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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Dans sa chronique au « Monde », l’historien Pierre-Cyrille Hautcœur, tout en rappelant que l’approvisionnement en matières premières fait partie des causes de la Grande Guerre, estime que ces tensions vont perdurer si personne n’agit contre le réchauffement climatique.
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Réchauffement climatique : « Les conflits entre les pays puissants pour les ressources sont à craindre »

Dans sa chronique au « Monde », l’historien Pierre-Cyrille Hautcœur, tout en rappelant que l’approvisionnement en matières premières fait partie des causes de la Grande Guerre, estime que ces tensions vont perdurer si personne n’agit contre le réchauffement climatique.



LE MONDE ECONOMIE
 |    09.11.2018 à 17h00
    |

                            Pierre-Cyrille Hautcoeur (Directeur d'études à l'EHESS)








                        



                                


                            
« Recherches ». Les rodomontades des présidents américain Donald Trump et brésilien Jair Bolsonaro sur le climat sont inquiétantes si l’on considère le rôle que leurs deux grands pays devrait jouer dans une solution négociée au réchauffement climatique. Si des acteurs aussi importants tentaient d’échapper à l’accord de Paris, on peut craindre une ruée vers les territoires susceptibles d’être protégés ou même de bénéficier du changement climatique. Une perspective qui rappelle les tensions internationales apparues au début du XXe siècle autour du contrôle de l’approvisionnement en matières premières, tensions que certains historiens, depuis Avner Offer (The First World War, an Agrarian Interpretation, Oxford, 1991, non traduit), considèrent comme l’origine profonde de la première guerre mondiale.
Durant les décennies qui précèdent la Grande Guerre, les grandes puissances se sont engagées dans une course au contrôle des territoires « vides »
Durant les décennies qui précèdent la Grande Guerre, les grandes puissances se sont en effet engagées dans une course au contrôle des territoires qu’elles considèrent comme vides, de l’ouest américain à la Sibérie en passant par de grandes parties de l’Afrique. Si les raisons de cet expansionnisme sont multiples, une question prend une importance stratégique au début du XXe siècle : la sécurité des approvisionnements en ressources naturelles.
En effet, les industries européennes sont devenues plus dépendantes que jamais de matières premières importées, du coton au pétrole en passant par le cuivre ou le caoutchouc. Du fait de l’accroissement de la population, même l’alimentation du continent requiert de plus en plus d’importations depuis l’étranger (blé américain et russe, viande argentine ou australienne, café ou sucre brésiliens). La Grande-Bretagne est alors « l’atelier du monde » : elle n’importe presque que des produits primaires et n’exporte que des produits manufacturiers...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Le chauffage, premier poste de dépenses, suscite de nombreux litiges, détaille la journaliste du « Monde » Rafaële Rivais dans sa chronique bimensuelle.
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Copropriétés : avec le froid, ça va chauffer

Le chauffage, premier poste de dépenses, suscite de nombreux litiges, détaille la journaliste du « Monde » Rafaële Rivais dans sa chronique bimensuelle.



LE MONDE ECONOMIE
 |    09.11.2018 à 17h00
    |

            Rafaële Rivais








                        



                                


                            
Chronique. L’arrivée du froid risque de susciter des frictions dans les copropriétés équipées d’un chauffage collectif : à quelle date faut-il le remettre en route ? Peut-on cesser de payer ses charges si l’on grelotte ? Le chauffage, premier poste de dépenses, suscite de nombreux litiges.
Certains d’entre eux sont liés au fait que le règlement impose aux copropriétaires non raccordés à une installation collective de payer quand même des charges. Ceux qui le contestent devant les tribunaux se voient appliquer la jurisprudence suivante, explique Me Jean-Robert Bouyeure, avocat honoraire et rédacteur en chef de la revue juridique Administrer : si le raccordement est aisé, ils doivent payer ; s’il nécessite des travaux importants, ils n’y sont pas tenus.
Répartition des charges
Prenons l’exemple suivant : M. X, devenu propriétaire en 2010 d’un petit appartement au 1er étage d’un immeuble haussmannien, refuse d’acquitter les charges du chauffage collectif, au motif qu’il n’y est pas raccordé, et que celui-ci ne présente aucune utilité pour son lot, équipé d’un chauffage individuel. Il invoque l’article 10 de la loi du 10 juillet 1965, aux termes duquel « les copropriétaires sont tenus de participer aux charges entraînées par les services collectifs et les éléments d’équipement commun en fonction de l’utilité que ces services et éléments présentent à l’égard de chaque lot ».
Le syndicat de copropriétaires l’assigne, et la cour d’appel de Paris ordonne une mesure d’expertise. L’expert, qui dépose son rapport le 3 mars 2014, explique qu’autrefois, un seul appartement occupait le premier étage. Il était affecté de 150 millièmes de la copropriété, et de seulement 100 millièmes de charges de chauffage, du fait que son arrière était chauffé de manière indépendante, par la propriétaire. Au cours des années 1980, il a été divisé en deux lots : « Le lot n°44, grand appartement côté avenue du Président-Wilson,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’économiste Roger Guesnerie rappelle que les certitudes de la science économique ont, de tout temps, été bousculées par les mutations de l’histoire.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
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« Les interactions entre la théorie économique et les faits sont à double sens »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste Roger Guesnerie rappelle que les certitudes de la science économique ont, de tout temps, été bousculées par les mutations de l’histoire.



