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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Le hors-série « L’Atlas des peuples » propose un voyage dans l’histoire à la recherche de la notion de peuple. Comment peut-on définir un peuple ?
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Hors-série « Le Monde »-« La Vie » : au nom du peuple

Le hors-série « L’Atlas des peuples » propose un voyage dans l’histoire à la recherche de la notion de peuple. Comment peut-on définir un peuple ?



LE MONDE
 |    06.11.2018 à 17h08
 • Mis à jour le
06.11.2018 à 18h08
    |

Chantal Cabé (« La Vie ») et Michel Lefebvre (« Le Monde »)







                        



   


L’empire romain avait pour devise « Le Sénat et le peuple romain » (SPQR) ; la justice est rendue « au nom du peuple français » ; l’idéologie du chancelier Hitler en 1933 se résume à « un peuple, un Etat, un chef » ; la chanson chilienne Le peuple uni ne sera jamais vaincu est devenue au fil du temps un symbole d’unité et de solidarité populaire pour les citoyens opprimés de tous pays ; l’Union soviétique est sans doute le seul Etat à avoir prétendu être « l’union fraternelle des peuples » ; et une « théologie du peuple » s’enracine dans la culture argentine et inspire le pape François.
Même si le « peuple » est à géométrie variable, il traverse les siècles. Peuples premiers, petit peuple de Rome, peuple de Paris, peuple invisible des Algonquins du Canada, peuple de gauche, élu ou des campagnes, etc. On pourrait multiplier les références à cette réalité immuable et inconditionnelle. Le « peuple » existe spontanément ; on en fait partie. Pour diverses raisons, mais c’est une évidence. Pour autant, selon quels critères le définir ?
L’Etat-nation reste-t-il un modèle ?
Par la langue pratiquée, le territoire occupé, la culture commune, les tabous et les mythes partagés ? La Révolution a-t-elle fondé le peuple français ? Depuis quand le peuple fait-il nation ? La Corée, est-ce deux Etats pour un seul peuple ? Revendiquer un territoire, est-ce possible au nom du peuple ? L’Etat-nation reste-t-il un modèle ? Comment faire face à la montée des populismes ? L’Amérique trumpiste fera-t-elle perdre son âme au peuple américain ? Quel avenir dessiner pour les peuples autochtones ? La mondialisation dissout-elle les peuples ? Face au repli des sociétés hantées par la peur des migrations, ne faut-il pas instaurer un principe universel d’hospitalité ?

Sommaire de « L’Atlas des peuples »
L’Atlas des peuples (6 000 ans d’histoire, 200 cartes) se compose de cinq grands chapitres.
1 De quoi parle-t-on ? la définition d’un peuple varie selon l’époque, le lieu, les disciplines… Cela n’empêche pas de s’interroger sur ce crée aujourd’hui le sentiment d’appartenance.
2 L’aube des peuples. Dès les temps préhistoriques, les groupes humains se sont différenciés par leur culture, leur mode de vie, leur identité symbolique, leur organisation politique… Ainsi se sont formés les peuples.
3 Quand le peuple fait nation. À la fin du XVIIIe siècle, les révolutions américaine et française proclament le peuple souverain. L’Etat-nation s’érige peu à peu en modèle politique. L’heure est à la construction nationale, pour le meilleur comme pour le pire.
4 Les peuples face aux Etats. Séquelles de l’Histoire, des guerres, de la colonisation, certains peuples sont sans Etat et certains Etats ont plusieurs peuples. Beaucoup de pays sont ainsi amenés à gérer la diversité, de façon brutale ou consensuelle.
5 Populisme contre universalisme. La mondialisation et l’amplification du phénomène migratoire conduisent de plus en plus de sociétés à un repli sur soi. pourtant, pour résoudre les crises, la solidarité semble plus que jamais nécessaire.
Le grand entretien avec Jean Malaurie « Il faut aimer l’autre pour commencer à le comprendre ».


C’est justement parce que les peuples, tribus, ethnies… sont sans cesse convoqués par l’actualité mondiale que les rédactions de La Vie et du Monde se sont réunies pour tenter de répondre à ces questions. Avec toujours la même ambition : faire appel aux intelligences. Non pas pour regarder avec arrogance le peuple d’en bas mais plutôt, comme dirait l’ethnogéographe Jean Malaurie, pour observer l’autre avec une véritable empathie afin de le comprendre. Avec plus de 200 cartes originales, consciencieusement conçues par nos équipes, journalistes et meilleurs spécialistes vont à la rencontre des peuples. Et nous aident à décrypter pas à pas la construction de nos identités.
« L’Atlas des peuples », « La Vie »-« Le Monde », 188 pages, 12 €. En kiosque le 31 octobre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Emmanuel Macron a annoncé, mardi, l’entrée prochaine au Panthéon de cet écrivain qui fut blessé en 1915 et dont l’œuvre est riche de cinquante-six ouvrages.
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édition abonné


Maurice Genevoix, une vie d’écrivain humaniste

Emmanuel Macron a annoncé, mardi, l’entrée prochaine au Panthéon de cet écrivain qui fut blessé en 1915 et dont l’œuvre est riche de cinquante-six ouvrages.



LE MONDE
 |    06.11.2018 à 15h53
 • Mis à jour le
06.11.2018 à 18h32
    |

                            Macha Séry








                        



                                


                            

Un siècle après l’armistice qui mit fin à la première guerre mondiale, hommage est donc rendu au porte-voix des poilus, au grand écrivain humaniste que fut Maurice Genevoix (1890-1980), l’auteur de Ceux de 14 et de Raboliot. En déplacement aux Eparges (Meuse), théâtre d’une bataille dantesque de la Grande Guerre, mardi 6 novembre, Emmanuel Macron a annoncé l’entrée prochaine au Panthéon de cet écrivain qui fut blessé sur cette colline en 1915. Genevoix aura décrit, avec une authenticité rarement égalée, la folie, la cruauté, les corps déchiquetés par les bombes et les balles, mais aussi la fraternité d’armes et l’amitié nouée sous la mitraille.
Reçu premier au concours de l’Ecole normale supérieure, rue d’Ulm, à Paris, en 1912, le jeune Maurice Genevoix se destinait à une carrière d’enseignant ou de haut fonctionnaire. Durant ses études, il rédigea un mémoire sur « Le réalisme des romans de Maupassant », indiquant déjà ses affinités littéraires. Son baptême du feu advint quelques mois plus tard. Mobilisé en 1914, le lieutenant Genevoix prend part aux combats des Hauts-de-Meuse et des Eparges. Le 25 avril 1915, il est transpercé de plusieurs balles. Hospitalisé pendant sept mois, il est déclaré invalide à 70 % et perd définitivement l’usage de sa main gauche.
Convalescent, il se retire à Châteauneuf-sur-Loire (Loiret) et s’attelle à un livre de témoignage nourri par les carnets qu’il a tenus dans les tranchées. Sous Verdun sera le premier récit d’une série de cinq, par la suite regroupée sous le titre Ceux de 14, tous aux éditions Flammarion. « Pitié pour nos soldats qui sont morts ! Pitié pour nous vivants qui étions auprès d’eux, pour qui nous nous battrons demain, nous qui mourrons, nous qui souffrirons dans nos chairs mutilées ! Pitié pour nous, forçats de guerre qui n’avions pas voulu cela, pour nous tous qui étions des hommes, et qui désespérons de jamais le redevenir. »

Peinture du...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Un passionnant documentaire illustre la guerre entre le président américain et les médias.
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« Mission vérité – Le “New York Times” et Donald Trump » : « Dame grise » contre Maison Blanche

Un passionnant documentaire illustre la guerre entre le président américain et les médias.



