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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Six chercheurs de Sciences Po se sont penchés sur les failles de l’économie comportementale.
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Pourquoi faut-il se méfier des choix par défaut

Six chercheurs de Sciences Po se sont penchés sur les failles de l’économie comportementale.



LE MONDE ECONOMIE
 |    06.11.2018 à 17h55
    |

            Anne Rodier








                        



                                


                            

Livre. En Californie, en 1998, après que la ville de La Verne a informé 120 ménages chaque jour pendant un mois du nombre de foyers recyclant ses déchets dans leur quartier, le volume de recyclage a augmenté de 19 %. C’est ce qu’on appelle un « nudge », littéralement « un coup de coude » [une sorte de « coup de pouce »], pour inciter un individu ou un groupe d’individus à adopter un comportement voulu.
Les économistes comportementaux ont ainsi identifié une trentaine de biais cognitifs – la volonté de se conformer à une norme reconnue de tous, la préférence du choix par défaut, etc. – à partir desquels peuvent être élaborés des « nudges » pour les mettre au service des politiques publiques : de la santé, de l’éducation, etc. Dans Le Biais comportementaliste, un précis de théorie économique, six chercheurs du centre de sociologie des organisations de Sciences Po analysent l’essor de l’économie comportementale et ses dangers pour la société.
Cinq Prix Nobel
L’essor est indéniable tout comme la reconnaissance internationale : l’économie comportementale qui fait l’objet de plusieurs rapports de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) à partir de 2015 peut se prévaloir de cinq Prix Nobel. Depuis les premiers textes fondateurs de la fin des années 1970, les différentes approches ont été progressivement dominées par une économie comportementale « complémentaire à l’économie classique ».

Effet de mode ? Innovation politique ? L’économie comportementale séduit de plus en plus, et se diffuse dans un nombre de pays toujours plus grand. Après la création en 2010 par David Cameron d’une « Nudge Unit » au Royaume-Uni, ce fut au tour des Etats-Unis de Barack Obama en 2014 de créer la Social and Behavioral Sciences Team. L’unité américaine est chargée de concevoir des outils d’action publique pour la santé, la justice, la défense, le travail, etc. Canada, Allemagne, Pays-Bas, Danemark,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Nombre d’entre elles craignent que les coûts d’installation des compteurs ne soient supérieurs aux gains pouvant être escomptés en matière d’économie d’énergie. Retour sur un dispositif controversé.
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La mort d’Alain Chevalier, cofondateur du groupe LVMH

L’industriel, qui est à l’origine de la fusion de Moët Hennessy et Louis Vuitton, est décédé le 1er novembre à Megève. Il avait 87 ans.



LE MONDE
 |    06.11.2018 à 15h50
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            

L’un des deux fondateurs du groupe de luxe LVMH, Alain Chevalier, est mort le 1er novembre, à l’âge de 87 ans, à Megève (Haute-Savoie). Dans un communiqué, l’Elysée a souligné qu’Alain Chevalier avait contribué « par sa vision et sa détermination à installer la France à la première place dans le domaine du luxe ». LVMH a salué pour sa part « la mémoire de ce grand industriel qui participa en 1987 à la fusion de Moët Hennessy et Louis Vuitton » et a, ensuite, « présidé LVMH jusqu’en 1989 ouvrant la voie à ce qui allait devenir le premier groupe de luxe au monde ».
Né le 16 août 1931 à Alger, Alain Chevalier fait ses études de droit et de sciences politiques avant d’intégrer l’ENA (promotion Vauban), d’où il sort en 1959, en même temps que Jacques Chirac. Une promotion envoyée la même année « en renfort administratif » à Alger pour mettre en place les réformes promises par le général de Gaulle. Jacques Chirac, Alain Chevalier et Pierre Gisserot sont les seuls à s’afficher ouvertement pro-Algérie française. D’abord auditeur à la Cour des comptes, Alain Chevalier occupe différents postes ministériels, à l’éducation nationale puis à l’industrie, à la direction des carburants, avant de se lancer dans le privé. Il admettra s’être ennuyé fermement comme secrétaire général chez Sacilor, dans la sidérurgie lorraine, entre 1964 et 1966.
Il refuse un poste de ministre
En 1970, une rencontre fortuite dans un dîner lui dessinera une carrière plus coruscante. Il suggère à son voisin de table Robert-Jean de Voguë, PDG de la célèbre maison de champagne Moët & Chandon, d’exporter bien davantage en s’alliant à d’autres marques de luxe. L’idée fait son chemin : un an après, Alain Chevalier est nommé directeur général de l’entreprise familiale et orchestre le mariage de Moët & Chandon avec le cognac Hennessy. En juin 1982, il devient PDG de l’entreprise à laquelle il a aussi amarré les parfums Dior et les produits de beauté Roc....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Avec Little Sprouts, le leader français signe la plus grande acquisition de son histoire.
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Babilou : le petit géant des crèches s’implante aux Etats-Unis

Avec Little Sprouts, le leader français signe la plus grande acquisition de son histoire.



LE MONDE ECONOMIE
 |    06.11.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
06.11.2018 à 13h28
    |

            Denis Cosnard








                        



   


Un appétit d’ogre ! Depuis des mois, les dirigeants de Babilou ne cachaient pas être à la recherche d’acquisitions partout à travers le monde. Le petit géant français des crèches privées vient de dénicher deux morceaux de choix à se mettre sous la dent, Little Sprouts aux Etats-Unis et Nurture Education Group à Singapour.
Avec ces deux transactions, dévoilées mardi 6 novembre, l’entreprise fondée en 2003 par les frères Rodolphe et Edouard Carle grandit d’un coup de façon spectaculaire. « De 320 millions d’euros en 2017, notre chiffre d’affaires va passer à 450 millions d’euros en année pleine », en intégrant aussi les achats de moindre taille signés plus tôt dans l’année, se félicite Rodolphe Carle, aîné des deux frères et président de Babilou.

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                Babilou, le petit géant des crèches privées



De quoi hisser le petit groupe parmi les entreprises de taille intermédiaire qui comptent en France. Et ce n’est qu’un début : après avoir pris pied en Amérique du Nord et en Asie du Sud-Est, la famille Carle entend bien poursuivre ses emplettes sur ces marchés clés.
Avec Little Sprouts (« petites pousses »), la plus grande acquisition de son histoire, Babilou met la main sur une société elle aussi en plein essor. Fondée en 1982, l’entreprise a été relancée en 2012 par une équipe emmenée par un ex-banquier, Mark Anderegg, et soutenue financièrement par un fonds d’investissement new-yorkais, Wicks. « En quelques années, ils ont doublé la taille de Little Sprouts, notamment en achetant d’autres structures, souligne M. Carle. La société gère à présent 45 crèches et compte 850 employés. » Pour Wicks, le temps était venu de sortir du capital et de prendre ses bénéfices.
D’autres acquisitions en vue
Avec 5 000 places, surtout autour de Boston (Massachusetts), et un chiffre d’affaires d’environ 50 millions de dollars (44 millions d’euros), Little Sprouts demeure évidemment loin des trois leaders américains des crèches privés, KinderCare, The Learning Care et Bright Horizons. A lui seul, KinderCare comptabilise 185 000 enfants sous son aile depuis l’absorption en août de son concurrent Rainbow. Mais « cette opération nous permet d’entrer de façon assez idéale sur le marché américain, le plus grand au monde, explique le président de Babilou. Une fois cette société intégrée, nous comptons réaliser d’autres opérations aux Etats-Unis, où de nombreuses entreprises de taille moyenne vont se retrouver confrontées à un problème de succession ». Objectif de M. Carle : détenir entre 200 et 300 crèches américaines d’ici cinq ans.
Le deuxième achat officialisé mardi, celui de Nurture Education, avait été conclu dès avril, mais nécessitait encore le feu vert du gouvernement de Singapour. Dans cette cité-Etat, l’éducation est en effet considérée comme un secteur stratégique et une priorité politique – ce n’est pas un hasard si le pays se classe régulièrement en tête du classement PISA de l’Organisation de coopération et de développement économiques. « Avant de pouvoir prendre le contrôle du troisième opérateur local de crèches, nous avons dû nous soumettre à un audit, expliquer notre projet et prouver notre solidité financière », raconte M. Carle. Là encore, cette acquisition en annonce d’autres. Depuis Singapour, les frères Carle rêvent déjà d’aborder la Malaisie, l’Indonésie et l’Australie. Heureux, mais pas encore rassasiés.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Le SNPL, dont les adhérents ont lancé le vote pour le renouvellement de la direction du syndicat, revendique 5 % de hausse des salaires. La compagnie n’a pas prévu d’enveloppe pour les augmentations catégorielles des navigants.
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La direction d’Air France ne veut rien lâcher à ses pilotes

