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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ La parole des scientifiques est assimilée à un discours idéologique, alors qu’ils ne font que présenter des résultats objectifs, estime le chercheur Sébastien Barot dans une tribune au « Monde ».
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L’écologie est avant tout une science, pas un mouvement politique

La parole des scientifiques est assimilée à un discours idéologique, alors qu’ils ne font que présenter des résultats objectifs, estime le chercheur Sébastien Barot dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    08.11.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 17h46
    |

Sébastien Barot (Directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement, au laboratoire IEES-Paris)







                        



                                


                            
Tribune. Nicolas Hulot a démissionné parce qu’il était conscient de la gravité de la crise environnementale et qu’il n’a pas pu convaincre le gouvernement de réagir suffisamment vite pour lutter contre cette crise. Pourquoi est-il convaincu de la nécessité d’agir rapidement ? Parce qu’il ne met pas en doute les analyses des chercheurs faisant le diagnostic de cette crise.
En miroir, le problème est que les pouvoirs politiques et économiques connaissent généralement peu le monde de la recherche et comprennent mal son fonctionnement. Cela conduit souvent à une forme de défiance et parfois à un scepticisme entretenu volontairement vis-à-vis de la recherche.
Ce problème est renforcé du fait que l’écologie, la science qui fait le diagnostic de la crise de la biodiversité, qui en analyse les mécanismes, qui peut suggérer des solutions, reste méconnue.
D’une part, il s’agit d’une science assez jeune, qui s’est développée sous sa forme actuelle depuis la seconde guerre mondiale, et depuis les années 1970 en France. Cette jeunesse fait qu’il faut encore trop souvent lutter au sein du monde académique pour qu’elle obtienne la place qu’elle mérite.
La parole des chercheurs en écologie discréditée
D’autre part, au moins en France, le mot « écologie » est plus facilement associé à des mouvements politiques qu’à une science. Cela discrédite la ­parole des chercheurs en écologie dont le discours paraît idéologique, alors même qu’ils ne font qu’exposer leurs résultats, avec la même objectivité qu’un chimiste ou un physicien.
La confusion est renforcée par le fait que, très souvent, la crise environnementale est présentée dans les médias par des défenseurs de l’environnement comme Hubert Reeves, qui jouent un rôle positif mais n’ont aucune compétence en écologie scientifique.
Souvent, la crise environnementale est présentée dans les médias par des défenseurs de l’environnement comme Hubert Reeves, qui n’ont aucune compétence...



                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ En matière d’intelligence artificielle, les Etats-Unis et la Chine ont saisi l’importance de la captation des données personnelles de leurs citoyens consommateurs, souligne la chercheuse Nozha Boujemaa. De leur côté, la France et l’Europe se donnent-elles les moyens de de leur souveraineté en la matière ?
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Intelligence artificielle : pour une souveraineté  de l’Europe

En matière d’intelligence artificielle, les Etats-Unis et la Chine ont saisi l’importance de la captation des données personnelles de leurs citoyens consommateurs, souligne la chercheuse Nozha Boujemaa. De leur côté, la France et l’Europe se donnent-elles les moyens de de leur souveraineté en la matière ?



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    08.11.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 10h31
    |

                            Nozha Boujemaa (Directrice de recherche Inria, directrice de l’Institut Convergence DATAIA Sciences des données, intelligence & société)








                        



                                


                            
Chronique « Carte blanche ». En matière d’intelligence artificielle (IA), toutes les stratégies européennes ont pour ambition de concourir aux premières places dans la compétition mondiale avec les Etats-Unis et la Chine.
Ces derniers ont, depuis quelques années, élaboré des plans de plusieurs milliards de dollars. Les moyens mobilisés soutiennent les écosystèmes de recherche et d’innovation en IA ainsi que des partenariats public-privé. Ils sont au service de politiques assez protectionnistes et « souverainistes ».
Captation des données personnelles
Les Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) ont leurs équivalents en Chine avec les BATX (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiomi). Ces deux pays ont saisi l’importance de la captation des données personnelles des citoyens consommateurs.
Tirée de la maîtrise des profils et des tendances comportementales, la valeur de ces données est multifacette. D’une part, les modèles d’affaires sont des plus lucratifs ; d’autre part, cela ouvre des possibilités sans égal en termes de contrôle, d’observation et d’influence.
Les services gratuits, source continue de données
Les services dits « gratuits » (moteur de ­recherche d’information, de recommandation de biens et de services, de messagerie, de partage et d’édition collaborative de documents, de réseaux sociaux, de navigation et de guidage routiers) sont des sources de données continues qui multiplient et amplifient le profit de ces géants.

Ces derniers se constituent ainsi des réserves de trésorerie permettant l’anticipation en recherche et innovation, en recrutement de compétences, mais aussi en rachat de start-up.
La Corée du Sud et la Russie, à leur tour, se sont dotées des outils de leur souveraineté (et de profit) en matière de captation des données personnelles en ayant leurs propres services pour la recherche d’information, les ­réseaux sociaux, les services de navigation…
Faire émerger des « licornes »...



                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ En Indonésie, des datations font remonter à 40 000 ans les premières représentations animales, soit plusieurs millénaires avant celles de Chauvet.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/11/2018
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L’art préhistorique est plus vieux qu’on ne le croit

En Indonésie, des datations font remonter à 40 000 ans les premières représentations animales, soit plusieurs millénaires avant celles de Chauvet.



LE MONDE
 |    07.11.2018 à 19h02
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 09h14
    |

            Hervé Morin








                        



                                


                            

Les grottes indonésiennes redessinent la préhistoire de l’art. Il y a quatre ans, des représentations de deux animaux, dont un cochon doté de défenses, découvertes sur les parois calcaires d’une caverne de Sulawesi (Célèbes), en Indonésie, étaient datées de 35 000 ans environ – ce qui en faisait les contemporaines des gravures rupestres de la première phase d’occupation de la grotte Chauvet (Ardèche).
La même équipe de chercheurs présente, dans Nature daté du 8 novembre, de nouvelles datations de gros mammifères dessinés cette fois dans une grotte de la partie indonésienne de l’île de Bornéo : ces représentations remonteraient au minimum à 40 000 ans, ce qui en fait les plus anciens vestiges d’art rupestre figuratif connus à ce jour.

La nouveauté ne tient pas à la découverte de nouvelles peintures – elles avaient été décrites dans les années 1990 par des expéditions franco-indonésiennes, qui avaient notamment exploré la grotte de Lubang Jeriji Saleh –, mais aux nouvelles datations à l’uranium-thorium effectuées sur des échantillons de calcite. Ces coulées minérales recouvrent parfois les dessins, ou les dessins les recouvrent, ce qui permet de déduire un âge respectivement minimal et maximal. « En vingt-cinq ans, la technologie a beaucoup changé et on peut travailler sur de plus petits échantillons », souligne Maxime Aubert (université Griffith, Australie), premier auteur de l’article publié dans Nature.

Figures humaines stylisées
L’expédition codirigée par l’archéologue indonésien Pindi Setiawan (Institut de technologie de Bandung), pionnier de l’étude de ces grottes karstiques, a donc effectué des prélèvements qui ont permis de mieux dater les changements stylistiques qu’elles ont abrités au fil des âges.
Les animaux ocre de 40 000 ans, représentant peut-être un bœuf sauvage local ou un ruminant aujourd’hui disparu, étaient accompagnés de mains dessinées au pochoir. Difficile de dire...