LE MONDE
 |    06.11.2018 à 14h00
    |

                            Antoine Flandrin








                        



   


Arte, mardi 6 novembre à 20 h 50, documentaire
Le New York Times n’a jamais fait de cadeau à Donald Trump. Depuis l’ascension du magnat de l’immobilier dans les années 1970, le vénérable quotidien n’a cessé d’enquêter sur ses affaires, laissant toutefois le soin aux tabloïds new-yorkais et aux magazines people de faire leurs choux gras de ses frasques extraconjugales. Ses incursions en politique ayant toutes échoué, pas un journaliste de la « Dame grise » ne s’attendait à ce qu’il remporte l’investiture du Parti républicain en juillet 2016, encore moins l’élection présidentielle, quatre mois plus tard.
Pas même Maggie Haberman, qui a suivi Donald Trump pendant vingt ans, d’abord au New York Post puis au New York Times. La journaliste avait promis à ses enfants qu’ils « retrouveraient » leur mère après l’élection. Depuis le 20 janvier 2017, jour de l’investiture du quarante-cinquième président des Etats-Unis, elle n’a, au contraire, pas eu une minute de repos : couvrir la présidence Trump implique d’être à l’affût du moindre de ses Tweet, d’assister à tous ses points presse, de l’interviewer par téléphone quand il le souhaite ou encore de se rendre sur les plateaux des chaînes d’info pour commenter le dernier esclandre présidentiel.
Le rédacteur en chef, Dean Baquet, ne se montre pas moins soucieux d’incarner un journalisme honnête, indépendant et transparent
Tous ses confrères du New York Times qui couvrent la présidence Trump reconnaissent passer « des journées de dingue où on entend tout et son contraire ». « Mais c’est un sujet en or », souligne le rédacteur en chef, Dean Baquet. Exigeant de ses troupes une couverture toujours plus agressive des moindres faits et gestes du président, il ne se montre pas moins soucieux d’incarner un journalisme honnête, indépendant et transparent.
C’est ainsi que la « Dame grise » a ouvert ses portes à la réalisatrice américaine Liz Garbus pendant la première année de la présidence Trump. Sa caméra montre l’envers du décor : le sourcilleux travail de recoupage des sources, les échanges tendus avec les fans de Trump, les entretiens privilégiés avec Steve Bannon, les bouclages fiévreux, mais aussi les rapports de force entre la direction de New York et le bureau de Washington au moment de titrer l’édition du lendemain.
Un climat de division
Ce documentaire en quatre épisodes de 55 minutes chacun, monté comme une série à couper le souffle, donne à voir un journal ­conquérant qui encaisse les coups. Bien que souvent pris de court par les mensonges d’un président hors norme, il parvient à empiler les scoops, de l’affaire de l’ingérence russe pendant la présidentielle à l’affaire Weinstein. Résultat : les abonnements augmentent, mais le quotidien perd des recettes publicitaires au détriment de Facebook et Google et doit licencier : la caméra montre aussi les débrayages des secrétaires de rédaction qui ne veulent pas être sacrifiés.
Mais ce qui frappe le plus, c’est le climat de division, toile de fond de ce film qui finit par occuper le devant de la scène. Division tout d’abord entre le « peuple » et « les médias », entretenu par un président populiste qui n’a de cesse d’accuser la presse de fabriquer du « fake news ». Division après les manifestations « Unite the right » de Charlottesville en Virginie en août 2017, entre les suprémacistes blancs et les antiracistes. Division, enfin, après l’affaire Weinstein entre le mouvement #metoo et le mouvement conservateur qui ne veut rien entendre des accusations de viol contre Roy Moore, candidat républicain pour le siège de sénateur dans l’Alabama, en décembre 2017. Le New York Times, considéré comme « le parti d’opposition » par cette autre Amérique, a du pain sur la planche.
Mission vérité – Le « New York Times » et Donald Trump, de Liz Garbus (Etats-Unis, 2018, 4 × 55 min). www.arte.tv



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ L’écrivain, né en 1940 et révélé par « Tombeau pour cinq cent mille soldats », a déjà obtenu lundi un prix Femina spécial pour l’ensemble de son œuvre.
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Le prix Médicis décerné à Pierre Guyotat pour « Idiotie »

L’écrivain, né en 1940 et révélé par « Tombeau pour cinq cent mille soldats », a déjà obtenu lundi un prix Femina spécial pour l’ensemble de son œuvre.



LE MONDE
 |    06.11.2018 à 13h16
 • Mis à jour le
06.11.2018 à 14h41
   





                        



   


Le prix Médicis a été attribué mardi 6 novembre à Pierre Guyotat pour Idiotie (Grasset). Il y a quarante huit ans, la non-attribution de ce prix au même auteur pour Eden Eden Eden (Gallimard) – interdit à l’affichage, la publicité et la vente aux mineurs par le ministère de l’intérieur, objet d’une pétition internationale – avait provoqué le départ de Claude Simon du jury.
Etaient également en lice cette année : Arcadie, d’Emmanuelle Bayamack-Tam (P.O.L), Tous les hommes désirent naturellement savoir, de Nina Bouraoui (JC Lattès), Ça raconte Sarah, de Pauline Delabroy-Allard (Minuit), Frère d’âme, de David Diop (Seuil), Par les écrans du monde, de Fanny Taillandier (Seuil), et L’Eau qui passe, de Franck Maubert (Gallimard).

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                Pierre Guyotat, univers en expansion



Immense écrivain
Avant le Médicis, Pierre Guyotat avait été récompensé, la veille, par un prix Femina spécial pour l’ensemble de son œuvre ; le 9 novembre, il doit recevoir le prix de la langue française. C’est un immense écrivain qui se retrouve ainsi célébré, à l’occasion de la parution d’Idiotie, l’un des textes les plus accessibles de l’auteur révélé par Tombeau pour cinq cent mille soldats (Gallimard, 1967) né en 1940. Il construit depuis les années 1960 une œuvre qui réinvente la syntaxe, mais se plie, depuis une dizaine d’années, à une langue plus usuelle dans sa branche autobiographique, à laquelle appartient Idiotie.
Ce livre revient sur l’avant Tombeau pour cinq cent mille soldats, extraordinaire livre de l’horreur et de la violence, inspiré à l’auteur par son expérience de la guerre d’Algérie. Evoquant l’entrée dans l’âge adulte de Guyotat, entre 1958 et 1962, Idiotie se déroule essentiellement en Algérie, guerre pour laquelle le père de l’écrivain lui avait obtenu un sursis, mais à laquelle le jeune homme avait décidé de participer en soldat. Nous sommes à l’époque où il commence à se faire publier (Sur un cheval, Seuil, 1961), et ses écrits lui valent de longues séances d’interrogation, ainsi que le cachot, au secret, pendant trois mois, pour « atteinte au moral de l’armée ».
Idiotie est un texte essentiel pour comprendre le parcours personnel et littéraire de Guyotat, son rapport au colonialisme, à la pornographie, à l’abjection. « Politique jusque dans l’intime, Idiotie donne vie et voix à un corps ayant vécu l’humiliation par le verbe », écrivait Claro, le feuilletoniste du « Monde des livres », lors de sa parution. Lire le « feuilleton » de Claro sur Idiotie 

        Lire aussi :
         

                La vie saccadée des mots de Pierre Guyotat



Médicis étranger et Médicis essai
Annoncé en même temps que le prix Médicis, le Médicis étranger récompense Le Mars Club, de Rachel Kushner, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Sylvie Schneitter (Stock), tandis que le Médicis essai revient au livre Les Frères Lehman, de Stefano Massini (Globe), traduit de l’italien par Nathalie Bauer. Cette fresque revient en près de 850 pages et 30 000 vers sur l’histoire de la banque Lehman Brothers, depuis l’arrivée à New York, en 1844, du premier des trois fondateurs de la banque, jusqu’à l’effondrement de celle-ci, le 15 septembre 2008.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Une rétrospective rend hommage à la photographe belge, femme libre et militante, jusqu’au 10 février 2019.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Victoria Beckham, qui avait participé à l’aventure initiale, ne fera cependant pas partie du projet.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Les Spice Girls se reforment, le temps d’une tournée

Victoria Beckham, qui avait participé à l’aventure initiale, ne fera cependant pas partie du projet.



Le Monde.fr avec AFP
 |    06.11.2018 à 12h10
   





                        



   


Les Spice Girls, groupe britannique féminin phare des années 1990, ont annoncé lundi 5 novembre se reformer à l’occasion d’une tournée de six dates en juin 2019 au Royaume-Uni.
Le quintette sera néanmoins incomplet : Victoria Beckham, qui avait participé à l’aventure initiale, ne fait pas partie du projet. Après s’être fait connaître au sein du groupe, elle est devenue une styliste respectée dans le paysage de la mode. « Il n’y a que nous quatre qui avons confirmé, mais, vous savez, Vic pourrait nous rejoindre en cours de route », a affirmé Melanie Brown sur la chaîne ITV.
Connue sous le pseudonyme de « Mel B », Melanie Brown sera, elle, aux côtés de Melanie Chisholm (« Mel C »), Emma Bunton et Geri Halliwell pour le premier concert de la tournée, le 1er juin 2019 à l’Etihad Stadium de Manchester (centre de l’Angleterre). Le groupe se produira ensuite à Coventry le 3, à Sunderland le 6, à Edimbourg le 8, à Bristol le 10 et enfin au stade Wembley de Londres le 15 juin. Les billets seront mis en vente le 10 novembre à 11 h 30, heure de Paris.
Girl Power
« Ramener sur le devant de la scène notre message d’amitié et d’amour et le “girl power” semble plus pertinent que jamais », ont-elles déclaré par voie de communiqué.
Victoria Beckham a adressé un message d’encouragement à ses anciennes partenaires, reconnaissant qu’appartenir aux Spice Girls avait été « une partie très importante de [sa] vie ». « Je souhaite aux filles beaucoup d’amour et de plaisir pour cette tournée de retour », a-t-elle déclaré.
Le groupe de pop avait été créé par casting en 1994, et avait connu un succès international dès son premier single Wannabe. Les Spice Girls s’étaient séparées en 2000 après l’enregistrement de leur troisième album, Forever, avant de se réunir à nouveau le temps d’une tournée mondiale en 2007-2008, puis lors de la cérémonie de clôture des Jeux olympiques d’été de Londres, en 2012, ainsi qu’à l’occasion du lancement de la comédie musicale Viva Forever !.

