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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Proche, grosse, et « sanguine » : une éclipse lunaire totale particulièrement rare par sa taille offrait mercredi un spectacle impressionnant et visible d’une bonne partie du globe.
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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ L’hygiène n’est pas un ensemble de gestes rituels ou obsessionnels, mais une partie de la médecine qui nécessite de la connaissance et de la réflexion, explique dans une tribune au « Monde » le médecin infectiologue et hygiéniste.
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Stéphane Gayet: « Il faut retrouver le sens de l’hygiène »

L’hygiène n’est pas un ensemble de gestes rituels ou obsessionnels, mais une partie de la médecine qui nécessite de la connaissance et de la réflexion, explique dans une tribune au « Monde » le médecin infectiologue et hygiéniste.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 13h38
    |

Stéphane Gayet (Médecin infectiologue et hygiéniste, Hôpitaux universitaires de Strasbourg)







                        



                                


                            
Tribune. Le terme « hygiène » est aujourd’hui dévoyé, car mal compris. Son mésusage actuel est à l’origine d’un fourvoiement langagier et d’erreurs comportementales préjudiciables.
Le mot « hygiène » provient d’un terme grec signifiant « sain », « bien portant ». L’hygiène est la partie de la médecine qui vise à conserver et à améliorer la santé. Dans la mythologie gréco-romaine, Hygie est la déesse de la santé, fille d’Esculape, dieu de la médecine.
On peut affirmer que toute mesure que l’on appelle en langage courant « hygiène » et qui ne concourt pas à notre santé ne relève pas de l’hygiène, mais d’autre chose qu’il faut appeler par son nom. Il existe en réalité plusieurs hygiènes : alimentaire, sexuelle, mentale…
Eviter les infections
Quand le mot « hygiène » est employé sans adjectif, il signifie généralement hygiène microbienne. C’est un ensemble de mesures visant à éviter les infections. L’hygiène, ainsi, intervient principalement en faisant obstacle à la contamination microbienne – c’est-à-dire à l’apport de bactéries ou de virus – et a pour objectif d’en écarter le danger.
Prenons deux exemples. Lorsque nous nous trouvons face à une personne malade de la grippe et qui tousse, nous sommes en présence d’un danger. Une mesure d’hygiène utile consiste à s’écarter à plus d’un mètre cinquante. Une autre, concernant la personne malade, à porter un masque antiprojection ou à défaut à mettre sa main devant sa bouche en toussant.
En période d’épidémie de gastro-entérite virale, après avoir serré la main d’une personne, il faut avoir conscience que notre main peut être contaminée par le virus pathogène circulant. Une mesure d’hygiène efficace consiste à se laver ou à se désinfecter les mains avant de toucher notre bouche ou tout élément susceptible d’entrer en contact avec elle (c’est simple en théorie, mais, en pratique, cela demandeun effort).
Se laver les mains à longueur de journée n’est pas de l’hygiène ;...



                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ L’ancienneté de ces pierres taillées de « type Levallois » pose la question de leur origine : qui les a façonnées, sachant qu’aucun fossile n’a été retrouvé sur le site ?
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Des outils sophistiqués vieux de 385 000 ans découverts en Inde

L’ancienneté de ces pierres taillées de « type Levallois » pose la question de leur origine : qui les a façonnées, sachant qu’aucun fossile n’a été retrouvé sur le site ?



Le Monde
 |    31.01.2018 à 19h52
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 13h06
    |

            Hervé Morin








                        


Une énigme de plus, dans une discipline qui en regorge, la préhistoire. Pourquoi a-t-on retrouvé en Inde des pierres taillées sophistiquées, vieilles de 385 000 ans (avec une fourchette de plus ou moins 64 000 ans), alors que les plus anciens de ces outils dits de « type Levallois », en Afrique et en Europe, datent plutôt d’environ 300 000 ans ? Et qui les a façonnées ?
La découverte, présentée dans la revue Nature, jeudi 1er février, par une équipe indo-française, repose la question épineuse de l’origine de ce type d’innovation technique.

   


Les pierres taillées de type Levallois ont été ainsi nommées d’après la ville des Hauts-de-Seine où elles ont d’abord été retrouvées, au XIXe siècle. Elles sont caractérisées par un mode de débitage bien plus complexe que celui qui a auparavant donné naissance aux bifaces acheuléens (une dénomination liée à un quartier d’Amiens).
Une « évolution technologique locale sur plus d’un million d’années »
L’industrie lithique acheuléenne, documentée à partir de 1,7 million d’années en Afrique de l’Est, et à 600 000 ans environ en Europe, est attribuée à des espèces du genre Homo (comme erectus) plus anciennes que la nôtre, sorties d’Afrique bien plus tôt. Elle précède partout celle du Levallois, généralement considérée comme une invention d’Homo sapiens.
Cet enchaînement a été observé sur le site d’Attirampakkam, près de Madras. En 2011, une partie de l’équipe qui signe l’article dans Nature avait déjà annoncé dans la revue Science la découverte de bifaces acheuléens vieux de 1,5 million d’années, lors de fouilles conduites entre 1999 et 2009.
Cette fois, Kumar Akhilesh et Shanti Pappu, du Sharma Centre for Heritage Education de Chennai (l’ancienne Madras), et leurs collègues ont daté et étudié les couches sédimentaires plus récentes. « Nous avons donc un aperçu de l’évolution technologique locale sur plus d’un million d’années », note le géomorphologue Yanni Gunnell, professeur à l’université Lumière Lyon-II et rattaché au laboratoire environnement, ville, société (EVS), qui a participé aux deux études.
Cette longue série a permis d’observer une inflexion dans les objets produits : le passage à la technologie Levallois serait donc intervenu il y 385 000 ans et se serait poursuivi jusqu’à 172 000 ans. Les bifaces ont laissé place à des outils plus petits, avant que le site ne soit abandonné, il y a environ 74 000 ans — peut-être en lien avec l’éruption massive du volcan Toba, à Sumatra.
« En bordure d’une petite rivière, moins dangereuse que les grands cours d’eau débordant lors des moussons, [le site] devait offrir de l’ombre et des opportunités de chasse », avance Yanni Gunnell, qui a étudié l’évolution des sédiments ayant emprisonné les outils. Il ne s’agissait pas d’une usine de fabrication de type « fordiste » (industriel), mais plutôt d’un atelier de débitage occasionnel, avance-t-il.
Aucun fossile trouvé sur place
Qui donc s’est mis à tailler ces pierres de façon plus subtile ? Impossible de le déterminer, car aucun fossile n’a été trouvé sur place. Dans l’article de Nature, les chercheurs restent prudents, mais leur titre suggère de « reformuler les modèles de type “out of Africa” ». Ceux-ci postulent que la technique Levallois se serait répandue sur la planète à la faveur de la sortie d’Afrique de notre espèce, Homo sapiens.
On pensait que celle-ci était intervenue il y a quelque 120 000 ans, mais deux découvertes récentes ouvrent la possibilité qu’elle ait été beaucoup plus ancienne : des Homo sapiens de 315 000 ans retrouvés au Maroc ont considérablement « vieilli » notre espèce ; la présence d’un de ses représentants en Israël il y a 180 000 ans, annoncée il y a quelques jours, a aussi repoussé dans le temps nos velléités d’expansion territoriale.

