieu, jeudi 1er février, faisant un mort et un blessé.

« Barons » du charbon
Jerada a pourtant connu son heure de gloire. A la fin des années 1920, la découverte de charbon dans son sous-sol en avait fait un pôle attractif. Des tribus de toute la région, mais aussi d’autres parties du Maroc, y ont afflué, attirées par les milliers d’emplois créés. Mohammed El-Arjouni, fils d’un mineur mort de la silicose à l’âge de 54 ans, connaît bien cette histoire. Sur la place centrale où quelques enfants jouent au ballon, il revoit l’alignement des corons, et cette pièce unique avec une petite cuisine qu’occupait...



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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Une note, compilée par le président, de la commission du renseignement de la Chambre des représentants, met en cause le FBI et le ministère de la justice.
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Enquête russe : cinq questions sur un rapport qui relance l’offensive de Trump contre le FBI

Une note, compilée par le président, de la commission du renseignement de la Chambre des représentants, met en cause le FBI et le ministère de la justice.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 17h30
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 18h55
    |

            Pierre Bouvier








                        



   


Dossier explosif ou pétard mouillé ? Le président Donald Trump a autorisé, vendredi 2 février, la publication d’une note confidentielle de la commission du renseignement de la Chambre des représentants sur la manière dont le FBI, la police fédérale états-unienne, a demandé à la justice la mise sur écoute, en pleine campagne présidentielle, d’un membre de son équipe, accusé d’accointance avec Moscou. La note devrait être publiée par la chambre des représentants, qui doit se prononcer sur le sujet vers 22 h 30 (heure française).
Adepte des formules chocs, Donald Trump a accusé le FBI et le ministère de la justice, instrumentalisés, selon lui, par Hillary Clinton et le Parti démocrate, d’avoir politisé l’enquête sur l’ingérence russe dans la campagne présidentielle de 2016.
« Les plus hauts responsables et enquêteurs du FBI et du ministère de la justice ont politisé le processus sacré d’investigation en faveur des démocrates et contre les républicains, ce qui aurait été impensable il y a peu. Mais la base [du FBI] est constituée de gens très bien. »

The top Leadership and Investigators of the FBI and the Justice Department have politicized the sacred investigativ… https://t.co/xXWIyOvhi0— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


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Qui est Devin Nunes, l’auteur de la note ?
C’est un élu républicain de la Californie, Devin Nunes qui a élaboré cette note. Il a servi dans l’équipe de transition de Donald Trump et préside la commission du renseignement à la Chambre des représentants.
Il ne s’agit pas d’un inconnu. Après le tweet du 4 mars 2017 de Donald Trump accusant Barack Obama d’avoir mis sur écoute la Trump Tower pendant la campagne de 2016, Devin Nunes avait voulu établir si l’administration Obama avait demandé la mise sous surveillance du candidat républicain pendant la campagne, avant d’admettre qu’il n’y avait pas de preuve de ces écoutes.
Lindsey Graham, sénateur républicain de la Caroline du Sud, avait alors comparé son comportement à celui de « l’inspecteur Clouseau », connu pour accumuler les bourdes et pour s’engouffrer dans les fausses pistes avec une absence de flair qui n’honore ni la gent policière ni la France, estimant qu’il avait perdu toute crédibilité par sa volonté d’obéir aux ordres de la Maison Blanche.

   


Que sait-on du contenu de cette note ?
La note tient en quatre pages, compilées par l’équipe de Devin Nunes. Ce dernier l’a remise lundi 29 janvier à la Maison Blanche, où des juristes l’ont épluchée pour vérifier si elle porte, ou non, atteinte à la sécurité nationale.
Ce que l’on sait, à partir d’éléments qui ont filtré dans les médias américains, c’est qu’avec ce rapport, les républicains mettent en doute l’impartialité de l’enquête menée par le FBI sur l’ingérence russe. Elle est censée mettre en évidence que le FBI et le département de la justice sont des viviers d’opposants à Donald Trump.
La preuve en serait la demande de prolongation de la mise sur écoute de Carter Page, le conseiller aux affaires internationales du candidat durant la campagne électorale, en mars 2017. En juillet 2016, ce dernier s’était rendu à Moscou pour rencontrer des officiels russes, ce qui avait alerté le FBI.
Selon cette note, le FBI et le département de la justice ont demandé cette mise sur écoute en vertu du Foreign Intelligence Surveillance Act (FISA), qui permet aux autorités fédérales d’espionner des citoyens américains suspectés d’agir comme agents d’un pays étranger.
Mais les deux agences auraient omis de signaler au juge que leur requête se fondait sur le « dossier » Steele, établi par un ancien agent du renseignement britannique recruté par Fusion GPS.
Quelles réactions la divulgation des éléments de cette note a-t-elle déjà suscitées ?
Pour les élus démocrates, Devin Nunes a rédigé un dossier à charge, à partir d’informations secrètes, qui pourraient menacer la sécurité nationale.
Pour y répondre, les membres démocrates de la commission ont écrit un contre-rapport, mais la commission du renseignement (treize républicains et neuf démocrates) s’est opposée à sa publication.
Dans une lettre à Paul Ryan, président (républicain) de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, chef de groupe de l’opposition démocrate à la Chambre a écrit :
« On a soumis à notre attention le fait que le membre du Congrès Nunes avait délibérément, matériellement modifié la teneur du mémorandum depuis qu’il a été adopté par les républicains de la Chambre. »
La direction du FBI, qui a d’ores et déjà répliqué en rappelant, mercredi, qu’elle prenait « au sérieux ses obligations [pour obtenir des autorisations d’enquêter] et le respect des procédures », a elle aussi mis en doute le contenu produit par Devin Nunes :
« Comme nous l’avons exprimé lors de notre premier examen, nous sommes très inquiets concernant des omissions matérielles de faits, qui affectent de manière fondamentale l’exactitude du rapport. »
Que fera le patron du FBI après la publication de cette note ?
La question qui se pose est désormais de savoir ce que fera Christopher Wray, le directeur du FBI, nommé en juin 2017 par Donald Trump, puis confirmé par le Sénat, après le limogeage de James Comey. La confiance n’étant plus de mise, la Maison Blanche craint qu’il ne mette sa démission dans la balance, rapporte CNN.
Exposant ses craintes dans le Washington Post, Adam Schiff, principal représentant du Parti démocrate au sein de la commission du renseignement, a estimé que cette note était un prétexte fourni à Donald Trump pour faire le ménage au sein du FBI et du ministère de la justice, en limogeant Robert Mueller, procureur spécial chargé de l’enquête sur les liens éventuels entre des membres de l’équipe de campagne de Donald Trump et les responsables des piratages informatiques, imputés à la Russie, et Rod Rosenstein, ministre adjoint de la justice.

BREAKING: Discovered late tonight that Chairman Nunes made material changes to the memo he sent to White House – ch… https://t.co/d3V2N60Cxf— RepAdamSchiff (@Adam Schiff)


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Pourquoi les démocrates évoquent-ils un nouveau « massacre du samedi soir » ?
Les démocrates établissent un parallèle entre l’attaque qu’ils accusent M. Trump de mener contre le procureur spécial Mueller et celle qu’avait menée Richard Nixon contre le procureur spécial Archibald Cox.
Ce dernier fut contraint de démissionner le samedi 20 octobre 1973, alors qu’il enquêtait sur le cambriolage visant le Parti démocrate dans l’immeuble du Watergate, à Washington.
Pour montrer leur opposition, le ministre de la justice, Elliot Richardson, et son adjoint, William Ruckelshaus, choisirent alors de démissionner dans une soirée désormais connue comme le « massacre du samedi soir ». L’affaire coûta finalement son poste au président Nixon.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Le meurtre d’une femme ou d’une jeune fille en raison de son sexe n’est pas reconnu dans le code pénal français.
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Qu’est-ce que le « féminicide » ?

Le meurtre d’une femme ou d’une jeune fille en raison de son sexe n’est pas reconnu dans le code pénal français.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 16h06
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 16h27
    |

            Anne-Aël Durand








                        


Alexia Daval n’aurait pas été tuée lors d’une séance de jogging mais étranglée par son mari, qui a reconnu les faits mardi 30 janvier. Un acte qualifié de « féminicide » par la secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa. Ce terme, qui commence à s’imposer dans l’espace public, n’a pas d’existence juridique en France.

