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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Le maire de la cité phocéenne a admis dimanche que ses services « n’en ont pas assez fait » au sujet de l’habitat insalubre.
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Immeubles effondrés à Marseille : Gaudin reconnaît des manquements de la municipalité

Le maire de la cité phocéenne a admis dimanche que ses services « n’en ont pas assez fait » au sujet de l’habitat insalubre.



Le Monde.fr avec AFP
 |    11.11.2018 à 14h47
 • Mis à jour le
11.11.2018 à 14h53
   





                        


Près d’une semaine après que huit personnes ont perdu la vie dans l’effondrement de deux immeubles insalubres à Marseille, le maire de la ville admet certains manquements de la part de la municipalité. « On n’en a pas assez fait », a reconnu, dimanche 11 novembre, Jean-Claude Gaudin (LR). « On n’en a pas assez fait parce que c’est compliqué, parce qu’on ne nous laisse pas manœuvrer, et donc il est clair que l’insalubrité existe encore », a développé l’élu, à la tête de la municipalité depuis 1995, lors d’une conférence de presse à l’Hôtel de ville. « Il faut qu’on s’attache à faire des efforts sérieux de ce côté-là », a-t-il ajouté.
Une note confidentielle de l’agence régionale de santé révélée vendredi par Le Monde étrille le service communal d’hygiène et de santé (SCHS) de la ville, jugeant que ses agents ont tendance à « sous-évaluer » les dysfonctionnements dans les immeubles et à « minimiser » leur impact sur la santé des habitants. M. Gaudin, interrogé par la presse sur cette note, a assuré que la mairie allait « renforcer ce service-là ». Tout en reconnaissant les failles de la mairie sur l’habitat insalubre, le maire a estimé, concernant les immeubles en péril, que « dès que nous sommes alertés, nous prenons (…) les arrêtés de péril ».
Marée humaine
Durant la conférence de presse, le maire a, une nouvelle fois, écarté la possibilité d’une démission, martelant : « je ne fais pas tout bien, j’en suis sûr, mais je suis là et je reste là ! » Le maire de Marseille a aussi expliqué avoir préféré ne pas participer à la marche blanche de samedi, en hommage aux huit victimes de la rue d’Aubagne : « Ma présence peut-être aurait pu provoquer des tensions. »

        Lire notre reportage :
         

          A Marseille, une marche blanche entre émotion et colère



La marche blanche organisée par les familles et les proches des victimes de la rue d’Aubagne a réuni dans les rues de Marseille 8 000 personnes selon la police, « une marée humaine » selon les organisateurs. Tout au long de la semaine, les critiques à l’égard de la gestion de Jean-Claude Gaudin (LR) n’ont cessé de croître. Un rapport remis en 2015 au gouvernement faisait état de 40 000 logements indignes à Marseille, menaçant la sécurité de près de 100 000 habitants.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Huit mille personnes ont défilé, samedi, dans les rues de la cité phocéenne, après la mort de huit personnes dans l’effondrement de deux immeubles.
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A Marseille, une marche blanche entre émotion et colère

Huit mille personnes ont défilé, samedi, dans les rues de la cité phocéenne, après la mort de huit personnes dans l’effondrement de deux immeubles.



LE MONDE
 |    10.11.2018 à 20h13
 • Mis à jour le
11.11.2018 à 06h33
    |

                            Luc Leroux (Marseille, correspondant)








                        



   


Une foule immense et recueillie a défilé, samedi 10 novembre après-midi à Marseille, dans un silence glaçant, à travers le quartier de Noailles aux façades décrépites, là où deux immeubles se sont effondrés, lundi, provoquant la mort de huit personnes, un bilan désormais définitif. Ils étaient huit mille selon la police, « une marée humaine », se félicitent les organisateurs.
En tête de cortège, les proches des victimes portent un drap blanc sur lequel on lit : « Noailles meurt, Marseille en deuil ». Les amis de Pape Maguette, un jeune Sénégalais, décédé dans l’effondrement du 65 rue d’Aubagne, brandissent sa photo, tandis qu’un de ses amis explique que le jeune homme avait rendez-vous le jour du drame « pour un nouveau logement ».

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Une rose à la main, une pancarte à bout de bras pour dénoncer « l’incurie de la mairie », la colère le dispute à la tristesse chez les manifestants, pauvres et riches côte à côte. Le fossé n’existe plus entre un Nord de la ville qui cumule pauvreté, violence des réseaux de drogue et abandon des services publics, et un Sud riche et prospère.

   


Alain Scemama est venu s’installer récemment à Marseille pour sa retraite et Noailles est vite devenu l’un de ses QG : « J’y vais faire mes courses, humer l’ambiance, c’est le Marseille que j’aime ». Juste à côté de lui, Rachida se dit triste : « Ils ne méritaient pas de mourir juste parce qu’ils sont pauvres. Nous les pauvres, on vit tous les jours le rejet. Je le vis parce que je n’ai pas les vêtements qui attirent, parce que j’ai pas les moyens de recevoir ».
C’est un Marseille uni et solidaire qui, au passage du cortège sur le Cours Lieutaud, là où le bataillon des marins pompiers a installé ses postes de secours depuis une semaine, applaudit, remercie « ceux qui ont risqué leur vie dans les recherches ».
Soudain, un balcon chute
Des marins pompiers appelés à quelques dizaines de mètres du cortège pour secourir trois personnes légèrement blessées dans la chute d’un balcon au 20 boulevard Garibaldi. Un grand boum suivi d’un mouvement de panique, un effondrement qui résonne comme un nouveau mauvais coup porté à une municipalité, que les manifestants rendent responsable du drame et des logements indignes dans lesquels vivent 100 000 Marseillais.
Linda Chassaigne et sa colocataire tendent un drap blanc : « Ce n’est pas la pluie ». Un slogan en réponse aux premières explications données par Jean-Claude Gaudin, maire (LR) de Marseille, qui évoquait un automne particulièrement pluvieux comme cause du drame. Cette enseignante habite à quelques rues. Elle veut exprimer sa « grande colère face au mépris affiché par la municipalité, par les propriétaires ».
A 73 ans, Michelle ne marche presque plus, mais elle a tenu à défiler avec ses béquilles parce qu’elle a « la rue d’Aubagne au cœur », une rue qui a toujours été pauvre au plus loin de ses souvenirs, avec ses « vendeurs de noix et d’amandes ». « L’apéritif chez M. Bizot, la boulangère de la placette, c’est tous mes souvenirs, c’est une rue qui disparaît », déplore-t-elle.
Les députés (LRM) des quartiers Nord, Alexandra Louis et Saïd Ahamada, et, à un autre endroit, Jean-Luc Mélenchon, député (LFI) de la circonscription où s’est déroulée la catastrophe, défilent sans écharpes, sans commentaires.
« Gaudin démission ! »
Parfois, le silence est rompu par une vague d’applaudissements qui remonte le cortège. Renaud et Marie habitent Noailles, un quartier où la mixité sociale est ancrée. « Ce n’est pas normal, en 2018, que, dans la deuxième ville de France, des immeubles s’écroulent », dit Renaud. « Il y a des gens qui meurent dans ces immeubles mais le pire, c’est qu’il y a des gens qui y vivent », ajoute son épouse, qui avoue « des envies de révolution, que le peuple marseillais aille péter la mairie, là où il y a les rois qui boivent du chocolat ».
Mais la petite fille du couple les rappelle au drame, une fleur à la main : « Il faut parler d’El Amine ». El Amine, neuf ans, a perdu sa maman, il est dans la même école que la fillette, l’école Albert Chabanon, où sont scolarisés les enfants de Noailles, « classée en REP alors qu’elle devrait être en REP plus », déplore Marie.
Devant la mairie ou tous les drapeaux sont en berne, un bâtiment aux allures de Bastille assiégée par la foule, la colère s’exprime : « Gaudin démission ! », « Gaudin en prison ! » ou encore « Gaudin assassin ! » Entourés par le « collectif du 5 novembre », un groupe d’associations et d’habitants du quartier créé après le drame, des proches des victimes prennent la parole.