        Lire aussi :
         

                20 ans après, « Wannabe » des Spice Girls en version soap opera



Réécoutez « Wannabe », leur premier single : 






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ L’acteur et la cinéaste Claire Denis racontent combien leur collaboration sur « High Life » les a rapprochés.
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édition abonné


Cinéma : avec Robert Pattinson, l’attraction des astres

L’acteur et la cinéaste Claire Denis racontent combien leur collaboration sur « High Life » les a rapprochés.



LE MONDE
 |    06.11.2018 à 07h53
 • Mis à jour le
06.11.2018 à 11h10
    |

            Aureliano Tonet (Londres)








                        



                                


                            

Les stars sont-elles aussi égocentriques qu’on le prétend ? Voyez Robert Pattinson, 32 ans, dont dix de célébrité intersidérale depuis que la saga Twilight a transpercé les cœurs adolescents. Pas le genre, pour autant, à croire que le monde tourne autour de lui. Jusqu’à ce qu’on le lui apprenne, l’acteur ignorait qu’un astronome russe avait donné son nom à un astéroïde. « Whaou ! Quelle idée bizarre… », s’écrie-t-il, en contemplant sur son téléphone cet alter ego galactique.
Un lundi soir sur la Terre, dans un hôtel penta-étoilé du centre de Londres : Pattinson commande une cinquième tasse de thé. Ça l’aide, assure-t-il, à ne pas s’emmêler les pinceaux, lui dont l’agenda jongle entre les fuseaux, les créneaux, les plateaux. Il débarque de ses pénates hollywoodiens, s’apprête à rejoindre un tournage au Maroc, avec Johnny Deep et Mark Rylance. A peine le temps d’organiser un dîner avec ses parents, restés dans la capitale anglaise, où il a grandi. Et de rencontrer quelques journalistes à la volée : pas question de ne pas accompagner la sortie de High Life, le film joliment perché de Claire Denis.

Car Robert Pattinson ne fait pas qu’y interpréter Monte, le premier rôle. En amont, il a joué les directeurs de casting, dépêchant à la dernière minute le bébé de son meilleur ami pour incarner la fille de son personnage : « Nous avions choisi deux jumelles, mais lors des essais, ça ne collait pas, se souvient Claire Denis. La veille du tournage, Robert a sorti sa carte bleue, et organisé la venue de ses amis et de leur nourrisson. Ça a sauvé le film ! » En aval, il a posé sa voix diaphane sur la bande originale, ravivant ainsi sa passion adolescente pour le rock, qu’il pratiquait jadis en bande, passablement éméché : « Rien ne me plaisait autant que de défier un public hostile, lors de concerts improvisés, confie-t-il. Cette adrénaline me manque un peu. »
Robert Pattinson...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Ce documentaire rend compte de la reconstitution des ornements en stuc des maisons d’une île germano-polonaise.
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« Les Grandes Stations balnéaires » : la « croûte » retrouvée des villas d’Usedom

Ce documentaire rend compte de la reconstitution des ornements en stuc des maisons d’une île germano-polonaise.



LE MONDE
 |    06.11.2018 à 07h00
    |

            Renaud Machart








                        



   


Arte, mardi 6 novembre à 10 h 15, documentaire
Un soleil levant dont l’or ne rehausse pas encore la clarté des flots ; une mer plane comme une lagune que pourrait traverser quelque funèbre gondole ; une plage déserte où se trouvent, vides encore, des cabines individuelles au tissu rayé, bordées de rotin peint de blanc. On pourrait se croire sur la plage du Lido, à la fin du film crépusculaire Mort à Venise (1971), de Luchino Visconti. Mais on est sur l’« île du soleil », Usedom en allemand ou Uznam en polonais. Car cette île côtière se trouve entre la lagune de Szczecin et la mer Baltique, partagée par les deux pays. Huppée au début du siècle, on y voyait des élégantes à ombrelle s’y pavaner sur la promenade qui longe le littoral ; quant à la plage, on y allait chapeauté et cravaté, et l’on jugeait alors vulgaire d’y bronzer ou de s’y baigner.
La République démocratique allemande (RDA) est ensuite passée par là : le naturisme fut encouragé et les villas expropriées dénudées de ces décorations en stuc qui faisaient de chacune d’elles de petits chefs-d’œuvre où le style chalet voisinait avec des bâtiments inspirés par la Renaissance, le baroque et l’Art nouveau.
Rafraîchissante désuétude
Le nouveau pouvoir en fit tantôt un bâtiment des postes, tantôt une cantine populaire ou un dortoir pour les ouvriers en villégiature. Ce qui est très bien. Mais au prix d’une défiguration sans vergogne de ces signes de privilèges de l’ancienne haute bourgeoisie : le nivellement par le médiocre – ce goût moyen supposé convenir à la masse – prévalut.
Ce numéro de la série documentaire Les Grandes Stations balnéaires, réalisée par Elke Sasse et Ulricke Neubecker, fait le tour de l’île (de quelque 445 km2) et s’attache, entre autres nombreux sujets, au travail que fait, sur ces villas et bâtiments, un stucateur, chargé de restaurer les éléments décoratifs disparus, à l’aide d’un enduit composé de marbre blanc pulvérisé, de chaux et de craie. En se référant à des photographies et cartes postales d’antan, cet artisan, qui est aussi chercheur et historien, recompose la « croûte » ornementale de ces maisons (l’étymologie de stuc, ou stucco, vient, notamment de ce mot en italien, stucchi) en restaurant autant que possible leur état d’origine. Le résultat est d’une rafraîchissante désuétude.
Les Grandes Stations balnéaires : Usedom, série documentaire réalisée par Elke Sasse et Ulricke Neubecker (All., 2012, 43 min). www.arte.tv



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ La cinéaste fait une incursion dans la science-fiction avec son nouveau film porté par l’acteur anglais Robert Pattinson.
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« High Life » : Claire Denis sonde le désir en apesanteur

La cinéaste fait une incursion dans la science-fiction avec son nouveau film porté par l’acteur anglais Robert Pattinson.



LE MONDE
 |    06.11.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
06.11.2018 à 15h00
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » – chef d’œuvre
Allons d’emblée aux deux raisons qui font de ce film une œuvre à sérieusement considérer, pour ne pas dire à passionnément aimer. La première est d’ordre cinéphilique. Incursion inaugurale de la cinéaste Claire Denis dans la science-fiction et le dialogue en anglais, High Life est à classer parmi les sommets du genre. Soit ces films rares qui ne s’adressent pas en premier lieu aux fanatiques de la catégorie mais à l’humanité sensible tout entière. Ces œuvres qui, préférant l’envoûtement contemplatif à l’action pure, jettent une sorte de maraboutage hypnotique sur l’esprit et les sens du spectateur, tels 2001 : l’Odyssée de l’espace (1968), de Stanley Kubrick, ou Solaris (1972), d’Andreï Tarkovski.

