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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ On peut bien produire un hydrocarbure à partir d’algues. Mais le processus, réapparu dans le débat sur le prix du carburant, n’est pas révolutionnaire.
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Prix du carburant : le biopétrole, un miracle qu’on nous aurait caché ?

On peut bien produire un hydrocarbure à partir d’algues. Mais le processus, réapparu dans le débat sur le prix du carburant, n’est pas révolutionnaire.



LE MONDE
 |    08.11.2018 à 15h45
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 16h39
    |

            Mathilde Damgé








                        


Le débat sur la hausse des prix du carburant continue d’enflammer les esprits, un débat pollué par des intox en série et de vieilles solutions miracles qui ressortent sur les réseaux sociaux. Ces derniers jours, un vieux reportage de TF1, daté de 2011, a été massivement partagé sur Facebook, faisant l’éloge d’un « biopétrole » réalisé à partir d’algues par une société basée en Espagne, Bio Fuel Systems.

   


La tonalité complotiste de certains des commentaires qui l’accompagnent — « ça n’a pas été ébruité » ; « Pourquoi on n’en parle pas plus… Ça dérange les gros lobbys ! » ; « Je crains pour sa vie et celle de ses coinventeurs, les grands pétroliers ne vont pas rester longtemps sans réagir ! » — laissent entendre que cette invention permettrait d’obtenir un pétrole moins cher et ne pas taxer autant le diesel et l’essence à la pompe. Voici pourquoi il faut prendre ce contenu avec prudence :
1. Un projet largement relayé
Loin d’être une innovation tenue secrète, la production de pétrole extrait d’algues était présentée en 2011 comme une solution inédite par de nombreux médias : TF1 donc, mais aussi des médias étrangers comme l’agence de presse américaine AP. L’entreprise, à l’époque, suscitait un réel enthousiasme (Le Monde y avait également consacré un reportage).
Le procédé pour obtenir ce « pétrole bleu » se résume ainsi : des algues microscopiques sont cultivées dans des tubes transparents par photosynthèse. Récoltées et filtrées, elles donnent, entre autres, une pâte qui peut être transformée, par craquage à haute température et haute pression, en un pétrole comparable au pétrole fossile.
2. Un processus de fabrication encore à améliorer
La photosynthèse de ces plantes nécessite du CO2 et de la lumière, d’où l’intérêt de la localisation du projet présenté dans ce reportage. L’usine est située dans le sud de l’Espagne, à proximité d’un cimentier, secteur fort producteur de ce gaz à effet de serre.
Par ailleurs, le processus mis en jeu est lui-même gourmand en énergie. Jean-Philippe Steyer, chercheur à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), estimait, en 2016 :
« Les moyens technologiques destinés à produire de “l’algocarburant” sont de manière générale plutôt énergivores. C’est pourquoi on peut se demander si le biocarburant peut réellement être considéré comme le domaine de prédilection de l’exploitation des algues. »
Le français Lafarge, qui a mené des tests sur l’un de ses sites, en 2011, a jugé que le rapport matière-énergie n’était pas satisfaisant et qu’au moins dix années de recherche étaient encore nécessaires pour améliorer le processus.
Certains continuent à y croire : la compagnie pétrolière ExxonMobil a annoncé, en mars, vouloir produire dix mille barils de carburant à base d’huile d’algue à horizon 2025, en modifiant génétiquement une souche d’algues pour doubler sa teneur en huiles. A titre de comparaison la France consomme 1,6 million de barils de pétrole par jour.
3. Un entrepreneur sulfureux
Les réelles zones d’ombre dans cette histoire concernent surtout l’entreprise citée dans le reportage, BFS France, et son fondateur Bernard Stroïazzo-Mougin, impliqué dans une affaire de trafic d’armes à la fin des années 1990.
L’usine expérimentale ouverte par BFS en Espagne, à Alicante, a fermé en 2014, à la suite d’une décision de la justice espagnole (une procédure pour fraude a été ouverte, et l’entreprise est débitrice du fisc espagnol) ; les salariés n’étaient plus payés depuis un an ; les autres usines planifiées n’ont jamais été mises en service.

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Evasion fiscale : une amende de 3,7 milliards d’euros requise contre UBS, un montant inédit en France

La plus grande banque privée suisse est jugée pour démarchage illicite de clients français et blanchiment aggravé de fraude fiscale.



LE MONDE
 |    08.11.2018 à 18h02
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 18h49
    |

            Mathilde Damgé








                        


Une amende de 3,7 milliards d’euros – une somme inédite en France – a été requise jeudi 8 novembre contre UBS. La plus grande banque privée de la confédération suisse est accusée de démarchage illicite de clients français et de blanchiment aggravé de fraude fiscale. Contre sa filiale UBS France, 15 millions d’euros d’amende ont été requis.
« Il faut avoir à l’esprit l’échelle des sanctions au niveau mondial », a expliqué le procureur Serge Roques, qui représente le Parquet national financier (PNF) à l’audience avec Eric Russo. « La fraude à l’impôt, ce n’est rien d’autre qu’un vol commis au préjudice de la collectivité », a rappelé ce dernier.
« Etre la première banque mondiale implique des devoirs et le respect des lois. La sanction pécuniaire imposée à UBS doit être proportionnelle au montant des fonds. Elle s’impose de manière nécessaire. Les faits sont exceptionnels par leur ampleur. »

        Lire aussi :
         

                Parties de chasse et démarchages bancaires au menu du procès UBS



Si le jugement confirme ce montant, il s’agirait de l’amende la plus importante imposée à une banque en France. Elle resterait toutefois inférieure aux montants infligés dans d’autres pays et en particulier aux Etats-Unis.

   


La moyenne des dix premières amendes délivrées par les régulateurs américains dépasse 10 milliards de dollars (environ 9 milliards d’euros) quand elle n’atteint pas 90 millions d’euros en France.
Des peines de six à vingt-quatre mois avec sursis assorties d’amendes de 50 000 à 500 000 euros ont été requises contre six dirigeants et anciens cadres d’UBS :
six mois avec sursis et 50 000 euros d’amende pour Hervé d’Halluin, ancien chef du bureau d’UBS à Lille ;douze mois avec sursis et 300 000 euros d’amende pour Patrick de Fayet, l’ex-numéro deux d’UBS France ;vingt-quatre mois avec sursis et 500 000 euros d’amende pour l’ex-numéro trois d’UBS AG, Raoul Weil ;dix-huit mois avec sursis et 400 euros d’amende pour Dieter Kiefer, le directeur de la gestion de fortune pour l’Europe de l’Ouest ;douze mois avec sursis et 300 000 euros d’amende pour Philippe Wick, responsable de la division UBS France International ;douze mois avec sursis et 300 000 euros d’amende pour Olivier Baudry, qui avait pris la suite de Philippe Wick après son départ.

        Lire aussi :
         

                Evasion fiscale : qui sont les principaux acteurs de l’affaire UBS ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Pour l’historien Laurent Joly, Emmanuel Macron n’a pas pris la mesure du consensus négatif qui règne dans l’opinion française au sujet du maréchal Pétain.
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édition abonné


Sur Pétain, « notre mémoire collective rejoint aujourd’hui le verdict de 1945 »

Pour l’historien Laurent Joly, Emmanuel Macron n’a pas pris la mesure du consensus négatif qui règne dans l’opinion française au sujet du maréchal Pétain.



LE MONDE
 |    08.11.2018 à 16h56
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 18h19
    |

                            Allan Kaval








                        



                                


                            

Comme la polémique de ces derniers jours l’a montré, l’ombre du maréchal Pétain et de ce qu’il incarne n’a cessé de peser sur la mémoire historique des Français, imposant aux responsables politiques de prendre position à l’égard de son héritage. Dans cet entretien, l’historien Laurent Joly, qui vient de publier L’Etat contre les juifs. Vichy, les nazis et la persécution antisémite (Grasset, 368 p., 20,90 euros), revient sur l’édification et la déconstruction de cette figure historique dans l’imaginaire national.
Le président Macron a fait référence à la figure du Pétain « grand soldat », comment s’est-elle intégrée dans l’imaginaire français après la première guerre mondiale ?
Laurent Joly : Philippe Pétain est devenu un héros national à 60 ans [en 1916]. Ce n’était pas le général le plus brillant, ni le plus en cour (les réserves du généralissime Joseph Joffre à son égard sont bien connues). Mais c’est lui qui est à la tête des troupes françaises à Verdun en 1916. On tient. La presse fait l’éloge du grand soldat. Son célèbre ordre du jour, « courage, on les aura », son attention à la vie quotidienne des poilus, Verdun sauvé, tout cela a rendu le général Pétain immensément populaire. En novembre 1918, il est élevé à la dignité de maréchal de France.
Qui est le Pétain de l’entre-deux-guerres ? Et qu’incarne-t-il en 1940 ? Quels sont les espoirs qui sont fondés en lui par une partie de la population française ?
Après la guerre, Pétain est un héros qui hésite entre sa tranquillité et la chose publique. Général en chef de l’armée française dans les années 1920, reçu à l’Académie française en 1931, il est ministre dans le gouvernement de Gaston Doumergue, en 1934. A près de 80 ans, il est le dernier grand chef militaire de la Grande Guerre : Ferdinand Foch et Joseph Joffre sont décédés, le premier en 1929 et le second en 1931.

A...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Des centaines de personnes se trouvaient à l’intérieur du Borderline Bar and Grill de Thousand Oaks quand un homme de 28 ans a ouvert le feu, avant d’être tué.
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Californie : fusillade dans un bar bondé d’une banlieue de Los Angeles, au moins 12 morts

Des centaines de personnes se trouvaient à l’intérieur du Borderline Bar and Grill de Thousand Oaks quand un homme de 28 ans a ouvert le feu, avant d’être tué.



LE MONDE
 |    08.11.2018 à 11h50
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 17h18
   





                        



   


Un homme armé a ouvert le feu, mercredi soir 7 novembre, dans un bar-discothèque bondé de Thousand Oaks, dans le sud de la Californie, où se tenait une fête d’étudiants. Douze personnes, dont un policier, ont été tuées, a annoncé le shérif du comté de Ventura, Geoff Dean. Le tireur présumé, présenté comme un ancien soldat de 28 ans, est mort à l’intérieur de l’établissement. Selon Geoff Dean, une dizaine de personnes ont été blessées.
Le drame a eu lieu dans l’enceinte du bar de music country le Borderline Bar and Grill, dans la localité de Thousand Oaks, banlieue résidentielle de Los Angeles. « Les pompiers et les premiers intervenants sont arrivés à l’endroit où une fusillade a été signalée » avec « plusieurs blessés », avait indiqué plus tôt le service incendie du comté. Des opérations de « sécurisation » du site étaient en cours.

        Sur Les Décodeurs :
         

          en 2018, les Etats-Unis n’ont pas connu plus de 4 jours sans fusillade de masse



Des centaines de personnes présentes

   


Des centaines de personnes se trouvaient à l’intérieur du Borderline Bar and Grill à 23 h 20 (heure locale), selon le capitaine du comté de Ventura, Garo Kuredjian, qui a précisé que des coups de feu étaient encore tirés lorsque les policiers sont arrivés sur les lieux. A 3 heures, heure locale, le bilan comprenait, en outre, un nombre indéterminé de blessés, admis dans plusieurs hôpitaux de la région, a-t-il indiqué.
Le shérif n’a pas pu préciser à ce stade si le tireur avait été abattu par les forces de l’ordre ou s’il avait retourné son arme contre lui. L’identité du tireur et ses motifs restaient également indéterminés mais plusieurs témoins qui se trouvaient dans le Borderline Bar and Grill ont décrit un « homme en manteau noir », « barbu » et tenant une arme de poing de gros calibre.
La plupart des témoins cités par les médias américains, en majorité des étudiants des nombreuses universités de cette banlieue résidentielle de Los Angeles, décrivent des scènes de panique après les premiers coups de feu. « Tout le monde s’est jeté au sol très rapidement. Tout le monde voulait sortir le plus vite possible », a déclaré une jeune femme, qui s’est elle-même enfuie avec une amie par la fenêtre de la cuisine. Les Etats-Unis sont régulièrement le théâtre de fusillades visant des lieux publics, la dernière en date ayant fait onze morts dans une synagogue de Pittsburgh.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Dans son livre « Algorithmes, la bombe à retardement », Cathy O’Neil, ex-analyste à Wall Street, étudie les dérives de ces algorithmes qui influencent tous les domaines de la société.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Cathy O’Neil : « Les algorithmes exacerbent les inégalités »

Dans son livre « Algorithmes, la bombe à retardement », Cathy O’Neil, ex-analyste à Wall Street, étudie les dérives de ces algorithmes qui influencent tous les domaines de la société.