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D’où vient le terme « féminicide » ?
Le féminicide, ou « femicide » en anglais, est un mot-valise constitué des termes « female » (ou « féminin ») et « homicide », sur le même modèle que « parricide » ou « infanticide ». Il a été popularisé par deux féministes, Jill Radford et Diana Russell, qui ont publié en 1992 le livre Femicide, The Politics of Woman Killing (en français : « l’aspect politique du meurtre des femmes »). Fréquemment utilisé en Amérique latine et repris par des instances internationales, comme l’Organisation des Nations unies (ONU) ou l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il n’est entré dans le dictionnaire Le Petit Robert français qu’en 2015.
Quelle est sa définition ?
Il s’agit du meurtre de femmes ou de jeunes filles lié au fait qu’elles sont des femmes. Le caractère genré du motif doit être présent. Une femme tuée dans le cambriolage d’une banque ou par un chauffard ne peut pas être de facto considérée comme victime d’un féminicide. Le meurtrier n’est pas nécessairement un homme. L’OMS distingue plusieurs cas :
le féminicide « intime », commis par le conjoint, actuel ou ancien de la victime. Selon une étude citée par l’Organisation mondiale de la santé, plus de 35 % des femmes tuées dans le monde le seraient par leur partenaire, contre 5 % seulement des meurtres concernant les hommes ;les crimes « d’honneur » : lorsqu’une femme accusée d’avoir transgressé des lois morales ou des traditions — commettre un adultère, avoir des relations sexuelles ou une grossesse hors mariage, ou même avoir subi un viol — est tuée pour protéger la réputation de la famille. Le meurtrier peut être un homme ou une femme de la famille ou du clan ;le féminicide lié à la dot, en particulier en Inde, lorsque des jeunes femmes sont tuées par leur belle-famille pour avoir apporté une somme d’argent insuffisante lors du mariage ;le féminicide non intime, crime qui implique une agression sexuelle ou dans lequel les femmes sont explicitement visées. Les exemples les plus fréquemment cités sont les centaines de femmes tuées durant de nombreuses années à Ciudad Juarez, au Mexique, ou la tuerie antiféministe à l’Ecole polytechnique de Montréal en 1989.

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Combien de victimes dans le monde ?
On ne le sait pas. Tout l’enjeu de ce terme est de pouvoir caractériser et mesurer le phénomène, pour le faire sortir de la rubrique générale des faits divers. L’OMS a toutefois évalué qu’au moins 5 000 crimes d’honneur étaient perpétrés chaque année, surtout au Moyen-Orient et en Asie du Sud, et que le féminicide lié à la dot concerne « entre 7 600 et 25 000 jeunes mariées ».
Les féminicides intimes sont souvent décomptés au sein des violences conjugales. En France, cela représentait 109 femmes tuées en 2017 par leur conjoint ou ex-compagnon, de tous âges et tous milieux, comme le détaillent des enquêtes de Slate ou de Libération. En Amérique latine, on comptait en 2016 plus de 1 800 féminicides, dont 466 au Honduras, 371 au Salvador, 254 en Argentine et 211 au Guatemala, selon l’Observatoire de l’égalité des genres pour l’Amérique latine et les Caraïbes.
Quelle reconnaissance juridique ?
C’est en Amérique latine qu’a été adopté le premier texte contraignant sur la violence contre les femmes, la convention de Belem do Para, en 1994. Le Mexique, le Costa Rica, la Bolivie, le Guatemala, le Chili, la Guyane…, au total dix-huit pays du sous-continent ont introduit depuis 2007 le féminicide dans leur code pénal.

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En Europe, le mouvement est plus limité. L’Espagne a adopté en 2004 une loi renforçant les sanctions contre les violences faites aux femmes, et, en 2013, l’Italie a voté une loi visant à lutter contre le féminicide. En 2014, un rapport de la commission des droits des femmes au Parlement européen « appel[ait] les Etats membres à qualifier juridiquement de féminicide tout meurtre de femme fondé sur le genre et à élaborer un cadre juridique visant à éradiquer ce phénomène ».
Pourquoi le féminicide n’est-il pas reconnu en France ?
En France, la notion est officiellement entrée en 2014 dans le vocabulaire du droit et des sciences humaines, mais pas dans le code pénal. Un rapport parlementaire de 2016 notait que parmi les circonstances aggravantes inscrites à l’article 221-4 figure le caractère homophobe ou raciste, mais pas le caractère sexiste.
Toutefois, les femmes sont implicitement concernées par d’autres circonstances aggravantes : la vulnérabilité liée à l’« état de grossesse » ou le meurtre perpétré par le conjoint, concubin ou partenaire de PACS, étendue aux anciens partenaires, depuis une loi de 2010.

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                Trois graphiques sur les féminicides et violences conjugales


Plusieurs voix s’élèvent contre la création d’une catégorie spécifique liée aux crimes commis « à raison du sexe », soit parce qu’ils seraient difficiles à caractériser, soit parce qu’ils risqueraient de rompre l’égalité devant la loi. Inversement, l’association Osons le féminisme espère que la qualification de féminicide « prendra une allure de fait de société » alors que de nombreux meurtres de femmes sont encore qualifiés de « crime passionnels », et relégués au rang de faits divers.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Un conte moderne fait d’amour, de solitude, et de faux congénères.
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L’histoire tragique de Nigel, le fou de Bassan épris d’oiseaux de béton

Un conte moderne fait d’amour, de solitude, et de faux congénères.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 16h52
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 18h29
   





                        



C’est un destin digne d’un héros de tragédie grecque, accablé par un fatum qui le dépasse. Une mécanique cruelle et inéluctable, qui renvoie chacun à sa propre prison ontologique. C’est l’histoire de Nigel, le fou de Bassan, mort comme il aura vécu : seul. Un conte moderne fait d’amour, de mélancolie, et de faux congénères de béton.
Depuis le 1er février, c’est un hommage ému que rendent les médias néo-zélandais à celui qui passera à la postérité comme « Nigel sans ami ». Car Nigel, petit volatile à tête jaune pâle, était arrivé voilà cinq ans sur les falaises désertes de l’île Mana.
Ce confetti de terre, à quelques kilomètres de la côte ouest de la Nouvelle-Zélande, avait été déserté par les fous de Bassan depuis quarante ans, chassés de leur éden aviaire par des espèces invasives. Pour restaurer ce havre, des ornithologues n’ont pas ménagé leurs efforts. Espérant le retour de la colonie, ils installèrent quatre-vingts fous de Bassan de béton sur l’île. Des statues grossièrement finies, au plumage blanc et au bec noir, diffusant grâce à des panneaux solaires des enregistrements mélodieux de chants d’oiseaux. Pour mieux leurrer d’éventuels congénères, de fausses déjections avaient également été étendues autour des statuettes inanimées.
L’arrivée miraculeuse de Nigel fut pour les conservateurs une bouffée d’optimisme. Ils en étaient désormais sûrs : si un fou de Bassan avait cru à leur piperie, l’avenir était assuré. Les fous, espèce particulièrement grégaire, reviendraient bientôt en nombre animer de leur cri guttural le paysage onduleux de Mana.

   


« Fascination morbide »
Mais las ! Nigel restait, au fil des semaines, seule âme vivante à peupler le lieu. Durant cinq ans, il a vécu sa vie de fou de Bassan sur la falaise, rythmée par les petites joies d’une vie d’oiseau : un vivaneau goûtu, une touffe d’herbe moelleuse, une brise marine revigorante…
Toujours, il revenait auprès de sa colonie agglomérée, à laquelle il était « très attaché », a commenté auprès du Guardian le responsable de la conservation de Mana, Chris Bell. « Avec le recul, je pense que ça a dû être une expérience pleine de frustration pour lui », poursuit le ranger, qui racontait au site néo-zélandais Stuff cette « fascination morbide » de Nigel pour l’inanimé.
Car si « aucun homme n’est une île », comme l’écrivait le poète anglais John Donne en 1624, l’aphorisme semble aussi irréfragable en ornithologie. Au fil du temps, Nigel a bien cherché à tisser des liens avec ses pairs de béton.
D’abord, ce fut un rapprochement auditif. Des piaillements qui se firent plus pressants à l’endroit d’un leurre en particulier. Puis, au bout de quelques mois, on le vit revenir sur la côte, le bec chargé d’algues et de brindilles. A côté de l’élue de son cœur, Nigel commença à construire un nid pour sa vaine idylle.
Fidèle à ses fantoches bétonnés
A la fin de 2017, pourtant, un bouleversement de taille se produisit sur Mana. Un choc qui aurait pu changer l’existence de Nigel, et l’inéluctable précipice tragique vers lequel il voletait. Contre toute attente, trois fous de Bassan — des vrais, en plumes et en os — avaient finalement choisi de rejoindre l’abri de Nigel.
Mais tout volatile qu’il était, Nigel n’était pas volage. Il resta fidèle à ses fantoches bétonnés, et particulièrement à son voisin de nid, avec qui il avait décidé de partager ses jours. C’est dans cet écrin conjugal que Nigel a été retrouvé mort, mercredi 31 janvier.
Dans tout conte, il y a une morale. Particulièrement inspiré par le destin de Nigel, le site américain Vice en a trouvé six. Parmi elles, le rappel que « l’amour est patient, l’amour est aveugle ». Vous a-t-on déjà reproché de vous être épris de quelqu’un qui ne méritait pas votre dévotion ? Ne les laissez pas vous distraire, et soyez sûrs de vos choix comme Nigel, dussiez-vous en mourir seul. Après tout, la littérature en est une illustration permanente : les plus belles histoires d’amour ne sont souvent pas les plus heureuses.
Vice recommande tout de même de vous interroger régulièrement sur les raisons profondes de votre amour. « Rappelons là tout de même que Nigel présentait de forts troubles de l’attachement s’il se satisfaisait d’être en couple avec quelqu’un qui n’a rien fait pour lui pendant quatre longues années », note le site américain.
L’épilogue de cette histoire revient au ranger Chris Bell, qui a résumé la peine de son équipe : « On a le sentiment que l’histoire aurait pu se terminer différemment, qu’on pouvait être au début de quelque chose d’encore mieux pour Nigel. » Pour vous assurer donc de ne pas passer à côté d’un destin plus heureux, mettez en application le précepte de Vice : « Ne mourez pas. » 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Deux plaintes pour viol ont été déposées contre le théologien suisse en octobre pour des faits remontant à 2009 et à 2012. Il avait été placé en garde à vue mercredi.
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Tariq Ramadan déféré au parquet de Paris

