<FILE-date="2018/02/01/19">

<article-nb="2018/02/01/19-1">
<filnamedate="20180201"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180201"><AAMMJJHH="2018020119">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Des résidents d’un lotissement de béton à Villers-lès-Nancy se sont regroupés pour entreprendre la rénovation énergétique de leur quartier. La ville et l’habitat durables seront au centre d’une rencontre du « Monde » organisée à Nancy, mardi 13 février.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Près de Nancy, des habitants organisent la rénovation énergétique de leur quartier

Des résidents d’un lotissement de béton à Villers-lès-Nancy se sont regroupés pour entreprendre la rénovation énergétique de leur quartier. La ville et l’habitat durables seront au centre d’une rencontre du « Monde » organisée à Nancy, mardi 13 février.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 18h06
    |

            Laetitia Van Eeckhout








                        



   


Une entreprise de rénovation créée par les habitants pour les habitants. Il y a huit ans, les résidents du lotissement de Clairlieu, à Villers-lès-Nancy, ont décidé de se regrouper afin d’entreprendre, ensemble, la rénovation des pavillons de leur quartier.

Les 1 328 pavillons de ce lotissement sis dans la banlieue ouest de Nancy ont été construits au début des années 1970, avant les premières réglementations thermiques. Conçus en béton, « ce sont de véritables passoires énergétiques, lâche Marie-France, 67 ans, qui habite le quartier depuis quarante-cinq ans. L’hiver, on a beau chauffer, une humidité froide vous tombe en permanence sur les épaules ». 
Marie-France Robert et son mari sont un des premiers ménages du lotissement à s’être lancés dans une rénovation de fond en comble de leur pavillon. Un investissement de plusieurs dizaines de milliers d’euros qu’ils ne regrettent pas. Ils apprécient d’avoir désormais une température agréable et homogène dans toute leur maison et en toute saison. Et d’avoir divisé par un peu moins de sept leur facture énergétique (passée de plus de 2 000 € à 300 € par an).
Car, à Clairlieu, on ne fait pas les choses à moitié. Portes et fenêtres, façades, toiture, système de chauffage et de ventilation : les pavillons sont entièrement rénovés, avec l’objectif d’atteindre la norme BBC, bâtiment basse consommation.
Matériaux biosourcés
Tout a commencé à la fin de 2009 lors de conférences sur le solaire et les économies d’énergie organisées par la commune de Villers. Alors que, pour la troisième année de suite, le prix du gaz avait augmenté de 10 %, les habitants comprennent vite l’intérêt de la rénovation. Une petite centaine se regroupe en association, baptisée « Clairlieu Eco Défi », et se met à plancher sur les meilleures solutions pour rendre leurs demeures – toutes identiques ou presque – moins énergivores.

        Lire aussi :
         

                Une « chaîne de solidarité citoyenne en faveur d’une énergie renouvelable »



« Les discussions ont donné lieu à des débats animés, souvent houleux. Atteindre la norme BBC signifiait un investissement non négligeable, on s’est évidemment demandé si on pouvait procéder par étapes », ne cache pas Christiane Beuvelot, autre retraitée. Hormis quelques désistements, le groupe résiste et finit par être convaincu que, pour qu’un pavillon consomme le moins possible, il faut qu’il soit parfaitement isolé. Les associés vont même jusqu’à choisir des matériaux d’isolation biosourcés, générant le moins d’énergies grises possible : pour les façades, de la ouate de cellulose, fabriquée à partir de journaux recyclés, et, pour la toiture, de la laine de bois, qui stocke le CO2.
Sauf que, au terme d’un an de réflexion, les premiers devis refroidissent les ardeurs. « Là, on s’est dit qu’on allait le faire nous-mêmes, résume Francis Latour, habitant de Clairlieu et professionnel de l’optimisation énergétique. Et nous avons créé une société coopérative d’intérêts collectifs », la SCIC Clairlieu Eco Rénovation Solidaire.
En août 2011, la quarantaine d’habitants ayant décidé d’investir dans la SCIC se lancent alors dans la rénovation d’un premier bâtiment, aidés d’un charpentier et d’un architecte. Un chantier qu’ils mènent de bout en bout, et qui leur prend… deux ans. « C’est énorme, reconnaît Francis Latour. Mais cela nous a permis de mettre tout le processus au point. Aujourd’hui, nous sommes capables de faire une rénovation en huit semaines. »

   


Chantier participatif
Désormais, l’enveloppe isolante des pavillons rénovés arrive en kit sur le chantier, sous forme de caissons préfabriqués qu’il suffit d’assembler. Les sociétaires ont fini par trouver un industriel qui les leur fabrique, et une petite dizaine d’entreprises, locales – « pour que les retombées en termes d’emplois profitent au territoire » – qui se chargent de la partie technique de la rénovation. Pour autant, les chantiers restent participatifs : des bénévoles prennent part aux travaux.
A ce jour, 11 pavillons ont été rénovés selon les règles définies par la coopérative. Quatre sont en projet. De son côté, l’association organise, en partenariat avec l’agence locale de l’énergie et du climat (ALEC), des balades thermographiques, très suivies par les habitants du quartier.
Mais tous ne franchissent pas le pas. S’engager dans une rénovation complète revient aujourd’hui entre 100 000 et 150 000 euros. « C’est un investissement sur dix ou quinze ans, reconnaît Marie-France Robert. Mais le gain en confort est immédiat. Et on ne paie quasiment plus rien après en chauffage. » Et Francis Latour d’insister : « Le fait de se regrouper nous permet de mutualiser les études de conception et les achats de matériaux. Et, avec la SCIC, nous maîtrisons toute la chaîne des travaux, nous pouvons ainsi garantir le résultat. » 
Acte militant
Il n’est pas donné à tous de pouvoir débourser une telle somme, même si l’association Clairlieu Eco Défi accompagne les postulants dans l’élaboration de leur plan financier. « Aujourd’hui, s’engager dans une rénovation complète de son pavillon, c’est vraiment un acte militant, avoue Christiane Beuvelot. Nous cherchons à baisser le coût. »
L’initiative de Clairlieu est pour l’instant unique et encore fragile. Ce n’est pas un projet facilement reproductible. Mais la coopérative Eco Rénovation Solidaire a acquis un savoir-faire dans la rénovation des pavillons de béton. Elle est d’ailleurs sollicitée par des collectivités de la région dotées d’un parc de ces maisons énergivores.

        Lire aussi :
         

                Habiter durablement les villes : une rencontre du « Monde » à Nancy le 13 février


La ville et l’habitat durables seront au centre d’une rencontre du Monde organisée à Nancy, mardi 13 février, de 8 h 30 à 10 h 30. Inscriptions ici.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/01/19-2">
<filnamedate="20180201"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180201"><AAMMJJHH="2018020119">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Chronique. A 62 ans, le ministre de l’environnement a enfin remporté une victoire avec l’abandon de la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤                
                                    

Il est comme ça… Nicolas Hulot


                      Chronique. A 62 ans, le ministre de l’environnement a enfin remporté une victoire avec l’abandon de la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 15h15
    |

            Philippe Ridet








   


Une victoire, enfin, nette et sans bavure. Avec l’abandon de la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, Nicolas Hulot, ministre de l’environnement et numéro 3 du gouvernement, peut triompher. Opposé à ce projet, sans en faire la condition de sa participation à l’exécutif, il s’est bien gardé de se mettre en avant. Mais on se demande ce qu’il aurait continué à faire dans la team Philippe s’il avait été désavoué. A part peut-être composer des menus bio à l’Elysée et à Matignon. Déjà qu’il avait dû avaler la couleuvre du renouvellement de la licence du glyphosate par la Commission européenne, le report au-delà de 2025 de la baisse à 50 % de la part du nucléaire dans la production électrique et l’autorisation d’abattre 40 loups gris prédateurs de brebis (#balancetonloupgris). Pour un peu, on lui aurait reproché de posséder neuf véhicules à moteur, trois maisons et 7,3 millions d’euros de patrimoine…

        Lire aussi :
         

                Il est comme ça… Emmanuel Besnier



N’était sa nature discrète, Nicolas Hulot pourrait faire le tour du terrain la tête cachée dans son maillot et les bras écartés. N’était sa nature renfrognée, il pourrait même sourire. Mais son dab préféré ne ressemble à aucun autre. Avec son air de Droopy (« You know what ? I’m happy »), il garde les mains croisées sur sa veste, le regard ailleurs (inaptitude au bonheur ? blessures d’enfance ?). Bref, jamais content !
« C’est un boxeur qui n’aime pas prendre des coups et répugne à en donner. » Noël Mamère
Ses ennemis – il en a malgré sa popularité – étaient déjà prêts à instruire un nouveau procès. « Le passe-plat des lobbies », avait commenté début novembre le porte-parole des Verts. Ah, Les Verts, qui lui ont préféré la juge Eva Joly en 2012 ! Ah, Les Verts, qu’il n’a pas voulu affronter en 2007, alors qu’il était plus populaire que l’abbé Pierre et Zidane, préférant soumettre un pacte écologique aux candidats qui se sont empressés de l’accepter pour mieux l’oublier. « L’escrologiste », « le télécologiste », « l’hélicologiste », disait-on alors de Nicolas Hulot, dont la notoriété devait tout à la télévision et à son émission « Ushuaïa », où on le voyait nager avec des baleines et survoler la cordillère des Andes en ULM.

