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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Cette action permettra à Delphine Boël de savoir si l’ex-souverain est son père biologique ou non.
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La justice impose un test ADN à Albert II, l’ex-roi de Belgique

Cette action permettra à Delphine Boël de savoir si l’ex-souverain est son père biologique ou non.



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 16h26
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 18h06
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



   


L’ancien roi des Belges Albert II devrait se soumettre, avant trois mois, à un test génétique afin de déterminer s’il est, ou non, le père biologique de Delphine Boël, une artiste quinquagénaire qui se bat depuis des années pour forcer l’ancien chef de l’Etat à admettre cette paternité.
La décision de la cour d’appel de Bruxelles, prise le 25 octobre, a été dévoilée le 5 novembre par les avocats de la plaignante. Elle est le énième épisode d’un feuilleton déjà ancien et plus qu’embarrassant pour la monarchie : il contraste, en effet, avec les valeurs empreintes de générosité et de conservatisme qu’elle est censée incarner.
Un autre test ADN a déjà émaillé cette affaire : celui auquel s’est soumis Jacques Boël en 2013. Il avait confirmé que cet homme d’affaires, marié à Sybille de Sélys Longchamps, une ancienne conquête de celui qui était à l’époque le prince de Liège et frère du roi Baudouin, n’était pas le père biologique, ou légal, de Delphine. Celle-ci, afin de faire reconnaître celui qu’elle estime être son véritable père, avait introduit une action en désaveu de paternité de M. Boël.

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Un tribunal de première instance avait étonnamment jugé sa requête « recevable et non fondée », estimant que M. Boël n’était peut-être pas le père biologique de Delphine mais qu’un lien filial le rattachait cependant à celle-ci. La décision de la cour d’appel indique, en revanche, que « ni en droit ni en fait » cette paternité de Jacques Boël ne peut être établie, souligne Me Marc Uyttendaele, l’avocat de l’artiste. Et que celle-ci a donc le droit d’obtenir l’expertise génétique qu’elle réclame.
Demandes refusées
Cette grande première dans l’histoire de la royauté devrait avoir lieu dans un hôpital universitaire. Delphine Boël et sa mère, qui soutient le combat de sa fille, se soumettront également au test.
A condition, cependant, qu’Albert II l’accepte, lui qui a refusé jusqu’ici toutes les demandes de sa fille présumée. Lundi, l’avocat d’Albert II a indiqué qu’il examinait avec son client l’éventualité d’un pourvoi en cassation. Les défenseurs de Mme Boël estiment, quant à eux, qu’un tel pourvoi pourrait concerner la contestation de paternité mais pas le test génétique, « affirmation sereine et forte des principes selon lesquels il faut toujours privilégier les droits de l’enfant », estime Me Uyttendaele. Un éventuel refus royal pourrait cependant servir la défense de Mme Boël : il ne manquerait pas d’être interprété comme un aveu.

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Albert II avait, au début des années 2000, envisagé son divorce d’avec Paola Ruffo di Calabria, alors que le couple royal traversait, dans les années 1970, une crise. Les conditions fixées à Albert pour ce divorce (renoncer au trône, à sa « dotation » financière et à la possibilité, pour sa nouvelle épouse, de rencontrer les trois enfants qu’il avait eus avec Paola) l’avaient toutefois dissuadé.
Mme de Sélys avait, elle, accepté un exil temporaire en Grande-Bretagne, pour ne pas mettre la monarchie en péril. « Le sort du pays était plus important que le mien », allait-elle expliquer plus tard. Au palais de Laeken, Delphine Boël ne bénéficie que du soutien du turbulent prince Laurent, le fils cadet d’Albert II.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Pour l’universitaire Pierre Guerlain, dans une tribune au « Monde », c’est le capitalisme financier qui est à l’origine des vagues migratoires, la gauche ne doit pas se tromper de cible.
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« Il est problématique d’éliminer la question sociale dans la réflexion sur les migrations »

Pour l’universitaire Pierre Guerlain, dans une tribune au « Monde », c’est le capitalisme financier qui est à l’origine des vagues migratoires, la gauche ne doit pas se tromper de cible.



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 13h55
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 15h23
    |

Pierre Guerlain (Professeur émérite en études américaines, université Paris-Nanterre)







                        



                                


                            
Tribune. Le président élu au Mexique, Andrés Manuel Lopez Obrador « AMLO », un homme de gauche, vient de faire une déclaration sur la caravane des migrants en provenance du Honduras. Il a dit qu’il fallait respecter les droits humains pour ces migrants et leur donner du travail. Il est donc opposé aux politiques de Trump qui pense pouvoir apporter une « solution » militaire aux migrations. « AMLO » a aussi ajouté qu’il fallait travailler à créer les conditions socio-économiques pour que les migrants puissent trouver « le bonheur là où ils sont nés ». La solution au « problème migratoire » est, dit-il, dans un plan de développement pour l’Amérique latine.

Cette position conjugue les deux volets de ce qu’une politique juste devrait être. « AMLO » comprend que traiter dignement des migrants ne suffit pas et qu’il faut intervenir sur les causes des migrations. En d’autres termes, la migration doit être appréhendée à deux niveaux, celui de l’urgence humanitaire mais aussi celui du capitalisme mondialisé et de son cortège d’injustices.
Dans le cas des Amériques, les raisons qui poussent des populations à vouloir fuir sont complexes et conjuguent l’oppression politique et la misère. Dans le cas du Honduras, les migrations sont directement liées aux interventions des Etats-Unis. Si l’Alena [l’accord de libre-échange nord-américain] détruit les bases de l’agriculture mexicaine, elle provoque des vagues migratoires. La position du futur président mexicain est celle d’une gauche exemplaire, humaniste et critique du capitalisme financier.
Rhétorique du bouc émissaire
En Allemagne, Sahra Wagenknecht [vice-présidente du parti Die Linke (« la gauche »)] défend des positions similaires qui sont régulièrement caricaturées en positions dites antimigrants. Le Monde a parlé de « gauche antimigrants ». Wagenknecht explique pourtant qu’elle refuse le racisme, qu’elle est favorable...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ La visite du fils de la reine Elizabeth II en Gambie, au Ghana et au Nigeria vise à préserver les liens du Royaume-Uni avec ces pays membres du Commonwealth.
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Compte rendu

Le prince Charles en tournée en Afrique pour préparer l’ère post-Brexit

La visite du fils de la reine Elizabeth II en Gambie, au Ghana et au Nigeria vise à préserver les liens du Royaume-Uni avec ces pays membres du Commonwealth.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-11-05T10:43:52+01:00"

        Le 05.11.2018 à 10h43






    
Le prince Charles et son épouse, Camilla, avec le roi Osei Tutu II, à Kumasi, au Ghana, le 4 novembre 2018.
Crédits : RUTH MCDOWALL / AFP


Prendre le thé avec le roi du peuple ghanéen des Asante, c’est aussi du travail pour le prince de Galles, en tournée en Afrique de l’Ouest dans un contexte de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE). Londres cherche un accord avec Bruxelles avant le 29 mars 2019 et la maison de Windsor doit participer à la préparation de l’ère post-Brexit.
Héritier d’un trône occupé par sa mère, la reine Elizabeth II, depuis presque aussi longtemps qu’il est en vie, le prince Charles, qui aura 70 ans ce mois-ci, n’a officiellement aucune prérogative politique ni diplomatique. Mais sa tournée africaine et les déplacements des autres membres de la famille royale sont surveillés de près au moment où le royaume est en plein Brexit.

