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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Comme le patron de l’AS Monaco placé en garde à vue mardi, Philippe Narmino est soupçonné de corruption.
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L’ancien garde des sceaux de Monaco inculpé aux côtés du milliardaire Rybolovlev

Comme le patron de l’AS Monaco placé en garde à vue mardi, Philippe Narmino est soupçonné de corruption.



Le Monde.fr avec AFP
 |    08.11.2018 à 15h59
   





                        



   


L’ex-directeur des services judiciaires de Monaco Philippe Narmino, l’équivalent du garde des sceaux dans la Principauté, a été inculpé aux côtés du milliardaire russe Dmitri Rybolovlev, a-t-on appris jeudi 8 novembre auprès du parquet. Tous deux sont soupçonnés de corruption.
M. Narmino a été mis en examen pour trafic d’influence passif et actif et pour corruption passive, tandis que le patron du club de football de l’AS Monaco a, lui, été inculpé de trafic d’influence actif et de corruption active, selon la même source. Le scandale a été révélé en 2017 au détour d’une procédure engagée à Monaco par le milliardaire contre son ancien marchand d’art.

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Retraite anticipée
Les deux hommes ont également été inculpés pour violation du secret de l’instruction, de même que trois autres personnes : l’avocate de M. Rybolovlev, Me Tetiana Bersheda, l’épouse de M. Narmino, Christine, et son fils Antoine, un juriste de 35 ans.
L’ex-directeur des services judiciaires a été mis en retraite anticipée en septembre 2017 quand l’affaire a éclaté, deux ans et demi après une plainte de M. Rybolovlev contre Yves Bouvier. Le milliardaire russe accusait ce marchand d’art de lui avoir surfacturé des œuvres et dépouillé d’un milliard d’euros, avec la complicité d’une amie commune, Tania Rappo.
Pour étayer la plainte, Me Bersheda avait produit un enregistrement de Mme Rappo et remis son téléphone portable à la justice. Conséquence inattendue : le juge a eu accès à d’autres contenus plus compromettants, des SMS laissant suggérer l’existence d’un réseau œuvrant en faveur du milliardaire, impliquant des dirigeants de la police monégasque et le garde des sceaux de la Principauté.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Au terme d’un scrutin sans suspense, le Bavarois, âgé de 46 ans, a obtenu 492 des 619 voix des délégués du Parti populaire européen appelés à voter.
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Elections européennes : l’Allemand Manfred Weber investi chef de file des droites

Au terme d’un scrutin sans suspense, le Bavarois, âgé de 46 ans, a obtenu 492 des 619 voix des délégués du Parti populaire européen appelés à voter.



LE MONDE
 |    08.11.2018 à 14h12
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    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen, envoyée spéciale à Helsinky)








                        



   


Une dernière petite blague, un dernier discours sans aspérités un peu pour la forme, une dernière distribution de pin’s et de plaquettes à son effigie… Malgré son aisance et son CV en or massif, l’ex-premier ministre finlandais Alex Stubb n’avait aucune chance lors de la primaire interne des droites européennes (le Parti populaire européen, PPE), jeudi 8 novembre à Helsinki. C’est Manfred Weber, un Bavarois de 46 ans, discret et peu charismatique, mais très apprécié des délégués et parfait connaisseur des arcanes bruxellois, qui a remporté la mise haut la main : il a été élu par 80 % des votants.
L’Allemand, élu de la CSU, mais considéré comme un modéré au sein de cette formation très droitière, est le chef de file du PPE au Parlement de Strasbourg depuis 2014. Il n’a pourtant jamais exercé dans un gouvernement, mais sa connaissance des partis conservateurs, même les plus petits, dans l’est et dans le nord de l’Union, sa simplicité et son message de proximité avec les citoyens, ont visiblement convaincu. Tout comme la priorité accordée à la « lutte contre la migration illégale : le PPE doit être le parti du contrôle strict des frontières ».
Manfred Weber avait reçu le feu vert de la chancelière allemande, Angela Merkel, dès fin août, puis a engrangé les soutiens de quasiment tous les dirigeants du PPE ces dernières semaines – Laurent Wauquiez, patron de Les Républicains, fut parmi les derniers à s’y rallier, mardi 6 novembre.
L’identité chrétienne est aussi en haut de l’affiche pour ce discret politique, très attaché à ses origines bavaroises, qui n’a pas hésité à se mettre en scène faisant le signe de croix, dans sa vidéo de campagne. « Nous sommes fiers de ces valeurs et nous les défendrons, nous sommes des chrétiens démocrates », a-t-il répété au moins une vingtaine de fois lors de son dernier de discours avant les votes.
Maintenir l’unité
M. Weber va devoir incarner le parti paneuropéen pour le scrutin de mai 2019. Ses objectifs ? Faire en sorte que sa formation, toujours la plus puissante dans les institutions, ne perde pas trop de plumes face aux partis populistes. En maintenant son unité. Et succéder, à l’issue du scrutin de mai, à « son ami » Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission.
Jeudi, les dirigeants du PPE espéraient refermer la « parenthèse Orban », les dérives illibérales du premier ministre hongrois ayant créé un fort malaise au sein du parti. Mais ils n’y sont pas tout à fait parvenus. Le 12 septembre, lors d’un vote historique au Parlement européen, plus de la moitié des élus conservateurs ont voté pour le déclenchement d’une procédure pour violation de l’Etat de droit en Hongrie.

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Depuis, Joseph Daul, le très influent président du PPE, a beaucoup travaillé pour ramener l’unité dans les rangs, bien que M. Orban, lui, n’ait pas reculé sur son paquet législatif « Stop Soros », pourtant considéré par le Parlement européen comme dangereux pour les libertés publiques. L’Université d’Europe Centrale, établissement respecté de Budapest fondée par le milliardaire Georges Soros, devenue la bête noire de M. Orban, est sur le point de déménager à Vienne. A Helsinki, les délégués ont voté une résolution « sur l’Etat de droit » très générale. Et M. Orban a évité toute provocation, se contentant surtout de rendre hommage à Helmut Kohl, la figure tutélaire du PPE, décédé le 16 juin 2017, « l’homme qui savait que dans une famille, on peut ne pas être d’accord mais on reste toujours unis ».
Mais le Polonais Donald Tusk, président du Conseil européen, a mis les pieds dans le plat, insistant sur le fait qu’on « n’est pas chrétien démocrate si on ne respecte pas l’indépendance judiciaire, la démocratie libérale et les ONG ». Une critique directe à la politique de M. Orban. La chancelière Merkel, ovationnée, a certes, elle aussi, insisté sur l’image « chrétienne de l’homme », mais qui, selon elle, implique le respect « de la démocratie, de la liberté d’opinion, de la presse, de la recherche ».
En fort recul
Le PPE est, de fait, moins mal en point que son ancien partenaire de coalition à Strasbourg, le Parti socialiste européen, mais selon les dernières projections non officielles, il pourrait perdre jusqu’à une cinquantaine de sièges dans l’hémicycle européen. Le journal européen Contexte ne leur attribue plus que 167 sièges, contre 215 actuellement.
La CDU, pilier du PPE, recule dans tous les scrutins régionaux en Allemagne. En Italie, en Espagne, dans ces grands pays ayant envoyé traditionnellement de fortes délégations de conservateurs à Strasbourg, les droites classiques sont aussi en fort recul. En France, Les Républicains craignent de perdre un gros tiers de leurs troupes et de ne plus pouvoir prétendre qu’à une douzaine d’eurodéputés en mai.
S’il était confirmé, cet effritement important handicaperait forcément les chances de M. Weber de succéder à M. Juncker. L’heureux ou heureuse élue sera plus probablement la personne la plus capable de construire une coalition de partis pro-européens, qui héritera du bureau du Luxembourgeois au 13e étage du Berlaymont, le siège de la Commission à Bruxelles. M. Weber, plutôt identifié à droite du PPE, n’est pas le mieux placé. Dans ce cas de figure, Margrethe Vestager, la très médiatique commissaire danoise à la concurrence ou Michel Barnier, le M. Brexit des Européens, conservent leurs chances.

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Joseph Daul, le président du PPE, a assuré à Helsinki que le champion du parti serait « leur premier choix » comme président de la Commission, mais il n’a pas exclu, en creux, un deuxième ou un troisième choix. C’est probablement la raison pour laquelle une partie des eurodéputés conservateurs français fantasment encore sur Michel Barnier, qui a acquis une stature de quasi-chef d’Etat grâce à sa maîtrise des négociations du Brexit, mais qui n’a pas pu participer à la primaire interne : il doit d’abord décrocher un accord avec Londres sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Le groupe tchèque est sur les rangs pour acquérir les actifs français d’Uniper. Le groupe allemand exploite un site à Gardanne et un autre à Saint-Avold.
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EPH, le groupe de Daniel Kretinsky, pourrait acheter deux des dernières centrales à charbon en France

Le groupe tchèque est sur les rangs pour acquérir les actifs français d’Uniper. Le groupe allemand exploite un site à Gardanne et un autre à Saint-Avold.



LE MONDE ECONOMIE
 |    08.11.2018 à 13h19
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            Alexandre Piquard et 
                                Nabil Wakim








                        



                                


                            

Le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky explique que son investissement dans Le Monde est d’abord un « soutien à la presse », et pas un levier pour réaliser des investissements en France dans le secteur énergétique. Cela n’empêche pas pour autant EPH, le groupe qu’il préside, de regarder les opportunités sur le marché français.
Selon nos informations, EPH est sur les rangs pour acquérir les actifs français d’Uniper. Le groupe allemand possède notamment deux centrales à charbon, à Gardanne (Bouches-du-Rhône) et Saint-Avold (Moselle). Cette dernière contient aussi deux tranches de production d’électricité à partir de gaz.

