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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ L’artiste Sophie Calle signe un timbre-poste magistral paru le 22 octobre.
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Philatélie : s’initier à l’œuvre de Sophie Calle pour 1,90 euro

L’artiste Sophie Calle signe un timbre-poste magistral paru le 22 octobre.



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 15h28
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 16h00
    |

            Pierre Jullien








                        



   


La Poste a mis en vente générale le lundi 22 octobre, un timbre à 1,90 euro qui reproduit une œuvre de Sophie Calle, créée à l’origine pour le pavillon français de la Biennale de Venise en 2007.
Un projet intitulé « Prenez soin de vous », qu’elle décrit dans un texte reproduit sur le « Document officiel » de la « Collection historique du timbre-poste français », commercialisé par La Poste.
A la galerie Perrotin
Une façon de s’initier – à moindre coût – au travail de cette plasticienne de renommée internationale et d’inciter à rendre visite à la Galerie Perrotin, à Paris, qui accueille deux « performances » de l’artiste jusqu’au 22 décembre : « Parce que » et « Souris Calle ».
« J’ai reçu un mail de rupture. Je n’ai pas su répondre.
C’était comme s’il ne m’était pas destiné.
Il se terminait par les mots : Prenez soin de vous.
J’ai pris cette recommandation au pied de la lettre.
J’ai demandé à 107 femmes choisies pour leur métier, leur talent, d’interpréter la lettre sous un angle professionnel.
L’analyser, la commenter, la jouer, la danser, la chanter, la disséquer. L’épuiser ? Comprendre pour moi. Parler à ma place. Une façon de prendre le temps de rompre. A mon rythme.
Prendre soin de moi ».

   


Pour accompagner leurs interprétations, Sophie Calle a photographié ces femmes alors qu’elles découvrent le texte annonçant la rupture… Et cela donne aujourd’hui une originale et magnifique vignette postale, « La Correctrice ».
« Ce n’est pas un portrait de femme que je voulais proposer mais le portrait d’une lettre. J’ai donc choisi une femme cachée », parmi les 107 femmes – « 107 images potentielles » – réalisées pour la Biennale de Venise en 2007. Qu’elle a toutes mises au format du timbre, explique-t-elle. En procédant ensuite par élimination, en fonction de la lisibilité de l’image réduite au format du timbre.
Une ambiguïté avec la chasse
« J’avais une autre idée, sur l’attente, raconte Sophie Calle. Il s’agissait de deux chaises vides face à face, dans un grand pré, qui symbolisaient l’attente, le dialogue, la communication. Mais c’était peut-être plus difficile à percevoir ». Avec une légende qu’elle propose – « A l’espère » –, un mot qui renvoie aux chasseurs à l’affût, qui attendent le gibier… « Comme on peut attendre une lettre ». Mais il y avait une ambiguïté avec la chasse, « qui ne me gênait pas », mais qui rebutait La Poste.

   


La mise en page du timbre a été conçue avec l’aide de son éditeur, avec lequel elle réalisait un livre. Avec la marge de manœuvre restreinte qu’un timbre peut laisser. « Je voulais que le portrait soit visible, qu’il ne soit pas perdu. » « J’ai pris le sujet au pied de la lettre, littéralement », conclut-elle.

   


Le timbre, dont la valeur de 1,90 euro correspond au tarif de la lettre prioritaire de 21 à 100 grammes, au format horizontal 52 x 40,85 mm, mis en page par les Editions Xavier Barral, imprimé en héliogravure en feuilles de trente unités, a été tiré à 500 010 exemplaires (soit 16 667 feuilles). Un tarif idéal pour l’envoi des vœux en fin d’année, non sans une certaine ironie, « Prenez soin de vous » renvoyant à une rupture.

   


Sophie Calle était présente, le vendredi 19 octobre, lors de la vente anticipée en avant-première de son timbre, au Carré d’encre, à Paris, pour une exceptionnelle séance de dédicaces.
La Poste et l’art contemporain
Ainsi, La Poste qui montre son attachement pour l’art contemporain, fait très fort, après avoir sollicité en février Annette Messager pour un timbre nommé « Désir »…

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« J’ai vécu avec un collectionneur de très nombreuses années puisque c’était mon père », Bob Calle, qui « collectionnait l’art contemporain, le pop art », rappelle Sophie Calle… Ce qui lui permet d’expliquer que les collectionneurs d’art lui sont familiers.
Mais, le timbre lui est en revanche « un domaine tout à fait inconnu ». « C’est un public tout à fait nouveau pour moi » – et une plasticienne que les philatélistes vont découvrir sans nul doute de leur côté ! –, dit l’artiste en parlant des philatélistes – « Vous êtes les premiers que je vois dans ma vie, d’aussi près ! » -, en ajoutant qu’elle ne connaît que très peu de collectionneurs de son œuvre : « C’est pour cela qu’on a des galeries » !

   


Elle-même est une « collectionneuse effrénée, de plein de choses », avoue-t-elle. Elle a une « énorme collection d’animaux naturalisés » qui lui ont permis, il y a un an, d’exposer au Musée de la chasse et de la nature à Paris. Autre collection, des miniatures d’œuvres d’art, constituée à partir d’échanges avec des artistes, par manque de place pour conserver les originaux. Elle a enfin une grande collection de bijoux de deuil, « avec beaucoup d’objets en cheveu »… Des collections « qui ne sont pas obsessionnelles », tient-elle à préciser. On veut bien l’admettre…

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Pionnier à l’Ircam d’un métier mal connu, l’assistant musical de production s’est éteint à l’âge de 63 ans.
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Le compositeur Eric Daubresse est mort

Pionnier à l’Ircam d’un métier mal connu, l’assistant musical de production s’est éteint à l’âge de 63 ans.



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 14h56
    |

                            Pierre Gervasoni








                        



                                


                            

Le compositeur Eric Daubresse est mort lundi 29 octobre, à l’hôpital Necker, à Paris – où il était en traitement pour un cancer – quelques jours avant son 64e anniversaire. Féru d’informatique musicale, cet homme d’un naturel doux et disponible a trouvé sa voie comme assistant musical, une forme d’auxiliaire de composition, qu’il aborda en pionnier à l’Institut de recherche et de coordination acoustique/musique (Ircam), au début des années 1990.
Eric Daubresse est né le 2 novembre 1954 à Arras (Pas-de-Calais), où il entreprend des études musicales, poursuivies au conservatoire de Lille. Doté d’une formation scientifique, il s’intéresse très tôt à l’électroacoustique et fréquente le centre culturel Noroit, à Arras, où il suit notamment des stages organisés par le Groupe de recherches musicales (GRM). Il rencontre à cette occasion Guy Reibel dont il intègre la classe d’électroacoustique au conservatoire de Paris en parallèle, dans le même établissement, à des études de composition avec Ivo Malec.
En 1985, à sa sortie du conservatoire de Paris, il participe à la création du studio Prémis, conçu pour l’ensemble 2e2m et enseigne l’électroacoustique au conservatoire de Champigny-sur-Marne. Alain Huteau, percussionniste de 2e2m, s’associe alors à Eric Daubresse pour former le duo Spirale, à l’origine de nombreuses partitions pour percussion et électronique. Le vaste champ de la « musique mixte » (qui résulte de la confrontation des sources instrumentales et électroniques) est également exploré par Eric Daubresse au sein de l’ensemble Itinéraire.
Trait d’union entre recherche et création
En 1990, il fait son entrée à l’Ircam, le temple de l’informatique musicale fondé par Pierre Boulez (1925-2016). Marc Battier, alors responsable du département « Création », l’engage pour une opération ponctuelle qui débouche, deux ans plus tard, sur un poste d’assistant musical de production. A l’Ircam, il s’agit d’une première. Aucun représentant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ L’ouvrage revient sur l’attentat de « Charlie Hebdo » et raconte la lente reconstruction de l’auteur après sa grave blessure au visage.
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Le prix Femina pour Philippe Lançon et son livre « Le Lambeau »

L’ouvrage revient sur l’attentat de « Charlie Hebdo » et raconte la lente reconstruction de l’auteur après sa grave blessure au visage.



