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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ La victoire du Parti démocrate à la Chambre des représentants va remettre en question certaines orientations de la politique étrangère de Trump, notamment le soutien américain à l’Arabie Saoudite dans la guerre au Yémen, analyse l’historienne Maya Kandel dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤                     
                                                   
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« Aux Etats-Unis, la campagne présidentielle de 2020 a déjà commencé »

La victoire du Parti démocrate à la Chambre des représentants va remettre en question certaines orientations de la politique étrangère de Trump, notamment le soutien américain à l’Arabie Saoudite dans la guerre au Yémen, analyse l’historienne Maya Kandel dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    07.11.2018 à 18h35
    |

                            Maya Kandel (historienne (Paris III Sorbonne Nouvelle)








                        



                                


                            
Tribune. La politique étrangère n’a pas été un enjeu des élections de mi-mandat, avant tout un référendum sur le président Donald Trump et sa révolution nationale-populiste. En politique étrangère, cette révolution n’a pas affecté tous les dossiers – ainsi la politique de défense et les engagements militaires restent marqués par la continuité –, mais représente dans d’autres domaines une véritable rupture. Or le Congrès américain joue un rôle essentiel en politique intérieure, mais aussi en politique étrangère, même si la pratique contemporaine a évolué vers une « présidence impériale ». Pour le dire simplement, en politique intérieure, le président ne peut agir sans le Congrès ; en politique étrangère, il peut agir jusqu’à ce que le Congrès l’en empêche.
C’est précisément ce qui s’est produit sur plusieurs aspects cruciaux de la politique étrangère pendant les deux premières années de Trump. On a vu en effet une véritable résistance bipartisane du Congrès à certains aspects essentiels de la doctrine « America first ». Utilisant son pouvoir budgétaire, le Congrès a ainsi protégé le budget de la diplomatie et de l’aide extérieure contre des coupes de 30 % voulues par la Maison Blanche ; les parlementaires ont également fixé des lignes rouges en défense des alliances, de manière symbolique (résolution de soutien à l’OTAN) ou contraignante (interdiction de financement de tout retrait de troupes américaines de Corée du Sud) – lignes rouges que Trump n’a pas franchies.
Nouvelles lignes rouges
Cette affirmation du Congrès en défense du rôle international des Etats-Unis et de ses moyens d’action, tout particulièrement la diplomatie, l’aide extérieure et les alliances, est d’autant plus frappante que, historiquement, le Congrès a quasiment toujours été plus isolationniste que le président : l’exemple le plus connu est le rejet, en 1919, du traité de Versailles par le Congrès américain, entraînant la non-participation des Etats-Unis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Clémentine Baldon, Renaud Beauchard et Rainer Geiger, trois avocats experts en commerce international rappellent que la justice arbitrale est susceptible de faire obstacle à des réformes sociales, environnementales ou fiscales.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
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« L’Union européenne devrait repenser sa stratégie en matière de règlement des différends entre investisseurs et Etats »

Clémentine Baldon, Renaud Beauchard et Rainer Geiger, trois avocats experts en commerce international rappellent que la justice arbitrale est susceptible de faire obstacle à des réformes sociales, environnementales ou fiscales.



LE MONDE
 |    07.11.2018 à 17h59
 • Mis à jour le
07.11.2018 à 18h28
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Le Canada et les Etats-Unis ont fait le choix de retirer le très controversé mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et Etats [MRDIE en français, ISDS, pour Investor-State ­Dispute Settlement] du nouvel accord de commerce nord-américain entre les Etats-Unis, le Mexique et le Canada [United States-Mexico-Canada Agreement - USMCA]. Cette décision offre une excellente opportunité pour revisiter l’accord signé entre l’Union européenne et le Canada, le CETA, ainsi que les autres accords de commerce en cours de négociation par l’Union européenne. Après plus de vingt ans de mise en œuvre du mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et Etats dans l’accord de libre-échange nord-américain (Alena), le bilan est sévère.

Faut-il rappeler que, contrairement à toute attente, c’est le Canada qui a le plus souffert de ce dispositif avec pas moins de 41 recours en arbitrage et 200 millions de dollars d’indemnités versées, avec l’argent du contribuable, aux investisseurs privés. Ces montants ne tiennent pas compte des intérêts, des frais de défense du Canada (près de 100 millions de dollars) et des procédures en cours qui exposent le Canada à verser 500 millions de dollars d’indemnités supplémentaires, notamment à une société minière qui s’est vu refuser un projet de construction de carrière en zone sensible après une étude environnementale défavorable jugée injuste par un tribunal arbitral.
Le Canada n’a pas su tirer profit du MRDIE
De leur côté, les sociétés canadiennes n’ont pas non su tirer profit du MRDIE en échouant, en particulier, à faire condamner les Etats-Unis par les tribunaux arbitraux. Devant ce bilan négatif et la pression croissante des citoyens pour abolir cette forme de justice arbitrale susceptible de faire obstacle à des réformes sociales, environnementales ou fiscales, le Canada a, finalement, décidé de renoncer au règlement des différends entre investisseurs et Etats, dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Robert Malley, président de l’International Crisis Group et ancien conseiller spécial de Barack Obama, considère, dans une tribune au « Monde », que le succès des démocrates aux élections de mi-mandat risque de pousser la diplomatie de Trump à être encore moins dans la retenue.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
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Elections de mi-mandat aux Etats-Unis : « Ce résultat hybride peut avoir des effets contradictoires sur la politique étrangère du président »

Robert Malley, président de l’International Crisis Group et ancien conseiller spécial de Barack Obama, considère, dans une tribune au « Monde », que le succès des démocrates aux élections de mi-mandat risque de pousser la diplomatie de Trump à être encore moins dans la retenue.



LE MONDE
 |    07.11.2018 à 15h59
 • Mis à jour le
07.11.2018 à 18h37
    |

Robert Malley (Président de l'International Crisis Group et ancien conseiller spécial du président Obama)







                        



                                


                            

Tribune. Les élections parlementaires américaines de mi-mandat ont livré leur verdict, mais pas encore toutes leurs implications concernant la politique étrangère des Etats-Unis. Conquise par les démocrates, la Chambre des représentants n’a qu’une influence partielle en ce domaine. Elle pèse sur les questions budgétaires, et donc sur les dépenses militaires.
Elle peut créer des commissions d’enquête et examinera sans nul doute les accointements particuliers de la famille Trump avec certaines puissances étrangères – la Russie en premier lieu, mais aussi l’Arabie saoudite et d’autres pays du Golfe ; les complaisances qui semblent en avoir découlé ; les possibles connivences électorales avec Moscou ; et le meurtre de Jamal Khashoggi, pour n’en mentionner qu’une poignée.
Le reste, et en particulier la nomination d’ambassadeurs et l’approbation des traités, relève du Sénat, resté, lui, en de solides mains républicaines. Cependant, ces élections auront des conséquences sur le regard porté par le reste du monde sur les Etats-Unis, et, partant, sur la politique que le reste du monde adoptera pendant les deux années restantes de ce mandat présidentiel. Car, à tort ou à raison, et en l’absence d’un autre baromètre grandeur nature, chacun cherchera à interpréter les résultats de ce 6 novembre comme une indication sur les chances de réélection du président Trump en novembre 2020.
Prochaine échéance présidentielle indécise
Trois enseignements sont à retenir pour commencer.
D’abord, prédire le dénouement de la prochaine échéance présidentielle à partir du résultat des élections à mi-mandat est une science on ne peut plus inexacte. Barack Obama s’est fait réélire deux ans après que les démocrates ont été pulvérisés lors des midterms, pour ne citer que le dernier exemple en date. Et puis, Donald Trump peut tirer satisfaction, et même confiance, du fait d’avoir renforcé sa mainmise sur le Sénat, indice de sa popularité indemne dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Même en l’absence de harcèlement au sens technique, l’employeur est tenu de protéger la santé physique et mentale de chacun de ses collaborateurs, explique, dans sa chronique, le juriste Jean-Emmanuel Ray.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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Comment réagir à une agression entre salariés ?

