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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ La décision de Bo Van Spilbeeck, communiquée lundi par la direction de la chaîne flamande VTM, a entraîné de nombreuses manifestations de soutien.
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En Belgique, le changement de genre d’un journaliste vedette fait sensation

La décision de Bo Van Spilbeeck, communiquée lundi par la direction de la chaîne flamande VTM, a entraîné de nombreuses manifestations de soutien.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 17h13
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 17h46
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        


Il s’appelait Boudewijn Van Spilbeeck et, bientôt, elle deviendra « Bo », toujours journaliste vedette de la chaîne flamande VTM, mais qui a déclaré vouloir vivre désormais en tant que femme. Communiquée lundi 29 janvier par la direction de la télévision privée, cette information concernant une personnalité (un « BV », « Flamand connu ») a fait sensation et remis en lumière la question du statut des transgenres.
Depuis le 1er janvier, en effet, les personnes qui ont la conviction que le sexe mentionné dans leur acte de naissance ne correspond pas à leur identité de genre peuvent faire modifier leurs papiers sur simple déclaration sur l’honneur. Avant la loi du 25 juin 2017, les transgenres devaient pour cela passer par de lourds traitement médicaux.
L’annonce de Bo Van Spilbeeck a entraîné de nombreuses réactions, la plupart d’encouragement à l’intéressée, mais parfois hostiles. Spécialisée dans la couverture des guerres et les grands reportages, la journaliste de 58 ans a expliqué qu’elle suivait depuis six mois un traitement médical et une thérapie hormonale. « Ma transformation sera complète dans un an et mon corps sera en harmonie avec mon esprit », a-t-elle souligné, se disant étonnée par l’intérêt qu’elle suscite.
Citée en exemple de courage
Si elle ne s’est pas décidée plus rapidement, explique-t-elle, c’était par crainte de perdre son emploi et de bouleverser l’équilibre de sa famille et de son cercle d’amis. Elle a été soutenue par ses collègues et sa rédaction en chef, qui a simplement décidé de l’éloigner durant quelques mois de l’écran.
La journaliste, mariée et ayant eu deux enfants, a expliqué qu’elle se débattait depuis son enfance avec des questions sur son identité sexuelle et songeait depuis une quinzaine d’années à un changement de genre.
Depuis lundi, de nombreuses personnes lui ont manifesté leur soutien, certaines la citant en exemple de courage. Elle dit, de son côté, avoir voulu suivre l’exemple de l’Américaine Caitlyn Jenner, qui a cessé en 2015 d’être Bruce Jenner, athlète de décathlon.
La seule réaction véritablement hostile est venue d’un cercle d’étudiants catholiques, le KVHV. « La décision de changer de sexe n’est pas courageuse, mais une capitulation absurde », a jugé ce groupement, qui prône plutôt une aide médicale et familiale soutenue pour les transgenres. Il reproche aussi aux médias de s’intéresser à une situation qui relevait encore récemment, selon lui, du « dérèglement mental ».
Des commentaires qui n’ont pas été relayés par les partis politiques, même les plus conservateurs.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ L’hymne national canadien est désormais de genre neutre. Le projet de loi, qui fut introduit par le libéral Mauril Bélanger, est vu comme un symbole puissant par certains et une hérésie par d’autres.
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En deux mots, l’hymne national canadien devient inclusif

L’hymne national canadien est désormais de genre neutre. Le projet de loi, qui fut introduit par le libéral Mauril Bélanger, est vu comme un symbole puissant par certains et une hérésie par d’autres.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 17h12
    |

                            Charlotte Herzog








                        


Changer deux mots pour que tout change, ou presque (dans l’affichage en tout cas) en ce qui concerne l’égalité hommes-femmes. C’est le sens de la modification apportée aux paroles du Ô Canada, l’hymne national canadien.
Au terme de l’adoption, mercredi 31 janvier, par les sénateurs du projet de loi C-210, intitulé « loi modifiant la loi sur l’hymne national (genre) », ce chant est désormais de genre neutre. Englobant, indifféremment, femmes et hommes.
« In all thy sons command »
devient :
« In all of us command  »
La phrase « True patriot love in all thy sons command », que l’on peut traduire par « L’amour d’un pays emplit le cœur de ses fils qui l’ont bâti », devient ainsi « True patriot love in all of us command » : « L’amour d’un pays emplit le cœur de nous tous qui l’avons bâti ».

Le projet de loi #C210 a été adopté à la troisième lecture au Sénat : https://t.co/udUoiMELpm #SenCA #polcan https://t.co/mTPOngjtQP— SenatCA (@Le Sénat du Canada)


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Il ne manque plus que la sanction royale et une date d’entrée en vigueur pour que ces changements soient officialisés.
Un hymne plus inclusif et moins discriminatoire ? C’est en tout cas ce que souhaitait Mauril Bélanger, à l’initiative de ce projet de loi. Ce député libéral, mort le 16 août 2016, avait, dès 2015, fait réaliser des sondages dont les résultats indiquaient que plus de la majorité des citoyens canadiens étaient favorables au changement proposé.
« Rendre hommage à la contribution et au sacrifice des femmes canadiennes, comme à ceux des hommes »
L’objet d’un Ô Canada inclusif était de « rendre hommage à la contribution et au sacrifice des femmes canadiennes, comme à ceux des hommes, dans notre hymne national. Il s’agit de souligner que nous contribuons tous, quels que soient notre genre et nos origines, à faire du Canada un pays unique. Je souhaiterais que ce projet de loi soit l’occasion d’un débat respectueux et non partisan se concluant par un vote libre », avait-il déclaré sur ses comptes Facebook et Twitter en mai 2016.
Et le débat a continué. C’est seulement à la troisième lecture à la Chambre des communes, que celui qui militait par souci d’équité entre les hommes et les femmes, a pu avoir le plaisir d’assister au vote éloquent, le 15 juin 2016, de la majorité des députés en faveur de son projet de loi, ainsi renvoyé au Sénat pour examen.
Justin Trudeau est fier
Dans un premier temps, les conservateurs s’y sont toutefois fermement opposés, avant de lâcher prise, et nous y voilà :

Le projet de loi de Mauril pour rendre neutre le genre du « O Canada » a été adopté en troisième lecture au Sénat c… https://t.co/ryaNnQx1x9— JustinTrudeau (@Justin Trudeau)


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Justin Trudeau est fier. Et s’il fallait des preuves pour affirmer qu’en plus d’être féministe, le premier ministre canadien pratique le féminisme. En voilà une.
Bien sûr, qu’il ne s’agit que de deux mots.

@CBCAlerts In all thy sons command 
In all of us command 

Now, was that so hard? 

