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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ En mai, le « Spider-Man malien » avait acquis une notoriété inattendue en escaladant un immeuble parisien pour secourir un garçon de 4 ans.
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Récit

Après 7 ans de galère et le sauvetage d’un enfant, Mamoudou Gassama naturalisé français

En mai, le « Spider-Man malien » avait acquis une notoriété inattendue en escaladant un immeuble parisien pour secourir un garçon de 4 ans.

Par                Julia Pascual et Samba Doucouré



LE MONDE
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        Le 07.11.2018 à 18h00

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        Mis à jour le 07.11.2018 à 18h56






    
Mamoudou Gassama après une rencontre avec Emmanuel Macron au palais de l’Elysée, à Paris, le 28 mai 2018.
Crédits : POOL New / REUTERS


Le voilà Français. Mamoudou Gassama, 22 ans, vient de voir la concrétisation de la promesse d’Emmanuel Macron. Dans le salon d’honneur de la préfecture de Seine-Saint-Denis, le « Spider-Man malien » a reçu son décret de naturalisation. Inconnu avant le 26 mai, le migrant a acquis ce jour-là une notoriété aussi brusque qu’inattendue en escaladant la façade d’un immeuble parisien pour épargner une chute de quatre étages à un enfant de 4 ans agrippé à un balcon. Vue des millions de fois sur Internet, la vidéo de son exploit lui a valu d’être reçu à l’Elysée quelques jours plus tard et de se voir promettre une naturalisation.
C’est chose faite depuis mardi 6 novembre. Comme environ 50 000 personnes chaque année en France, 60 habitants du département de la Seine-Saint-Denis ont reçu ce matin-là leur carte d’entrée dans la « communauté nationale ». Parmi eux, le jeune homme se détache malgré lui. D’ailleurs, le préfet Pierre-André Durand glisse dans son discours un mot sur ceux qui, à son image, obtiennent la nationalité française parce qu’ils ont réalisé quelque chose d’« exceptionnel ». Même l’ambassadeur du Mali, Toumani Djimé Diallo, a fait le déplacement, rappelant que « Mamoudou Gassama est un réel ambassadeur » de son pays d’origine. « Il a fait ce que tous les Maliens qui se respectent auraient fait : sauver quelqu’un au péril de sa vie. »

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Poli, discret, presque effacé, Mamoudou Gassama se prête à ce qui est devenu un exercice presque quotidien pour lui depuis cinq mois : le selfie. « Il est très réservé et je pense que c’est à cause de son parcours », croit savoir Djeneba Keita, deuxième adjointe à la mairie de Montreuil, où vit Mamoudou Gassama, qui le dit aussi « reconnaissant de tout ce qui est fait autour de lui ». Mme Keita accompagne le jeune Franco-Malien dans ses démarches administratives et le conseille pour sa communication ; rôle qu’elle partage avec le frère aîné du jeune homme, Diaby Gassama, et avec Mams Yaffa, une figure de la diaspora malienne à Paris.
Parti sans prévenir sa famille
« C’est encore un bébé », justifie son frère aîné… Un « bébé » qui a quitté son village du nord-ouest du Mali, Yaguiné Banda, à l’âge de 15 ans. « Je n’étais pas bien costaud, se souvient-il. Les jeunes de ma génération et moi, nous étions tous dans la même galère et on partait tous, un à un. Il ne restait plus beaucoup de garçons de mon âge au village. Ma famille m’a adressé des bénédictions quand j’ai pris la décision de partir », d’abord en Côte d’Ivoire.
Mamoudou Gassama est issu d’une fratrie de neuf enfants, ses parents sont agriculteurs. A l’époque, seul l’aîné, Diaby, est installé à l’étranger, en France, où il travaille comme laveur de vitres. Mamoudou devient manutentionnaire à Bamako afin d’économiser l’argent nécessaire à son voyage. Puis, en Côte d’Ivoire, il est bagagiste dans une gare routière. « Je m’occupais de charger et décharger des livraisons qui venaient de toute la région, raconte-t-il. C’était un travail harassant. J’y suis resté trois ans. J’ai quitté le pays en 2011, au moment de la guerre civile. Beaucoup de gens fuyaient. Il n’y avait plus de travail, je suis donc retourné au Mali. »

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Quelques mois après son retour, sa mère décède. Mamoudou Gassama décide alors de partir pour l’Europe, sans prévenir sa famille. En quelques jours, il traverse le Burkina Faso et le Niger pour gagner la Libye. À l’époque, déjà, « de nombreuses personnes fonçaient en Libye car c’était une voie d’accès à l’Europe », se souvient le jeune homme. Pour lui, ce pays restera « un épisode sombre » dans son parcours.
« Des gens mouraient devant moi »
Il y arrive les poches vides et, pour réunir les 800 euros nécessaires à la traversée de la Méditerranée, il trouve du travail dans la ville de Sabratha, notamment sur des chantiers. Il vit là-bas six mois, dans un foyer, avec d’autres migrants africains. « On ne dormait pas tranquillement parce qu’on pouvait être attaqué par des bandits ou racketté par la police », rapporte-t-il. Il tente une première fois de prendre la mer à bord d’une embarcation de fortune, mais l’expédition est arrêtée au bout de trois heures de navigation par les gardes-côtes libyens. Mamoudou Gassama se retrouve en prison.

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Dans sa geôle, il ne voit pas la lumière du jour et reçoit du pain, des sardines et du fromage en guise de repas unique. « J’y ai beaucoup souffert, reconnaît-il. Certains mouraient devant moi, de fatigue, de faim ou après avoir été battus par les geôliers. » Des détenus entreprennent de saboter la porte de la cellule et, chaque soir, creusent le sol autour. « Un soir, on a dévissé la porte et on est tous partis en courant, c’était chacun pour sa peau, se remémore Mamoudou Gassama. Les gardiens tiraient à vue. » Le jeune homme échappe aux balles et parvient à trouver refuge dans une « mazra », une petite exploitation agricole.
Il retente une traversée deux mois plus tard. Cette fois, son embarcation est secourue par un navire de la Croix rouge, et il est débarqué en Sicile en mars 2014. Il obtient l’asile en Italie au bout de deux ans. « J’ai rejoint un foyer pour réfugiés, explique-t-il. Je n’avais pas le sou, je me nourrissais grâce aux soupes populaires. » A Rome, le jeune homme ne trouve pas de travail. Lassé de galérer, il décide de quitter le pays. Son frère lui paye un billet d’avion pour Paris en septembre 2017.
Service civique de dix mois
Installé au foyer de travailleurs migrants Rochebrune, à Montreuil, Mamoudou Gassama se refait une santé et renoue le contact avec des gens de son village. Le jour où il a secouru le garçon de 4 ans, il se préparait à assister à la finale de la Ligue des champions dans un fast-food du XVIIIe arrondissement avec des amis.
Depuis, le nouveau « Spider-Man » a été reçu à l’Elysée, récompensé d’un trophée par la chaîne afro-américaine BET, à Los Angeles, ainsi que par la fondation onusienne Global Hope Coalition, à New York. Il a aussi été invité par Marcelo, un joueur du Real Madrid, à assister à un match de football entre l’Autriche et le Brésil, en juin à Vienne, ainsi qu’à la demi-finale de la Coupe du monde Angleterre-Croatie en Russie. La mairie de Montreuil lui a octroyé un logement.

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Tout a changé. Mais rien n’a changé. L’avenir du jeune Franco-Malien est encore flou. Il suit des cours de français et devrait entamer en janvier un service civique de dix mois au sein de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris. La carrière que lui a indiquée Emmanuel Macron n’est pas nécessairement celle qu’il épousera en définitive. Le Montreuillois souhaite venir en aide aux habitants de son village, aux Africains qui risquent leur vie pour rejoindre l’Europe, voire aux jeunes en mal d’avenir en France.
« Il faut qu’il se construise un projet précis, conclut Mams Yaffa. Ensuite on pourra se permettre d’aller voir les présidents français ou malien pour être soutenu. »





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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Le milliardaire russe avait été placé en garde à vue mardi comme trois autres personnes poursuivies dans cette affaire.
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Dmitri Rybolovlev, président de l’AS Monaco, placé sous contrôle judiciaire dans une affaire d’escroquerie

Le milliardaire russe avait été placé en garde à vue mardi comme trois autres personnes poursuivies dans cette affaire.



Le Monde.fr avec AFP
 |    07.11.2018 à 16h51
 • Mis à jour le
07.11.2018 à 18h43
   





                        



   


Le milliardaire russe Dmitri Rybolovlev, patron de l’AS Monaco, a été inculpé mercredi 7 novembre à Monaco dans le cadre de la retentissante affaire d’escroquerie présumée qui l’oppose à son ancien marchand d’art suisse Yves Bouvier. Le ou les chefs d’inculpation précis visant M. Rybolovlev ne sont cependant pas encore connus.
Le magnat russe a été laissé libre et placé sous contrôle judiciaire, comme les trois autres personnes inculpées avec lui : son avocate Tetiana Bersheda, ainsi que le fils et l’épouse de l’ex-garde des Sceaux de Monaco, Philippe Narmino, a-t-on précisé au parquet de Monaco, confirmant une information de Nice-Matin. 
Selon le quotidien régional, les quatre inculpés s’étaient présentés d’eux-mêmes mardi, munis d’une convocation, avant d’être placés en garde à vue. Plusieurs perquisitions ont également été menées durant les dernières vingt-quatre heures. D’autres mises en cause pourraient suivre puisque « les opérations se poursuivent encore jusqu’à ce soir et peut-être demain », a ajouté le procureur général.