Le SNPL, dont les adhérents ont lancé le vote pour le renouvellement de la direction du syndicat, revendique 5 % de hausse des salaires. La compagnie n’a pas prévu d’enveloppe pour les augmentations catégorielles des navigants.



LE MONDE ECONOMIE
 |    06.11.2018 à 12h13
    |

            Guy Dutheil








                        



                                


                            

Les directions passent mais les négociations salariales ne changent pas ! Benjamin Smith, le nouveau PDG d’Air France KLM, qui a aussi pris la casquette de patron d’Air France, semble s’être glissé dans les traces de ses prédécesseurs. La fermeté était toujours de rigueur à l’ouverture, lundi 5 novembre, des discussions catégorielles. Pour ce premier rendez-vous avec les organisations de pilotes, Air France a choisi la politique de la douche froide. « La direction nous a annoncé qu’il n’y avait pas d’enveloppe pour les négociations avec les pilotes », déplore Philippe Evain, président du Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL).
La posture de la direction est peut-être liée au refus du SNPL, accompagné de la CGT, de signer, à la mi octobre, l’accord salarial proposé aux syndicats. Face aux représentants des navigants, la direction a indiqué qu’elle souhaitait parvenir à « un accord à coût nul », pointe M. Evain. Air France veut obtenir « un accord équilibré pour l’entreprise », qui ne lui coûte rien, ajoute le responsable syndical. La direction de la compagnie ne souhaite accorder d’augmentation que si, en contrepartie, les pilotes sont d’accord pour faire de nouveaux efforts capables « de générer des économies pour le même montant », détaille le SNPL.
L’idée d’avoir à financer une éventuelle augmentation de leur rémunération, comme l’exige la direction, ne fait pas bondir de joie le syndicat des pilotes. Il rappelle que ces derniers ont déjà été mis à forte contribution. « En juillet 2017, nous avons signé un accord dans le cadre du plan Trust Together, qui prévoyait 4 % d’économie », se souvient M. Evain. Un effort payant pour la compagnie, qui y avait gagné « 40 millions d’euros de mesures de productivité et d’efficacité économique », ajoute le président du SNPL.
Arrière-pensées
Face au refus des pilotes de payer pour être augmentés, la direction a proposé, indique le SNPL,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Ces trois enseignes de chaussures emploient plus de 1 500 personnes et comptent 612 boutiques.
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Vivarte met en vente San Marina, Minelli et CosmoParis

Ces trois enseignes de chaussures emploient plus de 1 500 personnes et comptent 612 boutiques.



LE MONDE ECONOMIE
 |    06.11.2018 à 11h59
    |

                            Service économie








                        


Que restera-t-il de Vivarte ? Au lieu du simple « recentrage » annoncé, le groupe de distribution de chaussures et de vêtements va-t-il finir entièrement vendu par morceaux ? C’est ce que redoutent les syndicats après l’annonce, lundi 5 novembre, de la mise en vente de trois réseaux supplémentaires, San Marina, Minelli et CosmoParis. Au total, ces enseignes de chaussures implantées en centre-ville emploient plus de 1 500 personnes et comptent 612 boutiques, pour un chiffre d’affaires d’environ 270 millions d’euros. « Elles feront l’objet de trois processus distincts » de cession, précise la direction.
Initialement, ces réseaux devaient rester au cœur de l’ex-empire André, aux côtés de Caroll et de La Halle. Mais « la dégradation du marché de la chaussure a été plus forte qu’anticipé, ce qui nous amène à modifier notre périmètre », a expliqué Patrick Puy, président de Vivarte. Exit donc San Marina, Minelli et CosmoParis, trois marques dont la vente devrait permettre de récupérer un peu d’argent pour faire face aux prochaines échéances financières.

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                La mode des chaussures de sport fait trébucher le marché français



Le marché de la chaussure a baissé de 3,5 % en un an
Le groupe détenu en LBO (achat par endettement) par un consortium de fonds d’investissement a certes déjà négocié avec ses créanciers en 2017, et sa dette a été ramenée à quelque 400 millions d’euros. Ce fardeau reste néanmoins élevé alors que le groupe a perdu 305 millions d’euros en 2017, et que les clients font défaut : le marché de la chaussure a baissé de 3,5 % en un an, celui de l’habillement a chuté de 5 % depuis le début de l’année.

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Désormais, le groupe entend officiellement « se concentrer sur la Halle et Caroll », qui représentent 80 % de son chiffre d’affaires. Deux enseignes seulement, pour un groupe qui en comptait il y a quelques années encore une quinzaine, dont André, Kookaï, Chevignon, Naf-Naf, Pataugas et Besson.
Selon les syndicats, le démantèlement risque de ne pas s’arrêter là. Une fois bouclée la fusion en préparation de la Halle aux vêtements et de la Halle aux chaussures, la future entité pourrait être vendue à son tour en 2019, de même que Caroll, avance la CGT. Ces deux cessions « ne sont pas d’actualité », répond la direction, en insistant sur les investissements prévus dans ces deux réseaux. Peut-être une simple question de temps.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ C’est le calcul auquel est parvenue la newsletter « Les Glorieuses », qui veut sensibiliser l’opinion sur les inégalités salariales entre les femmes et les hommes.
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Egalité salariale : à partir du 6 novembre à 15 h 35, les Françaises travaillent « gratuitement »

C’est le calcul auquel est parvenue la newsletter « Les Glorieuses », qui veut sensibiliser l’opinion sur les inégalités salariales entre les femmes et les hommes.



LE MONDE
 |    06.11.2018 à 11h37
 • Mis à jour le
06.11.2018 à 11h50
   





                        


A compter de mardi 6 novembre, à 15 h 35, les Françaises travaillent pour rien. C’est ce qu’annonce Les Glorieuses, à l’origine de ce calcul annuel. En 2017, la newsletter féministe avait arrêté la date du 3 novembre à 11 h 44. Avec trois jours « gagnés » en un an, le chemin vers l’égalité des salaires des hommes et des femmes s’annonce encore long. Les Glorieuses conclut :
« A ce rythme-là, l’égalité est pour 2168. Il est temps d’agir… »
Pour mobiliser, la fondatrice de la newsletter, Rebecca Amsellem, a lancé le hashtag #6novembre15h35 sur Twitter, heure et date qui correspondent au moment où le salaire des hommes dépasse, en cumulé, celui des femmes sur une année complète. L’objectif étant de sensibiliser l’opinion au sujet des inégalités salariales.