                        

                        


<article-nb="2018/11/08/19-4">
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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Température , heure, vitesse : la mesure imprègne nos vies. Le Musée des arts et métiers (CNAM) retrace la complexité  les prouesses techniques qui se cachent derrière cette banalité du quotidien.
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Exposition : nos vies sur mesure

Température , heure, vitesse : la mesure imprègne nos vies. Le Musée des arts et métiers (CNAM) retrace la complexité  les prouesses techniques qui se cachent derrière cette banalité du quotidien.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    07.11.2018 à 19h00
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 17h51
    |

                            Vahé Ter Minassian








                        



                                


                            
C’est un événement majeur de l’histoire de la métrologie. Et même une « révolution » si l’on en croit le directeur général du Laboratoire national de métrologie et d’essais (LNE), Thomas Grenon.
A la mi-novembre 2018, la Conférence générale des poids et mesures, réunie à Versailles, décidera d’une nouvelle définition pour quatre des sept unités de base du Système international d’unités utilisé partout dans le monde comme référence pour le calcul des autres grandeurs. L’ampère, le kelvin et la mole seront liés à des constantes fondamentales de la physique. De même que le kilogramme, dont la valeur cessera d’être déterminée par le biais d’une comparaison avec un artefact matériel. En l’occurrence, le « grand K », cette pièce cylindrique, faite de platine et d’iridium, conservée sous trois cloches de verre dans un coffre-fort du pavillon de Breteuil, à Sèvres, dont la masse sert, depuis 1889, d’étalon pour tous les kilos de la planète…

Cette réforme inédite et importante ne sera pas ressentie hors des murs des laboratoires spécialisés. C’est même l’un des objectifs que se sont fixés ses concepteurs car il ne s’agirait pas, en tentant de renforcer les fondations, de risquer de faire s’écrouler l’édifice dont dépend une grande partie des activités humaines.
La force de l’exposition que propose le Musée des arts et métiers, le CNAM, sur proposition du LNE et avec le concours du Centre national de la recherche scientifique, n’est pas tant de livrer un aperçu de ce qu’implique ce changement que de proposer un retour en arrière vers les fondamentaux et faire prendre conscience de la nature de la mesure, de son rôle dans le fonctionnement de nos sociétés et de la place qu’elle occupe dans notre mode de vie.
Profusion d’objets étonnants
Température corporelle, vitesse de conduite, heure de la journée… la mesure imprègne à ce point notre quotidien que l’on oublie l’ensemble des méthodes et des procédures de contrôle faisant appel à des instruments...




                        

                        


<article-nb="2018/11/08/19-5">
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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ Deux astronomes ont suggéré la possibilité que l’objet ayant traversé le système solaire ait été construit par une civilisation extraterrestre. L’hypothèse est, pourtant, très improbable. Voici pourquoi.
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Ce que l’on sait d’« Oumuamua », l’objet céleste qui venait d’ailleurs

Deux astronomes ont suggéré la possibilité que l’objet ayant traversé le système solaire ait été construit par une civilisation extraterrestre. L’hypothèse est, pourtant, très improbable. Voici pourquoi.



LE MONDE
 |    07.11.2018 à 18h25
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 10h05
    |

            Gary Dagorn








                        



   


Parmi les curiosités scientifiques qui parviennent à capter sans faillir l’attention du grand public, la vie extraterrestre est sûrement l’un des sujets qui fascine le plus. Le dernier exemple en date concerne l’objet astronomique 1I/2017 U1, autrement appelé « Oumuamua ». Cette comète, ou ce que l’on croit être une comète, avait beaucoup fait parler d’elle à l’automne 2017, lorsqu’elle fut découverte, puisque c’est le premier objet dont on sait qu’il ne vient pas du système solaire à être observé par l’homme. Un objet interstellaire, donc, qui, venant de la constellation de la Lyre, s’est approché jusqu’à 45 millions de kilomètres du Soleil avant de ressortir rapidement du système solaire en direction de la constellation de Pégase.




        Lire la chronique :
         

          Qui est cet intrus venu d’un autre système solaire ?



En plus d’être certifié « objet venant d’ailleurs », « Oumuamua » avait également surpris par sa forme très inhabituelle (dix fois plus long que large) ainsi que sa vitesse élevée. Des propriétés curieuses qui ont valu à celui-ci d’être très médiatisé à l’époque. A la suite de sa découverte, le 19 octobre, plusieurs télescopes ont suivi sa course à travers le système solaire jusqu’à ce qu’on perde sa trace début janvier 2018, au fur et à mesure qu’il s’éloignait du Soleil, l’objet étant relativement petit (long de quelques centaines de mètres, environ).
Une hypothèse « exotique »
Disposant des données d’observation sur soixante-seize jours, plusieurs équipes d’astronomes se sont penchées sur « Oumuamua » en tentant de déterminer sa nature exacte. Est-ce un astéroïde ? Une comète ? Ni l’un, ni l’autre, suggère un article scientifique soumis à la revue The Astrophysical Journal Letters, mais déjà lisible en prépublication. Les deux auteurs, co-titulaires de la chaire d’astronomie de l’université de Harvard, y proposent une hypothèse plus « exotique », celle d’une origine artificielle et donc d’une civilisation extraterrestre. Il n’en a pas fallu plus pour susciter l’intérêt de la presse et médiatiser le point de vue des deux astronomes américains. Mais celui-ci a attiré de vives critiques, tant cette hypothèse reste hautement improbable.
L’article n’a pas été encore publié dans sa version finale
Les conclusions des travaux de MM. Shmuel Bialy et Abraham Loeb sont à prendre avec précaution, non pas parce qu’elles sont exotiques, mais parce que l’hypothèse formulée n’est pas la meilleure explication quant à la nature réelle d’« Oumuamua ». Outre le fait que l’article n’a pas été encore publié dans sa version finale et n’a donc pas été relu et corrigé avant sa publication (un élément qui invite toujours à la précaution), celui-ci écarte très rapidement la piste privilégiée par d’autres travaux, celle selon laquelle « Oumuamua » est plus probablement une comète.
A l’origine du désaccord sur la nature réelle de ce rocher interstellaire, se trouve le fait que l’objet est plus rapide que ce qu’il devrait être, selon les simulations faites au sol. Une différence entre les calculs et les observations qui surprend alors les astronomes. Ils en concluent que l’objet a subi une accélération qui n’est pas due à l’influence gravitationnelle naturelle du système solaire, mais bien par un facteur encore inconnu.
Des calculs corrects
Et c’est précisément cette question que tente de trancher l’étude de Shmuel Bialy et Abraham Loeb. Mais ceux-ci partent du postulat que « Oumuamua » n’est pas une comète active et ne peut ainsi pas avoir d’activité sur sa surface qui puisse expliquer ladite accélération (comme un dégazage par exemple, une transformation de la glace d’une comète en gaz à la surface, lorsque celle-ci s’approche du Soleil). En l’absence d’activité cométaire, les deux astronomes tentent d’expliquer la vitesse de l’objet par l’influence du vent solaire (c’est-à-dire les flux de matière éjectés à haute vitesse par le Soleil) et en concluent que l’explication est valide à condition qu’« Oumuamua » soit très léger, aussi léger qu’un astéroïde de petite taille.
Leurs calculs sont corrects, puisque d’autres équipes ont également estimé que le vent solaire pouvait expliquer le phénomène à condition que l’objet soit bien plus léger que tout ce qu’on a pu observer auparavant ayant une taille similaire. Mais là où celles-ci ont considéré une densité si faible comme peu probable, au regard des autres explications possibles, MM. Bialy et Loeb s’interrogent sur un potentiel nouveau type d’objets interstellaires fins et légers, qui nous seraient jusque-là inconnus, et en profitent pour y glisser la suggestion d’une éventuelle origine artificielle, évoquant « une possibilité qu’“Oumuamua” soit une voile solaire, voyageant dans l’espace interstellaire, tels les restes d’un équipement technologiquement avancé ».

