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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Jo Johnson, qui avait voté en faveur du maintien du pays dans l’Union européenne en 2016, plaide pour une nouvelle consultation des Britanniques.
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En désaccord sur le Brexit, un secrétaire d’Etat britannique démissionne

Jo Johnson, qui avait voté en faveur du maintien du pays dans l’Union européenne en 2016, plaide pour une nouvelle consultation des Britanniques.



Le Monde.fr avec AFP et Reuters
 |    09.11.2018 à 17h41
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 18h18
   





                        



   


Le secrétaire d’Etat aux transports du Royaume-Uni, Jo Johnson, a démissionné vendredi 9 novembre de son poste en dénonçant les « délirantes » négociations sur le Brexit menées par la première ministre Theresa May.
« Il m’est apparu de plus en plus clair que l’accord de retrait, en train d’être finalisé, serait une terrible erreur », écrit dans un communiqué le frère du chef de file des « Brexiters », Boris Johnson. Dénonçant un choix entre « deux solutions profondément insatisfaisantes, la vassalité ou le chaos », il estime que le pays est face à une crise « d’un niveau sans précédent depuis la crise du canal de Suez [en 1956] ».
« Donner à la population le dernier mot »
Jo Johnson, qui avait voté en faveur du maintien du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne lors du référendum de juin 2016, plaide également pour une nouvelle consultation des Britanniques.
« Etant donné que la réalité du Brexit se révèle beaucoup plus éloignée que ce qui a été promis, la mesure démocratique à prendre est de donner à la population le dernier mot », affirme-t-il. Aucun accord sur le retrait britannique de l’Union n’a encore été conclu, à moins de cinq mois de l’échéance, le 29 mars 2019.

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les Vingt-Sept et Theresa May n’ont pas réussi à se mettre d’accord lors d’un sommet européen sur le Brexit jugé « crucial », le 17 octobre ;les discussions doivent se terminer avant la fin de l’année 2018, pour laisser le temps aux Parlements britannique et européen de ratifier le texte ;à moins de six mois de la sortie officielle du Royaume-Uni, le 29 mars 2019, le statut de l’Irlande du Nord reste le principal point sensible pour Theresa May au sein de sa coalition ;en parallèle aux négociations, la Commission européenne prévient les Etats membres de la possibilité d’un « no deal ». La France s’y prépare particulièrement, tout comme le Royaume-Uni ;le décryptage de l’accord trouvé entre Londres et Bruxelles sur la période de transition ; zoom sur la City de Londres, dont les intérêts sont délaissés dans les négociations avec l’UE par Theresa May pour des raisons politiques ;l’immense majorité des entreprises britanniques redoute les conséquences du départ du Royaume-Uni de l’Union européenne ;comprendre les arguments pour et contre la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne ;retour sur trente ans d’histoire tumultueuse entre le Royaume-Uni et l’UE.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ La formation d’Emmanuel Macron vise un large rassemblement des forces proeuropéennes, dont les contours seront sans doute finalisés après le scrutin européen de mai 2019.
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A Madrid, LRM scelle le principe d’une « coalition » avec les libéraux et démocrates

La formation d’Emmanuel Macron vise un large rassemblement des forces proeuropéennes, dont les contours seront sans doute finalisés après le scrutin européen de mai 2019.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 16h16
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Madrid, Envoyé spécial)








                        



                                


                            

La stratégie de La République en marche (LRM) en vue des élections européennes de mai est, désormais, un peu plus claire. A Madrid, au cours d’un congrès du parti Alliance des libéraux et démocrates pour l’Europe (ALDE), Astrid Panosyan, déléguée à l’action internationale de la formation macroniste a fixé la ligne : une coalition avec les libéraux avant le scrutin de mai 2019 et « au-delà » la constitution d’un nouveau groupe, plus large, au sein du Parlement européen. Avec, selon Mme Panosyan, d’autres formations qui n’étaient présentes à cette réunion.
L’intervention était très attendue. Elle a déclenché un tonnerre d’applaudissements dans la salle, tandis que le président de l’ALDE, l’eurodéputé néerlandais Hans van Baalen, se précipitait sur l’oratrice pour lui manifester sa joie. Comme d’autres, il attendait effectivement avec impatience une intervention qui ne figurait pas dans le programme remis aux participants à la veille de ce congrès. Le président y évoquait simplement la venue de LRM pour « poursuivre l’exploration des voies en vue d’un travail en commun ».
Etre davantage que le quatrième groupe
Avec ce ralliement – qui se défend d’être une intégration pure et simple – le groupe libéral à Strasbourg affirme son objectif : être davantage que le quatrième groupe du Parlement et rassembler, demain, d’autres pro-européens « progressistes ». Peut-être des écologistes, des centristes, des sociaux-démocrates acquis à l’idée du président Macron d’une nécessaire mobilisation contre le front des nationalistes et populistes.
Lors de son discours Mme Panosyan avait indiqué que le succès du président « n’aurait pas été possible » sans le soutien des « vrais Européens » de l’ALDE. Elle ajoutait qu’il n’était pas question, pour En marche !, de vouloir « dupliquer un Europe ce qui s’était passé en France ». Et tenait aussi à rassurer une partie de la salle : pas question...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Pour retrouver le soutien de ses citoyens, l’UE doit renforcer la coopération entre Etats et améliorer la protection contre les risques, estime l’économiste Agnès Bénassy-Quéré, dans une tribune au « Monde ».
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« L’Europe a cessé d’être invisible, c’est une évolution positive »

Pour retrouver le soutien de ses citoyens, l’UE doit renforcer la coopération entre Etats et améliorer la protection contre les risques, estime l’économiste Agnès Bénassy-Quéré, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    09.11.2018 à 16h14
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 16h19
    |

                            Agnès Bénassy-Quéré (Professeur à l'Ecole d'Economie de Paris, Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            

Tribune. Selon l’Eurobaromètre du Parlement européen, le soutien des citoyens au projet européen a atteint un point bas en mai 2011. A cette époque, 47 % seulement des Européens pensaient que « de manière générale, l’appartenance de mon pays à l’Union européenne est une bonne chose », 18 % pensaient que c’était « une mauvaise chose », 31 % que ce n’était « ni bien ni mal », et 4 % étaient sans opinion. Depuis cette date, les opinions favorables se sont redressées continûment, pour atteindre 62 % en septembre 2018. A 61 %, la France se situe tout près de la moyenne, derrière l’Allemagne (81 %) mais devant l’Italie (42 %).
Le sondage annuel réalisé par Kantar Public pour les Journées économiques de Lyon (du 6 au 8 novembre) nous révèle cependant un paradoxe. Si les personnes interrogées sont favorables, en grande majorité, à davantage d’intégration européenne dans des domaines tels que l’immigration, la défense, les politiques sociales et fiscales, elles pensent que ce sont avant tout les gouvernements nationaux qui doivent relever les grands défis qu’ils identifient : inégalités, changement climatique, flux migratoires. La voie est donc étroite pour les politiques européennes et il est d’autant plus important de les énoncer clairement, peut-être autour de deux concepts-clés : la coopération entre Etats et la protection contre les risques.
Coopération entre Etats, d’abord. Si l’approfondissement du marché unique (notamment dans le domaine des services) recèle des gains de productivité, et donc de richesse, du même ordre de grandeur que ce qui a déjà été obtenu depuis les débuts de la construction européenne, promouvoir la concurrence ne constitue pas un programme européen. Un équilibre doit être trouvé entre, d’une part une concurrence accrue entre entreprises pour stimuler l’innovation et favoriser les gains de pouvoir d’achat des Européens, et d’autre part une concurrence moindre entre Etats, afin de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Survivante de la tuerie du 22 juillet 2011, la jeune femme âgée de 29 ans a pris la direction de la Ligue des jeunes travailleurs norvégiens (AUF). Et entend mettre en avant le rôle de la mémoire.
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Ina Libak, la mémoire vive d’Utoya


                      Survivante de la tuerie du 22 juillet 2011, la jeune femme âgée de 29 ans a pris la direction de la Ligue des jeunes travailleurs norvégiens (AUF). Et entend mettre en avant le rôle de la mémoire.