Même en l’absence de harcèlement au sens technique, l’employeur est tenu de protéger la santé physique et mentale de chacun de ses collaborateurs, explique, dans sa chronique, le juriste Jean-Emmanuel Ray.



LE MONDE ECONOMIE
 |    07.11.2018 à 15h52
 • Mis à jour le
07.11.2018 à 15h54
    |

                            Jean-Emmanuel Ray (Professeur à l'école de droit de Paris-I-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            

Question de droit social. Dans cette petite société d’expertise-comptable, l’animosité entre M. X et M. Z est connue de tous : ces deux collègues ne s’adressent plus la parole depuis des années. Mais le 29 juillet 2013, M. Z est agressé verbalement par M. X, puis le 11 décembre verbalement et physiquement, selon ses dires.
A la suite de son licenciement pour inaptitude en 2015, M. Z assigne son employeur pour « manquement à l’obligation légale imposant à l’employeur de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs ». A ce titre, la cour d’appel de Nîmes lui octroie 3 000 euros de dommages-intérêts.

S’ensuit un pourvoi de l’employeur, qui rappelle que, huit jours après le premier incident, il avait organisé une réunion avec les deux protagonistes, où M. X avait présenté ses excuses. Et après la seconde altercation, il avait adressé un sévère courrier à M. X, lui ordonnant de cesser tout comportement agressif.
Mais le 17 octobre 2018 la Cour de cassation a rejeté le pourvoi : « Bien qu’ayant eu connaissance des répercussions immédiates causées sur la santé de M. Z par une première altercation avec l’un de ses collègues, des divergences de vues et des caractères très différents voire incompatibles des protagonistes et donc du risque d’un nouvel incident, la société n’avait pris aucune mesure concrète hormis une réunion le lendemain de l’altercation et des réunions périodiques de travail concernant l’ensemble des salariés ; elle n’avait ainsi pas mis en place les mesures nécessaires permettant de prévenir ce risque, assurer la sécurité du salarié et protéger sa santé physique et mentale. »
Des « mesures immédiates »
Même en l’absence de harcèlement au sens technique, l’employeur est tenu de protéger la santé physique et mentale de chacun de ses collaborateurs, « l’obligation de prévention des risques professionnels étant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Editorial. Au-delà des résultats pour la Chambre des représentants et le Sénat, les élections de mi-mandat démontrent que le président américain a désormais derrière lui un parti républicain à sa main.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Midterms : l’ancrage du trumpisme

Editorial. Au-delà des résultats pour la Chambre des représentants et le Sénat, les élections de mi-mandat démontrent que le président américain a désormais derrière lui un parti républicain à sa main.



LE MONDE
 |    07.11.2018 à 11h47
   





                        


Editorial du « Monde ». La démocratie « meurt dans les ténèbres », clame la devise que le Washington Post affiche chaque jour au-dessus de son titre, depuis l’élection de Donald Trump, le 8 novembre 2016. La première leçon à tirer des élections législatives de mi-mandat, organisées mardi 6 novembre aux Etats-Unis, est précisément que la démocratie refuse de s’éteindre.

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Les premiers résultats, mercredi matin, révélaient en effet une participation électorale record pour un scrutin de ce type avec, selon une estimation du New York Times, 114 millions de suffrages exprimés contre 83 millions en 2014. C’est le signe d’une mobilisation importante dans un climat politique certes très polarisé, mais c’est aussi une marque de confiance bienvenue dans la démocratie représentative, malgré les violences qui ont émaillé la campagne.
La deuxième leçon de ces « midterms » est la persistance de la division profonde qui caractérise la société américaine. D’un côté, les démocrates remportent la Chambre des représentants, avec au moins vingt-sept nouveaux sièges, de l’autre les républicains consolident leur majorité au Sénat : ce n’est pas une situation nouvelle sur Capitol Hill.
Nouvelle génération d’élus
Chaque camp a marqué des points. Les démocrates prennent une revanche sur la défaite d’Hillary Clinton, battue en 2016 par Donald Trump, alors qu’elle était majoritaire en nombre de suffrages exprimés, et voient arriver une nouvelle génération d’élus, parmi lesquels un nombre sans précédent de femmes et de représentants des minorités ethniques, mais ils ne réussissent pas le raz-de-marée que certains avaient escompté.

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Donald Trump perd donc la majorité à la Chambre des représentants, comme cela était arrivé à ses prédécesseurs, Bill Clinton et Barack Obama, deux ans après leur élection, et, d’une certaine manière, il perd une fois de plus le vote populaire, puisque le Sénat, lui, n’était renouvelé que partiellement. Mais, en s’engageant comme jamais dans la campagne, pour laquelle il a tenu trente-sept meetings publics à travers le pays, au cours des deux derniers mois, il a réussi à limiter les dégâts. Et, surtout, il a désormais derrière lui un parti républicain à sa main, « trumpisé ».
Le Grand Old Party a changé. Les tenants traditionnels du courant ouvert à l’immigration et internationaliste ont été éclipsés. Le sénateur John McCain est mort cet été, d’autres figures républicaines classiques ne se sont pas représentées au Congrès. Ceux qui ont sauvé leur siège, comme Ted Cruz, réélu sénateur du Texas, l’ont fait en épousant les combats incendiaires du président. M. Trump, qui a déjà réussi à faire pencher à droite la Cour suprême, peut commencer dès demain la campagne pour sa réélection en 2020 : le trumpisme est à présent ancré dans le paysage politique américain.
Stratégie de la division
Cela ne veut pas dire qu’un chemin de roses l’attend dans les deux ans à venir. Ce Congrès va lui donner du fil à retordre. « Il s’agit de rétablir les contre-pouvoirs », a averti, mercredi matin, la présidente de la minorité démocrate sortante, Nancy Pelosi, en revendiquant la victoire. Ces fameux checks and balances, qui font théoriquement la force de la démocratie américaine, vont être mis à contribution pour passer au crible toutes les initiatives prises par l’administration Trump.
Les nouveaux élus démocrates auront également le pouvoir d’enquêter sur le président lui-même, notamment sur son passé fiscal, qu’il a toujours refusé de révéler. Ils seront enfin particulièrement vigilants sur la poursuite de la procédure, menée par le procureur spécial Robert Mueller, sur les accusations d’ingérences russes dans l’élection présidentielle de 2016, une enquête potentiellement embarrassante pour Donald Trump dans la perspective de sa réélection.
Une répartition des pouvoirs plus équilibrée est, de manière générale, une bonne nouvelle pour la démocratie. Encore faut-il que les deux camps soient disposés à travailler ensemble. Compte tenu de la virulence du ton donné à la campagne par le président Trump, rien n’est moins sûr. Logiquement, la stratégie de la division va continuer à marquer la vie politique aux Etats-Unis. Elle risque simplement d’être encore un peu plus tendue, et périlleuse.

