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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Elles protestent contre la fin « brutale » du taux réduit sur le gazole non routier, utilisé pour les engins de chantier, qui a été annoncée sans concertation dans le budget 2019.
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« Le prix du gasoil nous met à poil » : des opérations escargot menées par des entreprises de travaux publics

Elles protestent contre la fin « brutale » du taux réduit sur le gazole non routier, utilisé pour les engins de chantier, qui a été annoncée sans concertation dans le budget 2019.



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 18h18
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05.11.2018 à 18h36
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                            Le Monde.fr








                        



   


« Le prix du gasoil nous met à poil. Emplois menacés », clame le slogan. Plus d’une centaine de poids lourds menaient, lundi 5 novembre, des opérations escargot sur les principaux axes routiers de la Marne, la Haute-Marne, les Ardennes et l’Aube. Ils protestent contre la fin « brutale » du taux réduit sur le gazole non routier, utilisé pour les engins de chantier, qui a été annoncée sans concertation dans le projet de loi de finances 2019 du gouvernement.
Des opérations escargot sont en cours sur la N44 entre Vitry-le-François et Reims (Marne), sur l’A34 dans les Ardennes avec des passages par Sedan et Charleville-Mézières, ainsi qu’en Haute-Marne sur l’axe Langres-Chaumont. Des barrages filtrants ont aussi été instaurés autour de l’agglomération rémoise et sur la rocade de Troyes (Aube).

⚠️Les pros des travaux publics des Ardennes sont au rond-point Unilin de Bazeilles. Ils vont partir vers 10h15 pour… https://t.co/IN58YfgPzp— BorisMarois (@Boris Marois)


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Augmentation de 50 % du prix en janvier
La levée du taux réduit de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) sur le gazole non routier, à partir de janvier 2019, fait passer le prix du litre de 1 euro à 1,50 euro. « On ne s’y attendait pas du tout ! », s’agace Hervé Noël, président de la fédération des travaux publics de Champagne-Ardenne et vice-président de la fédération régionale des travaux publics Grand Est. Il explique :
« Pour faire 1 m3 de terrassement, il faut 1 l de GNR [gasoil non routier]. Ce sera donc 50 centimes de plus pour chaque m3 de terrassement ! Dans nos métiers, le poste carburant c’est jusqu’à 30 % du coût total, c’est énorme ! Sans compter que les appels d’offres se passent six à neuf mois avant le début du chantier, donc pour les chantiers des neuf premiers mois de l’année prochaine, les marchés sont déjà conclus, on ne pourra pas refacturer la hausse aux clients. »
Il redoute un effondrement du secteur. « Après dix ans de crise, notre secteur commençait juste à reprendre. Là on va se casser la figure : l’ensemble des marges des entreprises de BTP en moyenne, fin 2017, c’était 1,75 %. Là cette mesure pourrait nous coûter jusqu’à 2 % de notre chiffre d’affaires. »

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          Prix du carburant : un débat pollué par des intox



Demande de mesures compensatoires
Quatre délégations de cette fédération ont été reçues en fin de matinée dans les préfectures et sous-préfectures de ces départements pour exposer leurs revendications. Hervé Noël espère rencontrer Emmanuel Macron mardi à Reims, où le président sera de passage, afin de « comprendre et discuter ensemble de mesures compensatoires, au moins pour les neuf premiers mois de l’année ». 
Selon lui, la justification écologique est absurde : « Nos engins dépendent du marché mondial, aucun n’est fabriqué en France. Ce sont des engins de chantier de 50 ou 60 tonnes, et l’alternative électrique n’existe pas sur le marché. Cette mesure n’est pas incitative pour changer notre façon de travailler. » Elle représentera « une augmentation d’impôts de près de 700 millions d’euros » pour la filière, a précisé la Fédération nationale des travaux publics.
Cette contestation s’inscrit dans un mouvement plus global de protestation contre la hausse de la fiscalité sur les carburants, défendue par le gouvernement au nom de l’écologie, et qui devrait atteindre son apogée samedi 17 novembre.

        Sur les Décodeurs :
         

          Pourquoi le diesel coûte-t-il maintenant aussi cher que l’essence ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ A travers sa lutte contre les pratiques de la Chine et son positionnement contre l’immigration et le « politiquement correct », Donald Trump séduit les classes populaires américaines, rappelle le politologue Yannick Mireur dans une tribune au « Monde ».
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« Immigration et combativité commerciale sont les deux piliers du succès politique de Trump »

A travers sa lutte contre les pratiques de la Chine et son positionnement contre l’immigration et le « politiquement correct », Donald Trump séduit les classes populaires américaines, rappelle le politologue Yannick Mireur dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 18h03
    |

Yannick Mireur (politologue, fondateur de la revue ­ « Politique américaine »)







                        



                                


                            
Tribune. Les incertitudes électorales du 6 novembre ne doivent pas cacher le véritable enjeu de ces élections de mi-mandat : le destin américain et une possible réélection de Donald Trump en 2020, appuyée sur de solides ressorts que soutient la bonne santé de l’économie.
On connaît tout désormais du caractère du président américain : narcissisme, affabulations, inculture, absence de toute pensée historique et stratégique. Il faut cependant reconnaître une cohérence dans ses orientations et la rupture avec les élites politiques qu’il revendique à travers elles. Là sont les raisons d’une longévité qui pourrait surprendre, notamment si l’on oublie la reconduction de George W. Bush en 2004 malgré le désastre de l’invasion de l’Irak, avalisée par le Tout-Washington. Donald Trump prend aux tripes ses partisans comme ses adversaires, mais le recadrage commercial qui l’obsède ne ressemble pas à cette folie.

Répondant légitimement aux deux sources du malaise américain depuis vingt ans sur le devenir de l’Amérique comme nation et comme économie, immigration et combativité commerciale sont les deux piliers de son succès politique auprès d’un électorat populaire dont les craintes ne sont pas imaginaires. La stagnation du salaire médian depuis deux décennies et le double choc du numérique et de la mondialisation nourrissent une perte de repères à laquelle Donald Trump donne la réponse tant attendue dans des milieux qui se sentaient abandonnés par les alternances successives depuis Reagan. En bref, M. Trump sait d’instinct parler à l’Amérique « country » qui a le blues, où Hillary Clinton sonne faux et Barack Obama semblait tomber de la lune.
La fermeté paie
Les mesures tarifaires déjà prises ou annoncées pour combattre les pratiques déloyales de l’Etat-parti chinois, aussi discutables soient-elles, notamment parce que les Etats-Unis ne représentent que 5 % environ des exportations chinoises, tranchent avec les vaines complaintes sur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ L’artiste Sophie Calle signe un timbre-poste magistral paru le 22 octobre.
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Philatélie : s’initier à l’œuvre de Sophie Calle pour 1,90 euro

L’artiste Sophie Calle signe un timbre-poste magistral paru le 22 octobre.



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 15h28
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 16h00
    |

            Pierre Jullien








                        



   


La Poste a mis en vente générale le lundi 22 octobre, un timbre à 1,90 euro qui reproduit une œuvre de Sophie Calle, créée à l’origine pour le pavillon français de la Biennale de Venise en 2007.
Un projet intitulé « Prenez soin de vous », qu’elle décrit dans un texte reproduit sur le « Document officiel » de la « Collection historique du timbre-poste français », commercialisé par La Poste.
A la galerie Perrotin
Une façon de s’initier – à moindre coût – au travail de cette plasticienne de renommée internationale et d’inciter à rendre visite à la Galerie Perrotin, à Paris, qui accueille deux « performances » de l’artiste jusqu’au 22 décembre : « Parce que » et « Souris Calle ».
« J’ai reçu un mail de rupture. Je n’ai pas su répondre.
C’était comme s’il ne m’était pas destiné.
Il se terminait par les mots : Prenez soin de vous.
J’ai pris cette recommandation au pied de la lettre.
J’ai demandé à 107 femmes choisies pour leur métier, leur talent, d’interpréter la lettre sous un angle professionnel.
L’analyser, la commenter, la jouer, la danser, la chanter, la disséquer. L’épuiser ? Comprendre pour moi. Parler à ma place. Une façon de prendre le temps de rompre. A mon rythme.
Prendre soin de moi ».

