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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Le hors-série « L’Atlas des peuples » propose un voyage dans l’histoire à la recherche de la notion de peuple. Comment peut-on définir un peuple ?
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Hors-série « Le Monde »-« La Vie » : au nom du peuple

Le hors-série « L’Atlas des peuples » propose un voyage dans l’histoire à la recherche de la notion de peuple. Comment peut-on définir un peuple ?



LE MONDE
 |    06.11.2018 à 17h08
 • Mis à jour le
06.11.2018 à 18h08
    |

Chantal Cabé (« La Vie ») et Michel Lefebvre (« Le Monde »)







                        



   


L’empire romain avait pour devise « Le Sénat et le peuple romain » (SPQR) ; la justice est rendue « au nom du peuple français » ; l’idéologie du chancelier Hitler en 1933 se résume à « un peuple, un Etat, un chef » ; la chanson chilienne Le peuple uni ne sera jamais vaincu est devenue au fil du temps un symbole d’unité et de solidarité populaire pour les citoyens opprimés de tous pays ; l’Union soviétique est sans doute le seul Etat à avoir prétendu être « l’union fraternelle des peuples » ; et une « théologie du peuple » s’enracine dans la culture argentine et inspire le pape François.
Même si le « peuple » est à géométrie variable, il traverse les siècles. Peuples premiers, petit peuple de Rome, peuple de Paris, peuple invisible des Algonquins du Canada, peuple de gauche, élu ou des campagnes, etc. On pourrait multiplier les références à cette réalité immuable et inconditionnelle. Le « peuple » existe spontanément ; on en fait partie. Pour diverses raisons, mais c’est une évidence. Pour autant, selon quels critères le définir ?
L’Etat-nation reste-t-il un modèle ?
Par la langue pratiquée, le territoire occupé, la culture commune, les tabous et les mythes partagés ? La Révolution a-t-elle fondé le peuple français ? Depuis quand le peuple fait-il nation ? La Corée, est-ce deux Etats pour un seul peuple ? Revendiquer un territoire, est-ce possible au nom du peuple ? L’Etat-nation reste-t-il un modèle ? Comment faire face à la montée des populismes ? L’Amérique trumpiste fera-t-elle perdre son âme au peuple américain ? Quel avenir dessiner pour les peuples autochtones ? La mondialisation dissout-elle les peuples ? Face au repli des sociétés hantées par la peur des migrations, ne faut-il pas instaurer un principe universel d’hospitalité ?

Sommaire de « L’Atlas des peuples »
L’Atlas des peuples (6 000 ans d’histoire, 200 cartes) se compose de cinq grands chapitres.
1 De quoi parle-t-on ? la définition d’un peuple varie selon l’époque, le lieu, les disciplines… Cela n’empêche pas de s’interroger sur ce crée aujourd’hui le sentiment d’appartenance.
2 L’aube des peuples. Dès les temps préhistoriques, les groupes humains se sont différenciés par leur culture, leur mode de vie, leur identité symbolique, leur organisation politique… Ainsi se sont formés les peuples.
3 Quand le peuple fait nation. À la fin du XVIIIe siècle, les révolutions américaine et française proclament le peuple souverain. L’Etat-nation s’érige peu à peu en modèle politique. L’heure est à la construction nationale, pour le meilleur comme pour le pire.
4 Les peuples face aux Etats. Séquelles de l’Histoire, des guerres, de la colonisation, certains peuples sont sans Etat et certains Etats ont plusieurs peuples. Beaucoup de pays sont ainsi amenés à gérer la diversité, de façon brutale ou consensuelle.
5 Populisme contre universalisme. La mondialisation et l’amplification du phénomène migratoire conduisent de plus en plus de sociétés à un repli sur soi. pourtant, pour résoudre les crises, la solidarité semble plus que jamais nécessaire.
Le grand entretien avec Jean Malaurie « Il faut aimer l’autre pour commencer à le comprendre ».


C’est justement parce que les peuples, tribus, ethnies… sont sans cesse convoqués par l’actualité mondiale que les rédactions de La Vie et du Monde se sont réunies pour tenter de répondre à ces questions. Avec toujours la même ambition : faire appel aux intelligences. Non pas pour regarder avec arrogance le peuple d’en bas mais plutôt, comme dirait l’ethnogéographe Jean Malaurie, pour observer l’autre avec une véritable empathie afin de le comprendre. Avec plus de 200 cartes originales, consciencieusement conçues par nos équipes, journalistes et meilleurs spécialistes vont à la rencontre des peuples. Et nous aident à décrypter pas à pas la construction de nos identités.
« L’Atlas des peuples », « La Vie »-« Le Monde », 188 pages, 12 €. En kiosque le 31 octobre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Alan Doss, directeur de la Fondation Kofi-Annan, et Scott Weber, directeur d’Interpeace, considèrent, dans une tribune au « Monde », que le processus de pacification après un conflit armé ou une guerre civile est primordial pour éviter qu’ils ne s’embrasent à nouveau.
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11-Novembre : « De l’importance de réussir une réconciliation après un conflit dévastateur »

Alan Doss, directeur de la Fondation Kofi-Annan, et Scott Weber, directeur d’Interpeace, considèrent, dans une tribune au « Monde », que le processus de pacification après un conflit armé ou une guerre civile est primordial pour éviter qu’ils ne s’embrasent à nouveau.



LE MONDE
 |    06.11.2018 à 15h32
    |

Alan Doss (Président de la Fondation Kofi-Annan) et Scott Weber (Président d'Interpeace)







                        



                                


                            

Tribune. Des vaincus qui ne sont pas pris en compte, voire humiliés, des réparations de guerre considérables et des acteurs qui défendent des intérêts particuliers à court terme plutôt qu’une vision durable. Il y a cent ans, au terme de la première guerre mondiale, dont l’armistice est commémoré dans quelques jours, les anciens belligérants ont montré, en creux – car ils ont alimenté les conditions qui mèneraient à une seconde conflagration planétaire moins d’une génération plus tard –, l’importance de réussir une réconciliation après un conflit dévastateur. Parmi les négociateurs se retrouvaient seulement des hommes, âgés – voire très âgés pour certains d’entre eux. Une image qui ne reflétait pas la diversité des populations.
Qu’a-t-on appris de cette sortie de quatre ans d’affrontements ? La question est-elle résolue aujourd’hui ? Loin s’en faut. Dans un environnement international marqué par des guerres civiles, les processus sont plus inclusifs qu’il y a cent ans, mais beaucoup reste encore à accomplir. Pour la première fois depuis 1970, la décennie entamée en 2010 a vu davantage de conflits démarrer que s’éteindre.
Investir dans la réconciliation
Pire encore, près de 60 % des guerres civiles entre 1945 et 2009 ont repris après la fin des hostilités et 50 % dans la décennie qui a suivi. L’intérêt à investir dans la réconciliation est sous-estimé. La violence dans le monde coûte quelque 13 500 milliards de dollars (11 781 milliards d’euros). Par contraste, largement moins de 1 % de l’aide au développement alimente les efforts de réconciliation, alors même que chaque dollar injecté dans la consolidation de la paix évite d’en perdre 16 dans les conflits ou autres affrontements.

Y a-t-il des recettes qui pourraient s’appliquer à tous les contextes et garantir une sortie de crise à tous les coups ? L’ONU, la communauté internationale et les Etats luttent depuis des décennies pour les trouver. Plus qu’une solution...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Editorial. La pression maximale exercée par les Etats-Unis sur le pays risque de renforcer le régime iranien. La voie du dialogue prônée par les Européens semble la seule qui puisse bloquer l’engrenage vers le pire enclenché par Trump.
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Iran : le pari hasardeux de Donald Trump

Editorial. La pression maximale exercée par les Etats-Unis sur le pays risque de renforcer le régime iranien. La voie du dialogue prônée par les Européens semble la seule qui puisse bloquer l’engrenage vers le pire enclenché par Trump.