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Charles et son épouse, Camilla, ont entamé mercredi 31 octobre leur tournée en Gambie, au Ghana et au Nigeria, alors que leur fils cadet, Harry, et sa nouvelle épouse, Meghan, reviennent tout juste d’Australie, de Nouvelle-Zélande, des îles Fidji et de Tonga. Peu de temps après le référendum sur le maintien dans l’UE en 2016, le fils aîné, William, avait quant à lui effectué une tournée au Canada, dans un effort apparent de ne pas couper le Royaume-Uni de la scène internationale.
« Diplomatie douce »
Les pays choisis ne le sont pas au hasard et reflètent étroitement l’agenda politique et économique de Londres, selon les observateurs. « Le lieu est choisi sur la demande du Foreign Office », a expliqué à l’AFP Penny Junor, auteur de nombreuses biographies du prince. Tous les mouvements de la famille royale sont soigneusement chorégraphiés, que ce soit chez eux ou à l’étranger. Les photos doivent refléter le prestige et le faste, mais toujours avec dignité et modestie.
Le prince Charles, qui est le plus haut représentant de sa mère, âgée de 92 ans, a des obligations diplomatiques vis-à-vis des présidents des trois pays ouest-africains où il se rend. Il y aura des cérémonies en amont des célébrations du 11-Novembre, en hommage aux soldats des anciennes colonies de la Couronne tués au cours des deux guerres mondiales. Le Ghana a également organisé un « Durbar », journée traditionnelle spectaculaire, à Kumasi, la deuxième ville du pays, pour célébrer les liens culturels au sein du Commonwealth, que Charles dirigera un jour.

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                Qu’est-ce que le Commonwealth ?



Mais la politique n’est jamais très loin et il est difficile de ne pas faire le rapprochement avec le Brexit et l’agenda international britannique en ces temps agités. Le roi ghanéen l’a lui-même remarqué, reconnaissant que « pour que notre histoire commune ait du sens et renforcer les liens qui nous unissent, nous devons avoir le courage de développer mutuellement nos économies, particulièrement dans le contexte du Brexit ».
Pour Elizabeth Donnelly, du think tank Chatham House, la tournée actuelle de Charles est « la continuité de la diplomatie douce » déjà amorcée par la visite de la première ministre, Theresa May, en Afrique du Sud, au Nigeria et au Kenya il y a quelques mois. Stimuler les échanges commerciaux avec les 52 autres pays du Commonwealth est un moyen de compenser les pertes du Royaume-Uni entraînées par le départ de l’UE, son plus grand partenaire commercial.
Croissance rapide
La Gambie, le Ghana et le Nigeria sont membres du Commonwealth, tout comme les pays visités par le prince Harry ou lors du voyage de William au Canada. Le Commonwealth est un marché très important, avec 2,4 milliards d’habitants répartis sur les cinq continents. Dix-neuf de ces pays se trouvent en Afrique, où la première ministre souhaite que le Royaume-Uni soit le plus grand investisseur étranger du G7 d’ici à 2022.
Au Ghana, Londres a investi 2 milliards de livres (environ 2,3 milliards d’euros) au cours des vingt dernières années. Au Nigeria aussi, pays le plus peuplé d’Afrique avec 180 millions d’habitants et qui compte une diaspora importante au Royaume-Uni, Londres souhaite accroître les échanges commerciaux et soutenir la création d’emplois.

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                En visite en Afrique, Angela Merkel veut « combattre l’émigration illégale »



Isaac Arthur, analyste économique basé à Accra, estime que cela correspond également à la politique du président ghanéen, Nana Akufo-Addo, qui veut dynamiser « le commerce et non l’aide ». « Les relations du Royaume-Uni avec le Ghana ont été cantonnées à l’aide au développement pendant de nombreuses années, souligne M. Arthur. Mais cette fois, les deux pays veulent renforcer leurs relations bilatérales, en particulier en ce qui concerne le commerce. ».
« Je pense que cela va dans la bonne direction », commente l’analyste, notamment dans un contexte de croissance rapide – le Ghana devrait connaître une croissance supérieure à 8 %. Le petit pays d’Afrique de l’Ouest attire d’ailleurs les convoitises : la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, Emmanuel Macron, se sont tous deux rendus à Accra cette année. Mais dans un pays où les traditions sont encore fortes, boire le thé chez le roi des Asante « peut faire la différence », souligne Elizabeth Donnelly.


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Le photographe Paul Reas s’intéresse à la culture populaire de l’Angleterre. Dans sa série « I Can Help » (1988), il dénonce avec ironie la société d’hyperconsommation et le libéralisme des années Thatcher.
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L’Angleterre des années 1980 au supermarché


                      Le photographe Paul Reas s’intéresse à la culture populaire de l’Angleterre. Dans sa série « I Can Help » (1988), il dénonce avec ironie la société d’hyperconsommation et le libéralisme des années Thatcher.



M le magazine du Monde
 |    05.11.2018 à 10h33
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 10h36
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








   


Des montagnes de produits qui dépassent d’un chariot, de la viande sous cellophane, des glaces, de l’épicerie… Et du plastique, du plastique, du plastique. Les couleurs sont criardes et primaires, le rouge domine. Chacun reconnaîtra au premier coup d’œil, dans les photos de Paul Reas, des scènes traditionnelles de supermarché, comme il s’en déroule quotidiennement à travers le monde. Celles-ci datent du Royaume-Uni des années 1980. « C’est le moment où nous sommes passés de la génération du “nous” à la génération du “moi”, avec une obsession pour les achats, une culture individualiste », estime aujourd’hui le photographe britannique, qui présente le 9 novembre une rétrospective au salon Paris Photo. Paul Reas ne juge pas : « Je ne prends pas de photos de gens, mais de systèmes dans lesquels se trouvent des gens. Mon travail est une critique de Thatcher et des changements qu’elle a apportés à notre société, en négatif à mon avis. »
L’humour des Monty Python et de Martin Parr
Ce n’est pas une observation extérieure, détachée. Paul Reas documente ce qu’il reconnaît faire lui-même au quotidien. « Mon travail était une réaction à la tendance d’alors de s’occuper de sujets toujours plus exotiques, de photographier “les autres”, la différence. Je voulais m’occuper de ma vie de tous les jours. » Alors il regarde d’un œil ironique l’étrangeté de cette société. Une femme portant un pull constellé de petits cochons roses se penche sur des monceaux de viande sous cellophane, mettant en perspective notre curieuse relation aux animaux. Un homme, cigarette aux lèvres, choisit un papier peint décoré d’un soldat armé pour la chambre de son fils : « Imagine-t-on l’impact de ce dessin sur cet enfant ? » Paul Reas estime faire partie de cette tradition d’humour anglais, citant les Monty Python, le photographe Martin Parr (son tuteur à l’université) ou même le peintre du XVIIIe siècle, William Hogarth. « Il s’agit de satire. »
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Maçon de formation, un métier qu’il a exercé pendant près d’une décennie, né en 1955 et élevé par sa mère seule dans une banlieue pauvre de Bradford, dans le nord de -l’Angleterre, Paul Reas a toujours tenté de s’approcher de sa réalité quotidienne, sans fard ni filtre. Il a commencé en photographiant en noir et blanc les gueules cassées des mineurs ou le chômage de masse et la pauvreté de Penrhys Estate, une cité pauvre du Pays de Galles. Pas de romantisme dans ces photos ni de sourire en coin à la Robert Doisneau.
« En revoyant mon travail sur la durée, je m’aperçois que tous les éléments qui nous ont menés au Brexit étaient là. »
Le photographe passe à la couleur pour sa série I Can Help (1988) sur les supermarchés et les centres commerciaux. Il obtient un accès sans difficultés, presque sans limites. « Ce ne serait plus possible aujourd’hui, tous ces magasins ont maintenant une conscience aiguë de leur image. »
Après ce travail, qui a rencontré un grand succès, Paul Reas s’est intéressé à la façon dont la société s’est mise à revisiter, de manière romantique, les anciennes usines et les mines d’antan. Plus récemment, il a suivi dans le sud de Londres une communauté populaire progressivement chassée de son quartier à la faveur d’un réaménagement urbain. « En revoyant mon travail sur la durée, je m’aperçois que tous les éléments qui nous ont menés au Brexit étaient là. Il y a eu la désindustrialisation, le chômage de masse, la façon dont les classes populaires ont été écartées de la politique, puis les populistes et les nationalistes qui se sont engouffrés dedans… Ma propre culture populaire a été marginalisée. »
Fables of Faubus, de Paul Reas, Gost Books, 240 p., 43 €. Signature du livre le 9 novembre à 17 heures à Polycopies, stand de Gost Books, sur le bateau Concorde Atlantique, face au 23, quai Anatole-France, Paris 7e.



