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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Plusieurs anciens locataires de la rue de Valois ont accepté de témoigner de leur expérience.
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Bons et mauvais souvenirs à la tête du ministère de la culture

Plusieurs anciens locataires de la rue de Valois ont accepté de témoigner de leur expérience.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 18h07
    |

            Sandrine Blanchard








                        



                                


                            

Vingt ans séparent leur expérience à la tête du ministère de la culture. Et pourtant, c’est le même sujet qu’évoquent Jacques Toubon et Aurélie Filippetti lorsqu’on les interroge sur leur meilleur souvenir Rue de Valois. Tous deux citent « le combat en faveur de l’exception culturelle ». Ministre de la culture lors de la cohabitation Mitterrand-Balladur (mars 1993-mai 1995), Jacques Toubon accompagne les membres de l’exécutif, en décembre 1993, au 62e sommet franco-allemand à Bonn. Au centre des discussions, les négociations du GATT [Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce] sur la libéralisation du commerce mondial. En conférence de presse, Helmut Kohl [chancelier] indique que l’Allemagne considère que la culture est aussi importante que l’agriculture. « Nous avions gagné », se souvient Jacques Toubon. La culture ne sera pas incluse dans les accords.
« Ce fut une bataille européenne passionnante avec une coalition transnationale », se remémore Aurélie Filippetti à propos de l’exception culturelle
Deux décennies plus tard, l’exception culturelle défendue par la France est à nouveau menacée dans le cadre de négociations de libre-échange commercial avec les Etats-Unis. En mai 2013, Aurélie Filippetti, qui obtient le soutien de treize de ses homologues européens, adresse une lettre à la présidence de l’Union européenne et à la Commission, dans laquelle elle plaide pour le « respect » de cette « exception », dont le rôle est « trop important pour laisser les productions culturelles intégralement soumises à la loi du marché ». La démarche s’accompagne d’une pétition signée par quelque cinq mille artistes. L’audiovisuel et le cinéma seront finalement exclus des pourparlers. « Ce fut une bataille européenne passionnante avec une coalition transnationale », se remémore la ministre.
Ce sont d’autres sujets que garde en mémoire Renaud Donnedieu de Vabres. Dans ce ministère...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ A L’Athénée, à Paris, Christian Benedetti donne de l’œuvre de Tchekhov une vision très crue.
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Théâtre : un « Ivanov » à grincer des dents

A L’Athénée, à Paris, Christian Benedetti donne de l’œuvre de Tchekhov une vision très crue.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 17h21
    |

Joëlle Gayot







                        



                                


                            

Voilà un spectacle peu aimable et qui ne veut pas l’être. Il faut du courage pour proposer une représentation où la vulgarité des personnages est prise au pied de la lettre et s’énonce en gros mots (« on se fait chier »), en surnom connoté (« Zézette ») ou en évocation crue d’un Gérard Depardieu éructant et paillard (rôle qu’assume crânement Christian Benedetti). On ne s’attendait pas à être aussi heurté devant cette fiction crépusculaire que les artistes enveloppent d’habitude d’une élégante mélancolie.
Ivanov (sobrement joué par Vincent Ozanon) est un homme dépressif marié à Anna Petrovna (Laure Wolf). Il croule sous les dettes et ne peut financer le voyage dont son épouse phtisique a besoin pour se soigner. Sourd aux implorations du médecin (formidable Yuriy Zavalnyouk), il s’entiche de Sacha (Alix Riemer), fille de sa créancière, Zinaïda Lebedeva (Brigitte Barilley). Pendant qu’il fait la fête, Anna expire dans l’indifférence de tous. Un an plus tard, le veuf s’apprête à se remarier. Il n’en aura pas le temps. Il meurt. On ne le pleurera pas.
Christian Benedetti connaît Tchekhov sur le bout des doigts. Depuis 2011, il monte ses textes l’un après l’autre avec la volonté d’en proposer une intégrale qui le mènera jusqu’aux pièces en un acte de l’auteur. Après La Mouette, Oncle Vania, Les Trois Sœurs et La Cerisaie, le voici arrivé à cette première version d’Ivanov, sous-titrée Comédie en quatre actes et dont la représentation, en 1887, avait suscité les quolibets des spectateurs, incitant le dramaturge russe à livrer, en 1889, une seconde mouture, sous-titrée celle-ci Drame en quatre actes et qui eut les faveurs du public (mais pas celles de Benedetti).


Coutures du théâtre exhibées
A l’Athénée, sous les dorures de la salle à l’italienne, un silence perplexe (ou gêné ?) accompagne les débordements qui agitent un plateau brut de décoffrage. La lumière se lève...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ A écouter cette semaine : un « Voyage d’hiver » revisité, de la pop avec une touche jazzy, un duo d’orfèvres romantiques…
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Sélection albums : Hans Zender, Lisa Ekdahl, The Last Detail…

A écouter cette semaine : un « Voyage d’hiver » revisité, de la pop avec une touche jazzy, un duo d’orfèvres romantiques…



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 17h08
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 17h13
   





                        


Domenico Scarlatti Sonatas Jean Rondeau (clavecin)

   


Avec une poignée de quinze des 555 sonates pour clavecin composées par Domenico Scarlatti, le clavecin de Jean Rondeau construit un véritable tour du monde. Une épopée aventureuse autant qu’aventurière, peuplée de trésors dont il semble rappeler l’origine merveilleuse. Technique délirante, virtuosité expressive, flamboyance picaresque, l’interprète à la crinière d’homme des bois se révèle d’une imagination aussi inspirée que prodigieuse. C’est que Rondeau a le goût du risque, et que son clavecin ne lui refuse rien, éperonné qu’il est par cet alchimiste de l’âme, avide d’expérimentation, entre tendresse et désir, passion et démiurgie. Marie-Aude Roux
1 CD Erato/Warner Classics.
Hans Zender Schuberts Winterreise Julian Prégardien (ténor), Deutsche Radio Philharmonie, Robert Reimer (direction)

   


Allemand né en 1936, Hans Zender est surtout connu comme chef d’orchestre. Sa production de compositeur mérite pourtant le détour, surtout quand elle opère, comme ici, le détournement nullement sacrilège d’une œuvre de référence. Du célèbre Winterreise de Schubert (Voyage d’hiver, cycle de 24 Lieder), Zender ne retient que la trame mélodique et parfois harmonique. La voix glisse occasionnellement du chanté au parlé, le piano d’accompagnement fait place à un petit orchestre d’où émergent accordéon, harmonica ou saxophone soprano, des instruments que Schubert ne pouvait avoir en tête. Pourtant, cette « interprétation composée », selon le sous-titre donné par Zender, permet vraiment d’accéder à l’esprit du créateur romantique et de percevoir son œuvre comme le saisissant écho d’une errance morale. Moins nuancée que la référence signée par l’Ensemble Modern (en 1994, pour le label RCA), cette nouvelle version vaut surtout pour la présence hallucinante du soliste, Julian Prégardien. Pierre Gervasoni
1 CD Alpha Classics/Outhere.
Lisa Ekdahl More of the Good

   