Uniper détient, par ailleurs, en France quelques parcs solaires et éoliens et un fournisseur d’électricité pour les PME. Mais EPH n’est pas seul en lice, plusieurs fonds d’investissements se seraient fait connaître, et la bataille n’est pas terminée.
Une telle volonté de rachat peut surprendre. En effet, les deux centrales à charbon du groupe allemand vont devoir fermer avant 2022, selon l’engagement de campagne pris par Emmanuel Macron – de même que les deux dernières centrales à charbon d’EDF, au Havre (Seine-Maritime) et à Cordemais (Loire-Atlantique).
Accompagner la fermeture ou la transition des sites
Une décision confirmée par le ministre de la transition écologique et solidaire François de Rugy, le 31 octobre, en déplacement à Saint-Avold avec le patron d’Uniper France, Luc Poyer. Ce choix politique et les incertitudes sur les indemnisations en cas de fermeture, devraient tirer le prix des actifs à la baisse.
L’acheteur de ces centrales aura la lourde tâche d’accompagner la fermeture de ces sites, ou leur transition vers d’autres modes de production d’énergie. La centrale de Gardanne a ainsi investi dans la biomasse depuis plusieurs années. Le site de Saint-Avold espère, lui, se reconvertir dans le gaz. Contactés par Le Monde, les deux groupes ne confirment pas l’existence...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ L’homme d’affaires tchèque et son partenaire en affaires, Patrik Tkac, ont plusieurs fois utilisé des sociétés offshore, qui offrent faible fiscalité et réglementation accommodante.
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Pourquoi Daniel Kretinsky a recours à des paradis fiscaux

L’homme d’affaires tchèque et son partenaire en affaires, Patrik Tkac, ont plusieurs fois utilisé des sociétés offshore, qui offrent faible fiscalité et réglementation accommodante.



LE MONDE ECONOMIE
 |    08.11.2018 à 13h05
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 17h34
    |

            Jérémie Baruch et 
Jean-Baptiste Chastand (avec Vincent Nouvet)








                        



                                


                            
L’homme d’affaire tchèque Daniel Kretinsky, qui investit dans les médias français et notamment dans Le Monde, est mentionné dans les « Panama Papers ». Cette série de fuites de documents du cabinet panaméen Mossack Fonseca, en 2016 et 2017, a éclairé avec précision les techniques d’évasion fiscale employées à travers le monde.
Les documents, consultés par Le Monde, révèlent que le propriétaire du groupe énergétique tchèque est le propriétaire de deux catamarans par le biais de sociétés offshore. Le premier, le Wonderful, un bateau de 22 mètres d’une valeur de 3 millions d’euros, a été acheté, probablement en 2010, en faisant l’acquisition d’une société enregistrée aux îles Vierges britanniques – un paradis fiscal connu pour ses pavillons de complaisance.
Après la révélation des « Panama Papers », en 2016, le Wonderful a vogué vers une nouvelle structure, dont les détails ne sont pas connus. Le second catamaran, le Black Swan, plus grand que le Wonderful, plus cher aussi, est également détenu à travers une société des îles Vierges britanniques, acquise en 2013 et un temps gérée par Mossack Fonseca.
Une villa à 20 millions de livres
Pour l’entrepreneur tchèque, tout ne passe pas par le Panama et les Caraïbes. On le retrouve aussi dans les fichiers d’Appleby, le cabinet à l’origine d’un autre scandale d’évasion fiscale, les Paradise Papers. Ces documents révèlent que Daniel Kretinsky a acquis en 2015 pour environ 20 millions de livres sterling (23 millions d’euros), Heath Hall, une magnifique villa classée dans Londres. Pour cela, il a utilisé une société inscrite au registre du commerce de Jersey – un paradis fiscal britannique situé près des côtes normandes.
Ce montage opaque lui permet de ne pas apparaître sur le cadastre britannique comme le bénéficiaire du bien et lui donne la possibilité d’économiser en impôt sur les plus-values et sur la location du bien. M. Kretinsky justifie le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ La BCE a choisi le président de l’Autorité bancaire européenne pour succéder à la Française Danièle Nouy. Cette proposition doit encore être soumise aux institutions européennes.
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L’Italien Andrea Enria devrait prendre la tête du « gendarme » bancaire européen

La BCE a choisi le président de l’Autorité bancaire européenne pour succéder à la Française Danièle Nouy. Cette proposition doit encore être soumise aux institutions européennes.



LE MONDE ECONOMIE
 |    08.11.2018 à 12h31
    |

            Marie Charrel et 
                                Véronique Chocron








                        



                                


                            

Alors que les femmes sont notoirement sous-représentées aux postes-clés de la Banque centrale européenne (BCE), l’institut de Francfort a désigné un homme, l’Italien Andrea Enria, pour prendre les rênes du « gendarme » bancaire européen. Mercredi 7 novembre, la BCE devait, en effet, choisir qui succédera à la Française Danièle Nouy, à compter du 1er janvier 2019, pour superviser les 118 plus grandes banques européennes, qui détiennent plus de 80 % des actifs bancaires de la zone euro.
Après la crise de 2008, l’Europe a donné naissance à une union bancaire dotée, à partir de 2014, d’un superviseur unique intégré à la BCE. Sa mission : inspecter les principales institutions financières de la zone euro, leur accorder ou leur retirer leur licence bancaire et leur imposer de renforcer leur capital autant que de besoin. En un mot, être intrusif, alors qu’avant-crise, la relation de proximité souvent indulgente entretenue entre les banques et leurs superviseurs nationaux a mené à la catastrophe.
Mme Nouy, femme de caractère, a été la première à tenir la barre de ce nouveau Mécanisme de surveillance unique (MSU). Pour la remplacer, le conseil des gouverneurs de la BCE avait le choix entre deux candidats : l’Irlandaise Sharon Donnery, 46 ans, gouverneure adjointe de la banque centrale d’Irlande et directrice d’un groupe de travail à la BCE sur les créances douteuses amassées dans les bilans des banques ; et Andrea Enria, 57 ans, à la tête de l’Autorité bancaire européenne, chargée d’édicter des règles pour les banques de l’Union européenne (UE). Le Français Robert Ophèle, 62 ans, président de l’Autorité des marchés financier, avait été sorti de la course fin octobre après son audition devant le Parlement européen.
Jeu de chaises musicales
Pour certains observateurs, le choix d’Andrea Enria ne serait pas sans lien avec la santé des banques italiennes, qui, ployant sous les prêts « non performants » (c’est-à-dire non remboursés),...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ L’Eglise catholique allemande a mis en place une initiative similaire que celle annoncée par les évêques français pour faire la lumière sur les abus sexuels.
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Pédophilie : une commission inspirée par les exemples européens

L’Eglise catholique allemande a mis en place une initiative similaire que celle annoncée par les évêques français pour faire la lumière sur les abus sexuels.



LE MONDE
 |    08.11.2018 à 11h31
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 13h35
    |

                            service international








                        


Depuis les années 1990 et la multiplication des grands scandales de pédophilie un peu partout dans le monde, les Eglises des pays concernés ont réagi en ordre dispersé, et presque systématiquement sous la contrainte. Les révélations sur les abus sexuels commis par des prêtres et la façon dont leur hiérarchie a détourné les yeux ont été faites, pour l’essentiel, à l’initiative des victimes ou de la presse. C’est le plus souvent à la demande et sous le contrôle des gouvernements que des commissions d’enquête ont été mises en place.

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Les initiatives les plus anciennes reviennent à l’Irlande. En 2009, le rapport Murphy, commandé par le gouvernement irlandais, dépeignait trente ans d’exactions et d’omerta dans le diocèse de Dublin, où les plaintes des familles n’ont pas été prises au sérieux par les évêques successifs, alors même qu’au moins 46 prêtres avaient abusé plus de 400 enfants. La même année, le rapport du juge Ryan, fruit de neuf années d’enquêtes, concluait que, sur 35 000 enfants placés des institutions dépendant de l’Eglise, plus de 2 000 avaient subi des abus physiques ou sexuels, notamment de la part de prêtres.
En 2017, en Australie, une commission d’enquête créée quatre ans plus tôt à l’initiative du gouvernement a répertorié 4 444 cas d’abus entre 1980 et 2015 et identifié 1 900 religieux incriminés. Aux Etats-Unis, c’est la justice qui a conduit l’essentiel des recherches, à commencer par l’enquête menée après les révélations du Boston Globe au début des années 2000. Le 14 août 2018, le procureur de Pennsylvanie détaillait les violences commises sur plus de 1 000 enfants et adolescents par au moins 300 prêtres dans six des huit diocèses de cet Etat pendant cinq ou six décennies.
Aux Pays-Bas, c’est l’Eglise elle-même qui a pris les devants. En 2010, à la suite de plusieurs révélations dans la presse de cas d’abus sexuels, la Conférence épiscopale néerlandaise et la Conférence des instituts religieux néerlandais avaient annoncé vouloir une enquête « exhaustive, externe et indépendante ». Dans son rapport final, dévoilé dix-huit mois plus tard, elle estimait que « plusieurs dizaines de milliers de mineurs » avaient été abusés sexuellement au sein de l’Eglise catholique néerlandaise depuis 1945.