M le magazine du Monde
 |    09.11.2018 à 13h56
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








   


Sur son visage, les cicatrices sont à peine visibles. Quelques griffures discrètes, sur le menton et sur la joue gauche. « Cela veut dire que je me suis bien maquillée », lance-t-elle aux juges, qui avouent ne rien discerner, le 15 mai 2012, dans la grande salle du tribunal d’Oslo, tout juste rénovée pour accueillir le plus grand procès de l’histoire norvégienne d’après-guerre. A quelques mètres d’Ina Libak, sur le banc des accusés, l’extrémiste Anders Behring Breivik ne fait même pas l’effort de réprimer un sourire.
Ceux qui étaient présents ce jour-là dans la salle d’audience n’ont pas été surpris, six ans plus tard, de voir la jeune femme, bientôt 29 ans, se porter candidate à la direction de la Ligue des jeunes travaillistes norvégiens (AUF). Elle a été élue le 21 octobre. Un scrutin sans le moindre suspense : aucun candidat ne s’est présenté contre celle qui, depuis 2016 déjà, assurait les fonctions de vice-présidente du mouvement. Deux autres survivants de la tuerie d’Utoya ont également été élus à la direction de l’AUF.
Elle a reçu la dernière balle dans la poitrine. « J’ai pensé alors que j’allais mourir. »
Le 22 juillet 2011, ils étaient près de sept cents sur l’île, au nord d’Oslo, offerte en 1950 par la centrale syndicale LO aux Jeunes travaillistes, qui avaient pris l’habitude de s’y retrouver l’été, pendant une semaine. Le massacre a duré soixante-douze minutes. Soixante-neuf personnes ont été tuées. Deux cents autres blessées. Parmi elles, Ina, adhérente à 16 ans, élue plus jeune conseillère municipale du royaume à 17 ans et frappée à 21 ans, parce qu’elle représentait tout ce que détestait Breivik qui, en visant Utoya, voulait atteindre le Parti travailliste là où « ça ferait le plus mal ».

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Quand le terroriste a débarqué sur l’île à 17 h 17, après avoir fait exploser une bombe devant le siège du gouvernement norvégien à Oslo, tuant huit personnes, Ina était dans la cuisine de la cafétéria. Aux premiers coups de feu, elle s’est réfugiée derrière le piano, toujours là aujourd’hui, dans un coin de la cabane en bois, reconvertie en centre mémoriel sur l’île d’Utoya. Breivik est entré. Il a tiré.
A la barre, en mai 2012, Ina a raconté que la première balle l’avait atteinte au bras : « J’ai pensé que je pouvais survivre. » Puis elle a été touchée à la mâchoire. « Je me suis dit que c’était un peu plus grave. » Elle a reçu la dernière balle dans la poitrine. « J’ai pensé alors que j’allais mourir. » Elle réussit pourtant à s’échapper. Dehors, des jeunes s’arrêtent dans leur fuite éperdue, la soulèvent et l’emmènent. Ils la cachent dans des buissons, compriment ses blessures de tout leur poids pour arrêter le sang, jusqu’à l’arrivée des policiers.
« L’attentat a renforcé mes convictions et mon engagement. J’ai réalisé qu’on ne peut jamais prendre la démocratie pour acquise, qu’il faut se battre en permanence pour défendre ses idées. »
Ina passera plusieurs mois à l’hôpital, subissant d’innombrables opérations. Au procès, la jolie blonde, tout sourire, fait bonne figure, au point que le procureur s’émerveille de sa positivité, la forçant à tempérer. « Je ne vais pas le cacher. L’insécurité fait désormais partie de ma vie », lâche-t-elle. Pendant des années, d’ailleurs, elle ne parlera plus du 22 juillet. Elle aurait pu en garder un profond dégoût pour la politique. « Au contraire, l’attentat a renforcé mes convictions et mon engagement, confie-t-elle. J’ai réalisé qu’on ne peut jamais prendre la démocratie pour acquise, qu’il faut se battre en permanence pour défendre ses idées. » Elle n’est pas la seule : d’autres rescapés de l’attentat siègent dans les conseils municipaux et régionaux du pays. Plusieurs sont suppléants de députés travaillistes.
L’AUF compte 13 000 militants
Dans les semaines suivant l’attaque, tous les mouvements de jeunes des partis politiques norvégiens avaient d’ailleurs enregistré une recrudescence des adhésions. Aujourd’hui, dans un pays de 5,2 millions d’habitants, l’AUF compte 13 000 militants – plus du double que le Mouvement des jeunes socialistes en France. « Le lycée en Norvège est très démocratique, explique Ina. On nous incite à débattre et à défendre nos opinions. » Les organisations de jeunesse des partis politiques norvégiens sont de véritables pépinières de futurs leaders – tous les candidats aux fonctions suprêmes y ont fait leur classe. Aiguillons titillant sans cesse leurs aînés, elles s’assurent que les formations mères ne se complaisent pas dans l’immobilisme.

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Lors de son dernier congrès, l’AUF a plaidé pour une orientation plus à gauche de la politique du parti et pour une transition accélérée de la pétromonarchie norvégienne vers l’économie durable. Parmi les motions les plus radicales adoptées par les délégués : l’arrêt de l’exploitation de tout nouveau gisement dans les eaux du royaume.
Cet été, le quotidien Aftenposten a publié une longue enquête relatant les menaces de mort reçues par de nombreux témoins du 22 juillet. Ina est une des cibles. Face à la haine, la jeune femme met en avant le rôle de la mémoire : « Parfois, je lis dans les journaux que la Norvège n’a pas été la cible d’attaques terroristes ou bien que le 22 juillet était une catastrophe. Nous devons être clairs, et dire que c’était une attaque terroriste contre le Parti travailliste et l’AUF. J’ai été blessée parce que j’appartenais à l’AUF. »
Le mouvement, ajoute-t-elle, est à la croisée des chemins : « Bientôt, ceux qui étaient à Utoya le 22 juillet quitteront l’AUF. Ceux qui arrivent n’en ont aucun souvenir. Il faut que nous transmettions notre histoire aux plus jeunes, tout en étant une force politique pertinente. » Ina Libak est élue pour deux ans. Elle ne vise pas une carrière politique – une ineptie, selon elle –, et compte bien, au terme de son mandat, reprendre son emploi d’assistante sociale.



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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ La nuit du 9 au 10 novembre 1938 marque le passage de la discrimination des Juifs à leur persécution, puis leur extermination en Allemagne nazie.
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Nuit de cristal : l’Allemagne se souvient des pogroms dans un climat trouble

La nuit du 9 au 10 novembre 1938 marque le passage de la discrimination des Juifs à leur persécution, puis leur extermination en Allemagne nazie.



Le Monde.fr avec AFP
 |    09.11.2018 à 13h15
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 15h13
   





                        



   


L’Allemagne commémore vendredi 9 novembre, quatre-vingts ans après, la Nuit de cristal, ces pogroms et meurtres annonciateurs de l’extermination des Juifs, dans un climat de regain d’antisémitisme et d’émergence d’un « nouveau nationalisme ».
De nombreuses manifestations sont organisées dans le pays à cette occasion, que commémore Angela Merkel par un discours dans une synagogue de Berlin, en présence du Conseil central des juifs d’Allemagne.
Planifiée par l’Etat nazi
« Nous sentons dans notre société (…) que les fossés se creusent », a mis en garde devant la chambre des députés le président de la République allemande, Frank-Walter Steinmeier. Car cent ans jour pour jour, vendredi, après la proclamation de la première république allemande, à deux jours de l’armistice de la Grande Guerre, le chef de l’Etat a relevé l’émergence en Europe d’un « nouveau nationalisme » nostalgique, selon lui, d’« un vieux monde parfait qui n’a en réalité jamais existé ». Le chef de l’Etat a fustigé devant les députés, dont ceux du parti d’extrême droite AfD, le « langage de la haine » qui cherche des « boucs émissaires » parmi les migrants, accueillis en nombre en Allemagne depuis 2015, et les musulmans.
Des mots lourds de sens quatre-vingts ans après, là aussi jour pour jour, les saccages par les nazis de milliers de synagogues et commerces tenus par des Juifs en Allemagne et en Autriche. Pour les historiens, la nuit du 9 au 10 novembre 1938 marque le passage de la discrimination des Juifs à leur persécution, puis leur extermination.
« Je tenais la main de mon père. J’ai vu la synagogue en feu et j’ai demandé “Pourquoi les pompiers ne viennent pas ?”. Je n’ai pas eu de réponse », a témoigné de cette nuit Charlotte Knobloch, ancienne présidente du Conseil central des juifs d’Allemagne, à l’antenne de la télévision allemande ZDF. La propagande affirme alors qu’il s’agit d’une éruption de violence spontanée après le meurtre d’un diplomate à Paris. Mais elle a en réalité été planifiée par l’Etat nazi.