        Lire aussi :
         

                L’hypothèse de deux astronomes : une « sonde extraterrestre » existe dans le système solaire



Si une telle hypothèse ne peut, en effet, jamais être exclue, elle n’a aucun fondement pour autant et n’est pas satisfaisante du tout pour nombre de confrères et de consœurs.
« Ce qu’ils avancent ne correspond pas aux données »
Des travaux menés par l’équipe de l’astronome italien Marco Micheli, et publiés le 27 juin 2018 dans la revue Nature, démontrent qu’« Oumuamua » présente une luminosité, une densité et des propriétés thermiques similaires à celles d’une comète. Micheli et ses collègues se sont attachés à expliquer ce changement de vitesse par toutes les causes possibles, y compris le vent solaire. La seule explication physique plausible aux yeux de ces astronomes est celle d’un dégazage, impliquant que l’objet soit bel et bien une comète. Si les télescopes n’ont pas détecté de dégazage, les chercheurs font valoir que « l’absence d’activité observée est possible lorsqu’un corps cométaire est entouré d’un mince manteau isolant » et soulignent également que leur hypothèse est cohérente avec « les accélérations déjà observées chez des comètes du système solaire ».
« L’idée d’une voile solaire ne peut pas correspondre à ce qui a été observé »
« Ce que MM. Loeb et Bialy avancent ne correspond pas aux données recueillies sur l’objet », a fait savoir, de son côté, Lucie Maquet, astronome à l’Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides (IMCCE), interrogée par Le Monde – ce qui invaliderait nécessairement les conclusions de l’article. Selon elle, « l’idée d’une voile solaire ne peut pas correspondre à ce qui a été observé » et à la forme connue d’« Oumuamua ». La chercheuse rappelle également que, si aucun dégazage n’a été observé, il est tout à fait possible que, s’agissant d’un objet interstellaire dont la composition chimique nous est inconnue, celui-ci ait dégazé autre chose que de la glace d’eau dans le spectre visible, comme le font habituellement les comètes du système solaire.
« Nous tentons forcément d’observer des comportements déjà connus », fait-elle valoir, mais « un dégazage est impossible à observer si nous ne cherchons pas dans les bonnes longueurs d’onde ».
Une manière de signifier que, comme l’a vulgarisé le cosmologiste américain Carl Sagan, « une affirmation extraordinaire demande des preuves extraordinaires ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Ces substances ne sont, pour l’instant, réglementées dans l’Union européenne que dans certains domaines ou au cas par cas.
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La « stratégie » de l’UE pour minimiser l’exposition aux perturbateurs endocriniens

Ces substances ne sont, pour l’instant, réglementées dans l’Union européenne que dans certains domaines ou au cas par cas.



Le Monde.fr avec AFP
 |    07.11.2018 à 14h21
 • Mis à jour le
07.11.2018 à 15h45
   





                        



   


La Commission européenne s’est dotée mercredi 7 novembre d’une « stratégie » de long terme pour minimiser l’exposition des Européens aux perturbateurs endocriniens, un texte très attendu alors que les réglementations en la matière adoptées récemment sont critiquées.
La Commission s’engage à « minimiser notre exposition globale aux perturbateurs endocriniens, en faisant particulièrement attention aux moments importants de la vie, comme la grossesse et la puberté ». En effet, ces substances chimiques, qui se retrouvent dans les pesticides et les biocides, sont également présentes dans des produits du quotidien (jouets, cosmétiques, produits ménagers).

        Lire aussi :
         

                Perturbateurs endocriniens : pourquoi ONG et spécialistes s’inquiètent



Promouvoir la recherche
Ces substances ne sont, pour l’instant, réglementées que dans certains domaines ou au cas par cas dans l’Union européenne (UE). La Commission va, à ce titre, passer en revue l’ensemble des législations communautaires applicables aux perturbateurs endocriniens pour juger de leur efficacité en matière de protection de la santé humaine et de l’environnement.
Parmi les autres engagements phares pris dans cette nouvelle « stratégie », la Commission va promouvoir la recherche dans le domaine des perturbateurs endocriniens, dont les effets restent encore mal connus, et organiser chaque année un forum sur le sujet réunissant experts et parties prenantes. Elle explique notamment que l’approfondissement des évaluations scientifiques doit permettre de prendre de nouvelles mesures dans d’autres secteurs, comme ceux des cosmétiques ou des contenants alimentaires.
Ces engagements « confirment que la Commission prend les perturbateurs endocriniens très au sérieux », assure le commissaire européen à l’environnement, Karmenu Vella, cité dans un communiqué. Son collègue à la santé et à la sécurité alimentaire, Vytenis Andriukaitis, a souligné la « détermination » à travailler sur les perturbateurs endocriniens « dans un éventail de domaines plus large ».

        Lire aussi :
         

                Les deux tiers des résidus de pesticides dans l’alimentation sont des perturbateurs endocriniens potentiels



Tergiversations
A la fin 2017, l’UE avait finalement adopté des critères de définition des perturbateurs endocriniens dans les pesticides et les biocides, après plusieurs années de tergiversations. Cette première définition des perturbateurs endocriniens, limitée aux produits phytosanitaires, a suscité des « inquiétudes ». Les ONG ont estimé que la charge de la preuve était « très élevée » dans les critères pour parvenir à démontrer qu’une substance est un perturbateur endocrinien. La précédente stratégie européenne sur les perturbateurs endocriniens datait de la fin des années 1990.
La réglementation européenne actuelle contient des provisions sur ces substances dans le domaine des pesticides et biocides, des produits chimiques en général, des équipements médicaux et de l’eau. Dans le domaine des contenants alimentaires, des cosmétiques, des jouets et de la protection des travailleurs sur leur lieu de travail, des substances ont été réglementées au cas par cas, comme le bisphénol A, par exemple.

        Lire aussi (en édition abonnés) :
         

          Les perturbateurs endocriniens, un fardeau considérable pour les sociétés et les économies







                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Les résultats de la première étude clinique sur l’efficacité thérapeutique de certains virus pour combattre les infections bactériennes, la phagothérapie, s’avèrent décevants. Mais l’espoir demeure.
<filname="PROF-env_sciences-7"> ¤                     
                                                   
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Le parcours semé d’embûches de la phagothérapie

Les résultats de la première étude clinique sur l’efficacité thérapeutique de certains virus pour combattre les infections bactériennes, la phagothérapie, s’avèrent décevants. Mais l’espoir demeure.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    07.11.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 09h51
    |

                            Sylvie Burnouf








                        



                                


                            

Aurait-on surestimé le potentiel de la thérapie par certains virus, les phages, pour combattre les infections bactériennes ? C’est la question qui se pose à l’aune des résultats, quelque peu décevants, du premier essai clinique randomisé conçu pour évaluer l’efficacité thérapeutique des bactériophages, rendus publics en octobre.
Résistance aux antibiotiques
Avec l’émergence de la résistance aux antibiotiques, qui exerce une pression croissante sur la santé humaine, beaucoup d’espoirs reposent sur les bactériophages – ces virus qui, par nature, ­ciblent les bactéries, les infectent et les détruisent. Et pour cause : la phagothérapie a donné des résultats spectaculaires chez des patients pour qui les antibiotiques ne pouvaient plus rien.