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« Tournant » en Allemagne
Le cas allemand semble être celui qui se rapproche le plus de l’initiative annoncée mercredi par les évêques français – la création prochaine d’une « commission indépendante ». Le 25 septembre, l’Eglise catholique allemande a rendu public un rapport de 350 pages portant sur la période 1946-2014. Pilotée par une équipe d’universitaires, elle avait été commandée en 2013 après une série de révélations sur d’anciennes affaires de pédophilie dans plusieurs établissements catholiques de renom.
Elle avait démontré que, sur cette période, 1 670 membres de l’Eglise catholique avaient agressé sexuellement 3 677 mineurs, en majorité des garçons de moins de 13 ans, ce qui signifie qu’au moins 4,4 % de l’ensemble des religieux ont abusé d’enfants. Une évaluation plancher, reconnaissent les auteurs. Une victime sur six aurait été violée. L’étude met également en évidence l’impunité dont ont bénéficié les agresseurs. Sur les 1 670 religieux mis en cause, seulement 566, soit un tiers environ, ont été poursuivis canoniquement. Parmi eux, à peine une quarantaine ont été exclus de l’Eglise. La justice pénale, elle, n’a été saisie que dans une centaine de cas.
Après la publication de l’étude, l’Eglise a évoqué un « tournant » et fait part de sa « honte ». Plusieurs plaintes ont été déposées auprès des différents procureurs généraux du pays afin que la justice déclenche des enquêtes dans chacun des vingt-sept diocèses allemands. Selon le Spiegel, cinq diocèses étaient visés, fin octobre, par des enquêtes judiciaires.
L’enquête allemande n’a toutefois pas échappé aux critiques des associations de victimes : selon elles, ses auteurs n’ont pas eu accès aux archives, mais seulement aux informations fournies par les diocèses ; l’étude n’entre dans « aucun détail concernant la situation de tel ou tel diocèse ou le rôle de tel ou tel prélat » ; enfin, elle ne concerne « que l’Eglise stricto sensu », laissant donc de côté les institutions éducatives qui lui sont liées. Les mêmes questions se poseront en France quant au périmètre d’action et aux moyens dévolus à la future commission d’enquête.
En Belgique, les conclusions d’une commission d’enquête instaurée par l’Eglise pour entendre les victimes sont attendues en 2019. Ses travaux, débutés en 2009, furent très encadrés, voire entravés, y compris par le ministre de la justice de l’époque, ce qui entraîna la démission de sa présidente, une magistrate. Son successeur, le pédopsychiatre Peter Adriaenssens, a vu sa tâche facilitée par des révélations sur l’un des prélats les plus en vue du pays, Roger Vangheluwe, l’évêque de Bruges. En septembre 2010, M. Adriaenssens avait fait publier l’intégralité des témoignages recueillis.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Artistes ou soldates, les femmes dénoncent massivement les agressions sexuelles.
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#Metoo : Un an après, la Suède vit au rythme de la révolution

Artistes ou soldates, les femmes dénoncent massivement les agressions sexuelles.



LE MONDE
 |    08.11.2018 à 11h23
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            

Un jour d’octobre 2017, l’actrice Sofia Helin a fait asseoir sa famille dans le canapé de son appartement stockholmois. Quelques jours plus tôt, elle avait rédigé un texte dénonçant les structures patriarcales dans le secteur de la culture en Suède. Des dizaines actrices s’étaient ralliées à l’idée d’une action. « J’ai dit à mon mari et mes enfants que soit ils me laissaient travailler jour et nuit les semaines suivantes, soit je prenais une chambre à l’hôtel, raconte-t-elle, parce que ce serait ce que j’accomplirais de plus important dans ma carrière. »
Le 8 novembre, le quotidien Svenska Dagbladet publie une tribune, signée par 456 actrices et comédiennes suédoises. Elles y dénoncent les viols, agressions sexuelles et le harcèlement sur les plateaux de cinéma et les scènes des théâtres, tout en pointant du doigt la responsabilité des chefs, qui n’ont rien fait pour mettre un terme à ces abus. C’est le point de départ de ce que beaucoup considèrent alors comme une « révolution » comparée au mouvement pour le droit de vote des femmes.
Un an plus tard, « le mouvement se poursuit », assure Anna Wahl, vice-présidente de l’Institut royal de technologie à Stockholm et professeur en « genre, organisation et management ». Peut-être pas avec la même intensité dans tous les secteurs, ni de la façon dont on imagine une révolution. Mais dans « sa version suédoise, calme, non turbulente », précise Anna Wahl. Une révolution, cependant, « au sens où on peut tirer un trait entre avant et maintenant, et dire qu’il ne sera jamais plus possible de revenir en arrière ».
« Au garde-à-vous et encaisse »
Jusqu’au 8 novembre 2017, le mouvement #metoo n’avait pourtant connu qu’un impact modeste en Suède. Un journaliste du tabloïd Aftonbladet et un animateur de la chaîne TV4 avaient été licenciés après des accusations de viols relayées par les médias, depuis épinglés par le Conseil de la presse...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Selon les prévisions de la Commission européenne, la croissance de l’Italie sera moins forte qu’annoncé, entraînant une aggravation du déficit public.
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Budget italien : Bruxelles craint une dérive plus forte que prévu

Selon les prévisions de la Commission européenne, la croissance de l’Italie sera moins forte qu’annoncé, entraînant une aggravation du déficit public.



LE MONDE ECONOMIE
 |    08.11.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 12h42
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Ces chiffres risquent d’aggraver l’épreuve de force entre la Commission européenne et le gouvernement populiste italien. En tout cas, de doter l’institution bruxelloise d’arguments supplémentaires, alors qu’elle a rejeté, fin octobre, le budget prévisionnel de Rome pour 2019 et réclame une nouvelle copie pour le 13 novembre.
A en croire les « prévisions économiques d’automne » de Bruxelles, publiées jeudi 8 novembre, la croissance italienne pour 2019 devrait s’établir à seulement 1,2 % du produit intérieur brut (PIB), alors que le gouvernement de Giuseppe Conte table sur une croissance de 1,5 %. A politique inchangée, elle atteindrait 1,3 % du PIB en 2020. Autrement dit, la Commission estime que les mesures de relance sociales (revenu universel, avancée de l’âge des départs à la retraite) et fiscales n’auront pas l’incidence attendue sur le dynamisme économique transalpin.
Mais au regard des chiffres bruxellois, Rome, qui, pour l’instant, refuse de changer une ligne à son budget, pourrait aussi arguer qu’en l’absence de toute relance budgétaire, sa croissance serait encore plus poussive.
La deuxième dette publique la plus élevée de la zone euro
Toujours selon les estimations de l’institution, qui s’appuie sur les dernières données disponibles de l’institut Eurostat tout en intégrant les nouvelles politiques budgétaires décidées à Rome cet automne, le déficit public du pays pointerait à 2,9 % du PIB en 2019. La dérive des comptes publics serait encore plus importante que celle assumée par Rome pour 2019 (2,4 %), un chiffre qui fait pourtant déjà bondir Bruxelles, car, à ce niveau, le déficit est trois fois supérieur aux engagements pris par le gouvernement Conte en juillet.

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En 2020, si l’Italie maintient sa politique d’expansion, son déficit public franchirait le plafond des 3 % autorisé par le pacte de stabilité et de croissance, à 3,1 %. Le ministre des finances, Giovanni Tria, avait pourtant dit que l’Italie s’engagerait à réduire de nouveau son déficit à partir de 2020. A politique inchangée, ce ne sera donc pas le cas, estime la Commission.
Quant à la dette publique italienne, elle devrait rester la deuxième plus élevée de la zone euro (après la grecque), à environ 131 % du PIB, n’entamant pas de décrue, contrairement à ce qu’espérait encore la Commission, mi-2018.
Des prévisions positives pour les dix-huit autres Etats membres
C’est le 21 novembre que l’institution bruxelloise devrait tirer des conclusions de ces chiffres, surtout si, dans l’intervalle, Rome n’a pas modifié son budget prévisionnel 2019. La Commission pourrait alors décider de rendre publique son analyse de la soutenabilité de la dette transalpine, prélude à une « recommandation » d’ouverture d’une procédure « pour dette excessive » à l’égard du pays.
Cette recommandation, si elle se concrétise, devra être validée au Conseil par les Etats membres. Elle serait inédite et risque d’accentuer les tensions avec le gouvernement de coalition Mouvement 5 étoiles-Ligue. La Commission a déjà ouvert de nombreuses procédures pour déficit excessif (à l’encontre de la France, notablement, qui n’en est sortie officiellement qu’au début de cette année), mais encore jamais pour dette excessive. Si elle est menée à son terme, cette procédure peut conduire à des sanctions financières.
L’Italie fait figure d’exception dans la zone euro : jeudi, l’institution est restée plutôt positive au sujet des dix-huit autres Etats membres, malgré les risques que font toujours peser la politique commerciale du président américain, Donald Trump, le resserrement monétaire aux Etats-Unis ou le Brexit.
Optimisme modéré pour la France

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La zone euro en est à sa sixième année de croissance d’affilée, et « la tendance devrait se poursuivre [en 2019 et en 2020], avec des taux de chômage revenant à ceux observés avant la crise financière », selon Pierre Moscovici, commissaire européen aux affaires économiques. Le PIB de la zone euro devrait encore croître de 1,9 % en 2019, puis de 1,7 % en 2020, avec un chômage à 7,9 % de la population active en 2019 et à 7,5 % en 2020.
Même optimisme modéré pour la France : les chiffres de la Commission correspondent grosso modo aux hypothèses retenues par le gouvernement d’Edouard Philippe pour le projet de loi de finances. La croissance du PIB hexagonal devrait être de 1,6 % en 2019, contre 1,7 % estimé par Paris. La dette publique devrait décroître très légèrement, après un pic à 98,7 % du PIB en 2017, à 98,5 % en 2019 et à 97,2 % en 2020.
Quant au déficit public français, il devrait bien être de 2,8 % du PIB en 2019, et encore de 1,7 % en 2020 (alors que Paris prévoit une réduction plus massive, à 1,4 %). Enfin, l’institution estime que la France ne produira pas l’« effort structurel » requis (réductions budgétaires liées à des réformes) de 0,6 % du PIB en 2019, sans pour autant s’en formaliser.