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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ L’Angleterre de Thatcher est marquée par une consommation de masse individualiste et débridée. Dans sa série « I Can Help » (1988), le photographe Paul Reas porte un regard ironique sur ce phénomène.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Le numéro deux du Labour, cerveau du programme économique travailliste, pourrait, si son parti arrivait au pouvoir, provoquer le plus profond virage politique du Royaume-Uni depuis Margaret Thatcher.
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Article sélectionné dans La Matinale du 04/11/2018
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John McDonnell, l’homme qui veut enterrer le thatchérisme au Royaume-Uni

Le numéro deux du Labour, cerveau du programme économique travailliste, pourrait, si son parti arrivait au pouvoir, provoquer le plus profond virage politique du Royaume-Uni depuis Margaret Thatcher.



LE MONDE ECONOMIE
 |    05.11.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 09h58
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance) et 
Philippe Bernard (Liverpool, envoyé spécial)








                        



                                


                            

L’homme à la crinière blanche qu’ils applaudissent à tout rompre pourrait être leur grand-père. En tout cas, il revient de loin. « A l’heure où les politiques libérales échouent partout, les gens veulent une politique de bon sens qui change leur quotidien. C’est le moment pour nous ! Nos responsabilités sont immenses. Ce pays compte quatre millions d’enfants pauvres. On n’acceptera plus cela quand le Labour sera au pouvoir ! » En quarante ans de vie politique à gauche de la gauche britannique, John McDonnell n’a jamais enflammé les foules. Mais en ce soir de la fin septembre, devant les militants de Momentum, le courant du Parti travailliste britannique qui a porté son ami Jeremy Corbyn à la tête du Labour en 2015, il savoure son triomphe.
Dans un vaste entrepôt du port de Liverpool, à l’écart du centre de conférences où se tient le congrès du Parti travailliste, la foule mêle jeunes branchés et militants aguerris. Tous sont électrisés par le discours du ministre des finances du shadow cabinet (« cabinet fantôme ») du Labour. Le numéro deux du principal parti d’opposition britannique est l’artisan d’un programme économique – renationalisation des chemins de fer, de l’électricité, de l’eau et de la poste, relance budgétaire, contrôle plus étroit des banques, actionnariat populaire dans les grandes entreprises – qui paraît radical aux jeunes, et réactive pour les moins jeunes, les promesses des années 1970 pulvérisées par la conservatrice Margaret Thatcher, puis ringardisées par le premier ministre travailliste Tony Blair.
« Voilà quelques années, s’amuse l’orateur, je m’apprêtais à prendre ma retraite et je me préparais à l’idée que plus personne ne se déplacerait pour m’écouter. Et là, je me retrouve devant vous. Ensemble, nous formons un mouvement de masse qui peut changer le monde ! » Les pieds frappent en cadence le parquet sonore. John McDonnell, 67 ans, est aux anges. Le député de l’ouest londonien,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ L’ex-député incarne la démocratie chrétienne d’avant Merkel : conservatrice, de l’Ouest, proche des entreprises, masculine.
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Friedrich Merz, l’anti-Merkel, nouvelle coqueluche de la CDU

L’ex-député incarne la démocratie chrétienne d’avant Merkel : conservatrice, de l’Ouest, proche des entreprises, masculine.



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 14h51
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            
L’Allemagne a-t-elle déjà son prochain chancelier, une semaine après la fin annoncée de l’ère Merkel ? Au vu de l’incroyable emballement de la presse allemande autour de la personne de Friedrich Merz, on pourrait être tenté de croire que les jeux sont faits. L’ancien député conservateur apparaît comme le candidat favori dans la course à la succession d’Angela Merkel à la tête de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), qui élira son prochain président lors de son congrès les 7 et 8 décembre.
La rapidité avec laquelle Friedrich Merz est passé de l’ombre à la lumière en dit long sur l’ampleur des soutiens dont il dispose dans les milieux conservateurs. Dès lundi 29 octobre au matin, alors que les premières rumeurs de presse rapportent que la chancelière ne se représentera pas à la présidence de la CDU, Bild évoque déjà son nom. Le quotidien conservateur, qui reste le plus gros tirage d’Allemagne, cite des proches de Friedrich Merz qui assurent qu’il « se tient prêt à prendre des responsabilités à la tête de la CDU ». L’annonce est d’autant plus surprenante que l’homme a disparu de la vie politique depuis presque dix ans.
« Frédéric le Grand »
Très vite, la presse conservatrice et économique lui consacre de larges portraits. Après Bild, Die Welt, l’autre grand quotidien du groupe conservateur Axel Springer, titre sans complexe, dès jeudi, « Friedrich der Große » (Frédéric le Grand, le surnom de l’emblématique roi de Prusse). Le même jour, la Frankfurter Allgemeine Zeitung le sacre « le candidat qui fait trembler l’AfD [Alternative für Deutschland] », ce parti d’extrême droite populiste qui accueille depuis trois ans les nombreux déçus de la CDU. Jeudi soir, le quotidien économique Handelsblatt lui consacre son supplément du week-end.

Vendredi, le magazine de centre gauche Der Spiegel enfonce le clou en révélant que le président du Bundestag, Wolfgang Schäuble, figure tutélaire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Vichai Srivaddhanaprabha est mort le samedi 3 novembre dans un accident d’hélicoptère qui a laissé sous le choc le club de football de Premier League.
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Les joueurs de Leicester sont arrivés à Bangkok pour les funérailles de leur président

Vichai Srivaddhanaprabha est mort le samedi 3 novembre dans un accident d’hélicoptère qui a laissé sous le choc le club de football de Premier League.



Le Monde.fr avec AFP
 |    04.11.2018 à 22h40
   





                        



   


Les joueurs et le personnel de Leicester sont arrivés à Bangkok (Thaïlande) dimanche pour assister aux funérailles de leur président, Vichai Srivaddhanaprabha, mort comme quatre autres personnes le 27 octobre, dans un accident d’hélicoptère aux abords du King Power Stadium. Ces funérailles bouddhistes ont débuté samedi et doivent encore se poursuivre toute la semaine, à Wat Thepsirin, l’un des temples les plus célèbres de Bangkok, qui sert généralement de site pour les funérailles de notables thaïlandais.