Sa notoriété est telle que certains patients n’hésitent pas à aller à l’étranger, en Géorgie notamment, pour avoir ­accès à ce traitement vieux de plus d’un siècle, qui a été abandonné en France il y a plusieurs décennies, au profit des antibiotiques, plus faciles à utiliser.
« Les phages sont des produits biologiques, difficiles à produire et à standardiser. »
Bien qu’encourageants, ces quelques cas cliniques ne sont pas, en l’état, suffisants pour que l’Agence nationale de ­sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) autorise le recours ­généralisé à cette stratégie thérapeutique en France.
Il faudrait pour cela que son efficacité soit solidement démontrée, mais aussi que la « production de phages [soit] de qualité correcte », explique Caroline Semaille, directrice des ­médicaments anti-infectieux à l’ANSM, qui souligne qu’à la différence des médicaments de synthèse « les phages sont des produits biologiques, difficiles à produire et à standardiser ».
Plaies infectées de patients brûlés
D’où l’idée de Patrick Jault, anesthésiste-réanimateur à l’hôpital d’instruction des armées Percy, à Clamart (Hauts-de-Seine), et de ses collègues, de conduire...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Grâce aux proprités spécifiques du système immunitaire des lamas, les chercheurs ont trouvé le moyen de fabriquer des anticorps qui pourraient être efficaces contre tous les types de grippe saisonnière. Une piste intéressante quand on sait que la protection offerte par les vaccins actuels est de 50% à 60%.
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Lutte contre la grippe saisonnière : le coup de pouce du lama

Grâce aux proprités spécifiques du système immunitaire des lamas, les chercheurs ont trouvé le moyen de fabriquer des anticorps qui pourraient être efficaces contre tous les types de grippe saisonnière. Une piste intéressante quand on sait que la protection offerte par les vaccins actuels est de 50% à 60%.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    07.11.2018 à 08h00
    |

                            Viviane Thivent








                        



                                


                            

Remplacer la piqûre antigrippale contre un bon vieux spray nasal ? C’est ce qu’envisage une équipe internationale, qui ­publie dans la revue Science une cascade de travaux menant à une « protection universelle contre la grippe », et ce grâce à un coup de pouce donné par le lama. Outre l’assistance d’apparence exotique de ce camélidé ­andin, cette publi­cation a de quoi retenir l’attention : la prévention contre la grippe saisonnière est en effet un casse-tête pour les instances sanitaires.
Chaque année, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) doit prédire les quatre souches de grippe (deux de type A, deux de type B) les plus susceptibles de circuler ­l’année suivante. Un pari délicat, aux conséquences concrètes, puisque les entreprises pharmaceutiques utilisent ce choix pour fabriquer les vaccins contre la grippe saisonnière.
Vaccins antigrippaux médiocres
Dans les faits, l’efficacité de ces vaccins antigrippaux est assez médiocre. D’abord, parce que les virus de la grippe n’ont que faire des prévisions de l’OMS. Des souches inattendues, ou mutées, peuvent se mettre à proliférer, ­rendant le vaccin de l’année inefficace. Ensuite, l’efficacité de ces vaccins est moyenne : « Même si l’OMS a vu juste, le niveau de protection n’est que de 50 % à 60 % », explique Odile Launay, directrice du Centre d’investigation clinique Cochin-Pasteur.
Et pour cau­se : les anticorps ne sont efficaces que s’ils empêchent le virus de s’attacher et d’entrer dans les cellules des voies respiratoires. Or, cette fonction d’arrimage est réalisée par une protéine très particulière du virus, une glu appelée « hémagglutinine ». Si un anticorps ­recouvre cette dernière, le virus est neutralisé. Cette partie du virus est hautement variable d’une grippe à l’autre et il n’est pas rare que les anticorps produits contre l’hémagglutinine ne servent en réalité à rien…
Les anticorps des lamas, plus petits que les nôtres, peuvent se fixer sur des zones...



                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Ils se sont penchés sur « Oumuamua », le premier objet détecté venant d’un autre système stellaire, qui pourrait, selon eux, être « une sonde totalement opérationnelle envoyée volontairement près de la Terre par une civilisation extraterrestre ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 06/11/2018
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L’hypothèse de deux astronomes : une « sonde extraterrestre » existe dans le système solaire

Ils se sont penchés sur « Oumuamua », le premier objet détecté venant d’un autre système stellaire, qui pourrait, selon eux, être « une sonde totalement opérationnelle envoyée volontairement près de la Terre par une civilisation extraterrestre ».



Le Monde.fr avec AFP
 |    07.11.2018 à 01h55
 • Mis à jour le
07.11.2018 à 16h11
   





                        



   


Oumuamua, un bolide en forme de cigare repéré en 2017 pendant sa traversée du Système solaire « pourrait » avoir été envoyé par des extraterrestres. Telle est l’hypothèse avancée dans un article par deux chercheurs d’Harvard et qui a provoqué une volée de critiques dans le milieu scientifique.
Oumuamua a été repéré par le télescope Pan-Starrs1 à Hawaï, d’où son nom, qui signifie « messager » en hawaïen. Il mesure environ 400 mètres de longueur et 40 mètres de largeur, et a été traqué par plusieurs télescopes, en sa qualité de premier objet détecté venant d’un autre système stellaire. Après avoir été qualifié d’astéroïde, une équipe de l’Agence spatiale européenne a estimé, en juin, qu’il s’agissait plus probablement d’une comète avec des glaces qui se transforment en gaz près du Soleil.

        Voir aussi :
         

          Un visiteur interstellaire nommé « Oumuamua »



Un « scénario exotique » – expression utilisée par les deux chercheurs – serait qu’« Oumuamua pourrait être une sonde totalement opérationnelle envoyée volontairement près de la Terre par une civilisation extraterrestre », écrivent-ils dans un article qui sera publié le 12 novembre dans la revue Astrophysical Journal Letters. L’idée a rapidement enflammé Twitter et la communauté scientifique.
La raison justifiant cette hypothèse est qu’Oumuamua se déplace à une vitesse plus rapide qu’attendu. L’accélération excessive pourrait s’expliquer par la pression des radiations solaires, ou « voile solaire ». Mais, cela n’est possible que pour des corps célestes « qui ont une grande surface et sont très fins, ce qui n’existe pas dans la nature ». D’où l’autre explication : c’est une sonde propulsée.

        Lire aussi :
         

                « Dans l’espace, ceux qui arrivent après les explorateurs sont les commerçants »



« Je suis un scientifique pas un croyant »

   


Des scientifiques avaient pourtant rejeté cette théorie peu après la découverte. Aucun signal artificiel n’a été trouvé venant du corps. « Comme beaucoup de chercheurs, j’aimerais beaucoup qu’il existe une preuve irréfutable de vie extraterrestre, mais ce n’est pas le cas », a réagi auprès de l’Agence France-Presse (AFP) Alan Fitzsimmons, astronome à la Queens University, à Belfast (Royaume-Uni). Avant de préciser :
« Il a déjà été démontré que les caractéristiques observées de l’objet sont cohérentes avec celles d’un corps similaire à une comète et éjecté d’un autre système stellaire. Certains arguments de leur étude se fondent sur des chiffres qui contiennent beaucoup d’incertitude. »
Katie Mack, astrophysicienne à l’université North Carolina State, n’est pas non plus d’accord. « Il faut bien comprendre que pour les scientifiques, l’idée la plus folle est toujours publiable, du moment qu’il existe une chance infime qu’elle ne soit pas fausse. Même les auteurs n’y croient probablement pas eux-mêmes. »
« Je ne dirais pas que je “crois” qu’il ait été envoyé par des extraterrestres », répond Shmuel Bialy, postdoctorant en astrophysique à Harvard. « Car je suis un scientifique, pas un croyant. Je me fonde sur des preuves afin de trouver des explications physiques possibles à des phénomènes observés ». Son coauteur, Avi Loeb, chef du département d’astronomie d’Harvard, a expliqué à la chaîne NBC que l’humanité pourrait ne jamais savoir, car Oumuamua s’éloigne de la Terre et ne reviendra pas.