LE MONDE
 |    07.11.2018 à 15h55
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 17h44
    |

            Morgane Tual








                        



   


Education, justice, emploi, politique… Les algorithmes s’invitent dans tous les pans de la société, avec des conséquences parfois dramatiques. C’est, en tout cas, le constat de Cathy O’Neil, ancienne analyste à Wall Street, frappée par le rôle joué par ces « armes de destruction mathématique », comme elle les surnomme, dans la crise financière de 2008. Depuis, cette mathématicienne américaine dénonce les effets pervers de ces programmes informatiques, notamment dans son livre Algorithmes, la bombe à retardement, sorti en 2016 aux Etats-Unis et dont la traduction française vient d’être publiée aux Arènes, mercredi 7 novembre (352 pages, 20,90 €). Entretien.
Le Monde : Comment avez-vous pris conscience que les algorithmes pouvaient représenter un danger ?
Cathy O’Neil : Je travaillais auparavant dans la finance, en lien direct avec la modélisation des risques. Et ce que j’ai réalisé, c’est que ces algorithmes n’avaient jamais été conçus pour être vraiment corrects : car si les risques étaient sous-estimés, alors nous gagnions plus d’argent. Ça a été l’une des principales causes de la crise financière de 2008.
Vous vous souvenez des titres adossés à des créances hypothécaires, notés triple A ? Cette note était censée dire que, mathématiquement, ils avaient peu de risques de s’effondrer. Alors que c’était faux. Mais les gens y croyaient, parce qu’ils font confiance aux maths.
Est-ce avec cette crise que vous avez compris l’impact que pouvaient avoir les algorithmes sur la vie des gens ?
Je n’ai pas forcément mesuré l’impact à ce moment-là, mais je savais que les conséquences étaient silencieuses et invisibles. Il y a eu un long laps de temps entre les emprunts et la perte des maisons, le lien n’était pas si simple. Et puis les emprunteurs avaient honte : ils ont été pointés du doigt pour avoir acheté des maisons trop chères pour eux. Le mécanisme social de la honte a dépassé le débat sur les algorithmes.
Quel est l’exemple le plus frappant, selon vous, d’« arme de destruction mathématique » ?
Aux Etats-Unis, des juges utilisent un algorithme, Compas, qui évalue la probabilité pour un prévenu de se faire arrêter à nouveau dans les deux ans à venir. Or, on sait que chez nous, les gens se font arrêter pour tout un tas de raisons : s’ils se droguent, s’ils sont pauvres et qu’ils urinent sur le trottoir parce qu’ils n’ont pas accès à des toilettes, ou s’ils sont noirs et qu’ils fument de la marijuana –, les Noirs se font arrêter bien plus que les Blancs pour ça, même s’ils fument autant. Il y a beaucoup de raisons de se faire arrêter qui n’ont rien à voir avec des actes violents, mais avec le fait d’être pauvre ou issu des minorités.
Et les gens que cet algorithme estime à haut risque sont emprisonnés plus longtemps, ce qui, ironiquement, augmente le risque qu’à leur sortie, ils aient moins de relations sociales, donc moins de chance de trouver du travail… Et donc plus de risques de retourner en prison.

   


Vous n’êtes pas la première à dénoncer les biais des algorithmes censés prédire la récidive. Pourquoi sont-ils toujours utilisés aux Etats-Unis ?
Il y a malheureusement une sorte de division politique entre les personnes qui font confiance à ces algorithmes et les autres. Ce qui est ridicule, puisque c’est censé être de la science basée sur des faits. Mais c’est justement ce que je veux démontrer : ce n’est pas une science, on n’a aucun moyen de tester les hypothèses, et même quand on pourrait le faire, on ne le fait pas !
Qui plus est, cet algorithme, tout comme celui censé prédire où envoyer les policiers pour éviter les crimes, repose sur l’hypothèse selon laquelle nous avons des données sur le crime [sur lesquelles se basent ces algorithmes pour faire leurs prédictions]. Or, nous n’avons pas de données sur le crime, mais sur les arrestations.
Dans votre ouvrage, vous dites que les pauvres sont les premiers à souffrir des algorithmes. Est-ce vrai dans d’autres domaines que la justice ?
Les pauvres sont les grands perdants de l’ère du big data. Quand je travaillais comme data scientist, mon travail était de distinguer les consommateurs à haute valeur des consommateurs à faible valeur. Par exemple, je suis moi-même une consommatrice à haute valeur, surtout pour les sites de tricot, car j’adore ça. Je suis donc vulnérable aux offres sur le cachemire.
Mais les personnes pauvres, elles, sont ciblées par des industries bien plus prédatrices. Comme des universités en ligne qui ne sont là que pour le profit, qui visent surtout des personnes si pauvres qu’elles bénéficient d’aides de l’Etat pour payer leurs études, et qui ne connaissent pas vraiment le système. Ce sont des personnes vulnérables, à qui on dit que tous leurs problèmes vont être réglés par cette éducation en ligne.
Et ce sont des algorithmes qui déterminent votre valeur…
C’est ce que fait le big data, oui. Il s’agit d’utiliser des informations qui ne paraissent pas pertinentes au premier abord, comme des « j’aime » sur les réseaux sociaux, des retweets, des recherches Google, ou bien le genre de site médical que vous visitez… Toutes ces informations sont utilisées pour créer un profil et voir si vous êtes quelqu’un de privilégié dans la vie. S’ils décident que vous l’êtes, alors ces algorithmes feront de vous quelqu’un d’encore plus privilégié. Et inversement. Ils exacerbent les inégalités.
Vous dites même, dans votre livre, que les algorithmes représentent une menace pour la démocratie. Dans quel sens ?
Je pense surtout aux réseaux sociaux qui nous servent de l’information. Le problème est que leurs algorithmes ne s’attachent pas à nous donner des informations justes, mais des informations qu’on aurait envie de voir, en se basant sur les clics d’autres personnes qui nous ressemblent. Ce sont les fameuses bulles de filtre.

        Lire l’enquête :
         

          Facebook est-il un danger pour la démocratie ?



Le problème, c’est quand on les combine avec la publicité ciblée. Dans les dernières heures de la campagne présidentielle américaine de 2016, l’équipe de Donald Trump a envoyé des publicités aux Afro-Américains sur Facebook pour les pousser à l’abstention. On essaie de manipuler les gens de façon très personnalisée. Je ne suis pas manipulée de la même façon que vous l’êtes. On pourrait imaginer, par exemple, qu’une publicité me dise que je suis grosse, un jour d’élection, pour me décourager d’aller voter. Et ça pourrait marcher !
« Ces algorithmes nous manipulent émotionnellement »
Ces algorithmes nous empêchent d’accéder à de bonnes informations, car ils nous manipulent émotionnellement. Ils détériorent la démocratie.
Pensez-vous à l’inverse que les algorithmes puissent être utilisés aussi à bon escient ?
Certains algorithmes, selon leur utilisation, peuvent vraiment aider les gens ou détruire le système. Prenez la santé : vos données peuvent être utilisées par un médecin pour vous dire si vous présentez certains risques, quel traitement vous devriez prendre, etc. Mais le même programme peut être utilisé par des assurances pour se débarrasser des gens qui risqueraient de tomber malades et de leur coûter cher.
Le bon algorithme est celui qui travaille pour l’égalité. Pour cela, il faut se demander à chaque fois à qui cet algorithme nuit.
Vous évoquez dans votre livre une « guerre silencieuse », dont « les victimes n’ont pas les armes nécessaires pour livrer bataille ». Que peut-on faire à l’échelle individuelle ?
C’est une question très importante et, malheureusement, je n’ai pas de bonne réponse. Imaginez qu’un algorithme d’embauche rejette votre candidature parce que vous êtes une femme. Comment allez-vous le savoir ? Comment allez-vous trouver d’autres personnes traitées injustement ? Et comment allez-vous vous rassembler, vous organiser et vous battre ? C’est impossible.
Et du côté des entreprises, des gouvernements ?
Il faudrait déjà appliquer les lois existantes ! Nous avons des lois qui rendent illégale la discrimination à l’emploi des femmes, il y en a aussi sur la finance et la justice, que l’on ne fait pas respecter. En revanche, sur la question de l’information, des bulles de filtre, je pense qu’il faut de nouvelles lois, même si c’est dur de dire à quoi elles devraient ressembler.
Par exemple, Facebook devrait s’ouvrir aux chercheurs. Aujourd’hui, ils en autorisent de temps en temps, mais ils choisissent les projets, ils ont le contrôle sur les expériences et ils décident de la publication ou non des résultats. Ils ne devraient pas avoir ce pouvoir. On a assez de raisons de suspecter Facebook d’affecter la démocratie, il faut donc qu’on sache exactement ce à quoi on a affaire.
On pourrait aussi interdire de cibler les gens avec de la publicité politique. Vous pourriez diffuser des publicités politiques, mais pas décider qui les voit. Tout le monde devrait voir la même chose.
Pensez-vous que la situation va empirer ?
C’est possible. Regardez la Chine ! Des efforts comme le RGPD [le nouveau règlement européen sur les données personnelles] sont de bons signaux, mais cela ne concerne pas directement les algorithmes, seulement les données. La loi européenne est en retard sur ce qui se passe aujourd’hui.

        Lire l’entretien :
         

          Eli Pariser : « Il est vital de résoudre les problèmes de l’information en ligne »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Selon un nouveau dossier des « Football Leaks », les recruteurs parisiens utilisaient cette pratique, interdite en France. Le PSG affirme découvrir son existence.
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« Français », « Maghrébin », « Antillais » : le PSG accusé de ficher ses jeunes joueurs

Selon un nouveau dossier des « Football Leaks », les recruteurs parisiens utilisaient cette pratique, interdite en France. Le PSG affirme découvrir son existence.



LE MONDE
 |    08.11.2018 à 15h42
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08.11.2018 à 17h26
   





                        



   


Il y avait un menu déroulant qui s’affichait, avec quatre choix : « Français », « Maghrébin », « Antillais », « Africain ». Le Paris Saint-Germain est pris dans un nouveau scandale, après la révélation par un collectif européen de médias, dont le site d’informations Mediapart, que des recruteurs du PSG ont fiché ethniquement des jeunes joueurs scrutés par le club, selon un nouveau dossier des « Football Leaks ».
Après la publication de ces informations, le club parisien a confirmé que « des formulaires avec des contenus illégaux ont été utilisés entre 2013 et 2018 par la cellule de recrutement du centre de formation, dédiée aux territoires hors Ile-de-France ». Mais le PSG dénonce une « initiative personnelle du responsable de ce département ».
« La Direction générale du club n’avait jamais eu connaissance d’un système de fichage ethnique au sein d’un département recrutement, ni eu en sa possession un tel formulaire. (...) Au vu des informations qui y sont mentionnées, ces formulaires trahissent l’esprit et les valeurs du Paris SG. »
Le club de la capitale affirme en outre que « dès qu’il en a été informé au début du mois d’octobre », ses responsables ont « lancé une enquête interne pour comprendre comment de telles pratiques ont pu exister et décider des mesures qui s’imposent ». 
« Trop d’Antillais et d’Africains sur Paris »
Selon le collectif de médias européens, la « polémique éclate en interne en mars 2014 ». A l’origine, un footballeur en herbe, Yann Gboho (international français chez les jeunes, né en Côte d’Ivoire), 13 ans, qui joue au FC Rouen et tape « dans l’œil » d’un « recruteur du PSG pour la région Normandie, Serge Fournier », peut-on lire dans la livraison de « Football Leaks ». Une « fiche remplie le 2 novembre 2013 lors du match US Sapins - FC Rouen » mentionne ainsi l’origine (« Antillais »).
Le nom de Yann Gboho a ensuite « suscité bien des remous au PSG, comme le montre le compte rendu interne d’une réunion formation qui s’est tenue le 14 mars 2014 », peut-on lire dans les « Football Leaks ». Au cours de cette réunion, Marc Westerloppe, qui dirige à l’époque « la cellule recrutement du club dans tout le pays sauf en Ile-de-France » (et qui a quitté le PSG pour Rennes en janvier 2018), déclare, selon ce document :
« On ne va pas revenir sur ce sujet. Il y a un problème sur l’orientation du club, il faut un équilibre sur la mixité, trop d’Antillais et d’Africains sur Paris. »
Une réflexion qui provoque l’indignation d’autres participants, comme Pierre Reynaud, responsable du recrutement des jeunes en Ile-de-France : « Sauf que ce ne doit pas être une question ethnique mais de talent. » « Une dernière phrase conclut le compte rendu : “Par la suite, débat houleux…” », écrit Mediapart.

