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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Depuis le 29 octobre, l’Italie fait face à de violentes intempéries. Trente personnes ont péri dans la nuit de samedi à dimanche en Sicile, dont une famille de neuf personnes.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Les élections de mi-mandat, qui ont lieu mardi 6 novembre, ne sont guère favorables au président en place. Les bons résultats économiques et la cote de popularité de Donald Trump ne devraient rien y faire, analyse Mathieu Gallard, directeur d’études chez Ipsos, dans une tribune au « Monde ».
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Etats-Unis : Donald Trump face à la malédiction des midterms

Les élections de mi-mandat, qui ont lieu mardi 6 novembre, ne sont guère favorables au président en place. Les bons résultats économiques et la cote de popularité de Donald Trump ne devraient rien y faire, analyse Mathieu Gallard, directeur d’études chez Ipsos, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 18h00
    |

Mathieu Gallard (Directeur d’études au sein du département Public Affairs d’Ipsos France)







                        



                                


                            

Tribune. Si on en croit le grand révolutionnaire et scientifique américain Benjamin Franklin, « en ce monde, rien n’est certain, à part la mort et les impôts ». A ce duo, on pourrait presque ajouter la défaite du président américain lors des élections de mi-mandat : depuis 1860 et la mise en place du duopole partisan entre démocrates et républicains, 37 des 40 midterms se sont soldées par un recul du parti du président à la Chambre des représentants, le seul organe du pouvoir à être intégralement renouvelé lors de ces scrutins.
Les deux dynamiques menant à cette implacable mécanique électorale ont depuis longtemps été mises en lumière par les analystes américains. La première concerne les électeurs, globalement peu intéressés par la politique mais qui se rendent aux urnes lors de l’élection présidentielle du fait de l’importance de l’enjeu. Ayant peu d’attaches idéologiques ou psychologiques pour un parti, ils ont tendance à voter pour le candidat qui est favorisé par le contexte dans lequel se déroule l’élection (enjeux de la campagne, situation économique ou internationale, qualités personnelles des candidats, etc.), et votent dans la foulée pour les candidats de son parti au Congrès. Deux ans plus tard, ces électeurs tendent à s’abstenir lors des midterms, conduisant à une perte sèche de voix pour les candidats du parti du président à la Chambre et au Sénat.
La seconde dynamique touche les électeurs indépendants et modérés qui hésitent entre les démocrates et les républicains. Cet électorat vote sur le bilan du président, faisant des midterms un référendum sur son action. Mais les politologues ont aussi montré que, lors d’un scrutin traditionnellement peu mobilisateur (entre 37 % et 42 % de participation depuis 2002), ce sont surtout les électeurs mécontents qui se rendent aux urnes, les satisfaits étant par nature plus apathiques.
Ces explications permettent de saisir l’aspect presque...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ A travers sa lutte contre les pratiques de la Chine et son positionnement contre l’immigration et le « politiquement correct », Donald Trump séduit les classes populaires américaines, rappelle le politologue Yannick Mireur dans une tribune au « Monde ».
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« Immigration et combativité commerciale sont les deux piliers du succès politique de Trump »

A travers sa lutte contre les pratiques de la Chine et son positionnement contre l’immigration et le « politiquement correct », Donald Trump séduit les classes populaires américaines, rappelle le politologue Yannick Mireur dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 18h03
    |

Yannick Mireur (politologue, fondateur de la revue ­ « Politique américaine »)







                        



                                


                            
Tribune. Les incertitudes électorales du 6 novembre ne doivent pas cacher le véritable enjeu de ces élections de mi-mandat : le destin américain et une possible réélection de Donald Trump en 2020, appuyée sur de solides ressorts que soutient la bonne santé de l’économie.
On connaît tout désormais du caractère du président américain : narcissisme, affabulations, inculture, absence de toute pensée historique et stratégique. Il faut cependant reconnaître une cohérence dans ses orientations et la rupture avec les élites politiques qu’il revendique à travers elles. Là sont les raisons d’une longévité qui pourrait surprendre, notamment si l’on oublie la reconduction de George W. Bush en 2004 malgré le désastre de l’invasion de l’Irak, avalisée par le Tout-Washington. Donald Trump prend aux tripes ses partisans comme ses adversaires, mais le recadrage commercial qui l’obsède ne ressemble pas à cette folie.

Répondant légitimement aux deux sources du malaise américain depuis vingt ans sur le devenir de l’Amérique comme nation et comme économie, immigration et combativité commerciale sont les deux piliers de son succès politique auprès d’un électorat populaire dont les craintes ne sont pas imaginaires. La stagnation du salaire médian depuis deux décennies et le double choc du numérique et de la mondialisation nourrissent une perte de repères à laquelle Donald Trump donne la réponse tant attendue dans des milieux qui se sentaient abandonnés par les alternances successives depuis Reagan. En bref, M. Trump sait d’instinct parler à l’Amérique « country » qui a le blues, où Hillary Clinton sonne faux et Barack Obama semblait tomber de la lune.
La fermeté paie
Les mesures tarifaires déjà prises ou annoncées pour combattre les pratiques déloyales de l’Etat-parti chinois, aussi discutables soient-elles, notamment parce que les Etats-Unis ne représentent que 5 % environ des exportations chinoises, tranchent avec les vaines complaintes sur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ A la veille des élections de mi-mandat qui détermineront la majorité au Congrès jusqu’en 2020, MM. Trump et Obama se sont affrontés par meetings de campagne interposés. Ils ont proposé deux visions radicalement divergentes des Etats-Unis.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Madagascar, un nouveau départ ? (3/5). Près de 1,2 million de personnes sont victimes de la sécheresse dans le sud de l’île et une partie souffre de malnutrition aiguë.
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Reportage

A Madagascar, Pierrot ira voter le ventre vide

Madagascar, un nouveau départ ? (3/5). Près de 1,2 million de personnes sont victimes de la sécheresse dans le sud de l’île et une partie souffre de malnutrition aiguë.

Par                Laurence Caramel (Lagniry, Madagascar, envoyée spéciale)



LE MONDE
              datetime="2018-11-05T17:00:35+01:00"

        Le 05.11.2018 à 17h00






    
Dans le sud de Madagascar, les femmes de Lagniry cherchent de l’eau dans des cavités qu’elles creusent dans le lit asséché de la rivière.
Crédits : Laurence Caramel


Pierrot Rajaonarivelo est prêt. Mercredi 7 novembre, il ira voter pour Andry Rajoelina dont il arbore le tee-shirt orange frappé d’une photo. Pourquoi lui et pas un autre parmi les trente-cinq candidats qui se présentent pour succéder à Hery Rajaonarimampianina ? Le chef de Lagniry, un village perdu au milieu des terres arides de la région d’Atsimo-Andrefana, dans le sud de Madagascar, a un argument imparable : « Quand il était président [2009-2013], il pleuvait tout le temps. » Et d’ajouter : « Lui n’est pas un vieux politicien ». Façon de dire que de ceux-là, il n’y a rien à attendre. Son village n’a jamais rien reçu. Sauf une fois, « une distribution de cartables et de stylos ». « C’était en 1999 », précise-t-il sans hésiter. L’événement est resté gravé à tout jamais dans sa mémoire.

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De la pluie ? Rien ne serait plus précieux. Depuis la sécheresse déclenchée par El Niño en septembre 2015, il n’est quasiment rien tombé dans cette région enclavée, loin de l’attention de la capitale. Deux récoltes déjà ont été perdues et, à regarder le ciel bleu azur à peine traversé de légers nuages, on se met à redouter le pire. « S’il ne pleut pas, nous allons mourir », glisse comme une évidence le notable aux traits creusés sans se déparer de son sourire. Les réserves de semence de maïs et de lentilles sont presque vides et, dans les champs, les tiges de manioc se sont asséchées. Le bétail a été vendu ou volé par les Dahalo, ces bandits de grands chemins qui sillonnent le sud de l’île.
Se nourrir de tubercules sauvages
Depuis deux ans, les 1 600 habitants de Lagniry se nourrissent de tubercules sauvages. Un aliment « amer et sans goût, juste bon pour les cochons », décrit une femme en se moquant dignement de son sort. Chaque jour, les mères munies de leur bêche et d’un panier s’éloignent du village pour creuser le sol durci à la recherche de ces racines brunes pas plus grosses qu’un gland dont dépend leur survie. Puis elles les pilent dans leur mortier en bois et les font bouillir pour les servir le midi et le soir à leur famille. Le matin, on ne mange pas.
Le jardin potager s’est endormi et seuls quelques plans de carottes, de choux et de brèdes tentent de sortir de terre avec l’eau puisée dans la rivière qui, elle aussi, ne ressemble plus qu’à une grande étendue désolée encaissée entre deux rives témoins de leur malheur. Pour avoir de l’eau, il a fallu creuser au milieu du lit de larges trous dans lesquelles les femmes descendent à la rencontre d’une petite flaque qu’elle puise à l’écuelle pour remplir leur seau. Quand il est vide, le puits de fortune est déplacé en amont de la rivière.