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La Commission relativise, considérant que l’Hexagone n’est pas le seul pays dans ce cas : le Portugal, l’Espagne ou la Belgique n’affichent pas non plus les réductions budgétaires « structurelles » requises. Surtout, ces Etats membres font quand même des efforts de discipline budgétaire, contrairement à l’Italie. Pas question donc d’agiter le risque de sanctions dans leur cas.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Editorial. En abandonnant la tête de la CDU, la chancelière allemande prend acte que le moment est venu de passer la main, au risque d’être paralysée par les guerres intestines au sein de son parti.
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Merkel, les risques d’un vrai-faux départ

Editorial. En abandonnant la tête de la CDU, la chancelière allemande prend acte que le moment est venu de passer la main, au risque d’être paralysée par les guerres intestines au sein de son parti.



LE MONDE
 |    08.11.2018 à 10h37
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 11h18
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Il y a de la sagesse dans la décision annoncée par Angela Merkel, lundi 29 octobre, au lendemain du revers subi par son parti, l’Union chrétienne-démocrate (CDU), dans le Land de Hesse. En renonçant à se représenter à la présidence de la CDU lors du congrès des 7 et 8 décembre et en assurant qu’elle quitterait la chancellerie après les législatives de 2021, elle a fait ce dont peu de dirigeants politiques savent se montrer capables : prendre acte que le moment est venu de passer la main.

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Cette retraite en deux temps n’en est pas moins risquée. Jusque-là, Mme Merkel avait toujours jugé indissociables les fonctions de chancelier et de chef de parti. En choisissant finalement de conserver la première tout en renonçant à la seconde, un danger la guette : celui de laisser les clés du parti à un adversaire. Deux des trois candidats à sa succession sont dans ce cas : l’ancien député Friedrich Merz ne lui a pas pardonné de l’avoir détrôné de la présidence du groupe CDU-CSU du Bundestag, en 2002, et Jens Spahn, actuel ministre de la santé, fut le premier membre de la direction de la CDU à s’opposer frontalement, en 2015, à la politique d’accueil des réfugiés décidée par Mme Merkel.

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Marges de manœuvre réduites
Quant à la troisième candidate, Annegret Kramp-Karrenbauer, élue en février secrétaire générale de la CDU, elle passe pour être une fidèle de Mme Merkel, même si elle incarne une ligne plus conservatrice. Toutefois, si elle l’emporte, rien ne garantit que sa cohabitation avec la chancelière sera plus apaisée : « AKK » pourrait juger de son intérêt de se démarquer de Mme Merkel pour briguer la chancellerie le jour venu – à l’instar de Mme Merkel en 1999, lorsqu’elle rompit avec son ancien mentor, Helmut Kohl, pour préparer sa propre conquête du pouvoir…
Depuis septembre, Mme Merkel n’a plus la main sur le groupe CDU-CSU du Bundestag, dont les membres ont refusé de réélire à leur tête le candidat qu’elle soutenait. En décembre, elle pourrait voir le parti échapper à son contrôle. Dans ces conditions, ses marges de manœuvre à la tête du gouvernement risquent de se réduire considérablement. Sa « grande coalition » était déjà guettée par l’immobilisme. La voici désormais menacée de paralysie par les guerres intestines de la CDU.
De cette situation inconfortable, la chancelière peut cependant sortir par le haut. N’étant plus candidate à rien, elle a plus que jamais intérêt à réussir la fin de son quatrième et dernier mandat. Cela lui laisse deux ans pour prendre des décisions courageuses, à commencer par ce « nouvel élan pour l’Europe » promis dans l’intitulé même du « contrat » de sa coalition, mais que l’on ne voit toujours pas venir.
La chancelière allemande est-elle prête à faire preuve d’audace, maintenant que l’enjeu n’est plus celui de sa prochaine réélection ? A elle de le décider, si elle ne veut pas que sa fin de règne devienne une peu glorieuse agonie. A elle de prendre le risque d’achever sa longue carrière en inscrivant son action dans l’histoire, et non plus seulement en faisant de la politique au jour le jour.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Une enquête menée par l’organisation humanitaire auprès de migrants révèle qu’un quart d’entre eux ont été violentés, parfois très gravement par la police. Le parquet de Bruxelles a ouvert des informations judiciaires.
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En Belgique, Médecins du monde dénonce la violence policière envers les migrants


                      Une enquête menée par l’organisation humanitaire auprès de migrants révèle qu’un quart d’entre eux ont été violentés, parfois très gravement par la police. Le parquet de Bruxelles a ouvert des informations judiciaires.



M le magazine du Monde
 |    08.11.2018 à 10h37
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








   


Morsures de chiens, doigts retournés, fouilles à nu devant du personnel féminin hilare, simulations de scènes de prostitution, menaces d’exécution assorties de commentaires du genre « finalement, tu ne vaux même pas une balle », vols de médicaments et de dossiers médicaux… Ce catalogue de brutalités est issu de cinquante et un récits glaçants recueillis par Médecins du monde Belgique. Une enquête menée auprès de migrants ou « transmigrants » – en transit dans l’espoir de se rendre en Grande-Bretagne – qui témoigne de la violence dont certains policiers usent à l’égard de jeunes hommes, parfois très jeunes, puisque près de 30 % d’entre eux sont mineurs. Elle a été conduite, entre mai et juillet, auprès de 440 témoins, sur la base des directives de l’Organisation mondiale de la santé, du protocole d’Istanbul – un manuel permettant d’enquêter sur la torture – et de la législation belge. Un quart des personnes interrogées affirment avoir été violentées, parfois très gravement. Sans susciter beaucoup de réactions dans le royaume.
« On n’exclut rien, mais il est quand même difficile pour des gens qui sont pourchassés d’aller déposer plainte auprès de ceux qui les pourchassent. », Pierre Verbeeren, directeur général de Médecins du monde
« Allégations gratuites », a tranché le syndicat policier SLFP. « Si on est un minimum sain d’esprit, on sait que ce n’est pas possible », réagissait, le 24 octobre, son vice-président, Vincent Houssin. Le parquet de Bruxelles a, toutefois, ouvert sept informations judiciaires et entend faciliter l’éventuel dépôt de plaintes. Une dizaine seulement ont été recensées l’an dernier et le ministre de l’intérieur, le nationaliste flamand Jan Jambon, affirme que le Comité P, qui surveille le fonctionnement des services policiers, pourra en recueillir d’autres, « en toute indépendance ». « On n’exclut rien, mais il est quand même difficile pour des gens qui sont pourchassés d’aller déposer plainte auprès de ceux qui les pourchassent », répond Pierre Verbeeren, directeur général de Médecins du monde. Le Comité P avait déjà enquêté sur la saisie et la destruction, en 2017, des effets personnels de migrants au parc Maximilien de Bruxelles, où se concentrent de nombreux demandeurs d’asile, parfois abrités pour la nuit par des bénévoles qui les prennent en charge. Le dossier a été classé sans suite : la police des polices a pris en compte l’obligation de détruire ces affaires en raison d’un risque présumé de contamination. Elle a aussi enregistré les « consignes spécifiques » données aux agents lors de leurs interventions.

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Une majorité de l’opinion publique reste, en tout cas, indifférente, voire hostile au rapport de Médecins du monde. Un coup d’œil sur les sites d’information suffit à se convaincre que les brimades évoquées dans le rapport ne sont, généralement, ni crues ni condamnées. Elles seraient même encouragées par certains. Le secrétaire d’Etat à l’asile et à la migration, Theo Francken, qui entend mener une politique migratoire très stricte, a, lui, balayé ces révélations d’un revers de la main, puisque Médecins du monde est, selon lui, « une ONG de gauche ». « Cela ne porte pas sur le fait de savoir si l’on est pour ou contre la migration, mais sur des infractions graves commises par des agents de police. Ces témoignages exigent une réponse », indiquait, dans le quotidien De Standaard, l’historien et écrivain David van Reybrouck. Il y a peu de chance qu’il l’obtienne.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ L’entreprise a retiré son appel contre un jugement de juin, probablement pour éviter qu’un tribunal supérieur se prononce et crée un début de jurisprudence.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/11/2018
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En Espagne, un livreur Deliveroo voit son contrat requalifié en contrat de travail salarié

L’entreprise a retiré son appel contre un jugement de juin, probablement pour éviter qu’un tribunal supérieur se prononce et crée un début de jurisprudence.