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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ En présentant les soldats français comme « des civils que l’on avait armés », le président de la République met en avant une histoire culpabilisante estime, dans une tribune au « Monde », le patron du parti Les Républicains.
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Laurent Wauquiez : « Le 11-Novembre d’Emmanuel Macron tourne le dos à notre histoire »

En présentant les soldats français comme « des civils que l’on avait armés », le président de la République met en avant une histoire culpabilisante estime, dans une tribune au « Monde », le patron du parti Les Républicains.



LE MONDE
 |    07.11.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
07.11.2018 à 09h02
    |

Laurent Wauquiez (Président du parti Les Républicains)







                        



                                


                            
Tribune. Le 11 novembre 1968, à l’occasion du cinquantième anniversaire de l’Armistice, le général de Gaulle célébrait devant la foule rassemblée aux Invalides « la flamme de la foi et de la fierté nationale », qui « inspirait le pays tout entier » de 1914 à 1918, « cette même flamme, qui inspirera, au nom de l’avenir, comme elle l’a fait au nom du passé, l’âme de la France éternelle ».

Cinquante ans après, pour le centième anniversaire de l’Armistice, le discours a radicalement changé. Emmanuel Macron a avancé qu’il refusait de célébrer la victoire militaire française : « Le sens de cette commémoration, ce n’est pas de célébrer la victoire de 1918 », indique l’Elysée, qui présente les soldats français comme « des civils que l’on avait armés ».
Oublié, le courage des jeunes Français montant au front ; oubliée, la ténacité de tout le corps national ; oubliée, la grandeur de la victoire, célébrée par Clemenceau. Signe des temps : voici que les héros sont faits victimes et que l’histoire de France est tout entière résumée à une série de pages sombres, à un « cimetière de mauvaise conscience », comme le résume Pierre Nora.
Enlever aux soldats leur honneur
Le 11-Novembre d’Emmanuel Macron tourne le dos à notre histoire. Il laisse entendre que les citoyens français qui se sont levés en masse pour défendre leur patrie en 1914 l’ont fait à contrecœur et sous la contrainte. Il reprend en cela une vulgate, malheureusement trop répandue dans les manuels scolaires, qui met en avant une histoire tout entière culpabilisante, oubliant le patriotisme et le dévouement des soldats français. En faire des victimes, c’est leur enlever leur libre arbitre et leur honneur. En faire des « civils », ce n’est pas respecter la réalité historique ; c’est nier l’incroyable professionnalisme et la saisissante efficacité de cette armée de citoyens qui a contenu l’avancée ennemie et a finalement écrasé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Dans sa chronique, Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde », explique les dessous de l’indépendance de l’Eglise orthodoxe ukrainienne, qui était sous tutelle russe depuis plus de trois siècles.
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Article sélectionné dans La Matinale du 06/11/2018
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Schisme orthodoxe : « C’est de politique qu’il s’agit ici, voire de géopolitique »

Dans sa chronique, Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde », explique les dessous de l’indépendance de l’Eglise orthodoxe ukrainienne, qui était sous tutelle russe depuis plus de trois siècles.



LE MONDE
 |    07.11.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
07.11.2018 à 07h28
    |

            Sylvie Kauffmann (éditorialiste au « Monde »)








                        



                                


                            
Chronique. Il savoure sa revanche, Philarète. A bientôt 90 ans, il vient de voir aboutir un combat auquel il a consacré près d’un tiers de sa vie et il n’entend pas minimiser cette victoire. Dans la grande salle de réunion ornée d’icônes de sa résidence, rue Pouchkine à Kiev, le patriarche raconte, ce 29 octobre, sa rupture avec Moscou, enfin officialisée par le patriarcat de Constantinople, autorité en la matière ; il le fait sans triomphalisme, d’un ton monocorde, mais sa longue barbe blanche masque mal une rage contenue qui étonne pour un homme de son âge et, surtout, pour un homme d’église.
Disons-le : ce n’est pas n’importe quelle Eglise. L’Eglise orthodoxe ukrainienne était sous la tutelle du patriarcat de Moscou depuis 1686 – hormis une petite congrégation clandestine qui s’était déclarée autocéphale dans les années 1920, après la Révolution et dont beaucoup de fidèles s’exilèrent en Amérique.

A l’effondrement de l’Union soviétique, fin 1991, dans lequel l’Ukraine joua un rôle de premier plan, les évêques ukrainiens demandèrent à voler eux aussi de leurs propres ailes, mais se heurtèrent au refus de Moscou.
C’est alors que celui qui n’était que le métropolite Philarète de Kiev, vassal de Moscou au point d’avoir même brigué, en vain, la tête du patriarcat de Moscou, mena la rébellion : en 1992, le métropolite Philarète devint le patriarche Philarète, chef de l’Eglise ukrainienne autoproclamée. Ayant fait sécession, ce patriarcat de Kiev n’était cependant reconnu par aucune des quatorze Eglises orthodoxes dans le monde, en raison du diktat de Moscou. En Ukraine, il cohabitait avec l’Eglise orthodoxe officielle, dépendante du patriarcat de Moscou.
Ce conflit, « Poutine ne le gagnera pas »
L’année 2014 va changer la donne. En mars, la Russie intervient dans l’est de l’Ukraine et annexe la Crimée. Depuis, l’Ukraine est en guerre avec la Russie, ses troupes se battent dans le Donbass. L’agression russe draine des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ La réédition du premier livre du alors capitaine de Gaulle en 1924 consacrée aux causes de la déroute allemande à l’automne 1918 est présenté par l’ancien ministre Hervé Gaymard.
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1918, les engrenages de la défaite allemande

La réédition du premier livre du alors capitaine de Gaulle en 1924 consacrée aux causes de la déroute allemande à l’automne 1918 est présenté par l’ancien ministre Hervé Gaymard.