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« J’ai rencontré une équipe ébranlée »
Tout fichage lié aux origines ethniques est interdit en France, où le sujet est plus sensible que dans d’autres pays. Signe du malaise suscité par cette affaire, toujours selon les « Football Leaks », la secrétaire du comité d’entreprise écrit à la directrice des ressources humaines, en mettant en copie bon nombre de formateurs, pour dénoncer les « propos tenus le 14 mars par M. Westerloppe et ce, au nom de la direction du club ».
« J’ai rencontré une équipe ébranlée, particulièrement touchée par ce qui pourrait apparaître comme étant la nouvelle philosophie de notre entreprise. Impossible de cautionner ce virage à 180° ! Aucun de mes collègues de la formation ou préformation ne peuvent y croire. »
Mediapart raconte que M. Westerloppe a bien été convoqué « à un entretien préalable » le 27 juin 2014, où il proteste auprès de Jean-Claude Blanc (actuel directeur général délégué du PSG), rejetant des accusations contre lui, « fausses, malveillantes et stupides ». Aucune sanction n’est prononcée. Westerloppe et Olivier Létang, directeur sportif de l’époque (aujourd’hui président du Stade rennais) se sont contentés de rétorquer à Mediapart que « cette affaire concerne le PSG ».
Mais dans un communiqué publié jeudi, Olivier Létang, actuel président de Rennes, s’est dit « profondément choqué et blessé » des accusations. Il affirme avoir toujours eu comme seul objectif de « s’attacher les meilleurs jeunes joueurs dans le but de les faire évoluer à terme avec l’équipe professionnelle. »
Fiches remplies jusqu’au printemps 2018
Du côté du club, la direction a confirmé que, « saisie à l’époque par le Comité d’Entreprise, (elle) avait fermement rappelé les règles et les valeurs qui devaient guider le recrutement d’un joueur au club. »
« Aucun élément concret n’ayant alors permis de corroborer ces propos, le club n’avait pu mettre en œuvre les mesures disciplinaires appropriées. »
Ces « mêmes fiches d’observation avec mention des origines ont été scrupuleusement remplies jusqu’au printemps 2018 », accuse pourtant le site d’informations.
Pour répondre aux questions des « Football Leaks », le PSG « a missionné » Malek Boutih, ancien député PS (2012-2017), ancien président de SOS Racisme (1999-2003), qui « travaille depuis une quinzaine d’années sur les questions de racisme au sein de la Fondation PSG ». « Au nom du club, il confirme que ce fichage a été mis en place, mais (…) les choses ont, selon lui, été faites en secret » et que « la direction n’était pas au courant », relate Mediapart.
Pour le foot français, cette affaire réveille « l’affaire des quotas », quand avait émergé l’idée d’imposer des quotas de binationaux chez les jeunes, lors d’une réunion de la Direction technique nationale (DTN) fin 2010. Laurent Blanc, le sélectionneur de l’époque, s’était dit alors tout à fait « favorable » à cette idée en arguant : « Qu’est-ce qu’il y a actuellement comme grands, costauds, puissants ? Les Blacks (…) Je crois qu’il faut recentrer, surtout pour des garçons de 13-14 ans, 12-13 ans, avoir d’autres critères, modifiés avec notre propre culture (…) Les Espagnols, ils m’ont dit : “Nous, on n’a pas de problème. Nous, des Blacks, on n’en a pas.” »

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Pourquoi Daniel Kretinsky a recours à des paradis fiscaux

L’homme d’affaires tchèque et son partenaire en affaires, Patrik Tkac, ont plusieurs fois utilisé des sociétés offshore, qui offrent faible fiscalité et réglementation accommodante.



LE MONDE ECONOMIE
 |    08.11.2018 à 13h05
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 17h34
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            Jérémie Baruch et 
Jean-Baptiste Chastand (avec Vincent Nouvet)








                        



                                


                            
L’homme d’affaire tchèque Daniel Kretinsky, qui investit dans les médias français et notamment dans Le Monde, est mentionné dans les « Panama Papers ». Cette série de fuites de documents du cabinet panaméen Mossack Fonseca, en 2016 et 2017, a éclairé avec précision les techniques d’évasion fiscale employées à travers le monde.
Les documents, consultés par Le Monde, révèlent que le propriétaire du groupe énergétique tchèque est le propriétaire de deux catamarans par le biais de sociétés offshore. Le premier, le Wonderful, un bateau de 22 mètres d’une valeur de 3 millions d’euros, a été acheté, probablement en 2010, en faisant l’acquisition d’une société enregistrée aux îles Vierges britanniques – un paradis fiscal connu pour ses pavillons de complaisance.
Après la révélation des « Panama Papers », en 2016, le Wonderful a vogué vers une nouvelle structure, dont les détails ne sont pas connus. Le second catamaran, le Black Swan, plus grand que le Wonderful, plus cher aussi, est également détenu à travers une société des îles Vierges britanniques, acquise en 2013 et un temps gérée par Mossack Fonseca.
Une villa à 20 millions de livres
Pour l’entrepreneur tchèque, tout ne passe pas par le Panama et les Caraïbes. On le retrouve aussi dans les fichiers d’Appleby, le cabinet à l’origine d’un autre scandale d’évasion fiscale, les Paradise Papers. Ces documents révèlent que Daniel Kretinsky a acquis en 2015 pour environ 20 millions de livres sterling (23 millions d’euros), Heath Hall, une magnifique villa classée dans Londres. Pour cela, il a utilisé une société inscrite au registre du commerce de Jersey – un paradis fiscal britannique situé près des côtes normandes.
Ce montage opaque lui permet de ne pas apparaître sur le cadastre britannique comme le bénéficiaire du bien et lui donne la possibilité d’économiser en impôt sur les plus-values et sur la location du bien. M. Kretinsky justifie le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Les cas de harcèlement explosent après les vacances de la Toussaint. C’est ce que constate l’ONG e-Enfance, qui lutte contre ces violences en travaillant avec Facebook ou Snapchat.
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Comment une association aide les élèves victimes de campagnes de harcèlement en ligne

Les cas de harcèlement explosent après les vacances de la Toussaint. C’est ce que constate l’ONG e-Enfance, qui lutte contre ces violences en travaillant avec Facebook ou Snapchat.





LE MONDE
 |    08.11.2018 à 14h46
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 16h07
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            Morgane Tual





« En ce moment c’est la rentrée du harcèlement. Le début de la saison haute. » Samuel Comblez connaît la triste routine qui s’opère à chaque nouvelle année scolaire : après « une première phase d’observation », en septembre, les groupes se forment dans les classes, les leaders émergent et les bouc émissaires avec. Au retour des vacances de la Toussaint, les cas de harcèlement explosent.
Le travail de M. Comblez consiste à venir en aide aux victimes. Au sein de l’association e-Enfance, consacrée à la lutte contre les violences en ligne, il dirige la plate-forme Net Ecoute, que les jeunes peuvent contacter en cas de problème. Dans ce petit bureau blanc du centre de Paris, ils sont cinq, en cette soirée du 7 novembre, à répondre aux questions des personnes qui les sollicitent.
Les téléphones sonnent, avec au bout du fil des adolescents en pleurs, victimes de campagnes de harcèlement en ligne. Les notifications Facebook Messenger clignotent, avec de l’autre côté de l’écran des inquiétudes sur une usurpation d’identité. Et les messages s’accumulent sur le tchat de Net Ecoute, avec le désespoir de jeunes menacés de « revenge porn » (vengeance pornographique).
« Le cas classique, raconte Samuel Comblez, c’est une jeune fille qui tombe amoureuse d’un garçon, lui envoie des images sexys, puis sexuelles. Et puis elle met fin à la relation, le garçon ne le supporte pas et la menace de publier les images. Pour elle, c’est compliqué d’en parler aux parents, aux amis, aux professeurs… Elle se retrouve seule au monde. La pression monte, et elle finit par se tourner vers nous. »
Des captures d’écran en guise de preuves
Dans ce cas, comme dans la plupart de ceux que doit gérer Net Ecoute, il faut travailler avec les grandes plates-formes comme Facebook, Snapchat, YouTube et les autres, où se concentrent la majorité des publications problématiques. Première étape : conseiller aux victimes d’effectuer, elles-mêmes, un signalement auprès du réseau social concerné. « On ne peut pas devenir le chargé de transmission de la France entière, justifie M. Comblez. Alors on leur explique comment le faire correctement. » Parmi les conseils, il faut se montrer très succinct :
« Facebook doit comprendre le problème immédiatement, et pour ça il n’y a pas besoin de deux cents captures d’écran, c’est même contreproductif car ça noie l’interlocuteur. Il faut toutefois apporter des preuves de ce que l’on avance, avec quelques pièces jointes. »
C’est alors au réseau social de gérer ce signalement, et de décider d’agir ou non. La demande est traitée parmi toutes les autres que reçoit la plate-forme, par des équipes de modération dont la composition et le fonctionnement restent aujourd’hui encore très opaques. Il faut dire que la question de la modération est une des principales épines dans le pied de sites comme Facebook ou Twitter, accusées de laisser proliférer sur leur plate-forme messages de haine et campagnes de harcèlement.