— PattyOLimerick (@Patty O'Limerick)


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Bien sûr que celles et ceux qui chantent l’hymne ne connaissent probablement même pas toutes les paroles. Que cette modification n’aura aucune répercussion sur les paroles de la version française.
Bien sûr que les sénateurs conservateurs sont aussi furieux que les députés l’étaient. Qu’ils menacent déjà de boycotter cette loi, et de poser la question rhétorique à leurs partisans : les libéraux seront-ils toujours dignes de confiance après ça ?
Bien sûr que pour certains internautes, cette décision est une hérésie qui ne représente qu’une perte de temps et de moyens. Qui inquiète sur l’utilisation des impôts.
Faudra-t-il céder à la demande de retrait des références faites à Dieu ?
Que c’est une porte ouverte à toutes les fenêtres : changer ces deux mots, et après quoi ? Faudra-t-il céder à la demande de retrait des références faites à Dieu (« God » ou « Native Land ») ? Changer de drapeau ? Déclarer que le Canada va devenir unisexe et que l’heure est grave ?
Bien sûr que l’hymne n’est pas suffisamment chanté pour que cette loi qui tente de le genrer « correctement » suffise à rendre les hommes et les femmes égaux.
Bien sûr qu’en l’état, l’hymne canadien était déjà « doux à entendre », comparé à « l’hymne à la guerre » américain, comme le jouait si bien cet épisode des Simpsons. 
Mais une décision, aussi symbolique soit-elle, ne peut-elle pas s’inscrire dans ce qui contribue à façonner les sociétés ?
« Que l’un [des] symboles nationaux les plus connus et les plus appréciés de la population canadienne reflète les progrès réalisés sous notre union en matière d’égalité entre les hommes et les femmes » était en tout cas d’une importance capitale, sur laquelle insistait Mauril Bélanger, dont le dévouement servira peut-être de legs pour les années à venir.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Après avoir été présenté par Washington à Séoul, Victor Cha a été écarté pour s’être montré critique de l’option d’une frappe préventive contre la Corée du Nord, défendue par les conseillers du président américain.
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Les difficultés de Trump à trouver un ambassadeur va-t-en-guerre en Corée du Sud

Après avoir été présenté par Washington à Séoul, Victor Cha a été écarté pour s’être montré critique de l’option d’une frappe préventive contre la Corée du Nord, défendue par les conseillers du président américain.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 16h39
    |

                            Philippe  Pons et 
Harold Thibault








                        



                                


                            

L’administration américaine avait notifié en décembre 2017 au gouvernement sud-coréen qu’il serait le très attendu ambassadeur des Etats-Unis à Séoul. Victor Cha devait enfin prendre ce poste, vacant depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, malgré le besoin d’un contact rapproché entre alliés en temps de crise entre les Etats-Unis et la Corée du Nord.
Mais, finalement, M. Cha n’ira pas en Corée du Sud. La Maison blanche n’a pas fourni d’explication mais, dans une tribune publiée par le Washington Post, M. Cha lui-même évoque une divergence fondamentale quant à la marche à suivre face à Pyongyang.
Ce professeur à l’université Georgetown et conseiller au Centre d’études stratégiques et internationales est pourtant un partisan d’une diplomatie dure et de sanctions toujours renforcées contre le régime nord-coréen. En tant que directeur des affaires asiatiques au Conseil de sécurité nationale, il fut le principal conseiller sur la question nord-coréenne du président George W. Bush et de son administration de faucons.
Mais M. Cha, pourtant associé au camp républicain, est opposé à la théorie du « nez ensanglanté » qui circule chez les conseillers de M. Trump, convaincus qu’un bon coup de poing peut dissuader l’ennemi. Autrement dit, qu’une frappe américaine ciblée pourrait enfin convaincre le dirigeant Kim Jong-un du sérieux des menaces américaines.

« L’espoir doit céder à la logique »
« Je comprends l’espoir, embrassé par certains officiels de Trump, qu’une frappe militaire conduirait Pyongyang à apprécier la force américaine, après des années d’inaction, et contraindrait le régime à s’asseoir à la table de négociation de la dénucléarisation », écrit M. Cha. Il confirme ainsi au passage que les menaces de frappes de l’administration de Donald Trump ne relèvent pas que de la rhétorique et qu’elles sont vues comme une option sérieuse.
Cette approche va-t-en guerre est particulièrement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Les trois ex-responsables en appellent au groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire pour faire pression sur l’Etat espagnol.
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Trois dirigeants catalans contestent leur détention provisoire devant l’ONU

Les trois ex-responsables en appellent au groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire pour faire pression sur l’Etat espagnol.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 16h24
   





                        



   


Trois dirigeants indépendantistes catalans en détention provisoire ont engagé un recours devant les Nations unies pour contester la légalité de leur détention, ont annoncé jeudi 1er février leurs avocats.
Oriol Junqueras (ex-vice-président du gouvernement catalan), Jordi Sanchez (ex-président de l’Assemblée nationale catalane) et Jordi Cuixart (président de l’association indépendantiste Omnium Cultural) sont accusés de sédition pour leur rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne à l’automne dernier.
Ces trois personnalités ont engagé leur recours devant le groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire, un groupe d’experts chargé de faire des recommandations aux Etats qui ne respectent pas la légalité. C’est ce même groupe qui a conclu en février 2016, après un an et demi d’enquête, que Julian Assange, le fondateur de Wikileaks, était détenu « arbitrairement ».

        Lire aussi :
         

                Affaire Assange : qu’est ce que le groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire ?



Alors que d’autres organisateurs du référendum et de la déclaration d’indépendance de l’an dernier — deux actes déclarés illégaux par l’Espagne — se sont enfuis à Bruxelles, Oriol Junqueras, Jordi Sanchez et Jordi Cuixart ont été arrêtés et n’ont pas obtenu d’être laissés en liberté avant leur procès.

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                La crise catalane pourrait coûter à l’Espagne son statut de « démocratie pleine »



Leurs avocats dénoncent une « insulte aux droits humains »
« Leur détention en Espagne est une insulte aux droits humains, laquelle a pour but de les empêcher de remplir leur rôle de représentants politiques du peuple catalan », a déclaré un de leurs avocats, Ben Emmerson, dans une déclaration lue avant une conférence de presse à Londres.
Les avocats ne demandent pas au groupe de travail sur la détention arbitraire de se prononcer sur le référendum d’indépendance du 1er octobre 2017, mais de dire qu’un gouvernement ne peut pas réprimer la dissidence politique en mettant des opposants en détention provisoire, a expliqué Ben Emmerson.
Le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a mis la Catalogne sous administration directe de l’Etat espagnol à la fin d’octobre et a convoqué des élections régionales pour tenter d’obtenir un vote défavorable aux partis indépendantistes.

   


Lors de ce scrutin anticipé, le 21 décembre 2017, le chef du gouvernement espagnol a perdu son pari. Les électeurs ont envoyé de nouveau au Parlement régional catalan une majorité en faveur de l’indépendance.

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                Report de l’investiture du président catalan : quelle stratégie pour les indépendantistes ?


Quant à l’élection du chef de l’exécutif catalan, à laquelle devait procéder ce mardi le nouveau Parlement régional, elle a été repoussée sine die, le candidat indépendantiste étant l’ancien président Carles Puigdemont, réfugié depuis trois mois à Bruxelles.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Dans sa chronique, le chercheur au CNRS Thibault Gajdos estime qu’en matière d’immigration le gouvernement gagnerait à faire preuve de pédagogie et de courage plutôt que de reprendre à son compte un discours anxiogène et mensonger.
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Pourquoi choisir le discours de la peur contre les réfugiés ?