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                Avant l’effondrement des immeubles, la gestion de l’habitat par la mairie de Marseille déjà critiquée



Émotion et revendications
Juchée sur un poteau, micro à la main, la cousine d’une des victimes remercie les manifestants, y associant les marins-pompiers, les policiers : « Ça a été un drame humain. Ne les oubliez pas ». « Vivez pour eux, s’il vous plaît », implore une femme dans le mégaphone avant de fondre en larmes.
Ne rien oublier, c’est l’objectif que s’est fixé le « collectif du 5 novembre ». Kevin, son porte-parole, énumère les revendications des proches des victimes et des centaines d’habitants évacués des immeubles avoisinants. Il réclame un jour de deuil, la prise en charge des frais d’obsèques, y compris lorsqu’il faut rapatrier les corps à l’étranger, mais aussi des relogements dans des appartements pas à l’hôtel : « Nous voulons que les fleurs et les cierges que nous déposons ne soient pas enlevés. Il est inadmissible de voir des policiers en casque alors que nous essayons de faire notre deuil ».
Le collectif souhaite la création d’une cellule de crise, de soutien psychologique, juridique, plus de psychologues spécialisés à l’école Chabanon et d’assistantes sociales qui aillent visiter les personnes âgées isolées. Du temps aussi, « du temps pour que les habitants récupèrent leurs effets personnels », dans leurs domiciles.
Mais ce que revendiquent les habitants de Noailles, c’est « la vérité, la transparence sur les expertises déjà faites sur les immeubles. Sachez M. Gaudin, M. Macron, Messieurs les bailleurs, nous n’oublierons jamais ». Le collectif veillera aussi à ce que la catastrophe « ne soit pas l’occasion pour dégager quiconque du quartier ».
Quelques instants avant le départ de la marche, le vice-amiral Charles-Henri Garié, commandant le bataillon des marins pompiers, annonçait la fin des recherches en raison de « la certitude qu’il n’y a heureusement plus aucune victime sous les décombres ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ La présidente du Rassemblement national a réuni ses troupes, samedi dans la Meuse, quelques jours après la visite d’Emmanuel Macron.
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Marine Le Pen à Verdun, en miroir mémoriel à Macron

La présidente du Rassemblement national a réuni ses troupes, samedi dans la Meuse, quelques jours après la visite d’Emmanuel Macron.



LE MONDE
 |    10.11.2018 à 19h35
 • Mis à jour le
11.11.2018 à 12h34
    |

            Lucie Soullier (Envoyée spéciale à Verdun)








                        



                                


                            

Midi sonne sous la bruine de Verdun, l’affrontement peut commencer. Marine Le Pen vient de rendre hommage à « la plus grande victoire militaire de [l’]histoire » de France devant le monument à la victoire et aux soldats de la ville symbole de la première guerre mondiale, samedi 10 novembre. Drapeaux bleu-blanc-rouge dans une main, parapluies dans l’autre, les factions lepénistes ovationnent la patronne de l’extrême droite française.
Sur la rive opposée de la Meuse, des sifflets se font entendre. Une trentaine de personnes sont venues brandir une affiche en guise d’accueil : « le nationalisme mène à la guerre. » Une parka bleue entonne le refrain des Béruriers noirs adapté pour l’occasion : « Les poilus emmerdent le Front national ! » Une habitante s’agace : « Qu’elle vienne voir ses troupes un autre jour. » C’est pourtant justement en ce week-end de commémorations du centenaire de la fin de la première guerre mondiale que l’ex-FN a décidé de se réunir à Verdun.

« On arrive », provoquent quelques militants du désormais rebaptisé Rassemblement national (RN), depuis le pont qui sépare les deux camps. Midi vingt sonne à Verdun, l’affrontement est terminé. Les anti-Le Pen se dispersent, encadrés par les policiers, alors que les drapeaux tricolores filent hilares vers leur banquet.
Sous le chapiteau monté pour l’occasion, « on ne fait pas de politique aujourd’hui », assure un conseiller municipal du Pas-de-Calais. Un car entier s’est déplacé depuis « la circo de Marine » pour partager des bouchées à la reine mais ne pas faire de politique, donc.
A la tribune, on y croirait presque. Les cadres du RN défilent pour raconter ici l’histoire d’un pigeon héros de guerre, là, la vie des poilus sacrifiés, ou encore dépeindre la lande de 1914, celle d’avant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Alors que le plan de sauvetage financier de l’exécutif suscite la déception des élus locaux, la nouvelle ministre de la cohésion des territoires et des collectivités territoriales a tenté de renouer les liens.
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Face à Macron, les départements veulent rester des « emmerdeurs »

Alors que le plan de sauvetage financier de l’exécutif suscite la déception des élus locaux, la nouvelle ministre de la cohésion des territoires et des collectivités territoriales a tenté de renouer les liens.



LE MONDE
 |    10.11.2018 à 19h19
 • Mis à jour le
11.11.2018 à 06h33
    |

            Béatrice Jérôme (Rennes, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Elle n’a pas cru utile de nouer autour de son cou l’écharpe bretonne offerte par Jean-Luc Chenut, le patron (PS) de l’Ille-et-Vilaine. Jacqueline Gourault a déjà suffisamment l’étoffe d’une élue locale pour prétendre réussir à raccommoder les fils d’un dialogue qui s’est effiloché en quinze mois : à Rennes, vendredi 9 novembre, la nouvelle ministre de la cohésion des territoires et des collectivités territoriales a tenté de renouer les liens entre Emmanuel Macron et les élus des territoires en clôturant le 88e congrès de l’Association des départements de France (ADF).
« Les négociations doivent se poursuivre, et c’est bien notre intention, avec les départements comme avec les autres niveaux de collectivités territoriales » , a déclaré l’ancienne vice-présidente (MoDem) du Sénat en marge du congrès. À ses côtés, Sébastien Lecornu, nouveau ministre des collectivités territoriales, a sorti sa casquette de jeune président départemental de l’Eure, élu en 2015. « Le duo de choc », selon le mot de M. Lecornu, a renoué la discussion. Mais, entre l’exécutif et les élus locaux, les morceaux sont loin d’être recollés.
« Sur la forme, rien à redire », s’est félicité Dominique Bussereau. En revanche, « sur le fond aucun problème n’est réglé », leur a expliqué le président de l’ADF. Le patron de la Charente-Maritime et proche d’Alain Juppé, habituellement si courtois, s’est même fendu d’une mise en garde : « On sera emmerdeurs. Et de plus en plus. » L’avertissement « amical » augurait mal d’un rabibochage rapide.
Série d’annonces
Mme Gourault et M. Lecornu étaient pourtant arrivés les poches pleines. À Rennes, ils ont pu annoncer que l’Etat verserait 115 millions d’euros supplémentaires aux départements pendant trois ans, pour combler la hausse de leurs dépenses liées au financement du Revenu de solidarité active (RSA) et de l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Cette expérimentation fait partie des mesures de la loi contre la fraude fiscale, adoptée en octobre par le Parlement.
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Pour débusquer les fraudeurs, le fisc va expérimenter la surveillance des réseaux sociaux

Cette expérimentation fait partie des mesures de la loi contre la fraude fiscale, adoptée en octobre par le Parlement.



Le Monde.fr avec AFP
 |    10.11.2018 à 16h54
 • Mis à jour le
11.11.2018 à 06h32
   





                        



   


L’administration fiscale va bientôt expérimenter la surveillance des réseaux sociaux pour lutter contre la fraude, selon un extrait de l’entretien que le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, a donné à l’émission « Capital » de M6 et qui sera diffusé dimanche 11 novembre dans son intégralité.
« Il y aura la permissivité de constater que si vous vous faites prendre en photo (…) de nombreuses fois, avec une voiture de luxe alors que vous n’avez pas les moyens de le faire, peut-être que c’est votre cousin ou votre copine qui vous l’a prêtée, ou peut-être pas. »
« Ce sont vos comptes personnels qui seront regardés par expérimentation », a-t-il précisé, ajoutant que ces derniers sont « souvent publics ».
Des comptes « souvent publics »
En septembre, M. Darmanin avait aussi fait savoir que la surveillance des réseaux sociaux pourrait également servir à repérer la fraude à la résidence fiscale.
Cette expérimentation, qui sera mise en place « sans doute au début de l’année prochaine », fait partie des mesures de la loi contre la fraude fiscale, adoptée en octobre au Parlement, et qui vise à donner plus de moyens à l’Etat pour combattre toutes les formes de fraude.