        Lire aussi :
         

                Les films de science-fiction à l’épreuve de la science







                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Des chercheurs de l’université du Queensland ont conçu un robot pour aider au repeuplement de la Grande Barrière de corail lors de la reproduction annuelle de certaines espèces, fin novembre.
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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Triomphante dans les années 1950, cette opération a été abandonnée par la suite. Mais la psychochirurgie a ouvert une nouvelle page de son histoire depuis quelques années.
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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Entretien - David Mzee, 30 ans, est un des trois patients ayant bénéficié d’une nouvelle méthode de stimulation électrique de la moelle épinière lui ayant permis de retrouver la capacité de marcher. Il évoque cette expérience et ses limites.
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Pouvoir remarcher, « c’est une sensation phénoménale ! »

Entretien - David Mzee, 30 ans, est un des trois patients ayant bénéficié d’une nouvelle méthode de stimulation électrique de la moelle épinière lui ayant permis de retrouver la capacité de marcher. Il évoque cette expérience et ses limites.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    06.11.2018 à 16h00
    |

                            Florence Rosier (propos recueillis)








                        



                                


                            

En 2010, David Mzee, alors âgé de 22 ans, fait une mauvaise chute lors d’un entraînement de gymnastique. Il se retrouve entièrement paralysé de la jambe gauche et partiellement de la jambe droite et des membres supérieurs. Il est un des trois patients qui ont bénéficié de la stimulation électrique précise de la moelle épinière, par un implant sans fil.
David est opéré en octobre 2016, « juste après avoir participé un tournoi européen de rugby en chaise roulante ». Ce traitement a été évalué au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) de Lausanne et développé par l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL).

Qu’avez-vous ressenti la première fois que la stimulation a été allumée ?
Cela a été un moment palpitant. La stimulation a d’abord provoqué des picotements, puis, à mesure qu’elle augmentait en intensité, un début de contraction musculaire. Au début, c’était un peu étrange : j’avais l’impression d’être contrôlé à distance. Puis, j’ai pu commencer à coordonner les intentions de mon cerveau avec cette stimulation – donc à influencer ses effets. Les séances d’entraînement ont été exténuantes, pour le corps comme pour l’esprit. Il y a tant de choses à coordonner qu’il faut être très concentré ! J’ai fait du sport toute ma vie, je me suis souvent entraîné dur. Mais cet entraînement-là surpasse tous ceux que j’ai pu faire. Surtout quand mon poids corporel était peu supporté par le harnais : il fallait alors pousser comme un diable, tout en jouant avec précaution sur la stimulation.
Après cinq mois d’entraînement, où en êtes-vous ?
Avec la stimulation, il arrive que je trouve le bon rythme et que tout se déroule parfaitement : j’ai alors le sentiment de marcher normalement. C’est une sensation phénoménale ! Avant l’opération, je ne pouvais faire que quelques pas avec un déambulateur, en utilisant la spasticité des muscles de mes jambes [la tendance des muscles...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Le laboratoire pharmaceutique a insisté sur le caractère « transitoire » de cette période « qui doit permettre aux patients de trouver une solution alternative pérenne ».
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Levothyrox : Merck annonce que l’ancienne formule sera disponible « tout au long de 2019 »

Le laboratoire pharmaceutique a insisté sur le caractère « transitoire » de cette période « qui doit permettre aux patients de trouver une solution alternative pérenne ».



Le Monde.fr avec AFP
 |    06.11.2018 à 11h58
   





                        



   


Le laboratoire Merck va poursuivre la mise à disposition de l’ancienne formule du Levothyrox pour les patients français qui disposent d’une ordonnance « tout au long de l’année 2019 », a expliqué, mardi 6 novembre, Valérie Leto, pharmacien responsable de Merck France.
Moins de 50 000 boîtes seront mises à disposition par mois, un volume qui correspond « aux volumes mis à disposition en 2018 » et aux « besoins des patients », selon Mme Leto, qui a insisté sur le caractère « transitoire » de cette période « qui doit permettre aux patients de trouver une solution alternative pérenne ».
Selon un rapport rendu public en début d’année, plus de 12 000 cas de patients ayant des effets indésirables à cause de la nouvelle formule ont été signalés pour la période du 15 septembre au 30 novembre 2017 – soit moins d’un pour cent des personnes traitées au Levothyrox.

        Lire notre article pédagogique :
         

          La polémique sur le Levothyrox expliquée en six points



Solution « transitoire »
Le tribunal de grande instance de Toulouse avait limité lundi l’obligation de mise à disposition de l’ancienne formule du Levothyrox (Euthyrox) à une durée de trois mois à compter du 1er janvier 2019 pour 39 patients, mais le laboratoire a confirmé le lendemain que tous les patients munis d’une ordonnance pourront se fournir en 2019.
Le laboratoire affirme répondre à une demande de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) qui a listé fin octobre cinq solutions pérennes pour les patients souffrant de troubles de la thyroïde et affirmé évaluer « d’autres spécialités princeps ou génériques » pour « la diversification de l’offre thérapeutique ». L’ANSM a rappelé qu’« Euthyrox est disponible pour une durée et dans des quantités limitées » et que « les médicaments à base de lévothyroxine disponibles de façon régulière et pérenne doivent être privilégiés ».

        Lire aussi :
         

          Quand l’Agence du médicament se cache derrière le secret des affaires



Importation depuis l’Allemagne
L’ancienne formule du Levothyrox est importée d’Allemagne, puisque Merck ne dispose pas d’autorisation de mise sur le marché français pour l’Euthyrox mais seulement d’autorisation d’importation. En Allemagne, la nouvelle formule remplacera l’ancienne au cours du premier semestre 2019, mais Merck s’engage à continuer à fournir l’ancienne formule aux patients français en 2019 « à partir d’importations d’autres pays européens », a précisé Mme Leto.
L’Agence européenne des médicaments avait rendu en juillet un avis favorable au lancement de la nouvelle formule du Levothyrox dans 21 pays. Le laboratoire affirme n’avoir pas reçu de demandes de mise à disposition de l’ancienne formule dans les pays en transition. Valérie Leto a insisté sur l’existence de « solutions pérennes » alternatives dans les pays concernés comme, par exemple, la Suisse.

        Pour aller plus loin (en édition abonnés) :
         

          La thyroïde sous toutes les coutures






                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Annoncée cet été par la New York University, cette décision se veut une réponse à l’endettement croissant des étudiants américains. Mais elle est loin de faire l’unanimité.
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A New York, la gratuité totale des études de médecine fait débat

Annoncée cet été par la New York University, cette décision se veut une réponse à l’endettement croissant des étudiants américains. Mais elle est loin de faire l’unanimité.



LE MONDE ECONOMIE
 |    06.11.2018 à 07h06
 • Mis à jour le
06.11.2018 à 07h08
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

Ce fut un cadeau de bienvenue inespéré. Alors que les étudiants en médecine de New York University (NYU) faisaient, mi-août, leur entrée traditionnelle en blouse blanche, la direction a annoncé que les études seraient désormais gratuites. La NYU School of Medicine est la première grande école de médecine américaine à suivre cette voie.
Officiellement, il s’agit de lutter contre l’endettement des étudiants en médecine. A NYU, 62 % d’entre eux quittent l’école avec un prêt dont le montant moyen est de 184 000 dollars. Explication : il faut payer les frais de scolarité (55 000 dollars par an) et la vie à New York (29 000 dollars par an). Ce fardeau qu’il faut rembourser sur de longues années empêche, selon l’école, les étudiants de choisir des filières menant à des activités moins rémunératrices mais nécessaires à la collectivité comme la pédiatrie, la gynécologie ou la médecine de ville.

La gratuité sera possible grâce au programme de levée de fonds de NYU, qui doit atteindre 600 millions de dollars. Sur les 450 millions déjà obtenus, la part la plus importante a été offerte par Ken Langone. Avec sa femme, Elaine, le fondateur de la chaîne d’aménagement de la maison Home Depot a donné quelque 100 millions de dollars.
Une décision très critiquée
Cette initiative n’a pas été du goût du Wall Street Journal, qui a rappelé aux étudiants que cette gratuité scolaire n’était pas le fruit des « bonnes intentions » d’une des candidates au congrès, la démocrate très à gauche de New York Alexandria Ocasio-Cortez, et n’était pas non plus « le produit du système de santé cubain » (lequel permet pourtant d’avoir une espérance de vie comparable à celle des Etats-Unis et une mortalité infantile inférieure). « L’argent vient des capitalistes », a éditorialisé le quotidien des affaires, rappelant qu’il n’y avait pas de « repas gratuit ».
Tout le monde n’a pas eu la violence des propos du journal détenu...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Dans la rue ou embarquée dans un bus, la culture scientifique part à la rencontre des publics qui en sont éloignés. Créée en 1986, l’association vise les jeunes en priorité.
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Grands Prix de la finance solidaire, prix lutte contre les exclusions - Les Petits Débrouillards démystifient la science

Dans la rue ou embarquée dans un bus, la culture scientifique part à la rencontre des publics qui en sont éloignés. Créée en 1986, l’association vise les jeunes en priorité.