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En octobre, la période de soudure a officiellement commencé dans l’attente de précipitations pour assurer une récolte de manioc qui ne donnera qu’au mois de mars. Avec elle ont repris les distributions de vivres du Programme alimentaire mondial (PAM) : 30 kg de riz ou de maïs, 4,5 kg de légumineuses et 2,6 litres d’huile pour une famille de cinq personnes.
Mais, alors que la situation alimentaire se dégrade, l’organisation est elle-même confrontée à un manque de financement des pays donateurs chargés d’assurer son budget. En l’espace de quelques mois, la proportion de la population souffrant de malnutrition aiguë est passée de 50 % à 65 % dans le district de Betioky auquel est rattaché le village, selon les résultats préliminaires de la dernière enquête pilotée par le gouvernement.
« Des enfants dénutris et affaiblis »
Au total, près de 1,2 million de personnes sont victimes de la sécheresse dans le sud de Madagascar. « La situation est déjà terrible. Nous voyons les populations souffrir et nous sommes contraints de tailler dans nos interventions », se plaint, sans cacher sa colère, Etienne Tchecounnou, le responsable de l’antenne de Tuléar qui gère les missions dans la zone. « Nous devons réduire les cantines scolaires de moitié alors qu’elles apportent aux enfants le seul repas équilibré de la journée. » Autre dilemme : faut-il secourir les 227 villages qui ont besoin d’assistance au risque de devoir tous les abandonner d’ici deux mois ou dès maintenant en sélectionner un nombre restreint ? En l’état de ses ressources, le PAM, qui reste le principal acteur des actions d’urgence contre la faim, ne dispose que 30 % du budget nécessaire jusqu’en mars.

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Dans la petite case de terre rouge transformée en relais santé, Lala a encore de quoi distribuer des rations de Plumpy’Sup, un complément nutritionnel donné aux enfants pour compenser les carences de leur alimentation et limiter les séquelles sur leur développement. Deux fois par mois, l’agent de santé communautaire pèse, mesure le périmètre brachial des bambins avant de délivrer son ordonnance à raison d’une ration par jour. « Les enfants ne sont pas spécialement malades, mais ils sont dénutris et affaiblis. J’envoie les cas les plus graves au centre de santé de base qui se trouve à 18 km », explique-t-elle tout en tançant avec autorité une mère dont l’enfant a maigri.
A l’ombre du grand tamarinier, chacun attend son tour. Pierrot fait le pitre pour amuser les enfants et les somme de bien apprendre à l’école pour ne pas être comme lui, un analphabète qui ne peut même pas parler en français à un étranger. L’école, ou plutôt ce qui en fait office, servira de bureau de vote mercredi. « La Banque africaine de développement avait dit qu’elle nous construirait un bâtiment. Les ouvriers ont travaillé pendant trois mois. Puis ils ne sont jamais revenus et l’école n’a jamais été terminée. » A Lagniry, l’avenir de 380 enfants et de leur unique institutrice se joue à ciel ouvert dans une grande carcasse de parpaings gris.

Sommaire de notre série Madagascar, un nouveau départ ?
A l’occasion de la présidentielle malgache, dont le premier tour doit se dérouler le mercredi 7 novembre, Le Monde Afrique propose une série de reportages pour raconter les enjeux de ce scrutin et le quotidien des Malgaches désillusionnés, mais dont certains ont néanmoins décidé de se dresser contre la faillite de leur pays.
Présentation de notre série Madagascar, un nouveau départ ?
Episode 1 A Madagascar, Hery, un président isolé au bilan terni par la corruption
Episode 2 « Le candidat qui a le plus d’argent peut s’offrir une visibilité » dans les médias malgaches




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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Cette action permettra à Delphine Boël de savoir si l’ex-souverain est son père biologique ou non.
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La justice impose un test ADN à Albert II, l’ex-roi de Belgique

Cette action permettra à Delphine Boël de savoir si l’ex-souverain est son père biologique ou non.



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 16h26
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 18h06
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



   


L’ancien roi des Belges Albert II devrait se soumettre, avant trois mois, à un test génétique afin de déterminer s’il est, ou non, le père biologique de Delphine Boël, une artiste quinquagénaire qui se bat depuis des années pour forcer l’ancien chef de l’Etat à admettre cette paternité.
La décision de la cour d’appel de Bruxelles, prise le 25 octobre, a été dévoilée le 5 novembre par les avocats de la plaignante. Elle est le énième épisode d’un feuilleton déjà ancien et plus qu’embarrassant pour la monarchie : il contraste, en effet, avec les valeurs empreintes de générosité et de conservatisme qu’elle est censée incarner.
Un autre test ADN a déjà émaillé cette affaire : celui auquel s’est soumis Jacques Boël en 2013. Il avait confirmé que cet homme d’affaires, marié à Sybille de Sélys Longchamps, une ancienne conquête de celui qui était à l’époque le prince de Liège et frère du roi Baudouin, n’était pas le père biologique, ou légal, de Delphine. Celle-ci, afin de faire reconnaître celui qu’elle estime être son véritable père, avait introduit une action en désaveu de paternité de M. Boël.

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                La famille royale belge chahutée par une série télé



Un tribunal de première instance avait étonnamment jugé sa requête « recevable et non fondée », estimant que M. Boël n’était peut-être pas le père biologique de Delphine mais qu’un lien filial le rattachait cependant à celle-ci. La décision de la cour d’appel indique, en revanche, que « ni en droit ni en fait » cette paternité de Jacques Boël ne peut être établie, souligne Me Marc Uyttendaele, l’avocat de l’artiste. Et que celle-ci a donc le droit d’obtenir l’expertise génétique qu’elle réclame.
Demandes refusées
Cette grande première dans l’histoire de la royauté devrait avoir lieu dans un hôpital universitaire. Delphine Boël et sa mère, qui soutient le combat de sa fille, se soumettront également au test.
A condition, cependant, qu’Albert II l’accepte, lui qui a refusé jusqu’ici toutes les demandes de sa fille présumée. Lundi, l’avocat d’Albert II a indiqué qu’il examinait avec son client l’éventualité d’un pourvoi en cassation. Les défenseurs de Mme Boël estiment, quant à eux, qu’un tel pourvoi pourrait concerner la contestation de paternité mais pas le test génétique, « affirmation sereine et forte des principes selon lesquels il faut toujours privilégier les droits de l’enfant », estime Me Uyttendaele. Un éventuel refus royal pourrait cependant servir la défense de Mme Boël : il ne manquerait pas d’être interprété comme un aveu.