Deux plaintes pour viol ont été déposées contre le théologien suisse en octobre pour des faits remontant à 2009 et à 2012. Il avait été placé en garde à vue mercredi.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 14h42
    |

            Raphaëlle Bacqué








                        



   


A l’issue de quarante-huit heures de garde à vue, le parquet de Paris a requis vendredi 2 février la mise en examen de Tariq Ramadan pour viol et son placement en détention provisoire, selon une source judiciaire.
Les enquêteurs du deuxième district de police judiciaire ont enquêté pendant trois mois, méthodiquement et sans laisser échapper la moindre information, avant de se décider à entendre, à partir de mercredi 31 janvier, le théologien suisse de 55 ans, qui a longtemps disposé d’une très large audience auprès de centaines de milliers de musulmans européens.
Après avoir reçu deux plaintes pour viol, l’une déposée le 20 octobre 2017 par Henda Ayari, une ancienne salafiste devenue militante de la laïcité, l’autre le 27 octobre par une femme qui a préféré rester anonyme mais dont Le Monde avait publié le témoignage accablant, les policiers ont recueilli d’autres récits de femmes. Elles ont décrit la même forme d’emprise, la même violence et, selon un proche de l’enquête, « le même modus operandi » que celui dénoncé par les plaignantes, sans pour autant déposer plainte à leur tour.
Jeudi, il a été décidé que la confrontation avec Henda Ayari, qui subit depuis trois mois de nombreuses attaques sur les réseaux sociaux, serait renvoyée à l’instruction. Mais l’autre plaignante, que certains journaux ont affublée d’un prénom d’emprunt qu’elle n’a pas choisi, « Christelle », a accepté l’épreuve. La confrontation a duré trois heures et demie, en présence de Me Yacine Bouzrou, avocat de M. Ramadan, et de Me Eric Morain, conseil de sa victime présumée. Juste avant, deux perquisitions avaient eu lieu, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), dans un appartement où le théologien dispose d’un bureau et d’un pied-à-terre, l’autre en Haute-Savoie, à la frontière franco-suisse où il possède sa résidence principale.
Une petite cicatrice
« Tariq Ramadan m’a donné rendez-vous au bar de l’Hôtel Hilton de Lyon, où il était descendu pour une conférence, en octobre 2009 », a redit cette femme de 45 ans devant le petit-fils du fondateur des Frères musulmans. A l’époque, cette Française convertie à l’islam entretient, depuis le 31 décembre 2008, une correspondance avec M. Ramadan auprès duquel elle cherche conseil, comme nombre de musulmans qui se déplacent pour l’écouter.
Leur relation s’est peu à peu transformée, et ce dernier, qui vit séparé de son épouse, lui a promis le mariage religieux et, en attendant, un mariage temporaire sur Skype. C’est leur première rencontre, toutefois. « Au bout de dix minutes, il m’a dit : “Nous ne pouvons pas rester là, tout le monde nous regarde. Je suis une personne connue, et le Maghrébin à l’accueil m’a reconnu et n’arrête pas de nous regarder” », avait-elle expliqué dans sa plainte. Tariq Ramadan rejoint alors sa chambre par l’escalier pendant qu’elle, qui marche avec une béquille depuis un accident de voiture, prend l’ascenseur.
Selon la plaignante, l’agression aurait eu lieu très vite après son entrée dans la chambre : des gifles au visage, aux bras, aux seins et des coups de poing dans le ventre, une fellation et une sodomie imposées de force, de nouveaux coups, un nouveau viol. « Il m’a traînée par les cheveux dans toute la chambre pour m’amener dans la baignoire de la salle de bain pour m’uriner dessus », avait-elle assuré dans sa plainte, affirmant n’être parvenue à s’enfuir qu’au petit matin.
« Faux », proteste Tariq Ramadan qui affirme que la rencontre n’a duré qu’une demi-heure. Lors de la confrontation, le prédicateur a nié farouchement tout viol et même tout acte sexuel, alors que sa victime présumée donnait cependant des détails, et décrivait notamment une petite cicatrice, dont Ramadan est bien doté. A l’issue de cet échange tendu, l’islamologue a refusé de signer le procès-verbal.
Image écornée
L’affaire qui met en cause cette figure centrale de l’islam européen s’annonce donc difficile. Certes, de multiples témoignages publiés sur Internet ou rapportés par la presse ont peu à peu dressé le portrait d’un homme multipliant les relations féminines, à mille lieues de celui qui mettait sans cesse en garde les musulmans contre les rapports sexuels hors mariage en leur rappelant que c’est « devant Dieu qu’il nous est donné la possibilité de vivre une relation avec une femme ».
En Suisse, les journaux ont rapporté les récits d’anciennes élèves des deux collèges suisses où Tariq Ramadan avait enseigné. Ces jeunes femmes affirmaient qu’alors qu’elles étaient âgées de 16 à 18 ans, et donc mineures, ils les avaient séduites et convaincues d’avoir des relations sexuelles avec lui.
Même si la plupart de ces affaires sont prescrites ou si aucune autre femme n’a porté plainte, hormis Henda Ayari et « Christelle », ces témoignages ont très largement écorné l’image du prédicateur. Le 7 novembre, l’université d’Oxford a décidé « d’un commun accord » avec Tariq Ramadan la mise en congé immédiate de ce dernier du poste de professeur d’études islamiques contemporaines qu’il occupe dans un de ses collèges. Ces derniers jours, c’est le Qatar, qui finance la chaire de théologie – elle porte le nom de Sa Majesté Hamad Ben Khalifa Al-Thani, émir du Qatar de 1995 à 2013 – occupée jusque-là par M. Ramadan, qui a laissé entendre que celui-ci n’était plus le bienvenu dans l’émirat.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Les cancérologues Fabien Calvo et Dominique Maraninchi reviennent sur le bilan contrasté des quinze dernières années de lutte contre le cancer en France. Et sur les défis de cette médecine toujours plus personnalisée.
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édition abonné


Cancers : « L’objectif à l’horizon 2030, c’est 70 % à 80 % de guérisons »

Les cancérologues Fabien Calvo et Dominique Maraninchi reviennent sur le bilan contrasté des quinze dernières années de lutte contre le cancer en France. Et sur les défis de cette médecine toujours plus personnalisée.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 17h23
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 17h32
    |

            Paul Benkimoun








                        



                                


                            
« Quinze ans de recherches sur le cancer en France ». Ainsi s’intitule un rapport en forme de bilan réalisé à la demande de l’Institut national du cancer (INCa), mis en ligne vendredi 2 février, deux jours avant la Journée mondiale de lutte contre le cancer. Ses deux auteurs, le Pr Fabien Calvo, directeur scientifique du consortium Cancer Core (Institut Gustave-Roussy, Villejuif) et ancien directeur scientifique de l’INCa, et le Pr Dominique Maraninchi (Institut Paoli-Calmettes, Marseille), ancien président de l’INCa, reviennent pour Le Monde sur l’état de la lutte contre le cancer et les défis à relever.
Comment a évolué la situation du cancer en France depuis le début des années 2000 ?
Fabien Calvo : L’incidence du cancer s’est stabilisée plus ou moins en plateau pour les hommes et à un moindre degré pour les femmes [400 000 nouveaux cas de cancer au total en 2017]. La mortalité [150 000 décès] a connu une réduction majeure par rapport à 1980 si l’on tient compte de l’accroissement de la population et de son vieillissement, avec une diminution plus rapide chez les hommes. Du fait des facteurs démographiques, l’incidence devrait rester stable et nous pouvons espérer voir une diminution de la mortalité.

Dominique Maraninchi : L’accroissement de la survie à cinq ans après le diagnostic d’un cancer reflète bien cette évolution. Elle était de 30 % en 1970 et de 50 % en 2000. Les projections pour 2030 la situent aux environs de 70 % à 80 %. Nous vivons une période révolutionnaire avec un changement de l’image de la maladie, de sa compréhension scientifique, mais c’est aussi une révolution sociétale. Les choses ont bougé ces vingt dernières années, à l’instar du VIH-sida, où le courage politique, l’intervention sur tous les aspects liés à la maladie et l’organisation des soins en fonction des patients l’ont permis.