Dans sa chronique, le chercheur au CNRS Thibault Gajdos estime qu’en matière d’immigration le gouvernement gagnerait à faire preuve de pédagogie et de courage plutôt que de reprendre à son compte un discours anxiogène et mensonger.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 14h10
    |

                            Thibault Gajdos (Chercheur au CNRS)








                        



                                


                            

Politiques publiques. Selon le gouvernement, la France ferait face à une pression migratoire insoutenable. Elle ne saurait donc accueillir les réfugiés menacés dans leur pays qu’à condition d’être « intraitable » – pour reprendre les termes d’Emmanuel Macron – envers ceux qui ne relèveraient pas du droit d’asile. C’est par conséquent au nom même de l’exigence d’hospitalité que la France devrait conduire une politique migratoire d’une brutalité sans précédent depuis la seconde guerre mondiale.
Prétendre que la France est menacée par une vague migratoire à laquelle elle n’aurait pas les moyens économiques de faire face relève du pur mensonge
Ce discours ne résiste cependant pas un instant à l’analyse. Selon le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, « il y a 95 000 demandes d’asile par an, c’est-à-dire une grande ville chaque année. Si nous accueillions tout le monde, nous ne pourrions pas le faire dans de bonnes conditions ». Pour bien comprendre de quoi l’on parle, notons que la France comptait 4 réfugiés pour 1 000 habitants en 2015, contre 8 en Suisse, 15 en Suède, 24 en Turquie et 209 au Liban. Et, selon Gérard Collomb, elle serait incapable d’accueillir décemment 1,5 réfugié par an pour 1 000 habitants, soit l’équivalent du public à un concert au Stade de France ?
Prétendre que la France est menacée par une vague migratoire à laquelle elle n’aurait pas les moyens économiques de faire face relève du pur mensonge. Quant à la distinction entre les « bons » migrants (qui relèvent du droit d’asile) et les autres (qu’il faut refouler implacablement), elle n’est pas, et de loin, aussi évidente que le gouvernement le prétend.
Car la convention de Genève sur les réfugiés laisse une part d’appréciation notable aux pays d’accueil. Ainsi, l’Allemagne a accordé en 2015 le droit d’asile à toutes les personnes venant de Syrie, tandis que la France ne l’a accordé qu’à 60 % d’entre elles, les autres n’ayant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ La « Normandie », qui devait être mise à flot jeudi, pose la question de la réduction des équipages alors que les nouveaux navires multimissions sont totalement automatisés et nécessitent du personnel hyperspécialisé et polyvalent.
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La marine française face aux défis de ses nouvelles frégates

La « Normandie », qui devait être mise à flot jeudi, pose la question de la réduction des équipages alors que les nouveaux navires multimissions sont totalement automatisés et nécessitent du personnel hyperspécialisé et polyvalent.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 12h37
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 13h28
    |

            Nathalie Guibert








                        



                                


                            
La Normandie, sixième frégate multimissions (Fremm) française, devait être mise à flot jeudi 1er février par l’industriel Naval Groupe, à Lorient. La Fremm sera définitivement livrée à la marine nationale en 2019. C’est peu dire qu’elle est attendue : la précédente Normandie, tout juste prise en main par son premier équipage, avait dû brutalement changer de pavillon en étant vendue en février 2015 au président égyptien Sissi pour un milliard d’euros. Elle a été rebaptisée Tahya Misr – « Longue vie à l’Egypte ».
Avec ce navire de 6 000 tonnes à l’armement lourd, la France veut rester dans la course des puissances maritimes, notamment face à la Chine – qui a produit en quatre ans seulement autant de bateaux de guerre qu’en compte la marine nationale.
La Fremm, dont le premier exemplaire a été livré en 2012, « c’est la clé d’accès au grand large, indique au Monde l’amiral Jean-Philippe Rolland, commandant de la force d’action navale à Toulon. Elle forme la colonne à partir de laquelle la marine française est construite, pour déployer dans le monde ses missions de renseignement, pour montrer son pavillon, pour agir sur toutes les menaces ».

« Transition générationnelle »
Furtive, la Fremm dote pour la première fois la France de missiles de croisière navals similaires aux Tomahawks américains, capables de frapper à terre à longue distance. Le bateau, dont la mission prioritaire est la lutte anti-sous-marine, a, selon l’amiral Rolland, « des performances jamais obtenues » dans ce domaine grâce à ses nouveaux sonars, embarqués ou largués depuis son hélicoptère. Pour protéger la force de dissuasion, et affronter la menace future des missiles hypersoniques, la France est contrainte de préserver son avantage dans les domaines de l’acoustique et de la discrétion.
Mais, si ces frégates « modifient ainsi sensiblement les règles du jeu », elles posent aussi plusieurs...




                        

                        


<article-nb="2018/02/01/19-7">
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ En s’opposant à la grande coalition de son parti, le SPD, avec Angela Merkel, le chef des jeunes sociaux-démocrates fait souffler un vent de rébellion en Allemagne.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤                
                                    

Kevin Kühnert, le frondeur du SPD


                      En s’opposant à la grande coalition de son parti, le SPD, avec Angela Merkel, le chef des jeunes sociaux-démocrates fait souffler un vent de rébellion en Allemagne.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 12h30
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








   


Président du mouvement de jeunesse du parti (« les Jusos »), qui compte 70 000 membres, Kevin Kühnert mène campagne contre une réédition de la « grande coalition ».
La revanche des Kevin
Kevin Kühnert est né le 1er juillet 1989 à Berlin-Ouest. Selon le quotidien Bild, il a appris tôt à balayer les blagues sur son prénom, qu’il doit au footballeur britannique Kevin Keegan, apprécié de ses parents. Est-ce de là qu’il tient la tranquille assurance avec laquelle il ose défier la direction de son parti, Martin Schulz en tête ? Les Kevin tiennent en tout cas leur revanche : « Tu sais que les choses vont mieux quand, pour la première fois, un chancelier s’appelle Kevin », affirmait en 2007 une chanson du groupe humoristique Pigor & Eichhorn, récemment citée dans les médias.
La carte jeune
Depuis novembre 2017, Kevin Kühnert est le président des jeunes sociaux-démocrates, les Jusos, qui comptent 70 000 membres et furent dirigés jadis par Gerhard Schröder. Sa campagne infatigable pour le « non » à une nouvelle « grande coalition » a donné au mouvement une lumière inédite. Les Jusos apparaissent comme le cœur encore vivant d’un SPD divisé et angoissé par son déclin. « Notre génération tient à ce qu’il reste quelque chose de cette boutique, bon sang de bois ! », a-t-il déclaré au congrès du parti en décembre 2017.
La nouvelle star
Lors d’un congrès national extraordinaire le 21 janvier, son intervention de quelques minutes a été davantage applaudie que le discours d’une heure de Martin Schulz. Résultat : le vote des délégués a été extrêmement serré. Sa maîtrise du discours impressionne les journalistes. Il parle calmement, sans notes ni hésitations, et sait susciter l’émotion de son public. « Quelle que soit l’option que nous choisirons, cela fera mal », a-t-il lancé.

        Lire aussi :
         

                En Allemagne, le SPD doit se prononcer pour ou contre une coalition avec Merkel



La relève
Kevin Kühnert ne plaide pas pour de nouvelles élections, mais pour un gouvernement minoritaire en Allemagne. Une option qui permettrait de renforcer le Parlement et de ressourcer les partis, estime-t-il. Un avis que partagent certains trentenaires au sein du Parti libéral-démocrate (FDP) et chez les chrétiens-démocrates (CDU) : une génération lassée de l’ère Merkel, marquée par douze années de consensus et de pragmatisme politique.