La Suédoise Lisa Ekdahl, voix caressante, au souffle retenu, avec une pointe enfantine, si elle a d’abord connu une reconnaissance, à la fin des années 1990, hors de son pays natal, en passant par le jazz, avait fait ses débuts, en 1994, en abordant le registre de la pop. Ce qui finalement est ce qui lui convient le mieux, avec cette petite touche que l’on peut qualifier de « jazzy ». Son nouvel album, More of the Good, est sur ce plan, son plus réussi à ce jour. Avec des arrangements discrets, qui reposent sur une rythmique fluide, de fines guitares, des gouttelettes de claviers, qui donnent de jolies couleurs à l’ensemble, le recours le plus souvent au tempo lent de la ballade. Dans cet ensemble, une nouvelle fois séduisant, l’on retiendra surtout les chansons d’ouverture Let’s Go To Sleep, Playful Heart of Mine, le flottement de Thorn in My Heart, avec une clarinette fantomatique, Sweet Feeling of Freedom et In Dreams, de fait précieuse rêverie musicale annoncée par le titre. Sylvain Siclier
1  CD Okeh/Sony Music.
The last detail The Last Detail

   


Chanteur, compositeur et arrangeur, Mehdi Zannad tient une place atypique dans le paysage pop hexagonal. Cet architecte de formation voue une obsession à la pop des années 1960, sous l’égide des harmonies célestes des Beach Boys et des orchestrations aristocratiques de Burt Bacharach. Une marotte talentueusement digérée dès ses débuts anglophiles sous l’identité Fugu en 2001, puis dix ans plus tard sous la déclinaison française Fugue. L’orfèvre nous revient avec The Last Detail, une collaboration avec la New-Yorkaise Erin Moran alias A Girl Called Eddy, songwriter tout aussi mordue de mélodies léchées. Sur ces treize titres à la production soignée, étoffée par les cordes de l’orchestre balkan de Skopje, le duo à l’esprit néoromantique se partage équitablement le chant. Que ce soit en mode sunshine pop avec les irrésistibles Fun Fair et Trust Your Buddy, ou synthétique avec Talk To Me, The Last Detail excelle dans l’art du refrain radieux et frais comme une aurore d’avril. Un pur ravissement. Franck Colombani
1 CD Elefant Records/Differ-ant.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Le trompettiste et le pianiste ont enregistré ensemble un album, « Thanks a Million ».
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Jazz : Eric Le Lann et Paul Lay en duo, Louis Armstrong au futur antérieur

Le trompettiste et le pianiste ont enregistré ensemble un album, « Thanks a Million ».



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 16h13
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 16h30
    |

                            Francis Marmande








                        



                                


                            

Le 7 novembre : scène très chic du Bal Blomet, dans le 15e arrondissement de Paris. Creuset de l’avant-garde des années 1920 (l’atelier du peintre André Masson est à deux pas), nommé Bal nègre sur les affiches de Joséphine Baker ou par Desnos, promptement rebaptisé Bal Blomet après polémique d’époque ; à la réouverture, public trié sur le volet, conditions dignes du confort moderne, Fondation BNP Paribas en mécène rassurant, plus un producteur inspiré, Laurent de Wilde, pianiste, auteur suractif, sourire éclatant. Les dieux sont du bon côté.
Deux interprètes créatifs qu’une trentaine d’années sépare, Eric Le Lann (trompette) et Paul Lay (piano), présentent leur album en duo, Thanks a Million (Gazebo). Lequel se fonde sur l’inimitable scansion, la voix et le passage sur Terre du génial Louis Armstrong (1901-1971). L’album est une merveille.

Sur scène, une performance. Thanks a Million, hommage casse-cou à Louis Armstrong, ne se limite pas aux compositions du « grand fauve enroué du jazz universel », comme le définit Pascal Anquetil (à la suite d’Henri Guillemin) dans son indispensable Portraits légendaires du jazz (Tana, 2011). Armstrong a peu composé, mais tout ce qu’il jouait était recomposé par lui à un point peu imaginable. Ce qui suffit à définir, faute de mieux, le jazz.
Subtile dramaturgie
Dinah, Mack the Knife (Kurt Weill), Tight Like This – moment de grâce insensé du concert –, Louison (composition de Le Lann), St. James Infirmary (de Joe Primrose), Farewell to Louis (Paul Lay), les pièces s’enchaînent selon une très subtile dramaturgie. La prestation monte en subtilité, s’affirme, éclate, va, comme on dit des grands fauves andalous, ­enroués ou pas, a mas (de plus en plus haut, de mieux en mieux). On se demande bien pourquoi ils font une fin. Lay et Le Lann ne sont pas des animaux de cirque. Ils ne cherchent qu’à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Une sélection d’une dizaine d’images à la foire Paris Photo, ouverte jusqu’au dimanche 11 novembre.
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Quelques pépites à voir à la foire Paris Photo

Une sélection d’une dizaine d’images à la foire Paris Photo, ouverte jusqu’au dimanche 11 novembre.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 16h03
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 16h24
    |

            Claire Guillot








                        


Un daguerréotype d’éclipse

   


Les daguerréotypes, épreuves unique sur métal, ont été extrêmement populaires au XIXe siècle, surtout pour faire des portraits de famille. D’où la surprise, galerie Lumière des roses, devant cette image anonyme qui a tout d’une abstraction contemporaine, avec deux cercles qui se chevauchent : la technique a été utilisée pour photographier une éclipse de soleil, un vrai tour de force vu la faible luminosité de l’astre. Les galeristes, qui ont mené l’enquête, ont conclu qu’elle datait soit de 1842 soit de 1851. On ne connaît que deux autres exemples au monde.
Galerie Lumière des roses, stand A14.
Les visages perdus de Dave Heath

   


On a découvert récemment le photographe Dave Heath au BAL, par ses images mélancoliques, où on croise dans la foule des êtres solitaires, perdus dans leurs pensées. Six tirages plein d’ombre et de solitude sont exposés sur le stand de la galerie Howard Greenberg, et méritent bien une visite, car le photographe était un tireur hors-pair.
Galerie Howard Greenberg, stand C18.
L’apartheid de David Goldlblatt

   


Pour célébrer le grand photographe sud-africain David Goldblatt, qui est mort cette année, la galerie Goodman, de Johannesburg, lui consacre tout son stand. L’occasion de voir et revoir ses photos à la fois douces et terribles, qui décrivent le quotidien d’une société sous l’apartheid. David Goldblatt a montré toute la population, mais les images choisies se concentrent sur le sort des personnes de couleur – pas seulement les Noirs – parquées dans des ghettos, interdites de circuler, limitées à certains emplois, expropriées ou brutalement déplacées du lieu où elles ont grandi pour faire la place aux Blancs.

