<FILE-date="2018/11/09/19">

<article-nb="2018/11/09/19-1">
<filnamedate="20181109"><AAMM="201811"><AAMMJJ="20181109"><AAMMJJHH="2018110919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Les autorités californiennes ont fait savoir que 17 000 habitations et commerces sont directement menacés par les flammes.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ 
<article-nb="2018/11/09/19-2">
<filnamedate="20181109"><AAMM="201811"><AAMMJJ="20181109"><AAMMJJHH="2018110919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Jo Johnson, qui avait voté en faveur du maintien du pays dans l’Union européenne en 2016, plaide pour une nouvelle consultation des Britanniques.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

En désaccord sur le Brexit, un secrétaire d’Etat britannique démissionne

Jo Johnson, qui avait voté en faveur du maintien du pays dans l’Union européenne en 2016, plaide pour une nouvelle consultation des Britanniques.



Le Monde.fr avec AFP et Reuters
 |    09.11.2018 à 17h41
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 18h18
   





                        



   


Le secrétaire d’Etat aux transports du Royaume-Uni, Jo Johnson, a démissionné vendredi 9 novembre de son poste en dénonçant les « délirantes » négociations sur le Brexit menées par la première ministre Theresa May.
« Il m’est apparu de plus en plus clair que l’accord de retrait, en train d’être finalisé, serait une terrible erreur », écrit dans un communiqué le frère du chef de file des « Brexiters », Boris Johnson. Dénonçant un choix entre « deux solutions profondément insatisfaisantes, la vassalité ou le chaos », il estime que le pays est face à une crise « d’un niveau sans précédent depuis la crise du canal de Suez [en 1956] ».
« Donner à la population le dernier mot »
Jo Johnson, qui avait voté en faveur du maintien du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne lors du référendum de juin 2016, plaide également pour une nouvelle consultation des Britanniques.
« Etant donné que la réalité du Brexit se révèle beaucoup plus éloignée que ce qui a été promis, la mesure démocratique à prendre est de donner à la population le dernier mot », affirme-t-il. Aucun accord sur le retrait britannique de l’Union n’a encore été conclu, à moins de cinq mois de l’échéance, le 29 mars 2019.

        Lire aussi :
         

                « Marre du Brexshit » : des centaines de milliers de manifestants anti-Brexit ont défilé à Londres





Notre sélection d’articles pour comprendre le Brexit
Retrouvez les contenus de référence du Monde.fr traitant du Brexit :
les Vingt-Sept et Theresa May n’ont pas réussi à se mettre d’accord lors d’un sommet européen sur le Brexit jugé « crucial », le 17 octobre ;les discussions doivent se terminer avant la fin de l’année 2018, pour laisser le temps aux Parlements britannique et européen de ratifier le texte ;à moins de six mois de la sortie officielle du Royaume-Uni, le 29 mars 2019, le statut de l’Irlande du Nord reste le principal point sensible pour Theresa May au sein de sa coalition ;en parallèle aux négociations, la Commission européenne prévient les Etats membres de la possibilité d’un « no deal ». La France s’y prépare particulièrement, tout comme le Royaume-Uni ;le décryptage de l’accord trouvé entre Londres et Bruxelles sur la période de transition ; zoom sur la City de Londres, dont les intérêts sont délaissés dans les négociations avec l’UE par Theresa May pour des raisons politiques ;l’immense majorité des entreprises britanniques redoute les conséquences du départ du Royaume-Uni de l’Union européenne ;comprendre les arguments pour et contre la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne ;retour sur trente ans d’histoire tumultueuse entre le Royaume-Uni et l’UE.





                            


                        

                        


<article-nb="2018/11/09/19-3">
<filnamedate="20181109"><AAMM="201811"><AAMMJJ="20181109"><AAMMJJHH="2018110919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ La formation d’Emmanuel Macron vise un large rassemblement des forces proeuropéennes, dont les contours seront sans doute finalisés après le scrutin européen de mai 2019.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
édition abonné


A Madrid, LRM scelle le principe d’une « coalition » avec les libéraux et démocrates

La formation d’Emmanuel Macron vise un large rassemblement des forces proeuropéennes, dont les contours seront sans doute finalisés après le scrutin européen de mai 2019.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 16h16
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Madrid, Envoyé spécial)








                        



                                


                            

La stratégie de La République en marche (LRM) en vue des élections européennes de mai est, désormais, un peu plus claire. A Madrid, au cours d’un congrès du parti Alliance des libéraux et démocrates pour l’Europe (ALDE), Astrid Panosyan, déléguée à l’action internationale de la formation macroniste a fixé la ligne : une coalition avec les libéraux avant le scrutin de mai 2019 et « au-delà » la constitution d’un nouveau groupe, plus large, au sein du Parlement européen. Avec, selon Mme Panosyan, d’autres formations qui n’étaient présentes à cette réunion.
L’intervention était très attendue. Elle a déclenché un tonnerre d’applaudissements dans la salle, tandis que le président de l’ALDE, l’eurodéputé néerlandais Hans van Baalen, se précipitait sur l’oratrice pour lui manifester sa joie. Comme d’autres, il attendait effectivement avec impatience une intervention qui ne figurait pas dans le programme remis aux participants à la veille de ce congrès. Le président y évoquait simplement la venue de LRM pour « poursuivre l’exploration des voies en vue d’un travail en commun ».
Etre davantage que le quatrième groupe
Avec ce ralliement – qui se défend d’être une intégration pure et simple – le groupe libéral à Strasbourg affirme son objectif : être davantage que le quatrième groupe du Parlement et rassembler, demain, d’autres pro-européens « progressistes ». Peut-être des écologistes, des centristes, des sociaux-démocrates acquis à l’idée du président Macron d’une nécessaire mobilisation contre le front des nationalistes et populistes.
Lors de son discours Mme Panosyan avait indiqué que le succès du président « n’aurait pas été possible » sans le soutien des « vrais Européens » de l’ALDE. Elle ajoutait qu’il n’était pas question, pour En marche !, de vouloir « dupliquer un Europe ce qui s’était passé en France ». Et tenait aussi à rassurer une partie de la salle : pas question...




                        

                        


<article-nb="2018/11/09/19-4">
<filnamedate="20181109"><AAMM="201811"><AAMMJJ="20181109"><AAMMJJHH="2018110919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Pour retrouver le soutien de ses citoyens, l’UE doit renforcer la coopération entre Etats et améliorer la protection contre les risques, estime l’économiste Agnès Bénassy-Quéré, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« L’Europe a cessé d’être invisible, c’est une évolution positive »

Pour retrouver le soutien de ses citoyens, l’UE doit renforcer la coopération entre Etats et améliorer la protection contre les risques, estime l’économiste Agnès Bénassy-Quéré, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    09.11.2018 à 16h14
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 16h19
    |

                            Agnès Bénassy-Quéré (Professeur à l'Ecole d'Economie de Paris, Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            

Tribune. Selon l’Eurobaromètre du Parlement européen, le soutien des citoyens au projet européen a atteint un point bas en mai 2011. A cette époque, 47 % seulement des Européens pensaient que « de manière générale, l’appartenance de mon pays à l’Union européenne est une bonne chose », 18 % pensaient que c’était « une mauvaise chose », 31 % que ce n’était « ni bien ni mal », et 4 % étaient sans opinion. Depuis cette date, les opinions favorables se sont redressées continûment, pour atteindre 62 % en septembre 2018. A 61 %, la France se situe tout près de la moyenne, derrière l’Allemagne (81 %) mais devant l’Italie (42 %).
Le sondage annuel réalisé par Kantar Public pour les Journées économiques de Lyon (du 6 au 8 novembre) nous révèle cependant un paradoxe. Si les personnes interrogées sont favorables, en grande majorité, à davantage d’intégration européenne dans des domaines tels que l’immigration, la défense, les politiques sociales et fiscales, elles pensent que ce sont avant tout les gouvernements nationaux qui doivent relever les grands défis qu’ils identifient : inégalités, changement climatique, flux migratoires. La voie est donc étroite pour les politiques européennes et il est d’autant plus important de les énoncer clairement, peut-être autour de deux concepts-clés : la coopération entre Etats et la protection contre les risques.
Coopération entre Etats, d’abord. Si l’approfondissement du marché unique (notamment dans le domaine des services) recèle des gains de productivité, et donc de richesse, du même ordre de grandeur que ce qui a déjà été obtenu depuis les débuts de la construction européenne, promouvoir la concurrence ne constitue pas un programme européen. Un équilibre doit être trouvé entre, d’une part une concurrence accrue entre entreprises pour stimuler l’innovation et favoriser les gains de pouvoir d’achat des Européens, et d’autre part une concurrence moindre entre Etats, afin de...




                        

                        


<article-nb="2018/11/09/19-5">
<filnamedate="20181109"><AAMM="201811"><AAMMJJ="20181109"><AAMMJJHH="2018110919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Cinq ans après l’assassinat au Mali des deux envoyés spéciaux de RFI, leurs proches estiment que l’utilisation du secret-défense entrave l’enquête.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤         

Décryptage

Affaire Dupont et Verlon : les parties civiles demandent l’audition de François Hollande

Cinq ans après l’assassinat au Mali des deux envoyés spéciaux de RFI, leurs proches estiment que l’utilisation du secret-défense entrave l’enquête.