        Nos informations :
         

          Le président de l’AS Monaco perquisitionné et placé en garde à vue



SMS compromettants
Dmitri Rybolovlev est au cœur de l’information judiciaire ouverte voilà un an par le parquet général de Monaco pour des faits de « corruption », « trafic d’influence actif et passif » et complicité de ces délits.
A l’origine de cette affaire, il y a une plainte déposée par le milliardaire russe contre l’ancien marchand d’art Yves Bouvier, qu’il accuse de l’avoir escroqué d’un milliard de dollars en appliquant des marges exorbitantes lors de la vente de tableaux. Mais au fil de l’enquête, les policiers ont pu exploiter les informations du téléphone portable de l’avocate de Dmitri Rybolovlev, mettant au jour un scandale de toute autre ampleur.
Comme l’avait révélé Le Monde dans son enquête, de nombreux textos issus du smartphone de Me Bersheda faisaient en effet état des relations suivies entre M. Rybolovlev et Philippe Narmino, alors ministre de la justice monégasque : week-end tous frais payés dans la résidence suisse de l’oligarque, à Gstaad, envoi de cadeaux, dîners fins, etc. Plusieurs policiers de haut rang sont aussi susceptibles d’être impliqués dans ce scandale aux allures de « Monacogate ».
L’affaire, qui inquiète les plus hautes autorités de la principauté, a déjà provoqué le placement en garde à vue, le 23 septembre 2017, de Philippe Narmino, personnalité en vue sur le Rocher. Quelques jours plus tôt, M. Narmino avait été contraint de quitter ses fonctions de ministre de la justice de Monaco.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Même en l’absence de harcèlement au sens technique, l’employeur est tenu de protéger la santé physique et mentale de chacun de ses collaborateurs, explique, dans sa chronique, le juriste Jean-Emmanuel Ray.
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Comment réagir à une agression entre salariés ?

Même en l’absence de harcèlement au sens technique, l’employeur est tenu de protéger la santé physique et mentale de chacun de ses collaborateurs, explique, dans sa chronique, le juriste Jean-Emmanuel Ray.



LE MONDE ECONOMIE
 |    07.11.2018 à 15h52
 • Mis à jour le
07.11.2018 à 15h54
    |

                            Jean-Emmanuel Ray (Professeur à l'école de droit de Paris-I-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            

Question de droit social. Dans cette petite société d’expertise-comptable, l’animosité entre M. X et M. Z est connue de tous : ces deux collègues ne s’adressent plus la parole depuis des années. Mais le 29 juillet 2013, M. Z est agressé verbalement par M. X, puis le 11 décembre verbalement et physiquement, selon ses dires.
A la suite de son licenciement pour inaptitude en 2015, M. Z assigne son employeur pour « manquement à l’obligation légale imposant à l’employeur de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs ». A ce titre, la cour d’appel de Nîmes lui octroie 3 000 euros de dommages-intérêts.

S’ensuit un pourvoi de l’employeur, qui rappelle que, huit jours après le premier incident, il avait organisé une réunion avec les deux protagonistes, où M. X avait présenté ses excuses. Et après la seconde altercation, il avait adressé un sévère courrier à M. X, lui ordonnant de cesser tout comportement agressif.
Mais le 17 octobre 2018 la Cour de cassation a rejeté le pourvoi : « Bien qu’ayant eu connaissance des répercussions immédiates causées sur la santé de M. Z par une première altercation avec l’un de ses collègues, des divergences de vues et des caractères très différents voire incompatibles des protagonistes et donc du risque d’un nouvel incident, la société n’avait pris aucune mesure concrète hormis une réunion le lendemain de l’altercation et des réunions périodiques de travail concernant l’ensemble des salariés ; elle n’avait ainsi pas mis en place les mesures nécessaires permettant de prévenir ce risque, assurer la sécurité du salarié et protéger sa santé physique et mentale. »
Des « mesures immédiates »
Même en l’absence de harcèlement au sens technique, l’employeur est tenu de protéger la santé physique et mentale de chacun de ses collaborateurs, « l’obligation de prévention des risques professionnels étant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Libérer la parole de toute l’équipe facilite la levée des tabous et la réorganisation du travail.
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Maladie grave en entreprise : comment éviter la double peine pour le salarié

Libérer la parole de toute l’équipe facilite la levée des tabous et la réorganisation du travail.



LE MONDE ECONOMIE
 |    07.11.2018 à 15h45
    |

                            François Desnoyers








                        



                                


                            

Nathalie Vallet-Renart aime citer ces vers de Verlaine pour décrire l’état d’esprit d’une salariée retrouvant le chemin du travail après une période de traitement : « Ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre ». Pour la directrice générale de l’association Entreprise et cancer, qui a elle-même été touchée par la maladie en 2010, l’épreuve transforme en profondeur ceux qui y ont été confrontés. « On prend conscience de sa vulnérabilité, de la possibilité de sa mort. Cela oblige à reconsidérer ses priorités de vie et notamment la question du lien au travail. » C’est ce qu’elle nomme « l’effet cancer ».
Marie (le prénom a été modifié) l’a aussi ressenti. Cette trentenaire, cadre au service achats d’une multinationale, a dû s’éloigner deux ans de son bureau, enchaînant un congé de maternité et le traitement d’un cancer du sein. Revenue voici un an en mi-temps thérapeutique, elle reconnaît aujourd’hui qu’elle « voit les choses différemment. J’ai appris à faire le tri, à distinguer ce que je jugeais essentiel ou pas. J’avais envie auparavant de faire carrière… Cela me semble désormais un peu futile. Et je pense être capable de dire “stop” si le travail demandé ne me semble pas réaliste ».

Comme Marie, nombre de salariés touchés par une maladie grave assurent que cette épreuve a questionné en profondeur leur rapport à l’entreprise. Une relation complexe avec l’organisation, mêlant prise de distance, mais aussi, dans le même temps, attachement au quotidien professionnel. Marie reconnaît ainsi avoir été satisfaite de reprendre le travail, pour « retrouver un cadre, un lien social, la vie normale en somme ». « Quand vous sortez du milieu professionnel, vous n’êtes “plus rien”, votre utilité sociale disparaît », justifie Mme Vallet-Renart.
« Crainte d’être mis à l’écart »
En 2002, une sclérose en plaques a obligé Jocelyne Nouvet-Gire à quitter son emploi de greffière. « Cela...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Un sixième corps a été exhumé mercredi matin par les sauveteurs qui continuent de fouiller dans les gravats de ces bâtiments du quartier de Noailles.
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Marseille : la mairie mise en cause après l’effondrement des immeubles

Un sixième corps a été exhumé mercredi matin par les sauveteurs qui continuent de fouiller dans les gravats de ces bâtiments du quartier de Noailles.



LE MONDE
 |    07.11.2018 à 13h35
 • Mis à jour le
07.11.2018 à 17h41
    |

                            Luc Leroux (Marseille, correspondant)








                        



   


Il faudra une semaine, jour et nuit, pour déblayer l’amas de gravats dû à l’effondrement, lundi 5 novembre, de trois immeubles, en plein centre de Marseille, d’où six corps – quatre hommes et deux femmes – ont été retirés. 
Le bilan pourrait s’alourdir, le procureur de la République Xavier Tarabeux ayant évoqué cinq à huit victimes potentiellement ensevelies. Sur le tas de poutres et de pierres enchevêtrées, les secouristes fouillent et déblaient, parfois sous une pluie battante. Une « stratégie minutieuse » est en place, selon un officier des marins-pompiers de Marseille, qui mêle « outils de haute technologie, matériel endoscopique », pelles et paniers en osier. Mardi, en milieu de journée, les secouristes conservaient « un faible espoir », évoquant « de possibles poches de survie situées dans la partie centrale » des décombres.
Syndic depuis des dizaines d’années de l’immeuble situé au 65, rue d’Aubagne, le seul des trois qui était occupé par des locataires, Valérie Marcos, gérante du cabinet Liautard, a affirmé au Monde que le « bâtiment était en bon état et entretenu. Ce n’était pas un immeuble de marchands de sommeil, il n’a jamais été insalubre, et les travaux ont toujours été réalisés par les onze copropriétaires ». Un an et demi après un premier arrêté de péril, un second avait, le 18 octobre, frappé un appartement du premier étage. Tous les occupants avaient, ce jour-là, été évacués dans une nacelle des marins-pompiers. Un mur de l’entrée présentait « une grosse fissure », selon la locataire du 5e étage. « Nous sommes intervenus, et trois jours plus tard les travaux préconisés étaient réalisés », assure Jean-François Valentin, gestionnaire de l’immeuble. « Ce qui est arrivé me navre mais, ajoute-t-il, j’avais demandé s’il fallait évacuer les occupants. Les experts et les responsables de la ville m’ont dit qu’il n’y avait pas de problème. »
Les causes de l’effondrement « ne sont pas établies à ce stade »
Selon le cabinet Liautard, c’est l’état de l’immeuble mitoyen, situé au 63 et racheté et muré par la ville de Marseille, qui serait à l’origine de la catastrophe. « Il manquait une partie de la toiture à l’arrière, et cet immeuble n’avait plus d’ossature, indique M. Valentin. Le sol était en terre battue et l’eau ruisselait vers le 65. » L’enquête devra vérifier ces éléments.
Lors d’une conférence de presse, mercredi en fin de journée, le procureur de Marseille, Xavier Tarabeux, a fait savoir que les causes précises de l’effondrement « ne sont pas établies à ce stade ». « En l’état, il est prématuré d’imputer des responsabilités pénales », compte tenu « de la complexité de la situation », a également ajouté le procureur. « On ignore lequel des deux immeubles a entraîné l’effondrement », a-t-il poursuivi, rappelant que les deux bâtiments dataient de la fin du XVIIIe siècle.