LE MONDE ARGENT
 |    05.11.2018 à 21h00
    |

            Joël Morio








                        


L’éducation et la science comme moyen de lutter contre les exclusions et les inégalités sociales, scolaires, économiques et culturelles, c’est le credo depuis 1986 de l’association des Petits ­Débrouillards, dont Les Petits ­Débrouillards d’Occitanie font partie. La structure est installée depuis trente ans en Languedoc-Roussillon puis, à partir de 1992, en Midi-Pyrénées, et ses actions ont profité à près de 35 000 personnes en 2017.
Les plus visibles de ses interventions sont des animations de rue, notamment à destination des plus jeunes. « Nous nous installons dans les quartiers pour réaliser des expériences scientifiques où nous faisons participer le public », explique Jean Huet, directeur des Petits Débrouillards d’Occitanie. « Il y a un réel besoin de démystifier les filières scientifiques et techniques auprès des jeunes pour les rendre accessibles », souligne-t-il. Ces animations sont aussi des « moments de ­vivre-ensemble où tout le monde se retrouve », ajoute-t-il.
Esprit critique et éducation aux médias
Pour accompagner sur le long terme ces événements, l’association – dont 50 % du financement provient de subventions publiques – organise des expositions, des débats, mais aussi des ateliers pour apprendre à manipuler des outils de bricolage. Un minibus embarquant des équipements pédagogiques part ainsi à la rencontre des publics les plus éloignés de la culture scientifique, afin de rendre les sciences accessibles à tous.
En 2019, l’association prévoit d’organiser certaines de ses interventions autour de la thématique du changement climatique. Enfin, Les Petits Débrouillards d’Occitanie veulent développer l’esprit critique, l’éducation aux médias et particulièrement aux réseaux sociaux, qui peuvent être le vecteur de haines, de stéréotypes, de discriminations, de préjugés ou d’infox.
Grands prix de la Finance solidaire en partenariat avec France Info
Les petits débrouillards d’Occitanie
Activité
Une association d’éducation populaire par la science, autour des enjeux liés aux transitions écologiques et sociales, pour les jeunes des quartiers.
Toulouse (31)
Chiffres d’affaires 2017 : 1 406 558 euros
Salariés 36
Financeur solidaire : France Active



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Une équipe française présente le cas d’une jeune femme qui parvient à maintenir une grande activité sportive en dépit de sa pathologie neuromusculaire.
<filname="PROF-env_sciences-16"> ¤ 
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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ La mode des trottinettes électriques fait grimper l’accidentologie. Mais la bonne vieille patinette est un moyen ludique de faire de l’activité physique.
<filname="PROF-env_sciences-17"> ¤                     
                                                   
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La trottinette à la moulinette de la science

La mode des trottinettes électriques fait grimper l’accidentologie. Mais la bonne vieille patinette est un moyen ludique de faire de l’activité physique.



LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
 |    04.11.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 13h59
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            Sandrine Cabut








                        



                                


                            

Chronique. Pour le vélo, l’affaire est entendue. Sans ou avec assistance électrique, c’est tout bénef pour la santé. Quid des trottinettes ? S’agissant des modèles électriques, qui déferlent depuis quelques mois dans les grandes villes, la littérature scienti­fique est quasi inexistante, exception faite de rares articles sur l’accidentologie. En 2017, des Israéliens s’inquiètent ainsi, dans Traffic Injury Prevention, de l’augmentation exponentielle des accidents de vélo à assistance électrique (VAE) et de trottinette électrique (ou « e-trottinette »).
Les accidents de la circulation impliquant un vélo ou une trottinette électrique ont été multiplié par six en trois ans.
En analysant la base nationale des traumatismes entre 2013 et 2015, ils ont recensé 27 733 hospitalisations faisant suite à un accident de la circulation, dont 795 (2,9 %) impliquant un VAE ou une e-trottinette. Leur nombre a été multiplié par six en trois ans. La plupart des blessés sont les conducteurs de ces engins (VAE dans 84 % des cas, e-trottinette dans 8 %), mais 67 piétons ont aussi fini à l’hôpital. Les blessures de la tête et du cou sont fréquentes, en lien avec le port insuffisant de casque.
En France, les données disponibles de la sécurité routière regroupent les accidents de rollers et de trottinettes, et ne distinguent pas les modèles ­classiques des modèles électriques – c’est désormais le cas depuis ­début 2018. Mais la traumatologie ­semble aussi à la hausse, avec 285 blessés par accidents de rollers et trottinettes en 2017, pour 230 en 2016 (et 6 décès en 2016, 5 en 2017).
Quant aux bienfaits de la trottinette (sans moteur) pour la santé, les données de la science sont aussi limitées. On recense principalement trois études, dont la plus récente, australienne, est parue en 2016 dans le Journal of Physical Activity and Health. Chez une cinquantaine d’enfants âgés de 9 à 14 ans, les chercheurs ont comparé les dépenses énergétiques...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ L’existence, au centre de la Voie lactée, d’un trou noir baptisé Sagittarius A* est suspectée de longue date. De nouveaux éléments apportent confirmation de son existence.
<filname="PROF-env_sciences-18"> ¤ 
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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ Une étude estime l’impact sur l’acceptation des brevets des relations entre les examinateurs et les firmes qui sont susceptibles de les embaucher ensuite, détaille Paul Seabright dans sa chronique au « Monde ».
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édition abonné


Paul Seabright : Comment les cabinets d’avocats « capturent » l’octroi de brevets

Une étude estime l’impact sur l’acceptation des brevets des relations entre les examinateurs et les firmes qui sont susceptibles de les embaucher ensuite, détaille Paul Seabright dans sa chronique au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    03.11.2018 à 07h00
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                            Paul Seabright (économiste, professeur à l’Institut d'études avancées de Toulouse)








                        



                                


                            
Recherches. Les agences de régulation exercent un pouvoir économique important : leurs décisions créent des bénéfices et des coûts pour un grand nombre d’entreprises et de consommateurs. Depuis longtemps, les chercheurs s’interrogent sur les risques d’un détournement de la régulation (« regulatory capture » en anglais) lorsque des firmes embauchent des employés des agences qui avaient pris des décisions les concernant. Ces employés auraient-ils tendance à favoriser les firmes susceptibles de les embaucher plus tard ?
Il a toujours été difficile de savoir si ces risques étaient réels. Un document de recherche du National Bureau of Economic Research américain permet de les estimer (« From Revolving Doors to Regulatory Capture ? Evidence from Patent Examiners », Haris Tabakovic et Thomas G. Wollmann, NBER Working Paper n° 24638, mai 2018).
Les auteurs ont examiné plus d’un million de décisions prises entre 2001 et 2015 par plus de 8 000 examinateurs de brevets à l’Office américain des brevets et des marques (US Patent and Trademark Office - USPTO). En moyenne, 63 % des demandes de brevets sont acceptées. Ils ont aussi observé les embauches de ces examinateurs par les demandeurs de brevets (principalement des cabinets d’avocats) après une période de travail à l’USPTO.
Les auteurs commencent par constater que les demandes de brevets sont plus souvent acceptées (avec un écart de 9 à 12 points) par des examinateurs qui ont été plus tard embauchés par les firmes demandeuses.
Mais l’allocation des demandes aux employés de l’USPTO étant aléatoire, il ne peut a priori s’agir de l’effet d’un choix de l’examinateur par le demandeur. En revanche, ce différentiel pourrait être le résultat d’un choix des demandeurs d’embaucher des examinateurs qui leur avaient rendu auparavant, en tout bien tout honneur, le service de prendre des décisions positives à leur égard.
Les citations, un indice de qualité
Pour...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ La capacité de l’humanité à apporter des réponses aux défis actuels dépendra de l’émergence d’acteurs et de mouvements sociaux faisant pression sur les décideurs politiques, affirment dans une tribune au « Monde », 300 chercheurs en sciences sociales.
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Progrès social : « Alternatives pragmatiques pour promouvoir la justice sociale et préserver l’environnement »

La capacité de l’humanité à apporter des réponses aux défis actuels dépendra de l’émergence d’acteurs et de mouvements sociaux faisant pression sur les décideurs politiques, affirment dans une tribune au « Monde », 300 chercheurs en sciences sociales.