LE MONDE
 |    07.11.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
07.11.2018 à 11h37
    |

            Gérard Courtois








                        



                                


                            

Le Livre. C’est une fameuse idée d’avoir réédité le premier ouvrage de Charles de Gaulle. Cette Discorde chez l’ennemi, parue en 1924, se serait sans doute noyée dans la vague de Mémoires et analyses qui a déferlé au lendemain de la première guerre mondiale si son auteur n’avait connu le destin que l’on sait. Mais pour cette raison, précisément, elle prend un relief singulier.
Le capitaine de Gaulle a, alors, 34 ans. S’il remâche le « regret indescriptible » de n’avoir pas pris une part plus importante dans la Grande Guerre – blessé dès août 1914, à nouveau en 1915, ensuite prisonnier trente mois, avant d’aller combattre aux côtés des Polonais en 1919-1920 –, il entend comprendre les ressorts de la défaite des Allemands, ce peuple qu’il admire et dont il salue « l’étendue exceptionnelle des qualités de guerre ».
Se plaçant sur le terrain et presque dans la tête des principaux acteurs allemands et autrichiens du conflit, cet « essai d’histoire immédiate », selon la formule très juste de l’ancien ministre Hervé Gaymard dans sa présentation, est saisissant de perspicacité et d’intelligence. Outre sa science militaire, de Gaulle y témoigne d’un intérêt aigu pour les enjeux politiques et, tout autant, pour la psychologie des peuples et des hommes, dessinés d’un trait impitoyable, à la pointe sèche. S’y ajoute, déjà, un vigoureux talent de plume.
Faute tactique et erreur stratégique
Allant à l’essentiel pour mettre à nu les engrenages de la défaite allemande, l’auteur pose la loupe sur quatre épisodes. Le premier est la bataille de la Marne : les 4 et 5 septembre 1914, rêvant de rejouer les victoires de 1866 contre l’Autriche ou de 1870 contre la France et imprégné, « comme toute l’Allemagne pensante », du « culte du surhomme » nietzschéen, le général von Kluck, chef de la 1re armée allemande, néglige les ordres de son état-major. Cette « désobéissance » permet...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ La grande dépendance devrait être un chantier prioritaire pour le gouvernement. L’ancienne ministre Monique Pelletier témoigne et lance un cri d’alarme dans une tribune au « Monde ».
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Dépendance : « Traiter les personnes âgées comme une charge pour les générations futures est insupportable »

La grande dépendance devrait être un chantier prioritaire pour le gouvernement. L’ancienne ministre Monique Pelletier témoigne et lance un cri d’alarme dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    07.11.2018 à 06h00
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Monique Pelletier (ancienne ministre déléguée à la condition féminine (1978-1981))







                        



                                


                            
Tribune. Le chantier du grand âge et de la dépendance est lancé… Enfin ! Tant de familles attendent que l’Etat cesse de laisser perdurer des situations trop souvent indignes. Les personnes âgées, victimes de maladies dégénératives, ne peuvent plus vivre seules. Elles sont devenues « dépendantes », c’est-à-dire privées d’autonomie. Elles terminent leur vie soit en institution, dans un Ehpad, soit chez elles. On estime leur nombre à plus de 1 million en 2018 – 1,6 million en 2030 –, soit 10 % de leur classe d’âge, les plus de 85 ans.
Ces établissements sont, selon les chiffres de 2016, pour 44% d’entre eux publics, 25% privés et 31% associatifs. Ils bénéficient d’un financement tripartite : l’Assurance-maladie pour les prestations médicales, les conseils départementaux pour les services d’aide et de surveillance, les résidents et leurs familles pour l’hébergement. Sur ce dernier point, les Ehpad privés conservent une totale liberté tarifaire, erreur majeure puisque les prix de l’hébergement atteignent parfois 10 000 euros par mois !
Cette facture demandée aux résidents et à leurs familles constitue un problème. En témoignent les énormes bénéfices de ces Ehpad privés, d’autant plus que tout y est rationné : le nombre des aides-soignantes est insuffisant. Chacune d’entre elles assure les soins de quatre résidents au moins et de dix, vingt, voire trente la nuit. Le temps des soins quotidiens consacrés à chaque résident ne dépasse pas dix minutes. Ils n’ont qu’une douche par semaine et quelques minutes de toilette les autres jours. Ajoutons que la somme allouée aux cuisiniers pour quatre repas par jour est rarement supérieure à 4 euros par résident ! Ces carences graves expliquent les grèves inédites de ces aides-soignantes en début d’année, qui ne peuvent dispenser les soins nécessaires et se sentent responsables de ces maltraitances.
Ce régime accélère la mort des personnes dépendantes (en moyenne, deux ans après leur entrée) laquelle...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Dix associations ou syndicats qui luttent contre l’évasion fiscale déplorent, dans une tribune au « Monde », qu’il n’y ait pas eu de mesures importantes depuis la révélation des « Paradise Papers ».
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Evasion fiscale : « La France devrait défendre une taxation unitaire des multinationales »

Dix associations ou syndicats qui luttent contre l’évasion fiscale déplorent, dans une tribune au « Monde », qu’il n’y ait pas eu de mesures importantes depuis la révélation des « Paradise Papers ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    07.11.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
07.11.2018 à 17h52
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                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Il y a un an, un collectif de journalistes, le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), a exposé la réalité des pratiques d’évasion fiscale. Pour les entreprises et les individus, la création de sociétés-écrans permettant de dissimuler des fonds est une pratique toujours largement répandue. Pour les multinationales, l’évasion fiscale semble généralisée. Elles jouent avec les règles pour décider elles-mêmes du lieu et du montant de l’impôt dont elles s’acquittent.
Dans une économie largement numérisée, où plus de la moitié des échanges commerciaux ont lieu entre les filiales d’une même multinationale, le système fiscal international qui continue de considérer ces filiales comme des entités indépendantes, sur le principe dit « de pleine concurrence », apparaît obsolète.
Les Etats pourraient décider de reprendre le pouvoir face à ce fléau, qui fragilise leur capacité à fournir des services publics de qualité, à lutter contre les inégalités et le réchauffement climatique. Pourtant, beaucoup affichent une volonté de lutter tout en faisant le jeu des multinationales, espérant attirer leurs investissements.
La course au moins-disant fiscal s’aggrave à un tel point qu’à ce rythme le taux d’imposition moyen sur les sociétés pourrait atteindre les 0 % en 2052 au niveau mondial. La mesure de transparence fiscale des multinationales, au cœur des débats européens depuis l’affaire des révélations des « LuxLeaks », fin 2014, risque d’échouer du fait du blocage des Etats, trop sensibles aux arguments de leurs multinationales.
S’il ne fait pas de doute que les géants du numérique paient trop peu d’impôts et sont experts dans le contournement des règles fiscales, il est extrêmement trompeur de réduire l’évasion fiscale aux GAFA
La France n’échappe pas à cette ambivalence. Malgré des mots forts de Bruno Le Maire, ministre de l’économie et des finances, au lendemain de la révélation des « Paradise Papers »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Les politologues Claire Demesmay et Barbara Kunz estiment, dans une tribune au « Monde », que le président de la République a raison de ne pas organiser de défilé militaire lors du centième anniversaire de l’armistice de 1918, car la mémoire de cette guerre doit rester plurielle.
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11-Novembre : « La décision d’Emmanuel Macron est la bonne »

Les politologues Claire Demesmay et Barbara Kunz estiment, dans une tribune au « Monde », que le président de la République a raison de ne pas organiser de défilé militaire lors du centième anniversaire de l’armistice de 1918, car la mémoire de cette guerre doit rester plurielle.



LE MONDE
 |    07.11.2018 à 05h15
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Claire Demesmay (directrice du programme France/ Relations franco-allemandes à l’Institut allemand de politique étrangère (DGAP) de Berlin) et Barb...