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Nouvelle montée de l’extrême droite
Cette commémoration, qui se télescope donc avec le centenaire de l’armistice de 1918 et de la fin de l’Empire allemand, survient dans un contexte trouble en Allemagne. Il y a tout juste un an entrait au Bundestag l’AfD, un parti d’extrême droite dont de nombreux cadres ont tenus des propos polémiques sur la Shoah et le devoir de mémoire en Allemagne. Des manifestations xénophobes en août ont aussi choqué le pays. « Nous voyons à nouveau la violence dans les rues », s’alarme auprès de l’Agence France-Presse Felix Klein, commissaire du gouvernement contre l’antisémitisme.
Le président français, Emmanuel Macron, s’est, lui, dit « frappé » le 31 octobre par la ressemblance entre la situation actuelle en Europe, « divisée par les peurs, le repli nationaliste », et celle des années 1930. La France est elle-même confrontée à une forte augmentation en 2018 des actes antisémites, a révélé le gouvernement vendredi matin. « En novembre 2018, nous ne sommes pas au bord du précipice d’une autre Nuit de cristal, mais il est de notre devoir d’empêcher que de telles atrocités ne se reproduisent », relève dans ce contexte le Congrès juif mondial.
De nombreux Allemands commémorent cette nuit en polissant ou en déposant des fleurs sur les Stolpersteine, des milliers de petites pavés de laiton incrustés dans la chaussée pour identifier les victimes et leur adresse.

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1 400 actes antisémites chaque année
En 2017, des plaques avaient été volées, alimentant la crainte d’une résurgence de l’antisémitisme, une réalité infamante pour un pays dont l’identité s’est bâtie sur la repentance pour la Shoah. Une forme nouvelle d’antisémitisme pour l’Allemagne fait aussi régulièrement les gros titres, celui prêté aux migrants arabo-musulmans qui ont afflué depuis 2015.
Mais l’essor de l’extrême droite allemande a aussi remis au premier plan un antisémitisme national. L’AfD a multiplié les polémiques liées au nazisme. Et des militants d’extrême droite manifesteront vendredi soir à Berlin.
L’inquiétude ne cesse donc de grandir au sein de la communauté juive allemande, forte d’environ 200 000 personnes. Le nombre de crimes et délits à caractère antisémite est resté néanmoins stable dans les statistiques de police, avec environ 1 400 cas recensés chaque année depuis 2015. Plus de 90 % des affaires sont attribuées à l’extrême droite.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés revient sur les difficultés de l’UE à apporter une solution commune à la crise migratoire et s’inquiète de la diminution de la solidarité en Europe.
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Filippo Grandi : « L’essentiel est qu’on nous donne les moyens d’aider les pays qui hébergent vraiment les réfugiés »

Le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés revient sur les difficultés de l’UE à apporter une solution commune à la crise migratoire et s’inquiète de la diminution de la solidarité en Europe.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 12h41
    |

            Jean-Baptiste Chastand








                        



                                


                            
A la tête de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) depuis 2016, Filippo Grandi appelle l’Union européenne (UE) à préserver le droit d’asile et considère que le retour des réfugiés syriens dans leur pays se fera au compte-goutte.
La crise migratoire déchirait l’Union européenne depuis 2015. Elle semble être passée au second plan des pré­occupations. Le problème est-il réglé ?
Il y a eu des manipulations excessives de la part de ceux qui ont parlé d’invasion, de la fin de l’identité européenne ou de menaces sécuritaires. Maintenant que l’intérêt politique se décale, le risque consiste à ne pas faire ce qu’il faudrait pour mieux gérer ces mouvements de populations. L’Europe n’a pas encore donné toutes les réponses. Or, un report ne peut qu’aggraver la situation en cas de nouvelle crise.
Les « centres contrôlés » et les « plates-formes de débarquement » destinés à centraliser le traitement des demandeurs d’asile paraissent dans l’impasse…
La convention de Dublin, destinée à éviter le « tourisme de l’asile » en prévoyant que le premier pays d’accueil doit gérer les de­mandes d’asile, est mise à l’épreuve par les arrivées nombreuses dans quelques pays, qui se sont retrouvés pénalisés par rapport aux autres. Il faut passer à autre chose. On a longuement évoqué une répartition entre les 28 Etats, mais ça ne fonctionne pas, car seuls quelques pays y sont prêts. Moins de 100 000 personnes arrivées en Europe en 2018, c’est gérable.
La prise en charge par des Etats d’une partie des passagers de l’Aquarius, par exemple, ressemble à une forme de partage, sauf que chaque nouveau bateau s’est transformé en crise. Un tel système devrait être décidé au préalable. Le problème est l’absence de consensus sur le lieu où ce partagedoit se faire. Ce n’est pas au HCR de déterminer où ces centres d’accueil et de réception doivent se trouver, mais à l’Europe. Le rôle du HCR est de donner tous les instruments...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ L’ancien ambassadeur de France en Roumanie, Henri Paul, estime, dans une tribune au « Monde », que le peuple roumain ne remet en cause ni l’Union européenne ni l’adhésion aux valeurs démocratiques. Il veut juste trouver les bases d’un contrat social avec le pouvoir pour sortir le pays de l’attentisme.
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« Les Roumains souffrent d’un manque de confiance dans leurs institutions »

L’ancien ambassadeur de France en Roumanie, Henri Paul, estime, dans une tribune au « Monde », que le peuple roumain ne remet en cause ni l’Union européenne ni l’adhésion aux valeurs démocratiques. Il veut juste trouver les bases d’un contrat social avec le pouvoir pour sortir le pays de l’attentisme.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 13h00
    |

Henri Paul (Ancien ambassadeur de France en Roumanie de 2007 à 2012)







                        



                                


                            

Tribune. Il y a quelques jours, Mirel Bran, correspondant du Monde à Bucarest, s’interrogeait sur une sortie de la Roumanie de l’Union européenne. Si la situation politique, et même économique et sociale actuelle de la Roumanie n’est pas brillante, cette analyse mérite d’être largement nuancée, voire contredite. Car la Roumanie n’a rien à voir avec ses voisines, gagnées par le courant populiste et « illibéral ».

Il faut dire d’abord la très grande singularité de la Roumanie dans l’ensemble de l’Europe de l’Est : un pays aux marges de l’Europe, rappelant l’ancienne « Mitteleuropa », longtemps dominé par les Turcs puis occidentalisé à marche forcée dans la seconde moitié du XIXe siècle, apparemment uni par sa langue mais en réalité divisé en raison de sa géographie montagneuse, de son histoire pleine de drames, et de ses inégalités sociales profondes.
Forte croissance et spéculations hasardeuses
Le « chamboule-tout » du régime Ceausescu, qui n’avait aucun égal parmi les autres « démocraties populaires » par sa violence, sa stupidité et son irrationalité, n’a cessé qu’il y a moins de trente ans. Cela n’a pas laissé le temps de régénérer les esprits et les mentalités, ni de permettre à de nouveaux dirigeants d’arriver au pouvoir.
Sur cette société encore malade des séquelles d’une dictature qui a réussi à chasser du pays une bonne partie des élites sociales et intellectuelles (presque tous les grands intellectuels et artistes roumains du XXe siècle sont morts en Occident !) est arrivée la greffe d’une seconde occidentalisation : l’acclimatation des normes et des méthodes d’une Union européenne bâtie par des vieilles démocraties libérales.

Heureux de s’arrimer à ce vaisseau alors flambant neuf, dont ils espéraient beaucoup, la liberté de circulation d’abord, une amélioration de leur niveau de vie et de leurs infrastructures vieillies ensuite, nos Roumains ont, une fois de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ La journaliste assassinée Daphne Caruana Galizia enquêtait sur les liens obscurs entre « 17 Black », une entité enregistrée aux Emirats arabes unis, et des responsables politiques maltais. Le « Projet Daphne » confirme ses soupçons.
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Malte : soupçons de corruption confirmés sur des membres de l’entourage du premier ministre

La journaliste assassinée Daphne Caruana Galizia enquêtait sur les liens obscurs entre « 17 Black », une entité enregistrée aux Emirats arabes unis, et des responsables politiques maltais. Le « Projet Daphne » confirme ses soupçons.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 12h02
    |

Stephen Grey (Reuters), Jacob Borg (Times of Malta), Anne Michel et Jean-Baptiste Chastand







                        



                                


                            

La société avait été brièvement mentionnée sur son blog par Daphne Caruana Galizia. La journaliste maltaise assassinée dans l’explosion de sa voiture, le 16 octobre 2017, avait pressenti que « 17 Black » cachait des pratiques douteuses de son gouvernement. Cette entité est utilisée par des responsables politiques maltais « pour déplacer de l’argent depuis et vers Dubaï », avait-elle écrit sur son blog, huit mois avant sa mort. Elle n’avait toutefois pas pu aller plus loin.
Un peu plus d’un an après son assassinat, alors que l’identité des commanditaires du crime reste mystérieuse, le « Projet Daphne », ce réseau de dix-huit médias internationaux dont Le Monde fait partie, est en mesure de confirmer une grande partie des soupçons de la blogueuse anticorruption. Le « Projet Daphne » a été constitué par l’association Forbidden Stories afin de poursuivre les enquêtes des journalistes censurés, menacés ou assassinés dans le monde.
Après une longue enquête, nos partenaires de Reuters et du Times of Malta ont en effet découvert que « 17 Black », enregistrée aux Emirats arabes unis (EAU), avait pour but de verser ce qui ressemble fort à des pots-de-vin, en marge de la construction d’une nouvelle centrale thermique dans la baie de Marsaxlokk, un port de pêche de l’archipel maltais.
Un e-mail de 2015, retrouvé par les autorités maltaises selon une source proche du dossier, affirme ainsi que cette société devait verser jusqu’à 2 millions de dollars sur les comptes offshore au Panama de deux proches du premier ministre de Malte, Joseph Muscat, son chef de cabinet, Keith Schembri, et celui qui était alors ministre de l’énergie, Konrad Mizzi, nommé depuis ministre du tourisme. De l’argent escompté, pour lequel aucune trace de paiement n’a été retrouvée.