Cyril Bensimon
    



LE MONDE
              datetime="2018-11-09T14:40:05+01:00"

        Le 09.11.2018 à 14h40

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-11-09T17:10:00+01:00"

        Mis à jour le 09.11.2018 à 17h10






    
Des manifestants demandent que la lumière soit faite sur la mort Ghislaine Dupont et Claude Verlon, à Paris, le 13 janvier 2017.
Crédits : BERTRAND GUAY / AFP


Cinq années ont passé. Pour les proches de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon, les deux envoyés spéciaux de Radio France internationale (RFI) tués le 2 novembre 2013 au Mali, la question principale demeure. Pour quel mobile ont-ils été enlevés à Kidal, dans le nord du pays, puis exécutés quelques instants plus tard à une dizaine de kilomètres de la ville ?

        Lire aussi :
         

                Assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon : l’enquête impossible



S’agit-il d’un rapt opportuniste qui a mal tourné après une défaillance du véhicule des ravisseurs, comme semble le privilégier l’enquête française ? Le chef présumé du commando, Baye Ag Bakabo, cherchait-il à racheter par cet enlèvement une dette contractée auprès d’Abdelkrim Al-Targui, l’émir d’une katiba (unité) affiliée à Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) ? Existe-t-il un lien entre ce drame et la libération contre rançon, quatre jours plus tôt, des otages d’Arlit, au Niger ?
Faire parler les téléphones
Les enquêtes ouvertes en France et au Mali ont permis d’identifier les très probables quatre ravisseurs et meurtriers de la journaliste et du technicien de reportage, deux commanditaires du rapt, ainsi qu’une vingtaine d’individus qui pourraient être impliqués à des degrés divers. Parmi les six principaux suspects, trois seraient encore vivants.
Si Abdelkrim Al-Targui a été éliminé par les forces françaises en mai 2015, Sedane Ag Hita, l’autre commanditaire présumé, est toujours en fuite, tout comme Baye Ag Bakabo, qui circulerait encore dans la zone. A ce jour, aucun mandat d’arrêt n’a été lancé, « faute d’état civil complet » des suspects, a expliqué le magistrat instructeur de l’enquête française, Jean-Marc Herbaut, à des parties civiles étonnées, jeudi 8 novembre.

        Lire aussi :
         

                Au Mali, trois importants chefs djihadistes appellent à « poursuivre le djihad »



Le juge Herbaut a également fait savoir lors de cette rencontre qu’il escomptait encore faire parler les trois téléphones récupérés dans le véhicule du commando. Ceux-là contiennent près de 115 000 communications, avec 4 000 numéros de téléphone, à éplucher par les enquêteurs de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), d’après les fadettes transmises par Orange Mali. En revanche, l’opérateur Malitel n’a communiqué presque aucune des siennes.
Par ailleurs, l’expertise menée par le juge français serait venue démentir « toute activité entre le 23 octobre et le 2 décembre 2013 » sur l’ordinateur personnel de Ghislaine Dupont, alors qu’un reportage de France 2 affirmait, en janvier 2017, que celui-ci avait été piraté le jour de la mort de la journaliste. « Il faudrait une contre-expertise », dit Christophe Boisbouvier, ami et collègue des deux défunts, qui considère que cinq ans après les faits « les avancées de l’enquête sont timides ».
« Petites phrases en off »
A ce jour, aucun magistrat français ou malien ne s’est rendu à Kidal pour y approfondir les investigations, en raison de l’insécurité qui perdure dans la zone. Mais pour les parties civiles, le principal frein à la manifestation de la vérité se trouve dans l’utilisation du secret-défense. « Quarante pour cent des documents classés “secret-défense” demandés par la justice n’ont pas été déclassifiés. Parmi ceux transmis, beaucoup sont caviardés, mais le juge estime que c’est nécessaire pour protéger les sources et les militaires », s’inquiète un proche des victimes.

        Lire aussi :
         

                Affaires Sankara, Ben Barka, Thiaroye et autres : « Le secret-défense concerne toute la vie de la société »



Marie Dosé, l’avocate de l’association des Amis de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, a déposé une demande d’audition de l’ancien président, François Hollande, et devrait faire de même pour Bernard Bajolet, l’ancien directeur de la DGSE, les renseignements extérieurs, lundi 12 novembre.
En cause : une information lâchée par l’ex-chef de l’Etat en décembre 2013, puis confirmée par Bernard Bajolet à un journaliste de RFI, et qui n’apparaît toujours pas dans le dossier judiciaire. « Le président m’avait alors indiqué qu’une conversation avait été interceptée, dans laquelle ce qui ressemblait à un commanditaire reprochait à un membre du commando d’avoir “détruit la marchandise”. En clair, d’avoir tué les otages », relate Christophe Boisbouvier. Or cette écoute n’a toujours pas été versée à l’instruction.
Si François Hollande a assuré dans un récent entretien accordé à RFI que, dans cette affaire, « il n’y a pas eu de raison d’Etat » ni « d’intention de cacher quoi que ce soit », « leur audition permettra de fixer les choses sur procès-verbal », estime Marie Dosé : « Nous ne pouvons pas nous contenter de petites phrases échangées en off avec des journalistes. » Et l’avocate de conclure : « Nous constatons avec beaucoup d’amertume que, dans cette affaire, le secret-défense est l’instrument le plus efficace du silence institutionnel. » 


<article-nb="2018/11/09/19-6">
<filnamedate="20181109"><AAMM="201811"><AAMMJJ="20181109"><AAMMJJHH="2018110919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ A l’occasion du centenaire de la fin de la première guerre mondiale, Alan Doss et Scott Weber considèrent, dans une tribune au « Monde », que la réconciliation entre belligérants passe par l’inclusion des populations dans le processus de paix.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Après la première guerre mondiale, la réconciliation a été considérée comme le seul besoin de panser les plaies du passé »

A l’occasion du centenaire de la fin de la première guerre mondiale, Alan Doss et Scott Weber considèrent, dans une tribune au « Monde », que la réconciliation entre belligérants passe par l’inclusion des populations dans le processus de paix.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 14h16
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 14h38
    |

Alan Doss (Président de la Fondation Kofi Annan) et Scott Weber (Président d’Interpeace)







                        



                                


                            

Tribune. Des vaincus qui ne sont pas pris en compte, voire humiliés, des réparations de guerre considérables et des acteurs qui défendent des intérêts particuliers à court terme plutôt qu’une vision durable. Il y a cent ans, au terme de la première guerre mondiale – dont l’armistice est commémoré dimanche 11 novembre – les anciens belligérants ont montré par défaut l’importance de réussir une réconciliation après un conflit dévastateur. En alimentant les conditions qui mèneraient à une seconde conflagration planétaire moins d’une génération plus tard.
Parmi les négociateurs se retrouvaient seulement des hommes, âgés, voire très âgés pour certains d’entre eux. Une image qui ne reflétait pas la diversité des populations. Qu’a-t-on appris de cette sortie de quatre ans d’affrontements ? La question est-elle résolue aujourd’hui ? Tant s’en faut. Dans un environnement international marqué surtout par des guerres civiles contrairement à il y a cent ans, les processus sont plus inclusifs qu’à l’époque, mais beaucoup reste encore à accomplir. Preuve en est, pour la première fois depuis 1970, la décennie entamée en 2010 a vu davantage de conflits démarrer que s’éteindre.
1 % de l’aide au développement pour la réconciliation
Pire encore, près de 60 % des guerres civiles entre 1945 et 2009 se sont à nouveau embrasées après la fin des hostilités et 50 % dans la décennie qui a suivi. Or, l’intérêt à investir dans la réconciliation est sans conteste, mais il est sous-estimé. La violence dans le monde coûte des milliards d’euros. Par contraste, largement moins de 1 % de l’aide au développement alimente les efforts de réconciliation. Alors même que chaque euro injecté dans la consolidation de la paix évite d’en perdre 16 dans les conflits ou autres affrontements.
Près de 60 % des guerres civiles entre 1945 et 2009 se sont à nouveau embrasées après la fin des hostilités et 50 % dans la décennie qui a suivi
Pour convaincre davantage, y a-t-il...




                        

                        


<article-nb="2018/11/09/19-7">
<filnamedate="20181109"><AAMM="201811"><AAMMJJ="20181109"><AAMMJJHH="2018110919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Survivante de la tuerie du 22 juillet 2011, la jeune femme âgée de 29 ans a pris la direction de la Ligue des jeunes travailleurs norvégiens (AUF). Et entend mettre en avant le rôle de la mémoire.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤                
                                    

Ina Libak, la mémoire vive d’Utoya


                      Survivante de la tuerie du 22 juillet 2011, la jeune femme âgée de 29 ans a pris la direction de la Ligue des jeunes travailleurs norvégiens (AUF). Et entend mettre en avant le rôle de la mémoire.