                        



                                


                            

Tribune. Gloire, honneur et héroïsme. Avec quelle virulence ce triptyque a réinvesti l’espace public français ! Depuis quelques semaines, certains s’insurgent de la décision du président de la République de ne pas organiser de défilé militaire pour célébrer le centième anniversaire de l’armistice de 1918. Ils lui reprochent de trahir la mémoire des soldats morts en héros, et d’en faire des victimes. Ils l’accusent d’être trop conciliant avec l’Allemagne, l’ennemie vaincue d’hier, et de « négocier » avec elle les modalités d’une cérémonie qui devrait être celle de la France. Pourtant, cette décision est la bonne. Non pas parce qu’elle permettrait de ménager le voisin allemand, et avec lui la chancelière, mais parce qu’en organisant la cérémonie avec plus de 70 chefs d’Etats et de gouvernement étrangers à Paris, la France se doit d’assumer la dimension internationale de cet événement. Surtout, cette décision témoigne d’une nation sereine et sûre d’elle. Et elle est dans son intérêt bien compris.

La logique qui sous-tend l’organisation d’un défilé militaire, axé sur la célébration des héros nationaux, est par nature autocentrée. Elle ne rend pas compte de la diversité des vécus de la première guerre mondiale, ni bien sûr de l’interprétation qu’en ont d’autres pays, qu’ils soient vaincus ou vainqueurs. Adopter cette logique, c’est s’enfermer dans une monolecture réductrice, qui était sans doute compréhensible lorsque les plaies étaient encore vives, mais qui aujourd’hui ne permet ni de penser ni d’agir en force européenne. Car celui qui ne comprend pas les autres ne peut se faire comprendre d’eux, et donc les convaincre de la légitimité de son projet.
Les tranchées ont beau avoir été communes, la lecture de ce passé et de ses conséquences est loin d’être partout la même. D’importantes différences existent dans une Europe de plus en plus disparate. La fin de la première guerre mondiale a marqué la dislocation des empires et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le président de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique rappelle les règles pour éviter que des personnalités issues de la société civile ne soient taxées de favoritisme dans l’exercice de leurs fonctions ministérielles
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Jean-Louis Nadal : « La prévention des conflits d’intérêts est un objectif d’intérêt général »

Dans une tribune au « Monde », le président de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique rappelle les règles pour éviter que des personnalités issues de la société civile ne soient taxées de favoritisme dans l’exercice de leurs fonctions ministérielles



LE MONDE ECONOMIE
 |    07.11.2018 à 05h15
    |

                            Jean-Louis Nadal (Président de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique)








                        



                                


                            

Tribune. Le remaniement ministériel a une nouvelle fois posé la question de l’exercice de fonctions gouvernementales par des personnalités issues de la société civile, les uns regrettant que l’on se prive de l’expérience de personnes ayant une compétence particulière, les autres que l’on nomme des « lobbyistes ». Si les débats autour de cette notion de conflit d’intérêts semblent parfois abstraits, l’enjeu est, pour notre société, de renouer avec la confiance publique.

Tout citoyen est en droit d’exiger, dans une société démocratique, une décision publique impartiale, indépendante et objective. Prévenir les conflits d’intérêts des responsables publics, c’est protéger l’intérêt général et créer les conditions de la confiance des citoyens envers leurs dirigeants en mettant en place différents mécanismes (déclarations publiques d’intérêts, déports, répertoire des représentants d’intérêts…) qui tendent à garantir une prise de décision qui ne soit pas biaisée par des intérêts personnels.
Risque démocratique
Loin d’instaurer une suspicion envers le responsable public, la démarche de prévention du conflit d’intérêts a pour ambition de le protéger, en l’aidant à prendre toutes les précautions lui permettant d’éviter les risques de commettre le délit de prise illégale d’intérêts et d’être en situation de conflit d’intérêts. Si le risque pénal individuel est fort, le risque démocratique l’est encore davantage.
Toutefois, il ne suffit pas d’avoir un réseau personnel ou une carrière dans un secteur particulier pour se retrouver en situation de conflit d’intérêts. Dans notre droit, le conflit d’intérêts se caractérise dès lors que trois éléments sont réunis, et uniquement si ces trois éléments sont réunis. Le premier est la détention d’un intérêt ; le second est l’interférence de cet intérêt avec la mission publique ; le troisième est l’intensité de cette interférence qui doit être suffisamment forte pour qu’elle fasse...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ La présence de M. Recep Tayyip Erdogan, qui perpétue le négationnisme d’Etat de la Turquie à l’égard du génocide des Arméniens, ne doit pas être interprétée comme une caution apportée à ses méthodes, car « la paix ne saurait passer par les non-dits ou la complaisance envers les crimes du passé comme du présent », explique un collectif de personnalités dans une tribune au « Monde ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 06/11/2018
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Erdogan aux cérémonies du 11-Novembre : « La paix ne saurait passer par la complaisance envers les crimes du passé »

La présence de M. Recep Tayyip Erdogan, qui perpétue le négationnisme d’Etat de la Turquie à l’égard du génocide des Arméniens, ne doit pas être interprétée comme une caution apportée à ses méthodes, car « la paix ne saurait passer par les non-dits ou la complaisance envers les crimes du passé comme du présent », explique un collectif de personnalités dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    07.11.2018 à 05h13
 • Mis à jour le
07.11.2018 à 17h12
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                            Collectif








                        



                                


                            

Collectif
Tribune. A l’initiative de la présidence de la République, quatre-vingts chefs d’Etat et de gouvernement sont invités à participer aux célébrations du centenaire de l’Armistice de la première guerre mondiale. Comme l’a déclaré Emmanuel Macron, cet événement entend se réclamer du « plus jamais ça » qui avait sous-tendu « la volonté » de rendre désormais impossibles les horreurs de la première guerre mondiale.
Dans cet esprit, l’Elysée a indiqué que les commémorations, qui ne donneront pas lieu à un grand défilé militaire mais à un forum pour la paix, auront pour objet que la « paix chaque jour gagne du terrain, parce qu’aujourd’hui, chaque jour, elle en perd ».
Lors de l’inauguration de l’Historial franco-allemand de la Grande Guerre du Hartmannswillerkopf (Haut-Rhin), le 10 novembre 2017, M. Macron, insistant sur l’importance du devoir de mémoire, avait entre autres affirmé que « 2018 ne sera pas une année de triomphalisme, mais un miroir tendu à notre monde d’aujourd’hui qui, si souvent encore, choisit la radicalité, la brutalité, la violence comme réponse à des problèmes qui appelleraient bien plutôt le dialogue et la main tendue, quel que soit le poids de souffrance que ces problèmes comportent ».
Il avait confirmé ses intentions le 25 septembre, lors de son discours à la 73e Assemblée générale des Nations unies en déclarant : « N’oubliez jamais que les génocides qui ont fait que vous êtes là aujourd’hui étaient nourris par les discours auxquels nous nous habituons. »
Un nationalisme agressif
Si les personnalités signataires de ce texte ne peuvent que souscrire à ces propos, elles s’inquiètent cependant que leur portée ne soit dénaturée par la venue aux célébrations du centenaire d’autorités qui, au lieu de tirer les leçons du passé et d’en condamner les atrocités,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Le hors-série « L’Atlas des peuples » propose un voyage dans l’histoire à la recherche de la notion de peuple. Comment peut-on définir un peuple ?
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Hors-série « Le Monde »-« La Vie » : au nom du peuple

Le hors-série « L’Atlas des peuples » propose un voyage dans l’histoire à la recherche de la notion de peuple. Comment peut-on définir un peuple ?