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 13h02
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 17h11
    |

            Jean Birnbaum








                        



   


Le prix Femina a été attribué au livre Le Lambeau de Philippe Lançon (Gallimard), lundi 5 novembre. A partir du moment où les jurées avaient placé cet ouvrage, sans aucun doute le texte le plus remarqué et célébré de l’année, dans leur dernière sélection, et sachant que le calendrier fait cette année du Femina le premier des grands prix littéraires attribués (deux jours avant le Renaudot, qui le comptait aussi parmi ses finalistes), il semblait peu probable que Le Lambeau ne soit pas le lauréat.
C’est un grand texte qui se voit ainsi couronné. Un livre magistral, revenu d’entre les morts. Publié au printemps, un peu plus de trois ans après l’attentat de Charlie Hebdo, où Philippe Lançon a été défiguré, la mâchoire emportée par une balle, Le Lambeau raconte comment ­ « celui qui n’était pas tout à fait mort » doit cohabiter avec « celui qui allait devoir survivre ».

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Un brûlant journal de deuil
Tentant de maintenir un lien avec le monde des vivants, décrivant cette béance, tout en racontant son parcours médical vers la reconstruction, Lançon hisse chaque évocation intime au niveau d’une méditation universelle sur notre temps, nos aveuglements : sa plume nous en met plein la gueule ; son visage défait exhibe tout ce que nous ne voulons pas regarder en face ; sa lucidité est une fidélité à l’enfant qu’il fut ; ses souvenirs d’enfance ressemblent déjà à nos souvenirs de guerre. C’est ce brûlant journal de deuil que les jurées du Femina ont récompensé.
Les autres romans en lice pour le Femina étaient Arcadie, d’Emmanuelle Bayamack-Tam (P.O.L), Trois enfants du tumulte, d’Yves Bichet (Mercure de France), Frère d’âme, de David Diop (Seuil), François, portrait d’un absent, de Michaël Ferrier (Gallimard), Idiotie, de Pierre Guyotat (Grasset) et Roissy, de Tiffany Tavernier (Sabine Wespieser).
Pierre Guyotat a reçu un prix Femina spécial pour l’ensemble de son œuvre. Le Femina étranger a été attribué à La Neuvième Heure, d’Alice Mc Dermott (Quai Voltaire), traduit par Cécile Arnaud, et le Femina essai à Gaspard de la nuit, d’Elisabeth de Fontenay (Stock).

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Le propriétaire du marché Paul-Bert - Serpette, Jean-Cyrille Boutmy, a signé un accord pour vendre aux enchères en ligne des objets confiés par certains exposants.
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Par  Roxana Azimi   Publié aujourd’hui à 13h01, mis à jour à 15h01   Lecture 2 min.     Partager sur Facebook Partager sur Facebook   Partager sur Twitter Partager sur Twitter   Envoyer par e-mail Envoyer par e-mail                        L’entrée du marché Paul-Bert - Serpette, à Saint-Ouen, en 2013. BERTRAND GUAY / AFP             Au marché Paul-Bert - Serpette, la plus grande concentration d’antiquaires des puces de Saint-Ouen, une partie des 350 marchands est vent debout contre le propriétaire des lieux, Jean-Cyrille Boutmy. Motif de leur courroux, le partenariat noué « sans concertation » avec la maison de ventes Millon pour vendre aux enchères en ligne des objets confiés par certains exposants du marché. Ces derniers présenteront du 9 au 11 novembre les œuvres sur leur stand, avant de les disperser, le 12 novembre à 18 heures, par le biais du site pbs-auction.com.          Les marchands qui se prêtent au jeu ne payent pas de frais vendeur. Les acheteurs devront en revanche débourser des frais de 16,5 % hors taxes. « Sur l’ensemble du marché, il y a 150 000 objets. L’idée est de vendre en ligne une petite centaine de lots. C’est de l’événementiel pour faire venir les gens », confie Jean-Cyrille Boutmy, qui souhaite tester l’opération sur quatre mois avec un programme de quatre à huit ventes. « Paul-Bert - Serpette n’a pas à devenir une succursale de Millon, rétorque le marchand Cyril Grizot, dans un courriel adressé à ses confrères. Ils veulent nous faire croire que cela va dynamiser nos ventes et nous donner plus d’importance sur la scène internationale, mais, en réalité, cela va dynamiter notre activité et nous prendre encore plus de parts de marché. »                    L’opération « marque la fin de l’hypocrisie »          Vendre aux enchères, n’est-ce d’ailleurs pas un aveu de faiblesse pour un marchand ? « C’est plutôt une opportunité », estime l’antiquaire Myriam Lallemand, qui a décidé de mettre en vente huit objets estimés entre 300 et 2 000 euros. Pour Alexandre Millon, l’opération « marque la fin de l’hypocrisie ». Et d’ajouter : « Les ventes de spécialités aux enchères sont montées à 20 % voire 50 % avec une marchandise provenant de professionnels. » Les opposants ne l’entendent pas de cette oreille. « Si nous passions notre temps à vendre aux enchères, pourquoi continuons-nous à payer des loyers de plus en plus exorbitants [entre 500 et 2 000 euros par mois] pour tenir des stands trois jours par semaine ? », lance une antiquaire qui souhaite rester anonyme.            Les réfractaires redoutent enfin un détournement de leurs fichiers acheteurs. « Les clients qui vont acheter par l’intermédiaire de PBS Auction sont surtout nos clients, martèle Cyril Grizot. S’ils sont dans nos allées, c’est qu’ils ne sont pas dans les salles des ventes ou derrière un ordinateur. » Cette polémique traduit un malaise plus profond. Malgré leur indéniable attraction touristique, les puces ne font plus rêver comme avant. « Nous sommes dans un marché de moins en moins dynamique, indique le marchand Frédéric Cordin, spécialiste des armes anciennes, qui a décidé de participer à l’opération. On vivait beaucoup le vendredi et le lundi. Aujourd’hui, il n’y a plus personne ces jours-là, hormis des marchands. Les promenades aux puces se raréfient. »          Les réfractaires redoutent précisément que les ventes aux enchères accélèrent ce mouvement et que les puces, vidées de leur substance, deviennent la proie des promoteurs. « Saint-Ouen va accueillir le village des Jeux olympiques en 2024, un nouvel hôpital en 2025. La ville attire beaucoup de monde, c’est facile d’accès. Combien d’appartements peut-on construire sur un terrain comme Paul-Bert - Serpette ? », s’inquiète un antiquaire. « Théorie du complot, réplique Jean-Cyrille Boutmy, qui a acheté Paul-Bert - Serpette pour environ 30 millions d’euros en 2014. Les puces sont classées pour leur ambiance. Il serait compliqué, voire impossible, de les raser, et ce n’est pas mon envie. »                                          Annonces immobilières avec Logic-Immo           PARIS 15 (75015) 355000 € 36 m2           PARIS 10 (75010) 745900 € 79 m2           PARIS 14 (75014) 840000 € 50 m2      Recherche                            Roxana Azimi           Voir les réactions      Dans la même rubrique                  Article réservé à nos abonnés « La malédiction de la finance » étouffe l’économie  Une nouvelle étude estime que, sur vingt ans, le Royaume-Uni a perdu l’équivalent de deux ans de produit intérieur brut à cause du poids excessif de la City.                         Article réservé à nos abonnés Les musées français cherchent à profiter des largesses des mécènes chinois  L’homme d’affaires hongkongais Jonathan Choi a décidé de financer à hauteur de 500 000 euros la dernière exposition de l’Institut du monde arabe.                      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Dans un entretien au « Monde », Arnaud Nourry, PDG d’Hachette Livre, passe en revue les débats qui agitent l’édition.                  Nearly a century of marijuana prohibition came to an end Wednesday as Canada became the first major Western nation to legalize and regulate its sale and recreational use. Scores of customers braved the cold for hours outside Tweed, a pot boutique in St John's, Newfoundland that opened briefly at midnight, to buy their first grams of legal cannabis.In total, Statistics Canada says 5.4 million Canadians will buy cannabis from legal dispensaries in 2018 -- about 15 percent of the population. Around 4.9 million already smoke.
 / AFP / Don MacKinnon
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Le documentaire de Marius Doïcov explore intelligemment un siècle de cinéma sur la Grande Guerre.
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« Filmer le chaos » : les tranchées, personnages de films

Le documentaire de Marius Doïcov explore intelligemment un siècle de cinéma sur la Grande Guerre.