LE MONDE ECONOMIE
 |    09.11.2018 à 16h15
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 16h19
    |

                            Roger Guesnerie (Professeur honoraire au Collège)








                        



                                


                            


Tribune. La réflexion des économistes prend appui sur des réalités mouvantes et s’inscrit dans le temps long. Dans la lignée des réflexions des physiocrates et d’Adam Smith, le débat du XIXe siècle sur le fonctionnement et les mérites du marché va nourrir le développement du savoir économique. Et ce débat est conflictuel. D’un côté, Marx se rallie à la vision catastrophiste de l’avenir du capitalisme. De l’autre, Marshall pense l’économie comme la juxtaposition de marchés efficients, et Walras met en exergue la complexité des interdépendances. Viendra, avec le XXe siècle et la crise de 1929, la critique de Keynes, dont le message s’affaiblira au fur et à mesure de la montée de l’influence de l’Ecole de Chicago, à partir de 1970.

Car les interactions entre la théorie et les faits sont à double sens. La pensée économique, qui s’appuie sur les leçons de l’histoire, influence les choix de politique économique, lesquels déterminent à leur tour pour partie ladite histoire. Ainsi, dans l’Angleterre du début du XIXe siècle, tentée par l’ouverture de ses frontières, l’argumentaire pro-libre-échange de David Ricardo pèsera dans le débat politique, ce qui aboutira à l’abrogation des tarifs protecteurs de l’agriculture britannique en 1846. Cette année marque le point de départ de ce que l’on désigne parfois par « la première mondialisation », qui perdurera jusqu’au début du XXe siècle. Il faudra attendre les années 1920 pour que, l’histoire ayant fortement égratigné l’optimisme ricardien, cette mondialisation soit réinterprétée de façon plus convaincante par deux économistes suédois, Heckscher et Ohlin.
Les choses n’ont guère changé. Aujourd’hui plus qu’hier, des économistes instruisent les choix de politiques – pensons à l’implication du Fonds monétaire international ou de la Banque mondiale. Mais aujourd’hui comme hier, les événements mettent à l’épreuve nombre d’explications...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Pour retrouver le soutien de ses citoyens, l’UE doit renforcer la coopération entre Etats et améliorer la protection contre les risques, estime l’économiste Agnès Bénassy-Quéré, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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« L’Europe a cessé d’être invisible, c’est une évolution positive »

Pour retrouver le soutien de ses citoyens, l’UE doit renforcer la coopération entre Etats et améliorer la protection contre les risques, estime l’économiste Agnès Bénassy-Quéré, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    09.11.2018 à 16h14
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 16h19
    |

                            Agnès Bénassy-Quéré (Professeur à l'Ecole d'Economie de Paris, Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            

Tribune. Selon l’Eurobaromètre du Parlement européen, le soutien des citoyens au projet européen a atteint un point bas en mai 2011. A cette époque, 47 % seulement des Européens pensaient que « de manière générale, l’appartenance de mon pays à l’Union européenne est une bonne chose », 18 % pensaient que c’était « une mauvaise chose », 31 % que ce n’était « ni bien ni mal », et 4 % étaient sans opinion. Depuis cette date, les opinions favorables se sont redressées continûment, pour atteindre 62 % en septembre 2018. A 61 %, la France se situe tout près de la moyenne, derrière l’Allemagne (81 %) mais devant l’Italie (42 %).
Le sondage annuel réalisé par Kantar Public pour les Journées économiques de Lyon (du 6 au 8 novembre) nous révèle cependant un paradoxe. Si les personnes interrogées sont favorables, en grande majorité, à davantage d’intégration européenne dans des domaines tels que l’immigration, la défense, les politiques sociales et fiscales, elles pensent que ce sont avant tout les gouvernements nationaux qui doivent relever les grands défis qu’ils identifient : inégalités, changement climatique, flux migratoires. La voie est donc étroite pour les politiques européennes et il est d’autant plus important de les énoncer clairement, peut-être autour de deux concepts-clés : la coopération entre Etats et la protection contre les risques.
Coopération entre Etats, d’abord. Si l’approfondissement du marché unique (notamment dans le domaine des services) recèle des gains de productivité, et donc de richesse, du même ordre de grandeur que ce qui a déjà été obtenu depuis les débuts de la construction européenne, promouvoir la concurrence ne constitue pas un programme européen. Un équilibre doit être trouvé entre, d’une part une concurrence accrue entre entreprises pour stimuler l’innovation et favoriser les gains de pouvoir d’achat des Européens, et d’autre part une concurrence moindre entre Etats, afin de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ L’économiste François Bourguignon analyse le décalage entre la réalité des inégalités en France et leur perception par l’opinion publique.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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« L’opinion publique a une conception de l’inégalité qui diffère des indicateurs les plus courants »

L’économiste François Bourguignon analyse le décalage entre la réalité des inégalités en France et leur perception par l’opinion publique.



LE MONDE ECONOMIE
 |    09.11.2018 à 16h14
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 16h18
    |

François Bourguignon (professeur d'économie)







                        



                                


                            

Tribune. L’opinion publique semble percevoir l’inégalité comme en augmentation continuelle. Cette impression a même tendance à se renforcer. Selon le baromètre d’opinion du ministère des solidarités et de la santé (« En 2017, des Français moins inquiets et davantage demandeurs d’intervention publique », Drees, mars 2018), la proportion de Français qui pensent que l’inégalité s’est accrue au cours des cinq années précédentes a fortement crû au cours des années 2000 : ils sont aujourd’hui 77 % à partager cette opinion.
Qu’en est-il en réalité ? Qu’il s’agisse des niveaux de vie individuels ou de la part des 1 % ou 10 % les plus riches dans le revenu total des ménages avant impôts et transferts, l’inégalité a en réalité très peu varié en France au cours des quinze dernières années. Le coefficient de Gini des niveaux de vie, une mesure standard qui varie de 0 (parfaite égalité) à 1 (parfaite inégalité), était en moyenne de 0,284 durant les trois premières années du millénaire. Quinze ans plus tard, il était de 0,289 : l’augmentation est infime. De même, la part du 1 % des foyers les plus riches est passée de 12 % du revenu total des ménages en 2000 à un peu plus de 11 % aujourd’hui. Des fluctuations ont bien eu lieu entre deux, mais elles ont été de courte durée et de faible ampleur.
La réalité statistique est donc que la France est un pays où l’inégalité a été stable dans la période récente, à la différence d’autres pays, comme les Etats-Unis, où l’inégalité est sur une tendance ascendante depuis plus de trente ans, ou l’Allemagne.