   


Pour accompagner leurs interprétations, Sophie Calle a photographié ces femmes alors qu’elles découvrent le texte annonçant la rupture… Et cela donne aujourd’hui une originale et magnifique vignette postale, « La Correctrice ».
« Ce n’est pas un portrait de femme que je voulais proposer mais le portrait d’une lettre. J’ai donc choisi une femme cachée », parmi les 107 femmes – « 107 images potentielles » – réalisées pour la Biennale de Venise en 2007. Qu’elle a toutes mises au format du timbre, explique-t-elle. En procédant ensuite par élimination, en fonction de la lisibilité de l’image réduite au format du timbre.
Une ambiguïté avec la chasse
« J’avais une autre idée, sur l’attente, raconte Sophie Calle. Il s’agissait de deux chaises vides face à face, dans un grand pré, qui symbolisaient l’attente, le dialogue, la communication. Mais c’était peut-être plus difficile à percevoir ». Avec une légende qu’elle propose – « A l’espère » –, un mot qui renvoie aux chasseurs à l’affût, qui attendent le gibier… « Comme on peut attendre une lettre ». Mais il y avait une ambiguïté avec la chasse, « qui ne me gênait pas », mais qui rebutait La Poste.

   


La mise en page du timbre a été conçue avec l’aide de son éditeur, avec lequel elle réalisait un livre. Avec la marge de manœuvre restreinte qu’un timbre peut laisser. « Je voulais que le portrait soit visible, qu’il ne soit pas perdu. » « J’ai pris le sujet au pied de la lettre, littéralement », conclut-elle.

   


Le timbre, dont la valeur de 1,90 euro correspond au tarif de la lettre prioritaire de 21 à 100 grammes, au format horizontal 52 x 40,85 mm, mis en page par les Editions Xavier Barral, imprimé en héliogravure en feuilles de trente unités, a été tiré à 500 010 exemplaires (soit 16 667 feuilles). Un tarif idéal pour l’envoi des vœux en fin d’année, non sans une certaine ironie, « Prenez soin de vous » renvoyant à une rupture.

   


Sophie Calle était présente, le vendredi 19 octobre, lors de la vente anticipée en avant-première de son timbre, au Carré d’encre, à Paris, pour une exceptionnelle séance de dédicaces.
La Poste et l’art contemporain
Ainsi, La Poste qui montre son attachement pour l’art contemporain, fait très fort, après avoir sollicité en février Annette Messager pour un timbre nommé « Désir »…

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                Des timbres d’artistes à petits prix



« J’ai vécu avec un collectionneur de très nombreuses années puisque c’était mon père », Bob Calle, qui « collectionnait l’art contemporain, le pop art », rappelle Sophie Calle… Ce qui lui permet d’expliquer que les collectionneurs d’art lui sont familiers.
Mais, le timbre lui est en revanche « un domaine tout à fait inconnu ». « C’est un public tout à fait nouveau pour moi » – et une plasticienne que les philatélistes vont découvrir sans nul doute de leur côté ! –, dit l’artiste en parlant des philatélistes – « Vous êtes les premiers que je vois dans ma vie, d’aussi près ! » -, en ajoutant qu’elle ne connaît que très peu de collectionneurs de son œuvre : « C’est pour cela qu’on a des galeries » !

   


Elle-même est une « collectionneuse effrénée, de plein de choses », avoue-t-elle. Elle a une « énorme collection d’animaux naturalisés » qui lui ont permis, il y a un an, d’exposer au Musée de la chasse et de la nature à Paris. Autre collection, des miniatures d’œuvres d’art, constituée à partir d’échanges avec des artistes, par manque de place pour conserver les originaux. Elle a enfin une grande collection de bijoux de deuil, « avec beaucoup d’objets en cheveu »… Des collections « qui ne sont pas obsessionnelles », tient-elle à préciser. On veut bien l’admettre…

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                Sophie Calle : requiem collectif pour un matou






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Pour l’universitaire Pierre Guerlain, dans une tribune au « Monde », c’est le capitalisme financier qui est à l’origine des vagues migratoires, la gauche ne doit pas se tromper de cible.
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« Il est problématique d’éliminer la question sociale dans la réflexion sur les migrations »

Pour l’universitaire Pierre Guerlain, dans une tribune au « Monde », c’est le capitalisme financier qui est à l’origine des vagues migratoires, la gauche ne doit pas se tromper de cible.



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 13h55
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 15h23
    |

Pierre Guerlain (Professeur émérite en études américaines, université Paris-Nanterre)







                        



                                


                            
Tribune. Le président élu au Mexique, Andrés Manuel Lopez Obrador « AMLO », un homme de gauche, vient de faire une déclaration sur la caravane des migrants en provenance du Honduras. Il a dit qu’il fallait respecter les droits humains pour ces migrants et leur donner du travail. Il est donc opposé aux politiques de Trump qui pense pouvoir apporter une « solution » militaire aux migrations. « AMLO » a aussi ajouté qu’il fallait travailler à créer les conditions socio-économiques pour que les migrants puissent trouver « le bonheur là où ils sont nés ». La solution au « problème migratoire » est, dit-il, dans un plan de développement pour l’Amérique latine.

Cette position conjugue les deux volets de ce qu’une politique juste devrait être. « AMLO » comprend que traiter dignement des migrants ne suffit pas et qu’il faut intervenir sur les causes des migrations. En d’autres termes, la migration doit être appréhendée à deux niveaux, celui de l’urgence humanitaire mais aussi celui du capitalisme mondialisé et de son cortège d’injustices.
Dans le cas des Amériques, les raisons qui poussent des populations à vouloir fuir sont complexes et conjuguent l’oppression politique et la misère. Dans le cas du Honduras, les migrations sont directement liées aux interventions des Etats-Unis. Si l’Alena [l’accord de libre-échange nord-américain] détruit les bases de l’agriculture mexicaine, elle provoque des vagues migratoires. La position du futur président mexicain est celle d’une gauche exemplaire, humaniste et critique du capitalisme financier.
Rhétorique du bouc émissaire
En Allemagne, Sahra Wagenknecht [vice-présidente du parti Die Linke (« la gauche »)] défend des positions similaires qui sont régulièrement caricaturées en positions dites antimigrants. Le Monde a parlé de « gauche antimigrants ». Wagenknecht explique pourtant qu’elle refuse le racisme, qu’elle est favorable...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Quatre-vingt-douze pour cent des jeunes passés par un volontariat international en entreprise obtiennent un emploi dès la fin de cette mission à l’étranger : c’est ce que montre une étude pointée par Jean-Claude Lewandowski sur son blog.
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ La pénurie de camionneurs fait rage aux Etats-Unis, mais, du fait de la fragmentation du métier, les salaires progressent peu et les conditions de travail sont dissuasives, explique dans sa chronique, Philipe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
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« Il devient urgent de réfléchir à une nouvelle organisation sociale pour les chauffeurs de poids lourds »

