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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Verbatim du discours tenu par le président français dimanche pour le centenaire de l’Armistice de 1918 devant plus de 70 chefs d’Etat et de gouvernement.
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Document : le discours d’Emmanuel Macron à l’Arc de Triomphe

Verbatim du discours tenu par le président français dimanche pour le centenaire de l’Armistice de 1918 devant plus de 70 chefs d’Etat et de gouvernement.



LE MONDE
 |    11.11.2018 à 17h02
 • Mis à jour le
11.11.2018 à 17h08
   





                        


« Le 7 novembre 1918, lorsque le caporal clairon Pierre Sellier sonna le premier cessez-le-feu, vers 10 heures du matin, bien des hommes ne purent y croire, puis sortirent lentement de leurs positions, pendant que, de loin en loin, sur les lignes, les mêmes clairons répétaient le cessez-le-feu puis faisaient entendre les notes de la sonnerie aux morts, avant que les cloches ne répandent la nouvelle, à la volée, dans tout le pays.
Le 11 novembre 1918, à 11 heures du matin, il y a cent ans, jour pour jour, heure pour heure, à Paris comme dans toute la France, les clairons ont retenti et les cloches de toutes les églises ont sonné.
C’était l’armistice.
C’était la fin de quatre longues et terribles années de combats meurtriers. L’armistice pourtant n’était pas la paix. Et à l’Est, pendant plusieurs années, d’effroyables guerres se poursuivirent.
Ici, ce même jour, les Français et leurs Alliés ont célébré leur victoire. Ils s’étaient battus pour leur patrie et pour la liberté. Ils avaient consenti, pour cela, tous les sacrifices et toutes les souffrances. Ils avaient connu un enfer que nul ne peut se représenter.
Nous devrions prendre un instant pour faire revenir à nous cet immense cortège des combattants où défilent des soldats de la métropole et de l’empire, des légionnaires et des garibaldiens avec des étrangers venus du monde entier, parce que la France représentait, pour eux, tout ce qu’il y avait de beau dans le monde.
Avec les ombres de Peugeot, premier tombé, et de Trébuchon, dernier mort pour la France dix minutes avant l’armistice, voici l’instituteur Kléber Dupuy, défenseur de Douaumont, Apollinaire, Blaise Cendrars au régiment de marche de la légion étrangère, les soldats des régiments basques, bretons ou marseillais, le capitaine de Gaulle que personne alors ne connaissait, Julien Green, l’Américain, à la porte de son ambulance, Montherlant et Giono, Charles Péguy et Alain Fournier tombés dans les premières semaines, Joseph Kessel venu d’Orenbourg en Russie.
Et tous les autres, tous les autres qui sont les nôtres, auxquels plutôt nous appartenons, et dont on peut lire les noms sur chaque monument, des hauteurs solaires de la Corse aux vallées des Alpes, de la Sologne aux Vosges, de la pointe du Raz à la frontière espagnole. Oui, une seule France, rurale et urbaine, bourgeoise, aristocratique et populaire, de toutes les couleurs où le curé et l’anticlérical ont souffert côte à côte et dont l’héroïsme et la douleur nous ont faits.
Durant ces quatre années, l’Europe manqua de se suicider. L’humanité s’était enfoncée dans le labyrinthe hideux d’affrontements sans merci, dans un enfer qui engloutit tous les combattants, de quelque côté qu’ils soient, de quelque nationalité qu’ils soient.
Dès le lendemain, dès le lendemain de l’armistice, commença le funèbre décompte des morts, des blessés, des mutilés, des disparus. Ici en France, mais aussi dans chaque pays, les familles pendant des mois attendirent en vain le retour d’un père, d’un frère, d’un mari, d’un fiancé, et parmi ces absents, il y eut aussi ces femmes admirables engagées auprès des combattants.
10 millions de morts.
6 millions de blessés et mutilés.
3 millions de veuves.
6 millions d’orphelins.
Des millions de victimes civiles.
1 milliard d’obus tirés sur le seul sol de France.
Le monde découvrit l’ampleur de blessures que l’ardeur combattante avait occultée. Aux larmes des mourants, succédèrent celles des survivants. Car sur ce sol de France, le monde entier était venu combattre. Des jeunes hommes de toutes les provinces et de l’Outre-mer, des jeunes hommes venus d’Afrique, du Pacifique, des Amériques et d’Asie sont venus mourir loin de leur famille dans des villages dont ils ne connaissaient pas même le nom.
Les millions de témoins de toutes les nations racontèrent l’horreur des combats, la puanteur des tranchées, la désolation des champs de bataille, les cris des blessés dans la nuit, la destruction de campagnes florissantes où ne subsistait plus que la silhouette calcinée des arbres. Beaucoup de ceux qui sont rentrés avaient perdu leur jeunesse, leurs idéaux, le goût de vivre. Beaucoup étaient défigurés, aveugles, amputés. Vainqueurs et vaincus furent alors plongés pour longtemps dans le même deuil.
1918, c’était il y cent ans. Cela semble loin. Et pourtant, c’était hier !
J’ai arpenté les terres de France où se sont déroulés les combats les plus rudes. J’ai vu dans ces campagnes de mon pays la terre encore grise et toujours stérile des champs de bataille ! J’ai vu les villages détruits qui n’avaient plus d’habitants pour les reconstruire et qui ne sont aujourd’hui encore que le témoignage, pierre sur pierre, de la folie des hommes !
J’ai vu sur nos monuments la litanie des noms de Français côtoyant les noms des étrangers morts sous le soleil de France ; j’ai vu les corps de nos soldats ensevelis sous une nature redevenue innocente, comme j’avais vu, dans les fosses communes, se mêler les ossements des soldats allemands et des soldats français côte à côte qui, par un hiver glacial, s’étaient entre-tués pour quelques mètres de terrain…
Les traces de cette guerre ne se sont jamais effacées ni sur les terres de France, ni sur celles de l’Europe et du Moyen-Orient, ni dans la mémoire des hommes partout dans le monde.
Souvenons-nous ! N’oublions pas ! Car le souvenir de ces sacrifices nous exhorte à être dignes de ceux qui sont morts pour nous, pour que nous puissions vivre libres !
Souvenons-nous : ne retranchons rien de ce qu’il y avait de pureté, d’idéal, de principes supérieurs dans le patriotisme de nos aînés. Cette vision de la France comme Nation généreuse, de la France comme projet, de la France porteuse de valeurs universelles, a été dans ces heures sombres exactement le contraire de l’égoïsme d’un peuple qui ne regarde que ses intérêts. Car le patriotisme est l’exact contraire du nationalisme : le nationalisme en est la trahison. En disant « nos intérêts d’abord et qu’importent les autres ! », on gomme ce qu’une Nation a de plus précieux, ce qui la fait vivre, ce qui la porte à être grande, ce qui est le plus important : ses valeurs morales.
Souvenons-nous, nous autres Français, de ce que Clemenceau a proclamé le jour de la victoire, il y a cent ans jour pour jour, du haut de la tribune de l’Assemblée nationale, avant qu’en un chœur sans pareil n’éclate la Marseillaise : combattante du droit, combattante de la Liberté, la France serait toujours et à jamais le soldat de l’idéal.
Ce sont ces valeurs et ces vertus qui ont soutenu ceux que nous honorons aujourd’hui, ceux qui se sont sacrifiés dans les combats où la Nation et la démocratie les avaient engagés. Ce sont ces valeurs, ce sont ces vertus qui firent leur force parce qu’elles guidaient leur cœur.
La leçon de la Grande Guerre ne peut être celle de la rancœur d’un peuple contre d’autres, pas plus que celle de l’oubli du passé. Elle est un enracinement qui oblige à penser à l’avenir et à penser à l’essentiel.
Dès 1918, nos prédécesseurs ont tenté de bâtir la paix, ils ont imaginé les premières coopérations internationales, ils ont démantelé les empires, reconnu nombre de Nations et redessiné les frontières ; ils ont même rêvé alors d’une Europe politique.
Mais l’humiliation, l’esprit de revanche, la crise économique et morale ont nourri la montée des nationalismes et des totalitarismes. La guerre de nouveau, vingt ans plus tard, est venue ravager les chemins de la paix.
Ici, aujourd’hui, peuples du monde entier, sur cette dalle sacrée, sépulture de notre Soldat Inconnu, ce « Poilu » anonyme symbole de tous ceux qui meurent pour la patrie, voyez tant de vos dirigeants rassemblés !
Chacun d’eux mène à sa suite sa longue cohorte des combattants et des martyrs issus de son peuple. Chacun d’eux est le visage de cette espérance pour laquelle toute une jeunesse accepta de mourir, celle d’un monde enfin rendu à la paix, d’un monde où l’amitié entre les peuples l’emporte sur les passions guerrières, d’un monde où la parole des hommes doit parler plus fort que le fracas des armes, où l’esprit de conciliation l’emporte sur la tentation du cynisme, où des instances et des forums permettent aux ennemis d’hier d’engager le dialogue et d’en faire le ciment de l’entente, le gage d’une harmonie enfin possible.
Cela s’appelle, sur notre continent, l’amitié forgée entre l’Allemagne et la France et cette volonté de bâtir un socle d’ambitions communes. Cela s’appelle l’Union européenne, une union librement consentie, jamais vue dans l’Histoire, et nous délivrant de nos guerres civiles. Cela s’appelle l’Organisation des Nations unies, garante d’un esprit de coopération pour défendre les biens communs d’un monde dont le destin est indissolublement lié et qui a tiré les leçons des échecs douloureux de la Société des Nations comme du Traité de Versailles.
C’est cette certitude que le pire n’est jamais sûr tant qu’existent des hommes et de femmes de bonne volonté. Soyons sans relâche, sans honte, sans crainte ces femmes et ces hommes de bonne volonté !
Je le sais, les démons anciens resurgissent, prêts à accomplir leur œuvre de chaos et de mort. Des idéologies nouvelles manipulent des religions, prônent un obscurantisme contagieux. L’Histoire menace parfois de reprendre son cours tragique et de compromettre notre héritage de paix, que nous croyions avoir définitivement scellé du sang de nos ancêtres.
Que ce jour anniversaire soit donc celui où se renouvelle l’éternelle fidélité à nos morts ! Faisons, une fois de plus, ce serment des Nations de placer la paix plus haut que tout, car nous en connaissons le prix, nous en savons le poids, nous en savons les exigences !
Nous tous ici, dirigeants politiques, nous devons, en ce 11 novembre 2018, réaffirmer devant nos peuples notre véritable, notre immense responsabilité, celle de transmettre à nos enfants le monde dont les générations d’avant ont rêvé.
Additionnons nos espoirs au lieu d’opposer nos peurs ! Ensemble, nous pouvons conjurer ces menaces que sont le spectre du réchauffement climatique, la pauvreté, la faim, la maladie, les inégalités, l’ignorance. Nous avons engagé ce combat et nous pouvons le gagner : poursuivons-le, car la victoire est possible !
Ensemble, nous pouvons rompre avec la nouvelle « trahison des clercs » qui est à l’œuvre, celle qui alimente les contre-vérités, accepte les injustices qui minent nos peuples, nourrit les extrêmes et l’obscurantisme contemporain.
Ensemble, nous pouvons faire surgir l’extraordinaire floraison des sciences, des arts, des échanges, de l’éducation, de la médecine que, partout dans le monde, je vois poindre car notre monde est, si nous le voulons, à l’aube d’une époque nouvelle, d’une civilisation portant au plus haut les ambitions et les facultés de l’homme.
Ruiner cet espoir par fascination pour le repli, la violence et la domination serait une erreur dont les générations futures nous feraient, à juste titre, porter la responsabilité historique. Ici, aujourd’hui, affrontons dignement le jugement de l’avenir !
La France sait ce qu’elle doit à ses combattants et à tous les combattants venus du monde entier. Elle s’incline devant leur grandeur.
La France salue avec respect et gravité les morts des autres nations que, jadis, elle a combattues. Elle se tient à côté d’elles.
« Nos pieds ne se détachent qu’en vain du sol qui contient les morts » écrivait Guillaume Apollinaire.
Que sur les tombes où ils reposent, fleurisse la certitude qu’un monde meilleur est possible si nous le voulons, si nous le décidons, si nous le construisons, si nous l’exigeons de toute notre âme.
En ce 11 novembre 2018, cent ans après un massacre dont la cicatrice est encore visible sur la face du monde, je vous remercie pour ce rassemblement de la fraternité retrouvée du 11 novembre 1918.
Puisse ce rassemblement ne pas être seulement celui d’un jour. Cette fraternité, mes amis, nous invite, en effet, à mener ensemble le seul combat qui vaille : le combat de la paix, le combat d’un monde meilleur.
Vive la paix entre les peuples et entre les États !
Vive les nations libres du monde !
Vive l’amitié entre les peuples !
Vive la France ! »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Devant notamment son homologue américain, Donald Trump, le chef de l’Etat a plaidé pour la coopération internationale à l’occasion de son discours du 11-Novembre.
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11-Novembre : Emmanuel Macron en héraut de l’ouverture, de l’Europe et du multilatéralisme