        Lire aussi :
         

          Verrou de Bercy, publicité des noms... les mesures du projet de loi sur la fraude fiscale



Elle met notamment en place une police fiscale, étoffe les sanctions, renforce la possibilité de rendre publics les noms des fraudeurs et desserre le « verrou de Bercy » qui confère au fisc le monopole des poursuites.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ En vingt-cinq ans, la rue de Valois a connu douze locataires. Alors que Franck Riester vient de succéder à Françoise Nyssen, huit de leurs prédécesseurs témoignent de la difficulté de la fonction.
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La valse des regrets des ministres de la culture

En vingt-cinq ans, la rue de Valois a connu douze locataires. Alors que Franck Riester vient de succéder à Françoise Nyssen, huit de leurs prédécesseurs témoignent de la difficulté de la fonction.



LE MONDE
 |    10.11.2018 à 12h11
    |

            Sandrine Blanchard (avec Guillaume Fraissard)








                        



                                


                            

Après seulement dix-sept mois, Françoise Nyssen s’en est retournée, devenant l’une des ministres de la culture et de la communication les plus éphémères. L’éditrice arlésienne, emportée par le remaniement et remplacée par Franck Riester, est loin d’être la première à avoir fait un passage éclair rue de Valois. Ces vingt-cinq dernières années, ce ministère a vu défiler pas moins de douze locataires. Qu’ils soient issus du monde politique ou de la société civile, leur sort a été comparable. Difficile, avec une durée moyenne de deux ans en fonction, d’imprimer sa marque et de mener à bien des projets. Seuls André Malraux et Jack Lang ont occupé ce poste pendant dix ans chacun et en sont devenus les figures tutélaires.
Mais quelle « malédiction » touche ce ministère qui fêtera, en 2019, son soixantième anniversaire ? Pourquoi une telle fugacité de ses titulaires ? Alors que Franck Riester vient tout juste de composer – non sans peine – son cabinet, huit anciens ministres de la culture ont accepté de revenir sur leur expérience et de confier leurs souvenirs sur ce poste à la fois tant convoité et tant exposé. Sollicité par Le Monde, Jack Lang (en poste de mai 1981 à mars 1986 et de juin 1988 à mars 1993) n’a pas souhaité mêler sa parole à celle de ses successeurs. Davantage que l’amertume, ce sont les regrets qui l’emportent chez ceux qui ont connu ce « plus beau des ministères ».
Avoir (ou pas) la confiance du président 
De Gaulle-Malraux, Mitterrand-Lang, les anciens ministres portent tous un regard envieux à ces duos qui ont marqué l’histoire de la rue de Valois. Non seulement André Malraux et Jack Lang sont restés une décennie à leur poste mais ils ont aussi bénéficié d’un soutien fort et public de l’Elysée, et, pour le second, d’un doublement du budget du ministère. Depuis, « on assiste à une banalisation du débat culturel et de sa place dans le discours public », constate Jacques Toubon (en poste de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Mélange de séquences mémorielles et de moments très politiques, polémique concernant le maréchal Pétain, coût du déplacement… Retour sur une semaine d’itinérance, entre symboles historiques, conversations impromptues et diplomatie.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤                       Navigation       Le Monde - retour à la une        Se connecterSe connecter  S’abonner                       À la une Retour à la page d'accueil du Monde    En continu   Actualités    En ce moment    Commémorations du 11-Novembre    Midterms 2018    Brexit    Climat    Route du rhum    Immigration en Europe    Harcèlement sexuel    Toute l’actualité en continu     Actualités    International   Politique   Société   Les Décodeurs   Sport   Planète   Sciences   M Campus   Le Monde Afrique   Pixels   Médias   Santé   Big Browser   Disparitions         Économie      Économie   Économie mondiale   Économie française   Emploi   Argent & placements   Tribunes éco   Smart cities                      Économie  Ciblé par un réseau d’escrocs, le groupe Pathé a perdu plus de 19 millions d’euros                    Économie   Article réservé à nos abonnés Logiciel libre : les limites du modèle du bénévolat                    Chronique   Article réservé à nos abonnés Patate, vers une flambée des prix ?   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Partager sur Facebook Partager sur Facebook   Partager sur Twitter Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail Envoyer par e-mail          Le voyage d’Emmanuel Macron dans le Grand Est puis dans les Hauts-de-France avait une triple dimension. Mémorielle d’abord puisqu’il s’agit d’honorer la mémoire des quelque huit millions de soldats qui ont combattu de 1914 à 1918, pour 1,4 million de morts, dix ans après la disparition du dernier poilu, Lazare Ponticelli. Retour sur une semaine d’itinérance, entre symboles historiques, conversations impromptues et diplomatie, vues par le photojournaliste Jean-Claude Coutausse.          Dimanche 4 novembre          C’est dans la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg qu’a été donné le coup d’envoi de « l’itinérance mémorielle » qui a mené le président dans onze départements en une semaine, sur les champs de bataille de la Grande Guerre. Emmanuel Macron, accompagné de son épouse, Brigitte, a assisté avec M. Steinmeier à un concert d’œuvres de Debussy et Beethoven afin de « célébrer la réconciliation franco-allemande » un siècle après la fin de la guerre 1914-1918.                        Pendant le concert donné à la cathédrale de Strasbourg, avec le président allemand, Frank-Walter Steinmeier, et son épouse, Elke Büdenbender. JEAN-CLAUDE COUTAUSSE / FRENCH-POLITICS POUR LE MONDE                    Lire aussi  11-Novembre : Macron entame à Strasbourg un périple sur les traces de la Grande Guerre              Lundi 5 novembre          Jour 2. Morhange, 3 900 habitants, en Moselle. Des générations d’écoliers connaissent l’endroit pour y faire de la luge, entre les vergers de mirabelles et les platanes moussus. Les gens du voyage l’apprécient aussi, il leur arrive d’y camper et de tendre leur fil à linge autour de l’obélisque. Les officiels, en revanche, ont tendance à l’éviter – les présidents de la République comme les autres, jusqu’à présent en tout cas…                        Hommage aux combattants français tués en août 1914 lors de la bataille des frontières à Morhange. JEAN-CLAUDE COUTAUSSE/FRENCH-POLITICS POUR "LE MONDE"                           La caravane présidentielle, en route vers Pompey (Meurthe-et-Moselle). JEAN-CLAUDE COUTAUSSE/FRENCH-POLITICS POUR "LE MONDE"                           Pendant la visite de l’entreprise Novasep à Pompey, lundi 5. JEAN-CLAUDE COUTAUSSE/FRENCH-POLITICS POUR "LE MONDE"                           Pendant la visite de l’entreprise Novasep à Pompey. JEAN-CLAUDE COUTAUSSE/FRENCH-POLITICS POUR "LE MONDE"                    Article réservé à nos abonnés  Lire aussi  Centenaire du 11-Novembre : les souvenirs sous clé des habitants de Morhange              Mardi 6 novembre          Le lieu s’appelle « l’Entonnoir ». Un vaste cratère d’une quinzaine de mètres de profondeur, creusé par une mine sur la crête des Eparges (Meuse). Ici, Français et Allemands se sont entretués trois ans durant, de 1915 à 1918. Alain-Fournier est mort tout près, Maurice Genevoix y a pris trois balles, qui l’ont laissé handicapé à vie.          Emmanuel Macron, un bleuet accroché au revers de son manteau, s’approche du trou moussu, y lance un bouquet de fleurs. La sonnerie aux morts retentit, jouée par un clairon situé en face. Mine grave, regard fixe, bras le long du corps, le chef de l’Etat s’imprègne du moment. Seul le bruit d’un drone, utilisé pour la première fois par un photographe de l’Elysée, perturbe le silence.                        Peu avant l’hommage à Maurice Genevoix, aux Eparges. JEAN-CLAUDE COUTAUSSE / FRENCH-POLITICS POUR LE MONDE                           Visite du village détruit de Fleury-devant-Douaumont avec des élèves des lycées de Verdun. JEAN-CLAUDE COUTAUSSE / FRENCH-POLITICS POUR LE MONDE                           Hommage aux morts à la nécropole de Verdun. JEAN-CLAUDE COUTAUSSE / FRENCH-POLITICS POUR LE MONDE                    Article réservé à nos abonnés  Lire aussi  Dans la Meuse, Emmanuel Macron rattrapé par le front social              Mercredi 7 novembre          Cela prend de plus en plus l’apparence d’un chemin de croix. Mercredi 7 novembre, Emmanuel Macron s’est arrêté à Charleville-Mézières, où avait été délocalisé le conseil des ministres. L’occasion d’envoyer des signes de considération aux élus locaux, de visiter l’usine PSA de la ville ardennaise, où a été annoncé un projet industriel du groupe algérien Cevital ou de se rendre dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) à Rozoy-sur-Serre (Aisne)…                         La suite est réservée aux abonnés.  Déjà abonné ? Se connecter  S’abonner c'est...   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Taxe sur les GAFA : le blocage allemand