La pénurie de camionneurs fait rage aux Etats-Unis, mais, du fait de la fragmentation du métier, les salaires progressent peu et les conditions de travail sont dissuasives, explique dans sa chronique, Philipe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    05.11.2018 à 13h09
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 13h52
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique Pertes & profits. Panique au pays du Père Noël : les rennes risquent de manquer pour les fêtes de fin d’année. Les vocations de transporteur se font de plus en plus rares et, depuis une semaine, les grandes entreprises de consommation américaines, notamment alimentaires, pointent la pénurie de chauffeurs poids lourds pour expliquer leurs contre-performances. Le problème n’est pas seulement américain, même s’il est particulièrement aigu aux Etats-Unis. Il met en lumière l’un des grands paradoxes de ce capitalisme en ce début de siècle. La conjoncture s’améliore, le chômage recule, mais le progrès social semble en panne, alors que ceux qui devraient en bénéficier semblent en position de force.
Les Etats-Unis comptent 3,5 millions de camionneurs. C’est beaucoup, mais ce n’est pas assez. Selon l’association professionnelle, il en manque plus de 50 000 pour répondre aux besoins et, surtout, la rotation est considérable. Chaque année, près de 90 % de cette population est renouvelée. En cause, des conditions de travail d’un autre âge, avec des journées de onze heures, pénibles et loin de toute famille, pour un salaire moyen d’environ 50 000 dollars (44 000 euros) par an.

Si la loi de l’offre et de la demande était respectée, ce problème, qui ne date pas d’hier, devrait se résoudre par l’amélioration des conditions de travail et l’augmentation des salaires, comme cela s’est produit dans l’industrie. Cela est partiellement le cas, puisque, depuis 2013, les salaires ont progressé de près de 15 % et les entreprises de transport donnent des bonus d’accueil aux nouveaux arrivants. De nouvelles lois limitent le temps de travail.
Un métier individualiste
Cela n’est pas suffisant. Aux Etats-Unis, comme en France (où il manquerait plus de 15 000 chauffeurs), peu de professionnels recommandent ce métier, dont le seul avantage est de fournir une paye décente à des jeunes sans qualification. Mais ceux-ci n’en veulent pas.
Car,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Le propriétaire du marché Paul-Bert - Serpette, Jean-Cyrille Boutmy, a signé un accord pour vendre aux enchères en ligne des objets confiés par certains exposants.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Aux Puces de Saint-Ouen, colère contre la vente aux enchères en ligne de certains objets

Le propriétaire du marché Paul-Bert - Serpette, Jean-Cyrille Boutmy, a signé un accord pour vendre aux enchères en ligne des objets confiés par certains exposants.



LE MONDE ECONOMIE
 |    05.11.2018 à 13h01
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 15h01
    |

                            Roxana Azimi








                        



   


Au marché Paul-Bert - Serpette, la plus grande concentration d’antiquaires des puces de Saint-Ouen, une partie des 350 marchands est vent debout contre le propriétaire des lieux, Jean-Cyrille Boutmy. Motif de leur courroux, le partenariat noué « sans concertation » avec la maison de ventes Millon pour vendre aux enchères en ligne des objets confiés par certains exposants du marché. Ces derniers présenteront du 9 au 11 novembre les œuvres sur leur stand, avant de les disperser, le 12 novembre à 18 heures, par le biais du site pbs-auction.com.
Les marchands qui se prêtent au jeu ne payent pas de frais vendeur. Les acheteurs devront en revanche débourser des frais de 16,5 % hors taxes. « Sur l’ensemble du marché, il y a 150 000 objets. L’idée est de vendre en ligne une petite centaine de lots. C’est de l’événementiel pour faire venir les gens », confie Jean-Cyrille Boutmy, qui souhaite tester l’opération sur quatre mois avec un programme de quatre à huit ventes. « Paul-Bert - Serpette n’a pas à devenir une succursale de Millon, rétorque le marchand Cyril Grizot, dans un courriel adressé à ses confrères. Ils veulent nous faire croire que cela va dynamiser nos ventes et nous donner plus d’importance sur la scène internationale, mais, en réalité, cela va dynamiter notre activité et nous prendre encore plus de parts de marché. »

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                Les puces de Saint-Ouen se mettent au e-commerce



L’opération « marque la fin de l’hypocrisie »
Vendre aux enchères, n’est-ce d’ailleurs pas un aveu de faiblesse pour un marchand ? « C’est plutôt une opportunité », estime l’antiquaire Myriam Lallemand, qui a décidé de mettre en vente huit objets estimés entre 300 et 2 000 euros. Pour Alexandre Millon, l’opération « marque la fin de l’hypocrisie ». Et d’ajouter : « Les ventes de spécialités aux enchères sont montées à 20 % voire 50 % avec une marchandise provenant de professionnels. » Les opposants ne l’entendent pas de cette oreille. « Si nous passions notre temps à vendre aux enchères, pourquoi continuons-nous à payer des loyers de plus en plus exorbitants [entre 500 et 2 000 euros par mois] pour tenir des stands trois jours par semaine ? », lance une antiquaire qui souhaite rester anonyme.
Les réfractaires redoutent enfin un détournement de leurs fichiers acheteurs. « Les clients qui vont acheter par l’intermédiaire de PBS Auction sont surtout nos clients, martèle Cyril Grizot. S’ils sont dans nos allées, c’est qu’ils ne sont pas dans les salles des ventes ou derrière un ordinateur. » Cette polémique traduit un malaise plus profond. Malgré leur indéniable attraction touristique, les puces ne font plus rêver comme avant. « Nous sommes dans un marché de moins en moins dynamique, indique le marchand Frédéric Cordin, spécialiste des armes anciennes, qui a décidé de participer à l’opération. On vivait beaucoup le vendredi et le lundi. Aujourd’hui, il n’y a plus personne ces jours-là, hormis des marchands. Les promenades aux puces se raréfient. »
Les réfractaires redoutent précisément que les ventes aux enchères accélèrent ce mouvement et que les puces, vidées de leur substance, deviennent la proie des promoteurs. « Saint-Ouen va accueillir le village des Jeux olympiques en 2024, un nouvel hôpital en 2025. La ville attire beaucoup de monde, c’est facile d’accès. Combien d’appartements peut-on construire sur un terrain comme Paul-Bert - Serpette ? », s’inquiète un antiquaire. « Théorie du complot, réplique Jean-Cyrille Boutmy, qui a acheté Paul-Bert - Serpette pour environ 30 millions d’euros en 2014. Les puces sont classées pour leur ambiance. Il serait compliqué, voire impossible, de les raser, et ce n’est pas mon envie. »
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            data-slide-description="Allée 1, au marché Paul Bert, à ciel ouvert."
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            data-slide-description="Tour Eiffel, pièce unique de 7 mètres de haut (vers 1930), chez Maxime Ramond-Bluzet, Stand 24, Allée 1, Paul Bert"
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            data-slide-description="Allée 4, Paul Bert : des objets de décoration et autres curiosités."
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            data-slide-description="Aurélien Jeauneau, spécialiste de Pierre Guariche (années 1950-1960), Stand 93, et Déjà-Vu Design, branché années 1960-1980, Stand 95, Allée 6, Paul Bert."
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            data-slide-description="Oiseau chanteur en argent et émail, (vers 1900), Jean Delmas, Stand 9, Allée 3, Serpette."
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            data-slide-description="Thomas Bonzom au milieu de ses lustres, cascades et plafonniers de Bohème ou de Murano... Allée 4, Stands 14-16, Serpette."
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            data-slide-description="Jolie prise : un fauteuil globe pivotant (1963), Allée 5, Paul Bert"
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            data-slide-description="Marc Maison, spécialiste de cheminées, plaques et trumeaux, Stand 83, Allée 6, Paul Bert."
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            data-slide-description="Bruno Langlois, spécialiste de meubles de métier et de curiosités, Stand 215, Allée 4, Paul Bert."
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            data-slide-description="Des bagages vintage, Angle Allée 1 et 6, Paul Bert."
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            data-slide-description="Une autruche naturalisée provenant des collections d'un musée d'histoire naturelle suisse, chez Marie Boutreux, Stands 163-165, Allée 3, Paul Bert."
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            data-slide-description="Une paire de chaises “Vilbert” de Verner Panton, éd. Ikéa 1993 chez Remix Gallery, Stand 232, Allée 6, Paul Bert."
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Allée 1, au marché Paul Bert, à ciel ouvert.