M le magazine du Monde
 |    09.11.2018 à 13h56
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








   


Sur son visage, les cicatrices sont à peine visibles. Quelques griffures discrètes, sur le menton et sur la joue gauche. « Cela veut dire que je me suis bien maquillée », lance-t-elle aux juges, qui avouent ne rien discerner, le 15 mai 2012, dans la grande salle du tribunal d’Oslo, tout juste rénovée pour accueillir le plus grand procès de l’histoire norvégienne d’après-guerre. A quelques mètres d’Ina Libak, sur le banc des accusés, l’extrémiste Anders Behring Breivik ne fait même pas l’effort de réprimer un sourire.
Ceux qui étaient présents ce jour-là dans la salle d’audience n’ont pas été surpris, six ans plus tard, de voir la jeune femme, bientôt 29 ans, se porter candidate à la direction de la Ligue des jeunes travaillistes norvégiens (AUF). Elle a été élue le 21 octobre. Un scrutin sans le moindre suspense : aucun candidat ne s’est présenté contre celle qui, depuis 2016 déjà, assurait les fonctions de vice-présidente du mouvement. Deux autres survivants de la tuerie d’Utoya ont également été élus à la direction de l’AUF.
Elle a reçu la dernière balle dans la poitrine. « J’ai pensé alors que j’allais mourir. »
Le 22 juillet 2011, ils étaient près de sept cents sur l’île, au nord d’Oslo, offerte en 1950 par la centrale syndicale LO aux Jeunes travaillistes, qui avaient pris l’habitude de s’y retrouver l’été, pendant une semaine. Le massacre a duré soixante-douze minutes. Soixante-neuf personnes ont été tuées. Deux cents autres blessées. Parmi elles, Ina, adhérente à 16 ans, élue plus jeune conseillère municipale du royaume à 17 ans et frappée à 21 ans, parce qu’elle représentait tout ce que détestait Breivik qui, en visant Utoya, voulait atteindre le Parti travailliste là où « ça ferait le plus mal ».

        Lire aussi :
         

                En Norvège, les survivants de la tuerie d’Utoya victimes de menaces



Quand le terroriste a débarqué sur l’île à 17 h 17, après avoir fait exploser une bombe devant le siège du gouvernement norvégien à Oslo, tuant huit personnes, Ina était dans la cuisine de la cafétéria. Aux premiers coups de feu, elle s’est réfugiée derrière le piano, toujours là aujourd’hui, dans un coin de la cabane en bois, reconvertie en centre mémoriel sur l’île d’Utoya. Breivik est entré. Il a tiré.
A la barre, en mai 2012, Ina a raconté que la première balle l’avait atteinte au bras : « J’ai pensé que je pouvais survivre. » Puis elle a été touchée à la mâchoire. « Je me suis dit que c’était un peu plus grave. » Elle a reçu la dernière balle dans la poitrine. « J’ai pensé alors que j’allais mourir. » Elle réussit pourtant à s’échapper. Dehors, des jeunes s’arrêtent dans leur fuite éperdue, la soulèvent et l’emmènent. Ils la cachent dans des buissons, compriment ses blessures de tout leur poids pour arrêter le sang, jusqu’à l’arrivée des policiers.
« L’attentat a renforcé mes convictions et mon engagement. J’ai réalisé qu’on ne peut jamais prendre la démocratie pour acquise, qu’il faut se battre en permanence pour défendre ses idées. »
Ina passera plusieurs mois à l’hôpital, subissant d’innombrables opérations. Au procès, la jolie blonde, tout sourire, fait bonne figure, au point que le procureur s’émerveille de sa positivité, la forçant à tempérer. « Je ne vais pas le cacher. L’insécurité fait désormais partie de ma vie », lâche-t-elle. Pendant des années, d’ailleurs, elle ne parlera plus du 22 juillet. Elle aurait pu en garder un profond dégoût pour la politique. « Au contraire, l’attentat a renforcé mes convictions et mon engagement, confie-t-elle. J’ai réalisé qu’on ne peut jamais prendre la démocratie pour acquise, qu’il faut se battre en permanence pour défendre ses idées. » Elle n’est pas la seule : d’autres rescapés de l’attentat siègent dans les conseils municipaux et régionaux du pays. Plusieurs sont suppléants de députés travaillistes.
L’AUF compte 13 000 militants
Dans les semaines suivant l’attaque, tous les mouvements de jeunes des partis politiques norvégiens avaient d’ailleurs enregistré une recrudescence des adhésions. Aujourd’hui, dans un pays de 5,2 millions d’habitants, l’AUF compte 13 000 militants – plus du double que le Mouvement des jeunes socialistes en France. « Le lycée en Norvège est très démocratique, explique Ina. On nous incite à débattre et à défendre nos opinions. » Les organisations de jeunesse des partis politiques norvégiens sont de véritables pépinières de futurs leaders – tous les candidats aux fonctions suprêmes y ont fait leur classe. Aiguillons titillant sans cesse leurs aînés, elles s’assurent que les formations mères ne se complaisent pas dans l’immobilisme.

        Lire aussi :
         

                Sept ans après, contre l’oubli, trois films sur la tuerie du Norvégien Breivik



Lors de son dernier congrès, l’AUF a plaidé pour une orientation plus à gauche de la politique du parti et pour une transition accélérée de la pétromonarchie norvégienne vers l’économie durable. Parmi les motions les plus radicales adoptées par les délégués : l’arrêt de l’exploitation de tout nouveau gisement dans les eaux du royaume.
Cet été, le quotidien Aftenposten a publié une longue enquête relatant les menaces de mort reçues par de nombreux témoins du 22 juillet. Ina est une des cibles. Face à la haine, la jeune femme met en avant le rôle de la mémoire : « Parfois, je lis dans les journaux que la Norvège n’a pas été la cible d’attaques terroristes ou bien que le 22 juillet était une catastrophe. Nous devons être clairs, et dire que c’était une attaque terroriste contre le Parti travailliste et l’AUF. J’ai été blessée parce que j’appartenais à l’AUF. »
Le mouvement, ajoute-t-elle, est à la croisée des chemins : « Bientôt, ceux qui étaient à Utoya le 22 juillet quitteront l’AUF. Ceux qui arrivent n’en ont aucun souvenir. Il faut que nous transmettions notre histoire aux plus jeunes, tout en étant une force politique pertinente. » Ina Libak est élue pour deux ans. Elle ne vise pas une carrière politique – une ineptie, selon elle –, et compte bien, au terme de son mandat, reprendre son emploi d’assistante sociale.



<article-nb="2018/11/09/19-8">
<filnamedate="20181109"><AAMM="201811"><AAMMJJ="20181109"><AAMMJJHH="2018110919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ L’ancienne cité minière avait été secouée par un mouvement de protestation après la mort de deux mineurs dans des puits abandonnés.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤         

Compte rendu

Au Maroc, neuf manifestants de Jerada condamnés à des peines de prison

L’ancienne cité minière avait été secouée par un mouvement de protestation après la mort de deux mineurs dans des puits abandonnés.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-11-09T13:28:39+01:00"

        Le 09.11.2018 à 13h28

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-11-09T15:04:46+01:00"

        Mis à jour le 09.11.2018 à 15h04






    
Des habitants de Jerada, au Maroc, manifestent pour demander une alternative économique aux mines clandestines, le 16 mars 2018.
Crédits : FADEL SENNA / AFP


La justice marocaine a condamné neuf personnes à des peines allant de trois à cinq ans de prison ferme, en lien avec le mouvement de protestation dans l’ancienne cité minière de Jerada, dans le nord-est du pays, a-t-on appris auprès de leur avocat, vendredi 9 novembre.
Le tribunal de première instance d’Oujda a condamné jeudi cinq d’entre eux à cinq ans de prison ferme et quatre autres à trois ans, notamment pour « destruction de bien publics, incitation à commettre des crimes et délits ou participation à une manifestation non autorisée », a dit à l’AFP leur avocat, Abdelhak Benkada. Tous étaient incarcérés depuis mi-mars à la suite d’affrontements lors d’une manifestation interdite ayant fait 312 blessés chez les forces de l’ordre et 32 chez les protestataires, selon un bilan officiel.

        Lire aussi :
         

                Au Maroc, le ras-le-bol des « gueules noires » de Jerada



Trois prévenus comparaissant libres ont par ailleurs écopé de peines allant d’un à six mois de prison avec sursis, a précisé Me Benkada.
95 personnes arrêtées
La ville sinistrée de Jerada a été secouée par un mouvement de protestation après la mort de deux mineurs dans des puits abandonnés, fin décembre 2017, suivie de deux autres décès accidentels dans des conditions similaires. Mercredi, un jeune de 18 ans est décédé après l’effondrement d’un puits de charbon désaffecté à Jerada, où il était descendu chercher du charbon.

        Lire aussi :
         

                Au Maroc, un mort dans l’effondrement d’un puits clandestin de charbon à Jerada



Face aux protestations, qui ont duré de décembre 2017 à avril 2018, les autorités avaient annoncé une série de mesures pour relancer l’économie locale, promis de fermer les puits abandonnés, avec un plan de reconversion pour les mineurs clandestins, et interdit toute « manifestation illégale ». Selon Me Benkada, 95 personnes ont à ce jour été arrêtées à la suite de ces manifestations, dont 25 ont déjà été jugées.
Avant la fermeture à la fin des années 1990 d’une importante mine jugée non rentable, l’activité minière employait quelque 9 000 ouvriers et constituait la principale source économique de Jerada. Les habitants réclamaient depuis une alternative aux mines clandestines, dans lesquelles s’aventurent des centaines de mineurs pour extraire du charbon de façon artisanale, afin de le vendre à des négociants locaux, surnommés localement les « barons » et dotés de permis de commercialisation.