Devant notamment son homologue américain, Donald Trump, le chef de l’Etat a plaidé pour la coopération internationale à l’occasion de son discours du 11-Novembre.



LE MONDE
 |    11.11.2018 à 16h14
 • Mis à jour le
11.11.2018 à 16h31
    |

            Marc Semo








                        



                                


                            

« N’oublions pas ! » Tout au long de son discours prononcé sous l’Arc de triomphe devant la flamme du soldat inconnu, dimanche 11 novembre, point d’orgue des commémorations de l’armistice de 1918, Emmanuel Macron est revenu sur une même idée. Cette guerre « semble si loin et, pourtant, c’était hier » et « cent ans après la cicatrice est encore visible sur la face du monde ».
Plus de 70 chefs d’Etat et de gouvernement, dont Vladimir Poutine, Donald Trump et Angela Merkel, étaient réunis place de l’Etoile. Sous les parapluies, ils avaient marché quelques centaines de mètre en haut des Champs-Elysées. Puis la cérémonie commença à la onzième heure du onzième jour du onzième mois de l’année, exactement comme il y a cent ans, par l’envolée des cloches dans toute la France.
Des lycéens français, anglais, américains et allemands ont lu dans leur langue des lettres de combattants de l’époque. La cérémonie s’est ouverte par une Sarabande de Bach interprétée par le violoncelliste américain Yo-Yo Ma et s’est conclue par le Boléro de Ravel joué par l’orchestre des jeunes de l’Union européenne.
Dans cette atmosphère recueillie, Emmanuel Macron a maintenu un équilibre entre la commémoration de la paix, l’appel à l’union et à la relance du projet communautaire, sans pour autant effacer la victoire et sa mémoire. Celle de « l’immense cortège des combattants » de la Grande Guerre, « venus du monde entier, parce que la France représentait pour eux tout ce qu’il y avait de beau dans le monde ». Et de citer Georges Clemenceau il y a cent ans au jour de la victoire : « Combattante du droit et de la liberté, la France reste toujours et à jamais le soldat de l’idéal. »
Un discours politique
Le discours du chef de l’Etat s’est ensuite mué en plaidoyer pour le multilatéralisme. « Additionnons nos espoirs au lieu d’opposer nos peurs », a-t-il lancé aux dirigeants mondiaux, les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ « Le Monde » consacre une série d’articles à la crise des relations transatlantiques. Aujourd’hui, la valse-hésitation des pays de l’Union sur la conduite à tenir face à son allié américain.
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Aujourd’hui, la valse-hésitation des pays de l’Union sur la conduite à tenir face à son allié américain.     Partager sur Facebook Partager sur Facebook   Partager sur Twitter Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail Envoyer par e-mail                        Donald Trump à Varsovie, le 6 juillet 2017. LASZLO BALOGH / REUTERS             Il est incorrigible, Emmanuel Macron. Est-ce le 11-Novembre qui approche ? Son « itinérance » sur les champs de bataille meurtriers, en hommage aux poilus de 1914-1918 ? Son exaspération de voir l’Europe du XXIe siècle piétiner alors qu’elle doit « se protéger » de la Russie, de la Chine, « et même, précise-t-il, des Etats-Unis d’Amérique » ? Sabre au clair, il repart à l’assaut, mardi 6 novembre, au micro d’Europe 1. Il défend l’idée d’une « Europe souveraine », d’une « Europe-puissance », à laquelle il faut « une vraie armée », pour qu’elle puisse « se défendre seule, pas seulement avec les Etats-Unis ». Et pour couronner le tout, il prône aussi « un vrai dialogue de sécurité avec la Russie ». En quelques phrases, le chef de l’Etat a accompli l’exploit de rassembler tous les concepts qui font trembler la plupart de ses partenaires européens, dans un contexte de nouvelle donne transatlantique.          Curieusement, il n’a pas mentionné l’autre idée qui lui est chère mais qui fait bondir les Américains, celle d’une indispensable « autonomie stratégique » de l’Europe. « C’est un concept qui nous inquiète beaucoup, parce que ce qu’il signifie, c’est l’Europe toute seule, disait au Monde, deux semaines plus tôt l’ambassadrice des Etats-Unis à l’OTAN, Kay Bailey Hutchison. Nous avons été très francs là-dessus, avec le général Mattis [le secrétaire à la défense] et Mike Pompeo [le secrétaire d’Etat]. Et les Français ont compris nos préoccupations. » Moins diplomate, Donald Trump, lui, est carrément furieux de la phrase du président français sur la nécessité d’une armée européenne pour se protéger des Etats-Unis. « Très insultant, tweetera-t-il en atterrissant à Paris, le soir du 9 novembre. Commencez par payer vos contributions à l’OTAN ! ».          M. Macron a beau avoir compris les « préoccupations » américaines, il veut avancer. Pour lui, l’un n’exclut pas l’autre. La France peut coopérer étroitement avec les Etats-Unis dans la lutte antiterroriste, faire intervenir ses avions en Syrie aux côtés des chasseurs américains et britanniques, se déployer au Sahel avec l’appui militaire américain, comme elle le fait sous la présidence de Donald Trump, et « en même temps » construire une défense européenne.                         La suite est réservée aux abonnés.  Déjà abonné ? Se connecter  S’abonner c'est...   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Article sélectionné dans La Matinale du 10/11/2018
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La Pologne fête les cent ans de son indépendance dans la discorde

En 1918, le pays partagé entre les empires russe, allemand et austro-hongrois recouvrait son indépendance. Une grande marche nationaliste est prévue à Varsovie.