        Lire la rencontre :
         

          Avec Robert Pattinson, l’attraction des astres



L’autre raison est qu’aucun film récent ne donne l’impression d’aller, au point où le fait celui-ci, à l’os de notre époque. Au diapason du grand bouleversement qui s’y annonce, de la grande peur écologique qui se lève. Peur non pas tant de ces épiphénomènes que sont l’iniquité et la barbarie en leur retour triomphant, mais, pour aller au principe, de l’épuisement convulsif d’une planète saccagée, de l’attraction avérée de l’humanité pour le néant. Peur, en un mot, de la fin dernière : de l’homme, du monde, de la vie tout ensemble. Un sentiment qui n’est sans doute pas pour rien dans la production récente de films spatiaux plus ou moins eschatologiques, dans lesquels l’espace se transforme en territoire de la dernière chance, en expérience concrète de la survie.
Aucun film récent ne donne l’impression d’aller, au point où le fait celui-ci, à l’os de notre époque
High Life rejoint à ce titre des films tels que Gravity (2013), d’Alfonso Cuaron, Seul sur Mars (2015), de Ridley Scott, ou même First Man (2018), de Damien Chazelle. Mais il se confronte plus directement à Interstellar (2014), de Christopher Nolan, dont il partage les motifs centraux (la terre agonisante, la recherche d’une planète favorable à la vie, l’importance du rapport père-fille). Ce qui n’empêche nullement High Life de se situer aux antipodes esthétiques d’Interstellar, à des années­-lumière de la pyrotechnie spectaculaire et des rebondissements romanesques qu’y déploie Christopher Nolan.
Est-il d’ailleurs assuré que l’inscription du film de Claire Denis dans une histoire raisonnée de la science-fiction cinématographique fasse vraiment sens ? On pourrait aussi bien assumer la position selon laquelle la cinéaste – qui aime à s’approprier tous les genres (le polar dans J’ai pas sommeil, 1994 ; le vampirisme dans Trouble Every Day, 2001 ; le film de guerre dans Beau travail, 1999 ; la comédie dans Un beau soleil intérieur, 2017…) – continue de faire dans l’espace ce qu’elle a toujours fait sur terre : sonder le mystère du désir, dans sa beauté stellaire comme dans ses trous noirs. Sans trucages. A même la chair. Au plus près de cet abyme mental qui confère à chaque être humain la fascinante opacité de l’univers.
Le pire est sans doute déjà arrivé
Ici, un homme (Monte, interprété par Robert Pattinson) partageant un engin spatial visiblement délabré avec sa fillette de quelques mois, dénommée Willow. Le long et caressant préambule qui les réunit suscite d’emblée une forte émotion, teintée d’angoisse. Les tendres rapports du père et de l’enfant, l’impuissance où ils semblent se trouver pour changer leur situation produisent dans cet environnement confiné, dénué de toute autre présence humaine, le sentiment que le pire est sans doute déjà arrivé. Un long retour en arrière livrera au spectateur une compréhension un peu plus nette de la situation.

   


Le navire est en réalité une prison, où l’on a rassemblé des condamnés à mort qui ont accepté, en échange de la commutation de leur peine, de se prêter à un programme d’expérimentation spatiale. Il s’agit à la fois de s’approcher d’un trou noir pour en étudier les sources d’énergie bientôt taries sur Terre, et de se prêter aux expériences de procréation menées par le docteur Dibs, une médecin au dossier criminel chargé. Juliette Binoche, crinière noire descendant jusqu’aux reins, flammèches dans les yeux, y incarne une sorte de prêtresse illuminée de la reproduction, figure de la fécondité immémoriale, collectrice de sperme, sorcière de la résurrection. C’est, ici, Le Sacrifice, d’Andreï Tarkovski (1986) qui revient en mémoire.
On reconnaît là tout le talent de Claire Denis pour suggérer le dénuement et la beauté de notre condition
Dibs est, avec Monte, dont elle vole la semence durant son sommeil dans une séquence proprement stupéfiante, le pouvoir de la vie qui se transmet dans un engin pourtant programmé pour aller à la mort. Toute la beauté du film tient en ce déchirant paradoxe tenu bientôt, en quelques ellipses élégantes, par le seul couple survivant du père et de sa fille. Imaginez, dans l’immensité glacée et indifférente du cosmos, le cri vital du bébé et le regard du père sur son enfant. Puis la grâce innocente de la jeune fille qu’elle est devenue, qui n’a jamais connu le monde, et qui questionne incestueusement son père sur leur avenir, entre la menace de leur commun anéantissement et la promesse de trouver un nouveau soleil. On reconnaît là tout le talent de Claire Denis pour suggérer le dénuement et la beauté de notre condition.
La sensation du huis clos, de la solitude, de la terminaison des temps est par ailleurs si prégnante qu’elle parvient à nous rendre bouleversantes les images raréfiées de la Terre, qui interfèrent dans le récit. Flash-back en bons gros grains seize millimètres de trains et de hobos cheveux au vent, forêts profondes, tapis de feuilles, humus qu’on croirait sentir. Ou encore, sur un écran de la capsule, ce rituel funéraire indien filmé à Vancouver par Edward S. Curtis dans In the Land of the Head Hunters (1914), poignant et fantomal vestige d’une civilisation agonisante. C’est, à travers ces simples images, le sentiment d’une perte irrémissible qui étreint le spectateur et le laisse inconsolable. Autant dire qu’il y aura quelque chose comme une indicible joie à malgré tout retrouver la pollution et la promiscuité de la ville au sortir de la salle. Contrairement à ce que certains pensent, seuls les artistes font œuvre utile.

Film français de Claire Denis. Avec Robert Pattinson, Juliette Binoche, André Benjamin (1 h 51). Sur le Web : highlife-lefilm.com



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Chaque mardi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix de séries à (re)découvrir sur petit écran.
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Victor Hugo, « House of Cards » et Julia Roberts : trois idées de séries

Chaque mardi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix de séries à (re)découvrir sur petit écran.



LE MONDE
 |    06.11.2018 à 06h44
 • Mis à jour le
06.11.2018 à 07h19
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Cette semaine, une évocation tout en finesse de la vie de Victor Hugo alors qu’il se métamorphose en icône républicaine, Julia Roberts en psychologue chargée d’interroger des soldats atteints de troubles post-traumatiques, et la sixième et ultime saison de House of Cards, sans Kevin Spacey.
« Victor Hugo, ennemi d’Etat » : de l’homme du monde au champion du peuple

Février 1848, la République renaît dans la faillite de la monarchie de Juillet, renversée par la rue. Décembre 1851, elle est mise à mort par le coup d’Etat orchestré par Louis Napoléon Bonaparte, soucieux de confisquer le pouvoir qu’une élection démocratique ne lui accordait que pour quatre ans. Comment en vient-on, en si peu de temps, à basculer du statut d’écrivain unanimement salué, pair de France et soutien du parti de l’ordre, à celui d’« ennemi d’Etat », dont la tête est mise à prix avant que la proscription ne vous contraigne à l’exil ?
C’est ce qu’entend faire comprendre cette évocation, précise et strictement menée par Sophie Hiet et Jean-Marc Moutout, du moment charnière où Victor Hugo abandonne les nostalgies monarchiques pour incarner une opposition frontale au régime despotique qui prépare le rétablissement de l’Empire.

Savamment, les auteurs tissent avec finesse les liens entre vie familiale, vie sentimentale et vie politique de Hugo. Passé le 2 décembre 1851, ne reste que la voie de l’exil, d’où le nouvel Hugo tonne contre « Napoléon le Petit » avant de devenir une icône républicaine. Philippe-Jean Catinchi
« Victor Hugo, ennemi d’Etat », de Jean-Marc Montout. Avec Yannick Choirat, Isabelle Carré, Erika Sainte (France, 2018, 4 × 50 minutes). Sur France 2, lundi 5 (en replay) et mardi 6 à 21 h 10. Francetelevisions.fr
« House of Cards », saison 6 : un acte manqué

Lançant un regard face caméra, Claire Underwood avait averti, en fin de saison 5 : « My turn » (« C’est mon tour »). A elle les rênes des Etats-Unis, son mari, Frank, ayant été contraint à la démission face à un risque de destitution. Voilà qui facilita l’annonce du décès de Frank Underwood (hors caméra, avant le lancement de la saison 6), lorsque son interprète, Kevin Spacey, fut accusé de harcèlement sexuel et évincé, en novembre 2017, du casting de House of Cards.
Las ! Claire Underwood a beau présider la ploutocratie que sont devenus les Etats-Unis, cette sixième et ultime saison continue de ne tourner qu’autour de son défunt mari et de personnages auxquels il était étroitement lié ! Le premier épisode s’ouvre cent jours après le décès de ce dernier, quand il aurait fallu opérer un vrai saut dans le temps afin de découvrir la présidente sous un autre jour qu’en veuve éplorée – même si ce n’est qu’une apparence, bien sûr, celle-ci nous avertissant, dans l’un de ses apartés superfétatoires, que feu son époux ne lui manque nullement. Et faire reposer cette saison sur des personnages comme l’ancien chef de cabinet de Frank Underwood ou le journaliste qui enquêtait sur ses méfaits a perdu tout intérêt.
Certes, l’équipe de scénaristes a dû réécrire cette saison en urgence, puisque le tournage avait déjà commencé lorsque Kevin Spacey fut congédié par Netflix. Mais Claire Underwood a beau asséner, cette saison-ci, que « le règne de l’homme blanc d’âge moyen est révolu», cette saison relève de l’acte manqué, tant le fantôme de feu son président de mari vient la hanter. Martine Delahaye
« House of Cards », saison 6, série créée par Beau Willimon. Avec Robin Wright, Diane Lane, Michael Kelly, Greg Kinnear (Etats-Unis, 2018, 8 × 52 minutes). Netflix.com
« Homecoming » : Julia Roberts dans un rôle double