        Lire aussi :
         

                Nicolas Hulot, un ministre sous pression



Daniel Cohn-Bendit confiait alors : « Nicolas a un léger problème de refus d’obstacle. » Et Noël Mamère de préciser : « C’est un boxeur qui n’aime pas prendre des coups et répugne à en donner. » En 2011, dans une version antédiluvienne du magazine du Monde, Nicolas Hulot avait déclaré : « Pour faire avancer les choses, j’ai usé jusqu’à la corde la position de privilégié qui était la mienne. » On le sentait prêt à essayer autre chose.

        Lire aussi :
         

                Nicolas Hulot à l’épreuve du marché



Depuis qu’il a opté pour le port de la chemise à col officier et l’exercice des responsabilités, le voilà rentré dans le rang. Adulte presque. En tout cas patient et prêt à assumer de petites défaites pour obtenir de plus grands succès. Après avoir refusé d’être le ministre de Chirac, Sarkozy et d’Hollande, qui voulaient s’attribuer son image d’écologiste préféré des Français (mais pas des Verts !), il a cédé à Macron, conscient qu’on ne peut dire « non » tout le temps au risque de passer pour un allumeur. A 62 ans, c’est ridicule. Devenu grand, il a appris à composer avec ses désirs. « Je me donne un an pour voir si je suis utile », confiait-il après sa prise de fonctions. Sans Notre-Dame-des-Landes, encore cinq mois à prendre des râteaux, et il aurait eu une réponse claire.



<article-nb="2018/02/01/19-3">
<filnamedate="20180201"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180201"><AAMMJJHH="2018020119">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Malgré les crues de janvier, le fleuve souffre de sécheresse et d’un moindre apport à la fonte des neiges. Son débit moyen a diminué de 30 % depuis vingt ans.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Climat : le Rhône pourrait baisser de moitié d’ici un siècle

Malgré les crues de janvier, le fleuve souffre de sécheresse et d’un moindre apport à la fonte des neiges. Son débit moyen a diminué de 30 % depuis vingt ans.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 11h05
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 15h04
    |

                            Richard Schittly (Lyon, correspondant)








                        



                                


                            

En crue depuis plusieurs semaines, le Rhône donne l’impression d’un fleuve abondant. Il traverse Lyon en rasant ses quais. Des parkings sur berges sont fermés, quelques terrasses ont été emportées par les flots. Le débit de 4 400 mètres cubes par seconde a été atteint mi-janvier, au sud de la ville, soit le niveau d’une crue décennale.
Les apparences sont trompeuses, car cette montée des eaux cache une réalité inverse : le Rhône souffre plus souvent de sécheresse. Son débit annuel moyen en 2017 est inférieur de 30 % à celui des vingt dernières années. Et les prévisions sont inquiétantes : ce débit moyen pourrait baisser de 10 % à 40 % dans les prochaines années. Si le phénomène se poursuit, le Rhône risque de diminuer de moitié d’ici un siècle.
Alimenté par le lac Léman en Suisse et par plusieurs affluents, il dépend en grande partie de la neige et des glaciers de montagne. Leur fonte progressive touche directement la santé du cours d’eau qui traverse tout le sud-est de la France. Autre indicateur, son pic printanier, généralement enregistré à la fonte des neiges, a avancé de vingt-deux jours en un siècle. En 2017, le fleuve a connu son étiage en décembre – un phénomène de basses eaux jamais vu en période hivernale. Et si le Rhône reste le fleuve le plus puissant de France, avec un niveau moyen de 1 700 mètres cubes par seconde – ce qui correspond à la Seine actuellement en pleine crue –, son avenir préoccupe.
« Extrême variabilité des phénomènes »
« Le dérèglement climatique est une réalité, une certitude qui ne concerne pas seulement les îles Fidji », a prévenu Elisabeth Ayrault, la dirigeante de la Compagnie générale du Rhône (CNR), dans un discours annuel de vœux au ton alarmiste, jeudi 25 janvier. « Notre modèle est basé sur des conditions climatiques raisonnables, nos habitudes doivent changer, nous avons besoin que les fleuves soient entendus par le monde politique », a-t-elle déclaré. Dramatisation ?...




                        

                        


<article-nb="2018/02/01/19-4">
<filnamedate="20180201"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180201"><AAMMJJHH="2018020119">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ En août 2006, le cargo avait déchargé dans la métropole ivoirienne plus de 500 mètres cubes de déchets hautement toxiques issus d’hydrocarbures.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤         

Compte rendu

« Probo-Koala » : l’ONU affirme que les sites pollués d’Abidjan ne sont plus dangereux

En août 2006, le cargo avait déchargé dans la métropole ivoirienne plus de 500 mètres cubes de déchets hautement toxiques issus d’hydrocarbures.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-02-01T11:04:25+01:00"

        Le 01.02.2018 à 11h04

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-02-01T12:32:54+01:00"

        Mis à jour le 01.02.2018 à 12h32






    
Moustapha Sangaré, ancien travailleur à la décharge d’Akouédo et son fils, au bord du caniveau où a été déversée une partie des déchets.
Crédits : Judith Kormann


Un rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), dont l’AFP a eu connaissance mercredi 31 janvier, a conclu que les sites pollués par les déchets toxiques du cargo Probo Koala à Abidjan en 2006 ne sont plus dangereux.
« Aucun des sites où les déchets issus du Probo Koala ont effectivement été déversés ne présente une contamination supérieure aux seuils établis par le gouvernement de la Côte d’Ivoire pour la dépollution. Par conséquent, aucun de ces sites ne nécessite une intervention complémentaire, même au regard de normes internationales », affirme l’audit environnemental.

        Lire aussi :
         

                « Probo-Koala » : drame écologique et bonnes affaires



En août 2006, le cargo Probo Koala, affrété par la société de courtage pétrolier suisso-néerlandaise Trafigura, avait débarqué à Abidjan plus de 500 mètres cubes de déchets hautement toxiques issus d’hydrocarbures.
Un sous-traitant ivoirien, la société Tommy, les avait transférés dans des camions-citernes puis déversés de façon sauvage dans une douzaine d’endroits de la capitale économique ivoirienne. Au moins 17 personnes étaient mortes et des dizaines de milliers d’autres avaient été intoxiquées. L’affaire avait provoqué un scandale international, mais Trafigura n’a jamais été condamnée par la justice.

        Lire aussi :
         

                Côte d’Ivoire : les victimes oubliées des déchets toxiques du « Probo-Koala »



La santé des communautés affectée
Pour établir le rapport, 130 échantillons de sol, d’eau, d’air, de sédiments, de mollusques, de fruits et de légumes ont été prélevés en 2016 et 2017 sur 18 sites à travers la ville par des experts environnementaux du PNUE, missionnés à la demande du gouvernement ivoirien.
Si les conclusions du rapport apparaissent « rassurantes », les experts cependant « n’excluent pas que la santé des communautés soit encore affectée par leur exposition initiale aux déchets en 2006 ».
« La question de savoir si ceux qui ont été affectés au moment du déversement continuent de souffrir de troubles physiologiques ou psychosomatiques est d’autant plus cruciale qu’un suivi systématique des populations affectées n’a pas eu lieu au cours de cette dernière décennie », avertissent les experts, recommandant donc au gouvernement ivoirien la mise en place d’un vaste programme de suivi médical.
« Ces conclusions sont un soulagement pour ceux qui vivent ou travaillent près des sites de déversement », mais « onze ans après, les victimes demeurent dans le flou quant aux éventuelles conséquences à long terme sur leur santé », a estimé Amnesty International dans un communiqué.

    
Kalandjibo Balo, 23 ans, vit du recyclage plastique dans le décharge d’Akouedo, près d’Abidjan (le 25 février 2016).
Crédits : Thierry Gouegnon/Reuters


Trafigura a toujours démenti que les déchets du Probo Koala aient pu causer décès, blessures et maladies graves.
Des victimes ont lancé en septembre 2017 une nouvelle procédure judiciaire aux Pays-Bas contre Trafigura, après l’échec d’une première action en 2016.

        Lire aussi :
         

                Nouvelle action en justice aux Pays-Bas des victimes ivoiriennes du « Probo-Koala »



La société avait signé deux accords, en 2007 en Côte d’Ivoire et 2009 au Royaume-Uni, qui prévoyaient au total 185 millions d’euros d’indemnisations. Un montant jugé dérisoire étant donné le nombre de personnes touchées. Sur les 152 millions d’euros versés à l’Etat ivoirien, 33 millions d’euros d’indemnisation devaient être versés à près de 30 000 victimes. Mais une partie a été détournée par des responsables ivoiriens. Des dizaines de milliers de personnes se battent toujours pour percevoir leurs 1 150 euros de dédommagement.
Le directeur du sous-traitant Tommy a lui été condamné à 20 ans de prison par la justice ivoirienne.