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                La découverte qui bouleverse l’histoire d’« Homo sapiens »



Yanni Gunnell et ses collègues ne vont pas jusqu’à écrire qu’Homo sapiens était le fabricant des Levallois d’Attirampakkam. « Cela relèverait plus du sentiment que de la preuve », admet-il. L’équipe veut aussi éviter des récupérations nationalistes, la tentation pour chaque pays de se revendiquer comme berceau de l’humanité étant toujours présente.

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                Découverte en Israël du plus ancien « Homo sapiens » hors d’Afrique



L’hypothèse de la convergence technologique
Reste l’alternative : qu’une technologie comme le débitage Levallois ait été « inventée » de façon indépendante dans diverses régions du monde, par des espèces tout aussi diverses. « Cette hypothèse de la convergence technologique correspond à l’opinion dominante, commente Jean-Jacques Hublin (Collège de France, Institut Max-Planck, Leipzig), découvreur des fossiles marocains de Djebel Irhoud. Mais est-ce qu’il n’y a pas pu avoir diffusion d’une telle invention, au gré des déplacements des populations humaines ? »
Les fourchettes très larges des datations pourraient rendre un tel scénario envisageable : si l’on prend la marge haute de la datation des fossiles marocains (315 000 ans + 34 000 ans) et la plage basse pour le site indien (385 000 ans – 64 000 ans), les incompatibilités temporelles s’effacent.
Sachant qu’à la même époque, on a enregistré un épisode de « Sahara vert », le tableau se complète : « Les chasseurs-cueilleurs auraient ainsi rencontré entre l’Afrique et l’Asie du Sud un continuum d’écosystèmes de steppe et de savane sans interruption majeure par une barrière désertique, favorable à la dispersion des faunes cynégétiques avec lesquelles ils ont co-évolué », écrit Yanni Gunnell dans le communiqué de presse qui accompagne la publication dans Nature.
« Une simple recherche de tranchant »
Ce scénario ne convainc par Eric Boëda, spécialiste de la taille des outils lithiques (université Paris-X Nanterre). Pour la simple raison que, selon lui, les pierres taillées présentées « ne sont pas du Levallois ». Il estime qu’elles correspondent à « une analogie non contrôlée » avec cette méthode de taille, à « un début de production normalisée, un débitage même pas suivi de façonnage, une simple recherche de tranchant ». Mais pas au fruit de l’anticipation subtile qui permet de débiter une série d’outils à partir d’un bloc initial.
« C’est tout le problème de la définition de ce qu’est du Levallois, répond Yanni Gunnell. Chacun a vu le sien dans son pré-carré. Il y a des variantes locales. Ce n’est pas une production de masse comme le dernier Samsung. » L’objection d’Eric Boëda ne le surprend pas : « C’est bon pour le débat scientifique. Les outils peuvent être consultés sur place au Sharma Centre de Chennai. »
Lui aussi spécialiste de la production des industries lithiques, Vincent Mourre (Institut national des recherches archéologiques préventives) estime que les doutes émis par Eric Boëda « ne sont pas justifiés » - même si la qualification de « laminaires » de certaines production « pourrait sans doute être tempérée ». La critique de son confrère « ne tient pas compte de la variabilitié des méthodes Levallois dans le temps et dans l’espace ni de la nécessaire adaptation aux matières première locales, en l’occurrence, du quartzite ». Une des planches présentant des « nucléus », ces noyaux de pierre dont sont tirées les lames, lui semble « particulièrement convaincante ».  « En l’absence de fossile humain ancien bien daté dans le sous-continent indien, les retombées immédiates sont peut-être un peu plus modestes que ce que laisse entendre le titre de l’article de Nature », tempère cependant le chercheur.
« Le drame de l’Inde, c’est qu’il n’y a pas de fossiles », constate aussi Jean-Jacques Hublin. Une géologie défavorable n’a pas permis la préservation des restes des hominidés qui l’ont arpentée jadis. Une absence qui laisse la place à l’imagination.
---- Cet article a été modifié pour préciser que la dénomination « acheuléen » provient d’un quartier d’Amiens et non de la ville voisine de Saint-Acheul (Somme), et pour ajouter les commentaires de Vincent Mourre, non disponibles au moment de sa première publication.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Des études montrent que l’activité physique modifie favorablement la composition et l’activité des quelque 100 000 milliards de bactéries qui peuplent notre appareil digestif.
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Faire de l’exercice stimule aussi notre microbiote intestinal