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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ La première ministre britannique espère renforcer les échanges avec Pékin après le Brexit sans se plier aux exigences chinoises.
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Theresa May entame une visite délicate en Chine

La première ministre britannique espère renforcer les échanges avec Pékin après le Brexit sans se plier aux exigences chinoises.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 11h02
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant) et 
Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)








                        



                                


                            

La première ministre britannique, Theresa May, a été reçue, mercredi 31 janvier, à Pékin avec tous les honneurs par son homologue chinois, Li Keqiang. Ensemble, ils ont célébré « l’âge d’or de la coopération » des relations entre leurs deux pays – une expression qui date du voyage de George Osborne, ministre des finances du précédent gouvernement conservateur, fin 2015.
Les partisans du Brexit font miroiter aux Britanniques un brillant avenir grâce à de futurs accords de libre-échange avec les pays les plus dynamiques du monde, et Mme May est attendue sur sa capacité à faire avancer cette perspective avec Pékin. Or, l’attitude de la première ministre à l’égard de la Chine contraste avec l’enthousiasme débridé du gouvernement conservateur précédent qui, avant le Brexit, comptait sur les investissements chinois pour parer aux carences de l’Etat en matière de grands équipements (centrales nucléaires, trains à grande vitesse).
Theresa May a inauguré son mandat par un geste de défiance à l’égard de Pékin : en juillet 2016, elle a suspendu la décision de construire la mégacentrale nucléaire d’Hinkley Point – financée pour un tiers par le géant chinois CGN aux côtés d’EDF –, s’alarmant d’une menace chinoise pour la sécurité nationale, avant de finalement donner son feu vert en septembre.
Pékin a pour politique de soutenir l’unité de l’Union européenne. Mais c’est souvent pour mieux pouvoir la diviser
Sans encore pouvoir entrer dans les négociations d’un nouveau traité de libre-échange avec la Chine, qui ne seront possibles qu’après le Brexit, la première ministre britannique espère positionner son pays favorablement dans le jeu européen face à Pékin. « La Chine va ouvrir ses portes de plus en plus grand à la Grande-Bretagne », lui a fait miroiter M. Li, après avoir rappelé que « les relations sino-britanniques ne vont pas changer rien que parce que les relations entre le Royaume-Uni et l’Europe changent ».
Une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Le Bangladesh a signé un accord pour le rapatriement sous deux ans des réfugiés qui ont fui le nettoyage ethnique.
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Pour les Rohingya, l’impensable retour en Birmanie

Le Bangladesh a signé un accord pour le rapatriement sous deux ans des réfugiés qui ont fui le nettoyage ethnique.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 10h50
    |

            Harold Thibault (Camp de Kutupalong (Bangladesh), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Chacun a ses mots pour dire qu’il n’est pas question dans les conditions actuelles de franchir dans l’autre sens le fleuve Naf qui sépare le Bangladesh de la Birmanie, où les Rohingya sont victimes depuis la fin de l’été 2017 d’une campagne de nettoyage ethnique. « Mieux vaut creuser un trou ici et nous y jeter vivants », se désole Dil Bahar depuis sa tente de fortune dans un camp de réfugiés devenu le plus étendu du monde. Son mari a été tué par l’armée le 25 août, au premier jour d’opérations militaires en représailles à l’attaque de postes de police et de gardes-frontières par un groupe d’insurgés de cette minorité musulmane victime de décennies de ségrégation.
Leur village, Shilkali, a été entièrement brûlé. Les habitants ne parvenant à s’enfuir sur les collines environnantes ont été systématiquement abattus par balles ou brûlés vifs, enfermés dans des maisons. Les trois enfants d’une voisine ont été tués. L’un d’eux, Raisal, 5 ans, a été décapité. « Ici, les rations alimentaires sont minimales, mais nos vies ne sont pas menacées », dit Dil Bahar.
Mais le Bangladesh, pays pauvre d’Asie du Sud, est déjà le plus densément peuplé de la planète derrière quelques micro-Etats. Pas question donc de laisser traîner l’affaire. C’est sans consulter les Rohingya que les deux pays ont signé le 16 janvier un accord prévoyant le rapatriement sous deux ans maximum des plus de 688 000 réfugiés arrivés ces cinq derniers mois.
Dès ce même jour, un groupe de « majhis », représentants traditionnels de la communauté, était convoqué par des officiels bangladais dans un bureau du camp de Kutupalong. Une heure durant, un responsable de l’armée a fait pression sur eux, leur ordonnant de rendre avant le 21 janvier une liste exhaustive des familles sous leur autorité. Selon trois des convoqués, chacun devait trouver dix foyers acceptant le rapatriement sur la centaine dont il est responsable. L’un d’eux se vit retirer ses coupons alimentaires...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Trois commissions vont être présidées par des élus du parti Alternative pour l’Allemagne.
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Allemagne : l’extrême droite place trois hommes contestés à des postes-clés du Bundestag

Trois commissions vont être présidées par des élus du parti Alternative pour l’Allemagne.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 10h32
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 10h35
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

En temps normal, l’élection des présidents des commissions permanentes du Bundestag, passage obligé de tout début de législature, n’aurait pas fait les gros titres de l’actualité. Il en a été autrement ce mercredi 31 janvier, pour deux raisons. L’une est que, pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, trois commissions du Bundestag (budget, affaires juridiques et tourisme) seront présidées par l’extrême droite. La seconde tient au profil des nouveaux élus, trois membres particulièrement controversés du parti Alternative pour l’Allemagne (AfD).

Sur le principe, nul ne conteste que l’AfD préside trois commissions sur vingt-trois, soit quatre de moins que la CDU-CSU, deux de moins que le SPD, autant que le Parti libéral-démocrate (FDP) et une de plus que les Verts et Die Linke (gauche radicale) : cela correspond au poids du parti d’extrême droite dans la nouvelle assemblée, où il compte 92 élus sur 730. De même, nul ne remet en question qu’il ait hérité de la présidence de la commission du budget, l’une des plus importantes et des plus peuplées (44 membres), la tradition étant qu’elle échoie au principal groupe d’opposition, place occupée par Die Linke pendant la dernière législature et désormais par l’AfD.
Nominations « inacceptables »
Ce sont en revanche les personnalités choisies par le parti d’extrême droite pour occuper ces postes stratégiques qui ont fait réagir, à la fois parmi ses adversaires politiques et dans la presse, à l’instar du quotidien de centre gauche Süddeutsche Zeitung, qui a dénoncé des nominations « inacceptables ».

Celle de Peter Boehringer, qui va présider la commission du budget, d’abord. Homme fort de l’AfD en Bavière, cet économiste de 48 ans a appartenu à la petite équipe qui rédigea le programme du parti pour les dernières législatives. Admirateur de l’économiste britannique d’origine autrichienne Friedrich Hayek (1899-1992), considéré comme le père du néolibéralisme,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Le président américain a tweeté en janvier ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait osé dire : la guerre d’Afghanistan ne prendra fin que lorsque les Pakistanais cesseront de l’entretenir, relève, dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde ».
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« Trump veut amener le Pakistan à cesser d’appuyer les talibans d’Afghanistan »

Le président américain a tweeté en janvier ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait osé dire : la guerre d’Afghanistan ne prendra fin que lorsque les Pakistanais cesseront de l’entretenir, relève, dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde ».



Le Monde
 |    01.02.2018 à 10h26
    |

            Alain Frachon








                        



                                


                            
Chronique. Dans cette affaire, Donald Trump a raison. Le président américain a tweeté en janvier ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait osé dire. La guerre d’Afghanistan ne prendra fin que lorsque les Pakistanais cesseront de l’entretenir. Le Pakistan est un « allié » de l’Amérique ? Tant pis. Trumpissime, Trump envoie promener les convenances diplomatiques.
Cette guerre dure depuis seize ans. Elle est la plus longue que les Etats-Unis aient jamais menée. Jésuites, les militaires américains disent : en Afghanistan, nous ne perdons pas, mais nous ne gagnons pas non plus. L’actualité est plus cruelle. A intervalles réguliers, elle renvoie le Pentagone à ce qu’il faut bien appeler un échec.

