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Tesla : une Australienne nommée à la tête du conseil d’administration

La nomination de Robyn Denholm est consécutive à une sanction du gendarme boursier américain, qui avait exigé qu’Elon Musk quitte la présidence du conseil d’administration.



Le Monde.fr avec AFP
 |    08.11.2018 à 18h18
   





                        



   


Elon Musk devra désormais partager le pouvoir à la tête de Tesla : Robyn Denholm, une Australienne actuellement directrice financière du géant australien des télécoms Telstra, a été nommée mercredi 7 novembre à la présidence du conseil d’administration du constructeur.
La nomination de cette femme de 55 ans, qui était déjà membre du conseil d’administration depuis 2014, met fin à plusieurs semaines de spéculations après l’accord scellé fin septembre entre M. Musk et le gendarme boursier américain (SEC), selon lequel il devait abandonner ce poste mais pouvait rester directeur général.
Le milliardaire, qui continuera donc à être responsable des opérations de Tesla au jour le jour, a salué Mme Denholm dans un communiqué de presse du constructeur, saluant son « expérience solide à la fois dans l’industrie de la tech et de l’automobile ». « Elle a aussi largement contribué à faire de Tesla une entreprise rentable pendant ses quatre années passées en tant que membre du conseil d’administration », a-t-il ajouté.
« Je crois en cette entreprise, je crois en sa mission et j’ai hâte de travailler avec Elon et l’équipe de Tesla pour générer une rentabilité durable et maintenir la valeur de l’action sur le long terme », a de son côté réagi Robyn Denholm dans le même communiqué.
Coups de sang et déclarations fracassantes
Sa nomination prend effet immédiatement, mais elle continuera d’assurer ses fonctions – qu’elle n’occupe que depuis début octobre – chez son actuel employeur pendant les six prochains mois, a expliqué Tesla dans un communiqué. « Pour assurer une transition réussie durant la période où Robyn restera à Telstra, Elon lui apportera son soutien et toute l’aide dont elle aura besoin dans son rôle de présidente », a précisé le constructeur de voitures électriques.
Lorsque la SEC avait dévoilé son accord avec Tesla, plusieurs analystes et investisseurs avaient souligné l’importance de nommer à la tête du conseil d’administration une figure capable de tenir tête à M. Musk.

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Symbole de son entreprise et de sa marque, le milliardaire se donne corps et âme, répondant directement aux clients via son compte Twitter à toute heure et n’hésitant pas à dormir dans son usine de Fremont près de San Francisco pour tenir les objectifs de production de son dernier-né, le Model 3, mais il est aussi connu pour ses coups de sang et ses déclarations fracassantes.
Il avait surtout créé la stupeur en affirmant dans un tweet, en cours de séance le 7 août, qu’il voulait retirer son groupe de la Bourse au prix de 420 dollars l’action et qu’il avait pour ce faire « sécurisé » les financements nécessaires. Il n’en était rien, selon la SEC, qui avait déposé une plainte contre Elon Musk en septembre en estimant qu’il avait trompé les investisseurs. Tesla s’était alors effondrée sur les marchés, son titre abandonnant quelque 14 % lors de la séance boursière du lendemain.
Amendes de 20 millions de dollars
Le fantasque patron de Tesla et la SEC ont finalement scellé un accord mettant fin aux poursuites, prévoyant la nomination d’une nouvelle personne à la tête du conseil d’administration et des amendes de 20 millions de dollars (17,5 millions d’euros) pour Tesla et son fondateur. La SEC a aussi exigé que le groupe mette en place un système pour superviser les déclarations publiques de M. Musk.
L’épisode ne l’a cependant pas dissuadé de continuer à tweeter de manière débridée, le médiatique patron partageant samedi encore ses souvenirs de l’époque où il « était une éponge », « à l’ère précambrienne » (sic).
Avant d’arriver chez Telstra, où elle a occupé les fonctions de directrice de l’exploitation pendant un an et demi, puis de directrice financière, Robyn Denholm a travaillé dans d’autres entreprises technologiques comme Juniper Networks et Sun Microsystems, ainsi que chez Toyota.

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Evasion fiscale : une amende de 3,7 milliards d’euros requise contre UBS, un montant inédit en France

La plus grande banque privée suisse est jugée pour démarchage illicite de clients français et blanchiment aggravé de fraude fiscale.



LE MONDE
 |    08.11.2018 à 18h02
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 18h49
    |

            Mathilde Damgé








                        


Une amende de 3,7 milliards d’euros – une somme inédite en France – a été requise jeudi 8 novembre contre UBS. La plus grande banque privée de la confédération suisse est accusée de démarchage illicite de clients français et de blanchiment aggravé de fraude fiscale. Contre sa filiale UBS France, 15 millions d’euros d’amende ont été requis.
« Il faut avoir à l’esprit l’échelle des sanctions au niveau mondial », a expliqué le procureur Serge Roques, qui représente le Parquet national financier (PNF) à l’audience avec Eric Russo. « La fraude à l’impôt, ce n’est rien d’autre qu’un vol commis au préjudice de la collectivité », a rappelé ce dernier.
« Etre la première banque mondiale implique des devoirs et le respect des lois. La sanction pécuniaire imposée à UBS doit être proportionnelle au montant des fonds. Elle s’impose de manière nécessaire. Les faits sont exceptionnels par leur ampleur. »

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Si le jugement confirme ce montant, il s’agirait de l’amende la plus importante imposée à une banque en France. Elle resterait toutefois inférieure aux montants infligés dans d’autres pays et en particulier aux Etats-Unis.

   


La moyenne des dix premières amendes délivrées par les régulateurs américains dépasse 10 milliards de dollars (environ 9 milliards d’euros) quand elle n’atteint pas 90 millions d’euros en France.
Des peines de six à vingt-quatre mois avec sursis assorties d’amendes de 50 000 à 500 000 euros ont été requises contre six dirigeants et anciens cadres d’UBS :
six mois avec sursis et 50 000 euros d’amende pour Hervé d’Halluin, ancien chef du bureau d’UBS à Lille ;douze mois avec sursis et 300 000 euros d’amende pour Patrick de Fayet, l’ex-numéro deux d’UBS France ;vingt-quatre mois avec sursis et 500 000 euros d’amende pour l’ex-numéro trois d’UBS AG, Raoul Weil ;dix-huit mois avec sursis et 400 euros d’amende pour Dieter Kiefer, le directeur de la gestion de fortune pour l’Europe de l’Ouest ;douze mois avec sursis et 300 000 euros d’amende pour Philippe Wick, responsable de la division UBS France International ;douze mois avec sursis et 300 000 euros d’amende pour Olivier Baudry, qui avait pris la suite de Philippe Wick après son départ.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Numéro deux des fabricants de smartphones sur son marché domestique, le chinois Oppo tente de se faire une place en Europe.
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Smartphones : le chinois Oppo vient tenter sa chance sur le marché européen

Numéro deux des fabricants de smartphones sur son marché domestique, le chinois Oppo tente de se faire une place en Europe.



LE MONDE ECONOMIE
 |    08.11.2018 à 16h54
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 16h56
    |

            Vincent Fagot








                        



   