Appels à la démission
Or, selon des documents obtenus par Reuters ainsi que des témoignages concordants à Malte et aux EAU, « 17 Black » était...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Editorial. La politique de rupture de Donald Trump et la montée des populismes en Europe montrent la nécessité d’adapter les institutions internationales aux réalités du XXIe siècle.
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Il faut sauver la gouvernance mondiale

Editorial. La politique de rupture de Donald Trump et la montée des populismes en Europe montrent la nécessité d’adapter les institutions internationales aux réalités du XXIe siècle.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 11h18
   





                        



   


Editorial du « Monde ». La première ministre britannique, Theresa May, et le président français, Emmanuel Macron, devaient se retrouver, ce vendredi 9 novembre, dans la Somme, pour un déjeuner de travail, avant d’aller se recueillir devant le mémorial franco-britannique de Thiepval, en hommage aux 72 000 soldats du Royaume-Uni et du Commonwealth tombés dans les combats de cette région contre les forces allemandes, en 1916.
Ce moment de recueillement et ceux qui vont suivre, d’ici au 11-Novembre, pour marquer le centenaire de la fin de la première guerre mondiale, sont les bienvenus. L’initiative de la France et la salutaire décision d’une soixantaine de chefs d’Etat et de gouvernement étrangers d’accepter son invitation à célébrer ce centenaire sont l’occasion de se pencher, avec le recul historique, sur les similitudes entre ces deux débuts de siècle. Et d’en tirer les enseignements.

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La principale leçon de l’armistice de 1918 est celle d’une paix imparfaite, qui ne tiendra guère plus de deux décennies. A la fin de la guerre, la communauté internationale tente d’organiser une gestion multilatérale des relations entre Etats ; née de cet effort, la Société des nations (SDN), ne parviendra pas à s’imposer, face à la résurgence des nationalismes, au revanchisme des puissances humiliées et aux revendications des régimes autoritaires. Amputée du soutien des Etats-Unis, la SDN est trop faible. Un siècle plus tard, il est impossible de dissocier 1918 de 1939.
Grave crise transatlantique
L’histoire, dit-on, ne se répète jamais, mais il lui arrive de bégayer. L’expansionnisme territorial des débuts du XXe siècle est absent des actuelles tensions internationales. Mais on retrouve la crise du multilatéralisme, une forme de revanchisme, notamment de la part de la Russie, la montée des nationalismes, en particulier en Europe, et surtout le retrait américain du leadership mondial. Sous l’impulsion de Donald Trump, les Etats-Unis ont opéré un repli protectionniste qui met en péril l’ouverture du commerce mondial ; ils se ferment aux réfugiés et aux immigrants et contestent les institutions multilatérales qu’ils ont eux-mêmes contribué à créer après la seconde guerre mondiale. L’hostilité croissante du président américain à l’égard de ses alliés européens a engendré une grave crise transatlantique.

        Lire aussi notre enquête.
         

          Europe-Etats-Unis : la famille occidentale sous tension



Ces tensions sont d’autant plus inquiétantes que l’Europe elle-même est en proie à la division, ébranlée par la dynamique des mouvements populistes et nationalistes en son sein. Que faire pour sauver la gouvernance mondiale ? Faire entendre raison à l’administration Trump est une option, sans doute illusoire, mais qu’il ne faut pas abandonner. Une autre est de renforcer les institutions multilatérales existantes. C’est la raison pour laquelle les organisateurs du Forum de Paris pour la paix, la grande conférence voulue par Emmanuel Macron à l’occasion de ce centenaire, ont choisi de donner d’abord la parole, à l’ouverture de cet événement, dimanche 11 novembre, au secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. Les dirigeants de toutes les grandes institutions internationales créées sous l’égide de l’ONU seront là aussi : leur présence est importante.
Le multilatéralisme, cependant, ne saurait être renforcé sans une réforme de ces institutions, qui doivent être adaptées aux réalités du XXIe siècle. Ces réalités, il appartient aussi à la France de les accepter. Il n’est pas trop tard, mais le temps presse.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Les cent ans de l’Armistice et le Forum sur la paix réuniront plus de 60 chefs d’Etat ce week-end dans la capitale.
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11-Novembre : des célébrations à Paris pour relancer le multilatéralisme

Les cent ans de l’Armistice et le Forum sur la paix réuniront plus de 60 chefs d’Etat ce week-end dans la capitale.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 11h16
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 18h16
    |

            Marc Semo








                        



   


L’espace de deux jours, Paris sera la capitale de la planète. Plus de 60 chefs d’Etat et de gouvernement et dirigeants des grandes institutions internationales sont attendus dans la capitale française pour les cérémonies du centenaire de l’armistice de 1918 qui culmineront dimanche 11 novembre avec la commémoration à l’Arc de triomphe, un discours du président Emmanuel Macron puis, après un déjeuner à l’Elysée, le début des trois jours de travaux du Forum de Paris sur la paix, ouvert par la chancelière allemande, Angela Merkel, et par le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.
« Il ne s’agit pas simplement de commémorer l’armistice, mais d’essayer ensemble de tenir la promesse faite alors d’un “plus jamais ça” », a déclaré M. Macron en présentant cette initiative visant à redonner un souffle à un multilatéralisme toujours plus menacé. D’où la volonté de moins célébrer la victoire, en s’abstenant de toute forme de défilé militaire, que la fin du carnage, en insistant avant tout sur les leçons à tirer de la paix ratée de 1918 qui humiliait les vaincus. D’où aussi l’importance accordée à la réconciliation franco-allemande, véritable point d’orgue de ces cérémonies.

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Les dirigeants européens devraient être presque tous là : ceux des pays vainqueurs, bien sûr, mais aussi bon nombre de ceux des pays vaincus en 1918, ainsi que les représentants des nouveaux Etats nés du démantèlement des empires. Il y aura une importante représentation africaine dont le président rwandais, Paul Kagame, son homologue kényan, Uhuru Kenyatta, et la quasi-totalité des dirigeants de l’Afrique de l’Ouest.
Pas de rencontre Trump-Poutine
Le roi du Maroc, Mohammed VI, et le président tunisien, Beji Caïd Essebsi, seront présents, ainsi que nombre de dirigeants du Moyen-Orient. Seuls absents de marque : le président chinois, Xi Jinping, et le premier ministre japonais, Shinzo Abe. De nombreuses rencontres devraient se tenir en marge des cérémonies.
Le président américain, Donald Trump, qui ne se rendra pas au Forum sur la paix, a finalement affirmé qu’aucune rencontre n’était « prévue » avec son homologue russe, Vladimir Poutine, à Paris, quelques heures après l’annonce par le Kremlin que les deux dirigeants allaient discuter « brièvement » pour convenir d’un prochain rendez-vous, probablement au G20 de Buenos Aires fin novembre.
L’idée d’un sommet évoquée trois semaines plus tôt à Moscou par le conseiller à la sécurité américain, John Bolton, avait été abandonnée. Ni de temps ni de réelle volonté côté américain, et des autorités françaises réticentes. « Si un sommet russo-américain se tient à Paris, la France le préside. Nous ne sommes pas la Finlande », relève un diplomate en référence au tête-à-tête entre MM. Trump et Poutine, à Helsinki, en juillet.