Du 20 au 29 janvier, quatre attaques des talibans – ces insurgés afghans qui mènent le combat contre le gouvernement de Kaboul – ont tué plus de 150 personnes et en ont blessé des centaines d’autres – pour la plupart des civils. Cette série d’attentats a semé la désolation au cœur même de la capitale. Pour les neuf premiers mois de 2017, l’ONU a recensé la mort de 2 640 civils afghans, dont 700 enfants, tous, ou presque, tués par les talibans.
Un renfort va-t-il changer les choses ?
« Pourquoi sommes-nous – toujours – en Afghanistan ? », demande la presse américaine. La réponse officielle ne varie pas : pour empêcher Al-Qaida d’y revenir ; pour consolider le gouvernement central ; pour être en position de force dans une éventuelle négociation avec les talibans. Résultat ? Les groupes djihadistes sont de retour, les talibans plus actifs que jamais, et le gouvernement afghan est miné par la corruption et les rivalités ethniques.
A contre-cœur, Trump n’en a pas moins renouvelé le mandat de l’armée américaine. En juin 2017, il a accepté la demande du secrétaire à la défense, James Mattis, d’ajouter quelque 4 000 soldats au contingent des 9 000 Américains restés en Afghanistan – essentiellement pour entraîner...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Un immense dépôt permettra d’exposer en 2019 les milliers d’œuvres stockées.
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Le musée Boijmans van Beuningen va dévoiler ses riches réserves

Un immense dépôt permettra d’exposer en 2019 les milliers d’œuvres stockées.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 09h32
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 10h19
    |

                            Francis Gouge (Rotterdam (Pays-Bas)








                        



                                


                            

Le dépôt des œuvres du Musée Boijmans Van Beuningen, de Rotterdam, actuellement en construction, ouvrira au public courant 2019. Ce sera une première mondiale. Créé en 1849, à la suite du legs, huit ans plus tôt, de sa collection d’art par l’avocat et amateur éclairé Frans Jacob Otto Boijmans à sa ville de Rotterdam, le musée, qui fut baptisé à son nom, est un des plus ­anciens des Pays-Bas. En 1958, il acquérait l’importante collection d’un homme d’affaires, Daniel George van Beuningen, et il en profitait pour compléter son nom. Sa version de La Tour de Babel, de Pieter Brueghel l’Ancien, ses Rembrandt, Bosch, Van Gogh, Dali, Monet, Degas, Hockney et Warhol… le hissent au niveau du fameux Rijksmuseum d’Amsterdam. Ses collections, qui courent du Moyen Age au XXIe siècle, comptent 145 000 pièces (pein­tures, dessins, statues, porce­laines, photos…), mais il ne peut en ­exposer que 11 600 (8 %). Les autres sont conservées dans ­plusieurs dépôts insuffisants et surtout, étant construits sous le niveau de la mer, constamment sous la menace d’inondations. La construction de nouveaux locaux s’imposait.
Jardin de sculptures
Dès 2005 une réflexion était amorcée et, en 2011, il était décidé que le dépôt Boijmans Van Beuningen ouvrirait ses portes aux visiteurs, qui pourront voir la quasi-totalité des œuvres stockées, sans l’intermédiaire d’un conservateur. Seul ou accompagné, le public découvrira ainsi la partie immergée de cet iceberg muséal, jamais montrée, avec notamment les locaux consacrés à la conservation et à la restauration. Les circuits permettront de voir 75 000 œuvres dans des conditions respectant les règles de sécurité et de bonne pré­servation. Mais attention, ça ne sera pas un Boijmans Van Beuningen bis ; il n’y aura pas d’expositions temporaires. « Il n’existe rien de comparable au monde », s’enflamme Sjarel Ex, directeur du ­Musée Boijmans Van Beuningen.

En 2014, un comité d’experts ­sélectionnait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Lors d’une audience mercredi, un tribunal d’Istanbul avait ordonné sa remise en liberté conditionnelle, au grand soulagement de ses proches et d’Amnesty International.
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A peine libéré, le président d’Amnesty en Turquie a été de nouveau arrêté

Lors d’une audience mercredi, un tribunal d’Istanbul avait ordonné sa remise en liberté conditionnelle, au grand soulagement de ses proches et d’Amnesty International.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 09h30
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 14h17
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



   


Relâché mercredi 31 janvier sur décision d’un tribunal d’Istanbul, Taner Kiliç, le président d’Amnesty International pour la Turquie, a été placé en garde à vue alors qu’il sortait de la prison Sakran à Izmir (sur la côte égéenne), où il avait été incarcéré pendant huit mois.
« Nous nous sommes envolés pour Izmir, nous sommes allés jusqu’à la prison dans l’espoir d’assister avec sa famille à la libération de Taner, explique Gauri van Gulik, directrice du programme Europe à Amnesty International. Au lieu de cela, vers minuit, Amnesty International a vu Taner être emmené de prison pour une garde à vue dans une gendarmerie. C’était extrêmement traumatisant pour les membres de sa famille qui étaient certains de le voir sortir. »
Libéré mercredi en fin d’après midi sur décision de la 35e cour pénale d’Istanbul, Taner Kiliç a été placé en garde à vue, dans la nuit, sur décision de la 36e. Ni Amnesty ni la famille n’ont été tenues au courant. « On ne nous a pas informés », déplore Gauri van Gulik, qui dénonce « des manœuvres étranges pour maintenir Taner prisonnier à tout prix ». M. Kiliç doit comparaître jeudi 1er février devant un tribunal à Izmir, qui statuera sur son maintien en détention.
Taner Kiliç et dix autres militants des droits de l’homme sont accusés d’avoir entretenu des liens avec le mouvement du prédicateur musulman Fethullah Gülen. Exilé aux Etats-Unis, le chef religieux est désigné par les autorités turques comme le cerveau de la tentative de coup d’Etat du 15 juillet 2016.

        Lire aussi :
         

                En Turquie, liberté conditionnelle pour huit militants des droits de l’homme



Charges « copiées-collées »
Les prévenus, qui ont comparu mercredi à Istanbul – dont Taner Kiliç par vidéo – nient tout lien avec le mouvement. Selon Amnesty International, les accusations ne sont pas étayées. Depuis la tentative de coup d’Etat, plus de 50 000 personnes ont été condamnées à des peines de prison et 150 000 fonctionnaires ont été limogés pour leurs liens présumés avec des « organisations terroristes », notamment la secte du prédicateur Gülen et la rébellion kurde du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).
Les dossiers d’accusation des présumés gülenistes comportent tous les mêmes charges, « copiées-collées », disent les avocats. Le fait d’avoir eu un compte à la banque Asya, d’avoir des enfants jadis inscrits dans les écoles du prédicateur, d’avoir eu sur son téléphone portable l’application Bylock, censée avoir servi aux conjurés pour communiquer au moment du putsch, suffisent à faire de tout individu un complice de la tentative de coup.
Pas de dossier d’accusation
Avocats, magistrats, journalistes, défenseurs des droits de l’homme, médecins sont maintenus en détention au mépris des notions d’Etat de droit. C’est le cas du correspondant du quotidien allemand Die Welt, le binational Deniz Yücel, qui n’a toujours pas de dossier d’accusation alors qu’il est en détention provisoire depuis février 2017.