Pas question de fanfaronner. A l’heure du lancement, mardi 6 novembre à Milan, de son dernier smartphone, le RX 17, l’humilité est de mise pour Oppo, cinquième constructeur mondial, qui tente depuis l’été dernier de percer en Europe. « Pour Oppo, l’Europe est un marché important, mais nous y allons pas à pas », prévient Vincent Wong, président d’Oppo Europe.
Oppo n’est pas le premier constructeur chinois à tenter, récemment, sa chance sur le Vieux Continent. L’annonce de l’arrivée d’Oppo sur ce marché s’était faite quasiment simultanément avec celle de Xiaomi. Mais contrairement à son rival, Oppo ne mise pas sur les prix bas pour se faire une place dans le paysage : « Chacun a sa propre stratégie, mais de notre point de vue, le prix doit refléter la valeur que nos produits apportent », explique M. Wong.
Ainsi la marque n’a-t-elle pas hésité à entrer sur le marché européen avec un produit dont le prix d’entrée s’élevait à près de mille euros – et près de 1 700 euros pour l’édition limitée élaborée avec Lamborghini –, malgré une notoriété qui reste très faible. Un choix assumé par Oppo : « Pour construire une marque, il faut montrer ses meilleurs produits », plaide M. Wong. Pour son nouveau modèle, Oppo propose cependant un produit plus accessible : à partir de 349 euros pour le modèle Néo, et 599 euros pour le modèle Pro.
Campagnes numériques pour public jeune
La marque n’a pas non plus parié sur l’ouverture de boutiques en son nom propre. En France, par exemple, la marque s’appuie sur les réseaux de distribution d’Orange, côté opérateurs, de la Fnac et de Boulanger, côté grande distribution. Même si les ventes « off line » restent pour l’instant majoritaires, l’accent est mis sur le numérique, aussi bien au niveau de la commercialisation que de la communication. Plutôt orientée vers un public jeune, la marque concentre sa communication sur des campagnes sur les réseaux sociaux (Instagram, Facebook, YouTube…).
Bien consciente des spécificités du marché européen, où les opérateurs jouent un rôle de premier plan en proposant des packs subventionnés comprenant appareil et abonnement, Oppo essaye de développer les partenariats avec ces acteurs incontournables. Des négociations sont notamment bien avancées en France avec Bouygues.
A ce jour, Oppo se refuse à afficher des chiffres quant à son développement en Europe. « Si la qualité des produits et du service est au rendez-vous, les parts de marché seront au rendez-vous », espère Vincent Wong. Et s’il affirme qu’il n’a pas « un plan précis à trois ans ou à cinq ans », la feuille de route semble en réalité un peu plus détaillée. 
D’ici la fin de l’année, au plus tard, début 2019, la marque va se déployer au Royaume-Uni et de nouveaux pays sont à l’étude tels que la Pologne, la Roumanie, ou la Bulgarie. La gamme des produits proposés aux consommateurs européens devrait également être étendue.
L’Europe, « marché à coût élevé »
Dans un marché déjà saturé, où Samsung, Huawei et Apple assurent près de 80 % des livraisons de produits – contre moins de 4 % pour leur premier poursuivant, Xiaomi –, le pari d’Oppo paraît audacieux. « C’est un développement naturel pour une marque qui, depuis dix ans, propose ses produits hors de Chine », se défend Vincent Wong. La marque, deuxième fabricant sur le marché chinois, se place notamment au troisième rang en Inde.
Mais le pari européen est autrement plus complexe. « L’Europe est un marché à coût élevé, à nous de trouver le bon modèle pour y réussir », convient Vincent Wong.
Plus concrètement, Alen Wu, vice-président en charge de l’international, reconnaît que cette ambition est pour l’instant porteuse de pertes : « La plupart des acteurs qui rentrent sur un marché ne le font pas à profit. Mais après avoir réussi à percer sur des marchés en développement, nous voulons démontrer que l’on peut également réussir sur des marchés développés. Si nous y parvenons, on pourra envisager d’aller aux Etats-Unis. » Ainsi en va-t-il de l’appétit de l’ogre Oppo, qui se conforme au proverbe cité par Alen Wu : « Quand on mange, il faut y aller bouchée après bouchée. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Trois semaines après avoir légalisé la marijuana à usage récréatif, les boutiques sont déjà en rupture de stock.
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Déjà une pénurie de cannabis « légal » au Canada

Trois semaines après avoir légalisé la marijuana à usage récréatif, les boutiques sont déjà en rupture de stock.



LE MONDE
 |    08.11.2018 à 16h26
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 16h33
   





                        



   


Retour au marché noir pour les consommateurs frustrés. Victimes de leur succès, les boutiques de cannabis de trois provinces canadiennes font face à une pénurie, trois semaines après la légalisation. Au Québec, elles étaient déjà fermées trois jours par semaine depuis le 26 octobre, « jusqu’à ce que la disponibilité des produits se soit stabilisée », a expliqué dans un message sur Twitter la Société québécoise du cannabis (SQDC), qui détient le monopole de la vente.

        Lire notre reportage :
         

          Au Canada, la légalisation du cannabis prend des allures de fête nationale



Marché de 4 milliards d’euros
Après quasiment un siècle de prohibition, le Canada est devenu le premier pays du G20 à légaliser le cannabis récréatif, le 17 octobre dernier. C’était l’un des engagements de campagne les plus symboliques du gouvernement libéral de Justin Trudeau.

Le gouvernement a voulu permettre à chaque province d’organiser le commerce de l’herbe. Chaque région a retenu sa propre recette pour organiser ce marché juteux, évalué à environ 6 milliards de dollars canadiens (4 milliards d’euros) par an. La pénurie actuelle menace l’objectif des autorités : mettre fin au commerce illégal.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Selon une étude du cabinet de conseils KPMG, les femmes chefs d’entreprise identifient mieux que leurs homologues masculins les opportunités du numérique pour la croissance de leur entreprise.
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Les dirigeantes misent sur le numérique

Selon une étude du cabinet de conseils KPMG, les femmes chefs d’entreprise identifient mieux que leurs homologues masculins les opportunités du numérique pour la croissance de leur entreprise.



LE MONDE ECONOMIE
 |    08.11.2018 à 13h31
    |

            Anne Rodier








                        



                                


                            

Les femmes dirigeantes misent davantage sur le numérique que les hommes dirigeants, révèle une étude du cabinet de conseil KPMG Global Female Leaders Outlook publiée le 6 novembre. Cette enquête a été menée auprès de six cent quatre-vingt-dix-neuf dirigeantes interrogées au printemps dans quarante-deux pays. En France, 91 % de cette catégorie – contre une moyenne mondiale de 77 % – envisagent d’augmenter l’usage de modèles prédictifs ou analytiques sur les trois prochaines années, contre 45 % de leurs homologues masculins.
Pour Marie Guillemot, chargée du développement des grands comptes et des secteurs chez KPMG, « les dirigeantes ont une bonne compréhension de ce que peut apporter le numérique pour la croissance de leur entreprise et notamment les méthodes prédictives ». Elle explique l’écart d’appréciation entre hommes et femmes, par le fait que la maîtrise et l’appétence pour les nouvelles technologies ont été des critères essentiels lorsqu’il s’est agi de faire monter des femmes aux postes de direction. « Ce qui les rend plus optimistes que la majorité des dirigeants en place », affirme-t-elle.

A un horizon de trois ans, 95 % des femmes sont confiantes, voire très confiantes, dans les perspectives de croissance de leur entreprise. Mais seulement 54 % d’entre elles le sont dans la croissance de l’économie française (contre 80 % de leurs homologues masculins), indique l’étude.
Compétences nouvelles
En revanche, les femmes interrogées se montrent plus prudentes que les hommes concernant l’impact de l’intelligence artificielle (IA) sur l’emploi dans les trois prochaines années : seules 47 % des dirigeantes dans le monde déclarent que l’IA créera plus de postes qu’elle n’en supprimera, contre 62 % des dirigeants internationaux.
dernier enseignement de cette étude : la communication est devenue le premier critère (21 %) mis en avant par les dirigeantes comme facteur clé de leur succès personnel
En France,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Le plus grand marché aux timbres annuel organisé dans l’Hexagone est ouvert jusqu’au 11 novembre. Les spéculateurs auront l’embarras du choix pour faire leurs emplettes.
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Le Salon philatélique d’automne fête l’armistice à l’Espace Champerret, à Paris

Le plus grand marché aux timbres annuel organisé dans l’Hexagone est ouvert jusqu’au 11 novembre. Les spéculateurs auront l’embarras du choix pour faire leurs emplettes.



LE MONDE
 |    08.11.2018 à 13h24
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 17h41
    |

            Pierre Jullien








                        



   


Foire aux bonnes affaires, avalanche d’émissions de nouveaux timbres, séances de dédicaces des artistes créateurs, exposition de collections : le 72e Salon philatélique d’automne organisé par la Chambre syndicale des négociants et experts en philatélie (CNEP), qui se déroule du 8 au 11 novembre à Paris, à l’Espace Champerret, s’apprête à solliciter comme rarement vu le portefeuille des collectionneurs !
De nombreux événements animeront ce salon qui réunit une cinquantaine de négociants spécialisés français et étrangers ainsi que huit postes « exotiques » (parmi lesquelles la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française, Saint-Pierre-et-Miquelon, les Terres australes et antarctiques françaises, l’Espagne, le Kirghizistan, etc.) et celle des Nations unies. La Poste française clôturera les commémorations philatéliques de la guerre de 1914-1918 avec un bloc-feuillet de deux timbres à 2,60 euros sur le centenaire de l’armistice dessiné par l’auteur de bande dessinée Damien Cuvillier, les deux timbres étant repris dans un souvenir philatélique au tirage limité à 30 000 exemplaires contre 370 000 pour la version « classique ».

   


Grande Guerre toujours avec un timbre de poste aérienne à 3,80 euros, dessiné par Maël, gravé par André Lavergne, dédié aux as de l’aviation Michel Coiffard (1892-1918) et Maurice Boyau (1888-1918), ce dernier également international de rugby.
La CNEP pour sa part éditera un bloc timbré représentant la clairière de Rethondes, où fut signé l’armistice, dessiné par Christian Broutin.
Les quatre jours du salon verront s’enchaîner en outre des ventes en avant-première de timbres de vœux (carnet à 9,60 euros), de timbres sur les chapeaux (un feuillet de six timbres, à 5,70 euros et un souvenir à 8 euros), sur Ivan Tourgueniev (1,30 euro), un bloc-souvenir sur la valse (4 euros) et deux timbres sur des vases de Gallé et d’Antonija Krasnik dans le cadre d’une émission conjointe avec la Croatie (deux vignettes à 0,95 et 1,20 euro).
Mais surtout, La Poste mettra en vente toute une déclinaison de produits à l’effigie de la nouvelle « Marianne », dite « L’Engagée », signée Yseult YZ Digan : le premier carnet autocollant à présenter la version imprimée en héliogravure (et non en taille-douce traditionnelle) des deux timbres, vert et rouge, avec un « maxi-timbre » en noir à 3,20 euros, est vendu 13,70 euros, avec un petit tirage de 60 000 exemplaires. Autre carnet, gommé, associant cette fois-ci à douze timbres rouges et verts deux versions agrandies au tarif 100 grammes de la lettre verte (1,60 euro) et de la lettre prioritaire (1,90 euro). Tirage pour ce carnet vendu 14 euros : 70 000 exemplaires.