LE MONDE
 |    11.11.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
11.11.2018 à 11h33
    |

                            Jakub Iwaniuk (Varsovie, correspondance)








                        



   


Le 11 novembre 1918, la Pologne retrouvait son indépendance après cent vingt-trois ans de partages entre les empires russe, allemand et austro-hongrois. Les Polonais devaient fêter ce centenaire, dimanche 11 novembre, dans une ambiance qui reflète à bien des égards celle qui règne à travers le pays depuis trois ans : dans le chaos et une complète division.
La « révolution conservatrice » lancée par le parti ultraconservateur Droit et justice (PiS) depuis son arrivée au pouvoir, ses atteintes aux principes de l’Etat de droit ont considérablement polarisé et radicalisé la société polonaise. Ce sont donc deux Polognes, l’une représentant un large spectre modéré et démocrate, l’autre, la droite ultraconservatrice et nationaliste, qui s’apprêtent à célébrer séparément cet anniversaire.
L’organisation des festivités a pris dès le début des formes ubuesques : depuis plusieurs mois, tout laissait à penser que la principale manifestation dans les rues de Varsovie serait la grande Marche de l’indépendance, organisée chaque année le 11 novembre par les milieux nationalistes. Le président Andrzej Duda (PiS) a d’ailleurs invité les leaders de l’opposition, ainsi que les anciens présidents Lech Walesa, Aleksander Kwasniewski et Bronislaw Komorowski, à y participer. Ces derniers ont fermement décliné et le président Duda a fini lui-même par se rétracter.
Le prix de la complaisance
Une série de rebondissements a par la suite ajouté incertitudes et tensions autour de l’organisation de cette journée. Mercredi 7 novembre, la maire centriste sortante de Varsovie, Hanna Gronkiewicz-Waltz, a décidé d’interdire la manifestation nationaliste pour des raisons de sécurité. Trois heures à peine après cette annonce, le président Duda a indiqué vouloir organiser sa propre marche aux « couleurs nationales », « ouverte à tous », sur le même tracé que la marche des nationalistes.
Vingt-quatre heures plus tard, le tribunal régional de Varsovie a annulé la décision de la maire, expliquant que le droit de manifester ne pouvait être restreint par des « présomptions ». Les représentants de la majorité ont alors entamé d’intenses négociations avec les organisateurs de la Marche de l’indépendance, afin de les convaincre de défiler ensemble uniquement sous les couleurs nationales, sans bannière ou signe d’organisations extrémistes. Ces propositions se sont heurtées à une série de refus des nationalistes, avant qu’un accord de dernière minute ne soit trouvé : la marche présidentielle et celle des milieux nationalistes seront donc fusionnées.
Mais de nombreuses incertitudes subsistent, car des organisations fascisantes venues de Hongrie, de Slovaquie, d’Italie, de Suède et du Royaume-Uni ont de longue date été invitées par les organisateurs. Ces derniers attendaient jusqu’à 200 000 personnes, ce qui ferait de la marche de Varsovie une des plus grandes manifestations d’extrême droite au monde. Les ambassades américaines et canadiennes avaient auparavant émis des communiqués signalant la dangerosité potentielle de la manifestation, qui avait à de nombreuses reprises dégénéré dans le passé. Comble de l’ineptie : la marche présidentielle devra être encadrée par l’armée, car 40 000 policiers, soit 40 % des effectifs de l’Etat, se sont mis en congé maladie dans le cadre d’une grève à l’issue incertaine.

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                En Pologne, les ultraconservateurs du PiS résistent aux turbulences



Le premier ministre, Mateusz Morawiecki, a assuré qu’« aucun comportement ou signe extrémiste » ne sera toléré par les forces de l’ordre. « Il y a pour nous une ligne rouge très claire entre un comportement patriotique et des attitudes nationalistes ou chauvinistes », a-t-il souligné.
Mais, de l’avis de l’opposition, la majorité paie le prix de sa complaisance avec les milieux nationalistes depuis son arrivée au pouvoir. Les années précédentes, la Marche de l’indépendance avait été qualifiée de « grand rassemblement patriotique » par les médias publics, étroitement contrôlés par le pouvoir. Le parquet, contrôlé par le ministre de la justice, Zbigniew Ziobro, s’est quant à lui montré particulièrement indulgent vis-à-vis de certains excès de groupes d’extrême droite.
« Culte de la personnalité »
Les célébrations sont par ailleurs entachées par un autre événement polémique : samedi 10 novembre devait être inaugurée, à proximité de la tombe du Soldat inconnu, en plein cœur de Varsovie, une statue de l’ancien président et frère jumeau de l’actuel chef de la majorité, Lech Kaczynski, mort en 2010. La statue, située sur la place du général Jozef Pilsudski, le père de l’indépendance polonaise, s’avère plus imposante et plus haute que la statue de ce dernier. L’opposition dénonce un « culte de la personnalité ».
Déplorant cette ambiance délétère, l’ancien président et leader charismatique du syndicat Solidarnosc, Lech Walesa, a signé une tribune dans plusieurs journaux européens, dont Le Monde. Il écrit : « Nous avons saisi la chance historique de faire entrer la Pologne dans l’OTAN et dans l’Union européenne (…), une fois pour toutes ancrer la Pologne dans la civilisation occidentale. Nous n’imaginions pas alors avec quelle force destructrice (…) un pouvoir démocratiquement élu pourrait, au nom de ses objectifs à courte vue, œuvrer à l’isolement, à l’affaiblissement et au désarmement de la Pologne. » Cette sentence amère sonne comme un avertissement.



                            


                        

                        


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Une journée dans la vie d’Alexandre Soljenitsyne

Une exposition s’est ouverte à Moscou sur le grand écrivain dissident de l’époque soviétique, à l’occasion du centième anniversaire de sa naissance.



LE MONDE
 |    10.11.2018 à 22h30
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Ce fut sans doute une journée particulière dans la vie de l’écrivain, lorsque le 18 novembre 1962, la revue Novy Mir (Nouveau Monde) publia en Russie le premier roman d’Alexandre Soljenitsyne (1918-2008), Une journée d’Ivan Denissovitch. « Venez vite à la rédaction, vos dépenses seront remboursées », l’exhortait par télégramme, depuis quelques mois déjà, le rédacteur en chef de ce magazine littéraire soviétique, Alexandr Tvardovski. Ce dernier, saisi d’admiration pour ce court récit de 75 pages sur le quotidien d’un prisonnier au Goulag – témoignage alors inédit en URSS –, mettra onze mois à convaincre les autorités de donner leur feu vert à sa publication.
A peine quelques semaines avant la sortie du roman, Tvardovski s’adressait encore directement à Nikita Khrouchtchev, alors premier secrétaire du Parti communiste d’URSS, dans une lettre datant de septembre 1962. « [Soljenitsyne] est inconnu, mais demain, il peut devenir un nom dans notre littérature », écrivait-il. A l’époque, l’écrivain n’était en effet connu que des services de la police politique. Arrêté en 1945 pour avoir critiqué Staline dans une correspondance privée, condamné à huit ans de camp pour « activité contre-révolutionnaire », il avait été libéré en 1953, quelques jours avant la mort du dirigeant soviétique. Ces années lui inspirèrent son premier roman qui connut, bien avant L’Archipel du Goulag (1973), un énorme retentissement en Russie.

On l’appelait alors « Riazanski » – un sobriquet qu’il ne conservera pas – parce qu’il s’était installé dans la ville de Riazan, à 200 km au sud de Moscou. « Je viens de lire Riazanski, plaidait lui aussi le poète et dramaturge Samouil Marchak, qui traduisit en Russe les œuvres de William Shakespeare, Rudyard Kipling ou Jane Austen. C’est un petit mais très important récit. Aucune phrase ne m’a laissé indifférent et tout ce qui est écrit dedans, on le voit...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Le Sénat italien avait voté mercredi la confiance au gouvernement sur ce décret, qui réorganise le système d’accueil des demandeurs d’asile et la durée des permis de séjour.
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Italie : des milliers de manifestants à Rome contre le décret anti-migrants

Le Sénat italien avait voté mercredi la confiance au gouvernement sur ce décret, qui réorganise le système d’accueil des demandeurs d’asile et la durée des permis de séjour.



Le Monde.fr avec AFP
 |    10.11.2018 à 21h42
   





                        



   


Des milliers de personnes ont manifesté samedi 10 novembre dans le centre de Rome pour protester contre le décret sur la sécurité « anti-migrants », défendu par le ministre de l’Intérieur et chef de file de la Ligue (extrême droite), Matteo Salvini. Venus d’une cinquantaine de villes à travers toute l’Italie, ces manifestants, militants de la gauche radicale ou du milieu associatif ont défilé sous le soleil pour dire « non à Salvini et au racisme », selon l’un de ses manifestants, Sergio Serraino, membre de l’association Emergency, qui vient en aide aux migrants.
« Combattons le fascisme », « Black lives matter », « Accueil pour tous, ouvrez les frontières »... beaucoup de banderoles défendaient les droits des migrants, venus en masse à ce grand rassemblement. Selon M. Serraino, ils auraient pu être plus nombreux mais au moins cinq bus ont été empêchés par la police de poursuivre leur chemin.

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          « Black lives matter », cri de ralliement de la jeunesse antiraciste



Réduction des durées des permis de séjour
Le Sénat italien a voté mercredi la confiance au gouvernement sur ce décret-loi très controversé, première étape avant un vote définitif à la Chambre des députés, attendu fin novembre. Le texte remplace en particulier les permis de séjour humanitaires, actuellement octroyés à 25 % des demandeurs d’asile et d’une durée de deux ans, par divers autres permis, comme  « protection spéciale », d’une durée d’un an, ou  « catastrophe naturelle dans le pays d’origine », d’une durée de six mois, entre autres.
Il prévoit une procédure d’urgence afin de pouvoir expulser tout demandeur se montrant  « dangereux ». Il réorganise aussi le système d’accueil des demandeurs d’asile, qui étaient encore 146 000 fin octobre et seront regroupés dans de grands centres par mesures d’économies. Dans le volet sécurité, le texte généralise l’utilisation des pistolets à impulsion électrique et facilite l’évacuation des bâtiments occupés.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          « Matteo Salvini pense pouvoir faire tout et n’importe quoi au nom du peuple »







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Editorial. L’Allemagne est tétanisée par la réaction qu’une taxe européenne des géants du Web provoquerait aux Etats-Unis. Elle prive ainsi l’UE d’une réforme populaire.
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Taxe sur les GAFA : le blocage allemand

Editorial. L’Allemagne est tétanisée par la réaction qu’une taxe européenne des géants du Web provoquerait aux Etats-Unis. Elle prive ainsi l’UE d’une réforme populaire.