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Albert II avait, au début des années 2000, envisagé son divorce d’avec Paola Ruffo di Calabria, alors que le couple royal traversait, dans les années 1970, une crise. Les conditions fixées à Albert pour ce divorce (renoncer au trône, à sa « dotation » financière et à la possibilité, pour sa nouvelle épouse, de rencontrer les trois enfants qu’il avait eus avec Paola) l’avaient toutefois dissuadé.
Mme de Sélys avait, elle, accepté un exil temporaire en Grande-Bretagne, pour ne pas mettre la monarchie en péril. « Le sort du pays était plus important que le mien », allait-elle expliquer plus tard. Au palais de Laeken, Delphine Boël ne bénéficie que du soutien du turbulent prince Laurent, le fils cadet d’Albert II.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Les positions ouvertement homophobes du nouveau président brésilien et la montée en puissance des évangeliques ont accentué les préjugés contre les homosexuels. Un reportage de Dario De Dominicis
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Soixante-dix-neuf élèves ont été enlevés à Bamenda, capitale de la région du Nord-Ouest, le plus important kidnapping dans cette zone depuis le début du conflit.
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Compte rendu

Cameroun : enlèvement de masse dans une école en zone anglophone

Soixante-dix-neuf élèves ont été enlevés à Bamenda, capitale de la région du Nord-Ouest, le plus important kidnapping dans cette zone depuis le début du conflit.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 05.11.2018 à 15h26

     •
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        Mis à jour le 05.11.2018 à 15h56






    
Le marché de Bamenda, au Cameroun, en novembre 2017.
Crédits : - / AFP


Soixante-dix-neuf élèves ont été enlevés lundi 5 novembre, à la veille de la prestation de serment du président camerounais, Paul Biya, à Bamenda, capitale de la région du Nord-Ouest. C’est le plus important kidnapping dans cette zone anglophone depuis le début du conflit avec des séparatistes armés.
Outre les élèves, le principal de la Presbyterian Secondary School de Bamenda, un enseignant et un chauffeur ont également été enlevés par des hommes armés non identifiés, a indiqué à l’AFP une source gouvernementale. « Les recherches pour retrouver les otages ont été lancées, la mobilisation est totale », a ajouté cette source, qui s’exprimait à l’issue d’une réunion de crise.
L’enlèvement des élèves a été confirmé à l’AFP par une source proche de l’établissement et une source sécuritaire. « L’établissement est quadrillé par les forces de sécurité. Nous n’y avons pas accès », a précisé la source proche de l’établissement.

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Un directeur d’école assassiné
Dans les deux régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, une crise socio-politique sans précédent s’est installée fin 2016. Elle s’est transformée fin 2017 en conflit armé. Des affrontements entre l’armée et des séparatistes, regroupés en groupes épars dans la forêt équatoriale, s’y produisent quasiment tous les jours depuis plusieurs mois.
Les séparatistes ont décrété un boycott des établissements scolaires, estimant que le système scolaire francophone marginalise les étudiants anglophones. Les attaques de groupes armés sur les écoles sont nombreuses depuis le début du conflit. Mi-octobre, six élèves avaient été enlevés dans une attaque de lycée à Bamenda, selon des sources concordantes – les autorités avaient démenti. Le jour de la rentrée scolaire, début septembre, un directeur d’école avait été assassiné, un professeur mutilé et plusieurs lycées attaqués.
Le conflit armé a redoublé d’intensité dans la région du Nord-Ouest après plusieurs mois d’accalmie, les affrontements s’étant concentrés durant l’été dans la région du Sud-Ouest. Le 30 octobre, un missionnaire américain a été tué par balles dans son véhicule à Bambui, en banlieue de Bamenda. Les raisons de son assassinat restent inconnues, mais l’Etat a accusé les « terroristes » d’être à l’origine de sa mort, alors que Washington a évoqué des « tirs croisés ».
Plus de 300 000 personnes ont fui
Plus de 175 membres des forces de défense et sécurité camerounaises ont perdu la vie dans ce conflit, ainsi que plus de 400 civils, selon les ONG. Dans la zone, plus de 300 000 personnes ont fui les violences, pour la grande majorité en brousse et dans les grandes villes des régions voisines, et pour certaines au Nigeria voisin.
Le président Paul Biya, 85 ans, au pouvoir depuis 1982, a été réélu pour un septième mandat, le 7 octobre, avec 71,28 % des votes. Il doit prêter serment mardi. Dans les deux régions anglophones, le taux de participation à la présidentielle a été très faible (5 % dans le Nord-Ouest et 15 % dans le Sud-Ouest), mais Paul Biya y a obtenu dans chacune plus de deux tiers des suffrages exprimés.

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                « Au Cameroun, la fausse victoire de Paul Biya met en péril la cohésion nationale »





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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ L’actuel et l’ancien président américain parcourent les Etats clés pour mobiliser leur électorats respectifs.
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Midterms 2018 : face-à-face entre Trump et Obama pour la dernière ligne droite

L’actuel et l’ancien président américain parcourent les Etats clés pour mobiliser leur électorats respectifs.



Le Monde.fr avec AFP, AP et Reuters
 |    05.11.2018 à 15h15
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 18h40
   





                        



Au cours des dernières heures de campagne avant les élections américaines de mi-mandat, mardi 6 novembre, républicains et démocrates jettent leurs dernières forces dans la bataille. Le président Donald Trump comme son prédécesseur Barack Obama étant les figures politiques les plus populaires au sein de leurs partis respectifs, ils sont entrés dans la bataille afin de mobiliser l’électorat.
Côté républicain, le président est descendu dans l’arène depuis quelques semaines déjà, parcourant les Etats clés, où les candidats républicains sont en ballottage défavorable. Mais il ne s’est pas trompé sur la portée des élections. A Southaven, dans le Mississippi, le 2 octobre, exhortant ses sympathisants à se rendre aux urnes, il a rappelé que l’enjeu de l’élection est un référendum pour ou contre lui :
« Les républicains doivent se bouger et aller voter. Si j’étais sur le bulletin de vote, tout le monde irait. Ce serait un raz-de-marée électoral. Je n’y suis pas, mais j’y suis tout de même parce que c’est aussi un référendum à propos de moi et de l’impasse déplorable dans laquelle [les démocrates] vont précipiter ce pays [en cas de victoire]. »
Prospérité et sécurité pour Trump

   


Multipliant les déplacements, comme à la fin de sa campagne victorieuse de 2016, Donald Trump assume la tête de la campagne républicaine. Samedi, il était dans le Montana et en Floride ; dimanche, il a fait campagne en Géorgie et dans le Tennessee ; lundi, il sera dans l’Ohio, l’Indiana et dans le Missouri.
Il a répété plusieurs fois qu’il sentait « de l’électricité dans l’air comme jamais depuis 2016 », réduisant son message de fin de campagne à deux thèmes : prospérité et sécurité, accusant les démocrates d’encourager les « caravanes » de migrants à entrer aux Etats-Unis. L’implication du président et la personnalisation du scrutin inquiète au sein du Parti républicain : certains candidats craignent que l’image désastreuse du président ne finisse par compliquer leurs calculs politiques à l’échelle locale, rapporte l’agence AP.
Obama incite à voter et défend son bilan

   


Sans leader naturel depuis la défaite d’Hillary Clinton, c’est Barack Obama qui est le soutien le plus recherché par les candidats démocrates engagés dans les élections les plus disputées. En campagne, l’ancien président n’a eu de cesse de condamner la politique mise en œuvre par son successeur et sa « rhétorique de la peur ». Il s’agit aussi pour lui de défendre le bilan que Donald Trump s’efforce de détruire depuis son arrivée à la Maison Blanche.
« Je suis là pour une simple raison : vous demander d’aller voter », a lancé Barack Obama vendredi soir à Atlanta, en Géorgie, pour soutenir Stacey Abrams, qui pourrait devenir la première gouverneure noire élue de cet Etat du Sud. « Les conséquences de l’abstention sont profondes, car l’Amérique est à la croisée des chemins », a-t-il déclaré. « Les valeurs de notre pays sont en jeu. »
En Floride, vendredi, pour soutenir Andrew Gillum, candidat au poste de gouverneur, il a poursuivi : « Une élection n’éliminera pas le racisme, ou le sexisme, ou l’homophobie (…). Mais cela marquera un début. »
S’il ne s’attaque jamais frontalement à Donald Trump, qu’il ne cite pas nommément, il dénonce son discours, facteur de divisions : « Ces républicains mentent de façon flagrante, répétée, audacieuse, éhontée. Ils inventent n’importe quoi », a-t-il lancé dimanche dans l’Indiana. « Contrairement à certaines personnes, je n’invente rien quand je parle, je parle sur la base de faits », a-t-il ironisé, sans jamais prononcer le nom de son successeur. « Il faut des conséquences quand les gens ne disent pas la vérité », a-t-il poursuivi, énumérant les « mensonges » républicains sur le système de santé ou se référant encore aux caravanes de migrants dénoncées par Donald Trump.
De son côté, l’ancien maire de New York, Michael Bloomberg, a déclaré qu’il injectait cinq millions de dollars supplémentaires dans des publicités diffusées nationalement au cours des deux derniers jours. Il va y exhorter les électeurs à soutenir les démocrates, en raison de son inquiétude face à « l’orientation de notre pays ».