<article-nb="2018/11/09/19-9">
<filnamedate="20181109"><AAMM="201811"><AAMMJJ="20181109"><AAMMJJHH="2018110919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ La nuit du 9 au 10 novembre 1938 marque le passage de la discrimination des Juifs à leur persécution, puis leur extermination en Allemagne nazie.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Nuit de cristal : l’Allemagne se souvient des pogroms dans un climat trouble

La nuit du 9 au 10 novembre 1938 marque le passage de la discrimination des Juifs à leur persécution, puis leur extermination en Allemagne nazie.



Le Monde.fr avec AFP
 |    09.11.2018 à 13h15
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 15h13
   





                        



   


L’Allemagne commémore vendredi 9 novembre, quatre-vingts ans après, la Nuit de cristal, ces pogroms et meurtres annonciateurs de l’extermination des Juifs, dans un climat de regain d’antisémitisme et d’émergence d’un « nouveau nationalisme ».
De nombreuses manifestations sont organisées dans le pays à cette occasion, que commémore Angela Merkel par un discours dans une synagogue de Berlin, en présence du Conseil central des juifs d’Allemagne.
Planifiée par l’Etat nazi
« Nous sentons dans notre société (…) que les fossés se creusent », a mis en garde devant la chambre des députés le président de la République allemande, Frank-Walter Steinmeier. Car cent ans jour pour jour, vendredi, après la proclamation de la première république allemande, à deux jours de l’armistice de la Grande Guerre, le chef de l’Etat a relevé l’émergence en Europe d’un « nouveau nationalisme » nostalgique, selon lui, d’« un vieux monde parfait qui n’a en réalité jamais existé ». Le chef de l’Etat a fustigé devant les députés, dont ceux du parti d’extrême droite AfD, le « langage de la haine » qui cherche des « boucs émissaires » parmi les migrants, accueillis en nombre en Allemagne depuis 2015, et les musulmans.
Des mots lourds de sens quatre-vingts ans après, là aussi jour pour jour, les saccages par les nazis de milliers de synagogues et commerces tenus par des Juifs en Allemagne et en Autriche. Pour les historiens, la nuit du 9 au 10 novembre 1938 marque le passage de la discrimination des Juifs à leur persécution, puis leur extermination.
« Je tenais la main de mon père. J’ai vu la synagogue en feu et j’ai demandé “Pourquoi les pompiers ne viennent pas ?”. Je n’ai pas eu de réponse », a témoigné de cette nuit Charlotte Knobloch, ancienne présidente du Conseil central des juifs d’Allemagne, à l’antenne de la télévision allemande ZDF. La propagande affirme alors qu’il s’agit d’une éruption de violence spontanée après le meurtre d’un diplomate à Paris. Mais elle a en réalité été planifiée par l’Etat nazi.

        Lire aussi :
         

                Le nazisme en toile de fond



Nouvelle montée de l’extrême droite
Cette commémoration, qui se télescope donc avec le centenaire de l’armistice de 1918 et de la fin de l’Empire allemand, survient dans un contexte trouble en Allemagne. Il y a tout juste un an entrait au Bundestag l’AfD, un parti d’extrême droite dont de nombreux cadres ont tenus des propos polémiques sur la Shoah et le devoir de mémoire en Allemagne. Des manifestations xénophobes en août ont aussi choqué le pays. « Nous voyons à nouveau la violence dans les rues », s’alarme auprès de l’Agence France-Presse Felix Klein, commissaire du gouvernement contre l’antisémitisme.
Le président français, Emmanuel Macron, s’est, lui, dit « frappé » le 31 octobre par la ressemblance entre la situation actuelle en Europe, « divisée par les peurs, le repli nationaliste », et celle des années 1930. La France est elle-même confrontée à une forte augmentation en 2018 des actes antisémites, a révélé le gouvernement vendredi matin. « En novembre 2018, nous ne sommes pas au bord du précipice d’une autre Nuit de cristal, mais il est de notre devoir d’empêcher que de telles atrocités ne se reproduisent », relève dans ce contexte le Congrès juif mondial.
De nombreux Allemands commémorent cette nuit en polissant ou en déposant des fleurs sur les Stolpersteine, des milliers de petites pavés de laiton incrustés dans la chaussée pour identifier les victimes et leur adresse.

        Lire aussi :
         

                L'ordinaire du fascisme                                                                                                                                                                                                                                         



1 400 actes antisémites chaque année
En 2017, des plaques avaient été volées, alimentant la crainte d’une résurgence de l’antisémitisme, une réalité infamante pour un pays dont l’identité s’est bâtie sur la repentance pour la Shoah. Une forme nouvelle d’antisémitisme pour l’Allemagne fait aussi régulièrement les gros titres, celui prêté aux migrants arabo-musulmans qui ont afflué depuis 2015.
Mais l’essor de l’extrême droite allemande a aussi remis au premier plan un antisémitisme national. L’AfD a multiplié les polémiques liées au nazisme. Et des militants d’extrême droite manifesteront vendredi soir à Berlin.
L’inquiétude ne cesse donc de grandir au sein de la communauté juive allemande, forte d’environ 200 000 personnes. Le nombre de crimes et délits à caractère antisémite est resté néanmoins stable dans les statistiques de police, avec environ 1 400 cas recensés chaque année depuis 2015. Plus de 90 % des affaires sont attribuées à l’extrême droite.




                            


                        

                        


<article-nb="2018/11/09/19-10">
<filnamedate="20181109"><AAMM="201811"><AAMMJJ="20181109"><AAMMJJHH="2018110919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés revient sur les difficultés de l’UE à apporter une solution commune à la crise migratoire et s’inquiète de la diminution de la solidarité en Europe.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Filippo Grandi : « L’essentiel est qu’on nous donne les moyens d’aider les pays qui hébergent vraiment les réfugiés »

Le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés revient sur les difficultés de l’UE à apporter une solution commune à la crise migratoire et s’inquiète de la diminution de la solidarité en Europe.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 12h41
    |

            Jean-Baptiste Chastand








                        



                                


                            
A la tête de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) depuis 2016, Filippo Grandi appelle l’Union européenne (UE) à préserver le droit d’asile et considère que le retour des réfugiés syriens dans leur pays se fera au compte-goutte.
La crise migratoire déchirait l’Union européenne depuis 2015. Elle semble être passée au second plan des pré­occupations. Le problème est-il réglé ?
Il y a eu des manipulations excessives de la part de ceux qui ont parlé d’invasion, de la fin de l’identité européenne ou de menaces sécuritaires. Maintenant que l’intérêt politique se décale, le risque consiste à ne pas faire ce qu’il faudrait pour mieux gérer ces mouvements de populations. L’Europe n’a pas encore donné toutes les réponses. Or, un report ne peut qu’aggraver la situation en cas de nouvelle crise.
Les « centres contrôlés » et les « plates-formes de débarquement » destinés à centraliser le traitement des demandeurs d’asile paraissent dans l’impasse…
La convention de Dublin, destinée à éviter le « tourisme de l’asile » en prévoyant que le premier pays d’accueil doit gérer les de­mandes d’asile, est mise à l’épreuve par les arrivées nombreuses dans quelques pays, qui se sont retrouvés pénalisés par rapport aux autres. Il faut passer à autre chose. On a longuement évoqué une répartition entre les 28 Etats, mais ça ne fonctionne pas, car seuls quelques pays y sont prêts. Moins de 100 000 personnes arrivées en Europe en 2018, c’est gérable.
La prise en charge par des Etats d’une partie des passagers de l’Aquarius, par exemple, ressemble à une forme de partage, sauf que chaque nouveau bateau s’est transformé en crise. Un tel système devrait être décidé au préalable. Le problème est l’absence de consensus sur le lieu où ce partagedoit se faire. Ce n’est pas au HCR de déterminer où ces centres d’accueil et de réception doivent se trouver, mais à l’Europe. Le rôle du HCR est de donner tous les instruments...




                        

                        


<article-nb="2018/11/09/19-11">
<filnamedate="20181109"><AAMM="201811"><AAMMJJ="20181109"><AAMMJJHH="2018110919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ L’ancien ambassadeur de France en Roumanie, Henri Paul, estime, dans une tribune au « Monde », que le peuple roumain ne remet en cause ni l’Union européenne ni l’adhésion aux valeurs démocratiques. Il veut juste trouver les bases d’un contrat social avec le pouvoir pour sortir le pays de l’attentisme.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Les Roumains souffrent d’un manque de confiance dans leurs institutions »

L’ancien ambassadeur de France en Roumanie, Henri Paul, estime, dans une tribune au « Monde », que le peuple roumain ne remet en cause ni l’Union européenne ni l’adhésion aux valeurs démocratiques. Il veut juste trouver les bases d’un contrat social avec le pouvoir pour sortir le pays de l’attentisme.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 13h00
    |

Henri Paul (Ancien ambassadeur de France en Roumanie de 2007 à 2012)







                        



                                


                            

Tribune. Il y a quelques jours, Mirel Bran, correspondant du Monde à Bucarest, s’interrogeait sur une sortie de la Roumanie de l’Union européenne. Si la situation politique, et même économique et sociale actuelle de la Roumanie n’est pas brillante, cette analyse mérite d’être largement nuancée, voire contredite. Car la Roumanie n’a rien à voir avec ses voisines, gagnées par le courant populiste et « illibéral ».