Editorial. L’Allemagne est tétanisée par la réaction qu’une taxe européenne des géants du Web provoquerait aux Etats-Unis. Elle prive ainsi l’UE d’une réforme populaire.



LE MONDE
 |    10.11.2018 à 10h26
 • Mis à jour le
10.11.2018 à 11h04
   





                        


Editorial du « Monde ». La croisade de Bruno Le Maire pour décrocher un accord sur une taxe GAFA européenne prend des accents désespérés. L’absence de soutien de l’Allemagne au projet de taxation des géants du numérique lors de la prochaine réunion des ministres européens des finances, le 4 décembre, constituerait « une rupture de confiance entre la France et l’Allemagne », a averti le ministre français des finances, le 9 novembre, sur le site des Echos.
Une quasi-menace, qui ne risque pas d’aider au redémarrage du moteur franco-allemand. M. Le Maire voit s’évanouir peu à peu son espoir d’un accord avant la fin de l’année pour ce projet phare de l’Elysée : il ne reste plus que trois semaines pour décrocher l’accord, indispensable, de son homologue allemand, Olaf Scholz.

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Or ce dernier persiste dans son ambiguïté : en public, il répète qu’une taxe GAFA est une priorité, qu’il y a urgence, mais qu’un accord international est indispensable. Une manière polie mais un peu hypocrite, en convoquant les Etats-Unis à la table des négociations, de renvoyer la taxe à plus tard.
Son collègue français a pourtant multiplié les concessions : le nouvel impôt, censé porter sur 3 % du chiffre d’affaires des entreprises du numérique, serait transitoire, le temps de trouver un accord international sur la taxation de leurs profits. Il pourrait même n’être appliqué qu’à la fin 2020, pas avant deux ans.
Mais la réalité est têtue. Olaf Scholz, le social-démocrate, n’arrive pas à imposer l’idée dans sa coalition. Les dirigeants allemands sont tétanisés par l’hypothétique réaction qu’une telle taxe provoquerait à Washington. Car non seulement l’administration Trump se livre à un lobbying actif, individuel et direct, auprès des ministres des finances des Vingt-Huit pour les dissuader d’approuver la taxe sur les GAFA, mais elle exerce une pression particulière sur Berlin en agitant la menace de tarifs douaniers sur les importations de voitures allemandes aux Etats-Unis.
Mettre fin à près de quinze ans d’impuissance
Certes, le gouvernement français aurait pu s’y prendre avec davantage de finesse pour « vendre » ce nouvel impôt à Bruxelles. Avancer par petites touches, avec un discours moins donneur de leçons, et tenter de bâtir une coalition afin de ne pas laisser s’installer l’idée que le projet vise surtout à offrir à Emmanuel Macron un trophée à brandir avant les élections européennes aurait sans doute été plus efficace.

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Il est vrai aussi que, en l’état, la taxe GAFA européenne relèverait surtout du symbole : elle ne rapporterait qu’environ 5 milliards d’euros au niveau européen. Et, d’un strict point de vue fiscal, elle est un peu bancale : cela fait plus d’un siècle que l’impôt sur les sociétés porte sur le profit, pas sur les revenus, pour ne pas pénaliser les entreprises non profitables.
En attendant, le blocage allemand prive l’Europe d’une réforme populaire, allant dans le sens d’une plus grande justice fiscale, qui mettrait fin à près de quinze ans d’impuissance face à des GAFA passés maîtres dans l’art de contourner l’impôt. Symbolique, certes, mais envoyant un signal volontaire, qui contredirait l’image d’une Europe « impuissante » et « passive ».
Preuve que cette taxe GAFA n’est pas une idée complètement stupide : la France est loin d’être la seule à la défendre. La Commission européenne de Jean-Claude Juncker s’y est ralliée, de même qu’une vingtaine de pays de l’Union. Même le gouvernement britannique conservateur libéral est en passe d’imposer la sienne au niveau national. C’est dire !



                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 10/11/2018
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Merkel et Macron à Rethondes pour une cérémonie très symbolique

Le chef de l’Etat français et la chancelière allemande se sont rendus ensemble, ce samedi, à Compiègne, sur les lieux de l’armistice qui a scellé la fin de la première guerre mondiale.



Le Monde.fr avec AFP et Reuters
 |    10.11.2018 à 10h14
 • Mis à jour le
11.11.2018 à 10h46
   





                        



   


Cent ans après la fin de la première guerre mondiale, Emmanuel Macron et Angela Merkel se sont retrouvés samedi 10 novembre à la clairière de l’armistice à Compiègne, dans l’Oise, au nord de la capitale. Le président et la chancelière sont réunis dans la clairière de Rethondes pour une cérémonie très symbolique, avant-dernière étape de l’« itinérance mémorielle » du chef de l’Etat avant la cérémonie du 11-Novembre à Paris.

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C’est ici que le 11 novembre 1918 fut signé dans un wagon-restaurant l’armistice scellant la fin de la première guerre mondiale, qui fit 10 millions de morts. Cachée en pleine forêt de Compiègne, la clairière de Rethondes avait été choisie par le généralissime des armées alliées, Ferdinand Foch, pour abriter les négociations en raison de son calme et de son isolement. Elle est située au bout d’une « allée triomphale » inaugurée en 1922, que remontent les présidents français lors des cérémonies commémoratives.
Le « wagon de l’armistice », où Adolf Hitler avait également fait signer l’armistice du 22 juin 1940, a été emporté par les Allemands et utilisé à des fins de propagande, avant d’être détruit en avril 1945. Une réplique du wagon a été installée depuis 1962 dans un bâtiment musée qui attire 70 000 visiteurs par an.
« Un déplacement hautement symbolique »
Le palais de l’Elysée relève que « c’est la première fois depuis 1945 » que le président français et le chef du gouvernement allemand se rencontrent dans la clairière de l’Armistice. « C’est un déplacement hautement symbolique, il s’agit du premier déplacement franco-allemand » sur le site depuis la seconde guerre mondiale, insiste-t-on à l’Elysée.
Compiègne, « c’est le lieu de la revanche, ce sera le lieu de l’ultime réconciliation si besoin était », ajoute la même source. « On est dans les pas du chancelier Helmut Kohl et du président François Mitterrand », veut-on croire au palais, qui étaient apparus main dans la main en 1984 à Verdun.