FC :...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Soupçonné de créer des contenus pédopornographiques, le développeur américain a été arrêté dans la nuit de mercredi à jeudi. Valve, son employeur depuis quinze ans, l’a suspendu de ses fonctions.
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Le cocréateur du jeu vidéo « Counter-Strike » arrêté pour exploitation sexuelle de mineur

Soupçonné de créer des contenus pédopornographiques, le développeur américain a été arrêté dans la nuit de mercredi à jeudi. Valve, son employeur depuis quinze ans, l’a suspendu de ses fonctions.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 13h42
   





                        



   


Il est le cocréateur de l’un des jeux vidéo les plus célèbres au monde : Jess Cliffe, membre de l’équipe de développement de Counter-Strike et employé de la société américaine Valve, a été arrêté le jeudi 1er février. Il est depuis détenu dans la prison du comté de King (Etat de Washington), et a vu sa demande de mise en liberté sous caution refusée.
Jess Cliffe, 36 ans, se voit reprocher des faits d’exploitation sexuelle de mineur. Interrogé par la chaîne de télévision américaine KIRO-7, qui a révélé l’affaire, le procureur du comté a expliqué que les faits d’exploitation sexuelle de mineur concernent « typiquement quelqu’un accusé de produire des contenus pédopornographiques ».
Interrogé dans la nuit par le site spécialisé Kotaku, un représentant de Valve a expliqué avoir suspendu Jess Cliffe « dans l’attente de davantage d’informations ». Ce vendredi à midi, Jess Cliffe était toujours incarcéré, mais sa demande de mise en liberté sous caution devrait être réexaminée dans l’après-midi.
Le créateur de l’un des jeux les plus joués
Jess Cliffe est le créateur, avec Minh Le, du jeu Counter-Strike. Dans ce jeu au départ amateur (en fait une modification complète du jeu Half-Life), deux équipes, incarnant respectivement des terroristes et des membres des forces antiterroristes, s’affrontent pour accomplir un objectif ou éliminer leur adversaire.
A sa sortie en 1999, le jeu devient un véritable phénomène, envahissant notamment les cybercafés et les tournois en réseau. Au point d’être racheté par Valve, l’éditeur d’Half-Life, qui offrira à ce projet amateur une sortie commerciale l’année suivante.
Jess Cliffe, chargé sur le jeu original de la coordination entre les développeurs, intègre ensuite Valve en 2003, après avoir terminé ses études. Il travaillait récemment sur la dernière version de Counter-Strike, Global Offensive, encore aujourd’hui l’un des trois jeux les plus joués sur Steam.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Les appareils de l’école d’aviation du Cannet-des-Maures se sont percutés près du lac de Carcès. La ministre des armées s’est rendue sur place.
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Var : cinq morts dans l’accident de deux hélicoptères militaires

Les appareils de l’école d’aviation du Cannet-des-Maures se sont percutés près du lac de Carcès. La ministre des armées s’est rendue sur place.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 10h23
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 17h45
   





                        



   


Deux hélicoptères militaires se sont écrasés près du lac de Carcès (Var), à une cinquantaine de kilomètres de Saint-Tropez, vendredi 2 février. Le crash a coûté la vie à cinq militaires à bord des appareils. C’est l’un des plus graves accidents survenus ces dernières années en France. La ministre des armées, Florence Parly, s’est rendue sur place dans l’après-midi.
Selon un communiqué de la préfecture du Var, « les secours ont retrouvé trois corps sans vie dans un hélicoptère et deux autres victimes dans un second ». Il s’agit de « cinq officiers de l’armée de terre » en « mission d’entraînement en vol dans le Var », a précisé le premier ministre dans un communiqué. Il s’agissait de trois instructeurs, dont l’un avait plus de cinq mille heures de vol à son actif, et de deux pilotes stagiaires, rapporte notre journaliste qui suit les questions de défense.
Les hélicoptères, des Gazelle de l’Ecole de l’aviation légère de l’armée de terre (Ealat) du Cannet-des-Maures, se sont écrasés vers 8 h 30. « L’un des deux [appareils] s’est disloqué et est tombé sur la route départementale, le second, à quelque 150 ou 200 mètres, a brûlé », a précisé sur place le préfet du Var, Jean-Luc Videlaine, ajoutant que « les causes de l’accident [n’étaient] à l’heure actuelle pas identifiables ».
L’hypothèse d’une collision est privilégiée
« L’hypothèse de travail est celle d’une collision entre les deux appareils », a déclaré Xavier Tarabeux, le procureur de Marseille, vendredi après-midi. Il a en revanche exclu la piste d’une collision des appareils avec une ligne électrique à haute tension.
Le lieu exact et la raison de cette collision restent pour le moment inconnus. Xavier Tarabeux a dit que « les pilotes étaient expérimentés, y compris les stagiaires à bord ». Selon l’adjoint au général commandant l’Ealat, ce sont deux instructeurs, avec une grande expérience, de trois mille à cinq mille heures de vol, qui étaient aux commandes des deux appareils. « Je ne crois pas que ce soit une erreur de pilotage, peut-être une erreur d’inattention, ou un problème mécanique », avait-il déclaré plus tôt.
Les deux Gazelle n’étaient pas équipés de boîte noire, selon le procureur.
Un secteur « régulièrement survolé » par l’armée
« Apparemment, il y aurait eu un télescopage (…). Cet accident est complètement incompréhensible », a déclaré pour sa part le maire de Carcès, Patrick Genre. Un autre élu présent sur les lieux, le conseiller départemental Jean-Pierre Veran, maire de la commune voisine de Cotignac, assurait qu’aucun accident n’avait jamais eu lieu dans ce secteur « régulièrement survolé » par l’armée, évoquant un « choc effroyable » et des débris « éparpillés ».
L’enquête a été confiée au parquet de Marseille et est menée par la section de recherches de la gendarmerie de l’air. Une vingtaine de militaires ont été déployés sur place, ainsi que le commandant de groupement de gendarmerie et le sous-préfet du Var.
Le président Emmanuel Macron a exprimé sa « grande émotion » en apprenant « la mort de cinq pilotes d’hélicoptères de l’armée de terre, à la suite d’un accident lors d’un vol d’entraînement dans la région du Luc-en-Provence, dans le Var ».
Créée en 1957, la base du Cannet-des-Maures accueille aujourd’hui une des implantations de l’école de l’aviation légère de l’armée de terre. Elle regroupe l’état-major de l’école et trois centres de formation, dont la base école Général-Lejay.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ « L’explosion des dépenses » du club marseillais est actuellement scrutée par les experts de l’UEFA.
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Football : l’OM sous surveillance dans le cadre du fair-play financier

« L’explosion des dépenses » du club marseillais est actuellement scrutée par les experts de l’UEFA.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 17h47
    |

            Rémi Dupré








                        



   


Après le Paris-Saint-Germain (PSG), c’est au tour de l’Olympique de Marseille (OM) d’être dans le viseur des experts du fair-play financier (FPF). Alors qu’une enquête a été diligentée en septembre 2017 contre le club de la capitale, la formation phocéenne ne fait pas officiellement l’objet d’une procédure formelle dans le cadre de ce mécanisme créé, en 2011, par l’Union des associations européennes de football (UEFA), et en vertu duquel les équipes du continent ne doivent pas dépenser plus qu’elles ne gagnent.
A la demande de l’OM, qui a donc pris les devants, un entretien a eu lieu, en janvier, entre les dirigeants marseillais et les membres de l’instance de contrôle financier des clubs (ICFC). Cet échange informel a été organisé dans le cadre du suivi ou « monitoring » des équipes qui participent aux compétitions de l’UEFA. Des informations financières et le plan de développement de l’OM à long terme ont été transmis aux experts du FPF.
Selon nos informations, l’ICFC s’interroge sur les investissements massifs réalisés par l’Américain Frank McCourt, propriétaire de l’OM depuis octobre 2016. « La solidité financière de M. McCourt n’est pas en cause », assure une source proche de l’ICFC tout en pointant « l’explosion des dépenses, des salaires et des primes », les « recettes stagnantes » et le « grand déficit » de l’Olympique de Marseille. Selon L’Equipe, le club phocéen a dépensé 120 millions d’euros en transferts depuis janvier 2017, recrutant des joueurs comme Dimitri Payet, Luiz Gustavo ou Adil Rami.
Vers une sanction négociée ?
Au moment du rachat de l’OM, l’institution affichait un haut niveau d’endettement (172 millions d’euros) à l’issue de l’exercice 2015-2016. A son arrivée à Marseille, M. McCourt avait d’ailleurs fait de la « stabilité financière » l’un des piliers de son « OM champions project ».
Si sa direction n’a pas réalisé d’opération lors du mercato d’hiver, l’institution marseillaise devrait donc enfreindre, en juin, la règle de 30 millions d’euros de déficit autorisé sur les trois dernières saisons. Sous surveillance de l’ICFC, l’OM s’expose donc à une sanction négociée, voire à une amende, dans la mesure où le club n’a jamais été pénalisé dans le cadre du fair-play financier. D’autres rendez-vous auront lieu, dans les prochains mois, entre les cadres marseillais et les experts du FPF.
En quête de nouveaux revenus (billetterie du Stade-Vélodrome, merchandising), les dirigeants phocéens escomptent attirer de nouveaux partenaires et tablent aussi sur les recettes du futur Musée de l’OM. Actuellement troisième de la Ligue 1, l’équipe de Rudi Garcia, qui affronte Metz vendredi lors de la 24e journée, espère « à moyen terme » faire son retour en Ligue des champions.
Si d’aventure l’OM parvenait à se qualifier au printemps pour la compétition, le club aurait « un an d’avance par rapport aux prévisions », glisse-t-on en interne. Devant la direction nationale du contrôle de gestion, le gendarme financier du football français, les dirigeants marseillais ont budgété une quatrième place en championnat.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Deux albums composés en partie par des programmes d’IA sortent en ce début d’année.
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Effet de mode ou révolution ? Comment l’intelligence artificielle s’invite dans la musique

Deux albums composés en partie par des programmes d’IA sortent en ce début d’année.