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Les secouristes craignent désormais « un effet domino » dramatique rue d’Aubagne, une rue en pente du quartier très populaire de Noailles, « où les immeubles sont appuyés les uns sur les autres, en épi », comme l’a expliqué mardi matin un marin-pompier de Marseille.
De nombreux immeubles de la rue ont été évacués à la suite du drame, et 105 personnes ont été relogées dans une soixantaine de chambres d’hôtels du centre-ville. Certains habitants peuvent encore récupérer rapidement quelques affaires, un par un, accompagnés par les marins-pompiers.
« Le maillon faible, c’est la mairie »
La polémique enfle au sujet de l’insalubrité d’une grande partie du parc privé marseillais, « des chiffres affolants » dénoncés par la Fondation Abbé-Pierre. « Dans la lutte contre l’habitat indigne à Marseille, le maillon faible, c’est la mairie, accuse la députée (LRM) Alexandra Louis. Aucun dispositif ne fonctionne. » Un même constat d’échec est dressé au palais de justice, où en 2011 le parquet avait mis en place un Groupement opérationnel de lutte contre l’habitat indigne (Golhi).
Pourvoyeur d’outils, par exemple des fiches navettes destinées aux associations, ce dispositif permettait au procureur de multiplier les procédures sur l’habitat indigne et les marchands de sommeil. « La CAF, les services de sécurité étaient sensibilisés pour nous alerter », relève un magistrat. Le dispositif était même présenté aux futurs magistrats de l’Ecole nationale de la magistrature. « Mais, déplore-t-on au palais de justice, il n’a plus été alimenté par les services de la mairie, pourtant en première ligne dans la lutte contre l’habitat indigne. » Après un début prometteur, les signalements se sont raréfiés, jusqu’à un seul par mois, et le Golhi a fini par ne plus se réunir après février 2017.

   


Un audit précis de l’habitat indigne à Marseille a été demandé au préfet, a annoncé, mardi Christophe Castaner, ministre de l’intérieur. Mais, pour beaucoup, le diagnostic est fait depuis vingt ans. « Ah, on nous aurait écoutés… », regrette Nordine Abouakil, ancien porte-parole d’Un centre-ville pour tous, association qui a suivi toutes les opérations de requalification dans les quartiers dégradés du cœur de Marseille, notamment à Noailles, où a eu lieu la catastrophe. « En dix ans, je peux témoigner que la municipalité n’a pas fait preuve de sévérité à l’égard des marchands de sommeil et des propriétaires récalcitrants. On peut même parler de mansuétude. » Après le lancement d’un périmètre de restauration immobilière en 1995, le quartier Noailles a connu deux opérations programmées d’amélioration de l’habitat et un plan d’éradication de l’habitat indigne. « On se retrouve aujourd’hui encore avec 48 % des immeubles de Noailles en état de grande dégradation », déplore M. Abouakil.



                            


                        

                        


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Le maréchal Pétain, un « grand soldat » malgré « des choix funestes », selon Emmanuel Macron

Le chef de l’Etat a répondu aux nombreuses critiques sur l’inclusion de Pétain dans l’hommage aux Invalides ainsi : « Je ne pardonne rien, mais je ne gomme rien de notre histoire ».



Le Monde.fr avec AFP
 |    07.11.2018 à 12h24
 • Mis à jour le
07.11.2018 à 18h14
   





                        



   


Emmanuel Macron a jugé « légitime », mercredi 7 novembre, de rendre hommage au maréchal Pétain samedi aux Invalides, en soulignant que le dirigeant du régime de Vichy avait été « pendant la première guerre mondiale un grand soldat », même s’il a « conduit des choix funestes » pendant la seconde.
Avec les sept autres maréchaux de la Grande Guerre, Philippe Pétain sera célébré aux Invalides lors d’une cérémonie à laquelle participeront les responsables militaires français, dont le chef d’état-major particulier du président, l’amiral Bernard Rogel. 
« Il est légitime que nous rendions hommage aux maréchaux qui ont conduit l’armée à la victoire, comme chaque année. Mon chef d’état-major sera présent à cette cérémonie », a précisé le chef de l’Etat, interrogé par des journalistes en arrivant à la préfecture des Ardennes pour un conseil des ministres délocalisé.
« Je ne pardonne rien, mais je ne gomme rien de notre histoire »
« Je n’occulte aucune page de l’histoire », a ensuite ajouté, en fin de journée, M. Macron en réponse aux critiques qui ont suivi ses propos. Et d’ajouter :
« Il a été un grand soldat, c’est une réalité. La vie politique comme l’humaine nature sont parfois plus complexes que ce qu’on voudrait croire (…) J’ai toujours regardé l’histoire de notre pays en face. »
« Je me suis toujours opposé au défaitisme français ou à la complaisance envers toute idéologie. Mais je reconnais la part que nos maréchaux et notre armée ont jouée. Nous lui devons la victoire (..)  la victoire d’une nation combattante. Je ne pardonne rien, mais je ne gomme rien de notre histoire ». 

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« Pétain est un traître et un antisémite »
Les réactions aux propos du président se sont succédées tout au long de la journée. A droite comme à gauche, le choix d’honorer le maréchal Pétain a été très mal reçu. « Mais quel dégoût ! », a ainsi tweeté Pierre Jouvet, porte-parole du Parti socialiste.
« Pétain, l’homme de Vichy, de la collaboration avec Hitler, de la rafle du Vél d’Hiv aura droit samedi à un hommage national. Mettre à l’honneur cet homme condamné à l’indignité nationale en 1945 est une honte et une insulte pour l’histoire de notre pays. »
« Honorer Simone Veil au Panthéon ET EN MÊME TEMPS le traître antisémite Pétain aux Invalides. Rien ne justifie une telle honte. Quand on préside la France, il faut se montrer un peu plus à la hauteur de son histoire », estime Benoît Hamon, fondateur de Génération·s. Quant au dirigeant de LFI, Jean-Luc Mélenchon, il estime que « Pétain est un traître et un antisémite. Ses crimes et sa trahison sont imprescriptibles. Macron, cette fois-ci, c’est trop ! L’histoire de France n’est pas votre jouet. »

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Une « mauvaise polémique »

   


A droite, Alain Houpert, sénateur membre des Républicains, estime qu’« un passé glorieux n’efface pas les horreurs de 1939-1945 ». « Il n’y a rien de pire dans l’histoire que les trous de mémoire ! », ajoute-t-il.
Steeve Briois, vice-président du Rassemblement national (ex-FN), s’est également indigné sur Twitter : « Instrumentalisations politiques dans le cadre des élections européennes, comparaisons douteuses avec les années 1930, polémique sur Pétain… Plutôt qu’une suite de polémiques, on aurait attendu du président de la République un digne et bel hommage à nos poilus… Consternant ! »
Le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) s’est dit « choqué » : « La seule chose que nous retiendrons de Pétain, c’est qu’il a été, au nom du peuple français, frappé d’indignité nationale lors de son procès en juillet 1945 », a déclaré le président de l’organisation, Francis Kalifat, cité dans un communiqué.
« Je ne rentrerai pas dans cette mauvaise polémique », a répondu, lors d’un point de presse, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, avant de citer une phrase du général de Gaulle en 1966 sur Pétain, selon lequel « sa gloire à Verdun ne saurait être contestée ni méconnue par la patrie ». « Il ne faut pas faire de raccourcis douteux. Pétain a servi la patrie en 14 et l’a trahie en 40 », a précisé Benjamin Griveaux.



                            


                        

                        


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Le gérant d’actifs Carmignac Gestion soupçonné de fraude fiscale

Le Parquet national financier a ouvert une enquête préliminaire contre la société, l’un des leaders européens du secteur.



LE MONDE
 |    07.11.2018 à 11h32
 • Mis à jour le
07.11.2018 à 15h03
    |

            Simon Piel et 
Anne Michel








                        



                                


                            

C’est l’un des fleurons de la gestion d’actifs financiers en France, et l’un des leaders sur son marché en Europe, avec plus de 60 milliards d’euros d’encours. Selon les informations du Monde, la société Carmignac Gestion est visée par une enquête du Parquet national financier (PNF), ouverte il y a seize mois, pour « fraude fiscale » et « blanchiment de fraude fiscale », après une plainte de l’administration fiscale. Sollicité, le PNF n’a pas souhaité faire de commentaire.
Selon nos sources, la justice s’intéresse de très près aux pratiques fiscales de la société créée par Edouard Carmignac, il y a près de trente ans, avec son partenaire en affaires, Eric Helderlé. Une entreprise indépendante détenue par ses dirigeants, gérants et salariés et dont l’objet est de faire fructifier le capital de clients dotés d’un solide patrimoine à investir, en leur proposant de placer leur argent dans des fonds.
L’enquête du PNF concerne notamment le mode de rémunération de certains de ses cadres, par le biais de montages financiers passant par le Luxembourg, où la société a implanté une filiale. Le fisc français conteste le choix de l’entreprise de payer ces salariés en dividendes, dans un pays à la fiscalité avantageuse, plutôt qu’en salaire afin de réduire leur charge d’impôts. Une pratique très largement répandue dans les sociétés de gestion qui ont pour habitude de rémunérer leurs cadres dirigeants sous la forme d’actions gratuites, non seulement pour des raisons fiscales, mais aussi pour les associer à la performance de l’entreprise. Un débat contradictoire a actuellement cours entre les administrations fiscales françaises et luxembourgeoises au sujet de cette ingénierie financière et de ses implications, le fisc français étant, selon nos sources, en désaccord avec l’analyse du fisc luxembourgeois.
Sujet jugé sensible
Contacté, le groupe Carmignac fait savoir par la voix de son avocat, Me Jean Tamalet, qu’« il s’agit d’un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Quatre enfants atteints d’agénésie transverse des membres supérieurs sont nés à Guidel entre 2011 et 2013.
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Dans le Morbihan, le désarroi des familles d’enfants nés sans bras

Quatre enfants atteints d’agénésie transverse des membres supérieurs sont nés à Guidel entre 2011 et 2013.