   


Après un passage en revue des troupes de la brigade franco-allemande, le dévoilement d’une plaque commémorative et le dépôt d’une gerbe commune, les deux dirigeants ont signé le livre d’or dans le wagon où ont été signés l’armistice du 11 novembre 1918 puis celui du 22 juin 1940. 
La cérémonie a été voulue « sobre et sans discours », selon une source proche de l’organisation de la cérémonie. Malgré l’absence de prise de parole officielle, le président français et la chancelière allemande ont ensuite discuté avec un groupe de jeunes. M. Macron leur a dit la nécessité, selon lui, d’être « à la hauteur » de ce que clamaient les contemporains de la Grande guerre : « Plus jamais ça ! ».
Il faut « ne rien céder aux passions tristes, aux tentations de la division », a déclaré le président français, répétant son message politique en faveur de plus de coopération dans une Europe où les électeurs se tournent de plus en plus vers des courants hostiles à l’intégration européenne.

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11 novembre à l’arc de Triomphe
Les deux dirigeants se retrouveront ensuite dimanche pour la traditionnelle cérémonie du 11-Novembre sous l’arc de Triomphe à Paris en présence d’une soixantaine de chefs d’Etat et de gouvernement, dont Vladimir Poutine et Donald Trump. La chancelière allemande ouvrira dans l’après-midi la première édition du « Forum pour la paix », « un geste symbolique qui témoigne de la réconciliation et de l’amitié franco-allemande » selon l’Elysée.

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Dans la soirée, les Macron, Trump, Merkel, et plusieurs autres dignitaires se retrouveront au Musée d’Orsay à Paris, pour une visite de l’exposition consacrée à Picasso et un dîner protocolaire sur place, avant la grande cérémonie de dimanche matin sous l’arc de Triomphe en présence de plusieurs dizaines de chefs d’Etat et de gouvernement, point d’orgue des commémorations.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ La candidate de La France insoumise, Farida Amrani, veut sa revanche après avoir raté l’élection de 139 voix en juin 2017.
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Législative partielle de l’Essonne : duel tendu pour la succession de Manuel Valls

La candidate de La France insoumise, Farida Amrani, veut sa revanche après avoir raté l’élection de 139 voix en juin 2017.



LE MONDE
 |    10.11.2018 à 09h40
 • Mis à jour le
11.11.2018 à 11h22
    |

            Sylvia Zappi








                        



                                


                            

Manuel Valls a beau être parti à Barcelone, son ombre politique flotte encore sur Evry, ville populaire de l’Essonne. A l’occasion de la législative partielle organisée après la démission de l’ancien premier ministre et dont le premier tour aura lieu le 18 novembre, Francis Chouat, son bras droit de toujours, part à la bataille dans un « tout sauf Mélenchon » assumé face à la candidate « insoumise » Farida Amrani. Soutenu par le mouvement macroniste, La République en marche (LRM), le maire d’Evry met en scène son duel avec la conseillère d’opposition. A longueur de réunions, il met en garde contre une victoire de La France insoumise (LFI) qui représenterait, selon lui, « un danger démocratique ». À cet effet, il a bâti une alliance avec les maires de droite des cinq communes de la circonscription. Les autres candidats, neuf dont cinq à gauche, semblent compter les points.

La candidate LFI, Farida Amrani, elle, veut sa revanche. La fonctionnaire territoriale avait raté de 139 voix l’élection en juin 2017. Ciblant les quartiers où Jean-Luc Mélenchon avait fait carton plein, la quadragénaire a été la première à partir en campagne. « La grande question va être la participation. Les gens ont compris que Valls était parti, pas qu’ils devaient revoter », explique-t-elle. Ce mardi 6 novembre, elle enchaîne donc sorties d’école et réunions d’appartement. « Bonjour, on retourne aux urnes, vous êtes au courant ? Faut finir ce qu’on a commencé », lance la candidate à une mère d’élève du Parc aux lièvres, quartier populaire d’Evry. Le nom de Manuel Valls n’est pas évoqué mais tout le monde comprend. Le visage de l’« insoumise » est désormais connu et le souvenir de son recours au Conseil constitutionnel pour fraude encore dans les têtes. « Mettez des assesseurs partout, hein ! », lui lance un employé communal. 
Pas moins de cinq députés LFI sont venus la soutenir et leur leader doit tenir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Les députés ont restauré, en commission des lois, le projet de réforme de la justice de Nicole Belloubet qui suscite la colère des avocats.
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Vers un renforcement des pouvoirs des procureurs et des enquêteurs

Les députés ont restauré, en commission des lois, le projet de réforme de la justice de Nicole Belloubet qui suscite la colère des avocats.



LE MONDE
 |    10.11.2018 à 09h12
 • Mis à jour le
11.11.2018 à 06h33
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        



                                


                            

Pressés de rejoindre leur circonscription, les députés de la commission des lois ont bouclé à la hâte, vendredi 9 novembre au soir, l’examen des deux projets de loi de réforme de la justice à l’issue de quatre jours de débats et de plus de mille amendements. A la fois loi de programmation budgétaire quinquennale et réforme tous azimuts de la justice (procédures pénale et civile, organisation territoriale, échelle des peines et construction de prisons), ces textes techniques viendront en discussion en séance au Palais-Bourbon à partir du 19 novembre.
A voir le caractère constructif des échanges entre les élus de la majorité et de l’opposition et la garde des sceaux, Nicole Belloubet, on pouvait se demander s’il s’agissait de la même réforme qui provoque le cri d’alarme des avocats. Très mobilisées en début d’année, les organisations professionnelles des avocats appellent, avec le Syndicat de la magistrature, à une nouvelle manifestation le 15 novembre devant l’Assemblée nationale sur le thème de l’égal accès à la justice et de la protection des droits et libertés.

Alors que le Sénat a, lors du vote de la réforme en première lecture le 23 octobre, limé certaines dispositions renforçant les pouvoirs de la police et du parquet, la commission des lois présidée par Yaël Braun-Pivet (La République en marche) a largement rétabli la version initiale du gouvernement. Comme l’extension du recours aux techniques spéciales d’enquête que sont les écoutes téléphoniques et la géolocalisation lors des enquêtes de flagrance. Le Sénat l’avait limité aux crimes et aux délits punis d’une peine d’emprisonnement de cinq ans ou plus. Un amendement du gouvernement voté par les députés a ramené ce seuil aux délits punis de trois ans au moins.
Ces techniques spéciales d’enquête demandées par le parquet devront auparavant être autorisées par le juge des libertés et de la détention. Ce qui fait dire à la ministre de la justice que « l’équilibre entre l’efficacité...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Le président a enchaîné moments d’émotion et contacts tendus avec les Français, au risque d’un manque de lisibilité de sa démarche
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Article sélectionné dans La Matinale du 09/11/2018
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Pour Emmanuel Macron, une semaine d’« itinérance mémorielle » tortueuse et agitée

Le président a enchaîné moments d’émotion et contacts tendus avec les Français, au risque d’un manque de lisibilité de sa démarche



LE MONDE
 |    10.11.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
10.11.2018 à 10h02
    |

            Cédric Pietralunga (envoyé spécial) et 
Virginie Malingre (envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Tout avait si bien commencé. Lundi 5 novembre au matin, un brouillard humide s’accroche aux coteaux surplombant Morhange, petit village perdu de Moselle. C’est ici, lors de la « bataille des frontières », en août 1914, que la France a connu l’une de ses pires défaites de la Grande Guerre : 40 000 morts en trois jours. Au bout d’une allée d’arbres au feuillage d’or, debout face à un obélisque de granit consacré « aux soldats français tombés glorieusement », Emmanuel Macron se tient immobile, solennel.
Képi noir sur uniforme beige, le général François Lecointre, chef d’état-major des armées, évoque d’une voix lente « l’ardeur et l’enthousiasme » des poilus qui montent alors au front, leur pantalon rouge garance si visible. « La rencontre avec l’adversaire est effroyablement brutale. (…) Les illusions d’une victoire glorieuse et rapide s’envolent à mesure que s’abattent les obus et tombent les camarades. » La sonnerie aux morts retentit. Le président, dont les arrière-grands-pères ont participé au conflit, dépose une gerbe dans un silence de pierre.