Beaucoup de dimensions dans le concept d’inégalité
Comment expliquer ce divorce entre perception et réalité ? Une première possibilité est que, bien que couramment utilisées par les spécialistes, les statistiques citées plus haut ne reflètent que deux aspects particuliers des inégalités économiques. L’une résume l’inégalité dans l’ensemble de la distribution des niveaux de vie, et l’autre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’économiste Alain Trannoy considère qu’augmenter les droits d’inscription dans l’enseignement supérieur ne serait pas un scandale, à condition de maintenir l’égalité sociale d’accès aux études.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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« Faire accepter à la communauté universitaire un relèvement modéré des droits d’inscription »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste Alain Trannoy considère qu’augmenter les droits d’inscription dans l’enseignement supérieur ne serait pas un scandale, à condition de maintenir l’égalité sociale d’accès aux études.



LE MONDE ECONOMIE
 |    09.11.2018 à 16h14
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 16h19
    |

                            Alain Trannoy (directeur d’études à l’Ecole des hautes ­études en sciences sociales)








                        



                                


                            


Tribune. Le sous-financement de l’enseignement supérieur français est problématique à plus d’un titre. Il dément la volonté souvent affichée de placer la France au cœur de l’économie globalisée de la connaissance. Or cette place est conditionnée par la qualité de son enseignement supérieur et de sa recherche, et donc par les moyens qui lui sont consacrés. Par ailleurs, la faiblesse générale du financement masque de fortes disparités. A côté du système des classes préparatoires et des grandes écoles, « enfants choyés » de l’enseignement supérieur, des pans entiers de l’université font figure de « parents pauvres ». Les élèves des milieux défavorisés qui fréquentent en masse l’université se trouvent donc pénalisés, ce qui contribue à creuser les inégalités.
Pourtant, quelle que soit la couleur des gouvernements, le bond en avant budgétaire est toujours reporté à des jours meilleurs. Les priorités de la nation se portent sur d’autres urgences, même si l’enseignement supérieur ne fait jamais partie des secteurs sacrifiés.
Il est vrai que les solutions proposées suscitent des opinions divergentes. En particulier, la hausse des droits d’inscription est perçue comme un cheval de Troie pour faire dériver le modèle d’enseignement supérieur public vers un modèle de quasi-marché où les valeurs d’égalité profondément ancrées dans la communauté universitaire dans son ensemble seraient remises en cause.
Relèvement modéré
Cette appréhension se décline selon plusieurs dimensions. Dans une version où les universités disposeraient d’une certaine liberté pour fixer le montant des droits d’inscription, il est indéniable que les universités ne s’aligneraient pas toutes sur la même ligne de départ. Certaines pourraient aisément bénéficier de ressources accrues, alors que d’autres, en raison de la modestie de l’origine sociale des étudiants ou d’une spécialisation sur des sujets plus éloignés de l’entreprise, éprouveraient de la peine...




                        

                        


<article-nb="2018/11/09/19-7">
<filnamedate="20181109"><AAMM="201811"><AAMMJJ="20181109"><AAMMJJHH="2018110919">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Elle échange sa voiture, neuve, contre le véhicule d’occasion que possède le jeune homme avec lequel elle entretient une relation éphémère. Elle affirme ensuite avoir été victime de manœuvres dolosives de la part de celui-ci, et demande la nullité du contrat
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ 
<article-nb="2018/11/09/19-8">
<filnamedate="20181109"><AAMM="201811"><AAMMJJ="20181109"><AAMMJJHH="2018110919">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Dans le cadre du Forum philo « Le Monde » Le Mans, suivez en direct l’intervention de Cynthia Fleury et Elsa Dorlin, sur le thème « Philosopher, une vocation universelle ? ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ 
<article-nb="2018/11/09/19-9">
<filnamedate="20181109"><AAMM="201811"><AAMMJJ="20181109"><AAMMJJHH="2018110919">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ A l’occasion du centenaire de la fin de la première guerre mondiale, Alan Doss et Scott Weber considèrent, dans une tribune au « Monde », que la réconciliation entre belligérants passe par l’inclusion des populations dans le processus de paix.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
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« Après la première guerre mondiale, la réconciliation a été considérée comme le seul besoin de panser les plaies du passé »

A l’occasion du centenaire de la fin de la première guerre mondiale, Alan Doss et Scott Weber considèrent, dans une tribune au « Monde », que la réconciliation entre belligérants passe par l’inclusion des populations dans le processus de paix.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 14h16
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 14h38
    |

Alan Doss (Président de la Fondation Kofi Annan) et Scott Weber (Président d’Interpeace)







                        



                                


                            