LE MONDE
 |    07.11.2018 à 11h18
 • Mis à jour le
07.11.2018 à 11h38
    |

                            Nicolas Legendre (Guidel (Morbihan), envoyé spécial)








                        


« Rien ne vous sera caché. » La promesse a été faite d’emblée par François Bourdillon, directeur général de Santé publique France (SPF), aux habitants de Guidel (Morbihan) réunis mardi 6 novembre au soir dans une salle municipale. A ses côtés : sept responsables d’agences sanitaires et médecins. Face à eux : environ 200 personnes, parmi lesquelles plusieurs parents d’enfants nés sans bras ou sans mains. Dans cette commune bretonne de 11 500 habitants, quatre enfants atteints d’une semblable malformation congénitale (agénésie transverse des membres supérieurs) sont nés entre 2011 et 2013.
Ce nombre anormalement élevé de cas similaires a été signalé aux autorités dès 2015. Avec la médiatisation de situations identiques identifiées dans l’Ain et en Loire-Atlantique, l’affaire a pris une ampleur nouvelle. La réunion publique organisée mardi par la municipalité de Guidel s’est déroulée dans un contexte national tendu. L’agence Santé publique France, chargée de superviser les recherches sur le sujet, a été critiquée pour sa gestion du dossier. Fin octobre, la ministre de la santé, Agnès Buzyn, a annoncé l’ouverture d’une nouvelle enquête confiée à SPF et à l’Agence nationale de sécurité sanitaire.

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« Fort excès de cas »
« Quand ma petite-fille me pose des questions, je lui dis quoi ? Je lui explique quoi ? », a interrogé le grand-père d’une enfant atteinte d’agénésie, la voix tremblante. « Il faut lui dire qu’on ne sait pas, a répondu François Bourdillon. Parce que c’est la réalité. » Face à la population, les spécialistes ont détaillé les causes connues (génétiques, notamment) pouvant entraîner une agénésie, les facteurs « présupposés » de son apparition (d’ordre toxique et environnemental), ainsi que l’organisation du « dispositif de surveillance, d’investigation et de recherche ». A Guidel, ledit dispositif a permis de conclure « qu’il y avait un fort excès de cas [de pathologies] » par rapport à la moyenne nationale. Mais, ici comme ailleurs en France, les recherches « poussées » qui ont été menées n’ont « pas permis d’identifier de facteurs explicatifs ».
Cette absence de réponse à la question que tout le monde se pose a été au cœur des échanges avec le public, inquiet mais satisfait d’obtenir certaines réponses. L’incidence éventuelle de l’exposition à des produits phytosanitaires a été soulignée à de nombreuses reprises par des habitants. Les experts sont demeurés formels, expliquant notamment qu’une des familles concernées vivait à l’époque en centre-ville, et non à la campagne – ce qui diminue a priori la probabilité d’exposition à ces substances –, que le lien entre pesticides et malformations congénitales n’est pas avéré et que les « sources d’exposition aux produits toxiques peuvent aussi être domestiques ». « Toutes les hypothèses » doivent encore être envisagées, ont-ils expliqué.
« On a été complètement oubliés »
Une rumeur d’étonnement a parcouru l’assistance lorsqu’une mère a évoqué son cas. « Ma fille, née en 2011, a une agénésie de la main droite, a expliqué la jeune femme, très émue. J’habite à Calan [à 25 kilomètres de Guidel]. Pourquoi on n’a jamais reçu de questionnaire ? On a été complètement oubliés ! » Dans la foulée, plusieurs parents ont fait état de semblables situations.
Explication : les services de l’Etat ont, jusqu’à présent, cantonné leurs investigations à la commune de Guidel, pour des raisons « méthodologiques » et « de moyens ». M. Bourdillon a reconnu les « limites » des études disponibles. Interrogé à l’issue de la réunion, le maire de Guidel, Jo Daniel, affirmait avoir eu connaissance, ces dernières semaines, de « six ou sept cas » d’enfants nés dans un rayon d’une vingtaine de kilomètres autour de la commune et concernés par des handicaps semblables à ceux dont sont atteints les quatre enfants guidélois.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ L’installation classée Seveso du groupe agroalimentaire Cap Seine, qui peut accueillir jusqu’à 4 150 tonnes de produits, présente des risques pour l’approvisionnement en eau potable.
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Un stockage géant de pesticides crée l’inquiétude dans la région de Rouen

L’installation classée Seveso du groupe agroalimentaire Cap Seine, qui peut accueillir jusqu’à 4 150 tonnes de produits, présente des risques pour l’approvisionnement en eau potable.



LE MONDE
 |    07.11.2018 à 11h15
 • Mis à jour le
07.11.2018 à 13h53
    |

                            Gilles Triolier (Rouen, correspondance)








                        



                                


                            

Un large entrepôt neuf avec ses quais de déchargement pour camions. De l’extérieur, rien n’indique que le bâtiment, achevé cet été, suscite depuis deux ans une vaste polémique en Seine-Maritime. Le village de Vieux-Manoir est niché au milieu des champs, le long de l’autoroute A28, à vingt kilomètres au nord de Rouen. C’est ici que le groupe coopératif agroalimentaire normand Cap Seine, via une de ses filiales, la société Odièvre, a jugé stratégique d’implanter une imposante plate-forme de stockage de produits phytopharmaceutiques, principalement des pesticides.
Selon un élu local, l’activité a démarré sur le site. Même si l’association « Défense et promotion de cinq communes du plateau de Buchy », regroupement d’opposants et de riverains, a saisi le tribunal administratif en avril. Après des manifestations et une pétition, elle conteste l’arrêté préfectoral d’exploitation pour « insuffisance » dans les études d’impact et de dangers. « On joue ici à la roulette russe », assène son président, Jean-Louis Alexandre.
A côté des silos de la maison mère déjà présents, ce site classé Seveso, seuil le plus haut, peut accueillir jusqu’à 4 150 tonnes de produits. Cap Seine – qui a refusé de nous répondre – souhaitait avec cette extension d’envergure (7,5 millions d’euros) regrouper des produits stockés sur 65 lieux différents. Ce mastodonte agricole (près de 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires annuel, 3 800 agriculteurs adhérents) est spécialisé dans la production, la collecte et le négoce de céréales. Il est également propriétaire des magasins Gamm Vert.

« Risques sur la santé »
Inquiets, les riverains dénoncent « les risques sur la santé et les nuisances à venir » depuis le début de l’enquête publique, en 2016. Les produits stockés étant « dangereux pour l’environnement aquatique, très toxiques et inflammables », l’Autorité environnementale – une émanation de la préfecture – est sollicitée, et donne...




                        

                        


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Des ambulanciers mobilisés contre l’« ubérisation » de leur profession

Les professionnels du secteur s’inquiètent de la réforme du financement des transports sanitaires.



LE MONDE
 |    07.11.2018 à 10h28
 • Mis à jour le
07.11.2018 à 13h58
    |

            François Béguin








                        



   


Abdel Nouri l’assure : il n’a jamais été quelqu’un de « haineux ». Mais depuis l’entrée en vigueur de la réforme du financement des transports sanitaires, le 1er octobre, cet ambulancier de 42 ans commence à « avoir la haine ». Haine des politiques qui ont décidé cette réforme, haine des médias « qui nous occultent »… « Personne ne nous entend », déplore-t-il, mardi 6 novembre, aux côtés d’une cinquantaine d’ambulanciers réunis devant l’hôpital européen Georges-Pompidou, dans le 15e arrondissement. Quelques heures plus tôt le blocage du périphérique parisien par des centaines d’ambulanciers en colère a pris fin, se soldant par quatorze interpellations.

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Si Abdel Nouri est venu à Paris depuis Nice, où il travaille, c’est pour se « battre » pour sa « survie ». Depuis qu’hôpitaux et cliniques se substituent à l’Assurance-maladie pour payer les transports en ambulance entre établissements de santé, les petites sociétés d’ambulances de moins de dix véhicules assurent moins travailler que les gros groupes, accusés de casser les prix pour remporter des marchés. Depuis un mois, Abdel Nouri n’a ainsi plus fait un seul déplacement interhospitalier, alors même que ce poste représentait jusqu’à près d’un tiers du chiffre d’affaires de sa micro-entreprise d’un seul véhicule. Achetée 350 000 euros il y a quelques années, il craint qu’elle ne vaille beaucoup moins aujourd’hui.
Autour de lui, également vêtus de bleu, d’autres ambulanciers font état des mêmes inquiétudes causées par l’entrée en vigueur de l’article 80 du budget de la Sécurité sociale 2017. « Entre l’essence qui augmente, les charges en hausse de 20 % depuis trois ans, les tarifs Sécu qui n’ont pas été revalorisés depuis 2013, on ne peut pas se permettre de s’aligner sur les rabais de 20 % à 40 % proposés par les gros groupes sur les appels d’offres des hôpitaux », explique Mathieu Sicurani, gérant d’une société de trois ambulances à Nice. « En six mois, on va être obligé de revendre, et les gros groupes réaugmenteront leurs prix derrière », assure-t-on à l’Association pour la défense des transporteurs sanitaires, la structure qui a mobilisé les ambulanciers, en dehors des grosses fédérations du secteur.
« Le patient va devenir colis »
Devant l’hôpital Georges-Pompidou, Stéphane Baude, 48 ans, gérant d’une société de six ambulances à Paris, décrit des grosses sociétés qui « n’arrivent pas à gérer » ces dernières semaines car « elles ont trop de travail » après avoir remporté les appels d’offres. Conséquence, selon lui : « Les délais ne sont plus respectés. Des patients qui attendaient trente minutes avant le 1er octobre peuvent maintenant parfois attendre leur ambulance deux, trois ou même quatre heures. » L’ambulancier dénonce également le risque d’« ubérisation » de la profession, certains gros groupes choisissant de « sous-traiter » les marchés remportés dans le cadre de ces appels d’offres. « En perdant le libre choix de son ambulance, le patient, lui, va devenir un colis, un simple numéro », prévient-t-il.
Si le transport interhospitalier ne représente qu’un peu moins de 5 % des 4,6 milliards de la dépense totale de l’Assurance-maladie en matière de transport, les gérants des petites sociétés d’ambulances redoutent qu’une suite à l’article 80 ne soit en préparation au ministère de la santé. Un nouvel article qui concernerait cette fois « tout ce qui est retour à domicile ». Sous couvert d’anonymat, un ambulancier faisant peu d’interhospitalier résume la situation : « Si ça reste juste l’article 80, on arrive à travailler. Mais la suite va nous tuer. » 
Interrogée lundi soir lors de l’émission « Audition publique », la ministre de la santé, Agnès Buzyn, a assuré avoir été « très attentive à ne pas favoriser l’ubérisation » du secteur. Rappelant que « les dépenses de transport ont considérablement augmenté d’année en année », elle a dit vouloir inciter les hôpitaux à « rationaliser les transports ».