Deux jours plus tard, changement de décor et d’ambiance. Emmanuel Macron a convoqué son conseil des ministres à Charleville-Mézières, une première depuis son élection. Venu de l’usine PSA voisine, le chef de l’Etat termine à pied les quelques mètres qui le séparent de la préfecture des Ardennes quand résonne : « Président des riches ! » Plusieurs personnes, dont des militants « insoumis », l’interpellent depuis le trottoir. Un « vous êtes un escroc ! » fuse.
« J’ai 57 ans, je suis jamais descendue dans la rue, jamais. Mais maintenant, avec vous, je suis obligée », lui assène une aide-soignante aux cheveux grisonnants, décidée à participer aux blocages du 17 novembre contre le prix trop élevé des carburants. « Il ne faut pas agréger des choses qui n’ont rien à voir, il ne faut surtout pas tout confondre », tente Emmanuel...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ L’une porte sur les comptes de campagne pour la présidentielle de 2017 et l’autre, sur les conditions d’emploi des assistants parlementaires de députés européens LFI
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Les enquêtes visant M. Mélenchon et La France insoumise confiées à des juges d’instruction

L’une porte sur les comptes de campagne pour la présidentielle de 2017 et l’autre, sur les conditions d’emploi des assistants parlementaires de députés européens LFI



LE MONDE
 |    10.11.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
10.11.2018 à 13h57
    |

            Anne Michel








                        



                                


                            

Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise (LFI) n’en ont pas fini avec la justice. Près d’un mois après les perquisitions chahutées du 16 octobre, notamment conduites au siège du Parti de gauche ainsi qu’au domicile de son leader, le parquet de Paris a annoncé, vendredi 9 novembre, par voie de communiqué, l’ouverture de deux informations judiciaires distinctes contre X. L’une porte sur les comptes de campagne de M. Mélenchon pour l’élection présidentielle de 2017 et l’autre, sur les conditions d’emploi des assistants parlementaires de députés européens LFI.
L’information judiciaire sur le financement de la campagne présidentielle – qui a vu M. Mélenchon terminer en quatrième position – est ouverte notamment pour des chefs d’« escroquerie et tentative d’escroquerie », « abus de confiance et recel d’abus de confiance », « blanchiment et tenue non conforme par un candidat de son compte de campagne ». L’enquête sur les assistants parlementaires porte sur des soupçons d’emplois fictifs, financés sur fonds européens, et vise des faits de « détournements et recel de détournements de fonds publics », et « blanchiment » de ce délit.

Désormais donc, exit les enquêtes préliminaires, pilotées par le parquet. Les investigations visant M. Mélenchon et son mouvement politique vont se poursuivre sous l’égide de juges d’instruction – à raison de trois magistrats pour chacune des deux enquêtes. Le procureur de la République explique avoir pris sa décision au vu « des éléments d’ores et déjà rassemblés » par les enquêteurs de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), et du fait de « la complexité des investigations qui restent à réaliser ».
« Nous sortons des griffes de l’arbitraire »
Au total, les perquisitions du 16 octobre, « autorisées par le juge des libertés et de la détention », rappelle le parquet, ont visé quinze sites...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ En septembre, Emmanuel Macron avait en effet proposé une hausse du financement du plan chlordécone d’un million d’euros, mais d’ici 2020.
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L’Assemblée rejette une nouvelle hausse des crédits du plan chlordécone

En septembre, Emmanuel Macron avait en effet proposé une hausse du financement du plan chlordécone d’un million d’euros, mais d’ici 2020.



Le Monde.fr avec AFP
 |    09.11.2018 à 22h57
   





                        



Fin septembre, lors d’un déplacement aux Antilles, Emmanuel Macron avait estimé que l’État devait « prendre sa part de responsabilité »  dans le scandale du chlordécone, et « avancer sur le chemin de la réparation » de ses ravages. Deux mois plus tard, l’Assemblée nationale a rejeté, vendredi 9 novembre, une nouvelle hausse des crédits du plan de luttre contre ce pesticide longtemps utilisé aux Antilles pour combattre un insecte dévastant les bananeraies, et suspecté d’avoir empoisonné durablement les sols et les populations.

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                Qu’est-ce que le scandale du chlordécone, ce pesticide ultratoxique ?



L’élu de Martinique Serge Letchimy (groupe socialiste) avait réclamé dans le cadre du projet de loi de finances pour 2019 de porter le plan chlordécone, établi à 2 millions d’euros pour l’an prochain – un montant stable par rapport à 2018 – à 4 millions d’euros, afin d’accélérer la dépollution des terrains. Mais la proposition a été rejetée par 18 voix contre 9.
Promesse de Macron
Deux millions d’euros, cela représente « des brindilles financières par rapport à une situation extrêmement grave », a estimé M. Letchimy en mettant en avant l’engagement du président de la République. En septembre, Emmanuel Macron avait en effet proposé une hausse du financement du plan chlordécone d’un million d’euros, mais d’ici 2020. Un amendement en ce sens avait été voté en commission des finances. En séance, le rapporteur spécial de cette commission Mohamed Laqhila (MoDem) a retiré un amendement qui consistait à appliquer cette hausse d’un million d’euros dès 2019.

        Lire aussi :
         

                Chlordécone : « Les Antilles françaises sont comme l’Ukraine et la Biélorussie d’après Tchernobyl »



Les Insoumis, qui avaient demandé début octobre la création d’une commission d’enquête pour faire la lumière sur ce « scandale humain », ont quant à eux tenté en vain d’abonder le plan chlordécone de quelque 6,4 millions d’euros.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Pour commémorer le centenaire de la première guerre mondiale, Emmanuel Macron s’est lancé dans une semaine de pèlerinage dans le nord de la France. Un parcours émaillé d’échanges très vifs avec les Français, entre sujets mémoriels et d’actualité.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Plusieurs anciens locataires de la rue de Valois ont accepté de témoigner de leur expérience.
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Bons et mauvais souvenirs à la tête du ministère de la culture

Plusieurs anciens locataires de la rue de Valois ont accepté de témoigner de leur expérience.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 18h07
    |

            Sandrine Blanchard








                        



                                


                            

Vingt ans séparent leur expérience à la tête du ministère de la culture. Et pourtant, c’est le même sujet qu’évoquent Jacques Toubon et Aurélie Filippetti lorsqu’on les interroge sur leur meilleur souvenir Rue de Valois. Tous deux citent « le combat en faveur de l’exception culturelle ». Ministre de la culture lors de la cohabitation Mitterrand-Balladur (mars 1993-mai 1995), Jacques Toubon accompagne les membres de l’exécutif, en décembre 1993, au 62e sommet franco-allemand à Bonn. Au centre des discussions, les négociations du GATT [Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce] sur la libéralisation du commerce mondial. En conférence de presse, Helmut Kohl [chancelier] indique que l’Allemagne considère que la culture est aussi importante que l’agriculture. « Nous avions gagné », se souvient Jacques Toubon. La culture ne sera pas incluse dans les accords.
« Ce fut une bataille européenne passionnante avec une coalition transnationale », se remémore Aurélie Filippetti à propos de l’exception culturelle
Deux décennies plus tard, l’exception culturelle défendue par la France est à nouveau menacée dans le cadre de négociations de libre-échange commercial avec les Etats-Unis. En mai 2013, Aurélie Filippetti, qui obtient le soutien de treize de ses homologues européens, adresse une lettre à la présidence de l’Union européenne et à la Commission, dans laquelle elle plaide pour le « respect » de cette « exception », dont le rôle est « trop important pour laisser les productions culturelles intégralement soumises à la loi du marché ». La démarche s’accompagne d’une pétition signée par quelque cinq mille artistes. L’audiovisuel et le cinéma seront finalement exclus des pourparlers. « Ce fut une bataille européenne passionnante avec une coalition transnationale », se remémore la ministre.
Ce sont d’autres sujets que garde en mémoire Renaud Donnedieu de Vabres. Dans ce ministère...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Une note confidentielle de l’Agence régionale de santé, consultée par « Le Monde », révèle les manquements des services de la mairie.
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Avant l’effondrement des immeubles, la gestion de l’habitat par la mairie de Marseille déjà critiquée