LE MONDE
 |    06.11.2018 à 17h08
 • Mis à jour le
06.11.2018 à 18h08
    |

Chantal Cabé (« La Vie ») et Michel Lefebvre (« Le Monde »)







                        



   


L’empire romain avait pour devise « Le Sénat et le peuple romain » (SPQR) ; la justice est rendue « au nom du peuple français » ; l’idéologie du chancelier Hitler en 1933 se résume à « un peuple, un Etat, un chef » ; la chanson chilienne Le peuple uni ne sera jamais vaincu est devenue au fil du temps un symbole d’unité et de solidarité populaire pour les citoyens opprimés de tous pays ; l’Union soviétique est sans doute le seul Etat à avoir prétendu être « l’union fraternelle des peuples » ; et une « théologie du peuple » s’enracine dans la culture argentine et inspire le pape François.
Même si le « peuple » est à géométrie variable, il traverse les siècles. Peuples premiers, petit peuple de Rome, peuple de Paris, peuple invisible des Algonquins du Canada, peuple de gauche, élu ou des campagnes, etc. On pourrait multiplier les références à cette réalité immuable et inconditionnelle. Le « peuple » existe spontanément ; on en fait partie. Pour diverses raisons, mais c’est une évidence. Pour autant, selon quels critères le définir ?
L’Etat-nation reste-t-il un modèle ?
Par la langue pratiquée, le territoire occupé, la culture commune, les tabous et les mythes partagés ? La Révolution a-t-elle fondé le peuple français ? Depuis quand le peuple fait-il nation ? La Corée, est-ce deux Etats pour un seul peuple ? Revendiquer un territoire, est-ce possible au nom du peuple ? L’Etat-nation reste-t-il un modèle ? Comment faire face à la montée des populismes ? L’Amérique trumpiste fera-t-elle perdre son âme au peuple américain ? Quel avenir dessiner pour les peuples autochtones ? La mondialisation dissout-elle les peuples ? Face au repli des sociétés hantées par la peur des migrations, ne faut-il pas instaurer un principe universel d’hospitalité ?

Sommaire de « L’Atlas des peuples »
L’Atlas des peuples (6 000 ans d’histoire, 200 cartes) se compose de cinq grands chapitres.
1 De quoi parle-t-on ? la définition d’un peuple varie selon l’époque, le lieu, les disciplines… Cela n’empêche pas de s’interroger sur ce crée aujourd’hui le sentiment d’appartenance.
2 L’aube des peuples. Dès les temps préhistoriques, les groupes humains se sont différenciés par leur culture, leur mode de vie, leur identité symbolique, leur organisation politique… Ainsi se sont formés les peuples.
3 Quand le peuple fait nation. À la fin du XVIIIe siècle, les révolutions américaine et française proclament le peuple souverain. L’Etat-nation s’érige peu à peu en modèle politique. L’heure est à la construction nationale, pour le meilleur comme pour le pire.
4 Les peuples face aux Etats. Séquelles de l’Histoire, des guerres, de la colonisation, certains peuples sont sans Etat et certains Etats ont plusieurs peuples. Beaucoup de pays sont ainsi amenés à gérer la diversité, de façon brutale ou consensuelle.
5 Populisme contre universalisme. La mondialisation et l’amplification du phénomène migratoire conduisent de plus en plus de sociétés à un repli sur soi. pourtant, pour résoudre les crises, la solidarité semble plus que jamais nécessaire.
Le grand entretien avec Jean Malaurie « Il faut aimer l’autre pour commencer à le comprendre ».


C’est justement parce que les peuples, tribus, ethnies… sont sans cesse convoqués par l’actualité mondiale que les rédactions de La Vie et du Monde se sont réunies pour tenter de répondre à ces questions. Avec toujours la même ambition : faire appel aux intelligences. Non pas pour regarder avec arrogance le peuple d’en bas mais plutôt, comme dirait l’ethnogéographe Jean Malaurie, pour observer l’autre avec une véritable empathie afin de le comprendre. Avec plus de 200 cartes originales, consciencieusement conçues par nos équipes, journalistes et meilleurs spécialistes vont à la rencontre des peuples. Et nous aident à décrypter pas à pas la construction de nos identités.
« L’Atlas des peuples », « La Vie »-« Le Monde », 188 pages, 12 €. En kiosque le 31 octobre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Alan Doss, directeur de la Fondation Kofi-Annan, et Scott Weber, directeur d’Interpeace, considèrent, dans une tribune au « Monde », que le processus de pacification après un conflit armé ou une guerre civile est primordial pour éviter qu’ils ne s’embrasent à nouveau.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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11-Novembre : « De l’importance de réussir une réconciliation après un conflit dévastateur »

Alan Doss, directeur de la Fondation Kofi-Annan, et Scott Weber, directeur d’Interpeace, considèrent, dans une tribune au « Monde », que le processus de pacification après un conflit armé ou une guerre civile est primordial pour éviter qu’ils ne s’embrasent à nouveau.



LE MONDE
 |    06.11.2018 à 15h32
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Alan Doss (Président de la Fondation Kofi-Annan) et Scott Weber (Président d'Interpeace)







                        



                                


                            

Tribune. Des vaincus qui ne sont pas pris en compte, voire humiliés, des réparations de guerre considérables et des acteurs qui défendent des intérêts particuliers à court terme plutôt qu’une vision durable. Il y a cent ans, au terme de la première guerre mondiale, dont l’armistice est commémoré dans quelques jours, les anciens belligérants ont montré, en creux – car ils ont alimenté les conditions qui mèneraient à une seconde conflagration planétaire moins d’une génération plus tard –, l’importance de réussir une réconciliation après un conflit dévastateur. Parmi les négociateurs se retrouvaient seulement des hommes, âgés – voire très âgés pour certains d’entre eux. Une image qui ne reflétait pas la diversité des populations.
Qu’a-t-on appris de cette sortie de quatre ans d’affrontements ? La question est-elle résolue aujourd’hui ? Loin s’en faut. Dans un environnement international marqué par des guerres civiles, les processus sont plus inclusifs qu’il y a cent ans, mais beaucoup reste encore à accomplir. Pour la première fois depuis 1970, la décennie entamée en 2010 a vu davantage de conflits démarrer que s’éteindre.
Investir dans la réconciliation
Pire encore, près de 60 % des guerres civiles entre 1945 et 2009 ont repris après la fin des hostilités et 50 % dans la décennie qui a suivi. L’intérêt à investir dans la réconciliation est sous-estimé. La violence dans le monde coûte quelque 13 500 milliards de dollars (11 781 milliards d’euros). Par contraste, largement moins de 1 % de l’aide au développement alimente les efforts de réconciliation, alors même que chaque dollar injecté dans la consolidation de la paix évite d’en perdre 16 dans les conflits ou autres affrontements.