Des études montrent que l’activité physique modifie favorablement la composition et l’activité des quelque 100 000 milliards de bactéries qui peuplent notre appareil digestif.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
31.01.2018 à 14h49
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
Dix mille pas et plus. On sait que le sport, c’est bon pour la santé… pour le cœur, le moral, etc. Mais savez-vous que lorsque vous courrez, nagez, jouez au football… cela stimule le microbiote intestinal, et plus particulièrement la diversité de ses bactéries ?
De quoi parle-t-on ? Des quelque 100 000 milliards de bactéries, dix fois plus nombreuses que nos propres cellules, qui peuplent nos entrailles. Pesant entre 1,5 et 2 kilogrammes, cet organe est un allié. Qualifié de « deuxième cerveau », il est doté de qualités nutritives, métaboliques, immunitaires… et interviendrait dans l’obésité. Vaste sujet de recherche, la flore intestinale suscite un intérêt croissant pour mieux comprendre, au-delà de la nutrition, quels autres facteurs liés au mode de vie peuvent moduler sa composition.
Des chercheurs ont donc fait l’hypothèse que l’activité physique pouvait avoir un effet positif. C’est ce qu’ont montré deux études récentes, publiées le 5 janvier dans la revue Medicine & Science in Sports & Exercises, l’une chez la souris, l’autre chez l’homme. L’équipe de Jeffrey Woods (université de l’Illinois, Urbana-Champaign) a transplanté de la matière fécale de souris sédentaires ou actives chez des rongeurs exempts de germes. Sans surprise, les souris ayant reçu du microbiote de sportifs étaient mieux à même de résister à des dommages tissulaires et de réduire l’inflammation que celles dont les microbes provenaient de leurs congénères sédentaires. De même, leur flore contenait plus de butyrate, un acide gras à chaîne courte, important pour le métabolisme, qui participe à une meilleure absorption intestinale. Elles étaient aussi plus résistantes aux colites ulcéreuses.
Flore intestinale modifiée
Deuxième étude, cette fois sur des humains : on a prélevé des échantillons de sang et de selles de 18 adultes maigres et 14 obèses sédentaires. Ensuite, ces hommes et femmes ont commencé des séances d’entraînement cardio-vasculaire, en...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ Cet événement céleste était invisible depuis l’Europe, mais observable en Amérique du Nord, en Océanie et en Asie.
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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Des signalements d’effets indésirables ont été effectués par 17 310 patients traités avec la nouvelle formule, selon le rapport. « Une fréquence totalement inattendue ».
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Levothyrox : le rapport de l’Agence du médicament soulève encore de nombreuses questions

Des signalements d’effets indésirables ont été effectués par 17 310 patients traités avec la nouvelle formule, selon le rapport. « Une fréquence totalement inattendue ».



Le Monde
 |    31.01.2018 à 11h01
 • Mis à jour le
31.01.2018 à 11h07
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
Un nombre d’effets secondaires inédit. C’est ainsi que l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) qualifie les signalements d’effets indésirables de la nouvelle formule du Levothyrox (laboratoire Merck), sur le marché depuis mars 2017. Touchée par cette crise, l’Agence a rendu public mardi 30 janvier le deuxième rapport de pharmacovigilance. Qui soulève encore de nombreuses questions.
Si la grande majorité des quelque 2,6 millions de personnes, principalement des femmes, prenant ce médicament, destiné à soigner l’hypothyroïdie ou après une opération de cancer de la thyroïde, ne sentent pas de modification, 0,75 % des patients ont signalé des effets indésirables, souligne ce rapport.
A fin novembre 2017, 17 310 personnes avaient déclaré des effets indésirables : 12 248 cas signalés du 15 septembre au 20 novembre 2017 se sont ajoutés aux 5 062 cas de fin mars à mi-septembre. « Une fréquence de signalement totalement inattendue », note l’ANSM, avec un pic en juin-juillet. Elle l’attribue à « l’effet amplificateur des réseaux sociaux » et au fait que, depuis le 13 mars 2017, les patients peuvent eux-mêmes déclarer ces effets indésirables sur la base nationale de pharmacovigilance (signalement.gouv.fr), alors qu’auparavant seuls les médecins pouvaient le faire.

Symptômes connus avec l’ancienne formule
Au total, cela représente environ 68 000 effets indésirables recensés par les Centres régionaux de pharmacovigilance. Fatigue, maux de tête, insomnies, vertiges, dépression, douleurs articulaires et musculaires, chute de cheveux… sont les symptômes les plus fréquemment rapportés. Des symptômes « déjà connus avec l’ancienne formule du Levothyrox », précise l’ANSM. L’analyse de ces données « ne met pas en évidence d’effets nouveaux depuis la première enquête, en termes de nature et de gravité des cas », ajoute le rapport, qui exonère à ce stade la nouvelle formule, rappelant que la prise au long cours...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Cette maladie auto-immune, qui touche à 90 % les femmes, semble favorisée par l’expression d’un gène par les deux chromosomes sexuels féminins.
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Le lupus et la piste des chromosomes X

Cette maladie auto-immune, qui touche à 90 % les femmes, semble favorisée par l’expression d’un gène par les deux chromosomes sexuels féminins.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 11h00
    |

            Paul Benkimoun








                        



                                


                            
Certaines maladies sont très inégalitaires. Si dans le monde il y a environ 5 millions de personnes souffrant de lupus érythémateux disséminé, 90 % des malades sont des femmes. Un déséquilibre entre les sexes qui paraît associé au nombre de chromosomes X de l’individu. Une équipe de chercheurs toulousains a attesté le rôle déterminant du gène codant pour une protéine antivirale située sur le chromosome X. Leur étude a été publiée vendredi 26 janvier dans Science Immunology.
Le lupus érythémateux disséminé (LED) est une maladie auto-immune : alors qu’il fait normalement la différence entre le soi et le non-soi, le système immunitaire produit des anticorps dirigés contre des cellules du tissu conjonctif. Maladie parfois sévère voire mortelle, le lupus peut se traduire par une polyarthrite, un érythème du visage, mais aussi par des atteintes rénales, cardiaques ou neurologiques.
Pour comprendre la raison de cette réponse immunitaire déréglée de manière prédominante chez les femmes, différentes hypothèses ont été émises : facteurs génétiques, influence des hormones féminines… L’inégalité est déjà présente chez des enfants : « Le rapport est de 3 filles pour un garçon avant la puberté, il passe à 9 pour 1 après la puberté », précise Jean-Charles Guéry (Inserm UMR1043, université de Toulouse), responsable de l’équipe à l’origine de la publication.
Anticorps dirigés contre le soi
Les soupçons se sont portés sur le chromosome sexuel X – en double exemplaire chez la femme, alors que le génome masculin compte un X et un Y – et plus particulièrement un gène qui y est situé, appelé TLR7. « Des études chez la souris nous ont appris qu’une surexpression de ce gène induisait la maladie lupique. A l’inverse, l’invalidation du gène TLR7 dans des lymphocytes B de souris les empêche de produire des anticorps dirigés contre le soi », résume Jean-Charles Guéry. Les lymphocytes B sont des globules blancs qui fabriquent des...