Une note confidentielle de l’Agence régionale de santé, consultée par « Le Monde », révèle les manquements des services de la mairie.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 16h51
 • Mis à jour le
10.11.2018 à 06h41
    |

                            Luc Leroux (Marseille, correspondant)








                        



                                


                            

Personnel mal formé, mauvaise évaluation des situations d’insalubrité, défaut de mise en œuvre des procédures : dans une note confidentielle de septembre, donc antérieure à l’effondrement des immeubles de la rue d’Aubagne qui a fait huit morts, et dont Le Monde a pris connaissance, l’Agence régionale de santé (ARS) Provence-Alpes-Côte d’Azur, étrille le service communal d’hygiène et de santé (SCHS) de la ville de Marseille. Alors que Jean-Claude Gaudin, maire (LR) de Marseille vantait, jeudi 8 novembre, « une ambition forte et une véritable exigence pour la rénovation de l’habitat ancien et la réhabilitation des secteurs dégradés ou indignes », l’analyse de la « préfecture sanitaire » est tout autre.
Placé en première ligne du combat contre l’habitat indigne, le service communal d’hygiène apparaît loin d’être à la hauteur des enjeux en la matière. Dans la deuxième ville de France, où le nombre de logements potentiellement indignes est évalué à 40 000 et toucherait 100 000 Marseillais, les chiffres parlent d’eux-mêmes : aucun arrêté préfectoral d’insalubrité en 2016. L’année suivante, six dossiers ont été transmis à la commission insalubrité du conseil départemental des risques sanitaires et technologiques (Coderst) et neuf depuis le début de cette année.
« Jamais vérifié »
En 2016, dans le sillage du rapport de l’inspecteur général de l’administration du développement durable, Christian Nicol, sur l’état du parc immobilier privé marseillais, la municipalité avait renforcé l’équipe du SCHS, y affectant six contractuels, ce qui portait l’effectif à une dizaine d’agents. Mais, lit-on dans la note de l’ARS, ces inspecteurs appelés à constater l’état de dégradation des logements après des signalements par leurs occupants « ne possèdent pas de qualification particulière les rendant aptes à apprécier les aspects techniques et juridiques nécessaires à la mise en œuvre des procédures complexes en matière d’insalubrité ». Le...




                        

                        


<article-nb="2018/11/11/19-18">
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Deux juges d’instruction s’occuperont des comptes de campagne du candidat de LFI et des soupçons d’emplois fictifs d’assistants parlementaires.
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Jean-Luc Mélenchon et LFI visés par deux informations judiciaires

Deux juges d’instruction s’occuperont des comptes de campagne du candidat de LFI et des soupçons d’emplois fictifs d’assistants parlementaires.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 16h36
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 18h55
   





                        


Les deux enquêtes visant les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle de 2017 et les assistants d’eurodéputés de La France insoumise ont été confiées à des juges d’instruction par le parquet de Paris, selon un communiqué publié vendredi 9 novembre.
Deux informations judiciaires ont ainsi été ouvertes contre X. La première, relative au financement de la campagne, principalement pour « escroquerie » et « abus de confiance », tandis que la seconde, concernant les assistants parlementaires, a notamment été ouverte pour « détournement de fonds publics ».

        Sur Les Décodeurs :
         

          les deux informations judiciaires qui visent Mélenchon



Les investigations ont été confiées à l’Office central de lutte contre les infractions financières et fiscales (OCLCIFF). Dans le cadre de ces deux enquêtes, rappelle le communiqué « des perquisitions autorisées par le juge des libertés et de la détention ont été menées, le 16 octobre 2018, sur quinze sites distincts et les enquêteurs ont, depuis, procédé à l’audition de 21 personnes. »
Ces perquisitions avaient fait l’objet d’une vive polémique, alors que Jean-Luc Mélenchon, tentant de s’interposer au siège de son parti, n’a eu de cesse depuis de dénoncer un « acte politique », orchestré par le pouvoir exécutif macroniste. « Nous n’avons jamais surfacturé. Ceux qui le disent sont des menteurs », martèle le député des Bouches-du-Rhône, qui s’en est aussi pris violemment aux médias, qu’il accusait d’être de mèche avec l’Elysée pour organiser une « persécution politique ».

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Après l’annonce de l’ouverture de deux informations judiciaires vendredi, Jean-Luc Mélenchon a salué la décision, se félicitant de « sortir des griffes de l’arbitraire ».
« Enfin nous revenons à la normale judiciaire. Un juge d’instruction est désigné. Nous sortons des griffes de l’arbitraire dans lequel sont abandonnées 97 % des procédures, qui passent directement de l’enquête préliminaire au tribunal. »
Irrégularités dans les comptes de campagne
Jean-Luc Mélenchon et son parti sont donc visés par deux enquêtes distinctes. La première concerne les comptes de la campagne de Jean-Luc Mélenchon pour l’élection présidentielle de 2017. Après l’examen des documents comptables communiqués par La France insoumise, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) a, comme le prévoit la loi, publié lesdits comptes et les a validés le 13 février, ouvrant le droit à un remboursement par l’Etat.
Mais, dans le même temps, la CNCCFP a noté plusieurs irrégularités et a dû retrancher 434 000 euros de dépenses qu’elle a considérées comme non liées à « la sollicitation des suffrages des électeurs ». Un élément qu’on retrouve dans beaucoup de comptes de campagne. Mais la commission a estimé, cette fois, que ces irrégularités constituaient des infractions pénales. Le président a donc transmis, le 16 mars, comme la loi le lui oblige, le dossier à la justice.

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Plusieurs partis concernés
La seconde enquête concerne les assistants parlementaires de Jean-Luc Mélenchon au Parlement européen. La justice a initialement ouvert une enquête en mars 2015, visant le seul Front national (FN, désormais Rassemblement national) avant de l’élargir au MoDem le 9 juin 2017 et à Jean-Luc Mélenchon le 17 juillet de la même année, à la suite des signalements de l’eurodéputée FN Sophie Montel.

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La justice soupçonne ces formations d’avoir employé des assistants parlementaires au Parlement européen, en les faisant, en réalité, travailler pour elles-mêmes. Ce qui revient, in fine, à détourner l’argent du Parlement, en fabriquant des emplois fictifs. D’autres eurodéputés et ex-eurodéputés sont concernés par l’enquête, comme Brice Hortefeux et Michèle Alliot-Marie (Les Républicains), Edouard Martin (élu sur la liste du Parti socialiste, désormais dans la délégation Génération·s) ou encore Yannick Jadot (Europe Ecologie-Les Verts).




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ La formation d’Emmanuel Macron vise un large rassemblement des forces proeuropéennes, dont les contours seront sans doute finalisés après le scrutin européen de mai 2019.
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A Madrid, LRM scelle le principe d’une « coalition » avec les libéraux et démocrates européens

La formation d’Emmanuel Macron vise un large rassemblement des forces proeuropéennes, dont les contours seront sans doute finalisés après le scrutin européen de mai 2019.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 16h16
 • Mis à jour le
10.11.2018 à 10h01
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Madrid, Envoyé spécial)








                        



                                


                            

La stratégie de La République en marche (LRM) en vue des élections européennes est un peu plus claire. A Madrid, au cours d’un congrès du parti Alliance des libéraux et des démocrates pour l’Europe (ALDE), Astrid Panosyan, déléguée à l’action internationale de la formation macroniste, a fixé la ligne : une coalition avec l’Alliance avant le scrutin de mai 2019 et « au-delà » la constitution d’un nouveau groupe, plus large, au sein du Parlement européen. Avec, peut-être, d’autres formations qui n’étaient pas présentes à cette réunion, ou des personnalités qui se rallieraient après l’élection.
L’intervention était très attendue. Elle a déclenché un tonnerre d’applaudissements dans la salle, tandis que le président de l’ALDE, l’eurodéputé néerlandais Hans van Baalen, se précipitait sur l’oratrice pour lui manifester sa joie. Comme d’autres, il attendait avec impatience une prise de parole qui ne figurait pas dans le programme remis aux participants à la veille de ce congrès. Y était simplement évoquée la venue de LRM pour « poursuivre l’exploration des voies en vue d’un travail en commun ».
Etre davantage que le quatrième groupe à Strasbourg
Avec ce rapprochement, le groupe libéral affirme son objectif : être davantage que le quatrième groupe à Strasbourg – dont sont déjà membres les élus du MoDem de François Bayrou – et rassembler d’autres proeuropéens « progressistes ». Peut-être des écologistes, des centristes, des sociaux-démocrates, dont certains élus du Parti démocrate italien, acquis à l’idée du président Macron d’une nécessaire mobilisation contre le front des nationalistes et populistes. « Des membres de la société civile, des ONG, des intellectuels pour gagner aussi la bataille des idées », ajoute Mme Panosyan.