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Depuis plusieurs années, les grandes entreprises du Web multiplient les annonces pour montrer leurs efforts : augmentation de leurs effectifs de modération, amélioration des outils de signalement ou soutien à des projets. Facebook a par exemple lancé, mardi 6 novembre, en France, un fonds d’un million d’euros pour « financer des projets qui innovent dans la promotion de comportements responsables en ligne ».
Snapchat, le bon élève
« Les réseaux sociaux ont fait des avancées pour protéger leurs utilisateurs, convient Samuel Comblez, mais ils peuvent sûrement progresser sur la rapidité et la prise en compte du contexte. »
« Ils ont parfois tendance à considérer qu’il n’y a pas de problème, alors que si on prend les messages dans leur contexte, il y en a un. Ils peuvent alors refuser la demande de la victime. Pour elle, c’est un deuxième coup de massue. Et c’est là qu’on entre en action. »
Avantage : l’association dispose de relations privilégiées avec les plates-formes, nouées au fil des années. « On connaît les personnes qu’il y a derrière, on vient chez eux, ils viennent chez nous », se réjouit M. Comblez. « S’il y a un vrai problème avec YouTube par exemple, je peux appeler quelqu’un de chez eux, là, tout de suite », déclare-t-il en brandissant son téléphone.
La procédure la plus classique consiste, pour l’association, à signaler un cas sur une adresse e-mail spécialisée que leur fournissent les plates-formes.
« Ce que nous avons, et que les réseaux sociaux n’ont pas, c’est du temps : nous, on peut prendre le temps de comprendre, d’estimer si une personne dit vrai ou pas. Donc si on écrit aux réseaux sociaux ils savent que c’est vrai. On profite de la confiance qu’on a auprès d’eux. Et la majorité de nos signalements obtiennent gain de cause. »
Une dizaine de messages de ce type sont transmis par jour. Ceux-ci sont envoyés, en anglais, aux équipes de modération – différentes de leurs contacts habituels chez ces plates-formes. « Ensuite, le chemin est flou. On ne sait pas où sont les modérateurs par exemple, précise-t-il. Mais nos demandes bénéficient d’un routage prioritaire, elles ne sont pas noyées dans la masse. » Résultat, la modération va « très vite ». Moins de douze heures dans la majorité des cas et « jamais plus de vingt-quatre heures ». Le meilleur « élève » est selon lui Snapchat, « qui réagit parfois en moins de cinq minutes, ou en quelques heures, tout au plus ».
« C’est normal qu’ils nous financent »
La collaboration entre e-Enfance et les plates-formes ne se limite pas à la gestion des signalements. Facebook et Google financent en partie l’association. Quant à Twitter et Snapchat, ils lui offrent de la visibilité, avec des espaces publicitaires gratuits, par exemple.
« C’est normal qu’ils nous financent, vu qu’on gère les problèmes sur leurs plates-formes, estime Justine Atlan, directrice de l’association. Certes, ces entreprises, avec leur logique économique, ont un fonctionnement très critiquable. Mais des utilisateurs détournent leurs outils d’une manière qu’ils n’imaginent pas, et ce sont des choses que, nous, on voit. Ils comptent sur nous pour leur faire remonter des informations, avant que cela ne devienne de gros problèmes et que cela nuise à leur image. »
Un réseau d’échange d’informations existe entre l’association, ces réseaux sociaux ou encore la plate-forme gouvernementale Pharos (qui permet aux internautes de signaler des contenus suspects), afin de repérer au plus vite les tendances problématiques. E-Enfance a par exemple reçu à la rentrée un message de Pharos, l’informant d’une rumeur selon laquelle une jeune Argentine se serait suicidée à cause d’un prétendu jeu macabre sur WhatsApp, le « Momo challenge ». « Ils voulaient savoir si nous avions des cas » en France, se souvient Samuel Comblez.
« On a aussitôt contacté Facebook, qui était déjà en alerte, et on s’est mis en lien avec le ministère de l’éducation nationale. Chaque réseau social nous a répondu, en nous disant ce qu’ils savaient, ce qu’ils faisaient, le vrai du faux… Bref, très vite, il y avait tout un dispositif prêt à se mettre en œuvre à tout moment, si tout à coup on se retrouvait avec cent cinquante cas dans la semaine. »
Ce qui n’est jamais arrivé. Jusqu’ici, aucune preuve n’a formellement attesté d’un lien entre des suicides et ce jeu, dont l’existence elle-même reste sujette à caution. Seul le suicide d’un adolescent de 14 ans, à la mi-octobre, en Bretagne, a été associé au Momo Challenge par le père de la victime. Il a déposé plainte contre YouTube, WhatsApp et un site de rencontres pour adolescents, tout en indiquant ne pas avoir de preuve que la mort de son fils était liée au Momo Challenge.

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« On n’est pas des faire-valoir »
Aujourd’hui, en plus de former les membres de ces associations à leur politique de modération, les réseaux sociaux comme Facebook les invitent parfois à participer à la conception de leurs outils. « Par exemple, ils nous ont montré la version française de YouTube Kids avant qu’elle ne sorte, et ils ont pris en compte certaines de nos remarques. »
Ce partenariat avec e-Enfance, les plates-formes les brandissent fièrement. Une manière de polisser une image plus qu’écornée ? « On n’est pas les faire-valoir des réseaux sociaux, assume M. Comblez, mais on n’est pas dupes non plus, ils ont intérêt à communiquer sur leur travail avec nous. »
En somme, un échange de bons procédés : « Nous avons intérêt à ce que cela fonctionne bien avec eux pour rendre service au public. De leur côté, ils ont intérêt à ce que leurs utilisateurs se sentent en sécurité. »




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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Le chanteur veut retrouver l’endroit où il a découvert « l’intensité qui entourait [sa] musique » et où il a « mangé, parlé et ri toute la nuit » avec le propriétaire.
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Ben Harper recherche le vendeur de falafels rennais qui a changé sa façon de voir le monde

Le chanteur veut retrouver l’endroit où il a découvert « l’intensité qui entourait [sa] musique » et où il a « mangé, parlé et ri toute la nuit » avec le propriétaire.



LE MONDE
 |    08.11.2018 à 16h21
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 16h30
   





                        



   


A l’occasion des presque 40 ans des Transmusicales, Le Mensuel de Rennes interroge des artistes à propos du festival. Souvenirs, petits événements ou grands moments. Odeurs, hasards ou déambulations. Pourvu que leur mémoire en soit toujours imprégnée, leur vie marquée. Le numéro du vendredi 9 novembre publie une interview du musicien Ben Harper, qui profite de l’occasion pour lancer un avis de recherche : il souhaite retrouver le vendeur de falafels qui a changé sa vie, en 1993. Celui qui fait dire à Ben Harper que Rennes, fut, pour lui, « une renaissance ». Le Télégramme a relayé l’appel. Le hashtag #BenàRennes est lancé sur Twitter.

VIDEO. Ben Harper lance un avis de recherche dans le Mensuel de #Rennes.  La star californienne aimerait beaucoup retrouver un vendeur de  falafels qui a marqué son 1er concert aux Trans Musicales en 93. Festivaliers des Trans, ça vous dit quelque chose ? #BenàRennes #Solidarité pic.twitter.com/26SuC8llFq— Le Mensuel de Rennes (@MensueldeRennes) 7 novembre 2018


Non, vingt-cinq ans plus tard, Ben Harper n’a rien oublié. Rien de rien. C’était en 1993. Ce jour-là, c’était la nuit, et elle n’était pas calme. A 24 ans, il venait de donner son premier concert aux Transmusicales de Rennes. Enivré par la foule, galvanisé par l’énergie que celle-ci lui avait renvoyée. « De la pure adrénaline ! ». Ben Harper, ému, n’avait pas réussi à dormir.
Alors, comme un anonyme qu’il s’apprêtait à ne plus jamais être, il a fait résonner ses pas dans les rues de Rennes, qui se donnaient à lui. Et c’est alors qu’en dérivant, sans but, et on l’imagine planant, tâtonnant, qu’il fait une rencontre dont il se souvient encore aujourd’hui.
« Je me suis arrêté à un stand de falafels. Le propriétaire faisait tourner mon EP “Like a King” sur sa stéréo. Il adorait visiblement mes chansons. Cette intensité qui entourait la musique que j’avais écrite était totalement nouvelle pour moi. Fort heureusement, il parlait anglais. Nous avons mangé, parlé et ri toute la nuit. »
Mais c’était où ? Pas de souvenir. Ce dont il est sûr et qu’il avoue au Mensuel de Rennes, c’est que cette rencontre avec le vendeur de falafels rennais, « a changé sa façon de voir le monde ».
« J’espère que, par un hasard incroyable, il lira ceci. Je voudrais lui dire à quel point cette nuit a compté pour moi. »
Si vous (avez la chance d’être) êtes ce vendeur de falafels, vous pouvez contacter le magazine local au 02-99-79-04-65 ou rennes@lemensuel.com, qui se lance dans cette quête sous forme de véritable avis de recherche : « On se fera un plaisir de le mettre en contact avec la star californienne ! »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Les bâtiments voisins de la catastrophe, qui a causé au moins 7 morts, doivent être déconstruits jeudi.
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A Marseille, les effondrements d’immeubles qui ont fait 7 morts mobilisent 85 enquêteurs

Les bâtiments voisins de la catastrophe, qui a causé au moins 7 morts, doivent être déconstruits jeudi.



LE MONDE
 |    08.11.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 18h34
    |

                            Luc Leroux (Marseille, correspondant)








                        



   


Trois des sept corps retrouvés, depuis mardi 6 novembre, dans les décombres des immeubles qui se sont effondrés en plein cœur de Marseille ont été formellement identifiés grâce à des rapprochements ADN. Il s’agit de deux femmes et d’un homme, tous trois locataires du 65, rue d’Aubagne, le seul des trois immeubles qui était occupé.
Alors que le déblaiement des gravats devrait encore prendre plusieurs jours, « à ce stade, les causes de l’effondrement ne sont pas établies et on ignore d’ailleurs lequel des deux immeubles l’a provoqué », a précisé Xavier Tarabeux, procureur de la République de Marseille, lors d’une conférence de presse donnée au côté d’Eric Arella, directeur interrégional de la police judiciaire. Ce dernier a souligné que quatre-vingt-cinq enquêteurs – notamment toute la brigade criminelle – « sont mis à contribution » dans un dispositif identique à celui qui est déclenché en cas d’attentat. Ouverte pour homicides et blessures involontaires, l’enquête est dirigée par le pôle « accidents collectifs » de la juridiction marseillaise. Deux bâtiments adjacents devaient être déconstruits jeudi, par précaution.
Les témoignages recueillis attestent que l’immeuble situé au numéro 65 a bougé avant de s’affaisser. Vers 2 heures du matin, une locataire avait appelé les marins-pompiers, inquiète de voir s’aggraver une fissure dans son appartement. Elle s’était ravisée et avait recontacté les secours pour qu’ils n’interviennent pas. Peu avant l’effondrement, un occupant du troisième étage n’a pas pu ouvrir sa porte, tandis qu’un autre a quitté son domicile sans pouvoir fermer la sienne.

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Stabilité « douteuse » d’un plancher

   


Construits à la fin du XVIIIe siècle, les immeubles de la rue d’Aubagne, une voie en pente du quartier Noailles, ne possèdent pas de murs indépendants, mais s’appuient les uns contre les autres. Le numéro 63 appartenait dans sa totalité, depuis avril 2017, à Marseille Habitat, une société d’économie mixte qui l’avait acquis au terme d’une procédure d’expropriation menée du fait de son état de délabrement et de la carence de la copropriété. Ses ouvertures avaient été murées afin de prévenir l’entrée de squatteurs. La municipalité affirme que, le 1er novembre, ses services se sont assurés qu’il n’était pas occupé.
« Les investigations portent sur l’état de cet immeuble et les risques d’effondrement qu’il pouvait présenter », a indiqué M. Tarabeux.
Le numéro 65, un immeuble de cinq étages composé de dix logements, occupés uniquement par des locataires, avait fait l’objet, le 19 octobre, d’un arrêté de péril grave et imminent, interdisant l’occupation d’un appartement du premier étage. Selon le rapport de l’architecte désigné par le tribunal administratif, au rez-de-chaussée, une cloison séparant l’entrée de l’immeuble et une boutique inoccupée depuis des années, menaçait ruine et constituait un danger pour les occupants. La stabilité d’un plancher du premier étage était qualifiée de « douteuse », sa structure en bois étant « détériorée par l’humidité ».
D’autres désordres étaient notés : des scellements de gonds de volets menaçant de faire chuter ceux-ci sur la chaussée et des « fissures structurelles importantes » sur la façade. Mais les appartements n’étaient pas insalubres, « on n’est pas dans ce qu’on appelle les marchands de sommeil », a précisé le procureur. Les travaux urgents préconisés par l’expert (étaiement du plancher et protection de la cloison de l’entrée) avaient été réalisés le jour même, affirme le syndic de l’immeuble, dont le personnel a été entendu par la police judiciaire.
A l’exception de l’appartement du premier étage, les locataires de l’immeuble avaient été autorisés à regagner leurs logements, après le passage de l’expert judiciaire accompagné des services spécialisés de la ville de Marseille. Dans quelles conditions a été permise cette réintégration ? « Ce point devra être détaillé », selon le procureur qui n’a « pas plus d’éléments à ce sujet ». Un architecte expert judiciaire a été désigné pour établir les causes et la chronologie des événements.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ L’ancien président du conseil italien prône, à l’approche des Européennes de 2019, une alliance avec Macron pour contrer les partis au pouvoir dans la Péninsule et leurs alliés sur le Vieux Continent.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/11/2018
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Matteo Renzi : « L’attitude du gouvernement est stupide »

L’ancien président du conseil italien prône, à l’approche des Européennes de 2019, une alliance avec Macron pour contrer les partis au pouvoir dans la Péninsule et leurs alliés sur le Vieux Continent.