LE MONDE ECONOMIE
 |    02.11.2018 à 16h15
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 10h22
    |

                            Collectif








                        



   


Le Panel international sur le progrès social (IPSP) a été lancé en juillet 2014 à Paris, pour apporter la contribution des chercheurs au débat public sur l’évolution des institutions et de la structure de nos sociétés. Il rassemble plus de 300 chercheurs en sciences sociales (économie, sociologie, science politique, histoire, philosophie, anthropologie, droit, communication, etc.) à travers le monde. Le Panel publie un rapport sur le mauvais état de la planète et propose des solutions pour y remédier. 
Tribune. Une anxiété croissante gagne le monde. Les préjugés, la peur et la haine hantent de nouveau nos sociétés. Vers quel futur allons-nous ? Comment pouvons-nous éviter de répéter les erreurs qui ont engendré les tragédies du XXe siècle ?
Le Panel international sur le progrès social vient de publier un rapport qui propose une évaluation des tendances à long terme de nos sociétés. Le moment historique dans lequel nous nous trouvons exige une telle synthèse. L’effondrement des idéologies totalitaires a ouvert l’esprit de nos concitoyens à la recherche d’alternatives pragmatiques pour promouvoir la justice sociale et préserver l’environnement. Nous devons saisir cette opportunité, de manière urgente, avant qu’il ne soit trop tard.
La recherche en sciences sociales est en mesure d’aider, offrant, dans une approche pluridisciplinaire, une meilleure compréhension du potentiel et des limites d’institutions-clés comme le marché, l’Etat, l’entreprise, la démocratie ou la religion. Elle permet aussi de se saisir plus efficacement des grands défis sociétaux dans leur complexité.

Trois cents chercheurs contre les maux du siècle
1. « Alternatives pragmatiques pour promouvoir la justice sociale et préserver l’environnement » 2. Vingt-et-un principes et valeurs pour le XXIe siècle 3. Trois extraits du « Manifeste pour le progrès social »
Pour aller plus loin
La tribune de 2016 publiée dans « Le Monde » lors du lancement des travaux du Panel international sur le progrès social
Le rapport Rethinking Society for the 21st Century. Report of the International Panel on Social Progress, 3 volumes, Cambridge University Press, 2018, non traduit
Un livre court et accessible : Manifeste pour le progrès social, La Découverte, parution le 10 janvier 2019. L’original, en anglais : A Manifesto for Social Progress. Ideas for a Better Society, Cambridge University Press, 2018
Le site Ipsp.org.
Un film A New Society, documentaire sur le Panel PIPS réalisé par Sofie Wolthers, visible sur wilmaswishes.com
Conférence-débat autour du livre A Manifesto for Social Progress : Sciences Po, 5 novembre 2018, 17 heures-19 heures, Paris VIIe. Inscription : sciencespo.fr/evenements/?event=capitalisme-inclusif-et-progres-social


La globalisation, la cyberconnectivité, la diversité et le multiculturalisme, les migrations, la biodiversité et le climat, les inégalités et la pauvreté, le défi technologique et éthique de l’intelligence artificielle… les nouveaux conflits clivent aujourd’hui les populations au moins autant que les anciens liés à la richesse ou aux inégalités de revenus. Les recherches menées sur ces grands enjeux sociétaux sont de nature à offrir des idées pour promouvoir la tolérance et des formes d’identité plus inclusives.
L’humanité à l’aube de possibilités nouvelles
La ligne générale du rapport est de constater que des progrès considérables ont été réalisés lors des dernières décennies, plaçant l’humanité à l’aube de possibilités nouvelles, mais qu’une accumulation de menaces peut néanmoins faire craindre le pire.
D’un côté, les niveaux de vie (incluant la santé et la longévité) ont connu une amélioration nette dans la plupart des pays. Les institutions démocratiques ont fortement progressé dans le monde. A cela s’ajoute une tendance profonde vers l’égalité des genres et une plus grande tolérance et acceptation de la diversité ethnique, culturelle, religieuse, des orientations sexuelles ou des formes familiales. Aucune de ces évolutions n’est linéaire ou automatique, des tensions et des retours en arrière existent, mais sur le long terme la tendance a été vers plus de prospérité et plus d’inclusion.
De l’autre, certaines régions du monde restent à l’écart de ces tendances. Minées par la pauvreté et l’instabilité, elles n’enregistrent aucune forme de rattrapage et sont souvent le théâtre de violences croissantes. Les inégalités au sein des pays ont connu des évolutions contrastées, mais dans nombre d’entre eux la concentration de la richesse et du pouvoir atteint des niveaux insoutenables. La mondialisation affaiblit les politiques nationales et les gouvernements semblent impuissants.
Instabilité politique
Tout cela réduit la confiance dans les institutions, renforce les mouvements populistes, nationalistes et extrémistes, exacerbe les tensions interreligieuses ou interethniques. Cette instabilité politique peut se traduire par des reculs en matière de coopération internationale et des risques accrus de conflits économiques ou géopolitiques.
L’environnement, quant à lui, est en grande tension. L’expansion de l’habitat humain, la prédation des ressources, la pollution et les émissions de gaz à effet de serre conduisent à des crises majeures dont les signes avant-coureurs sont déjà tangibles.
Sans une transition d’urgence vers un modèle de développement à la fois plus inclusif et durable, les risques de confrontations, d’effondrement et de chaos sont réels.
Pour faire face à ces menaces, le message des auteurs du rapport est que, loin d’être impuissantes, des politiques avisées et de bonnes institutions peuvent œuvrer à la cohésion sociale et à la réduction des inégalités. La préservation de l’environnement est possible avec des incitations et des investissements judicieux dans un cadre de coopération permettant de gérer les biens communs mondiaux.
Émergence d’acteurs et de mouvements sociaux
La capacité de l’humanité à saisir ces opportunités et à apporter des réponses aux défis actuels dépendra de l’émergence d’acteurs et de mouvements sociaux faisant pression sur les décideurs politiques. Le rapport n’identifie pas de façon précise ces futurs acteurs du progrès social. Plutôt qu’un mouvement monolithique, des coalitions (mouvements politiques, dirigeants d’entreprise innovants, philanthropes, associations et ONG, collectifs de travailleurs, minorités agissantes, militants et lanceurs d’alerte) sont susceptibles de se former pour défendre des causes particulières de manière décentralisée et souplement coordonnée.
S’appuyant sur une conception large du progrès social, le rapport examine les perspectives d’amélioration dans les domaines socio-économique, politique et culturel.