Le Monde
 |    02.02.2018 à 09h30
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 15h59
    |

                            Nicolas Six





Après être restée longtemps cantonnée aux laboratoires scientifiques et salles de musique savante, la musique composée par intelligence artificielle (IA) tente désormais de s’infiltrer dans des créations plus pop. Pour preuve, l’apparition, en ce début d’année, de deux albums de musique populaire redevables à des logiciels d’IA.
Hello World, commercialisé le 12 janvier et en partie enregistré à Paris, est un album collectif auquel a notamment participé Stromae, l’artiste pop qu’on ne présente plus, et Médéric Collignon, le jazzman aux trois Victoires de la musique. Des fragments de chansons ont été composés par la suite logicielle Flow Machines, qui produit des mélodies surprenantes et des enchaînements d’accords qui cassent les codes.



I am AI, un album de musique pop, est quant à lui annoncé pour ce début d’année, mais son premier single est sorti en août. Ses parties instrumentales ont été composées automatiquement par le logiciel Amper, en fonction des choix de l’artiste.



Effet de mode ?
En Europe et aux Etats-Unis, plusieurs start-up proposent d’autres logiciels d’IA aux musiciens comme AI Music, Popgun, Humtap, Melodrive ou encore Groov. AI. Effet de mode ou révolution ? Gérard Assayag, directeur d’une unité de recherche au prestigieux Institut de recherche et coordination acoustique/musique (Ircam), penche plutôt pour la première hypothèse.
« Dans ce domaine, les connaissances doivent encore mûrir. On nous présente souvent des morceaux dans lesquels les algorithmes ont construit l’ossature de la mélodie et des accords qui l’accompagnent, mais tout le reste (arrangement, orchestration, mixage) est fait de manière classiquement humaine. Or les morceaux pop partagent 80 % de leurs structures d’accords ; ce n’est pas là qu’est l’invention, la singularité qui crée le tube. Il y a évidemment une démarche marketing à affirmer que les IA créent tout à coup des morceaux de “musique populaire”. »
Il faut dire que la combinaison de mots « intelligence artificielle » est un étendard payant pour une jeune pousse, tant elle est en vogue parmi les investisseurs de la Silicon Valley. L’Union européenne elle-même a financé le logiciel Flow Machines, à travers le Conseil européen de la recherche.
Mais cette effervescence n’est pas qu’une illusion. Gérard Assayag concède que « quelque chose est en train de commencer à frémir, à bouillir ». Les expérimentations mêlant musique et IA sont loin d’être nouvelles, elles remontent aux années 1960. Mais la musique par IA est probablement en train de franchir un cap, grâce aux évolutions rapides des connaissances sur les réseaux de neurones artificiels.
Jusqu’aux années 2010, les chercheurs ont surtout essayé d’édifier des systèmes d’IA à partir de règles qu’eux-mêmes édictaient. Une IA basée sur un réseau de neurones artificiels est beaucoup plus libre : elle crée ses propres règles. En se « nourrissant » de centaines de musiques du même style, elle repère les récurrences et apprend elle-même à les imiter.

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De l’imitation à la création
Toutefois, l’apprentissage automatique pose problème. Cette technique est redoutable lorsqu’il s’agit d’imiter un style ou un compositeur. Mais imiter à la perfection est-il un bon objectif artistique ? L’architecte système du logiciel Amper, Cole Ingraham, n’en est pas convaincu :
« Un artiste qui se contente d’imiter un genre est perçu comme moins important que l’objet de son imitation. De l’autre côté, un artiste trop créatif est, au mieux, souvent vu comme en avance sur son temps. Au pire comme un épouvantable artiste. »
Pour François Pachet, qui a dirigé le laboratoire parisien Sony SCL à l’origine de Flow Machines, « la création est une combinaison subtile d’imitation et d’innovation très dosée. Je ne suis pas certain qu’il existe des règles en la matière. La créativité est un problème qui reste très mal posé. On ne sait pas ce que c’est. » Selon lui, la plupart des chercheurs en musique par IA s’intéressent surtout à l’imitation. Mais comment créer un automate doué de « créativité artificielle » ? Les chercheurs explorent plusieurs voies.
Flow Machines, par exemple, est fondé sur des modèles mathématiques moins sûrs, quitte à produire davantage de fausses notes. Pour générer des mélodies ou des accords créatifs, François Pachet donne des contraintes contradictoires, impossibles à résoudre, pour obtenir un résultat original.



En forçant l’algorithme à coller deux bouts de musique incollables, la surprise émerge. En demandant à Flow Machines une mélodie « rock » tout en imposant des accords « pop », l’intelligence artificielle produit des résultats inattendus.



Gérard Assayag fait état d’une autre ruse : faire collaborer deux réseaux de neurones artificiels aux rôles bien distincts. C’est le dialogue de ces systèmes – baptisés réseaux adversariaux – qui produit quelque chose de nouveau.
« Un “réseau faussaire” essaie de produire des œuvres. Face à lui, un réseau expert doit évaluer si l’œuvre a été produite par ledit faussaire, ou provient plutôt du “vrai” monde. Ces réseaux apprennent de leurs erreurs, donc s’améliorent en permanence. Le faussaire produit des œuvres qui sont à la fois de plus en plus originales, mais aussi de plus en plus crédibles. »

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Les musiciens remplacés ?
Les professionnels de la musique doivent-ils craindre la concurrence des systèmes d’IA ? De l’avis général, il n’existe aujourd’hui aucun programme d’IA capable de produire une chanson séduisante de A à Z, avec sa mélodie, ses accords, ses rythmes, ses instruments, ses effets…
Mais avec des logiciels comme Amper, les ingénieurs du son, les musiciens de studio, les producteurs pourraient avoir moins de travail, comme le laisse deviner le processus de création de Tayler Southern, qu’elle expliquait au site The Verge après le premier single d’I Am AI :
« [Habituellement], je dois toujours travailler avec un producteur, qui peut se saisir de ma vision, puis en faire quelque chose que j’aime vraiment. Il y arrive parfois. D’autres fois, je lutte pour trouver une osmose avec cette personne. Voilà pourquoi l’IA est super. J’ai une vision pour une chanson et je peux l’explorer avec Amper jusqu’à ce que je sois contente (…). Parfois, le résultat me surprend (…). Ça peut me donner l’impression de me libérer, parce que tu n’as pas besoin de bases en instrumentation pour fabriquer un super chanson. Tu as juste besoin d’une bonne oreille (…). Je suis convaincue que c’est le démarrage de la musique par IA, de la même façon que le sample a changé le hip hop. »
L’objectif est aussi d’économiser de l’argent, comme l’explique à CNN Drew Silverstein, PDG d’Amper Music : « La création humaine et les musiciens humains ne disparaîtront pas. Nous essayons juste de faire en sorte que passer plus de 10 000 heures et dépenser des milliers de dollars ne soit plus une obligation pour partager et exprimer des idées. »
La jeune pousse Jukedeck a probablement commencé d’amputer les revenus de certains compositeurs : son système d’IA génère de la musique au kilomètre destinée au fond sonore de vidéos. Le résultat est de piètre qualité, mais le prix de chaque morceau est attractif : un dollar pour les petites entreprises.
Prochaine étape, les musiques d’ambiance, comme l’a déclaré le jeune fondateur de Jukedeck au journal The Guardian : « Est-ce qu’un jour un logiciel qui vous connaît sera capable de composer une musique pour vous endormir ? Absolument. C’est typiquement le domaine dans lequel une intelligence artificielle peut s’avérer utile. »
La qualité en ligne de mire ?
Comment un système d’IA parviendrait-il à composer des chansons de qualité ? Plusieurs observateurs français ou américains évoquent un scénario qui les inquiète. L’idée serait de mettre des centaines de réseaux neuronaux artificiels en concurrence. Leurs compositions, d’abord médiocres, seraient diffusées à grande échelle sur Internet, avec Deezer ou Spotify, par exemple. Cela permettrait de savoir quels réseaux neuronaux ont créé les chansons les plus populaires, puis de les cloner. Les réseaux moins efficaces seraient éliminés. Le cycle de création serait relancé des milliers de fois. Les compositions s’amélioreraient petit à petit.
François Pachet, qui a récemment quitté Sony pour Spotify, n’y croit pas :
« Cela ne donnera rien. Les gens ne sont pas d’accord sur ce qu’est une bonne chanson. Dans le champ de la “créativité computationnelle”, des chercheurs travaillent à des choses proches. Rien de musicalement intéressant n’en est jamais sorti. »
Gérard Assayag, lui, rappelle surtout que depuis bientôt soixante ans, « aucun modèle d’IA n’a réussi à produire une rupture musicale » comme le chromatisme de Wagner, le son de Jimi Hendrix ou les rythmes de James Brown.




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Article sélectionné dans La Matinale du 01/02/2018
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L’« affaire Théo » met en lumière le tabou des violences sexuelles dans les cités

Il y a un an, Théo L. était grièvement blessé par un coup de matraque dans l’anus. Depuis, des habitants des quartiers populaires se confient à sa famille.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 15h24
    |

            Louise Couvelaire








                        



                                


                            
Ces confidences, Eléonore n’était pas préparée à les recevoir. Ni Mickaël. Ça leur est tombé dessus d’un coup, il y a un an, dans les jours qui ont suivi l’interpellation de leur petit frère, Théo L., 23 ans aujourd’hui, dans la cité de la Rose-des-Vents, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Au cours d’un contrôle d’identité qui a mal tourné, le 2 février 2017, le jeune homme a été grièvement blessé par un coup de matraque télescopique dans l’anus, provoquant une section de son sphincter anal et une lésion de son canal de dix centimètres de profondeur.