LE MONDE
 |    08.11.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 08h50
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance) et 
Aline Leclerc








                        


Ce n’est pour l’instant qu’une victoire isolée. Mais une victoire quand même. Le tribunal de Valence en Espagne a définitivement requalifié comme « salarié » un livreur Deliveroo après avoir considéré que la relation qu’il avait nouée avec la plateforme numérique était celle d’un « faux micro-entrepreneur ».
Lors d’une conférence de presse, mardi 6 novembre, le livreur valencien Victor Sanchez a annoncé que Deliveroo avait retiré son recours contre ce jugement prononcé en juin en première instance. Le rendant donc définitif, une première en Europe. La plateforme numérique doit l’indemniser pour licenciement abusif, pour un montant de près de 700 euros.
Evoquant un cas particulier, Deliveroo a expliqué avoir renoncé à son recours parce que « les coûts en appel dépasseraient largement la somme du litige » et qu’elle aura l’occasion de « défendre son modèle » lors d’un autre procès, plus ample, attendu le 25 février 2019 à Valence, avec une centaine de « riders » concernés.
Officieusement, il est probable que l’entreprise ait souhaité éviter que le tribunal supérieur de Valence se prononce sur cette affaire et crée un début de jurisprudence. « Lorsqu’un tribunal supérieur se prononce, il devient plus difficile d’obtenir un résultat différent pour un cas similaire, explique l’avocat Natxo Parra du Collectif Ronda, bureau spécialisé dans la défense des droits des travailleurs précaires. Deliveroo préfère sans doute ne pas avoir ce passif avant les procès qui concernent des centaines de travailleurs qui l’attendent. »
Première assemblée de coursiers de toute l’Espagne
Le collectif Ronda est en effet à l’origine, avec plusieurs syndicats, de plaintes déposées auprès de l’inspection du travail à Madrid, Barcelone ou Valence. Dans tous les cas, l’inspection du travail a estimé qu’il existe une relation professionnelle qui n’est pas compatible avec le statut de travailleurs indépendants.
« L’entreprise peut à tout moment dicter de nouvelles instructions et les travailleurs doivent obéir, parce que leur seule option est d’accepter les conditions ou de cesser la prestation du service, pointait l’inspecteur dans son rapport en 2017. La prétendue liberté de choix que prêche l’entreprise s’accorde mal avec le fait que le contrat prenne fin en cas de refus réitéré de livraison. » L’inspection du travail a notamment estimé que Deliveroo devrait verser 160 000 euros pour les cotisations à la Sécurité sociale non payées. Mais ces sanctions doivent à présent être validées par la justice.
La prochaine étape est donc le procès du 25 février. « Ce n’est pas gagné, car Deliveroo va sans doute se défendre en expliquant que depuis l’été 2017, les riders peuvent refuser des courses sans être pénalisés », souligne M. Parra qui estime cependant que « la méthode de Deliveroo de changer ses contrats dès qu’elle remarque des failles a des limites ». 
Le modèle n’est pas encore sérieusement menacé, mais les troupes commencent à s’organiser. Ainsi, afin de définir une stratégie conjointe pour « livrer la bataille » pour défendre leurs droits, les coursiers espagnols, qui ont jusqu’ici combattu Deliveroo en ordre dispersé, ont annoncé, mardi, qu’ils tiendraient à Madrid les 24, 25 et 26 novembre la première assemblée de coursiers de toute l’Espagne.

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Une procédure engagée en France
La démarche fait écho à la réunion qui s’est tenue à Bruxelles, le 26 octobre, lors de laquelle des représentants de collectif de livreurs de douze pays d’Europe ont créé la première Fédération transnationale des coursiers (TFC), persuadés que le combat doit se mener aujourd’hui au niveau européen. Ils ont logiquement salué la décision de la justice espagnole comme un signe « d’espoir ».
« C’est une vraie bouffée d’oxygène », confie Jérôme Pimot, figure française des livreurs à vélo en lutte, qui a participé à la fondation de la TFC à Bruxelles.

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Lui a attaqué aux prud’hommes dès 2014 la plateforme TokTokTok, depuis disparue. Il avait été débouté : les prud’hommes ont renvoyé son dossier – comme tous les autres – devant le tribunal de commerce, l’estimant mieux à même de juger les conflits entre une entreprise et un micro-entrepreneur. Une décision dont il a fait appel. La procédure est toujours en cours, quatre ans après.
En France, aucun livreur n’a jamais réussi à faire condamner une plateforme. Mais parallèlement aux procédures individuelles, Mediapart a révélé que le parquet de Paris, saisi par l’inspection du travail, avait ouvert, au printemps, une enquête préliminaire contre Deliveroo France pour « travail dissimulé », enquête confiée à l’Office central de lutte contre le travail illégal. L’affaire concernerait quelque 2 286 coursiers, dont l’inspection du travail considère qu’ils n’ont rien d’indépendants mais sont bien des salariés classiques, subordonnés à la plateforme. Si tel était le cas, Deliveroo serait redevable de plusieurs millions d’euros de cotisations à l’Urssaf. Une procédure française qui rappelle en tout point la procédure espagnole qui sera jugée en février en Espagne.
« Nivellement par le bas »
« Lors de la réunion de Bruxelles, nous nous sommes rendu compte de combien nos combats étaient similaires d’un pays à l’autre, malgré les différences de nos législations, témoigne Jérôme Pimot. Ces plateformes globalisent leur modèle. Contrairement aux multinationales qui jusqu’ici s’adaptaient au droit du travail des pays où elles s’implantaient, elles imposent leurs règles partout, entraînant un nivellement par le bas. Nous serons donc plus fort en globalisant la lutte. » D’autant que les tentatives de grève en France ont montré la difficulté à mobiliser massivement des travailleurs aussi isolés.

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En attendant, le gouvernement français va renouveler sa modeste tentative pour encadrer le travail des livreurs dépendant des plateformes numériques.
Rejeté par le Conseil constitutionnel en septembre, l’amendement Taché a été intégré dans le projet de loi d’orientation des mobilités qui pourrait être présenté en conseil des ministres avant la fin novembre.
Proposant la signature d’une charte de droits et devoirs non contraignante, il protège surtout les plateformes contre toute requalification des contrats de prestation de service des livreurs en contrat de travail salarié.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ L’ancien président du conseil italien prône, à l’approche des Européennes de 2019, une alliance avec Macron pour contrer les partis au pouvoir dans la Péninsule et leurs alliés sur le Vieux Continent.
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Matteo Renzi : « L’attitude du gouvernement est stupide »

L’ancien président du conseil italien prône, à l’approche des Européennes de 2019, une alliance avec Macron pour contrer les partis au pouvoir dans la Péninsule et leurs alliés sur le Vieux Continent.



LE MONDE
 |    08.11.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 09h42
    |

            Philippe Ricard








                        



                                


                            
Matteo Renzi, 43 ans, a dirigé le gouvernement italien de février 2014 à décembre 2016. Il a dû démissionner de la tête du Parti démocrate (PD) après sa défaite aux élections législatives de mars, qui ont permis à la Ligue (extrême droite), de Matteo Salvini, et au Mouvement 5 étoiles (M5S), de Luigi Di Maio, de prendre le pouvoir à Rome.
Où en sont vos discussions avec la République en marche (LRM) en vue des élections européennes ?
Il est important de donner un message d’espoir sur l’avenir de l’Europe. Lors de ce scrutin, il s’agit de faire la distinction entre une vision européenne et une vision populiste. Un large rassemblement est possible, et nécessaire, au centre et à gauche, autour de LRM, du Parti démocrate, des sociaux-démocrates, des élus réunis au sein de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe, de Ciudadanos [libéraux espagnols], sans oublier des mouvements très pro-européens comme les Verts allemands, pour former une nouvelle plate-forme progressiste.

Il s’agira surtout de lutter contre la droite populiste et nationaliste, en particulier en Italie. L’avenir, ce n’est pas non plus [le chef de file de La France insoumise Jean-Luc] Mélenchon et [Jeremy] Corbyn [le chef des travaillistes britanniques]. La gauche doit s’intéresser à améliorer la vie quotidienne, sans s’enfermer dans l’idéologie.
Comment faire campagne pour l’Europe en Italie, qui semble être devenue eurosceptique ?
C’est une bataille pour l’Europe, mais pour une autre Europe. Nous devons aussi nous battre pour les valeurs fondamentales et nous engager pour une Union européenne [UE] qui réponde aux besoins des citoyens : je pense, par exemple, à une véritable défense commune ou à des initiatives contre le chômage, mais aussi à de grands projets pour la culture et la connaissance.
En 2014, le PD était le parti qui avait rassemblé le plus de voix à...




                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 07/11/2018
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Tsipras et l’Eglise : un accord « historique » est signé entre l’Eglise grecque et l’Etat

Le compromis, qui doit être approuvé en conseil des ministres et par un synode avant d’être voté au Parlement, est un premier pas vers la séparation entre les deux parties.



LE MONDE
 |    08.11.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 08h48
    |

                            Marina Rafenberg (Athènes, intérim)








                        



                                


                            

Alexis Tsipras y voit un premier pas vers la séparation de l’Eglise orthodoxe et de l’Etat en Grèce, une de ses promesses électorales en 2015. A l’issue d’un long entretien, mardi 6 novembre, le premier ministre de gauche radicale et l’archevêque Ieronymos, chef de l’Eglise, sont parvenus à un accord présenté comme « bénéfique pour les deux parties » par le chef du gouvernement.
Depuis son arrivée au pouvoir, plusieurs décisions prises par M. Tsipras – qui n’a pas fait baptiser ses enfants, dans ce pays profondément religieux (la population est à 97 % orthodoxe) – ont choqué une partie des milieux ecclésiastiques : l’abolition de l’obligation du serment religieux des ministres, la légalisation de l’union civile pour les couples homosexuels, l’autorisation du placement d’enfants chez des couples homosexuels, ont mis en cause les positions traditionnelles du clergé.