<article-nb="2018/02/01/19-5">
<filnamedate="20180201"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180201"><AAMMJJHH="2018020119">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Les communautés amérindiennes sont les plus exposées à la fois au mercure et au plomb.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Pollution : un enfant guyanais sur cinq est atteint de saturnisme

Les communautés amérindiennes sont les plus exposées à la fois au mercure et au plomb.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 10h49
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 18h35
    |

                            Laurent Marot (Cayenne)








                        



                                


                            

La première alerte remonte à juin 2011. Une plombémie sévère est dépistée chez une fillette de 3 ans vivant à Mana, dans l’ouest de la Guyane. Son sang contient 1 724 microgrammes de plomb par litre (µg/L), alors que le seuil du saturnisme est atteint à partir de 50 µg/L. Une enquête sanitaire menée par l’Agence régionale de santé révèle alors que la moitié des personnes vivant dans l’entourage de la fillette – dont la plupart des enfants – se situe au-dessus des normes. « A partir de 50 µg/L, il peut y avoir chez le fœtus et l’enfant des troubles neurologiques avec des troubles cognitifs, des petites anomalies rénales, un peu d’hypertension », précise Paul Brousse, coordonnateur des Centres délocalisés de prévention et de soins (CDPS) au centre hospitalier Andrée-Rosemon de Cayenne. 
La Guyane ne dispose pas de données sur l’imprégnation de l’ensemble de la population au plomb, faute de figurer dans les enquêtes nationales. Cependant, le Centre hospitalier de l’ouest Guyanais (CHOG) a mené une étude sur 531 femmes enceintes. Publiée en 2017, celle-ci révèle que 25 % d’entre elles ont une plombémie hors norme. Deux autres recherches, encore non publiées, précisent l’ampleur de la contamination. Elles font état d’une recrudescence du problème du plomb dans l’ensemble du territoire et du maintien de l’intoxication au mercure dans les villages de l’intérieur.
Enfant « agité, fatigué »
La première a été conduite par Santé publique France de 2015 à 2017 auprès de 590 enfants âgés de 1 à 6 ans. « La proportion d’enfants en Guyane au-dessus de la norme est aux alentours de 20 % », explique l’épidémiologiste Audrey Andrieu, de la Cellule interrégionale d’épidémiologie (CIRE). C’est treize fois plus que la prévalence nationale. Ce sont ainsi 14,4 % des enfants de Guyane qui sont au-delà de 100 µg/L, l’ancien seuil officiel du saturnisme, contre 0,1 % en France.
Les communautés amérindiennes du sud sont les plus touchées....




                        

                        


<article-nb="2018/02/01/19-6">
<filnamedate="20180201"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180201"><AAMMJJHH="2018020119">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ La députée LRM de la Somme explique au « Monde » les enjeux de la commission d’enquête sur « la sûreté et la sécurité » des installations nucléaires, votée mercredi.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 31/01/2018
Découvrir l’application


                        

Barbara Pompili : « Il faut sortir de l’opacité sur le nucléaire »

La députée LRM de la Somme explique au « Monde » les enjeux de la commission d’enquête sur « la sûreté et la sécurité » des installations nucléaires, votée mercredi.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 18h18
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 13h51
    |

                            Nabil Wakim et 
Alexandre Lemarié








                        



   


L’Assemblée nationale a voté, mercredi 31 janvier, la création d’une commission d’enquête sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires en France. Barbara Pompili, députée (LRM) de la Somme et présidente de la commission du développement durable, explique au Monde qu’« il serait absurde de ne pas envisager les risques que pourrait causer un attentat terroriste sur une centrale ».
L’ex-secrétaire d’Etat de François Hollande, à l’initiative de cette commission, souhaite par ailleurs que le président de la République, Emmanuel Macron, respecte ses engagements de campagne de réduire à 50 % la part du nucléaire dans la production d’électricité.
Pourquoi mobiliser une commission d’enquête parlementaire sur le nucléaire ?
Un certain nombre de problèmes se posent concernant la sûreté et la sécurité de nos installations : des intrusions de Greenpeace ont eu lieu dans différentes centrales, des anomalies ont été repérées à l’usine Areva du Creusot [Saône-et-Loire]. A ces deux éléments médiatiques s’ajoutent des incidents, qui se multiplient sur des centrales : c’est notamment le cas avec l’arrêt des quatre réacteurs de la centrale du Tricastin (Drôme), fin septembre-début octobre 2017, ou l’explosion à Flamanville [Manche] en février 2017.
En outre, la question de la prolongation des réacteurs au-delà de quarante ans se pose de manière accrue. Le président de l’Autorité de sûreté nucléaire [ASN], Pierre-Franck Chevet, a d’ailleurs estimé récemment qu’en termes de sûreté, le parc n’est pas à un niveau suffisant pour permettre de prolonger.
Ces éléments se combinent avec la mise en place de la programmation pluriannuelle de l’énergie [PPE], qui développera, à la fin de l’année, les objectifs de la France en matière énergétique pour les cinq prochaines années.
Pour quelle raison se pencher à la fois sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires ?
Vu la menace terroriste, isoler ces deux questions est très artificiel. Un contrôle efficace suppose de veiller à la fois à la prévention des accidents nucléaires, qui concerne la sûreté, et de travailler à la résistance des installations aux attaques extérieures, qui relève de la sécurité. L’exemple des piscines d’entreposage de combustible usagé le prouve : les bâtiments ont été testés sous l’angle de la sûreté, pour voir s’ils résisteraient à des séismes ou à des inondations.
Mais cet examen n’englobe pas le fait qu’ils puissent résister à des bombes. Or, quand un tel bâtiment est conçu, tous les critères doivent être pris en compte. L’ASN considère d’ailleurs qu’à terme, il faudrait réunir ces deux critères lors des contrôles.
A l’heure actuelle, il serait absurde de ne pas envisager les risques que pourrait causer un attentat terroriste sur une centrale.
Notre parc nucléaire est-il préparé à une telle attaque ?
A ma connaissance, la sécurité des centrales – qui relève des ministères de l’énergie et de la défense – n’a jamais été vérifiée par des parlementaires. Il y a eu un travail sur les intrusions, sur les survols par des aéronefs, mais nous n’avons toujours pas les informations qui nous prouveraient qu’un site serait protégé d’une attaque terroriste si, par exemple, un avion était le vecteur de l’attaque comme ce fut le cas lors du 11-Septembre.
Vous dites vouloir sortir de l’« opacité » sur le nucléaire. Comment cette commission va-t-elle procéder ?
L’intérêt d’une telle commission, c’est que nous avons de réels moyens pour enquêter. Nous procédons à des auditions sous serment des lanceurs d’alerte, des exploitants, comme EDF, des organismes de contrôle. Nous allons également inspecter des sites.
La commission va-t-elle également enquêter sur les coûts du nucléaire français ?
En s’intéressant à la sûreté, la commission d’enquête pourrait identifier là où les coûts du grand carénage [chantier engagé par EDF après la catastrophe de Fukushima pour renforcer la sûreté pour un coût de 46 milliards d’euros] sont très importants. Cela peut permettre d’identifier les cas où prolonger la durée de vie d’une centrale ne servirait pas à grand-chose, par exemple. Est ce que cela vaut le coup de se lancer dans des travaux coûteux pour fermer peu de temps après ?
Il ne s’agit pas de mettre en difficulté EDF ou Areva. Ce qui peut mettre en difficulté ces entreprises, c’est de se mettre la tête dans le sable et de ne pas regarder la réalité en face.
Il faut sortir de l’opacité sur le nucléaire. Certes, on peut être fiers de la manière dont ont été gérées les questions de sûreté et de sécurité jusqu’à aujourd’hui. Mais, maintenant, il y a des mesures à prendre.
Nicolas Hulot dit qu’il faudra préciser avant la fin de l’année quels seront les réacteurs qui vont fermer et quand. Ce n’est pas ce que dit l’Elysée…
Je pense qu’il faudra nommer dans la PPE les noms des réacteurs à fermer. Ne pas préciser ce qu’on va fermer, ce serait repousser et ne pas prendre de décision. Ce n’est pas l’état d’esprit du président de la République.
Ce qui mine le débat, c’est le fait de ne pas savoir, pour certains territoires, comment ils vont être traités. Notre commission d’enquête peut justement permettre d’identifier, de manière pragmatique, les centrales souffrant de problèmes structurels.
Pendant la campagne, M. Macron a désigné le nucléaire comme « une énergie d’avenir ». Partagez-vous ce point de vue ?
Je ne suis pas d’accord avec lui sur ce point. Cela étant, notre engagement commun de mettre en œuvre la loi de transition énergétique est toujours le même. M. Macron n’a jamais remis en cause l’objectif de descendre en dessous de 50 % de production d’électricité d’origine nucléaire, même si nous sommes revenus sur la date de 2025.
A titre personnel, j’aimerais que cet objectif ne soit qu’un début et qu’on réduise encore plus, à l’avenir, la part d’électricité venant du nucléaire. Mais ce n’est pas le contrat sur lequel nous nous sommes engagés pendant la campagne. Je suis opposée de longue date au nucléaire mais je n’oublie pas que dans la majorité, il y a des pronucléaires, des antinucléaires, et même des agnostiques !