Il faut dire d’abord la très grande singularité de la Roumanie dans l’ensemble de l’Europe de l’Est : un pays aux marges de l’Europe, rappelant l’ancienne « Mitteleuropa », longtemps dominé par les Turcs puis occidentalisé à marche forcée dans la seconde moitié du XIXe siècle, apparemment uni par sa langue mais en réalité divisé en raison de sa géographie montagneuse, de son histoire pleine de drames, et de ses inégalités sociales profondes.
Forte croissance et spéculations hasardeuses
Le « chamboule-tout » du régime Ceausescu, qui n’avait aucun égal parmi les autres « démocraties populaires » par sa violence, sa stupidité et son irrationalité, n’a cessé qu’il y a moins de trente ans. Cela n’a pas laissé le temps de régénérer les esprits et les mentalités, ni de permettre à de nouveaux dirigeants d’arriver au pouvoir.
Sur cette société encore malade des séquelles d’une dictature qui a réussi à chasser du pays une bonne partie des élites sociales et intellectuelles (presque tous les grands intellectuels et artistes roumains du XXe siècle sont morts en Occident !) est arrivée la greffe d’une seconde occidentalisation : l’acclimatation des normes et des méthodes d’une Union européenne bâtie par des vieilles démocraties libérales.

Heureux de s’arrimer à ce vaisseau alors flambant neuf, dont ils espéraient beaucoup, la liberté de circulation d’abord, une amélioration de leur niveau de vie et de leurs infrastructures vieillies ensuite, nos Roumains ont, une fois de...




                        

                        


<article-nb="2018/11/09/19-12">
<filnamedate="20181109"><AAMM="201811"><AAMMJJ="20181109"><AAMMJJHH="2018110919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Un million de membres de cette minorité ethnique seraient internés de manière arbitraire dans des centres d’endoctrinement que le pouvoir justifie au nom de la lutte contre « le terrorisme et l’extrémisme ». Des maisons se vident, des familles disparaissent, laissant leurs proches dans un profond désarroi.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤               En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   Fermer la bannière d’avertissement sur les cookies              Navigation       Le Monde - retour à la une        Se connecterSe connecter  S’abonner                     À la une   En continu   Actualités    En ce moment    Midterms 2018    Commémorations du 11-Novembre    Brexit    Climat    Route du rhum    Immigration en Europe    Harcèlement sexuel    Toute l’actualité en continu     Actualités    International   Politique   Société   Les Décodeurs   Sport   Planète   Sciences   M Campus   Le Monde Afrique   Pixels   Médias   Santé   Big Browser   Disparitions         Économie      Économie   Économie mondiale   Économie française   Emploi   Argent & placements   Tribunes éco   Smart cities                      Économie  Quand le maire de Chartres refuse 2 000 emplois                    Économie   Article réservé à nos abonnés Jeux vidéo : le régulateur chinois étrangle Tencent                    Chronique   Article réservé à nos abonnés « La fusion Alstom-Siemens avance à un train de commissaire »   Philippe Escande éditorialiste économique au « Monde »                     Tribune   Article réservé à nos abonnés « L’Europe a cessé d’être invisible, c’est une évolution positive »   Agnès Bénassy-Quéré Professeur à l'Ecole d'Economie de Paris, Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne              Vidéos      Vidéos   Les explications   Les séries                      02:27     Midterms 2018  Midterms : la conférence de presse de Trump dérape en affrontement avec un journaliste de CNN                    02:16     Midterms 2018  Qui est Alexandria Ocasio-Cortez, plus jeune élue du Congrès ?                    00:56     Midterms 2018  Nancy Pelosi : « Un Congrès démocratique va œuvrer à des solutions qui nous rassemblent »                         Midterms 2018  Comment Trump cherche à faire de l’immigration l’enjeu des « midterms »             Opinions      Opinions   Editoriaux   Chroniques   Analyses   Tribunes   Blogs                      Tribune   Article réservé à nos abonnés Lech Walesa : « Je voudrais vivre dans une Pologne démocratique »   Lech Walesa Ancien président du mouvement Solidarnosc, ancien président de la Pologne                     Chronique   Article réservé à nos abonnés « La fusion Alstom-Siemens avance à un train de commissaire »   Philippe Escande éditorialiste économique au « Monde »                     Tribune   Article réservé à nos abonnés « Le prix élevé de l’essence modifie les habitudes de consommation et le choix des constructeurs à long terme »   Christian Gollier Ecole d’économie de Toulouse                     Éditorial  Il faut sauver la gouvernance mondiale             Culture      Culture   Cinéma   Télévision   Livres   Musiques   Arts   Scènes                      Entretien   Article réservé à nos abonnés Cinéma : « Il y a eu un apport considérable des juifs à la culture autrichienne »                    Livres   Article réservé à nos abonnés 1914-1918. Derrière la mobilisation                    Télévisions & Radio  « Kalepo, un Kanak dans la Grande Guerre » : à la mémoire des poilus kanak                    Culture  La série culte « Breaking Bad » va être adaptée au cinéma             M le mag      M le Mag   L'actu   L'époque   Le style   Gastronomie   Voyage   Mode   Les Recettes du Monde                      Gastronomie  Pour ses deux meilleures tables 2019, le Fooding mise sur une cuisine « locavore et multiculturelle »                    Actu   Article réservé à nos abonnés Adèle Haenel, le jeu sacré                    L'époque   Article réservé à nos abonnés S’aimer comme on se quitte : « Elle épluche tout le temps mes messages, c’est insupportable, son insécurité permanente »                    Les recettes du Monde  Le rôti de veau en cocotte : la recette facile d’Alexandra Lepage             Services    Services   Guides d'achat   Codes Promo   Formation professionnelle   Cours d'anglais   Cours d'orthographe et grammaire   Conjugaison   Dictionnaire de citations   Annonces auto   Annonces immo   Jardinage   Jeux   Paroles de chansons       Suppléments partenaires  Les clés de demain    Services Le Monde  Évènements abonnés Le Monde Festival Boutique Le Monde Newsletters   Decodex Données du Monde Le Club de l'économie         Recherche                         Deux femmes ouïgour dans une rue bordée de maisons fermées.

<article-nb="2018/11/09/19-13">
<filnamedate="20181109"><AAMM="201811"><AAMMJJ="20181109"><AAMMJJHH="2018110919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Le leader mondial du secteur coupe dans ses budgets. L’administration d’Etat, qui a été réorganisée cette année, n’ayant approuvé aucun nouveau titre depuis mars.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Jeux vidéo : le régulateur chinois étrangle Tencent

Le leader mondial du secteur coupe dans ses budgets. L’administration d’Etat, qui a été réorganisée cette année, n’ayant approuvé aucun nouveau titre depuis mars.



LE MONDE ECONOMIE
 |    09.11.2018 à 12h03
    |

            Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance)








                        



                                


                            

Tencent s’est fait une raison : le géant du Web chinois a décidé de réduire drastiquement ses investissements dans son activité de jeux vidéo, qui représente presque 40 % de son chiffre d’affaires. D’après Bloomberg, la direction du groupe, qui est notamment à la tête du réseau social WeChat, a envoyé une lettre aux cadres de sa branche jeux vidéo dans laquelle elle a annoncé des coupes budgétaires. Une décision qui paraît logique tant que l’administration chinoise ne délivre pas de nouvelles licences. Depuis fin mars 2018, aucun nouveau titre de Tencent n’a, en effet, été approuvé par le régulateur chinois des jeux vidéo. Un coup dur pour l’industrie entière et Tencent en particulier, dont l’action a perdu 30 % de sa valeur à la Bourse de Hongkong cette année.
L’administration qui gérait les médias et les jeux vidéo a été réorganisée cette année, pour être contrôlée plus étroitement par le Parti communiste chinois (PCC). C’est désormais l’administration d’Etat pour la presse et les publications, directement sous les ordres du département de la propagande du PCC, qui est chargé d’approuver les jeux vidéo.

Mais le processus précis n’est toujours pas clair. Et pour ne rien arranger, le président Xi Jinping a souligné, cet été, la responsabilité du secteur dans l’épidémie de myopie qui touche les jeunes Chinois. Une accusation qui fait grincer des dents sur Internet, les internautes accusant plutôt la quantité de devoirs imposés par le système scolaire ultra-compétitif. Mais l’affaire illustre bien combien la reprise en main de l’Etat et de la société chinoise par l’administration de Xi Jinping se traduit par une réglementation accrue pour les entreprises.
Quotidien du peuple, le journal officiel du Parti communiste chinois avait comparé les jeux vidéo à un « poison »
Pour éviter que les règles lui soient imposées d’en haut, la direction de Tencent multiplie les initiatives pour tenter de...