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                La médiation de l’ex-chancelier allemand Schröder auprès d’Ankara pour faire libérer les militants d’Amnesty



Le dysfonctionnement le plus alarmant s’est produit jeudi 11 janvier, quand une décision de la Cour constitutionnelle, la plus haute instance juridique du pays, a été foulée aux pieds par une juridiction subalterne.
Alors que la Cour constitutionnelle avait ordonné la remise en liberté conditionnelle de deux journalistes, Mehmet Altan, 65 ans, et Sahin Alpay, 73 ans, en détention provisoire depuis l’été 2016 pour leurs écrits dans des publications gülenistes, deux cours pénales ordinaires d’Istanbul (la 13e et la 26e) ont ignoré l’arrêté de la Haute Cour sous prétexte qu’il n’avait pas été publié au journal officiel. L’arrêté a depuis été publié, mais Mehmet Altan et Sahin Alpay sont toujours en prison.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Ils sont allemands et ont vécu la seconde guerre mondiale trop jeunes pour être coupables du moindre crime nazi. La photographe Frederike Helwig est allée à la rencontre de cette génération, celle de ses parents, qui a toujours tu ses souvenirs.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤             
En Allemagne, les enfants silencieux du IIIe Reich 
               


Le Monde
 |
                  01.02.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 14h14


Ils sont allemands et ont vécu la seconde guerre mondiale trop jeunes pour être coupables du moindre crime nazi. La photographe Frederike Helwig est allée à la rencontre de cette génération, celle de ses parents, qui a toujours tu ses souvenirs.

Par             Thomas Wieder (Berlin, correspondant)






   


C’est l’histoire d’une plongée dans le passé, au moment même où la vie la projetait tout entière vers l’avenir. Allemande, Frederike Helwig avait pris ses distances avec son pays natal à la fin des années 1980. A presque 20 ans, la jeune femme était partie s’installer à Londres, et était devenue photographe. Deux décennies plus tard, elle est devenue mère, et c’est là qu’une histoire qu’elle pensait avoir digérée depuis longtemps est revenue la hanter. « En devenant moi-même parent, je me suis interrogée sur les miens. Je regardais mon fils aîné, et je me demandais qui étaient ceux qui deviendraient mes parents au même âge que lui », raconte-t-elle.
Le fil de la transmission rompu
Question intime au départ, quête collective à l’arrivée. Sans doute est-ce la raison pour laquelle Kriegskinder (« les enfants de la guerre »), le beau travail que vient de signer Frederike Helwig avec Anne Waak, parle à chacun avec une si absolue évidence. Quarante-cinq portraits au total, des hommes et des femmes nés en Allemagne à la fin des années 1930 ou au début des années 1940, à l’époque où l’Europe devenait le plus grand cimetière de tous les temps. Ils pourraient être nos parents, nos grands-parents, et ils sont aujourd’hui, comme le rappelle la photographe, « la dernière génération de témoins ayant connu le IIIe Reich ». Témoins au sens plein du terme, innocents des crimes perpétrés, insoupçonnables de quoi que ce soit, à la différence de leurs parents, mais porteurs d’une mémoire unique.

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                Enfants du bruit et du Führer



« Je me suis rendu compte que nous avions tous appris cette histoire dans les livres, que d’un point de vue factuel je savais beaucoup de choses, mais que sur le plan émotionnel rien ne m’avait été légué. Comme si la génération de mes parents avait gardé cela pour elle, que le fil de la transmission avait été rompu », explique Frederike Helwig, elle-même née en 1968.
« Ce que nous rappellent ces hommes et ces femmes qui pourraient être de notre famille, c’est que la guerre, le fascisme, l’extrême droite, c’était avant-hier… » Frederike Helwig
Alors, pour retrouver ce lien perdu, la photographe est revenue arpenter l’Allemagne. « On a passé des petites annonces dans des journaux régionaux pour expliquer le projet. Je restais trois jours dans une ville, Dresde, Leipzig, Cologne… Pas mal de gens ont répondu. L’idée était de faire une sorte de documentaire, avec des séances d’environ deux heures chez les gens comprenant un temps pour faire les photos, un autre pour recueillir des souvenirs de leur enfance », raconte-t-elle.
Grâce à ces images et ces mots, Frederike Helwig entend « ouvrir un dialogue avec cette génération après des décennies de silence collectif », car on sent aussi chez elle une inquiétude – même si elle se garde d’employer le mot –, que l’on pourrait qualifier de civique. « Cette période-là paraît bien lointaine aujourd’hui. Et pourtant, ce que nous rappellent ces hommes et ces femmes qui pourraient être de notre famille, c’est que la guerre, le fascisme, l’extrême droite, c’était avant-hier… On a l’impression de vivre aujourd’hui dans un monde apaisé, mais tout cela nous aide à réaliser que c’est très récent et donc très fragile », observe la photographe.

   


« Kriegskinder », de Frederike Helwig et Anne Waak, préface d’Alexandra Senfft, Hatje Cantz, allemand ou anglais, Éditions Hatje Cantz, 2017, 104 p., 35 €. Les toignages ont été traduits de l’anglais par Agnès Rastouil.




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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Dans une tribune au « Monde », les élus LRM refusent de faire des personnes en situation illégale la clé de voûte de la réforme sur l’immigration.
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Migrations : des députés LRM appellent à aider davantage les pays africains

Dans une tribune au « Monde », les élus LRM refusent de faire des personnes en situation illégale la clé de voûte de la réforme sur l’immigration.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 07h23
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 15h56
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Alors que le gouvernement prépare un projet de loi « asile et immigration », nous, députés de La République en marche, pensons qu’une politique d’immigration doit se concevoir dans ses trois dimensions : l’accès au territoire bien sûr, l’intégration qui en est une conséquence, mais aussi la dynamique internationale qui en est à l’origine.
Or, alors que la France est engagée dans ces trois dimensions, le débat ne se focalise aujourd’hui que sur les conditions d’autorisation d’accès au territoire et le traitement des migrants pendant cette période. C’est important mais très partiel.
Rien d’étonnant cependant : depuis une dizaine d’années, le ministère de l’intérieur s’est taillé un rôle quasi exclusif sur les compétences migratoires, avec la création par Brice Hortefeux, en 2007, d’un ministère de l’immigration, de l’intégration et de l’identité nationale.
instruire efficacement, rapidement, scrupuleusement et humainement les demandes est un impératif politique et moral
Auparavant, les accords de main-d’œuvre, l’intégration et l’asile relevaient du périmètre des affaires sociales et des affaires étrangères. Cette réforme, parachevée avec la tutelle exclusive de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) et, en 2013, avec la création de la direction générale des étrangers en France sous le quinquennat Hollande, pose un problème dans le débat public, car le ministère de l’intérieur est seul à la porter, avec les conséquences observables.
Certains aspects du débat sont rassembleurs, tel l’asile : instruire efficacement, rapidement, scrupuleusement et humainement les demandes est un impératif politique et moral. Le gouvernement actuel s’y est engagé en accélérant les délais d’instruction et de prise de décision tout en augmentant les capacités d’hébergement. Cet engagement honore la France.
Faire des efforts pour augmenter les taux de reconduite pour les déboutés du droit d’asile et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Exilé en Arabie saoudite depuis 2015, le chef de l’Etat yéménite est accusé de prolonger la guerre au profit de son entourage, soupçonné de corruption.
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Hadi, président fantoche d’un Yémen divisé

Exilé en Arabie saoudite depuis 2015, le chef de l’Etat yéménite est accusé de prolonger la guerre au profit de son entourage, soupçonné de corruption.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 11h44
    |

            Louis Imbert (Riyad, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Insensiblement, les murs du Palais des hôtes se rétrécissent autour d’Abd Rabbo Mansour Hadi. Depuis la résidence où la monarchie saoudienne l’héberge, dans son exil à Riyad, le président yéménite assiste à la télévision, impuissant, à la dislocation de son pays. Dernière mauvaise nouvelle en date, la défaite de la garde présidentielle, sa force prétorienne, mardi 30 janvier, face à des groupes armés sécessionnistes dans la grande ville portuaire d’Aden, qui lui tenait lieu de « capitale temporaire » – même s’il n’y met plus les pieds – depuis la perte de Sanaa, en septembre 2014.
Les forces séparatistes sudistes se sont imposées dans la quasi-totalité d’Aden, au terme de combats, qui ont fait au moins 38 morts. Elles encerclent les rares ministres de M. Hadi encore présents dans le palais présidentiel d’Al-Maachik. Elles exigent leur démission, les jugeant incapables et corrompus. Et après ? Le mouvement sudiste ne souhaite pas encore rompre avec l’Etat central – ou plutôt avec ce qu’il en reste.