LE MONDE
 |    06.11.2018 à 11h35
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Les nouvelles sanctions américaines contre l’Iran, ciblant depuis lundi 5 novembre le secteur pétrolier et bancaire, se veulent « implacables ». Une première salve est entrée en vigueur en août, deux mois après l’annonce par le président américain, Donald Trump, du retrait des Etats-Unis de l’accord de juillet 2015 (JCPOA) entre les « 5 + 1 » (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité plus l’Allemagne) et l’Iran pour la mise sous contrôle du programme nucléaire de Téhéran.
L’objectif est de contraindre l’Iran à renégocier un accord dénoncé par M. Trump comme « le pire » jamais conclu et à mettre fin à ses « activités néfastes » au Moyen-Orient. Washington reste décidé à exercer « une pression maximale ». En campagne pour les élections de mi-mandat, mardi 6 novembre, Donald Trump assure que la donne a déjà changé et que « les dirigeants iraniens qui, auparavant, voulaient dominer le Moyen-Orient, cherchent désormais juste à survivre ».

        Lire aussi :
         

                Sanction contre l’Iran : Trump offre un sursis à huit pays



L’administration américaine nie miser sur un changement de régime. Son pari n’en paraît pas moins très hasardeux. L’économie iranienne est certes exangue, et le mécontentement de la population aussi réel que sa lassitude des dispendieuses aventures guerrières extérieures, mais les sanctions ont le plus souvent pour effet de conforter les pouvoirs en place. En Iran, elles renforcent les secteurs les plus durs du régime – en premier lieu les gardiens de la révolution, les mieux à même de profiter des trafics en tout genre engendrés par le contournement des sanctions.
L’inévitable marginalisation des dirigeants modérés, à commencer par le président Hassan Rohani, par des ultranationalistes encore plus intransigeants entraînera un nouveau durcissement de l’administration américaine, ravie de pouvoir mobiliser ses alliés contre le monstre par elle-même créé.

        L’éclairage :
         

          En Iran, le président Hassan Rohani affaibli après les sanctions américaines



Divergence sur la méthode
Les dirigeants iraniens ont aujourd’hui beau jeu de dénoncer le caractère « illégal » des sanctions imposées par les Etats-Unis et leur volonté de « les contourner avec fierté », alors même qu’ils respectent les termes de l’accord de 2015, comme le reconnaît l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA). Même s’ils menacent à l’occasion de quitter le JCPOA, les dirigeants iraniens savent aussi qu’il les protège. Les cinq autres signataires, les Européens en tête, veulent le maintenir en vie et tentent de mettre en place, avec beaucoup de difficulté, des mécanismes leur permettant de poursuivre les relations commerciales avec Téhéran en dépit des sanctions américaines.
La Grande-Bretagne, l’Allemagne et la France sont néanmoins bien conscientes des lacunes de l’accord de 2015 et des dangers de la politique d’expansion iranienne au Moyen-Orient. La divergence avec l’administration américaine porte avant tout sur la méthode. Emmanuel Macron ne cesse de rappeler la nécessité de compléter le JCPOA par des accords connexes visant à limiter le programme balistique iranien et les ambitions régionales de Téhéran, et à le prolonger au-delà de 2025.

        Lire aussi :
         

                Sanctions américaines contre l’Iran : les difficultés d’une riposte européenne



Fin septembre, à New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, le président français a admis publiquement que les pressions maximales de Washington et les canaux de dialogue avec Téhéran prônés par les Européens pouvaient être « complémentaires ». C’est une voie étroite, difficile, mais c’est la seule qui puisse bloquer l’engrenage vers le pire enclenché par un Donald Trump jouant les pyromanes dans un Moyen-Orient hautement inflammable.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Analyse. Les limites juridiques et politiques de ce dispositif introduit par l’UEFA en 2011 sont au cœur des récentes révélations, explique le journaliste du « Monde », Rémi Dupré.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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Après les « Football Leaks », le fair-play financier en question

Analyse. Les limites juridiques et politiques de ce dispositif introduit par l’UEFA en 2011 sont au cœur des récentes révélations, explique le journaliste du « Monde », Rémi Dupré.



LE MONDE
 |    06.11.2018 à 09h10
 • Mis à jour le
06.11.2018 à 09h57
    |

            Rémi Dupré








                        



                                


                            
Analyse. « Il faut sauver le football. » C’est en ces termes alarmistes que Michel Platini justifiait, en janvier 2012, dans un entretien au Monde, la mise en place du fair-play financier, la réforme phare de son mandat à la tête de l’Union des associations européennes de football (UEFA). En apparence, le principe de ce mécanisme régulateur était simple : empêcher les clubs du Vieux Continent de dépenser plus qu’ils ne gagnent, sous peine de sanctions.
A l’époque, le président de l’UEFA soulignait les dettes (8,4 milliards d’euros) et déficits abyssaux (1,6 milliard de pertes) cumulés par les équipes européennes pour convaincre du bien-fondé de sa démarche. « Je ne peux pas laisser le foot européen courir à la faillite. Nous serons l’agence de notation des clubs, expliquait alors l’ex-numéro 10 des Bleus. Le but est de les aider, pas de les enfoncer. »
Sur le plan financier, l’objectif de l’UEFA a été globalement atteint (600 millions d’euros de bénéfices enregistrés par les clubs en 2017), grâce à l’obligation faite aux équipes de ne pas franchir la barre des 30 millions d’euros de déficit sur trois ans. Une trentaine de formations ont d’ailleurs été sanctionnées depuis 2012.
Mais le fair-play financier n’a ni permis d’éviter la concentration des richesses ni contribué à réduire les écarts de revenus entre les équipes. Pas plus qu’il n’a servi à enrayer la spirale inflationniste sur le marché des transferts, comme en atteste le recrutement record (222 millions d’euros) du Brésilien Neymar par le Paris-Saint-Germain, en août 2017. Et il est aujourd’hui remis en question par les « Football Leaks », cette série d’enquêtes réalisées à partir de « plus de 70 millions de documents » par le consortium European Investigative Collaborations (ECI), dont fait partie Mediapart.
Accord à l’amiable
Le 2 novembre, le site d’investigation a révélé que le Qatar, propriétaire...




                        

                        


<article-nb="2018/11/06/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Les méthodes du secteur privé sont inadaptées au secteur public et une menace pour l’intérêt général, estime Evelyne Bechtold-Rognon dans son dernier ouvrage, « Pourquoi joindre l’inutile au désagréable ? En finir avec le nouveau management public »
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Peut-on adapter le management du privé aux services publics ?

Les méthodes du secteur privé sont inadaptées au secteur public et une menace pour l’intérêt général, estime Evelyne Bechtold-Rognon dans son dernier ouvrage, « Pourquoi joindre l’inutile au désagréable ? En finir avec le nouveau management public »



LE MONDE
 |    06.11.2018 à 08h00
    |

            Anne Rodier








                        



                                


                            

Livre. Le nouveau management public consiste à appliquer aux services publics les méthodes de gestion pratiquées dans le secteur privé, pour « rendre [les services publics] plus efficaces, plus économes en moyens ». Qui pourrait s’opposer à ce qui ressemble à du bon sens ? Evelyne Bechtold-Rognon, professeure agrégée de philosophie, qui vient de publier En finir avec le nouveau management public, un essai qu’elle aurait aussi pu intituler : « Pourquoi et comment se défendre du nouveau management public ? »
Qu’il s’agisse de la fonction publique d’Etat pour l’éducation nationale, de la fonction publique hospitalière ou de la territoriale, son verdict est le même : le « nouveau management public » est inadapté au secteur et même destructeur de services. Elle dénonce « une pratique d’assujettissement », infantilisante pour les salariés et leurs hiérarchies, et démobilisatrice pour tous. 
Dogme de la performance inadapté
Sur le banc des accusés : les changements incessants, le dogme de la performance et le jargon managérial. « On est toujours en train de tout changer. Quand est-ce qu’ils vont enfin nous laisser travailler ? », interpelle une professeure de lycée professionnel d’Angers, en exergue du premier chapitre. Le management par le changement permanent peut en effet « transformer de bons professionnels en apprentis à vie. Les salariés sont totalement déstabilisés, se sentent en permanence sur le fil du rasoir et se rabattent sur les procédures et méthodes standards ». En clair, les salariés sont ainsi « empêchés » de travailler, selon l’expression introduite par le psychologue du travail Yves Clot (Le Travail à cœur. Pour en finir avec les risques psychosociaux, La Découverte, 2015), après la série de suicides chez France Télécom.
L’auteure va jusqu’à qualifier le nouveau management public d’« arme de guerre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ L’économiste Dominique Plihon estime, dans une tribune au « Monde », que s’il existe un point commun entre l’époque actuelle et l’entre-deux-guerres comme l’a suggéré Emmanuel Macron, il réside dans l’échec de politiques libérales.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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« Comme dans les années 1930, la montée des populismes est une révolte électorale contre les politiques d’austérité »

L’économiste Dominique Plihon estime, dans une tribune au « Monde », que s’il existe un point commun entre l’époque actuelle et l’entre-deux-guerres comme l’a suggéré Emmanuel Macron, il réside dans l’échec de politiques libérales.