LE MONDE
 |    10.11.2018 à 10h26
 • Mis à jour le
10.11.2018 à 11h04
   





                        


Editorial du « Monde ». La croisade de Bruno Le Maire pour décrocher un accord sur une taxe GAFA européenne prend des accents désespérés. L’absence de soutien de l’Allemagne au projet de taxation des géants du numérique lors de la prochaine réunion des ministres européens des finances, le 4 décembre, constituerait « une rupture de confiance entre la France et l’Allemagne », a averti le ministre français des finances, le 9 novembre, sur le site des Echos.
Une quasi-menace, qui ne risque pas d’aider au redémarrage du moteur franco-allemand. M. Le Maire voit s’évanouir peu à peu son espoir d’un accord avant la fin de l’année pour ce projet phare de l’Elysée : il ne reste plus que trois semaines pour décrocher l’accord, indispensable, de son homologue allemand, Olaf Scholz.

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                Taxe GAFA : la France tente à nouveau de convaincre les Européens



Or ce dernier persiste dans son ambiguïté : en public, il répète qu’une taxe GAFA est une priorité, qu’il y a urgence, mais qu’un accord international est indispensable. Une manière polie mais un peu hypocrite, en convoquant les Etats-Unis à la table des négociations, de renvoyer la taxe à plus tard.
Son collègue français a pourtant multiplié les concessions : le nouvel impôt, censé porter sur 3 % du chiffre d’affaires des entreprises du numérique, serait transitoire, le temps de trouver un accord international sur la taxation de leurs profits. Il pourrait même n’être appliqué qu’à la fin 2020, pas avant deux ans.
Mais la réalité est têtue. Olaf Scholz, le social-démocrate, n’arrive pas à imposer l’idée dans sa coalition. Les dirigeants allemands sont tétanisés par l’hypothétique réaction qu’une telle taxe provoquerait à Washington. Car non seulement l’administration Trump se livre à un lobbying actif, individuel et direct, auprès des ministres des finances des Vingt-Huit pour les dissuader d’approuver la taxe sur les GAFA, mais elle exerce une pression particulière sur Berlin en agitant la menace de tarifs douaniers sur les importations de voitures allemandes aux Etats-Unis.
Mettre fin à près de quinze ans d’impuissance
Certes, le gouvernement français aurait pu s’y prendre avec davantage de finesse pour « vendre » ce nouvel impôt à Bruxelles. Avancer par petites touches, avec un discours moins donneur de leçons, et tenter de bâtir une coalition afin de ne pas laisser s’installer l’idée que le projet vise surtout à offrir à Emmanuel Macron un trophée à brandir avant les élections européennes aurait sans doute été plus efficace.

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                La tech européenne proteste contre le projet de taxe numérique visant les GAFA



Il est vrai aussi que, en l’état, la taxe GAFA européenne relèverait surtout du symbole : elle ne rapporterait qu’environ 5 milliards d’euros au niveau européen. Et, d’un strict point de vue fiscal, elle est un peu bancale : cela fait plus d’un siècle que l’impôt sur les sociétés porte sur le profit, pas sur les revenus, pour ne pas pénaliser les entreprises non profitables.
En attendant, le blocage allemand prive l’Europe d’une réforme populaire, allant dans le sens d’une plus grande justice fiscale, qui mettrait fin à près de quinze ans d’impuissance face à des GAFA passés maîtres dans l’art de contourner l’impôt. Symbolique, certes, mais envoyant un signal volontaire, qui contredirait l’image d’une Europe « impuissante » et « passive ».
Preuve que cette taxe GAFA n’est pas une idée complètement stupide : la France est loin d’être la seule à la défendre. La Commission européenne de Jean-Claude Juncker s’y est ralliée, de même qu’une vingtaine de pays de l’Union. Même le gouvernement britannique conservateur libéral est en passe d’imposer la sienne au niveau national. C’est dire !



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Après le retrait d’Engie en 2017, Toshiba a abandonné son projet d’une centrale en Angleterre, sans trouver de repreneur. L’Etat envisage très sérieusement d’intervenir dans un secteur au financement très coûteux.
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Au Royaume-Uni, vers la fin du financement privé du nucléaire

Après le retrait d’Engie en 2017, Toshiba a abandonné son projet d’une centrale en Angleterre, sans trouver de repreneur. L’Etat envisage très sérieusement d’intervenir dans un secteur au financement très coûteux.



LE MONDE ECONOMIE
 |    10.11.2018 à 10h00
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

L’espoir du Royaume-Uni de construire une série de nouvelles centrales nucléaires entièrement financées par le secteur privé est en train de s’évanouir. Jeudi 8 novembre, Toshiba a annoncé qu’il mettait fin à NuGen, le projet du japonais au nord-ouest de l’Angleterre, où il étudiait depuis quatre ans la construction d’une centrale.
Le retrait était attendu. Westinghouse, la filiale nucléaire de Toshiba – qu’il a cédé en août – est en graves difficultés financières. Mais Toshiba n’a pas trouvé de repreneur à NuGen, malgré des discussions poussées avec le sud-coréen Kepco. En 2017, le Français Engie, qui était co-investisseur depuis 2009, s’était aussi retiré. Désormais, le projet semble complètement enterré. Preuve, s’il en fallait, que le renouveau du nucléaire britannique a du mal à attirer investisseurs et entreprises.
« Le gouvernement a du sang sur les mains dans l’affaire NuGen, accuse Justin Bowden, secrétaire général chargé de l’énergie au syndicat GMB. Il n’est pas possible de dépendre entièrement d’entreprises étrangères pour sa politique énergétique. La centrale que Toshiba voulait construire aurait produit 6 % de l’électricité du Royaume-Uni. Il y a désormais un trou à combler. »
Cinq projets de nouvelles centrales
Dans les pays occidentaux, le Royaume-Uni fait figure d’exception avec sa volonté affichée de construire de nouvelles centrales nucléaires. La majorité de celles qui sont actuellement opérationnelles – détenues par EDF – sont en fin de vie. Le gouvernement britannique veut les remplacer, pour conserver la part d’électricité nucléaire à environ 20 % du total. Mais cet objectif a longtemps été accompagné d’une condition : l’Etat ne doit pas intervenir, et le secteur privé doit financer lui-même les infrastructures.

Cette ambition, fièrement mise en avant en 2008 quand le gouvernement a présenté son projet, est progressivement enterrée. Le nucléaire se révèle tout simplement beaucoup...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Depuis l’armistice commercial surprise signé cet été par le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, à Washington, les contours d’une éventuelle négociation restent flous.
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Commerce : l’Union européenne redoute toujours les taxes américaines sur les importations d’automobiles

Depuis l’armistice commercial surprise signé cet été par le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, à Washington, les contours d’une éventuelle négociation restent flous.



LE MONDE ECONOMIE
 |    10.11.2018 à 08h34
 • Mis à jour le
10.11.2018 à 08h35
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

L’entente commerciale annoncée en fanfare le 25 juillet entre le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, et Donald Trump peine à se concrétiser. Et c’est bien ce qui inquiète les Européens : ils craignent, spécialement les Allemands, qu’en l’absence d’avancées le président des Etats-Unis brandisse de nouveau la menace d’une taxe sur les importations américaines de voitures européennes.
Réunis à Bruxelles, vendredi 9 novembre, les ministres du commerce des Vingt-Huit ont fait le point sur les discussions en cours avec Washington, et n’ont pu que constater à quel point elles font du surplace. Depuis l’armistice commercial surprise signé par le président de la Commission à Washington, les contours d’une éventuelle négociation restent flous.
Pour l’instant, Cecilia Malmström, la commissaire européenne au commerce, discute essentiellement d’éventuelles coopérations réglementaires avec Washington. Les Américains « nous ont demandé de nous pencher sur la question de la réglementation. Et nous y avons travaillé », a précisé la Suédoise, qui doit rencontrer le représentant américain au commerce, Robert Lighthizer, le 14 novembre, à Washington.