LE MONDE
 |    08.11.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 09h42
    |

            Philippe Ricard








                        



                                


                            
Matteo Renzi, 43 ans, a dirigé le gouvernement italien de février 2014 à décembre 2016. Il a dû démissionner de la tête du Parti démocrate (PD) après sa défaite aux élections législatives de mars, qui ont permis à la Ligue (extrême droite), de Matteo Salvini, et au Mouvement 5 étoiles (M5S), de Luigi Di Maio, de prendre le pouvoir à Rome.
Où en sont vos discussions avec la République en marche (LRM) en vue des élections européennes ?
Il est important de donner un message d’espoir sur l’avenir de l’Europe. Lors de ce scrutin, il s’agit de faire la distinction entre une vision européenne et une vision populiste. Un large rassemblement est possible, et nécessaire, au centre et à gauche, autour de LRM, du Parti démocrate, des sociaux-démocrates, des élus réunis au sein de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe, de Ciudadanos [libéraux espagnols], sans oublier des mouvements très pro-européens comme les Verts allemands, pour former une nouvelle plate-forme progressiste.

Il s’agira surtout de lutter contre la droite populiste et nationaliste, en particulier en Italie. L’avenir, ce n’est pas non plus [le chef de file de La France insoumise Jean-Luc] Mélenchon et [Jeremy] Corbyn [le chef des travaillistes britanniques]. La gauche doit s’intéresser à améliorer la vie quotidienne, sans s’enfermer dans l’idéologie.
Comment faire campagne pour l’Europe en Italie, qui semble être devenue eurosceptique ?
C’est une bataille pour l’Europe, mais pour une autre Europe. Nous devons aussi nous battre pour les valeurs fondamentales et nous engager pour une Union européenne [UE] qui réponde aux besoins des citoyens : je pense, par exemple, à une véritable défense commune ou à des initiatives contre le chômage, mais aussi à de grands projets pour la culture et la connaissance.
En 2014, le PD était le parti qui avait rassemblé le plus de voix à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ L’attaquant de Manchester United, auteur d’un très bon début de saison avec son club, effectue son retour en sélection près de huit mois après sa dernière apparition avec les Bleus.
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Football : Anthony Martial, retour en grâce

L’attaquant de Manchester United, auteur d’un très bon début de saison avec son club, effectue son retour en sélection près de huit mois après sa dernière apparition avec les Bleus.



LE MONDE
 |    08.11.2018 à 16h17
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 17h28
    |

            Maxime Goldbaum








                        



   


Il est des occasions à ne pas laisser passer. L’attaquant de Manchester United Anthony Martial a été appelé dans la liste des 23 joueurs convoqués par Didier Deschamps pour affronter les Pays-Bas lors du dernier match du groupe A de la Ligue des nations (16 novembre) et l’Uruguay en amical (le 20 novembre). Auteur d’un début de saison tonitruant avec son club, il fait son retour dans le groupe tricolore près de huit mois après sa dernière apparition en bleu et après avoir manqué le bon wagon pour intégrer le groupe de l’équipe de France lors la Coupe du monde en Russie. Il sait que ses chances de s’installer durablement dans le groupe passeront par des performances plus régulières, dans une équipe où les talents offensifs ne manquent pas.
Anthony Martial est « un jeune joueur mais qui, je l’espère, est en train d’acquérir une certaine maturité », a justifié Didier Deschamps en conférence de presse. « Cela fait un moment qu’il est au sein de l’équipe de France, avec des périodes bonnes et des périodes plus difficiles, c’est valable aussi en club », a poursuivi le sélectionneur des Bleus.
En dépit d’un match convaincant contre l’Allemagne en novembre 2017 en amical (2-2), Martial n’a jamais complètement convaincu Didier Deschamps, qui déplorait sa « tendance à être un peu relâché ». Des critiques également émises par son entraîneur en club, le Portugais José Mourinho, qui a régulièrement fustigé son inconsistance et son manque de professionnalisme.
« Il a amélioré sa façon de penser le football »
Auteur de cinq buts lors des quatre dernières journées de Premier League, le joueur de 22 ans enchaîne les performances de très haut niveau depuis le début de saison. Il a permis à son équipe de prendre dix points sur douze sur les quatre dernières journées de championnat.
Les louanges sont désormais unanimes, même auprès de son entraîneur avec qui il entretenait des relations conflictuelles : « Il a les mêmes talents qu’il y a un ou deux ans, mais il a amélioré sa façon de penser le football et son rôle dans l’équipe », a ainsi jugé José Mourinho après la victoire de son équipe face à Bournemouth.

😍 It really is Martial FC.

— ManUtd (@Manchester United)


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Pour l’entraîneur portugais, un grand joueur « est un joueur talentueux qui est régulier et qui comprend un match de football dans sa globalité. C’est une chose d’avoir du talent, c’en est une autre d’être un grand joueur. Il se rapproche de devenir un grand joueur, donc j’aimerais qu’il reste. Je sais que le club veut qu’il reste, alors j’espère qu’il va rester. » 
En fin de contrat au mois de juin 2019, Anthony Martial laisse, en effet, planer le doute sur son avenir, sans doute échaudé par les difficultés rencontrées depuis son transfert de Monaco à Manchester pour 80 millions d’euros en 2015.
Auteur d’un seul petit but en 18 sélections, Anthony Martial avait fait ses débuts avec les Bleus le 4 septembre 2015 face au Portugal. Trois longues années qui ne lui ont pas permis de s’imposer comme un membre à part entière de l’équipe de France.
« Il a des sautes, peut-être de concentration, qui peuvent laisser penser que c’est de l’implication, […] il faut qu’il lutte contre ça pour passer le cap et avoir une régularité toute une saison, voire plusieurs saisons », a conclu, limpide, Didier Deschamps.
S’il profite du forfait de Thomas Lemar pour réintégrer le groupe tricolore, Martial doit également affronter la concurrence du Marseillais Florian Thauvin et celle, potentielle, du Munichois Kingsley Coman. Sa polyvalence – il peut évoluer à gauche ou à droite de l’attaque –, son sens du but et ses accélérations foudroyantes en font, pourtant, un atout maître pour l’avenir de l’attaque de l’équipe de France. Ne lui manque que la constance.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Dans son enquête nationale, l’Observatoire de la vie étudiante dresse un état des lieux préoccupant de la santé des jeunes. Entretien avec les auteurs de cette étude.
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« Stress, anxieté et parfois dépression... Les étudiants sont sous pression »

Dans son enquête nationale, l’Observatoire de la vie étudiante dresse un état des lieux préoccupant de la santé des jeunes. Entretien avec les auteurs de cette étude.



LE MONDE
 |    08.11.2018 à 15h16
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 15h27
    |

            Eric Nunès








                        


L’Observatoire de la vie étudiante (OVE) a publié, mardi 6 novembre, les résultats de sa première enquête nationale sur la santé des étudiants, à laquelle 18 875 élèves ont répondu entre avril et juin 2016. 73 % des étudiants estiment avoir été en bonne ou très bonne santé dans les quatre semaines précédant l’enquête.
Mais ils sont plus nombreux que l’ensemble de la population à présenter des signes cliniques d’épisodes dépressifs. Les auteurs de cette enquête ont répondu aux questions du Monde.
L’étude de l’OVE montre que les étudiantes ont une perception beaucoup moins positive de leur état que les étudiants. L’expliquez vous ?
Feres Belghith, directeur de l’OVE : Il s’agit d’une constante en matière de santé, que nous observons depuis longtemps dans nos enquêtes, avec en moyenne 10 points d’écart, mais qui s’observe de la même façon en population générale (par exemple en 2014, 71 % des hommes de 16 ans ou plus se déclarent en bonne ou très bonne santé contre 66 % des femmes).
Il s’agit d’un indicateur subjectif – on demande à la personne d’évaluer son état de santé, qui dépend donc aussi de la manière dont les personnes se perçoivent et perçoivent leur rapport au monde, des perceptions qui varient selon le sexe.
De ce point de vue, les représentations sociales liées au genre féminin ou masculin, les codes sociaux de la féminité (fragilité, sensibilité, expression verbale) et de la masculinité (virilité, résistance au mal, prise de risque) jouent sur la manière d’évaluer son état de santé.

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Les étudiantes sont également plus nombreuses à se faire dépister que les hommes en ce qui concerne le VIH et l’hépatite B. Qu’est que cela nous apprend ?
Arnaud Regnier-Loilier, directeur de recherche à l’Institut national d’études démographiques (INED) : Cette différence peut en effet tenir au fait que les hommes ne bénéficient pas d’un suivi médical comparable au suivi gynécologique des femmes, lequel favorise un dépistage plus fréquent. Il en résulte, de façon plus générale, des taux de prévalence d’infections sexuellement transmissibles (IST) plus élevés chez les femmes (comme le chlamydia par exemple), du fait qu’elles sont mieux dépistées.
Cela nous apprend que la prévention, notamment des IST, ne peut se réduire à la promotion de comportements sexuels à moindre risque. L’encouragement plus systématique et plus précoce au dépistage, pour les hommes comme pour les femmes, concernant pour des infections parfois sans symptômes est un levier clé afin d’éviter la contamination entre partenaires et le développement silencieux de complications.
Les étudiants fument légèrement plus que la population générale. Pourquoi ?
Feres Belghith : Les différences sont minimes (+ 1,4 point). Il s’agit d’abord d’un effet d’âge, puisque la majorité des étudiants se situent dans les tranches d’âge où la prévalence tabagique est la plus importante. Cependant, on peut également faire l’hypothèse que la situation d’étudiant et ce qu’elle engendre (incertitude, pression, stress…) favorise la consommation de tabac : par exemple, la proportion de fumeurs chez les étudiants qui déclarent s’être sentis en permanence ou souvent nerveux est de 38 % contre seulement 33 % de ceux qui déclarent s’être rarement ou jamais senti nerveux.
Le rapport montre que 45 % des étudiants (35 % des étudiantes) consomment de l’alcool plusieurs fois par semaine ou tous les jours. Une étude de la Smerep publiée en juin soulignait également une forte consommation. Est-ce un phénomène nouveau ?
Yannick Morvan, maître de conférences à l’université Paris Ouest Nanterre-La Défense, et Fabien Gierski, maître de conférences en neuropsychologie à l’université de Reims Champagne-Ardenne : Non, le phénomène n’est pas totalement nouveau, on observait des chiffres similaires sur des enquêtes réalisées à d’autres niveaux, mais c’est la première fois que l’on obtient des données sur un effectif aussi important et surtout représentatif de la population des étudiants à l’université.
Il est important de rappeler que la consommation quotidienne ne concerne que 1 % des étudiants et que la consommation « plusieurs fois par semaine » peut regrouper des réalités diverses comme des consommations modérées sur des périodes festives ou bien des consommations chroniques beaucoup plus inquiétantes.
Afin d’apporter un éclairage complémentaire, nous avons également interrogé les étudiants sur les pratiques de consommation importante d’alcool dans le but de rechercher l’ivresse. Ce type de consommation est présent une ou plusieurs fois par mois chez 13 % des étudiants et une fois par semaine ou plus pour 3 % d’entre eux.
Près de 50 % des étudiants déclarent avoir consommé du cannabis. Quel est le profil du consommateur étudiant ?
Yannick Morvan et Fabien Gierski : Ce sont en effet environ 46 % des répondants qui ont déjà consommé du cannabis au cours de leur vie, ils sont en revanche 23 % (données à paraître) à avoir consommé au cours des douze derniers mois et environ 5 % ont eu une consommation de cannabis régulière (hebdomadaire ou quotidienne) au cours de la même période. Si l’on s’intéresse au profil des consommateurs à risque notamment quotidien, ce sont plutôt, toutes choses égales par ailleurs, des étudiants de sexe masculin, en lettres et sciences humaines ou IUT et plutôt avec des difficultés financières.