        Lire la critique de l’exposition au Centre Pompidou (en février 2018) :
         

          David Goldblatt dans les failles de l’Afrique du Sud



Galerie Goodman, stand B28.
La vie rêvée de Michel Journiac

   


La galerie Christophe Gaillard consacre tout son stand à Michel Journiac, pour son œuvre « 24 heures de la vie d’une femme ordinaire » de 1974 où, lors d’une performance, travesti, il rejouait les actions stéréotypées d’une femme au foyer. Dans les photographies, il parodie les clichés véhiculés par la presse féminine, avec les tâches qui sont attendues de la femme, aux petits soins pour son mari, mais aussi les fantasmes contradictoires dont elle fait l’objet –communiante, prostituée…

        Lire la critique de deux rétrospectives à Paris et à Bourges :
         

          Michel Journiac, sans concession



Galerie Christophe Gaillard, stand B21.
La passion photographique d’Emile Zola

   


L’écrivain était un passionné de photographie, au point d’avoir une chambre noire dans la maison familiale. Ou plutôt deux chambres noires dans ses deux maisons, vu qu’il avait une double vie. La galerie Daniel Blau vend un album de famille du photographe, ainsi que des tirages plus grands qui sont des portraits tendres de son fils Jacques, issu de sa liaison amoureuse avec Jeanne Rozerot. Des tirages sur différents papiers qui montrent combien l’écrivain aimait à expérimenter avec la photographie.
Galerie Daniel Blau, stand B18.
Les jeux sexuels de Renate Bertlman

   


L’Autrichienne Renate Bertlman, qui a exploré l’image de la femme depuis les années 1970, est présentée dans le nouveau secteur « Curiosa », dédié à l’érotisme. Et elle a une façon bien à elle, pleine d’humour, d’évoquer la chose : quand elle ne photographie pas les caresses de deux ballons de baudruche, elle suit la vie sexuelle débridée d’un couple de poupées gonflables.
Galerie Steinek, secteur Curiosa SC3.
Les chutes sculpturales de Denis Darzacq

   


La galerie RX dédie son stand entier à Denis Darzacq, dont l’œuvre a beaucoup évolué : d’abord des mises en scène collaboratives, avec des acteurs, des jeunes, des danseurs ou des handicapés, qui tournent toutes autour de jeux sur le corps. Puis une œuvre plus abstraite et plus plasticienne, avec des photographies faites à partir de collages et de sculptures tirées du quotidien.
Galerie RX, stand E3.
La guerre trompeuse de Matthias Bruggmann

   


Prix de l’Elysée, le Suisse Matthias Bruggmann a rapporté de la guerre en Syrie des images qui troublent par leur séduction trompeuse. Il faut bien prendre le temps pour voir la fumée derrière deux enfants dans un champ, ou le détecteur de métaux dans la main d’un paysan, qui fait du trafic de pièces antiques trouvées dans ses champs.
Galerie Polaris, stand D31.
Le bout du monde de Laura Henno

   


L’artiste française est partie au bout du monde, dans un ancien terrain militaire abandonné dans le désert américain, où vivent, dans des caravanes, des familles à l’écart de la société, réunies autour d’un pasteur à la grande barbe blanche. De ces mois passés sur place, elle a tiré des photos lumineuses, qu’on a pu voir aux Rencontres d’Arles, qui disent la fragilité de cette vie précaire mais aussi la tendresse des relations entre tous ces gens hors de la norme.
Galerie Les Filles du Calvaire, stand A22.

        Lire le reportage :
         

          A Paris Photo, le marathon d’un collectionneur






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Dans le cadre du Forum philo « Le Monde » Le Mans, suivez en direct l’intervention de Cynthia Fleury et Elsa Dorlin, sur le thème « Philosopher, une vocation universelle ? ».
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ 
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<filnamedate="20181109"><AAMM="201811"><AAMMJJ="20181109"><AAMMJJHH="2018110919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Chaque semaine, « L’Epoque » paie son coup. L’irrésistible assistante de « Dix pour cent », un Molière dans la poche, se confie sans ambages.
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Laure Calamy : « Je ris trop fort non ? »


                      Chaque semaine, « L’Epoque » paie son coup. L’irrésistible assistante de « Dix pour cent », un Molière dans la poche, se confie sans ambages.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 13h57
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 16h23
    |

                            Maroussia Dubreuil








                              

                        

Une brunette au nez en trompette déboule au Cannibale Café, à deux pas de la butte de Belleville, à Paris. En ôtant sa veste zippée motif perroquets, elle dévoile un chemisier rouge cintré dont elle a ouvert les boutons du haut. « Je sors tout juste d’un casting », frémit Laure Calamy, en rejoignant illico notre photographe dans une arrière-salle vide, parée de ­larges miroirs. La jeune femme plonge une main dans son petit sac plein à craquer, d’où dépasse un Charlie Hebdo, et en sort un miroir de poche.
Nerveusement, l’actrice se fait monter le rose aux joues. Elle craint les photos. « Rester immobile, c’est difficile, non ? » Elle commande une bière blanche puis une bouteille d’eau pétillante. « Sinon l’alcool va me faire rougir », s’affole-t-elle. Devant l’objectif, Laure Calamy se raccroche à tout ce qu’elle a sous la main. Presse une rondelle de citron, se lèche les doigts et fixe quelques photographies. Entre les clichés, elle prend finalement de petites gorgées de bière pour se donner du courage.
Intarrissable sur le féminisme
A 18 h 55 surgit le bruit du foot. Ce mercredi 3 octobre, le match PSG-Etoile rouge de Belgrade est diffusé de l’autre côté du bar. Le photographe plie bagage et Laure Calamy ­rapatrie son quart de bière et sa bouteille d’eau sur une table à l’écart des supporteurs. « Un muscadet, ça peut être bien, non ? » Encore fébrile, elle revient sur le casting qu’elle a passé dans l’après-midi. « Avec un Américain ! Vu mon niveau ­d’anglais, ça m’étonnerait que je sois prise ! » En deux mois, c’est sa deuxième audition en anglais. Sans doute parce que la série Dix pour cent – la saison 3 est diffusée sur France 2 à partir du 14 novembre –, dans laquelle elle incarne l’assistante hyperémotive d’un agent artistique dont elle est folle amoureuse, est diffusée dans près d’une soixantaine de pays, sur Netflix, sous le titre Call My Agent. On trinque....




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Pour sa 3e édition, « Also Known As Africa » réunit les œuvres de 46 galeries, dont près de la moitié non européennes.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Foire : toute la diversité de l’art africain à l’AKAA

Pour sa 3e édition, « Also Known As Africa » réunit les œuvres de 46 galeries, dont près de la moitié non européennes.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 11h28
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 14h04
    |

                            Philippe Dagen








                        



                                


                            

Troisième édition parisienne d’AKAA, acronyme d’« Also Known As Africa », foire consacrée aux artistes vivant en Afrique ou d’origine africaine – Afro-Américains et membres de la diaspora européenne. Ils sont présentés par des galeries qui sont loin d’être toutes établies sur le continent. En 2016, à la fondation de la manifestation, elles étaient 30. Elles sont aujourd’hui 46, dont 9 sud-africaines, 3 marocaines, 2 sénégalaises, 1 angolaise, 1 éthiopienne, 1 ougandaise, 1 zimbabwéenne et 1 ivoirienne. Les autres sont européennes. Ces chiffres sont très proches de ceux qu’affiche 1.54, autre foire conçue sur le même principe et qui se tient à Londres – cette année, elle a eu lieu du 4 au 7 octobre. Elle a réuni 43 galeries et à peu près 130 artistes, soit le même nombre qu’annoncé à l’AKAA.

A Londres ou à Paris, la question première est elle aussi la même : le principe d’une foire fondée sur la provenance géographique plus ou moins directe des artistes est-il pertinent ? L’art qui se fait en Afrique est demeuré à peu près totalement absent des lieux d’exposition et du marché international jusqu’à la fin de la première décennie du XXIe siècle, à de rares exceptions près, dont celle du peintre congolais Chéri Samba. Seul l’art ancien, celui qui avait été collecté et emporté par les Européens au temps de la colonisation, était visible, comme s’il ne se créait plus rien au sud du Sahara depuis le début du XXe siècle. Pour renverser l’inégalité, pour en finir avec la discrimination et l’ignorance, il faut assurément un volontarisme acharné et l’AKAA en est l’un des instruments. Contre le refus de voir et de savoir, rien de mieux qu’un effet de groupe, du moins dans un premier temps.