   


Sur le plan socio-économique, la réduction des inégalités peut s’obtenir par la redistribution mais aussi par des mécanismes de « prédistribution » inscrits au cœur de l’activité économique, comme le développement des capacités des individus (compétences, santé), ou une régulation différente de la concurrence et des contrats… La révolution robotique et numérique ne fera pas disparaître le travail, mais la recomposition des emplois nécessitera des politiques de flexisécurité ambitieuses pour aider aux transitions de carrière.
Le rapport souligne la cohérence du modèle scandinave, qui conjugue ouverture économique et innovation avec une négociation centralisée et une protection sociale universelle et plaide pour des stratégies de développement fondées sur la promotion de l’égalité. La modération des écarts de salaire entre emplois et entre secteurs, un système de protection universel et une redistribution de la richesse sont de nature à accélérer l’innovation, à donner de l’autonomie aux travailleurs et à encourager la croissance et la mobilité sociale. Le rapport discute aussi des formes coopératives de production et de partage des profits et appelle de ses vœux une réforme des missions et de la gouvernance des entreprises afin de mieux prendre en considération les intérêts des parties prenantes ainsi que les enjeux de bien commun qui conditionnent la durabilité de l’activité économique.
Mise en garde contre le pouvoir politique direct et indirect des intérêts économiques
Sur le plan politique, le rapport insiste sur l’interdépendance entre cohésion sociale et démocratie et met en garde contre le pouvoir politique direct et indirect des intérêts économiques. Il souligne la grande richesse d’innovations démocratiques, particulièrement les formes participatives, qui se développent à travers le monde. Toutefois, la participation doit être mise en œuvre avec attention pour éviter sa captation par les élites et assurer l’inclusion des minorités. Les médias et les réseaux sociaux jouent un rôle crucial pour la démocratie ; ils devraient être traités comme des biens communs et faire l’objet d’un suivi démocratique rigoureux afin de préserver leur indépendance vis-à-vis de l’Etat et des intérêts privés et d’assurer la qualité de leurs contenus. L’architecture complexe des mécanismes de gouvernance mondiale, elle, reste encore dominée par les pays les plus riches, et les organisations internationales devraient être plus réceptives aux besoins de l’ensemble des populations.
Sur le plan culturel, le rapport rejette la perspective « modernisatrice » qui projette une croissance inéluctable de l’individualisation et de la rationalité. Une lecture plus complexe des vertus et des problèmes liés à la coexistence de l’individualisation et des modes de vie traditionnels émerge. La construction des identités, aujourd’hui au cœur de l’instabilité politique de nombreuses régions du monde, doit être analysée à la lumière des tendances, progressistes ou régressives, qui sous-tendent les mouvements identitaires. Le rapport analyse le rôle contrasté des communautés religieuses en matière de progrès social et plaide pour que les institutions politiques et sociales recherchent des partenariats constructifs avec les groupes religieux, plutôt que de laisser se développer des situations confuses de compromission ou, plus dangereuses encore, de confrontation.
Des évolutions très importantes
Le rapport apporte une attention particulière à l’évolution des structures familiales et à leur interaction avec les institutions et politiques publiques. Les programmes de protection sociale jouent un rôle capital dans la promotion du respect et de l’équité au sein des familles. L’évolution des politiques de santé, d’enseignement et d’urbanisme est très importante parce qu’elles affectent la vie humaine tant aux niveaux économique et social que moral et civique. Elles peuvent contribuer à émanciper les citoyens en leur conférant une plus grande maîtrise de leur situation et en renforçant leur pouvoir grâce à une participation active dans les mouvements politiques, sociaux et culturels.
Il faut envisager des futurs multiples de nos sociétés avec des moyens différenciés afin de les atteindre dans différentes parties du monde de façon adaptée aux différentes cultures et visions du monde, aux différentes approches de la cohésion sociale et aux différentes formes organisationnelles. Plusieurs formes de démocratie participative sont de nature à revitaliser les politiques locales et nationales (les villes en particulier constitueront des espaces d’innovation et d’expérimentation), et différents types de coopération régionale et internationale (sans oublier les actions transnationales et non gouvernementales) peuvent se développer.
Une des conclusions fortes du rapport est qu’il est possible et nécessaire d’envisager, de manière réaliste, des sociétés offrant des procédures de décision plus démocratiques et de moins fortes inégalités de statut, de pouvoir et de capacités. Des réglementations adaptées des marchés et des entreprises pour limiter le lobbying et combattre l’évasion fiscale et le dumping social, des incitations avisées pour rediriger les forces de la mondialisation et de l’innovation technologique au bénéfice des populations, des mécanismes de participation démocratisant les institutions économiques, sociales et politiques renforceraient le progrès social. Il semble moins évident que les réformes institutionnelles puissent renforcer de la même manière les sentiments de respect et de solidarité entre des individus ayant des orientations sexuelles différentes ou appartenant à des communautés ethniques ou religieuses opposées. Toutefois, les politiques publiques peuvent promouvoir l’égalité des sexes, et la réglementation influencer les attitudes vis-à-vis de la race et des orientations sexuelles.
Le rapport se conclut par des réflexions sur le rôle des experts et des chercheurs dans la promotion du progrès social. Experts et chercheurs doivent considérer leur contribution comme une composante d’un débat démocratique vivant et informé et éviter les compromissions avec les intérêts dominants.
Nous souhaitons voir nos analyses reçues par les citoyens et les décideurs comme un appel urgent en faveur du progrès social et d’un débat démocratique planétaire sur les moyens d’améliorer le fonctionnement de nos sociétés au XXIe siècle.
Auteurs 
Olivier Bouin (Réseau français des instituts d’études avancées)
Marie-Laure Djelic-Salles (Sciences Po Paris)
Marc Fleurbaey (université de Princeton)
Liste complète des signataires
Gustaf Arrhenius (Institut d’études des futurs, Stockholm) Ernest Aryeetey (Alliance des universités africaines pour la recherche, Accra) Akeel Bilgrami (université Columbia, New York) Raouf Boucekkine (Aix-Marseille université) John Bowen (université Washington, Saint-Louis) Paula Casal (université Pompeu Fabra, Barcelone) Hilary Charlesworth (université de Melbourne) Colin Crouch (université de Warwick) Purnamita Dasgupta (université de Delhi Enclave) Grace Davie (université d’Exeter) Ama de-Graft Aikins (université du Ghana, Accra) Mamadou Diouf (université Columbia) Ottmar Edenhofer (Institut de recherche de Potsdam sur l’impact du climat) Ana Falu (université de Cordoba, Argentine) Maurizio Ferraris (université de Turin) Fernando Filgueira (Ciesu, Montevideo) Rebeca Grynspan (Secretariat Général Ibéro-Américain, Madrid)
Kumari Jayawardena (Association des sciences sociales du Sri Lanka) Ravi Kanbur (université Cornell, Ithaca) Cécile Laborde (université d’Oxford) Michèle Lamont (université Harvard) Claudio Lopez-Guerra (CIDE, Mexico) Vivian Lin (université La Trobe, Melbourne) Nora Lustig (université Tulane, La Nouvelle-Orléans) Takyiwaa Manuh (Commission des Nations unies pour l’Afrique, Addis-Abeba) Alberto Martinelli (université de Milan) Dominique Méda (université Paris-Dauphine)
Mustapha K. Nabli (North Africa Bureau of Economic Studies International, Tunis) Helga Nowotny (ETH, Zurich) Philip Pettit (université de Princeton) Elisa Reis (Université fédérale de Rio de Janeiro) Henry S. Richardson (université Georgetown, Washington) Clemencia Rodriguez (université Temple, Philadelphie) John Roemer (université Yale, New Haven) Hartmut Rosa (université Friedrich-Schiller, Iéna) Jeffrey Sachs (université Columbia, New York) Saskia Sassen (université Columbia, New York) Youba Sokona (vice-président du GIEC) Pelin Tan (université de Chypre) Philippe Van Parijs (université de Louvain-la-Neuve) Salvatore Veca (université de Pavie) Suman Verma (université du Pendjab, Chandigarh) Ingrid Volkmer (université de Melbourne) Michel Wieviorka (Fondation maison des sciences de l’homme) Xiaobo Zhang (université de Pékin)



                            


                        

                        