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Constatez-vous une hausse de la consommation d’autres produits (stimulant, dopant…) ?
Yannick Morvan et Fabien Gierski : Nous manquons de points de comparaison pour objectiver une hausse ou non de la consommation de ces produits, mais il est très probable que l’on assiste depuis quelques années à une banalisation et une recrudescence de la consommation de produits stimulants et notamment des opiacés tels que la cocaïne ou la « lean » (cocktails à base de sirop codéinés tel que le « purple drank »).
Il est important de retenir que c’est la première fois que nous mesurons, dans un échantillon représentatif de la population étudiant à l’université, l’utilisation de substances pharmacologiques détournées de leurs usages initiaux (médicaments) ou de drogues illégales pour tenter d’améliorer ses performances avant un examen ou un concours. Et le résultat est que près de 4 % des étudiants en ont déjà consommé au moins une fois au cours de leur vie.
La prise de tels produits est-elle liée au stress, à la dépression ? Les étudiants sont-ils sous pression ?
Yannick Morvan et Fabien Gierski : Deux phénomènes semblent co-exister : dans certains cas la consommation est effectivement associée à des niveaux élevés de stress, d’anxiété et parfois également de dépression. Oui, les étudiants sont sous pression, par exemple ces derniers se distinguent de la population générale dans les cas de dépression par une fréquence plus importante des sentiments de dévalorisation.
Il s’agit en effet d’une période de vie difficile sur le plan psychologique marquée par des enjeux importants tant sur le plan professionnel que sur le plan personnel. Ils construisent leur trajectoire de vie future. Ils sont aussi trop souvent dans des situations de précarité. Tout cela génère du stress qui les rend notamment plus vulnérables à l’usage de substances. Il s’agit de faire dace au stress, de le soulager ou de « décompresser ».
Mais au contraire, d’autres étudiants vont bien mais expérimentent l’usage de substances dans un but récréatif. Le problème est que toutes ces substances (alcool, cannabis et psychostimulants) peuvent avoir des effets dépresseurs sur le long terme et aussi conduire les étudiants dans une spirale addictive. Au-delà des risques immédiats liés à la consommation de substance, le risque d’évolution vers un trouble de l’usage de substance est bien réel, comme celui d’apparition d’autres problématiques psychologiques ou psychiatriques comorbides.

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Vos travaux soulignent que 30 % de la population estudiantine aurait renoncé à des soins médicaux pour des raisons financières. Pourtant, l’accès aux services de santé est gratuit. Comment l’expliquer ?
Doriane Mignon, doctorante à l’université Paris-Dauphine : L’accès aux services de santé n’est pas entièrement gratuit en France, sauf pour certaines populations. Il existe des restes à charge qui sont plus ou moins élevés selon le type de soins. Par exemple, le prix d’une consultation chez un médecin généraliste conventionné secteur 1 est de 25 euros. La Sécurité sociale rembourse à hauteur de 70 %, c’est-à-dire 16,5 euros. Si la personne n’a pas de mutuelle – c’est le cas de 7 % des étudiants, tandis que 7 % ne savent pas s’ils en possèdent une –, il lui reste donc 6,5 euros à verser.
Les soins dentaires et les équipements optiques sont peu pris en charge par la Sécurité sociale et provoquent davantage de reste à charge, plus ou moins remboursés par les mutuelles. Une visite chez un spécialiste qui pratique des dépassements d’honoraires (conventionné secteur 2) peut coûter très cher si la couverture complémentaire ne rembourse pas les dépassements.
Enfin, le patient doit avancer l’argent, et ne sera remboursé qu’ultérieurement. Cette contrainte de liquidités peut entraîner des renoncements aux soins pour raisons financières.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Le plasticien, sa société et le Centre Georges-Pompidou devront verser 135 000 euros au concepteur du visuel « Fait d’hiver ».
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Jeff Koons condamné pour le plagiat d’une publicité Naf-Naf

Le plasticien, sa société et le Centre Georges-Pompidou devront verser 135 000 euros au concepteur du visuel « Fait d’hiver ».



Le Monde.fr avec AFP
 |    08.11.2018 à 16h18
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 16h23
   





                        


Le tribunal de grande instance de Paris a condamné jeudi 8 novembre le plasticien américain Jeff Koons pour avoir contrefait une publicité pour les vêtements Naf-Naf représentant le fameux petit cochon de la marque, dans une œuvre brièvement exposée à Paris en 2014.
L’artiste controversé, sa société Jeff Koons LLC et le Centre Georges-Pompidou, qui a exposé lors d’une rétrospective la sculpture en porcelaine du plasticien, ont notamment été condamnés à verser solidairement 135 000 euros de dommages et intérêts au publicitaire Franck Davidovici, concepteur du visuel « Fait d’hiver » pour Naf-Naf.

KOONS ACCUSATO DI PLAGIO: LA SCULTURA “FAIT D’HIVER” RICORDA UNA PUBBLICITÀ FRANCESE DEL 1985 http://t.co/fUpbihzQ2n http://t.co/eBfHAeEVlo— _DAGOSPIA_ (@Dagospia)


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Présentée une première fois en 1988 dans une galerie new-yorkaise, la sculpture de Jeff Koons avait circulé dans le monde avant d’être exposée à la fin de 2014 au Centre Pompidou, à Paris, dans le cadre d’une rétrospective consacrée à l’artiste américain.
Franck Davidovici, publicitaire indépendant, avait découvert l’existence de cette œuvre dans un livre juste avant cette rétrospective et demandé en justice la saisie de l’exemplaire exposé, vendu environ 3 millions d’euros en 2007 chez Christie’s à New York, et faisant partie de la collection Prada. L’œuvre avait finalement été retirée de l’exposition à la demande du prêteur.
Démarche « d’appropriation »
Alain Seban, alors président du Centre Pompidou, avait expliqué que l’artiste menait une démarche « d’appropriation ». Il avait également rappelé que la question s’était posée pour d’autres œuvres de Jeff Koons, et notamment celles de la série Banality, dont fait partie « Fait d’hiver », « dont le principe même est de fonctionner à partir d’objets achetés dans le commerce ou d’images qui viennent de la publicité ou de magazines ».
Ce n’est en effet pas la première fois que l’artiste est condamné pour plagiat. Le tribunal de grande instance de Paris avait notamment jugé en mars 2017 qu’une œuvre de la série Banality, une sculpture en porcelaine intitulée Naked (« nus »), était bien la contrefaçon d’un cliché du photographe français Jean-François Bauret. Il avait condamné Jeff Koons LLC et le Centre Pompidou à verser des dommages et intérêts aux ayants droit de l’auteur de la photographie.

Cette photo de deux enfants nus a-t-elle été plagiée par Jeff Koons ? https://t.co/iZ02OuWwJJ https://t.co/sz7i2ciSuG— Telerama (@Télérama)


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Avant cela, Jeff Koons avait déjà été poursuivi à trois reprises pour plagiat et condamné deux fois.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Laurence Vanceunebrock-Mialon, députée et mère de deux enfants nés par PMA, a participé aux travaux préparatoires de la future loi bioéthique.
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PMA : une élue LRM fait entrer l’homoparentalité à l’Assemblée nationale

Laurence Vanceunebrock-Mialon, députée et mère de deux enfants nés par PMA, a participé aux travaux préparatoires de la future loi bioéthique.



LE MONDE
 |    08.11.2018 à 11h37
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 16h34
    |

            Solène Cordier








                        



                                


                            

La dernière fois qu’elle s’est sentie une mère de seconde zone ? Laurence Vanceunebrock-Mialon réfléchit un court instant. « L’an dernier, je partais au Portugal avec ma femme et ma cadette, issue d’une précédente union. A l’aéroport, on m’a demandé une autorisation de sortie de territoire signée de mon ex-compagne, parce que rien n’indique que je suis la mère de ma fille », raconte la députée (La République en marche) de la deuxième circonscription de l’Allier. A 48 ans, c’est la deuxième femme siégeant dans l’Hémicycle à assumer publiquement son homosexualité. « Sans ce papier, je n’avais pas le droit de partir en vacances avec elle. »
En France, depuis 2013 et la loi sur le mariage pour tous, l’épouse de la mère biologique, la « mère sociale », peut désormais adopter l’enfant qu’elle n’a pas porté et établir ainsi une filiation. Mais les couples homosexuels qui ne sont pas mariés n’ont pas cette possibilité. Laurence Vanceunebrock-Mialon, séparée depuis 2007, a eu deux filles avec son ancienne compagne. Les deux femmes en ont porté chacun une. « Mon ex et moi n’avons donc aucun droit sur l’une des deux », résume-t-elle.
« Nous sommes un peu des sous-citoyens, mais je compte bien y remédier », dit tranquillement celle dont les proches soulignent à l’unisson la détermination pour défendre ses idées. Son combat du moment tient en trois lettres : PMA, pour procréation médicalement assistée. La possibilité pour toutes les femmes d’y accéder, y compris les homosexuelles et les femmes seules qui en sont aujourd’hui exclues, est l’une des promesses de campagne d’Emmanuel Macron. Elle sera discutée dans la future loi sur la bioéthique, selon toute vraisemblance à l’agenda parlementaire en 2019.
« On est strictement banales »
Pour Laurence Vanceunebrock-Mialon, qui appartient à cette vague de nouveaux députés qui ont déferlé sur l’Assemblée après les élections législatives...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ L’autopsie a révélé que Louis Fajfrowski a succombé, le 10 août, à un traumatisme thoracique. Sonné après un plaquage durant un match, il avait perdu connaissance à plusieurs reprises et n’avait pu être réanimé.
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Rugby : la mort du jeune joueur d’Aurillac, Louis Fajfrowski, jugée accidentelle

L’autopsie a révélé que Louis Fajfrowski a succombé, le 10 août, à un traumatisme thoracique. Sonné après un plaquage durant un match, il avait perdu connaissance à plusieurs reprises et n’avait pu être réanimé.



LE MONDE
 |    08.11.2018 à 14h13
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 15h11
   





                        



   


L’enquête de la justice autour de la mort d’un jeune joueur de rugby d’Aurillac, Louis Fajfrowski (21 ans), après un match le 10 août, a abouti à la conclusion d’une mort accidentelle. Les résultats de l’autopsie révèlent que le joueur a succombé à un traumatisme thoracique, rapporte le quotidien La Montagne qui, citant le substitut du procureur d’Aurillac, précise que ce choc a été « responsable d’une commotion cardiaque avec accélération du rythme qui a entraîné son décès ».
L’autopsie pratiquée juste après la mort n’avait pas permis de connaître les causes du décès, ainsi que l’avait alors expliqué le parquet. Des analyses complémentaires avaient été ordonnées. Le parquet précise aujourd’hui que l’enquête n’a pas pu « démontrer qu’il y avait une quelconque faute imputable à qui que ce soit ». 
« Ce sont plusieurs facteurs qui ont conduit au décès », a expliqué le procureur d’Aurillac, Olivier Clémençon, précisant que le joueur a subi « un traumatisme thoracique précordial, responsable d’une commotion cardiaque létale sur un cœur pathologique ». Le parquet a donc conclu « à une mort accidentelle à la suite et non pas à cause d’un plaquage », a précisé le procureur.
Le joueur, titulaire au centre de l’attaque du Stade aurillacois, était sorti du terrain en seconde période du match contre le club de Rodez après avoir été l’objet d’un plaquage. Sonné, il avait pu se relever avec l’aide des soigneurs avant de se rendre par ses propres moyens aux vestiaires, accompagné d’un médecin. C’est aux vestiaires qu’il avait perdu connaissance à plusieurs reprises. Pris en charge par le service médical et les secours supplémentaires arrivés sur place, il n’avait pas pu être ranimé.
Débats sur la dangerosité du rugby
Après cette mort accidentelle, les débats avaient été relancés dans le monde du rugby sur la dangerosité de ce sport et tout particulièrement la violence des chocs auxquels sont exposés les pratiquants. Dans un éditorial publié le 13 août, et titré « La nausée », le journal Midi olympique, spécialisé dans le rugby, avait regretté que ce sport soit « de plus en plus destructeur », mettant « ses propres acteurs en danger à force de collisions à très grande vitesse ».
« Un jeu de plus en plus con − on se répète, hélas − à force d’oublier la moitié de son ADN : la recherche de l’évitement, qui lui conféra longtemps une force créatrice enviée par tant d’autres disciplines », écrivait le journal, selon qui « il y a désormais urgence : il faut agir pour voir, demain, le rugby changer radicalement dans son approche du jeu, en assumant ses maux actuels et la propre menace qu’il génère pour avoir cédé au tout physique ».