#6Novembre15h35 - En 2018, les femmes travailleront gratuitement du 6 novembre jusqu'à la fin de l'année. On s'enga… https://t.co/mFgKVzqzhq— Les_Glorieuses (@Les Glorieuses Newsletter)


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La Journée européenne de l’égalité salariale a eu lieu samedi 3 novembre, date à partir de laquelle les Européennes travaillent gratuitement, selon les données fournies par Eurostat. En France, les femmes ont un salaire inférieur de 15,2 % à celui des hommes. Un écart assez proche de la moyenne européenne (16,2 %), qui stagne.
Les Glorieuses cite plusieurs autres données, à commencer par la différence de salaires de 9 % entre hommes et femmes « à travail égal, en prenant en compte les tranches d’âges, le contrat, le temps, le secteur d’activité et la taille de l’entreprise ». Enfin, selon les chiffres les plus récents de l’Institut national de la statistique et des études économioques (Insee), qui remontent à 2015, toutes catégories confondues, « les salaires des femmes sont inférieurs de 23,7 % à ceux des hommes. En d’autres termes, les hommes perçoivent 31,1 % de plus que les femmes », écrit la newsletter.

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                Après le 3 novembre, les Européennes travailleront... pour rien



Sanctions possibles à l’avenir
Une situation qui pourrait changer peu à peu. Des sanctions possibles à l’avenir sont évoquées par le gouvernement pour pénaliser les sociétés où les écarts seraient flagrants.
Les entreprises de plus de cinquante salariés où des inégalités salariales entre femmes et hommes auront été mesurées auront « trois ans » pour remédier à la situation, faute de quoi elles pourraient encourir une « sanction » équivalente à « 1 % du chiffre d’affaires », a annoncé, le 23 octobre, la ministre du travail, Muriel Pénicaud. L’égalité salariale femmes-hommes, « l’un des quatre volets importants » de la loi sur l’avenir professionnel votée cet été, constitue « une ambition très forte » qui, « grâce à la loi », est « devenue un objectif », a dit la ministre.
Rebecca Amsellem plaide pour l’allongement du congé paternité, à égalité avec le congé maternité, afin d’équilibrer les interruptions de carrières pour les parents des deux sexes, car les écarts se creusent au moment de la naissance du premier enfant, relève-t-elle. La militante appelle aussi à une transparence obligatoire des salaires dans l’entreprise, s’appuyant sur les exemples des pays qui ont mis en place cette pratique et au sein desquels les inégalités s’amenuisent.
L’Islande est exemplaire en matière de parité. Le 1er janvier, elle a été le premier pays à légiférer contre les différences de salaires entre les femmes et les hommes.

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                L’Islande, championne de l’égalité hommes-femmes






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Une liaison entre Calais et Turin devait être inaugurée mardi. Il s’agit de la quatrième en France.
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Une nouvelle autoroute ferroviaire sur les rails

Une liaison entre Calais et Turin devait être inaugurée mardi. Il s’agit de la quatrième en France.



LE MONDE ECONOMIE
 |    06.11.2018 à 11h32
    |

                            Éric Béziat








                        



                                


                            

Elle reste modeste mais c’est incontestablement une nouvelle étape dans le mouvement de décarbonation de la France. Mardi 6 novembre, Elisabeth Borne, la ministre des transports, Guillaume Pepy, président de la SNCF, et Thierry Le Guilloux, président de Viia, opérateur de fret, filiale de la Société nationale des chemins de fer, devaient inaugurer une nouvelle autoroute ferroviaire, la quatrième lancée en France, et l’une des plus longues puisqu’elle doit relier sur 1 150 kilomètres Calais dans le nord de la France à Turin en Italie.

Qu’est-ce qu’une autoroute ferroviaire ? Le terme est un peu trompeur car il ne s’agit pas d’une infrastructure ferrée mais plutôt d’un service de transport, consistant, pour une destination donnée, à mettre des semi-remorque sur des wagons spéciaux afin de les faire voyager sur longue distance hors des autoroutes françaises et européennes désormais saturées de poids lourds.
La société Viia détenue par SNCF Mobilités, spécialisée dans cette niche du transport ferroviaire de marchandises, proposera aux transporteurs de faire circuler leurs remorques en train entre le port de Calais et le terminal d’Orbassano dans la banlieue de la capitale piémontaise. Les engins sont montés sur des wagons conçus par la société alsacienne Lohr Industrie qui permettent d’embarquer n’importe quelle remorque de 30 tonnes.
Investissements nécessaires
« C’est la particularité de notre service : nos clients n’ont pas besoin de semi-remorques coûteuses spécialement adaptées pour prendre le train, explique M. Le Guilloux. Le chargement se fait à l’horizontale, en faisant rouler les véhicules, et non à la verticale, à l’aide d’une grue, comme traditionnellement. » Pour la nouvelle autoroute ferroviaire Calais-Turin, Viia a investi 40 millions d’euros dans 110 wagons Lohr flambant neufs.
Trois autoroutes ferroviaires existent déjà en France. La première a vu le jour en 2003 entre Chambéry et Turin afin...




                        

                        


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La Namibie en passe de sortir de la liste noire européenne des paradis fiscaux

La liste des Etats non coopératifs en matière de lutte contre la fraude et l’évasion fiscale ne comptera plus alors que cinq noms.



LE MONDE
 |    06.11.2018 à 11h31
 • Mis à jour le
06.11.2018 à 12h42
    |

            Anne Michel








                        



                                


                            

La Namibie devrait sortir de la liste noire européenne des paradis fiscaux, mardi 6 novembre, à l’issue d’une réunion des ministres des finances de l’Union européenne (UE), selon les informations du Monde. Le conseil Ecofin devait, en effet, entériner le retrait de ce pays du sud-ouest de l’Afrique de la liste des Etats jugés non coopératifs en matière de lutte contre la fraude et l’évasion fiscale, après des engagements à réformer sa loi et ses pratiques pris par Windhoek.
Seuls cinq pays resteront donc fichés pour n’avoir pris aucun engagement à ce jour : Samoa, les îles Samoa américaines, les îles vierges américaines, l’île de Guam et Trinité-et-Tobago. Ces territoires, estime l’Europe, ne respectent aucun des critères de bonne gouvernance fiscale fixés par l’Union européenne : appliquer les standards d’échange automatique de renseignements financiers établis par l’Organisation de coopération et de développement économiques (comptes bancaires ouverts par des non-résidents, parts de sociétés, etc.) ; s’engager à mettre en place les lignes directrices de lutte contre les pratiques d’évasion fiscale des multinationales ; et éviter de favoriser l’implantation de sociétés offshore.

Une arme dissuasive puissante
Mise en place à l’initiative de la Commission européenne après une succession de scandales de fraude et d’évasion fiscale – dont les « Paradise papers » parus le 5 novembre 2017 –, la liste noire européenne des paradis fiscaux a vocation à faire rentrer dans le rang de la coopération les centres financiers offshore. Elle constitue de fait une arme dissuasive puissante, puisque aucun des pays fichés ne peut plus recevoir de fonds venant des institutions européennes. Le fichage nuit, par ailleurs, aussi à la réputation, donc pèse sur les flux économiques.
Cette liste, qui comprenait initialement dix-sept pays, n’a cessé de se réduire depuis sa publication, le 5 décembre 2017, à mesure que les pays s’engageaient à coopérer....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Brexit, baisse du marché automobile, guerre commerciale… L’alignement des planètes qui avait conduit à une météo très favorable pour l’Europe est en train de se défaire, explique dans sa chronique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
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« La fermeture de l’usine Michelin de Dundee est un signe de plus que l’Europe va affronter un hiver rude »