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 12h30
    |

                            Antoine Flandrin








                        



   


Canal+ Cinéma, lundi 5 novembre à 23 heures, documentaire
Au cours des trente dernières années, de nombreux cinéastes français, britanniques et américains se sont emparés de la guerre de 14-18. Steven Spielberg, pour n’en citer qu’un, signait avec Cheval de guerre, en 2011, l’un des films de guerre les plus spectaculaires et les plus émouvants de la dernière décennie. Qu’est-ce qui pousse à faire un film sur la Grande Guerre ? Comment a-t-on filmé les tranchées et les assauts depuis un siècle ? Comment incarne-t-on un guerrier ?
Voici quelques-unes des questions que Marius Doïcov a posées à des cinéastes, des producteurs, des scénaristes, des acteurs, des écrivains et des historiens. Saluons l’audace de sa démarche : pour parler de cette guerre à l’occasion du centenaire, les réalisateurs ont moins proposé des films réflexifs que des documentaires à base d’images d’archives, privilégiant une mise en forme classique.
Ce qui fait surtout la force de ce documentaire, c’est la qualité des interventions
Saluons ensuite le montage intelligent et subtil : les souvenirs que Marc Dugain rapporte de son grand-père, gueule cassée qui ne put plus jamais embrasser sa grand-mère, sont illustrés, non par des extraits de La Chambre des officiers (2001), film adapté de son roman (JC Lattès, 1998), mais par des passages d’un autre film, Au ­revoir là-haut (2017), autre adaptation d’un roman, portant lui aussi sur un mutilé de guerre.
Ce qui fait surtout la force de ce documentaire, c’est la qualité des interventions. Celles d’un Bertrand Tavernier, qui, pour « reconstituer le chaos complet » des scènes de bataille de Capitaine Conan (1996), n’a pas adopté le point de vue des généraux, mais celui « des fantassins qui dégustent ». Celles d’un Jean-Pierre Jeunet, qui, pour filmer de haut les assauts des poilus dans Un long dimanche de fiançailles (2004), a dû mettre au point une « organisation quasi militaire ». Ou encore celles d’un Tony Bill, réalisateur de Flyboys (2006), décrivant les reconstitutions de scènes de batailles aériennes.
« Ivresse guerrière »
Les acteurs ne sont pas en reste. Philippe Torreton parle de « l’ivresse guerrière » qui est en nous, montrant sa parfaite compréhension du personnage qu’il a incarné dans Capitaine Conan. Acteur et auteur d’Au revoir là-haut, Albert Dupontel avoue le « plaisir ludique, un peu pervers, de jouer à la mort ». Iris Bry explique, pour sa part, comment les costumes qu’elle a portés dans Les Gardiennes (2017) l’ont aidée à entrer dans la peau des femmes qui, à l’arrière, s’occupaient des champs.
Les éclairages historiques d’Annette Becker sont précieux. Analysant le rôle de la tranchée qui fit, dès les années 1920, l’objet de différents usages idéologiques – les films patriotiques en firent le lieu de l’héroïsme des combattants, tandis que les pacifistes s’en servirent pour dénoncer les conditions dans lesquelles ils étaient morts –, elle explique comment les cinéastes, après la seconde guerre mondiale, ont cherché à traversla première guerre mondiale à parler de leur temps : dans Les Sentiers de la gloire (1957), Kubrick dénonçait la guerre du Vietnam. Joyeux Noël (2005), de Christian Caron, reflétait le besoin d’une mémoire transnationale de la guerre.
Insistant sur le rôle de transmission de l’histoire que peut avoir le cinéma, le film se veut un encouragement aux futures générations de cinéastes à se saisir de ce réservoir inépuisable d’idées qu’est la première guerre mondiale.

Filmer le chaos, de Marius Doïcov (France, 2018, 55 min). www.mycanal.fr



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Le téléfilm de Jean-Marc Montout évoque la métamorphose de l’écrivain, contraint à l’exil sous le règne de « Napoléon le Petit ».
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« Victor Hugo, ennemi d’Etat » : de l’homme du monde au champion du peuple

Le téléfilm de Jean-Marc Montout évoque la métamorphose de l’écrivain, contraint à l’exil sous le règne de « Napoléon le Petit ».



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 12h00
    |

                            Philippe-Jean Catinchi








                        



   


France 2, lundi 5 novembre à 21 h 10, téléfilm
Février 1848, la République renaît dans la faillite de la monarchie de Juillet, renversée par la rue. Décembre 1851, elle est mise à mort par le coup d’Etat orchestré par Louis Napoléon Bonaparte, soucieux de confisquer le pouvoir qu’une élection démocratique ne lui accordait que pour quatre ans. Comment en vient-on en aussi peu de temps à basculer du statut d’écrivain unanimement salué, pair de France et soutien du parti de l’ordre, à celui d’« ennemi d’Etat » dont la tête est mise à prix avant que la proscription ne vous contraigne à l’exil ?
C’est ce qu’entend faire comprendre cette évocation, précise et strictement menée par Sophie Hiet et Jean-Marc Moutout, du moment charnière où Victor Hugo abandonne les nostalgies monarchiques pour incarner une opposition frontale au régime despotique qui prépare le rétablissement de l’empire. Savamment, les auteurs tissent avec finesse les liens entre vie familiale, vie sentimentale et vie politique de Hugo. Les fils de l’écrivain, Charles et François-Victor, s’engagent eux-mêmes dans le combat républicain, sans les atermoiements du « pèrissime », tandis que leur sœur Adèle tente d’échapper au spectre de son aînée Léopoldine.
Désordres amoureux
Les désordres amoureux d’un homme qui aime plaire et ne sait pas choisir – en marge d’une épouse qu’il respecte mais néglige, Hugo (Yannick Choirat) se partage entre ses deux maîtresses, Juliette Drouet (Isabelle Carré), devenue depuis des lustres une confidente et une collaboratrice dans la mise au net du grand roman social qu’il projette, ces Misères qui deviendront Les Misérables, et la jeune Léonie d’Aunet (Erika Sainte) qu’il a lâchement laissé incarcérer pour adultère – n’en font pas un champion du rétablissement du divorce, s’il reste celui de l’abolition de la peine de mort.
C’est du reste à l’Assemblée, où il défend une politique sociale qui reclasse ce conservateur modéré toujours plus à gauche, et dans les locaux de L’Evénement, le journal qu’il lance pour diffuser ses idées auprès du plus grand nombre, que s’opère la métamorphose de l’homme du monde en champion du peuple. Passé le 2 décembre 1851, ne reste que la voie de l’exil, d’où le nouvel Hugo tonne contre « Napoléon le Petit » avant de devenir une icône républicaine.

Victor Hugo, ennemi d’Etat, de Jean-Marc Montout (Fr., 2018, épisodes 1 et 2 (sur 4), 2 × 50 min). www.francetelevisions.fr



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Le photographe Paul Reas s’intéresse à la culture populaire de l’Angleterre. Dans sa série « I Can Help » (1988), il dénonce avec ironie la société d’hyperconsommation et le libéralisme des années Thatcher.
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L’Angleterre des années 1980 au supermarché


                      Le photographe Paul Reas s’intéresse à la culture populaire de l’Angleterre. Dans sa série « I Can Help » (1988), il dénonce avec ironie la société d’hyperconsommation et le libéralisme des années Thatcher.