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L’entraîneur de Leicester, Claude Puel, et son directeur, Jon Rudkin sont arrivés au temple vers 18 heures – 12 heures en France – le regard fixe devant les objectifs des photographes. Ils étaient suivis de près par le capitaine de l’équipe, Wes Morgan, et le gardien de but, Kasper Schmeichel, considéré comme le joueur le plus proche de Vichai Srivaddhanaprabha. Étaient également présents Vardy et Okazaki, les défenseurs Harry Maguire, Christian Fuchs et Ben Chiwell, les milieux Wilfred Ndidi, James Maddison, Marc Albrighton et Andy King, tous vêtus de costumes et de cravates noirs, la mine sombre et visiblement émus. Plusieurs personnalités politiques et hommes d’affaires thaïlandais sont attendus dans les prochains jours pour rendre un dernier hommage à Vichai Srivaddhanaprabha.
« Tu seras toujours dans nos cœurs »
Samedi 3 novembre, alors que Leicester affrontait Cardiff dans le cadre de la 11e journée du championnat anglais, joueurs et supporters anglais avaient fait part de leur émotion. Une minute de silence avait été observée avant le début de la rencontre, remportée 1-0 par Leicester, alors que les joueurs arboraient un Tshirt floqué du visage de leur président, souligné de l’inscription « tu seras toujours dans nos cœurs ».
Les supporters, eux, étaient venus en masse au pays de Galles et ont déployé une bannière sur laquelle était inscrit « RIP Vichai », suivi du logo du club que le milliardaire thaïlandais avait guidé vers un inattendu titre de champion d’Angleterre en 2016.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Le cabinet de Theresa May a qualifié de « spéculation » l’article du « Sunday Times » rapportant l’existence d’une clause douanière dans l’accord avec l’Union européenne.
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Brexit : la presse anglaise parle d’un accord imminent sur la frontière irlandaise

Le cabinet de Theresa May a qualifié de « spéculation » l’article du « Sunday Times » rapportant l’existence d’une clause douanière dans l’accord avec l’Union européenne.



Le Monde.fr avec AFP et Reuters
 |    04.11.2018 à 11h08
 • Mis à jour le
04.11.2018 à 17h30
   





                        



   


La Grande-Bretagne resterait dans une union douanière temporaire avec l’Union européenne après le Brexit pour éviter une frontière coupant l’île d’Irlande entre le Nord, membre du Royaume-Uni, et le Sud, selon un nouvel accord intervenu entre Londres et Bruxelles, affirme, dimanche, le Sunday Times.
La première ministre britannique Theresa May aurait obtenu des concessions de Bruxelles, l’UE ayant accepté d’inscrire une union douanière pour « l’ensemble du Royaume-Uni » dans l’accord de divorce, selon des sources proches du dossier citées par l’hebdomadaire. Le cabinet de Theresa May a commenté l’article du Sunday Times, dimanche, en qualifiant de « spéculation » ces informations, tout en précisant que les « négociations se poursuivaient ».
La frontière irlandaise constitue l’un des principaux obstacles à un accord sur le Brexit, aucune des parties ne souhaitant rétablir une frontière physique entre l’Irlande et l’Irlande du Nord par peur de compromettre l’accord de paix ayant mis fin à des décennies de violences communautaires.

        Nos explications :
         

          pourquoi la frontière entre les deux Irlandes est un casse-tête pour Londres



Maintenir une frontière ouverte
Selon cet accord, l’Union européenne accepterait que les vérifications des marchandises soient faites dans les usines et magasins plutôt qu’à la frontière, écrit le Sunday Times.
Le 2 novembre, le chef de la diplomatie irlandaise, Simon Coveney, et David Lidington, le secrétaire d’Etat auprès du cabinet de Mme May, avaient assuré que Dublin et Londres étaient « très près » de s’accorder sur la manière de maintenir une frontière ouverte sur l’île d’Irlande après le Brexit, principal obstacle à la conclusion d’un accord sur le retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Pour le chercheur Jean-Pierre Filiu, les campagnes contre George Soros, accusé d’incarner la finance mondialisée et d’encourager les flux d’immigration, alimentent de plus en plus de passages à l’acte antisémite.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Deux autres personnes sont portées disparues dans la région de Palerme, où des rivières sont sorties de leur lit.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

Inondations en Sicile : douze morts, dont neuf personnes d’une même famille

Deux autres personnes sont portées disparues dans la région de Palerme, où des rivières sont sorties de leur lit.



Le Monde.fr avec AFP
 |    04.11.2018 à 08h35
 • Mis à jour le
04.11.2018 à 12h12
   





                        


Douze personnes, dont neuf membres d’une même famille, ont trouvé la mort dans la région de Palerme en Sicile, en raison d’inondations provoquées par des rivières sorties de leur lit, ont annoncé les pompiers, dimanche 4 novembre.
Les corps de neuf membres d’une même famille, dont des enfants âgés de 1 an, 3 ans et 15 ans, ont été récupérés dans leur maison de Casteldaccia. Trois autres personnes de la famille, dont l’une s’est réfugiée dans un arbre pour se mettre à l’abri, ont réussi à échapper à la montée des eaux, selon l’agence italienne Agi.
Un gérant de station-service de 44 ans a également trouvé la mort samedi soir dans la commune de Vicari en essayant de rejoindre son lieu de travail où un employé était bloqué, précise Agi. Un passager de 20 ans, non encore retrouvé, se trouvait à bord de la voiture emportée.
Les corps de deux personnes d’origine sicilienne vivant en Allemagne – un homme et une femme – ont également été retrouvés, bloqués à l’intérieur de leur véhicule dans un torrent de la région d’Agrigente, un peu plus au sud.
Les autorités sont sans nouvelles d’un médecin qui circulait dans les environs de la ville de Corleone et semble avoir dû abandonner sa voiture sur une route en raison des intempéries.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Face aux atteintes à la démocratie du premier ministre hongrois, le puissant Parti populaire européen oscille entre sanction et temporisation. Une tiédeur qui illustre la crise d’une droite européenne pétrifiée par les populismes.
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édition abonné


Le PPE et Viktor Orban, l’oncle raciste de Hongrie


                      Face aux atteintes à la démocratie du premier ministre hongrois, le puissant Parti populaire européen oscille entre sanction et temporisation. Une tiédeur qui illustre la crise d’une droite européenne pétrifiée par les populismes.



M le magazine du Monde
 |    04.11.2018 à 06h40
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Baptiste Chastand








                              

                        

Jusqu’au dessert, tout allait bien. C’est au moment où les mignardises sont arrivées que le sujet Viktor Orban s’est invité à table. Dès que le nom du premier ministre ultraconservateur hongrois est lâché, les trois eurodéputés de la droite française, qui déjeunaient jusqu’ici paisiblement dans un des salons du Parlement européen de Strasbourg, n’ont pu s’empêcher d’échanger des remarques acerbes.
Après une longue justification alambiquée sur les mérites de la politique migratoire du Magyar, le Nîmois Franck Proust, assène que de toute façon « sur les marchés à Perpignan et à Montpellier, on ne parle pas beaucoup d’Orban. – Arrête avec ton Viktor Orban. À Lyon, on en parle », explose à sa droite, Françoise Grossetête, élue aussi bourgeoise, modérée et pro-européenne que sa ville d’origine.
Divisions quant au sort d’Orban
« À Marseille, on n’en parle pas », coupe, débonnaire et rigolard, Renaud Muselier. Pour ce médecin, « dans la mesure où la maladie est incurable, il vaut mieux garder le malade chez soi pour le soigner plutôt que le laisser dans la nature pour disséminer son mal. – Mon opinion n’a pas changé et elle diffère de certains discours qu’on vient d’entendre », rétorque sèchement la Lyonnaise, devant des journalistes amusés de ces divisions étalées au grand jour.
Ce 3 octobre, voilà déjà près de trois semaines que les trois parlementaires, à l’image de leurs homologues du Parti populaire européen (PPE), cette formation paneuropéenne rassemblant les conservateurs du Vieux Continent, se sont déchirés sur le sort à réserver à leurs collègues de Fidesz, le parti de M. Orban.
C’était le 12 septembre, lors d’un vote historique du Parlement européen au cours duquel plus des deux tiers des élus ont voté pour appeler l’UE à ouvrir une procédure de sanction contre la Hongrie et ses atteintes récurrentes à l’Etat de droit.