Exclusion des discussions sur l’agriculture
Cette coopération réglementaire pourrait concerner « le secteur pharmaceutique, les matériels médicaux ou la cybersécurité ». Plutôt qu’un alignement à terme de certaines réglementations, Bruxelles travaille à des reconnaissances mutuelles de certificats de conformité. Les véhicules automatiques et les imprimantes 3D pourraient être aussi concernés. Mme Malmström a dit chercher des domaines de coopération « où il est possible d’envisager des succès à court terme ». 
Mais pas question de toucher au champ – très sensible – de la santé ou de l’alimentation. Il n’y aura en aucun cas, du côté européen, de discussions « risquant d’abaisser [les] standards dans la protection alimentaire »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Le divorce Europe-Etats-Unis (2/3). A l’occasion de la venue de Donald Trump en France, dimanche, « Le Monde » consacre une série d’articles à la crise des relations transatlantiques.
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A l’occasion de la venue de Donald Trump en France, dimanche, « Le Monde » consacre une série d’articles à la crise des relations transatlantiques.     Partager sur Facebook Partager sur Facebook   Partager sur Twitter Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail Envoyer par e-mail          Selon à qui l’on s’adresse, c’est La Cène de Léonard de Vinci, ou le film Douze hommes en colère. Ce n’est jamais qu’une photo, mais le cliché est saisissant par la tension qu’il reflète : on y voit Donald Trump, assis les bras croisés dans une attitude de défiance, face à un groupe de dirigeants européens, debout de l’autre côté de la table. Au premier rang d’entre eux, penchée vers le président américain qu’elle domine du regard, sous l’œil approbateur du premier ministre japonais, Shinzo Abe, la chancelière allemande, Angela Merkel, semble user de toute son autorité pour amener M. Trump à la raison.          La scène se passe au G7 de La Malbaie, au Québec, le 9 juin. La photo fait aussitôt le tour du monde, et l’utilisation que vont en faire les différents dirigeants en dit long sur l’acrimonie qui se dégage de ce sommet, que M. Trump quittera avant la fin et, surtout, dynamitera d’un tweet envoyé de l’avion présidentiel Air Force One pour annoncer qu’il retire sa signature du communiqué final.          La photo est prise par Jesco Denzel, le photographe de la chancellerie fédérale allemande, et diffusée sur les réseaux sociaux par le porte-parole de Mme Merkel, qui y voit l’occasion de montrer la chancelière sous un jour favorable, résistant à M. Trump. D’autres clichés pris par d’autres photographes, représentant le groupe plus détendu, vont être publiés, mais c’est celui-ci que l’on retiendra.                 Article réservé à nos abonnés  Lire aussi  Au sommet du G7, Trump seul contre tous              Piqué au vif par l’avantage psychologique pris par les Allemands, Donald Trump va revenir longuement sur cette scène, dans un entretien accordé à la télévision ABC à Singapour, où il a atterri le lendemain pour un sommet avec son nouvel « ami » nord-coréen Kim Jong-un. Le président s’inscrit en faux contre l’interprétation faite de cette « photo tellement innocente » : tout se passait très bien, dit-il, « on discutait en attendant le document final. C’était juste une photo de moi, assis les bras croisés, j’attends le document pour pouvoir le lire. C’était juste une photo amicale ».          M. Trump affirme qu’il s’est très bien entendu « avec pratiquement tout le monde », avec une mention spéciale pour « le nouveau, celui d’Italie, que j’aime beaucoup, il vient juste de gagner [Giuseppe Conte, le chef du gouvernement italien formé à la suite de la victoire des populistes aux élections] », et répète à plusieurs reprises : « Vous savez, c’est nous qui avons diffusé cette photo, ce sont mes gens qui l’ont diffusée ! »                          La suite est réservée aux abonnés.  Déjà abonné ? Se connecter  S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     Soutenir le journalisme d’investigation et une rédaction indépendante de plus de 400 journalistes.    Participer à des événements artistiques et culturels toute l'année et partout en France.    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Choquée par la résurgence de l’extrême droite, l’Allemagne commémore la Nuit de cristal

« L’indifférence à l’égard du racisme, de la xénophobie et de l’antisémitisme est le premier pas vers la remise en cause de nos valeurs essentielles », a déclaré Angela Merkel.



LE MONDE
 |    10.11.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
10.11.2018 à 12h04
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

Manifester « n’a jamais été [son] truc ». La politique ne l’intéresse que « de très loin ». Vendredi 9 novembre, Kristiane n’a pourtant pas hésité à venir quand elle a appris qu’un collectif d’extrême droite, baptisé Wir für Deutschland (Nous sommes pour l’Allemagne), avait été autorisé par la justice à se rassembler, en début de soirée, devant la gare centrale de Berlin.
« Un autre jour, passe encore que ces gens-là manifestent, mais pas un 9 novembre, non, pas le jour anniversaire de la Nuit de cristal », s’indigne cette jeune retraitée, avant d’enchaîner, la voix étranglée par l’émotion : « Jamais je n’avais imaginé que je me sentirais obligée de descendre dans la rue, un 9 novembre, pour dire non à la haine. »
Au final, cette manifestation d’extrême droite – que le ministre de l’intérieur du Land de Berlin avait interdite, mercredi, mais que la justice a finalement autorisée, vendredi – aura été un piteux échec. Une cinquantaine de personnes tout au plus.
Vingt fois, peut-être trente fois moins que ceux qui étaient venus leur tenir tête à coups de « Nazis, dehors ! », « Plus jamais ça ! » ou « Tous ensemble contre le fascisme ! ». Des slogans habituels dans ce genre de rassemblements mais auxquels s’étaient ajoutées, en ce 80e anniversaire du pogrom organisé par les nazis en novembre 1938, des références plus précises à la Shoah. Comme cette citation de Primo Levi (1919-1987), rescapé d’Auschwitz, inscrite sur de nombreuses affiches : « C’est arrivé, cela peut donc arriver de nouveau. »
« On ne peut pas laisser faire »
Cette phrase, Leo Schwarz « y pense de plus en plus souvent ». Agé de 22 ans, cet étudiant en science politique au ton posé n’a aucun mal à reconnaître que « la situation d’aujourd’hui n’a rien à voir avec celle de l’Allemagne de 1938 ». Mais il reste « très choqué » par les récentes attaques...




                        

                        


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Armée européenne : Macron joue l’apaisement avec Trump en parlant d’une « confusion »

Au lendemain des critiques du président américain sur les propos « insultants » de son homologue français, le temps est à l’accalmie entre les deux chefs d’Etat.



Le Monde.fr avec AFP
 |    09.11.2018 à 23h50
 • Mis à jour le
11.11.2018 à 06h36
   





                        



   


Désamorcer tout malentendu avant de se parler franchement. C’est ce drôle d’exercice auquel Donald Trump et Emmanuel Macron se sont livrés devant les caméras à l’Elysée samedi 10 novembre à 11 heures. Le président français a accueilli à Paris Donald Trump en optant pour un ton résolument conciliant sur la question sensible de la défense européenne au lendemain d’un tweet très agressif du président américain.
« Nous devons mieux partager le fardeau au sein de l’OTAN », a lancé Emmanuel Macron dès le début de l’entretien à l’Elysée, une musique douce aux oreilles du locataire de la Maison Blanche qui ne cesse de réclamer une hausse des dépenses militaires des pays européens jugeant la situation actuelle injuste pour le contribuable américain.
Soucieux de désamorcer la polémique
« Nous célébrons ici l’amitié entre nos peuples, nos armées, et la formidable solidarité qu’il y a eu entre nous qui sommes parmi les plus vieux alliés », a dit le président français à la veille de la cérémonie de commémoration du centenaire de l’armistice entre la France et l’Allemagne. A ses côtés, le président américain a salué la relation « amicale » entretenue avec son homologue français. « Nous avons beaucoup de choses en commun à de nombreux égards, peut-être que certaines personnes pensent le contraire mais non, nous partageons beaucoup de choses », a-t-il souligné. Visiblement soucieux de désamorcer la polémique, les deux hommes ont insisté sur leurs liens étroits : « Nous sommes devenus très bons amis au fil des ans », a assuré Donald Trump.
« L’armée européenne » prônée par Emmanuel Macron ne vise pas les Etats-Unis, a précisé la présidence française, évoquant une « confusion » dans l’interprétation des propos du président français qui ont déclenché la fureur de Donald Trump. « Je comprends que l’enchaînement des sujets dans l’interview [sur l’antenne d’Europe 1] puisse créer de la confusion mais ce sont bien deux sujets différents, le traité des armes nucléaires à portée intermédiaire (INF) et ce sujet d’une force de défense des Européens où il y a des travaux en cours », a souligné samedi la présidence française auprès de la presse.

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A peine arrivé à Paris, quelques heures plus tôt, le président américain s’en était pris à son homologue français. Donald Trump avait dénoncé, vendredi 9 novembre au soir, les propos « très insultants » prononcés sur la création d’une armée européenne.
« Le président Macron vient de suggérer que l’Europe construise sa propre armée pour se protéger contre les Etats-Unis, la Chine et la Russie », avait tweeté M. Trump au moment même où l’avion Air Force One atterrissait à l’aéroport international d’Orly. « Très insultant mais peut-être que l’Europe devrait d’abord payer sa part à l’OTAN que les Etats-Unis subventionnent largement ! »

President Macron of France has just suggested that Europe build its own military in order to protect itself from th… https://t.co/ZlE52iViPz— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


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Dans son tweet, le président américain faisait semble-t-il référence aux déclarations mardi de M. Macron qui a appelé de ses vœux la création d’une « véritable armée européenne » pour mieux protéger le continent.
« On ne protégera pas les Européens si on ne décide pas d’avoir une vraie armée européenne », avait alors plaidé le président français. Il faut « nous protéger à l’égard de la Chine, de la Russie et même des Etats-Unis », avait-il dit, en évoquant la décision américaine de se retirer d’un traité de désarmement nucléaire datant des années 1980. Il n’existe pour l’heure aucune armée européenne supranationale. Le sujet, récurrent, reste miné car il touche au cœur la souveraineté des Etats membres.

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Des désaccords politiques profonds
Une grande partie de l’Europe s’abrite sous le bouclier américain depuis l’après-guerre, sans payer un prix satisfaisant pour Donald Trump. Depuis son élection, Emmanuel Macron plaide pour un renforcement européen de la défense, la France mettant justement en avant l’incertitude stratégique provoquée par les positions du président américain.
Il s’agit de la deuxième visite du président américain en France depuis son arrivée à la Maison Blanche, après celle du 14 juillet 2017 qu’il évoque régulièrement avec beaucoup d’enthousiasme.
Au moment de quitter la Maison Blanche, Donald Trump avait opté pour un ton nettement plus conciliant. « Cela va être un moment magnifique », avait-il prédit. « Il y aura beaucoup de pays », avait-il ajouté, assurant que l’annonce de sa présence avait poussé nombre d’autres dirigeants à faire le déplacement.

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Après la rencontre entre Donald Trump et Emmanuel Macron, les deux couples présidentiels ont déjeuné ensemble à l’Elysée avant de se séparer pour l’après-midi. Le président américain devait initialement se rendre dans le nord de la France, au cimetière américain du bois Belleau, mais il a finalement annulé ce déplacement dans l’Aisne, « en raison du mauvais temps », selon la Maison Blanche. De son côté, Emmanuel Macron devait prendre le chemin d’une clairière près de Compiègne, au nord de Paris, pour y retrouver la chancelière Angela Merkel pour une cérémonie très symbolique. C’est ici que, le 11 novembre 1918, fut signé dans un wagon-restaurant l’armistice scellant la fin de la première guerre mondiale, qui fit 18 millions de morts.