                        

                        


<article-nb="2018/11/09/19-14">
<filnamedate="20181109"><AAMM="201811"><AAMMJJ="20181109"><AAMMJJHH="2018110919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ La journaliste assassinée Daphne Caruana Galizia enquêtait sur les liens obscurs entre « 17 Black », une entité enregistrée aux Emirats arabes unis, et des responsables politiques maltais. Le « Projet Daphne » confirme ses soupçons.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Malte : soupçons de corruption confirmés sur des membres de l’entourage du premier ministre

La journaliste assassinée Daphne Caruana Galizia enquêtait sur les liens obscurs entre « 17 Black », une entité enregistrée aux Emirats arabes unis, et des responsables politiques maltais. Le « Projet Daphne » confirme ses soupçons.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 12h02
    |

Stephen Grey (Reuters), Jacob Borg (Times of Malta), Anne Michel et Jean-Baptiste Chastand







                        



                                


                            

La société avait été brièvement mentionnée sur son blog par Daphne Caruana Galizia. La journaliste maltaise assassinée dans l’explosion de sa voiture, le 16 octobre 2017, avait pressenti que « 17 Black » cachait des pratiques douteuses de son gouvernement. Cette entité est utilisée par des responsables politiques maltais « pour déplacer de l’argent depuis et vers Dubaï », avait-elle écrit sur son blog, huit mois avant sa mort. Elle n’avait toutefois pas pu aller plus loin.
Un peu plus d’un an après son assassinat, alors que l’identité des commanditaires du crime reste mystérieuse, le « Projet Daphne », ce réseau de dix-huit médias internationaux dont Le Monde fait partie, est en mesure de confirmer une grande partie des soupçons de la blogueuse anticorruption. Le « Projet Daphne » a été constitué par l’association Forbidden Stories afin de poursuivre les enquêtes des journalistes censurés, menacés ou assassinés dans le monde.
Après une longue enquête, nos partenaires de Reuters et du Times of Malta ont en effet découvert que « 17 Black », enregistrée aux Emirats arabes unis (EAU), avait pour but de verser ce qui ressemble fort à des pots-de-vin, en marge de la construction d’une nouvelle centrale thermique dans la baie de Marsaxlokk, un port de pêche de l’archipel maltais.
Un e-mail de 2015, retrouvé par les autorités maltaises selon une source proche du dossier, affirme ainsi que cette société devait verser jusqu’à 2 millions de dollars sur les comptes offshore au Panama de deux proches du premier ministre de Malte, Joseph Muscat, son chef de cabinet, Keith Schembri, et celui qui était alors ministre de l’énergie, Konrad Mizzi, nommé depuis ministre du tourisme. De l’argent escompté, pour lequel aucune trace de paiement n’a été retrouvée.

Appels à la démission
Or, selon des documents obtenus par Reuters ainsi que des témoignages concordants à Malte et aux EAU, « 17 Black » était...




                        

                        


<article-nb="2018/11/09/19-15">
<filnamedate="20181109"><AAMM="201811"><AAMMJJ="20181109"><AAMMJJHH="2018110919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Dans la région autonome du Xinjiang, des professeurs, des présidents d’universités, des entrepreneurs proches du Parti, et des écrivains sont arrêtés et maintenus au secret.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


En Chine, l’intelligentsia ouïgoure ciblée par une purge massive et sans précédent

Dans la région autonome du Xinjiang, des professeurs, des présidents d’universités, des entrepreneurs proches du Parti, et des écrivains sont arrêtés et maintenus au secret.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 11h57
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 12h11
    |

            Brice Pedroletti








                        



                                


                            

Président de l’université du Xinjiang, en Chine, et spécialiste des zones arides, le professeur ouïgour Tashpolat Tiyip a « disparu » à l’aéroport de Pékin, en mai 2017, alors qu’il se rendait en Allemagne avec des étudiants. Ses confrères en Europe – M. Tiyip est docteur honoris causa de l’Ecole pratique des hautes études (EPHE) en France – sont restés sans nouvelles jusqu’au mois d’octobre, quand la radio américaine Radio Free Asia (RFA) a révélé qu’un film d’éducation politique, diffusé auprès de publics-cibles par les autorités, le montrait aux côtés de cinq autres personnalités ouïgoures condamnées pour « séparatisme » – dans son cas, à la peine de mort avec deux ans de sursis (la peine capitale est en général commuée en prison à vie au bout de deux ans, pour bonne conduite).
L’information a produit un choc. « Tashpolat est ultracompétent dans son domaine. Il travaillait sur les innovations apportées par la télédétection satellitaire, dans l’objectif, notamment, de réduire la salinisation des terres », nous confie sa consœur française de l’EPHE Marie-Françoise Courel, qui a coorganisé avec lui quatre rencontres internationales. Sur la vidéo, M. Tiyip et ses codétenus, dont l’ancien président de l’hôpital universitairedu Xinjiang, Halmurat Ghopur, ont tous longtemps exercé de hautes responsabilités au sein des institutions et du parti. Il leur est reproché leur « double visage » et de « nourrir des pensées séparatistes ».
« Une élite progouvernementale »
Leur condamnation au terme de procès secrets représente un versant méconnu de la campagne massive d’envoi en « camp de rééducation » d’une partie de la population ouïgoure ordinaire pour « déradicalisation » : jamais l’intelligentsia ouïgoure, laïque et souvent communiste, n’avait été décimée de la sorte depuis la folie maoïste.
« M. Ghopur a fait toute sa scolarité en mandarin, ce qui est en général mal vu chez les Ouïgours. [Les autorités chinoises]...




                        

                        


<article-nb="2018/11/09/19-16">
<filnamedate="20181109"><AAMM="201811"><AAMMJJ="20181109"><AAMMJJHH="2018110919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Dans une vidéo, Iyad Ag Ghali, Djamel Okacha et Amadou Koufa s’adressent en particulier aux Peuls d’Afrique de l’Ouest.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤         

Compte rendu

Au Mali, trois importants chefs djihadistes appellent à « poursuivre le djihad »

Dans une vidéo, Iyad Ag Ghali, Djamel Okacha et Amadou Koufa s’adressent en particulier aux Peuls d’Afrique de l’Ouest.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-11-09T11:48:49+01:00"

        Le 09.11.2018 à 11h48

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-11-09T13:01:21+01:00"

        Mis à jour le 09.11.2018 à 13h01






    
Le Touareg Iyad Ag Ghali, chef du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), à Kidal, au Mali, en août 2012.
Crédits : ROMARIC OLLO HIEN / AFP


Trois importants chefs djihadistes au Mali, l’ex-chef rebelle touareg malien Iyad Ag Ghali, l’Algérien Djamel Okacha et le prédicateur radical peul Amadou Koufa apparaissent dans une vidéo diffusée jeudi soir 8 novembre, appelant à « poursuivre le djihad ». Leur message est adressé en particulier aux Peuls d’Afrique de l’Ouest.
Portant un turban noir sur la tête, Amadou Koufa, dont le groupe est apparu il y a trois ans dans le centre du Mali, est le seul à s’exprimer, en langue peule. Il est entouré du Touareg Iyad Ag Ghali, chef du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), et de Djamel Okacha, dit Yahia Aboul Hammam, dirigeant d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI).

        Lire aussi :
         

                Iyad Ag-Ghali, l’ennemi numéro un de la France au Mali



Amadou Koufa, qui dit parler « au nom d’Ag Ghali », invite les musulmans en général à « faire le djihad », avant de s’adresser en particulier aux membres de l’ethnie peule. « Mes frères peuls, où que vous soyez, souvenez-vous de ces mots : venez soutenir votre religion, car l’islam et les musulmans sont combattus, dévastés et brûlés », selon ses propos sous-titrés en anglais dans la vidéo. « J’en appelle aux Peuls où qu’ils se trouvent : au Sénégal, au Mali, au Niger, en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso, au Nigeria, au Ghana et au Cameroun », poursuit-il, fustigeant en particulier la France.
Particulièrement recherchés
Traditionnellement, Djamel Okacha mène des opérations militaires dans la région de Tombouctou (nord-ouest), Iyad Ag Ghali dans la région de Kidal (nord-est), à la frontière entre le Mali et l’Algérie, tandis qu’Amadou Koufa est censé diriger ses troupes dans le centre du Mali. Les trois hommes, bien que particulièrement recherchés, réussissent un tour de force en apparaissant côte à côte et en affichant leur unité et leur détermination, démontrant leur connaissance du terrain et leur mobilité malgré la présence d’un important dispositif sécuritaire déployé par les autorités maliennes et par les forces internationales présentes depuis des années au Mali.

        Lire aussi :
         

                Les djihadistes maliens s’invitent au sommet de l’Union africaine



Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaida, à la faveur de la déroute de l’armée face à la rébellion à dominante touarègue, d’abord alliée à ces groupes qui l’ont ensuite évincée. Les djihadistes ont été en grande partie chassés du nord du Mali ou dispersés à la suite du lancement en janvier 2013, à l’initiative de la France, d’une intervention militaire, qui se poursuit actuellement. Cependant, les violences djihadistes ont non seulement persisté, mais se sont propagées du nord vers le centre et le sud du Mali, puis au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires.