                        

                        


<article-nb="2018/02/01/19-8">
<filnamedate="20180201"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180201"><AAMMJJHH="2018020119">
<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Un expert judiciaire montre « le caractère largement prépondérant de la faute du médecin » qui, notamment, a pratiqué la néphrectomie sans réclamer les clichés d’un scanner abdomino-pelvien, qui mentionnaient bien que le côté gauche était atteint d’un cancer.
<filname="PROF-env_sciences-8"> ¤ 
<article-nb="2018/02/01/19-9">
<filnamedate="20180201"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180201"><AAMMJJHH="2018020119">
<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Un rapport rendu public mardi montre également que les effets indésirables rapportés sont identiques à ceux déjà connus, mais le nombre de leurs signalements est « inédit ».
<filname="PROF-env_sciences-9"> ¤                     
                                                

Levothyrox, 0,75 % des patients traités ont signalé des effets indésirables

Un rapport rendu public mardi montre également que les effets indésirables rapportés sont identiques à ceux déjà connus, mais le nombre de leurs signalements est « inédit ».



Le Monde
 |    30.01.2018 à 22h26
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 23h41
   





                        



   


Moins d’un pour cent des patients traités au Levothyrox ont signalé des effets indésirables attribués à la nouvelle formule du médicament. Selon un rapport rendu public mardi 30 janvier, 12 248 cas ont été signalés pour la période du 15 septembre au 30 novembre 2017.
Le rapport de pharmacovigilance, très attendu, remis mardi à l’Agence du médicament (ANSM), ajoute ces derniers cas aux 5 062 cas d’un premier rapport publié en octobre, qui portait sur la période du 27 mars au 15 septembre. Le total de patients traités au Levothyrox (laboratoires Merck), dont la nouvelle formule a suscité de nombreuses plaintes depuis l’été, est estimé à 2,3 millions. Les patients ayant signalé des effets indésirables représentent donc 0,75 % des personnes traitées.

        Lire aussi :
         

                Levothyrox ancienne formule : des plaignants déboutés par le tribunal de Toulouse



Ce rapport montre que les effets indésirables rapportés sont identiques à ceux déjà connus avec l’ancienne formule du médicament et aucun d’entre eux n’est spécifique à la nouvelle, introduite sur le marché fin mars 2017. Les plus fréquents : fatigue, maux de tête, insomnie, vertiges, douleurs articulaires et musculaires et chute de cheveux.
« Pas de lien établi »
Mais « le nombre de signalements d’effets indésirables avec Levothyrox nouvelle formule est inédit », selon le rapport, leur « fréquence de signalement » est « totalement inattendue », souligne également le document, qui relève « un effet amplificateur du portail de signalement [mis en ligne pour que les patients concernés fassent leur déclaration] et des réseaux sociaux ». 
Entre la mise en œuvre des enquêtes et le 9 janvier, 19 cas de décès ont par ailleurs été enregistrés dans la base nationale de pharmacovigilance (BNPV) dont les chiffres ont servi à rédiger les deux rapports. Mais « il n’y a pas de lien établi » entre ces décès et la nouvelle formule du Levothyrox, a indiqué à l’Agence France-Presse Christelle Ratignier-Carbonneil, directrice générale adjointe de l’ANSM.
Par ailleurs, le rapport met en évidence un élément déjà présent dans le premier document mais qui reste encore sans explication : les effets indésirables chez les patients qui ne souffrent pas d’un déséquilibre thyroïdien.
Nouvelle formule en mars
La nouvelle formule du Levothyrox a été réclamée par l’ANSM au laboratoire Merck en 2012 afin, selon elle, de rendre le produit plus stable dans le temps. Le changement ne porte pas sur le principe actif mais sur d’autres substances, les excipients.

        Lire aussi :
         

                Levothyrox : 100 000 boîtes de l’ancienne formule disponibles dans les pharmacies



En mars, une nouvelle formule du Levothyrox a été mise sur le marché mais certains patients se sont rapidement plaints d’effets secondaires. Face à leur colère, les autorités de santé ont dû mettre en place des alternatives, alors que le Levothyrox de Merck était jusque-là en situation de quasi-monopole.
Des patients mécontents ont entamé plusieurs procédures en justice. Le 10 janvier vingt-trois patients ont été déboutés par le juge des référés du tribunal de grande instance (TGI) de Toulouse, ils réclamaient que le laboratoire Merck leur fournisse en urgence l’ancienne formule du médicament.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Deuxième volet de la collection « Archéologie », à la découverte ­des grandes cités antiques telles qu’elles étaient au temps de leur splendeur. A Athènes, le chantier titanesque de sauvegarde du temple avance, tandis que les fouilles préventives dans la ville révèlent des us et coutumes millénaires.
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Athènes face au défi de la restauration du Parthénon

Deuxième volet de la collection « Archéologie », à la découverte ­des grandes cités antiques telles qu’elles étaient au temps de leur splendeur. A Athènes, le chantier titanesque de sauvegarde du temple avance, tandis que les fouilles préventives dans la ville révèlent des us et coutumes millénaires.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 15h23
    |

            Florence Evin








                        



                                


                            
Collection « Archéologie ». Athènes relève deux défis. Poursuivre la sauvegarde de son Acropole, « symbole universel de l’esprit et de la civilisation classique », comme le souligne l’Unesco qui a classé, en 1987, au Patrimoine mondial le complexe monumental voulu par Périclès au Ve siècle avant notre ère. Dans le même temps, la capitale grecque exhume les vestiges de l’antique cité sous la ville moderne, à l’occasion des fouilles menées avant toute construction.
Qu’en est-il des travaux sur le Parthénon et les temples de l’Acropole, plateforme rocheuse de 3 hectares qui domine la ville ? Après les premières fouilles (1835-1845 et 1935-1940), l’urgence des années 2000 était de remplacer par du titane les scellements de fer oxydés dont la corrosion avait fait éclater les marbres. Ont ainsi été achevés, en 2015, les démontages-remontages des blocs de marbre du temple d’Athéna Nikè, de l’Erechthéion et d’une partie des Propylées et du Parthénon.