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Mesures pour renforcer la sécurité chez les jeunes
La multiplication des commotions cérébrales ces dernières années a conduit à la mise en place de protocoles plus stricts pour tenter d’empêcher les joueurs de reprendre le jeu trop vite quand ils ont subi de tels chocs. Après la mort de Louis Fajfrowski, Bernard Laporte, président de la Fédération française de rugby (FFR), a annoncé aux dirigeants de club la mise en place d’un programme intitulé « Bien joué », comportant plusieurs mesures destinées à « renforcer la sécurité de la pratique de notre sport ». Celles-ci visent avant tout les jeunes pratiquants.
La Fédération a notamment introduit cette saison une faute offensive, le passage en force, chez les moins de 14 ans. « Le rugby, c’est de faire des passes, d’éviter et de passer dans les intervalles », a plaidé M. Laporte, considérant également qu’« il faut être intransigeant sur les plaquages au niveau de la poitrine et qui finissent au cou et à la tête ». 
Au-delà de ces annonces concernant les jeunes pratiquants, la transformation du rugby se fait attendre au niveau professionnel. Or, en Top 14 et Pro D2, les championnats de première et deuxième divisions, les retouches demeurent minimes. Depuis cette saison, au moyen d’un carton bleu, les arbitres pourront imposer la sortie définitive du terrain de tout joueur présentant un « signe évident de commotion cérébrale ».
Des pistes existent pourtant pour sécuriser les plaquages, y compris chez les professionnels. Florian Grill, l’un des principaux opposants à Bernard Laporte au sein du comité directeur de la FFR, entend, par exemple, « interdire et sanctionner sévèrement les plaquages » au-dessus de la poitrine, ou encore « matérialiser la ligne de plaquage » autorisée « par une couleur différente sur les maillots ou les shorts ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Matthew Whitaker, le ministre de la justice par intérim qui remplace Jeff Sessions, est un adversaire déclaré du procureur spécial.
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Aux Etats-Unis, la pression s’accroît sur l’enquête russe de Robert Mueller

Matthew Whitaker, le ministre de la justice par intérim qui remplace Jeff Sessions, est un adversaire déclaré du procureur spécial.



LE MONDE
 |    08.11.2018 à 11h12
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 15h12
    |

            Nicolas Bourcier








                        



   


Depuis deux mois, le procureur spécial Robert Mueller et ses équipes s’étaient montrés encore plus discrets que d’habitude. La coutume établie par le ministère de la justice, imposant aux magistrats de se garder de toute inculpation à caractère politique dans les soixante jours précédant un scrutin, a semble-t-il fait son effet. La fin de la trêve électorale sifflée brutalement par Donald Trump au lendemain des « midterms », mercredi 7 novembre, en remplaçant le ministre de la justice, Jeff Sessions, par son chef de cabinet, Matthew Whitaker, a remis la délicate enquête russe sur le devant de la scène.
Nommé il y a un an et demi au poste de procureur spécial chargé de l’enquête sur l’ingérence de Moscou dans la campagne présidentielle américaine de 2016 et la possible collusion avec les équipes du candidat Trump, Robert Mueller va devoir désormais faire face à un ministre de tutelle ouvertement hostile aux investigations en cours. Ancien procureur et homme d’affaires, Matthew Whitaker est connu pour avoir développé des relations étroites avec la Maison Blanche, où il était considéré comme un allié politique fiable.

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En juillet 2017, peu avant d’entrer dans le cabinet de Jeff Sessions, Matthew Whitaker avait émis sur CNN l’idée de couper les fonds fédéraux aux équipes du procureur spécial. « Une baisse drastique signifierait l’arrêt de l’enquête », avait-il alors lancé devant les caméras.
Un mois plus tard, il reprit sur son compte Twitter le titre d’un article du site Philly.com, « Un conseil à l’avocat de Trump : ne coopérez pas avec le gang de lyncheurs de Mueller ». Dans son Tweet, il précisait que l’article « valait la peine d’être lu ». L’annonce de sa nomination n’a toutefois pas permis de déterminer si le nouveau ministre par intérim allait prendre directement en charge la supervision de cette tentaculaire enquête, qui n’a eu de cesse d’empoisonner la présidence de Trump.
Dépositions discrètes
Au cours de ces dix-huit mois, Robert Mueller est parvenu à inculper 32 personnes, dont 26 ressortissants russes. Sur le versant américain, quatre membres de l’équipe de campagne du président ont été mis en examen par ses soins : Michael Flynn, l’ex-conseiller à la sécurité nationale de Trump, George Papadopoulos, l’éphémère conseiller diplomatique, Paul Manafort, le directeur de campagne de mai à août 2016, ainsi que son ancien associé Rick Gates, l’autre cheville ouvrière de la campagne. Tous les quatre – accusés à des degrés divers de parjure, de conspiration contre les Etats-Unis, de blanchiment d’argent et d’évasion fiscale – ont décidé de plaider coupable, à l’instar de Michael Cohen, l’avocat personnel de Trump. Cerné par plusieurs affaires, l’ancien fidèle parmi les fidèles du milliardaire new-yorkais a choisi de coopérer avec la justice dans un dossier à part.

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Ces dernières semaines, l’équipe d’enquêteurs de Robert Mueller a poursuivi ses investigations et interrogé plusieurs témoins. Des dépositions ont eu lieu, en toute discrétion, devant un grand jury d’une cour fédérale à Washington. D’après certains médias, le procureur spécial s’intéresse désormais tout particulièrement à Roger Stone, mentor politique et conseiller de campagne de longue date de Donald Trump.
L’ami du président, qui avait joué un rôle minime mais notable dans le scandale du Watergate, est dans le collimateur de Robert Mueller en raison des propos qu’il avait tenus lors de la campagne de 2016. Il s’était vanté avoir été en contact avec WikiLeaks. Au cours des derniers mois de la course à la Maison Blanche, le site cofondé par Julian Assange avait publié des courriels de membres du Parti démocrate qui auraient été piratés par des militaires russes. A plusieurs reprises au cours de l’enquête, Roger Stone a au contraire affirmé qu’il n’a pas été en contact avec WikiLeaks et qu’il n’avait pas connaissance de ses projets.
Andrew Miller, un assistant de longue date de Stone, a, lui, refusé de se plier à une citation à comparaître devant le grand jury, arguant que l’enquête du procureur spécial était anticonstitutionnelle. Un juge l’a déclaré coupable d’outrage au tribunal. Une audience devait avoir lieu jeudi.
Réponses écrites
L’autre front ouvert par Robert Mueller concerne directement Donald Trump, soupçonné d’avoir tenté d’entraver l’enquête en limogeant en mai 2017 le chef du FBI, James Comey. Au printemps 2017, le procureur spécial a envoyé une quarantaine de questions écrites aux avocats de Trump. Plusieurs sources indiquaient, avant la démission forcée de Jeff Sessions, que l’équipe juridique du président avait prévu de répondre à la mi-novembre à une douzaine d’entre elles. En septembre, après d’âpres négociations, les deux parties avaient convenu que Mueller acceptait, en guise de première étape, les réponses écrites à un sous-ensemble de questions.
En revanche, les avocats du président ont résisté, à plusieurs reprises, à la demande d’entretien avec Donald Trump formulé par le procureur spécial. L’ancien maire de New York et avocat du président, Rudy Giuliani, en a clairement refusé l’idée, craignant que Robert Mueller accuse M. Trump de parjure.
Mercredi soir, devant la presse conviée à la Maison Blanche, le président a martelé à plusieurs reprises qu’il laisserait l’enquête aller « jusqu’au bout ». « Je ne suis inquiet de rien, parce que cette enquête russe est un canular », a-t-il assuré, répétant une énième fois qu’il n’y avait pas eu de collusion entre son équipe et le Kremlin.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Le rapport fustige le « défaut d’autorité » du président et la « faiblesse intellectuelle » du PS.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/11/2018
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L’autopsie sans complaisance du quinquennat Hollande par la Fondation Jean-Jaurès

Le rapport fustige le « défaut d’autorité » du président et la « faiblesse intellectuelle » du PS.



LE MONDE
 |    08.11.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 15h24
    |

            Gérard Courtois (éditorialiste au « Monde »)








                        



                                


                            
Il pourrait être singulièrement masochiste, pour des sociaux-démocrates assumés, de dresser le bilan d’un président socialiste dont le mandat s’est terminé par une déroute électorale. La Fondation Jean-Jaurès (FJJ) a évité cet écueil : l’inventaire qu’elle vient de dresser du quinquennat de François Hollande ne cède pas à l’autoflagellation – et pas davantage à l’acrimonie ou à la complaisance.
Cet exercice clinique inédit a été mené pendant plusieurs mois au sein d’une huitaine de séminaires thématiques consacrés à tous les aspects de la politique gouvernementale. Il a mobilisé plus de soixante chercheurs, analystes mais aussi des acteurs de premier plan de cette période (parmi lesquels Jean-Marc Ayrault, Bernard Cazeneuve, Benoît Hamon, Pierre Moscovici, Laurent Berger, Jean-Christophe Cambadélis, Myriam El Khomri, Marisol Touraine, Michel Sapin, Olivier Faure…). En outre, il a été ponctué par une réunion publique qui a donné l’occasion à François Hollande de livrer sa propre relecture de ses cinq années élyséennes. L’ensemble a été coordonné par Alain Bergounioux, historien du socialisme, et Gilles Finchelstein, directeur général de la fondation.

Le copieux rapport qui en résulte (consultable sur le site de la fondation) témoigne d’une exigence de lucidité. Le premier constat est cruel : « Beaucoup a été fait » pendant cinq ans, mais « peu a été mémorisé » et encore moins défendu lors de la campagne présidentielle de 2017.
Ampleur sous-estimée de la crise économique
Le rappel des réformes réalisées est en effet éloquent : par exemple, le mariage pour tous, l’accord sur le climat à la COP 21, le non-cumul des mandats, le compte personnel d’activité, la Banque publique d’investissement, la mise en place des zones de sécurité prioritaire, l’alignement de la fiscalité du capital sur celle du travail, la création de 54 000 postes supplémentaires dans l’éducation nationale et celle de 150 000 emplois d’avenir, la généralisation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ L’Eglise catholique allemande a mis en place une initiative similaire que celle annoncée par les évêques français pour faire la lumière sur les abus sexuels.
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Pédophilie : une commission inspirée par les exemples européens

L’Eglise catholique allemande a mis en place une initiative similaire que celle annoncée par les évêques français pour faire la lumière sur les abus sexuels.



LE MONDE
 |    08.11.2018 à 11h31
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 13h35
    |

                            service international








                        


Depuis les années 1990 et la multiplication des grands scandales de pédophilie un peu partout dans le monde, les Eglises des pays concernés ont réagi en ordre dispersé, et presque systématiquement sous la contrainte. Les révélations sur les abus sexuels commis par des prêtres et la façon dont leur hiérarchie a détourné les yeux ont été faites, pour l’essentiel, à l’initiative des victimes ou de la presse. C’est le plus souvent à la demande et sous le contrôle des gouvernements que des commissions d’enquête ont été mises en place.