<article-nb="2018/11/09/19-17">
<filnamedate="20181109"><AAMM="201811"><AAMMJJ="20181109"><AAMMJJHH="2018110919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Les entraves contre la liberté d’expression d’écrivains, caricaturistes et journalistes se multiplient.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


A Hongkong, les critiques de Pékin intimidés

Les entraves contre la liberté d’expression d’écrivains, caricaturistes et journalistes se multiplient.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 11h25
    |

            Florence de Changy (Hongkong, correspondance)








                        



                                


                            

Une semaine après l’annulation d’une exposition critique du pouvoir de Pékin par le caricaturiste chinois Badiucao, deux nouveaux signes de la menace croissante qui pèse sur les libertés civiles à Hongkong étaient visibles, à quelques heures d’intervalle, jeudi 8 novembre.
Le Festival international de littérature de Hongkong a annoncé, en milieu de journée, que la présentation du célèbre écrivain chinois en exil, Ma Jian, ne pourrait avoir lieu comme prévu. Puis on apprenait dans la soirée qu’un journaliste du Financial Times, Victor Mallet, qui n’avait pas obtenu le renouvellement de son visa de travail début octobre, avait été refoulé à la frontière, après plusieurs heures d’attente et d’interrogatoire à l’aéroport.
Vendredi 2 novembre, c’était l’exposition du caricaturiste d’origine chinoise et résident en Australie, Badiucao, qui avait dû être annulée à la suite de menaces « réelles formulées à l’encontre des membres de sa famille encore en Chine », selon un proche du dossier.
« Je suis un romancier, pas un activiste. Mes idées politiques sont simples : je crois en la liberté de parole », affirme Ma Jian, écrivain chinois en exil
Pour justifier la décision de refuser à Ma Jian l’accès à Tai Kwun, un nouveau centre culturel restauré sur le site de l’ancienne station de police du quartier de Central, son directeur, l’Australien Timothy Calnin, a déclaré « ne pas souhaiter voir Tai Kwun devenir une plate-forme de promotion des idées politiques des uns ou des autres ». « Je suis un romancier, pas un activiste. Mes idées politiques sont très simples : je crois en la liberté de pensée et en la liberté de parole. Sans elles, la vie n’a pas de sens », a répondu Ma Jian sur Twitter. Les organisateurs du festival ont trouvé un nouveau lieu pour les deux débats auxquels Ma Jian doit participer samedi.
L’écrivain, qui vit actuellement à Londres, dispose d’un visa de résident permanent...




                        

                        


<article-nb="2018/11/09/19-18">
<filnamedate="20181109"><AAMM="201811"><AAMMJJ="20181109"><AAMMJJHH="2018110919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ L’ancien chef de l’Etat est soupçonné d’avoir commandité, en 2012, l’enlèvement raté d’un opposant, Fernando Balda, en Colombie.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

Equateur : l’ex-président Rafael Correa sommé de comparaître devant la justice

L’ancien chef de l’Etat est soupçonné d’avoir commandité, en 2012, l’enlèvement raté d’un opposant, Fernando Balda, en Colombie.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 11h25
    |

            Marie Delcas (Bogota, correspondante)








                        



   


Sommé la veille de se présenter devant la justice de son pays, l’ancien président équatorien Rafael Correa (2007-2017) s’est dit victime, jeudi 8 novembre, de « persécution politique ». M. Correa est accusé d’avoir commandité en 2012 l’enlèvement d’un opposant. L’ancien président, qui vit aujourd’hui à Bruxelles avec son épouse belge, proclame son innocence et vilipende juges et médias.
Mercredi 7 novembre, à Quito, la Cour suprême a confirmé la mise en examen de l’ancien président, annoncée en juin, et délivré une sommation à comparaître. La juge Daniella Camacho a indiqué que la cour détenait « des preuves suffisantes » pour accuser Rafael Correa « en tant que cerveau présumé de l’enlèvement de Fernando Balda ». La juge a par ailleurs annoncé le gel des comptes bancaires de l’ancien président et demandé une fois encore à Interpol d’émettre une « notice rouge » contre lui. M. Correa, qui ne peut pas être jugé par contumace au pénal, fait l’objet depuis le mois de juillet d’un mandat d’arrêt international. Il écrivait jeudi, sur son compte Twitter :
« Je n’attendais rien d’une justice qui écoute des consignes et non des arguments. Il est clair qu’ils veulent me maintenir en exil plusieurs années. Sur la scène internationale, ils n’arriveront à rien. Mais ils vont réussir à empêcher que je participe à la campagne de 2019. »
Des élections municipales sont prévues en mars.
Enlèvement raté
Selon l’AFP, M. Correa aurait déposé une demande d’asile politique en Belgique dès le mois de juin, avant même d’avoir été formellement requis par la justice. Ni Rafael Correa ni son avocat, Caupolican Ochoa, à Quito, n’ont accepté jeudi de confirmer le fait. Mais l’ancien président a fait savoir qu’il entendait bien utiliser toutes les voies juridiques pour se défendre de cette « brutale persécution judiciaire ».
Le parquet équatorien considère qu’il y a crime d’Etat. Exilé en Colombie avec sa famille, l’opposant de droite Fernando Balda avait été victime d’un enlèvement rocambolesque et raté à Bogota. L’enquête menée dans les deux pays a conduit à l’arrestation de deux anciens agents des services secrets équatoriens et à celle de Pablo Romero, le chef de l’agence de renseignements. Les deux premiers ont opté pour collaborer avec l’instruction – c’est sur la base de leurs témoignages que Rafael Correa est incriminé – ; M. Romero vit aujourd’hui en Espagne, fugitif de la justice équatorienne, qui réclame son extradition.
A l’annonce de la décision de la cour, M. Balda s’est exprimé devant les caméras :
« Ce n’est pas une victoire. Nous ne pouvons pas fêter le fait qu’aujourd’hui, l’Equateur tout entier constate judiciairement que ces faits criminels ont été ordonnés par un président de la République. »
Resté très populaire
Figure admirée de la gauche latino-américaine, Rafael Correa a dirigé son pays d’une main de fer pendant dix ans. Il reste très populaire auprès d’une partie de l’électorat équatorien et furieusement détesté par ses adversaires. Sur les réseaux sociaux, ses partisans réaffirment leur soutien « au meilleur président qu’a connu l’Equateur » et qualifient de « traître » et de « vendu » le président actuel, Lenin Moreno.

        Lire aussi :
         

                En Equateur, des journalistes sur les traces de leurs confrères assassinés



Vice-président de Rafael Correa de 2008 à 2012, M. Moreno a été élu en 2017 sous les couleurs du parti de son mentor, Alianza Pais (AP). Mais les deux hommes, hier alliés, sont aujourd’hui à couteaux tirés. AP s’est scindé. Plusieurs proches de M. Correa ont été poursuivis et condamnés pour corruption. C’est le cas de Jorge Glas, qui a été vice-président de Rafael Correa puis de Lenin Moreno. M. Glas, qui purge une peine de six ans de prison, a entamé une grève de la faim le 23 octobre. M. Correa ne cesse de dénoncer « la politisation de la justice » et « la fin de l’Etat de droit en Equateur », des reproches que formulaient ses adversaires à l’époque où il était au pouvoir.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/11/09/19-19">
<filnamedate="20181109"><AAMM="201811"><AAMMJJ="20181109"><AAMMJJHH="2018110919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Editorial. La politique de rupture de Donald Trump et la montée des populismes en Europe montrent la nécessité d’adapter les institutions internationales aux réalités du XXIe siècle.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Il faut sauver la gouvernance mondiale

Editorial. La politique de rupture de Donald Trump et la montée des populismes en Europe montrent la nécessité d’adapter les institutions internationales aux réalités du XXIe siècle.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 11h18
   





                        



   


Editorial du « Monde ». La première ministre britannique, Theresa May, et le président français, Emmanuel Macron, devaient se retrouver, ce vendredi 9 novembre, dans la Somme, pour un déjeuner de travail, avant d’aller se recueillir devant le mémorial franco-britannique de Thiepval, en hommage aux 72 000 soldats du Royaume-Uni et du Commonwealth tombés dans les combats de cette région contre les forces allemandes, en 1916.
Ce moment de recueillement et ceux qui vont suivre, d’ici au 11-Novembre, pour marquer le centenaire de la fin de la première guerre mondiale, sont les bienvenus. L’initiative de la France et la salutaire décision d’une soixantaine de chefs d’Etat et de gouvernement étrangers d’accepter son invitation à célébrer ce centenaire sont l’occasion de se pencher, avec le recul historique, sur les similitudes entre ces deux débuts de siècle. Et d’en tirer les enseignements.

        Lire aussi :
         

                Entre Macron et Merkel, une grande occasion manquée



La principale leçon de l’armistice de 1918 est celle d’une paix imparfaite, qui ne tiendra guère plus de deux décennies. A la fin de la guerre, la communauté internationale tente d’organiser une gestion multilatérale des relations entre Etats ; née de cet effort, la Société des nations (SDN), ne parviendra pas à s’imposer, face à la résurgence des nationalismes, au revanchisme des puissances humiliées et aux revendications des régimes autoritaires. Amputée du soutien des Etats-Unis, la SDN est trop faible. Un siècle plus tard, il est impossible de dissocier 1918 de 1939.
Grave crise transatlantique
L’histoire, dit-on, ne se répète jamais, mais il lui arrive de bégayer. L’expansionnisme territorial des débuts du XXe siècle est absent des actuelles tensions internationales. Mais on retrouve la crise du multilatéralisme, une forme de revanchisme, notamment de la part de la Russie, la montée des nationalismes, en particulier en Europe, et surtout le retrait américain du leadership mondial. Sous l’impulsion de Donald Trump, les Etats-Unis ont opéré un repli protectionniste qui met en péril l’ouverture du commerce mondial ; ils se ferment aux réfugiés et aux immigrants et contestent les institutions multilatérales qu’ils ont eux-mêmes contribué à créer après la seconde guerre mondiale. L’hostilité croissante du président américain à l’égard de ses alliés européens a engendré une grave crise transatlantique.