Brexit, baisse du marché automobile, guerre commerciale… L’alignement des planètes qui avait conduit à une météo très favorable pour l’Europe est en train de se défaire, explique dans sa chronique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    06.11.2018 à 10h50
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Pertes & Profits. Dundee a vu passer les cycles économiques comme les nuages dans le ciel d’Ecosse, toujours en mouvement. La troisième ville du pays, derrière Edimbourg et Glasgow, a connu la prospérité, du temps des baleiniers, du jute et des grandes manufactures, le déclin et le renouveau. Elle n’échappe pas aujourd’hui à la nouvelle lame de fond de désindustrialisation qui touche tout le Royaume-Uni.
L’une de ses principales usines va fermer. Le fabricant français de pneumatiques Michelin a annoncé l’arrêt de son site, qui emploie 845 personnes. Tout le personnel politique local et national monte au créneau. La première ministre, Nicola Sturgeon, qui s’était rendue sur place il y a un an, se déclare « dévastée » par cette annonce et promet des aides. Les syndicats hurlent à la trahison.
Il est vrai que la nouvelle prend tout le monde de court. Michelin avait investi 70 millions d’euros pour moderniser l’usine et garantir sa pérennité pour les dix à quinze prochaines années. Mais en septembre, le directeur de l’usine, John Reid, avait reconnu dans les colonnes du journal local, The Courier, que des adaptations seraient nécessaires, voire des suppressions de postes, pour pallier la baisse des commandes. La solution a été nettement plus radicale.
Car la tempête qui se lève aujourd’hui n’a rien d’une petite brise de printemps. Soudain, l’alignement des planètes qui avait conduit à une météo très favorable pour l’économie européenne est en train de se défaire. Tous les éléments convergent désormais pour nous promettre un hiver rude.
Le Brexit est évidemment le premier sur la liste. Au fur et à mesure que l’échéance d’une sortie du Royaume-Uni se précise, les industriels réfléchissent avant d’investir.
Le piège chinois se referme
D’autant que le marché automobile britannique s’effondre : 9,3 % de baisse en septembre, 2,9 % en octobre. Un phénomène qui commence à toucher l’Europe, à la faveur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Sous la houlette du Medef International, les entreprises impliquées dans la chaîne de valeur du développement urbain promeuvent une vision française de la ville. Elles sont appelées de plus en plus à développer une approche holistique.
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« Chaque fois que les inégalités ont été trop fortes à l’intérieur des villes, l’affaire s’est mal terminée »

Sous la houlette du Medef International, les entreprises impliquées dans la chaîne de valeur du développement urbain promeuvent une vision française de la ville. Elles sont appelées de plus en plus à développer une approche holistique.



LE MONDE
 |    06.11.2018 à 10h40
    |

                            Francis Pisani








                        



   


La Task force ville durable du Mouvement des entreprises de France (Medef) International a été créée il y a quatre ans pour rassembler les entreprises françaises qui travaillent sur la ville dans tous les domaines. Elle compte aujourd’hui 550 entreprises de toutes tailles : Veolia, Suez, Engie, EDF, Alstom, SNCF pour ne citer qu’elles, mais aussi des PME et une quarantaine de start-up. Son président, Gérard Wolf, répond à nos questions.
Défendre une vision française de la ville a-t-il un sens ? Une vision européenne ne serait-elle pas plus perceptible à Lagos ou Bombay ?
D’un point de vue technologique, il existe des entreprises allemandes, italiennes, espagnoles, très performantes. Notre différence vient de notre présence sur toute la chaîne de valeur. A l’issue de la deuxième guerre mondiale nous avons dû tout reconstruire et moderniser un pays qui sortait d’une ruralité totale. C’est de cette double exigence que sont nées des entreprises comme EDF, l’ancienne Générale des eaux, Suez, Veolia, etc.
A cela s’ajoute un mode de gestion spécifique des infrastructures urbaines, qui concerne tous les sujets urbains. La notion de délégation de service public est née en France. Tout comme les partenariats publics privés qui s’invitent de plus en plus à la table un peu partout dans les pays émergents.
Ces deux caractéristiques font qu’il y a bien une spécificité française et que nous sommes les seuls à pouvoir proposer une offre globale. J’ajoute que beaucoup d’entreprises françaises sont européennes. Nous contribuons donc aussi au développement d’une vision européenne et c’est une bonne chose.
Séduisante, cette offre est-elle vraiment suffisante ?
Tous les élus locaux des pays dans lesquels nous travaillons nous disent rencontrer des difficultés sur deux choses : trouver les financements et former les hommes. La Task force ville durable du Medef va chercher des financements auprès d’organismes internationaux ou de fonds privés. Nous n’avons évidemment pas la même force de frappe que les banques asiatiques. Mais on ne laisse pas le maire ou le décideur se débrouiller seul.
Quelle est la place de la formation dans votre offre ?
Pour ce qui est des infrastructures (transports, assainissement, énergie) former les opérateurs étrangers fait partie de notre travail et de l’ADN des entreprises françaises, y compris des PME. Ainsi, par exemple, Derichebourg, groupe spécialisé dans le traitement et la valorisation des déchets, n’a pratiquement aucun expatrié au Maroc ou au Canada où il est implanté. Il forme Canadiens et Marocains soit sur place, soit dans ses propres installations en France.
Par contre, nous ne savons pas former les équipes locales de gouvernance. Nous ne pouvons, au demeurant, être des deux côtés de l’appel d’offres. Mais nous avons de plus en plus de partenariats avec des élus locaux français qui discutent avec leurs homologues étrangers, des formations qu’ils peuvent mettre en place ensemble. Des financements multilatéraux existent et ne demandent qu’à être utilisés, pourvu que les maires se comprennent entre eux. Cela porte déjà ses fruits.
Qu’entendez-vous par « ville durable » ?
« Ville durable » ne veut rien dire. Une ville n’est pas, en soi, plus durable, qu’intelligente ou tous les qualitatifs qu’on lui attribue selon la langue que l’on parle ou l’intérêt que l’on porte.
« Durable » signifie trois choses pour nos entreprises. Déjà, il s’agit de la durabilité technique des infrastructures. Quand nous créons une ligne de télécabine pour monter dans une favela en Amérique latine ou une station d’épuration en Afrique nous ne les créons pas pour cinq ans seulement. Un des gros problèmes dans les pays africains est l’obsolescence de l’entretien, plus que des matériaux. 
Le deuxième sens de la durabilité concerne les solutions respectueuses de l’environnement et de l’accord de Paris. Mettre en place de la mobilité douce, développer des énergies renouvelables par exemple.
Enfin, la durabilité s’applique à la ville elle-même et concerne son « inclusivité », sa capacité à faire se rencontrer les gens logés dans des tours de 40 étages avec piscine, avec ceux qui vivent à 10 pâtés de maisons, dans un habitat informel, avec sols en terre battue et assainissement sommaire.
« 10 pâtés de maisons »… vous êtes optimiste.
En réalité, la distance est souvent moins grande qu’on ne l’imagine. L’habitat informel fait partie de l’équation à résoudre et ne peut, ni ne doit, être laissé de côté. C’est pour ça, par exemple, que Schneider Electric installe des solutions à bas coûts d’accès à l’énergie, dans des slums (« bidonvilles ») un peu partout.
Cette troisième notion de « ville durable » revêt une dimension politique (au sens noble). Elle s’inscrit aussi dans la logique de « Save the Planet ». Chaque fois que les inégalités ont été trop fortes dans les villes – la plupart du temps entre quartiers à haut revenus et quartiers pauvres ou informels –, les tensions ont amené des troubles graves, voire des émeutes. Nous n’en sommes pas loin.
Combien de personnes dans le monde vivent-elles dans des bidonvilles ?
On parle de 1,6 milliard, pour faire propre, ou de 2,5 milliards, pour interpeller. Selon l’ONU-Habitat, leur nombre se situe autour de 2 milliards.
Sur un total de 7,5 milliards d’humains…
Exact. Et sur ces 7,5 milliards d’humains, 55 % sont urbanisés aujourd’hui. Ce qui signifie que plus de 40 % de la population urbaine vit dans des conditions inacceptables. C’est particulièrement le cas en Afrique. En 2050, nous serons 9,2 milliards d’urbains, et à 70 % urbanisés.
Que pouvez-vous faire concrètement aujourd’hui en faveur de ces immenses espaces d’habitat informel ?
La Task force (« groupe de travail ») n’est pas spécialisée dans ce domaine. Mais, la première des choses à faire est de convaincre toutes les parties prenantes que ce sont des zones de développement comme d’autres. Elles appartiennent à l’économie de marché et ne peuvent être traitées uniquement par des ONG. Le travail de ces dernières est précieux mais non suffisant.
En 2017, lors d’une visite à Abidjan, en Côte d’Ivoire, Dominique Carlac’h, ancienne sportive de haut niveau et vice-présidente de la Task force, a emmené une trentaine de chefs d’entreprise français visiter une école de judo installée dans un bidonville. Tout Abidjan l’a su. Cela faisait clairement passer le message que ce n’est pas une zone de non-droit ou une zone de non-économie.
La Task force contribue-t-elle à donner une vision holistique de la ville aux entreprises françaises, dont on dit parfois qu’elles en manquent ?
La France n’a pas beaucoup changé depuis la description donnée par le meilleur historien de notre pays, qui est Goscinny. Il y a une vieille tendance à se taper sur la gueule en hurlant « mon poisson (ou mon infrastructure) est meilleur que le tien ». Néanmoins lorsqu’on les appelle « à manger un sanglier ensemble » et qu’on propose de lutter, hors du village, contre la vraie menace – celle d’un monde sur le point d’exploser – cela change tout. Il faut juste le rappeler de temps en temps.
Beaucoup d’entreprises commencent à se dire qu’elles sont plus crédibles si elles s’intègrent à un mouvement commun. Nous créons aussi souvent que possible des clubs locaux de la ville durable. En Inde, un groupe composé de 40 personnes au départ est vite passé à 80. Et maintenant ils chassent en meute, les plus gros avec les plus petits.
Une chose est sûre, les maires, un peu partout dans le monde, ne veulent plus d’entreprises qui travaillent sur un seul projet (métro ou station d’épuration par exemple). Ils veulent une approche globale. C’est à nous d’adapter notre offre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ L’activité manufacturière s’est essoufflée en octobre dans la région. Toutefois, la Malaisie, le Vietnam et le Bangladesh pourraient profiter du contexte.
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L’Asie s’inquiète du coût de la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis

L’activité manufacturière s’est essoufflée en octobre dans la région. Toutefois, la Malaisie, le Vietnam et le Bangladesh pourraient profiter du contexte.



LE MONDE ECONOMIE
 |    06.11.2018 à 10h40
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

Perdants ou gagnants ? Alors que le duel commercial entre Washington et Pékin ne semble pas près de faiblir, les pays d’Asie tentent d’en jauger les répercussions sur leur économie. Jusqu’ici, la montée des tensions a globalement épargné une région pourtant très orientée vers l’export et intégrée autour de la Chine. Mais le vent pourrait être en train de tourner.
Fin octobre, la publication d’une série d’indices PMI a révélé l’essoufflement de l’activité manufacturière à Taïwan, en Malaisie ou en Thaïlande. En Corée du Sud, la confiance des entreprises est tombée à son plus bas niveau depuis deux ans, selon une enquête de la banque centrale. Comme pour la plupart des pays de la région, la Chine est le premier partenaire commercial de Séoul, dont elle absorbe un quart des exportations.
Depuis plusieurs mois, Washington et Pékin s’affrontent à coups de droits de douanes punitifs sur des centaines de milliards de dollars de marchandises. Or les biens made in China comprennent de nombreux composants intermédiaires importés de pays voisins. Une chute des exportations chinoises vers les Etats-Unis aurait inévitablement des effets sur ces fournisseurs asiatiques.

« Il y a un prix à payer »
Parmi les plus vulnérables figurent Taïwan, dont près de la moitié des exportations est destinée à la Chine, mais aussi Singapour ou la Malaisie. « La guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine nous est nuisible, a reconnu le premier ministre malaisien, Maha­thir Mohamad, dans un récent entretien accordé à la presse locale. Il y a un prix à payer. »
Le risque est aussi de voir l’économie chinoise ralentir encore plus brusquement sous l’effet des crispations. Ainsi au troisième trimestre, elle a connu sa plus faible progression depuis 2009. Un coup de frein susceptible de couper l’appétit de la Chine pour tout un éventail de produits et services : du cuivre du Laos à l’électronique vietnamienne, en passant par les voyages...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ A l’Exposition internationale d’importation de Shanghaï, le président Xi Jinping a annoncé 30 000 milliards de dollars d’importations de biens dans les quinze ans à venir.
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La Chine peine à convaincre l’Occident de son ouverture

A l’Exposition internationale d’importation de Shanghaï, le président Xi Jinping a annoncé 30 000 milliards de dollars d’importations de biens dans les quinze ans à venir.



LE MONDE ECONOMIE
 |    06.11.2018 à 10h31
    |

            Frédéric Lemaître (Pékin, correspondant)








                        



                                


                            

Avec 150 000 visiteurs attendus et pas moins de 3 000 entreprises venues de 170 pays, la première Exposition internationale d’importation, organisée à Shanghaï du lundi 5 au samedi 10 novembre, est censée marquer le symbole d’une Chine non seulement conquérante, mais généreuse. Une Chine dont le développement profite au monde entier. Une Chine qui sait accueillir et remercier ses nombreux amis, chéquiers ouverts.
Lundi, dans son discours inaugural, le président Xi Jinping a d’ailleurs dévoilé le montant du chèque à venir. « Dans les quinze prochaines années, les importations chinoises de biens et de services devraient dépasser respectivement 30 000 milliards et 10 000 milliards de dollars [26 300 milliards et 8 768 milliards d’euros] », a-t-il affirmé, en vantant à la fois l’ouverture passée et à venir de la Chine.
Mais le président, également secrétaire général du Parti communiste chinois a dû le reconnaître : l’heure n’est pas à la fête. « L’économie chinoise n’est pas un étang, mais un océan. L’océan peut avoir ses jours calmes, mais on peut aussi s’attendre à ce qu’il y ait des grands vents et des tempêtes. Sans eux, l’océan ne serait pas ce qu’il est. » Un aveu de taille dans la bouche du successeur du Grand Timonier.
Forte baisse des marchés boursiers
Jusqu’à ces dernières semaines, le message des autorités se voulait rassurant. La guerre commerciale que les Etats-Unis mènent depuis quelques mois contre Pékin n’avait pas d’effet sur l’économie chinoise. Mais, semaine après semaine, les nuages s’accumulent. Rien de tragique, mais, au troisième trimestre, la croissance n’a été que 6,5 % en rythme annuel, la moins bonne performance depuis neuf ans. L’indicateur des services, publié lundi, montre que ce secteur a connu en octobre sa croissance la plus faible depuis treize mois. Et, si le gouvernement se félicite des 11 millions d’emplois créés dans les zones urbaines durant les trois premiers trimestres, il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Bruxelles pourrait recommander l’ouverture d’une procédure « pour dette excessive ».
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Budget italien : les dix-huit autres pays de la zone euro font bloc derrière la Commission

Bruxelles pourrait recommander l’ouverture d’une procédure « pour dette excessive ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    06.11.2018 à 10h12
 • Mis à jour le
06.11.2018 à 10h14
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Après le rejet du budget transalpin pour 2019 par la Commission européenne, la première confrontation entre Giovanni Tria, le ministre des finances italien, et ses dix-huit homologues de l’eurozone a eu lieu, lundi 5 novembre. Ni déclarations tonitruantes ni chaussures made in Italy écrasant les piles de dossiers de Pierre Moscovici, comme cela avait été le cas quand le commissaire à l’économie avait rendu publique sa demande d’un budget révisé fin octobre. Ce n’est pas le genre de l’Eurogroupe, un club informel à l’ambiance le plus souvent très feutrée.