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/01/19-7">
<filnamedate="20180201"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180201"><AAMMJJHH="2018020119">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ L’homme d’affaires investit dans des techniques d’élevage sélectif, pour obtenir des animaux plus adaptés au réchauffement climatique et capables de produire plus de lait.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ 
<article-nb="2018/02/01/19-8">
<filnamedate="20180201"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180201"><AAMMJJHH="2018020119">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Les résultats des tests menés sur des singes en 2015 montraient que les émissions des véhicules diesel récents étaient « plus nocives » que celles des anciens, affirme mercredi le quotidien « Bild ».
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

« Monkeygate » : Volkswagen a voulu dissimuler des résultats « trop dévastateurs »

Les résultats des tests menés sur des singes en 2015 montraient que les émissions des véhicules diesel récents étaient « plus nocives » que celles des anciens, affirme mercredi le quotidien « Bild ».



Le Monde
 |    31.01.2018 à 15h37
 • Mis à jour le
31.01.2018 à 15h52
   





                        


Volkswagen a cherché à dissimuler les résultats des tests mesurant sur des singes les conséquences des émissions du diesel, car ils montraient que celles des véhicules récents étaient « plus nocives » que celles des anciens, affirme mercredi 31 janvier le quotidien Bild.
Les résultats de ces expérimentations « ne devaient jamais sortir », car ils étaient « trop dévastateurs », affirme le quotidien allemand, qui publie des documents internes du laboratoire américain les ayant menés.

        Lire aussi :
         

                Ce qu’il faut retenir du « monkeygate », nouveau scandale automobile allemand



« Nous avons adressé ce rapport final il y a plusieurs mois et [les responsables de Volkswagen] l’ont contesté parce qu’il ne correspondait pas à leurs attentes », écrivait ainsi en août 2016 Jacob McDonald, dont le laboratoire avait été mandaté par le Groupe européen de recherche sur l’environnement et la santé dans le secteur du transport (EUGT), organisme de recherche financé par Volkswagen, ses concurrents Daimler et BMW et l’équipementier Bosch.
Mauvais résultats
Ces tests, initialement révélés par le journal américain New York Times, ont eu lieu en 2015. Les animaux étaient enfermés dans des cages de verre où ils inhalaient quatre heures durant les gaz d’échappements d’une Beetle, successeure de la Coccinelle et modèle phare de Volkswagen, et d’un pick-up Ford plus ancien.
Les essais devaient démontrer l’innocuité des nouveaux moteurs diesel, mais ont au contraire mis en évidence que les animaux ayant inhalé les émanations d’un diesel supposé plus propre « présentaient plus de signes inflammatoires que ceux qui ont respiré l’ancien », a rapporté un expert à Bild.
Dans un courriel, Jacob McDonald proposait de ne pas évoquer dans le rapport final les mauvais résultats obtenus par les moteurs récents et d’insister sur l’absence de danger de « l’ancienne technologie ». Le rapport avait été adressé en juin 2017 à l’EUGT, en liquidation depuis le scandale du « dieselgate » en 2015, et qui ne l’a jamais publié,explique Bild.

        Lire l’éditorial du « Monde » :
         

          Volkswagen entre arrogance et éthique dévoyée



Le numéro un mondial de l’automobile Volkswagen avait réagi au scandale en suspendant mardi de ses fonctions son lobbyiste en chef Thomas Steg pour son rôle dans l’organisation des tests. Mercredi, son concurrent Daimler a lui aussi suspendu son représentant au sein du directoire de l’EUGT, et a annoncé mener une enquête interne sur les tests. Selon le quotidien Handelsblatt, il s’agit d’Udo Hartmann, responsable de la protection de l’environnement pour le constructeur.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/01/19-9">
<filnamedate="20180201"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180201"><AAMMJJHH="2018020119">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Le texte destiné à équilibrer les relations entre agriculteurs, industriels et distributeurs prévoit aussi des dispositions en faveur d’une alimentation « saine et durable ».
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Bien-être animal, phytosanitaires et gaspillage : les autres mesures du projet de loi agroalimentaire

Le texte destiné à équilibrer les relations entre agriculteurs, industriels et distributeurs prévoit aussi des dispositions en faveur d’une alimentation « saine et durable ».



Le Monde
 |    31.01.2018 à 12h02
    |

            Cécile Prudhomme et 
Laurence Girard








                        



   


Le second temps des Etats généraux de l’alimentation, qui se sont achevés fin 2017, avait été consacré à l’objectif d’une alimentation saine et durable, accessible à tous. Trois mesures issues de ces discussions sont intégrées au projet de loi « pour l’équilibre des relations commerciales dans la filière agroalimentaire », présenté en conseil des ministres mercredi 31 janvier.
Bien-être animal
Le texte donne l’autorisation aux associations de défense des animaux de se constituer partie civile. De plus, le délit de maltraitance est étendu aux entreprises de transport d’animaux vivants et aux abattoirs. Les sanctions sont doublées et passent à un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende. Enfin, les personnes qui dénoncent des mauvais traitements peuvent bénéficier des dispositions relatives aux lanceurs d’alerte. Toutefois, l’installation de la vidéosurveillance dans les abattoirs, promise par le précédent gouvernement et jamais mise en application, n’est pas retenue.
Usage des produits phytosanitaires
La loi souhaite éviter toute incitation commerciale pouvant conduire à l’utilisation inappropriée des produits phytosanitaires. Les rabais, remises et ristournes seront donc interdits dans les contrats de vente (sauf pour les produits de biocontrôle), sous peine d’une amende pouvant atteindre 75 000 euros. Elle donne au gouvernement la possibilité de légiférer par ordonnance, dans un délai de six mois, afin de séparer l’activité de conseil et de vente des produits phytosanitaires. Une séparation capitalistique des deux activités sera imposée. Le dispositif de certificat d’économie de produits phytosanitaires mis en place par le précédent gouvernement sera pérennisé, avec un nouveau calendrier.
Restauration collective et gaspillage
Le texte évoque l’amélioration de la qualité des repas dans la restauration collective. L’objectif politique annoncé est d’atteindre 50 % de produits bio, locaux ou sous signe de qualité d’ici à 2022. Un objectif qui ne sera pas inscrit dans la loi, mais fixé par décret en Conseil d’Etat. La notion de produits locaux n’existant pas dans le code des marchés publics, elle est remplacée par celle du coût du cycle de vie. Il donne au gouvernement la possibilité de prendre par ordonnance, dans un délai d’un an après publication de la loi, des mesures concernant le gaspillage alimentaire comme imposer à la restauration collective un diagnostic obligatoire ou étendre aux industries agroalimentaires et à la restauration collective l’obligation de don à des associations sous conditions.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/01/19-10">
<filnamedate="20180201"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180201"><AAMMJJHH="2018020119">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Dans un rapport remis jeudi à la maire socialiste, des élus s’inquiètent du manque de moyens pour la propreté.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 31/01/2018
Découvrir l’application


                        

Anne Hidalgo priée de mieux nettoyer Paris

Dans un rapport remis jeudi à la maire socialiste, des élus s’inquiètent du manque de moyens pour la propreté.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 11h07
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 06h31
    |

            Patricia Jolly








                        



   