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Nouveaux défis
Les autorités françaises souhaitent donner une solennité à ce final des quatre années du centenaire de 14-18. La France était alors la grande puissance victorieuse et les traités de paix furent signés de 1919 à 1920 dans les châteaux autour de la capitale française – Versailles, Saint-Germain, Trianon, Neuilly, Sèvres. « Il était impensable de ne pas inviter tous les pays qui furent impliqués directement ou indirectement dans ce qui fut véritablement un conflit mondial », souligne-t-on à Paris. La volonté est en outre de profiter d’une image d’Emmanuel Macron encore très forte à l’étranger, même si sa popularité plonge en interne.
La grande question a été de savoir comme aller au-delà de la commémoration. Une conférence internationale, un Versailles bis s’achevant sur une déclaration commune d’autant plus creuse qu’elle serait large… le risque était de paraître un peu vieux jeu, d’autant plus quand il s’agit de faire face aux nouveaux défis. La diplomatie française planchait déjà depuis des mois sur le projet d’un forum annuel sur la paix à Paris, qui serait le pendant de celui de Davos pour l’économie ou de Munich pour la sécurité collective. Les commémorations du centenaire étaient la meilleure occasion de concrétiser cette initiative.
« Ce forum est un lieu de défense et d’adaptation du multilatéralisme, y compris en intégrant ces nouveaux acteurs non étatiques. Autant on n’a pas besoin d’entreprises, d’ONG ou de fondations pour traiter le nucléaire nord-coréen, autant pour des questions comme le réchauffement climatique, la gouvernance de l’Internet ou de l’intelligence artificielle, mais aussi le développement, les Etats ne peuvent agir efficacement sans ces acteurs. C’est ce qu’on appelle parfois la gouvernance hybride », explique Justin Vaïsse, président du Forum sur la paix, qui préside depuis cinq ans le Centre d’analyse, de prévision et de stratégie du Quai d’Orsay. Un modèle qui s’inspire de celui de la COP21, qui permit l’accord de Paris sur le climat en 2015.

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« Ne pas tomber dans un pessimisme trop noir »
Original dans son format, le Forum de Paris l’est aussi dans son financement, entièrement assumé par des contributions privées dont nombre de fondations ainsi que le soutien d’institutions internationales. Un partenariat a aussi été établi avec des think tanks de renom tel l’IFRI (Institut français des relations internationales) et l’Institut Montaigne. Le pari n’était pas évident à tenir. D’autant que ses promoteurs veulent à tout prix éviter de faire une sorte d’assemblée générale de l’ONU en format réduit avec une suite de discours de dirigeants depuis la tribune.
« C’est un espace d’exposition avant d’être un espace de débat. Il ne faut pas se contenter de clamer l’importance du multilatéralisme, il faut aussi faire connaître et faire aboutir des initiatives », assure Justin Vaïsse, insistant sur le caractère très concret des quelque 850 projets présentés, dont 120 ont été retenus venant de 42 pays et organisations internationales.

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« Il y a vingt ans, dans l’euphorie de la globalisation, un tel rendez-vous aurait été optimiste et conquérant, voire missionnaire. Nous avons changé d’époque : il est donc défensif et inquiet. Mais on ne doit pas tomber dans un pessimisme trop noir », souligne M. Vaïsse. Pour lui, « ce forum a été créé justement parce qu’il existe des freins à cette descente vers les années 1930 ; partout dans le monde, il y a des Etats ou des acteurs privés – particulièrement aux Etats-Unis – qui se mobilisent en faveur de l’action collective ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Toujours à la peine, les deux partis traditionnels ont du mal à s’imposer dans le débat à sept mois des élections européennes.
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Européennes : le PS et LR rêvent de réactiver le clivage droite-gauche

Toujours à la peine, les deux partis traditionnels ont du mal à s’imposer dans le débat à sept mois des élections européennes.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 11h15
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 16h34
    |

            Olivier Faye et 
Enora Ollivier








                        



                                


                            

Réussir à poser les termes du débat, c’est déjà prendre un train d’avance sur l’adversaire. Dans la perspective des élections européennes de mai 2019, Les Républicains (LR) et le Parti socialiste (PS) veulent à tout prix sortir du clivage que cherche à imposer Emmanuel Macron entre les « nationalistes » d’un côté et les « progressistes » de l’autre. Une manière pour le président de la République de se poser en rempart face aux extrêmes et d’exclure du champ de la discussion les vieux partis de droite et de gauche.
« Je ne crois pas à la pertinence de ce clivage qui consiste à dire : moi ou les zéros, moi ou le chaos, avance le député LR de l’Yonne, Guillaume Larrivé. Mélenchon et Le Pen sont les fous de cour du prince Macron, celui qui prend sa part du feu pour mieux l’éteindre. » Le président de son parti, Laurent Wauquiez, revendique le fait de se battre « pour qu’il y ait une alternative démocratique crédible dans le champ républicain ». Macron contre les populistes, c’est « un duel qui est en fait un duo, abonde Olivier Faure, le premier secrétaire du PS. C’est la tentation de tout gouvernement d’aller se chercher l’opposition la plus radicale pour pouvoir se concilier les voix de toutes les femmes et les hommes de raison ». Le socialiste souligne le « danger » de ce « calcul à court terme » : « Macron, en faisant cela, renvoie progressivement une part croissante de l’opinion aux extrémistes. »

Tout l’enjeu pour ces deux formations consiste donc à convaincre de la pertinence de maintenir le clivage droite-gauche, cet essuie-glace qui a longtemps structuré la Ve République. D’un côté, le PS a établi pour les européennes un programme penchant largement à gauche, dans lequel il s’engage notamment à ne pas participer à de grandes coalitions avec les conservateurs et les libéraux, désignés comme ses « adversaires ». Il entend ainsi marquer son identité mais...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Alors que les deux géants du rail attendent le feu vert bruxellois, le PDG de Siemens a reconnu que le mariage entre les deux groupes pourrait ne pas aboutir, explique dans sa chronique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
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« La fusion Alstom-Siemens avance à un train de commissaire »

Alors que les deux géants du rail attendent le feu vert bruxellois, le PDG de Siemens a reconnu que le mariage entre les deux groupes pourrait ne pas aboutir, explique dans sa chronique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    09.11.2018 à 11h12
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 14h19
    |

            Philippe Escande (éditorialiste économique au « Monde »)








                        



                                


                            

Chronique.  Il n’est pas rare que le TGV que l’on emprunte connaisse soudain, pour une raison obscure, une baisse de régime. Cela a par exemple été le cas, jeudi 8 novembre, entre Lyon et Paris, mais également la veille… Il s’arrête en pleine campagne, parfois repart en arrière, puis reprend sa route à petite vitesse, à un train de sénateur, comme on disait autrefois.
Il en va de même de la fusion entre les deux géants européens du rail, Alstom et Siemens. Dans ce cas, on pourrait parler d’un train de commissaire. En l’occurrence, la Danoise Margrethe Vestager, la redoutée patronne de la concurrence à la Commission européenne. En juillet, ses services ont lancé une enquête approfondie sur le mariage franco-allemand annoncé en septembre 2017. Le 31 octobre, elle a communiqué ses griefs aux deux entreprises qui devront faire des propositions d’améliorations pour obtenir le feu vert bruxellois.

Et, pour la première fois, ce 8 novembre, le chef de train, Joe Kaeser, PDG de Siemens, a reconnu que le convoi pourrait bien ne pas arriver à destination. « Il n’y a pas de raison de paniquer », a-t-il souligné en présentant les résultats de son entreprise. Avant d’ajouter : « Si ça ne fonctionnait pas, nous resterions la meilleure société de mobilité au monde et il y a plein d’autres options. » 
Il est toujours délicat de conseiller aux gens de ne pas paniquer quand tout ralentit d’un coup. Mais Joe Kaeser a des raisons pour rester « relax ». Après tout, sa société, le dernier grand conglomérat industriel européen, qui produit non seulement des locomotives, mais aussi des machines-outils, des appareils médicaux et des turbines à gaz, est plutôt en forme. Surtout si on la compare au désastre de General Electric, qui n’en finit pas d’aligner les milliards de pertes et d’annoncer les plans de cessions. Au contraire, l’allemand maintient ses objectifs et a réalisé plus de 6 milliards d’euros de bénéfice annuel...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Entretien avec Nikolaus Wostry, directeur général des Archives du film autrichien, pour une rétrospective présentée au Festival international du film de Vienne.
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Cinéma : « Il y a eu un apport considérable des juifs à la culture autrichienne »

Entretien avec Nikolaus Wostry, directeur général des Archives du film autrichien, pour une rétrospective présentée au Festival international du film de Vienne.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 10h18
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

Directeur général des Archives du film autrichien, Nikolaus Wostry a conçu la rétrospective « Mondes juifs dans le cinéma muet germanophone », composée de douze films des années 1920, présentée au Festival international du film de Vienne (Viennale), qui s’est tenu du 25 octobre au 8 novembre.