En octobre 2013, lors du VIe Colloque international pour la restauration des monuments de l’Acropole, la décision avait été prise de remplacer les blocs manquants par du marbre identique, dit « pentélique » (du nom de la carrière située à 17 km). Selon le service de restauration de l’Acropole, dépendant du ministère de la culture (YSMA), 62 % des pierres sont neuves sur certaines parties des monuments. Aux côtés des blocs antiques, la blancheur du marbre fraîchement taillé, délibérément non patiné, produit un effet patchwork qui a fait débat dans la presse grecque. « C’est le même marbre, le même savoir-faire, plaide Alexandre Farnoux, directeur de l’Ecole française d’Athènes. On pourrait remonter tout le Parthénon, ce serait parfaitement juste. Jusqu’où intervenir afin qu’il reste une relique, interroge-t-il. C’est un problème de rapport à la relique, un rapport un peu fétichiste. Comme si on allait couper le lien qui nous relie à une...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Une méthode originale promet de débusquer les effets secondaires des médicaments dans les archives de l’Assurance-maladie.
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Big data : premier succès dans l’alerte sanitaire

Une méthode originale promet de débusquer les effets secondaires des médicaments dans les archives de l’Assurance-maladie.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 17h59
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            
« C’est le plus beau sujet de recherche de ma vie ! », s’enthousiasme Emmanuel Bacry, directeur de recherche au CNRS, attaché à l’université Paris-Dauphine. Ce mathématicien, également responsable de l’initiative data science de l’Ecole polytechnique, a été autorisé, depuis 2014, à toucher l’un des diamants que rêve d’approcher tout spécialiste des mégadonnées, ou big data : le Sniiram.
Sous ce nom, qui signifie Système national d’information interrégimes de l’Assurance-maladie, sont rassemblées plus de un milliard de feuilles de soins annuelles des quelque 65 millions d’assurés français. Ses plus de 100 téraoctets (soit 100 000 gigaoctets) contiennent les remboursements, l’âge, le sexe, l’adresse, les prescriptions, les consultations… de tous les assurés.
L’ensemble est une vraie mine pour les économistes de la santé, les sociologues ou les statisticiens, qui, comme Emmanuel Bacry, traquent des effets secondaires rares des médicaments. L’Assurance-maladie elle-même ne s’en prive pas. Ses équipes ont confirmé le lien entre l’antidiabétique Mediator et des atteintes des valves cardiaques. Ou bien les liens entre pilules de troisième et quatrième génération et des embolies pulmonaires.
Un antidiabétique repéré
Emmanuel Bacry, et son collègue Stéphane Gaïffas, en collaboration avec des spécialistes de l’Assurance-maladie, viennent, eux, de repérer un autre problème, décrit dans un article soumis à une revue de biostatistique. Un antidiabétique, la pioglitazone, augmente le risque de cancer de la vessie. Les spécialistes s’étonneront, à raison, de l’intérêt d’un tel résultat. La pioglitazone a été retirée de la vente en 2011, justement parce qu’une équipe de l’Assurance-maladie avait repéré cet effet indésirable dans les données du Sniiram.
L’intérêt est donc d’abord dans la méthode – ainsi validée – plus que dans le résultat. « Actuellement, chaque médicament doit être testé individuellement. Ce processus, qui nécessite de réunir...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ L’analyse de microcristaux dans la lave pourrait permettre d’anticiper les éruptions en évaluant le temps de montée du magma jusqu’au cratère du volcan.
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Comment mieux prévoir le réveil d’un volcan

L’analyse de microcristaux dans la lave pourrait permettre d’anticiper les éruptions en évaluant le temps de montée du magma jusqu’au cratère du volcan.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 09h51
    |

                            Guillaume Rizza








                        



                                


                            
L’un des volcans le plus actif des Philippines, le Mayon, est entré en activité. Il crache des fontaines de lave et d’importantes colonnes de fumée, obligeant des dizaines de milliers d’habitants à fuir par précaution, face à un risque d’explosion difficile à prévoir… Une situation qui rappelle, toutes proportions gardées, l’affaire de la Soufrière, ce volcan de Guadeloupe qui avait vu deux « figures » s’opposer à l’été 1976 : Claude Allègre, qui demandait l’évacuation de la population et affirmait alors dans Le Monde (daté 1er  septembre 1976) qu’il n’existait « aucune méthode scientifique connue capable de prévoir à coup sûr (…) une éruption volcanique », et Haroun Tazieff minimisant le risque d’éruption. Ce dernier eut finalement raison, sans que l’on sache si cela relevait du coup de poker ou d’une analyse rigoureuse. Tous deux s’appuyaient sur une science florissante mais fragile, celle de la prévision et de l’anticipation des éruptions.
Quatre décennies plus tard, une étude publiée le 23 janvier dans Nature Communications entend contribuer à cette science qui « a fait depuis d’énormes progrès », selon Jacques-Marie Bardintzeff, volcanologue à Paris-Sud, qui n’est pas auteur de l’étude. Menée par deux chercheurs du département de géologie du Trinity College de Dublin, elle s’intéresse à une piste relativement peu explorée jusqu’alors, celle du suivi de cristaux anhydres, constituants essentiels des roches magmatiques, les pyroxènes, dans leur formation et leur ascension lors d’une éruption volcanique. La publication permet en outre de mieux comprendre le processus de recharge de la chambre magmatique, ce phénomène antérieur à l’éruption, pendant lequel le réservoir du volcan à l’aplomb du cratère se charge en magma.

Selon la docteure Teresa Ubide, l’une des deux auteurs de l’étude, « la composition des pyroxènes analysée au laser permet de reconstituer...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Pour de nombreux médecins, l’addiction aux jeux vidéos et aux réseaux sociaux est une réalité clinique, qu’il est urgent d’étudier plus finement.
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Le numérique, une « drogue » qui fait débat