        L’analyse :
         

          le bilan de Trump à l’épreuve des urnes





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Retrouvez les contenus de référence du Monde sur les midterms 2018.
Enjeux, majorités, scrutins… : tout savoir sur les élections de mi-mandat.Trump, Cour suprême, santé : ce qui motive les électeurs américains.La campagne des démocrates : le parti tente de mobiliser les électeurs en se concentrant sur des sujets de la vie quotidienne, comme l’assurance-santé.L’héritage Obama en question : « Personne chez les démocrates ne veut admettre qu’Obama n’a pas forcément été un bon président ».Trump électrise les électeurs républicains : Le président multiplie les déplacements pour présidentialiser les élections du 6 novembre.« Gerrymandering » : le « charcutage électoral », pèse sur l’élection américaine.Elections de mi-mandat : un nombre record de candidates.Midterms : les candidatures LGBT + en réponse aux attaques de l’administration Trump.Les nouveaux visages : Deb Haaland, Martha McSally, Amy McGrath, Beto O’Rourke, et Alexandria Ocasio-Cortez.Le vote des latinos : à Las Vegas, les syndicalistes de l’hôtellerie s’efforcent de mobiliser les Hispaniques contre la politique migratoire de Donald Trump.Noirs, Amérindiens, Latino-Américains : des citoyens privés de droit de vote aux Etats-Unis.Marijuana, droit de vote, santé, avortement : les Américains appelés aux urnes pour 155 référendums.Vidéo : qui va l’emporter aux élections américaines ?





                            


                        

                        


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Point de vue

« En politique, les femmes africaines demeurent aussi craintes que courtisées »

Pour l’historienne Anaïs Angelo, la présence de femmes en politique est ancienne, mais a été occultée par des récits nationaux forgés par des élites masculines.

Par                Anaïs Angelo



LE MONDE
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        Le 05.11.2018 à 15h15

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        Mis à jour le 05.11.2018 à 15h22






    
La présidente éthiopienne, Sahle-Work Zewde, à sa sortie du Parlement, à Addis-Abeba, le 25 octobre 2018.
Crédits : EDUARDO SOTERAS / AFP


Tribune. La présidence de la République fédérale d’Ethiopie est, pour la première fois, occupée par une femme. Le 25 octobre, Sahle-Work Zewde a été nommée par le Parlement pour occuper cette fonction qui, comme beaucoup le rappellent, est avant tout honorifique puisque les pouvoirs exécutifs sont détenus par le premier ministre. Cette nomination intervient alors que le gouvernement éthiopien amorce de nombreuses réformes, en politique intérieure comme en politique internationale, et semble avoir mis un point d’honneur à la parité des genres. Deux femmes ont été nommées aux postes stratégiques de ministre de la défense et de ministre de la paix (ancien service pour le renseignement).

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                Pour la première fois, l’Ethiopie a une femme présidente



Au Rwanda, le gouvernement de Paul Kagamé a, lui aussi, placé la parité au cœur de ses réformes politiques et se targue aujourd’hui d’être un des pays avec le plus grand nombre de femmes au Parlement. Mais cette parité reste sujette à controverses. En 2010, le Sénégal a voté une loi sur la parité des genres à l’Assemblée nationale : elle reste toutefois encore largement inappliquée. Au Kenya, en 2017, la Cour suprême avait mandaté le Parlement pour instituer la parité aux deux tiers – comme le prévoyait la nouvelle Constitution votée en 2010 – dans un délai de 60 jours. Le délai passé, le Parlement se refuse toujours à appliquer la loi.
Manque de perspective historique
L’engouement ou la frilosité quant à l’ouverture politique au sexe féminin montre que les femmes, qu’elles soient élues ou électrices, demeurent aussi craintes que courtisées. Cette ambivalence n’est que trop vite oubliée par l’enthousiasme médiatique que la nomination (ou l’élection) d’une femme à un haut poste de pouvoir suscite et qui fait croire qu’il y a là un phénomène nouveau. Or la présence de femmes en politique est ancienne, mais a été occultée par un récit national forgé par une élite masculine en quête de légitimité et qui associe la politique à la virilité. Faut-il donc croire qu’une femme à un haut poste de pouvoir annonce véritablement un nouveau type de politique et de société ?

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                Ellen Johnson Sirleaf, lauréate du prix Mo Ibrahim 2017



Un premier constat pointe le manque de perspective historique sur le sujet. Le pouvoir étant traditionnellement associé à des attributs masculins, les recherches sur les femmes africaines au pouvoir font encore cruellement défaut. Si l’influence des femmes en politique n’est pas nouvelle, elle concerne souvent les femmes proches des cercles de pouvoir ou issues de dynasties familiales : certaines auront, par exemple, fait campagne pour leurs maris, galvanisant pour leurs causes un électorat féminin ; d’autres auront hérité du royaume politique de leurs parents. Leurs récits, autant que leur influence, restent encore dans l’ombre.
Une légitimité forgée à l’international
Il faut remarquer à ce titre que les femmes qui ont accédé à la fonction suprême n’appartiennent pas à des dynasties familiales mais ont forgé leur légitimité par l’international. Ce n’est sans doute par une coïncidence si Sahle-Work Zewde comme Ellen Johnson Sirleaf – première femme présidente du Liberia – ont fait leurs armes dans les institutions internationales et/ou la diplomatie. Elles se distinguent des vétérans de la politique locale, qui ont des profils bien plus controversés et ne dépassent souvent pas les postes de ministres – on citera pour exemple la Kenyanne Charity Ngilu, candidate malheureuse à la présidence en 1997.

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                Au Liberia, le désenchantement des femmes qui comptaient sur Ellen Johnson Sirleaf



L’enthousiasme pour les femmes africaines en politique se comprend mieux à l’heure où les questions d’égalité et de respect entre les genres dominent l’actualité mondiale. Certains y voient la création de modèles pour la jeunesse, d’autres le premier coup porté à la domination « patriarcale ». La prudence est sans doute de mise. Rien ne dit, pour l’instant, que les femmes en politique sont aussi visibles qu’écoutées. Rien ne dit non plus que la cooptation politique n’épargne pas les femmes ou qu’elle ne saurait être l’œuvre de femmes, comme le laissait entendre Emmanuel Dongola dans son roman Photo de groupe au bord du fleuve (éd. Actes Sud, 2010) : « Tout d’un coup te remonte à la mémoire la proposition que la ministre de la femme et des handicapés t’a faite, celle d’être sa conseillère. (…) Que feras-tu alors ? Ne serait-ce pas drôle de passer du jour au lendemain du statut de casseuse de pierres à celui de membre d’un cabinet ministériel ? »…
Anaïs Angelo est historienne, chercheuse postdoctorale au département d’études africaines de l’Université de Vienne (Autriche).


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Alors que le climat politique se tend à l’approche de l’élection présidentielle, cinq journalistes ont été emprisonnés en dix jours.
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Décryptage

En Algérie, la presse en ligne touchée par une vague d’arrestations

Alors que le climat politique se tend à l’approche de l’élection présidentielle, cinq journalistes ont été emprisonnés en dix jours.

Par                                            Amir Akef (Alger, correspondance)




LE MONDE
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        Le 05.11.2018 à 14h56






    
Manifestation en faveur de la liberté d’expression, à Alger, en juillet 2016.
Crédits : FAROUK BATICHE / AFP


Ilyes Hadibi, directeur du site d’information Aljazair24, a été arrêté à Alger, mercredi 31 octobre, et placé en détention provisoire. Très actif sur les réseaux sociaux, lauréat en 2016 de l’Algeria Web Award du meilleur site d’information, il est accusé de « diffusion d’informations personnelles sur des pages Facebook ».
Le même jour à Constantine, dans l’est du pays, Abdelkrim Zeghileche, directeur de la webradio Sarbacane, était également incarcéré. Coordinateur régional du mouvement Mouwatana (« citoyenneté »), né en juin pour s’opposer à un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika, il a été emprisonné pour « injures, diffamation et menaces » à l’encontre du président d’une association locale. M. Zeghileche avait déjà été arrêté à deux reprises, le 9 septembre et le 6 octobre, pour avoir tenté d’organiser une manifestation des opposants au cinquième mandat.