M le magazine du Monde
 |    05.11.2018 à 10h33
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 10h36
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








   


Des montagnes de produits qui dépassent d’un chariot, de la viande sous cellophane, des glaces, de l’épicerie… Et du plastique, du plastique, du plastique. Les couleurs sont criardes et primaires, le rouge domine. Chacun reconnaîtra au premier coup d’œil, dans les photos de Paul Reas, des scènes traditionnelles de supermarché, comme il s’en déroule quotidiennement à travers le monde. Celles-ci datent du Royaume-Uni des années 1980. « C’est le moment où nous sommes passés de la génération du “nous” à la génération du “moi”, avec une obsession pour les achats, une culture individualiste », estime aujourd’hui le photographe britannique, qui présente le 9 novembre une rétrospective au salon Paris Photo. Paul Reas ne juge pas : « Je ne prends pas de photos de gens, mais de systèmes dans lesquels se trouvent des gens. Mon travail est une critique de Thatcher et des changements qu’elle a apportés à notre société, en négatif à mon avis. »
L’humour des Monty Python et de Martin Parr
Ce n’est pas une observation extérieure, détachée. Paul Reas documente ce qu’il reconnaît faire lui-même au quotidien. « Mon travail était une réaction à la tendance d’alors de s’occuper de sujets toujours plus exotiques, de photographier “les autres”, la différence. Je voulais m’occuper de ma vie de tous les jours. » Alors il regarde d’un œil ironique l’étrangeté de cette société. Une femme portant un pull constellé de petits cochons roses se penche sur des monceaux de viande sous cellophane, mettant en perspective notre curieuse relation aux animaux. Un homme, cigarette aux lèvres, choisit un papier peint décoré d’un soldat armé pour la chambre de son fils : « Imagine-t-on l’impact de ce dessin sur cet enfant ? » Paul Reas estime faire partie de cette tradition d’humour anglais, citant les Monty Python, le photographe Martin Parr (son tuteur à l’université) ou même le peintre du XVIIIe siècle, William Hogarth. « Il s’agit de satire. »
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Paul Reas
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Maçon de formation, un métier qu’il a exercé pendant près d’une décennie, né en 1955 et élevé par sa mère seule dans une banlieue pauvre de Bradford, dans le nord de -l’Angleterre, Paul Reas a toujours tenté de s’approcher de sa réalité quotidienne, sans fard ni filtre. Il a commencé en photographiant en noir et blanc les gueules cassées des mineurs ou le chômage de masse et la pauvreté de Penrhys Estate, une cité pauvre du Pays de Galles. Pas de romantisme dans ces photos ni de sourire en coin à la Robert Doisneau.
« En revoyant mon travail sur la durée, je m’aperçois que tous les éléments qui nous ont menés au Brexit étaient là. »
Le photographe passe à la couleur pour sa série I Can Help (1988) sur les supermarchés et les centres commerciaux. Il obtient un accès sans difficultés, presque sans limites. « Ce ne serait plus possible aujourd’hui, tous ces magasins ont maintenant une conscience aiguë de leur image. »
Après ce travail, qui a rencontré un grand succès, Paul Reas s’est intéressé à la façon dont la société s’est mise à revisiter, de manière romantique, les anciennes usines et les mines d’antan. Plus récemment, il a suivi dans le sud de Londres une communauté populaire progressivement chassée de son quartier à la faveur d’un réaménagement urbain. « En revoyant mon travail sur la durée, je m’aperçois que tous les éléments qui nous ont menés au Brexit étaient là. Il y a eu la désindustrialisation, le chômage de masse, la façon dont les classes populaires ont été écartées de la politique, puis les populistes et les nationalistes qui se sont engouffrés dedans… Ma propre culture populaire a été marginalisée. »
Fables of Faubus, de Paul Reas, Gost Books, 240 p., 43 €. Signature du livre le 9 novembre à 17 heures à Polycopies, stand de Gost Books, sur le bateau Concorde Atlantique, face au 23, quai Anatole-France, Paris 7e.



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ L’Angleterre de Thatcher est marquée par une consommation de masse individualiste et débridée. Dans sa série « I Can Help » (1988), le photographe Paul Reas porte un regard ironique sur ce phénomène.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Aux Ateliers Berthier, à Paris, Alexander Zeldin ausculte la tragédie de l’exclusion de manière concrète et sensible.
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Théâtre : « LOVE », dans l’intimité de la souffrance sociale

Aux Ateliers Berthier, à Paris, Alexander Zeldin ausculte la tragédie de l’exclusion de manière concrète et sensible.



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 09h42
    |

                            Fabienne Darge








                        



                                


                            

Une claque. Et, on en prend le pari, une découverte majeure : c’est LOVE, qui ne joue malheureusement que quelques soirs aux Ateliers Berthier, à Paris, dans le cadre du Festival d’automne, puis, à la mi-novembre, à la Comédie de Valence. On n’avait jamais vu la souffrance sociale de cette manière-là, au théâtre. On en sort ébranlé comme rarement.
LOVE convie les spectateurs, de manière très proche, dans l’intimité de plusieurs êtres réunis par hasard, à la veille de Noël, dans un foyer d’urgence de l’aide sociale britannique. Il y a là un homme d’âge moyen, qui vit avec sa mère malade ; une famille composée d’un jeune père de deux préados et de sa nouvelle compagne, métisse et enceinte ; une exilée soudanaise et un réfugié syrien. Aucun d’eux n’a un travail, sauf, peut-être, le réfugié syrien, qui passe comme une ombre furtive et occupe sans doute un emploi clandestin. Tous attendent, certains depuis des mois, leur installation dans le logement définitif qu’on leur a promis.
C’est le travail sur le réalisme qui est passionnant ici : un réalisme qui ne décalque pas la réalité mais la condense, l’intensifie
Pendant une heure et demie d’une densité presque insoutenable, la pièce ausculte la tragédie de l’exclusion de manière on ne peut plus concrète et sensible, dans cet espace de promiscuité où chacun vit sous le regard des autres, où tous se voudraient un peu plus chanceux, un peu plus « inclus » que les autres. C’est le travail sur le réalisme qui est passionnant ici : un réalisme qui ne décalque pas la réalité mais la condense, l’intensifie et la donne à éprouver de manière quasi charnelle.
On doit cette pièce d’une force peu commune, qui triomphe un peu partout en Angleterre depuis sa création, en 2016, à un jeune auteur et metteur en scène britannique de 33 ans, qui vient pour la première fois en France, mais dont le patronyme est loin d’être inconnu de ce côté-ci de la Manche : Alexander Zeldin. Il n’est pas le fils...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ A partir d’objets chinés, l’artiste a conçu de poétiques assemblages.
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Exposition : le cabinet de curiosités baroque de Philippe Favier

A partir d’objets chinés, l’artiste a conçu de poétiques assemblages.



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 09h40
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 09h54
    |

                            Emmanuelle Lequeux








                        



                                


                            

La Chine est un continent si riche que Philippe Favier la met au pluriel. Un fou du mandarin ? Non, pour ses pérégrinations, le plasticien de 61 ans se contente des puces et autres vide-greniers. C’est là qu’il puise la matière première de ses mises en scène. Comme il le fait depuis près de quarante ans, il a donc écumé tout ce que la France compte de brocantes à trois sous à l’occasion de Chine.s, son exposition au centre d’art Campredon de l’Isle-sur-la-Sorgue, dans le Vaucluse. Il en a rapporté boîtes à bijoux burinées et valises d’antan, jouets abandonnés et instruments bizarres, antiques feuilles de notaires et gravures d’inventaire du château de Versailles.
A partir de ce matériel, cet artiste rare, dont il est exceptionnel de voir un ensemble d’une telle ampleur, produit une œuvre hors d’âge. Tous ces objets trouvés, il les recombine, les repeint, les retaille ; il les émaille, les entaille d’une foule de personnages, leur dessine des microcosmes fourmillant de détails. A mille lieues des modes actuelles, son esthétique précieuse est l’héritière des cabinets de curiosités comme des divagations surréalistes.
Bestiaire fantastique
Flirtant avec les limites du rocaille, elle exige souvent de bonnes lunettes, tant elle relève de l’enluminure. Ainsi de cet antiphonaire du XVIIIe siècle, recueil des chants entonnés durant une messe : Favier en envahit les partitions d’un bestiaire fantastique et d’une danse macabre pleine d’allégresse. Car la mort est bien sûr une figure omniprésente dans ces vanités contemporaines. Pas une salle sans crâne ou squelette : qu’elles envahissent de vieux échiquiers passés au noir, des relevés cadastraux ou un catalogue d’ameublement, les inquiétantes silhouettes surgissent sans crier gare.
Avec ses assemblages de puzzle, Philippe Favier nous rappelle que « l’on est enfant trop tôt » et que le jeu est la plus sérieuse des occupations
Mais il y a aussi beaucoup de légèreté dans le projet de celui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ La fondation inaugure le 6 novembre des locaux plus spacieux à Paris avec une rétrospective de Martine Franck.
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Photographie : de nouveaux quartiers pour Cartier-Bresson

La fondation inaugure le 6 novembre des locaux plus spacieux à Paris avec une rétrospective de Martine Franck.