Une réforme « qui ne satisfait personne »
La réforme du financement des transports sanitaires entrée en vigueur le 1er octobre est une réforme « mal ficelée qui ne satisfait personne », a déclaré mardi 6 novembre Frédéric Valletoux, le président de la Fédération hospitalière de France (FHF) lors d’une conférence de presse commune inédite avec la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP), la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne privés non lucratifs (Fehap) et Unicancer. Dénonçant un « tunnel d’économie sans fin » imposé à tous les établissements de santé, les représentants des quatre fédérations hospitalières ont réclamé le dégel complet des crédits mis en réserve et une hausse des tarifs pour faire face à leurs difficultés financières.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Gérald Darmanin, le ministre des comptes publics, a annoncé que le régime de prélèvement serait supprimé au cours de la navette parlementaire.
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Aides des comités d’entreprise : l’exécutif renonce à la taxation

Gérald Darmanin, le ministre des comptes publics, a annoncé que le régime de prélèvement serait supprimé au cours de la navette parlementaire.



LE MONDE
 |    07.11.2018 à 08h01
 • Mis à jour le
07.11.2018 à 11h16
    |

            Bertrand Bissuel








                        



   


Machine arrière toute ! Les avantages et cadeaux accordés par les employeurs à leurs salariés ne seront finalement pas soumis à un nouveau régime de prélèvement obligatoire. Le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, l’a annoncé, mardi 6 novembre, sur LCI. Des dispositions allant dans ce sens, élaborées conjointement par des députés et par le gouvernement, avaient été adoptées, le 24 octobre, dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2019. Elles devraient donc été retirées durant la navette parlementaire. « Ce que nous souhaitons, ce n’est pas taxer. Il faut arrêter la folie de la taxation », a justifié M. Darmanin, mardi.

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Aujourd’hui, les aides distribuées par les entreprises en faveur des activités sociales et culturelles de leurs personnels (réductions tarifaires pour des voyages, bons d’achat, etc.) sont exonérées de cotisations sociales. A une condition : l’effort financier ainsi consenti ne doit pas se transformer en complément de rémunération. Un dispositif qui se fonde sur des usages, en vigueur depuis des années.
Flou juridique
Un tel système, qui s’applique, notamment, aux comités d’entreprises (CE), est critiqué, du fait des incertitudes qu’il fait régner : il arrive, en effet, que l’Urssaf inflige des redressements à des patrons, qui avaient attribué ce type de gratifications à leur main-d’œuvre. En outre, les sociétés de petite taille sont peu enclines à offrir de telles prestations – en raison du flou juridique qui prévaut.
C’est pourquoi Paul Christophe, député Union des démocrates et indépendants (UDI) du Nord, avait défendu un amendement au PLFSS 2019 pour « sécuriser » ces pratiques ayant cours sur la base d’une tolérance administrative. Son souhait était de les « pérenniser » en les codifiant précisément dans la loi. Il entendait aussi donner de la visibilité aux petites et moyennes entreprises (PME), dans l’espoir que celles-ci participent davantage au financement des activités sociales et culturelles de leurs salariés.
Le cadre imaginé par M. Christophe prévoyait que les aides soient assujetties à des cotisations à partir d’un certain seuil, variable suivant les cas : par exemple 331 euros par an et par personne, pour « l’exercice d’activité sportive », pour « l’accès aux biens et prestations culturels ou au titre d’aides aux vacances » (le montant pouvant aller jusqu’au double en fonction du nombre d’enfants). M. Darmanin avait complété le dispositif (par le biais d’un sous-amendement) en y incluant les chèques-vacances dans les entreprises de plus de cinquante personnes.
Déjà critiquées par plusieurs députés de centre droit et de droite, lors des débats au Palais-Bourbon, ces dispositions ont déclenché une levée de boucliers des syndicats. Tous ont dénoncé une attaque inacceptable contre les droits et le pouvoir d’achat des salariés. M. Christophe s’est défendu de vouloir léser quiconque, assurant que la mesure serait retravaillée au cours de l’examen du PLFSS devant les deux chambres du Parlement, de manière à s’assurer qu’elle ne cause aucun préjudice. Sa démarche, confie-t-il, « n’a pas été comprise ». « Jamais nous n’avons voulu taxer qui que ce soit, contrairement à ce que j’ai pu lire, ici et là, poursuit-il. Cet amendement n’aurait pas été voté sans l’engagement formel du ministre des comptes publics de “ne pas faire de perdant”. Devant la polémique introduite alors même que la concertation est engagée pour respecter ce principe, il semble plus sage d’annuler l’amendement. »
Si le projet est enterré, c’est, aussi, sans doute dans le souci de ne pas ouvrir un front supplémentaire : une mobilisation se prépare, le 17 novembre, contre la flambée du prix des carburants, provoquée, en partie, par le relèvement de la fiscalité écologique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ En présentant les soldats français comme « des civils que l’on avait armés », le président de la République met en avant une histoire culpabilisante estime, dans une tribune au « Monde », le patron du parti Les Républicains.
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Laurent Wauquiez : « Le 11-Novembre d’Emmanuel Macron tourne le dos à notre histoire »

En présentant les soldats français comme « des civils que l’on avait armés », le président de la République met en avant une histoire culpabilisante estime, dans une tribune au « Monde », le patron du parti Les Républicains.



LE MONDE
 |    07.11.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
07.11.2018 à 09h02
    |

Laurent Wauquiez (Président du parti Les Républicains)







                        



                                


                            
Tribune. Le 11 novembre 1968, à l’occasion du cinquantième anniversaire de l’Armistice, le général de Gaulle célébrait devant la foule rassemblée aux Invalides « la flamme de la foi et de la fierté nationale », qui « inspirait le pays tout entier » de 1914 à 1918, « cette même flamme, qui inspirera, au nom de l’avenir, comme elle l’a fait au nom du passé, l’âme de la France éternelle ».

Cinquante ans après, pour le centième anniversaire de l’Armistice, le discours a radicalement changé. Emmanuel Macron a avancé qu’il refusait de célébrer la victoire militaire française : « Le sens de cette commémoration, ce n’est pas de célébrer la victoire de 1918 », indique l’Elysée, qui présente les soldats français comme « des civils que l’on avait armés ».
Oublié, le courage des jeunes Français montant au front ; oubliée, la ténacité de tout le corps national ; oubliée, la grandeur de la victoire, célébrée par Clemenceau. Signe des temps : voici que les héros sont faits victimes et que l’histoire de France est tout entière résumée à une série de pages sombres, à un « cimetière de mauvaise conscience », comme le résume Pierre Nora.
Enlever aux soldats leur honneur
Le 11-Novembre d’Emmanuel Macron tourne le dos à notre histoire. Il laisse entendre que les citoyens français qui se sont levés en masse pour défendre leur patrie en 1914 l’ont fait à contrecœur et sous la contrainte. Il reprend en cela une vulgate, malheureusement trop répandue dans les manuels scolaires, qui met en avant une histoire tout entière culpabilisante, oubliant le patriotisme et le dévouement des soldats français. En faire des victimes, c’est leur enlever leur libre arbitre et leur honneur. En faire des « civils », ce n’est pas respecter la réalité historique ; c’est nier l’incroyable professionnalisme et la saisissante efficacité de cette armée de citoyens qui a contenu l’avancée ennemie et a finalement écrasé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Les cadavres de trois hommes et deux femmes avaient déjà été découverts, mardi et mercredi, dans les ruines de ces bâtiments du quartier de Noailles.
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Marseille : un sixième corps retrouvé sous les décombres d’immeubles

Les cadavres de trois hommes et deux femmes avaient déjà été découverts, mardi et mercredi, dans les ruines de ces bâtiments du quartier de Noailles.



LE MONDE
 |    07.11.2018 à 06h51
 • Mis à jour le
07.11.2018 à 13h08
   





                        



   


Deux jours après l’effondrement de deux immeubles vétustes dans le quartier très populaire de Noailles (Marseille), un sixième corps a été retrouvé à la mi-journée dans les décombres, a annoncé mercredi 7 novembre le procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux. Il s’agit d’un homme.
Le cadavre d’un autre homme avait aussi été découvert aux environs de 6 heures. Les corps de deux autres hommes et ceux de deux femmes avaient déjà été retrouvés par les secours, mardi, dans les ruines de ces bâtiments du quartier très populaire de Noailles. Selon les autorités, jusqu’à huit personnes pourraient avoir été ensevelies sous les gravats.