Anne Hidalgo doit désormais balayer plus méticuleusement devant sa porte. C’est, en substance, la conclusion du rapport de 225 pages qui devrait être remis à la maire socialiste de Paris, jeudi 1er février, par les membres d’une mission d’information et d’évaluation (MIE) réclamée il y a un an par la droite, et intitulé : « La politique parisienne en matière de propreté ».
En tête de l’ordre du jour du prochain Conseil de Paris, du 5 au 7 février, figurent 45 préconisations pour une capitale « enfin propre ». Elles ont été adoptées à l’unanimité par la quinzaine d’élus parisiens de tout bord qui, durant sept mois, ont passé au crible la gestion actuelle de la propreté sous la présidence de Florence Berthout, maire Les Républicains (LR) du 5e arrondissement et présidente du groupe Républicains et Indépendants. Le 5 février, ces pistes de travail seront débattues avant d’être soumises au vote.
« Nous sommes à peu près d’accord sur le constat de défaillance, mais nous ne le serons pas sur le dimensionnement des moyens à déployer pour que cela s’améliore, prédit Florence Berthout. La gauche a considéré pendant des années la propreté comme une exigence bourgeoise et, aujourd’hui, force est de constater que le compte n’y est pas et qu’il faut un plan d’urgence. »
« Moins salir », « mieux nettoyer » et « mieux évaluer et organiser les ressources », tels sont les trois axes de travail fixés par la MIE. Ils se déclinent en une série de propositions suggérant aussi bien de « responsabiliser » les Parisiens en affirmant le principe du « salisseur-payeur », que d’intensifier la répression des comportements inciviques en instaurant la vidéo-verbalisation pour lutter contre les dépôts sauvages, ou de dépénaliser les amendes de propreté afin de permettre à la Ville d’en augmenter le montant, notamment en cas de récidive.
Reconnaître la pénibilité
Il est également question d’adapter le nettoyage aux rythmes de vie des Parisiens en élargissant les horaires d’après-midi et de soirées en fonction de l’utilisation de l’espace public, notamment en été ou le week-end. La MIE avance encore la nécessité de réorganiser les ressources humaines en simplifiant la chaîne managériale tout en assurant une meilleure coordination entre les services de la Ville par l’entremise d’un service.
Cette orientation permettrait de lutter contre l’absentéisme au sein de la direction de la propreté et de l’eau qui s’élève à 13,3 % chez les éboueurs – et jusqu’à 20 % dans les 5e et 6e arrondissements – et de remobiliser les agents en valorisant leur travail et en leur proposant des plans de carrière prenant en compte la pénibilité.
La MIE insiste enfin sur la nécessité d’améliorer les moyens matériels en augmentant le budget dévolu à la mécanisation, en acquérant du matériel « testé par les agents » et respectant la « spécificité géographique » de chaque arrondissement.
La présentation – médiatisée – par Anne Hidalgo, le 23 janvier, d’un échantillon des quelque 170 véhicules de nettoyage flambant neufs et fonctionnant à l’électricité ou au gaz naturel, en renouvellement de la flotte vieillissante d’engins diesel, a laissé Mme Berthout sceptique.
« Il faudra voir à la fin de l’année si toutes les machines promises ont bien été commandées, si elles ont été livrées, et comment elles seront réparties, dit la maire du 5e arrondissement. La lutte contre le réchauffement climatique est une priorité absolue, mais quand on annonce la fin de l’utilisation du diesel pour 2020 puis pour 2024, il faut tirer les conséquences financières que cela impose, ce qui n’a pas été fait. » Et de rappeler que, depuis 2010, le nombre d’aspiratrices de trottoirs a chuté de 275 à 248, soit d’environ 10 %, et qu’un quart du vétuste parc des véhicules de propreté était immobilisé en permanence par des opérations de maintenance ces dernières années.
« Absence d’anticipation »
Dénonçant une « baisse récurrente » des moyens financiers et humains, Mme Berthout décoche une implacable arithmétique : « Depuis 2001, l’espace public parisien a augmenté de près de 30 %, ce qui multiplie les surfaces à nettoyer, et plus de 100 000 personnes supplémentaires y circulent, alors que le budget consacré à la propreté est passé de 149 millions d’euros en 2001 à 133 millions d’euros en 2016, soit une diminution de 11 % en euros constants. »
Et les renforts de 200 agents de propreté entre 2016 et 2017 sont « loin de compenser » les 1 111 emplois du secteur disparus depuis 2001. « Dans le même temps, les effectifs de la Ville ont augmenté de 50 %, ce qui démontre que la propreté n’a pas été une priorité », conclut Mme Berthout, pour qui « la caricature de l’absence d’anticipation de la maire s’illustre dans le grave problème de prolifération des rats dans Paris ».

        Lire aussi l’entretien :
         

          « Il n’est pas nécessaire d’éradiquer les rats »



Le thème de la propreté revient comme une antienne dans la liste des griefs adressés à Mme Hidalgo depuis son arrivée à l’Hôtel de Ville en 2014. Ses adversaires politiques ironisent sur le fait qu’elle a, depuis, soumis pas moins de « trois plans de propreté » au vote du Conseil de Paris. Le 5 février, avant de laisser les groupes politiques faire leurs observations sur les préconisations de la MIE, la maire effectuera une communication pour défendre sa gestion.
Mao Péninou, son adjoint (La République en marche) à la propreté, invoque des « restructurations » de l’administration de la Ville et des questions de « nomenclatures ». Il considère les calculs de la MIE inexacts : « On a davantage d’éboueurs qu’en 2001 mais beaucoup moins d’égoutiers », affirme-t-il.
Corbeilles et PV
Il concède en revanche qu’il y a « trois ou quatre points à gagner » sur le taux d’absentéisme des agents « grâce à la modernisation des outils, à la modification des rythmes de travail et à une meilleure formation de l’encadrement ».
Il reconnaît aussi une « vraie question “rats” » liée à la nourriture disponible dans l’espace public, en dépit de la dotation de 1,5 million d’euros votée en 2017 pour lutter contre leur prolifération. Il promet, d’ici à la fin 2018, le remplacement d’une partie des corbeilles de rue situées sur les quais, dans les parcs et près des marchés alimentaires par des poubelles opaques, fermées et inaccessibles aux rongeurs.
La verbalisation des incivilités semble également porter ses fruits. Environ 110 000 PV à 68 euros ont été dressés en 2017 pour jets de mégots, déjections canines et autres épanchements d’urine – en hausse de 149 % en un an.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/01/19-11">
<filnamedate="20180201"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180201"><AAMMJJHH="2018020119">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Pour le spécialiste Pierre Falgayrac, le rongeur autorégule sa population et rend des services aux humains, notamment en mangeant leurs déchets.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Propreté à Paris : « Il n’est pas nécessaire d’éradiquer les rats »

Pour le spécialiste Pierre Falgayrac, le rongeur autorégule sa population et rend des services aux humains, notamment en mangeant leurs déchets.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 11h05
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 07h35
    |

            Patricia Jolly








                        



                                


                            

Expert en hygiène et sécurité, consultant et formateur en lutte raisonnée contre les nuisibles urbains, et auteur du Grand Guide de lutte raisonnée contre les nuisibles ou bio-agresseurs humains (Lexitis, 2017), Pierre Falgayrac explique pourquoi le rat n’est pas l’ennemi de l’homme.
La crue de la Seine et la diffusion d’une vidéo montrant un conteneur d’ordures parisien grouillant de rats font redouter une recrudescence des surmulots dans la capitale. Cette crainte est-elle fondée ?
Non, au contraire. Les crues déciment les rats en noyant leurs terriers, un phénomène auquel les individus les plus vieux et les plus faibles ne résistent pas. La raison pour laquelle on voit alors davantage de rats en surface, c’est que les survivants se retrouvent sans domicile fixe et qu’ils migrent immédiatement, à la recherche d’un nouvel abri, et vers des points de nourriture où les dirige leur odorat particulièrement discriminant.
Les quelques dizaines de rats filmés par l’agent de propreté sont très jeunes – ils ont moins de 3 mois, alors que la durée de vie moyenne d’un rat urbain est d’un an. Le trou d’évacuation de liquide du conteneur dans lequel ils se trouvent a le diamètre d’un terrier. Ils ont tout simplement été attirés par l’odeur de nourriture qui en émanait, puis ils sont restés s’y abriter car ils sont nyctalopes. Sur les images, ils semblent d’ailleurs bien plus effrayés que le vidéaste.
Où les rats urbains nichent-ils ?
Entre 75 % et 80 % des rats urbains vivent dans les égouts ou dans les souterrains. De l’eau en abondance, une température agréable et l’absence de prédateurs : toutes les conditions qui leur conviennent y sont réunies. Ils s’installent dans les parties non bétonnées qu’ils peuvent attaquer avec leurs dents. Le seul souci est qu’il n’y a quasiment rien à manger dans ces endroits. Ils doivent donc aller et venir pour chercher de la nourriture. C’est là qu’ils se...




                        

                        


<article-nb="2018/02/01/19-12">
<filnamedate="20180201"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180201"><AAMMJJHH="2018020119">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Le calendrier proposé par l’électricien français est plus conservateur que celui souhaité par Nicolas Hulot.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

EDF n’envisage pas de réduire le parc nucléaire avant 2029

Le calendrier proposé par l’électricien français est plus conservateur que celui souhaité par Nicolas Hulot.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 19h28
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 20h19
    |

                            Nabil Wakim








                        



   


La passe d’armes à distance entre EDF et Nicolas Hulot sur le nucléaire continue. Le ministre de la transition écologique et solidaire avait accepté, en octobre, de renoncer à l’un des piliers de la loi de transition énergétique votée en 2015. L’objectif de parvenir à diminuer la part de nucléaire à 50 % de la production électrique française dès 2025 a été remis à plus tard.
Mais le ministre n’a pas renoncé à diminuer la part du nucléaire à un horizon de 2030 ou 2035. Or, l’année 2018 est charnière de ce point de vue : la France est en train d’élaborer son projet énergétique pour les cinq ans à venir, à travers l’exercice de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).
Nicolas Hulot, ministre de tutelle d’EDF, a expliqué à plusieurs reprises que cette PPE serait l’occasion de fixer, dès la fin de l’année 2018, le cadre précis de fermeture des réacteurs nucléaires, avec notamment un calendrier et des noms de réacteurs concernés.

        Lire aussi :
         

          L’arrêt de centrales nucléaires durant le quinquennat est peu probable



EDF veut étaler les fermetures
Mais, du côté d’EDF, on se montre beaucoup plus prudent et on propose plutôt de prolonger la durée de vie des centrales le plus longtemps possible. « On a clairement un objectif d’amener nos réacteurs à 50 ans, ce qui ferait des premiers arrêts à partir de 2029 », a expliqué Philippe Sasseigne, directeur du parc nucléaire français d’EDF, lors d’une rencontre avec des journalistes, mardi 30 janvier.
« Il est raisonnable d’amener des réacteurs à 50 ans et d’autres à 60 ans pour étaler » les fermetures, a-t-il argumenté.
La France compte actuellement 58 réacteurs, dont une grande partie aura 40 ans entre 2019 et 2025. Cette décision de prolonger la durée de vie des réacteurs au-delà de 40 ans, puis de 50 ans, appartiendra à l’Autorité de sûreté nucléaire.
La seule fermeture de centrale programmée est celle de Fessenheim, en Alsace, mais qui sera remplacée par le lancement du nouveau réacteur EPR de Flamanville, a priori début janvier 2019.