LE MONDE ECONOMIE
 |    06.11.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
06.11.2018 à 09h49
    |

                            Dominique Plihon (Economiste et professeur des universités)








                        



                                


                            
Tribune. Emmanuel Macron voit une ressemblance entre la période actuelle et celle « d’entre-deux-guerres », caractérisées par la montée des populismes « dans une Europe divisée par les peurs, le repli nationaliste, les conséquences de la crise économique ». Ce qui lui permet de se poser en rempart « progressiste » contre les populismes, dans la perspective des élections européennes.

Pour le président français, comme pour la majorité des historiens et des économistes, les grandes crises du capitalisme de 1929 et de 2007 seraient la cause de la « malédiction » des populismes. En réalité, il existe une autre interprétation de la montée des populismes. En effet, dans les années 1930, plusieurs pays, dont les Etats-Unis et la France, ont connu une forte dégradation de leur situation économique et sociale sans que cela se traduise par l’arrivée au pouvoir de forces politiques « populistes ». C’est le cas du New Deal de Roosevelt aux Etats-Unis (1933), souvent considéré comme la première expérience de social-démocratie, et du Front populaire en France (1936). Ces deux expériences politiques ont permis de faire face à la crise par des avancées sociales et démocratiques importantes.
L’arrivée au pouvoir d’Hitler par les urnes, en 1933, est souvent présentée comme résultant directement de la grande dépression des années 1930 et de ses conséquences économiques et sociales. Quatre chercheurs ont montré en décembre 2017 dans une étude pour le National Bureau of Economic Research que les succès électoraux du parti nazi trouvaient plutôt leur origine dans l’instauration d’une sévère politique d’austérité.

En effet, le chancelier Heinrich Brüning, nommé en 1930 pour lutter contre la crise, prend quatre décrets d’urgence, en l’absence de tout débat parlementaire, qui réduisent les salaires des fonctionnaires, les allocations-chômage, la couverture maladie, les retraites. Au total, les...




                        

                        


<article-nb="2018/11/06/19-7">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Spécialiste des enjeux de l’économie numérique, Asma Mhalla montre, dans une tribune au « Monde », le glissement progressif d’un Etat de droit à un Etat de surveillance attentatoire aux droits des citoyens.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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« L’Etat de droit mute doucement vers une forme ultra-sécuritaire »

Spécialiste des enjeux de l’économie numérique, Asma Mhalla montre, dans une tribune au « Monde », le glissement progressif d’un Etat de droit à un Etat de surveillance attentatoire aux droits des citoyens.



LE MONDE ECONOMIE
 |    06.11.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
06.11.2018 à 08h42
    |

Asma Mhalla (Maître de conférences à Sciences Po)







                        



                                


                            
Tribune. Le Conseil d’Etat a fini par valider, le 18 octobre, le décret permettant la création du fichier TES (Titres électroniques sécurisés) qui rassemble les données personnelles et biométriques de la quasi-totalité de la population française. Et ce, bien que les risques d’une telle base de données qui généralise la reconnaissance faciale et la surveillance de masse perdurent.
La même semaine, une étude produite conjointement par Cliqz et Ghostery, deux sociétés produisant des outils de protection des données personnelles, propose une analyse de premiers résultats – à interpréter avec beaucoup de précaution du reste – du règlement général sur la protection des données (RGPD) appliqué depuis le 25 mai. Face à la promesse initiale de protéger les données personnelles des citoyens européens, l’effet semblerait être particulièrement aberrant puisqu’il aurait au contraire renforcé la position hégémonique de Google sur ses marchés.
Au nom de quel principe l’Etat s’autorise-t-il ce qu’il interdit aux entreprises privées ? Ne serions-nous pas en train de basculer d’un Etat de droit vers un Etat de sécurité avec la bénédiction paradoxale du droit lui-même et sans que cela n’émeuve grand monde ? Ce signal a priori faible marque pourtant une étape symbolique forte quant à notre devenir démocratique.
Le péril démocratique est aggravé par les systèmes de prédiction algorithmique
Concept fondateur du droit public moderne, la fiction juridique qu’est l’Etat de droit traduit une certaine vision du pouvoir qui apparaît comme inhérente à la conception libérale de l’organisation politique : donnant à voir un pouvoir limité parce que régi par des règles, il implique que les gouvernants ne soient pas placés au-dessus des lois, mais exercent une fonction encadrée par le droit. La notion peut aussi se définir par opposition à l’Etat policier, caractérisé par le pouvoir discrétionnaire de l’administration.
Or, à y regarder de plus près, une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Dans sa chronique, Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde », observe que le chef de l’Etat tente de reconquérir une opinion publique critique dans des territoires dont les élus et les habitants s’estiment négligés par la politique du gouvernement.
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« On peut douter que sa longue semaine au “front” suffise à M. Macron pour restaurer une confiance en berne »

Dans sa chronique, Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde », observe que le chef de l’Etat tente de reconquérir une opinion publique critique dans des territoires dont les élus et les habitants s’estiment négligés par la politique du gouvernement.



LE MONDE
 |    06.11.2018 à 06h49
 • Mis à jour le
06.11.2018 à 17h13
    |

            Gérard Courtois (éditorialiste au « Monde »)








                        



                                


                            
Chronique. La meilleure défense, c’est l’attaque, dit-on. Bousculé, affaibli, stoppé dans son élan depuis quatre mois, Emmanuel Macron a donc engagé, cette semaine, une offensive de grande envergure pour tenter de reprendre l’initiative.
Préparé de longue date, le périple qui va le conduire de Strasbourg le 4 novembre à Paris le 11 novembre, en passant par tous les départements de l’Est et du Nord ravagés par la Grande Guerre, était évidemment destiné à commémorer le centenaire de la victoire des Alliés (Français, Britanniques, Américains, Belges, Italiens et bien d’autres) sur les empires allemand, austro-hongrois et ottoman. Et à tirer de ce passé aussi tragique que glorieux d’utiles enseignements pour le temps présent.

Mais ses déboires estivaux ont conduit le président de la République à ajouter à cette « itinérance mémorielle » deux autres objectifs, plus pressants encore : la reconquête d’une opinion publique de plus en plus critique à son endroit et celle de territoires dont les élus et les habitants s’estiment négligés par la politique du gouvernement.
Sur le front de l’opinion, l’été aura été calamiteux. Selon la moyenne des dix instituts de sondage qui mesurent chaque mois la popularité présidentielle, Emmanuel Macron ne recueillait plus, en octobre, que 28 % de confiance ou de bonnes opinions, soit une dégringolade de onze points depuis le mois de juin. Hormis chez les sympathisants de La République en marche (LRM), le discrédit s’est brutalement installé dans toutes les catégories politiques ou sociales.
Absence de résultats tangibles, sonnants et trébuchants
Tout y a contribué. L’assurance du chef de l’Etat, bientôt perçue comme de l’arrogance. Un parler vrai revendiqué, à coups de petites phrases choc, peu à peu ressenti comme de la provocation, voire du mépris.
Plus sûrement encore, les Français étaient prêts à admettre, il y a dix-huit mois, que les réformes engagées prendraient du temps pour...




                        

                        


<article-nb="2018/11/06/19-9">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Florence Aubenas suit Emmanuel Macron dans son « itinérance mémorielle ». Deuxième étape à Verdun et ses environs.
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Centenaire du 11-Novembre : « Tu étais ami avec notre poilu à nous ? »

Florence Aubenas suit Emmanuel Macron dans son « itinérance mémorielle ». Deuxième étape à Verdun et ses environs.