   


Et ce n’est pas fini ! Les amateurs ne manqueront pas de se procurer les neuf feuilles non dentelées des neuf valeurs de la nouvelle « Marianne » (1 c., 5 c., 10 c., 1 euro, écopli, lettre, lettre verte, lettre prioritaire, Europe et Monde) auxquelles on ajoutera un feuillet avec une « Marianne » grand format imprimée avec une encre noire pailletée affichant une valeur faciale de 15 euros, le tout étant numéroté, tiré à 8 000 exemplaires, présenté dans une enveloppe au prix de 95 euros ! De quoi faire râler le négoce philatélique qui accuse La Poste d’assécher le marché !
Deux timbres de distributeurs (libre-service affranchissement) seront mis en service durant les seuls quatre jours de la manifestation : la première consacrée à la nouvelle « Marianne », la seconde présentant un paysage de la Croatie, pays invité du salon.

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                Philatélie : s’initier à l’œuvre de Sophie Calle pour 1,90 euro



Parmi les autres animations, de nombreuses collections concernant la guerre de 14-18 seront présentées aux visiteurs, dont deux proposées par l’Académie de philatélie et une de Michel Toulet sur des cartes postales d’époque… plus d’autres sur des « Mariannes » du passé.
Des séances de dédicaces avec les artistes créateurs de timbres – dont Yseult Digan ou Christian Broutin, le vendredi 9 novembre après-midi ; Félix Sikora le 9 matin et le 11 après-midi ; Louis Boursier le samedi 10, etc. - se dérouleront durant les quatre jours sur le stand de l’association Art du timbre gravé.

   


Oïjha (Ann-Isabelle Guyomard) sera pour sa part sur le stand des Terres australes et antarctiques françaises pour signer une création philatélique originale, à partir d’une œuvre que le territoire avait utilisé pour ses vœux 2017.

   


Les plus-values seront à rechercher parmi les tirages les plus restreints que les collectionneurs pourront faire dédicacer parc les artistes, pourquoi pas du côté des collectivités territoriales présentes au salon, comme la Nouvelle-Calédonie par exemple, dont l’hommage timbré à Michel Rocard – peu flatté –, pour le XXXe anniversaire des accords de Matignon (1 100 FCFP, soit 8,38 euros tout de même) est imprimé à 18 000 exemplaires seulement ou la Polynésie française qui édite un bloc pour le centenaire de la fin de la première guerre mondiale tiré à 15 000…
Salon philatélique d’automne, du 8 au 11 novembre, de 10 heures à 18 heures, sauf le 11 novembre jusqu’à 16 heures, Espace Champerret, hall A, rue Jean-Ostreicher, Paris XVIIe arrondissement. Entrée gratuite. Métro : Porte de Champerret.



                            


                        

                        


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Le charbon, le pari gagnant de Daniel Kretinsky

L’homme d’affaires tchèque s’est fait une spécialité de racheter des centrales en fin de vie à bas prix.



LE MONDE ECONOMIE
 |    08.11.2018 à 13h22
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 15h01
    |

            Blaise Gauquelin (Prague, envoyé spécial) et 
                                Nabil Wakim (Prague, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Décarboner. C’est devenu, en moins d’une décennie, le mot favori des gouvernements et des grandes entreprises du secteur de l’énergie. L’objectif : faire diminuer les émissions de CO2 en Europe, qui ont continué à augmenter en 2016 et en 2017, malgré l’accord de Paris.
Alors que plusieurs énergéticiens européens – dont le français Engie – ont annoncé leur désengagement progressif du charbon, EPH, le groupe présidé par Daniel Kretinsky, continue d’investir dans le secteur, à contre-courant de tous. Il possède notamment quatre centrales à charbon et plusieurs mines en Allemagne, deux centrales en Slovaquie, une en Italie et une au Royaume-Uni, qui vient de fermer. Selon les chiffres 2016 compilés par l’ONG Beyond Coal, EPH est le deuxième plus gros émetteur de CO2 provenant de centrales à charbon en Europe, juste derrière le géant allemand RWE.
« Les grands acteurs de l’énergie en Europe voulaient absolument vendre leurs actifs charbon parce que ça a une mauvaise image », souligne un patron français du secteur, qui résume : « Résultat : Kretinsky a racheté des actifs de rêve pour une bouchée de pain. » « C’est une logique d’investissement à contre-cycle », explique un analyste slovaque.
Le rachat de la centrale britannique d’Eggborough illustre à merveille cette stratégie. Alors que ce site près de Leeds est sur le point de fermer, EPH le rachète en 2015. « La centrale est alors en très mauvais état et le groupe de M. Kretinsky ne paie presque rien. Mieux, on lui laisse de l’argent dans les caisses pour anticiper la fermeture de la centrale », décrit Petr Lukac, journaliste au quotidien économique Hospodarske Noviny à Prague, auteur d’une grande enquête sur M. Kretinsky.
EPH connaît très bien le marché
Autrement dit, personne ne misait un penny sur cet actif. L’hiver 2016 change la donne : il fait plus froid que prévu, et les responsables du réseau électrique demandent à la centrale de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Le groupe tchèque est sur les rangs pour acquérir les actifs français d’Uniper. Le groupe allemand exploite un site à Gardanne et un autre à Saint-Avold.
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EPH, le groupe de Daniel Kretinsky, pourrait acheter deux des dernières centrales à charbon en France

Le groupe tchèque est sur les rangs pour acquérir les actifs français d’Uniper. Le groupe allemand exploite un site à Gardanne et un autre à Saint-Avold.



LE MONDE ECONOMIE
 |    08.11.2018 à 13h19
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 16h35
    |

            Alexandre Piquard et 
                                Nabil Wakim








                        



                                


                            

Le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky explique que son investissement dans Le Monde est d’abord un « soutien à la presse », et pas un levier pour réaliser des investissements en France dans le secteur énergétique. Cela n’empêche pas pour autant EPH, le groupe qu’il préside, de regarder les opportunités sur le marché français.
Selon nos informations, EPH est sur les rangs pour acquérir les actifs français d’Uniper. Le groupe allemand possède notamment deux centrales à charbon, à Gardanne (Bouches-du-Rhône) et Saint-Avold (Moselle). Cette dernière contient aussi deux tranches de production d’électricité à partir de gaz.

Uniper détient, par ailleurs, en France quelques parcs solaires et éoliens et un fournisseur d’électricité pour les PME. Mais EPH n’est pas seul en lice, plusieurs fonds d’investissements se seraient fait connaître, et la bataille n’est pas terminée.
Une telle volonté de rachat peut surprendre. En effet, les deux centrales à charbon du groupe allemand vont devoir fermer avant 2022, selon l’engagement de campagne pris par Emmanuel Macron – de même que les deux dernières centrales à charbon d’EDF, au Havre (Seine-Maritime) et à Cordemais (Loire-Atlantique).
Accompagner la fermeture ou la transition des sites
Une décision confirmée par le ministre de la transition écologique et solidaire François de Rugy, le 31 octobre, en déplacement à Saint-Avold avec le patron d’Uniper France, Luc Poyer. Ce choix politique et les incertitudes sur les indemnisations en cas de fermeture, devraient tirer le prix des actifs à la baisse.
L’acheteur de ces centrales aura la lourde tâche d’accompagner la fermeture de ces sites, ou leur transition vers d’autres modes de production d’énergie. La centrale de Gardanne a ainsi investi dans la biomasse depuis plusieurs années. Le site de Saint-Avold espère, lui, se reconvertir dans le gaz. Contactés par Le Monde, les deux groupes ne confirment pas l’existence...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ L’homme d’affaires tchèque et son partenaire en affaires, Patrik Tkac, ont plusieurs fois utilisé des sociétés offshore, qui offrent faible fiscalité et réglementation accommodante.
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Pourquoi Daniel Kretinsky a recours à des paradis fiscaux

L’homme d’affaires tchèque et son partenaire en affaires, Patrik Tkac, ont plusieurs fois utilisé des sociétés offshore, qui offrent faible fiscalité et réglementation accommodante.