Mais il n’existe pas plus un art africain actuel qu’un art asiatique ou américain actuel, pas plus d’écoles continentales que d’écoles nationales. Artistes, idées, références et œuvres voyagent en tous sens et très vite. Ceux qui sont...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Cette manifestation, qui a lieu à Paris du 9 au 11 novembre, est la seule foire d’art contemporain en France centrée sur l’Afrique.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Entretien avec Nikolaus Wostry, directeur général des Archives du film autrichien, pour une rétrospective présentée au Festival international du film de Vienne.
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Cinéma : « Il y a eu un apport considérable des juifs à la culture autrichienne »

Entretien avec Nikolaus Wostry, directeur général des Archives du film autrichien, pour une rétrospective présentée au Festival international du film de Vienne.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 10h18
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            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

Directeur général des Archives du film autrichien, Nikolaus Wostry a conçu la rétrospective « Mondes juifs dans le cinéma muet germanophone », composée de douze films des années 1920, présentée au Festival international du film de Vienne (Viennale), qui s’est tenu du 25 octobre au 8 novembre.

Vous avez coprogrammé la rétrospective présentée à la Viennale. Quelle était votre intention ?
Cette programmation s’inscrit dans le cadre de la célébration des quatre-vingts ans de l’Anschluss, et des cent ans de la République d’Autriche. Nous l’avons conçue, dans le cadre de la Viennale, comme une extension de l’exposition qui se tient depuis mars aux Archives, « La Ville sans (juifs, musulmans, réfugiés, étrangers) ». Ce titre s’inspire d’un film de 1924, La Ville sans juifs, de Hans Karl Breslauer, récemment restauré, que nous montrons dans cette rétrospective. C’était une façon pour nous d’établir un lien entre le passé et le présent. Il y a depuis l’établissement de la République dans ce pays une instrumentalisation politique de l’antisémitisme et du rejet de l’étranger comme jamais il n’y en avait eu au temps de la monarchie. La culture viennoise est pourtant intimement liée au cosmopolitisme et plus particulièrement à la présence et à la créativité juives. C’est de cette richesse dont témoignent précisément les films que nous montrons, dont certains ont d’ailleurs connu un grand succès.
Ce que montrent aussi la plupart de ces films, c’est souvent l’ambiguïté, voire la haine, qui s’exercent vis-à-vis de cette présence juive…
C’est tout le paradoxe. Il y a eu un apport considérable des juifs à la culture nationale et, en même temps, on ne leur a jamais vraiment donné la possibilité de s’intégrer. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, l’Autriche s’est revendiquée de ce cosmopolitisme pour mieux se démarquer de l’Allemagne nazie et se présenter comme victime. C’était oublier...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Deux livres analysent les mécanismes étatiques à l’œuvre au front comme à l’arrière, pendant le conflit de 1914-1918.
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1914-1918. Derrière la mobilisation

Deux livres analysent les mécanismes étatiques à l’œuvre au front comme à l’arrière, pendant le conflit de 1914-1918.



LE MONDE DES LIVRES
 |    09.11.2018 à 10h01
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 10h29
    |

                            Antoine Flandrin








                        



                                


                            
Les Mises en guerre de l’Etat. 1914-1918 en perspective, sous la direction de Sylvain Bertschy et Philippe Salson, ENS Editions, 362 p., 29 €. Les Fronts intérieurs européens. L’arrière en guerre (1914-1920), sous la direction de Laurent Dornel et Stéphane Le Bras, PUR, « Histoire », 372 p., 28 €.

Plus la première guerre mondiale s’éloigne, plus ce temps d’exception pendant lequel les Etats ont réussi à mobiliser les sociétés européennes, au front et à l’arrière, nous taraude. Cette idée a guidé deux colloques qui se sont tenus dans le cadre des commémorations du centenaire.
Champ de forces
Le premier, organisé par le CRID 14-18 à Paris, Laon et Craonne (Aisne), en octobre et novembre 2014, a donné à son comité scientifique l’idée de publier Les Mises en guerre de l’Etat, ouvrage envisagé non comme une simple retranscription de communications, mais comme une entreprise collective de réécriture visant à les faire entrer en résonance les unes avec les autres. Le second a eu lieu à l’université de Pau, en novembre 2015 ; il débouche aujourd’hui, plus classiquement, sur la parution de ses actes, Les Fronts intérieurs européens.

Jugeant le terme « mobilisation » imprécis – tant il est vrai que celle-ci peut être militaire, mais aussi industrielle, économique, idéologique et culturelle –, les membres du CRID 14-18 lui préfèrent la notion de « mise en guerre » pour mieux appréhender le caractère chronologiquement différencié des engagements guerriers, des investissements financiers et des modes de participation, militaire ou civil, au conflit.
L’approche sociohistorique et sociopolitique qui est la leur permet de préciser ce que l’on entend par Etat, à savoir non pas un bloc imposant son autorité à tous les corps sociaux, mais plutôt un champ de forces dans lequel les acteurs politiques, militaires, administratifs et financiers luttent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Cent ans après, la Grande Guerre inspire toujours. Depuis plus de vingt ans, deux camps d’historiens français s’opposent notamment sur les ressorts de la mobilisation des appelés et la contrainte étatique.
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1914-1918. Frédéric Rousseau, historien : « Il faut clarifier ce que l’on entend par consentement »

Cent ans après, la Grande Guerre inspire toujours. Depuis plus de vingt ans, deux camps d’historiens français s’opposent notamment sur les ressorts de la mobilisation des appelés et la contrainte étatique.



LE MONDE DES LIVRES
 |    09.11.2018 à 09h57
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 10h26
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            
14-18, penser le patriotisme, de Frédéric Rousseau, « Folio histoire », inédit, 482 p., 8,30 €.

Il y a ceux de Péronne, et ceux de Craonne ; les tenants de la thèse du « consentement patriotique », facteur dominant, selon eux, de la mobilisation des Français entre 1914 et 1918, et ses contestataires : l’histoire de la première guerre mondiale fait l’objet, depuis plus de vingt ans, d’une querelle entre deux camps d’historiens français, qui ne s’apaise pas. Les premiers, réunis autour de l’Historial de la Grande Guerre de Péronne (Somme), fondé en 1992 et qui rassemble dans son comité directeur Jean-Jacques Becker, Stéphane Audoin-Rouzeau, Annette Becker ou Bruno Cabanes, estiment lutter contre une idéologie dominante qui, négligeant la vivacité, chez les Français d’alors, du désir de défendre la patrie, transformerait les combattants en victimes de la contrainte étatique.
Mais les seconds, eux aussi, pensent lutter contre une thèse dominante, qu’ils jugent, quant à elle, oublieuse de la complexité des réalités sociales. Ils se regroupent dans le Collectif de recherche internationale et de débat sur la guerre de 1914-1918 (CRID 14-18) de Craonne (Aisne), créé en 2006, autour d’un comité scientifique réunissant Rémy Cazals, Nicolas Offenstadt ou François Bouloc. Frédéric Rousseau, professeur d’histoire contemporaine à l’université Paul-Valéry-Montpellier-III, en est le directeur. A quelques jours du centenaire de l’armistice du 11 novembre 1918, il publie 14-18, penser le patriotisme, occasion de faire le point sur la querelle en effet inépuisable du sens et de la valeur d’un des événements décisifs de l’histoire européenne.
Pourquoi était-il nécessaire de revenir aujourd’hui sur ces débats ?
Je dois d’abord rappeler qu’aucune discipline scientifique ne peut faire l’économie de controverses. C’est dans l’hypothèse où il n’y en aurait pas...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Dans le cadre du Forum philo « Le Monde » Le Mans, suivez en direct la leçon inaugurale de Roger-Pol Droit, sur le thème « Tous philosophes ? ».
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Le Pavillon de l’Arsenal, à Paris, invite à explorer les liens entre la ville et le sol, entre urbanisme et agriculture.
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Exposition : métropoles en mal de cultures