        Lire aussi :
         

                A la recherche d’un plan pour fermer Fessenheim



L’argument d’EDF est économique : prolonger la durée de vie des centrales signifie qu’il faut investir pour les mettre progressivement aux normes de sûreté. « On veut de la visibilité et engager des grosses dépenses sur des réacteurs qui ne dureraient que 3 ou 4 ans n’aurait pas de sens », a fait valoir Philippe Sasseigne.
Cette stratégie a été définie par EDF dès 2016, explique-t-on au sein du groupe. Bien avant que Nicolas Hulot ne devienne ministre, et que les débats sur la feuille de route énergétique de la France ne s’engagent.
Le programme lancé pour allonger la durée de vie du parc, appelé grand carénage, se monte à 46 milliards d’euros pour la période 2014-2025.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/01/19-13">
<filnamedate="20180201"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180201"><AAMMJJHH="2018020119">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Des médias américains et allemands ont révélé l’existence de tests sur des singes et des humains, financés par les principales entreprises de l’industrie automobile allemande.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Ce qu’il faut retenir du « monkeygate », nouveau scandale automobile allemand

Des médias américains et allemands ont révélé l’existence de tests sur des singes et des humains, financés par les principales entreprises de l’industrie automobile allemande.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 18h17
 • Mis à jour le
31.01.2018 à 09h28
   





                        


L’essentiel
Des médias américains et allemands ont révélé qu’un organisme financé notamment par Volkswagen, Daimler et BMW, avait réalisé des tests sur des singes et des cobayes humains pour mesurer les effets des gaz émis par les véhicules à motorisation diesel.La direction de Volkswagen a décidé, mardi 30 janvier, de suspendre le lobbyiste en chef de l’entreprise, qui a reconnu son rôle dans l’organisation de ces tests.De nombreux responsables politiques allemands et européens ont fustigé une pratique « immonde », « absurde » et « choquante ». 
Les chiffres
Dix singes, vingt-cinq êtres humains
Le New York Times a révélé, le 25 janvier, que le Groupe européen de recherche sur l’environnement et la santé dans le secteur du transport (EUGT), financé entre 2007 et 2017 par les constructeurs d’automobiles Volkswagen, Daimler et BMW, ainsi que par l’équipementier Bosch, avait enfermé des macaques dans une pièce pendant quatre heures et leur avait fait respirer les gaz d’échappement d’une Beetle, la successeure de la légendaire Coccinelle de Volkswagen. L’expérience a été menée en 2014. Deux ans avant, l’Organisation mondiale de la santé avait classé le diesel comme cancérogène.
Le scandale a pris une autre ampleur le 29 janvier quand la Süddeutsche Zeitung et la Stuttgarter Zeitung ont révélé que les expérimentations conduites par l’EUGT avaient aussi concerné des êtres humains, entre 2012 et 2015.
La citation
« Avec le recul, cette étude n’aurait jamais dû avoir lieu, qu’il s’agisse d’hommes ou de singes. Ce qui s’est passé n’aurait jamais dû arriver, je le regrette vraiment. »
C’est ce qu’a déclaré Thomas Steg, responsable des relations publiques et des relations avec les autorités de Volkswagen, dans le quotidien Bild, mardi. Dans ce même article, il reconnaît avoir été informé des essais menés par l’EUGT, mais assure avoir refusé qu’ils soient conduits sur des êtres humains.
Il a toutefois tenté de justifier la logique de ces tests en assurant que les adultes volontaires avaient été exposés à des « niveaux bien plus faibles que ceux constatés sur de nombreux lieux de travail » et qu’aucun d’entre eux « n’a eu de dommages ».
Il a été suspendu mardi, après les critiques du PDG de Volkswagen sur des tests « pas éthiques » et « repoussants ».
Un nouveau scandale pour Volkswagen
En septembre 2015, le numéro un mondial de l’automobile avait été contraint de reconnaître le trucage de millions de voitures, destiné à minorer les rejets d’oxyde d’azote (NO2) lors des tests d’homologation.
Le ministre des transports et de l’agriculture allemand, Christian Schmidt, a rapidement déclaré que « la confiance en l’industrie automobile [était] à nouveau écornée ». Stephan Weil, le ministre-président de Basse-Saxe, un Land actionnaire de Volkswagen, a jugé cette étude « aussi immonde qu’absurde ».
La commissaire européenne à l’industrie, Elzbieta Bienkowska, a également vivement réagi, écrivant sur Twitter que ces tests étaient « immoraux et inacceptables pour une entreprise européenne au XXIe siècle ».

        Lire aussi :
         

                Diesel : Bruxelles et Berlin « choqués » par les expériences « injustifiables » de VW et consorts


Des scientifiques néerlandais ont toutefois révélé mardi qu’ils se livraient aux mêmes types de tests aux Pays-Bas et ce « depuis des années déjà ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/01/19-14">
<filnamedate="20180201"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180201"><AAMMJJHH="2018020119">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Touchée par de graves pénuries, la métropole sud-africaine du Cap pourrait couper l’eau courante dès la mi-avril. Une raréfaction de l’eau qui touchera des centaines de villes en 2050, selon une étude du « Nature Sustainbility Journal ».
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ 
<article-nb="2018/02/01/19-15">
<filnamedate="20180201"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180201"><AAMMJJHH="2018020119">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Thomas Steg avait reconnu avoir autorisé l’étude menée sur les singes, qualifiée de « repoussante » par le PDG de Volkswagen.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Tests sur des humains et des singes : un haut responsable de Volkswagen suspendu

Thomas Steg avait reconnu avoir autorisé l’étude menée sur les singes, qualifiée de « repoussante » par le PDG de Volkswagen.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 14h28
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 15h59
   





                        



   


C’est un nouveau scandale qui éclabousse Volkswagen. La direction du numéro un mondial de l’automobile a annoncé, mardi 30 janvier, qu’elle suspendait le lobbyiste en chef de l’entreprise pour le rôle qu’il a joué, de son propre aveu, dans l’organisation des tests d’émissions polluantes sur des singes.
« Thomas Steg […] est libéré de ses responsabilités jusqu’à ce que la lumière soit faite sur les événements », a annoncé Volkswagen dans un communiqué, assurant que « les investigations [internes] avançaient à grande vitesse » et qu’il s’agissait là « de premières conséquences ».
Volkswagen, BMW, Daimler et l’équipementier Bosch affrontent deux affaires distinctes mais révélées quasi simultanément, impliquant toutes deux un organisme de recherche qu’ils finançaient, l’EUGT, fermé depuis.

        Lire aussi :
         

                Diesel : Bruxelles et Berlin « choqués » par les expériences « injustifiables » de VW et consorts



Le premier scandale, dévoilé par le New York Times, porte sur des tests menés aux Etats-Unis sur des singes en 2014, enfermés face à des dessins animés pendant qu’on leur faisait respirer la fumée émise par une Beetle, successeure de la Coccinelle, modèle phare de Volkswagen. Les journaux Stuttgarter Zeitung et Süddeutsche Zeitung ont ensuite évoqué des tests, menés à Aix-la-Chapelle, dans l’ouest de l’Allemagne, sur des êtres humains.
« Je le regrette vraiment »
Dans le quotidien Bild, Thomas Steg, responsable des relations publiques et des relations avec les autorités du groupe allemand, avait admis avoir été informé des essais destinés à étudier les effets de la pollution des moteurs diesel Volkswagen, truqués à l’époque pour paraître moins polluants.
« Les chercheurs américains voulaient faire leurs tests sur des volontaires humains », a-t-il expliqué, « j’ai alors répondu que je ne pouvais autoriser cela » et il a été décidé « de mener l’étude sur des singes ».
« Avec le recul, cette étude n’aurait jamais dû avoir lieu, qu’il s’agisse d’hommes ou de singes. Ce qui s’est passé n’aurait jamais dû arriver, je le regrette vraiment », a déclaré M. Steg, qui fut également porte-parole du chancelier Gerhard Schröder.
Quant à l’étude scientifique menée par un institut hospitalier à Aix-la-Chapelle et pour laquelle 25 personnes en bonne santé ont inhalé en 2013 et 2014 du dioxyde d’azote (NO2), Thomas Steg a voulu en justifier la logique, en assurant que les volontaires avaient été exposés à des « niveaux bien plus faibles que ceux constatés sur de nombreux lieux de travail ». Aucune de ces personnes « n’a eu de dommages », a-t-il dit.