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« Peu de chances » de retrouver des survivants
Les sauveteurs vont continuer mercredi à fouiller l’imposant tas de décombres à la recherche de survivants, mais les autorités craignent de trouver encore d’autres victimes. « Très, très vraisemblablement cinq personnes », ainsi que « trois visiteurs » se trouvaient dans l’un des immeubles effondrés, au numéro 65, rue d’Aubagne, a précisé mardi soir le procureur de la République de Marseille. Mardi soir les corps n’avaient pas encore pu être identifiés.
Il y a « peu de chances que l’on puisse trouver des poches de survie », avait prévenu dès lundi soir le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, l’effondrement d’un troisième immeuble, au 67 de la rue, en fin d’après-midi lundi, ayant écrasé les gravats du matin. Dès la catastrophe, les autorités avaient annoncé que les recherches pourraient durer plusieurs jours, les décombres qui se sont entassés ayant atteint jusqu’à 15 mètres.
Les secouristes s’aident d’une pelleteuse pour dégager les débris les plus gros, tandis que des équipes cynophiles avec des chiens spécialisés gravissent les monticules à la recherche d’indices. Mais les pluies torrentielles qui se sont abattues lundi soir et mardi matin ont ralenti la progression des secours et augmenté les risques.
105 personnes évacuées
Par petits groupes, de nombreux habitants des immeubles contigus ont pu accéder mardi après-midi à leurs logements afin de récupérer des affaires personnelles, mais il leur a été interdit de séjourner dans les immeubles par mesure de sécurité, a précisé le préfet de région, Pierre Dartout.
Cent cinq personnes évacuées par mesure de sécurité ont été relogées dans 60 chambres d’hôtels du centre-ville, a communiqué la mairie, critiquée par les habitants de la rue d’Aubagne, qui dénoncent le mauvais état des immeubles.
Parmi ceux qui se sont effondrés, le 63 était « fermé et muré », selon la mairie, qui l’avait racheté après avoir pris un arrêté de péril en 2008. Tout comme le 67, abandonné et muré depuis l’été 2012. En revanche, au numéro 65, 9 appartements sur 10 étaient habités. En copropriété, il avait fait l’objet, le 18 octobre d’« une expertise des services compétents qui avait donné lieu à la réalisation de travaux de confortement permettant la réintégration des occupants », a assuré la mairie. 

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« La mairie le savait »
« C’est l’enfer ici, ils savent que c’est de la merde et des gens meurent pour rien », a dénoncé mardi auprès de l’Agence France-Presse Toufik Ben Rhouma, un habitant, estimant que les effondrements sont à « 100 % de la faute de la mairie ».
« C’est plein de cafards. Il y a des dégâts sur le plafond, de l’eau qui coulait. Tout cela, la mairie le savait. J’ai fait venir quelqu’un [de la mairie] il y a moins d’un an grâce à l’assistante sociale. Mais le propriétaire a des connaissances à la mairie, alors ils n’ont rien fait », a quant à elle accusé Anissa Ali Souali, qui loue un studio avec son mari et ses trois enfants dans la rue.
La mairie qui a avancé l’hypothèse des fortes pluies des derniers jours pour expliquer la catastrophe, s’est défendue en soulignant « l’énorme travail fait [pour] l’éradication de l’habitat indigne ». La municipalité a engagé depuis 2011 un vaste plan de requalification du centre-ville, mais sans pouvoir véritablement remédier au problème. Selon un rapport remis au gouvernement en 2015, le logement indigne menace la santé ou la sécurité de 100 000 habitants de Marseille.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Florence Aubenas est allée à la rencontre des Français, dans le sillage de « l’itinérance mémorielle » d’Emmanuel Macron. Troisième étape à La Flamengrie, en Thiérache.
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Centenaire du 11-Novembre : « Je suis au RSA. Je ne me sens pas autorisé à défiler »

Florence Aubenas est allée à la rencontre des Français, dans le sillage de « l’itinérance mémorielle » d’Emmanuel Macron. Troisième étape à La Flamengrie, en Thiérache.



LE MONDE
 |    07.11.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
07.11.2018 à 12h54
    |

            Florence Aubenas (envoyée spéciale à La Flamengrie, Aisne)








                        



                                


                            

Un tracteur, deux tracteurs, trois tracteurs, puis un camion de cailloux. Plus personne pendant un moment. Un autre tracteur, un autre camion de cailloux, une voiture, deux voitures. Plus personne.
« C’est cuit », dit le Chef, sans quitter la route des yeux. L’après-midi n’en finit pas de s’étirer, misérable, à la station-service. Un gars s’arrête, pas quelqu’un d’ici, ça se voit tout de suite. On le dirait perdu. « Je vais à Maubeuge [Nord], j’ai dû louper l’embranchement avec la nationale 2.
– Non, non, vous êtes dessus », soupire le Chef.
C’est bien elle qui passe devant la station, toute droite, une seule voie dans chaque sens, gondolée et maculée de terre. On la croirait sortie d’un western, s’il n’y avait autour cette campagne somptueuse, ce bocage d’un vert tendre, ces fermes basses en briques rouges.
La Thiérache, tout au bout de la France, s’étire sur 50 kilomètres le long de la Belgique : pas de bus, peu de gares et la seule nationale 2 pour horizon.
Premier cessez-le-feu
La station-service du Chef affiche 10 centimes plus cher que les hypermarchés. Le visiteur hésite devant les pompes. En France, on s’est mis à compter en centimes. Ou en milliards. Comme s’il n’y avait plus rien au milieu.
La mairie de La Flamengrie (Aisne), 1 200 habitants, est 3 kilomètres plus loin.
« Tu dirais qu’on est une région sinistrée, Lydie ? », lance Nicole Meurisse, Mme la maire, à Lydie, la secrétaire.
– « Y’a pire. »
La commune a fait tout son possible pour qu’Emmanuel Macron s’arrête ici. « Il faut lui montrer un autre univers. »
Historiquement, une raison existe : un coup de clairon. Dans une pâture toute proche, le poilu Pierre Sellier a sonné le premier cessez-le-feu, le 7 novembre 1918 vers 20 heures, après cinquante-deux mois de guerre. Pour la cérémonie, d’habitude, ils sont une quarantaine, pas plus, au village.
La...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Si la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, présente mercredi devant les députés un budget 2019 en hausse, des plans de redressement à Lille et Rennes inquiètent.
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La cure d’austérité se poursuit dans les universités

Si la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, présente mercredi devant les députés un budget 2019 en hausse, des plans de redressement à Lille et Rennes inquiètent.



LE MONDE
 |    07.11.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
07.11.2018 à 15h19
    |

            Camille Stromboni








                        



                                


                            
« La pilule ne passe plus », pour Yann Le Page, élu CGT à l’université Rennes-I. Son établissement s’engage dans de nouvelles mesures d’économies, avec une centaine de suppressions d’emplois dans les trois prochaines années, d’après le « plan de retour à l’équilibre » approuvé le 25 octobre. Après deux exercices budgétaires en déficit, les universités doivent adopter des « plans de rétablissement de l’équilibre financier », avec un contrôle préalable du recteur d’académie. « On n’appelle pas ça une mise sous tutelle de l’Etat, mais c’est exactement la même chose », affirme Yann Le Page.
L’université bretonne n’est pas la seule à avancer sur cette voie d’austérité. A Lille, la nouvelle fac – un mastodonte de 70 000 étudiants issu de la fusion des trois établissements lillois au 1er janvier 2018 – se prépare à un plan de redressement sur cinq ans, dans lequel 73 emplois d’enseignants-chercheurs et de personnels administratifs ne devraient pas être remplacés. A Orléans, une trentaine de postes devraient rester inoccupés en 2019.
La ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, devait présenter devant les députés, mercredi 7 novembre, un budget pour 2019 en hausse de 166 millions d’euros. Pour le gouvernement, il s’agit de montrer la « priorité stratégique » que constituent les universités, comme elle l’a souligné lors de son audition devant les sénateurs mardi.
Progression de la masse salariale
Depuis le passage à l’autonomie des universités en 2007, l’équation est complexe : la dotation que l’Etat leur attribue n’a pas suivi l’augmentation mécanique de leurs charges. Celles-ci sont grevées principalement par la progression de leur masse salariale, due à l’évolution de carrière de leurs personnels fonctionnaires, appelée le « glissement vieillesse technicité ». En parallèle, la démographie étudiante ne cesse d’augmenter. Entre 20 000 et 60 000 étudiants supplémentaires sont accueillis chaque année depuis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ La grande dépendance devrait être un chantier prioritaire pour le gouvernement. L’ancienne ministre Monique Pelletier témoigne et lance un cri d’alarme dans une tribune au « Monde ».
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Dépendance : « Traiter les personnes âgées comme une charge pour les générations futures est insupportable »

La grande dépendance devrait être un chantier prioritaire pour le gouvernement. L’ancienne ministre Monique Pelletier témoigne et lance un cri d’alarme dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    07.11.2018 à 06h00
    |

Monique Pelletier (ancienne ministre déléguée à la condition féminine (1978-1981))







                        



                                