Tribune. Des vaincus qui ne sont pas pris en compte, voire humiliés, des réparations de guerre considérables et des acteurs qui défendent des intérêts particuliers à court terme plutôt qu’une vision durable. Il y a cent ans, au terme de la première guerre mondiale – dont l’armistice est commémoré dimanche 11 novembre – les anciens belligérants ont montré par défaut l’importance de réussir une réconciliation après un conflit dévastateur. En alimentant les conditions qui mèneraient à une seconde conflagration planétaire moins d’une génération plus tard.
Parmi les négociateurs se retrouvaient seulement des hommes, âgés, voire très âgés pour certains d’entre eux. Une image qui ne reflétait pas la diversité des populations. Qu’a-t-on appris de cette sortie de quatre ans d’affrontements ? La question est-elle résolue aujourd’hui ? Tant s’en faut. Dans un environnement international marqué surtout par des guerres civiles contrairement à il y a cent ans, les processus sont plus inclusifs qu’à l’époque, mais beaucoup reste encore à accomplir. Preuve en est, pour la première fois depuis 1970, la décennie entamée en 2010 a vu davantage de conflits démarrer que s’éteindre.
1 % de l’aide au développement pour la réconciliation
Pire encore, près de 60 % des guerres civiles entre 1945 et 2009 se sont à nouveau embrasées après la fin des hostilités et 50 % dans la décennie qui a suivi. Or, l’intérêt à investir dans la réconciliation est sans conteste, mais il est sous-estimé. La violence dans le monde coûte des milliards d’euros. Par contraste, largement moins de 1 % de l’aide au développement alimente les efforts de réconciliation. Alors même que chaque euro injecté dans la consolidation de la paix évite d’en perdre 16 dans les conflits ou autres affrontements.
Près de 60 % des guerres civiles entre 1945 et 2009 se sont à nouveau embrasées après la fin des hostilités et 50 % dans la décennie qui a suivi
Pour convaincre davantage, y a-t-il...




                        

                        


<article-nb="2018/11/09/19-10">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Cette semaine, « Travail, genre et sociétés » montre que les choix électoraux, lors de l’élection présidentielle de 2017, s’ancrent dans des logiques sociales qui ne sont pas, loin s’en faut, aveugles au genre.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
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Dans les revues

Cette semaine, « Travail, genre et sociétés » montre que les choix électoraux, lors de l’élection présidentielle de 2017, s’ancrent dans des logiques sociales qui ne sont pas, loin s’en faut, aveugles au genre.



LE MONDE IDEES
 |    09.11.2018 à 14h00
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            Anne Chemin








                        



                                


                            
Née en 1999, la revue Travail, genre et sociétés analyse avec acuité, dans son numéro de novembre, la question du genre au prisme de l’élection présidentielle française de 2017. Publiée par les éditions La Découverte, cette revue, qui ­s’intéresse aux inégalités hommes-femmes dans le monde du travail, de l’école ou de la famille, tente de comprendre comment le genre a, lors de ce scrutin hors norme, ­façonné les orientations politiques.
Dans les démocraties occidentales, le « gender gap » politique, qui désigne la différence de comportement entre les hommes et les femmes, est en passe de disparaître : aujourd’hui, peu de chose sépare encore les votes des deux sexes. La question du genre n’a pas disparu pour autant : « Mind the gap ! » (« faites attention à l’écart »), avertissent malicieusement les chercheuses Catherine Achin et Sandrine Lévêque, qui estiment que le genre ne doit pas devenir le grand absent des analyses électorales.
S’appuyant sur les premiers résultats d’une étude approfondie ­menée dans sept circonscriptions, en 2016-2017, à l’aide d’entretiens, de questionnaires « sortie des ­urnes » et de dépouillement des ­listes d’émargement, la revue montre en effet dans un passionnant dossier que les choix électoraux de 2017 s’ancrent dans des logiques sociales qui ne sont pas, loin s’en faut, aveugles au genre.
Les chercheurs Lorenzo Barrault-Stella, Clémentine Berjaud et Safia Dahani analysent ainsi en détail le cheminement politique de trois femmes que tout devrait conduire à voter de la même manière – elles sont « racisées », peu diplômées et issues des quartiers populaires. Si l’une vote à gauche et les deux autres à droite, c’est en raison, montre l’article, de leurs trajectoires sociales et migratoires, qui sont largement déterminées par la question du genre.
Les chercheurs Martin Baloge et Marie-Ange Grégory montrent, de leur côté, que les choix électoraux se construisent en grande partie au sein...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Le navire « Farley-Mowat », propriété de l’ONG de défense des océans Sea Shepherd, patrouille depuis le début de l’année dans le golfe de Californie pour faire respecter les dispositions juridiques internationales en matière de conservation de la nature et de protection des espèces menacées.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
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Justice pour l’écosystème

Le navire « Farley-Mowat », propriété de l’ONG de défense des océans Sea Shepherd, patrouille depuis le début de l’année dans le golfe de Californie pour faire respecter les dispositions juridiques internationales en matière de conservation de la nature et de protection des espèces menacées.