Giovanni Del Brenna/Luz pour "Le Monde"
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Le propriétaire doit indemniser le locataire dont le chauffage ne fonctionne pas, en vertu du principe selon lequel il doit lui « assurer la jouissance paisible de la chose louée ». Ce rappel de la Cour de cassation tombe à pic, à l’approche de l’hiver.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Les Etats-Unis ont mis  en place, lundi 5 novembre, de nouvelles sanctions  contre les secteurs pétrolier et bancaire de Téhéran.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
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Sanctions américaines : l’Iran s’organise pour continuer à exporter un peu de pétrole

Les Etats-Unis ont mis  en place, lundi 5 novembre, de nouvelles sanctions  contre les secteurs pétrolier et bancaire de Téhéran.



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 12h32
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 15h02
    |

            Louis Imbert (Téhéran, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Téhéran est entré dans une logique de siège. Face à la nouvelle vague de sanctions américaines, entrées en vigueur lundi 5 novembre, qui visent ses exportations de pétrole et ses banques, le président Hassan Rohani a montré son refus de céder du terrain. « Les Américains voulaient réduire à néant les ventes de pétrole iranien (…). Mais nous continuerons de vendre notre pétrole », a-t-il déclaré lundi. Le détail des sanctions devait être annoncé à la mi-journée par les secrétaires d’Etat et au Trésor américain, Mike Pompeo et Steven Mnuchin. Dans les semaines qui viennent, le Trésor devrait cibler pour l’exemple des entreprises étrangères qui contreviennent à ces régulations unilatérales.

L’Etat iranien estime avoir déjà affronté le plus dur. Le décrochage du rial, la monnaie iranienne, ralentit. Sa valeur a tout de même été divisée par trois ou quatre depuis le début de l’année. « Il n’y aura pas d’écroulement. Une économie de contournement des sanctions se met en place : l’Iran n’a besoin que de trois clients pour vendre un million de barils par jour [contre 1,85 million en octobre] : la Chine, l’Inde et la Turquie, estime Cyrus Razzaghi, président d’ARA Enterprise, un consultant installé à Téhéran. Avec cela, l’Etat peut absorber le plus dur des sanctions pendant deux ans. Si cela dure plus longtemps, il devra plier et négocier avec Trump » sur son programme nucléaire, après le retrait de Washington, en mai, de l’accord international signé en juillet 2015.
L’administration américaine a reconnu dans les dernières semaines qu’elle ne pourrait réduire à zéro les exportations de pétrole iraniennes. Elle a dû se résoudre à accorder des exemptions à huit pays, s’ils restreignent leurs achats. La Turquie a annoncé en faire partie. L’Inde a réduit ses commandes en octobre, tout comme la Chine, mais elle a fait valoir à Washington qu’elle aurait besoin de temps.
280 000 barils vendus en Bourse
Les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ En 2017, la République islamique avait accueilli 5,5 millions de visiteurs, c’était 10 % de plus qu’en 2016. Mais, dès le mois de mai ce secteur en plein essor a subi un coup d’arrêt.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
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En Iran, le tourisme étouffé par les sanctions américaines

En 2017, la République islamique avait accueilli 5,5 millions de visiteurs, c’était 10 % de plus qu’en 2016. Mais, dès le mois de mai ce secteur en plein essor a subi un coup d’arrêt.



LE MONDE ECONOMIE
 |    05.11.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 14h11
    |

            Ghazal Golshiri (Yazd, Iran, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

« Je ne sais pas si je peux tenir jusqu’à la fin de l’année. » C’est avec ces mots que Mohammad (les prénoms ont été modifiés à la demande des intéressés), 40 ans, résume sa situation. Il avait pourtant fait des recherches avant d’ouvrir, il y a cinq ans, son petit café, situé au bord de la rue menant à la mosquée Jameh, à Yazd. « La localisation de mon café est parfaite : c’est par ici que passent les touristes », dit cet Iranien à la peau foncée des gens du désert.
Il avait évidemment compté sur l’arrivée massive de voyageurs en Iran, à la faveur du discours pacifiste du président Rohani, qui devait favoriser le retour en grâce du pays sur la scène internationale. Et pour Mohammad tout se passait très bien : l’accord sur le dossier nucléaire a été conclu, en juillet 2015, avec les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Russie, la Chine et l’Allemagne, et, depuis, le nombre de touristes ne faisaient qu’augmenter. En 2017, ils ont été 5,5 millions à venir en Iran, soit 10 % de plus qu’en 2016.

Mais, dès le mois de mai, avec la décision du président américain, Donald Trump, de se retirer unilatéralement de l’accord, c’est un véritable coup d’arrêt que subit le secteur touristique iranien. Ainsi, un premier volet de sanctions est entré en vigueur, en août, pénalisant les achats dans le secteur automobile et l’aviation commerciale. La deuxième touche, à partir du 5 novembre, la vente du pétrole iranien. « Avant, lorsque j’ouvrais mon café le matin, les touristes faisaient déjà la queue et je continuais le service jusqu’à minuit, voire 1 heure du matin, se souvient Mohammad. Maintenant, je dirais que mes ventes ont chuté de 40 %. » Faute de travail, cet habitant de Yazd a dû remercier ses deux serveurs.

Le pays a un grand potentiel
Les chiffres officiels confirment l’expérience personnelle de Mohammad : selon le chef du Conseil iranien des voyagistes Ebrahim Farajpour, entre mars et octobre,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ En redressement judiciaire, NFM, le dernier fabricant français de ces énormes machines, sera fixé sur son sort le 7 novembre.
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Le Grand Paris Express échappe au seul fabricant français de tunneliers

En redressement judiciaire, NFM, le dernier fabricant français de ces énormes machines, sera fixé sur son sort le 7 novembre.



LE MONDE ECONOMIE
 |    05.11.2018 à 12h11
    |

            Grégoire Allix








                        



                                


                            

Ironie cruelle : alors que le creusement du métro Grand Paris Express génère des commandes de tunneliers dans des quantités qui risquent de ne jamais se reproduire dans l’Hexagone, le dernier fabricant français de ces énormes machines regarde, impuissant, les marchés lui échapper les uns après les autres au profit de son seul concurrent européen, l’allemand Herrenknecht.