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Ces arrestations de journalistes sont les dernières d’une longue liste qui a commencé le 22 octobre. Ironie de l’histoire, cette date avait été décrétée « journée nationale de la presse » par les autorités il y a quelques années. Depuis ce jour, Adlène Mellah, directeur des sites d’information Algérie Direct et Dzair Presse, est incarcéré sous les accusations d’« outrage aux institutions, enregistrement ou prise de vue sans autorisation ou consentement, et atteinte à la vie privée ».
Le journaliste est détenu avec un ancien footballeur, un comédien et le frère d’un cybermilitant installé à l’étranger, Amir Boukhors, dont la page Facebook, Amir DZ (plus de 2 millions de fans), diffuse régulièrement des accusations de « corruption » et de « dépravation » à l’encontre de dirigeants algériens. M. Boukhors est accusé d’avoir constitué un réseau pour se livrer via sa page à « du chantage et de l’extorsion » contre des chefs d’entreprises et des responsables.
Atteinte à la présomption d’innocence
Le 23 octobre, c’était au tour d’Abdou Semmar, rédacteur en chef du site Algérie Part, et de son collaborateur Merouane Boudiab d’être arrêtés et placés en détention provisoire. Ils doivent être jugés le 8 novembre pour « diffamation et atteinte à la vie privée ». Leur arrestation fait suite à une plainte du PDG du groupe de médias Ennahar, Anis Rahmani, et du wali (préfet) d’Alger, Abdelkader Zoukh. M. Semmar est accusé d’avoir repris des informations publiées par M. Boukhors.
Les seuls commentaires des autorités sont venus d’un communiqué de la gendarmerie algérienne, le 25 octobre, faisant état, sans donner de noms ni de détails, de sept affaires se rapportant à « l’utilisation à des fins criminelles des réseaux sociaux et de l’Internet ».

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De son côté, Ennahar TV n’a pas hésité à impliquer les journalistes Adlène Mellah, Abdou Semmar et Merouane Boudiab dans le « réseau Amir DZ ». Le 26 octobre, la chaîne, très proche du pouvoir, a même pu filmer les prévenus menottés dans l’enceinte du tribunal et les a suivis jusqu’au fourgon cellulaire. Les images, diffusées en boucle, ont choqué juristes et journalistes, qui ont dénoncé une atteinte grave à la présomption d’innocence, doublée d’une volonté délibérée d’« humilier » et de faire des « exemples ».
L’ONG Reporters sans frontières (RSF) a souligné que la couverture d’Ennahar TV était « contraire à l’article 56 de la Constitution [sur la présomption d’innocence] et aux conventions internationales ratifiées par l’Algérie ». « Ces pratiques condamnent de fait Abdou Semmar, Merouane Boudiab et Adlène Mellah. Elles peuvent impacter de manière dangereuse le déroulement du procès », a prévenu RSF.
Arrestations « aux allures de rafle »
Le Syndicat algérien des éditeurs de la presse électronique (SAEPE) a quant à lui dénoncé le fait que les journalistes aient été traités « comme de grands délinquants dans une procédure d’urgence à charge, dont les motivations, en l’absence de communication de la justice, sont aussi confuses que douteuses ». Pour le SAEPE, ces arrestations « aux allures de rafle ressemblent à des représailles politiques déchaînées actuellement contre toutes les formes d’expression autonome de la presse et des citoyens ».

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Dans un climat politique qui se tend à l’approche de l’élection présidentielle d’avril 2019, ces journalistes ont rejoint en prison Saïd Chitour, emprisonné depuis juin 2017. Fixeur pour les médias anglo-saxons, il est accusé d’avoir transmis des « documents confidentiels » à des diplomates étrangers. Alors que sa détention préventive a dépassé les délais légaux, il a été évacué le 30 octobre vers un hôpital, son état de santé s’étant gravement dégradé, selon sa famille.
Au cours d’un rassemblement de soutien à M. Chitour organisé le 22 octobre à la Maison de la presse à Alger, les participants n’ont pas caché leur inquiétude, soulignant que sa situation n’est pas sans rappeler celle du journaliste et cybermilitant Mohamed Tamalt, mort en prison le 11 décembre 2016 à l’âge de 42 ans, après trois mois de grève de la faim. ll avait été condamné à deux ans de prison pour « offense aux institutions et au président ».


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Décidée en 2011, la fermeture planifiée de la centrale au charbon de cette petite ville, plus gros pollueur de l’Etat, divise les habitants.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Pour l’universitaire Pierre Guerlain, dans une tribune au « Monde », c’est le capitalisme financier qui est à l’origine des vagues migratoires, la gauche ne doit pas se tromper de cible.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Il est problématique d’éliminer la question sociale dans la réflexion sur les migrations »

Pour l’universitaire Pierre Guerlain, dans une tribune au « Monde », c’est le capitalisme financier qui est à l’origine des vagues migratoires, la gauche ne doit pas se tromper de cible.



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 13h55
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 15h23
    |

Pierre Guerlain (Professeur émérite en études américaines, université Paris-Nanterre)







                        



                                


                            
Tribune. Le président élu au Mexique, Andrés Manuel Lopez Obrador « AMLO », un homme de gauche, vient de faire une déclaration sur la caravane des migrants en provenance du Honduras. Il a dit qu’il fallait respecter les droits humains pour ces migrants et leur donner du travail. Il est donc opposé aux politiques de Trump qui pense pouvoir apporter une « solution » militaire aux migrations. « AMLO » a aussi ajouté qu’il fallait travailler à créer les conditions socio-économiques pour que les migrants puissent trouver « le bonheur là où ils sont nés ». La solution au « problème migratoire » est, dit-il, dans un plan de développement pour l’Amérique latine.

Cette position conjugue les deux volets de ce qu’une politique juste devrait être. « AMLO » comprend que traiter dignement des migrants ne suffit pas et qu’il faut intervenir sur les causes des migrations. En d’autres termes, la migration doit être appréhendée à deux niveaux, celui de l’urgence humanitaire mais aussi celui du capitalisme mondialisé et de son cortège d’injustices.
Dans le cas des Amériques, les raisons qui poussent des populations à vouloir fuir sont complexes et conjuguent l’oppression politique et la misère. Dans le cas du Honduras, les migrations sont directement liées aux interventions des Etats-Unis. Si l’Alena [l’accord de libre-échange nord-américain] détruit les bases de l’agriculture mexicaine, elle provoque des vagues migratoires. La position du futur président mexicain est celle d’une gauche exemplaire, humaniste et critique du capitalisme financier.
Rhétorique du bouc émissaire
En Allemagne, Sahra Wagenknecht [vice-présidente du parti Die Linke (« la gauche »)] défend des positions similaires qui sont régulièrement caricaturées en positions dites antimigrants. Le Monde a parlé de « gauche antimigrants ». Wagenknecht explique pourtant qu’elle refuse le racisme, qu’elle est favorable...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Le pouvoir réprime violemment les adeptes du Mouvement islamique du Nigeria, soutenu par l’Iran et dont le leader est emprisonné depuis 2015.
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Analyse

Au Nigeria, la crainte d’un nouveau Boko Haram version chiite

Le pouvoir réprime violemment les adeptes du Mouvement islamique du Nigeria, soutenu par l’Iran et dont le leader est emprisonné depuis 2015.

Joan Tilouine
    



LE MONDE
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        Le 05.11.2018 à 13h50

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        Mis à jour le 05.11.2018 à 14h45






    
Des membres du Mouvement islamique du Nigeria manifestent pour la libération de leur leader, Ibrahim Zakzaky, en janvier 2018, à Abuja.
Crédits : Afolabi Sotunde / REUTERS


Un pion de l’Iran, chef d’un groupe radical d’obédience chiite, croupit quelque part en prison depuis près de trois ans au Nigeria. En ce début novembre, ses partisans recomptent leurs morts, tombés sous les balles des forces de sécurité : 45 en deux jours, selon Amnesty International, 120 blessés et des centaines d’autres arrêtés pour avoir demandé la libération de leur guide spirituel dans les rues d’Abuja, la capitale fédérale, et dans les environs. Même si le Mouvement islamique du Nigeria (MIN) d’Ibrahim Zakzaky fait régulièrement entendre sa voix depuis trente ans, cette fois, nombreux sont ceux qui craignent que la frange la plus éruptive glisse vers la lutte armée.