Lors de son discours, elle a indiqué, histoire de rassurer, qu’il n’était pas question, pour LRM, de vouloir « dupliquer en Europe ce qui s’était passé en France...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Notre journaliste Cédric Pietralunga, qui a suivi le chef de l’Etat depuis dimanche, a répondu à vos questions.
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« L’itinérance mémorielle de Macron a un double objectif : commémorer et expliquer sa politique »

Notre journaliste Cédric Pietralunga, qui a suivi le chef de l’Etat depuis dimanche, a répondu à vos questions.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 15h59
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 20h05
    |

            Cédric Pietralunga








                        



Mélange de séquences mémorielles et de moments très politiques, polémique concernant le maréchal Pétain, coût du déplacement… Cédric Pietralunga, journaliste au service Politique du Monde, a suivi Emmanuel Macron lors de son « itinérance mémorielle ». Il a répondu à vos questions lors d’un tchat.

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Dedrak : pouvez-vous expliquer le souhait de l’Elysée de mélanger dans ce déplacement les visites sur les sites de bataille et sur le terrain économique ?
Cédric Pietralunga : L’Elysée a effectivement conçu cette « itinérance mémorielle » dans un double objectif : commémorer le centenaire de la guerre 14-18 mais aussi expliquer la politique et les réformes du gouvernement. Pour cela, le chef de l’Etat a entrecoupé les séquences « mémorielles » de son programme (arrêts à Morhange, aux Eparges, à Verdun, à Notre-Dame-de-Lorette) par des visites d’un Ehpad, d’un centre social, d’entreprises (Novasep, PSA, Renault). Selon l’Elysée, il fallait « lier les douleurs d’hier à celles d’aujourd’hui ».
Copyright : En voulant célébrer un hommage à Pétain, le président devait se douter qu’il allait déclencher un tollé. Est-ce une erreur de communication d’après vous ?
Emmanuel Macron n’avait pas l’intention de parler du maréchal Pétain lors de son itinérance. Il y a été contraint par une question posée par un journaliste. Mais la façon dont il y a répondu, en quelques minutes sur un trottoir et avec des termes pas nécessairement pesés (il a parlé de Philippe Pétain comme d’un « très grand soldat » à qui il était « légitime » de rendre hommage) a certainement pesé dans la polémique, qui a été immédiatement lancée. A l’Elysée, certains conseillers reconnaissent que ce n’était pas les meilleures conditions pour expliquer la « pensée complexe » du président à propos de l’homme de Verdun et de Vichy.
Maxah : Comme beaucoup de gens je trouve insupportable la capacité des journalistes à monter de fausses histoires ou polémiques pour vendre du papier au lieu d’être constructifs sur des sujets de fond. Dans ce cadre, pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous écrivez, dans un article : « La faute à Emmanuel Macron, qui a alimenté, tout seul, une polémique sur Philippe Pétain, général pendant la première guerre mondiale, devenu maréchal le 21 novembre 1918. » En quoi a-t-il alimenté la polémique  ?
Au-delà du compte rendu factuel de ses déplacements, les journalistes essaient de contextualiser les gestes et déclarations du chef de l’Etat. Poser une question sur le maréchal Pétain, au cours d’une itinérance consacrée à la guerre 14-18 et alors qu’un hommage aux maréchaux français, dont Pétain, devait être organisé samedi aux Invalides (il concernait initialement les huit maréchaux de 14-18, avant que l’Elysée le réduise aux seuls cinq enterrés aux Invalides), est légitime. Ce sont les termes choisis par Emmanuel Macron pour justifier cette cérémonie qui ont déclenché la polémique, pas la question.

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Rodan : Vous ne répondez pas à la question de Maxah. Macron a tenu les mêmes propos sur Pétain que tous les présidents de la Ve République. Pourquoi alors une telle polémique ?
Plusieurs présidents ont effectivement tenu les mêmes propos sur Pétain, en distinguant le héros de Verdun du traître de Montoire. Mais ce n’est plus le cas depuis Jacques Chirac. Selon certains historiens, la perception de Pétain par les Français a en effet évolué et ce qui était accepté hier ne l’est peut-être plus aujourd’hui. Je vous invite à lire cet entretien avec l’historien Laurent Jolly, qui explique cela très bien.
Thierry : Entre les péripéties de cette « itinérance mémorielle » et son traitement par la presse, on a l’impression que, finalement, l’hommage aux poilus et aux peuples éprouvés pendant cette époque importe peu…
Les séquences « mémorielles » du périple du chef de l’Etat, pour importantes qu’elles ont été – je pense notamment à la panthéonisation de Maurice Genevoix et de « ceux de 14 » annoncée mardi aux Eparges – ont été effectivement percutées par plusieurs polémiques. En répondant mercredi à une question sur l’hommage que l’armée doit rendre le 10 novembre aux maréchaux de la Grande Guerre, dont Philippe Pétain, Emmanuel Macron a fait passer au second plan l’hommage aux poilus. De la même façon, la mise en scène de ses rencontres avec les Français, souvent tendues, perturbe la perception d’ensemble. La presse dans son ensemble et Le Monde en particulier ont tenté de rendre compte des deux aspects de ce périple.

   


Frédéric : Cette « itinérance mémorielle » n’a-t-elle pas atteint un objectif contraire en montrant un président en décalage avec le peuple (polémiques sur le carburant, sur Pétain, sur l’économie de manière générale…) et qui est quelque peu détaché de la réalité ?
Seuls les prochains sondages pourront nous dire si les Français ont ou non apprécié cette séquence. Les contempteurs d’Emmanuel Macron disent voir dans ses bains de foule tendus la preuve que le chef de l’Etat est détaché de la réalité. Ses partisans, au contraire, défendent un président qui n’a pas peur d’aller au contact des Français et d’être « à portée de baffes ». Ce vendredi matin, Emmanuel Macron a en tout cas déclaré être « très heureux » de cette itinérance. « Je capte plein de choses, plein de messages, plein d’enseignements dont je ferai mon miel », a-t-il déclaré aux journalistes.

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Shadok : J’ai bien compris que, pour ces élus, l’argent public ne compte pas. Mais quand même, ça va nous coûter combien ce périple mémoriel de Macron ?
L’Elysée n’a pas souhaité communiquer sur le coût de cette « itinérance mémorielle ». Mais la logistique a été impressionnante. Le convoi du chef de l’Etat comptait une vingtaine de véhicules. Plusieurs villes ont été bouclées lors de son passage, comme à Strasbourg et Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle). Le déploiement de forces de l’ordre, notamment de gendarmes mobiles, était important. Concernant son hébergement, Emmanuel Macron s’est néanmoins efforcé de dormir dans les préfectures. Seule exception : lundi soir, il a logé au château des Monthairons, un quatre étoiles meusien qui avait servi d’hôpital militaire lors de la Grande Guerre et où le compositeur Maurice Ravel fut un temps affecté comme ambulancier.



                            


                        

                        