Théo était encore à l’hôpital lorsqu’un agent de l’inspection générale de la police nationale (IGPN) a, pour la première fois, évoqué le motif de la mise en examen du policier utilisateur de la matraque : « Viol ». Un « choc » pour la famille. « Un viol ? Entre deux hommes en plus ? Pour nous, ce n’était pas possible, ça nous a pris du temps avant de percuter, raconte Eléonore, 38 ans, ancienne animatrice, actuellement en formation boulangerie. Nous avons eu du mal à l’accepter. Théo aussi. »
La fratrie – six frères et deux sœurs – était prête à affronter au grand jour « la puissante institution de la police » aux côtés du benjamin de la famille, érigé en emblème de la lutte contre les violences policières, mais pas à « se retrouver avec toute la misère du quartier entre les mains », lâche Mickaël, 34 ans, vêtu d’un tee-shirt « Justice pour Théo : on n’oublie pas, on ne pardonne pas ».
« Profond désarroi »
Malgré eux, ils ont été projetés dans une « autre réalité des cités » dont ils ne soupçonnaient pas l’ampleur : le silence qui entoure les violences sexuelles. « Un sujet dont on ne parle jamais », dit Eléonore. Pas même à la suite des mouvements de libération de la parole #metoo et #balancetonporc. « Ces hashtags n’ont pas gagné les quartiers populaires, confirme Laetitia Nonone, fondatrice...




                        

                        


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Migrants : à Calais, une explosion de violence

Une rixe entre migrants afghans et africains a fait une vingtaine de blessés, jeudi, dont plusieurs par balles.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 10h41
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 14h28
    |

            Maryline Baumard








                        



Calais rime désormais avec chaos. La « ville frontière », où se massent quelque 800 exilés (500 à 600 selon la préfecture), a vécu, jeudi 1er février, un « degré de violence jamais connu », de l’aveu même du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, qui a passé la nuit sur place. « Je suis venu réaffirmer notre mobilisation face aux passeurs qui nourrissent quotidiennement violences et rixes », a ajouté le ministre, en visitant le commissariat, alors que la communauté migrante comptait une vingtaine de blessés dont plusieurs touchés par balle. Quatre d’entre eux étaient entre la vie et la mort vendredi matin.
De violents affrontements entre migrants afghans et africains ont éclaté en début d’après-midi jeudi sur un lieu voisin d’une distribution de nourriture opérée par les associations. Tout a commencé par les tirs à l’arme à feu d’un ressortissant afghan, précise l’AFP, qui y lit « la thèse de la présence de passeurs sur place ». Les blessures graves de cinq jeunes Erythréens ont entraîné la riposte des Africains en soirée sur le lieu principal de distribution de nourriture, à proximité de l’ancienne jungle. « Les jeunes Oromos sont arrivés avec des barres de fer et des bâtons », observait un associatif choqué par les scènes dont il a été témoin. La police recherchait vendredi matin un ressortissant afghan qui aurait été particulièrement impliqué dans la rixe initiale.
Exacerbation de la tension générale
Depuis la visite, le 16 janvier, du chef de l’Etat, la situation se détériore un peu plus chaque jour. Les déclarations d’Emmanuel Macron ont eu deux conséquences immédiates. D’abord, les organisations humanitaires ont noté un afflux important de migrants. « A Paris et ailleurs, les exilés ont entendu que le chef de l’Etat enchaînait sa visite à Calais avec une rencontre de Theresa May, la première ministre britannique, pour un sommet franco-britannique. Ils sont donc arrivés massivement ici pour bénéficier du regroupement familial et du passage des mineurs, objet de la négociation », observe un humanitaire qui s’était déjà inquiété la semaine passée du changement d’ambiance sur ce territoire où les équilibres entre différentes communautés sont très pré­caires, mais essentiels pour ­éviter les rixes.
L’autre effet immédiat du discours du chef de l’Etat a été une exacerbation de la tension générale. Après les chaleureuses félicitations adressées aux forces de l’ordre et l’annonce de l’octroi d’une prime aux policiers de ­Calais – alors que l’inspection des polices avait souligné comme « plausibles » en octobre 2017 des « manquements à la doctrine d’emploi de la force et à la déontologie policière » –, l’écrivain et chroniqueur Yann Moix a accusé Emmanuel Macron, dans les colonnes de Libération, d’avoir instauré à Calais un « protocole de la bavure ». Dans cette lettre ouverte au président, il affirmait avoir filmé des « actes de barbarie ». Le préfet avait dénoncé des « affirmations infamantes pour les forces de l’ordre », estimant que le réalisateur confond « violences policières » et « opérations de maintien de l’ordre ».

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Dans un contexte où police et gendarmerie sont mandatées pour éviter « tout point de fixation », la frontière entre les deux semble en effet poreuse. « Tous les matins, depuis quatre jours, les forces de l’ordre “désquattent” tout de A à Z », observe ainsi Jean-Claude Lenoir, le président de l’association Salam. Cela signifie qu’ils démantèlent tout semblant d’abri de fortune, confisquant du même coup les biens des migrants, au prétexte qu’ils sont abandonnés, puisque ces derniers fuient rapidement à l’arrivée d’un uniforme.
Plainte d’associations
Le Monde avait été témoin, le 6 décembre 2017, d’une de ces « opérations désquattage » durant laquelle les affaires personnelles d’un groupe de migrants réveillés par les forces de l’ordre avaient été jetées à la benne à ordures, et des associations ont porté plainte pour la destruction d’effets leur appartenant. Depuis, la préfecture a annoncé un dispositif de récupération des sacs, mais jeudi, les exilés devaient « présenter une pièce d’identité pour pouvoir le faire », comme a pu l’observer Vincent de Coninck, du Secours Catholique. En conséquence, « ils sont de plus en plus nombreux à enterrer leurs affaires personnelles, comme des animaux, pour éviter de se retrouver dans cette situation », déplorait jeudi l’humanitaire.
Les migrants qui tentent le passage en Grande-Bretagne refusent en effet le dispositif de mise à l’abri mis en place par l’Etat sous forme de deux centres d’accueil et d’examen des situations, ouverts après injonction du Conseil d’Etat en juillet 2017. Ces lieux se trouvent loin de Calais et l’examen des situations administratives qui aboutirait au renvoi d’une très large part d’entre eux vers un autre pays européen, au nom de l’application des accords de ­Dublin, les dissuade d’y aller.

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Dans ce contexte, rendu plus difficile encore par le froid et la pluie, la population migrante de Calais a atteint un épuisement total qui « redonne du pouvoir aux passeurs », note M. Lenoir, « puisque les jeunes migrants veulent fuir à tout prix » ce lieu invivable. Fort d’une connaissance historique du lieu, cet ancien enseignant estime que l’Etat se fourvoie et rappelle que des politiques purement répressives, « ont déjà été tentées par d’autres gouvernements depuis vingt ans, mais ont toujours fait la preuve de leur échec ».
Le milieu associatif calaisien s’inquiète globalement que la seule réponse apportée au problème soit une nouvelle fois l’augmentation du nombre de forces de l’ordre affectées au lieu etdéjà supérieur au nombre de migrants. Rebondissant sur la promesse de M. Macron le 16 janvier, Gérard Collomb a indiqué vendredi : « Dans les quinze prochains jours, nous serons capables de prendre en charge la distribution des repas. » Ila par ailleurs « fait appel au bon sens des associations : il ne peut y avoir d’organisation sauvage ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Des faits présumés d’attouchements sexuels remontent à un camp de vacances dans les années 1990. Sans autre plainte, le dossier pourrait être classé, ces faits étant prescrits.
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Nice : un curé suspendu d’activités avec des jeunes en raison d’une plainte

Des faits présumés d’attouchements sexuels remontent à un camp de vacances dans les années 1990. Sans autre plainte, le dossier pourrait être classé, ces faits étant prescrits.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 18h08
   





                        


Un curé de la région de Nice a été suspendu de toute activité auprès de la jeunesse à la suite d’une plainte concernant des faits présumés d’attouchements sexuels remontant à un camp de vacances des années 1990, a-t-on appris du diocèse vendredi 2 février. Le parquet de Nice, interrogé, n’avait pas encore réagi vendredi après-midi.
« L’évêque lui a retiré tout ministère auprès des jeunes, notamment dans l’enseignement catholique car une plainte a été déposée. C’est à titre strictement préventif et c’est à la justice d’enquêter sur cette affaire », a dit un responsable de la communication du diocèse, confirmant une information de France 3 Côte d’Azur. C’est à la rentrée scolaire que le curé a été mis à l’écart des jeunes, autorisé en attendant à officier dans sa paroisse.

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Prescription
Le plaignant, un homme de 41 ans, raconte qu’adolescent, il fut victime d’attouchements par le curé pendant un camp de vacances à la neige. Il n’avait alors rien dit, et le curé était même devenu un ami de la famille.
Selon France 3, plusieurs personnes ont été auditionnées, mais le dossier pourrait être classé sans suite si aucun témoignage ne débouche sur une nouvelle plainte, car les faits dénoncés sont prescrits.
« En l’état, il y a une seule plainte et, du point de vue judiciaire, les faits sont prescrits », a confirmé l’évêché, soulignant que l’évêque André Marceau avait immédiatement répondu au plaignant dès que celui-ci l’avait contacté, l’assurant de sa compassion et des dispositions prises visant le curé.