NFM Technologies, en redressement judiciaire depuis le 2 août, attend un repreneur. Un comité d’entreprise doit se réunir mardi 6 novembre pour donner un avis après avoir étudié la seule offre de reprise déposée à la date butoir, vendredi 2 novembre. Le tribunal de commerce de Lyon doit quant à lui examiner le dossier mercredi 7 novembre, sans qu’une décision soit rendue ce jour-là a priori : des points restent vraisemblablement à éclaircir.
Deux candidats avaient déposé des offres préliminaires de reprise de l’entreprise de 136 salariés, implantée à Villeurbanne (Rhône) et au Creusot (Saône-et-Loire) : l’allemand Mühlhäuser et le français Altifort. Le second a finalement renoncé, préférant réserver l’ensemble de ses forces à un plus gros morceau, la reprise de l’aciérie Ascoval.
Reste Mühlhäuser, bien connue des salariés de NFM : l’entreprise allemande, spécialisée dans la fourniture d’équipements pour tunneliers, est une partenaire de longue date du groupe français. Si son offre est jugée sérieuse, il lui reviendra non seulement de consolider l’outil industriel de NFM et d’assainir ses finances, mais aussi de rebâtir une réputation durement affectée ces dernières années.
Sous le contrôle du chinois NHI
Pour NFM, les ennuis commencent en 2007, quand l’entreprise, fondée en 1988, passe sous le contrôle du groupe chinois NHI. Le nouvel actionnaire engage NFM dans une politique commerciale agressive et une croissance effrénée. « NHI a demandé à NFM de doubler son chiffre d’affaires à effectif quasi constant, ce qui, dans notre secteur, est irréaliste »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Une femme qui postule à un emploi considéré comme masculin a 22 % de chances en moins qu’un homme de se voir proposer un entretien d’embauche, selon un « testing » rendu public lundi.
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Une étude souligne la discrimination des femmes pour l’accès à des emplois « masculins »

Une femme qui postule à un emploi considéré comme masculin a 22 % de chances en moins qu’un homme de se voir proposer un entretien d’embauche, selon un « testing » rendu public lundi.



Le Monde.fr avec AFP
 |    05.11.2018 à 12h04
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 12h40
   





                        


Une femme qui postule à un emploi considéré comme typiquement masculin, comme mécanicien automobile, a 22 % de chances en moins qu’un homme, à compétences et qualifications égales, de se voir proposer un entretien d’embauche, selon un testing rendu public lundi 5 novembre. L’inégalité de traitement atteint même 35 % pour un poste de chauffeur-livreur, selon cette étude réalisée après de 451 employeurs d’Ile-de-France avec le concours de l’Observatoire des discriminations de la Sorbonne.
« Ce sont des chiffres énormes ! Et encore, c’est la partie émergée de l’iceberg, car nous n’avons pas testé ce qui se passerait ensuite, pendant l’entretien d’embauche », a commenté Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes, à l’origine de ce test de discrimination. Pour lutter contre la persistance des inégalités, « nous disons habituellement aux femmes qu’elles doivent se battre pour un meilleur salaire, pour pouvoir travailler à temps plein, et pour aller vers d’autres métiers que ceux, peu valorisés et mal payés, où elles sont souvent cantonnées », rappelle Mme Mailfert. « Or, il y a de vrais obstacles à leur entrée dans des univers professionnels où on ne les attend pas », relève-t-elle.
Interrogée lundi matin sur la possibilité d’instaurer le « CV anonyme » pour endiguer la discrimination révélée par cette étude, la secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, a dit qu’elle n’y était « personnellement (…) pas favorable ». « Je crois que quand on recrute quelqu’un, on a le droit de savoir qui est cette personne », a-t-elle fait valoir sur Europe 1. Elle a souligné que le phénomène mis au jour par le testing relevait « d’un schéma global, du plafond de verre ».

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                « La politique des quotas ne débloque pas les carrières des femmes »



Stéréotypes
« Quand vous êtes une femme et que vous savez que quand vous postulez vous avez moins de probabilités d’avoir des réponses que quand vous êtes un homme, ça va vous inviter à une forme d’autocensure », a-t-elle poursuivi, citant l’exemple de « jeunes femmes diplômées de grandes écoles qui ont des prétentions salariales moindres » que leurs camarades masculins, « parce qu’elles ont intégré cette forme d’autocensure ». « C’est contre cela qu’on se bat avec la ministre du travail, Muriel Pénicaud », a-t-elle ajouté.
Les auteurs de l’étude de la Fondation des femmes ont répondu à 451 offres d’emplois : 173 pour un poste de chauffeur-livreur, 185 pour un emploi de mécanicien automobile et 93 pour un poste de jardinier – des secteurs où les patrons peinent à recruter. A chaque offre, ils ont répondu en envoyant les CV de deux demandeurs d’emploi fictifs, Julie et Thomas (en veillant à que le dossier de Julie parvienne en premier au recruteur). Les deux candidats ont le même âge, des diplômes et expériences professionnelles similaires. Pourtant, Thomas a été recontacté en vue d’un entretien par 168 entreprises ou collectivités, et Julie par 131 seulement.
Cette différence peut s’expliquer en partie par une forme de « sexisme bienveillant », selon Mme Mailfert : les employeurs écarteraient les candidates pour les « protéger » de tâches pénibles ou du sexisme supposé de leurs futurs collègues masculins. Mais ce type de discrimination repose surtout sur des stéréotypes, comme l’idée que les femmes auraient moins de force physique que les hommes, ajoute-t-elle.
La prochaine étape « consistera au lancement de poursuites judiciaires », de telles discriminations à l’embauche en fonction du sexe étant passibles de trois ans de prison et de 45 000 euros d’amende, a averti la Fondation, qui a lancé un appel à témoignages.

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                Quiz : que savez-vous des inégalités entre les hommes et les femmes ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Les partenaires sociaux doivent s’entendre sur une nouvelle définition de cette composante de la population active, de plus en plus nombreuse.
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Vers une reprise des négociations sur les cadres du secteur privé

Les partenaires sociaux doivent s’entendre sur une nouvelle définition de cette composante de la population active, de plus en plus nombreuse.



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 10h35
    |

            Bertrand Bissuel








                        



                                


                            
Au point mort depuis sept mois et demi, les négociations entre les partenaires sociaux sur les cadres du secteur privé semblent sur le point de redémarrer. Le Medef a récemment proposé aux syndicats plusieurs dates en vue de tenir une réunion plénière, durant la deuxième quinzaine de novembre ou début décembre. Cette initiative n’est sans doute pas étrangère au ras-le-bol croissant, manifesté par les confédérations de salariés. Ces dernières devaient d’ailleurs tenir une conférence de presse commune, lundi 5 novembre, pour appeler à une reprise « rapide » des discussions et exhorter le patronat à sortir de sa torpeur ; à l’origine, il était prévu que les cinq centrales représentatives à l’échelon interprofessionnel y participent, mais seules la CFE-CGC, la CGT et FO ont finalement confirmé leur présence.
Cette négociation résulte de la disparition prochaine de l’Agirc, le régime de retraites complémentaires des cadres qui va fusionner, début 2019, avec celui des non-cadres (l’Arrco). Le mariage a été scellé dans un accord conclu en octobre 2015, stipulant que des pourparlers doivent s’ouvrir pour « définir les principaux éléments permettant de caractériser l’encadrement ». A l’heure actuelle, cette notion est détaillée dans une convention de 1947, qui a fondé le système de retraites complémentaires et le régime de prévoyance propres aux ingénieurs et cadres. Mais le texte, signé au lendemain de la seconde guerre mondiale, va cesser de produire ses effets, à terme, avec la dissolution de l’Agirc dans un dispositif unique. Dès lors, il devient nécessaire d’en rédiger un nouveau, même si le code du travail et un autre accord (qui date de 1983) esquissent, en quelques lignes, les contours de l’encadrement. Les syndicats sont d’autant plus demandeurs que le sort réservé à cette catégorie de salariés a, d’après eux, beaucoup évolué au cours des dernières années : hausse de la charge de travail – donc du stress et des cas de burn-out –, recours à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Sur fond de polémique au sujet de la hausse de la fiscalité sur l’essence et le diesel, les deux distributeurs vont à titre exceptionnel distribuer des carburants à prix coûtants pour une période limitée.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Carrefour et Leclerc vont temporairement vendre les carburants à prix coûtants

Sur fond de polémique au sujet de la hausse de la fiscalité sur l’essence et le diesel, les deux distributeurs vont à titre exceptionnel distribuer des carburants à prix coûtants pour une période limitée.