LE MONDE IDEES
 |    09.11.2018 à 14h00
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            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
Chronique. Le 1er novembre, l’ancien navire garde-côte américain racheté par l’ONG Sea Shepherd (berger des mers) Conservation Society, le Farley-Mowat, a surpris une équipe de pêcheurs mexicains braconnant au filet maillant – illégal – dans le golfe de Californie. Le navire y patrouille depuis le début de l’année en vue de surveiller le refuge marin créé en 2005 par l’Unesco. C’est l’opération Milagro V (« Miracle V »), destinée à protéger deux espèces très menacées, le marsouin vaquita – il en reste une trentaine – et le totoaba dont la vessie natatoire, surnommé la « cocaïne aquatique », se vend plusieurs ­milliers de dollars aux restaurants de Hongkong.
Les braconniers ont crié aux militants de déguerpir, mais ceux-ci ont récupéré le filet interdit, bien décidés à mettre en œuvre la philosophie pugnace de Sea Shepherd : faire respecter les dispositions juridiques internationales en matière de conservation de la nature et de protection des espèces menacées. En allant sur le terrain filmer et photographier la déprédation en cours, et si possible l’arrêter par « l’action non-violente ».
En 2017, le Farlay-Mowat et le White Holly ont saisi 385 engins de pêche illégaux dans le golfe de Californie et désigné les responsables aux autorités mexicaines. Ils se sont attiré les foudres des cartels mexicains qui ­revendent le totoaba – qui ont mis un contrat sur la tête du fondateur de l’ONG, Paul Watson.
Opération Mamacocha
En septembre, Sea Shepherd a lancé l’opération Mamacocha, du nom de la déesse inca de la mer, pour s’attaquer à la pêche INN (illicite, non déclarée et non réglementée) dans le corridor marin du Pacifique tropical oriental, au large de la Colombie, de l’Equateur et du Pérou, qui abrite la réserve marine des Galapagos et le parc national de l’île Coïba. Ces eaux convoitées, révèle l’ONG, « abritent 88 espèces de requins, de raies manta, des tortues de mer, des dauphins et des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ L’ancien ambassadeur de France en Roumanie, Henri Paul, estime, dans une tribune au « Monde », que le peuple roumain ne remet en cause ni l’Union européenne ni l’adhésion aux valeurs démocratiques. Il veut juste trouver les bases d’un contrat social avec le pouvoir pour sortir le pays de l’attentisme.
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« Les Roumains souffrent d’un manque de confiance dans leurs institutions »

L’ancien ambassadeur de France en Roumanie, Henri Paul, estime, dans une tribune au « Monde », que le peuple roumain ne remet en cause ni l’Union européenne ni l’adhésion aux valeurs démocratiques. Il veut juste trouver les bases d’un contrat social avec le pouvoir pour sortir le pays de l’attentisme.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 13h00
    |

Henri Paul (Ancien ambassadeur de France en Roumanie de 2007 à 2012)







                        



                                


                            

Tribune. Il y a quelques jours, Mirel Bran, correspondant du Monde à Bucarest, s’interrogeait sur une sortie de la Roumanie de l’Union européenne. Si la situation politique, et même économique et sociale actuelle de la Roumanie n’est pas brillante, cette analyse mérite d’être largement nuancée, voire contredite. Car la Roumanie n’a rien à voir avec ses voisines, gagnées par le courant populiste et « illibéral ».

Il faut dire d’abord la très grande singularité de la Roumanie dans l’ensemble de l’Europe de l’Est : un pays aux marges de l’Europe, rappelant l’ancienne « Mitteleuropa », longtemps dominé par les Turcs puis occidentalisé à marche forcée dans la seconde moitié du XIXe siècle, apparemment uni par sa langue mais en réalité divisé en raison de sa géographie montagneuse, de son histoire pleine de drames, et de ses inégalités sociales profondes.
Forte croissance et spéculations hasardeuses
Le « chamboule-tout » du régime Ceausescu, qui n’avait aucun égal parmi les autres « démocraties populaires » par sa violence, sa stupidité et son irrationalité, n’a cessé qu’il y a moins de trente ans. Cela n’a pas laissé le temps de régénérer les esprits et les mentalités, ni de permettre à de nouveaux dirigeants d’arriver au pouvoir.
Sur cette société encore malade des séquelles d’une dictature qui a réussi à chasser du pays une bonne partie des élites sociales et intellectuelles (presque tous les grands intellectuels et artistes roumains du XXe siècle sont morts en Occident !) est arrivée la greffe d’une seconde occidentalisation : l’acclimatation des normes et des méthodes d’une Union européenne bâtie par des vieilles démocraties libérales.

Heureux de s’arrimer à ce vaisseau alors flambant neuf, dont ils espéraient beaucoup, la liberté de circulation d’abord, une amélioration de leur niveau de vie et de leurs infrastructures vieillies ensuite, nos Roumains ont, une fois de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif de personnalités issues de la société civile appelle à l’ouverture d’un débat national sur les drogues pour que la France sorte d’une politique essentiellement répressive.
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Politiques publiques des drogues : « Ne serait-il pas plus responsable d’assumer une réelle dépénalisation de l’usage simple ? »

Dans une tribune au « Monde », un collectif de personnalités issues de la société civile appelle à l’ouverture d’un débat national sur les drogues pour que la France sorte d’une politique essentiellement répressive.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 11h37
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 11h54
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. A l’heure où le Canada choisit de légaliser le marché du cannabis, un nombre croissant de pays amorce aujourd’hui des réformes majeures issues d’un constat partagé : l’échec des politiques publiques en matière de drogues fondées sur une logique de répression.
Cette prise de conscience s’observe au niveau international. En effet, le 27 juin 2017, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) invitaient l’ensemble des Etats membres à mettre un terme à la pénalisation de l’usage de drogues, favorisant ainsi la mise en œuvre cohérente des conventions internationales sur le sujet.

Pourtant, face à ce grand mouvement mondial, le gouvernement français s’entête à nager à contre-courant pour maintenir et renforcer un arsenal pénal qui a montré toutes ses limites. De fait, le projet de réforme de la justice pénale qui entend pénaliser tout citoyen majeur pris en flagrant délit d’usage de drogues d’une amende de 300 euros témoigne d’une vision de notre société déconnectée de la réalité et d’une incompréhension de la problématique.
Interdit éducatif et interdiction pénale
Comme le reconnaissent les rapporteurs de la mission d’information de l’Assemblée nationale sur le sujet de l’amende forfaitaire délictuelle, ni le cadre pénal actuel ni l’amende forfaitaire ne sont à la hauteur des enjeux posés par la consommation de produits stupéfiants. Systématiser et standardiser la sanction au détriment de l’accompagnement et de l’orientation vers le soin ne constitue en rien une avancée. Si le souhait du gouvernement est d’optimiser les conditions de travail des acteurs de la chaîne pénale, ne serait-il pas plus responsable d’assumer une réelle dépénalisation de l’usage simple, à l’instar de la Norvège ou du Portugal ?
L’amende se justifie aussi sous l’argument protecteur d’un maintien de l’interdit pour les mineurs, mais seuls les majeurs sont concernés...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Editorial. La politique de rupture de Donald Trump et la montée des populismes en Europe montrent la nécessité d’adapter les institutions internationales aux réalités du XXIe siècle.
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Il faut sauver la gouvernance mondiale