Pour de nombreux médecins, l’addiction aux jeux vidéos et aux réseaux sociaux est une réalité clinique, qu’il est urgent d’étudier plus finement.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 16h48
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 16h50
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            
Vade retro jeux vidéo, ­réseaux sociaux… ? Ces temps-ci, les dangers des technologies numériques sont sur le devant de la scène, pointés par les professionnels de santé, mais aussi par ceux du secteur. On ne compte plus les charges virulentes d’anciens ­cadres de la Silicon Valley. « Je crois que nous avons créé des outils qui ­déchirent le tissu social », a ainsi lâché Chamath Palihapitiya (ex-vice-président de Facebook chargé de la ­croissance de l’audience) en novembre 2017 lors d’une conférence.
Mettant en cause, comme d’autres, la surstimulation des circuits neuronaux à dopamine (neurotransmetteur impliqué dans les addictions) par les « like » et autres notifications des réseaux sociaux, Chamath Palihapitiya a interdit à ses enfants d’utiliser « cette merde ». En janvier, c’est Tim Cook, l’actuel directeur général d’Apple qui, dans une intervention publique, s’est dit opposé à ce que son neveu (il n’a pas d’enfant) fréquente un réseau social.
Parallèlement, le « trouble du jeu vidéo » devrait faire son entrée dans la 11e révision de la classification internationale des maladies (CIM-11) de l’Organisation mondiale de la santé, dont la publication est prévue mi-2018.
Cloîtrés dans leur chambre
Si certains restent dubitatifs sur ce diagnostic, pour d’autres il correspond bien à une réalité clinique. « Sur les 400 jeunes de 11 à 20 ans que nous voyons chaque année en consultation, la moitié ont un problème de jeu vidéo, estime le docteur Olivier Phan, qui consulte à la clinique Dupré, à Sceaux (Hauts-de-Seine), et dans un centre de la Croix-Rouge française. Je rencontre des situations plus graves qu’avec le cannabis. Des parents voient leur ado se désinsérer sous leurs yeux. Nous prenons en charge des cas extrêmes de jeunes qui vivent cloîtrés dans leur chambre, un comportement décrit initalement au Japon, le hikikomori. » Pour ce ­pédopsychiatre, coauteur du récent ouvrage Jeux...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Même si certains préfèrent parler de troubles du comportement, les preuves confirmant que le sucre agit comme une drogue s’accumulent. Et en un siècle et demi, sa consommation a explosé.
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Le sucre, entre addiction et trouble du comportement

Même si certains préfèrent parler de troubles du comportement, les preuves confirmant que le sucre agit comme une drogue s’accumulent. Et en un siècle et demi, sa consommation a explosé.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 16h46
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 16h50
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
Damon Gameau, réalisateur du film Sugarland – en salles depuis mercredi 24 janvier –, a décidé de s’alimenter pendant deux mois comme « un Australien moyen », à savoir de consommer 160 grammes de sucre par jour.Sans augmenter son apport calorique ­total, il fait évoluer son alimentation vers des produits plus industriels : céréales, pain de mie, plats préparés… mais pas de produits aux sucres ajoutés (confiseries, gâteaux…). Conséquence : il a ­développé une stéatose hépatique, un diabète de type 2 précoce, pris 8 kg et 11 cm de tour de taille. Sans compter des troubles de l’humeur, de la fatigue. Non sans humour, son documentaire ­dénonce l’omniprésence du sucre et ses effets sur la santé, arguments scientifiques à la clé – tout comme l’Américain Morgan Spurlock l’avait fait pour le fast-food dans Super Size Me (2004).

La question est de savoir si le ­sucre peut agir comme une drogue. Son action se fait à deux niveaux. Tout d’abord, le goût sucré est agréable. Lors de l’ingestion, les récepteurs situés dans la bouche se connectent à des neurones dopaminergiques. Ce circuit de la récompense est activé en une fraction de seconde. « On parle là d’un stimulus sensoriel, mais pas encore d’une drogue », explique le chercheur Serge Ahmed (CNRS, université de Bordeaux).
Deuxième niveau, « le sucre ­ingéré passe dans le sang, et active à nouveau le circuit des neurones dopaminergiques de la récompense, en particulier via l’hypothalamus latéral. Ce circuit cérébral est aussi la cible de toutes les drogues addictives connues », précise le chercheur. C’est en 2007 que Serge Ahmed et son équipe se sont aperçus que des rats à qui l’on proposait soit une dose intraveineuse de cocaïne, soit de l’eau ­sucrée, préféraient à 90 % l’eau ­sucrée. L’étude a été publiée dans PloS One. Cette observation a ­depuis été répliquée dans d’autres laboratoires avec d’autres drogues. « Les preuves étayant l’hypothèse “sucre = drogue”...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Pour le médecin américain Robert Lustig, cette quête du plaisir, fondée sur la dopamine, est l’ennemie du bonheur, qui dépend, lui, de la sérotonine.
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Article sélectionné dans La Matinale du 29/01/2018
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Réseaux sociaux, sucre... les Occidentaux accros à la dopamine

Pour le médecin américain Robert Lustig, cette quête du plaisir, fondée sur la dopamine, est l’ennemie du bonheur, qui dépend, lui, de la sérotonine.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 16h45
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 14h52
    |

            Stéphane Foucart (San Francisco (Etats-Unis), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Cette fugace piqûre de bien-être, cette satisfaction éphémère, ce goût de ­reviens-y… De l’utilisation des réseaux sociaux à la consommation de sucre et d’aliments transformés, le plaisir bon marché n’a jamais été aussi pervasif, suscité en permanence par une multitude de nouveaux produits et de services, marketés comme autant de conditions sine qua non au bonheur.
Plaisir, bonheur : ces deux mots sont au centre de The Hacking of the American Mind (Penguin, 2017, non traduit), le dernier livre du pédiatre et neuroendocrinologue américain Robert Lustig, tout juste paru aux Etats-Unis. Célèbre pour ses travaux académiques sur le sucre – détaillés dans un ouvrage qui vient d’être traduit (Sucre, l’amère vérité, Thierry Souccar éditions, 400 pages, 19,90 €) –, le professeur de l’université de Californie à San Francisco (Etats-Unis) y expose une réflexion scientifique saisissante, aux implications majeures pour la société occidentale.

Non seulement le bonheur n’est pas la conséquence naturelle de l’accumulation du plaisir, explique-t-il, mais la recherche effrénée de celui-ci pourrait au contraire inhiber le sentiment de plénitude et de contentement.
Robert Lustig exploite la littérature scientifique récente sans faire mystère de la difficulté à, parfois, établir avec certitude certains liens de causalité entre des comportements et certaines réactions biochimiques. Mais il n’en développe pas moins un ­argumentaire révélant l’un des plus graves malentendus de notre temps, en montrant que le plaisir peut être l’ennemi du bonheur. Entretien.
Pour de nombreuses personnes, la recherche du plaisir est un préalable au bonheur, ou l’une de ses conditions. Pourquoi penser que ­bonheur et plaisir sont à ce point différents ?
Le bonheur et le plaisir ne sont en effet pas identiques. Ce sont des phénomènes distincts, très dissemblables, et si nous ne le percevons pas, c’est ­essentiellement parce...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Cet os, trouvé à côté du crâne de notre supposé plus ancien ancêtre, n’a curieusement toujours pas été décrit, dix-sept ans après sa découverte au Tchad. Pourtant, il pourrait détenir des indices sur la façon dont marchait ce primate, vieux de 7 millions d’années.
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L’histoire trouble du fémur de Toumaï