Mais le premier ministre a toujours entretenu de bonnes relations avec l’archevêque Ieronymos, perçu comme plus progressiste que son prédécesseur et que certains métropolites (archevêques) grecs.
Inquiétudes des prêtres
L’accord en quinze paragraphes tend à donner « plus d’autonomie à l’Eglise », selon le bureau du premier ministre. Un des points essentiels concerne le statut des membres du clergé, qui ne seront plus considérés comme des fonctionnaires payés par l’Etat, mais rémunérés par une caisse gérée de façon indépendante par l’Eglise.
L’Etat s’engage cependant à verser à l’Eglise une subvention annuelle équivalant aux salaires actuels du clergé, soit environ 200 millions d’euros.
Cette mesure a suscité le courroux des popes, qui disent ne pas avoir été associés à ces négociations. Dans un communiqué publié mercredi, le syndicat du clergé a d’ailleurs demandé l’annulation de cet accord : « Ceux qui n’ont pas voulu de nous comme interlocuteurs dans les négociations nous trouveront sur leur chemin. »
Selon...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ En quête de symboles nationaux fédérateurs, les Belges aiment à mettre en avant leur production de chocolat, dont une partie est aux mains d’investisseurs étrangers.
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Le Qatar s’empare d’un chocolat belge, le pays s’émeut

En quête de symboles nationaux fédérateurs, les Belges aiment à mettre en avant leur production de chocolat, dont une partie est aux mains d’investisseurs étrangers.



LE MONDE
 |    08.11.2018 à 04h18
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 06h33
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



                                


                            

LETTRE DE BRUXELLES
Souvent complexés par la taille de leur pays – qui, aujourd’hui, est pourtant plus un « moyen » qu’un « petit » au sein de l’Union européenne (UE) –, leur image, leur(s) accent(s) ou cette absence de grands projets qui serait leur marque de fabrique, les Belges « vivent avec », comme ils disent. Il leur reste, il est vrai, la distance aux choses, l’humour et cette benoîte satisfaction de n’être ni arrogants, ni autosatisfaits, ni frimeurs.
En bref, ils sont heureux d’être modérés en toute chose, aptes à tous les compromis, à l’acceptation des trains qui arrivent en retard, des administrations qui dysfonctionnent, des impôts qui assomment ou des risques de « black-out ».
Après d’autres, la gestion de la politique énergétique est devenue le principal sujet d’amusement, ici, même s’il existe un risque réel de longues coupures de courant pendant l’hiver. Les habitants s’informent d’ailleurs désormais sur un site Internet spécialement conçu et déterminent s’ils pourront brancher leur four, leur chauffage ou leur fer à repasser entre 17 heures et 20 heures. Les plus heureux vivent près d’un hôpital, d’un port ou d’une prison : ceux-là ne seraient pas concernés par ce que les autorités appellent pudiquement un « délestage ».

Chauvinisme sur le cacao
S’ils sont en quête d’une d’identité commune un peu plus porteuse, Flamands, Wallons et Bruxellois la trouvent dans les domaines où, évidemment, ils se voient comme des champions : la bière, la sacro-sainte frite ou, plus récemment, cette équipe de Diables rouges qui, même défaite – injustement à leurs yeux – par la France, a signé une grande performance au Mondial de foot et a été, à son retour, célébrée comme le serait une reine (britannique, pas belge, car, ici, la reine aussi se doit d’être discrète).
A cette liste, il faut, bien sûr, ajouter le chocolat. Car s’il est un domaine où le chauvinisme belge se manifeste quand même c’est celui du...




                        

                        


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Récit

Après sept ans de galère et le sauvetage d’un enfant, Mamoudou Gassama naturalisé français

En mai, le « Spider-Man malien » avait acquis une notoriété inattendue en escaladant un immeuble parisien pour secourir un garçon de 4 ans.

Par                Julia Pascual et Samba Doucouré



LE MONDE
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        Le 07.11.2018 à 18h00

     •
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        Mis à jour le 08.11.2018 à 12h38






    
Mamoudou Gassama après une rencontre avec Emmanuel Macron au palais de l’Elysée, à Paris, le 28 mai 2018.
Crédits : POOL New / REUTERS


Le voilà Français. Mamoudou Gassama, 22 ans, vient de voir la concrétisation de la promesse d’Emmanuel Macron. Dans le salon d’honneur de la préfecture de Seine-Saint-Denis, le « Spider-Man malien » a reçu son décret de naturalisation. Inconnu avant le 26 mai, le migrant a acquis ce jour-là une notoriété aussi brusque qu’inattendue en escaladant la façade d’un immeuble parisien pour épargner une chute de quatre étages à un enfant de 4 ans agrippé à un balcon. Vue des millions de fois sur Internet, la vidéo de son exploit lui a valu d’être reçu à l’Elysée quelques jours plus tard et de se voir promettre une naturalisation.
C’est chose faite depuis mardi 6 novembre. Comme environ 50 000 personnes chaque année en France, 60 habitants du département de la Seine-Saint-Denis ont reçu ce matin-là leur carte d’entrée dans la « communauté nationale ». Parmi eux, le jeune homme se détache malgré lui. D’ailleurs, le préfet Pierre-André Durand glisse dans son discours un mot sur ceux qui, à son image, obtiennent la nationalité française parce qu’ils ont réalisé quelque chose d’« exceptionnel ». Même l’ambassadeur du Mali, Toumani Djimé Diallo, a fait le déplacement, rappelant que « Mamoudou Gassama est un réel ambassadeur » de son pays d’origine. « Il a fait ce que tous les Maliens qui se respectent auraient fait : sauver quelqu’un au péril de sa vie. »

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Poli, discret, presque effacé, Mamoudou Gassama se prête à ce qui est devenu un exercice presque quotidien pour lui depuis cinq mois : le selfie. « Il est très réservé et je pense que c’est à cause de son parcours », croit savoir Djeneba Keita, deuxième adjointe à la mairie de Montreuil, où vit Mamoudou Gassama, qui le dit aussi « reconnaissant de tout ce qui est fait autour de lui ». Mme Keita accompagne le jeune Franco-Malien dans ses démarches administratives et le conseille pour sa communication ; rôle qu’elle partage avec le frère aîné du jeune homme, Diaby Gassama, et avec Mams Yaffa, une figure de la diaspora malienne à Paris.
Parti sans prévenir sa famille
« C’est encore un bébé », justifie son frère aîné… Un « bébé » qui a quitté son village du nord-ouest du Mali, Yaguiné Banda, à l’âge de 15 ans. « Je n’étais pas bien costaud, se souvient-il. Les jeunes de ma génération et moi, nous étions tous dans la même galère et on partait tous, un à un. Il ne restait plus beaucoup de garçons de mon âge au village. Ma famille m’a adressé des bénédictions quand j’ai pris la décision de partir », d’abord en Côte d’Ivoire.
Mamoudou Gassama est issu d’une fratrie de neuf enfants, ses parents sont agriculteurs. A l’époque, seul l’aîné, Diaby, est installé à l’étranger, en France, où il travaille comme laveur de vitres. Mamoudou devient manutentionnaire à Bamako afin d’économiser l’argent nécessaire à son voyage. Puis, en Côte d’Ivoire, il est bagagiste dans une gare routière. « Je m’occupais de charger et décharger des livraisons qui venaient de toute la région, raconte-t-il. C’était un travail harassant. J’y suis resté trois ans. J’ai quitté le pays en 2011, au moment de la guerre civile. Beaucoup de gens fuyaient. Il n’y avait plus de travail, je suis donc retourné au Mali. »

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Quelques mois après son retour, sa mère décède. Mamoudou Gassama décide alors de partir pour l’Europe, sans prévenir sa famille. En quelques jours, il traverse le Burkina Faso et le Niger pour gagner la Libye. À l’époque, déjà, « de nombreuses personnes fonçaient en Libye car c’était une voie d’accès à l’Europe », se souvient le jeune homme. Pour lui, ce pays restera « un épisode sombre » dans son parcours.
« Des gens mouraient devant moi »
Il y arrive les poches vides et, pour réunir les 800 euros nécessaires à la traversée de la Méditerranée, il trouve du travail dans la ville de Sabratha, notamment sur des chantiers. Il vit là-bas six mois, dans un foyer, avec d’autres migrants africains. « On ne dormait pas tranquillement parce qu’on pouvait être attaqué par des bandits ou racketté par la police », rapporte-t-il. Il tente une première fois de prendre la mer à bord d’une embarcation de fortune, mais l’expédition est arrêtée au bout de trois heures de navigation par les gardes-côtes libyens. Mamoudou Gassama se retrouve en prison.

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Dans sa geôle, il ne voit pas la lumière du jour et reçoit du pain, des sardines et du fromage en guise de repas unique. « J’y ai beaucoup souffert, reconnaît-il. Certains mouraient devant moi, de fatigue, de faim ou après avoir été battus par les geôliers. » Des détenus entreprennent de saboter la porte de la cellule et, chaque soir, creusent le sol autour. « Un soir, on a dévissé la porte et on est tous partis en courant, c’était chacun pour sa peau, se remémore Mamoudou Gassama. Les gardiens tiraient à vue. » Le jeune homme échappe aux balles et parvient à trouver refuge dans une « mazra », une petite exploitation agricole.
Il retente une traversée deux mois plus tard. Cette fois, son embarcation est secourue par un navire de la Croix-Rouge, et il est débarqué en Sicile en mars 2014. Il obtient l’asile en Italie au bout de deux ans. « J’ai rejoint un foyer pour réfugiés, explique-t-il. Je n’avais pas le sou, je me nourrissais grâce aux soupes populaires. » A Rome, le jeune homme ne trouve pas de travail. Lassé de galérer, il décide de quitter le pays. Son frère lui paye un billet d’avion pour Paris en septembre 2017.
Service civique de dix mois
Installé au foyer de travailleurs migrants Rochebrune, à Montreuil, Mamoudou Gassama se refait une santé et renoue le contact avec des gens de son village. Le jour où il a secouru le garçon de 4 ans, il se préparait à assister à la finale de la Ligue des champions dans un fast-food du XVIIIe arrondissement avec des amis.
Depuis, le nouveau « Spider-Man » a été reçu à l’Elysée, récompensé d’un trophée par la chaîne afro-américaine BET, à Los Angeles, ainsi que par la fondation onusienne Global Hope Coalition, à New York. Il a aussi été invité par Marcelo, un joueur du Real Madrid, à assister à un match de football entre l’Autriche et le Brésil, en juin à Vienne, ainsi qu’à la demi-finale de la Coupe du monde Angleterre-Croatie en Russie. La mairie de Montreuil lui a octroyé un logement.