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 08h55
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 09h20
    |

            Claire Guillot








                        



                                


                            

Henri Cartier-Bresson (1908-2004) a signé d’inoubliables portraits de ses contemporains, mais lui-même refusait d’être photographié, et il sortait un couteau de sa poche pour décourager toute tentative de voler son image. Le fondateur de l’agence Magnum, qui a marqué l’histoire de la photographie avec ses images fulgurantes, n’a pas non plus fait beaucoup d’autoportraits. Celui qui est accroché à la Fondation Cartier-Bresson, à Paris, confirme à la fois son rejet de l’exercice et son humour facétieux : en 1933, en voyage en Italie avec ses amis l’écrivain André Pieyre de Mandiargues et l’artiste Leonor Fini, il s’allonge sur un mur et photographie… ses pieds, avec le paysage en contrebas.
C’est ce drôle de « selfeet » (« selfie de pieds ») avant l’heure, reproduit sur une grande affiche, accompagné d’autres images commentées, qui accueille les visiteurs dans la toute nouvelle Fondation Henri Cartier-Bresson (HCB) : celle-ci vient de quitter sa tranquille impasse près de Montparnasse pour s’installer dans un immeuble tout neuf au cœur du quartier animé du Marais, à Paris. « Les visiteurs de passage, surtout ceux venant de l’étranger et de la province, venaient pour voir du Cartier-Bresson et ils étaient souvent déçus qu’il n’y ait pas plus d’images de lui, souligne le directeur, François Hébel. Ici, il y aura toujours cet espace à l’entrée, intitulé “perles des archives”, qui revisite quelques-unes de ses images et revient sur leur lecture qui évolue. L’espace d’exposition, qui peut être coupé en deux, nous permettra aussi de faire des focus sur Cartier-Bresson en plus de l’exposition du moment. » 
D’énormes travaux ont transformé un ancien garage de voitures en un lieu d’exposition et de conservation climatisé et dernier cri de 900 mètres carrés
D’énormes travaux ont transformé un ancien garage de voitures sur plusieurs étages dotés d’une rampe massive, au fond d’une cour, en un lieu d’exposition et de conservation climatisé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ La Fondation Henri Cartier-Bresson présente des images à l’élégance classique, qui portent un regard doux sur les femmes ou les personnes âgées.
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Exposition : Martine Franck, portrait d’une photographe empathique

La Fondation Henri Cartier-Bresson présente des images à l’élégance classique, qui portent un regard doux sur les femmes ou les personnes âgées.



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 08h54
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 08h56
    |

            Claire Guillot








                        



                                


                            

Pour inaugurer les nouveaux locaux de la Fondation Henri Cartier-Bresson, Agnès Sire, directrice artistique du lieu, ne pouvait imaginer autre chose qu’une exposition de Martine Franck. La photographe, épouse de Henri Cartier-Bresson, a été en effet l’instigatrice et la cheville ouvrière de l’institution, dont elle fut présidente jusqu’à sa mort, en 2012. « Martine Franck s’est épanouie dans ce projet. Elle qui s’est toujours intéressée aux sujets sociaux avait un peu un complexe de fille de riches, explique Agnès Sire. La fondation lui a permis de consacrer sa fortune familiale à un projet qu’elle destinait à la communauté, d’acheter un lieu qui préserve l’œuvre de Cartier-Bresson, mais aussi celle d’autres photographes. » 

Dès le début, les deux femmes ont travailléen tandem : « Elle ne m’a jamais rien imposé, ni refusé », souligne Agnès Sire. En 2012, les archives de Martine Franck ont rejoint celles d’Henri Cartier-Bresson, mais la photographe, fidèle à sa discrétion habituelle, a refusé que le nom de la fondation change.
Rencontres et engagements
L’exposition et le livre, élaborés avec Martine Franck alors qu’elle se savait malade, se lisent comme un hommage et un portrait en creux d’une artiste au regard doux et à la volonté tenace. Accrochées en constellation sur le mur vert céladon, de façon chronologique, les images en noir et blanc à l’élégance classique racontent aussi bien l’époque dans laquelle Martine Franck a baigné que ses rencontres et ses engagements : les mouvements sociaux des années 1960, les femmes, l’enfance et la vieillesse, les artistes, les îles Britanniques, l’Asie…
En 1970, lorsque Martine Franck épouse Henri Cartier-Bresson, de trente ans son aîné, lui a déjà abandonné la photographie. De son côté, elle a tracé son chemin : après un voyage initiatique en Extrême-Orient avec son amie Ariane Mnouchkine, dont elle suivra l’aventure au Théâtre du Soleil, elle...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Le chorégraphe grec est au Théâtre des Abbesses avec « Ion » et une dizaine de danseurs torse nu sur scène.
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Danse : l’essaim de Christos Papadopoulos

Le chorégraphe grec est au Théâtre des Abbesses avec « Ion » et une dizaine de danseurs torse nu sur scène.



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 08h22
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            

Un clic et des dizaines de Christos Papadopoulos surgissent sur l’écran. Un seul est danseur et chorégraphe. « J’ai un nom tellement banal en Grèce que c’est presque une blague, glisse ce trentenaire souriant. Chez nous, au lieu de dire : “Il était une fois un homme”, on dit : “Il était une fois un Papadopoulos”. » Et donc, trois ans seulement après la création de sa compagnie Leon & the Wolf, basée à Athènes, avec trois pièces à son tableau d’honneur, ce Papadopoulos-là se hisse pour la seconde fois à l’affiche du Théâtre de la Ville-Les Abbesses, à Paris, avec Ion.
Tout file vite pour Papadopoulos ? Oui et non. Ses bagages pèsent déjà lourd. Il appartient au cercle des interprètes et amis du chorégraphe et plasticien vedette Dimitris Papaioannou. Il a joué dans sa mise en scène des cérémonies des Jeux olympiques d’Athènes en 2004. « J’interprétais le lanceur de javelot qui fait surgir de la mer la statue d’une tête cycladique », rappelle-t-il en mimant le geste athlétique.
Christos Papadopoulos, chorégraphe : « Avec Dimitris [Papaioannou], on formait une famille avec beaucoup de liberté dans les échanges au travail. Nous avions le luxe du temps »
Il collabore ensuite avec Papaioannou de 2005 à 2009 : « Nous avons été à l’affiche en 2006 avec son spectacle “2” pendant quatre mois au Théâtre Pallas, dont la jauge est de 1 900 spectateurs, et avons fait salle comble chaque soir. Avec Dimitris, on formait une famille avec beaucoup de liberté dans les échanges au travail. Nous avions le luxe du temps. Sa méthode de création m’a illuminé. Je continue à lui parler régulièrement et répète parfois dans ses studios. En revanche, je ne suis pas inspiré comme lui par la mythologie grecque. »
Nature d’abord, au premier plan. Christos Papadopoulos est né et a grandi dans le petit village de Némée, dans le Péloponnèse. Son grand-père était viticulteur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Fille de Clara et André Malraux, elle avait travaillé auprès d’Alain Resnais et François Truffaut.
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Florence Malraux, assistante-réalisatrice, est morte

Fille de Clara et André Malraux, elle avait travaillé auprès d’Alain Resnais et François Truffaut.