Editorial. La politique de rupture de Donald Trump et la montée des populismes en Europe montrent la nécessité d’adapter les institutions internationales aux réalités du XXIe siècle.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 11h18
   





                        



   


Editorial du « Monde ». La première ministre britannique, Theresa May, et le président français, Emmanuel Macron, devaient se retrouver, ce vendredi 9 novembre, dans la Somme, pour un déjeuner de travail, avant d’aller se recueillir devant le mémorial franco-britannique de Thiepval, en hommage aux 72 000 soldats du Royaume-Uni et du Commonwealth tombés dans les combats de cette région contre les forces allemandes, en 1916.
Ce moment de recueillement et ceux qui vont suivre, d’ici au 11-Novembre, pour marquer le centenaire de la fin de la première guerre mondiale, sont les bienvenus. L’initiative de la France et la salutaire décision d’une soixantaine de chefs d’Etat et de gouvernement étrangers d’accepter son invitation à célébrer ce centenaire sont l’occasion de se pencher, avec le recul historique, sur les similitudes entre ces deux débuts de siècle. Et d’en tirer les enseignements.

        Lire aussi :
         

                Entre Macron et Merkel, une grande occasion manquée



La principale leçon de l’armistice de 1918 est celle d’une paix imparfaite, qui ne tiendra guère plus de deux décennies. A la fin de la guerre, la communauté internationale tente d’organiser une gestion multilatérale des relations entre Etats ; née de cet effort, la Société des nations (SDN), ne parviendra pas à s’imposer, face à la résurgence des nationalismes, au revanchisme des puissances humiliées et aux revendications des régimes autoritaires. Amputée du soutien des Etats-Unis, la SDN est trop faible. Un siècle plus tard, il est impossible de dissocier 1918 de 1939.
Grave crise transatlantique
L’histoire, dit-on, ne se répète jamais, mais il lui arrive de bégayer. L’expansionnisme territorial des débuts du XXe siècle est absent des actuelles tensions internationales. Mais on retrouve la crise du multilatéralisme, une forme de revanchisme, notamment de la part de la Russie, la montée des nationalismes, en particulier en Europe, et surtout le retrait américain du leadership mondial. Sous l’impulsion de Donald Trump, les Etats-Unis ont opéré un repli protectionniste qui met en péril l’ouverture du commerce mondial ; ils se ferment aux réfugiés et aux immigrants et contestent les institutions multilatérales qu’ils ont eux-mêmes contribué à créer après la seconde guerre mondiale. L’hostilité croissante du président américain à l’égard de ses alliés européens a engendré une grave crise transatlantique.

        Lire aussi notre enquête.
         

          Europe-Etats-Unis : la famille occidentale sous tension



Ces tensions sont d’autant plus inquiétantes que l’Europe elle-même est en proie à la division, ébranlée par la dynamique des mouvements populistes et nationalistes en son sein. Que faire pour sauver la gouvernance mondiale ? Faire entendre raison à l’administration Trump est une option, sans doute illusoire, mais qu’il ne faut pas abandonner. Une autre est de renforcer les institutions multilatérales existantes. C’est la raison pour laquelle les organisateurs du Forum de Paris pour la paix, la grande conférence voulue par Emmanuel Macron à l’occasion de ce centenaire, ont choisi de donner d’abord la parole, à l’ouverture de cet événement, dimanche 11 novembre, au secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. Les dirigeants de toutes les grandes institutions internationales créées sous l’égide de l’ONU seront là aussi : leur présence est importante.
Le multilatéralisme, cependant, ne saurait être renforcé sans une réforme de ces institutions, qui doivent être adaptées aux réalités du XXIe siècle. Ces réalités, il appartient aussi à la France de les accepter. Il n’est pas trop tard, mais le temps presse.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Selon l’économiste Christian Gollier, l’actuel gouvernement est confronté à un moment de vérité écologique sur le prix du carbone, qu’il faut augmenter pour préserver les générations futures
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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« Le prix élevé de l’essence modifie les habitudes de consommation et le choix des constructeurs à long terme »

Selon l’économiste Christian Gollier, l’actuel gouvernement est confronté à un moment de vérité écologique sur le prix du carbone, qu’il faut augmenter pour préserver les générations futures



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 11h14
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 11h23
    |

                            Christian Gollier (Ecole d’économie de Toulouse)








                        



                                


                            

Tribune. La levée de boucliers concernant la hausse du prix du carburant constitue un moment de vérité écologique. Conduire pollue, et cette pollution tue, et tuera pour plusieurs siècles en ce qui concerne le gaz carbonique. Le principe pollueur-payeur justifie que ces dommages soient intégrés au prix des carburants à la pompe. Ce principe a cette vertu qu’il incite les pollueurs à intégrer dans leurs décisions les dommages générés par leur émission de gaz carbonique comme s’ils en étaient eux-mêmes les victimes. Il aligne les intérêts particuliers sur l’intérêt général.
On rappellera que, si rien n’est fait, nous atteindrons le seuil d’une augmentation de la température moyenne sur terre de 2 °C d’ici à 2038, et le temps des demi-mesures et de l’hésitation est largement passé. Nous savons qu’augmenter le prix du carbone est une politique efficace. Sans lien social fort, les consommateurs réagissent mieux aux « signaux prix » qu’à tout autre mécanisme d’incitation.