Cet os, trouvé à côté du crâne de notre supposé plus ancien ancêtre, n’a curieusement toujours pas été décrit, dix-sept ans après sa découverte au Tchad. Pourtant, il pourrait détenir des indices sur la façon dont marchait ce primate, vieux de 7 millions d’années.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 16h12
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 11h16
    |

                            Nicolas Constans








                        



                                


                            
C’est un secret de Polichinelle. Les chercheurs qui travaillent sur les origines de l’homme savent qu’une des plus grandes découvertes de ces dernières décennies a sa part d’ombre. La découverte, c’est celle du crâne de Toumaï, mis au jour au Tchad en 2001 par une équipe dirigée par Michel Brunet (université de Poitiers). Agé de 7 millions d’années, il est considéré comme le plus ancien ancêtre de la lignée qui a donné naissance aux êtres humains, depuis sa séparation d’avec celle des chimpanzés.
La part d’ombre, c’est un os : on sait aujourd’hui que, près du crâne de Toumaï, se trouvait aussi un fémur. Or, un fémur, pour les paléoanthropologues, est une pièce de choix, où s’inscrivent les marques de son activité physique. Et en particulier s’il passait une partie de son temps sur deux jambes. Une bipédie qui serait l’indice d’un possible lien de parenté avec nous. Problème : ce fémur n’a jamais fait l’objet d’une publication. Et la Société d’anthropologie de Paris (SAP) vient de refuser une communication sur le sujet, attisant les soupçons d’omerta.

A l’époque de la découverte, l’équipe avait défendu l’idée que Toumaï était bipède parce que, dans son crâne, le trou où s’encastre sa colonne vertébrale est situé plutôt vers le bas comme chez les êtres humains et non vers l’arrière comme chez les grands singes quadrupèdes. Mais les mesures sur ce crâne, retrouvé très déformé, peuvent être sujettes à caution, et une partie des chercheurs estiment que la position de ce trou est influencée par d’autres paramètres, comme la forme du cerveau. Bref, il est donc capital, pour savoir si Toumaï était bipède, de pouvoir étudier les os de ses membres.
Mais, lors de la publication scientifique en 2002, l’équipe déclarait n’en avoir pas trouvé. Or, ce fémur existe bel et bien. Après une quinzaine d’années où circulaient photos et rumeurs, son existence a été récemment confirmée par Michel Brunet lui-même, sur France Culture : « Toumaï est bipède...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Des scientifiques ont modélisé les courses du félin et de sa cible favorite et compris les tactiques des deux mammifères.
<filname="PROF-env_sciences-17"> ¤                     


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Comment l’impala échappe au guépard

Des scientifiques ont modélisé les courses du félin et de sa cible favorite et compris les tactiques des deux mammifères.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 15h14
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 07h00
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            

Zoologie. C’est une lutte vieille comme le monde, du moins vieille comme la vie. Le combat de la proie contre le prédateur, face-à-face universel, presque ordinaire. Sauf qu’ici c’est d’un choc de titans qu’il s’agit. Le plus rapide des animaux terrestre, le somptueux guépard et ses 115 km/h au compteur, contre l’un des plus agiles, l’étonnant impala.
Moins emblématique que son redoutable chasseur, cette antilope d’Afrique australe éblouit pourtant les spécialistes : aussi rapide (jusqu’à 90 km/h) qu’endurante et explosive, capable de virages serrés comme de bonds vertigineux (trois mètres de haut et onze mètres de long).
Inséparable duo. L’un constitue le mets favori de l’autre. Et l’autre, la principale menace du premier. Des meutes de hyènes ou de lycaons parviennent bien parfois à isoler et épuiser un impala que sa jeunesse a rendu imprudent. Ou des léopards à profiter de la nuit et de la vue alors diminuée de l’antilope. Mais sinon, personne ne s’interpose dans ce duel au sommet.
« Quatorze ans de travail » 
Des chercheurs de l’Ecole vétérinaire royale de Londres ont voulu en comprendre les règles. Ils les livrent, dans un article publié dans la revue Nature, aussi saisissant par ses résultats que par les méthodes mises en œuvre.
Une équipe de biologistes et d’électroniciens a commencé par développer un collier particulièrement sophistiqué pour enregistrer position, direction, vitesse, accélération, et plus largement tous les paramètres de mouvements des animaux. « Le fruit de quatorze ans de travail », précise Alan Wilson, vétérinaire et professeur de biomécanique, auteur principal de l’article. Ils en ont équipé cinq guépards et six impalas, dans le nord du Botswana, et ont enregistré plus de mille courses. Au passage, ils ont prélevé sur les animaux de minuscules échantillons de fibres musculaires pour en analyser les performances.
Ils ont ainsi constaté que les prédateurs dépassaient...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ En France, la consommation énergétique annuelle par habitant est environ 240 fois supérieure à celle qu’un humain peut produire pendant la même durée avec sa seule puissance musculaire.
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Peut-on ressentir ce qu’est 1 kWh ?

En France, la consommation énergétique annuelle par habitant est environ 240 fois supérieure à celle qu’un humain peut produire pendant la même durée avec sa seule puissance musculaire.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 14h55
    |

                            Roland Lehoucq (Astrophysicien, Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives)








                        



                                