Il y a une malédiction d’Aden pour ce président en exil. Il y a trois ans déjà, le 25 mars 2015, M. Hadi s’était lui-même résigné à quitter son pays, en s’embarquant depuis le port de la ville. A l’époque, les rebelles houthistes, venus depuis le nord, menaçaient de prendre la grande cité portuaire du sud. La nuit même, l’Arabie saoudite entrait en guerre au Yémen, répondant à un appel de M. Hadi. A la tête d’une coalition de pays arabes sunnites, Riyad ne pouvait tolérer que cette rebellion, alliée à son grand rival régional, l’Iran chiite, conquière la totalité du Yémen, qui fait partie du pré carré saoudien.
Sabordage des négociations
Depuis, M. Hadi demeure en exil chez ses hôtes saoudiens, qui ne peuvent pas se défaire de lui. « Sa légitimité a du plomb dans l’aile, mais il reste un élément essentiel du dispositif saoudien », note un diplomate européen. Le soutien infaillible apporté par M. Hadi aux bombardements aériens...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Un décret ordonne à des entreprises de se mettre à l’arrêt pendant la compétition, qui se déroulera du 14 juin au 15 juillet. Quant aux chiens et chats errants, ils sont abattus.
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Poutine ne veut pas de pollution pendant la Coupe du monde de football

Un décret ordonne à des entreprises de se mettre à l’arrêt pendant la compétition, qui se déroulera du 14 juin au 15 juillet. Quant aux chiens et chats errants, ils sont abattus.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 09h45
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

LETTRE DE MOSCOU
En vertu d’un décret signé par Vladimir Poutine, les industriels ont été priés de marquer une pause et de cesser de produire pendant un mois, voire un peu plus, lors de la Coupe du monde de football prévue du 14 juin au 15 juillet dans onze villes de Russie. Il concerne des centaines de sites, centrales nucléaires et électriques, raffineries, usines d’armement, chimiques voire agroalimentaires, potentiellement en congé forcé dans un rayon de plusieurs centaines de kilomètres autour des stades. La mesure dépasserait, et de loin, les restrictions imposées par les autorités chinoises lors des Jeux olympiques de Pékin en 2008.
L’oukase présidentiel (complété par un autre du gouvernement) ne badine pas avec la sécurité de l’événement organisé, pour la première fois de son histoire, en Russie : le texte précise bien, chapitre 13, que l’activité devra s’interrompre pendant et un peu avant la compétition dans toutes les entreprises jugées « dangereuses, qui utilisent des sources de rayonnement ionisant, des substances chimiques, biologiques, radioactives, toxiques ou explosives ». A la mi-janvier, les industriels ont commencé à recevoir une lettre du FSB, les services russes de sécurité, leur enjoignant de se mettre en conformité.
Consternation dans le milieu des affaires
Dans le cas où il leur serait impossible de se mettre à l’arrêt, il est demandé aux entreprises de se justifier, et de décrire les conséquences écologiques en situation d’urgence « ainsi que le nombre de victimes potentielles ».
La consternation s’est abattue sur le milieu des affaires qui entrevoit des « millions de roubles de pertes ». « Nous ne donnons pas de commentaires », préfère éluder Vitali Matouchkine, porte-parole du groupe pétrolier Lukoil. Telle autre entreprise fait savoir, sous couvert d’anonymat, qu’une décision de cette nature l’empêcherait de remplir ses « obligations contractuelles » et reviendrait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ La ville de San Francisco va examiner jusqu’à 8 000 condamnations et infractions à la lumière de la nouvelle législation, autorisant le cannabis récréatif.
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En Californie, des milliers d’amnisties liées à la marijuana

La ville de San Francisco va examiner jusqu’à 8 000 condamnations et infractions à la lumière de la nouvelle législation, autorisant le cannabis récréatif.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 06h09
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 07h03
   





                        



   


Frontalement opposée à l’administration Trump, la ville de San Francisco, en Californie, a lancé une amnistie pour toutes les condamnations liées au cannabis depuis plus de quarante ans. Le bureau du procureur de l’agglomération a ainsi fait savoir qu’il allait « appliquer rétroactivement la mesure (…) légalisant la possession et la consommation de marijuana à usage récréatif », adoptée en novembre 2016, « à des infractions et condamnations pénales remontant à 1975 ». Jusqu’à 8 000 condamnations et infractions vont ainsi être examinées.

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                La Californie face au défi du cannabis récréatif



« Bien que les politiques liées à la drogue fassent un pas en arrière au niveau fédéral, San Francisco prend une fois de plus l’initiative de réparer les dégâts causés par la désastreuse (…) guerre contre la drogue », a commenté le procureur George Gascon. « Une condamnation pénale peut être une barrière à l’emploi, au logement et à d’autres subventions. »
La porte-parole de la procureure de San Diego, Summer Stephan, a précisé à l’Agence France-Presse que la ville balnéaire située à la frontière du Mexique avait pris des mesures similaires pour effacer des casiers judiciaires liés au cannabis depuis déjà un an.
Les personnes qui ont vendu de la drogue à des mineurs ou impliquées dans des violences, particulièrement les agressions sexuelles et viols, ne peuvent bénéficier de ces amnisties.
« Justice réparative »
Gavin Newson, l’un des adjoints du gouverneur de Californie et ex-maire de San Francisco, met en avant les « vies brisées par un système pénal de la marijuana coûteux et racialement discriminatoire ».
Le procureur Gascon souligne que la « guerre contre la drogue », surnom de la politique fédérale de lutte contre les stupéfiants menée pendant des années, a entraîné des « arrestations inégales à travers les groupes raciaux », les Noirs et Hispaniques faisant l’objet de plus fréquentes interpellations et incarcérations que les Blancs, bien que « de multiples études aient démontré que la consommation et vente de drogue est équivalente ».
En Californie, plusieurs villes comme Los Angeles ou Oakland, et Portland en Oregon, tentent de remédier à ces disparités et mettent en place des mesures de « justice réparative », en donnant par exemple la priorité aux Afro-Américains ou Hispaniques dans l’attribution de licences de commercialisation.

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Huit Etats, dont le Colorado et l’Etat de Washington en plus de Washington DC, ont déjà légalisé la drogue douce à usage récréatif, et trente Etats avec la capitale fédérale l’ont légalisée à usage thérapeutique. Elle reste toutefois illégale au niveau fédéral.

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                L’administration Trump s’en prend à la marijuana en vente libre



Si l’administration Obama avait levé le pied sur les arrestations et poursuites liées à la marijuana, le gouvernement Trump et son ministre de la justice, Jeff Sessions, ont au contraire durci le ton.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ L’intervention, rare de la part de l’agence fédérale, fait suite à l’annonce de la publication prochaine de cette note confidentielle.
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Le FBI s’inquiète d’un « mémo » républicain sur l’enquête russe

L’intervention, rare de la part de l’agence fédérale, fait suite à l’annonce de la publication prochaine de cette note confidentielle.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 04h07
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 07h47
   





                        



   


Le FBI a exprimé mercredi 31 janvier ses « sérieuses préoccupations » concernant l’exactitude d’un mémo top secret émanant de la commission du renseignement de la Chambre des représentants, contrôlée par les républicains, qui, selon des fuites, dénonce un biais anti-Donald Trump au sein du département de la justice (DoJ).
Cette intervention, rare de la part de la principale agence fédérale policière, fait suite à l’annonce par le secrétaire général de la Maison Blanche, John Kelly, qu’il s’attendait à ce que cette note confidentielle fût rapidement rendue publique. De source proche de la Maison blanche, le mémo sera sans doute publié dès jeudi.