Le Monde.fr avec Reuters
 |    05.11.2018 à 10h12
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 14h56
   





                        


Deux importants groupes de la grande distribution ont décidé de prêter une oreille attentive à la colère des automobilistes contre la hausse des prix de l’essence et du diesel et d’en tirer parti. Les distributeurs Carrefour et Leclerc ont annoncé, lundi 5 novembre, qu’ils allaient à titre exceptionnel distribuer des carburants à prix coûtants pour une période limitée.
« Dans un contexte d’augmentation drastique des prix des carburants et fidèle à son combat en faveur du pouvoir d’achat des Français, le Mouvement E.Leclerc a pris la décision de prolonger son offre de carburants à prix coûtant, initialement programmée du 2 au 4 novembre, jusqu’au 30 novembre 2018 », précise un communiqué du groupe coopératif.
Une « grogne légitime »
« Celui qui tire la croissance, c’est le consommateur. Aujourd’hui cette grogne est légitime », a déclaré le président Michel-Édouard Leclerc, dans la matinale de France Info. « C’est important commercialement de satisfaire nos clients mais c’est important aussi de donner un signal aux pouvoirs publics. Il faut savoir choisir son camp. » « Tous nos salariés, nos directeurs nous le disent : il y a un ras-le-bol », a encore dit Michel-Edouard Leclerc.
L’opération, initialement proposée lors du dernier week-end des vacances de la Toussaint, est prolongée par le deuxième opérateur pétrolier en France à tout le mois de novembre dans ses 684 stations services. Dans le passé, Leclerc a déjà réalisé des opérations similaires. Nombre de stations Leclerc affichaient un litre d’essence sans plomb 95 contenant jusqu’à 10 % d’éthanol (SP95-E10) sous les 1,45 euro lundi, selon le site du gouvernement.
Son concurrent Carrefour propose également une initiative similaire du 5 au 17 novembre, annoncée aux consommateurs par de la publicité dans les journaux. « Carrefour inaugure les Jours carburants, une opération inédite par son dispositif et son ampleur » dans plus de deux cents stations-services intégrées aux hypermarchés Carrefour, précise dans un communiqué l’enseigne, qui annonce par ailleurs « une série de mesures pour défendre le porte-monnaie de ses clients jusqu’à la fin de l’année ».

        Sur Les Décodeurs :
         

          Pourquoi le diesel coûte-t-il maintenant aussi cher que l’essence ?



Appel au blocage des routes le 17 novembre
Interrogé par l’AFP, Système U a pour sa part fait savoir que chacun de ses exploitants était libre « localement » de vendre leur carburant à prix coûtant ou non, mais qu’il n’existait pas « de mot d’ordre national » sur le sujet. Les marges pratiquées par la grande distribution sur le carburant, considéré comme un « produit d’appel », sont toujours très faibles, « de l’ordre de 1 à 2 centime d’euros par litre », précise un porte-parole du gouvernement.
La contestation contre l’augmentation des prix des carburants, forte notamment d’une pétition signée par plus de 700 000 personnes, s’est récemment cristallisée autour d’un appel au blocage des routes le 17 novembre. Dans des interviews publiées lundi, Emmanuel Macron a dit assumer l’augmentation de la fiscalité tout en se disant favorable à des solutions « innovantes » à l’égard des personnes devant se déplacer pour aller travailler.


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Laurence Nardon, spécialiste de l’Amérique du Nord à l’IFRI, rappelle dans une tribune au « Monde » qu’un nombre croissant d’économistes et de politiques, à gauche comme à droite, sont aujourd’hui partisans d’une politique économique plus favorable aux classes moyennes.
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« Aux Etats-Unis, les partisans du populisme économique vont devoir se structurer politiquement »

Laurence Nardon, spécialiste de l’Amérique du Nord à l’IFRI, rappelle dans une tribune au « Monde » qu’un nombre croissant d’économistes et de politiques, à gauche comme à droite, sont aujourd’hui partisans d’une politique économique plus favorable aux classes moyennes.



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 10h36
    |

Laurence Nardon (Directrice du programme Amérique du Nord de l'IFRI (Paris))







                        



                                


                            
Tribune. On s’étonne des revirements de la politique étrangère du président américain et de sa psychologie hors norme. Mais que dire des ambiguïtés de sa politique économique ? Le président Trump a fait campagne en 2016 sur un programme économique populiste, protectionniste et anti-élites, destiné à redonner des perspectives de mobilité sociale aux classes moyennes. Ses deux premières années de mandat révèlent pourtant une politique économique illisible.
D’un côté, son secrétaire au Trésor Steven Mnuchin met en œuvre dans la discrétion une vaste entreprise de dérégulation financière, achevant de vider de sa substance la loi Dodd-Frank qui avait tenté d’imposer des garde-fous à Wall Street au lendemain de la crise de 2008. De l’autre, Trump reste fidèle aux promesses de sa campagne, engageant une renégociation à marche forcée de l’accord de libre-échange nord-américain (Alena) et une guerre commerciale avec la Chine.
La réforme fiscale de décembre 2017 est emblématique de ce double positionnement : avantageuse pour les plus riches et les entreprises, elle contient néanmoins quelques mesures favorables aux classes moyennes, telles que le doublement du crédit d’impôt par enfant ou la création d’incitations fiscales pour les entreprises dans les régions désindustrialisées.

Surtout, l’aggravation du déficit budgétaire qu’elle devrait entraîner, avec un manque à gagner estimé à 1 445 milliards de dollars (environ 1 300 euros) sur dix ans, est contraire au principe d’orthodoxie budgétaire que l’establishment républicain s’était imposé depuis les années 1980.
Culture de l’avidité et ploutocratie
Cette confusion révèle une évolution du débat d’idées aux Etats-Unis. Il est vrai que, dans un pays où le coefficient de Gini mesurant les inégalités est revenu à son niveau record des années 1930, les économistes libéraux, qui défendent le principe de la dérégulation et du chacun pour soi comme conditions de l’efficacité de l’économie,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ La notation de référence du secteur bancaire pour évaluer les risques liés à un crédit doit être réformée en 2019. Présentée comme plus juste pour les consommateurs, elle répondrait surtout au souci de prêter davantage, estime l’économiste Paul Jorion dans sa chronique.
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« La notation du risque, faux nez de l’industrie bancaire »

La notation de référence du secteur bancaire pour évaluer les risques liés à un crédit doit être réformée en 2019. Présentée comme plus juste pour les consommateurs, elle répondrait surtout au souci de prêter davantage, estime l’économiste Paul Jorion dans sa chronique.



LE MONDE ECONOMIE
 |    05.11.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 10h17
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                            Paul Jorion (Economiste et anthropologue, Université catholique de Lille)








                        



                                


                            
Marchés. La Fair, Isaac & Co. de San Francisco a donné son nom au « FICO score », une notation qui a joué un rôle important et pourtant bien souvent ignoré dans la crise des subprimes de 2008. Attribué à chaque ménage aux Etats-Unis, et fruit des réflexions de deux mathématiciens appliqués du Stanford Research Institute, William Fair et Earl Isaac, le FICO a contribué depuis ses débuts en 1989 à donner une aura de scientificité à l’évaluation du risque de crédit dans le prêt à la consommation aux ménages américains.
Le FICO est établi à partir de données récoltées par trois grands credit bureaus, des organismes privés qui rassemblent dans de gigantesques bases de données les relevés publics des mensualités versées par les ménages.
L’échelle de notation va de 300 à 850 points. Des études statistiques avaient convaincu les prêteurs que le niveau de 620 constituait un seuil permettant de différencier les emprunteurs « prime », c’est-à-dire les bons « rembourseurs », dont la note dépassait ce chiffre, des emprunteurs « subprime », les « mauvais » crédits, et donc à risque, dont la note lui était inférieure.