Ainsi en Europe, où le prix de l’essence est en moyenne deux fois plus élevé qu’outre-Atlantique, les voitures sont plus petites, plus légères et plus sobres, ce qui contribue à émettre moins de carbone par habitant. Et même s’il est vrai que certains automobilistes n’ont à court terme que peu de solutions alternatives, le prix élevé de l’essence modifie les habitudes de consommation et le choix des constructeurs à long terme.
La lancinante question de la pauvreté
L’argument relatif à la baisse du pouvoir d’achat n’est pas convaincant. Les revenus suscités par cette fiscalité écologique doivent être recyclés dans l’économie, soit à travers la baisse d’autres taxes (comme celles qui pèsent sur le travail), soit pour financer d’autres politiques publiques efficaces. A ce propos, la plupart des économistes sont contre une imputation d’une recette fiscale à des dépenses spécifiques, comme par exemple des subventions en faveur de la transition énergétique.
Il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Deux livres analysent les mécanismes étatiques à l’œuvre au front comme à l’arrière, pendant le conflit de 1914-1918.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
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1914-1918. Derrière la mobilisation

Deux livres analysent les mécanismes étatiques à l’œuvre au front comme à l’arrière, pendant le conflit de 1914-1918.



LE MONDE DES LIVRES
 |    09.11.2018 à 10h01
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 10h29
    |

                            Antoine Flandrin








                        



                                


                            
Les Mises en guerre de l’Etat. 1914-1918 en perspective, sous la direction de Sylvain Bertschy et Philippe Salson, ENS Editions, 362 p., 29 €. Les Fronts intérieurs européens. L’arrière en guerre (1914-1920), sous la direction de Laurent Dornel et Stéphane Le Bras, PUR, « Histoire », 372 p., 28 €.

Plus la première guerre mondiale s’éloigne, plus ce temps d’exception pendant lequel les Etats ont réussi à mobiliser les sociétés européennes, au front et à l’arrière, nous taraude. Cette idée a guidé deux colloques qui se sont tenus dans le cadre des commémorations du centenaire.
Champ de forces
Le premier, organisé par le CRID 14-18 à Paris, Laon et Craonne (Aisne), en octobre et novembre 2014, a donné à son comité scientifique l’idée de publier Les Mises en guerre de l’Etat, ouvrage envisagé non comme une simple retranscription de communications, mais comme une entreprise collective de réécriture visant à les faire entrer en résonance les unes avec les autres. Le second a eu lieu à l’université de Pau, en novembre 2015 ; il débouche aujourd’hui, plus classiquement, sur la parution de ses actes, Les Fronts intérieurs européens.

Jugeant le terme « mobilisation » imprécis – tant il est vrai que celle-ci peut être militaire, mais aussi industrielle, économique, idéologique et culturelle –, les membres du CRID 14-18 lui préfèrent la notion de « mise en guerre » pour mieux appréhender le caractère chronologiquement différencié des engagements guerriers, des investissements financiers et des modes de participation, militaire ou civil, au conflit.
L’approche sociohistorique et sociopolitique qui est la leur permet de préciser ce que l’on entend par Etat, à savoir non pas un bloc imposant son autorité à tous les corps sociaux, mais plutôt un champ de forces dans lequel les acteurs politiques, militaires, administratifs et financiers luttent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Dans sa tribune, la sociologue Nathalie Heinich s’insurge contre l’insuffisante présence des femmes au sommet de la hiérarchie et dans les instances de gouvernance de leurs disciplines à l’université.
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L’invisibilisation de la pensée des femmes, l’autre « plafond de verre »

Dans sa tribune, la sociologue Nathalie Heinich s’insurge contre l’insuffisante présence des femmes au sommet de la hiérarchie et dans les instances de gouvernance de leurs disciplines à l’université.



LE MONDE IDEES
 |    09.11.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 12h31
    |

Nathalie Heinich (sociologue au CNRS)







                        



                                


                            
Contrairement à ce qu’on ­entend souvent aujourd’hui, la condition des femmes dans les sociétés occidentales n’a pas empiré : il y a moins de discriminations en fonction du sexe, d’inégalités de salaires ou de freins dans l’accès aux postes de responsabilité, et d’agressions sexuelles. Ce qui a augmenté – et c’est heureux – c’est l’intolérance aux inégalités et aux injustices, ­notamment sexistes, et donc la visibilité des atteintes à la valeur d’équité.
« Plafond de verre »
C’est pourquoi, après les conquêtes civiques des femmes (droit de vote, accès ­accru aux fonctions politiques), juridiques (autonomie), financières (diminution des écarts de salaires), morales (stigmatisation des violences de tous ordres), les revendications féministes s’orientent vers des inégalités moins criantes ou moins connues, parce que ne concernant que certaines catégories de femmes. C’est le cas aujourd’hui des universitaires, comme l’indiquent les récentes pétitions d’historiennes et de philosophes contre l’insuffisante présence des femmes au sommet de la hiérarchie et dans les instances de gouvernance de leurs disciplines (présidences d’université, comités scientifiques, jurys, etc.). Mais il existe une autre forme de « plafond de verre », plus insidieux et plus difficile à documenter : c’est l’« invisibilisation » des ­apports conceptuels des femmes.
Les exemples abondent, dont témoigne une banque de données en voie de constitution : pillage et plagiat des idées publiées par des femmes ; déni d’antériorité ; non-attribution d’un concept à son auteure lorsqu’il s’agit d’une femme ; omission dans les bibliographies ; ou ­encore, plus insidieusement, marques de condescendance, rumeurs imputant à l’influence d’un homme les découvertes d’une femme, ou encore suppression de la fiche Wikipédia d’une physicienne, au motif d’un manque de notoriété, six mois avant qu’elle devienne lauréate du dernier prix Nobel. Nous avons donc ­décidé, avec un collectif de sociologues, philosophes,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Cent ans après, la Grande Guerre inspire toujours. Depuis plus de vingt ans, deux camps d’historiens français s’opposent notamment sur les ressorts de la mobilisation des appelés et la contrainte étatique.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