Le Pavillon de l’Arsenal, à Paris, invite à explorer les liens entre la ville et le sol, entre urbanisme et agriculture.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 09h12
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 15h29
    |

            Isabelle Regnier








                        



                                


                            

La planète peut-elle échapper au destin de décharge toxique que lui prédirent, il y a dix ans, les scénaristes du film Wall-E ? L’humanité saura-t-elle se réconcilier avec la nature avant qu’une ultime catastrophe ne la renvoie à l’âge de la pierre ? De quelles marges de manœuvre dispose-t-elle pour réduire drastiquement le gaspillage, améliorer dans des proportions équivalentes la qualité de l’air, de l’alimentation, de la biodiversité, des sols, du cadre de vie ? Face à l’explosion démographique – en 2050, la population mondiale devrait atteindre 9,8 milliards d’individus, contre 7,5 aujourd’hui, concentrée à 70 % dans les villes, contre 50 % aujourd’hui –, elles paraissent d’autant plus minces qu’elles engagent, pour en prendre la mesure, une réflexion complexe et pluridisciplinaire.
Mais ces marges existent. En se concentrant sur la question spécifique des rapports entre urbanisme et agriculture en Ile-de-France, le Pavillon de l’Arsenal invite à en explorer les tenants et les aboutissants dans une exposition aussi originale que stimulante. Le sujet pourrait sembler aride et le titre, « Capital agricole », ne fait rien pour adoucir les angles. Mais l’intelligence avec laquelle l’architecte Augustin Rosenstiehl, commissaire de l’exposition, déploie son propos, en s’appuyant sur des sources très diverses, la vitalité pop de sa scénographie rendent au contraire sa matière sensible – émouvante même par moments – et formidablement éclairante.

La ville se nourrit de la campagne. La scission entre activités urbaines et agricoles, à partir des années 1930, a fait oublier cette réalité
Convaincu qu’il faut « dépasser l’idée que notre territoire métropolitain offrirait trop peu d’espace pour envisager une agriculture capable de nourrir ses habitants », il adopte une approche transdisciplinaire ambitieuse qui rappelle celle du documentariste Dominique Marchais dans Le Temps des grâces, La Ligne de partage...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ La dernière création du chorégraphe, « Inoah », est présentée au Centquatre, à Paris, dans le cadre du Festival d’automne.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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Danse : le hip-hop brut et savant de Bruno Beltrao

La dernière création du chorégraphe, « Inoah », est présentée au Centquatre, à Paris, dans le cadre du Festival d’automne.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 08h46
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 10h59
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                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            

Quelque chose brûle dans la nuit, que l’on entend rôder, couiner, avant que cela n’apparaisse par fragments. Quelque chose se propage que l’obscurité crache avant de l’avaler de nouveau et ainsi de suite dans un phénomène de digestion permanente. Cette matière déconcertante est la danse en éruption du chorégraphe Bruno Beltrao, une boule de feu lancée sur le plateau pour un jeu de toupie sauvage intitulée Inoah.
L’artiste brésilien est pour la quatrième fois à l’affiche du Festival d’automne depuis 2005
Le hip-hop brut et savant de l’artiste brésilien, pour la quatrième fois à l’affiche du Festival d’automne depuis 2005, possède plus que jamais un esprit guérilla toujours sur le qui-vive. En duo, quatuor, à six ou tous ensemble, les dix danseurs composent des escouades qui se reconfigurent sans cesse au hasard des croisements. Un réseau de circulations vives se dessine comme la vie grouillante et souterraine d’une ville fantôme irriguée par des créatures qui se retrouvent au hasard d’un labyrinthe.
Ce flux étrange a d’abord les pieds coupés. Pas les nerfs. Il flotte au-dessus d’un lac sombre. L’obscurité est son habitat, son combustible. Les silhouettes, en costumes blancs et larges, lévitent. La blancheur des mollets nus vibre. Sur le sol se forment des halos opaques et blafards comme ceux de lampes de poche. Ils activent un théâtre d’ombres où le souffle, les frottements de mains, les frappes de pieds tambourinent une histoire à suspense, faite de menace et de danger.
Vitesse sidérante
Sur le plateau vide dont les entrailles grondent de plus en plus fort, la vitesse de la propagation de la danse est sidérante. Insurrection intime, elle se formalise sans s’arrêter, dans des enchaînements tourbillonnants jamais vus. A peine le temps de noter la trajectoire d’un interprète qu’il a déjà été englouti. Dans ce spectacle sans esbroufe, l’art et la technique du déséquilibre culminent à haut niveau. La virtuosité est une merveilleuse...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ A 40 ans, l’artiste continue de dénoncer les dérives de son art comme la violence des quartiers. Après une pièce à succès, « A vif », qu’il adapte pour Netflix, il tape toujours aussi fort avec son nouvel album, « J’rap encore ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/11/2018
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Kery James porte le flow là où ça fait mal


                      A 40 ans, l’artiste continue de dénoncer les dérives de son art comme la violence des quartiers. Après une pièce à succès, « A vif », qu’il adapte pour Netflix, il tape toujours aussi fort avec son nouvel album, « J’rap encore ».



M le magazine du Monde
 |    09.11.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 10h27
    |

                            Clémentine Goldszal








                              

                        

Ils sont nombreux, les fans de rap aujourd’hui quadragénaires à avoir fait leur éducation civique sur les rimes de NTM ou IAM, à avoir appris à versifier avec les Sages Poètes de la Rue et à se révolter avec le Secteur Ä et La Rumeur.
Devenu champion des ventes et roi des stades, le rap traverse pourtant depuis une quinzaine d’années une crise d’identité : devenue acceptable par le grand public, digérée par l’industrie du disque, la révolte s’émousse parfois au profit d’une version expurgée, conforme sur la forme mais vide dans le fond.
« Si je commençais aujourd’hui, je ne choisirais probablement pas le rap. »
Cet été, pendant que Booba ou Kaaris faisaient les gros titres à la suite d’une rixe à l’aéroport d’Orly, Kery James, 40 ans dont près de trente passés derrière un micro, travaillait sans relâche pour dresser, dans son nouvel album, J’rap encore, le rapport d’autopsie d’un « art à l’agonie ». « Si je commençais aujourd’hui, je ne choisirais probablement pas le rap », assène-t-il, assis bien droit dans le canapé du studio d’enregistrement de Teddy Corona et DJ Mosko, ses collaborateurs de toujours, aménagé au sous-sol d’un immeuble d’habitation sans intérêt de Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne). Venant de l’un des patrons du genre, auteur de chansons emblématiques du rap dit « conscient », dont certaines culminent à près de vingt millions de vues sur YouTube, le constat fait mal.