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Opération transparence
Cette affaire survient deux ans après l’ébranlement sans précédent que fut pour l’Eglise catholique française l’affaire Bernard Preynat — du nom du prêtre qui aurait sexuellement agressé des dizaines de scouts de Sainte-Foy-lès-Lyon (Rhône) dans les années 1970 et 1980.
Un an plus tard, en janvier 2017, la Conférence des évêques de France (CEF) avait publié les premières statistiques depuis six ans sur la pédophilie dans ses rangs.
Selon la CEF, il y aurait neuf prêtres, diacres ou religieux emprisonnés pour des violences sexuelles sur des mineurs (autant qu’en 2010), et trente-sept seraient sortis de prison après l’exécution de leur peine. Le nombre de mis en examen (vingt-six, contre quarante-cinq en 2010) serait en revanche en nette diminution. L’Eglise aurait en outre signalé en six ans cent trente-sept faits au parquet.
Pour la première fois, l’épiscopat avait établi un recensement des victimes qui s’étaient manifestées auprès des institutions ecclésiales. Elles seraient au nombre de deux cent vingt-deux. « Parmi elles, certaines dévoilaient des faits anciens ou très anciens, pour lesquels les auteurs pouvaient être morts », note la CEF. Plus de 60 % des témoignages concernent des faits survenus avant 1970 ; 35 %, des faits survenus entre 1970 et 2000 ; et 4 %, des agressions commises depuis les années 2000.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Le dirigeant souhaite « restaurer la confiance » avec les consommateurs après la crise du lait infantile contaminé.
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Le PDG de Lactalis adresse pour la première fois ses excuses

Le dirigeant souhaite « restaurer la confiance » avec les consommateurs après la crise du lait infantile contaminé.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 14h48
   





                        



   


Le PDG du groupe français Lactalis, Emmanuel Besnier, adresse pour la première fois vendredi 2 février ses « plus sincères excuses » aux familles des victimes de la contamination à la salmonelle de ses laits infantiles, dans une lettre ouverte diffusée sur le site du groupe.
« Toute l’entreprise, moi le premier, sommes mobilisés vers un objectif commun : réparer et améliorer ce qui doit nécessairement l’être et restaurer la confiance entre vous et nous. Cette confiance, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour la rétablir : le chemin sera long mais nous y parviendrons, j’en suis persuadé », explique le dirigeant du groupe laitier.

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Sur le plan social concernant le site de Craon, en Mayenne, M. Besnier redit qu’il fera « tout ce qui est nécessaire pour que les salariés concernés puissent bénéficier d’une proposition de mobilité dans l’un des sept sites industriels et logistiques du groupe situés dans un rayon de 50 km ». Saluant la discrétion de ses équipes, Emmanuel Besnier loue l’engagement de l’ensemble des collaborateurs du groupe, des salariés du site de Craon, principal employeur de la ville, « pendant une période de plusieurs semaines de traitement médiatique, qui a profondément impacté la plupart de nos collaborateurs ».

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Plus de 200 nourrissons malades
Emmanuel Besnier avait annoncé dans une interview aux Echos, jeudi, l’arrêt définitif de la tour de séchage no 1 de Craon. Lactalis avait dû stopper le 8 décembre sa production de laits infantiles sortis de l’usine, après avoir découvert des salmonelles dans des laits de marque Picot et Milumel.
Après plusieurs semaines de crise, le groupe a procédé à la mi-janvier au retrait total de tous les laits infantiles sortis de l’usine de Craon – pas moins de 12 millions de boîtes –, pour cause de risque de contamination.

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L’épidémie de 2005 avait touché 146 nourrissons, tandis que celle de 2017 en a affecté 37 en France, ainsi qu’un autre en Espagne, et un autre probable en Grèce. Le bilan dépasse donc 200 enfants malades à cause d’une souche unique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Si l’usine de Saint-Saulve, dans le Valenciennois, ne trouve pas de repreneur dans l’année, l’Etat apportera 5 des 14 millions d’euros pour couvrir le plan social du site.
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Ascoval : l’Etat accepte de mettre la main à la poche

Si l’usine de Saint-Saulve, dans le Valenciennois, ne trouve pas de repreneur dans l’année, l’Etat apportera 5 des 14 millions d’euros pour couvrir le plan social du site.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 15h59
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 16h11
    |

            Philippe Jacqué








                        



   


Les 299 salariés de l’usine Ascoval Saint-Saulve peuvent souffler. Après trois heures de négociations avec Schmolz + Bickenbach, le repreneur d’Ascometal, l’ancien co-propriétaire à hauteur de 60 % d’Ascoval, avec Vallourec, qui détient toujours 40 % de cette société, l’Etat et la région Hauts-de-France ont obtenu un accord, vendredi 2 février, pour sécuriser financièrement l’avenir ou un éventuel arrêt du site d’ici un an.

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Comme il l’avait annoncé mardi 30 janvier, Schmolz + Bickenbach s’est engagé à racheter un volume suffisant d’acier à son coût de production (qui est aujourd’hui au-dessus du prix de marché) pendant un an.
Cela permettra à l’usine d’obtenir auprès du tribunal d’instance de Strasbourg l’autorisation de fonctionner pendant un an sous procédure de sauvegarde le temps de trouver un repreneur. « Nous disposons de pistes, a assuré Bruno Le Maire, le ministre de l’économie. Il n’y en a pas cinquante, mais nous voulons y croire. » 
« Toute notre énergie sera mise pour trouver un repreneur  »
En l’absence de repreneur, l’Etat, Vallourec et le groupe suisse se sont engagés à financer à hauteur de 12 millions d’euros un fond destiné à couvrir la fermeture du site. Dans le détail, l’Etat va accorder une exonération de charges d’un an, équivalent à 5 millions d’euros, tandis que Vallourec et Schmolz + Bickenbach apportent chacun environ 3,5 millions d’euros. « Si les choses se passent mal dans un délai au-delà d’un an, il y a aura les fonds disponibles pour financer un plan social dans les meilleures conditions », a précisé M. Le Maire.
Cependant, a poursuivi le ministre de l’économie, « ce n’est pas notre perspective. Notre priorité, c’est la pérennité du site d’Ascoval et de trouver un repreneur. Avec cet accord, toute notre énergie sera mise pour trouver un repreneur pour le site. »
Afin d’aider à la reprise du travail, la région Hauts-de-France a accepté de financer, à la demande des syndicats du site, une prime d’activité pour les salariés à hauteur de deux millions d’euros. Entre le fonds de 12 millions d’euros, et cette prime d’activité, 14 millions d’euros sont promis aux salariés de l’usine de Saint-Saulve. Un représentant de l’Intersyndicale, Nacim Bardi (CGT), s’est déclaré « assez satisfait », ajoutant que « si le plan est validé par les salariés lors de l’assemblée générale qui a lieu ce vendredi après-midi, le travail reprendra lundi matin ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Après deux années consécutives de baisse, le chiffre d’affaires de la maison britannique s’envole de 26 %, à 5,1 milliards de livres.
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Des enchères d’exception portent Christie’s

Après deux années consécutives de baisse, le chiffre d’affaires de la maison britannique s’envole de 26 %, à 5,1 milliards de livres.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 11h40
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 16h29
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            

Un vif rebond après le creux de la vague. Christie’s a annoncé vendredi 2 février un chiffre d’affaires mondial 2017 en forte hausse, de 26 %, à 5,1 milliards de livres (5,8 milliards d’euros). Ce bon résultat tient beaucoup au prix stratosphérique atteint par le Léonard de Vinci, Salvator Mundi vendu, en novembre, à 450,3 millions de dollars (360 millions d’euros) à New York au prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed Ben Salmane. Cette peinture sur bois de noyer a crevé le plafond des œuvres les plus chères jamais vendues. Avant le prochain record. Et elle a indéniablement redonné des couleurs à Christie’s. « Mais ce n’est pas la seule », affirme au Monde Edouard Boccon-Gibod, directeur général de Christie’s France : sept des dix enchères les plus hautes atteintes en 2017 l’ont été sous le marteau de l’une des salles de ventes de la maison britannique dont François Pinault est l’unique actionnaire.

Qu’il s’agisse de Red Skull, une toile de Jean-Michel Basquiat adjugée 16,5 millions de livres à Londres, de la longiligne sculpture Grande femme II d’Alberto Giacometti qui a trouvé preneur à Paris pour 24,9 millions d’euros ou encore d’une lettre d’Albert Einstein à un ami vendue en ligne à plus de 106 000 dollars, les ventes médiatiques n’ont pas manqué. M. Boccon-Gibod se félicite aussi d’« une augmentation de la part de marché de Christie’s dans toutes les catégories d’œuvres ». De l’art contemporain aux tableaux anciens, en passant par la photographie ou les dessins…
Dans la compétition « assez féroce » qui se joue avec son grand rival, l’Américain Sotheby’s, « où aucun cadeau n’est fait » à l’autre, selon M. Boccon-Gibod, « nous sommes fiers d’avoir réalisé 1 milliard de livres de plus qu’eux l’an dernier ». Les premières estimations de Sotheby’s qui publiera ses comptes début mars, font état de 4,68 milliards de dollars enregistrés lors des ventes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Pékin a annoncé vendredi de nouvelles règles pour obliger, à partir du 20 mars, les plateformes de microblogs à mettre en place un mécanisme contre les « fausses informations ».
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La Chine adresse un nouvel avertissement aux réseaux sociaux

Pékin a annoncé vendredi de nouvelles règles pour obliger, à partir du 20 mars, les plateformes de microblogs à mettre en place un mécanisme contre les « fausses informations ».