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Dans la soirée, les Macron, Trump, Merkel et plusieurs autres dignitaires se retrouveront au Musée d’Orsay à Paris, pour une visite de l’exposition consacrée à Picasso et un dîner protocolaire sur place, avant la grande cérémonie de dimanche matin sous l’arc de Triomphe en présence de plusieurs dizaines de chefs d’Etat et de gouvernement, point d’orgue des commémorations.
Plus largement, cette saillie de Donald Trump illustre les désaccords politiques profonds qui opposent les deux hommes, sur l’environnement, le nucléaire iranien, les relations commerciales, et d’une manière générale, sur la gouvernance des affaires du monde, pour laquelle M. Macron défend le multilatéralisme, honni par M. Trump.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Jo Johnson, qui avait voté en faveur du maintien du pays dans l’Union européenne en 2016, plaide pour une nouvelle consultation des Britanniques.
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En désaccord sur le Brexit, un secrétaire d’Etat britannique démissionne

Jo Johnson, qui avait voté en faveur du maintien du pays dans l’Union européenne en 2016, plaide pour une nouvelle consultation des Britanniques.



Le Monde.fr avec AFP et Reuters
 |    09.11.2018 à 17h41
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 19h43
   





                        



   


Le secrétaire d’Etat aux transports du Royaume-Uni, Jo Johnson, a démissionné vendredi 9 novembre de son poste en dénonçant les « délirantes » négociations sur le Brexit menées par la première ministre, Theresa May.
« Il m’est apparu de plus en plus clair que l’accord de retrait, en train d’être finalisé, serait une terrible erreur », écrit dans un communiqué le frère du chef de file des « Brexiters », Boris Johnson. Dénonçant un choix entre « deux solutions profondément insatisfaisantes, la vassalité ou le chaos », il estime que le pays est face à une crise « d’un niveau sans précédent depuis la crise du canal de Suez [en 1956] ».
« Donner à la population le dernier mot »
Jo Johnson, qui avait voté en faveur du maintien du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne lors du référendum de juin 2016, se dit « tout aussi mécontent » de la proposition du gouvernement britannique que son frère Boris et reprend des arguments souvent utilisés par son aîné. « Au lieu de “reprendre le contrôle”, nous allons céder le contrôle à d’autres pays européens, affirme-t-il. Les propositions du gouvernement feront de nous un pays hors de l’Europe mais encore dirigé par l’Europe, tenu de respecter des règles que nous ne pourrons pas rédiger. »
L’homme politique plaide pour une nouvelle consultation des Britanniques. « Etant donné que la réalité du Brexit se révèle beaucoup plus éloignée que ce qui a été promis, la mesure démocratique à prendre est de donner à la population le dernier mot », affirme-t-il. Aucun accord sur le retrait britannique de l’Union n’a encore été conclu, à moins de cinq mois de l’échéance, le 29 mars 2019.
Un porte-parole de Theresa May a immédiatement répliqué qu’un second référendum était exclu, en remerciant M. Johnson pour son travail au sein du gouvernement. Son départ et sa prise de position contre la stratégie du gouvernement ont été salués aussi bien par son frère Boris, leader du camp pro-Brexit, que par Anna Soubry, députée conservatrice favorable au maintien dans l’UE.

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les Vingt-Sept et Theresa May n’ont pas réussi à se mettre d’accord lors d’un sommet européen sur le Brexit jugé « crucial », le 17 octobre ;les discussions doivent se terminer avant la fin de l’année 2018, pour laisser le temps aux Parlements britannique et européen de ratifier le texte ;à moins de six mois de la sortie officielle du Royaume-Uni, le 29 mars 2019, le statut de l’Irlande du Nord reste le principal point sensible pour Theresa May au sein de sa coalition ;en parallèle aux négociations, la Commission européenne prévient les Etats membres de la possibilité d’un « no deal ». La France s’y prépare particulièrement, tout comme le Royaume-Uni ;le décryptage de l’accord trouvé entre Londres et Bruxelles sur la période de transition ; zoom sur la City de Londres, dont les intérêts sont délaissés dans les négociations avec l’UE par Theresa May pour des raisons politiques ;l’immense majorité des entreprises britanniques redoute les conséquences du départ du Royaume-Uni de l’Union européenne ;comprendre les arguments pour et contre la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne ;retour sur trente ans d’histoire tumultueuse entre le Royaume-Uni et l’UE.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ La formation d’Emmanuel Macron vise un large rassemblement des forces proeuropéennes, dont les contours seront sans doute finalisés après le scrutin européen de mai 2019.
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A Madrid, LRM scelle le principe d’une « coalition » avec les libéraux et démocrates européens

La formation d’Emmanuel Macron vise un large rassemblement des forces proeuropéennes, dont les contours seront sans doute finalisés après le scrutin européen de mai 2019.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 16h16
 • Mis à jour le
10.11.2018 à 10h01
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Madrid, Envoyé spécial)








                        



                                


                            

La stratégie de La République en marche (LRM) en vue des élections européennes est un peu plus claire. A Madrid, au cours d’un congrès du parti Alliance des libéraux et des démocrates pour l’Europe (ALDE), Astrid Panosyan, déléguée à l’action internationale de la formation macroniste, a fixé la ligne : une coalition avec l’Alliance avant le scrutin de mai 2019 et « au-delà » la constitution d’un nouveau groupe, plus large, au sein du Parlement européen. Avec, peut-être, d’autres formations qui n’étaient pas présentes à cette réunion, ou des personnalités qui se rallieraient après l’élection.
L’intervention était très attendue. Elle a déclenché un tonnerre d’applaudissements dans la salle, tandis que le président de l’ALDE, l’eurodéputé néerlandais Hans van Baalen, se précipitait sur l’oratrice pour lui manifester sa joie. Comme d’autres, il attendait avec impatience une prise de parole qui ne figurait pas dans le programme remis aux participants à la veille de ce congrès. Y était simplement évoquée la venue de LRM pour « poursuivre l’exploration des voies en vue d’un travail en commun ».
Etre davantage que le quatrième groupe à Strasbourg
Avec ce rapprochement, le groupe libéral affirme son objectif : être davantage que le quatrième groupe à Strasbourg – dont sont déjà membres les élus du MoDem de François Bayrou – et rassembler d’autres proeuropéens « progressistes ». Peut-être des écologistes, des centristes, des sociaux-démocrates, dont certains élus du Parti démocrate italien, acquis à l’idée du président Macron d’une nécessaire mobilisation contre le front des nationalistes et populistes. « Des membres de la société civile, des ONG, des intellectuels pour gagner aussi la bataille des idées », ajoute Mme Panosyan.

Lors de son discours, elle a indiqué, histoire de rassurer, qu’il n’était pas question, pour LRM, de vouloir « dupliquer en Europe ce qui s’était passé en France...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Pour retrouver le soutien de ses citoyens, l’UE doit renforcer la coopération entre Etats et améliorer la protection contre les risques, estime l’économiste Agnès Bénassy-Quéré, dans une tribune au « Monde ».
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« L’Europe a cessé d’être invisible, c’est une évolution positive »

Pour retrouver le soutien de ses citoyens, l’UE doit renforcer la coopération entre Etats et améliorer la protection contre les risques, estime l’économiste Agnès Bénassy-Quéré, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    09.11.2018 à 16h14
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 16h19
    |

                            Agnès Bénassy-Quéré (Professeur à l'Ecole d'Economie de Paris, Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            

Tribune. Selon l’Eurobaromètre du Parlement européen, le soutien des citoyens au projet européen a atteint un point bas en mai 2011. A cette époque, 47 % seulement des Européens pensaient que « de manière générale, l’appartenance de mon pays à l’Union européenne est une bonne chose », 18 % pensaient que c’était « une mauvaise chose », 31 % que ce n’était « ni bien ni mal », et 4 % étaient sans opinion. Depuis cette date, les opinions favorables se sont redressées continûment, pour atteindre 62 % en septembre 2018. A 61 %, la France se situe tout près de la moyenne, derrière l’Allemagne (81 %) mais devant l’Italie (42 %).
Le sondage annuel réalisé par Kantar Public pour les Journées économiques de Lyon (du 6 au 8 novembre) nous révèle cependant un paradoxe. Si les personnes interrogées sont favorables, en grande majorité, à davantage d’intégration européenne dans des domaines tels que l’immigration, la défense, les politiques sociales et fiscales, elles pensent que ce sont avant tout les gouvernements nationaux qui doivent relever les grands défis qu’ils identifient : inégalités, changement climatique, flux migratoires. La voie est donc étroite pour les politiques européennes et il est d’autant plus important de les énoncer clairement, peut-être autour de deux concepts-clés : la coopération entre Etats et la protection contre les risques.
Coopération entre Etats, d’abord. Si l’approfondissement du marché unique (notamment dans le domaine des services) recèle des gains de productivité, et donc de richesse, du même ordre de grandeur que ce qui a déjà été obtenu depuis les débuts de la construction européenne, promouvoir la concurrence ne constitue pas un programme européen. Un équilibre doit être trouvé entre, d’une part une concurrence accrue entre entreprises pour stimuler l’innovation et favoriser les gains de pouvoir d’achat des Européens, et d’autre part une concurrence moindre entre Etats, afin de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Survivante de la tuerie du 22 juillet 2011, la jeune femme âgée de 29 ans a pris la direction de la Ligue des jeunes travailleurs norvégiens (AUF). Et entend mettre en avant le rôle de la mémoire.
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Ina Libak, la mémoire vive d’Utoya


                      Survivante de la tuerie du 22 juillet 2011, la jeune femme âgée de 29 ans a pris la direction de la Ligue des jeunes travailleurs norvégiens (AUF). Et entend mettre en avant le rôle de la mémoire.