LE MONDE ECONOMIE
 |    08.11.2018 à 13h05
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 17h34
    |

            Jérémie Baruch et 
Jean-Baptiste Chastand (avec Vincent Nouvet)








                        



                                


                            
L’homme d’affaire tchèque Daniel Kretinsky, qui investit dans les médias français et notamment dans Le Monde, est mentionné dans les « Panama Papers ». Cette série de fuites de documents du cabinet panaméen Mossack Fonseca, en 2016 et 2017, a éclairé avec précision les techniques d’évasion fiscale employées à travers le monde.
Les documents, consultés par Le Monde, révèlent que le propriétaire du groupe énergétique tchèque est le propriétaire de deux catamarans par le biais de sociétés offshore. Le premier, le Wonderful, un bateau de 22 mètres d’une valeur de 3 millions d’euros, a été acheté, probablement en 2010, en faisant l’acquisition d’une société enregistrée aux îles Vierges britanniques – un paradis fiscal connu pour ses pavillons de complaisance.
Après la révélation des « Panama Papers », en 2016, le Wonderful a vogué vers une nouvelle structure, dont les détails ne sont pas connus. Le second catamaran, le Black Swan, plus grand que le Wonderful, plus cher aussi, est également détenu à travers une société des îles Vierges britanniques, acquise en 2013 et un temps gérée par Mossack Fonseca.
Une villa à 20 millions de livres
Pour l’entrepreneur tchèque, tout ne passe pas par le Panama et les Caraïbes. On le retrouve aussi dans les fichiers d’Appleby, le cabinet à l’origine d’un autre scandale d’évasion fiscale, les Paradise Papers. Ces documents révèlent que Daniel Kretinsky a acquis en 2015 pour environ 20 millions de livres sterling (23 millions d’euros), Heath Hall, une magnifique villa classée dans Londres. Pour cela, il a utilisé une société inscrite au registre du commerce de Jersey – un paradis fiscal britannique situé près des côtes normandes.
Ce montage opaque lui permet de ne pas apparaître sur le cadastre britannique comme le bénéficiaire du bien et lui donne la possibilité d’économiser en impôt sur les plus-values et sur la location du bien. M. Kretinsky justifie le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Milliardaire tchèque à l’ascension fulgurante, il a fait son entrée dans les médias français, devenant notamment actionnaire minoritaire du « Monde ».
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Aux origines de la fortune de Daniel Kretinsky

Milliardaire tchèque à l’ascension fulgurante, il a fait son entrée dans les médias français, devenant notamment actionnaire minoritaire du « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    08.11.2018 à 13h04
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 15h14
    |

            Blaise Gauquelin (Prague, Bratislava, envoyé spécial) et 
                                Nabil Wakim (Prague, envoyé spécial, avec François Bougon, Jean-Baptiste Chastand et Alexandre Piquard)








                        



                                


                            

Comment devient-on milliardaire en moins de dix ans ? Comment Daniel Kretinsky, cet homme de 43 ans, est-il passé de jeune juriste, payé 900 euros par mois dans la République tchèque postcommuniste, à magnat de l’énergie et des médias, doté d’une fortune de 2,6 milliards d’euros ? L’allure du milliardaire tranche avec le décor tout en dorures du palace parisien où il reçoit quand il est de passage à Paris : ni vêtements tape-à-l’œil, ni signe extérieur de richesse. M. Kretinsky joue les modestes.« J’ai travaillé dur pendant des années, de manière très intense, j’ai eu beaucoup de chance, tout ça avec une équipe formidable », explique-t-il à deux journalistes du Monde jeudi 1er novembre.
Le richissime patron d’EPH a fait une irruption fracassante dans le paysage médiatique français, ces derniers mois, en investissant dans Elle, Télé 7 Jours ou Marianne. Fin octobre, il est également devenu actionnaire (à hauteur de 49 %) de la holding de Mathieu Pigasse détenant sa participation dans le groupe Le Monde. Son entrée inattendue sur la scène française suscite son lot de questions, portant à la fois sur l’origine de sa fortune et sur ses intentions.
Patrik Tkac et Petr Kellner, ses deux mentors
En 2009, lorsqu’il crée à Prague l’entreprise EPH (de son nom complet Energeticky a Prumyslovy Holding ; prononcer « épéhaa », en tchèque), personne n’imagine que ce groupe va devenir le septième acteur européen du secteur énergétique et peser plus de 6 milliards d’euros de chiffres d’affaires.
Au somptueux siège d’EPH, situé rue de Paris dans le centre historique de Prague, on se raconte avec fierté l’histoire de ce self-made-man, jeune étudiant en droit venu de Brno (sud-est du pays), qui aurait gravi seul les échelons du fonds d’investissement dans lequel il était employé, pour devenir associé, puis lancer sa propre entreprise.
Fils d’une juge passée par la Cour suprême, l’étudiant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Le Furet du Nord négocie l’achat de Decitre. Cette transaction est l’illustration de « l’exception française » et de la vitalité du livre, explique dans sa chronique, Denis Cosnard, journaliste au « Monde ».
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« En France, le libraire fait de la résistance »

Le Furet du Nord négocie l’achat de Decitre. Cette transaction est l’illustration de « l’exception française » et de la vitalité du livre, explique dans sa chronique, Denis Cosnard, journaliste au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    08.11.2018 à 12h53
    |

            Denis Cosnard








                        



                                


                            

Chronique Pertes & profits. La coïncidence est cocasse. Mardi 7 novembre se déroulait au restaurant Drouant un de ces rites qui font le sel de la vie littéraire française : devant une forêt de micros et de caméras menaçant de l’asphyxier, Nicolas Mathieu recevait le prestigieux prix Goncourt pour Leurs enfants après eux (Actes Sud). Au même moment, l’un des plus vieux réseaux de librairies, Decitre, annonçait être en négociations exclusives pour se vendre à son concurrent Le Furet du Nord. En 1907, Henri Decitre avait ­repris une petite librairie lyonnaise. Son fils Pierre avait développé l’affaire. Aujourd’hui, Guillaume Decitre, le fils de Pierre, vend la maison, qui compte onze magasins, dont neuf en Rhône-Alpes. Leurs enfants après eux, vraiment ?

Comme les meilleurs livres, ce rapprochement peut se lire de plusieurs façons. Certains pleureront la fin d’une entreprise familiale, l’absorption de la plus belle enseigne lyonnaise par un petit groupe aux mains d’un fonds d’investissement, Vauban Partenaires. Mais, tout comme l’excitation persistante autour des prix littéraires, cette transaction prouve aussi qu’en France, le livre est bien vivant. Le libraire fait de la résistance, des financiers sont prêts à miser sur son succès. Une nouvelle illustration de la fameuse « exception culturelle française ».
La BD en forte croissance
Depuis l’arrivée de Vauban à son capital, en 2008, Le Furet du Nord s’est lancé dans une expansion dans sa région d’origine, mais aussi en Picardie, en Ile-de-France, en Belgique. En huit ans, il a doublé le nombre de ses points de vente, sans être rassasié. En 2017, les librairies Sauramps de Montpellier, en faillite, lui ont échappé. A présent, Decitre permet au ­Furet du Nord d’arriver enfin dans le Sud. Le groupe va presque doubler de taille, pour frôler 150 millions d’euros de chiffre d’affaires. Au passage, Le Furet va bénéficier du site de vente en ligne de Decitre,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ La BCE a choisi le président de l’Autorité bancaire européenne pour succéder à la Française Danièle Nouy. Cette proposition doit encore être soumise aux institutions européennes.
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L’Italien Andrea Enria devrait prendre la tête du « gendarme » bancaire européen

La BCE a choisi le président de l’Autorité bancaire européenne pour succéder à la Française Danièle Nouy. Cette proposition doit encore être soumise aux institutions européennes.



LE MONDE ECONOMIE
 |    08.11.2018 à 12h31
    |

            Marie Charrel et 
                                Véronique Chocron








                        



                                


                            

Alors que les femmes sont notoirement sous-représentées aux postes-clés de la Banque centrale européenne (BCE), l’institut de Francfort a désigné un homme, l’Italien Andrea Enria, pour prendre les rênes du « gendarme » bancaire européen. Mercredi 7 novembre, la BCE devait, en effet, choisir qui succédera à la Française Danièle Nouy, à compter du 1er janvier 2019, pour superviser les 118 plus grandes banques européennes, qui détiennent plus de 80 % des actifs bancaires de la zone euro.
Après la crise de 2008, l’Europe a donné naissance à une union bancaire dotée, à partir de 2014, d’un superviseur unique intégré à la BCE. Sa mission : inspecter les principales institutions financières de la zone euro, leur accorder ou leur retirer leur licence bancaire et leur imposer de renforcer leur capital autant que de besoin. En un mot, être intrusif, alors qu’avant-crise, la relation de proximité souvent indulgente entretenue entre les banques et leurs superviseurs nationaux a mené à la catastrophe.
Mme Nouy, femme de caractère, a été la première à tenir la barre de ce nouveau Mécanisme de surveillance unique (MSU). Pour la remplacer, le conseil des gouverneurs de la BCE avait le choix entre deux candidats : l’Irlandaise Sharon Donnery, 46 ans, gouverneure adjointe de la banque centrale d’Irlande et directrice d’un groupe de travail à la BCE sur les créances douteuses amassées dans les bilans des banques ; et Andrea Enria, 57 ans, à la tête de l’Autorité bancaire européenne, chargée d’édicter des règles pour les banques de l’Union européenne (UE). Le Français Robert Ophèle, 62 ans, président de l’Autorité des marchés financier, avait été sorti de la course fin octobre après son audition devant le Parlement européen.
Jeu de chaises musicales
Pour certains observateurs, le choix d’Andrea Enria ne serait pas sans lien avec la santé des banques italiennes, qui, ployant sous les prêts « non performants » (c’est-à-dire non remboursés),...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Concurrencé par les huiles de palme et de soja, l’ex-Sofiprotéol cherche de nouveaux débouchés pour ses agrocarburants.
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Le groupe Avril propose aux camions un carburant 100 % colza

Concurrencé par les huiles de palme et de soja, l’ex-Sofiprotéol cherche de nouveaux débouchés pour ses agrocarburants.