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Surtout, à plus de six mois du scrutin des élections européennes, aucun des dix-huit ministres présents ne souhaitait rajouter de l’huile sur le feu face à un gouvernement populiste (les antisystèmes du Mouvement 5 étoiles et l’extrême droite de la Ligue) qui cherche ouvertement la confrontation avec Bruxelles. Tous préfèrent, pour l’instant, laisser la Commission en première ligne.

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Pour autant, ils ont approuvé sans ambiguïté la ligne ferme de l’institution et ont réclamé que Rome revoie sa copie. « Nous espérons que l’Italie va travailler en étroite collaboration avec la Commission dans la préparation d’un budget révisé en ligne avec le pacte de stabilité et de croissance », précise une déclaration commune publiée lundi soir.
Un premier rendez-vous, le 8 novembre
S’il est resté lui aussi très urbain, M. Tria a défendu la ligne gouvernementale. Il a certes assuré, en réunion, qu’il ne contestait pas les règles du pacte de stabilité et de croissance, mais a expliqué que la déviation du budget italien était « nécessaire ». Cet homme est considéré comme un modéré par ses pairs, mais tous ont compris, ces dernières semaines, que sa voix pesait peu au sein du gouvernement de Giuseppe Conte. Ne plaidait-il pas, en septembre, pour un déficit 2019 limité à 1,6 % du produit intérieur brut (PIB) italien, alors qu’il devrait atteindre 2,4 %, trois fois plus que les engagements pris par Rome en juillet ?
Le feuilleton de l’épreuve de force entre Bruxelles et Rome promet en tout cas de durer. Luigi Di Maio, le leader du Mouvement 5 étoiles a prévenu, dès lundi matin, dans un entretien accordé au Financial Times que le budget 2019 (et surtout son déficit) « ne va pas changer ».

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Un premier rendez-vous, le 8 novembre, pourrait donner de nouveaux arguments à la Commission. Ce jour-là, elle publiera ses « prévisions économiques d’automne », avec, pour tous les pays de la zone euro, les perspectives de croissance et de déficits pour 2019, 2020 et 2021. Si les chiffres de l’institution confirment un ralentissement économique en Italie, ils invalideront l’hypothèse d’une croissance de 1,5 % du PIB, sur laquelle le gouvernement Conte a fondé son budget prévisionnel.
Risque politique
Une fois passée la date butoir du 13 novembre pour envoyer le budget révisé, la Commission n’aura pas d’autre choix que de recommander l’ouverture d’une procédure « pour dette excessive », impliquant une surveillance très rapprochée du pays, avec des objectifs de réduction de la dette contraignants, et des sanctions à la clé en cas de non-respect. Là encore, il s’agirait d’un précédent : aucune procédure de ce genre n’a encore été engagée à l’égard d’un membre de la zone euro.

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L’institution recommandera t-elle cette procédure aux Etats membres dès le 21 novembre, date à laquelle elle devrait publier ses « opinions » définitives sur les budgets 2019 de tous les pays de l’Eurozone ? Ou se contentera-t-elle d’alerter, dans un rapport, sur le caractère excessif de la dette italienne, repoussant sa « recommandation » de quelques jours ou semaines ?
La Commission est en tout cas consciente du risque politique qu’elle prend, face à un gouvernement très populaire défendant un « budget du peuple ». Elle espère donc prêter le moins possible le flanc à la critique, en suivant scrupuleusement les procédures. « Nous ne voulons pas brûler les étapes et sauter aux conclusions, a précisé M. Moscovici, lundi soir. Mon état d’esprit n’est ni la punition ni les sanctions. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Analyse. Les limites juridiques et politiques de ce dispositif introduit par l’UEFA en 2011 sont au cœur des récentes révélations, explique le journaliste du « Monde », Rémi Dupré.
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Après les « Football Leaks », le fair-play financier en question

Analyse. Les limites juridiques et politiques de ce dispositif introduit par l’UEFA en 2011 sont au cœur des récentes révélations, explique le journaliste du « Monde », Rémi Dupré.



LE MONDE
 |    06.11.2018 à 09h10
 • Mis à jour le
06.11.2018 à 09h57
    |

            Rémi Dupré








                        



                                


                            
Analyse. « Il faut sauver le football. » C’est en ces termes alarmistes que Michel Platini justifiait, en janvier 2012, dans un entretien au Monde, la mise en place du fair-play financier, la réforme phare de son mandat à la tête de l’Union des associations européennes de football (UEFA). En apparence, le principe de ce mécanisme régulateur était simple : empêcher les clubs du Vieux Continent de dépenser plus qu’ils ne gagnent, sous peine de sanctions.
A l’époque, le président de l’UEFA soulignait les dettes (8,4 milliards d’euros) et déficits abyssaux (1,6 milliard de pertes) cumulés par les équipes européennes pour convaincre du bien-fondé de sa démarche. « Je ne peux pas laisser le foot européen courir à la faillite. Nous serons l’agence de notation des clubs, expliquait alors l’ex-numéro 10 des Bleus. Le but est de les aider, pas de les enfoncer. »
Sur le plan financier, l’objectif de l’UEFA a été globalement atteint (600 millions d’euros de bénéfices enregistrés par les clubs en 2017), grâce à l’obligation faite aux équipes de ne pas franchir la barre des 30 millions d’euros de déficit sur trois ans. Une trentaine de formations ont d’ailleurs été sanctionnées depuis 2012.
Mais le fair-play financier n’a ni permis d’éviter la concentration des richesses ni contribué à réduire les écarts de revenus entre les équipes. Pas plus qu’il n’a servi à enrayer la spirale inflationniste sur le marché des transferts, comme en atteste le recrutement record (222 millions d’euros) du Brésilien Neymar par le Paris-Saint-Germain, en août 2017. Et il est aujourd’hui remis en question par les « Football Leaks », cette série d’enquêtes réalisées à partir de « plus de 70 millions de documents » par le consortium European Investigative Collaborations (ECI), dont fait partie Mediapart.
Accord à l’amiable
Le 2 novembre, le site d’investigation a révélé que le Qatar, propriétaire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ En une décennie, les ESC ont changé leurs noms pour devenir Skema, Kedge, Neoma ou Y Schools… Une politique qui vise à attirer les étudiants français et étrangers.
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Les écoles de commerce soignent leur image de marque

En une décennie, les ESC ont changé leurs noms pour devenir Skema, Kedge, Neoma ou Y Schools… Une politique qui vise à attirer les étudiants français et étrangers.