LE MONDE
 |    06.11.2018 à 06h48
 • Mis à jour le
06.11.2018 à 11h05
    |

            Florence Aubenas (envoyée spéciale à Verdun (Meuse)








                        



                                


                            

Ils sont un peu déçus en descendant de voiture. Elle regarde autour d’elle. « La ville paraît, comment dire… » C’est son mari qui complète sa phrase : « Elle paraît normale. » « Je m’imaginais quelque chose comme Hiroshima », relance la femme. Verdun ! Rien que le nom de la commune de la Meuse les avait émus aux larmes quand ils l’avaient choisie pour leur voyage de noce. « On voulait une destination avec une âme : on s’est décidés en découvrant sur Internet que nos deux arrière-grands-pères avaient fait 14-18 », dit-elle. Puis lui : « En fait, nos papys étaient des héros. On n’en revient pas. » Alors, après leur nuit de noce, ils sont partis à la recherche de leurs ancêtres les poilus. A Verdun, mère de toutes les batailles, chacun vient se raconter son histoire.
« Ici, un lieu permet de se projeter dans la peau du poilu », proclame un prospectus. Ici, c’est Chattancourt, village d’Argonne, dans l’arrière-pays de Verdun. Apprenant par hasard qu’une tranchée célèbre avait été creusée dans le champ de sa grand-mère, David Amberg, intérimaire de 39 ans, s’est mis une idée dans la tête : y aménager à nouveau un bout de boyau. « Il n’aurait peut-être pas osé si des poilus avaient encore été vivants. Pour eux, c’était un martyre », explique son père.
Ophélie, étudiante en gestion et bénévole enthousiaste, commence la visite : « Je vais peut-être plomber l’ambiance, mais des gens sont morts à cet endroit. » Bilan dans la vraie-fausse tranchée : 11 000 visiteurs en deux ans.
« Les sentinelles de la mémoire »
A quelques kilomètres, des gars en capote bleu horizon sont en train de démonter un campement en face de la salle des fêtes de Romagne. Leur vraie veste porte de vrais boutons, de vraies boîtes de sardines rouillées garnissent leur vraie musette. Tout doit être d’époque ou refait à la perfection. « C’est devenu une passion dévorante. Nous sommes les sentinelles de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’ingénieur Yves Poilane estime que si la France veut devenir une championne de l’IA elle doit impérativement regrouper ses forces, notamment financières.
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« Le premier carburant d’un écosystème français de l’intelligence artificielle restera l’argent »

Dans une tribune au « Monde », l’ingénieur Yves Poilane estime que si la France veut devenir une championne de l’IA elle doit impérativement regrouper ses forces, notamment financières.



LE MONDE ECONOMIE
 |    06.11.2018 à 05h15
    |

Yves Poilane (directeur de Télécom ParisTech)







                        



                                


                            

Tribune. Emmanuel Macron est convaincu que la France pourrait être une championne mondiale de l’intelligence artificielle (IA) dans cinq ans et que le pays a tous les atouts pour cela. Mais pour être gagnée, la bataille doit être menée sur plusieurs fronts, car bâtir un écosystème performant en matière d’intelligence artificielle suppose de réunir des conditions bien spécifiques.
Tout d’abord, il faut des acteurs performants : les grandes entreprises, puissantes financièrement, détentrices et productrices de données. Mais aussi des start-up et des PME-PMI, plus agiles, innovantes et prêtes à prendre des risques ; les pouvoirs publics, qui fixent les cadres juridiques et fiscaux relatifs aux données et aux algorithmes ; les ingénieurs et cadres spécialistes de l’IA ; les manageurs « acculturés à l’IA ». Et, enfin, les grandes écoles et universités, qui forment chercheurs et ingénieurs de l’IA, qui conduisent les recherches sur l’IA mais aussi opèrent le transfert vers le secteur productif.

Tous ces acteurs doivent se mettre en interaction positive grâce à trois types de flux. En premier lieu, les données, essentielles car elles constituent l’un des « carburants » de l’IA, aussi bien pour les entreprises que pour la formation ou la recherche. C’est d’ailleurs une particularité de l’IA que d’obliger les autorités académiques et les acteurs économiques à la coopération pour l’accès aux données. En second lieu, les ressources humaines : encore plus dans l’IA qu’ailleurs, les étudiants doivent travailler sur des cas réels d’entreprises, les cadres en activité revenir en écoles pour se former, les chercheurs faire des allers-retours en entreprise pour se ressourcer. En troisième lieu, les flux financiers car, parmi ces acteurs de l’écosystème, il y a les financeurs (les entreprises, les pouvoirs publics, les mécènes) et ceux qui sont financés (les établissements, les étudiants…). Or la vitalité de l’écosystème est tributaire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Marc Benioff, patron de la société de logiciels Salesforce, s’inquiète de la visibilité « extrêmement embarrassante » des 7 500 sans-abris qui dorment dans les rues de la capitale de la Silicon Valley, raconte Corine Lesnes, correspondante du « Monde » en Californie, dans sa chronique.
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A San Francisco, le milliardaire et les « homeless »

Marc Benioff, patron de la société de logiciels Salesforce, s’inquiète de la visibilité « extrêmement embarrassante » des 7 500 sans-abris qui dorment dans les rues de la capitale de la Silicon Valley, raconte Corine Lesnes, correspondante du « Monde » en Californie, dans sa chronique.



LE MONDE ECONOMIE
 |    06.11.2018 à 05h15
 • Mis à jour le
06.11.2018 à 16h15
    |

            Corine Lesnes (San Francisco, correspondante)








                        



                                


                            

Chronique « Transformations ». Pour le contribuable ordinaire, il y a toujours quelque chose de réjouissant à voir un milliardaire monter de son plein gré à l’échafaud de l’impôt. Réclamer de payer plus. « Taxez-moi ! » Ce fut, en 2011, le cri du cœur de Warren Buffett, qui trouvait absurde d’être imposé moins que sa secrétaire. C’est celui de Marc Benioff, grande figure de San Francisco – et pas seulement parce qu’il mesure 1,95 m.
Salesforce, la société de logiciels dématérialisés qu’il a fondée en 1999, est aujourd’hui la plus grande entreprise technologique de la ville. Et Benioff, son principal philanthrope. Quand il n’invoque pas saint François, le moine mendiant dont la ville porte le nom, c’est le bouddhisme zen, qu’il a étudié en Inde. « Je sais que le futur n’est pas égal au passé, expliquait-il récemment au New York Times. Je sais que je dois être ici dans le moment présent. »

Et le moment, à San Francisco, est à l’exaspération. La crise des sans-abri ne faiblit pas : toujours 7 500 homeless, selon le dernier décompte bisannuel, dont la moitié vivent dans le seul quartier de Tenderloin (en face du siège de Twitter). Le 8 octobre, Marc Benioff a rejoint le camp de ceux qui veulent faire payer les riches pour loger les pauvres.
Il a apporté son soutien (et 7,9 millions de dollars) à la « proposition C », un texte sur lequel se prononcent, mardi 6 novembre, les électeurs de la ville en marge des élections de mi-mandat. Pour lui, l’omniprésence de sans-abri dans une ville qui compte 74 milliardaires devient nt. Les visiteurs sont effrayés. Au-delà des préceptes franciscains, cela devient « mauvais pour le business ».
Trop d’argent dans les coffres
La proposition C vise à imposer une taxe de 0,5 % en moyenne sur les revenus des entreprises qui collectent plus de 50 millions de dollars par an de recettes brutes (soit 375 sociétés). Les rentrées –...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Formé par Reporters sans frontières, un collectif rassemblant notamment le journaliste turc Can Dündar, l’avocate iranienne Shirin Ebadi et l’écrivain péruvien Mario Vargas Llosa, demande, dans une tribune au « Monde », la création d’un Pacte mondial garantissant la liberté d’information.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
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Vingt-cinq personnalités : « Nous souhaitons que soit signé un Pacte international sur l’information et la démocratie »

Formé par Reporters sans frontières, un collectif rassemblant notamment le journaliste turc Can Dündar, l’avocate iranienne Shirin Ebadi et l’écrivain péruvien Mario Vargas Llosa, demande, dans une tribune au « Monde », la création d’un Pacte mondial garantissant la liberté d’information.