Vous avez coprogrammé la rétrospective présentée à la Viennale. Quelle était votre intention ?
Cette programmation s’inscrit dans le cadre de la célébration des quatre-vingts ans de l’Anschluss, et des cent ans de la République d’Autriche. Nous l’avons conçue, dans le cadre de la Viennale, comme une extension de l’exposition qui se tient depuis mars aux Archives, « La Ville sans (juifs, musulmans, réfugiés, étrangers) ». Ce titre s’inspire d’un film de 1924, La Ville sans juifs, de Hans Karl Breslauer, récemment restauré, que nous montrons dans cette rétrospective. C’était une façon pour nous d’établir un lien entre le passé et le présent. Il y a depuis l’établissement de la République dans ce pays une instrumentalisation politique de l’antisémitisme et du rejet de l’étranger comme jamais il n’y en avait eu au temps de la monarchie. La culture viennoise est pourtant intimement liée au cosmopolitisme et plus particulièrement à la présence et à la créativité juives. C’est de cette richesse dont témoignent précisément les films que nous montrons, dont certains ont d’ailleurs connu un grand succès.
Ce que montrent aussi la plupart de ces films, c’est souvent l’ambiguïté, voire la haine, qui s’exercent vis-à-vis de cette présence juive…
C’est tout le paradoxe. Il y a eu un apport considérable des juifs à la culture nationale et, en même temps, on ne leur a jamais vraiment donné la possibilité de s’intégrer. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, l’Autriche s’est revendiquée de ce cosmopolitisme pour mieux se démarquer de l’Allemagne nazie et se présenter comme victime. C’était oublier...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Les avis divergent encore outre-Rhin sur ce que doit être un établissement financier.
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En Allemagne, une querelle bancaire et universitaire

Les avis divergent encore outre-Rhin sur ce que doit être un établissement financier.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 08h15
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        


L’économie allemande aime défendre sa spécificité. Dix ans après la chute de la banque américaine Lehman Brothers, les avis divergent encore outre-Rhin sur ce que doit être une banque. Les uns estiment qu’un bon système bancaire se compose de quelques grands établissements privés de dimension internationale, capables de dégager des marges importantes, sur le modèle anglo-saxon.

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C’est le cas de la Deutsche Bank et de la Commerzbank, qui cependant ne se sont jamais vraiment remises du choc de la crise financière. En restructuration permanente, elles se cherchent actuellement un modèle économique. La Commerzbank n’a toujours pas remboursé à l’Etat sa participation forcée par la déroute de 2008.
« Trois piliers »
D’autres plaident pour le maintien, à côté de ces grandes banques de taille mondiale, d’un Mittelstand bancaire : soit des caisses d’épargne publiques (Sparkassen), soit des banques coopératives, ces établissements au rayon ­d’action limité à une région, qui distribuent du crédit aux ménages et financent l’économie réelle. Elles sont considérées comme un élément du succès des industries de taille moyenne qui font la force du « made in Germany ». Qui étudie le système allemand – dit « à trois piliers » – se rendra vite compte de cette dialectique qui traverse la doctrine ­bancaire.
« La crise a renforcé mon envie de travailler pour une finance où la priorité est le développement de l’économie réelle. » Christopher Rossmann, employé à la caisse d’épargne de Dillenburg
Elle s’articule autour de deux questions essentielles autant qu’existentielles : « A quoi sert une banque ? » et « Combien d’argent doit-elle gagner ? » Les débats sont parfois vifs, autant dans la finance et les entreprises que dans l’enseignement. Etudiants compris. « J’ai conscience de faire partie d’une minorité : j’appartiens à ceux qui pensent qu’il est bon pour l’économie d’avoir ce système à trois piliers, explique Harry Schmidt, professeur de ­finance à l’université Goethe de Francfort, l’une des plus prestigieuses du pays. Ce modèle nous a protégés de beaucoup de conséquences très graves de la crise financière. »
De fait, la crise de 2008 a relativement épargné l’économie allemande. Dès 2010, l’industrie est repartie, et le pays n’a pas connu de resserrement massif du crédit. Contrairement aux banques engagées sur les marchés internationaux, les Sparkassen et les banques coopératives locales ont ­continué à ­accorder des prêts aux entreprises de taille moyenne. Dans le secteur public, les seules banques ayant souffert de la crise sont les Landesbanken, établissements qui ont longtemps fait office de bras financier des Länder, et qui sont en train de se regrouper.

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« Il y a des différences idéologiques, décrypte le professeur Schmidt. Certaines personnes sont convaincues que le modèle d’une grande banque détenue par de nombreux actionnaires est meilleur. Je pense que c’est un mythe. Si on regarde l’histoire des quatre-vingt dernières années, l’expérience montre que, prises en groupe, les banques publiques et coopératives ne sont pas moins rentables que les grandes banques privées cotées en Bourse, dont les chiffres sont bien moins stables dans le temps. Mais bien sûr, le modèle n’existe pas dans les livres de théorie bancaire américains… » 
Concurrence extrême
Cette analyse ferait presque sourire Sascha Steffen, professeur de finance à la Frankfurt School of Finance and Management, une célèbre école de commerce privée. « Il y a un gros lobbying de la part des Sparkassen pour défendre leur modèle, qui me semble dépassé, juge-t-il. Elles ont très bien fonctionné quand les taux d’intérêt étaient élevés, et parce que nous avons d’excellentes entreprises de taille moyenne. Maintenant que les taux sont faibles, le modèle est en perte de vitesse. Dans dix ans, la plupart de ces banques auront disparu. »

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Toutes les banques allemandes, privées comme publiques, souffrent de la concurrence extrême sur le marché ­allemand et de coûts fixes importants. « Les banques américaines sont nettement en avance sur les nouvelles technologies, souligne Sascha Steffen. Leur coût de personnel sur chaque euro ­gagné est de l’ordre de 50 centimes, et non de près de 90 centimes, comme ici. La conséquence, c’est que les banques étrangères font concurrence aux allemandes sur leur propre marché. »
Le débat n’est donc pas tranché. Mais le marché étant roi, les étudiants désireux de travailler en Allemagne dans la finance ou en entreprise se doivent de connaître ces différences de culture. A Francfort, l’université Goethe, avec 5 300 étudiants dont 900 étrangers, continue à proposer un cours sur la spécificité bancaire allemande, toujours bien fréquenté. Ceux qui n’y ont pas été sensibilisés découvrent plus tard son poids dans le Mittelstand allemand, encore très marqué par l’idée d’un capitalisme familial et responsable, ancré dans une région.
« Lien de proximité »
« Quand j’ai cherché mon stage de fin d’études, je voulais travailler chez Deutsche Bank. Pour moi, c’était la ­référence », raconte Claire, une Française entrée chez DB juste après ses études sur le campus de l’ESCP Europe à Berlin, en 2009. Une décennie plus tard, confie-t-elle, « au contact avec les clients, les entreprises de taille moyenne, j’ai constaté combien elles restaient très attachées à leur Sparkasse. Le lien de proximité avec le banquier était primordial ».
Pour continuer à faire vivre leur ­modèle face à l’enseignement anglo-saxon, les Sparkassen allemandes se sont dotées voici quinze ans de leur propre établissement de formation. L’école supérieure (Hochschule) du ­réseau Sparkasse, à Cologne, fondée en 2003, assure la formation continue des salariés des banques publiques, et finance ses propres travaux de recherche. Elle délivre quatre diplômes de ­bachelor et trois masters, dont deux MBA, reconnus par l’Etat. Elle compte 830 étudiants.

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« On a besoin d’institutions qui pratiquent une politique d’intérêt général, tranche Bernd Heitzler, recteur de l’établissement. L’école supérieure du groupe Sparkasse nous ­permet d’enseigner la spécificité de ­notre modèle de façon plus efficace que les universités ou les écoles de commerce, où l’enseignement est beaucoup plus orienté sur les marchés de capitaux. » Christopher Rossmann, 31 ans, employé à la caisse d’épargne de Dillenburg, un canton rural de Hesse, où il a commencé comme apprenti, termine son MBA à la Hochschule du groupe Sparkasse. « La crise a renforcé mon envie de travailler pour une ­finance où la priorité est le développement de l’économie réelle et d’une ­région à long terme, affirme-t-il. Le risque, je le vois plutôt du côté des innovations numériques, des néobanques ou de la blockchain. Et là, nous ne sommes pas moins bien placés que les banques cotées, bien au contraire. »

Participez au salon des grandes écoles du « Monde », samedi 10 et dimanche 11 novembre
La 13e édition du Salon des grandes écoles (SaGE) a lieu samedi 10 et dimanche 11 novembre à Paris, aux Docks, Cité de la mode et du design (13e arrondissement), de 10 heures à 18 heures.
Plus de cent cinquante écoles de commerce et d’ingénieurs, IAE, IEP, écoles spécialisées, prépas seront représentés lors du salon, permettant d’échanger sur les différents programmes et leur accessibilité (post-bac, post-prépa ou après un bac +2, +3 ou +4). Lycéens, étudiants et parents pourront assister à des conférences thématiques animées par des journalistes du Monde Campus. Une équipe de vingt « coachs » sera à leur disposition pour les conseiller, les aider à définir leur projet d’orientation, préparer les concours, rédiger leur CV...
L’entrée du SaGE est gratuite, la préinscription en ligne est conseillée pour accéder plus rapidement au Salon. Liste des exposants et informations pratiques sont à retrouver sur le site Internet du SaGE.
Ce salon a été précédé de la publication de nos suppléments dédiés aux écoles d’ingénieurs (dans Le Monde daté du mercredi 7 novembre et en ligne en suivant ce lien ) et aux écoles de commerce (dans Le Monde daté du jeudi 8 novembre et sur Le Monde.fr Campus ici).