LE MONDE
 |    06.11.2018 à 08h15
 • Mis à jour le
06.11.2018 à 18h48
    |

Sylvie Lecherbonnier







                        


Le sigle ESC est en passe d’entrer dans les livres d’histoire. Depuis dix ans, les unes après les autres, les écoles de management ont changé de nom. Derniers en date : les groupes Sup de Co La Rochelle et ESC Troyes, qui ont révélé leur nouvelle identité en octobre. Le premier devient Excelia Group, le second Y Schools. « Avec “Sup de Co”, nous étions les derniers des Mohicans à utiliser ce terme très marqué “années 1980”, confie Bruno Neil, le directeur général d’Excelia Group. Or, nous avons des formations dans le tourisme ou dans le numérique, à côté de l’école de commerce. La Rochelle Business School, qui garde son identité mais avec le logo Excelia Group, ne représente aujourd’hui que 70 % de nos activités. »
« La marque ne fait pas tout, mais elle véhicule l’image globale de l’école, notamment à l’international. » Jean Coulon, directeur du pôle « naming » de l’agence Nomen
Même constat du côté de Troyes. « Groupe ESC Troyes ne correspond plus à ce que nous sommes », affirme Francis Bécard, le directeur général de Y Schools, qui comprend une école de management, de tourisme, de design… L’école de management avait changé de nom un an auparavant pour devenir South Champagne Business School (SCBS), en écho au terroir voisin du Champagne, mondialement connu ; celle de Dijon, en Bourgogne, s’était, elle, rebaptisée Burgundy School of Business (BSB). « Il fallait montrer que nous étions ­ancrés sur notre territoire mais aussi tournés vers l’international », justifie Francis Bécard.
Si Audencia fait figure de précurseur en abandonnant le sigle ESC dès le début des années 2000, le mouvement s’est intensifié depuis 2009 avec Skema Business School. Issu de la fusion entre l’ESC Lille et le Ceram, l’établissement était ­contraint de changer de nom. « Les écoles avaient 120 ans d’existence. Il ne fallait pas se rater », se rappelle Alice Guilhon, la directrice générale.

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La business school se fait ­accompagner par l’agence Nomen, leader de la création de marques (Areva, Enedis, Engie…). Elle teste près de 40 noms, les prononce dans toutes les langues pour ne pas commettre d’impair ou tomber sur un jeu de mots délétère. Skema, pour School of Knowledge and Management(« école de savoir et de gestion ») finit par sortir.
 « Un label sur le CV »
Neuf ans plus tard, Alice Guilhon note le pouvoir de la marque : « C’est un label que les alumni auront à vie sur leur CV. Ils doivent en être fiers ». Le marché de l’éducation, souligne-t-elle, est mondial : « D’un côté, les Français peuvent hésiter entre l’une de nos écoles et l’Instituto de Empresa à Madrid ou HEC Montréal. De l’autre, nos formations accueillent de plus en plus d’étrangers. C’est encore plus frappant quand on regarde les perspectives d’emploi des diplômés. »
En dix ans, toutes les écoles de commerce ont d’ailleurs ajouté ­« business school » ou « school of ­business » à leur nom pour mettre en avant ce changement d’échelle. « La marque ne fait pas tout, mais elle véhicule l’image globale de l’école. Avec ce besoin d’internationalisation, les établissements s’en servent pour se différencier », décrypte Jean Coulon, directeur du pôle « naming » de l’agence Nomen.

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Nécessaire pour conquérir l’étranger, cette stratégie de marque s’avère aussi pertinente en France. Même quand elles restent focalisées sur le management, les écoles de commerce ont, à côté du programme classique, un « portefeuille de formations » qui propose des Bachelors, MBA, mastères spécialisés ou formations continues. Elles s’adressent à des publics qui vont du lycéen au cadre expérimenté. La marque doit apporter de la cohérence.
« Nous avons attendu le bon timing : l’école changeait de statut, venait de recevoir l’accréditation Equis. Le changement de marque alimentait cette dynamique. » Stéphan Bourcieu, directeur de Burgundy School of Business
Les élèves de prépa, surtout intéressés par les classements et les ­accréditations, commencent aussi à y être sensibles. « Il y a encore dix ans, les étudiants ne voyaient pas bien ce qui différenciait une ESC d’une autre. Ils choisissaient autant la ville que l’école. Les nouveaux noms nous permettent de mettre en avant une identité spécifique », analyse Delphine Manceau, directrice de Neoma Business School, issue pour sa part de la fusion, en 2013, des anciennes ESC de Reims et de Rouen.
Stéphan Bourcieu, directeur de Burgundy Business School, en a fait l’expérience. Obao, Impulse… quand son établissement a voulu moderniser son identité en 2016, les propositions de l’agence sollicitée ont été audacieuses. L’école a joué la prudence en prenant le nom qu’elle utilisait à l’international depuis 2002. « Nous vivions dans une schizophrénie, raconte Stéphan Bourcieu. Gérer deux noms, l’un en France, l’autre à l’international, devenait impossible. Nous avons attendu le bon timing : l’école changeait de statut, venait de recevoir l’accréditation européenne Equis et de se doter d’un campus ­rénové. Le changement de marque alimentait cette dynamique. » 

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Dynamique qui s’illustre depuis dans le classement du système d’intégration aux grandes écoles de management (Sigem), baromètre de l’attractivité des écoles auprès des élèves de prépa. BSB y a gagné une place en 2018 et entre dans le « top 15 ». Stéphan Bourcieu reconnaît que cette politique de différenciation est plus difficile à mettre en œuvre dans l’Hexagone : « Si on mise beaucoup sur laSchool of Wine and Spirit Business [la filiale vin et alcool de BSB], on ne veut pas être réduit à ce seul secteur en France. Nous souhaitons garder une image généraliste. »

   


Les stratégies de marque vont ­au-delà du nom de l’école. Les business schools déclinent leur identité en « baseline » qui sont autant de promesses. L’EM Lyon accole ainsi le slogan « early makers » à toute sa communication. « Makers report », « makers world », « makers factory »… Le message est décliné sur les réseaux sociaux. « Nous avons ­défini une ligne éditoriale pour illustrer l’évolution de notre stratégie », confie Nathalie Hector, la directrice du programme grande école de l’ex-ESC Lyon. Dès le concours d’entrée, un discours d’une vingtaine de ­minutes explique aux admissibles ce qu’est un « early maker », « capable de prendre en main son destin, d’être acteur et entrepreneur de son existence » égrène le site de l’école.
Marketing et numérique
« Derrière une stratégie de marque, il faut du sens, pointe Nathalie Hector. Je démontre aux étudiants que les ruptures numériques que connaît la société demandent des manageurs adaptables et créatifs, des entrepreneurs découvreurs de tendances et que c’est eux que nous voulons former. » L’EM Lyon martèle ce message au moment des entretiens de motivation, et pendant le cursus.
Aujourd’hui, la bataille de la marque se livre sur les réseaux sociaux. Thomas Froehlicher en a bien conscience. Après avoir dirigé l’ICN à Nancy, HEC Liège et Kedge, il est à la tête de Rennes School of Business depuis janvier. Parmi ses premières actions : créer une direction du marketing et du numérique. « Il nous faut une marque identifiable en un coup d’œil, pour capter les étudiants dès les réseaux sociaux et nouer le contact avec eux, estime le doyen. Le numérique, c’est le Graal. »

Des suppléments et un salon du « Monde », les 10 et 11 novembre, pour choisir sa grande école
La 13e édition du Salon des grandes écoles (SaGE) aura lieu samedi 10 et dimanche 11 novembre à Paris, aux Docks, Cité de la mode et du design (13e arrondissement), de 10 heures à 18 heures. Il sera précédé de la publication de nos suppléments dédiés aux écoles d’ingénieurs (dans Le Monde daté du mercredi 7 novembre et en ligne en suivant ce lien ) et aux écoles de commerce (dans Le Monde daté du jeudi 8 novembre et sur Le Monde.fr Campus ici).
Plus de cent cinquante écoles de commerce et d’ingénieurs, IAE, IEP, écoles spécialisées, prépas y seront représentées, permettant d’échanger sur les différents programmes et leur accessibilité (post-bac, post-prépa ou après un bac +2, +3 ou +4). Lycéens, étudiants et parents pourront assister à des conférences thématiques animées par des journalistes du Monde Campus. Une équipe de vingt « coachs » sera à leur disposition pour les conseiller, les aider à définir leur projet d’orientation, préparer les concours, rédiger leur CV...
L’entrée du SaGE est gratuite, la préinscription en ligne est conseillée pour accéder plus rapidement au Salon. Liste des exposants et informations pratiques sont à retrouver sur le site Internet du SaGE.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Le premier loueur mondial acquiert l’un des grands acteurs de la location entre particuliers.
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Nautisme : Dream Yacht Charter reprend SamBoat, une start-up bordelaise

Le premier loueur mondial acquiert l’un des grands acteurs de la location entre particuliers.