M le magazine du Monde
 |    09.11.2018 à 13h56
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








   


Sur son visage, les cicatrices sont à peine visibles. Quelques griffures discrètes, sur le menton et sur la joue gauche. « Cela veut dire que je me suis bien maquillée », lance-t-elle aux juges, qui avouent ne rien discerner, le 15 mai 2012, dans la grande salle du tribunal d’Oslo, tout juste rénovée pour accueillir le plus grand procès de l’histoire norvégienne d’après-guerre. A quelques mètres d’Ina Libak, sur le banc des accusés, l’extrémiste Anders Behring Breivik ne fait même pas l’effort de réprimer un sourire.
Ceux qui étaient présents ce jour-là dans la salle d’audience n’ont pas été surpris, six ans plus tard, de voir la jeune femme, bientôt 29 ans, se porter candidate à la direction de la Ligue des jeunes travaillistes norvégiens (AUF). Elle a été élue le 21 octobre. Un scrutin sans le moindre suspense : aucun candidat ne s’est présenté contre celle qui, depuis 2016 déjà, assurait les fonctions de vice-présidente du mouvement. Deux autres survivants de la tuerie d’Utoya ont également été élus à la direction de l’AUF.
Elle a reçu la dernière balle dans la poitrine. « J’ai pensé alors que j’allais mourir. »
Le 22 juillet 2011, ils étaient près de sept cents sur l’île, au nord d’Oslo, offerte en 1950 par la centrale syndicale LO aux Jeunes travaillistes, qui avaient pris l’habitude de s’y retrouver l’été, pendant une semaine. Le massacre a duré soixante-douze minutes. Soixante-neuf personnes ont été tuées. Deux cents autres blessées. Parmi elles, Ina, adhérente à 16 ans, élue plus jeune conseillère municipale du royaume à 17 ans et frappée à 21 ans, parce qu’elle représentait tout ce que détestait Breivik qui, en visant Utoya, voulait atteindre le Parti travailliste là où « ça ferait le plus mal ».

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                En Norvège, les survivants de la tuerie d’Utoya victimes de menaces



Quand le terroriste a débarqué sur l’île à 17 h 17, après avoir fait exploser une bombe devant le siège du gouvernement norvégien à Oslo, tuant huit personnes, Ina était dans la cuisine de la cafétéria. Aux premiers coups de feu, elle s’est réfugiée derrière le piano, toujours là aujourd’hui, dans un coin de la cabane en bois, reconvertie en centre mémoriel sur l’île d’Utoya. Breivik est entré. Il a tiré.
A la barre, en mai 2012, Ina a raconté que la première balle l’avait atteinte au bras : « J’ai pensé que je pouvais survivre. » Puis elle a été touchée à la mâchoire. « Je me suis dit que c’était un peu plus grave. » Elle a reçu la dernière balle dans la poitrine. « J’ai pensé alors que j’allais mourir. » Elle réussit pourtant à s’échapper. Dehors, des jeunes s’arrêtent dans leur fuite éperdue, la soulèvent et l’emmènent. Ils la cachent dans des buissons, compriment ses blessures de tout leur poids pour arrêter le sang, jusqu’à l’arrivée des policiers.
« L’attentat a renforcé mes convictions et mon engagement. J’ai réalisé qu’on ne peut jamais prendre la démocratie pour acquise, qu’il faut se battre en permanence pour défendre ses idées. »
Ina passera plusieurs mois à l’hôpital, subissant d’innombrables opérations. Au procès, la jolie blonde, tout sourire, fait bonne figure, au point que le procureur s’émerveille de sa positivité, la forçant à tempérer. « Je ne vais pas le cacher. L’insécurité fait désormais partie de ma vie », lâche-t-elle. Pendant des années, d’ailleurs, elle ne parlera plus du 22 juillet. Elle aurait pu en garder un profond dégoût pour la politique. « Au contraire, l’attentat a renforcé mes convictions et mon engagement, confie-t-elle. J’ai réalisé qu’on ne peut jamais prendre la démocratie pour acquise, qu’il faut se battre en permanence pour défendre ses idées. » Elle n’est pas la seule : d’autres rescapés de l’attentat siègent dans les conseils municipaux et régionaux du pays. Plusieurs sont suppléants de députés travaillistes.
L’AUF compte 13 000 militants
Dans les semaines suivant l’attaque, tous les mouvements de jeunes des partis politiques norvégiens avaient d’ailleurs enregistré une recrudescence des adhésions. Aujourd’hui, dans un pays de 5,2 millions d’habitants, l’AUF compte 13 000 militants – plus du double que le Mouvement des jeunes socialistes en France. « Le lycée en Norvège est très démocratique, explique Ina. On nous incite à débattre et à défendre nos opinions. » Les organisations de jeunesse des partis politiques norvégiens sont de véritables pépinières de futurs leaders – tous les candidats aux fonctions suprêmes y ont fait leur classe. Aiguillons titillant sans cesse leurs aînés, elles s’assurent que les formations mères ne se complaisent pas dans l’immobilisme.

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Lors de son dernier congrès, l’AUF a plaidé pour une orientation plus à gauche de la politique du parti et pour une transition accélérée de la pétromonarchie norvégienne vers l’économie durable. Parmi les motions les plus radicales adoptées par les délégués : l’arrêt de l’exploitation de tout nouveau gisement dans les eaux du royaume.
Cet été, le quotidien Aftenposten a publié une longue enquête relatant les menaces de mort reçues par de nombreux témoins du 22 juillet. Ina est une des cibles. Face à la haine, la jeune femme met en avant le rôle de la mémoire : « Parfois, je lis dans les journaux que la Norvège n’a pas été la cible d’attaques terroristes ou bien que le 22 juillet était une catastrophe. Nous devons être clairs, et dire que c’était une attaque terroriste contre le Parti travailliste et l’AUF. J’ai été blessée parce que j’appartenais à l’AUF. »
Le mouvement, ajoute-t-elle, est à la croisée des chemins : « Bientôt, ceux qui étaient à Utoya le 22 juillet quitteront l’AUF. Ceux qui arrivent n’en ont aucun souvenir. Il faut que nous transmettions notre histoire aux plus jeunes, tout en étant une force politique pertinente. » Ina Libak est élue pour deux ans. Elle ne vise pas une carrière politique – une ineptie, selon elle –, et compte bien, au terme de son mandat, reprendre son emploi d’assistante sociale.



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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ La nuit du 9 au 10 novembre 1938 marque le passage de la discrimination des juifs à leur persécution, puis leur extermination en Allemagne nazie.
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Nuit de cristal : l’Allemagne se souvient des pogroms dans un climat trouble

La nuit du 9 au 10 novembre 1938 marque le passage de la discrimination des juifs à leur persécution, puis leur extermination en Allemagne nazie.



Le Monde.fr avec AFP
 |    09.11.2018 à 13h15
 • Mis à jour le
10.11.2018 à 01h12
   





                        



   


Quatre-vingts ans après, l’émotion est toujours vive. L’Allemagne commémore vendredi 9 novembre la Nuit de cristal, ces pogroms et meurtres annonciateurs de l’extermination des juifs. Un hommage d’autant plus sensible qu’il intervient cette année dans un climat de regain d’antisémitisme et d’émergence d’un « nouveau nationalisme », qui bouleverse la donne politique dans le pays.
De nombreuses manifestations ont été organisées sur l’ensemble de territoire. Depuis la plus grande synagogue du pays, à Berlin, la chancelière Angela Merkel a rappelé que « l’Etat doit agir de manière conséquente contre l’exclusion, l’antisémitisme, le racisme et l’extrémisme de droite ». La dirigeante, tout de noir vêtue, a montré du doigt ceux qui « réagissent par des réponses prétendument simples aux difficultés » de l’époque actuelle – une référence à l’essor des populismes et de l’extrême droite en Allemagne comme en Europe.

« Tous ensemble contre le fascisme ! »
« Les nazis, dehors ! »
« Aucun droit à la propagande nazie ! »
— ThomasWieder (@Thomas Wieder)


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Dans ce lieu de culte profané par les nazis, le président du Conseil central des juifs, Josef Schuster, est allé encore plus loin en invectivant le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), qui siège depuis un an au Bundestag, qualifiant ses membres d’« incendiaires moraux ».
Certains cadres de ce parti ont tenu des propos polémiques sur l’Holocauste et le devoir de mémoire en Allemagne. Ils tiennent aussi un discours islamophobe visant essentiellement les centaines de milliers de demandeurs d’asile arrivés dans le pays depuis 2015. M. Schuster a qualifié de « honte pour notre pays » les agressions commises contre les juifs mais aussi contre les réfugiés musulmans.
Planifiée par l’Etat nazi
« Nous sentons dans notre société (…) que les fossés se creusent », avait mis en garde plus tôt devant la chambre des députés le président de la République allemande, Frank-Walter Steinmeier. Car cent ans jour pour jour, vendredi, après la proclamation de la première république allemande, à deux jours de l’armistice de la Grande Guerre, le chef de l’Etat a relevé l’émergence en Europe d’un « nouveau nationalisme » nostalgique, selon lui, d’« un vieux monde parfait qui n’a en réalité jamais existé ». Le chef de l’Etat a fustigé devant les députés, dont ceux du parti d’extrême droite AfD, le « langage de la haine » qui cherche des « boucs émissaires » parmi les migrants, accueillis en nombre en Allemagne depuis 2015, et les musulmans.