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 20h49
 • Mis à jour le
06.11.2018 à 09h09
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Dans l’esprit de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, adoptée à Paris il y a soixante-dix ans, nous, lauréats du prix Nobel et du prix Sakharov, spécialistes des nouvelles technologies, anciens dirigeants d’organisations internationales, juristes et journalistes, demandons aux Etats démocratiques de lancer un processus politique pour que soit signé d’ici un an un Pacte sur l’information et la démocratie. Notre Commission internationale, composée de 25 personnalités de 18 nationalités et réunie à l’initiative de Reporters sans frontières (RSF), a rédigé une Déclaration qui servira à établir des garanties démocratiques sur l’information et la liberté d’opinion, dans un moment historique crucial.
Nous appelons les dirigeants de bonne volonté de tous les continents à se mobiliser en faveur des modèles démocratiques et d’un débat public ouvert, dans lequel les citoyens peuvent prendre leurs décisions sur la base de faits. L’espace global de la communication et de l’information, qui est un bien commun de l’humanité, doit être protégé en tant que tel, afin de favoriser l’exercice de la liberté d’expression et d’opinion en respectant les principes de pluralisme, de liberté, de dignité et de tolérance, ainsi que l’idéal de la raison et de connaissance. Nous demandons l’expression d’un engagement fort dès le 11 novembre, à l’occasion du Forum sur la paix, lorsque des dizaines de dirigeants politiques seront réunis à Paris.
Le contrôle politique sur la presse et les médias, l’asservissement de l’information à des intérêts particuliers, la désinformation massive en ligne, la fragilisation économique du journalisme de qualité et les attaques et violences contre les journalistes, ainsi que la montée en puissance d’acteurs échappant au contrôle démocratique, représentent un risque pour les libertés, la concorde civile et la paix. Le « droit à l’information », entendue comme l’information fiable, est fondamental pour le développement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Les résultats économiques et la popularité de Donald Trump ne devraient rien y faire, analyse Mathieu Gallard, directeur d’études chez Ipsos, dans une tribune au « Monde ».
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« Depuis 1860, 37 des 40 “midterms” se sont soldées par une défaite du président américain »

Les résultats économiques et la popularité de Donald Trump ne devraient rien y faire, analyse Mathieu Gallard, directeur d’études chez Ipsos, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
06.11.2018 à 11h41
    |

Mathieu Gallard (Directeur d’études au sein du département Public Affairs d’Ipsos France)







                        



                                


                            

Tribune. Si on en croit le grand révolutionnaire et scientifique américain Benjamin Franklin, « en ce monde, rien n’est certain, à part la mort et les impôts ». A ce duo, on pourrait presque ajouter la défaite du président américain lors des élections de mi-mandat : depuis 1860 et la mise en place du duopole partisan entre démocrates et républicains, 37 des 40 midterms se sont soldées par un recul du parti du président à la Chambre des représentants, le seul organe du pouvoir à être intégralement renouvelé lors de ces scrutins.
Les deux dynamiques menant à cette implacable mécanique électorale ont depuis longtemps été mises en lumière par les analystes américains. La première concerne les électeurs, globalement peu intéressés par la politique mais qui se rendent aux urnes lors de l’élection présidentielle du fait de l’importance de l’enjeu.
Ayant peu d’attaches idéologiques ou psychologiques pour un parti, ils ont tendance à voter pour le candidat qui est favorisé par le contexte dans lequel se déroule l’élection (enjeux de la campagne, situation économique ou internationale, qualités personnelles des candidats, etc.), et votent dans la foulée pour les candidats de son parti au Congrès. Deux ans plus tard, ces électeurs tendent à s’abstenir lors des midterms, conduisant à une perte sèche de voix pour les candidats du parti du président à la Chambre et au Sénat.

La seconde dynamique touche les électeurs indépendants et modérés qui hésitent entre les démocrates et les républicains. Cet électorat vote sur le bilan du président, faisant des midterms un référendum sur son action. Mais les politologues ont aussi montré que, lors d’un scrutin traditionnellement peu mobilisateur (entre 37 % et 42 % de participation depuis 2002), ce sont surtout les électeurs mécontents qui se rendent aux urnes, les satisfaits étant par nature plus apathiques.

Ces explications permettent...




                        

                        


<article-nb="2018/11/06/19-14">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ A travers sa lutte contre les pratiques de la Chine et son positionnement contre l’immigration et le « politiquement correct », Donald Trump séduit les classes populaires américaines, rappelle le politologue Yannick Mireur dans une tribune au « Monde ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 05/11/2018
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« Immigration et combativité commerciale sont les deux piliers du succès politique de Trump »

A travers sa lutte contre les pratiques de la Chine et son positionnement contre l’immigration et le « politiquement correct », Donald Trump séduit les classes populaires américaines, rappelle le politologue Yannick Mireur dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
06.11.2018 à 07h15
    |

Yannick Mireur (politologue, fondateur de la revue ­ « Politique américaine »)







                        



                                


                            
Tribune. Les incertitudes électorales du 6 novembre ne doivent pas cacher le véritable enjeu de ces élections de mi-mandat : le destin américain et une possible réélection de Donald Trump en 2020, appuyée sur de solides ressorts que soutient la bonne santé de l’économie.
On connaît tout désormais du caractère du président américain : narcissisme, affabulations, inculture, absence de toute pensée historique et stratégique. Il faut cependant reconnaître une cohérence dans ses orientations et la rupture avec les élites politiques qu’il revendique à travers elles. Là sont les raisons d’une longévité qui pourrait surprendre, notamment si l’on oublie la reconduction de George W. Bush en 2004 malgré le désastre de l’invasion de l’Irak, avalisée par le Tout-Washington. Donald Trump prend aux tripes ses partisans comme ses adversaires, mais le recadrage commercial qui l’obsède ne ressemble pas à cette folie.

Répondant légitimement aux deux sources du malaise américain depuis vingt ans sur le devenir de l’Amérique comme nation et comme économie, immigration et combativité commerciale sont les deux piliers de son succès politique auprès d’un électorat populaire dont les craintes ne sont pas imaginaires. La stagnation du salaire médian depuis deux décennies et le double choc du numérique et de la mondialisation nourrissent une perte de repères à laquelle Donald Trump donne la réponse tant attendue dans des milieux qui se sentaient abandonnés par les alternances successives depuis Reagan. En bref, M. Trump sait d’instinct parler à l’Amérique « country » qui a le blues, où Hillary Clinton sonne faux et Barack Obama semblait tomber de la lune.
La fermeté paie
Les mesures tarifaires déjà prises ou annoncées pour combattre les pratiques déloyales de l’Etat-parti chinois, aussi discutables soient-elles, notamment parce que les Etats-Unis ne représentent que 5 % environ des exportations chinoises, tranchent avec les vaines complaintes sur...




                        

                        


<article-nb="2018/11/06/19-15">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Pourquoi les hommes portaient-ils des tuniques courtes au XIIe siècle ? Comment le noir est-il entré dans nos garde-robes ? Ce nouvel ouvrage offre une plongée dans l’histoire du vêtement.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                
                                    

« Au Moyen Age, une tendance mode durait un siècle et demi »


                      Pourquoi les hommes portaient-ils des tuniques courtes au XIIe siècle ? Comment le noir est-il entré dans nos garde-robes ? Ce nouvel ouvrage offre une plongée dans l’histoire du vêtement.