LE MONDE ECONOMIE
 |    06.11.2018 à 08h00
    |

            Philippe Jacqué








                        



                                


                            

C’est un peu la fin de l’innocence pour le très jeune marché de la location de bateaux entre particuliers. Le premier loueur de la planète, Dream Yacht Charter, a annoncé, mardi 6 novembre, le rachat du bordelais SamBoat, l’un des deux principaux acteurs du secteur. Le coût de la transaction n’est pas évoqué, mais l’achat se fait à la fois en espèces et par le biais d’un échange d’actions.
Alors que ce marché n’a que trois ans d’existence, une seule plate-forme « indépendante » subsiste, le parisien Click&Boat. Avec celui-ci, SamBoat règne en effet sur un secteur évalué à quelques dizaines de millions d’euros.

« Nous étions en train de chercher à lever de l’argent pour poursuivre notre développement, quand Loïc Bonnet, le patron français de Dream Yacht Charter [installé à Bruxelles], nous a proposé une autre voie : nous intégrer », explique Laurent Calando, le cofondateur de SamBoat, qui compte, sur sa plate-forme, quelque 25 000 embarcations à la location.
« Nous n’entendons pas mettre un terme à leur offre, au contraire. SamBoat va devenir la plate-forme globale de Dream Yacht Charter, non seulement pour la location à la journée de bateaux, mais également pour l’ensemble de notre offre de location en propre… », explique Loïc Bonnet.
Dans le petit monde du nautisme, Dream Yacht Charter est l’une des belles réussites de ces dernières années. Fondée en 2001 aux Seychelles par M. Bonnet, alors dirigeant pour l’Europe de The Moorings, un loueur américain, la société est devenue, en une quinzaine d’années, le premier loueur mondial et, surtout, le premier client de l’industrie nautique. Elle achète entre 10 % et 20 % de la production annuelle des grands fabricants mondiaux, et notamment les français Beneteau, Fountaine Pajot, Catana, etc.
Avec près de mille bateaux au catalogue, Loïc Bonnet a surpassé son précédent employeur. Mieux, sa flotte de catamarans, voiliers et autres bateaux à moteurs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ L’économiste Dominique Plihon estime, dans une tribune au « Monde », que s’il existe un point commun entre l’époque actuelle et l’entre-deux-guerres comme l’a suggéré Emmanuel Macron, il réside dans l’échec de politiques libérales.
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« Comme dans les années 1930, la montée des populismes est une révolte électorale contre les politiques d’austérité »

L’économiste Dominique Plihon estime, dans une tribune au « Monde », que s’il existe un point commun entre l’époque actuelle et l’entre-deux-guerres comme l’a suggéré Emmanuel Macron, il réside dans l’échec de politiques libérales.



LE MONDE ECONOMIE
 |    06.11.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
06.11.2018 à 09h49
    |

                            Dominique Plihon (Economiste et professeur des universités)








                        



                                


                            
Tribune. Emmanuel Macron voit une ressemblance entre la période actuelle et celle « d’entre-deux-guerres », caractérisées par la montée des populismes « dans une Europe divisée par les peurs, le repli nationaliste, les conséquences de la crise économique ». Ce qui lui permet de se poser en rempart « progressiste » contre les populismes, dans la perspective des élections européennes.

Pour le président français, comme pour la majorité des historiens et des économistes, les grandes crises du capitalisme de 1929 et de 2007 seraient la cause de la « malédiction » des populismes. En réalité, il existe une autre interprétation de la montée des populismes. En effet, dans les années 1930, plusieurs pays, dont les Etats-Unis et la France, ont connu une forte dégradation de leur situation économique et sociale sans que cela se traduise par l’arrivée au pouvoir de forces politiques « populistes ». C’est le cas du New Deal de Roosevelt aux Etats-Unis (1933), souvent considéré comme la première expérience de social-démocratie, et du Front populaire en France (1936). Ces deux expériences politiques ont permis de faire face à la crise par des avancées sociales et démocratiques importantes.
L’arrivée au pouvoir d’Hitler par les urnes, en 1933, est souvent présentée comme résultant directement de la grande dépression des années 1930 et de ses conséquences économiques et sociales. Quatre chercheurs ont montré en décembre 2017 dans une étude pour le National Bureau of Economic Research que les succès électoraux du parti nazi trouvaient plutôt leur origine dans l’instauration d’une sévère politique d’austérité.

En effet, le chancelier Heinrich Brüning, nommé en 1930 pour lutter contre la crise, prend quatre décrets d’urgence, en l’absence de tout débat parlementaire, qui réduisent les salaires des fonctionnaires, les allocations-chômage, la couverture maladie, les retraites. Au total, les...




                        

                        


<article-nb="2018/11/06/19-20">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Spécialiste des enjeux de l’économie numérique, Asma Mhalla montre, dans une tribune au « Monde », le glissement progressif d’un Etat de droit à un Etat de surveillance attentatoire aux droits des citoyens.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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« L’Etat de droit mute doucement vers une forme ultra-sécuritaire »

Spécialiste des enjeux de l’économie numérique, Asma Mhalla montre, dans une tribune au « Monde », le glissement progressif d’un Etat de droit à un Etat de surveillance attentatoire aux droits des citoyens.



LE MONDE ECONOMIE
 |    06.11.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
06.11.2018 à 08h42
    |

Asma Mhalla (Maître de conférences à Sciences Po)







                        



                                


                            
Tribune. Le Conseil d’Etat a fini par valider, le 18 octobre, le décret permettant la création du fichier TES (Titres électroniques sécurisés) qui rassemble les données personnelles et biométriques de la quasi-totalité de la population française. Et ce, bien que les risques d’une telle base de données qui généralise la reconnaissance faciale et la surveillance de masse perdurent.
La même semaine, une étude produite conjointement par Cliqz et Ghostery, deux sociétés produisant des outils de protection des données personnelles, propose une analyse de premiers résultats – à interpréter avec beaucoup de précaution du reste – du règlement général sur la protection des données (RGPD) appliqué depuis le 25 mai. Face à la promesse initiale de protéger les données personnelles des citoyens européens, l’effet semblerait être particulièrement aberrant puisqu’il aurait au contraire renforcé la position hégémonique de Google sur ses marchés.
Au nom de quel principe l’Etat s’autorise-t-il ce qu’il interdit aux entreprises privées ? Ne serions-nous pas en train de basculer d’un Etat de droit vers un Etat de sécurité avec la bénédiction paradoxale du droit lui-même et sans que cela n’émeuve grand monde ? Ce signal a priori faible marque pourtant une étape symbolique forte quant à notre devenir démocratique.
Le péril démocratique est aggravé par les systèmes de prédiction algorithmique
Concept fondateur du droit public moderne, la fiction juridique qu’est l’Etat de droit traduit une certaine vision du pouvoir qui apparaît comme inhérente à la conception libérale de l’organisation politique : donnant à voir un pouvoir limité parce que régi par des règles, il implique que les gouvernants ne soient pas placés au-dessus des lois, mais exercent une fonction encadrée par le droit. La notion peut aussi se définir par opposition à l’Etat policier, caractérisé par le pouvoir discrétionnaire de l’administration.
Or, à y regarder de plus près, une...




                        

                        