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’ancien président polonais et leader de Solidarnosc appelle à la reconstruction d’une Pologne démocratique et européenne face aux dérives de l’actuel gouvernement qui déconstruit l’Etat de droit, viole la Constitution et « fait du mensonge un instrument d’exercice du pouvoir ».
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Lech Walesa : « Je voudrais vivre dans une Pologne démocratique »

Dans une tribune au « Monde », l’ancien président polonais et leader de Solidarnosc appelle à la reconstruction d’une Pologne démocratique et européenne face aux dérives de l’actuel gouvernement qui déconstruit l’Etat de droit, viole la Constitution et « fait du mensonge un instrument d’exercice du pouvoir ».



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 08h54
    |

Lech Walesa (Ancien président du mouvement Solidarnosc, ancien président de la Pologne)







                        



                                


                            
Tribune. Moi, Lech Walesa, à qui les Polonais, l’histoire et la providence ont offert le privilège de prendre part aux événements qui ont changé le destin de notre patrie, en ce centième anniversaire de notre indépendance recouvrée, je m’incline devant les fondateurs de la Deuxième République : Jozef Pilsudski, Roman Dmowski, Ignacy Daszynski, Ignacy Paderewski, Wincenty Witos et Wojciech Korfanty. Je m’incline devant tous les citoyens et citoyennes, quelles que soient leurs origines nationales ou confessions et qui – à l’heure de la plus grande épreuve, celle de penser que « la Pologne est à nous » – ont su s’unir pour le bien de leur Etat.
Pendant ces cent dernières années, nous avons dû par trois fois reconstruire la Pologne comme un Etat. Pendant un demi-siècle, nous n’avons pas été un Etat libre. Il nous a été échu de voir comme il est facile de perdre son indépendance. Il suffit de quelques hommes politiques irresponsables au moment décisif. Ma génération a eu la chance de se trouver au bon endroit au bon moment. Nous avons fait ce qu’il convenait de faire. A cette époque, la solidarité voulait dire : « Aide-nous, ami, parce que tout seul nous n’y arriverons pas, c’est trop lourd. » Ce fardeau que nous voulions soulever, c’était notre patrie.
Dix millions de personnes se sont réunies à nos côtés. Le mouvement Solidarité fait partie de l’histoire universelle, fort de ses valeurs et de sa détermination. C’est grâce à l’éthique de Solidarité que nous avons réussi sans violence à recouvrer notre liberté et à transformer le système politique. Nous avons construit un Etat de droit. D’autres pays se sont emparés de notre idéal d’une révolution sans bain de sang. L’ordre du monde s’en est trouvé transformé.
« Je présente mes excuses aux Polonais »
Et pourtant notre transformation ne s’est pas faite sans victimes. Nous avons commis des erreurs. Malgré les efforts extraordinaires de Jacek Kuron, nous n’avons pas su mettre en œuvre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Depuis l’élection du président français, des sujets aussi cruciaux que le renforcement de la zone euro ou l’élaboration d’une industrie de défense commune sont au point mort. En attendant, les liens entre la CDU et le parti Les Républicains se resserrent.
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/11/2018
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Entre Macron et Merkel, une grande occasion manquée

Depuis l’élection du président français, des sujets aussi cruciaux que le renforcement de la zone euro ou l’élaboration d’une industrie de défense commune sont au point mort. En attendant, les liens entre la CDU et le parti Les Républicains se resserrent.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 06h46
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 10h25
    |

            Marc Semo et 
Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

Une chancelière allemande et un président français, ensemble, à Rethondes (Oise). Samedi 10 novembre, Angela Merkel et Emmanuel Macron devaient se retrouver dans la clairière où fut signé, il y a cent ans, l’armistice qui mit fin, du moins sur le front occidental, au carnage de la Grande Guerre.
Une image forte, encore plus peut-être que celle de François Mitterrand et Helmut Kohl, main dans la main devant l’ossuaire de Douaumont, près de Verdun (Meuse), le 22 septembre 1984. Jamais un chancelier allemand ne s’était rendu en ce lieu symbolisant la défaite de son pays. Un lieu qui reste également ambivalent en France puisque c’est aussi là que fut signé, le 22 juin 1940, l’armistice entre le IIIe Reich et la IIIe République agonisante…

M. Macron souligne volontiers que ce centenaire a moins pour vocation de célébrer une victoire que de tirer les leçons d’une paix ratée parce qu’humiliante pour les vaincus, comme le montra le traité de Versailles (1919).
Pour préserver une Europe « vivant depuis soixante-dix ans une parenthèse de paix inédite fracturée aujourd’hui par la montée des nationalismes », il ne cesse de rappeler le caractère essentiel de la coopération entre Paris et Berlin. Symboliquement, c’est Angela Merkel qui, avant le secrétaire général des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, ouvrira le Forum de Paris sur la paix, dimanche 11 novembre. Rarement pourtant la relation franco-allemande n’aura été autant encalminée.
Cette fois, le blocage est venu du côté allemand
L’annonce du départ de Mme Merkel de la présidence de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) début décembre, et celui de sa retraite politique au terme de la législature, en 2021, ont encore un peu plus affaibli le leadership de celle qui fut, pendant treize ans, le pilier de l’Europe. « C’est incontestablement un point d’appui en moins pour Emmanuel Macron qui va se trouver bien seul sur la photo, même s’il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Le divorce Europe-Etats-Unis (1/3). A l’occasion de la venue de Donald Trump en France, dimanche 11 novembre, « Le Monde » consacre une série d’articles à la crise des relations transatlantiques. Aujourd’hui, la prise de conscience progressive, par les Européens, de la difficulté à maintenir le lien avec cet allié historique.
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A l’occasion de la venue de Donald Trump en France, dimanche 11 novembre, « Le Monde » consacre une série d’articles à la crise des relations transatlantiques. Aujourd’hui, la prise de conscience progressive, par les Européens, de la difficulté à maintenir le lien avec cet allié historique.    Partager sur Facebook Partager sur Facebook   Partager sur Twitter Partager sur Twitter   Envoyer par e-mail Envoyer par e-mail                        La chancelière allemande, Angela Merkel, et le président américain, Donald Trump, au sommet du G20, le 7 juillet 2017, à Hambourg (Allemagne). TORE MEEK /NTB SCANPIX / AP             Ils étaient trois, comme les rois mages, sans or ni encens, mais avec une furieuse envie de s’épancher en arrivant à Paris, ce lundi 9 avril. Six jours plus tôt, les présidents des trois Républiques baltes se trouvaient à Washington, où ils avaient été reçus par le président d’un grand pays pour lequel la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie, libérées en 1991 du joug soviétique, n’ont que gratitude et admiration. Pourtant, lorsque Emmanuel Macron les accueillit à l’Elysée pour déjeuner, se souvient un haut responsable présent, ils étaient encore « traumatisés » par leur rencontre avec Donald Trump.          Il y avait là Dalia Grybauskaite, la présidente lituanienne. Forte femme, polyglotte, ceinture noire de karaté, elle a connu l’Union soviétique (URSS) de l’intérieur, comme membre du parti. A ses côtés, Raimonds Vejonis, son homologue letton ; premier membre d’un parti vert élu chef d’Etat dans un pays de l’Union européenne (UE), il a aussi été ministre de la défense. Et enfin, fermant la marche, la benjamine, Kersti Kaljulaid, brillante et dynamique présidente estonienne.                 Article réservé à nos abonnés  Lire aussi  Les 100 jours de Donald Trump, un trouble-fête à Washington              Leur traumatisme n’émanait pas tant de la rituelle conférence de presse tenue avec Donald Trump à la Maison Blanche ; ce dernier y avait, sans surprise, rendu hommage à ces pays « travailleurs », peuplés de « gens formidables », où les journalistes, contrairement à leurs confrères américains, ne produisent pas de « fake news ».          Le plus dur, confièrent-ils à leur hôte français ce lundi d’avril, fut l’entretien qui l’avait précédée et que M. Trump ouvrit en leur attribuant la responsabilité de la guerre de Yougoslavie. Il leur fallut quelques instants pour réaliser que « Baltes » et « Balkans » s’étaient mélangés dans l’esprit du président américain, apparemment peu instruit en la matière par sa femme, Melania, pourtant originaire de l’ex-Yougoslavie.          Le syndrome du somnambulisme          Ce n’était pas tout. Donald Trump leur reprocha encore de ne pas dépenser assez pour leur défense – alors qu’ils font plutôt partie des bons élèves de l’OTAN. Il leur dit tout le mal qu’il pense de Nord Stream 2, le gazoduc en construction sous la mer Baltique pour acheminer du gaz russe en Allemagne – alors que les Etats baltes ne participent pas au projet.                         La suite est réservée aux abonnés.  Déjà abonné ? Se connecter  S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     Soutenir le journalisme d’investigation et une rédaction indépendante de plus de 400 journalistes.    Participer à des événements artistiques et culturels toute l'année et partout en France.    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Festival : les fantômes juifs du cinéma germanophone