Y a-t-il des recettes qui pourraient s’appliquer à tous les contextes et garantir une sortie de crise à tous les coups ? L’ONU, la communauté internationale et les Etats luttent depuis des décennies pour les trouver. Plus qu’une solution...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Editorial. La pression maximale exercée par les Etats-Unis sur le pays risque de renforcer le régime iranien. La voie du dialogue prônée par les Européens semble la seule qui puisse bloquer l’engrenage vers le pire enclenché par Trump.
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Iran : le pari hasardeux de Donald Trump

Editorial. La pression maximale exercée par les Etats-Unis sur le pays risque de renforcer le régime iranien. La voie du dialogue prônée par les Européens semble la seule qui puisse bloquer l’engrenage vers le pire enclenché par Trump.



LE MONDE
 |    06.11.2018 à 11h35
 • Mis à jour le
06.11.2018 à 21h51
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Les nouvelles sanctions américaines contre l’Iran, ciblant depuis lundi 5 novembre le secteur pétrolier et bancaire, se veulent « implacables ». Une première salve est entrée en vigueur en août, deux mois après l’annonce par le président américain, Donald Trump, du retrait des Etats-Unis de l’accord de juillet 2015 (JCPOA) entre les « 5 + 1 » (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité plus l’Allemagne) et l’Iran pour la mise sous contrôle du programme nucléaire de Téhéran.
L’objectif est de contraindre l’Iran à renégocier un accord dénoncé par M. Trump comme « le pire » jamais conclu et à mettre fin à ses « activités néfastes » au Moyen-Orient. Washington reste décidé à exercer « une pression maximale ». En campagne pour les élections de mi-mandat, mardi 6 novembre, Donald Trump assure que la donne a déjà changé et que « les dirigeants iraniens qui, auparavant, voulaient dominer le Moyen-Orient, cherchent désormais juste à survivre ».

        Lire aussi :
         

                Sanction contre l’Iran : Trump offre un sursis à huit pays



L’administration américaine nie miser sur un changement de régime. Son pari n’en paraît pas moins très hasardeux. L’économie iranienne est certes exangue, et le mécontentement de la population aussi réel que sa lassitude des dispendieuses aventures guerrières extérieures, mais les sanctions ont le plus souvent pour effet de conforter les pouvoirs en place. En Iran, elles renforcent les secteurs les plus durs du régime – en premier lieu les gardiens de la révolution, les mieux à même de profiter des trafics en tout genre engendrés par le contournement des sanctions.
L’inévitable marginalisation des dirigeants modérés, à commencer par le président Hassan Rohani, par des ultranationalistes encore plus intransigeants entraînera un nouveau durcissement de l’administration américaine, ravie de pouvoir mobiliser ses alliés contre le monstre par elle-même créé.

        L’éclairage :
         

          En Iran, le président Hassan Rohani affaibli après les sanctions américaines



Divergence sur la méthode
Les dirigeants iraniens ont aujourd’hui beau jeu de dénoncer le caractère « illégal » des sanctions imposées par les Etats-Unis et leur volonté de « les contourner avec fierté », alors même qu’ils respectent les termes de l’accord de 2015, comme le reconnaît l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA). Même s’ils menacent à l’occasion de quitter le JCPOA, les dirigeants iraniens savent aussi qu’il les protège. Les cinq autres signataires, les Européens en tête, veulent le maintenir en vie et tentent de mettre en place, avec beaucoup de difficulté, des mécanismes leur permettant de poursuivre les relations commerciales avec Téhéran en dépit des sanctions américaines.
La Grande-Bretagne, l’Allemagne et la France sont néanmoins bien conscientes des lacunes de l’accord de 2015 et des dangers de la politique d’expansion iranienne au Moyen-Orient. La divergence avec l’administration américaine porte avant tout sur la méthode. Emmanuel Macron ne cesse de rappeler la nécessité de compléter le JCPOA par des accords connexes visant à limiter le programme balistique iranien et les ambitions régionales de Téhéran, et à le prolonger au-delà de 2025.

        Lire aussi :
         

                Sanctions américaines contre l’Iran : les difficultés d’une riposte européenne



Fin septembre, à New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, le président français a admis publiquement que les pressions maximales de Washington et les canaux de dialogue avec Téhéran prônés par les Européens pouvaient être « complémentaires ». C’est une voie étroite, difficile, mais c’est la seule qui puisse bloquer l’engrenage vers le pire enclenché par un Donald Trump jouant les pyromanes dans un Moyen-Orient hautement inflammable.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Analyse. Les limites juridiques et politiques de ce dispositif introduit par l’UEFA en 2011 sont au cœur des récentes révélations, explique le journaliste du « Monde », Rémi Dupré.
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Après les « Football Leaks », le fair-play financier en question

Analyse. Les limites juridiques et politiques de ce dispositif introduit par l’UEFA en 2011 sont au cœur des récentes révélations, explique le journaliste du « Monde », Rémi Dupré.



LE MONDE
 |    06.11.2018 à 09h10
 • Mis à jour le
06.11.2018 à 09h57
    |

            Rémi Dupré








                        



                                


                            
Analyse. « Il faut sauver le football. » C’est en ces termes alarmistes que Michel Platini justifiait, en janvier 2012, dans un entretien au Monde, la mise en place du fair-play financier, la réforme phare de son mandat à la tête de l’Union des associations européennes de football (UEFA). En apparence, le principe de ce mécanisme régulateur était simple : empêcher les clubs du Vieux Continent de dépenser plus qu’ils ne gagnent, sous peine de sanctions.
A l’époque, le président de l’UEFA soulignait les dettes (8,4 milliards d’euros) et déficits abyssaux (1,6 milliard de pertes) cumulés par les équipes européennes pour convaincre du bien-fondé de sa démarche. « Je ne peux pas laisser le foot européen courir à la faillite. Nous serons l’agence de notation des clubs, expliquait alors l’ex-numéro 10 des Bleus. Le but est de les aider, pas de les enfoncer. »
Sur le plan financier, l’objectif de l’UEFA a été globalement atteint (600 millions d’euros de bénéfices enregistrés par les clubs en 2017), grâce à l’obligation faite aux équipes de ne pas franchir la barre des 30 millions d’euros de déficit sur trois ans. Une trentaine de formations ont d’ailleurs été sanctionnées depuis 2012.
Mais le fair-play financier n’a ni permis d’éviter la concentration des richesses ni contribué à réduire les écarts de revenus entre les équipes. Pas plus qu’il n’a servi à enrayer la spirale inflationniste sur le marché des transferts, comme en atteste le recrutement record (222 millions d’euros) du Brésilien Neymar par le Paris-Saint-Germain, en août 2017. Et il est aujourd’hui remis en question par les « Football Leaks », cette série d’enquêtes réalisées à partir de « plus de 70 millions de documents » par le consortium European Investigative Collaborations (ECI), dont fait partie Mediapart.
Accord à l’amiable
Le 2 novembre, le site d’investigation a révélé que le Qatar, propriétaire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Les méthodes du secteur privé sont inadaptées au secteur public et une menace pour l’intérêt général, estime Evelyne Bechtold-Rognon dans son dernier ouvrage, « Pourquoi joindre l’inutile au désagréable ? En finir avec le nouveau management public »
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Peut-on adapter le management du privé aux services publics ?