                            
Tribune. Le chantier du grand âge et de la dépendance est lancé… Enfin ! Tant de familles attendent que l’Etat cesse de laisser perdurer des situations trop souvent indignes. Les personnes âgées, victimes de maladies dégénératives, ne peuvent plus vivre seules. Elles sont devenues « dépendantes », c’est-à-dire privées d’autonomie. Elles terminent leur vie soit en institution, dans un Ehpad, soit chez elles. On estime leur nombre à plus de 1 million en 2018 – 1,6 million en 2030 –, soit 10 % de leur classe d’âge, les plus de 85 ans.
Ces établissements sont, selon les chiffres de 2016, pour 44% d’entre eux publics, 25% privés et 31% associatifs. Ils bénéficient d’un financement tripartite : l’Assurance-maladie pour les prestations médicales, les conseils départementaux pour les services d’aide et de surveillance, les résidents et leurs familles pour l’hébergement. Sur ce dernier point, les Ehpad privés conservent une totale liberté tarifaire, erreur majeure puisque les prix de l’hébergement atteignent parfois 10 000 euros par mois !
Cette facture demandée aux résidents et à leurs familles constitue un problème. En témoignent les énormes bénéfices de ces Ehpad privés, d’autant plus que tout y est rationné : le nombre des aides-soignantes est insuffisant. Chacune d’entre elles assure les soins de quatre résidents au moins et de dix, vingt, voire trente la nuit. Le temps des soins quotidiens consacrés à chaque résident ne dépasse pas dix minutes. Ils n’ont qu’une douche par semaine et quelques minutes de toilette les autres jours. Ajoutons que la somme allouée aux cuisiniers pour quatre repas par jour est rarement supérieure à 4 euros par résident ! Ces carences graves expliquent les grèves inédites de ces aides-soignantes en début d’année, qui ne peuvent dispenser les soins nécessaires et se sentent responsables de ces maltraitances.
Ce régime accélère la mort des personnes dépendantes (en moyenne, deux ans après leur entrée) laquelle...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ La mesure entrera en vigueur en janvier. Changement de situation familiale, variation de revenus, taux appliqué à un enfant rattaché au foyer fiscal, revenus de placements, départ à la retraite, frais professionnels… Tout savoir pour bien anticiper.
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Prélèvement de l’impôt à la source : comment s’y préparer

La mesure entrera en vigueur en janvier. Changement de situation familiale, variation de revenus, taux appliqué à un enfant rattaché au foyer fiscal, revenus de placements, départ à la retraite, frais professionnels… Tout savoir pour bien anticiper.



LE MONDE ARGENT
 |    07.11.2018 à 05h45
    |

                            Nathalie Cheysson-Kaplan








                        



   


Sauf coup de théâtre, le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu entrera en vigueur en janvier 2019. L’impôt sera prélevé douze mois sur douze par les employeurs, les caisses de retraite, Pôle emploi… sous la forme d’une retenue effectuée sur les salaires, les pensions de retraites, les allocations-chômage.
Pour les artisans, commerçants et professions libérales ainsi que pour tous ceux qui perçoivent des revenus sans « tiers collecteur », tels que des loyers, des pensions alimentaires, ce prélèvement donnera lieu à des acomptes mensuels – ou trimestriels sur option – prélevés directement sur leur compte bancaire par l’administration fiscale.

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                Prélèvement à la source : « Faut-il se générer des revenus additionnels en 2018 ? »



Le taux applicable à partir du mois de janvier et jusqu’en août 2019 figure sur l’avis d’imposition que vous avez dû recevoir. Il est également indiqué dans votre espace personnel sur ­impots.gouv.fr à la rubrique « Gérer mon prélèvement à la source ». Il a été calculé à partir de vos revenus et de vos charges de 2017, compte tenu de votre situation conjugale et des personnes à charge. Il sera réactualisé au vu de votre déclaration de revenus 2018, déposée en mai-juin prochains, et s’appliquera de septembre 2019 à août 2020. Et ainsi de suite chaque année…
Que faire si votre situation familiale change ?
En cas de mariage, de conclusion d’un pacs, de divorce, etc., vous devrez désormais déclarer ces changements dans les soixante jours. Aucune sanction n’étant prévue si vous vous abstenez de le faire, vous pourrez toujours indiquer ces changements ultérieurement lors du dépôt de votre prochaine déclaration de revenus.

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                Location en meublé : l’administration fiscale se montre un peu plus souple



Toutefois, la déclaration de changement permet à l’administration fiscale de calculer un nouveau taux mieux adapté à votre nouvelle situation. Elle le communiquera directement à votre ou vos employeurs et recalculera le montant de vos acomptes. Ce nouveau taux s’appliquera au plus tard le troisième mois suivant la déclaration de changement, sans que vous n’ayez aucune démarche à accomplir auprès de votre employeur.
Quel sera le taux appliqué aux enfants qui travaillent et sont rattachés au foyer fiscal ?
Si votre enfant rattaché à votre foyer fiscal travaille pendant ses études, est stagiaire ou accomplit un stage en entreprise, le taux de votre foyer fiscal ne sera pas transmis à son employeur. S’il est en stage ou en apprentissage, tant que le montant cumulé de sa rémunération n’aura pas atteint la limite annuelle d’exonération des indemnités de stage (17 982 euros en 2018), il ne supportera pas de prélèvement à la source.
La règle est un peu différente dans le cas d’un jeune qui travaille pendant ses études : l’employeur devra appliquer le taux par défaut, dès le 1er euro versé. Mais ce taux est nul tant que son salaire est inférieur à 1 368 euros
Dès le mois où ce seuil sera dépassé, il sera soumis au prélèvement à la source. L’employeur devra appliquer le taux issu d’une grille préétablie en fonction de son niveau de salaire (taux par défaut). La règle est un peu différente dans le cas d’un jeune qui travaille pendant ses études : l’employeur devra normalement appliquer le taux par défaut, dès le 1er euro versé. Mais ce taux est nul tant que son salaire est inférieur à 1 368 euros.
En outre, s’il s’agit d’un job de moins de deux mois, l’employeur doit appliquer un abattement de 615 euros au montant du salaire pour calculer la retenue à la source. Par exemple, si son salaire est de 1 500 euros, l’assiette du prélèvement est de 885 euros (1 500 – 615), et l’employeur n’appliquera aucune retenue à la source dans la mesure où le taux correspondant à cette tranche de rémunération est égal à zéro.
Que se passe-t-il si vos revenus varient ?
Principal intérêt du prélèvement à la source : il s’ajuste automatiquement et en temps réel aux variations de revenus, sauf pour les revenus sans « tiers collecteur » (employeur, caisse de retraite…). Cependant, il se peut que cela ne soit pas suffisant, compte tenu de la progressivité du barème de l’impôt. Il sera alors possible de demander un taux plus élevé ou plus faible en cas de variation des revenus ou des charges déductibles (pensions alimentaires, par exemple).
Il ne sera toutefois pas possible de demander un taux moins élevé pour tenir compte d’une baisse de l’impôt à payer grâce à l’imputation d’un crédit ou d’une réduction d’impôt. Le service sera accessible à compter du 2 janvier­ 2019. Mais attention, les contribuables ne pourront obtenir un taux moins élevé que s’il existe un écart de plus de 10 % et de plus de 200 euros entre l’ancien taux et le nouveau taux.
Et pour les revenus de placement ?
Les revenus de vos placements financiers – dividendes, intérêts – ne seront pas soumis au prélèvement à la source mais resteront imposés, comme aujourd’hui, au prélèvement forfaitaire unique de 12,8 % (30 % avec les prélèvements sociaux). Idem pour les plus-values de cession de valeurs mobilières qui continueront à être imposées en N + 1 au prélèvement forfaitaire unique. Mais vous pourrez opter lors du dépôt de votre déclaration de revenus pour une imposition au barème progressif. Comme c’est déjà le cas aujourd’hui, cette option sera globale et concernera ­ l’ensemble des revenus et plus-values soumises au prélèvement forfaitaire unique.
Comment les frais professionnels sont-ils pris en compte ?
La retenue à la source est calculée sur le montant du salaire net, avant déduction des frais. Mais cela n’empêchera pas les salariés qui ont de « gros » frais professionnels de continuer à les déduire. L’option pour les frais réels s’exercera toujours l’année suivante lors du dépôt de la déclaration de revenus. Et si vous aviez déjà déduit vos frais pour leur montant réel pour l’imposition de vos revenus de 2017, le taux d’imposition de votre prélèvement en tient compte.
Et quand on change d’employeur ?
Si vous changez d’employeur, ce n’est en principe qu’après le versement de votre premier salaire que l’administration fiscale pourra lui transmettre votre taux personnalisé. Même si vous lui fournissez vos anciennes feuilles de paie sur lesquelles figure votre taux, il n’aura pas le droit de les utiliser. Dans l’attente, il devra utiliser un taux neutre calculé uniquement en fonction du niveau de votre salaire, mais qui ne tiendra pas compte de votre situation familiale. Toutefois, un nouveau service devrait être mis en place à partir de décembre 2018 pour permettre aux employeurs d’aller récupérer les taux des personnes qu’ils embauchent sans attendre le paiement de la première paie.
Quelles conséquences si on part à la retraite ?
Si vous partez à la retraite début 2019, la retenue à la source sera effectuée directement sur vos pensions de retraite. Mais le taux utilisé par vos caisses de retraite sera celui calculé à partir de vos revenus professionnels de 2017.
Pour éviter d’avoir à faire l’avance d’un impôt qui vous sera remboursé, vous devrez anticiper ces situations, en demandant un nouveau taux basé sur votre estimation future de revenus
« Si vous ne signalez pas le plus rapidement possible ce changement à l’administration fiscale, ce n’est qu’à partir de septembre 2020, soit près d’un an et demi plus tard, que le taux du prélèvement sera adapté à votre nouvelle situation. Ce n’est qu’une fois que vous aurez déposé votre déclaration de revenus de 2019, en mai-juin 2020, que l’administration pourra avoir connaissance de votre baisse de revenus et calculer un nouveau taux en conséquence. Cependant, l’impôt sera tout de même en net recul, car appliqué sur une pension de retraite moins importante que votre salaire », souligne Sophie Borenstein, avocate associée chez KGA Avocats.