        Lire aussi :
         

                Les constructeurs automobiles allemands accumulent les scandales



« Choqués »
Plus tôt mardi, le patron du groupe, Matthias Müller, avait promis des « conséquences » internes après ces révélations. Lundi soir à Bruxelles, selon le magazine allemand Der Spiegel, M. Müller a déclaré que les tests sur les singes n’étaient « pas éthiques et étaient repoussants ».
La Commission européenne a aussi vivement réagi à ces révélations. « Nous sommes choqués par ces nouvelles comme n’importe qui d’autre », a dit le porte-parole de l’exécutif européen, interrogé par la presse. « Nous prenons note du fait que les autorités allemandes visent à enquêter sur ce sujet et nous espérons qu’elles le feront », a-t-il ajouté.
« Je pense que c’est aux autorités nationales de traiter le sujet » et ce type de sujet « requiert une action urgente des autorités nationales », a précisé le porte-parole de l’exécutif européen.
La commissaire européenne à l’industrie, Elzbieta Bienkowska, a estimé sur Twitter que ces tests étaient « immoraux et inacceptables pour une entreprise européenne au XXIe siècle ».
Courant aux Pays-Bas
Au Pays-Bas, en revanche, certains scientifiques ont évoqué une « tempête dans un verre d’eau ». S’exprimant dans les médias, ils ont révélé, mardi, que des tests pour mesurer l’impact de l’exposition aux gaz d’échappement sont effectués « depuis des années déjà » dans le pays sur des personnes et des animaux.
L’Institut national pour la santé publique et l’environnement (RIVM) « est impliqué dans des recherches où des volontaires en bonne santé mais aussi malades, des patients qui sont sous traitement auprès de cardiologues, ont été exposés aux émanations diluées d’un moteur diesel » durant deux heures maximum par jour, a précisé le chercheur Flemming Cassee à l’Agence France-Presse.
Il s’agit des émanations respirées chaque jour dans une ville animée ou près d’une autoroute, selon le spécialiste en toxicologie respiratoire et chercheur auprès du RIVM travaillant notamment sur mission du gouvernement néerlandais. « Nous faisons cela depuis des années et cela n’a rien d’extraordinaire », a-t-il souligné, affirmant que c’était le cas dans « divers pays ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/01/19-16">
<filnamedate="20180201"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180201"><AAMMJJHH="2018020119">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Une étude de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie planche sur une généralisation du gaz renouvelable d’ici à 2050.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’essor du biogaz en France, une piste pour la transition énergétique

Une étude de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie planche sur une généralisation du gaz renouvelable d’ici à 2050.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 12h02
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            
Et si les 11 millions de foyers qui consomment du gaz étaient alimentés par du gaz renouvelable produit dans l’Hexagone, plutôt que par du gaz fossile importé ? C’est la question à laquelle ont cherché à répondre les réseaux chargés de son transport et de sa distribution (GRDF et GRTgaz) et l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), dans une étude rendue publique mardi 30 janvier.
L’objectif de ce document est de démontrer que le gaz, qui représente 21 % de la consommation énergétique en France, peut être un levier important dans la transition énergétique. Comment ? En s’appuyant sur l’émergence du gaz renouvelable, parfois appelé biogaz ou gaz vert, et d’imaginer l’impact sur l’économie et l’environnement qu’aurait sa généralisation. « Dans les scénarios de transition énergétique, on néglige souvent la chaleur et le gaz, qui occupent pourtant une place très importante », note Bruno Léchevin, le président l’Ademe.
Sujet relativement méconnu du grand public, le gaz vert ne représente aujourd’hui que 0,1 % de la consommation de gaz en France. Mais sa progression est rapide, et le réseau de distribution, GRDF, espère qu’il atteindra 30 % dès 2030.
Aujourd’hui, la quasi-totalité du gaz consommé dans l’Hexagone est importé de Russie, de Norvège ou encore d’Algérie
Le gaz renouvelable peut être obtenu de trois manières différentes. Aujourd’hui, on parle surtout de méthanisation : des micro-organismes dégradent des déchets agricoles, ou des déjections animales dans un méthaniseur, ce qui permet de produire du biogaz. Un autre processus nommé pyrogazéification utilise du bois ou des résidus de bois. Enfin, les surplus d’électricité produits par les éoliennes ou les panneaux solaires peuvent aussi servir à produire du gaz renouvelable à travers une opération élégamment appelée « Power to Gas ».
L’un de ses principaux avantages ? Il pourrait être intégralement produit en France. Aujourd’hui, la quasi-totalité du...




                        

                        


<article-nb="2018/02/01/19-17">
<filnamedate="20180201"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180201"><AAMMJJHH="2018020119">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Le ministre de l’économie et des finances a évoqué une dizaine de milliers de dossiers déposés auprès des assureurs, contre 196 000 en 2016. La décrue devrait cependant durer plusieurs semaines.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

Crue de la Seine : les conséquences sont moindres qu’en 2016, selon Bruno Le Maire

Le ministre de l’économie et des finances a évoqué une dizaine de milliers de dossiers déposés auprès des assureurs, contre 196 000 en 2016. La décrue devrait cependant durer plusieurs semaines.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 11h35
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 11h49
   





                        


La crue de la Seine a causé moins de dégâts et a touché moins de personnes que lors des inondations de 2016, a déclaré le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, mardi 30 janvier, à l’issue d’un entretien avec des assureurs.
« La crue n’a pas de conséquences de la même ampleur que celle de 2016 sur le nombre de personnes touchées, le nombre de dossiers concernés, et sans doute sur les dégâts à terme et le montant des dégâts », a dit le ministre.

        Lire aussi :
         

                Crues : la Seine a lentement atteint son pic à Paris



M. Le Maire a évoqué une dizaine de milliers de dossiers déposés par des sinistrés auprès de leur assureur pour l’instant. Il y en avait eu 196 000 lors des crues de 2016. Le ministre a demandé aux assureurs de procéder aux indemnisations des sinistrés « le plus rapidement possible », en faisant preuve de « compréhension » sur les délais de déclaration et les preuves à apporter.
Il a également promis de prendre l’arrêté de catastrophe naturelle, conjointement avec le ministre de l’intérieur « dès que possible, dès que les demandes des communes [leur] seraient parvenues ». La reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle permet aux victimes ayant un contrat d’assurance de dommages (multirisque habitation, entreprise, automobile…) d’être indemnisées pour les dommages matériels dus aux inondations.
Loin d’être terminé
Le président de la Fédération française de l’assurance (FFA), Bernard Spitz, a promis que les assureurs seraient « extrêmement bienveillants ». « Les assureurs sont évidemment prêts à accepter un allongement des délais » de déclaration, à savoir dix jours après la publication de l’arrêté de catastrophe naturelle, a dit M. Spitz.
Sur l’ampleur des dégâts, « aujourd’hui on a quelque chose de beaucoup moins important qu’il y a un an », a-t-il confirmé. Cependant, tous les effets de la situation actuelle sont encore « loin d’avoir [été] soldé[s] », a-t-il reconnu.
La Seine a atteint à Paris lundi son pic de crue, nourrie par des pluies historiques. Si le fleuve a commencé sa lente décrue lundi en fin de journée, Vigicrues a dit craindre une légère remontée en fin de semaine en raison de nouvelles pluies prévues mercredi.
Dans tous les cas, la décrue s’annonce lente avec pour les riverains des conséquences pendant plusieurs jours encore. En aval de la capitale, le pic de crue est attendu dans les jours à venir, et la progression de l’eau reste à suivre de près en Normandie.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/01/19-18">
<filnamedate="20180201"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180201"><AAMMJJHH="2018020119">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Notre présentation en « une » du « Monde » du projet de stockage de déchets radioactifs dans le sous-sol de Bure a été critiquée. Aurions-nous été alarmistes ?
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’art et la manière de titrer en « une »

Notre présentation en « une » du « Monde » du projet de stockage de déchets radioactifs dans le sous-sol de Bure a été critiquée. Aurions-nous été alarmistes ?



Le Monde
 |    30.01.2018 à 11h34
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 11h44
    |

                            Franck Nouchi (Médiateur du "Monde")








                        



                                


                            
La chronique du médiateur. Rédiger un bon titre à la « une » du Monde est un exercice difficile. Le cahier des charges du titreur, tel qu’il est résumé dans Le Livre de style du Monde de 2004, a de quoi impressionner le néophyte :
« Un titre informe en quelques mots sur le contenu et la nature d’un article. Il se concentre sur une seule information. Son rôle peut se comparer à celui d’une vitrine : il s’agit d’attirer l’œil, de retenir l’attention d’entrée de jeu par la qualité et la nouveauté de l’information. On peut énoncer quelques règles simples :
Un titre doit aller à l’essentiel sans déformer ;
Un titre doit être précis, le plus souvent possible concret ;
Un titre doit se caractériser par son dynamisme. Il privilégie les verbes à la voix active ;
Un titre ne peut contenir un élément de fait (ou une idée) qui ne figure pas dans l’article. »
Fort de ces directives, j’ai été interpellé par de nombreux lecteurs à la suite d’un titre du Monde (daté 16 janvier) jugé par plusieurs d’entre eux outrancier, voire tendancieux. Renvoyant à une interview que nous avait accordée Pierre-Franck Chevet, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), il était ainsi rédigé, sur quatre colonnes au-dessus de la pliure de la « une » : « Nucléaire : l’ASN juge le projet de Bure dangereux ».
A l’intérieur du journal, en page 6, le titre, rédigé par la chefferie du service Planète, était : « Stockage radioactif de Bure : “Une copie à revoir” ». L’expression était une citation extraite de l’entretien que M. Chevet avait accordé à Pierre Le Hir, journaliste au service Planète.
Les « réserves » de Pierre-Franck Chevet
Un courriel de Clément Lemaignan (Voreppe, Isère), ancien directeur de recherche au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), résume assez bien l’état d’esprit des lecteurs qui m’ont...