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L’imam Zakzaky, 65 ans, est toujours en détention, au secret. Il a été arrêté en décembre 2015 dans son fief de Zaria (nord), accusé d’avoir fomenté un attentat contre le chef d’état-major des armées, dont le convoi avait été bloqué. L’armée a riposté, tiré et tué plus de 300 membres du mouvement, avant d’interpeller le leader chiite, lui-même blessé, et de le faire disparaître, sans doute dans les geôles des services secrets, dont il n’a été publiquement sorti qu’à deux reprises. De quoi susciter des protestations de Téhéran.
« Ne pas répéter les erreurs du passé »
Cette brutalité à l’égard du mouvement de Zakzaky inquiète certains analystes et responsables, qui redoutent une évolution à la Boko Haram, secte islamiste qui s’est muée en un groupe djihadiste armé parmi les plus meurtriers au monde à la suite de l’assassinat de son fondateur, le prêcheur d’inspiration salafiste Mohamed Yusuf, à Maiduguri (nord-est), par la police nigériane en décembre 2009. Premier dignitaire religieux musulman du pays, le sultan de Sokoto (nord-ouest), un temps menacé par les sbires fanatiques de Zakzaky, avait appelé les autorités à la « retenue », en décembre 2015, pour « ne pas répéter les erreurs » du passé.

    
Fin octobre 2018, des affrontements entre la police nigériane et des membres du Mouvement islamique du Nigeria ont fait 45 morts à Abuja et dans les environs, selon Amnesty International.
Crédits : AFP


« Le traitement réservé à la minorité chiite par le Nigeria rappelle celui réservé à Boko Haram, constate John Campbell, ancien ambassadeur des Etats-Unis au Nigeria (2004-2007), désormais chercheur au sein du think tank Council on Foreign Relations. Les deux mouvements considèrent l’Etat séculaire comme le diable, veulent un Etat islamique régi par la charia et souhaitent mettre un terme à l’influence occidentale, notamment en matière d’éducation. Tous deux veulent aussi en finir avec l’élite traditionnelle, politique et religieuse du nord du pays. »

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La comparaison entre les deux leaders populistes du nord du Nigeria s’arrête là. Certes, Mohammed Yusuf a pu s’inspirer de la pensée de l’imam Zakzaky dans leur lutte commune pour l’instauration de la charia. Mais c’était avant de faire volte-face et de constater l’impossibilité d’établir un système théocratique sans faire exploser les institutions fédérales. Aujourd’hui, entre l’épigone du théologien salafiste du XIIIe siècle Ibn Taymiyya et l’adorateur prosélyte de la révolution islamique de l’ayatollah Khomeiny, les visions s’opposent. Si la doctrine de Boko Haram est pétrie d’un salafisme djihadiste meurtrier abhorrant les chiites, considérés comme « impies », le MIN, soutenu à bout de bras par l’Iran, a pour l’instant renoncé à une violence armée revendiquée.
L’homme de Téhéran
L’histoire du MIN est une saga chiite unique sur le continent. Une histoire qui doit tout à son imam, un étudiant en économie assez en pointe du militantisme universitaire pour se faire renvoyer. Plutôt sensible dans sa jeunesse à la pensée des Frères musulmans, Ibrahim Zakzaky embrasse le chiisme après la révolution islamique de 1979 et, de retour d’un voyage en Iran, œuvre à diffuser la pensée de Khomeiny dans sa région, l’une des plus pauvres du pays. Non sans une certaine habileté, il ravive ce courant de l’islam introduit au XIe siècle au Nigeria, pays très majoritairement sunnite, en tirant profit des soubresauts politiques et des difficultés économiques pour séduire une partie de la jeunesse en mal d’espoir. Dans ce nord du Nigeria perméable aux ingérences religieuses et « humanitaires » des puissances sunnites, où s’épanouissent une myriade de mouvements et de sectes islamistes voire millénaristes, il devient l’homme de Téhéran.

    
L’imam Ibrahim Zakzaky en 2001, dans son fief de Zaria, dans le nord du Nigeria.
Crédits : AFP


Ses prêches populistes contre la dictature militaire lui valent des séjours réguliers en prison dès les années 1980, ce qui lui confère une certaine aura. D’autant que sur le bouillonnant marché du religieux, il apporte une nouvelle offre : des bourses d’études à Qom, épicentre iranien de formation théologique et alternative alléchante à Tripoli, Médine, Khartoum, Le Caire et Kampala… D’autres partent étudier dans des instituts privés financés par le régime iranien dans la région, où les cours sont dispensés en arabe et non en persan. Bien que décrié voire méprisé par l’élite sunnite du nord, son mouvement distribue des dons grâce aux aides de son parrain et attire des centaines de milliers puis des millions de fidèles.

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« Zakzaky n’a jamais opéré au sein des réseaux de patronage des Etats ou du gouvernement fédéral. Il reste une figure charismatique, disposant de nombreux partisans, capable de faire sortir des milliers de personnes dans la rue pour des manifestations et pour la célébration des grandes fêtes chiites », relève la chercheuse Susan O’Brien, de l’université de Floride, dans un article paru dans la revue Politique africaine (n° 106). Le MIN s’est fait une spécialité de provoquer des émeutes et des affrontements mortels avec les forces de sécurité ou les partisans de leaders sunnites du nord.
L’imam Zakzaky appelle régulièrement à s’en prendre à la présence américaine et israélienne, deux pays dont les drapeaux sont brûlés par ses adeptes sur la place publique. Mais sa cible prioritaire reste l’Etat central nigérian et les membres de l’élite politico-religieuse du nord, considérés comme des supplétifs. Il a d’ailleurs constitué autour de lui une quasi-milice de jeunes prêts à le protéger et à en découdre. Certains sont même soupçonnés d’être les assassins de religieux sunnites du nord, comme à Sokoto au milieu des années 2000. L’imam Zakzaky dément, poursuit ses prêches belliqueux diffusés en boucle sur les médias du mouvement et ne se montre que rarement.
Buhari refuse tout dialogue
Face à la répression qui s’abat sur son principal instrument d’influence en Afrique de l’Ouest, l’Iran peine à faire entendre sa voix. La politique africaine de Téhéran s’est étiolée avec l’interception, en 2010 au Nigeria, d’un navire chargé d’armes destinées à la Gambie, en violation de l’embargo. Plus récemment, plusieurs pays africains, dont son ancien allié privilégié, le Soudan, ont rompu leurs relations diplomatiques avec l’Iran. Ils se sont ralliés à la coalition arabe sunnite à la tête de laquelle l’Arabie saoudite, généreuse pour financer le wahhabisme en Afrique, mène la guerre au Yémen. En mai, le Maroc a adopté la même stratégie, affirmant détenir des preuves de l’implication de l’Iran dans l’armement du Polisario.

    
Des enfants membres du Mouvement islamique du Nigeria, un groupe chiite, défilent à Abuja, en avril 2018.
Crédits : Afolabi Sotunde / REUTERS


Aujourd’hui, le « pion » de Téhéran, qui rêvait d’instaurer une « république islamique » au Nigeria, n’a d’autre choix que de jouer le martyre opprimé par Abuja. Le vieux guide spirituel est maintenu en détention – avec son épouse – depuis trois ans, malgré une décision judiciaire fédérale ordonnant sa libération en 2016. L’ire de ses millions de disciples déterminés à obtenir sa libération suscite autant d’inquiétudes que la violence systématique exercée par les forces de sécurité, qui risque d’accélérer la radicalisation du mouvement.
« La plupart de ces gens n’ont rien d’islamique et il n’y a rien d’islamique dans leur démarche », a déclaré un haut responsable de la police nigériane, tandis que l’armée se réfère au président américain, Donald Trump, cité sur Twitter, pour justifier le recours à la force. Paradoxalement, c’est l’ambassade des Etats-Unis au Nigeria, cet « ennemi » de l’Iran que Zakzaky appelait à combattre, qui réclame aujourd’hui une « enquête approfondie » du gouvernement.