Franck Proust a voté contre,...




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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Les établissements à dimension internationale craignent les difficultés à recruter des enseignants étrangers et les refus de visas pour leurs élèves.
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Le Brexit inquiète les écoles de commerce françaises

Les établissements à dimension internationale craignent les difficultés à recruter des enseignants étrangers et les refus de visas pour leurs élèves.



LE MONDE
 |    03.11.2018 à 16h00
    |

                            Adeline Farge








                        



   


Bordée par la Tamise, Oxford, écrin de la plus prestigieuse université britannique, émerveille depuis des siècles les meilleurs élèves. Même un dimanche, le tumulte des bars et les groupes d’étudiants s’apostrophant dans toutes les langues à travers les ruelles pavées confirment que la ville aux clochers rêveurs est la cité universitaire internationale par excellence. Ses collèges à l’architecture néogothique accueillent près de 32 000 étudiants du monde entier.
« Bouillonnement culturel »
C’est dans cette ambiance cosmopolite, à 90 kilomètres de Londres, que Margot a choisi de booster son CV à l’EM Normandie, seule école française à disposer d’un campus sur place. « J’ai été attirée par le bouillonnement culturel de cette ville à taille humaine. En dehors des cours, nous pouvons assister aux conférences organisées par les collèges réputés d’Oxford et nous impliquer dans des projets académiques ou associatifs. Ces évènements sont l’occasion de se créer un réseau professionnel à l’étranger », explique l’étudiante, qui souhaite créer sa startup après son M2 en banque, finance et FinTech.
« Faute de recevoir son visa dans les délais, une candidate a renoncé à son projet d’étudier au Royaume-Uni. » Jean-Guy Bernard, directeur général de l’EM Normandie
Pourtant, depuis le référendum du 23 juin 2016, une épée de Damoclès plane au-dessus de la communauté universitaire, qui a rejeté d’un bloc le Brexit. Si les modalités de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne restent floues, les restrictions migratoires risquent de freiner la venue des étudiants et de leurs enseignants. Jusqu’ici, avec la libre circulation, une carte d’identité suffit aux Européens pour étudier et travailler Outre-Manche. Mais il n’est pas exclu que des permis de séjour et des visas soient exigés à l’avenir.
« Pour l’instant, ce qui nous inquiète, ce sont les difficultés subies par les étudiants internationaux, raconte Jean-Guy Bernard, directeur général de l’EM Normandie. Les procédures d’octroi des visas sont devenues plus compliquées. Faute de recevoir ce document dans les délais, une candidate a renoncé à son projet d’étudier au Royaume-Uni. »

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Implantée près du quartier historique d’Oxford sur un campus moderne de 600 m2, l’école a aussi rencontré des déboires pour recruter à la rentrée un professeur indien spécialisé en logistique. « Etant considérés comme une association française, nous ne pouvons embaucher que des Français et des Anglais. Finalement, nous n’avons pas reçu les autorisations nécessaires », détaille Hendrik Lohse, directeur des campus d’Oxford et de Dublin de l’EM Normandie.
« Plutôt que de voir nos locaux londoniens se vider, nous avons préféré ouvrir un campus à Berlin. » Jean-François Fiorina, directeur adjoint
Pour continuer d’accueillir ses 200 étudiants du programme grande école et diversifier ses recrutements, la business school française a décidé de créer une société à statut juridique anglais. Cette démarche lui permettra d’ici à deux ans de décrocher auprès du ministère de l’intérieur les licences Tier II et IV, accréditations facilitant l’obtention des visas et les embauches des enseignants étrangers.
En se transformant en filiale britannique, l’EMN Oxford aura les mêmes droits qu’une université locale. « Jusqu’à présent, nous pouvions opérer nos activités d’enseignement depuis la France. Mais il devient nécessaire, avec la sortie du marché commun, de faire reconnaître notre existence en Grande-Bretagne. Notre responsabilité est de prendre des précautions juridiques pour sécuriser nos activités », justifie Hendrik Lohse.
Fermetures de campus
Si l’EM Normandie envisage de s’installer durablement dans le paysage universitaire britannique, d’autres ont préféré, face aux incertitudes, plier bagage. Ainsi de Grenoble Ecole de management, qui a fermé en 2017 son établissement de Londres : « Le Brexit a détourné de cette destination les étudiants, indique Jean-François Fiorina, directeur adjoint. Plutôt que de voir nos locaux londoniens se vider, nous avons préféré limiter notre présence en Angleterre et ouvrir un campus à Berlin. Avec sa dimension internationale et son esprit startup, cette ville “matchait” avec nos critères. »

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L’ESCP Europe, qui accueille un millier d’étudiants sur son campus londonien, n’envisage pas pour sa part de cesser ses programmes d’enseignement Outre-Manche. « Même en cas de Brexit dur, le Royaume-Uni continuera à entretenir des relations avec le reste de l’Europe. Il sera donc toujours nécessaire de comprendre le fonctionnement de ses entreprises et de son marché financier. En étant sur place, nous allons devenir un pont entre le Royaume-Uni et l’Union européenne », analyse Frank Bournois, directeur général de l’école parisienne.
Les barrières administratives ne sont pas la seule cause du désamour possible. Certains craignent aussi qu’après 2020 les institutions universitaires alignent leurs frais de scolarité sur ceux acquittés par les étudiants étrangers, ce qui reviendrait à doubler leurs droits. « La Grande-Bretagne a perdu de son attractivité. Nos élèves redoutent que, sur place, les débuts de carrière soient moins évidents et les opportunités moins intéressantes. Ils préfèrent désormais vivre une expérience internationale dans d’autres destinations anglophones », remarque Anne-Catherine Guitard, directrice des opérations et des relations internationales de Kedge Business School.
Partenariats innovants
Pour proposer des séjours d’échanges académiques et des doubles diplômes ailleurs sur le Vieux Continent, des partenariats ont été noués avec des écoles de commerce en Suède et aux Pays-Bas. Toujours pour éviter à ses ouailles de traverser la Manche, Kedge prévoit de co-construire et de dispenser sur son campus parisien des formations avec la Britannique Aston Business School, de Birmingham, en parallèle des activités de recherche communes menées en France.
Le Brexit est ainsi l’occasion d’inventer de nouvelles coopérations avec des institutions académiques soucieuses de sortir de leur isolement et d’accéder aux financements européens. En 2017, la communauté d’universités et d’établissements Paris-Seine, incluant l’Essec, a invité ses homologues britanniques à s’installer sur le futur campus international de Cergy-Pontoise. « Avoir ces partenaires reconnus sur notre territoire nous permettra de collaborer en échappant aux contraintes du Brexit, espère Vincenzo Vinzi, directeur général de l’Essec. Nous souhaitons nous enrichir de leurs compétences académiques, scientifiques et technologiques. »