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Tout a changé. Mais rien n’a changé. L’avenir du jeune Franco-Malien est encore flou. Il suit des cours de français et devrait entamer en janvier un service civique de dix mois au sein de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris. La carrière que lui a indiquée Emmanuel Macron n’est pas nécessairement celle qu’il épousera en définitive. Le Montreuillois souhaite venir en aide aux habitants de son village, aux Africains qui risquent leur vie pour rejoindre l’Europe, voire aux jeunes en mal d’avenir en France.
« Il faut qu’il se construise un projet précis, conclut Mams Yaffa. Ensuite on pourra se permettre d’aller voir les présidents français ou malien pour être soutenu. »





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Dmitri Rybolovlev, président de l’AS Monaco, placé sous contrôle judiciaire dans une affaire d’escroquerie

Le milliardaire russe avait été placé en garde à vue mardi comme trois autres personnes poursuivies dans cette affaire.



Le Monde.fr avec AFP
 |    07.11.2018 à 16h51
 • Mis à jour le
07.11.2018 à 19h50
   





                        



   


Le milliardaire russe Dmitri Rybolovlev, patron de l’AS Monaco, a été inculpé une deuxième fois, mercredi 7 novembre à Monaco, dans le cadre de la retentissante affaire d’escroquerie présumée qui l’oppose à son ancien marchand d’art suisse Yves Bouvier. Le ou les chefs d’inculpation précis visant M. Rybolovlev ne sont cependant pas encore connus, alors qu’il est déjà poursuivi pour complicité d’atteinte à la vie privée dans cette affaire.
Le magnat russe a été laissé libre et placé sous contrôle judiciaire, comme les trois autres personnes inculpées avec lui : son avocate Tetiana Bersheda, ainsi que le fils et l’épouse de l’ex-garde des Sceaux de Monaco, Philippe Narmino, a-t-on précisé au parquet de Monaco, confirmant une information de Nice-Matin. 
Selon le quotidien régional, les quatre inculpés s’étaient présentés d’eux-mêmes mardi, munis d’une convocation, avant d’être placés en garde à vue. Plusieurs perquisitions ont également été menées durant les dernières vingt-quatre heures. D’autres mises en cause pourraient suivre puisque « les opérations se poursuivent encore jusqu’à ce soir et peut-être demain », a ajouté le procureur général.

        Nos informations :
         

          Le président de l’AS Monaco perquisitionné et placé en garde à vue



SMS compromettants
Dmitri Rybolovlev est au cœur de l’information judiciaire ouverte voilà un an par le parquet général de Monaco pour des faits de « corruption », « trafic d’influence actif et passif » et complicité de ces délits.
A l’origine de cette affaire, il y a une plainte déposée par le milliardaire russe contre l’ancien marchand d’art Yves Bouvier, qu’il accuse de l’avoir escroqué d’un milliard de dollars en appliquant des marges exorbitantes lors de la vente de tableaux. Mais au fil de l’enquête, les policiers ont pu exploiter les informations du téléphone portable de l’avocate de Dmitri Rybolovlev, mettant au jour un scandale de toute autre ampleur.
Comme l’avait révélé Le Monde dans son enquête, de nombreux textos issus du smartphone de Me Bersheda faisaient en effet état des relations suivies entre M. Rybolovlev et Philippe Narmino, alors ministre de la justice monégasque : week-end tous frais payés dans la résidence suisse de l’oligarque, à Gstaad, envoi de cadeaux, dîners fins, etc. Plusieurs policiers de haut rang sont aussi susceptibles d’être impliqués dans ce scandale aux allures de « Monacogate ».
L’affaire, qui inquiète les plus hautes autorités de la principauté, a déjà provoqué le placement en garde à vue, le 23 septembre 2017, de Philippe Narmino, personnalité en vue sur le Rocher. Quelques jours plus tôt, M. Narmino avait été contraint de quitter ses fonctions de ministre de la justice de Monaco.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ L’Allemand Manfred Weber est favori contre le Finlandais Alex Stubb, mais, même en cas de victoire de sa famille aux élections européennes, il n’est pas certain de devenir président de la Commission.
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Les droites européennes désignent leur candidat pour 2019

L’Allemand Manfred Weber est favori contre le Finlandais Alex Stubb, mais, même en cas de victoire de sa famille aux élections européennes, il n’est pas certain de devenir président de la Commission.



LE MONDE
 |    07.11.2018 à 16h07
 • Mis à jour le
07.11.2018 à 17h39
    |

            Cécile Ducourtieux (Helsinki, envoyée spéciale)








                        



   


Le Parti populaire européen (PPE), la grande famille des droites de l’Union, s’est donné rendez-vous à Helsinki, les 7 et 8 novembre, pour désigner son chef de file pour les élections européennes de mai 2019. Le suspense est limité : face à l’Allemand Manfred Weber, archi-favori, le finlandais Alex Stubb n’a quasiment aucune chance.
Celui des deux qui sortira vainqueur jeudi 8 novembre, à l’issu d’un vote à bulletin secret, peut prétendre à remplacer Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission européenne, en vertu du principe du « Spitzenkandidat », cher au Parlement européen depuis 2014. Celui-ci exige que le poste de président de la Commission revienne automatiquement au chef de file du parti arrivé en tête à l’issue des élections européennes. Mais sans garantie à ce jour.
Weber et Stubb : deux profils radicalement différents
Manfred Weber, 46 ans, est un très bon connaisseur de la mécanique européenne. A la tête du groupe PPE à Strasbourg depuis quatre ans, eurodéputé depuis 2004, ce Bavarois de la CSU joue sur son ancrage rural, sa proximité avec les préoccupations quotidiennes des citoyens. Mais il n’a aucune expérience gouvernementale, peu de charisme et une maîtrise limitée des langues étrangères, des handicaps conséquents pour le poste de président de la Commission.
Pourtant, cet homme affable et très à l’écoute a engrangé un nombre impressionnant de soutiens. Presque aucun leader, chez les conservateurs, ne manque à l’appel : la chancelière Merkel, les premiers ministres bulgare, slovaque, slovène, le Hongrois Viktor Orban, et même Laurent Wauquiez, le président des Républicains, qui a tweeté très tardivement, mardi 6 novembre : « J’apporte tout mon soutien à mon ami@ManfredWeber pour qu’il devienne le Spitzenkandidat du@PPE. Une Europe qui protège et fière de ses valeurs : je sais qu’il porte le meilleur projet pour le futur de notre continent. Un projet que nous défendrons ensemble. » 

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A 51 ans, Alex Stubb affiche a contrario un impressionnant curriculum vitae (ex-premier ministre, ex-ministre des affaires étrangères, ex-ministre des finances) et accroche bien davantage la lumière, avec son physique de triathlète et ses manières décontractées. Mais il a commencé sa campagne sur le tard et est bien moins connu et apprécié que son rival des 758 délégués du PPE en position de voter. « Cette élection est comme une élection sénatoriale, on ne fait pas campagne en multipliant les interviews », glisse un élu français.
Affaibli, le PPE pourrait avoir du mal à imposer son chef de file
S’il obtient l’investiture du PPE jeudi midi, à l’issue de cette primaire interne, M. Weber n’a pas de garantie absolue de succéder à Jean-Claude Juncker. C’est tout le paradoxe de ce sommet d’Helsinki, qui explique le scepticisme de nombre de délégués présents. Les états de service du Bavarois en laissent beaucoup dubitatifs : le poste de président de la Commission étant considéré comme une charge équivalente à celle d’un chef d’Etat ou de gouvernement. M. Juncker a ainsi été près de dix-neuf ans premier ministre du Luxembourg et ses prédécesseurs avaient au moins un maroquin ministériel à leur actif.
Par ailleurs, tout le monde s’accorde sur le fait que si le PPE perd du terrain en mai (ce qui est probable, les partis conservateurs reculant tous, en Italie, en Espagne, en Allemagne…), il aura davantage de mal à imposer son spitzenkandidat qu’en 2014. Sera plutôt désigné celui ou celle qui parviendra à former une coalition de partis proeuropéens au sein de l’hémicycle strasbourgeois.
Dans cette configuration, Michel Barnier, devenu une figure majeure dans l’Union grâce à sa gestion sans faux pas du Brexit, ou Margrethe Vestager, la très médiatique commissaire danoise à la concurrence, conservent leurs chances. M. Weber, lui, aurait plus de mal à rassembler les votes de gauche : il reste à la droite du PPE, bien qu’il passe pour modéré au sein de la CSU.
Enfin et surtout, le principe du spitzenkandidat n’est pas gravé dans le marbre. Et pour cette désignation cruciale, les dirigeants de l’Union comptent bien avoir le dernier mot.
La chancelière Merkel s’était fait forcer la main avec la candidature de M. Juncker en 2014 mais elle reste notoirement sceptique à l’égard de ce processus de nomination. Emmanuel Macron a été encore plus explicite et s’est exprimé à plusieurs reprises contre le principe du spitzenkandidat. Pas sûr que M. Weber, qui ne rate pas une occasion d’envoyer des piques au président français, n’accepte au final de lui dégager la voie vers le Berlaymont, le siège de la commission à Bruxelles.
Une partie des élus français continue à parier sur Michel Barnier
Les eurodéputés français sont arrivés très divisés à Helsinki. Raison pour laquelle M. Wauquiez fut un des derniers à apporter son soutien public à M. Weber. Une partie de la délégation serait prête à voter pour M. Stubb, même si ses chances sont infimes. Parce qu’il incarne une voie plus moderne et centriste au sein du PPE. Mais surtout, parce qu’en lui apportant leurs voix, en limitant la victoire de M. Weber, ils pourraient donner du poids à l’hypothèse d’un autre candidat PPE, spécialement celle de M. Barnier, pour la Commission à l’issue des européennes.