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Dans un communiqué, le FBI dit avoir eu « une possibilité limitée de passer en revue ce mémo, un jour avant que la Commission vote pour la diffuser » et plaide pour un report de publication de cette note.
« Ainsi que nous l’avons exprimé lors de notre examen initial, nous avons de sérieuses préoccupations relatives à d’importantes omissions factuelles qui ont d’importantes retombées sur l’exactitude de ce mémo. »
Des hauts fonctionnaires du département de la justice ont également estimé que sa diffusion pourrait compromettre des informations classifiées.
Nouvelle arme dans le combat autour de l’affaire russe
Ce mémo est devenu en quelques jours une nouvelle arme dans le combat en cours depuis des mois autour des enquêtes ouvertes sur une éventuelle ingérence russe dans l’élection présidentielle de 2016 et sur une possible collusion entre l’équipe de campagne de Donald Trump et Moscou.

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Devin Nunes, le président républicain de la commission parlementaire qui a commandé cette note, juge « fallacieuses » les objections du FBI et du département de la justice.
« Il n’est pas surprenant de voir le FBI et le département de la justice, qui font obstruction depuis près d’un an aux demandes d’information émanant du Congrès, émettre des objections fallacieuses à ce que le peuple américain soit autorisé à voir des informations liées aux abus de ces agences en matière de surveillance. »
La porte-parole de la Maison Blanche Sarah Hackabee-Sanders a rapporté que le président n’avait pas encore lu ce document. Mais M. Trump, à l’issue de son discours sur l’état de l’Union mardi soir, a déclaré à des parlementaires qu’il y avait « 100 % » de chances que celui-ci soit rendu public.
Discréditer le procureur spécial Robert Mueller
Selon un responsable de la présidence américaine, cette note de quatre pages a été remise lundi à la Maison Blanche, où les conseillers juridiques étudient s’il y a lieu de l’éditer et de le retravailler pour protéger la sécurité nationale.
Des républicains ont affirmé que ce mémo mettait en évidence un biais anti-Trump au sein du FBI et du département de la justice en s’appuyant notamment sur une demande de prolongation de la mise sur écoute de Carter Page, conseiller du milliardaire durant la campagne électorale, en mars 2017.
Les élus démocrates, empêchés par la majorité de diffuser une note en contrepoint, ont dénoncé un usage sélectif d’informations hautement classifiées afin de discréditer le procureur spécial Robert Mueller, qui dirige l’enquête russe, et le numéro deux du DoJ, Rod Rosenstein, qui l’a nommé au mois de mai 2017.

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Dans une tribune publiée mercredi dans le Washington Post, Adam Schiff, principal représentant du Parti démocrate au sein de la commission du renseignement, affirme que ce mémo a pour seul objectif de permettre à M. Trump de limoger M. Mueller ou M. Rosenstein.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Elle punit par des amendes ou des peines de prison ceux qui attribuent « à la nation ou à l’Etat » des crimes commis par les nazis en Pologne occupée.
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Le Sénat polonais adopte une loi controversée sur la Shoah

Elle punit par des amendes ou des peines de prison ceux qui attribuent « à la nation ou à l’Etat » des crimes commis par les nazis en Pologne occupée.



Le Monde
 |    01.02.2018 à 03h44
 • Mis à jour le
01.02.2018 à 10h28
    |

                            Intérim








                        



   


La vague d’indignation internationale n’aura pas suffi. Moins d’une semaine après le feu vert donné en Chambre basse, le Sénat polonais a avalisé dans la nuit du mercredi au jeudi 1er février un dispositif de « défense de la réputation de la République et de la nation polonaises » prévoyant notamment une peine de trois ans de prison contre les personnes coupables « d’attribuer à la nation ou à l’Etat polonais, de façon publique et en dépit des faits, la responsabilité ou la coresponsabilité des crimes nazis commis par le IIIe Reich allemand(…), de crimes de guerre ou d’autres crimes contre la paix et l’humanité ».

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                Israël condamne une loi mémorielle sur la Shoah portée par la droite polonaise



« J’espère que la conclusion du processus législatif contribuera à faire retomber les émotions », a déclaré le président du Sénat polonais, Stanislaw Karczewski, dans les heures précédant l’adoption expéditive de cette loi mémorielle à l’origine d’une crise diplomatique inédite avec Israël et ses alliés. Les rapporteurs du projet avaient motivé cette initiative par leur volonté de lutter contre l’emploi abusif et erroné de l’expression « camps de la mort polonais » pour désigner les camps d’extermination construits par les nazis pendant la deuxième guerre mondiale sur le territoire de la Pologne occupée. En mai 2012, même la Maison Blanche avait dû présenter des excuses après un usage malencontreux de ce terme par le président Barack Obama.
« Réécriture de l’Histoire »
Toutefois, le texte a soulevé un immense tollé en Israël, où il est perçu comme une tentative de « réécriture de l’Histoire » et de « négation de la Shoah ». Une coalition de députés de la Knesset, le Parlement israélien, a même déposé cette semaine un contre-projet de loi qui placerait sur un même plan le déni de l’Holocauste et la minimalisation du rôle joué dans le génocide par les collaborateurs et autres soutiens des nazis.
Alors que le débat était encore en cours au Sénat, le département d’Etat américain avait pour sa part publié un communiqué brutal exprimant son « inquiétude » vis-à-vis d’une loi qui pourrait non seulement « remettre en cause la liberté d’expression et le débat universitaire », mais plus encore « avoir des répercussions sur les intérêts et les relations stratégiques de la Pologne, y compris avec les Etats-Unis et Israël. Les divisions qui pourraient émerger entre nos alliés ne profitent qu’à nos rivaux. Nous encourageons la Pologne à réévaluer le texte à la lumière de son impact potentiel sur le principe de la liberté d’expression et sur notre capacité à être de réels partenaires ».
Les autorités polonaises ont semblé prises au dépourvu par la vigueur de la mobilisation internationale contre ce projet. Varsovie considère pourtant Israël comme un important allié politique et idéologique face aux critiques européennes sur ses dérives en matière d’Etat de droit. De plus, quel que soit le parti au pouvoir, la diplomatie polonaise d’après 1989 a fait des bonnes relations avec Tel-Aviv un symbole de rupture avec l’époque communiste ainsi qu’avec une lourde histoire d’antisémitisme.
Portée trop générale
En effet, même si l’Etat polonais n’a pas pris part à l’Holocauste, certains de ses citoyens se sont livrés à des actes de dénonciation ou de pogrom. Or, selon les critiques de la loi, le texte a une portée trop générale qui pourrait englober ces crimes. Ils soulignent également que les instances de jugement polonaises sont en train d’être reprises en main par le pouvoir ultraconservateur, qui mène une politique historique visant ouvertement à restaurer la fierté nationale.
L’historien polono-américain Jan Tomasz Gross, auteur de plusieurs travaux très critiques de l’attitude des Polonais à l’égard des juifs pendant l’Occupation et l’immédiat après-guerre, s’est ainsi retrouvé plusieurs fois dans le collimateur du gouvernement polonais. Bien que le président de la République, Andrzej Duda, puisse encore utiliser son veto, cela reviendrait à contredire le discours nationaliste du parti Droit et justice au pouvoir, qui se fait fort de refuser toute intervention des puissances étrangères.



                            


                        

                        