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Le pouvoir du président Muhammadu Buhari, qui briguera un second mandat lors des élections générales de février 2019, risque de sortir un peu plus fragilisé par cette politique qui ajoute une strate de violence dans un pays où se déroulent déjà plusieurs conflits. Il se refuse pour l’instant à tout dialogue avec ce mouvement considéré comme une menace sécuritaire, politique et religieuse.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ La pénurie de camionneurs fait rage aux Etats-Unis, mais, du fait de la fragmentation du métier, les salaires progressent peu et les conditions de travail sont dissuasives, explique dans sa chronique, Philipe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
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« Il devient urgent de réfléchir à une nouvelle organisation sociale pour les chauffeurs de poids lourds »

La pénurie de camionneurs fait rage aux Etats-Unis, mais, du fait de la fragmentation du métier, les salaires progressent peu et les conditions de travail sont dissuasives, explique dans sa chronique, Philipe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



LE MONDE ECONOMIE
 |    05.11.2018 à 13h09
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 13h52
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique Pertes & profits. Panique au pays du Père Noël : les rennes risquent de manquer pour les fêtes de fin d’année. Les vocations de transporteur se font de plus en plus rares et, depuis une semaine, les grandes entreprises de consommation américaines, notamment alimentaires, pointent la pénurie de chauffeurs poids lourds pour expliquer leurs contre-performances. Le problème n’est pas seulement américain, même s’il est particulièrement aigu aux Etats-Unis. Il met en lumière l’un des grands paradoxes de ce capitalisme en ce début de siècle. La conjoncture s’améliore, le chômage recule, mais le progrès social semble en panne, alors que ceux qui devraient en bénéficier semblent en position de force.
Les Etats-Unis comptent 3,5 millions de camionneurs. C’est beaucoup, mais ce n’est pas assez. Selon l’association professionnelle, il en manque plus de 50 000 pour répondre aux besoins et, surtout, la rotation est considérable. Chaque année, près de 90 % de cette population est renouvelée. En cause, des conditions de travail d’un autre âge, avec des journées de onze heures, pénibles et loin de toute famille, pour un salaire moyen d’environ 50 000 dollars (44 000 euros) par an.

Si la loi de l’offre et de la demande était respectée, ce problème, qui ne date pas d’hier, devrait se résoudre par l’amélioration des conditions de travail et l’augmentation des salaires, comme cela s’est produit dans l’industrie. Cela est partiellement le cas, puisque, depuis 2013, les salaires ont progressé de près de 15 % et les entreprises de transport donnent des bonus d’accueil aux nouveaux arrivants. De nouvelles lois limitent le temps de travail.
Un métier individualiste
Cela n’est pas suffisant. Aux Etats-Unis, comme en France (où il manquerait plus de 15 000 chauffeurs), peu de professionnels recommandent ce métier, dont le seul avantage est de fournir une paye décente à des jeunes sans qualification. Mais ceux-ci n’en veulent pas.
Car,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ L’entrepreneur, mis en prison pendant la Révolution culturelle, faisait partie des capitalistes patriotes au sein des communistes. Il est décédé le 29 octobre à Pékin à l’âge de 99 ans.
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L’industriel chinois Wang Guangying, « capitaliste rouge », est mort

L’entrepreneur, mis en prison pendant la Révolution culturelle, faisait partie des capitalistes patriotes au sein des communistes. Il est décédé le 29 octobre à Pékin à l’âge de 99 ans.



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 12h55
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 15h30
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            François Bougon








                        



                                


                            

Wang Guangying, mort lundi 29 octobre à Pékin à l’âge de 99 ans, a vécu toutes les vicissitudes d’un « capitaliste rouge » en Chine : choyé après l’arrivée au pouvoir de Mao Zedong en 1949, envoyé en prison pendant une grande partie de la Révolution culturelle (1966-1976), puis réhabilité au moment du lancement de la politique de réformes et d’ouverture. Il devient l’un des pionniers de cette Chine qui s’ouvre progressivement au capitalisme fin 1978.
Toute l’équipe dirigeante actuelle, emmenée par le numéro un Xi Jinping en personne, est venue s’incliner devant sa dépouille, vendredi 2 novembre, au cimetière de Babaoshan, dans l’ouest de Pékin. Une présence officielle massive – mise en avant au journal du soir de la télévision publique CCTV qui en a fait un de ses titres – pour celui que la presse officielle qualifie d’« ami intime du Parti communiste chinois ». Opportune, aussi, en ces temps de guerre commerciale avec les Etats-Unis, alors que M. Xi cherche à rassurer entrepreneurs et investisseurs privés.
Un père haut fonctionnaire
L’arrivée au monde de Wang Guangying, le 8 août 1919, est marquée par l’histoire. Son père, Wang Zhichang, haut fonctionnaire, a été envoyé en Europe pour assister à la conférence de Paris, qui réunit vainqueurs et vaincus de la première guerre mondiale. C’est à Londres qu’il apprend la naissance de son fils : pour fêter cet heureux événement, il lui donne un prénom composé de deux caractères, « guang » (« brillant ») et « ying » (utilisé en chinois pour désigner la Grande-Bretagne). Sa petite sœur, Wang Guangmei, se voit apposer le caractère « mei » (« Etats-Unis »), car, à sa naissance, en 1921, il se trouve dans ce pays pour participer à la Conférence de Washington.
Wang Guangying, diplômé de l’université catholique pékinoise Fu-Jen, appartient à ces capitalistes patriotes qui ont choisi le camp des communistes. Il n’a pas fui à Hongkong comme une grande partie des riches industriels du pays. S’il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Les Etats-Unis ont mis  en place, lundi 5 novembre, de nouvelles sanctions  contre les secteurs pétrolier et bancaire de Téhéran.
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Sanctions américaines : l’Iran s’organise pour continuer à exporter un peu de pétrole

Les Etats-Unis ont mis  en place, lundi 5 novembre, de nouvelles sanctions  contre les secteurs pétrolier et bancaire de Téhéran.



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 12h32
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 15h02
    |

            Louis Imbert (Téhéran, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Téhéran est entré dans une logique de siège. Face à la nouvelle vague de sanctions américaines, entrées en vigueur lundi 5 novembre, qui visent ses exportations de pétrole et ses banques, le président Hassan Rohani a montré son refus de céder du terrain. « Les Américains voulaient réduire à néant les ventes de pétrole iranien (…). Mais nous continuerons de vendre notre pétrole », a-t-il déclaré lundi. Le détail des sanctions devait être annoncé à la mi-journée par les secrétaires d’Etat et au Trésor américain, Mike Pompeo et Steven Mnuchin. Dans les semaines qui viennent, le Trésor devrait cibler pour l’exemple des entreprises étrangères qui contreviennent à ces régulations unilatérales.

L’Etat iranien estime avoir déjà affronté le plus dur. Le décrochage du rial, la monnaie iranienne, ralentit. Sa valeur a tout de même été divisée par trois ou quatre depuis le début de l’année. « Il n’y aura pas d’écroulement. Une économie de contournement des sanctions se met en place : l’Iran n’a besoin que de trois clients pour vendre un million de barils par jour [contre 1,85 million en octobre] : la Chine, l’Inde et la Turquie, estime Cyrus Razzaghi, président d’ARA Enterprise, un consultant installé à Téhéran. Avec cela, l’Etat peut absorber le plus dur des sanctions pendant deux ans. Si cela dure plus longtemps, il devra plier et négocier avec Trump » sur son programme nucléaire, après le retrait de Washington, en mai, de l’accord international signé en juillet 2015.
L’administration américaine a reconnu dans les dernières semaines qu’elle ne pourrait réduire à zéro les exportations de pétrole iraniennes. Elle a dû se résoudre à accorder des exemptions à huit pays, s’ils restreignent leurs achats. La Turquie a annoncé en faire partie. L’Inde a réduit ses commandes en octobre, tout comme la Chine, mais elle a fait valoir à Washington qu’elle aurait besoin de temps.
280 000 barils vendus en Bourse
Les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ En 2017, la République islamique avait accueilli 5,5 millions de visiteurs, c’était 10 % de plus qu’en 2016. Mais, dès le mois de mai ce secteur en plein essor a subi un coup d’arrêt.
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En Iran, le tourisme étouffé par les sanctions américaines

En 2017, la République islamique avait accueilli 5,5 millions de visiteurs, c’était 10 % de plus qu’en 2016. Mais, dès le mois de mai ce secteur en plein essor a subi un coup d’arrêt.