A la Viennale, en Autriche, un programme de douze films muets des années 1920 ne laisse pas indemne.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 10h19
    |

            Jacques Mandelbaum (Vienne (Autriche)








                        



                                


                            

Cela se passe en Europe. Montée du populisme et du nationalisme. Disqualification des élites. Haine de l’immigré. Flambées ­antisémites. Ombre du fascisme qui gagne le continent. On ne parle pas, à Dieu ne plaise, de l’Europe de 2018, mais de celle des années 1920. C’est au cœur de cette décennie que le Festival international du film de Vienne (qui s’est tenu du 25 octobre au 8 novembre), dirigé, depuis cette année, par Eva Sangiorgi, a extrait les douze films d’un programme proposé par les Archives du film autrichien, intitulé « Mondes juifs dans le cinéma muet germanophone ». Tandis que les pogroms, la révolution bolchevique et la première guerre mondiale provoquent un fort courant d’émigration des juifs de l’Est vers le monde occidental, le « juif » devient à cette époque la figure de l’altérité par excellence.

L’Autriche et l’Allemagne sont, de par leur position géographique, aux premières loges. La manière dont leur cinéma (la production et le marché germaniques sont poreux) représente ces nouveaux venus, si familiers par leur langue (le yiddish), si lointains par leur culture, est donc une question politiquement passionnante. On ne trouvera pas ici de performance esthétique ­majeure – sinon dans l’expressionnisme onirique de Paul Wegener (Le Golem, 1920) ou dans l’extraordinaire modernité de jeu et l’art de la composition plastique de Carl Theodor Dreyer (Aimez-vous les uns les autres, 1922).

Le corpus témoigne en revanche d’une réelle diversité de ­genres. Biopic politique (Theodor Herzl, étendard du peuple juif, d’Otto Kreisler, 1921), drame historique orientalisant à grand spectacle (Nathan le sage, de Manfred Noa, 1922), mélodrame d’entre-deux mondes (Das alte Gesetz, « La Vieille Loi », d’Ewald André Dupont, 1923), ­fiction dystopique (La Ville sans juifs, de Hans Karl Breslauer, 1924), comédie viennoise ­contem­poraine (Réunion familiale chez les Prellstein,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Dans une lettre ouverte, un collectif demande aux leaders des démocraties d’intervenir pour la libération du cinéaste, qui a mené une grève de la faim pendant cinq mois pour attirer l’attention sur le sort des Ukrainiens indûment détenus en Russie. Face au silence du Kremlin, il est temps que les dirigeants européens se mobilisent, estiment-ils.
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« Les chefs d’Etat des démocraties doivent obtenir de Poutine qu’il s’engage à libérer le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov »

Dans une lettre ouverte, un collectif demande aux leaders des démocraties d’intervenir pour la libération du cinéaste, qui a mené une grève de la faim pendant cinq mois pour attirer l’attention sur le sort des Ukrainiens indûment détenus en Russie. Face au silence du Kremlin, il est temps que les dirigeants européens se mobilisent, estiment-ils.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 06h00
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                            Collectif








                        



                                


                            

Lettre ouverte - Aux chefs d’Etat et de gouvernement des démocraties
En 1980, Andreï Sakharov est exilé dans la ville fermée de Gorki pour avoir alerté le monde du danger que représentait l’Union soviétique (URSS). Assigné à résidence et surveillé en permanence par le KGB, il est coupé du monde durant plusieurs années, pendant lesquelles il effectuera deux grèves de la faim et sera torturé, intubé et nourri de force. Il faudra la Perestroïka (restructuration) et la Glasnost (transparence) en 1986, pour que Mikhaïl Gorbatchev mette fin à son exil et à son calvaire.
Cela n’empêche pas un autre dissident russe, Anatoli Martchenko, de mourir dans sa cellule la même année, le 8 décembre 1986, après onze ans d’emprisonnement et une grève de la faim de 117 jours. Son crime était d’avoir révélé dans un livre la réalité des camps de travail soviétiques. Il disait notamment : « La seule possibilité de lutter contre le mal et l’illégalité consiste à mon avis à connaître la vérité. »
Cette vérité a fissuré puis fait tomber les murs. L’URSS a laissé place à la Russie, l’Ukraine, la Géorgie, les Républiques baltes… Pourtant, c’est toujours pour les mêmes raisons que le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov a entamé une grève de la faim illimitée le 14 mai [qu’il a interrompue le 5 octobre pour éviter d’être nourri de force] : faire connaître la vérité, alerter le monde « libre ».
Disparu le 10 mai 2014
La vérité, c’est qu’au XXIe siècle, Oleg Sentsov, ce jeune cinéaste auteur d’un premier film repéré par les grands festivals européens de cinéma, père de deux enfants, a disparu le 10 mai 2014 alors qu’il sortait de chez lui, enlevé par les services secrets dans sa Crimée natale, ce morceau d’Ukraine que les Russes venaient brutalement d’annexer.
La vérité, c’est qu’il a été battu et torturé, emprisonné en Russie et condamné un an plus tard à vingt ans de prison, à la suite d’un procès dénoncé comme...




                        

                        


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Le mécène Osman Kavala, prisonnier emblématique de la Turquie d’Erdogan

L’homme d’affaires turc, à l’isolement depuis un an à la prison de haute sécurité de Silivri à Istanbul, n’a toujours pas été mis en examen.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 00h55
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 13h31
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            LETTRE D’ISTANBUL
« Pourquoi ? » est la question qui a été scandée aux autorités turques par un petit groupe d’intellectuels rassemblés face à la prison de haute sécurité de Silivri dans la lointaine périphérie d’Istanbul, samedi 3 novembre. Pourquoi l’homme d’affaires et mécène Osman Kavala est-il enfermé depuis plus d’un an à l’isolement sans mise en examen ?
La seule fois où le prévenu a vu un juge, c’était le 1er novembre 2017, deux semaines après son interpellation, lors de son placement en détention préventive. Selon les articles du code pénal cités sur son mandat d’arrêt, il aurait tenté de « modifier l’ordre constitutionnel » et de « renverser le gouvernement » par « la force ou la violence ».
Plus concrètement, la justice turque le soupçonne d’avoir trempé dans la tentative de putsch du 15 juillet 2016 et d’avoir financé les protestations anti-gouvernementales du printemps 2013 dans le parc Gezi au centre d’Istanbul.
Pas de preuve
Rien ne permet à ce jour d’étayer ces accusations, passibles de la réclusion à perpétuité. Surtout pas l’institution judiciaire, incapable, après douze mois d’instruction, de fournir la moindre preuve de sa culpabilité. « Une année d’enquête et le juge n’a rien, le dossier est vide », a résumé Köksal Bayraktar, l’un des conseils de M. Kavala, lors d’une conférence de presse organisée à Istanbul, le 31 octobre.

Les avocats sont d’autant plus perplexes qu’ils n’ont jamais vu la couleur de l’acte d’accusation. Toutes leurs requêtes se heurtent à un mur. La porte du magistrat instructeur leur est fermée, l’accès au dossier leur est interdit, les demandes de remise en liberté, plus d’une vingtaine en tout, ont été rejetées. « Nous sommes comme Don Quichotte quand il lutte contre les moulins à vent, nous ne savons pas qui nous avons face à nous », a déploré Me Bayraktar.
Membre fondateur du Conseil de l’Europe, signataire...




                        

                        