Homecoming apparut d’abord, en 2016, sous la forme d’une fiction podcastée, une pièce de théâtre audio. Ses auteurs, Eli Horowitz et Micah Bloomberg, sont aussi les créateurs de son adaptation filmée, dont Amazon a commandé d’emblée deux saisons.
Le Homecoming Center, en Floride, sous l’égide du ministère de la défense, vient de lancer un programme destiné à de jeunes soldats traumatisés tout juste de retour au pays. Ils y sont pris en charge entre autres par Heidi Bergman (Julia Roberts) qui y mène les entretiens psychologiques.
Saut dans le futur, quatre ans plus tard, en 2022 : Heidi, dorénavant serveuse dans un ­petit restaurant, semble ne pas se souvenir de l’époque où elle officiait pour le programme Homecoming, quand le ministère de la défense enquête sur l’expérience qui y était menée. Ment-elle ? Pourquoi une enquête sur ce centre ?
Pour son premier rôle principal dans une série, Julia Roberts a choisi un scénario qui lui permet d’interpréter deux personnages différents : la Heidi psy plutôt rayonnante de 2018, et celle de 2022, éteinte et tristounette.
Sam Esmail (créateur de Mr. Robot), a apporté une touche hitchcockienne et un grand soin à la réalisation, mais sans la tension ni le rythme nécessaires pour captiver. M. De.
« Homecoming », série créée par Eli Horowitz et Micah Bloomberg. Avec Julia Roberts, Bobby Cannavale (Etats-Unis, 2018, 10 × 30 minutes). Amazon.com



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Pour aider des décrocheurs scolaires et de jeunes adultes en situation d’exclusion à trouver leur place dans la société, le metteur en scène Bruno Lajara a créé un dispositif qui, pendant sept mois, mêle disciplines artistiques et formation citoyenne.
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Grands Prix de la finance solidaire, prix coup de cœur du public - L’Envol ou l’art de l’émancipation sociale

Pour aider des décrocheurs scolaires et de jeunes adultes en situation d’exclusion à trouver leur place dans la société, le metteur en scène Bruno Lajara a créé un dispositif qui, pendant sept mois, mêle disciplines artistiques et formation citoyenne.



LE MONDE ARGENT
 |    05.11.2018 à 21h00
    |

            Joël Morio








                        



   


C’est en créant 501 Blues, un spectacle monté avec des ouvrières d’une usine Levi’s du Nord brutalement licenciées, que le metteur en scène Bruno Lajara avait pris conscience que « l’art pouvait changer la vie ». Il y a deux ans, il s’est servi de cette expérience pour créer à Arras (Pas-de-Calais) L’Envol, un dispositif qui se sert de l’art pour réinsérer des jeunes décrocheurs scolaires ou des jeunes adultes en situation d’échec et d’exclusion.
Dans le cadre du service civique, les jeunes bénéficient d’une formation de sept mois à raison de 24 heures par semaine. Ils suivent des cours de théâtre, de chant, de danse, des ateliers d’écriture… La finalité n’est pas de former des artistes, mais de faire de la culture un vecteur d’émancipation et de constitution d’un projet professionnel, voire d’un projet de vie. « Peu à peu, les élèves reprennent confiance en eux », raconte Bruno ­Lajara, aujourd’hui délégué général de ce « centre d’art et de transformation sociale ». Le parcours est complété par une formation citoyenne aux valeurs républicaines, des enseignements théoriques et pratiques ainsi que des immersions et des rencontres avec le milieu professionnel.
Intégrés dans la vie du quartier
Pour chaque promotion, un « casting » d’une quinzaine de personnes est organisé. Il s’agit surtout de constituer une équipe dont les individus vont se soutenir mutuellement. Ils sont intégrés dans la vie du quartier en participant à son animation, à la création d’une Web radio locale, en se produisant dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad)… Une nouvelle antenne de L’Envol vient d’être créée à Béthune (Pas-de-Calais), et le « casting » des nouveaux stagiaires est presque terminé.
Grands Prix de la finance solidaire en partenariat avec France Info.
L’envol
Activité : Un dispositif d’inclusion sociale et professionnelle par l’art en direction de jeunes décrochés scolaires ou jeunes adultes en situation d’échec et d’exclusion
Chiffres d’affaires 2017 : 201 432 euros
Salariés : 5
Financeurs solidaires : France Active



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ L’artiste Sophie Calle signe un timbre-poste magistral paru le 22 octobre.
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Philatélie : s’initier à l’œuvre de Sophie Calle pour 1,90 euro

L’artiste Sophie Calle signe un timbre-poste magistral paru le 22 octobre.



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 15h28
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 16h00
    |

            Pierre Jullien








                        



   


La Poste a mis en vente générale le lundi 22 octobre, un timbre à 1,90 euro qui reproduit une œuvre de Sophie Calle, créée à l’origine pour le pavillon français de la Biennale de Venise en 2007.
Un projet intitulé « Prenez soin de vous », qu’elle décrit dans un texte reproduit sur le « Document officiel » de la « Collection historique du timbre-poste français », commercialisé par La Poste.
A la galerie Perrotin
Une façon de s’initier – à moindre coût – au travail de cette plasticienne de renommée internationale et d’inciter à rendre visite à la Galerie Perrotin, à Paris, qui accueille deux « performances » de l’artiste jusqu’au 22 décembre : « Parce que » et « Souris Calle ».
« J’ai reçu un mail de rupture. Je n’ai pas su répondre.
C’était comme s’il ne m’était pas destiné.
Il se terminait par les mots : Prenez soin de vous.
J’ai pris cette recommandation au pied de la lettre.
J’ai demandé à 107 femmes choisies pour leur métier, leur talent, d’interpréter la lettre sous un angle professionnel.
L’analyser, la commenter, la jouer, la danser, la chanter, la disséquer. L’épuiser ? Comprendre pour moi. Parler à ma place. Une façon de prendre le temps de rompre. A mon rythme.
Prendre soin de moi ».

   


Pour accompagner leurs interprétations, Sophie Calle a photographié ces femmes alors qu’elles découvrent le texte annonçant la rupture… Et cela donne aujourd’hui une originale et magnifique vignette postale, « La Correctrice ».
« Ce n’est pas un portrait de femme que je voulais proposer mais le portrait d’une lettre. J’ai donc choisi une femme cachée », parmi les 107 femmes – « 107 images potentielles » – réalisées pour la Biennale de Venise en 2007. Qu’elle a toutes mises au format du timbre, explique-t-elle. En procédant ensuite par élimination, en fonction de la lisibilité de l’image réduite au format du timbre.
Une ambiguïté avec la chasse
« J’avais une autre idée, sur l’attente, raconte Sophie Calle. Il s’agissait de deux chaises vides face à face, dans un grand pré, qui symbolisaient l’attente, le dialogue, la communication. Mais c’était peut-être plus difficile à percevoir ». Avec une légende qu’elle propose – « A l’espère » –, un mot qui renvoie aux chasseurs à l’affût, qui attendent le gibier… « Comme on peut attendre une lettre ». Mais il y avait une ambiguïté avec la chasse, « qui ne me gênait pas », mais qui rebutait La Poste.

   


La mise en page du timbre a été conçue avec l’aide de son éditeur, avec lequel elle réalisait un livre. Avec la marge de manœuvre restreinte qu’un timbre peut laisser. « Je voulais que le portrait soit visible, qu’il ne soit pas perdu. » « J’ai pris le sujet au pied de la lettre, littéralement », conclut-elle.

   


Le timbre, dont la valeur de 1,90 euro correspond au tarif de la lettre prioritaire de 21 à 100 grammes, au format horizontal 52 x 40,85 mm, mis en page par les Editions Xavier Barral, imprimé en héliogravure en feuilles de trente unités, a été tiré à 500 010 exemplaires (soit 16 667 feuilles). Un tarif idéal pour l’envoi des vœux en fin d’année, non sans une certaine ironie, « Prenez soin de vous » renvoyant à une rupture.

   


Sophie Calle était présente, le vendredi 19 octobre, lors de la vente anticipée en avant-première de son timbre, au Carré d’encre, à Paris, pour une exceptionnelle séance de dédicaces.
La Poste et l’art contemporain
Ainsi, La Poste qui montre son attachement pour l’art contemporain, fait très fort, après avoir sollicité en février Annette Messager pour un timbre nommé « Désir »…

        Lire aussi :
         

                Des timbres d’artistes à petits prix



« J’ai vécu avec un collectionneur de très nombreuses années puisque c’était mon père », Bob Calle, qui « collectionnait l’art contemporain, le pop art », rappelle Sophie Calle… Ce qui lui permet d’expliquer que les collectionneurs d’art lui sont familiers.
Mais, le timbre lui est en revanche « un domaine tout à fait inconnu ». « C’est un public tout à fait nouveau pour moi » – et une plasticienne que les philatélistes vont découvrir sans nul doute de leur côté ! –, dit l’artiste en parlant des philatélistes – « Vous êtes les premiers que je vois dans ma vie, d’aussi près ! » -, en ajoutant qu’elle ne connaît que très peu de collectionneurs de son œuvre : « C’est pour cela qu’on a des galeries » !