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 14h34
 • Mis à jour le
06.11.2018 à 09h41
    |

                            Elvire von Bardeleben








   


Depuis environ cinq ans, les livres de mode ont tendance à se résumer à des panégyriques des marques de luxe sur leur propre histoire. Dans ce contexte, qu’il est rafraîchissant de tomber sur l’Histoire des modes et du vêtement, gros volume rose saumon de 504 pages, qui ambitionne de raconter les tenues des hommes, femmes et enfants du Moyen Age à nos jours ! Le projet est mené par Denis Bruna et Chloé Demey, respectivement conservateur en chef et responsable du pôle éditions et images du Musée des arts décoratifs. Pour cet ouvrage titanesque, ils se sont entourés de jeunes chercheurs à qui ils ont donné une consigne : s’adresser à un public de non-spécialistes.
Comment ce livre est-il né ?
Chloé Demey : Jusqu’à présent, il existait des ouvrages retraçant l’évolution des styles et des formes des vêtements, mais aucun ne les remettait dans leur contexte. On voulait faire un livre de mode d’historiens, nourris par les sciences humaines, les gender studies, les travaux de Michel Pastoureau sur les couleurs ou ceux de Georges Vigarello sur l’histoire du corps. Ne pas faire la synthèse de bibliographies existantes, mais repartir aux sources, travailler sur les inventaires après décès ou des recueils de comptes pour les périodes les plus anciennes (les XIVe ou XVe siècles), ou plus tard sur les catalogues de grands magasins (début du XXe) pour voir ce qui était proposé à la vente plutôt que de se fonder sur les images véhiculées par les magazines, qui sont déjà une forme de propagande.
Denis Bruna : Je dis souvent à mes étudiants : comparez les gens que vous croisez dans le métro avec les images qu’on trouve dans Vogue ! Vous verrez rarement de ressemblance. C’est pareil avec les enluminures du XVe siècle. Il est peu probable qu’elles reflètent la manière dont on s’habillait à l’époque.
Pourquoi débuter avec le XIVe siècle ?
D. B. : Remonter à l’Antiquité aurait été aventureux, car les sources écrites sont lacunaires et celles visuelles ne permettent pas de porter l’analyse au-delà de la description. Et puis les hommes et les femmes sont vêtus de la même manière en Occident jusque vers les années 1330. Enfin, c’est vers 1390 qu’apparaît le mot « mode » employé au féminin.
Peut-on faire une lecture synthétique de l’histoire des modes ?
D. B. : Plutôt cyclique. Une mode apparaît pour contredire celle déjà en place. D’abord elle choque, puis se diffuse, jusqu’à être chassée par une autre. C’était déjà vrai au Moyen Age. Au XIIe siècle par exemple, la mode est au vêtement court pour les hommes. Quand les tuniques longues arrivent, on s’indigne parce que les hommes s’habillent comme les femmes. Le long finit par s’imposer, jusqu’au XIVe siècle, où le pourpoint court fait son retour ! Il est alors décrié par les religieux et le roi Charles V. Puis il se généralise, sans doute grâce aux jeunes qui l’ont adopté vers 1330-1340.
C. D. : Une tendance durait un siècle et demi, alors que, maintenant, quelques années suffisent.
D. B. : Mais on a sans doute raté quelques épisodes au Moyen Age faute de documents !

   


Y a-t-il des périodes plus difficiles à appréhender ?
C. D. : Alors que nous avons pas mal de sources visuelles et textuelles au Moyen Age, le XVIIe siècle est curieusement assez pauvre : l’iconographie n’est pas flatteuse, avec beaucoup de gravures sans couleur. Et la cour de France avait la particularité par rapport aux autres pays européens de ne pas garder les vêtements de la famille royale. Par exemple, un siècle après, quand Marie-Antoinette changeait de garde-robe tous les six mois, tout son linge était récupéré, découpé, donné…
D. B. : Le XVIIe siècle est vraiment le parent pauvre dans l’histoire de la mode, très peu de spécialistes se sont penchés dessus alors qu’il y a eu un renouveau des études sur toutes les autres époques.
L’histoire de la mode se consacre-t-elle autant aux hommes qu’aux femmes ?
D. B. : C’est assez équitable jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, quand la mode masculine est devenue sombre et sobre. Beaucoup d’ouvrages, de collectionneurs et de musées ont dès lors cessé de s’y intéresser, parce qu’elle n’était plus spectaculaire. Ce manque d’intérêt a perduré jusqu’au milieu du XXe siècle.

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                Le vêtement porte-voix



L’histoire de la mode ne s’intéresse-t-elle qu’aux riches ?
D. B. : Elle a eu tendance à ne se consacrer qu’à l’aristocratie, avant de s’ouvrir à la bourgeoisie. Aujourd’hui encore, on parle surtout des grands créateurs. Notre but est d’aborder la mode de tous les groupes sociaux. Quand on n’y est pas arrivé, comme au XVIe siècle par exemple, on l’a signalé.
C. D. : Cela demande de travailler autrement, de fouiller sur eBay à la recherche de photos de famille, de cartes postales ou de vieilles publicités… On a aussi regardé la manière dont on rangeait le vêtement, du XIVe siècle à nos jours. Du coffre au dressing.
Comment mesurer la vie du vêtement ?
D. B. : En s’intéressant à toutes les étapes : production du matériau, fabrication, port, usage, abandon. On évoque l’importance du marché de la fripe de la fin du Moyen Age jusqu’au XIXe siècle. Un aristocrate vendait ses vieux vêtements à la petite noblesse ou à la bourgeoisie, satisfaite d’acquérir une tenue de cour, même si elle était un peu désuète. La fripe a permis la diffusion des modes.
C. D. : Ce qui ne trouve pas sa place côté fripe devient chiffon. Ou un don dans les églises, retaillé pour habiller les statues de la vierge ou de saints.

   


Dans quelle mesure la mode est-elle sensible à son époque ?
D. B. : Elle l’était particulièrement au XVIIIe siècle, les journalistes de mode aimaient vraiment lier un vêtement à l’actualité. La guerre d’indépendance de l’Amérique, le premier vol de ballon en 1783, la prise de la Bastille… autant d’événements qui se retrouvent sur des boutons ou des éventails. Dans les magazines, on trouve des « robes de la Convention », des « robes de la Constituante »…
Quel est le sens des citations de la Bible, Erasme, Balzac et Henri Michaux en exergue ?
C. D. : Elles signifient toutes le même rapport entre le vêtement et celui qui le porte : l’habit fait l’homme. C’est amusant de voir Michaux dire la même chose qu’Erasme à cinq cents ans de différence. Ça montre une certaine constance.

        Lire aussi :
         

                Où l’on apprend que Diderot prenait la mode au sérieux



D. B. : Dans notre société occidentale de culture judéo-chrétienne, le vêtement vient toujours de la faute. Adam et Eve vivaient nus au paradis ; lorsqu’ils en ont été chassés, Dieu leur a donné des tuniques. Jusqu’au XVIIIe siècle planait l’idée que le vêtement devait être aussi discret que possible, car c’était un rappel permanent du péché. Mais l’envie de se singulariser par le vêtement a toujours été plus forte, c’est le sens de la mode.
Histoire des modes et du vêtement, éd. Textuel, 504 pages, 55 euros. Parution le 7 novembre.



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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Pour l’universitaire Pierre Guerlain, dans une tribune au « Monde », c’est le capitalisme financier qui est à l’origine des vagues migratoires, la gauche ne doit pas se tromper de cible.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
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« Il est problématique d’éliminer la question sociale dans la réflexion sur les migrations »

Pour l’universitaire Pierre Guerlain, dans une tribune au « Monde », c’est le capitalisme financier qui est à l’origine des vagues migratoires, la gauche ne doit pas se tromper de cible.



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 13h55
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 15h23
    |

Pierre Guerlain (Professeur émérite en études américaines, université Paris-Nanterre)







                        



                                


                            
Tribune. Le président élu au Mexique, Andrés Manuel Lopez Obrador « AMLO », un homme de gauche, vient de faire une déclaration sur la caravane des migrants en provenance du Honduras. Il a dit qu’il fallait respecter les droits humains pour ces migrants et leur donner du travail. Il est donc opposé aux politiques de Trump qui pense pouvoir apporter une « solution » militaire aux migrations. « AMLO » a aussi ajouté qu’il fallait travailler à créer les conditions socio-économiques pour que les migrants puissent trouver « le bonheur là où ils sont nés ». La solution au « problème migratoire » est, dit-il, dans un plan de développement pour l’Amérique latine.