Les pratiques inhabituelles s’expliquent toujours par les péripéties de l’histoire. C’est pour lutter contre la discrimination raciale dans l’allocation des crédits au logement qu’a été votée en 1975 l’Equal Credit Opportunity Act, qui exigeait que le refus d’un prêt soit « fondé sur des données empiriques et valides sur un plan statistique ». Les rejets de dossiers d’Afro-Américains n’apparaîtraient ainsi plus comme du profilage, mais comme le reflet objectif de la situation économique défavorable de cette catégorie de la population…
« Force de caractère » de l’emprunteur
La scientificité de l’approche adoptée pour construire le FICO venait conforter une vision culturelle propre aux Etats-Unis selon laquelle la capacité des ménages à rembourser...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Le numéro deux du Labour, cerveau du programme économique travailliste, pourrait, si son parti arrivait au pouvoir, provoquer le plus profond virage politique du Royaume-Uni depuis Margaret Thatcher.
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Article sélectionné dans La Matinale du 04/11/2018
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John McDonnell, l’homme qui veut enterrer le thatchérisme au Royaume-Uni

Le numéro deux du Labour, cerveau du programme économique travailliste, pourrait, si son parti arrivait au pouvoir, provoquer le plus profond virage politique du Royaume-Uni depuis Margaret Thatcher.



LE MONDE ECONOMIE
 |    05.11.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 09h58
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance) et 
Philippe Bernard (Liverpool, envoyé spécial)








                        



                                


                            

L’homme à la crinière blanche qu’ils applaudissent à tout rompre pourrait être leur grand-père. En tout cas, il revient de loin. « A l’heure où les politiques libérales échouent partout, les gens veulent une politique de bon sens qui change leur quotidien. C’est le moment pour nous ! Nos responsabilités sont immenses. Ce pays compte quatre millions d’enfants pauvres. On n’acceptera plus cela quand le Labour sera au pouvoir ! » En quarante ans de vie politique à gauche de la gauche britannique, John McDonnell n’a jamais enflammé les foules. Mais en ce soir de la fin septembre, devant les militants de Momentum, le courant du Parti travailliste britannique qui a porté son ami Jeremy Corbyn à la tête du Labour en 2015, il savoure son triomphe.
Dans un vaste entrepôt du port de Liverpool, à l’écart du centre de conférences où se tient le congrès du Parti travailliste, la foule mêle jeunes branchés et militants aguerris. Tous sont électrisés par le discours du ministre des finances du shadow cabinet (« cabinet fantôme ») du Labour. Le numéro deux du principal parti d’opposition britannique est l’artisan d’un programme économique – renationalisation des chemins de fer, de l’électricité, de l’eau et de la poste, relance budgétaire, contrôle plus étroit des banques, actionnariat populaire dans les grandes entreprises – qui paraît radical aux jeunes, et réactive pour les moins jeunes, les promesses des années 1970 pulvérisées par la conservatrice Margaret Thatcher, puis ringardisées par le premier ministre travailliste Tony Blair.
« Voilà quelques années, s’amuse l’orateur, je m’apprêtais à prendre ma retraite et je me préparais à l’idée que plus personne ne se déplacerait pour m’écouter. Et là, je me retrouve devant vous. Ensemble, nous formons un mouvement de masse qui peut changer le monde ! » Les pieds frappent en cadence le parquet sonore. John McDonnell, 67 ans, est aux anges. Le député de l’ouest londonien,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ « Le débat sur l’instauration d’une couverture santé universelle aux Etats-Unis mérite mieux que la propagande relayée par la Maison Blanche à la veille des élections de mi-mandat », explique dans sa chronique Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde ».
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« Selon des économistes chargés de conseiller Trump, le péril rouge serait de retour»

« Le débat sur l’instauration d’une couverture santé universelle aux Etats-Unis mérite mieux que la propagande relayée par la Maison Blanche à la veille des élections de mi-mandat », explique dans sa chronique Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde ».



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 09h32
    |

            Stéphane Lauer (Editorialiste au Monde)








                        



                                