   


Elle-même est une « collectionneuse effrénée, de plein de choses », avoue-t-elle. Elle a une « énorme collection d’animaux naturalisés » qui lui ont permis, il y a un an, d’exposer au Musée de la chasse et de la nature à Paris. Autre collection, des miniatures d’œuvres d’art, constituée à partir d’échanges avec des artistes, par manque de place pour conserver les originaux. Elle a enfin une grande collection de bijoux de deuil, « avec beaucoup d’objets en cheveu »… Des collections « qui ne sont pas obsessionnelles », tient-elle à préciser. On veut bien l’admettre…

        Lire aussi :
         

                Sophie Calle : requiem collectif pour un matou






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Pionnier à l’Ircam d’un métier mal connu, l’assistant musical de production s’est éteint à l’âge de 63 ans.
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édition abonné


Le compositeur Eric Daubresse est mort

Pionnier à l’Ircam d’un métier mal connu, l’assistant musical de production s’est éteint à l’âge de 63 ans.



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 14h56
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                            Pierre Gervasoni








                        



                                


                            

Le compositeur Eric Daubresse est mort lundi 29 octobre, à l’hôpital Necker, à Paris – où il était en traitement pour un cancer – quelques jours avant son 64e anniversaire. Féru d’informatique musicale, cet homme d’un naturel doux et disponible a trouvé sa voie comme assistant musical, une forme d’auxiliaire de composition, qu’il aborda en pionnier à l’Institut de recherche et de coordination acoustique/musique (Ircam), au début des années 1990.
Eric Daubresse est né le 2 novembre 1954 à Arras (Pas-de-Calais), où il entreprend des études musicales, poursuivies au conservatoire de Lille. Doté d’une formation scientifique, il s’intéresse très tôt à l’électroacoustique et fréquente le centre culturel Noroit, à Arras, où il suit notamment des stages organisés par le Groupe de recherches musicales (GRM). Il rencontre à cette occasion Guy Reibel dont il intègre la classe d’électroacoustique au conservatoire de Paris en parallèle, dans le même établissement, à des études de composition avec Ivo Malec.
En 1985, à sa sortie du conservatoire de Paris, il participe à la création du studio Prémis, conçu pour l’ensemble 2e2m et enseigne l’électroacoustique au conservatoire de Champigny-sur-Marne. Alain Huteau, percussionniste de 2e2m, s’associe alors à Eric Daubresse pour former le duo Spirale, à l’origine de nombreuses partitions pour percussion et électronique. Le vaste champ de la « musique mixte » (qui résulte de la confrontation des sources instrumentales et électroniques) est également exploré par Eric Daubresse au sein de l’ensemble Itinéraire.
Trait d’union entre recherche et création
En 1990, il fait son entrée à l’Ircam, le temple de l’informatique musicale fondé par Pierre Boulez (1925-2016). Marc Battier, alors responsable du département « Création », l’engage pour une opération ponctuelle qui débouche, deux ans plus tard, sur un poste d’assistant musical de production. A l’Ircam, il s’agit d’une première. Aucun représentant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ L’ouvrage revient sur l’attentat de « Charlie Hebdo » et raconte la lente reconstruction de l’auteur après sa grave blessure au visage.
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Le prix Femina pour Philippe Lançon et son livre « Le Lambeau »

L’ouvrage revient sur l’attentat de « Charlie Hebdo » et raconte la lente reconstruction de l’auteur après sa grave blessure au visage.



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 13h02
 • Mis à jour le
06.11.2018 à 06h47
    |

            Jean Birnbaum








                        



   


Le prix Femina a été attribué au livre Le Lambeau de Philippe Lançon (Gallimard), lundi 5 novembre. A partir du moment où les jurées avaient placé cet ouvrage, sans aucun doute le texte le plus remarqué et célébré de l’année, dans leur dernière sélection, et sachant que le calendrier fait cette année du Femina le premier des grands prix littéraires attribués (deux jours avant le Renaudot, qui le comptait aussi parmi ses finalistes), il semblait peu probable que Le Lambeau ne soit pas le lauréat.
C’est un grand texte qui se voit ainsi couronné. Un livre magistral, revenu d’entre les morts. Publié au printemps, un peu plus de trois ans après l’attentat de Charlie Hebdo, où Philippe Lançon a été défiguré, la mâchoire emportée par une balle, Le Lambeau raconte comment ­ « celui qui n’était pas tout à fait mort » doit cohabiter avec « celui qui allait devoir survivre ».

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Un brûlant journal de deuil
Tentant de maintenir un lien avec le monde des vivants, décrivant cette béance, tout en racontant son parcours médical vers la reconstruction, Lançon hisse chaque évocation intime au niveau d’une méditation universelle sur notre temps, nos aveuglements : sa plume nous en met plein la gueule ; son visage défait exhibe tout ce que nous ne voulons pas regarder en face ; sa lucidité est une fidélité à l’enfant qu’il fut ; ses souvenirs d’enfance ressemblent déjà à nos souvenirs de guerre. C’est ce brûlant journal de deuil que les jurées du Femina ont récompensé.
Les autres romans en lice pour le Femina étaient Arcadie, d’Emmanuelle Bayamack-Tam (P.O.L), Trois enfants du tumulte, d’Yves Bichet (Mercure de France), Frère d’âme, de David Diop (Seuil), François, portrait d’un absent, de Michaël Ferrier (Gallimard), Idiotie, de Pierre Guyotat (Grasset) et Roissy, de Tiffany Tavernier (Sabine Wespieser).
Pierre Guyotat a reçu un prix Femina spécial pour l’ensemble de son œuvre. Le Femina étranger a été attribué à La Neuvième Heure, d’Alice Mc Dermott (Quai Voltaire), traduit par Cécile Arnaud, et le Femina essai à Gaspard de la nuit, d’Elisabeth de Fontenay (Stock).

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Aux Puces de Saint-Ouen, colère contre la vente aux enchères en ligne de certains objets

Le propriétaire du marché Paul-Bert - Serpette, Jean-Cyrille Boutmy, a signé un accord pour vendre aux enchères en ligne des objets confiés par certains exposants.



LE MONDE ECONOMIE
 |    05.11.2018 à 13h01
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 15h01
    |

                            Roxana Azimi








                        



   


Au marché Paul-Bert - Serpette, la plus grande concentration d’antiquaires des puces de Saint-Ouen, une partie des 350 marchands est vent debout contre le propriétaire des lieux, Jean-Cyrille Boutmy. Motif de leur courroux, le partenariat noué « sans concertation » avec la maison de ventes Millon pour vendre aux enchères en ligne des objets confiés par certains exposants du marché. Ces derniers présenteront du 9 au 11 novembre les œuvres sur leur stand, avant de les disperser, le 12 novembre à 18 heures, par le biais du site pbs-auction.com.
Les marchands qui se prêtent au jeu ne payent pas de frais vendeur. Les acheteurs devront en revanche débourser des frais de 16,5 % hors taxes. « Sur l’ensemble du marché, il y a 150 000 objets. L’idée est de vendre en ligne une petite centaine de lots. C’est de l’événementiel pour faire venir les gens », confie Jean-Cyrille Boutmy, qui souhaite tester l’opération sur quatre mois avec un programme de quatre à huit ventes. « Paul-Bert - Serpette n’a pas à devenir une succursale de Millon, rétorque le marchand Cyril Grizot, dans un courriel adressé à ses confrères. Ils veulent nous faire croire que cela va dynamiser nos ventes et nous donner plus d’importance sur la scène internationale, mais, en réalité, cela va dynamiter notre activité et nous prendre encore plus de parts de marché. »