Né Alix Mathurin à la Guadeloupe, de parents haïtiens, arrivé en métropole à 7 ans, Kery James a grandi à Orly, « dans les favelas de France », disait-il en 2012 dans Lettre à la République. Il commence à rapper à l’adolescence, et dénonce le racisme, la pauvreté et la violence des quartiers au sein d’un collectif qui fera date dans l’histoire du rap français, la Mafia K’1 Fry. Agrégat de DJ, de graffeurs et de rappeurs de l’est de la région parisienne, le groupe voit émerger Rohff,...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ A la Viennale, en Autriche, un programme de douze films muets des années 1920 ne laisse pas indemne.
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/11/2018
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Festival : les fantômes juifs du cinéma germanophone

A la Viennale, en Autriche, un programme de douze films muets des années 1920 ne laisse pas indemne.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 10h19
    |

            Jacques Mandelbaum (Vienne (Autriche)








                        



                                


                            

Cela se passe en Europe. Montée du populisme et du nationalisme. Disqualification des élites. Haine de l’immigré. Flambées ­antisémites. Ombre du fascisme qui gagne le continent. On ne parle pas, à Dieu ne plaise, de l’Europe de 2018, mais de celle des années 1920. C’est au cœur de cette décennie que le Festival international du film de Vienne (qui s’est tenu du 25 octobre au 8 novembre), dirigé, depuis cette année, par Eva Sangiorgi, a extrait les douze films d’un programme proposé par les Archives du film autrichien, intitulé « Mondes juifs dans le cinéma muet germanophone ». Tandis que les pogroms, la révolution bolchevique et la première guerre mondiale provoquent un fort courant d’émigration des juifs de l’Est vers le monde occidental, le « juif » devient à cette époque la figure de l’altérité par excellence.

L’Autriche et l’Allemagne sont, de par leur position géographique, aux premières loges. La manière dont leur cinéma (la production et le marché germaniques sont poreux) représente ces nouveaux venus, si familiers par leur langue (le yiddish), si lointains par leur culture, est donc une question politiquement passionnante. On ne trouvera pas ici de performance esthétique ­majeure – sinon dans l’expressionnisme onirique de Paul Wegener (Le Golem, 1920) ou dans l’extraordinaire modernité de jeu et l’art de la composition plastique de Carl Theodor Dreyer (Aimez-vous les uns les autres, 1922).

Le corpus témoigne en revanche d’une réelle diversité de ­genres. Biopic politique (Theodor Herzl, étendard du peuple juif, d’Otto Kreisler, 1921), drame historique orientalisant à grand spectacle (Nathan le sage, de Manfred Noa, 1922), mélodrame d’entre-deux mondes (Das alte Gesetz, « La Vieille Loi », d’Ewald André Dupont, 1923), ­fiction dystopique (La Ville sans juifs, de Hans Karl Breslauer, 1924), comédie viennoise ­contem­poraine (Réunion familiale chez les Prellstein,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Chaque vendredi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix d’événements pour petits et grands.
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Centenaire de 1914-1918, cirque et artistes en exil : nos idées de sorties pour le week-end

Chaque vendredi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix d’événements pour petits et grands.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 10h32
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Au programme pour cette fin de semaine : un week-end commémoratif de la Grande Guerre en musique, loin des champs de bataille ; un insolite mélange de récit de vie et de théâtre d’objets sur le thème de la Shoah avec Naomi Yoeli au Théâtre Dunois (Paris 13e) ; la nouvelle production XXL du Cirque du Soleil signée Robert Lepage au bois de Boulogne (Paris 16e) ; le festival interdisciplinaire Visions d’exil au Palais de la porte Dorée (Paris 12e) ; un hymne pour un enfant à naître avec Amadouce, de Michèle Nguyen au Petit Ney (Paris 18e) ; une réflexion du chorégraphe iranien Ali Moini sur les motifs de la contrainte au Centre Pompidou (Paris 4e) ; une exposition de trésors venus de Kyoto au Musée Cernuschi ( Paris 8e).
MUSIQUE. Un week-end commémoratif de la Grande Guerre, loin des champs de bataille

   


Foisonnement d’itinérances mémorielles sonores en ce week-end du 11-Novembre, qui sera musicalement poilu ou ne sera pas. On pourra commencer, dès vendredi 9 novembre, à la Cité de la Musique où Emmanuelle Bertrand jouera une copie du « Poilu », un violoncelle de guerre joué dans les tranchées par Maurice Maréchal, une histoire dans l’Histoire dévoilée en compagnie de l’acteur François Marthouret. Samedi, c’est en l’Eglise Saint-Louis-en-l’Ile que se commémorera le « Centenaire du 11 novembre 1918 » avec l’Ensemble Les Muses galantes et des récitant. L’Orchestre philharmonique de Radio France proposera, au Studio 104 de la Maison de la Radio, un « concert fiction » élaboré par France Culture autour des textes d’Apollinaire « Poèmes de la guerre et de la paix ». Avant de faire cause commune, le lendemain, avec le Chœur de l’Opéra de Silésie dans un spectacle intitulé « Shell Shock, A Requiem of War », œuvre puissante de Nicholas Lens sur un livret de Nick Cave qui explore le syndrome traumatique des soldats revenus de la guerre, mis en scène à la Philharmonie de Paris par Sidi Larbi Cherkaoui. Quant au Chœur de Paris et l’Orchestre Musici Europae, ils célèbreront, au Val de Grâce, « 100 ans d’armistice » avec les « Requiems » de Mozart et de Fauré, un concert repris le lendemain en l’Eglise Saint-Roch. Marie-Aude Roux
Philharmonie de Paris et Cité de la Musique, Paris 19e. Tél. : 01-44-84-44-84. De 18 € à 100 €. Le 9 novembre, à 20 h 30, et le 11 novembre, à 21 heures. Eglise Saint-Louis-en-l’Ile, Paris 4e. Tél. : 06-77-58-30-40. Participation libre. Le 10 novembre, à 16 heures. Maison de la Radio, Studio 104, Paris 16e. Tél. : 01-56-40-15-16. De 10 € à 25 €. Le 10 novembre, à 20 h 30. Eglise Notre-Dame du Val-de-Grâce, Paris 5e. Le 10 novembre, à 20 h 30 et Eglise Saint-Roch, Paris 1er. Tél. : 07-70-11-19-23. Tarif unique : 25 €. Le 11 novembre, à 16 heures.
THÉÂTRE D’OBJETS. Les récits autour d’une table de Naomi Yoeli, au Mouffetard