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Les écoles de commerce françaises ont tout intérêt à faire valoir leurs atouts si elles veulent profiter des retombées du Brexit. C’est notamment l’opportunité de puiser dans le vivier d’étudiants internationaux et d’enseignants-chercheurs qui fuient le Royaume-Uni. « Chaque semaine, nous recevons deux ou trois candidatures de Grande-Bretagne. Ce sont des profils intégrés dans le milieu universitaire qui n’auraient pas postulé chez nous auparavant, souligne Jean-François Fiorina. Mais désormais, ils s’inquiètent pour leur avenir professionnel et ils cherchent à assurer leurs arrières. Attirer ces talents améliorera la qualité et la notoriété de nos formations. »

Des suppléments et un salon du « Monde », les 10 et 11 novembre, pour choisir sa grande école
La 13e édition du Salon des grandes écoles (SaGE) aura lieu samedi 10 et dimanche 11 novembre à Paris, aux Docks, Cité de la mode et du design (13e arrondissement), de 10 heures à 18 heures. Il sera précédé de la publication de nos suppléments dédiés aux écoles d’ingénieurs (dans Le Monde daté du mercredi 7 novembre et en ligne en suivant ce lien ) et aux écoles de commerce (dans Le Monde daté du jeudi 8 novembre et sur Le Monde.fr Campus ici).
Plus de cent cinquante écoles de commerce et d’ingénieurs, IAE, IEP, écoles spécialisées, prépas y seront représentées, permettant d’échanger sur les différents programmes et leur accessibilité (post-bac, post-prépa ou après un bac +2, +3 ou +4). Lycéens, étudiants et parents pourront assister à des conférences thématiques animées par des journalistes du Monde Campus. Une équipe de vingt « coachs » sera à leur disposition pour les conseiller, les aider à définir leur projet d’orientation, préparer les concours, rédiger leur CV...
L’entrée du SaGE est gratuite, la préinscription en ligne est conseillée pour accéder plus rapidement au Salon. Liste des exposants et informations pratiques sont à retrouver sur le site Internet du SaGE.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Le nombre de tailleurs de diamants s’est effondré dans la ville belge, où a été inventé le brillant à 57 facettes. La cité portuaire tente de résister face à la concurrence étrangère et à celle d’Internet.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le diamant d’Anvers contre tous

Le nombre de tailleurs de diamants s’est effondré dans la ville belge, où a été inventé le brillant à 57 facettes. La cité portuaire tente de résister face à la concurrence étrangère et à celle d’Internet.



LE MONDE ECONOMIE
 |    03.11.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
04.11.2018 à 06h41
    |

                            Juliette Garnier (Anvers, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Manuella Merckx fronce les sourcils. La directrice opérationnelle du Diamond Office, le bureau de contrôle des importations et des exportations de diamants, sis à Anvers, aurait dû être avertie de notre arrivée par les vigiles, à l’entrée de l’immeuble du 22 Hoveniersstraat. « Ce n’est pas la procédure », s’agace cette Belge à la poignée de main ferme.
Cet office de contrôle est installé dans les étages de l’Antwerp World Diamond Center (AWDC), l’équivalent de la chambre de commerce et d’industrie des diamantaires d’Anvers, en plein cœur du Diamond Square Mile, quartier sécurisé de la ville portuaire où patrouillent militaires et policiers, 24 heures sur 24.
A lui seul, le Diamond Office est censé symboliser la droiture et la transparence que revendiquent les marchands de diamants de la place. Tous les jours, des milliers de pierres brutes et taillées entrent et sortent de cet immeuble moderne. Sous le regard de fonctionnaires et du bureau des douanes, dix-sept experts assermentés par l’Etat belge contrôlent le contenu des paquets sous scellés en provenance ou à destination de l’étranger, en dehors de l’Union européenne (UE).

Le geste est adroit, rapide, presque mécanique. D’un coup de cutter, l’expert tranche les sacs plastiques zippés qui contiennent les sachets de diamants. Puis il verse le contenu de chacun dans le plateau métallique d’une balance électronique pour en vérifier le poids, exprimé en carats (un carat équivaut à 0,2 gramme).
D’un œil, il compare le poids annoncé sur la facture à celui qui apparaît sur l’écran de pesée. De l’autre, à l’aide de sa loupe, il contrôle la classification du diamant établie par le bureau de contrôle de l’AWDC. Objectif : vérifier la valeur du lot, qui détermine le montant de la TVA et son prix en dollars. La monnaie américaine demeure la devise officielle du secteur.
En cette matinée d’octobre, quelques secondes auront suffi à cet expert assermenté...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Fondée en 2008 à Anvers, la PME s’est fixé pour objectif de séduire les millennials, ces consommateurs âgés de moins de 30 ans accros au e-commerce.
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Baunat ou le pari de la vente en ligne de bijoux en diamants

Fondée en 2008 à Anvers, la PME s’est fixé pour objectif de séduire les millennials, ces consommateurs âgés de moins de 30 ans accros au e-commerce.



LE MONDE ECONOMIE
 |    03.11.2018 à 11h00
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                            Juliette Garnier








                        



   


Les fondateurs de Baunat patientent. La revente de leur start-up à un grand groupe viendra en son temps. Fondée il y a dix ans à Anvers, en plein cœur du Diamond Square Mile, cette PME employant vingt-cinq personnes, notamment dans la ville belge et à Paris, vend en ligne des solitaires, des bagues et autres bracelets en diamant.
Stefaan Mouradian et Steven Boelens en ont eu l’idée alors qu’ils travaillaient chez Blue Star, gros fournisseur indien de pierres précieuses brutes et taillées. Ensemble, ils créent Baunat en s’inspirant un peu de l’américain Blue Nile, pionnier de la vente en ligne de bijoux racheté en 2017 par un consortium de fonds, dont Bain Capital, pour 500 millions de dollars (440 millions d’euros).
Gamme courte et petits prix
L’objectif des entrepreneurs belges ? Vendre sans intermédiaire des bijoux aux millennials, cette génération de consommateurs âgés de moins de 30 ans accros au commerce en ligne, en se fournissant à Surate, dans l’ouest de l’Inde. Car, comme on vend un bidon de peinture en fonction de son RAL (couleur), de sa finition et de son poids, « il est possible de vendre un diamant sur Internet », explique M. Mouradian. La standardisation de cette pierre en fonction de son poids exprimé en carats (1 carat = 0,2 gramme), de sa teinte d’un blanc extrême au jaune teinté, de sa pureté et de sa forme (brillant, marquise, poire, etc.) facilite la vente sur écran.
Baunat propose à ses clients une gamme courte et des petits prix, notamment pour les modèles à présenter lors d’une demande en mariage. La start-up les obtient en signant l’achat de la pierre auprès des diamantaires après sa vente au particulier. Contrairement aux bijoutiers, la société n’a pas à supporter les coûts liés à un éventuel stock de diamants.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Les résultats publiés par l’Autorité bancaire européenne montrent que les établissements bancaires sont globalement plus préparés que lors du test de 2016.
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Les banques allemandes et britanniques moins résistantes aux « stress tests »

Les résultats publiés par l’Autorité bancaire européenne montrent que les établissements bancaires sont globalement plus préparés que lors du test de 2016.