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L’opération « marque la fin de l’hypocrisie »
Vendre aux enchères, n’est-ce d’ailleurs pas un aveu de faiblesse pour un marchand ? « C’est plutôt une opportunité », estime l’antiquaire Myriam Lallemand, qui a décidé de mettre en vente huit objets estimés entre 300 et 2 000 euros. Pour Alexandre Millon, l’opération « marque la fin de l’hypocrisie ». Et d’ajouter : « Les ventes de spécialités aux enchères sont montées à 20 % voire 50 % avec une marchandise provenant de professionnels. » Les opposants ne l’entendent pas de cette oreille. « Si nous passions notre temps à vendre aux enchères, pourquoi continuons-nous à payer des loyers de plus en plus exorbitants [entre 500 et 2 000 euros par mois] pour tenir des stands trois jours par semaine ? », lance une antiquaire qui souhaite rester anonyme.
Les réfractaires redoutent enfin un détournement de leurs fichiers acheteurs. « Les clients qui vont acheter par l’intermédiaire de PBS Auction sont surtout nos clients, martèle Cyril Grizot. S’ils sont dans nos allées, c’est qu’ils ne sont pas dans les salles des ventes ou derrière un ordinateur. » Cette polémique traduit un malaise plus profond. Malgré leur indéniable attraction touristique, les puces ne font plus rêver comme avant. « Nous sommes dans un marché de moins en moins dynamique, indique le marchand Frédéric Cordin, spécialiste des armes anciennes, qui a décidé de participer à l’opération. On vivait beaucoup le vendredi et le lundi. Aujourd’hui, il n’y a plus personne ces jours-là, hormis des marchands. Les promenades aux puces se raréfient. »
Les réfractaires redoutent précisément que les ventes aux enchères accélèrent ce mouvement et que les puces, vidées de leur substance, deviennent la proie des promoteurs. « Saint-Ouen va accueillir le village des Jeux olympiques en 2024, un nouvel hôpital en 2025. La ville attire beaucoup de monde, c’est facile d’accès. Combien d’appartements peut-on construire sur un terrain comme Paul-Bert - Serpette ? », s’inquiète un antiquaire. « Théorie du complot, réplique Jean-Cyrille Boutmy, qui a acheté Paul-Bert - Serpette pour environ 30 millions d’euros en 2014. Les puces sont classées pour leur ambiance. Il serait compliqué, voire impossible, de les raser, et ce n’est pas mon envie. »
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            data-slide-description="Allée 1, au marché Paul Bert, à ciel ouvert."
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            data-slide-description="Tour Eiffel, pièce unique de 7 mètres de haut (vers 1930), chez Maxime Ramond-Bluzet, Stand 24, Allée 1, Paul Bert"
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            data-slide-description="Allée 4, Paul Bert : des objets de décoration et autres curiosités."
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            data-slide-description="Aurélien Jeauneau, spécialiste de Pierre Guariche (années 1950-1960), Stand 93, et Déjà-Vu Design, branché années 1960-1980, Stand 95, Allée 6, Paul Bert."
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            data-slide-description="Oiseau chanteur en argent et émail, (vers 1900), Jean Delmas, Stand 9, Allée 3, Serpette."
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            data-slide-description="Thomas Bonzom au milieu de ses lustres, cascades et plafonniers de Bohème ou de Murano... Allée 4, Stands 14-16, Serpette."
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            data-slide-description="Jolie prise : un fauteuil globe pivotant (1963), Allée 5, Paul Bert"
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            data-slide-description="Marc Maison, spécialiste de cheminées, plaques et trumeaux, Stand 83, Allée 6, Paul Bert."
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            data-slide-description="Bruno Langlois, spécialiste de meubles de métier et de curiosités, Stand 215, Allée 4, Paul Bert."
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            data-slide-description="Des bagages vintage, Angle Allée 1 et 6, Paul Bert."
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            data-slide-description="Une autruche naturalisée provenant des collections d'un musée d'histoire naturelle suisse, chez Marie Boutreux, Stands 163-165, Allée 3, Paul Bert."
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            data-slide-description="Une paire de chaises “Vilbert” de Verner Panton, éd. Ikéa 1993 chez Remix Gallery, Stand 232, Allée 6, Paul Bert."
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Allée 1, au marché Paul Bert, à ciel ouvert.

Giovanni Del Brenna/Luz pour "Le Monde"
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« Filmer le chaos » : les tranchées, personnages de films

Le documentaire de Marius Doïcov explore intelligemment un siècle de cinéma sur la Grande Guerre.



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 12h30
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                            Antoine Flandrin








                        



   


Canal+ Cinéma, lundi 5 novembre à 23 heures, documentaire
Au cours des trente dernières années, de nombreux cinéastes français, britanniques et américains se sont emparés de la guerre de 14-18. Steven Spielberg, pour n’en citer qu’un, signait avec Cheval de guerre, en 2011, l’un des films de guerre les plus spectaculaires et les plus émouvants de la dernière décennie. Qu’est-ce qui pousse à faire un film sur la Grande Guerre ? Comment a-t-on filmé les tranchées et les assauts depuis un siècle ? Comment incarne-t-on un guerrier ?
Voici quelques-unes des questions que Marius Doïcov a posées à des cinéastes, des producteurs, des scénaristes, des acteurs, des écrivains et des historiens. Saluons l’audace de sa démarche : pour parler de cette guerre à l’occasion du centenaire, les réalisateurs ont moins proposé des films réflexifs que des documentaires à base d’images d’archives, privilégiant une mise en forme classique.
Ce qui fait surtout la force de ce documentaire, c’est la qualité des interventions
Saluons ensuite le montage intelligent et subtil : les souvenirs que Marc Dugain rapporte de son grand-père, gueule cassée qui ne put plus jamais embrasser sa grand-mère, sont illustrés, non par des extraits de La Chambre des officiers (2001), film adapté de son roman (JC Lattès, 1998), mais par des passages d’un autre film, Au ­revoir là-haut (2017), autre adaptation d’un roman, portant lui aussi sur un mutilé de guerre.
Ce qui fait surtout la force de ce documentaire, c’est la qualité des interventions. Celles d’un Bertrand Tavernier, qui, pour « reconstituer le chaos complet » des scènes de bataille de Capitaine Conan (1996), n’a pas adopté le point de vue des généraux, mais celui « des fantassins qui dégustent ». Celles d’un Jean-Pierre Jeunet, qui, pour filmer de haut les assauts des poilus dans Un long dimanche de fiançailles (2004), a dû mettre au point une « organisation quasi militaire ». Ou encore celles d’un Tony Bill, réalisateur de Flyboys (2006), décrivant les reconstitutions de scènes de batailles aériennes.
« Ivresse guerrière »
Les acteurs ne sont pas en reste. Philippe Torreton parle de « l’ivresse guerrière » qui est en nous, montrant sa parfaite compréhension du personnage qu’il a incarné dans Capitaine Conan. Acteur et auteur d’Au revoir là-haut, Albert Dupontel avoue le « plaisir ludique, un peu pervers, de jouer à la mort ». Iris Bry explique, pour sa part, comment les costumes qu’elle a portés dans Les Gardiennes (2017) l’ont aidée à entrer dans la peau des femmes qui, à l’arrière, s’occupaient des champs.
Les éclairages historiques d’Annette Becker sont précieux. Analysant le rôle de la tranchée qui fit, dès les années 1920, l’objet de différents usages idéologiques – les films patriotiques en firent le lieu de l’héroïsme des combattants, tandis que les pacifistes s’en servirent pour dénoncer les conditions dans lesquelles ils étaient morts –, elle explique comment les cinéastes, après la seconde guerre mondiale, ont cherché à traversla première guerre mondiale à parler de leur temps : dans Les Sentiers de la gloire (1957), Kubrick dénonçait la guerre du Vietnam. Joyeux Noël (2005), de Christian Caron, reflétait le besoin d’une mémoire transnationale de la guerre.
Insistant sur le rôle de transmission de l’histoire que peut avoir le cinéma, le film se veut un encouragement aux futures générations de cinéastes à se saisir de ce réservoir inépuisable d’idées qu’est la première guerre mondiale.

Filmer le chaos, de Marius Doïcov (France, 2018, 55 min). www.mycanal.fr



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Le téléfilm de Jean-Marc Montout évoque la métamorphose de l’écrivain, contraint à l’exil sous le règne de « Napoléon le Petit ».
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« Victor Hugo, ennemi d’Etat » : de l’homme du monde au champion du peuple

Le téléfilm de Jean-Marc Montout évoque la métamorphose de l’écrivain, contraint à l’exil sous le règne de « Napoléon le Petit ».