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                Le nazisme en toile de fond



Des mots lourds de sens quatre-vingts ans après, là aussi jour pour jour, les saccages par les nazis de milliers de synagogues et commerces tenus par des Juifs en Allemagne et en Autriche. Pour les historiens, la nuit du 9 au 10 novembre 1938 marque le passage de la discrimination des juifs à leur persécution, puis leur extermination.
« Je tenais la main de mon père. J’ai vu la synagogue en feu et j’ai demandé : “Pourquoi les pompiers ne viennent pas ?” Je n’ai pas eu de réponse », a témoigné Charlotte Knobloch, ancienne présidente du Conseil central des juifs d’Allemagne, à l’antenne de la télévision allemande ZDF. La propagande affirme alors qu’il s’agit d’une éruption de violence spontanée après le meurtre d’un diplomate à Paris. Mais elle a en réalité été planifiée par l’Etat nazi.

« C’est arrivé et ça peut donc à nouveau arriver » (Primo Levi) - manifestation « antinazie » en ce soir du 80e ann… https://t.co/AirbEpqNZX— ThomasWieder (@Thomas Wieder)


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1 400 actes antisémites chaque année
De nombreux Allemands commémorent cette nuit en polissant ou en déposant des fleurs sur les stolpersteine, des milliers de petits pavés de laiton incrustés dans la chaussée pour identifier les victimes et leur adresse. En 2017, des plaques avaient été volées, alimentant la crainte d’une résurgence de l’antisémitisme, une réalité infamante pour un pays dont l’identité s’est bâtie sur la repentance pour la Shoah. Une forme nouvelle d’antisémitisme pour l’Allemagne fait aussi régulièrement les gros titres, celui prêté aux migrants arabo-musulmans qui ont afflué depuis 2015.
L’inquiétude ne cesse donc de grandir au sein de la communauté juive allemande, forte d’environ 200 000 personnes. Le nombre de crimes et délits à caractère antisémite est resté néanmoins stable dans les statistiques de la police, avec environ 1 400 cas recensés chaque année depuis 2015. Plus de 90 % des affaires sont attribuées à l’extrême droite.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés s’inquiète de la diminution de la solidarité en Europe.
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Article sélectionné dans La Matinale du 10/11/2018
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« Pour le HCR, l’essentiel est d’aider les pays qui hébergent vraiment les réfugiés, en Afrique ou en Asie »

Le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés s’inquiète de la diminution de la solidarité en Europe.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 12h41
 • Mis à jour le
11.11.2018 à 16h28
    |

            Jean-Baptiste Chastand








                        



                                


                            

A la tête de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) depuis 2016, Filippo Grandi appelle l’Union européenne (UE) à préserver le droit d’asile et considère que le retour des réfugiés syriens dans leur pays se fera au compte-gouttes.
La crise migratoire déchirait l’Union européenne depuis 2015. Elle semble être passée au second plan des pré­occupations. Le problème est-il réglé ?
Il y a eu des manipulations excessives de la part de ceux qui ont parlé d’invasion, de la fin de l’identité européenne ou de menaces sécuritaires. Maintenant que l’intérêt politique se décale, le risque consiste à ne pas faire ce qu’il faudrait pour mieux gérer ces mouvements de populations. L’Europe n’a pas encore donné toutes les réponses. Or, un report ne peut qu’aggraver la situation en cas de nouvelle crise.
Les « centres contrôlés » et les « plates-formes de débarquement » destinés à centraliser le traitement des demandeurs d’asile paraissent dans l’impasse…
La convention de Dublin, destinée à éviter le « tourisme de l’asile » en prévoyant que le premier pays d’accueil doit gérer les de­mandes d’asile, est mise à l’épreuve par les arrivées nombreuses dans quelques pays, qui se sont retrouvés pénalisés par rapport aux autres. Il faut passer à autre chose. On a longuement évoqué une répartition entre les 28 Etats, mais ça ne fonctionne pas, car seuls quelques pays y sont prêts. Moins de 100 000 personnes arrivées en Europe en 2018, c’est gérable.
La prise en charge par des Etats d’une partie des passagers de l’Aquarius, par exemple, ressemble à une forme de partage, sauf que chaque nouveau bateau s’est transformé en crise. Un tel système devrait être décidé au préalable. Le problème est l’absence de consensus sur le lieu où ce partage doit se faire. Ce n’est pas au HCR de déterminer où ces centres d’accueil et de réception doivent se trouver, mais à l’Europe. Le rôle du HCR est de donner tous...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ L’ancien ambassadeur de France en Roumanie, Henri Paul, estime, dans une tribune au « Monde », que le peuple roumain ne remet en cause ni l’Union européenne ni l’adhésion aux valeurs démocratiques. Il veut juste trouver les bases d’un contrat social avec le pouvoir pour sortir le pays de l’attentisme.
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« Les Roumains souffrent d’un manque de confiance dans leurs institutions »

L’ancien ambassadeur de France en Roumanie, Henri Paul, estime, dans une tribune au « Monde », que le peuple roumain ne remet en cause ni l’Union européenne ni l’adhésion aux valeurs démocratiques. Il veut juste trouver les bases d’un contrat social avec le pouvoir pour sortir le pays de l’attentisme.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 13h00
    |

Henri Paul (Ancien ambassadeur de France en Roumanie de 2007 à 2012)







                        



                                


                            

Tribune. Il y a quelques jours, Mirel Bran, correspondant du Monde à Bucarest, s’interrogeait sur une sortie de la Roumanie de l’Union européenne. Si la situation politique, et même économique et sociale actuelle de la Roumanie n’est pas brillante, cette analyse mérite d’être largement nuancée, voire contredite. Car la Roumanie n’a rien à voir avec ses voisines, gagnées par le courant populiste et « illibéral ».

Il faut dire d’abord la très grande singularité de la Roumanie dans l’ensemble de l’Europe de l’Est : un pays aux marges de l’Europe, rappelant l’ancienne « Mitteleuropa », longtemps dominé par les Turcs puis occidentalisé à marche forcée dans la seconde moitié du XIXe siècle, apparemment uni par sa langue mais en réalité divisé en raison de sa géographie montagneuse, de son histoire pleine de drames, et de ses inégalités sociales profondes.
Forte croissance et spéculations hasardeuses
Le « chamboule-tout » du régime Ceausescu, qui n’avait aucun égal parmi les autres « démocraties populaires » par sa violence, sa stupidité et son irrationalité, n’a cessé qu’il y a moins de trente ans. Cela n’a pas laissé le temps de régénérer les esprits et les mentalités, ni de permettre à de nouveaux dirigeants d’arriver au pouvoir.
Sur cette société encore malade des séquelles d’une dictature qui a réussi à chasser du pays une bonne partie des élites sociales et intellectuelles (presque tous les grands intellectuels et artistes roumains du XXe siècle sont morts en Occident !) est arrivée la greffe d’une seconde occidentalisation : l’acclimatation des normes et des méthodes d’une Union européenne bâtie par des vieilles démocraties libérales.

Heureux de s’arrimer à ce vaisseau alors flambant neuf, dont ils espéraient beaucoup, la liberté de circulation d’abord, une amélioration de leur niveau de vie et de leurs infrastructures vieillies ensuite, nos Roumains ont, une fois de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ La journaliste assassinée Daphne Caruana Galizia enquêtait sur les liens obscurs entre « 17 Black », une entité enregistrée aux Emirats arabes unis, et des responsables politiques maltais. Le « Projet Daphne » confirme ses soupçons.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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Malte : soupçons de corruption confirmés sur des membres de l’entourage du premier ministre

La journaliste assassinée Daphne Caruana Galizia enquêtait sur les liens obscurs entre « 17 Black », une entité enregistrée aux Emirats arabes unis, et des responsables politiques maltais. Le « Projet Daphne » confirme ses soupçons.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 12h02
    |

Stephen Grey (Reuters), Jacob Borg (Times of Malta), Anne Michel et Jean-Baptiste Chastand







                        



                                


                            

La société avait été brièvement mentionnée sur son blog par Daphne Caruana Galizia. La journaliste maltaise assassinée dans l’explosion de sa voiture, le 16 octobre 2017, avait pressenti que « 17 Black » cachait des pratiques douteuses de son gouvernement. Cette entité est utilisée par des responsables politiques maltais « pour déplacer de l’argent depuis et vers Dubaï », avait-elle écrit sur son blog, huit mois avant sa mort. Elle n’avait toutefois pas pu aller plus loin.
Un peu plus d’un an après son assassinat, alors que l’identité des commanditaires du crime reste mystérieuse, le « Projet Daphne », ce réseau de dix-huit médias internationaux dont Le Monde fait partie, est en mesure de confirmer une grande partie des soupçons de la blogueuse anticorruption. Le « Projet Daphne » a été constitué par l’association Forbidden Stories afin de poursuivre les enquêtes des journalistes censurés, menacés ou assassinés dans le monde.
Après une longue enquête, nos partenaires de Reuters et du Times of Malta ont en effet découvert que « 17 Black », enregistrée aux Emirats arabes unis (EAU), avait pour but de verser ce qui ressemble fort à des pots-de-vin, en marge de la construction d’une nouvelle centrale thermique dans la baie de Marsaxlokk, un port de pêche de l’archipel maltais.
Un e-mail de 2015, retrouvé par les autorités maltaises selon une source proche du dossier, affirme ainsi que cette société devait verser jusqu’à 2 millions de dollars sur les comptes offshore au Panama de deux proches du premier ministre de Malte, Joseph Muscat, son chef de cabinet, Keith Schembri, et celui qui était alors ministre de l’énergie, Konrad Mizzi, nommé depuis ministre du tourisme. De l’argent escompté, pour lequel aucune trace de paiement n’a été retrouvée.

Appels à la démission
Or, selon des documents obtenus par Reuters ainsi que des témoignages concordants à Malte et aux EAU, « 17 Black » était...




                        

                        