LE MONDE ECONOMIE
 |    08.11.2018 à 12h16
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

A l’heure où les Français expriment leur mécontentement sur la hausse du prix de l’essence à la pompe, le groupe Avril, cherche, lui, de nouveaux débouchés pour ses agrocarburants. Il a présenté jeudi 8 novembre, Oleo 100, une alternative au gazole, issue, selon ses dires, à 100 % de colza français. Une offre destinée aux professionnels du transport, entreprises comme collectivités locales.
Ce carburant s’émancipant de toute énergie fossile existe déjà en Europe sous le vocable de B100. Il est défini comme étant constitué à 100 % d’ester méthylique d’acides gras (EMAG) d’origine végétale ou animale. En France, la porte s’est ouverte officiellement en mars 2018, un arrêté encadrant l’usage de ce carburant d’origine agricole. Il est désormais autorisé pour les flottes professionnelles disposant d’une infrastructure de stockage et de distribution.
Cette ouverture est une aubaine pour le groupe Avril, ex-Sofiproteol, bras armé de la filière colza et puissant acteur de l’agriculture industrielle en France. Un groupe discret mais dont les marques comme Lesieur, Puget ou Matines sont connues du grand public.
Mesurer l’avantage environnemental
En France, le groupe s’est fixé l’objectif de faire rouler 15 000 camions et autocars d’ici à 2022 en livrant son carburant depuis son usine de Rouen, quitte à financer l’adaptation des véhicules. « L’Oleo 100 sera vendu au même prix que le gazole », explique Jean-Philippe Puig, gérant d’Avril. Pour ses utilisateurs, l’enjeu sera de mesurer l’avantage environnemental. Un sujet sensible. D’ailleurs, les producteurs d’agrocarburants associés à la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) ont demandé, dans un communiqué publié mercredi 7 novembre, une adaptation des mesures d’émission de CO2 des véhicules pour les agrocarburants…

Pour l’Etat, cette substitution du gazole par un agrocarburant se traduit par un manque à gagner car la fiscalité du B100 est fortement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Malgré un arsenal de mesures hérité de François Hollande ou décidé par Emmanuel Macron, l’industrie française perd en compétitivité.
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En France, une politique de « reconquête industrielle » sans grands résultats

Malgré un arsenal de mesures hérité de François Hollande ou décidé par Emmanuel Macron, l’industrie française perd en compétitivité.



LE MONDE ECONOMIE
 |    08.11.2018 à 12h04
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 12h51
    |

            Jean-Michel Bezat (service économie du « Monde »)








                        



                                


                            

Emmanuel Macron poursuit, depuis le début de la semaine, une « itinérance » industrielle ponctuée d’interventions dans des villes du Grand-Est et des Hauts-de-France frappées depuis des décennies par les fermetures d’usines. Le message est clair : l’industrie n’est pas morte et doit subsister dans tous les territoires, pas seulement dans les métropoles. « Je n’ai jamais cru au mythe d’une France sans usines », a souligné le président de la République, lundi 5 novembre, à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle).
Son voyage « mémoriel » pour le centenaire de la fin de la guerre 1914-1918 était aussi destiné à afficher sa volonté de revitaliser ces territoires. C’est en présence de M. Macron que le groupe algérien Cevital a annoncé, mercredi, la création dans le bassin de Charleville-Mézières (Ardennes) d’une unité d’équipements de traitement de l’eau qui, à terme, pourrait employer jusqu’à 1 000 salariés (quelques dizaines dans un premier temps). Et toujours en sa présence que le PDG de Renault, Carlos Ghosn, a annoncé un investissement de 450 millions d’euros sur cinq ans et la création de 200 emplois en 2019 pour son site de Maubeuge (Nord).

Comme ses prédécesseurs, mais à un rythme plus soutenu, M. Macron mène une politique industrielle à plusieurs entrées. Depuis son élection, il a privilégié une approche macroéconomique bénéficiant à toutes les entreprises : baisse à 25 %, sur le quinquennat, du taux de l’impôt sur les sociétés, transformation du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) en baisse de charges en 2019, sanctuarisation des crédits impôt recherche (CIR) et innovation (CII)… Avec l’objectif d’améliorer la compétivité-coût des produits et d’attirer les sociétés étrangères, qui emploient déjà 700 000 salariés dans le secteur manufacturier.
Il est urgent d’accompagner la montée en gamme des produits
La politique industrielle stricto sensu passe aussi, selon lui, par la constitution...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Intelligence artificielle, réalité augmentée, rupture organisationnelle… L’émergence d’usines d’un nouveau type nécessite des ingénieurs généralistes « à la française », toujours plus polyvalents.
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Les ingénieurs au défi de la « nouvelle révolution industrielle »

Intelligence artificielle, réalité augmentée, rupture organisationnelle… L’émergence d’usines d’un nouveau type nécessite des ingénieurs généralistes « à la française », toujours plus polyvalents.



LE MONDE
 |    08.11.2018 à 12h02
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 12h09
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                            Jean-Claude Lewandowski








                        



   


Piloter les usines, mais aussi les concevoir et les construire… Telle est, traditionnellement, l’une des principales missions de l’ingénieur. Or cette mission connaît un bouleversement majeur avec l’émergence de « l’industrie du futur ». Beaucoup y voient même une « nouvelle révolution industrielle ».
Le concept, apparu il y a une dizaine d’années, repose sur un concentré de technologies récentes et d’innovations (intelligence artificielle, robotique, réalité augmentée…), doublé d’un mode d’organisation en rupture. De quoi tout bousculer : le fonctionnement même de l’usine, les relations entre ses parties prenantes, son modèle économique, et même le clivage entre produits et services.

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Ce qui caractérise cette usine d’un nouveau type ? D’abord son extrême agilité. Elle doit être évolutive, s’adapter à différents aléas (techniques, financiers…), épouser les dernières innovations. « Les machines-outils sont souvent dédiées à plusieurs tâches, et sont aisément reconfigurées », note ainsi Xavier Lorca, directeur du Centre de génie industriel de l’IMT Mines d’Albi. Ensuite, tout est interconnecté : l’usine est reliée au concepteur, à ses fournisseurs, ses clients… Ce qui permet notamment de personnaliser les produits. Dans ce contexte, la gestion des flux constitue une autre priorité.
« Usine 4.0 »
Bien sûr, le numérique joue un rôle clé. Collecte de données, intelligence artificielle, aide à la décision : tout le process industriel est assisté, complété et régi grâce aux « data ». Au point que certains parlent d’« usine 4.0 ». « Chaque usine possède un “jumeau numérique”, virtuel, constamment enrichi en nouvelles données, qui permet la simulation », explique par exemple Jacques Lamothe, directeur recherche-innovation à l’IMT Mines d’Albi.
Mais la technologie ne fait pas tout. La place de l’homme reste primordiale, comme le souligne un « livre blanc » intitulé « L’humain au cœur de l’industrie du futur », publié par le pôle de compétitivité EMC² et Altran.
« Il faut une grande maîtrise de l’intelligence collective et de la complexité »
La liste est longue des compétences nécessaires pour devenir un acteur de cette industrie de demain. Au-delà de l’inévitable bagage dans le numérique, l’ingénieur doit afficher de robustes notions de logistique. Plus largement, il doit avoir une bonne compréhension du contexte – sociétal, environnemental, voire géopolitique – et de ses enjeux. D’où l’apport du management et des sciences humaines. Ajoutons une culture générale étendue, en lien avec la stratégie d’entreprise. « L’industrie du futur fait collaborer de nombreux métiers très spécialisés. Il y faut une grande maîtrise de l’intelligence collective et de la complexité », ajoute Bernard Ruffieux, directeur de Grenoble INP-Génie Industriel.

        Lire le reportage :
         