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 12h00
    |

                            Philippe-Jean Catinchi








                        



   


France 2, lundi 5 novembre à 21 h 10, téléfilm
Février 1848, la République renaît dans la faillite de la monarchie de Juillet, renversée par la rue. Décembre 1851, elle est mise à mort par le coup d’Etat orchestré par Louis Napoléon Bonaparte, soucieux de confisquer le pouvoir qu’une élection démocratique ne lui accordait que pour quatre ans. Comment en vient-on en aussi peu de temps à basculer du statut d’écrivain unanimement salué, pair de France et soutien du parti de l’ordre, à celui d’« ennemi d’Etat » dont la tête est mise à prix avant que la proscription ne vous contraigne à l’exil ?
C’est ce qu’entend faire comprendre cette évocation, précise et strictement menée par Sophie Hiet et Jean-Marc Moutout, du moment charnière où Victor Hugo abandonne les nostalgies monarchiques pour incarner une opposition frontale au régime despotique qui prépare le rétablissement de l’empire. Savamment, les auteurs tissent avec finesse les liens entre vie familiale, vie sentimentale et vie politique de Hugo. Les fils de l’écrivain, Charles et François-Victor, s’engagent eux-mêmes dans le combat républicain, sans les atermoiements du « pèrissime », tandis que leur sœur Adèle tente d’échapper au spectre de son aînée Léopoldine.
Désordres amoureux
Les désordres amoureux d’un homme qui aime plaire et ne sait pas choisir – en marge d’une épouse qu’il respecte mais néglige, Hugo (Yannick Choirat) se partage entre ses deux maîtresses, Juliette Drouet (Isabelle Carré), devenue depuis des lustres une confidente et une collaboratrice dans la mise au net du grand roman social qu’il projette, ces Misères qui deviendront Les Misérables, et la jeune Léonie d’Aunet (Erika Sainte) qu’il a lâchement laissé incarcérer pour adultère – n’en font pas un champion du rétablissement du divorce, s’il reste celui de l’abolition de la peine de mort.
C’est du reste à l’Assemblée, où il défend une politique sociale qui reclasse ce conservateur modéré toujours plus à gauche, et dans les locaux de L’Evénement, le journal qu’il lance pour diffuser ses idées auprès du plus grand nombre, que s’opère la métamorphose de l’homme du monde en champion du peuple. Passé le 2 décembre 1851, ne reste que la voie de l’exil, d’où le nouvel Hugo tonne contre « Napoléon le Petit » avant de devenir une icône républicaine.

Victor Hugo, ennemi d’Etat, de Jean-Marc Montout (Fr., 2018, épisodes 1 et 2 (sur 4), 2 × 50 min). www.francetelevisions.fr



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Le photographe Paul Reas s’intéresse à la culture populaire de l’Angleterre. Dans sa série « I Can Help » (1988), il dénonce avec ironie la société d’hyperconsommation et le libéralisme des années Thatcher.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤                
                                    

L’Angleterre des années 1980 au supermarché


                      Le photographe Paul Reas s’intéresse à la culture populaire de l’Angleterre. Dans sa série « I Can Help » (1988), il dénonce avec ironie la société d’hyperconsommation et le libéralisme des années Thatcher.



M le magazine du Monde
 |    05.11.2018 à 10h33
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 10h36
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








   


Des montagnes de produits qui dépassent d’un chariot, de la viande sous cellophane, des glaces, de l’épicerie… Et du plastique, du plastique, du plastique. Les couleurs sont criardes et primaires, le rouge domine. Chacun reconnaîtra au premier coup d’œil, dans les photos de Paul Reas, des scènes traditionnelles de supermarché, comme il s’en déroule quotidiennement à travers le monde. Celles-ci datent du Royaume-Uni des années 1980. « C’est le moment où nous sommes passés de la génération du “nous” à la génération du “moi”, avec une obsession pour les achats, une culture individualiste », estime aujourd’hui le photographe britannique, qui présente le 9 novembre une rétrospective au salon Paris Photo. Paul Reas ne juge pas : « Je ne prends pas de photos de gens, mais de systèmes dans lesquels se trouvent des gens. Mon travail est une critique de Thatcher et des changements qu’elle a apportés à notre société, en négatif à mon avis. »
L’humour des Monty Python et de Martin Parr
Ce n’est pas une observation extérieure, détachée. Paul Reas documente ce qu’il reconnaît faire lui-même au quotidien. « Mon travail était une réaction à la tendance d’alors de s’occuper de sujets toujours plus exotiques, de photographier “les autres”, la différence. Je voulais m’occuper de ma vie de tous les jours. » Alors il regarde d’un œil ironique l’étrangeté de cette société. Une femme portant un pull constellé de petits cochons roses se penche sur des monceaux de viande sous cellophane, mettant en perspective notre curieuse relation aux animaux. Un homme, cigarette aux lèvres, choisit un papier peint décoré d’un soldat armé pour la chambre de son fils : « Imagine-t-on l’impact de ce dessin sur cet enfant ? » Paul Reas estime faire partie de cette tradition d’humour anglais, citant les Monty Python, le photographe Martin Parr (son tuteur à l’université) ou même le peintre du XVIIIe siècle, William Hogarth. « Il s’agit de satire. »
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Paul Reas
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Maçon de formation, un métier qu’il a exercé pendant près d’une décennie, né en 1955 et élevé par sa mère seule dans une banlieue pauvre de Bradford, dans le nord de -l’Angleterre, Paul Reas a toujours tenté de s’approcher de sa réalité quotidienne, sans fard ni filtre. Il a commencé en photographiant en noir et blanc les gueules cassées des mineurs ou le chômage de masse et la pauvreté de Penrhys Estate, une cité pauvre du Pays de Galles. Pas de romantisme dans ces photos ni de sourire en coin à la Robert Doisneau.
« En revoyant mon travail sur la durée, je m’aperçois que tous les éléments qui nous ont menés au Brexit étaient là. »
Le photographe passe à la couleur pour sa série I Can Help (1988) sur les supermarchés et les centres commerciaux. Il obtient un accès sans difficultés, presque sans limites. « Ce ne serait plus possible aujourd’hui, tous ces magasins ont maintenant une conscience aiguë de leur image. »
Après ce travail, qui a rencontré un grand succès, Paul Reas s’est intéressé à la façon dont la société s’est mise à revisiter, de manière romantique, les anciennes usines et les mines d’antan. Plus récemment, il a suivi dans le sud de Londres une communauté populaire progressivement chassée de son quartier à la faveur d’un réaménagement urbain. « En revoyant mon travail sur la durée, je m’aperçois que tous les éléments qui nous ont menés au Brexit étaient là. Il y a eu la désindustrialisation, le chômage de masse, la façon dont les classes populaires ont été écartées de la politique, puis les populistes et les nationalistes qui se sont engouffrés dedans… Ma propre culture populaire a été marginalisée. »
Fables of Faubus, de Paul Reas, Gost Books, 240 p., 43 €. Signature du livre le 9 novembre à 17 heures à Polycopies, stand de Gost Books, sur le bateau Concorde Atlantique, face au 23, quai Anatole-France, Paris 7e.



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ L’Angleterre de Thatcher est marquée par une consommation de masse individualiste et débridée. Dans sa série « I Can Help » (1988), le photographe Paul Reas porte un regard ironique sur ce phénomène.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Aux Ateliers Berthier, à Paris, Alexander Zeldin ausculte la tragédie de l’exclusion de manière concrète et sensible.
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Théâtre : « LOVE », dans l’intimité de la souffrance sociale

Aux Ateliers Berthier, à Paris, Alexander Zeldin ausculte la tragédie de l’exclusion de manière concrète et sensible.



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 09h42
    |

                            Fabienne Darge








                        



                                


                            

Une claque. Et, on en prend le pari, une découverte majeure : c’est LOVE, qui ne joue malheureusement que quelques soirs aux Ateliers Berthier, à Paris, dans le cadre du Festival d’automne, puis, à la mi-novembre, à la Comédie de Valence. On n’avait jamais vu la souffrance sociale de cette manière-là, au théâtre. On en sort ébranlé comme rarement.
LOVE convie les spectateurs, de manière très proche, dans l’intimité de plusieurs êtres réunis par hasard, à la veille de Noël, dans un foyer d’urgence de l’aide sociale britannique. Il y a là un homme d’âge moyen, qui vit avec sa mère malade ; une famille composée d’un jeune père de deux préados et de sa nouvelle compagne, métisse et enceinte ; une exilée soudanaise et un réfugié syrien. Aucun d’eux n’a un travail, sauf, peut-être, le réfugié syrien, qui passe comme une ombre furtive et occupe sans doute un emploi clandestin. Tous attendent, certains depuis des mois, leur installation dans le logement définitif qu’on leur a promis.
C’est le travail sur le réalisme qui est passionnant ici : un réalisme qui ne décalque pas la réalité mais la condense, l’intensifie
Pendant une heure et demie d’une densité presque insoutenable, la pièce ausculte la tragédie de l’exclusion de manière on ne peut plus concrète et sensible, dans cet espace de promiscuité où chacun vit sous le regard des autres, où tous se voudraient un peu plus chanceux, un peu plus « inclus » que les autres. C’est le travail sur le réalisme qui est passionnant ici : un réalisme qui ne décalque pas la réalité mais la condense, l’intensifie et la donne à éprouver de manière quasi charnelle.
On doit cette pièce d’une force peu commune, qui triomphe un peu partout en Angleterre depuis sa création, en 2016, à un jeune auteur et metteur en scène britannique de 33 ans, qui vient pour la première fois en France, mais dont le patronyme est loin d’être inconnu de ce côté-ci de la Manche : Alexander Zeldin. Il n’est pas le fils...




                        

                        