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« M. Barnier va avoir quatre mois, si on trouve un accord rapidement avec Londres, pour vendre un accord de divorce dans toutes les capitales de l’Union. Ces quatre mois peuvent permettre de finir de l’imposer comme le candidat naturel à la présidence de la commission », estime l’eurodéputé LR Michel Dantin. M. Barnier « incarnera une action et l’unité de l’Europe », ajoute le maire de Chambéry, proche du négociateur en chef du Brexit. « Notre chef de file sera notre premier choix pour la présidence de la Commission », s’est contenté de dire Joseph Daul, le très influent président du PPE, mercredi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Transdev a remporté mardi contre la Deutsche Bahn un appel d’offres pour l’exploitation des RER de Hanovre en Allemagne. Peu avant, Keolis démarrait le plus gros marché de son histoire au Pays de Galles.
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Transdev et Keolis, les « Frenchies » du rail, engrangent de gros contrats en Europe

Transdev a remporté mardi contre la Deutsche Bahn un appel d’offres pour l’exploitation des RER de Hanovre en Allemagne. Peu avant, Keolis démarrait le plus gros marché de son histoire au Pays de Galles.



LE MONDE ECONOMIE
 |    07.11.2018 à 08h51
 • Mis à jour le
07.11.2018 à 13h48
    |

                            Éric Béziat








                        



                                


                            

Bientôt concurrents sur les voies ferrées de l’Hexagone (potentiellement dès 2020), les acteurs français du rail fourbissent leurs armes chez nos voisins européens. Et les « Frenchies » du ferroviaire font des étincelles. Dernier coup d’éclat en date : le groupe Transdev, filiale à 70 % de la Caisse des dépôts, a remporté, mardi 6 novembre, l’exploitation, à partir de 2021, du réseau de trains régionaux de la banlieue de Hanovre, dans le nord de l’Allemagne, soit sept lignes S-bahn (de type RER) et deux lignes express, pour une durée de douze ans.

D’un montant total de 1,5 milliard d’euros, ce contrat est le plus important appel d’offres ferroviaire jamais remporté par le groupe français. L’exploit réside aussi dans le fait que Transdev a arraché ce marché à l’opérateur historique, la Deutsche Bahn (DB), qui exploitait ces lignes depuis leur création.
La DB a eu d’ailleurs un peu de mal à avaler la décision des autorités organisatrices de transport locales (la région de Hanovre, les syndicats des transports de Basse-Saxe et de Westphalie-Lippe) et contesté en justice l’attribution du marché. Déboutée par les tribunaux, elle a renoncé définitivement à tout recours.
Numéro 2 du rail allemand
Presque au même moment – c’était le 15 octobre –, un autre groupe français, Keolis, filiale de la SNCF, lançait l’exploitation d’un énorme contrat ferroviaire au Pays de Galles, le plus gros de son histoire, emporté au mois de juin. Keolis est, en effet, devenu, avec Amey, son partenaire britannique spécialiste des infrastructures, l’exploitant pour quinze ans du réseau ferroviaire régional gallois (1 623 kilomètres, 247 gares, plus de 2 000 collaborateurs, 32 millions de voyages annuels), activité qui devrait générer un chiffre d’affaires de 6 milliards d’euros sur la durée du contrat.

Plus petit par la taille (385 kilomètres) et par la durée (douze ans), le marché hanovrien de Transdev porte sur 30 millions de passagers annuels...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ La réalisatrice italienne reçoit chez elle, en Ombrie, où elle a tourné « Heureux comme Lazzaro ».
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Cinéma : Alice Rohrwacher en son pays des merveilles

La réalisatrice italienne reçoit chez elle, en Ombrie, où elle a tourné « Heureux comme Lazzaro ».



LE MONDE
 |    07.11.2018 à 07h45
 • Mis à jour le
07.11.2018 à 13h52
    |

            Aureliano Tonet (Castel Giorgio (Italie), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Des ombres planent sur ce coin d’Ombrie, limitrophe à la Toscane et au Latium. Depuis la Toussaint, les orages font des ravages, ici, à Castel Giorgio, comme ailleurs en Italie. Alice Rohrwacher pare au plus urgent. Des infiltrations d’eau sont apparues dans la maison qu’elle occupe avec sa fille de 12 ans, Anita, et son compagnon. Le piano a changé de pièce, le parquet a été refait à neuf, les fuites se sont enfuies : délogé le déluge ! Et tant pis pour les olives, qu’elle aurait dû cueillir ces jours-ci s’il n’avait tant plu. Leur récolte attendra le retour de la cinéaste, qui s’apprête à partir pour la France présenter son troisième long-métrage, Heureux comme Lazzaro, en salle depuis le 7 novembre.

Le voyage lui fera manquer une réunion importante. Une affaire qui mobilise une partie du voisinage, en lutte contre des multinationales suisses et piémontaises. Ces ombres-là, convient-elle, sont bien plus difficiles à combattre que celles qui obscurcissent les cieux. « Depuis trois ou quatre ans, des géants de l’agroalimentaire rachètent des terres, pour cultiver des noisettes. Je n’ai rien contre les noisettes, tout le monde adore ça… C’est d’ailleurs bien le problème. Les animaux veulent les manger, alors on disperse des répulsifs, qui menacent la diversité… Quant aux humains, ils en raffolent, car c’est un antidépresseur fantastique. Alors les plantations s’étendent aussi vite que croît la consommation mondiale. Notre ennemi, ce ne sont pas les noisettes, c’est la monoculture. »
« Purgatoire »
Alice sait de quoi elle parle. Voyez son père, Reinhardt, vieux hippie et jeune apiculteur. Voyez son compagnon, Jacopo, cultivateur émérite de vin naturel, rétif à tout additif. Soit l’exact opposé de la majorité des vignes alentour, autrement industrielles : celles, par exemple, qui font vivre la famille de l’acteur principal d’Heureux comme Lazzaro, le jeune Adriano Tardiolo. « Ils sont ouvriers agricoles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Ferrero va proposer un biscuit rond fourré au Nutella. Barilla, qui est son rival italien dans la biscuiterie, réplique en lançant une pâte à tartiner.
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Ferrero met les bouchées doubles dans les biscuits avec sa marque Nutella

Ferrero va proposer un biscuit rond fourré au Nutella. Barilla, qui est son rival italien dans la biscuiterie, réplique en lançant une pâte à tartiner.



LE MONDE ECONOMIE
 |    07.11.2018 à 07h00
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

Ferrero s’apprête à mettre une nouvelle dose d’huile de palme dans les rayons des supermarchés. Dans la ligne de mire de la société italienne, le marché des biscuits. Elle souhaite mettre les bouchées doubles dans ce domaine, avec une nouvelle gamme qui devrait être commercialisée en 2019, sous le nom de Nutella Biscuits. Un biscuit rond fourré à la pâte à tartiner avec un « N » gravé dessus. Ferrero veut, en effet, capitaliser sur sa marque vedette de gourmandise à la noisette pour séduire les clients.
Le groupe familial italien, spécialisé dans la confiserie, a entamé une diversification stratégique vers le secteur de la biscuiterie en 2016. Cette année-là, il a croqué Delacre. Une société d’origine belge connue pour ses cigarettes russes et détenue alors par le conglomérat turc Yildiz. Surtout, il a lancé dans plusieurs pays, dont la France, B-Ready. Objectif : proposer une dose de Nutella consommable en tout lieu et à tout moment.

Avec cette martingale et grâce au rouleau compresseur de son marketing, il a décroché, en France, la palme du meilleur lancement d’un produit de grande consommation en 2016 avec un chiffre d’affaires en magasin de plus de 50 millions d’euros. Une percée qui n’est pas passée inaperçue aux yeux de l’américain Mondelez, leader du biscuit dans l’Hexagone avec ses marques Lu, Oreo, Milka ou Belvita. Il a d’ailleurs répliqué à cette offensive avec la barre au chocolat Milka Tender Break.
Ferrero a multiplié ses emplettes à l’international
Ferrero veut accroître encore la pression avec la commercialisation de Nutella Biscuits. Un produit qui devrait être fabriqué dans son usine située à Balvano dans la Basilicate, au sud de l’Italie. Un choix stratégique car tout investissement dans cette région bénéficie d’aides publiques.
En attendant, en 2017, Ferrero, avec ses marques Nutella, Ferrero Rocher, Tic Tac ou Kinder, a affiché un chiffre d’affaires quasiment stable à 10,5 milliards d’euros, dont 1,24 milliard...




                        

                        