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 08h06
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

Fille de Clara et André Malraux, figure parisienne des années 1950, assistante-réalisatrice, entre autres, d’Alain Resnais dont elle fut l’épouse, membre de plusieurs institutions cinématographiques, Florence Malraux est morte mercredi 31 octobre à Paris. Elle avait 85 ans.
Elle naît le 28 mars 1933 à Paris. La même année, son père devient célèbre avec la publication de La Condition humaine. Lorsque ses parents se séparent, au début de la seconde guerre mondiale, la petite Florence accompagne sa mère dans le sud de la France, à Toulouse, puis à Montauban. Elle est le témoin de l’engagement de Clara Malraux dans la résistance. A cette époque, elle rencontre Edgar Morin, alors étudiant et bientôt lui aussi résistant, qui restera son ami.
A la Libération, elle revient à Paris, où elle se lie d’amitié avec Françoise Quoirez, qui n’est pas encore Sagan, et compte parmi les premiers lecteurs du manuscrit de Bonjour tristesse. Le nom de Florence Malraux revient, avec celui de Bernard Frank ou Claude Perdriel, dans la chronique des nuits parisiennes que traversait la jeune romancière.
« Faire rayonner l’œuvre de son père »
En 1961, la fille du désormais ministre de la culture du général de Gaulle signe le Manifeste des 121 qui soutient l’insoumission et la solidarité avec les insurgés en Algérie. C’est le début d’une longue brouille avec André Malraux. En même temps, elle se tourne vers le cinéma. Elle assiste François Truffaut sur le tournage de Jules et Jim (1962), sans que son nom soit mentionné au générique. L’année précédente, elle a occupé le même poste – seconde assistante – sur le plateau de L’Année dernière à Marienbad, d’Alain Resnais (l’autre second assistant du film a pour nom Volker Schlöndorff). C’est le début d’une collaboration, puis d’un mariage, qui dureront jusqu’à I Want to Go Home, en 1989, en passant par Muriel, Providence, Mon Oncle d’Amérique ou Mélo.
Florence...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ La chanteuse américaine présente son nouvel album, « Ruby », le 7 novembre, à la Salle Pleyel, à Paris.
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Article sélectionné dans La Matinale du 04/11/2018
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Soul : les mille nuances de Macy Gray

La chanteuse américaine présente son nouvel album, « Ruby », le 7 novembre, à la Salle Pleyel, à Paris.



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 09h27
    |

                            Stéphanie Binet








                        



                                


                            

Macy Gray arrive en chaussons à la réception d’un hôtel de Bruxelles, où elle joue le soir même, avant son concert parisien du 7 novembre, à la Salle Pleyel. A peine descendue du bus de sa tournée européenne, elle s’est mise à l’aise, avant une série d’entretiens, pour défendre son dixième album, Ruby, certainement un des plus réussis de sa carrière, car il marie à merveille sa voix doucement éraillée à des compositions jazz concoctées par des producteurs plutôt habitués jusque-là à la pop.

Si, à 51 ans, la chanteuse a pourtant l’air fatigué en ce début d’après-midi, ce n’est ni à cause de ses concerts – il n’en paraîtra rien dans la soirée – ni à cause de ses rencontres avec les médias : « Mes trois enfants sont en tournée avec moi, explique-t-elle, ils me rendent folle. Ils ont 21, 22, 23 ans, et on dirait qu’ils en ont 4 ou 8. Je pensais que ça allait être drôle de les emmener mais, en fait, ils m’embêtent tout le temps. »
Une voix « de dessin animé »
Quand sa carrière décolle, en 1999, grâce à son tube international, I Try, Natalie Renee ­McIntyre est déjà une jeune mère de famille, fraîchement divorcée, avec trois chérubins sur les bras. Partie vivre dans l’Ohio auprès de sa mère, professeure de mathématiques, elle a déjà renoncé à son rêve de devenir scripte dans le cinéma, de chanter les classiques de Nina Simone et de Frank Sinatra dans son groupe de jazz et d’écrire pour les autres. L’éditeur phonographique Jeff Blue va la convaincre de revenir à Los Angeles et d’utiliser cette voix si particulière – une voix « de dessin animé » comme elle s’en amuse encore – pour ­chanter ses propres textes. Bien lui en prend : son premier album, On How Life Is, se vend à plus de 7 millions d’exemplaires dans le monde.

Depuis, Macy Gray a appris à maîtriser les aléas de sa carrière, et surtout sa voix : « Ça fait tellement longtemps que je chante, résume-t-elle,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Mehdi Derfoufi, chercheur-enseignant en études cinématographiques, revient sur le jeu vidéo, sa représentation de la conquête de l’Ouest et la place marginale accordée aux minorités.
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« On peut parler pour “Red Dead Redemption 2” de mélancolie masculine blanche »

Mehdi Derfoufi, chercheur-enseignant en études cinématographiques, revient sur le jeu vidéo, sa représentation de la conquête de l’Ouest et la place marginale accordée aux minorités.



LE MONDE
 |    04.11.2018 à 12h07
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 09h11
    |

            William Audureau








                        



   


Mehdi Derfoufi, chercheur associé à l’université Sorbonne-Nouvelle (Paris-III), enseignant à l’université d’Illinois à Paris et spécialiste des questions post-coloniales au cinéma et dans les jeux vidéo, a répondu durant trois heures le mardi 30 octobre aux questions des lecteurs du Monde sur Red Dead Redemption 2 (RDR2), la superproduction de Rockstar Games sortie fin octobre.
Il livre son analyse basée sur le visionnage du chapitre IV de l’aventure, qui se déroule dans l’équivalent de la Louisiane en 1899. Mehdi Derfoufi évoque ainsi la représentation de la mythologie occidentale de la conquête de l’Ouest dans le jeu, ainsi que de la place marginale qu’elle laisse aux Noirs et aux Amérindiens.

        Compte rendu :
         

          premières impressions après cinq heures de jeu sur « RDR2 »



Dedrak : Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre sujet de recherche ?
Mehdi Derfoufi : Vaste sujet que le champ des études post-coloniales ! C’est avant tout une manière d’approcher les productions culturelles actuelles qui positionne l’expérience coloniale comme centrale, comme matrice de l’époque actuelle. L’Orientalisme de Edward Saïd [Seuil, 1980] est un classique fondateur de cette approche.
von_yaourt : Le besoin de créer du jeu (dans son acception ludique) n’est-il pas une limite évidente à votre champ de recherche sur le jeu vidéo, au contraire du cinéma ? Même si la démarche est pertinente sur RDR2 qui n’est qu’un film ouvert mal déguisé dans un jeu sans gameplay…
C’est un peu exagéré de dire qu’il n’y a pas de gameplay dans RDR2, non ? Mais votre question n’est pas sans intérêt. Bien sûr, l’analyse des représentations est bien plus évidente sur des jeux très narratifs qui proposent une identification à des personnages, un imaginaire, etc.
Mais dans d’autres types de jeux, on peut aussi noter des fondements tels que l’accumulation, la progression, la linéarité, le principe d’apprentissage par échec et récompense. Tout cela correspond à des notions culturelles qui ne sont pas forcément évidentes pour toutes les sociétés à travers toutes les époques.
Dans Red Dead Redemption 2, on se promène par exemple parfois dans des paysages quasi-déserts. C’est vraiment un élément important : un des plaisirs du jeu repose sur l’exploration mais aussi l’appropriation progressive du territoire, une appropriation qui se matérialise sur la carte, à travers les marqueurs. Dans la conquête coloniale, la cartographie est à la fois un outil de conquête et de contrôle d’un territoire et une représentation visuelle et imaginaire de ce contrôle.

        Analyse :
         

          « Red Dead Redemption 2 » a-t-il été surnoté par la presse ?