          A Saclay, une usine-école permet de se frotter à l’industrie 4.0



Plus que jamais, l’ingénieur doit donc être un homme-orchestre, doué d’une grande polyvalence. « C’est le terrain de jeu idéal pour l’ingénieur généraliste “à la française” », observe Olivier Paccaud, directeur des études à l’Eigsi (Ecole des ingénieurs en génie des systèmes industriels) de La Rochelle.
Les ingénieurs formés à cette problématique sont très demandés – y compris à l’international. « Ils n’ont aucun mal à trouver un emploi, et peuvent même choisir entre plusieurs postes. Ensuite, à eux de construire leur parcours », constate Xavier Lorca. Un ingénieur débutant pourra intervenir en support au chef de projet, sur du suivi ou des questions de méthodologie ; ou au contraire apporter une expertise technique spécifique.
Aussi les écoles mettent-elles les bouchées doubles pour former ces profils. A Albi, un bon tiers des diplômés sortent des filières génie industriel ou systèmes d’information. L’école a aussi monté une chaire (« Ioméga ») sur le sujet avec le laboratoire pharmaceutique tarnais Pierre Fabre, et créé un laboratoire de recherche dédié à la chaîne d’approvisionnement avec un cabinet de conseil, Agiléa.
A Grenoble INP, plusieurs « majeures » permettent d’aborder les différentes facettes du métier, expose Bernard Ruffieux : 
« Nos élèves doivent savoir travailler vite et de façon interdisciplinaire. Il n’est pas rare que des enseignants de différentes matières interviennent dans le même cours. Nous avons également renforcé l’enseignement du management, des sciences cognitives, de la psychologie. »
Internet des objets, impression 3D, big data
Coup d’accélérateur aussi à l’Eigsi de La Rochelle, qui offre désormais à 40 élèves une « dominante » rebaptisée « Entreprise du futur », sur deux semestres. Au menu, une approche « globalisante », intégrant aussi bien la cyber-sécurité que les plateformes collaboratives ou le cloud… D’autres thématiques, comme l’Internet des objets, l’impression 3D ou le big data, ont été étoffées. « Nous ajoutons une forte dimension humaine, avec des enseignements sur l’interculturel, le travail en équipe, la créativité et l’innovation », précise Olivier Paccaud.
La même approche innovante commence à toucher le génie civil et la construction
La même approche innovante commence à toucher un autre secteur industriel, le génie civil et la construction et les écoles qui y préparent. « Dans nos métiers, l’industrie du futur en est à ses débuts. Elle est surtout présente au niveau de la recherche », indique Sébastien Rémond, enseignant-chercheur en génie civil et environnemental à l’IMT Lille-Douai :
« Mais nous l’intégrons déjà à nos programmes, par exemple avec des cours sur la fabrication additive (impression 3D) pour certains matériaux. »
Même constat à l’ESITC (Ecole supérieure d’ingénieurs des travaux de la construction) de Caen, où l’on observe que « les industriels expriment des attentes nouvelles ». Pour y répondre, l’école offre une large palette d’enseignements : option de 5e année « bâtiments techniques et industriels », formation au BIM (modélisation des données du bâtiment), cours sur les méthodes de production, le « lean management » ou le développement durable…
« Avec l’industrie du futur, on retrouve les fondamentaux du métier d’ingénieur, dans une démarche de gestion de projet, résume Jérôme Lebrun, le directeur de l’ESITC. Cela nécessite à la fois l’intégration de solutions techniques variées, la prise en compte des besoins du client, et surtout une vision globale des enjeux. »

Des suppléments et un salon du « Monde », les 10 et 11 novembre, pour choisir sa grande école
La 13e édition du Salon des grandes écoles (SaGE) aura lieu samedi 10 et dimanche 11 novembre à Paris, aux Docks, Cité de la mode et du design (13e arrondissement), de 10 heures à 18 heures. Il est précédé de la publication de nos suppléments dédiés aux écoles d’ingénieurs (dans Le Monde daté du mercredi 7 novembre et en ligne en suivant ce lien ) et aux écoles de commerce (dans Le Monde daté du jeudi 8 novembre et sur Le Monde.fr Campus ici).
Plus de cent cinquante écoles de commerce et d’ingénieurs, IAE, IEP, écoles spécialisées, prépas seront représentés lors du salon, permettant d’échanger sur les différents programmes et leur accessibilité (post-bac, post-prépa ou après un bac +2, +3 ou +4). Lycéens, étudiants et parents pourront assister à des conférences thématiques animées par des journalistes du Monde Campus. Une équipe de vingt « coachs » sera à leur disposition pour les conseiller, les aider à définir leur projet d’orientation, préparer les concours, rédiger leur CV...
L’entrée du SaGE est gratuite, la préinscription en ligne est conseillée pour accéder plus rapidement au Salon. Liste des exposants et informations pratiques sont à retrouver sur le site Internet du SaGE.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ L’usine des Kangoo, à Maubeuge, bénéficiera d’un investissement de 450 millions d’euros, embauchera 200 personnes et produira un nouvel utilitaire Nissan.
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Renault accélère sa production de véhicules utilitaires en France

L’usine des Kangoo, à Maubeuge, bénéficiera d’un investissement de 450 millions d’euros, embauchera 200 personnes et produira un nouvel utilitaire Nissan.



LE MONDE ECONOMIE
 |    08.11.2018 à 11h16
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 12h53
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                            Éric Béziat








                        



   


Plutôt qu’un clair de lune, c’est un rayon de soleil à Maubeuge qui aura réchauffé l’itinérance commémorative du centenaire de l’armistice de 1918 voulue par le président Emmanuel Macron. La bonne nouvelle, en ces temps de fronde automobile, a été annoncée par Carlos Ghosn, PDG de Renault et président de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, en présence du président de la République, jeudi 8 novembre, à l’usine Renault de Maubeuge (Nord) où sont fabriquées les Kangoo.
Renault-Maubeuge devient « centre d’excellence » des véhicules utilitaires légers pour toute l’Alliance et, à ce titre, produira, à partir de la mi-2019, un nouveau modèle – le Nissan NV250 – assemblé sur l’actuelle plateforme servant de base à la fabrication des trois véhicules produits actuellement dans ce site : Kangoo, Kangoo électrique et Mercedes Citan. M. Ghosn a également confirmé que l’usine accueillera la nouvelle génération de la « famille » Kangoo. Elle bénéficiera de ce fait d’un investissement de 450 millions d’euros en cinq ans et 200 collaborateurs seront recrutés en 2019.
Au-delà de l’usine nordiste, Carlos Ghosn a donné le coup d’envoi à une vraie accélération en France de l’Alliance qu’il dirige dans le domaine du véhicule utilitaire. Le patron aux dix millions de voitures vendues dans le monde a annoncé que l’usine de Sandouville (Seine-Maritime), près du Havre, fabriquera un fourgon Mitsubishi sur la plateforme des Renault Trafic (également déclinés en Fiat et Nissan) qui sont actuellement produits dans l’usine normande. Le nouveau véhicule de l’entreprise japonaise entrée dans l’Alliance en 2017 est destiné aux marchés néo-zélandais et australien. Selon nos informations, Renault s’est donné pour objectif de démarrer la production en 2020.
Fleuron de l’industrie automobile tricolore
Le but de tout cela est, côté Alliance, de contribuer à l’augmentation des fameuses synergies de coût qui ont déjà permis aux trois entreprises de dégager 5,7 milliards d’économies en 2018. Le plan stratégique Alliance 2022 prévoit d’atteindre 10 milliards d’euros dans quatre ans. L’opération permet aussi de mieux se positionner sur le marché des véhicules utilitaires qui connaît une belle expansion en Europe (+ 3,6 % les neuf premiers mois de 2018 par rapport à la même période de 2017). « Cette année, le groupe Renault a annoncé un investissement total de 1,4 milliard d’euros en France pour soutenir deux piliers de croissance : les véhicules électriques et les véhicules utilitaires », a expliqué M. Ghosn devant M. Macron.
Mais retournons à l’usine de Maubeuge. Le chef de l’Etat n’a pas seulement choisi l’endroit parce qu’il se trouve sur son chemin de mémoire. Le site est avant tout un fleuron de l’industrie automobile tricolore. Avec une productivité qui atteint 100 véhicules par an et par salarié (hors intérimaires), elle est l’usine automobile la plus performante non seulement de Renault en France (et de très loin) mais de toutes les marques implantées industriellement dans l’Hexagone.

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M. Ghosn n’a pas manqué de le souligner : « Les usines de Maubeuge et de Sandouville ont apporté la solution la plus attractive grâce à leur compétitivité et à leur capacité à tirer parti des plateformes communes de l’Alliance. » « Lorsque le plan de compétitivité de Renault Cap 2020 a été signé en 2017, on a demandé aux salariés des usines françaises – en contrepartie d’investissements – d’améliorer la productivité pour parvenir à 90 voitures produites par salarié, ajoute un porte-parole de la marque au losange. Maubeuge avait à l’époque déjà atteint ce chiffre, elle était d’ailleurs notre usine de référence pour fixer l’objectif. »
Qu’est-ce qui fait gagner Maubeuge ? « Les hommes avant tout », répond sans hésiter Olivier Silva, directeur de l’usine. D’ailleurs, la visite présidentielle aura commencé par l’école de dextérité où une dizaine de jeunes gens s’exercent aux techniques – pas si simples – du vissage rapide et répété et par laquelle passent tous les ouvriers (appelés désormais opérateurs) de l’usine. « Le fait d’être la meilleure usine Renault de France et dans le top 10 de l’Alliance crée un cercle vertueux, constate M. Silva. La motivation est naturellement plus grande et davantage partagée. Le climat est bon. Tout cela se constate dans nos chiffres d’absentéisme : moins de 4 %. » 
« Nous avons à Maubeuge le souci permanent de résoudre tout de suite et en direct le moindre problème qui pourrait gêner la production ou faire baisser la qualité, explique Patrick Hemmer, directeur des fabrications. Notre credo : le moins de réunions de cadres possible, un minimum de présentations Powerpoint, mais des managers sur le terrain, au plus près des lignes de production. » Une méthode qui est facilitée par les dimensions relativement petites du site et le fait que l’on n’a pas multiplié des types très différents de véhicules à produire.
Innovations numériques
Ce souci d’intervenir au plus vite in vivo se constate dans les innovations numériques présentées jeudi à Emmanuel Macron, comme ces tablettes connectées qui permettent aux chefs de fabrication de piloter leurs lignes, ou encore ces gros smartphones dont sont équipés les opérateurs des équipes de production. Reliés à des boutons d’alerte placés le long de la ligne de montage, ces appareils facilitent la transmission de l’information sur les défauts de production aux responsables et donc leur résolution ainsi que leur mise en mémoire par un archivage automatique.
« Nous avons à chaque fois été dans les premiers soit à concevoir, soit à nous emparer de ces nouveaux outils », se félicite M. Silva. Exemple au service logistique qui utilise, comme de plus en plus d’usines automobiles il est vrai, des robots porte-chariots qui amènent les pièces pré-triées sur la ligne ou – plus étonnant – qui expérimente un drone autonome capable de faire l’inventaire des pièces stockées sur le site. Tout en mousse pour des raisons de sécurité, l’engin fait gagner dix fois plus de temps que la méthode traditionnelle.