Saluée par la critique dans son pays comme une conteuse hors pair et une talentueuse femme de théâtre, l’Israélienne Naomi Yoeli se produit rarement en France. Autant de raisons pour ne pas manquer les quelques représentations de son spectacle My Ex-Stepmother-in-Law (2015) proposées, du 6 au 11 novembre, par Le Mouffetard – Théâtre des arts de la marionnette, en partenariat avec le Théâtre Dunois à Paris. Sur un sujet particulièrement délicat, l’Holocauste, elle met en place un dispositif scénique original autour d’une table ronde et d’objets miniatures (un minuscule piano, de la vaisselle en porcelaine, une boule d’argile, des photographies…). A chacun de ces objets symboliques, enfermés dans des tiroirs, qui sont désignés à l’aide d’une « roue du hasard » tournée par des volontaires choisis dans le public, correspond une histoire inspirée de la vie longue et mouvementée de la mère de son ex-mari (qui donne son titre au spectacle). Prénommée Agi, cette vieille dame, née en Ukraine, est une sculptrice, spécialiste de la céramique, qui vit à Tel-Aviv, une amatrice de bons petits plats et de récits en tous genres, avec laquelle l’artiste a partagé d’innombrables conversations pendant trente ans. Avec, toujours en filigrane, l’avant et l’après-Shoah. Une façon insolite de pénétrer dans l’intimité des souvenirs (et des non-dits) d’une survivante. Cristina Marino
« My Ex-Stepmother-in-Law », de et par Naomi Yoeli, spectacle présenté en français. Théâtre Dunois, 7, rue Louise-Weiss, Paris 13e. Tél. : 01-45-84-72-00. Tarifs : 10 €, 12 € et 16 €. Les vendredi 9 et samedi 10, à 20 heures, le dimanche 11 novembre, à 16 heures.
CIRQUE. Une production XXL de Robert Lepage pour le Cirque du Soleil, au bois de Boulogne

   


Le metteur en scène canadien Robert Lepage s’attaque pour la deuxième fois à une mise en scène pour le Cirque du Soleil, la méga-entreprise de la piste. Après KÀ™, créé en 2004, il a écrit un scénario sur l’origine du monde et de l’humain. Intitulée Totem, cette production XXL comme le veut la marque brasse large. Elle convoque, sur une île qui ressemble à une tortue géante, les amphibiens, les Néandertaliens, les primates, les aborigènes pour finir dans la civilisation contemporaine. Un périple immense entre images traditionnelles et visions contemporaines servies avec des numéros de haute virtuosité (cerceaux, monocycles, trapèze, patins à roulettes, contorsion…) et l’esthétique flamboyante du Cirque du Soleil. Quarante-six artistes de dix-neuf pays donnent corps à Totem. Rosita Boisseau
« Totem », par le Cirque du Soleil. Grand Chapiteau, plaine de jeux de Bagatelle, bois de Boulogne, route de Sèvres, Paris 16e. Du mardi au vendredi, à 20 heures, le samedi, à 16 h 30 et à 20 heures, le dimanche, à 13 h 30 et à 17 heures. Billets également disponibles sur Livenation.fr
FESTIVAL. Visions d’exil, l’art sans frontières, au Palais de la porte Dorée

   


L’Atelier des artistes en exil, lancé à Paris à l’été 2017 pour offrir aux artistes un espace de travail et de soutien pendant leurs démarches administratives, fait figure de rayon de soleil dans le paysage migratoire français. Une hospitalité créative qui est devenu en quelques mois le creuset d’artistes venus de Syrie, d’Afghanistan, d’Irak, de la République démocratique du Congo, d’Ouganda ou encore du Soudan, hommes et femmes, réalisateurs, performeurs, poètes, danseurs, sculpteurs, photographes, musiciens… A l’automne 2017, le duo à l’origine de cette fragile maison des artistes, Judith Depaule et Ariel Cypel, concoctait un premier festival interdisciplinaire. La deuxième édition revient en force sur deux sites : au Palais de la porte Dorée, puis à la Cité internationale des arts (à partir du 16 novembre). Ce week-end fera la part belle aux visiteurs en famille, avec le spectacle musical Un nôtre pays ! (de Karam Alzouhir et Claire Audhuy), sur le parcours d’un jeune réfugié, et mêlant musiques expérimentale, orientale et jazz (vendredi 9 novembre, à 14 h 30 et 20 heures) et le spectacle en chansons Le Jeune Yacou (de Yacouba Konaté), sur le chemin d’exil d’un enfant de la Côte d’Ivoire jusqu’à la France, en passant par la Libye et la Méditerranée (samedi 10, à 15 heures). Deux films seront projetés samedi : Dialogues d’exilés, de Raoul Ruiz (16 heures), et Les Spectres hantent l’Europe, de Maria Kourkouta & Niki Giannari (18 h 30), avec un débat à la clé. Enfin, le dimanche sera festif, avec un « Bal hip-hop » (15 heures), conduit par Bouba Colorz, spécialiste du break-dance, ouvert à tous. Emmanuelle Jardonnet
Visions d’exil, Palais de la porte Dorée, 293, avenue Daumesnil, Paris 12e. Entrée libre.
ARTS DU RÉCIT. L’ode pour un enfant à naître de Michèle Nguyen, au Petit Ney

   


La conteuse et écrivaine Michèle Nguyen, récompensée par le Molière du spectacle jeune public pour Vy en 2011, s’est faite rare ces derniers temps sur la scène parisienne, ce qui rend d’autant plus appréciable sa présence au café littéraire associatif Le Petit Ney, samedi 10 novembre, dans le cadre de la soirée mensuelle organisée par le collectif Contes à croquer. Après une scène ouverte, de 19 h 30 à 20 h 15, où chacun(e) pourra prendre la parole pour raconter une histoire, et le traditionnel dîner végétarien préparé par Ivanne et Sidonie, Michèle Nguyen présentera, à partir de 21 heures, l’un de ses grands succès, Amadouce (créé en 2004, texte publié en 2009 aux Editions Lansman). Un récit autobiographique particulièrement émouvant sur ses neuf mois de grossesse avant la naissance de sa fille. Un spectacle, mis en scène par Alberto Garcia Sanchez, qui lui tient à cœur, comme elle l’écrit elle-même : « La création d’Amadouce a été un moment précieux dans mon parcours. Un moment de grande joie. Une joie que je retrouve intacte à chaque fois que je le joue. Celle de dire oui à un ventre qui s’arrondit. De se laisser sculpter par la vie. (…) Chaque mot de ce spectacle respire avec moi. » Un joli moment d’émotion en perspective. C. Mo.
« Amadouce », de et par Michèle Nguyen. Le Petit Ney, 10, avenue de la Porte-de-Montmartre, Paris 18e. Tél. : 01-42-62-00-00. Tarifs : 8 € (adhérent) et 12 € ; formule spectacle + un plat à 14 € (adhérent) et 17 €. Réservation obligatoire. Le samedi 10 novembre, à partir de 19 h 30.
DANSE. Variations autour de la contrainte par Ali Moini, au Centre Pompidou

   


Le chorégraphe iranien Ali Moini creuse une réflexion toujours aiguisée sur les motifs de la contrainte qu’elle soit choisie ou non. Avec quatre interprètes en scène, sa nouvelle pièce, dont il a aussi signé la scénographie, s’intitule Gaugemancy. Dans la foulée de son solo Man Anam Ke Rostam Bovad Pahlavan (2016), dans lequel il dialoguait avec une machine métallique qui le manipulait comme un pantin, cette création fusionne le thème du collectif avec celui des différences entre force et pression pour évoquer les notions de résistance et de dépassement. « La pression engendre le changement. Il nous arrive de souhaiter en jauger l’étendue. Il nous arrive même, par miracle, de tomber juste », explique-t-il pour évoquer ce spectacle qui puise ses influences auprès des pratiques des sourciers et des lutteurs comme des artisans ou des pâtissiers. Gaugemancy juxtapose le verbe « gauge », qui veut dire « jauger » en français, et le suffixe « mancy », « mancie » en français, qui désigne un ensemble de croyances. R. Bu
« Gaugemancy », d’Ali Moini. Centre Pompidou, Paris 4e. Tarifs : de 9 € à 18 €. Les 9 et 10 novembre, à 20 h 30. Le 11 novembre à 17 heures.
EXPOSITION. Kyoto dévoile ses trésors, au Musée Cernuschi