Les méthodes du secteur privé sont inadaptées au secteur public et une menace pour l’intérêt général, estime Evelyne Bechtold-Rognon dans son dernier ouvrage, « Pourquoi joindre l’inutile au désagréable ? En finir avec le nouveau management public »



LE MONDE
 |    06.11.2018 à 08h00
    |

            Anne Rodier








                        



                                


                            

Livre. Le nouveau management public consiste à appliquer aux services publics les méthodes de gestion pratiquées dans le secteur privé, pour « rendre [les services publics] plus efficaces, plus économes en moyens ». Qui pourrait s’opposer à ce qui ressemble à du bon sens ? Evelyne Bechtold-Rognon, professeure agrégée de philosophie, qui vient de publier En finir avec le nouveau management public, un essai qu’elle aurait aussi pu intituler : « Pourquoi et comment se défendre du nouveau management public ? »
Qu’il s’agisse de la fonction publique d’Etat pour l’éducation nationale, de la fonction publique hospitalière ou de la territoriale, son verdict est le même : le « nouveau management public » est inadapté au secteur et même destructeur de services. Elle dénonce « une pratique d’assujettissement », infantilisante pour les salariés et leurs hiérarchies, et démobilisatrice pour tous. 
Dogme de la performance inadapté
Sur le banc des accusés : les changements incessants, le dogme de la performance et le jargon managérial. « On est toujours en train de tout changer. Quand est-ce qu’ils vont enfin nous laisser travailler ? », interpelle une professeure de lycée professionnel d’Angers, en exergue du premier chapitre. Le management par le changement permanent peut en effet « transformer de bons professionnels en apprentis à vie. Les salariés sont totalement déstabilisés, se sentent en permanence sur le fil du rasoir et se rabattent sur les procédures et méthodes standards ». En clair, les salariés sont ainsi « empêchés » de travailler, selon l’expression introduite par le psychologue du travail Yves Clot (Le Travail à cœur. Pour en finir avec les risques psychosociaux, La Découverte, 2015), après la série de suicides chez France Télécom.
L’auteure va jusqu’à qualifier le nouveau management public d’« arme de guerre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ L’économiste Dominique Plihon estime, dans une tribune au « Monde », que s’il existe un point commun entre l’époque actuelle et l’entre-deux-guerres comme l’a suggéré Emmanuel Macron, il réside dans l’échec de politiques libérales.
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« Comme dans les années 1930, la montée des populismes est une révolte électorale contre les politiques d’austérité »

L’économiste Dominique Plihon estime, dans une tribune au « Monde », que s’il existe un point commun entre l’époque actuelle et l’entre-deux-guerres comme l’a suggéré Emmanuel Macron, il réside dans l’échec de politiques libérales.



LE MONDE ECONOMIE
 |    06.11.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
06.11.2018 à 09h49
    |

                            Dominique Plihon (Economiste et professeur des universités)








                        



                                


                            
Tribune. Emmanuel Macron voit une ressemblance entre la période actuelle et celle « d’entre-deux-guerres », caractérisées par la montée des populismes « dans une Europe divisée par les peurs, le repli nationaliste, les conséquences de la crise économique ». Ce qui lui permet de se poser en rempart « progressiste » contre les populismes, dans la perspective des élections européennes.

Pour le président français, comme pour la majorité des historiens et des économistes, les grandes crises du capitalisme de 1929 et de 2007 seraient la cause de la « malédiction » des populismes. En réalité, il existe une autre interprétation de la montée des populismes. En effet, dans les années 1930, plusieurs pays, dont les Etats-Unis et la France, ont connu une forte dégradation de leur situation économique et sociale sans que cela se traduise par l’arrivée au pouvoir de forces politiques « populistes ». C’est le cas du New Deal de Roosevelt aux Etats-Unis (1933), souvent considéré comme la première expérience de social-démocratie, et du Front populaire en France (1936). Ces deux expériences politiques ont permis de faire face à la crise par des avancées sociales et démocratiques importantes.
L’arrivée au pouvoir d’Hitler par les urnes, en 1933, est souvent présentée comme résultant directement de la grande dépression des années 1930 et de ses conséquences économiques et sociales. Quatre chercheurs ont montré en décembre 2017 dans une étude pour le National Bureau of Economic Research que les succès électoraux du parti nazi trouvaient plutôt leur origine dans l’instauration d’une sévère politique d’austérité.

En effet, le chancelier Heinrich Brüning, nommé en 1930 pour lutter contre la crise, prend quatre décrets d’urgence, en l’absence de tout débat parlementaire, qui réduisent les salaires des fonctionnaires, les allocations-chômage, la couverture maladie, les retraites. Au total, les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Spécialiste des enjeux de l’économie numérique, Asma Mhalla montre, dans une tribune au « Monde », le glissement progressif d’un Etat de droit à un Etat de surveillance attentatoire aux droits des citoyens.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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« L’Etat de droit mute doucement vers une forme ultra-sécuritaire »

Spécialiste des enjeux de l’économie numérique, Asma Mhalla montre, dans une tribune au « Monde », le glissement progressif d’un Etat de droit à un Etat de surveillance attentatoire aux droits des citoyens.



LE MONDE ECONOMIE
 |    06.11.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
06.11.2018 à 08h42
    |

Asma Mhalla (Maître de conférences à Sciences Po)







                        



                                


                            
Tribune. Le Conseil d’Etat a fini par valider, le 18 octobre, le décret permettant la création du fichier TES (Titres électroniques sécurisés) qui rassemble les données personnelles et biométriques de la quasi-totalité de la population française. Et ce, bien que les risques d’une telle base de données qui généralise la reconnaissance faciale et la surveillance de masse perdurent.
La même semaine, une étude produite conjointement par Cliqz et Ghostery, deux sociétés produisant des outils de protection des données personnelles, propose une analyse de premiers résultats – à interpréter avec beaucoup de précaution du reste – du règlement général sur la protection des données (RGPD) appliqué depuis le 25 mai. Face à la promesse initiale de protéger les données personnelles des citoyens européens, l’effet semblerait être particulièrement aberrant puisqu’il aurait au contraire renforcé la position hégémonique de Google sur ses marchés.
Au nom de quel principe l’Etat s’autorise-t-il ce qu’il interdit aux entreprises privées ? Ne serions-nous pas en train de basculer d’un Etat de droit vers un Etat de sécurité avec la bénédiction paradoxale du droit lui-même et sans que cela n’émeuve grand monde ? Ce signal a priori faible marque pourtant une étape symbolique forte quant à notre devenir démocratique.
Le péril démocratique est aggravé par les systèmes de prédiction algorithmique
Concept fondateur du droit public moderne, la fiction juridique qu’est l’Etat de droit traduit une certaine vision du pouvoir qui apparaît comme inhérente à la conception libérale de l’organisation politique : donnant à voir un pouvoir limité parce que régi par des règles, il implique que les gouvernants ne soient pas placés au-dessus des lois, mais exercent une fonction encadrée par le droit. La notion peut aussi se définir par opposition à l’Etat policier, caractérisé par le pouvoir discrétionnaire de l’administration.
Or, à y regarder de plus près, une...




                        

                        