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Le résultat, c’est une usine de 2 200 salariés (comprenant environ 600 intérimaires) qui a produit en 2017 plus de 160 000 véhicules (dont près de 10 000 Kangoo électriques) et qui devrait renouer avec un chiffre équivalent cette année. Les deux tiers de la production sont exportés dans plus de 33 pays. Les 25 000 Mercedes Citan sortis des lignes (soit 15 % de la production mondiale de ce modèle), fruit d’un accord stratégique avec Daimler, ont contribué largement à cette balance commerciale positive.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Selon les prévisions de la Commission européenne, la croissance de l’Italie sera moins forte qu’annoncé, entraînant une aggravation du déficit public.
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Budget italien : Bruxelles craint une dérive plus forte que prévu

Selon les prévisions de la Commission européenne, la croissance de l’Italie sera moins forte qu’annoncé, entraînant une aggravation du déficit public.



LE MONDE ECONOMIE
 |    08.11.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 12h42
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Ces chiffres risquent d’aggraver l’épreuve de force entre la Commission européenne et le gouvernement populiste italien. En tout cas, de doter l’institution bruxelloise d’arguments supplémentaires, alors qu’elle a rejeté, fin octobre, le budget prévisionnel de Rome pour 2019 et réclame une nouvelle copie pour le 13 novembre.
A en croire les « prévisions économiques d’automne » de Bruxelles, publiées jeudi 8 novembre, la croissance italienne pour 2019 devrait s’établir à seulement 1,2 % du produit intérieur brut (PIB), alors que le gouvernement de Giuseppe Conte table sur une croissance de 1,5 %. A politique inchangée, elle atteindrait 1,3 % du PIB en 2020. Autrement dit, la Commission estime que les mesures de relance sociales (revenu universel, avancée de l’âge des départs à la retraite) et fiscales n’auront pas l’incidence attendue sur le dynamisme économique transalpin.
Mais au regard des chiffres bruxellois, Rome, qui, pour l’instant, refuse de changer une ligne à son budget, pourrait aussi arguer qu’en l’absence de toute relance budgétaire, sa croissance serait encore plus poussive.
La deuxième dette publique la plus élevée de la zone euro
Toujours selon les estimations de l’institution, qui s’appuie sur les dernières données disponibles de l’institut Eurostat tout en intégrant les nouvelles politiques budgétaires décidées à Rome cet automne, le déficit public du pays pointerait à 2,9 % du PIB en 2019. La dérive des comptes publics serait encore plus importante que celle assumée par Rome pour 2019 (2,4 %), un chiffre qui fait pourtant déjà bondir Bruxelles, car, à ce niveau, le déficit est trois fois supérieur aux engagements pris par le gouvernement Conte en juillet.

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En 2020, si l’Italie maintient sa politique d’expansion, son déficit public franchirait le plafond des 3 % autorisé par le pacte de stabilité et de croissance, à 3,1 %. Le ministre des finances, Giovanni Tria, avait pourtant dit que l’Italie s’engagerait à réduire de nouveau son déficit à partir de 2020. A politique inchangée, ce ne sera donc pas le cas, estime la Commission.
Quant à la dette publique italienne, elle devrait rester la deuxième plus élevée de la zone euro (après la grecque), à environ 131 % du PIB, n’entamant pas de décrue, contrairement à ce qu’espérait encore la Commission, mi-2018.
Des prévisions positives pour les dix-huit autres Etats membres
C’est le 21 novembre que l’institution bruxelloise devrait tirer des conclusions de ces chiffres, surtout si, dans l’intervalle, Rome n’a pas modifié son budget prévisionnel 2019. La Commission pourrait alors décider de rendre publique son analyse de la soutenabilité de la dette transalpine, prélude à une « recommandation » d’ouverture d’une procédure « pour dette excessive » à l’égard du pays.
Cette recommandation, si elle se concrétise, devra être validée au Conseil par les Etats membres. Elle serait inédite et risque d’accentuer les tensions avec le gouvernement de coalition Mouvement 5 étoiles-Ligue. La Commission a déjà ouvert de nombreuses procédures pour déficit excessif (à l’encontre de la France, notablement, qui n’en est sortie officiellement qu’au début de cette année), mais encore jamais pour dette excessive. Si elle est menée à son terme, cette procédure peut conduire à des sanctions financières.
L’Italie fait figure d’exception dans la zone euro : jeudi, l’institution est restée plutôt positive au sujet des dix-huit autres Etats membres, malgré les risques que font toujours peser la politique commerciale du président américain, Donald Trump, le resserrement monétaire aux Etats-Unis ou le Brexit.
Optimisme modéré pour la France

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La zone euro en est à sa sixième année de croissance d’affilée, et « la tendance devrait se poursuivre [en 2019 et en 2020], avec des taux de chômage revenant à ceux observés avant la crise financière », selon Pierre Moscovici, commissaire européen aux affaires économiques. Le PIB de la zone euro devrait encore croître de 1,9 % en 2019, puis de 1,7 % en 2020, avec un chômage à 7,9 % de la population active en 2019 et à 7,5 % en 2020.
Même optimisme modéré pour la France : les chiffres de la Commission correspondent grosso modo aux hypothèses retenues par le gouvernement d’Edouard Philippe pour le projet de loi de finances. La croissance du PIB hexagonal devrait être de 1,6 % en 2019, contre 1,7 % estimé par Paris. La dette publique devrait décroître très légèrement, après un pic à 98,7 % du PIB en 2017, à 98,5 % en 2019 et à 97,2 % en 2020.
Quant au déficit public français, il devrait bien être de 2,8 % du PIB en 2019, et encore de 1,7 % en 2020 (alors que Paris prévoit une réduction plus massive, à 1,4 %). Enfin, l’institution estime que la France ne produira pas l’« effort structurel » requis (réductions budgétaires liées à des réformes) de 0,6 % du PIB en 2019, sans pour autant s’en formaliser.

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La Commission relativise, considérant que l’Hexagone n’est pas le seul pays dans ce cas : le Portugal, l’Espagne ou la Belgique n’affichent pas non plus les réductions budgétaires « structurelles » requises. Surtout, ces Etats membres font quand même des efforts de discipline budgétaire, contrairement à l’Italie. Pas question donc d’agiter le risque de sanctions dans leur cas.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Dans son rapport annuel, l’association alerte sur l’augmentation de la précarité chez les plus de 60 ans, qu’elle observe sur le terrain.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

Le Secours catholique alerte sur « le retour de la pauvreté des seniors »

Dans son rapport annuel, l’association alerte sur l’augmentation de la précarité chez les plus de 60 ans, qu’elle observe sur le terrain.



LE MONDE
 |    08.11.2018 à 09h30
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 15h19
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre








                        



   


La pauvreté des seniors, phénomène social qui s’était estompé avec l’amélioration, depuis cinquante ans, des retraites, redevient d’actualité.
C’est une des conclusions du Secours catholique qui publie, jeudi 8 novembre, son rapport annuel dressé à partir de son expérience de terrain auprès de 722 000 adultes et 640 700 enfants rencontrés, en 2017, dans ses permanences et accompagnés par ses bénévoles.
« Ils ne constituent pas un “échantillon représentatif” des 8,8 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, puisque ceux que nous recevons vivent avec, en moyenne, 540 euros par mois, ce qui les situe dans la grande pauvreté, mais l’évolution d’une année sur l’autre nous permet de détecter les signaux faibles : le retour de la pauvreté des seniors en est un », alerte Véronique Fayet, présidente du Secours catholique.