   


Il ne faut pas tarder pour se rendre au Musée Cernuschi, en bordure du parc Monceau dans le 8e arrondissement de Paris, afin d’y découvrir une rareté, une paire de paravents décorés de deux dieux, l’un du tonnerre, l’autre du vent, bondissant sur un décor doré à la feuille. Cette pièce, classée « trésor national du Japon », est l’un des joyaux de l’exposition « Trésors de Kyoto, trois siècles de création Rinpa », qui est l’occasion de découvrir des œuvres qui n’ont quasiment jamais quitté leur pays d’origine. Elles sont pour la plupart tellement précieuses qu’une rotation est prévue tous les mois d’ici à la fin de la présentation, le 27 janvier 2019, afin de les protéger, notamment de la lumière. Conçue par Manuela Moscatiello, responsable des collections japonaises du Musée Cernuschi, l’exposition réunit environ soixante pièces – peintures, gravures, paravents, éventails, céramiques, laques – réalisées par des artistes rattachés à la mouvance « Rinpa », dont l’origine remonte au XVIIe siècle à Kyoto, ancien berceau de la culture nippone. Un courant marqué par une forte présence de la nature, végétaux et animaux, et par le passage des saisons, qui s’est transmis de génération en génération d’artistes jusqu’à aujourd’hui. Sylvie Kerviel
« Trésors de Kyoto, trois siècles de création Rinpa », Musée Cernuschi, 7, avenue Vélasquez, Paris 8e. Tous les jours sauf lundi, de 10 heures à 18 heures. Tarifs : 9 € (réduit 7 €). Jusqu’au 27 janvier 2019.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Le poids du mécénat venant d’Arabie saoudite ou des géants du gaz et du pétrole pose de questions éthiques, estime, dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤                     


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« Que des musées ou opéras soient discrets sur l’argent d’entreprises accusées d’abîmer la planète surprend »

Le poids du mécénat venant d’Arabie saoudite ou des géants du gaz et du pétrole pose de questions éthiques, estime, dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde ».



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 11h20
    |

            Michel Guerrin (rédacteur en chef au « Monde »)








                        



                                


                            

Chronique. Soupçonné d’avoir fait découper en morceaux un opposant, dans son consulat d’Istanbul (Turquie), le régime saoudien voit l’opinion s’indigner. Du moins le temps que l’affaire se tasse. Une autre question surgit alors : nos musées, opéras ou festivals doivent-ils accepter l’argent de l’Arabie saoudite ? La question embarrasse car ce pays aime endosser le déguisement de mécène des arts.
La question gêne ceux qui croyaient qu’avec l’arrivée au pouvoir du prince héritier Mohammed Ben Salman (« MBS »), il y a une bonne année, le royaume allait dans le bon sens. Il a organisé, en février, un premier festival de jazz, puis donné un opéra inédit, ouvert un cinéma après trente-cinq ans sans salles. Le royaume a même annoncé qu’il organiserait plus de 5 000 festivals et concerts en 2018, soit le double de l’année précédente.
On parlait alors, non sans emphase, d’ouverture, de dialogue des civilisations. L’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, digne d’un film gore, est venu rappeler la nature répressive, conservatrice, sexiste, ultrareligieuse du régime saoudien.

Bon, tout ce que le royaume nous a donné, on ne va pas le rendre. Par exemple les 17 millions d’euros au Louvre pour aménager, en 2005, son département des arts de l’islam, et les 5 millions d’euros à l’Institut du monde arabe pour la rénovation de son bâtiment en 2017.
« Libérer le Louvre » du mécénat de Total
On verra aussi ce qu’il adviendra de l’ambitieux partenariat culturel noué entre la France et l’Arabie saoudite lors de la visite de « MBS » à Paris en avril, que ce soit dans le patrimoine, avec l’aménagement du site archéologique d’Al-Ula, la musique – avec la création d’un opéra et d’un orchestre –, le cinéma, les archives… Sur ce dossier, la France culturelle reste muette car l’Elysée a la main.

Que l’on reste discret sur le mécénat d’un Etat bipolaire – impitoyable sur ses terres, généreux à l’extérieur – est logique....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Dans une lettre ouverte, un collectif demande aux leaders des démocraties d’intervenir pour la libération du cinéaste, qui a mené une grève de la faim pendant cinq mois pour attirer l’attention sur le sort des Ukrainiens indûment détenus en Russie. Face au silence du Kremlin, il est temps que les dirigeants européens se mobilisent, estiment-ils.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤                     


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« Les chefs d’Etat des démocraties doivent obtenir de Poutine qu’il s’engage à libérer le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov »

Dans une lettre ouverte, un collectif demande aux leaders des démocraties d’intervenir pour la libération du cinéaste, qui a mené une grève de la faim pendant cinq mois pour attirer l’attention sur le sort des Ukrainiens indûment détenus en Russie. Face au silence du Kremlin, il est temps que les dirigeants européens se mobilisent, estiment-ils.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 06h00
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                            Collectif








                        



                                


                            

Lettre ouverte - Aux chefs d’Etat et de gouvernement des démocraties
En 1980, Andreï Sakharov est exilé dans la ville fermée de Gorki pour avoir alerté le monde du danger que représentait l’Union soviétique (URSS). Assigné à résidence et surveillé en permanence par le KGB, il est coupé du monde durant plusieurs années, pendant lesquelles il effectuera deux grèves de la faim et sera torturé, intubé et nourri de force. Il faudra la Perestroïka (restructuration) et la Glasnost (transparence) en 1986, pour que Mikhaïl Gorbatchev mette fin à son exil et à son calvaire.
Cela n’empêche pas un autre dissident russe, Anatoli Martchenko, de mourir dans sa cellule la même année, le 8 décembre 1986, après onze ans d’emprisonnement et une grève de la faim de 117 jours. Son crime était d’avoir révélé dans un livre la réalité des camps de travail soviétiques. Il disait notamment : « La seule possibilité de lutter contre le mal et l’illégalité consiste à mon avis à connaître la vérité. »
Cette vérité a fissuré puis fait tomber les murs. L’URSS a laissé place à la Russie, l’Ukraine, la Géorgie, les Républiques baltes… Pourtant, c’est toujours pour les mêmes raisons que le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov a entamé une grève de la faim illimitée le 14 mai [qu’il a interrompue le 5 octobre pour éviter d’être nourri de force] : faire connaître la vérité, alerter le monde « libre ».
Disparu le 10 mai 2014
La vérité, c’est qu’au XXIe siècle, Oleg Sentsov, ce jeune cinéaste auteur d’un premier film repéré par les grands festivals européens de cinéma, père de deux enfants, a disparu le 10 mai 2014 alors qu’il sortait de chez lui, enlevé par les services secrets dans sa Crimée natale, ce morceau d’Ukraine que les Russes venaient brutalement d’annexer.
La vérité, c’est qu’il a été battu et torturé, emprisonné en Russie et condamné un an plus tard à vingt ans de prison, à la suite d’un procès dénoncé comme...




                        

                        