Cette position conjugue les deux volets de ce qu’une politique juste devrait être. « AMLO » comprend que traiter dignement des migrants ne suffit pas et qu’il faut intervenir sur les causes des migrations. En d’autres termes, la migration doit être appréhendée à deux niveaux, celui de l’urgence humanitaire mais aussi celui du capitalisme mondialisé et de son cortège d’injustices.
Dans le cas des Amériques, les raisons qui poussent des populations à vouloir fuir sont complexes et conjuguent l’oppression politique et la misère. Dans le cas du Honduras, les migrations sont directement liées aux interventions des Etats-Unis. Si l’Alena [l’accord de libre-échange nord-américain] détruit les bases de l’agriculture mexicaine, elle provoque des vagues migratoires. La position du futur président mexicain est celle d’une gauche exemplaire, humaniste et critique du capitalisme financier.
Rhétorique du bouc émissaire
En Allemagne, Sahra Wagenknecht [vice-présidente du parti Die Linke (« la gauche »)] défend des positions similaires qui sont régulièrement caricaturées en positions dites antimigrants. Le Monde a parlé de « gauche antimigrants ». Wagenknecht explique pourtant qu’elle refuse le racisme, qu’elle est favorable...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Editorial. Une poussée démocrate aux élections de mi-mandat signifierait que le débat n’est sans doute pas clos entre deux visions d’un destin américain
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

« Midterms »: un scrutin lourd d’enseignements

Editorial. Une poussée démocrate aux élections de mi-mandat signifierait que le débat n’est sans doute pas clos entre deux visions d’un destin américain



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 11h25
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 15h12
   





                        



Editorial du « Monde ». Mardi 6 novembre dans la soirée, les Etats-Unis auront sans doute un élément de réponse à la question que se posent nombre de leurs concitoyens, majoritairement démocrates. Donald Trump n’a-t-il été, il y a deux ans, que le produit accidentel de circonstances – une adversaire, Hillary Clinton, usée par sa longévité politique et un électorat démocrate trop sûr de la victoire au point de se démobiliser assez pour perdre trois Etats déterminants ? Ou bien incarne-t-il au contraire le virage nationaliste d’une Amérique oublieuse de ses devoirs de grande puissance, obnubilée par la défense égoïste, coûte que coûte, de ses intérêts ?
Comme toujours pour un scrutin atomisé en des dizaines de courses singulières, où les questions internationales sont absentes, la prudence s’imposera lorsque l’on voudra en tirer des leçons. Il n’empêche. Si le champ de bataille du Sénat est outrageusement favorable aux républicains par le hasard du renouvellement partiel de cette année, une poussée démocrate à la Chambre des représentants, accompagnée par la conquête de postes de gouverneur et de législatures d’Etat signifierait que le débat n’est sans doute pas clos entre deux visions d’un destin américain : celle de Donald Trump, mercantile et brutale, et celle qui fut longtemps partagée par les modérés des deux camps, respectueuse de ses alliés et d’idéaux en partage, au-delà d’errements passés.
On le voit, rarement scrutin intermédiaire a eu autant à dire au monde. A commencer par les plus vieux alliés des Etats-Unis : les Européens. L’attente du résultat des midterms est à la mesure du fossé que Donald Trump a creusé en moins de deux ans d’égocentrisme désinvolte, obsédé par une vision étroitement comptable des équilibres transatlantiques.

        Notre analyse :
         

          « Midterms » : le bilan de Trump à l’épreuve des urnes



Une démocratie malade de ses schismes
Certes, il ne lui était pas interdit de questionner des liens dévitalisés par l’habitude et la routine, surtout après le peu d’intérêt manifesté pendant deux mandats par Barack Obama à ce Vieux Continent perclus de divisions. Mais son successeur n’a jamais cherché à accompagner ses critiques de la moindre esquisse de projet, manifestement ignorant d’une histoire commune que la commémoration du centenaire de la Grande Guerre, marquée par le premier grand engagement des Américains en dehors de leur continent, va lui rappeler dans quelques jours, à Paris.
Le verdict des urnes américaines va également intéresser ceux qu’inquiète la poussée opiniâtre, partout, de nationalismes étroits, souvent fondés sur le mépris des faits et des connaissances. Il livrera un diagnostic sur une démocratie certes malade de ses schismes – la tragédie de la synagogue de Pittsburgh, trop vite éclipsée par la campagne, l’a rappelé –, mais que de solides contre-pouvoirs, fondés sur le respect des autres, peuvent préserver des dérives qui affligent des nations moins confiantes dans leurs propres institutions.

        Nos explications :
         

          le président perd presque toujours, mais pas forcément sa majorité



Les élections de mi-mandat, enfin, donneront peut-être l’occasion aux démocrates américains de travailler à une autre voie, diamétralement opposée à celle de Donald Trump, pour ce qui concerne le partage de la richesse. Ou encore à la préservation d’un environnement menacé, que le président de la première puissance mondiale n’évoque jamais, comme si la barrière de l’indifférence pouvait durablement préserver son pays de la montée des périls climatiques. S’il était mené, demain, outre-Atlantique, un tel effort de redéfinition des enjeux et des solutions pourrait bénéficier à nombre de gauches et de centres gauches en Europe et dans le monde. A cet égard, la forte participation annoncée aux scrutins du 6 novembre, dans un pays qui ne vote que trop peu, en est un prélude prometteur.

        Nos explications :
         

          comment le « gerrymandering », ou « charcutage électoral », pèse sur l’élection américaine




Notre sélection d’articles sur les midterms 2018
Retrouvez les contenus de référence du Monde sur les midterms 2018.
Enjeux, majorités, scrutins… : tout savoir sur les élections de mi-mandat.Trump, Cour suprême, santé : ce qui motive les électeurs américains.La campagne des démocrates : le parti tente de mobiliser les électeurs en se concentrant sur des sujets de la vie quotidienne, comme l’assurance-santé.L’héritage Obama en question : « Personne chez les démocrates ne veut admettre qu’Obama n’a pas forcément été un bon président ».Trump électrise les électeurs républicains : Le président multiplie les déplacements pour présidentialiser les élections du 6 novembre.« Gerrymandering » : le « charcutage électoral », pèse sur l’élection américaine.Elections de mi-mandat : un nombre record de candidates.Midterms : les candidatures LGBT + en réponse aux attaques de l’administration Trump.Les nouveaux visages : Deb Haaland, Martha McSally, Amy McGrath, Beto O’Rourke, et Alexandria Ocasio-Cortez.Le vote des latinos : à Las Vegas, les syndicalistes de l’hôtellerie s’efforcent de mobiliser les Hispaniques contre la politique migratoire de Donald Trump.Noirs, Amérindiens, Latino-Américains : des citoyens privés de droit de vote aux Etats-Unis.Marijuana, droit de vote, santé, avortement : les Américains appelés aux urnes pour 155 référendums.Vidéo : qui va l’emporter aux élections américaines ?





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Pour son président, le Forum de Paris sur la paix doit défendre le multilatéralisme dans un contexte international tendu.
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Justin Vaïsse : « Des résonances troublantes avec les années 1930 »

Pour son président, le Forum de Paris sur la paix doit défendre le multilatéralisme dans un contexte international tendu.



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 11h05
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 15h13
    |

            Marc Semo








                        



                                


                            
Président du Forum de Paris sur la paix, Justin Vaïsse, 45 ans, est historien et préside depuis 2013 le Centre d’analyse, de prévision et de stratégie du ministère des affaires étrangères. Il revient pour Le Monde sur les commémorations du 11-Novembre et sur les missions du forum, qui se tiendra dans la Grande Halle de La Villette, à Paris.
Que signifient ces commémorations ?
Nous allons commémorer un armistice dont le souvenir est ambigu : les armes se taisent sur le front occidental mais le règlement de Versailles inaugure une paix bancale qui dure à peine vingt ans. La Société des nations [SDN], amputée du soutien de l’Amérique, ne parvient pas, dans les années 1930, à réagir aux agressions des régimes autoritaires.
Nous ne revivons certes pas la même histoire, mais les résonances avec les années 1930 sont troublantes, et je crois que le président Macron y est sensible : à la suite d’une crise économique, les frontières se ferment, les guerres commerciales et monétaires menacent, migrants et réfugiés mettent les sociétés politiques sous tension, etc. Surtout, un cercle vicieux s’établit entre la montée des mouvements populistes et nationalistes d’un côté et la crise de la gouvernance mondiale de l’autre. Chacun pense qu’il s’en tirera mieux tout seul, en consolidant sa souveraineté. Mais ni le climat, ni Internet, ni les entreprises multinationales, ni les migrants ne connaissent de frontières.