        Lire aussi notre enquête.
         

          Europe-Etats-Unis : la famille occidentale sous tension



Ces tensions sont d’autant plus inquiétantes que l’Europe elle-même est en proie à la division, ébranlée par la dynamique des mouvements populistes et nationalistes en son sein. Que faire pour sauver la gouvernance mondiale ? Faire entendre raison à l’administration Trump est une option, sans doute illusoire, mais qu’il ne faut pas abandonner. Une autre est de renforcer les institutions multilatérales existantes. C’est la raison pour laquelle les organisateurs du Forum de Paris pour la paix, la grande conférence voulue par Emmanuel Macron à l’occasion de ce centenaire, ont choisi de donner d’abord la parole, à l’ouverture de cet événement, dimanche 11 novembre, au secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. Les dirigeants de toutes les grandes institutions internationales créées sous l’égide de l’ONU seront là aussi : leur présence est importante.
Le multilatéralisme, cependant, ne saurait être renforcé sans une réforme de ces institutions, qui doivent être adaptées aux réalités du XXIe siècle. Ces réalités, il appartient aussi à la France de les accepter. Il n’est pas trop tard, mais le temps presse.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/11/09/19-20">
<filnamedate="20181109"><AAMM="201811"><AAMMJJ="20181109"><AAMMJJHH="2018110919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Les cent ans de l’Armistice et le Forum sur la paix réuniront plus de 60 chefs d’Etat ce week-end dans la capitale.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

11-Novembre : des célébrations à Paris pour relancer le multilatéralisme

Les cent ans de l’Armistice et le Forum sur la paix réuniront plus de 60 chefs d’Etat ce week-end dans la capitale.



LE MONDE
 |    09.11.2018 à 11h16
 • Mis à jour le
09.11.2018 à 18h16
    |

            Marc Semo








                        



   


L’espace de deux jours, Paris sera la capitale de la planète. Plus de 60 chefs d’Etat et de gouvernement et dirigeants des grandes institutions internationales sont attendus dans la capitale française pour les cérémonies du centenaire de l’armistice de 1918 qui culmineront dimanche 11 novembre avec la commémoration à l’Arc de triomphe, un discours du président Emmanuel Macron puis, après un déjeuner à l’Elysée, le début des trois jours de travaux du Forum de Paris sur la paix, ouvert par la chancelière allemande, Angela Merkel, et par le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.
« Il ne s’agit pas simplement de commémorer l’armistice, mais d’essayer ensemble de tenir la promesse faite alors d’un “plus jamais ça” », a déclaré M. Macron en présentant cette initiative visant à redonner un souffle à un multilatéralisme toujours plus menacé. D’où la volonté de moins célébrer la victoire, en s’abstenant de toute forme de défilé militaire, que la fin du carnage, en insistant avant tout sur les leçons à tirer de la paix ratée de 1918 qui humiliait les vaincus. D’où aussi l’importance accordée à la réconciliation franco-allemande, véritable point d’orgue de ces cérémonies.

        Lire aussi :
         

                Entre Macron et Merkel, une grande occasion manquée



Les dirigeants européens devraient être presque tous là : ceux des pays vainqueurs, bien sûr, mais aussi bon nombre de ceux des pays vaincus en 1918, ainsi que les représentants des nouveaux Etats nés du démantèlement des empires. Il y aura une importante représentation africaine dont le président rwandais, Paul Kagame, son homologue kényan, Uhuru Kenyatta, et la quasi-totalité des dirigeants de l’Afrique de l’Ouest.
Pas de rencontre Trump-Poutine
Le roi du Maroc, Mohammed VI, et le président tunisien, Beji Caïd Essebsi, seront présents, ainsi que nombre de dirigeants du Moyen-Orient. Seuls absents de marque : le président chinois, Xi Jinping, et le premier ministre japonais, Shinzo Abe. De nombreuses rencontres devraient se tenir en marge des cérémonies.
Le président américain, Donald Trump, qui ne se rendra pas au Forum sur la paix, a finalement affirmé qu’aucune rencontre n’était « prévue » avec son homologue russe, Vladimir Poutine, à Paris, quelques heures après l’annonce par le Kremlin que les deux dirigeants allaient discuter « brièvement » pour convenir d’un prochain rendez-vous, probablement au G20 de Buenos Aires fin novembre.
L’idée d’un sommet évoquée trois semaines plus tôt à Moscou par le conseiller à la sécurité américain, John Bolton, avait été abandonnée. Ni de temps ni de réelle volonté côté américain, et des autorités françaises réticentes. « Si un sommet russo-américain se tient à Paris, la France le préside. Nous ne sommes pas la Finlande », relève un diplomate en référence au tête-à-tête entre MM. Trump et Poutine, à Helsinki, en juillet.

        Lire aussi :
         

                Centenaire du 11-Novembre : « Je vais aller acheter un drapeau français à la Foir’fouille »



Nouveaux défis
Les autorités françaises souhaitent donner une solennité à ce final des quatre années du centenaire de 14-18. La France était alors la grande puissance victorieuse et les traités de paix furent signés de 1919 à 1920 dans les châteaux autour de la capitale française – Versailles, Saint-Germain, Trianon, Neuilly, Sèvres. « Il était impensable de ne pas inviter tous les pays qui furent impliqués directement ou indirectement dans ce qui fut véritablement un conflit mondial », souligne-t-on à Paris. La volonté est en outre de profiter d’une image d’Emmanuel Macron encore très forte à l’étranger, même si sa popularité plonge en interne.
La grande question a été de savoir comme aller au-delà de la commémoration. Une conférence internationale, un Versailles bis s’achevant sur une déclaration commune d’autant plus creuse qu’elle serait large… le risque était de paraître un peu vieux jeu, d’autant plus quand il s’agit de faire face aux nouveaux défis. La diplomatie française planchait déjà depuis des mois sur le projet d’un forum annuel sur la paix à Paris, qui serait le pendant de celui de Davos pour l’économie ou de Munich pour la sécurité collective. Les commémorations du centenaire étaient la meilleure occasion de concrétiser cette initiative.
« Ce forum est un lieu de défense et d’adaptation du multilatéralisme, y compris en intégrant ces nouveaux acteurs non étatiques. Autant on n’a pas besoin d’entreprises, d’ONG ou de fondations pour traiter le nucléaire nord-coréen, autant pour des questions comme le réchauffement climatique, la gouvernance de l’Internet ou de l’intelligence artificielle, mais aussi le développement, les Etats ne peuvent agir efficacement sans ces acteurs. C’est ce qu’on appelle parfois la gouvernance hybride », explique Justin Vaïsse, président du Forum sur la paix, qui préside depuis cinq ans le Centre d’analyse, de prévision et de stratégie du Quai d’Orsay. Un modèle qui s’inspire de celui de la COP21, qui permit l’accord de Paris sur le climat en 2015.

        Lire aussi :
         

                Centenaire du 11-Novembre : « Je les sentais là, tous ces morts sans sépulture »



« Ne pas tomber dans un pessimisme trop noir »
Original dans son format, le Forum de Paris l’est aussi dans son financement, entièrement assumé par des contributions privées dont nombre de fondations ainsi que le soutien d’institutions internationales. Un partenariat a aussi été établi avec des think tanks de renom tel l’IFRI (Institut français des relations internationales) et l’Institut Montaigne. Le pari n’était pas évident à tenir. D’autant que ses promoteurs veulent à tout prix éviter de faire une sorte d’assemblée générale de l’ONU en format réduit avec une suite de discours de dirigeants depuis la tribune.
« C’est un espace d’exposition avant d’être un espace de débat. Il ne faut pas se contenter de clamer l’importance du multilatéralisme, il faut aussi faire connaître et faire aboutir des initiatives », assure Justin Vaïsse, insistant sur le caractère très concret des quelque 850 projets présentés, dont 120 ont été retenus venant de 42 pays et organisations internationales.

        Lire aussi :
         

                Centenaire du 11-Novembre : « Je les sentais là, tous ces morts sans sépulture »



« Il y a vingt ans, dans l’euphorie de la globalisation, un tel rendez-vous aurait été optimiste et conquérant, voire missionnaire. Nous avons changé d’époque : il est donc défensif et inquiet. Mais on ne doit pas tomber dans un pessimisme trop noir », souligne M. Vaïsse. Pour lui, « ce forum a été créé justement parce qu’il existe des freins à cette descente vers les années 1930 ; partout dans le monde, il y a des Etats ou des acteurs privés – particulièrement aux Etats-Unis – qui se mobilisent en faveur de l’action collective ».



                            


                        

                        