LE MONDE ECONOMIE
 |    05.11.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 14h11
    |

            Ghazal Golshiri (Yazd, Iran, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

« Je ne sais pas si je peux tenir jusqu’à la fin de l’année. » C’est avec ces mots que Mohammad (les prénoms ont été modifiés à la demande des intéressés), 40 ans, résume sa situation. Il avait pourtant fait des recherches avant d’ouvrir, il y a cinq ans, son petit café, situé au bord de la rue menant à la mosquée Jameh, à Yazd. « La localisation de mon café est parfaite : c’est par ici que passent les touristes », dit cet Iranien à la peau foncée des gens du désert.
Il avait évidemment compté sur l’arrivée massive de voyageurs en Iran, à la faveur du discours pacifiste du président Rohani, qui devait favoriser le retour en grâce du pays sur la scène internationale. Et pour Mohammad tout se passait très bien : l’accord sur le dossier nucléaire a été conclu, en juillet 2015, avec les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Russie, la Chine et l’Allemagne, et, depuis, le nombre de touristes ne faisaient qu’augmenter. En 2017, ils ont été 5,5 millions à venir en Iran, soit 10 % de plus qu’en 2016.

Mais, dès le mois de mai, avec la décision du président américain, Donald Trump, de se retirer unilatéralement de l’accord, c’est un véritable coup d’arrêt que subit le secteur touristique iranien. Ainsi, un premier volet de sanctions est entré en vigueur, en août, pénalisant les achats dans le secteur automobile et l’aviation commerciale. La deuxième touche, à partir du 5 novembre, la vente du pétrole iranien. « Avant, lorsque j’ouvrais mon café le matin, les touristes faisaient déjà la queue et je continuais le service jusqu’à minuit, voire 1 heure du matin, se souvient Mohammad. Maintenant, je dirais que mes ventes ont chuté de 40 %. » Faute de travail, cet habitant de Yazd a dû remercier ses deux serveurs.

Le pays a un grand potentiel
Les chiffres officiels confirment l’expérience personnelle de Mohammad : selon le chef du Conseil iranien des voyagistes Ebrahim Farajpour, entre mars et octobre,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Les derniers sondages font toutefois apparaître une avance moindre pour les candidats du Parti démocrate par rapport à septembre. Par ailleurs, le renouvellement partiel du Sénat leur est très défavorable.
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Midterms J – 1 : les démocrates toujours en tête pour la Chambre

Les derniers sondages font toutefois apparaître une avance moindre pour les candidats du Parti démocrate par rapport à septembre. Par ailleurs, le renouvellement partiel du Sénat leur est très défavorable.



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 12h22
 • Mis à jour le
05.11.2018 à 13h58
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

La Maison Blanche et les républicains veulent faire des élections de mi-mandat du 6 novembre un plébiscite pour Donald Trump, tandis que les démocrates espèrent obtenir la majorité à la Chambre des représentants. Le correspondant du Monde à Washington, Gilles Paris, recense quotidiennement les principaux éléments de la campagne.
Le fait du jour
Les derniers sondages au niveau national publiés le 4 novembre confirment l’avance des démocrates sur les républicains en intentions de vote à deux jours des élections de mi-mandats. Cette avance est de 7 points dans un sondage NBC- Wall Street Journal et de 8 points dans une enquête d’ABC-Washington Post. Selon la première enquête, 50 % des électeurs probables disent préférer un Congrès contrôlé par les démocrates, alors que 43 % souhaitent que les républicains conservent la majorité.
A titre de comparaison, en 2010, la dernière vague de sondages donnait aux républicains une avance de quatre points. En 2006, les démocrates disposaient d’une avance de six points, similaire à celle des républicains lors des élections de mi-mandat de 2014. A chaque fois, cette avance s’était traduite par une victoire massive : la bascule de la Chambre en 2006 et en 2010, celle du Sénat en 2014.

Trois éléments modèrent toutefois l’optimisme des démocrates. Leur avance était beaucoup plus importante en septembre, le renouvellement partiel du Sénat leur est très défavorable, et une avance de cette importance ne se traduit pas nécessairement par des votes utiles uniformément dans le pays et donc par la conquête de la Chambre des représentants. Le charcutage électoral pratiqué à grande échelle par le Parti républicain à partir de 2010, au point de se voir imposer par la justice des redécoupages de la carte électorale comme en Pennsylvanie, a précisément pour objectif de concentrer les votes démocrates dans des circonscriptions déjà acquises pour réduire leur efficacité.
Ces...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ La décision a été prise par les services d’état civil de Mendoza après une simple démarche administrative.
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En Argentine, deux personnes obtiennent leurs papiers sans mention de leur sexe

La décision a été prise par les services d’état civil de Mendoza après une simple démarche administrative.



LE MONDE
 |    05.11.2018 à 11h26
    |

            Christine Legrand (Buenos Aires, correspondante)








                        



   


C’est une première en Argentine : deux personnes qui ne se définissent ni comme homme ni comme femme ont obtenu à travers une simple démarche administrative, jeudi 1er novembre, que leur carte d’identité ne fasse aucune mention à l’un ou l’autre genre.
La décision a été prise par les services d’état civil de la ville de Mendoza (1 000 kilomètres à l’ouest de Buenos Aires), en vertu de la loi d’identité de genre votée en Argentine en 2012, après une requête de deux personnes. Dorénavant, un simple trait suivra la mention « sexe » sur leur extrait de naissance et leur carte d’identité. La résolution devrait faire jurisprudence.
« Je ne voulais pas choisir entre être homme ou femme pour avoir à entrer dans une structure, a expliqué au quotidien Clarin l’une des deux personnes, dont les papiers signalent désormais qu’il/elle s’appelle Geronimo Carolina Gonzalez Devesa. Je me sens plus homme, mais je suis féministe. Et l’image du mâle patriarcal ne me plaît pas. L’image d’un homme peut parfois être violente. Et je ne me sens pas non plus à l’aise en tant que femme. »

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La loi d’identité de genre de 2012 reconnaît le droit à toute personne de se définir selon le genre qu’elle choisit, indépendamment du sexe qui lui a été « assigné » à la naissance. Il devient donc possible de faire modifier, sur simple déclaration à l’état civil, son prénom, son sexe, la photo de sa carte d’identité ainsi que son extrait de naissance. Le tout sans avoir à fournir d’explication, encore moins à passer devant un juge ou un psychiatre, et non plus sous le bistouri d’un chirurgien. A l’époque, cette démarche, qui avait bouleversé la communauté trans, n’avait provoqué curieusement aucune grande polémique de la part de l’Eglise, dans un pays où 75 % de la population se définit comme catholique.
« Incohérence légale »
« En Argentine, notre loi d’identité de genre indique que l’identité dépend de ce que chacun sent, indépendamment de la biologie », explique l’avocate Eleonora Lamm, qui considère par conséquent comme une « incohérence légale » le fait d’obliger une personne à mentionner l’un ou l’autre sexe sur ses documents d’identité si elle ne le souhaite pas. Sous-directrice du département des droits de l’homme de la cour de justice de Mendoza, l’avocate a accompagné les deux personnes concernées pour remplir le formulaire destiné à rectifier leur carte d’identité. Dans la case « sexe », elles ont inscrit « aucun ».
L’avocate assure qu’il s’agit des premiers cas avec ces caractéristiques dans le monde : « Nous avons identifié des cas d’identification des personnes avec un X, mais ils faisaient suite à des décisions judiciaires et non pas administratives, a-t-elle souligné au site d’information Infobae. Et dans la plupart des situations, il s’agissait de personnes intersexe », c’est-à-dire nées avec une ambiguïté sexuelle (autrefois appelées hermaphrodites).

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En Argentine, les deux personnes ayant obtenu cette victoire administrative devront désormais entamer d’autres démarches pour renouveler leur permis de conduire, leurs cartes de crédit et tous les documents devant être modifiés en fonction de leur nouveau document. Aucune précision d’identité sexuelle ne sera requise.
Après Mendoza, l’état civil de Santa Fe (centre-est) s’apprête à répondre favorablement à une demande similaire de rectification de carte d’identité, renforçant l’image de pointe de l’Argentine en matière de droits LGBT.



                            


                        

                        