C’est donc une illusion, mais qui a pour effet d’accentuer en retour l’impuissance de nos institutions et règles collectives. La conscience de ces périls explique aussi pourquoi tant de chefs d’Etat, de gouvernement et d’organisation internationale viennent le 11-Novembre, à Paris, et pourquoi ils participeront au Forum de Paris sur la paix, qui se tiendra dans la Grande Halle de La Villette.
Le traité de Versailles ne portait-il pas en germe cet échec ?
Sans aucun doute : « Une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Même si le gouvernement a clarifié sa position à propos de la commémoration du ­11-Novembre, la polémique qui est née autour du rapport armée-nation mérite que l’on ouvre un débat de qualité, estime l’historienne Bénédicte Chéron dans une tribune au « Monde »
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11-Novembre : « Il n’y a pas de différence de nature entre le soldat de 1914 et celui de 2018 »

Même si le gouvernement a clarifié sa position à propos de la commémoration du ­11-Novembre, la polémique qui est née autour du rapport armée-nation mérite que l’on ouvre un débat de qualité, estime l’historienne Bénédicte Chéron dans une tribune au « Monde »



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 10h38
    |

Bénédicte Chéron (Historienne, spécialiste des relations armées-société)







                        



                                


                            
Tribune. Le 11 novembre, la France commémorera les 100 ans de l’armistice signé en 1918. Depuis 2011 dans la pratique et 2012 dans la loi, ce jour est aussi celui de l’hommage rendu à tous les militaires morts pour la France, y compris en opérations extérieures, et leurs noms peuvent être portés sur les monuments aux morts des communes. En 2011 également, a été décidée l’érection d’un monument spécifique aux morts en opérations extérieures, dont l’inauguration devrait enfin avoir lieu en 2019.
Ce tournant s’est produit alors que l’année 2011 a été la plus meurtrière pour l’armée française engagée en Afghanistan, avec 26 soldats défunts, dont 21 « morts pour la France ». Le sort réservé aux militaires des opérations extérieures s’est ainsi peu à peu rapproché de celui de leurs prédécesseurs, et notamment des combattants de la Grande Guerre.
Ces hommages, parce qu’ils résultent toujours d’un choix politique, doivent être concurrencés par d’autres formes de récits ; les historiens sont heureusement là pour établir les distinctions nécessaires à la compréhension des spécificités de chaque conflit armé. La continuité que ces signes tangibles établissent entre les soldats de 1914 et les militaires d’aujourd’hui, tout autant fondée sur des faits, mérite cependant d’être saluée.

Ces rites en effet viennent rappeler qu’il existe toujours des Français pour accepter de porter les armes, y compris dans ce que cet engagement comporte de plus tragique, et parfois même d’absurde. Ils obligent ceux pour qui l’épreuve du feu ne demeure qu’une expression théorique à se souvenir qu’elle est pour d’autres, encore, une réalité charnelle vécue en leur nom en raison de choix politiques collectifs.
Ces évolutions pourraient faire croire que l’identité combattante des armées a été largement clarifiée aux yeux des Français. Les chefs militaires, et en particulier le chef d’état-major des armées, le général François Lecointre, et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Selon l’historien Nicolas Offenstadt, Emmanuel Macron est plutôt dans la continuité de François Hollande dans son choix de « pacifier » les mémoires.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                    En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   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Propos recueillis par  Cédric Pietralunga   Publié hier à 07h20, mis à jour hier à 20h34   Lecture 2 min.     Partager sur Facebook Partager sur Facebook   Partager sur Twitter Partager sur Twitter   Envoyer par e-mail Envoyer par e-mail             Nicolas Offenstadt est maître de conférences habilité à l’université de Paris-I-Panthéon Sorbonne et spécialiste des questions mémorielles, et il est l’auteur de La Grande Guerre, carnet du centenaire (Ed. Albin Michel, 2013).          Revivifier le roman national, comme le souhaite Emmanuel Macron, a-t-il encore du sens au XXIe siècle ? N’est-ce pas un sujet dépassé pour les historiens ?          Le roman national est une croyance, et a peu à voir avec l’histoire comme discipline ou comme analyse critique du passé. C’est l’invention d’une continuité depuis les temps les plus reculés, l’invention d’une histoire toute droite ou presque, et une découpe valorisante dans le temps passé. On n’a pas à adhérer à un récit historique comme à un parti ou à une mutuelle. D’autant moins que les récits historiques sont souvent fragiles, partiels, soumis à révision.             Article réservé à nos abonnés  Lire aussi  Centenaire du 11-Novembre : Macron en quête de « héros » pour la France             Revivifier le récit national pose la question de qui décide de son contenu. Est-ce le rôle d’un chef d’Etat ?          Il n’y a jamais eu un seul roman national, même si celui de la France comporte souvent les mêmes matrices, les mêmes thèmes, les mêmes épisodes. Il peut ainsi y avoir un roman national de « gauche », qui raconte une grande histoire émancipatrice qui serait spécifique à la France, en donnant à la Révolution française un rôle central. Mais ces discours et ces récits ne sont pas, heureusement, transposés directement dans les programmes scolaires, qui sont du domaine de compétence de l’institution éducative et doivent répondre à bien d’autres logiques.          Depuis deux ans, M. Macron a rendu hommage à Jeanne d’Arc, à Clemenceau, à Maurice Audin, etc. Quels sens donner à tout cela ? Le roman national de M. Macron n’est-il qu’un syncrétisme ?          Il faut distinguer deux choses. Il y a des passages obligés liés ou presque à la fonction présidentielle ou à celle d’élu, qui ne différencient pas Emmanuel Macron de ses prédécesseurs. Evoquer De Gaulle ou Clemenceau est banal et inscrit le locuteur dans « la continuité de l’Etat » qui est un devoir constitutionnel du président (article 5).            Il y a ensuite des choix plus affirmés. Sarkozy fit celui de l’instrumentalisation et de l’offensive identitaire. Hollande, en partie en réaction, fit celui de la « paix des mémoires », qu’il s’agisse de reconnaître des violences coloniales ou la place des mutins de la Grande Guerre dans l’histoire nationale.             Lire aussi  Audin : le geste du président Macron             Macron me semble plutôt dans cette continuité, en reprenant la même notion de « pacifier » les mémoires. Reste à voir ce que sera la véritable articulation entre le « je prône le retour au récit national » (2017) et sa volonté d’une histoire attentive à la « globalité » et à la « complexité » (2016) dont témoigne sa déclaration ferme dans l’affaire Audin.          Lors de son « itinérance mémorielle », M. Macron compte glorifier la figure du poilu. Est-ce pertinent ?          Il n’y a rien de neuf ici. L’hommage aux soldats de la Grande Guerre, certes de manière plus ou moins intense, est constitutif de la mémoire nationale depuis 1919. Mais surtout en France depuis une trentaine d’années, le poilu est une véritable icône partagée par tout le spectre politique, qui suscite en outre d’innombrables pratiques culturelles et sociales : depuis les parodies des « reconstituteurs » jusqu’aux recherches généalogiques familiales, en passant les spectacles et les cérémonies. On se passionne ici pour les poilus du village, là pour les soldats fusillés, ailleurs encore pour les derniers morts de la guerre. C’est une icône démultipliable à l’infini, ou presque.             Article réservé à nos abonnés  Lire aussi  Macron au risque de l’arrogance                                   Annonces automobiles avec La Centrale           AUDI S8 22700 € 76           RENAULT KADJAR 22290 € 14           TOYOTA PROACE 27900 € 69      Recherche                            Cédric Pietralunga           Voir les réactions      Dans la même rubrique                  Article réservé à nos abonnés Centenaire du 11-Novembre : les souvenirs sous clé des habitants de Morhange  Florence Aubenas suit Emmanuel Macron dans son « itinérance mémorielle ». Première étape dans ce village de Moselle, lieu de la première grande bataille.                        En Allemagne, à défaut de 11-Novembre on commémore la révolution de 1918  Si l’armistice n’est pas célébré en Allemagne, ce mois est l’occasion de commémorer les 100 ans de la révolution qui fit tomber l’Empire.                      11-Novembre : Macron entame à Strasbourg un périple sur les traces de la Grande Guerre  Le président de la République commence dimanche soir une série de déplacements dans l’est et le nord de la France pour célébrer le centenaire de la fin de la première guerre mondiale.                        Centenaire du 11-Novembre : Macron et ses ancêtres les poilus  Le président de la République compte dans sa famille quatre arrière-grands-pères qui ont combattu pendant la Grande Guerre.                       Article réservé à nos abonnés Centenaire du 11-Novembre : « Tu étais ami avec notre poilu à nous ? »  Florence Aubenas suit Emmanuel Macron dans son « itinérance mémorielle ». Deuxième étape à Verdun et ses environs.                         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