                        

                        


<article-nb="2018/02/01/19-19">
<filnamedate="20180201"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180201"><AAMMJJHH="2018020119">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Après le dieselgate, la nouvelle affaire des tests pourrait annoncer le crépuscule de cette technologie.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les constructeurs automobiles allemands accumulent les scandales

Après le dieselgate, la nouvelle affaire des tests pourrait annoncer le crépuscule de cette technologie.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 10h56
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 18h38
    |

                            Cécile Boutelet (Stuttgart, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Lundi soir, à Ludwigsburg, dans la banlieue de Stuttgart, Volkmar Denner est sur la défensive. Le patron de Bosch, le plus gros sous-traitant automobile du monde, était venu parler des bons chiffres de son groupe et des avancées de sa stratégie numérique. Au lieu de cela, il est criblé de questions sur l’avenir de la technologie emblématique du groupe, le diesel. Difficile d’y échapper, tant le scandale des tests de gaz d’échappement des moteurs diesel sur des singes et des humains ébranle le pays. La colère gronde jusque dans les rangs du gouvernement : son porte-parole a condamné fermement, lundi, la pratique et le sens de ces tests.
« L’industrie automobile fait face à une crise de confiance, il faut que nous nous efforcions de la reconquérir », dit M. Denner, tout en critiquant les tests. Il précise que son groupe est sorti dès 2013 du désormais fameux groupe européen de recherche pour l’environnement et la santé dans le secteur des transports, centre de recherche fondé en 2007 à des fins de lobbyisme avec BMW, Daimler et Volkswagen, à l’origine des tests controversés. Bosch n’a apparemment pas eu vent des essais sur les animaux, réalisés après son départ. Malgré la gravité du cas, Volkmar Denner refuse de croire que le diesel ait épuisé sa crédibilité. « Nous devons revenir aux faits et arrêter de mettre de l’émotion dans ce débat. Nos moteurs diesel respectent les normes imposées par l’Union européenne pour 2020 », assène-t-il.

Mais peut-on se fier à une industrie qui multiplie les scandales depuis deux ans ? A une technologie qui, malgré les progrès annoncés en matière de dépollution sur les moteurs les plus récents, accumule un si lourd bilan ? Cette affaire pourrait bien annoncer le crépuscule du disesel, déjà frappé de désamour en Allemagne et dans d’autres pays européens comme la France. Outre-Rhin, le pourcentage de véhicules diesel est en chute libre : il représentait 38,8 % des nouvelles immatriculations...




                        

                        


<article-nb="2018/02/01/19-20">
<filnamedate="20180201"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180201"><AAMMJJHH="2018020119">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Le président de l’ASN, Pierre-Franck Chevet, juge le contexte « moins préoccupant » que ces dernières années mais appelle à la « vigilance ».
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Sûreté nucléaire en France : « Des signes positifs »

Le président de l’ASN, Pierre-Franck Chevet, juge le contexte « moins préoccupant » que ces dernières années mais appelle à la « vigilance ».



Le Monde
 |    29.01.2018 à 15h40
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 15h51
    |

            Pierre Le Hir








                        


On avait pris l’habitude, ces dernières années, d’entendre le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), Pierre-Franck Chevet, faire état d’un « contexte préoccupant », voire « particulièrement préoccupant ». Il mettait en avant les « enjeux sans précédent » liés à l’éventuelle prolongation de l’exploitation des réacteurs au-delà de quarante ans, ainsi qu’aux travaux post-Fukushima, destinés à mieux armer les centrales françaises contre les catastrophes naturelles.
Le changement de ton n’en est que plus notable. Lundi 29 janvier, à l’occasion de ses vœux à la presse, le patron de l’autorité de contrôle a jugé la situation « moins préoccupante », avec des « signes positifs » montrant « une amélioration ». A ses yeux, plusieurs problèmes majeurs sont, en effet, « derrière nous ».
Excès de carbone
C’est le cas du doute suscité, sur la fiabilité de composants cruciaux, par la découverte d’un excès de carbone dans l’acier de certaines pièces, à commencer par la cuve de l’EPR qu’EDF prévoit de mettre en service fin 2018 ou début 2019 à Flamanville (Manche). Après une longue instruction, l’ASN a finalement donné son feu vert à la construction de cette cuve, sous réserve que son couvercle soit changé au plus tard en 2024. C’est aussi en raison d’une trop forte teneur en carbone dans certains générateurs de vapeur qu’une douzaine de réacteurs avaient été mis à l’arrêt l’hiver dernier. « Cette anomalie est dans son ensemble traitée au plan français », assure aujourd’hui M. Chevet, même si elle est susceptible d’affecter d’autres pays auxquels ont été livrés des composants mal forgés.
C’est aussi le cas des « irrégularités » et des « potentielles falsifications » mises au jour, en 2015 et en 2016, dans le suivi de fabrication de pièces sorties de l’usine de Creusot-Forge (Saône-et-Loire) de Framatome (anciennement Areva). La « revue de fabrication » demandée par l’ASN exige de passer au crible « plus de deux millions de pages » de dossiers techniques. Ce travail a déjà été accompli pour moitié environ et doit être achevé fin 2018. Selon M. Chevet, il « est correctement mené par le site du Creusot, sous la surveillance de Framatome et d’EDF, avec un contrôle final de l’ASN ». Le 25 janvier, celle-ci a du reste autorisé la reprise des fabrications à l’usine de Creusot-Forge.
Restructuration de la filière nucléaire
Autre facteur d’éclaircie, l’achèvement de la restructuration industrielle de la filière nucléaire française. EDF a été recapitalisé à hauteur de quatre milliards d’euros et l’ex-géant Areva, renfloué à hauteur de cinq milliards d’euros, a été scindé en deux entités : Areva NP (qui est devenu une filiale d’EDF et qui a repris son ancien nom de Framatome début janvier), pour la conception des réacteurs et la fourniture de matériel, et New Areva (rebaptisé depuis peu Orano) pour les mines d’uranium et le cycle du combustible. Cette réorganisation est « une étape importante pour les industriels mais aussi pour la sûreté », estime M. Chevet, qui sera toutefois « attentif » à la bonne utilisation de ces nouvelles capacités financières et techniques.

        Lire aussi :
         

                Areva devient Orano pour tourner la page des années Lauvergeon



Si le gendarme de l’atome se félicite d’un horizon plus dégagé, il n’en appelle pas moins les industriels, mobilisés par des chantiers lourds, à « garder une vigilance sur la sûreté d’exploitation au quotidien », en s’interdisant tout écart par rapport à la conduite normale de leurs installations. Est notamment visé EDF, qui « rencontre des problèmes réguliers sur la conformité des matériels ».
Des échéances importantes
D’autant que des échéances importantes se rapprochent. D’abord, le démarrage de l’EPR de Flamanville, dont l’ASN juge que « le calendrier est tendu ». Plusieurs autorisations sont, en effet, encore requises, lors de l’arrivée du combustible nucléaire sur le site normand, puis lors de son chargement dans le réacteur. Ce qui nécessitera « quelques mois d’instruction une fois que l’ensemble des dossiers sera parvenu ».
Ensuite, l’avis général de l’autorité de contrôle, attendu en 2020 et assorti de prescriptions en 2021, sur la possibilité ou non de prolonger la durée de vie des réacteurs au-delà de quarante ans, comme le souhaite EDF. L’ASN devrait aussi se prononcer, en 2019, sur le dossier industriel du projet de stockage géologique des déchets à haute activité et à vie longue dans le sous-sol de Bure (Meuse).

        Lire aussi :
         

                Stockage radioactif de Bure : « Une copie à revoir », selon l’ASN



En toile de fond se profilent les décisions que doit prendre le gouvernement sur le redimensionnement du parc nucléaire hexagonal, dans le cadre de la programmation pluriannuelle de l’énergie, qui doit être arrêtée en fin d’année. Se cantonnant dans son rôle de garant de la sûreté, M. Chevet rappelle simplement que, du fait de l’homogénéité des 58 réacteurs français, la découverte d’une anomalie sur l’un d’entre eux pourrait conduire à en arrêter « une dizaine ».
Il faut donc, poursuit-il, « que le système électrique ait des marges pour pouvoir faire face à une telle éventualité ». Une façon de rappeler que, quels que soient les arbitrages qui seront faits, entre nucléaire et renouvelables, pour composer le futur mix électrique français, les choix ne peuvent plus être indéfiniment repoussés.



                            


                        

                        