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Les initiatives les plus anciennes reviennent à l’Irlande. En 2009, le rapport Murphy, commandé par le gouvernement irlandais, dépeignait trente ans d’exactions et d’omerta dans le diocèse de Dublin, où les plaintes des familles n’ont pas été prises au sérieux par les évêques successifs, alors même qu’au moins 46 prêtres avaient abusé plus de 400 enfants. La même année, le rapport du juge Ryan, fruit de neuf années d’enquêtes, concluait que, sur 35 000 enfants placés des institutions dépendant de l’Eglise, plus de 2 000 avaient subi des abus physiques ou sexuels, notamment de la part de prêtres.
En 2017, en Australie, une commission d’enquête créée quatre ans plus tôt à l’initiative du gouvernement a répertorié 4 444 cas d’abus entre 1980 et 2015 et identifié 1 900 religieux incriminés. Aux Etats-Unis, c’est la justice qui a conduit l’essentiel des recherches, à commencer par l’enquête menée après les révélations du Boston Globe au début des années 2000. Le 14 août 2018, le procureur de Pennsylvanie détaillait les violences commises sur plus de 1 000 enfants et adolescents par au moins 300 prêtres dans six des huit diocèses de cet Etat pendant cinq ou six décennies.
Aux Pays-Bas, c’est l’Eglise elle-même qui a pris les devants. En 2010, à la suite de plusieurs révélations dans la presse de cas d’abus sexuels, la Conférence épiscopale néerlandaise et la Conférence des instituts religieux néerlandais avaient annoncé vouloir une enquête « exhaustive, externe et indépendante ». Dans son rapport final, dévoilé dix-huit mois plus tard, elle estimait que « plusieurs dizaines de milliers de mineurs » avaient été abusés sexuellement au sein de l’Eglise catholique néerlandaise depuis 1945.

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« Tournant » en Allemagne
Le cas allemand semble être celui qui se rapproche le plus de l’initiative annoncée mercredi par les évêques français – la création prochaine d’une « commission indépendante ». Le 25 septembre, l’Eglise catholique allemande a rendu public un rapport de 350 pages portant sur la période 1946-2014. Pilotée par une équipe d’universitaires, elle avait été commandée en 2013 après une série de révélations sur d’anciennes affaires de pédophilie dans plusieurs établissements catholiques de renom.
Elle avait démontré que, sur cette période, 1 670 membres de l’Eglise catholique avaient agressé sexuellement 3 677 mineurs, en majorité des garçons de moins de 13 ans, ce qui signifie qu’au moins 4,4 % de l’ensemble des religieux ont abusé d’enfants. Une évaluation plancher, reconnaissent les auteurs. Une victime sur six aurait été violée. L’étude met également en évidence l’impunité dont ont bénéficié les agresseurs. Sur les 1 670 religieux mis en cause, seulement 566, soit un tiers environ, ont été poursuivis canoniquement. Parmi eux, à peine une quarantaine ont été exclus de l’Eglise. La justice pénale, elle, n’a été saisie que dans une centaine de cas.
Après la publication de l’étude, l’Eglise a évoqué un « tournant » et fait part de sa « honte ». Plusieurs plaintes ont été déposées auprès des différents procureurs généraux du pays afin que la justice déclenche des enquêtes dans chacun des vingt-sept diocèses allemands. Selon le Spiegel, cinq diocèses étaient visés, fin octobre, par des enquêtes judiciaires.
L’enquête allemande n’a toutefois pas échappé aux critiques des associations de victimes : selon elles, ses auteurs n’ont pas eu accès aux archives, mais seulement aux informations fournies par les diocèses ; l’étude n’entre dans « aucun détail concernant la situation de tel ou tel diocèse ou le rôle de tel ou tel prélat » ; enfin, elle ne concerne « que l’Eglise stricto sensu », laissant donc de côté les institutions éducatives qui lui sont liées. Les mêmes questions se poseront en France quant au périmètre d’action et aux moyens dévolus à la future commission d’enquête.
En Belgique, les conclusions d’une commission d’enquête instaurée par l’Eglise pour entendre les victimes sont attendues en 2019. Ses travaux, débutés en 2009, furent très encadrés, voire entravés, y compris par le ministre de la justice de l’époque, ce qui entraîna la démission de sa présidente, une magistrate. Son successeur, le pédopsychiatre Peter Adriaenssens, a vu sa tâche facilitée par des révélations sur l’un des prélats les plus en vue du pays, Roger Vangheluwe, l’évêque de Bruges. En septembre 2010, M. Adriaenssens avait fait publier l’intégralité des témoignages recueillis.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Au terme d’un scrutin sans suspense, le Bavarois, âgé de 46 ans, a obtenu 492 des 619 voix des délégués du Parti populaire européen appelés à voter.
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Elections européennes : l’Allemand Manfred Weber investi chef de file des droites

Au terme d’un scrutin sans suspense, le Bavarois, âgé de 46 ans, a obtenu 492 des 619 voix des délégués du Parti populaire européen appelés à voter.



LE MONDE
 |    08.11.2018 à 14h12
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 16h34
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen, envoyée spéciale à Helsinky)








                        



   


Une dernière petite blague, un dernier discours sans aspérités un peu pour la forme, une dernière distribution de pin’s et de plaquettes à son effigie… Malgré son aisance et son CV en or massif, l’ex-premier ministre finlandais Alex Stubb n’avait aucune chance lors de la primaire interne des droites européennes (le Parti populaire européen, PPE), jeudi 8 novembre à Helsinki. C’est Manfred Weber, un Bavarois de 46 ans, discret et peu charismatique, mais très apprécié des délégués et parfait connaisseur des arcanes bruxellois, qui a remporté la mise haut la main : il a été élu par 80 % des votants.
L’Allemand, élu de la CSU, mais considéré comme un modéré au sein de cette formation très droitière, est le chef de file du PPE au Parlement de Strasbourg depuis 2014. Il n’a pourtant jamais exercé dans un gouvernement, mais sa connaissance des partis conservateurs, même les plus petits, dans l’est et dans le nord de l’Union, sa simplicité et son message de proximité avec les citoyens, ont visiblement convaincu. Tout comme la priorité accordée à la « lutte contre la migration illégale : le PPE doit être le parti du contrôle strict des frontières ».
Manfred Weber avait reçu le feu vert de la chancelière allemande, Angela Merkel, dès fin août, puis a engrangé les soutiens de quasiment tous les dirigeants du PPE ces dernières semaines – Laurent Wauquiez, patron de Les Républicains, fut parmi les derniers à s’y rallier, mardi 6 novembre.
L’identité chrétienne est aussi en haut de l’affiche pour ce discret politique, très attaché à ses origines bavaroises, qui n’a pas hésité à se mettre en scène faisant le signe de croix, dans sa vidéo de campagne. « Nous sommes fiers de ces valeurs et nous les défendrons, nous sommes des chrétiens démocrates », a-t-il répété au moins une vingtaine de fois lors de son dernier de discours avant les votes.
Maintenir l’unité
M. Weber va devoir incarner le parti paneuropéen pour le scrutin de mai 2019. Ses objectifs ? Faire en sorte que sa formation, toujours la plus puissante dans les institutions, ne perde pas trop de plumes face aux partis populistes. En maintenant son unité. Et succéder, à l’issue du scrutin de mai, à « son ami » Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission.
Jeudi, les dirigeants du PPE espéraient refermer la « parenthèse Orban », les dérives illibérales du premier ministre hongrois ayant créé un fort malaise au sein du parti. Mais ils n’y sont pas tout à fait parvenus. Le 12 septembre, lors d’un vote historique au Parlement européen, plus de la moitié des élus conservateurs ont voté pour le déclenchement d’une procédure pour violation de l’Etat de droit en Hongrie.

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Depuis, Joseph Daul, le très influent président du PPE, a beaucoup travaillé pour ramener l’unité dans les rangs, bien que M. Orban, lui, n’ait pas reculé sur son paquet législatif « Stop Soros », pourtant considéré par le Parlement européen comme dangereux pour les libertés publiques. L’Université d’Europe Centrale, établissement respecté de Budapest fondée par le milliardaire Georges Soros, devenue la bête noire de M. Orban, est sur le point de déménager à Vienne. A Helsinki, les délégués ont voté une résolution « sur l’Etat de droit » très générale. Et M. Orban a évité toute provocation, se contentant surtout de rendre hommage à Helmut Kohl, la figure tutélaire du PPE, décédé le 16 juin 2017, « l’homme qui savait que dans une famille, on peut ne pas être d’accord mais on reste toujours unis ».
Mais le Polonais Donald Tusk, président du Conseil européen, a mis les pieds dans le plat, insistant sur le fait qu’on « n’est pas chrétien démocrate si on ne respecte pas l’indépendance judiciaire, la démocratie libérale et les ONG ». Une critique directe à la politique de M. Orban. La chancelière Merkel, ovationnée, a certes, elle aussi, insisté sur l’image « chrétienne de l’homme », mais qui, selon elle, implique le respect « de la démocratie, de la liberté d’opinion, de la presse, de la recherche ».
En fort recul
Le PPE est, de fait, moins mal en point que son ancien partenaire de coalition à Strasbourg, le Parti socialiste européen, mais selon les dernières projections non officielles, il pourrait perdre jusqu’à une cinquantaine de sièges dans l’hémicycle européen. Le journal européen Contexte ne leur attribue plus que 167 sièges, contre 215 actuellement.
La CDU, pilier du PPE, recule dans tous les scrutins régionaux en Allemagne. En Italie, en Espagne, dans ces grands pays ayant envoyé traditionnellement de fortes délégations de conservateurs à Strasbourg, les droites classiques sont aussi en fort recul. En France, Les Républicains craignent de perdre un gros tiers de leurs troupes et de ne plus pouvoir prétendre qu’à une douzaine d’eurodéputés en mai.
S’il était confirmé, cet effritement important handicaperait forcément les chances de M. Weber de succéder à M. Juncker. L’heureux ou heureuse élue sera plus probablement la personne la plus capable de construire une coalition de partis pro-européens, qui héritera du bureau du Luxembourgeois au 13e étage du Berlaymont, le siège de la Commission à Bruxelles. M. Weber, plutôt identifié à droite du PPE, n’est pas le mieux placé. Dans ce cas de figure, Margrethe Vestager, la très médiatique commissaire danoise à la concurrence ou Michel Barnier, le M. Brexit des Européens, conservent leurs chances.

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Joseph Daul, le président du PPE, a assuré à Helsinki que le champion du parti serait « leur premier choix » comme président de la Commission, mais il n’a pas exclu, en creux, un deuxième ou un troisième choix. C’est probablement la raison pour laquelle une partie des eurodéputés conservateurs français fantasment encore sur Michel Barnier, qui a acquis une stature de quasi-chef d’Etat grâce à sa maîtrise des négociations du Brexit, mais qui n’a pas pu participer à la primaire interne : il doit d’abord décrocher un accord avec Londres sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Trois semaines après avoir légalisé la marijuana à usage récréatif, les boutiques sont déjà en rupture de stock.
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Déjà une pénurie de cannabis « légal » au Canada

Trois semaines après avoir légalisé la marijuana à usage récréatif, les boutiques sont déjà en rupture de stock.



LE MONDE
 |    08.11.2018 à 16h26
 • Mis à jour le
08.11.2018 à 16h33
   





                        



   


Retour au marché noir pour les consommateurs frustrés. Victimes de leur succès, les boutiques de cannabis de trois provinces canadiennes font face à une pénurie, trois semaines après la légalisation. Au Québec, elles étaient déjà fermées trois jours par semaine depuis le 26 octobre, « jusqu’à ce que la disponibilité des produits se soit stabilisée », a expliqué dans un message sur Twitter la Société québécoise du cannabis (SQDC), qui détient le monopole de la vente.

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Marché de 4 milliards d’euros
Après quasiment un siècle de prohibition, le Canada est devenu le premier pays du G20 à légaliser le cannabis récréatif, le 17 octobre dernier. C’était l’un des engagements de campagne les plus symboliques du gouvernement libéral de Justin Trudeau.

Le gouvernement a voulu permettre à chaque province d’organiser le commerce de l’herbe. Chaque région a retenu sa propre recette pour organiser ce marché juteux, évalué à environ 6 milliards de dollars canadiens (4 milliards d’euros) par an. La pénurie actuelle menace l’objectif des autorités : mettre fin au commerce illégal.



                            


                        

                        