LE MONDE ECONOMIE
 |    03.11.2018 à 10h19
    |

                            Véronique Chocron








                        


Vendredi 2 novembre, après la fermeture des marchés financiers, l’Autorité bancaire européenne (EBA) a publié les résultats des tests de résistance auxquels 48 banques du continent (couvrant 70 % des actifs du système bancaire européen) ont été soumises ces derniers mois.
Pour réaliser sa quatrième vague de tests, l’Autorité bancaire a confronté les institutions européennes, sur la base de leurs bilans à fin 2017, à des scénarios de stress économique sévère : celui notamment d’une chute de 2,7 % du PIB européen entre 2018 et 2020, accompagnée d’une montée du taux de chômage de 3,3 points, de risques économiques liés au Brexit ou encore d’une chute des prix de l’immobilier.
Il s’agissait d’évaluer si les banques détenaient des réserves en capital suffisantes pour absorber les chocs. Dix ans après la crise financière, le bilan se révèle à première vue rassurant. « Le résultat des tests de résistance montre que les efforts des banques pour solidifier leur base capitalistique ces dernières années ont renforcé leur capacité à résister à des chocs importants », a déclaré Mario Quagliariello, le directeur des analyses et statistiques économiques à l’EBA. Ce résultat, meilleur que lors du test de résistance de 2016, était attendu puisque, sous la pression des superviseurs et des marchés financiers, les banques ont globalement continué d’augmenter leurs ratios de solvabilité (qui mesurent capitaux propres en face des crédits distribués) au cours des deux dernières années.
Quelques surprises
« Ces tests ne constituent pas l’alpha et l’oméga de l’appréciation des risques, ils n’explorent pas tous les scénarios. Par ailleurs la liste est partielle, certains établissements qui soulèvent de nombreuses questions, comme l’italienne Monte dei Paschi, n’y figurent pas, note Nicolas Véron, économiste du centre de réflexion européen Bruegel et au Peterson Institute. Mais c’est un exercice de transparence utile et un complément d’information pour les marchés. »
Le classement des banques les plus fragilisées face à des scénarios extrêmes recèle toutefois des surprises. L’EBA a en effet rangé les établissements en fonction des pertes qu’ils subiraient sur leurs fonds propres « durs » (c’est-à-dire les apports des actionnaires et les bénéfices mis en réserve). Or, parmi les moins bien classés, figurent notamment trois grandes banques britanniques, Lloyds Banking Group, Barclays et Royal Bank of Scotland (RBS).
Ces deux dernières avaient déjà eu des difficultés à franchir en 2017 avec succès les tests de résistance menés par la Banque d’Angleterre, qui avait toutefois conclu que les grandes institutions britanniques pourraient faire face à un Brexit « désordonné » sans avoir besoin de réduire leurs activités de crédit ou d’être recapitalisées avec de l’argent public.
Françaises et italiennes ne sont pas trop affectées
Le premier groupe bancaire allemand, Deutsche Bank, voit également ses capacités de résistance durement éprouvées, se classant à la quarantième place du classement sur 48. Après trois années de pertes d’affilée, l’établissement ne parvient toujours pas à sortir de la tourmente. Mais son directeur financier, James von Moltke, a prévenu qu’il n’était pas question de changer « notre gestion de la banque après les tests de résistance », en ajoutant que les méthodologies internes de Deutsche Bank différaient de celles utilisées par l’EBA.

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D’autres banques allemandes, publiques et régionales, apparaissent également en bas du classement, et en particulier la fragile Nord/LB, qui, selon la presse Outre-Rhin, pourrait fusionner à deux autres Landesbanken pour créer un nouvel acteur de poids en Allemagne.
Les françaises n’ont en revanche pas été parmi les plus affectées, pas plus que les grandes banques italiennes, Intesa Sanpaolo et UniCredit.
Les résultats de ces tests, les plus stricts conduits par l’EBA depuis la mise en place de cet exercice en 2009, permettront aux contrôleurs bancaires d’imposer aux établissements certaines améliorations. La BCE, superviseur bancaire en zone euro, a déclaré qu’elle s’en servirait pour fixer pour chaque établissement les besoins en capitaux dans le cadre de sa revue annuelle, dans le courant du mois de janvier.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ A l’instar du Grand Paris Express, le projet Crossrail, qui doit permettre à 200 millions de passagers par an de traverser le Grand Londres, subit dérapages budgétaires et retards.
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A Londres aussi, le chantier du super-métro déraille

A l’instar du Grand Paris Express, le projet Crossrail, qui doit permettre à 200 millions de passagers par an de traverser le Grand Londres, subit dérapages budgétaires et retards.



LE MONDE ECONOMIE
 |    03.11.2018 à 10h00
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            Grégoire Allix








                        



                                


                            

De part et d’autre du tunnel sous la Manche, il n’est pas si simple de creuser, sans dérapage de coûts et de délais, des kilomètres de nouveau métro. Alors que le Grand Paris Express se remet difficilement d’une année de polémiques sur l’explosion de son budget et le retard de plusieurs lignes, son équivalent londonien, le projet Crossrail, subit les mêmes affres.
Cette nouvelle ligne de métro doit permettre à 200 millions de passagers par an de traverser le Grand Londres de Shenfield, à l’est, jusqu’à Reading, à l’ouest. Soit 118 kilomètres de rails, dont 21 kilomètres de nouveaux tunnels sous le centre-ville, avec un embranchement vers l’aéroport d’Heathrow. Elle doit contribuer à décongestionner la capitale britannique, en desservant notamment le quartier des affaires de Canary Wharf.

Baptisée « Elizabeth Line » en l’honneur de la reine, cette liaison est qualifiée de « plus grand projet d’infrastructure en Europe » par la BBC. Jugement un brin hardi : le Grand Paris Express, avec ses 200 kilomètres de lignes et ses 68 gares, revendique également ce titre, non sans arguments. Quoi qu’il en soit, les deux projets ont en commun difficultés financières et remous politiques.
Le gouvernement de Theresa May a suscité la colère de l’opposition en annonçant, le 26 octobre, qu’il allait consentir un prêt d’urgence de 350 millions de livres (397 millions d’euros) à Crossrail Limited, la société chargée de conduire ce chantier de 15 milliards de livres, afin de le sortir de l’ornière. Un prêt présenté par le ministre des transports, le conservateur Jo Johnson, comme une « mesure temporaire » pour « assurer qu’une pleine dynamique soit maintenue derrière Crossrail ». Et assorti d’un double audit de la gouvernance et des finances de Crossrail Limited. 
« Grave échec »
« C’est juste un pansement sur une jambe de bois pour que le projet continue à avancer », a fustigé la présidente du comité des transports...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Face à une situation inhabituelle dans cette ville du Pays basque, plusieurs initiatives ont émergé et environ 70 personnes sont actuellement hébergées.
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A Bayonne, la société civile organise l’aide aux migrants

Face à une situation inhabituelle dans cette ville du Pays basque, plusieurs initiatives ont émergé et environ 70 personnes sont actuellement hébergées.



LE MONDE
 |    03.11.2018 à 08h55
    |

                            Michel Garicoïx (Bayonne, correspondant)








                        


« La situation était totalement nouvelle pour nous et on n’avait rien pour y faire face », se remémore Laurence Hardouin, avocate et militante. Ala fin du printemps, Bayonne est devenue un lieu d’étape sur la route migratoire reliant l’Afrique à l’Europe. A partir du mois de juin, place des Basques, en plein centre-ville, une dizaine puis, petit à petit, plusieurs dizaines de personnes débarquent chaque jour des cars en provenance d’Espagne. « A l’époque, l’urgence, c’était pour eux de charger leur téléphone, d’avoir une connexion à Internet, de l’eau, reprend-elle. Rapidement, la discussion s’est portée sur le froid. »
« On en parlait et nous sommes allés voir », se souvient Maite, étudiante en master de droit. Nous leur avons apporté des vêtements chauds ou avons commencé à offrir à une femme isolée notre canapé. De fil en aiguille, en quelques semaines, une chaîne s’est constituée. »
Aujourd’hui, l’initiative s’est transformée en association, Diakité, qui agrège une vingtaine de personnes. « Diakité » ne sort pas d’un dictionnaire basque, « c’est le prénom de l’un des premiers migrants mineurs, précise Vic, salarié de la restauration. C’est notre façon de résister, d’être une société de l’accueil par l’action ». On retrouve parmi les membres de l’association des militants pour le droit au logement, des écologistes, des nationalistes ou, encore, des étudiants en droit.