                            
Carte blanche. Pour l’usager, le kilowatt-heure (kWh) est l’unité qu’utilisent les fournisseurs d’électricité afin de comptabiliser et de facturer sa consommation. Au-delà d’un nombre au bas d’une page et d’une somme à payer, est-il possible de montrer, de « ressentir » ce que représente 1 kWh ? Pour les unités habituelles, c’est assez facile : 1 mètre correspond à la longueur d’un grand pas ou à la hauteur de votre nombril, 1 kilogramme est la masse d’une bouteille d’eau de 1 litre ou d’un paquet de farine, 1 seconde est la période de notre cycle cardiaque ou la durée pour prononcer « une seconde ».
En butinant récemment sur le Web, je suis tombé sur une vidéo de 2016 et produite à l’initiative d’une enseignante en classe de primaire de la région de Gap. L’idée était précisément de faire sentir aux élèves ce que représente une quantité d’énergie égale à 1 kWh. Pour cela, une dynamo actionnée par la rotation de la roue arrière d’un vélo transforme l’énergie musculaire de l’enfant en électricité. L’énergie produite par les jeunes cyclistes est comptabilisée par un compteur électrique.
Les élèves pédalèrent à tour de rôle, espérant que leurs efforts finissent par produire 1 kWh. Peine perdue… 1 kWh est l’énergie produite par une machine produisant une puissance de 1 000 watts pendant une heure.Ces jeunes enfants n’ont sans doute pas pédalé collectivement plus d’une heure. Et n’ont ­jamais produit individuellement plus de 100 watts. Grâce à cette expérience, les ­enfants ont compris que 1 kWh était une grande quantité d’énergie, qu’il est bienvenu que des machines produisent à notre place.
Les vélos d’appartement en libre-service dans les gares ou les aéroports qui permettent de recharger son téléphone pourraient donner l’impression contraire. C’est que le contenu énergétique d’une batterie de téléphone portable n’est que de 0,01 kWh, énergie que l’on peut produire en vingt minutes en pédalant sans trop d’effort. Mais faire fonctionner...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ Ayant côtoyé les singes dans sa jeunesse africaine, l’éthologue, Breton d’adoption, révèle la richesse et la flexibilité de leur langage, pas si éloigné que cela de celui des hommes.
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Alban Lemasson, décodeur du langage animal

Ayant côtoyé les singes dans sa jeunesse africaine, l’éthologue, Breton d’adoption, révèle la richesse et la flexibilité de leur langage, pas si éloigné que cela de celui des hommes.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
31.01.2018 à 09h21
    |

                            Marie-Laure Théodule








                        



                                


                            
Quand on passe sa jeunesse en Afrique, ça ne s’oublie pas. « Des éléphants traversent les routes ; les singes sont habitués aux hommes ; la nature est très présente », se rappelle Alban Lemasson. Il n’a que 3 ans, en 1978, lorsque sa famille part s’installer au Cameroun. Neuf ans plus tard, les Lemasson déménagent en Côte d’Ivoire. Retour en France de ce brillant élève en 1993 pour passer le baccalauréat. Après un passage par les classes ­préparatoires en biologie, il cherche sa voie. « Vétérinaire, ethnologue, documentariste… autant de pistes envisageables sans véritable coup de cœur. » Il n’a jamais entendu parler d’éthologie et ignore que l’on peut en faire un métier.
Sauf qu’il a rêvé, enfant, devant le film Gorilles dans la brume, magnifique histoire qui raconte la vie de Diane Fossey et son combat pour préserver les grands singes. « En cherchant dans quelle filière universitaire atypique de biologie je pourrais m’inscrire, je suis tombé sur l’éthologie, science qui étudie le comportement des organismes en fonctionnement dans leur environnement. Cela m’intéressait bien plus que le fonctionnement interne de l’organisme. Ce fut une révélation ! »

Ensuite tout est allé très vite pour ce solide quarantenaire à la voix douce, qui cache sous une apparente décontraction une force de travail peu commune. Sa passion l’amènera à frôler des situations dangereuses. Alors qu’il s’apprête à partir au Congo étudier les gorilles pour sa thèse, une guerre civile l’oblige à changer de plan. Il se rabat sur les mones de Campbell (Cercopithecus campbelli) élevés à la station écologique de Paimpont (50 km de Rennes) où travaille sa directrice de thèse, Martine Hausberger.
Ce qui le passionne, c’est le lien entre le comportement social des primates et leur communication vocale, sujet qu’il n’a jamais lâché depuis. Idée dominante à l’époque : le ­répertoire vocal des singes est figé puisque génétiquement programmé...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ Professeur de droit animalier à Harvard, il travaille sans relâche, depuis près de quarante ans, à défendre la cause des primates. Son combat a permis au chimpanzé Cecilia d’obtenir le statut de personne juridique non humaine.
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Steven Wise, l’avocat des grands singes

Professeur de droit animalier à Harvard, il travaille sans relâche, depuis près de quarante ans, à défendre la cause des primates. Son combat a permis au chimpanzé Cecilia d’obtenir le statut de personne juridique non humaine.



Le Monde
 |    27.01.2018 à 12h00
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            

Que pense Steven Wise de la victoire obtenue par l’avocat de Cecilia, en novembre 2016, au tribunal argentin de Mendoza ? « Nous en avons été ravis », répond-il. N’est-il pas déçu, tout de même, de n’être pas parvenu au même résultat pour ses propres clients, Hercule et Leo ? « Nous savons très bien que les cas où triomphent la liberté, l’égalité et la justice restent exceptionnels. » L’homme de loi est pugnace, et convaincu que le temps jouera en sa faveur.
Cecilia ne s’est pas rendue au tribunal, pas plus qu’Hercule et Leo. Tous trois sont des chimpanzés, et Steven Wise est leur meilleur avocat. Professeur de droit animalier à Harvard et dans d’autres universités américaines, il se bat sans relâche, depuis près de quarante ans, pour défendre leur cause. Si Cecilia est devenue en 2016 le premier animal du monde à se voir accorder le statut de personne juridique non humaine, si elle a quitté en avril 2017 le zoo où elle vivait enfermée pour rejoindre la réserve naturelle brésilienne de Sorocaba, elle le doit, bien sûr, à la juge de Mendoza qui a eu l’audace de franchir ce pas. Mais celui qui a ouvert le chemin, c’est Steven Wise. Cette décision consacre en effet la thèse défendue méthodiquement par son association, Nonhuman Rights Project (NRP), fondée sur les droits inhérents à l’habeas corpus. Soit le droit de ne pas être emprisonné sans jugement, jusqu’à présent réservé aux humains.
Droit à l’intégrité physique
Lorsqu’un ami lui suggère, à la fin des années 1970, de lire Animal Liberation, publié quelques années plus tôt par le philosophe australienPeter Singer,Wise exerce en pratique générale depuis trois ans. Pour le jeune avocat, qui opte sur-le-champ pour le végétarisme, c’est une révélation. « J’étais devenu avocat parce que je m’intéressais à la justice sociale. J’ai lu ce livre, j’ai compris qu’un nombre stupéfiant d’animaux non humains étaient traités de manière terrible et injuste, et qu’aucun...




                        

                        