1914-1918. Frédéric Rousseau, historien : « Il faut clarifier ce que l’on entend par consentement »

Cent ans après, la Grande Guerre inspire toujours. Depuis plus de vingt ans, deux camps d’historiens français s’opposent notamment sur les ressorts de la mobilisation des appelés et la contrainte étatique.



LE MONDE DES LIVRES
 |    09.11.2018 à 09h57
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 10h26
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                            Florent Georgesco








                        



                                


                            
14-18, penser le patriotisme, de Frédéric Rousseau, « Folio histoire », inédit, 482 p., 8,30 €.

Il y a ceux de Péronne, et ceux de Craonne ; les tenants de la thèse du « consentement patriotique », facteur dominant, selon eux, de la mobilisation des Français entre 1914 et 1918, et ses contestataires : l’histoire de la première guerre mondiale fait l’objet, depuis plus de vingt ans, d’une querelle entre deux camps d’historiens français, qui ne s’apaise pas. Les premiers, réunis autour de l’Historial de la Grande Guerre de Péronne (Somme), fondé en 1992 et qui rassemble dans son comité directeur Jean-Jacques Becker, Stéphane Audoin-Rouzeau, Annette Becker ou Bruno Cabanes, estiment lutter contre une idéologie dominante qui, négligeant la vivacité, chez les Français d’alors, du désir de défendre la patrie, transformerait les combattants en victimes de la contrainte étatique.
Mais les seconds, eux aussi, pensent lutter contre une thèse dominante, qu’ils jugent, quant à elle, oublieuse de la complexité des réalités sociales. Ils se regroupent dans le Collectif de recherche internationale et de débat sur la guerre de 1914-1918 (CRID 14-18) de Craonne (Aisne), créé en 2006, autour d’un comité scientifique réunissant Rémy Cazals, Nicolas Offenstadt ou François Bouloc. Frédéric Rousseau, professeur d’histoire contemporaine à l’université Paul-Valéry-Montpellier-III, en est le directeur. A quelques jours du centenaire de l’armistice du 11 novembre 1918, il publie 14-18, penser le patriotisme, occasion de faire le point sur la querelle en effet inépuisable du sens et de la valeur d’un des événements décisifs de l’histoire européenne.
Pourquoi était-il nécessaire de revenir aujourd’hui sur ces débats ?
Je dois d’abord rappeler qu’aucune discipline scientifique ne peut faire l’économie de controverses. C’est dans l’hypothèse où il n’y en aurait pas...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Dans le cadre du Forum philo « Le Monde » Le Mans, suivez en direct la leçon inaugurale de Roger-Pol Droit, sur le thème « Tous philosophes ? ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Le chercheur analyse les deux premières années du mandat de Donald Trump aux Etats-Unis et les résultats des élections de mi-mandat qui ont eu lieu le 6 novembre.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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A quoi est due la poussée démocrate américaine ? Trois questions à Dick Howard, philosophe

Le chercheur analyse les deux premières années du mandat de Donald Trump aux Etats-Unis et les résultats des élections de mi-mandat qui ont eu lieu le 6 novembre.



LE MONDE IDEES
 |    09.11.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 09h48
    |

            Anne Chemin








                        



                                


                            
Comment analysez-vous les résultats des élections ­américaines de mi-mandat ?
Dick Howard.- Les démocrates ont sauvé l’essentiel, la Chambre basse – leurs quelques pertes au Sénat ne changeront rien de fondamental. Ils n’ont pas érigé de contrepoids susceptibles de renverser la tendance et de dépasser les divisions qui minent le pays, mais ils peuvent désormais freiner les excès du président et de son entourage en créant, par exemple, des commissions d’investigation dans les années à venir.
Parmi les bonnes nouvelles, il faut en outre souligner le fait qu’il y a eu plus de candidates (et d’élues) que par le passé, que ce soit dans les chambres législatives ou dans les Etats fédérés, et que les taux de participation sont bien plus élevés que d’habitude – c’est, à mon sens, le ­résultat le plus prometteur de ces élections. La question qui se pose aujourd’hui est de savoir si cette poussée est uniquement fondée sur l’anti-trumpisme ou si elle incarne une vision ­politique positive de l’avenir.
Pendant les deux premières années du mandat de Donald Trump, le système américain des « freins et contrepoids » (« checks and balances ») a-t-il permis de contenir les excès de la présidence ?
Le système des checks and balances, qui s’inspire des écrits de Montesquieu sur la séparation des pouvoirs, mais aussi de ­l’expérience du « déclin » de la République romaine, instaure un subtil équilibre entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire. On peut lire les deux cents ans d’histoire américaine comme une compétition entre ces trois pouvoirs : il y a des moments, pendant le mouvement des droits civiques par exemple, où la Cour suprême s’impose, d’autres où la présidence est « impériale » – en référence à The Imperial Presidency, un ouvrage de l’historien Arthur Schlesinger publié en 1973 –, d’autres, enfin, où le Congrès triomphe – un risque dénoncé, en 1884, par ­Woodrow Wilson, un...




                        

                        