Jmye : Le principe de la conquête de l’Ouest n’était-il pas d’offrir à chacun un bout de terre où il pouvait construire le mode de vie ou la société qu’il désirait ? La liberté au gré du paysage infini ?
Disons que c’était un des éléments, mais il y a différents niveaux politiques à cette conquête – à commencer par des objectifs étatiques d’expansion territoriale et de contrôle des ressources. Le concept de « destinée manifeste » émerge au milieu du XIXe siècle pour justifier moralement l’annexion des territoires de l’Ouest. Il s’agit de défendre l’idée que les Etats-Unis avaient une sorte de « mission divine » dans leur rôle de conquête et d’aménagement des terres « sauvages ».
L’opposition entre civilisation et « sauvagerie » assimile à des espaces géographiques des identités raciales. Les « Peaux-Rouges » sont des « sauvages » qui font corps avec la nature, les « hommes blancs », les « pionniers », sont des êtres civilisés qui doivent faire l’apprentissage – pour survivre – des règles qui régissent cet espace sauvage, afin de le contrôler progressivement en vue de le domestiquer (littéralement en faire une maison, un lieu habitable, c’est-à-dire civilisé)

   


EnColt & Bretelles : Sur la géographie justement, n’y a-t-il pas deux espaces différents suivant que l’on se place du côté des minorités ou du mâle blanc colonisateur ? Que ce soit en termes de lieux fréquentés – je pense notamment à la dualité entre ville et campagne – ou de « périmètre » de vie…
Oui, tout à fait. RDR2 s’inscrit comme tout bon western dans un système d’oppositions binaires entre nature et culture, civilisation et espaces sauvages, ville et campagne, et évidemment il est assez facile de voir où se placent l’homme blanc et l’Amérindien dans ce schéma. Le récit du jeu s’inscrit dans ce schéma sans trop le perturber, dans la continuité du premier opus, qui travaillait toutefois davantage, il me semble, la question de la frontière avec le Mexique.
L’avantage est que ce type d’opposition parle à tout le monde et est assez utile en termes dramaturgiques. Mais on peut proposer de sortir de ce schéma et rappeler que « civilisation » n’égale pas nécessairement « ville » ou « sédentarité », ou que les Amérindiens n’étaient pas tous des nomades, etc.
Le mythe de la terre vierge, par exemple, sert à justifier la conquête, mais les espaces dits « sauvages » ne l’étaient pas vraiment… A propos de la « découverte » de l’Amérique et du mythe de l’Amazonie comme enfer vert, on peut lire les livres suivants : Amazonie, les 12 travaux des civilisations précolombiennes, par Stéphen Rostain [Belin, 2017], et 1493, comment la découverte de l’Amérique a transformé le reste du monde, par Charles C. Mann [Albin Michel, 2013].

        Compte rendu de tchat avec le chercheur en études cinématographiques Alexis Blanchet :
         

          « Rockstar restitue le cinéma hollywoodien sous une forme autant narrative que spatiale »



Lutin : Red Dead Redemption 2 recherche-t-il le réalisme de l’époque du Far West, ou reproduit-il les stéréotypes de l’époque ?
A mon avis, dans RDR2, on est davantage dans un réalisme d’époque, qui manque l’occasion de déconstruire des stéréotypes raciaux. Par exemple, on y trouve le terme « darky » en anglais, traduit par « nègre » en français, qui est un terme la plupart du temps banni dans le contexte anglo-saxon en raison de sa violence raciste. Par ailleurs, dans une mission avec deux forçats, le héros intervient en arbitre, mais le forçat évadé blanc n’est pas traité sur le même plan que le forçat noir, qui est tenu à l’écart.
Mais ça paraît cohérent avec le discours des créateurs qui, comme le disait récemment Dan Houser, essaient de « ressusciter un monde disparu ». Dans ce monde, ce qui les intéresse est clairement le point de vue de l’aventurier blanc, plutôt que celui des victimes de l’expansion étasunienne (les Amérindiens, les Noirs…). [Le jeu développe davantage le point de vue des Amérindiens dans le chapitre VI, dont M. Derfoufi n’avait pas connaissance lorsqu’a eu lieu cette session de questions & réponses]

        Analyse :
         

          Le jeu vidéo, voix naissante des peuples marginalisés



Supermeul : N’est-ce pas un peu comme la nostalgie actuelle aux Etats-Unis sur la période des années 1950-1960, où tout était bien mieux – sauf pour les femmes, les homosexuels et les minorités ?
Très juste, la nostalgie est d’ailleurs un ressort puissant de RDR2 comme du premier opus. On parle souvent à propos de lui de mélancolie, d’errance contemplative. L’identification au jeu fonctionne pas mal sur le sentiment de perte d’un monde disparu et de redécouverte et d’immersion dans ce monde. Je pense qu’on peut parler de mélancolie masculine blanche, qui est aussi une manière très contemporaine de gérer le sentiment de culpabilité des crimes coloniaux.
Kob : Existe-t-il des jeux vidéo dans lesquels est retransmis le vécu des minorités, non pas dans les objectifs du jeu, mais dans ses mécaniques ?
Les premiers jeux à ma connaissance à poser la question raciale en termes de gameplay et pas seulement de représentations doivent être Méwilo et Freedom de Muriel Tramis et Patrick Chamoiseau, en 1987 et 1988.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ L’acteur franco-canadien s’était longtemps cantonné aux rôles de jeunes premiers. Dans « Un amour impossible », il interprète un séducteur pervers.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤                
                                       
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Niels Schneider : « Des spectateurs m’ont dit qu’ils avaient envie de me frapper. J’étais très heureux »


                      L’acteur franco-canadien s’était longtemps cantonné aux rôles de jeunes premiers. Dans « Un amour impossible », il interprète un séducteur pervers.



M le magazine du Monde
 |    04.11.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
04.11.2018 à 13h31
    |

                            Maroussia Dubreuil








                              

                        

Cette fois, Niels Schneider joue un méchant. « Un vrai salaud », renchérit le jeune acteur. Dans Un amour impossible, l’adaptation au cinéma du roman autobiographique de Christine Angot, paru en 2015, Philippe, fils de bonne famille, séduit une jeune secrétaire à Châteauroux, dans les années 1950. Beau, lâche et brillant, il ne lui passe aucune faute de français, refuse de l’épouser et finira par abuser de leur enfant, quelques années plus tard. « Pas une page du scénario ne venait rattraper cette raclure, souligne Niels Schneider. C’est la première fois que je me frottais à un personnage totalement condamnable. » Jusque-là sa beauté angélique avait souvent été prise pour argent comptant : objet de désir dans J’ai tué ma mère (2009) et Les Amours imaginaires (2010), de Xavier Dolan, amant spectral dans Les Rencontres d’après minuit (2013), de Yann Gonzalez, et prince charmant percussionniste dans Belle dormant (2016), d’Adolfo Arrieta.
« Ça me paraît absurde de choisir ses rôles en fonction d’un capital sympathie. » Niels Schneider
Niels Schneider, 31 ans « a été courageux, reconnaît la réalisatrice Catherine Corsini. “C’est atroce le mal que je fais. Je n’en peux plus”, disait-il souvent. » Petit à petit, l’acteur sent Philippe le ronger. Le week-end, à Châteauroux, il décompresse sur les rives du lac de Belle-Isle où les amateurs de sports nautiques viennent y chercher un peu de fraîcheur, en été. « Mais il n’y avait pas grand-chose à faire. Tout le monde me racontait sa petite anecdote avec Gérard Depardieu ou Michel Denisot, qui sont originaires du coin. C’était tout, décrit Niels Schneider. J’ai donc pu rester focalisé sur Philippe. Catherine Corsini m’incitait à voir des films avec Maurice Ronet, Ascenseur pour l’échafaud ou Le Feu follet. Mais Ronet m’émeut, il est le versant triste d’Alain Delon. »

Il...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Je ne serais pas arrivée là si... Cette semaine, l’actrice belge confie son « coup de foudre intellectuel et amical » pour la réalisatrice Justine Triet.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Le musicien de jazz, un habitué des festivals français de Juan-les-Pins et de Marciac, s’est éteint à l’âge de 49 ans.
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Article sélectionné dans La Matinale du 03/11/2018
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Le trompettiste américain Roy Hargrove est mort

Le musicien de jazz, un habitué des festivals français de Juan-les-Pins et de Marciac, s’est éteint à l’âge de 49 ans.