                            
Chronique. C’est une curieuse piqûre de rappel à laquelle les Américains ont droit à la veille des élections de mi-mandat du 6 novembre. Le Council of Economic Advisers (CEA) a publié un rapport intitulé « Les coûts d’opportunité du socialisme ». Sous ce titre jargonnant – le coût d’opportunité est le prix qu’on est amené à payer lorsqu’on se détourne d’un choix considéré comme le meilleur –, ce cercle d’économistes chargés de nourrir la réflexion du président des Etats-Unis a consacré 72 pages pour expliquer une théorie qui pourrait se résumer ainsi : « le socialisme, c’est mal ».
Ce document résonne comme un cri d’alarme tout droit sorti de « The Americans », cette série qui plonge aux plus belles heures de la guerre froide, sous Ronald Reagan, en nous faisant vivre les tribulations d’un couple d’officiers du KGB, infiltrés dans la banlieue de Washington, grâce à une couverture quasi parfaite de famille modèle américaine.
Le monde était simple, alors : les bons s’opposaient aux méchants et chacun était prêt à tout pour faire triompher ses idéaux. Après l’effondrement du mur de Berlin, on croyait cette époque révolue, mais le CEA semble avoir un doute, qu’il était urgent de partager avec le président. Qu’on se le dise, le péril rouge serait de retour. Cette année, grâce à ce collectif de 45 économistes chevronnés, Halloween a été particulièrement réussi.
Bernie Sanders comparé à Mao ou Lénine
En ce bicentenaire de la naissance de Karl Marx, le CEA croit avoir décelé une dérive dangereuse. « Le socialisme fait son retour dans le discours politique américain. Des propositions détaillées gagnent du terrain au Congrès et parmi l’électorat », affirme le rapport, avec en ligne de mire l’ex-candidat à la présidentielle, Bernie Sanders, ou encore les nouveaux visages du Parti démocrate comme Alexandria Ocasio-Cortez ou Rashida Tlaib.
Encore plus « grave », ce sondage réalisé chaque année depuis 2010, qui montre que, pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ En 1987, Alain Chevalier avait piloté la fusion la maison de champagne Moët Hennessy avec un autre géant du luxe, Louis Vuitton. Il est mort à l’âge de 87 ans.
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Il est mort à l’âge de 87 ans.     Le Monde avec AFP  Publié hier à 21h45, mis à jour hier à 21h46   Lecture 2 min.     Partager sur Facebook Partager sur Facebook   Partager sur Twitter Partager sur Twitter   Envoyer par e-mail Envoyer par e-mail                        Alain Chevalier (à gauche) et Bernard Arnault, le 22 septembre 1988. PIERRE GUILLAUD / AFP             Alain Chevalier, l’un des deux fondateurs du numéro un mondial du luxe LVMH, est mort à 87 ans, a annoncé dimanche l’Elysée. Ce capitaine d’industrie a fait d’une maison de champagne, mariée à la société Louis Vuitton, un groupe international tourné vers le haut de gamme.          M. Chevalier « a mis son intelligence et son talent au service de la politique et de l’industrie, contribuant par sa vision et sa détermination à installer la France à la première place dans le domaine du luxe », souligne dans un communiqué la présidence de la République, qui salue en lui un « homme visionnaire ».            Le géant français du luxe, aujourd’hui composé de 70 maisons qui emploient 150 000 personnes dans le monde, a salué quant à lui « la mémoire » d’un « grand industriel » dans un message adressé à l’Agence France Presse.          Né le 16 août 1931 à Alger, où sa famille est installée depuis 1880, ce « pied-noir d’Algérie, resté jusqu’au bout fidèle au souvenir de sa terre natale » selon l’Elysée, fait des études de droit et de sciences politiques avant d’intégrer l’ENA (promotion « Vauban »), d’où il sort en 1959. Auditeur à la Cour des Comptes, il a occupé différents postes dans des ministères (aux affaires algériennes, à l’éducation nationale, à l’industrie) avant de quitter l’administration pour se lancer dans le privé.          « Nous avons eu la “Baraka” »          En 1970, il prend la direction générale de Moët et Chandon, alors premier groupe français de champagne, avec un but : transformer peu à peu cette vieille maison de Reims en une société de produits de luxe, à vocation mondiale. Avec son président Robert de Voguë, « les choses sont allées très vite, nous avons eu la “baraka” », dira-t-il en 1974 au quotidien l’Aurore. En 1987, pour contrer une éventuelle OPA sur l’entreprise, devenue Moët Hennessy, il la fusionne avec un autre géant du luxe, Louis Vuitton, alors présidé par Henry Racamier, qui décédera quant à lui en 2003.          Mais ce mariage sonne la fin de carrière pour ce pur gestionnaire. En effet, Alain Chevalier n’a jamais possédé la moindre action, que ce soit chez Moët ou plus tard chez LVMH. Absent au capital de LVMH, il ne réussit pas à stopper l’avancée de Bernard Arnault, qui peu à peu, acquiert des pans entiers de l’entreprise, jusqu’à en devenir le principal actionnaire.          De 1979 à 1981, il siège au CNPF, l’ancêtre du Medef, mais refuse de prendre la tête du patronat français, tout comme il dit non en 1986 au poste de ministre de l’industrie que lui propose Jacques Chirac, son condisciple à l’ENA. Dans son carnet en date de samedi, le Figaro précise que le décès a eu lieu le 1er novembre à son domicile de Megève (Haute-Savoie). Ses obsèques seront célébrées mercredi après-midi à la basilique Sainte-Clotilde de Paris, précise la famille.                                                                    Voir les réactions      Dans la même rubrique                 Une pluie d’hommages à Charles Aznavour  De nombreux artistes et personnalités politiques, français et étrangers, ont salué la mémoire du chanteur, mort dans la nuit de dimanche à lundi.                  According French media reports, Jean Piat died September 18, 2018 at the age of 93.  / AFP / michel clement
        Article réservé à nos abonnés Jean Piat, le d’Artois des « Rois maudits », est mort  Le comédien, sociétaire honoraire de la Comédie-Française, avait 93 ans.                      Mort du dessinateur René Pétillon  Il avait notamment créé le personnage de Jack Palmer, un détective calamiteux, dont les péripéties ont été narrées à travers plusieurs albums, publiés entre 1976 et 2013.                         Article réservé à nos abonnés Mort d’Aretha Franklin : quand la « reine de la soul » enchantait le Palais des sports de Paris  Archives. Seul concert d’Aretha Franklin en Europe en 1977, il est marqué par la lecture d’une scène de « Cyrano de Bergerac » et l’attitude d’un public de gougnafiers.                      Le chanteur algérien Djamel Allam est mort à Paris  Porte-voix de la chanson algérienne à l’étranger depuis les années 1970, le chanteur est mort à 71 ans des suites d’une longue maladie.                         Article réservé à nos abonnés Florence Malraux, assistante-réalisatrice, est morte  Fille de Clara et André Malraux, elle avait travaillé auprès d’Alain Resnais et François Truffaut.                       Article réservé à nos abonnés Randy Weston, pianiste et compositeur, est mort  Le chemin spirituel et militant vers l’Afrique du musicien, sa carrière hors norme en font un héros rare du monde du jazz.                        Aznavour : mort d’un champion de la cause arménienne  Le chanteur s’est engagé sur le tard, mais intensément, en faveur de la reconnaissance du génocide arménien.                      Aznavour inhumé après un dernier hommage à la cathédrale arménienne de Paris  La cérémonie s’est déroulée dans l’intimité avec les proches du chanteur, avant qu’il soit inhumé, aux côtés de son fils, dans le caveau familial, dans les Yvelines.                         Article réservé à nos abonnés Mort du moudjahidin afghan Jalaluddin Haqqani  Le chef de guerre, très actif contre les Soviétiques, puis contre les Etats-Unis et leurs alliés, fut aussi ministre sous le règne taliban.                      Joël Robuchon, chef le plus étoilé au monde, est mort  Le cuisinier français est mort lundi à l’âge de 73 ans à Genève, des suites d’un cancer.                 Portrait of Charles Aznavour, french singer, composer and acctor of armenian origines.
(Do not crop)

France, Paris, 2005
Portrait de Charles Aznavour, chanteur, compositeur et acteur français d'origine arménienne.
(Ne pas recadrer)


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Les accords à l’amiable avec le PSG et Manchester City dans le cadre du fair-play financier et la réforme de la Ligue des champions illustrent la complaisance des dirigeants de la Confédération.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 04/11/2018
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« Football Leaks » : la faiblesse de l’UEFA face aux grands clubs européens

Les accords à l’amiable avec le PSG et Manchester City dans le cadre du fair-play financier et la réforme de la Ligue des champions illustrent la complaisance des dirigeants de la Confédération.



LE MONDE
 |    04.11.2018 à 16h56
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 09h09
    |

            Rémi Dupré








                        



                                


                            

Au siège de l’Union des associations européennes de football (UEFA), à Nyon (Suisse), on ne s’est pas pressé pour commenter les révélations des « Football Leaks », cette série d’enquêtes réalisées à partir de « plus de 70 millions de documents » par le consortium European Investigative Collaborations (ECI), dont fait partie le site Mediapart.
Et pour cause : les dirigeants de la Confédération du Vieux Continent, ainsi que leurs prédécesseurs, se retrouvent comme nus après ce déballage. Il montre comment, face aux menaces des clubs les plus riches, ils ont cédé aux exigences de ces derniers, pour alléger les sanctions du « fair-play financier » (FPF) et redessiner une Ligue des champions qui leur soit encore plus favorable.
Complaisance
Vendredi 2 novembre, Mediapart a révélé que le Qatar, propriétaire du Paris-Saint-Germain (PSG) depuis 2011, avait réussi à contourner les règles du FPF, ce mécanisme introduit par l’UEFA en 2010, et en vertu duquel les équipes continentales ne doivent pas dépenser plus qu’elles ne gagnent sous peine de sanctions.
Pièces à l’appui, l’ECI affirme que le club de la capitale « a été couvert » par la confédération et ses deux anciens dirigeants : son ex-président Michel Platini (2007-2015), qui avait voté en faveur du Qatar lors du scrutin d’attribution du Mondial 2022, et son ancien secrétaire général, Gianni Infantino (2009-2016), actuel dirigeant de la Fédération internationale de football (FIFA). En avril 2014, M. Infantino a ainsi négocié un accord à l’amiable avec les hiérarques du PSG, ainsi qu’avec ceux de Manchester City, propriété du cheikh Mansour d’Abou Dhabi, un club dont le déficit était alors abyssal (233 millions d’euros de pertes entre 2011 et 2013).
Alors que la chambre d’instruction de l’instance de contrôle financier des clubs (ICFC) du FPF est censée être indépendante et souveraine, M. Infantino mène les tractations dans son dos et fait preuve de...




                        

                        