Le Monde
 |    02.02.2018 à 16h31
    |

            François Bougon








                        



   


Le gouvernement chinois a de nouveau rappelé à l’ordre, vendredi 2 février, les plateformes de microblogs, dont la plus connue est Sina Weibo, l’équivalent de Twitter, avec ses 376 millions d’utilisateurs. Les plateformes devront notamment mettre en place un mécanisme pour enlever les « fausses informations », selon de nouvelles régulations publiées par l’administration chinoise du cyberespace et qui entreront en vigueur le 20 mars. Elles devront également conserver les posts publiés par leurs utilisateurs pendant au moins six mois.

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L’objectif, souligne le texte est de « promouvoir un développement ordonné et sain des services d’informations sur les microblogs, protéger les intérêts légitimes des citoyens, entreprises et autres groupements et défendre la sécurité nationale et l’intérêt public ».
Depuis son arrivée au pouvoir en 2012, le secrétaire général du Parti communiste chinois (PCC) et président Xi Jinping a renforcé le contrôle politique sur Internet, tout en le promouvant afin de servir la croissance économique. Certains points évoqués dans ce nouveau règlement sont des rappels, comme la nécessité d’un enregistrement des utilisateurs sous leurs véritables identités. « Les fournisseurs de services de microblogging doivent jouer un rôle actif en faveur du développement économique et du service au grand public, promouvoir les valeurs fondamentales du socialisme, diffuser une culture de haut niveau, soutenir une orientation correcte de l’opinion publique et préconiser l’accès à Internet », indique l’administration du cyberespace.
« Premier censeur de la planète »
Samedi, Sina Weibo avait dû suspendre certains de ses services pendant une semaine après avoir été accusé par les autorités d’avoir propagé des « contenus nocifs ». L’une des accusations rituelles, selon le jargon en vigueur dans les textes officiels, est une « mauvaise orientation de l’opinion publique », ce qui signifie généralement des critiques envers l’Etat-parti chinois. Sina Weibo « a contrevenu aux lois et règlements du pays, orienté l’opinion publique dans la mauvaise direction, et exercé une très mauvaise influence », a affirmé l’administration.
Vendredi, la cyberadministration a également fermé huit comptes de microblogs, hébergés par Baidu, un autre gros opérateur chinois, accusés de diffuser des ragots sur la vie privée des stars et de mettre en danger « la santé mentale et physique des jeunes gens ».

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Les opérateurs du Net chinois sont censés superviser eux-mêmes la censure des contenus illégaux. Une loi sur la cybersécurité, entrée en vigueur en juin 2017, a renforcé les sanctions et les interdictions. Pour l’organisation de défense de la presse Reporters sans frontières (RSF), la Chine est le « premier censeur de la planète et prédateur de la liberté de la presse ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Abusée à l’âge de 13 ans, l’animatrice Flavie Flament témoignait devant des députés, le 31 janvier, plaidant pour l’allongement du délai de prescription des crimes sexuels sur mineurs.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Docteur en sciences politiques, écrivain, historien, et « passionné par le Liban » selon le Front national, Edouard Ferrand était père de cinq enfants et député au Parlement européen depuis 2014.
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Edouard Ferrand, député européen FN, est mort

Docteur en sciences politiques, écrivain, historien, et « passionné par le Liban » selon le Front national, Edouard Ferrand était père de cinq enfants et député au Parlement européen depuis 2014.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 11h23
   





                        



   


Le Front national annonce la mort à 52 ans, jeudi 1er février, du député européen Edouard Ferrand, des suites d’une longue maladie. Dans un communiqué, le parti d’extrême droite salue un « ardent défenseur des valeurs traditionnelles et de la ruralité », un « parlementaire exemplaire, dévoué et [qui] menait avec énergie la délégation française du groupe ENF (Europe des nations et des libertés) au Parlement européen ».
Docteur en sciences politiques, écrivain, historien, et « passionné par le Liban », selon le FN, Edouard Ferrand était père de cinq enfants et député au Parlement européen depuis 2014. M. Ferrand sera remplacé au Parlement européen par Jacques Colombier, président du groupe des élus FN au conseil régional de Nouvelle Aquitaine.
17 eurodéputés FN
Le FN compte 17 députés sous son étiquette au Parlement européen, et deux autres députés proches, non inscrits, qui sont le cofondateur du FN Jean-Marie Le Pen et Bruno Gollnisch.
Aux élections européennes de 2014, le FN avait obtenu 24 sièges, mais cinq députés ont quitté depuis le parti, dont trois (Mireille d’Ornano, Sophie Montel et Florian Philippot) sous la bannière des Patriotes, rattachée désormais au groupe EFDD (Europe de la liberté et de la démocratie directe).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Editorial. Après l’intervention militaire de Riyad, le pays est plus divisé que jamais et doit faire face à la « pire crise humanitaire de la planète », selon l’ONU.
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Guerre au Yémen : le fiasco de l’intervention saoudienne

Editorial. Après l’intervention militaire de Riyad, le pays est plus divisé que jamais et doit faire face à la « pire crise humanitaire de la planète », selon l’ONU.



Le Monde
 |    02.02.2018 à 11h23
 • Mis à jour le
02.02.2018 à 13h39
   





                        


Editorial du « Monde ». Les dirigeants des pays du Golfe se sont assez lamentés sur l’incompétence de Washington et le désastre engendré par l’invasion de l’Irak en 2003 pour qu’ils ne fassent pas preuve d’un minimum de lucidité sur leur propre fiasco au Yémen.
Dernier épisode en date de la longue descente aux enfers de l’ancienne « Arabie heureuse » : la prise du port d’Aden par des milices locales apparentées au mouvement séparatiste sudiste. Il y avait déjà deux ­Yémens. Celui contrôlé par les rebelles houthistes, qui tiennent la capitale Sanaa et la plus grande partie des hauts plateaux du Nord. Et celui sous contrôle du gouvernement légitime, qui s’étire le long du littoral sud et ouest, ainsi que dans le désert oriental et quelques poches au nord. Un troisième Yémen émerge désormais, à Aden, mais aussi à Moukalla, à l’extrémité orientale du pays, où les séparatistes sudistes étendent leur emprise. Sans compter les « zones grises » où Al-Qaida prospère.
Ironie de l’affaire, la dislocation du pays, et en particulier l’émergence du mouvement sudiste – qui a des racines profondes dans l’histoire yéménite –, est le fruit des divergences d’approche entre l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, les deux principaux membres de la coalition arabe intervenue en mars 2015 au Yémen pour refouler la menace présentée par les houthistes, soutenus par l’Iran chiite, le grand rival régional des pétromonarchies sunnites. Abou Dhabi, qui n’a pas confiance dans le président en exil Abd Rabbo Mansour Hadi, hébergé et protégé par Riyad en raison de ses liens avec les Frères musulmans, n’a de cesse de saper son autorité, déjà branlante. L’Arabie saoudite laisse faire, par un mélange de nonchalance et d’incompétence.
Plus de 10 000 morts
Cette guerre, l’Arabie saoudite l’a décidée sans concertation avec ses alliés, à commencer par les Etats-Unis. En mars 2015, Barack Obama était encore à la Maison Blanche et ses relations avec Riyad étaient au plus bas. La monarchie saoudienne, prise en mains par les « faucons » entourant Mohammed Ben Salman, le jeune prince héritier et fils du nouveau roi Salman, soupçonnait le président américain de vouloir sacrifier la sécurité de ses alliés traditionnels dans le Golfe à un accord sur le programme nucléaire iranien, alors en cours de négociations. Pour ne pas les compromettre, Obama aurait fermé les yeux sur les menées de Téhéran aux portes du royaume saoudien.

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Avec leur campagne au Yémen, les dirigeants saoudiens voulaient prouver qu’ils étaient capables de mener seuls leur propre politique dans leur pré carré. Le résultat est un fiasco. Les infrastructures du Yémen, le plus pauvre des pays arabes, ont été détruites méthodiquement par les bombardements aériens de la coalition arabe. Le bilan des pertes civiles dépasse les 10 000 morts, le chiffre officiel donné par l’ONU depuis un an et demi. Le blocus du pays par les puissances arabes a provoqué la « pire crise humanitaire de la planète », selon les Nations unies : 7 millions de personnes, soit un quart de la population, sont au bord de la famine ; 1 million ont été touchées par le choléra. Les fronts piétinent et le gouvernement de M. Hadi, toujours en exil à Riyad, où son entourage s’enrichit de juteux trafics, n’a quasiment aucun contrôle sur le pays.

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Il est temps de rappeler à l’Arabie saoudite – et aux Emirats arabes unis – que la guerre au Yémen implique sa reconstruction. Et que Riyad portera, pendant les décennies à venir, le fardeau d’un voisin détruit et de millions de miséreux à sa frontière.



                            


                        

                        