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D’une manière générale, la situation est identique pour tout changement professionnel se traduisant par une baisse importante de revenus : chômage, congé parental ou sabbatique, passage à temps partiel… Certes le prélèvement sera plus faible, car calculé sur un revenu en diminution, mais son taux sera toujours le même. Pour éviter d’avoir à faire l’avance d’un impôt qui vous sera remboursé, vous devrez anticiper ces situations, en demandant un nouveau taux basé sur votre estimation future de revenus. Ainsi les prélèvements s’adapteront plus facilement à votre nouvelle situation.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Les politologues Claire Demesmay et Barbara Kunz estiment, dans une tribune au « Monde », que le président de la République a raison de ne pas organiser de défilé militaire lors du centième anniversaire de l’armistice de 1918, car la mémoire de cette guerre doit rester plurielle.
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11-Novembre : « La décision d’Emmanuel Macron est la bonne »

Les politologues Claire Demesmay et Barbara Kunz estiment, dans une tribune au « Monde », que le président de la République a raison de ne pas organiser de défilé militaire lors du centième anniversaire de l’armistice de 1918, car la mémoire de cette guerre doit rester plurielle.



LE MONDE
 |    07.11.2018 à 05h15
    |

Claire Demesmay (directrice du programme France/ Relations franco-allemandes à l’Institut allemand de politique étrangère (DGAP) de Berlin) et Barb...







                        



                                


                            

Tribune. Gloire, honneur et héroïsme. Avec quelle virulence ce triptyque a réinvesti l’espace public français ! Depuis quelques semaines, certains s’insurgent de la décision du président de la République de ne pas organiser de défilé militaire pour célébrer le centième anniversaire de l’armistice de 1918. Ils lui reprochent de trahir la mémoire des soldats morts en héros, et d’en faire des victimes. Ils l’accusent d’être trop conciliant avec l’Allemagne, l’ennemie vaincue d’hier, et de « négocier » avec elle les modalités d’une cérémonie qui devrait être celle de la France. Pourtant, cette décision est la bonne. Non pas parce qu’elle permettrait de ménager le voisin allemand, et avec lui la chancelière, mais parce qu’en organisant la cérémonie avec plus de 70 chefs d’Etats et de gouvernement étrangers à Paris, la France se doit d’assumer la dimension internationale de cet événement. Surtout, cette décision témoigne d’une nation sereine et sûre d’elle. Et elle est dans son intérêt bien compris.

La logique qui sous-tend l’organisation d’un défilé militaire, axé sur la célébration des héros nationaux, est par nature autocentrée. Elle ne rend pas compte de la diversité des vécus de la première guerre mondiale, ni bien sûr de l’interprétation qu’en ont d’autres pays, qu’ils soient vaincus ou vainqueurs. Adopter cette logique, c’est s’enfermer dans une monolecture réductrice, qui était sans doute compréhensible lorsque les plaies étaient encore vives, mais qui aujourd’hui ne permet ni de penser ni d’agir en force européenne. Car celui qui ne comprend pas les autres ne peut se faire comprendre d’eux, et donc les convaincre de la légitimité de son projet.
Les tranchées ont beau avoir été communes, la lecture de ce passé et de ses conséquences est loin d’être partout la même. D’importantes différences existent dans une Europe de plus en plus disparate. La fin de la première guerre mondiale a marqué la dislocation des empires et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ La présence de M. Recep Tayyip Erdogan, qui perpétue le négationnisme d’Etat de la Turquie à l’égard du génocide des Arméniens, ne doit pas être interprétée comme une caution apportée à ses méthodes, car « la paix ne saurait passer par les non-dits ou la complaisance envers les crimes du passé comme du présent », explique un collectif de personnalités dans une tribune au « Monde ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 06/11/2018
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Erdogan aux cérémonies du 11-Novembre : « La paix ne saurait passer par la complaisance envers les crimes du passé »

La présence de M. Recep Tayyip Erdogan, qui perpétue le négationnisme d’Etat de la Turquie à l’égard du génocide des Arméniens, ne doit pas être interprétée comme une caution apportée à ses méthodes, car « la paix ne saurait passer par les non-dits ou la complaisance envers les crimes du passé comme du présent », explique un collectif de personnalités dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    07.11.2018 à 05h13
 • Mis à jour le
07.11.2018 à 17h12
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Collectif
Tribune. A l’initiative de la présidence de la République, quatre-vingts chefs d’Etat et de gouvernement sont invités à participer aux célébrations du centenaire de l’Armistice de la première guerre mondiale. Comme l’a déclaré Emmanuel Macron, cet événement entend se réclamer du « plus jamais ça » qui avait sous-tendu « la volonté » de rendre désormais impossibles les horreurs de la première guerre mondiale.
Dans cet esprit, l’Elysée a indiqué que les commémorations, qui ne donneront pas lieu à un grand défilé militaire mais à un forum pour la paix, auront pour objet que la « paix chaque jour gagne du terrain, parce qu’aujourd’hui, chaque jour, elle en perd ».
Lors de l’inauguration de l’Historial franco-allemand de la Grande Guerre du Hartmannswillerkopf (Haut-Rhin), le 10 novembre 2017, M. Macron, insistant sur l’importance du devoir de mémoire, avait entre autres affirmé que « 2018 ne sera pas une année de triomphalisme, mais un miroir tendu à notre monde d’aujourd’hui qui, si souvent encore, choisit la radicalité, la brutalité, la violence comme réponse à des problèmes qui appelleraient bien plutôt le dialogue et la main tendue, quel que soit le poids de souffrance que ces problèmes comportent ».
Il avait confirmé ses intentions le 25 septembre, lors de son discours à la 73e Assemblée générale des Nations unies en déclarant : « N’oubliez jamais que les génocides qui ont fait que vous êtes là aujourd’hui étaient nourris par les discours auxquels nous nous habituons. »
Un nationalisme agressif
Si les personnalités signataires de ce texte ne peuvent que souscrire à ces propos, elles s’inquiètent cependant que leur portée ne soit dénaturée par la venue aux célébrations du centenaire d’autorités qui, au lieu de tirer les leçons du passé et d’en condamner les atrocités,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ « L’entrée en fonction de ce gouvernement a marqué un tournant » dans la lutte contre l’immigration illégale, a fait valoir le ministre de l’intérieur.
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Article sélectionné dans La Matinale du 06/11/2018
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Les expulsions d’étrangers en situation irrégulière en hausse de 20 % en 2018, selon Castaner

« L’entrée en fonction de ce gouvernement a marqué un tournant » dans la lutte contre l’immigration illégale, a fait valoir le ministre de l’intérieur.



Le Monde.fr avec AFP
 |    07.11.2018 à 00h47
 • Mis à jour le
07.11.2018 à 07h16
   





                        



   


Le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, a affirmé, mardi 6 novembre, à l’Assemblée nationale que les expulsions d’étrangers en situation irrégulière avaient augmenté en 2018. « L’entrée en fonction de ce gouvernement a marqué un tournant » dans la lutte contre l’immigration irrégulière, « avec une reprise nette des éloignements », a-t-il fait valoir, lors de la présentation du budget 2019 de l’immigration.

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« Après une hausse de 14 % en 2017, nous constatons cette année une nouvelle augmentation de 20 % des étrangers quittant le territoire national alors qu’ils ne disposent pas du droit de séjour », a-t-il poursuivi. Il y a eu 14 859 éloignements forcés en 2017, selon les chiffres de la direction générale des étrangers en France.
« Je suis favorable à des procédures plus strictes et à des applications plus fermes [des obligations de quitter le territoire], c’est le message que j’ai fait passer et que je ferai passer systématiquement à toute la chaîne de décision », a précisé M. Castaner.
Pic migratoire de 2015
Portée par son prédécesseur Place Beauvau, Gérard Collomb, la loi asile-immigration est entrée en vigueur à la mi-septembre après avoir provoqué de vifs débats jusque dans les rangs de la majorité. Elle a pour objectif de réduire les délais d’examen de la demande d’asile et de mieux maîtriser l’immigration irrégulière.

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Le texte vise à ramener à six mois le traitement des demandes d’asile, contre onze en début d’année, pour faciliter à la fois l’expulsion des déboutés et l’accueil des réfugiés. Il allonge par ailleurs de 45 à 90 jours la durée maximale de la rétention et facilite l’éloignement pour certaines catégories de déboutés.
L’exécutif jugeait la loi précédente, élaborée peu avant le pic migratoire de 2015, sous-calibrée face aux arrivées – plus de 100 000 demandes d’asile en 2017, en hausse de 17 % –, qui saturent les structures d’accueil.
« Changement d’échelle »
« Pour amplifier cette dynamique [des éloignements], des moyens supplémentaires étaient nécessaires », a lancé, mardi, M. Castaner. « Depuis octobre 2017, 200 places de CRA [centres de rétention administrative] ont été [ajoutées] » et pour 2019 un « plan d’investissement » dans ces centres est prévu, à hauteur de 48 millions d’euros.
Le projet de budget immigration-asile-intégration, adopté en première lecture par les députés, est prévu en hausse de 13 % à périmètre constant, atteignant 1,58 milliard d’euros.

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Christophe Castaner, qui a succédé à la mi-octobre à Gérard Collomb, a évoqué un « changement d’échelle de notre politique d’intégration » pour ceux arrivant légalement en France, avec « 89 millions d’euros de crédits supplémentaires » en 2019. Il est prévu de doubler le nombre d’heures de cours de français, d’éducation civique et de renforcer l’accompagnement à l’insertion professionnelle.



                            


                        

                        