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« C’est une vie de privations »
Céline, 62 ans, après quarante-deux ans de labeur dont trente-huit dans la restauration collective, se retrouve veuve, avec une retraite de 1 000 euros par mois. Après déduction de tous les frais fixes liés à la maison, dans le Maine-et-Loire, dont elle est propriétaire (impôts locaux, assurance) et à sa mutuelle, elle ne dispose que de 400 euros pour tout le reste :
« Je ne chauffe toujours pas car le chauffage électrique coûte cher et le bois a doublé de prix en quelques années. C’est une vie de privations, sans sorties ni invitations, sans coiffeur ni restaurant ou cinéma, sans Internet, sans achat dans une boutique de vêtements… Je dois, par exemple, faire changer mon appareil dentaire, mais je n’ai pas les 750 euros qu’il faut pour compléter la prise en charge par ma mutuelle ».
Les plus de 60 ans représentent 10 % des personnes accueillies l’an passé par le Secours catholique et leur proportion a donc doublé depuis 2010. Ce sont surtout des hommes et des femmes seules, aux carrières heurtées, qui touchent de très petites retraites ou l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA, ancien minimum vieillesse, de 833,20 euros depuis le 1er avril 2018). S’y retrouvent également les personnes qui ne peuvent plus travailler mais ne sont pas encore à la retraite.
C’est le cas d’Emilia Naly qui, après une carrière d’infirmière durant trente-trois ans, se retrouve, à cause d’une maladie grave, en invalidité et en retraite anticipée, avec l’ASPA pour tout revenu :
« Je fais des choix : payer mon loyer HLM de 108 euros après allocation, et heureusement que j’ai ça ; toutes les factures d’électricité, impôts, eau, taxe d’habitation, ils n’ont qu’à attendre ! Je vais à l’épicerie solidaire, ce qui permet de diviser par deux mon budget nourriture. Et, surtout, j’ai ma famille, mon “clan”, dont je n’accepte pas d’argent, que des services : mon fils qui m’emmène au spectacle et m’offre des livres ; ma sœur qui, lorsqu’elle fait les courses, m’apporte un peu de viande ou un poulet ; pour les transports, je bénéficie du tarif social à 18 euros par mois, au lieu de 75 euros, mais surtout, comme je n’ai pas beaucoup d’autonomie, mon neveu me prête sa voiture pour gagner du temps. Ce n’est pas parce qu’on est dans la difficulté qu’il ne faut pas sortir, être connecté au monde. »
Mme Naly, bénévole du Secours catholique et l’une des huit membres du collège « Personnes en situation de précarité » au Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, ne cache pas sa colère contre la politique sociale du gouvernement : « Que l’on coupe l’électricité à Emmanuel Macron, qu’il voie ce que ça fait ! », sourit-elle.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Les 85 licenciés de l’ex-équipementier automobile et les 33 autres salariés repris chez LSI réclament 7,4 millions d’euros aux deux constructeurs qu’ils accusent d’avoir provoqué la chute de GM&S.
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PSA et Renault assignés en justice par les ex-GM&S

Les 85 licenciés de l’ex-équipementier automobile et les 33 autres salariés repris chez LSI réclament 7,4 millions d’euros aux deux constructeurs qu’ils accusent d’avoir provoqué la chute de GM&S.



Le Monde.fr avec AFP
 |    08.11.2018 à 09h16
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 09h43
   





                        


Les groupes PSA et Renault ont été assignés en justice par les anciens salariés de l’entreprise creusoise GM&S de La Souterraine, ont annoncé jeudi 8 novembre ces derniers et leur avocat Jean-Louis Borie, dans un communiqué de presse. « Oui, nous attaquons PSA et Renault pour ce qu’ils nous ont fait subir depuis des années, les vies brisées, les carrières cassées, la souffrance des familles et sans oublier les conséquences psychologiques. Tout cela a été orchestré par les constructeurs automobiles, nous demandons réparation ! », écrivent les salariés.
Les 85 licenciés de GM&S et les 33 autres salariés repris au sein de l’entreprise LSI réclament une somme totale de 7,4 millions d’euros aux deux constructeurs qu’ils accusent d’avoir provoqué la chute de l’ex-équipementier automobile en le maintenant en situation de dépendance économique. « Nous demandons 80 000 euros pour chacun des 85 licenciés et 20 000 euros pour chacun des personnels repris par LSI. D’autres ont annoncé qu’ils allaient se joindre à la procédure », a précisé Me Borie.

        Lire notre reportage :
         

          A La Souterraine dans la Creuse, la dure vie d’après des anciens salariés de GM&S



« Abus de position dominante  »
L’assignation en justice pour « abus de position dominante » et « responsabilité pour faute » devant le tribunal de grande instance de Guéret (Creuse) a été délivrée par huissier lundi à Peugeot et mardi à Renault. L’association de soutien et de défense ainsi que le comité d’entreprise réclament également respectivement 5 000 euros et 20 000 euros aux constructeurs automobiles.
Me Borie a indiqué laisser cependant la porte ouverte à une conciliation. « Notre démarche aboutira à une audience civile devant le tribunal de grande instance sauf si l’on aboutit à un protocole d’accord. Nous avons toujours privilégié la discussion », a-t-il dit.
Fin septembre, l’avocat avait sommé Renault et PSA de participer à une « conciliation » sous peine d’engager contre eux ces poursuites. Le directeur juridique de PSA, Mark Rollinger, avait répondu le 8 octobre. Dans ce courrier, PSA « considère avoir respecté ses engagements et être en mesure de s’en justifier » mais estime que « le projet d’assignation en justice est un signal négatif, n’étant pas de nature à permettre au site de travailler avec de nouveaux clients et de se développer », avait expliqué Me Borie. Renault n’a pas donné de réponse, selon le communiqué.
En mai 2017, après des mois de mobilisation, de manifestations et d’opération coups de poing, les salariés excédés avaient menacé de faire sauter leur entreprise avec des bouteilles de gaz. Ce dossier social avait accaparé les premiers mois de la présidence Macron. L’entreprise a finalement été reprise pour un euro symbolique en septembre 2017, avec 120 emplois conservés.

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                « GM & S, c’est le dernier clou dans le cercueil de la Creuse »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Tandis que Michel-Edouard Leclerc préside Neoma, Philippe Houzé, président du groupe Galeries Lafayette, officie à l’ESCP Europe. Pourquoi les chefs d’entreprise s’investissent-ils dans l’enseignement ?
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Les patrons tissent leur toile dans les écoles de commerce

Tandis que Michel-Edouard Leclerc préside Neoma, Philippe Houzé, président du groupe Galeries Lafayette, officie à l’ESCP Europe. Pourquoi les chefs d’entreprise s’investissent-ils dans l’enseignement ?



LE MONDE
 |    08.11.2018 à 08h15
    |

            Pascal Galinier








                        



   


A Neoma, la rentrée 2018 est placée sous le signe de « l’utilité sociale des entreprises ». A l’ESCP Europe, on parlera « gouvernance », « stratégie de croissance », « autonomie financière »…
Ce n’est sûrement que l’effet du hasard, mais ces deux écoles ont au moins un point commun : elles sont présidées par des chefs d’entreprise en exercice. Michel-Edouard Leclerc pour Neoma, école née de la fusion des ESC Rouen et Reims en 2013 ; Philippe Houzé, président du groupe Galeries Lafayette, pour l’école parisienne – une école qui a créé une chaire en 2016 avec… les Centres E. Leclerc !

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Que les écoles de management recrutent des manageurs au sommet, quoi de plus banal ? L’EM Lyon a bien à la tête de son conseil d’administration Bruno Bonnell, cofondateur d’Infogrames, patron star de la capitale des Gaules et désormais élu macroniste.
« La formation est devenue un enjeu stratégique voire vital pour notre pays, argumente Michel-Edouard Leclerc. Dans un monde qui n’a de cesse de se réinventer, les entreprises ont besoin de compétences fortes, de leadership et de sens de l’innovation, et ce sont les étudiants qui portent en eux cette promesse. » Lui-même est diplômé d’une université mais ses quatre enfants ont tous opté pour de grandes écoles (Edhec Lille, EM Lyon, ESCP Londres et Sciences Po Paris). « Depuis que je suis sorti de la Sorbonne [en 1978], je me rends compte du déficit d’échanges entre le système d’enseignement et les entreprises », soupire « MEL ».
Tutelle
Un constat que son confrère et concurrent Philippe Houzé ne peut que partager. Pour autant, le président « non exécutif » de l’ESCP Europe ne serait « pas acheteur » d’une telle entreprise, alors même qu’elle va devoir chercher de nouveaux actionnaires pour s’affranchir, d’ici à 2021, de la tutelle de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de la région Paris-Ile-de-France.

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La plus ancienne école de commerce de France – elle fêtera ses 200 ans en 2019 – est certes une icône de la Ville Lumière, comme les Galeries Lafayette, mais « sa valeur n’est pas encore au niveau que j’imagine » – pour la vendre, pas pour l’acheter… « Prouver sa valeur sans trahir ses valeurs », tel est l’enjeu, selon lui. Avis aux « fonds d’investissement actifs dans l’éducation » qui convoitent déjà, dit-il, l’ESCP Europe…
« Introduire les humanités »
Quant au contenu des programmes, officiellement, les deux patrons n’ont pas voix au chapitre dans leurs écoles respectives. Officiellement… En réalité, l’un comme l’autre ne se privent guère de dire leur mot – voire leur fait – aux enseignants et aux étudiants. « J’ai introduit les humanités dans les programmes de Neoma », assume Michel-Edouard Leclerc. « Je n’y interviens pas mais je m’y intéresse… », esquive Philippe Houzé.
Le premier n’entend pas « tout laisser à la finance ». A Neoma, outre les « humanités », a été introduit un Bachelor in Retail Management (consacré à la gestion de la grande distribution)… « A l’heure de la révolution numérique et de l’émergence de nouvelles offres de service, toutes les enseignes du commerce doivent repenser leur légitimité et leur avenir », justifie le patron des Centres E.Leclerc.
Le second conclut, mi-lyrique mi-ironique, en citant… un autre grand patron, Satya Nadella, le CEO de Microsoft : « I’m a learner ».



                            


                        

                        