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« Cela a donné un sens à ma vie »
Depuis le 29 octobre, Diakité intervient dans les locaux ouverts par la mairie pour mettre à l’abri les migrants, le temps de leur escale bayonnaise. Ses membres distribuent des repas et accompagnent les personnes jusqu’aux cars qui les conduiront vers les villes du Nord.
A côté de ce soutien citoyen de circonstance, l’association Solidarité migrants-Etorkinekin (« Avec ceux qui arrivent », en basque), créée en 2015, vient aussi en aide aux migrants, notamment en accompagnant les mineurs, qui doivent prouver leur minorité devant le juge et être scolarisés. Amaia Fontang, figure militante locale et animatrice de cette association issue de la Cimade, rappelle que « le Pays basque a toujours été une terre d’accueil ».
Environ soixante-dix personnes seraient actuellement hébergées dans des familles au Pays basque, au travers de ces différentes initiatives. Comme chez Colette Capdevielle, ancienne députée et conseillère municipale socialiste, qui accueille ces jours-ci un Guinéen. Ou chez Mixel Bernadet, un militant indépendantiste de 66 ans, qui a déjà hébergé plus d’une vingtaine de personnes dans son appartement depuis l’été. « J’avais une chambre disponible et après j’ai récupéré des matelas », détaille cet homme, retraité de la restauration.
Mixel n’avait jamais milité sur les questions migratoires. « Cela a donné un sens à ma vie », dit-il. Certains migrants restent un jour chez lui, d’autres plusieurs mois. Matchie, un jeune homme de 17 ans, parti de Côte d’Ivoire il y a deux ans « pour avoir une vie meilleure », est lui resté quatre jours chez Mixel. Il y retourne régulièrement. Il ne connaissait personne en France il y a encore deux mois. Aujourd’hui, il partage son temps entre trois familles d’accueil, voudrait s’installer à Bayonne et reprendre une scolarité.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Fin octobre, le métal gris a brièvement battu son record historique, en s’arrachant à 1 152 dollars l’once à la Bourse de New York. Une brusque poussée liée, entre autres, aux tensions entre les Etats-Unis et la Russie, premier producteur mondial, souligne Laurence Girard, journaliste au « Monde », dans sa chronique.
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Matières premières : « Le palladium au summum »

Fin octobre, le métal gris a brièvement battu son record historique, en s’arrachant à 1 152 dollars l’once à la Bourse de New York. Une brusque poussée liée, entre autres, aux tensions entre les Etats-Unis et la Russie, premier producteur mondial, souligne Laurence Girard, journaliste au « Monde », dans sa chronique.



LE MONDE ECONOMIE
 |    03.11.2018 à 08h00
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

L’or rit jaune. Va-t-il être détrôné ? Dans le petit monde feutré des métaux précieux, l’irrésistible ascension du palladium fait des jaloux. Fin octobre, le métal gris a brièvement battu son record historique. En séance, à la Bourse de New York, il s’est arraché à 1 152 dollars (1 012 euros) l’once, se haussant du col au point de dépasser le pic atteint en 2001. Le palladium au summum ! L’or garde une petite longueur d’avance, mais, frappé de langueur, il la voit fondre comme un métal dans un creuset.
Déjà en 2017, le palladium figurait sur le podium (+ 50 % en un an), même si le cobalt, dont le cours s’était électrisé de 70 %, décrochait la palme. Pourtant, bien qu’étant de plus en plus précieux, le palladium ne fait guère rêver les amateurs de bijoux. A tort, car il se trouve au cœur de l’alliage forgé pour les alliances en or blanc. Mais cet usage hautement symbolique pèse peu dans le trébuchet des spéculateurs. Tous ont en ligne de mire la trajectoire automobile.
En effet, le premier débouché du palladium n’est autre que… le pot catalytique. Il absorbe à lui seul près des deux tiers de la production mondiale. Une pincée de ce métal filtre les émissions polluantes des voitures à essence. Le « dieselgate » a donné un premier coup d’accélérateur à la spéculation. Depuis le scandale des tests truqués, en effet, les Européens boudent le diesel au profit de l’essence.

De quoi entraîner platine et palladium sur deux trajectoires inverses, le platine étant, lui, plébiscité pour filtrer les rejets polluants des voitures diesel. Son cours s’est donc totalement dégonflé avec la sortie de route des constructeurs automobiles. Il a encore perdu près de 10 % depuis le début de l’année et se négocie autour des 825 dollars l’once. Le platine patine et, après s’être fait doubler il y a un an, continue de céder du terrain.
La production ne satisfait pas la demande
Un autre moteur alimente la spéculation. La tension entre les Etats-Unis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ L’Espagne est devenue la principale porte d’entrée en Europe pour des personnes originaires d’Afrique de l’Ouest qui tentent de gagner la France.
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Article sélectionné dans La Matinale du 02/11/2018
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Entre l’Espagne et la France, la nouvelle route migratoire prend de l’ampleur

L’Espagne est devenue la principale porte d’entrée en Europe pour des personnes originaires d’Afrique de l’Ouest qui tentent de gagner la France.



LE MONDE
 |    03.11.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
03.11.2018 à 10h50
    |

            Julia Pascual (Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) et Irun (Espagne), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Emmitouflé dans un manteau, la tête abritée sous un bonnet, Boris disparaît dans la nuit, sous la pluie. Ce Camerounais de 33 ans, qui parle un français parfait, « traîne » à Irun depuis un mois. Dans cette petite commune du Pays basque espagnol, il attend de pouvoir traverser la frontière et de rejoindre la France, à quelques mètres de là. L’aventure a trop peu de chances de réussir s’il la tente à pied, et il n’a pas l’argent pour se payer un passage en voiture. Il aimerait rejoindre Paris. Mais il doute : « On me dit que c’est saturé. C’est vrai ? Est-ce qu’il y a des ONG ? Vous connaissez Reims ? »
Parti depuis un an de son pays, Boris a traversé le Nigeria, le Niger, l’Algérie et le Maroc avant de gagner l’Europe par la mer. Comme de plus en plus de personnes, il a emprunté la route dite de la Méditerranée occidentale, qui passe par le détroit de Gibraltar. Le passage par la Libye, privilégié ces dernières années, est devenu « trop dangereux » et incertain, dit-il.
En 2018, l’Espagne est devenue la principale porte d’entrée en Europe. Quelque 50 000 personnes migrantes sont arrivées sur les côtes andalouses depuis le début de l’année, en provenance du Maroc, ce qui représente près de la moitié des entrées sur le continent.
Sous l’effet de la baisse des départs depuis la Libye et des arrivées en Italie, les routes migratoires se redessinent. Et bien que les flux soient sans commune mesure avec le pic de 2015, lorsque 1,8 million d’arrivées en Europe ont été enregistrées, ils prennent de court les autorités et en particulier en France, qui apparaît comme la destination privilégiée par ces nouveaux arrivants originaires majoritairement d’Afrique de l’Ouest et du Maghreb.

80 à 100 arrivées quotidiennes
A Irun, Txema Pérez observe le passage en nombre de ces migrants et le compare à l’exil des réfugiés espagnols lors de la guerre civile en 1939 : « On n’a pas vu ça depuis la Retirada »,...




                        

                        