Le Monde.fr avec AFP
 |    03.11.2018 à 19h20
 • Mis à jour le
04.11.2018 à 20h33
    |

                            Francis Marmande








                        



   


Le trompettiste américain Roy Hargrove, fréquent visiteur des festivals de jazz européens, est mort à New York dans la nuit de vendredi 2 à samedi 3 novembre, à l’âge de 49 ans, a-t-il été annoncé sur la page Facebook de l’artiste. « C’est avec grande tristesse et le cœur dévasté que nous faisons part de la disparition de Roy Hargrove », est-il indiqué.
A 49 ans, on le savait malade. Né 16 octobre 1969 à Waco, au Texas (toute une histoire), il composait depuis des années avec dialyses et hospitalisations, annulait les tournées et renaissait soudain, toujours flamboyant ou prompt à donner le change.
Sa disparition redoutée crée un chagrin spécial. Pourquoi ? Qu’avait-il de plus, lui ? Habitué des festivals européens – Juan-les-Pins (Alpes-Maritimes) en big band, Marciac (Gers) en quintet –, star toujours guettée de la scène du New Morning à Paris, leader charismatique, sideman désiré (de Herbie Hancock à Michael Brecker, en passant par Oscar Peterson, Shirley Horn, Abbey Lincoln, Diana Krall, Carmen McRae, ou Diana Ross – tiens donc, pourquoi tant de chanteuses ? – sa discographie est particulièrement joufflue), il est, chose curieuse, un musicien populaire.
Aller plus loin
Qu’avait-il de plus ? La technique ? Mais ils l’ont tous aujourd’hui au plus haut degré. Jouant nettement mieux que leurs prédécesseurs. Si rarement aussi bien. Lui, il cumulait et allait plus loin. Plus loin dans le style ? Certainement. Dans la fantaisie, le brio, la profondeur, acceptant les hauts (très hauts) ou les bas, il allait plus loin et savait diriger.
Très précocement pisté par le « patron », Wynton Marsalis, il réussit cette prouesse de ne pas s’enfermer dans l’académisme ou la route ordinaire. Encore moins dans la pénible « modernicité » de convention.
Très étudiée, sa mise avait encore à voir, sans complexe, avec la fantaisie des boppers ou de qui vous voudrez : bibis inénarrables, lunettes noires de grand style, dégaine hip-hop avec basket de luxe, il aimait la scène. Se tenait en coin, juché sur un siège de chanteur d’où il relançait avec fougue, calmait le jeu, mettait le feu, sans jamais oublier sa préférée : la musique même. Il lui arrivait de chanter dans le grand genre. En 1995 avec Ray Charles (Marciac), il arbore un maillot des Girondins de Bordeaux. Comme on vous le dit. Au bugle, tout à trac, il se montrait d’une douceur imprévue, rare, délicate à l’extrême.
Big bands et quintets
Du haut de sa quarantaine et d’une taille moyenne, il dirigeait big bands et quintets, avec le génie des grands aînés (Ahmad Jamal, Sonny Rollins, Charles Lloyd), mais savait aussi ce qu’il devait à Ray Charles, Dave Newman, Lee Morgan, comme au hip-hop. Quand il rencontre Marsalis, il est encore lycéen. Marsalis le confie à Larry Clothier, lequel lui fignole ses premières tournées.
En 1988, on le voit débarquer sous les cieux européens avec Clifford Jordan et Jerome Richardson, comme s’il faisait une passe. Il n’a pas 20 ans. On aura assez abusé du terme de « passeur », au point d’en oublier que c’est l’être même des grands musiciens afro-américains, qu’on l’aura pris pour un « hapax » (tu parles…), lors même que cette fonction de passeur définit le rôle même du musicien de jazz.
Passeur étonnamment précoce, Roy Hargrove fait ses classes à la Berklee College of Music de Boston, avant de rejoindre la New School de New York. Nuance : la revue Down Beat l’a déjà élu « meilleur soliste de l’année ». La nuit, il fait le bœuf dans tous les clubs de Manhattan et s’amuse comme un fou. La suite lui vaudra toute sorte de pompons et de Grammys savoureux. Sans doute, ils ne sont rien devant la reconnaissance à venir de tous les publics.
Energie, volubilité, joie de jouer
Note en bas de page pour connaisseurs : ses premiers partenaires se nomment George Coleman, Frank Morgan (avec qui il vient pour la première fois en France, il a 18 ans), et Monsieur Sonny Rollins, en 1991, lors d’un concert au Carnegie Hall. Tout est dit.
Créateur des Jazz Futures, aussi bien que du très latino groupe Crisol, Roy Hargrove est le premier de sa génération à aller aussi loin dans l’énergie, la volubilité, la joie de jouer et la science ciselée du retour au blues, aux fondamentaux (au bugle, notamment). Chacune de ses prestations était un happening musical de haut niveau. Une de ses compositions se nomme Strasbourg-Saint-Denis.

        Lire la critique :
         

          A Nancy, le trompettiste Roy Hargrove part à l’aventure



De ses premiers albums avec Bobby Watson et Mulgrew Miller, à ses rencontres avec MC Solar, ou tous les ténors de l’époque pour le label Verve (Stanley Turrentine, Johnny Griffin, Joshua Redman, Branford Marsalis), lui seul savait enjamber les étiquettes (funk, jazz, hip-hop, gospel, R’n’B) sans en faire une bouillie de circonstance. On entendait dans son jeu et son côté énergumène l’histoire du jazz, toute, et celle de tous ses possibles.
Allégresse qui le rendait immédiatement aimable à tous, comme s’il savait scientifiquement contourner les préjugés et les attentes du « jazz ». Le réinventant et suscitant son existence palpable. Quand disparaît un musicien afro-américain, c’est toute l’histoire de sa pratique qui s’en va avec lui. Roy Hargrove était de ceux qui ajoutaient un sens précieux de l’Histoire, du devenir, une indéniable présence et la joie d’offrir.

        Lire l’entretien avec Ramón Valle :
         

          « Il n’est pas nécessaire de jouer du free jazz pour être libre dans le jazz »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Pour la première fois, la plate-forme vidéo américaine va sortir trois de ses longs-métrages sur grand écran avant de les proposer à ses abonnés.
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Netflix accepte de sortir trois de ses films au cinéma en avant-première

Pour la première fois, la plate-forme vidéo américaine va sortir trois de ses longs-métrages sur grand écran avant de les proposer à ses abonnés.



LE MONDE ECONOMIE
 |    03.11.2018 à 10h59
 • Mis à jour le
04.11.2018 à 06h44
    |

                            Jérôme Marin (San Francisco, correspondance)








                        



   


Pour amadouer l’Académie des Oscars, Netflix fait volte-face. Pour la première fois, la plate-forme vidéo américaine va sortir trois de ses films sur grand écran avant même de les proposer à ses quelque 140 millions d’abonnés. Une concession annoncée le 31 octobre qui, espère la société, pourrait lui permettre de décrocher ses premières statuettes en février 2019. Et aussi d’attirer des réalisateurs de renom, qui accordent une grande importance aux récompenses.

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Selon la presse spécialisée, Roma est un prétendant sérieux aux Oscars. Le dernier long-métrage du mexicain Alfonso Cuaron, déjà sacré meilleur réalisateur en 2014 avec Gravity, sera lancé en salles le 21 novembre, soit trois semaines avant sa disponibilité sur Netflix. Ce délai ne sera que d’une semaine pour les deux autres films : The Ballad of Buster Scruggs, des frères Ethan et Joel Coen, et Bird Box, avec Sandra Bullock en tête d’affiche.

   


Boycott du Festival de Cannes
Plusieurs films produits par Netflix ont déjà été projetés dans des cinémas indépendants américains. Mais jusqu’à présent, la société exigeait que leur sortie ait lieu le même jour que leur diffusion sur sa plate-forme.
Une condition inacceptable pour les grandes chaînes de salles de cinéma, qui réclament une fenêtre d’exclusivité de 90 jours. En outre, ces sorties en salles étaient très limitées, servant uniquement à rendre les longs-métrages éligibles aux Oscars.
La chronologie imposée par Netflix hérisse le monde du cinéma. En début d’année, l’entreprise avait boycotté le Festival de Cannes après un durcissement des règles excluant ses films de la sélection officielle. Le mois précédent, le réalisateur américain Steven Spielberg avait milité pour que les œuvres produites par la plate-forme vidéo ne soient pas admissibles aux Oscars.
En faisant un pas vers Hollywood, le groupe espère améliorer sa réputation auprès des membres de l’Académie. Aucun de ses longs-métrages n’a encore été nommé pour une statuette du meilleur film, réalisateur, actrice et acteur. Autant de récompenses prestigieuses qui légitimeraient encore plus ses ambitions dans le cinéma.

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